16 Dossier thématique Diététique et diabète L. Monnier Service des maladies métaboliques, Hôpital Lapeyronie, CHU Montpellier. C. Colette Institut universitaire de recherche clinique, Montpellier. Les fondamentaux de l’alimentation dans le diabète de type 2 Résumé La mise en place d’un régime chez un diabétique de type 2 est une démarche importante à tous les stades de la maladie. C’est en particulier à ce prix que les traitements médicamenteux exercent leur plein effet sur les perturbations métaboliques qui caractérisent le diabète de type 2. Le régime doit répondre à plusieurs objectifs. Le premier est de réduire la dysglycémie du diabète en agissant sur ses deux composantes : l’hyperglycémie chronique et les fluctuations aiguës de la glycémie. La restriction calorique, le contrôle quantitatif et qualitatif des hydrates de carbone alimentaires en tenant compte des index glycémiques, l’introduction à bon escient de collations glycémiques, sont autant de moyens qui permettent d’atteindre ces objectifs. Le deuxième objectif du régime est d’essayer de minimiser le risque cardiovasculaire qui est augmenté chez le diabétique. C’est pour cette raison que le régime doit inclure des mesures anti-athérogènes, anti-thrombogènes et anti-stress oxydatif, en privilégiant, par exemple, l’utilisation des graisses mono-insaturées qui remplissent ces trois fonctions. Mots-clés • Base du régime • Diabète de type 2 Correspondance : Louis Monnier Service des maladies métaboliques CHU - Hôpital Lapeyronie 34295 Montpellier cedex 05 [email protected] © 2007 - Elsevier Masson SAS - Tous droits réservés. R édiger un article sur l’alimentation du diabétique [1] peut apparaître au premier abord comme la récitation d’une vieille rengaine et de principes « recuits » n’ayant guère évolué au cours du temps. De plus, bien que les recommandations insistent sur la nécessité d’une prise en charge nutritionnelle du diabète de type 2 au moment de son diagnostic et au cours de son évolution, des voix s’élèvent pour dire qu’un traitement médicamenteux, en particulier par la metformine, doit être engagé dès que le diagnostic de diabète est posé [2]. Cette position est basée sur un axiome simple : pourquoi retarder les traitements pharmacologiques dans la mesure où les régimes resteront lettre morte chez la majorité des patients pour lesquels ils devraient être prescrits. Ces voix défaitistes trouvent un écho supplémentaire dans le fait que la nutrition fondée sur les preuves est le « maillon faible » de l’« evidencebased medicine » [3], car les essais interventionnels randomisés de longue durée sont beaucoup plus difficiles à réaliser dans le domaine de la nutrition que dans celui de la pharmacologie. La multiplicité des biais méthodologiques, l’ambiguïté des conclusions ont conduit les nutritionnistes à se replier sur des études d’intervention courtes, sur des suivis de cohortes, sur des enquêtes épidémiologiques ou sur des études physiopathologiques, dont le niveau de preuves est nettement plus faible que celui des essais de longue durée randomisés avec évaluation de la morbi-mortalité au terme de l’essai. Le raisonnement basé sur l’observation nous indique toutefois que les diabétiques de type 2 qui ne respectent pas un minimum de règles hygiéno-diététiques sont rarement bien équilibrés, en dépit d’une escalade médicamenteuse qui les conduit progressivement d’une monothérapie à une bithérapie orale, voire même à une trithérapie orale. Deux arguments supplémentaires plaident en faveur des mesures nutritionnelles : d’une part, les mesures hygiéno-diététiques sont, dans toutes les études, plus efficaces que les interventions pharmacologiques pour prévenir la conversion d’une intolérance au glucose en diabète de type 2 patent [4] ; d’autre part, les mesures diététiques doivent être mises en place ou renforcées chez les diabétiques de type 2 traités par insuline sous peine d’une prise de poids additionnelle et abusive [5]. Médecine des maladies Métaboliques - Septembre 2007 - Vol. 1 - N°3 Les fondamentaux de l’alimentation dans le diabète de type 2 A quel stade du diabète les mesures nutritionnelles sont-elles utiles, voire nécessaires ? La réponse est simple : à tous les stades ! Le diabète est caractérisé par une histoire naturelle qui s’étend sur de nombreuses années et qui comporte plusieurs périodes : le prédiabète, le diabète méconnu et enfin, le diabète connu avec trois étapes schématiques selon qu’il est exempt de complications ou qu’il s’accompagne de complications non handicapantes ou handicapantes. Tous ces stades sont accompagnés d’une insulinorésistance, de désordres glycémiques plus ou moins marqués qui s’aggravent avec la disparition progressive de l’insulinosécrétion résiduelle. Avec l’évolution de la maladie, apparaissent des anomalies tensionnelles ou lipidiques (dyslipidémie du diabétique), qui vont augmenter le risque de complications vasculaires. Les mesures diététiques, comme les traitements médicamenteux, ont pour but de réduire l’insulinorésistance, de sauvegarder l’insulinosécrétion résiduelle, de réduire les perturbations glycémiques, lipidiques et tensionnelles et d’éviter le passage d’une étape donnée de la maladie à l’étape suivante. À titre d’exemple, il a été clairement démontré par plusieurs études de prévention que le risque de conversion d’une intolérance au glucose en diabète est diminué en moyenne de moitié par des mesures hygiéno-diététiques combinant un régime de restriction calorique et une activité physique [1, 4, 6]. Ces résultats encourageants, obtenus avec des pertes de poids modérées (- 4 kg à - 6 kg), sont supérieurs à ceux observés lors d’essais conduits avec des médicaments comme l’acarbose ou la metformine. bale par l’HbA1c, laquelle intègre à la fois l’élévation de la glycémie à jeun et les excursions glycémiques postprandiales. L’hyperglycémie chronique conduit aux complications diabétiques en augmentant la glycation des protéines membranaires des capillaires et des protéines contenues dans le sous-endothélium artériel. L’hyperglycémie chronique exerce également une toxicité chronique sur les cellules endothéliales en activant le stress oxydatif [7] ; — les fluctuations aiguës de la glycémie. Elles peuvent être dirigées vers le haut (hyperglycémie postprandiale) ou vers le bas (nadirs glycémiques interprandiaux, voire même des épisodes hypoglycémiques à distance des repas). Ces fluctuations aiguës de la glycémie exercent une action nocive sur les endothéliums vasculaires. Cette toxicité aiguë est caractérisée par une activation du stress oxydatif [8]. Réduire l’hyperglycémie chronique L’hyperglycémie chronique résulte d’un excès de production du glucose par le foie et d’un défaut d’utilisation de glucose par les tissus périphériques (muscles et tissu adipeux). Plusieurs études ont démontré que chez les diabétiques obèses, toute perte de poids induite par un régime de restriction calorique améliore l’insulinorésistance et, par voie de conséquence, entraîne une réduction de la production hépatique du glucose et une augmentation de son utilisation périphérique [9]. Le résultat global est une réduction de l’hyperglycémie. Ceci signifie que tout diabétique en surcharge pondérale, c’est-à-dire la plupart des diabétiques de type 2, doit bénéficier avant toute chose d’un régime de restriction calorique. L’effet de ces régimes est sou- Les grands objectifs des mesures diététiques et leurs bases physiopathologiques Les mesures diététiques doivent avoir trois objectifs : Assurer un meilleur contrôle global des désordres glycémiques • Réduire les excursions glycémiques postprandiales ; La dysglycémie du diabète comprend deux composantes : — l’hyperglycémie chronique soutenue, qui est explorée de manière glo- • Eviter les descentes glycémiques excessives et surtout les épisodes hypoglycémiques à distance des repas. • Réduire l’hyperglycémie chronique ; Médecine des maladies Métaboliques - Septembre 2007 - Vol. 1 - N°3 vent spectaculaire au début de la maladie. Dans ce cas, une perte de poids de quelques kilogrammes sur une période de quelques semaines ou de quelques mois peut entraîner une quasi-normalisation de la glycémie ou une réduction marquée de l’HbA1c. À titre d’exemple, dans l’étude UKPDS (United Kingdom diabetes prospective study), une baisse de 2 points en pourcentage de l’HbA1c (passage de 9 % à 7 %) a été observée sur une période de trois mois avec un simple régime (1 361 kcalories) avant toute mise en route d’un traitement médicamenteux [10]. Cet effet des régimes s’épuise malheureusement avec le cours de l’histoire naturelle de la maladie. Après quelques années d’évolution, lorsque le patient est en multithérapie orale, le régime devient peu efficace (figure 1). Cette observation est parfaitement explicable : au début de la maladie c’est l’insulinorésistance, sensible aux mesures diététiques, qui prédomine par rapport au déficit de l’insulinosécrétion endogène ; au bout de quelques années, c’est la carence insulinique sécrétoire, insensible aux mesures diététiques, qui prend le dessus sur l’insulinorésistance (figure 1). Réduire les excursions glycémiques postprandiales Les montées glycémiques postprandiales sont classiquement plus longues et plus intenses chez les diabétiques de type 2 que chez les non diabétiques. Cette constatation banale doit être complétée par deux observations. En premier lieu, la contribution relative à l’hyperglycémie globale varie en fonction du niveau de l’HbA1c. Nous avons démontré que l’hyperglycémie postprandiale contribue à plus de 70 % à l’hyperglycémie globale quand l’HbA1c est < 7,3 % [11]. Sa contribution diminue lorsque l’HbA1c augmente. Chez les diabétiques dont l’HbA1c dépasse 10,2 %, l’hyperglycémie postprandiale ne représente que 30 % de l’hyperglycémie globale. En second lieu, les dérives glycémiques qui suivent les repas répondent, chez la majorité des diabétiques, à un ordre bien précis, le petit déjeuner étant plus hyperglycémiant que le dîner, lequel est plus hyperglycémiant que le repas de midi. La conclusion de ces observations est que toutes les montées glycémiques 17 18 Dossier thématique Diététique et diabète consommateur connaisse leur teneur en calories et glucides par rapport à l’aliment naturel correspondant. Éviter les descentes glycémiques excessives et surtout les épisodes hypoglycémiques à distance des repas Figure 1 : Efficacité des régimes hypocaloriques en fonction de la durée d’évolution du diabète de type 2 à partir du diagnostic (temps 0). postprandiales doivent être contrôlées chez tous les diabétiques de type 2 avec une mention plus particulière pour les diabétiques dont l’HbA1c est comprise entre 6,5 % et 8,0 % et, pour les dérives glycémiques qui suivent le petit déjeuner puisqu’elles sont prédominantes [12]. Les moyens pour atteindre ces objectifs sont au nombre de deux [13]. Ils seront développés dans un autre article de cette revue, mais nous nous permettrons de rappeler brièvement les principes de ce mode d’action. • En agissant sur la quantité de glucides ingérés à chaque repas : la charge prandiale conditionne en partie la montée glycémique postprandiale. À titre d’exemple, une portion de pain blanc apportant 50 g de glucides entraîne une réponse glycémique deux fois plus forte que celle obtenue avec une demi-portion de pain blanc apportant 25 g de glucides. Ces faits plaident d’une part, pour une limitation et une quantification de l’apport en hydrates de carbone au cours de la journée (40 à 50 % de l’apport calorique total, avec une moyenne souhaitable de l’ordre de 45 %) et d’autre part, pour un étalement de l’apport glucidique en respectant les trois repas quotidiens. En général, la répartition des glucides est de 10 à 20 % pour le petit déjeuner et de 40 à 45 % pour les repas de midi et du soir. • En agissant sur la nature des glucides alimentaires : le pouvoir hyperglycémiant des aliments peut être quantifié par l’index glycémique (IG) qui compare la montée glycémique d’un aliment ou d’un repas glucidique à un standard constitué par une charge orale de 50 g de glucides sous forme de pain blanc. Ainsi, les IG sont classés par rapport à celui du pain blanc qui est, par définition, égal à 100. En général, il est conseillé de favoriser la consommation des aliments dont l’index glycémique est inférieur ou égal à 100 avec par ordre décroissant d’IG : le pain (IG = 100), les pommes de terre (IG de 70 à 80), le riz et les pâtes alimentaires (IG de 60 à 70), les légumes secs (IG aux alentours de 50). L’IG augmente avec les traitements mécaniques (réduction en purée) et thermiques (cuisson plus ou moins poussée). L’IG d’un aliment amylacé diminue lorsqu’il fait partie d’un plat composé contenant des protéines et des lipides. Les fruits et légumes ont des IG faibles, inférieurs ou égaux à 50. Il en est de même pour le lait, car le lactose est un glucide faiblement digestible. Les produits alimentaires allégés en sucre et contenant des édulcorants intenses (aspartame, acésulfame) ou de charge (polyols), sont également proposés pour freiner les montées glycémiques postprandiales, à condition que le Cette précaution est plus théorique que pratique chez les diabétiques de type 2 traités par antidiabétiques oraux, bien que certains diabétiques traités par insulino-sécrétagogues (sulfonylurées ou glinides) puissent ressentir des hypoglycémies à distance des repas, en fin de matinée, mais plus volontiers en fin d’après-midi. Dans ce cas de figure, deux mesures peuvent être utilisées : l’adaptation de la posologie de l’insulinosécrétagogue et/ou l’introduction d’une collation glucidique en milieu d’aprèsmidi par exemple. Chez les diabétiques de type 2 traités par insuline, le risque d’hypoglycémie est réel, bien que nettement plus faible que chez les diabétiques de type 1. L’introduction de collations interprandiales peut s’avérer indispensable chez le diabète de type 2 traité par insuline, mais dans ce cas, il convient de veiller à ce que l’apport calorique lié aux collations ne s’additionne pas à l’apport énergétique quotidien, surtout quand on sait que l’insulinothérapie favorise la prise pondérale chez le diabétique de type 2. Toute collation devra donc s’accompagner d’une soustraction calorique équivalente, portant sur le repas qui précède ou qui suit la collation, selon le profil glycémique du patient. Assurer un apport alimentaire équilibré pour minimiser le risque de complications cardiovasculaires, en particulier macroangiopathiques Recommandations de niveau A (à fortes preuves) : — moins de 7 % de l’apport calorique sous forme d’acides gras saturés ; — moins de 30 % de l’apport calorique sous forme de lipides ; — apports énergétiques adaptés aux besoins du sujet et permettant de maintenir le poids corporel au niveau souhaité ; — apport en cholestérol inférieur à 200 mg/j. Médecine des maladies Métaboliques - Septembre 2007 - Vol. 1 - N°3 Les fondamentaux de l’alimentation dans le diabète de type 2 D’autres recommandations devraient compléter les recommandations précédentes. Elles reposent sur des arguments plus faibles : niveau B (existence de preuves mais sans caractère absolu), niveau C (preuves limites), et consensus d’experts : — apports en glucides entre 50 et 60 % de l’apport calorique total ; — apports en acides gras mono-insaturés (acide oléique) jusqu’à 20 % des calories totales ; — somme des apports caloriques sous forme de glucides et de graisses mono-insaturées égale à 65 % de l’apport énergétique total ; — diminution des apports en acides gras trans, dont la production est associée à l’hydrogénation naturelle (présence dans les produits laitiers de ruminants) ou industrielle (fabrication de margarines hydrogénées) des acides gras alimentaires ; — diminution des acides gras polyinsaturés de la série n-6 (acide linoléique et dérivés), présents en plus ou moins grande quantité dans certaines huiles végétales, comme les huiles de tournesol, de maïs, de pépins de raisin… Cet apport ne devrait pas dépasser 10 % de l’apport énergétique total ; — apport suffisant, de l’ordre de 2 g/j en acides gras polyinsaturés de la série n-3 : acide alphalinolénique présent dans certaines huiles végétales comme l’huile de colza ou de soja, et l’acide eicosapentaénoïque contenu dans les chairs de poissons gras et dans les huiles qui en dérivent ; — apport protéique aux alentours de 15 % de l’apport calorique quotidien ; — diminution des apports en chlorure de sodium (NaCl) aux alentours de 6 g/j ; Les complications vasculaires sont fréquentes dans le diabète de type 2. Pour cette raison, le diabétique devrait bénéficier de régimes ayant des propriétés antiathérogènes, antithrombogènes, antistress oxydatif et antihypertensives [1]. Ces propriétés sont énoncées dans les recommandations nutritionnelles éditées par l’American heart association (AHA) [14] et par l’American Diabetes Association (ADA) [2]. — augmentation des apports en fibres alimentaires (20 à 30 g/j) ; — augmentation des apports en antioxydants naturels (vitamines anti-oxydantes et polyphénols contenus dans certains fruits et légumes) ; - apports en boissons alcoolisées limités à 1 à 2 verres d’équivalent-vin par jour. Ces recommandations, dites « idéales », sont malheureusement très théoriques et difficilement applicables. La teneur en lipides, moins de 30 % des calories pour l’apport total et moins de 7 % pour les graisses saturées est certainement trop restrictive pour que ces régimes puissent être maintenus sur le long terme. Pour cette raison, la recommandation qui nous paraît la plus crédible pour la pratique courante est celle qui stipule, à la 3e ligne des recommandations de niveau B, que la somme des apports caloriques sous forme de glucides et de graisses mono-insaturées (acide oléique) devrait être égale à 2/3 des calories totales. Dans ces conditions, la balance glucides/graisses monoinsaturées (MIS) peut osciller entre deux extrêmes, l’un inférieur avec 40 % de glucides et 25 % de MIS et l’autre, supérieur, avec 55 % de glucides et 10 % de MIS (figure 2) [1]. Le choix entre ces deux limites est modulé par le médecin en fonction des goûts, des habitudes alimentaires et du profil métabolique du patient. La formule intermédiaire, avec 45 % de glucides et 20 % de mono-insaturés, est celle qui est la plus souvent utilisée, car elle permet d’assurer un compromis entre les préoccupations médicales et les souhaits du patient. Les acides monoinsaturés ont des propriétés anti-athérogènes, anti-thrombogènes et antistress oxydatif. Les régimes enrichis en mono-insaturés entraînent une diminution du LDL cholestérol identique à celle qui est obtenue avec les régimes pauvres en graisses saturées. Par ailleurs, ils améliorent le rapport HDL-cholestérol/LDL-cholestérol [15, 16]. Les acides gras mono-insaturés ont un effet anti-thrombogène, car ils augmentent la fluidité des membranes plaquettaires. Enfin, les acides gras mono-insaturés, peu sensibles à l’action délétère des radicaux libres, ont un effet anti-stress oxydatif. Un apport de l’ordre de 20 % en acides gras mono-insaturés permet, par ailleurs, de préserver le caractère onctueux de l’alimentation qui est l’un des trois piliers de la palatabilité alimentaire. Si de surcroît, les acides gras mono-insaturés sont consommés sous forme d’huile d’olive (75 % des acides gras de l’huile d’olive sont constitués par des mono-insaturés), le consomma- Figure 2 : Les facteurs qui interviennent dans le choix des pourcentages respectifs des calories apportées par les glucides et les graisses mono-insaturées. Chez les diabétiques ayant une obésité de type androïde et une dyslipidémie (hypertriglycéridémie, hypo-HDLémie), il est préférable de choisir un régime avec un rapport glucides/graisses mono-insaturés = 40 % / 25 %. Chez les diabétiques en poids normal ou ayant une obésité de type gynoïde, exempts de dyslipidémie et ayant une activité physique forte, le choix doit plutôt être orienté vers un rapport glucides/graisses mono-insaturées = 55 % /10 %. Entre ces deux positions, le prescripteur peut faire des choix intermédiaires. Médecine des maladies Métaboliques - Septembre 2007 - Vol. 1 - N°3 19 20 Dossier thématique Diététique et diabète teur bénéficiera d’un apport substantiel d’arômes (polyphénols) qui rendent l’alimentation plus agréable. Ce dernier aspect est détaillé dans l’article intitulé : « Saveurs et arômes dans les régimes du diabétique de type 2 » [17]. L’avenir des régimes Les pessimistes diront que les régimes sont trop difficiles à expliquer pour des résultats aléatoires. C’est ce qui explique que certains diabétologues considèrent qu’un traitement pharmacologique hypoglycémiant doit être mis en oeuvre dès que le diagnostic de diabète est posé [2]. Les optimistes diront que les régimes peuvent être suivis, à condition d’être correctement expliqués, et de s’intégrer dans un programme éducatif. Les réalistes, dont nous faisons partie, diront que les mesures diététiques méritent toujours d’être mises en œuvre. L’important est de donner au malade un outil et de lui expliquer l’intérêt qu’il représente. La suite dépend évidemment du patient et de ses choix de vie : accepter quelques contraintes diététiques ou se reposer sur la prise en charge pharmacologique. Références [1] Monnier L, Colette C. Thérapeutique nutritionnelle du diabète de type 2 : de la théorie à la pratique. In: Traité de Diabétologie. A. Grimaldi, éditeur. Paris:Flammarion Médecine-Sciences;2005. p.332-47. [2] Nathan DM, Buse JB, Davidson MB, et al. Management of hyperglycemia in type 2 diabetes: a consensus algorithm for the initiation and adjustment of therapy. Diabetes Care 2006;29:1963-72. [3] Franz MJ, Bantle JP, Beebe CA, et al. Evidence-based nutrition principles and recommendations for the treatment and prevention of diabetes and related complications. Diabetes Care 2002;25:148-98. [4] Knowler WC, Barrett-Connor E, Fowler SE, et al. 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