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Cours sur l'État fédéral belge

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Société 1 – Institution
L’État fédéral et les entités fédérées
Brainstorming
Connais-tu la date de la création de la Belgique ?
…………………………………………………………………
Suite à quel évènement ?
...........................................................................................................
Nos territoires étaient sous la domination de …………………………………, sa
nationalité : ……………………………………….
è Vision d’un documentaire vidéo.
Carte d’identité du document :
1. Titre :
2. Producteur / auteur :
3. Nature du document :
4. Trace du passé ou travail postérieur :
5. Date de diffusion :
6. Destinataire(s) :
1. 0’ à 2,30’ : Résume les origines de la question linguistique
1
2. 2’30 à 4.00’ : Résume les deux époques économiques de la Belgique
(avant et après 1950-1960)
3. 6.00’ à 6. 30 : Quelle Réforme de l’Etat demandée par la Flandre et
pourquoi ?
4. 6.28’ à 7.32’ Qu’est ce que Bruxelles-Hal-Vilvoorde et pourquoi les
flamands veulent-ils la scinder ?
5. 7.33’ à 8. 30’ Pourquoi les francophones s’y opposent-ils ?
2
6. Quels paradoxes sont évoqués à propos de Bruxelles (quatre moments
dans la vidéo)
1234-
à Comment en sommes-nous arrivés là ?
Pour comprendre l’état fédéral actuel et son fonctionnement, un saut dans l’Histoire
est nécessaire.
1. Une petite histoire de la question linguistique
A sa création en 1830, la Belgique est un Etat unitaire. La Constitution promulguée en
1831 prévoit que tous les pouvoirs émanent de la nation :
- le pouvoir législatif est exercé par le Roi1, la Chambre des Représentants et le Sénat ;
- le pouvoir exécutif est exercé par le Roi et le Gouvernement ;
- le pouvoir judiciaire est exercé par les cours et tribunaux dont les magistrats et le
ministère public sont nommés et révoqués par le Roi.
Comme tous les Etats nés à la fin de l’Ancien Régime, l’Etat belge est un Etat
bourgeois, où le régime électoral est censitaire. Ceux qui constituent le corps électoral
sont aussi porteurs de la culture dominante, qui, à l’époque, s’expriment en français.
Le néerlandais est alors considéré comme un dialecte local. Le français, langue de
communication et de culture, parlée par les couches supérieures de la population, est
resté longtemps la seule langue officielle de la Belgique.
Le mouvement flamand naît presque en même temps que la Belgique. Il est d’abord
le fait d’intellectuels, d’écrivains. Jusqu’au début du XXe siècle, il reste l’expression
limitée d’un certain milieu. Il prend plus d’ampleur lorsque le suffrage devient universel
tempéré par le vote plural en 1894 et qu’une dimension économique entre en jeu. Mais
c’est depuis la Seconde Guerre mondiale que les divergences de vue entre les deux
grandes communautés se sont exprimées avec plus de force :
• La Seconde Guerre mondiale voit apparaître, des deux côtés de la frontière
linguistique, des mouvements de collaborateurs, comme celui de Léon Degrelle (le
rexisme) en Wallonie ou celui de Staf de Clerq (le VNV) en Flandre.
1
Le Roi est politiquement irresponsable : aucun de ses actes « ne peut avoir d’effet s’il n’est contresigné
par un ministre, qui, par cela seul, s’en rend responsable » (Art.64 de la Constitution).
3
• La Question royale oppose à nouveau les deux communautés. De nombreux Belges
reprochent à Léopold III son attitude durant la guerre. Lors de la consultation populaire
de mars 1950, 72% des Flamands optent pour le retour du roi. Les léopoldistes sont,
en revanche, minoritaires en Wallonie et à Bruxelles.
Deux régions sur trois refusent donc le retour du roi, même si plus de 50% des Belges
le demandent.
• L’affaire de Louvain. Depuis 1931, l’université de Louvain est dédoublée. Pour
certains Flamands, la présence de la section francophone à Leuven contribue à la
francisation du Brabant. En 1966, après de nombreuses manifestations, les évêques
décident l’autonomie interne des deux sections. En octobre 1968, un nouveau
règlement organique rend officielle la division entre la KUL et l’UCL.
La situation économique des deux communautés a, bien sûr, une importance capitale
et pèse énormément sur les décisions politiques. La prépondérance wallonne du siècle
dernier est battue en brèche par l’industrialisation rapide de la Flandre. L’axe
économique du pays se déplace ; il passe des bassins Sambre et Meuse au triangle
Anvers-Gand-Zeebrugge. Les raisons de ce renversement ?
o Les zones portuaires sont essentielles dans une économie mondiale ;
o La reconversion des ressources énergétiques ;
o La chute du taux de natalité plus précoce en Wallonie qu’en Flandre ;
o Les aides publiques sont mieux utilisées en Flandre qu’en Wallonie ;
o La Flandre a une politique d’attraction des investisseurs étrangers plus efficace que
la Wallonie.
1. Quelle langue était dominante en Belgique en 1830 et pourquoi ?
2. Comment la question linguistique a-t-elle influencé la politique belge ?
3. Quels événements ont marqué les tensions communautaires ?
4
Que connais-tu du fonctionnement de la Belgique ?
Les 6 réformes de l’Etat
Pour que la Belgique passe d’un Etat unitaire à un Etat fédéral, il n’aura fallu pas moins
de six réformes de l’Etat, engendrant plusieurs modifications de la Constitution.
▪ Les années 1960 : Dès 1963, une série de lois votées fixe définitivement la frontière
linguistique. Bruxelles, obligatoirement bilingue, est limitée à 19 communes avec 6
communes périphériques à facilités. Ces dernières sont en territoire flamand, mais, les
Francophones, plus nombreux, obtiennent des facilités linguistiques dans les
domaines scolaire et administratif, par exemple.
▪ Révision de la Constitution en 1970 : Les partis fédéralistes réclament tant en
Wallonie, qu’en Flandre et à Bruxelles, des changements institutionnels. Une révision
de la Constitution débouche en 1970 sur la reconnaissance de 3 communautés
culturelles (flamande, française et germanophone) et 3 régions économiques (Flandre,
Wallonie et Bruxelles-Capitale). Les limites géographiques des régions et des
communautés ne coïncident pas.
▪ La 3e réforme de l’Etat : C’est en 1980 que sont mises en place les institutions
régionales pour la Flandre et pour la Wallonie, mais pas pour Bruxelles, pour cause
de divergences de vue à propos de ses limites.
▪ La réforme de 1988 : Bruxelles-Capitale obtient ses propres institutions régionales.
▪ Les Accords de la Saint-Michel de 1993 : Les changements de 1992 et 1993
poursuivent l’objectif de rendre la Belgique plus fédérale qu’elle ne l’était auparavant.
La régionalisation, entamée en 1970, entraîne une modification du rôle de l’Etat fédéral
et de ses compétences.
▪ La sixième réforme de 2014 : Elle prévoit, notamment, la scission de l’arrondissement
électoral et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), mais aussi, un nouveau
transfert de compétences, dont les allocations familiales, est effectué du fédéral vers
les régions et les communautés.
2. La Belgique fédérale
▪ Rappel historique
Le 4 octobre 1830, la bourgeoisie belge forme un gouvernement provisoire et proclame
l’indépendance de la Belgique. Cette dernière est dotée d’une Constitution qui sera
votée quelques mois plus tard, le 7 février
1831, dont les grands principes sont les suivants :
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- Les Belges sont égaux devant la loi ;
- La liberté des cultes est garantie ;
- La censure ne pourra jamais être établie ;
- Tous les pouvoirs émanent de la Nation ;
- Les membres de la Chambre des Représentants sont élus directement par les
citoyens âgés de dix- huit ans accomplis ;
- Les ministres sont responsables devant la Chambre des Représentants.
La Belgique, un Etat fédéral ?
❖ Sur base des 2 documents ci-dessous, répondez, avec vos propres mots, aux
questions qui suivent :
1. Qu’est-ce qu’un Etat unitaire ?
2. Qu’est-ce qu’un Etat fédéral ?
3. Sur quels critères repose le fédéralisme ?
4. Quelle est la principale différence entre l’organisation de la Belgique en 1831 et
celle d’aujourd’hui ?
5. Quelles sont les principales étapes du passage de la Belgique vers un État
fédéral ?
6. Quelle est la différence entre communauté et région ?
6
7. Pourquoi la réforme de 2014 est-elle importante ?
DOC 1 – Le fédéralisme
« Dans un État unitaire (qu’il soit centralisé ou décentralisé), il n’existe qu’un seul
pouvoir législatif, qu’un seul pouvoir exécutif et qu’un seul pouvoir judiciaire,
pleinement compétents sur l’ensemble du territoire national. Tous les citoyens de
cet État sont soumis à la même et unique autorité.
Dans un État fédéral en revanche, les compétences étatiques sont réparties entre
un niveau fédéral (en Belgique, l’Autorité fédérale) et des collectivités politiques
autonomes que l’on appelle des entités fédérées (en Belgique, essentiellement les
communautés et les régions). Il existe donc plusieurs pouvoirs législatifs, plusieurs
pouvoirs exécutifs et, éventuellement, plusieurs pouvoirs judicaires. L’ordre juridique
fédéral est unique et uniforme : il s’applique à tout le territoire national et à toute la
population du pays. Les ordres juridiques fédérés sont multiples et hétérogènes : il
y en a autant qu’il y a d'entités fédérées et chacun d’entre eux est spécifique à une
entité fédérée.
Outre sur cette coexistence de plusieurs ordres juridiques, le fédéralisme repose sur
trois critères :
– le critère d’égalité : une égalité de traitement est garantie aux entités fédérées (pas
de distinction en fonction de leur ancienneté, de l’importance démographique de leur
population…) ;
– le critère de participation : les entités fédérées participent à la conduite de l’État
fédéral par une représentation au Parlement fédéral (révision de la Constitution et
élaboration des lois).
– le critère de coopération : des mécanismes permettent aux entités fédérées de
coopérer entre elles et avec le niveau fédéral.
Le fédéralisme « pur » n’existe pas : il y a autant de variantes du fédéralisme qu’il y
a d’États fédéraux. Ainsi, la liste et l’ampleur des compétences confiées aux entités
fédérées varient considérablement d’un pays à l’autre.
Toutefois, la plupart des systèmes fédéraux présentent un certain nombre de
caractéristiques communes. (…)
7
DOC 2
Comment définir le fédéralisme ?
è Le point sur l’Etat fédéral belge
Il est compétent pour tout ce qui concerne l’intérêt général de la Nation comme les
finances, la justice, la sécurité sociale, la défense nationale (l’armée), l’intérieur (la
police fédérale) ou encore les affaires étrangères.
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Le
territoire
de
l’état
fédéral
3. La séparation des pouvoirs
Dans toute démocratie, on distingue trois pouvoirs différents de par leur situation par
rapport à la loi :
- Le pouvoir législatif élabore la loi ;
- Le pouvoir exécutif applique la loi ;
- Le pouvoir judicaire sanctionne les infractions faites à la loi.
Chaque pouvoir est autonome et indépendant mais tous les trois peuvent et doivent
se contrôler entre eux.
Le pouvoir législatif fédéral (système bicaméral)
▪ La Chambre des Représentants
o Qui ?
Renouvelée tous les quatre ans, la Chambre est composée de 150 députés dont 87
sont néerlandophones ; les 63 autres sont francophones. Ils sont élus directement et
en un seul tour dans 11 circonscriptions électorales. Ces dernières correspondent aux
10 provinces + l’arrondissement de Bruxelles-Capitale. Le nombre de sièges par
circonscription électorale est proportionnel au chiffre de la population la composant.
Comme on l’a vu supra, les députés sont répartis dans deux groupes linguistiques :
les néerlandophones et les francophones. Les députés germanophones font partie du
groupe francophone. Cette répartition est très importante car elle est nécessaire pour
le vote de certaines lois spéciales qui requière une majorité au sein des groupes
linguistiques. On parle alors de lois communautaires.
Pour être élu membre à la Chambre des Représentants, il faut être belge, jouir des
droits civils et politiques, être âgé de 18 ans accomplis, être domicilié en Belgique.
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Quoi ?
Les compétences de la Chambre sont multiples et variées. Celle-ci doit constituer une
majorité gouvernementale car sans la confiance de la Chambre, le nouveau
gouvernement fédéral ne peut pas travailler. Les membres de la Chambre qui
soutiennent ce dernier constituent la majorité ; les autres forment l’opposition. Ensuite,
elle contrôle le gouvernement fédéral. Elle seule peut rappeler celui-ci ou un ministre
à l’ordre et, le cas échéant, retirer sa confiance au gouvernement. Puis, la Chambre
est compétente pour ce qui concerne les finances de l’Etat fédéral. Elle seule vote les
budgets et les comptes. Elle est compétente, conjointement et sur un pied d’égalité
avec le Sénat, pour ce qui concerne la Constitution, les lois relatives
à l’organisation de l’Etat. La Chambre est compétente pour la législation ayant trait à
certains autres domaines énumérés dans la Constitution, mais le Sénat a la faculté de
proposer, dans certains délais, des modifications aux textes adoptés par cette
première et de lui soumettre, de sa propre initiative, des projets
de loi. La Chambre a le dernier mot. Elle est compétente à titre exclusif pour toute
autre législation. Elle a d’autres nombreuses autres tâches : la nomination du
médiateur fédéral, l’examen des pétitions des citoyens, l’octroi de la nationalité belge;
la nomination des conseillers auprès de la Cour des Comptes.
Le Sénat
o Qui ?
Depuis 2014, la plupart des sénateurs est désignée par les communautés et les
régions. Il est renouvelé tous les quatre ans et est composé de 50 sénateurs issus des
entités fédérées (communautés et régions) et de 10 sénateurs désignés sur base du
résultat des élections à la Chambre (on parle alors de sénateurs cooptés).
Au total, le Sénat est composé de 35 néerlandophones, 24 francophones et 1
germanophone. Pour siéger au Sénat, il faut être belge, jouir des droits civils et
politiques, être âgé de 18 ans accomplis, être domicilié en Belgique.
o Quoi ?
Au même titre que la Chambre, il est pleinement compétent pour la Constitution et la
législation relative à l’organisation et au fonctionnement des institutions de l’État
fédéral et des entités fédérées. Il peut aussi rédiger des rapports d’information et peut
intervenir dans les éventuels conflits d’intérêts entre les différentes assemblées
parlementaires du pays. En outre, comme les autres assemblées parlementaires, le
Sénat veille à ce que l’Union européenne ne prenne aucune initiative sur un thème qui
serait mieux traité à un autre niveau. Enfin, le Sénat participe à une série de
nominations au sein de hautes juridictions (Cour constitutionnelle, Conseil d’Etat,
Conseil supérieur de la Justice).
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➢ Le pouvoir exécutif fédéral
Le pouvoir exécutif fédéral est composé du Roi, du gouvernement et des
fonctionnaires fédéraux (l’administration) qui en assurent le fonctionnement. Les
membres du gouvernement (ministres et secrétaires d’État) ne sont pas élus mais
nommés par le Roi. La Constitution prévoit un maximum de quinze ministres fédéraux,
en
ce
compris
le
Premier
ministre.
A
l’heure
actuelle,
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………..
(janvier 2025)
Les ministres peuvent également être parlementaires mais ils n’ont pas le droit de
cumuler le mandat de député ou sénateur et celui de ministre. Dès lors, le
parlementaire qui devient ministre est remplacé à la Chambre des Représentants ou
au Sénat par un parlementaire suppléant le temps qu’il est à la tête de son ministère.
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Schéma
:
Le
pouvoir
exécutif
Les ministres fédéraux peuvent être aidés par des secrétaires d’Etat. Il y en a quatre
à l’heure actuelle. Ce sont des membres du gouvernement mais ils sont placés sous
l’égide d’un ministre ou parfois du Premier ministre. Souvent, le secrétaire d’Etat a des
compétences propres afin de soutenir le ministre dans ses tâches.
Le pouvoir exécutif, globalement, fixe les modalités d’exécution de la loi, par arrêté
royal ou arrêté ministériel. Il prend également des mesures concrètes en vue de
l’exécution des instruments d’ordre politique.
Le pouvoir judiciaire fédéral
Le pouvoir judiciaire a pour mission de juger. Il applique donc le droit : il statue dans
les litiges en matière civile et applique le droit pénal aux personnes qui ont commis
une infraction. On distingue la magistrature assise (les juges dans les cours et
tribunaux) et la magistrature debout (le ministère public ou parquet).
La justice civile traite essentiellement des litiges entre les personnes (physiques et
morales). La justice pénale inflige aux auteurs de comportements répréhensibles des
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peines prévues par la loi. Il peut s’agir notamment d’un emprisonnement, d’une peine
de travail ou d’une amende. Une sanction alternative (travail d’intérêt général,
médiation) peut également être prononcée. En droit pénal, on distingue trois types
d’infractions : les contraventions, les délits et les crimes. La nature de l’infraction est
définie par le taux de la peine. Aux contraventions correspondent des peines de police,
aux délits, des peines correctionnelles et aux crimes, des peines criminelles.
La nature et la gravité d’une infraction, la nature du conflit ainsi que l’importance des
sommes en jeu déterminent le type de juridiction devant laquelle il faut se rendre. Dans
certains cas, c’est la nature du litige qui détermine le tribunal qui doit être saisi.
En Belgique, on a le droit de se faire juger près de chez soi et dans l’une des trois
langues nationales (néerlandais, français et allemand). En outre, lorsqu’on n’est pas
d’accord avec la décision d’un juge, on a le droit de faire appel de cette dernière. Le
plaignant ira donc devant la juridiction supérieure. Cependant, il est à noter que la Cour
de cassation ne statue pas sur les faits mais uniquement sur des questions juridiques.
L’appel en cassation peut être uniquement introduit sur la base des motifs juridiques,
donc en cas de violation de la loi ou d’un principe de droit général. ( voir cours
prochain).
1. Comment est composé le Parlement fédéral belge ?
2. Quel est le rôle du Roi dans l'exécutif ?
3. Quelle est la mission principale du pouvoir judiciaire ?
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Les
institutions
régionales/communautaires
et
leurs
compétences.
1. Quelles sont les compétences des régions et des communautés ?
2. En quoi ces compétences influencent-elles la vie quotidienne des citoyens ?
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