f l e u r s d ’ e n c re Le manuel numérique : La solution au cartable trop lourd ! La solution au manuel oublié au moment des devoirs ! À télécharger dès la rentrée sur : www.mne.hachette-education.com e mm pr ogra Français C. Bertagna & F. Carrier manuel unique Français Retrouvez des œuvres du programme dans la collection « Bibliocollège ». no Français f leur s d’encre a u ve u GR AM M AG E : 70g/m2 PO ID S : 878g ISBN : 978-2-01-125621-8 -:HSMALB=WZ[WV]: Existe en version numérique (voir au dos) www.hachette-education.com 12.5621.3 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-004-V01-9782011256218.indd 1 20/07/11 10:26 L a Chanson de Roland Écrivains et œuvres littéraires (fin XIe) ......................................4 5 e C hrétien de Troyes (vers 1135-vers 1183) Romans .......................................4 M arie de France (1154-1189) Lais ........................................5 B éroul etThomas (XII ) e J ea ean de la Fontaine Tristan et Iseult ...................5 B ernard de Ventadour (XII ) (1621-1695) Fables ............................. 6-7-10 e Chanson M olière (1622-1673) Atelier d’écriture et d’oral p. 108 F abliaux (fin XII ) .......7, p. 148 L e Roman de Renart Le Malade imaginaire, Les Fourberies de Scapin, L’Impromptu de Versailles...................... 8-10 e (1170-1250) ................................7 M arco Polo (1254-1324) Le Livre des merveilles .........3 C harles d’Orléans (1394-1465) Rondeau .............................. 9 L a Farce de Maître Pathelin (vers 1460) C lément Marot (1496-1544) Épigrammes ................... 10 Joachim du Bellay (1522-1560) Les Regrets ...................... 10 M adame de Sévigné (1626-1696) Lettres .................................. 10 P ierre de Ronsard (1524-1585) D aniel Defoe (1660-1731) Amours de Marie, Hymne .......................... 9-10 Vie et aventures de Robinson Crusoé ............ 2 XVI e XVII e- XVIII e siècle siècle Atelier de lecture et de jeu théâtral ............ p. 176 Histoire des arts Moyen Âge J ean Clouet (1480-1541) François Ier ..................... 10 M aître Boucicaut (xv ) F rancesco Primaticcio E nluminures .............. 3-4-5-6-7 G iuseppe Arcimboldo e Enluminures du Livre des merveilles de Marco Polo ................... 3 (1504-1570) Portrait de Diane de Poitiers ..........10 C hâteau de Versailles .............................. 10 (1527-1593) Le Printemps, L’Été, L’Automne, L’Hiver .... 9 C hâteau de Chambord .................................. 10 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 Écrivains et artistes présentés dans le manuel de 6e : voir pages de garde arrière. J ack London (1876-1916) V ictor Hugo (1802-1885) L’Appel de la forêt, Croc-Blanc ............................ 1 Les Rayons et les Ombres, Les Feuilles d’automne ......................................... 9 C harles Baudelaire (1821-1867) Les Fleurs du Mal .................................................. 9 J ules Verne (1828-1905) Voyage au centre de la terre, Michel Strogoff, L’École des Robinsons ........................................ 1-2 M ax Jacob (1876-1944) Derniers poèmes ..................................................... 9 G uillaume Apollinaire (1880-1918) Alcools ...................................................................... 9 H enri Bosco (1888-1976) L’Enfant et la rivière Atelier d’écriture .................................................. p. 66 J ules Vallès (1832-1885) J oseph Kessel (1898-1979) P aul Verlaine (1844-1896) R aymond Queneau (1903-1976) R obert Louis Stevenson (1850-1894) M ichel Tournier (1924-) G eorges Courteline (1858-1929) J ean-Marie Gustave Le Clézio (1940-) L’Enfant .................................................................. 2 Poèmes saturniens ................................................ 9 L’Île au trésor ......................................................... 2 Monsieur Badin .................................................... 8 G eorges Feydeau (1862-1921) Le Lion ...................................................................... 1 Le Chien à la mandoline ...................................... 9 Vendredi ou la Vie sauvage ................................. 2 « Mondo » et autres histoires Atelier de lecture ................................................... p. 34 Dormez, je le veux ! .............................................. 8 XIX e XX e- XXI e siècle siècle C aspar David Friedrich (1774-1840) Paysage du Riesengebirge ................................ 9 I ngres (1780-1867) Le roi Louis XIV et Molière ................................ 10 H iroshige (1797-1858) Paysage d’hiver ..................................................... 9 R ichard Wagner (1813-1883) A ffiches .................................................................. 1-2-4 S alvador Dalí (1904-1989) Tristan et Iseult ...................................................... 5 J ean Léon Gérôme (1824-1904) H ugo Pratt (1927-1995) Corto Maltese en Sibérie ...................................1 J acques Monory (1934-) V incent van Gogh (1853-1890) C arole Benzaken (1964-) Tristan et Isolde ..................................................... 5 L’Accueil du Grand Condé à Versailles .......... 10 La Méridienne ou La Sieste ................................. 9 La Fin de madame Gardénia ...........................9 Marylin, Coquette, Darwin, Sorbet ..................9 B enjamin Rabier (1864-1939) Le Roman de Renart ............................................. 7 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 f leur s d’encre Français Chantal Bertagna Françoise Carrier-Nayrolles Agrégée de Lettres classiques Professeur en collège Professeur à l’IUFM (formation initiale) Agrégée de Lettres modernes Professeur en collège Coordinatrice académique de lettres (formation continue) Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 Les auteurs remercient pour leurs conseils avisés, Dominique Bodin, Marc Brunet, Isabelle Dauzats, Nolwenn Drouet, Béatrice El-Gamani, Karine Hurtevent, Francine Perraudin, Cécile Rochelois ainsi que les enseignants qui ont dialogué avec les délégués pédagogiques Hachette Éducation et ceux qui ont participé anonymement à une réunion organisée par un cabinet d’études ; Charlotte Ruffault et Jacques Charpentreau pour l’utilisation du titre « Fleurs d’encre » ; enfin des remerciements tout particuliers à Colette Guillot et à Cécil, Édouard, François, Héloïse, Jean-Jacques et William. Les auteurs remercient chaleureusement leur éditrice Kerstin Benito-Wörmann pour sa précieuse collaboration. Crédits couverture de haut en bas : m « Tournoi de chevalier », Miniature tirée de Roman du chevalier Tristan © Luisa Ricciarini / Leemage ; premier plan g Illustration de François Crozat pour Le Roman de Renart de Christian Poslaniec © 1997 Éditions Milan ; arrière plan d Dragut (1514-1565), in Histoire des pirates et corsaires de l’Océan et de la Méditerranée, 1847 © Bianchetti / Leemage ; arrière plan d Lettre autographe de George Sand © Hachette Livre ; arrière plan g « Tristan et Iseult », Bayerische Verwaltung der Staatlichen Schlösser, Gärten und Seen / A. Dagli Orti. Crédits garde avant : ht : Illustration de François Crozat pour Le Roman de Renart de Christian Poslaniec © 1997 Éditions Milan ; de gauche à droite : © Photo Josse / Leemage ; © Selva / Leemage ; © Michael S. yamashita / CORBIS ; © Photo Josse / Leemage ; © Selva /Leemage ; © Coll. Vaussenat / Kharbine-Tapabor ; © Photo Josse / Leemage ; © Claude Lapointe / Éditions Gallimard. Crédits garde arrière : ht : Gwynedd M. Hudson, illustration pour Alice au pays des merveilles, Hodder & Stoughton, 1922. The British library, Londres. Reproduction avec la permission d’Hoddet and Stoughton, une division d’Hachette children’s books © Heritage Images / Leemage ; de gauche à droite : Ulysse sur son bateau résiste aux Sirènes © Collection Dagli Orti / Bardo Museum Tunis / Gianni Dagli Orti ; « Sindbad », illustration pour Le livre aux trésors des enfants, 1934 © Mary Evans / Doouglas McCarthy / Rue des archives ; Le Bernin, Apollon et Daphné, galerie Borghèse, Rome. © Dist. RMN / Mauro Magliani ; © Photo Josse / Leemage ; « Le Lion et le Rat » © Hachette Livre ; Illustration pour « Le Corbeau et le Renard », © The Bridgeman Art Library / Lorioux © Adagp, Paris 2010 ; © Micheline. Crédits pages liminaires : p. 1 Illustration de François Crozat pour Le Roman de Renart de Christian Poslaniec © 1997 Éditions Milan ; p. 3 ht Coll. Jonas / Kharbine-Tapabor ; p. 3 m ht BnF ; p. 3 mb BPK / S. Linke / Dist. RMN ; p. 3 b © Marc Enguerand / CDDS ; p. 4 © Claude Lapointe / Éditions Gallimard ; p. 5 © Photo Josse / Leemage ; p. 6 BnF ; p. 7 bd Collection Kharbine-Tapabor ; p. 8 © Ramon Senera / Agence Bernand / CDDS ; p. 9 ht © Selva / Leemage ; p. 9 m © Aisa / Leemage ; p. 11 © Bridgeman Art Library. Malgré nos efforts, il nous a été impossible de joindre certains ayants droits mais nous réservons les droits usuels en notre comptabilité. Couverture et maquette intérieure : Delphine d’Inguimbert et Valérie Goussot Adaptation et mise en page : Anne-Danielle Naname Relecture : Astrid Rogge Iconograghie : Agnès Calvo et Anne Mensior Dessins originaux : Philippe Gady (p. 54, 70, 116, 248, 249, 251, 281), Seb James (p. 66-68, 185), Nestor Salas (p. 7, 148, 150-151, 239) Cartographie : Hachette Éducation (p. 86, 108) ISBN 978-2-01-120183-6 © HACHETTE LIVRE 2010, 43 quai de Grenelle 75905 Paris Cedex 15 www.hachette-education.com Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes des articles L.122-4 et L.122-5, d’une part, que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les « analyses et les courtes citations » dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite ». Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français de l’exploitation du droit de copie (20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris), constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 Sommaire Récits d’aventures et de voyages Preux chevaliers et gentes dames Le rire au Moyen Âge Divertissements littéraires 3 Sommaire 3 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-011-9782011256218.indd 3 01/07/10 14:24 1 L’appel de l’aventure ◗ Identifier les caractéristiques d’un récit d’aventures ................................ 12 Lectures : textes et images • Voyage au centre de la Terre, J. VERNE .................... • Michel Strogoff, J. VERNE ..................................... .................... • Corto Maltese en Sibérie, H. PRATT • Le Lion, J. KESSEL ............................................. • L’Appel de la forêt, J. LONDON ............................... 14 16 18 20 22 L’écho du poète • « Le Transsibérien », B. CENDRARS .......................... 24 Faire le point Le roman d’aventures : un récit particulier .................. 25 Langue et expression Lexique : Le vocabulaire du récit, des valeurs (le courage) et des sentiments (la peur) .................................... Orthographe et conjugaison : Révision : le passé simple et l’imparfait de l’indicatif – L’accord sujet / verbe .......... Grammaire : Les valeurs de l’imparfait et du passé simple de l’indicatif – Le sujet de plusieurs verbes – La classe grammaticale des sujets ............................. Écrit : Rédiger des récits d’aventures ......................... Oral : Raconter des aventures ........................... 26 27 28 29 30 Lectures personnelles Romans d’aventures Lectures à la une : Brèves littéraires ....................... 31 Évaluations • Croc-Blanc, J. LONDON ...................................... 32 L’Appel de la forêt, illustré par C. LAPOINTE. ATELIER DE LECTURE « Mondo » et autres histoires, J.-M. G. LE CLÉZIO ............................................. 34 ➺ Rencontrer l’écrivain ➺ Choisir une nouvelle ➺ Définir un recueil de nouvelles Fiche-méthode : Étudier un recueil de nouvelles ....... 37 4 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-011-9782011256218.indd 4 01/07/10 14:24 Récits d’aventures et de voyages 2 Aventuriers : les traces 3 Sur de Marco Polo de la réalité au mythe ◗ Étudier les figures du pirate et de Robinson .. 38 ................ 70 Arts, espace, temps ➺ Découvrir le « Livre des merveilles » Lectures : textes et images et ses enluminures histoire des PORTRAITS DE PIRATES • L’âge d’or de la piraterie, portrait-robot du pirate somalien ........................ • L’Île au trésor, R. L. STEVENSON Le vieux flibustier .......................................... L’attaque des pirates ....................................... 42 44 LE MYTHE DE ROBINSON CRUSOÉ histoire des • Robinson Crusoé, D. DEFOE, F. LORIOUX L’arrivée de Robinson sur l’île ............................ Robinson sur son île ....................................... Une rencontre déterminante ............................. L’Enfant, J. VALLÈS ............................................ • ➺ Suivre un « reporter » du XIII siècle ➺ Rédiger de brefs reportages e 40 46 48 50 52 Œuvre intégrale à la manière de Marco Polo Le récit d’un marchand voyageur ....... 70 • Marco Polo et l’Orient, J. LE GOFF ...................... • Introduction du Livre des merveilles, MARCO POLO .... ◗ Rédiger un article de presse 70 71 Un livre illustré ..................................... 72 72 73 • Vendredi ou la Vie sauvage, M. TOURNIER ................. 54 Fiche-méthode : Organiser l’étude d’un roman par groupes... 55 • Des enluminures pour un livre à succès, M.-T. GOUSSET .............................................. • Extraits du Livre des merveilles, MARCO POLO .......... 56 L’art du sensationnel ........................... 74 74 74 75 57 • Les villes européennes au Moyen Âge, J. LE GOFF .... • La ville de Taidu, MARCO POLO .......................... • Le palais de Taidu, MARCO POLO ......................... ◗ Rédiger un bref article à partir d’une photo L’art du documentaire ......................... 76 • Le papier-monnaie, MARCO POLO ........................ ◗ Rédiger un article documentaire 76 Un reporter à l’esprit critique ............ 78 • Une découverte : la salamandre, MARCO POLO ......... • De la salamandre à l’amiante .......................... 78 79 Un reporter de confiance ? .................. 80 • L’oiseau Roc, MARCO POLO ............................... ◗ Rédiger un article sur Marco Polo 80 Lectures personnelles .................................... Sur les traces de grands voyageurs 81 L’écho du poète • « Le Pirate », P. SOUPAULT, P. KLEE ....................... Faire le point Les récits de pirates et les robinsonnades .................... Langue et expression Lexique : Le vocabulaire de la mer : des mots et leur histoire – Mots spécifiques – Les sens d’un mot – Familles de mots .... 58 Orthographe et conjugaison : L’accord des adjectifs de couleur – Verbes irréguliers du 1er groupe ................ Grammaire : Le complément du nom – La proposition subordonnée relative – Les expansions du nom .............. Écrit : Raconter et brosser des portraits ....................... Oral : Présenter des portraits de pirates ............. 59 60 61 62 Lectures personnelles Romans d’aventures maritimes Lectures à la une : Coup de cœur radiophonique ......... 63 Évaluations • L’École des Robinsons, J. VERNE ............................. 64 ◗ Réaliser un reportage ATELIER D’ÉCRITURE Poursuivre un récit d’aventures ............ 66 ➺ Rédiger une suite de texte ➺ Organiser des descriptions et les insérer dans un récit • L’Enfant et la rivière, H. BOSCO .................... 66 Fiche-méthode : Rédiger une suite de texte ............ 67 Sommaire 5 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-011-9782011256218.indd 5 01/07/10 14:24 Preux chevaliers et gentes dames romans 4 Les de Chrétien de Troyes ◗ Découvrir des récits de chevalerie ................ mythe de Tristan 5 Le et Iseult ............................ 116 82 ➺ Découvrir un mythe littéraire Lectures : textes et images • Arthur et la Table ronde .................................... .................. • Lancelot, affiche de film de J. ZUCKER • Lancelot ou le Chevalier à la charrette Lancelot et le Pont-de-l’Épée .............................. Lancelot en tournoi ........................................ Lancelot aux prises avec Méléagant ................ • Perceval ou le Conte du Graal Gauvain et la demoiselle ............................ Perceval au château du roi Pêcheur ...................... 84 85 86 88 90 ........................ Fiche-méthode : Lire et comprendre un roman de chevalerie ... et son héritage artistique histoire des ➺ Lire les principaux épisodes de la légende ➺ Rédiger des réécritures du mythe Une légende européenne .................... 116 92 94 • Une tradition celtique et orale venue de Bretagne... 116 • Les récits de Tristan et Iseult en Europe .............. 117 96 97 Parcours de lecture : La légende de Tristan et Iseult ........... 118 Œuvre intégrale • Yvain ou le Chevalier au lion Arts et culture • Tristan et le Morholt ................................... 118 ◗ Décrire un monstre L’écho du poète • « La mort d’Aude la Belle », La Chanson de Roland (CCLXVIII) ...................... 98 Faire le point Les récits de chevalerie ......................................... 99 Langue et expression Lexique : Le vocabulaire du courage et de la générosité – Le vocabulaire de la chevalerie .................................. 100 Orthographe et conjugaison : Le participe passé employé avec « être » – Les temps composés de l’indicatif 101 Grammaire : Les degrés de l’adjectif – La proposition subordonnée conjonctive COD – Les valeurs des temps composés ................................................ 102 Écrit : Rédiger des récits d’inspiration médiévale............. 103 Oral : Lire et dire des récits merveilleux ................. 104 • Le philtre d’amour..................................... 120 ◗ Rédiger une transposition moderne d’un épisode • Le coudrier et le chèvrefeuille ........................ 121 • Marc dans le pin ....................................... 122 ◗ Rédiger une suite de texte • Dans la forêt ........................................... 124 • Voile noire ou voile blanche ? ......................... 125 • La mort des amants .................................... 126 Le mythe littéraire de Tristan et Iseult .............................. 127 ........................... 127 • Tristan et Iseult, S. DALÍ ◗ Étudier et présenter le mythe de l’amour dans la légende ◗ Rédiger un résumé ◗ Partager des plaisirs de lecture Lectures personnelles Littérature de jeunesse inspirée des récits de la Table ronde Lectures à la une : Le guide des livres du mois ............ 105 Évaluations • Perceval ou le Conte du Graal ........................... 106 La renaissance artistique ............................ 128 du mythe histoire des ....................................... 128 • …en musique …en bande dessinée, …en peinture, • …au cinéma ............................................ 129 ATELIER D’ÉCRITURE ET D’ORAL Jongleurs et fêtes au château ............... 108 ➺ Découvrir l’art des fêtes ➺ Raconter et décrire, à l’écrit et à l’oral Le roi Marc épiant Tristan et Iseult. • Chanson, COLIN MUSET .............................. 109 • Le Vœu du paon, J.-C. NOGUÈS ..................... 112 • Chanson, B. DE VENTADOUR .......................... 113 Fiche-méthode : Faire un exposé ....................... 114 6 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-011-9782011256218.indd 6 01/07/10 14:24 Le rire au Moyen Âge prêtres et 6 Bourgeois, vilains dans les fabliaux 7 Le Roman de Renart ◗ Étudier tudier l’art du dialogue et de la moquerie ..... 130 ◗ Lire un récit critique et parodique .............. 152 Lectures : textes et images Lectures : textes et images • Brifaut, ANONYME TEXTE INTÉGRAL ............................... 132 • Le Prêtre et les Mûres, GUÉRIN TEXTE INTÉGRAL ................. 134 • La Sacoche perdue, ANONYME TEXTE INTÉGRAL .................. 136 L’écho du poète • « La Laitière et le pot au lait », Fables VII, 10 J. DE LA FONTAINE .............................................. 138 Faire le point Les fabliaux ..................................................... 139 • L’univers du Roman de Renart ............................ • Le Roman de Renart, ANONYME Renart et les anguilles ..................................... Renart et Tibert ....................................... Le combat de Renart et d’Isengrin ....................... Au chevet du roi Noble .............................. Renart pèlerin ............................................. ...... • Le Roman de Renart, J. M. MATHIS et T. MARTIN 154 156 158 160 162 164 165 L’écho du poète • « Le Renard, le Loup et le Cheval », Fables XII, 17, J. DE LA FONTAINE .............................. 166 Langue et expression Lexique : Les verbes de parole – Le vocabulaire du rire et de la tromperie – Histoire des mots : le vocabulaire médiéval ....................................... 140 Orthographe et conjugaison : L’indicatif des verbes irréguliers du 3e groupe – Le présent du subjonctif – Accord du participe passé employé avec « avoir » .................................. 141 Grammaire : Le discours direct – Les emplois du subjonctif – La phrase complexe : juxtaposition et coordination ......... 142 Écrit : Rédiger des récits en insérant des paroles ............. 143 Oral : Jouer et improviser des dialogues ...................... 144 Faire le point Le Roman de Renart ............................................ 167 Langue et expression Lexique : Le vocabulaire de la justice – Deux familles de mots – Le lexique des défauts ............. 168 Orthographe et conjugaison : Le présent de l’indicatif de « vouloir » et « pouvoir » – La conjugaison à la voix passive ................................................ 169 Grammaire : La phrase passive – Les GN compléments circonstantiels – Les modes dans la proposition subordonnée conjonctive introduite par « que » ............................ 170 Lectures personnelles Romans de jeunesse sur la vie quotidienne au Moyen Âge Lectures à la une : Dossier spécial : La vie au Moyen Âge dans les romans ..... 145 Écrit : Raconter à la manière du Roman de Renart ........... 171 Oral : Jouer un procès de Renart .............................. 172 Fiche-méthode : Monter un procès............................... 172 Lectures personnelles Évaluations • Le Tailleur du roi et son apprenti, ANONYME ....................................................... 146 Récits critiques et parodiques Lectures à la une : Interview radiophonique .............. 173 Évaluations ATELIER D’ÉCRITURE • La pêche d’Isengrin, B. RABIER ......................... ....................... 174 Écrire un fabliau moderne .................... 148 ➺ Rédiger un fabliau moderne en s’inspirant d’un fabliau médiéval ➺ Construire un fabliau autour d’une expression à double sens • La vieille qui graissa la patte au chevalier ANONYME TEXTE INTÉGRAL .................................. 149 ATELIER DE LECTURE RE ET DE JEU THÉÂTRAL AL La Farce de Maître Pathelin, elin, ANONYME ...... 176 ➺ Apprendre à jouer pour rendre compte d’une lecture ➺ Définir le genre de la farce Fiche-méthode : Étudier le comique d’un dialogue théâtral .................................. 182 Sommaire 7 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-011-9782011256218.indd 7 07/07/10 14:38 Divertissements littéraires 8 Maîtres, valets 9 Au fil du Temps ◗ Explorer la comédie et ses personnages ......... 184 ◗ Étudier des jeux de langage poétiques ........... 212 et servantes et des saisons Lectures : textes et images Lectures : textes et images LE TIC-TAC DE L’HORLOGE : UNE IMAGE DU TEMPS UNE COMÉDIE DE MOLIÈRE • Le Malade imaginaire ACTE I, SCÈNES II et V ....................................... ACTE III, SCÈNE V ........................................... ACTE III, SCÈNES X à XII ..................................... ACTE III, SCÈNES XIII, XIv et intermède ..................... 186 190 192 195 Fiche-méthode : Comprendre les fonctions d’une comédie ... 195 LES COMÉDIES DE BOULEVARD • Dormez, je le veux !, G. FEYDEAU ............................ 196 • Monsieur Badin, G. COURTELINE TEXTE INTÉGRAL ............... 198 Faire le point La comédie et ses personnages ................................ 203 Langue et expression Lexique : Le vocabulaire de la comédie : le théâtre et le rire .. 204 Orthographe et conjugaison : Le participe présent – L’infinitif des verbes du 3e groupe ....................................... 205 Grammaire : Les emplois des formes en -ant – Valeurs et emplois de l’infinitif – Les phrases injonctives ............. 206 Écrit : Rédiger des scènes de comédie ......................... 207 Oral : Mimer, jouer, improviser ................................ 208 Lectures personnelles Comédies brèves Lectures à la une : Jeu radiophonique de la « Meilleure comédie » ............. 209 • « Chanson grave », R. QUENEAU ......................... 214 • « L’Horloge », C. BAUDELAIRE, « Laisse l’horloge… », E. GUILLEVIC, ARMAN ........ 215 EN AVANT ! LA MARCHE DU TEMPS • « Le Soleil », J.-L. MOREAU ............................... 216 • « Le Temps », C. ROY .................................... 217 GARE AU TEMPS QUI PASSE ! • « Comme on voit sur la branche… », P. DE RONSARD, J. MONORY ............................ 218 • « La Planète », J. SUPERVIELLE ............................. 219 CALENDRIER ARTISTIQUE histoire des • Printemps : V. HUGO, NORGE, G. DE NERVAL, G. APOLLINAIRE, C. BENZAKEN ......................... • Été : A. RIMBAUD, C. LECONTE DE LISLE V. VAN GOGH ......................................... • Automne : P. VERLAINE, É.VERHAEREN, J. ROUBAUD, E. SCHIELE ............................................ Hiver : C. D ’O RLÉANS , M. CARÊME, M. JACOB, • K. HIROSHIGE , VIVALDI , SCHUBERT ............... 220 222 223 224 Fiche-méthode : Réaliser l’abécédaire d’un poète Faire le point La versification ................................................. 226 La poésie : formes poétiques et jeux de langage ............ 227 Langue et expression Évaluations • Les Fourberies de Scapin (ACTE I, SCÈNE II), MOLIÈRE ...... 210 Lexique : Le vocabulaire du temps ............................ Orthographe et conjugaison : Le conditionnel présent – Les homophones................................................ Grammaire : Les compléments circonstanciels de cause, but, comparaison ............................................... Écrit : Écrire des poèmes ....................................... Oral : Dire des poèmes ......................................... 228 229 230 231 232 Lectures personnelles Anthologies poétiques Lectures à la une : Courrier des lecteurs ................... 233 Évaluations • « Soleils couchants », V. HUGO, C. D. FRIEDRICH ....... 234 Le Malade imaginaire, mise en scène de Gildas Bourdet, Théâtre de l’Ouest parisien, 2003. 8 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-011-9782011256218.indd 8 01/07/10 14:24 artistes 10 Les à la cour ............................... 236 Arts et pouvoir ➺ Découvrir la vie de cour à la Renaissance et au XVIIe siècle histoire des Raconter des scènes historiques ➺ Artistes et rois à la Renaissance À la cour des rois mécènes........................ 236 • Léonard de Vinci à la cour de François Ier histoire des ............... 237 ◗ Rédiger une scène historique Les poètes courtisans s’adressent aux rois .. 238 • « Épigramme », C. MAROT ................................ 238 • « Sonnet », J. DU BELLAY ................................... 239 • « Hymne », P. DE RONSARD ................................. 239 ◗ Rédiger une synthèse Les châteaux à la Renaissance : un nouvel art de vivre histoire des ............. 240 • Journal d’Anne de Cormes, B. COPIN .................. 240 • « Le château d’Anet », J. DU BELLAY ...................... 241 ◗ Rédiger une scène historique À Versailles, sous Louis XIV À la cour du Roi-Soleil .............................. 242 • Lettre, MADAME DE SÉVIGNÉ ................................ 242 La comédie-ballet selon Molière................. 243 • Intermèdes du Bourgeois gentilhomme, MOLIÈRE .................................................... 243 Les écrivains jugent la vie de cour ............. 244 • « La Cour du lion », J. DE LA FONTAINE ................... 244 • L’Impromptu de Versailles (SCÈNE I), MOLIÈRE ........... 245 L’ de l’image Dans les jardins de Versailles .................... 246 • Journal d’Angélique de Barjac, D. JOLY ............... 246 ◗ Écrire un extrait de journal intime ◗ Raconter une visite des jardins histoire de Versailles avec un diaporama des Fiche-méthode : Réaliser un diaporama .............. 247 A comme angles de prise de vue ......... C comme cadrage ................................ C comme composition ......................... C comme couleurs ............................... L comme lumière ................................. P comme plan ...................................... 248 249 249 250 251 251 Sommaire 9 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-011-9782011256218.indd 9 01/07/10 14:25 L'étude de la langue Grammaire ❯ Les classes grammaticales et les fonctions • Le groupe nominal et ses expansions ............ – Réviser l’épithète ........................................ – Le complément du nom............................. • Tableau des classes grammaticales et des fonctions ................................................. p. 253 ❯ L’analyse de la phrase • Réviser la phrase simple .................................. • Les mots de la négation dans la phrase ........ • Réviser la ponctuation ..................................... • Réviser les types de phrases ............................ p. 254 p. 256 p. 258 p. 259 p. 292 p. 292 p. 293 – Le complément de l’antécédent : la proposition subordonnée relative .......... p. 294 • Les GN compléments circonstanciels .............. p. 296 – Réviser les GN compléments circonstanciels (manière, moyen, lieu, temps)..................... p. 296 – Les GN compléments circonstanciels (cause, conséquence, but, comparaison) ... p. 298 • Le complément d’agent (voir p. 272) • La phrase interrogative et les mots de l’interrogation ......................... p. 260 ❯ La conjugaison du verbe p. 262 p. 264 • Réviser la « carte d’identité du verbe » ......... p. 265 • Réviser les temps simples de l’indicatif .......... • La phrase complexe : coordination, juxtaposition ..................................................... • La phrase complexe : la subordination .......... terminaisons ..................................................... • La proposition subordonnée conjonctive COD ............................................... • Les propositions subordonnées : distinguer conjonctives et relatives................ • Les propositions subordonnées conjonctives compléments circonstanciels........................... • Le discours direct .............................................. • La proposition subordonnée interrogative indirecte..................................... • La phrase à la voix passive............................... • Réviser les temps composés de l’indicatif...... p. 266 p. 270 p. 272 ❯ Les classes de mots p. 274 p. 276 p. 278 • L’adjectif qualificatif : les degrés .................... p. 280 • Les mots exprimant la négation (voir p. 256) • Les mots exprimant l’interrogation (voir p. 261) • Les pronoms relatifs ......................................... p. 282 p. 284 p. 286 • Réviser l’attribut du sujet ................................ • Réviser les compléments d’objet du verbe.... • La conjugaison de la voix passive ................... ❯ Les valeurs des temps verbaux de l’indicatif ................................................... – Réviser les valeurs du futur simple de l’indicatif ................................................... – Réviser les valeurs de l’imparfait et du passé simple ......................................... • Les valeurs des temps composés de l’indicatif ...................................................... p. 314 • Le conditionnel ................................................. p. 288 p. 289 p. 290 p. 314 p. 315 p. 316 p. 318 ❯ Les valeurs et emplois des modes verbaux • L’indicatif et le subjonctif ................................ ❯ Les fonctions grammaticales • Réviser le sujet du verbe.................................. • La voix active et la voix passive ...................... p. 302 p. 303 p. 306 p. 307 p. 308 p. 310 p. 311 p. 312 – Réviser les valeurs du présent l’adjectif qualificatif ......................................... • Les reprises nominales ..................................... • Réviser les reprises pronominales................... • Les prépositions ................................................ • Réviser le conditionnel .................................... • Réviser les valeurs des temps simples ............ • Réviser le verbe, le nom, • Les conjonctions de coordination .................. • Réviser l’impératif ............................................ • Le présent du subjonctif .................................. p. 267 p. 268 p. 300 • Réviser : radical, bases verbales, • L’infinitif ............................................................ • Les formes en -ant ............................................ • Le participe passé ............................................. p. 320 p. 322 p. 324 p. 326 p. 328 10 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-011-9782011256218.indd 10 01/07/10 14:25 Orthographe ❯ Orthographe grammaticale • L’accord sujet-verbe ........................................ – Réviser l’accord simple ............................... – Repérer le sujet pour accorder le verbe .. – Identifier la classe grammaticale du sujet pour accorder le verbe ................................. • L’accord du participe passé ............................. – Réviser les accords simples du participe passé ........................................ – Les accords complexes du participe passé employé avec « avoir » ...................... • Réviser les terminaisons homophones ........... • Les verbes irréguliers du 1er groupe ............... p. 330 p. 330 p. 331 p. 333 p. 336 p. 336 • Morphologie des verbes irréguliers du 3e groupe ..................................................... • Les accords dans le groupe nominal ............. – Réviser les accords simples ........................ – Les adjectifs de couleur ............................. p. 346 p. 350 p. 350 p. 351 ❯ Orthographe lexicale • Les prépositions (voir p. 284) p. 338 p. 340 p. 344 • Les préfixes et suffixes latins........................... • Les préfixes grecs .............................................. • Homophones grammaticaux........................... p. 352 p. 354 p. 356 Lexique • Réviser la formation des mots ........................ • Réviser les synonymes et les antonymes........ • Réviser les niveaux de langue ......................... • Les figures de style ........................................... • Sens propre et sens figuré ............................... • Mots génériques et mots spécifiques ............ p. 360 p. 362 p. 363 p. 364 p. 366 p. 368 • Histoire des mots : de l’ancien français au français moderne ....................................... • Glossaire médiéval ........................................... p. 369 p. 372 Tableaux de conjugaison • « être » et « avoir » ..................................... p. 373 • Les verbes du 1er groupe ............................. p. 374 • Les verbes irréguliers du 1 groupe .......... p. 375 • La voix passive.............................................. p. 376 • Les verbes du 2e groupe.............................. p. 377 • Les verbes du 3 groupe.............................. p. 378 er e F. REIBISCH, Deux chevaliers en tournoi. Sommaire 11 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P001-011-9782011256218.indd 11 01/07/10 14:25 1 L’appel de l’aventure Identifier les caractéristiques d’un récit d’aventures Lectures : textes et images Objectifs • Voyage au centre de la Terre, J. VERNE ..... • Michel Strogoff, J. VERNE ......................... .... • Corto Maltese en Sibérie, H. PRATT • Le Lion, J. KESSEL .................................... • L’Appel de la forêt, J. LONDON .................. ◗ Découvrir l’inconnu ................................... 14 ◗ Suivre une aventure périlleuse .................... 16 ◗ Analyser un récit d’aventures en B.D. ........... 18 ◗ S’initier au monde sauvage ........................ 20 ◗ Entendre l’appel de la vie sauvage .............. 22 • « Le Transsibérien », B. CENDRARS .................................................................................... 24 L’écho du poète Faire le point Le roman d’aventures : un récit particulier ..................................................................... 25 Langue et expression Lexique : Le vocabulaire du récit, des valeurs (le courage) et des sentiments (la peur) .................................................................................. 26 Orthographe et conjugaison : Révisions : le passé simple et l’imparfait de l’indicatif – L’accord sujet / verbe .................................................................... 27 Grammaire : Les valeurs de l’imparfait et du passé simple de l’indicatif – Le sujet de plusieurs verbes – La classe grammaticale des sujets ........................... 28 Écrit : Rédiger des récits d’aventures ................................................................... 29 Oral : Raconter des aventures ....................................................................... 30 Lectures personnelles .................................................................................... 31 Évaluations • Croc-Blanc, J. LONDON ................................................................................................... 32 12 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 12 01/07/10 11:14 Photomontage A.-D. Naname, 2009. 1 Quels lieux d’aventures repérez-vous sur cette image ? 2 L’aventurier de cette image correspond-il à l’idée que vous vous faites d’un héros d’aventures ? Expliquez. 1 L’appel de l’aventure 13 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 13 01/07/10 11:14 Pour entrer dans le chapitre Aventure vient du latin adventura, « les choses qui sont sur le point d’arriver ». • Quels mots vous viennent spontanément à l’esprit quand vous entendez le mot « aventure » ? Lectures Avant de lire le texte 1. Situez l’Islande sur une carte. 2. Qu’est-ce qui caractérise ce pays : ses forêts ? son terrain volcanique ? Voyage au centre de la Terre Le professeur Lidenbrok a déchiffré un document qui indique comment pénétrer au centre de la Terre. Il entraîne de force son neveu, Axel, dans cette exploration qui débute en Islande. Ils sont accompagnés d’un Islandais, Hans. Jules Verne M (1828-1905) Cet écrivain français a publié la série des Voyages extraordinaires, destinée aux adolescents. Parmi ses romans d’aventures et d’anticipation, on peut citer : Le Tour du monde en quatre-vingt jours, Vingt mille lieues sous les mers. 5 10 15 20 25 1. sac, paquet. 2. multipliant par cent. 3. trouée. 4. On aurait dit. 30 « aintenant, Axel, s’écria le professeur d’une voix enthousiaste, nous allons nous enfoncer véritablement dans les entrailles du globe. Voici donc le moment précis auquel notre voyage commence. » Cela dit, mon oncle […] mit en communication le courant électrique avec le serpentin de la lanterne, et une assez vive lumière dissipa les ténèbres de la galerie. Hans portait le second appareil, qui fut également mis en activité. Cette ingénieuse application de l’électricité nous permettait d’aller longtemps en créant un jour artificiel, même au milieu des gaz les plus inflammables. « En route ! » fit mon oncle. Chacun reprit son ballot1, Hans se chargea de pousser devant lui le paquet des cordages et des habits, et, moi troisième, nous entrâmes dans la galerie. Au moment de m’engouffrer dans ce couloir obscur, je relevai la tête et j’aperçus une dernière fois, par le champ de l’immense tube, ce ciel de l’Islande « que je ne devais plus revoir ». La lave, à la dernière éruption de 1229, s’était frayé un passage à travers ce tunnel. Elle tapissait l’intérieur d’un enduit épais et brillant ; la lumière électrique s’y réfléchissait en centuplant2 son intensité. Toute la difficulté de la route consistait à ne pas glisser trop rapidement sur une pente inclinée à quarante-cinq degrés environ ; heureusement certaines érosions, quelques boursouflures tenaient lieu de marches, et nous n’avions qu’à descendre en laissant filer nos bagages retenus par une longue corde. Mais ce qui se faisait marche sous nos pieds devenait stalactite sur les autres parois. La lave, poreuse3 en de certains endroits, présentait de petites ampoules arrondies : des cristaux de quartz opaque, ornés de limpides gouttes de verre et suspendus à la voûte comme des lustres, semblaient s’allumer à notre passage. On eût dit4 que les génies du gouffre 14 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 14 01/07/10 11:14 illuminaient leur palais pour recevoir les hôtes de la Terre. « C’est magnifique ! m’écriai-je involontairement. Quel spectacle, mon oncle ! Admirez-vous ces nuances de la lave qui vont du rouge brun au jaune éclatant par dégradations insensibles ? Et ces cristaux qui nous 35 apparaissent comme des globes lumineux ? JULES VERNE, Voyage au centre de la Terre, 1864. Voyage au centre de la Terre 3D, photogramme du film d’Éric Brevig, 2008. Découvrir l’inconnu ◗ Le narrateur ◗ Une métamorphose des lieux 1. a. À quelle personne le récit est-il rédigé ? b. Qui est le narrateur ? 6. a. « Une assez vive lumière dissipa les ténèbres 2. a. Dans les lignes 15 à 17, quel est le sentiment éprouvé par le narrateur ? b. Quel sentiment éprouve-t-il par la suite ? ◗ Une explication scientifique 3. a. Quel lieu l’expression « les entrailles du globe » (l. 2) désigne-t-elle ? b. Relevez les mots et expressions qui décrivent ce lieu, en les classant (forme, matière, couleur). 4. Quel domaine scientifique est fréquemment évoqué dans le texte ? Justifiez à l’aide de quelques mots. 5. À quel sens le narrateur fait-il appel pour une observation scientifique des lieux ? Donnez trois exemples. de la galerie » (l. 5-6) : quels sont les deux noms antonymes ? b. Lequel des deux éléments sera dominant dans la suite du texte ? c. Est-ce normal ou inattendu en ce lieu ? Expliquez. 7. L. 26 à 31 : a. En quoi la galerie se transformet-elle ? b. La description est-elle ici scientifique ou poétique ? Justifiez. ➜ Réviser les synonymes et les antonymes – p. 362 ◗ Lire l’image 8. Relevez dans le texte des passages qui pourraient correspondre au photogramme extrait de l’adaptation filmique du roman. Gardons une trace écrite ❯ Quels sentiments le narrateur fait-il partager aux lecteurs lors de cette expédition ? Exercice d’écriture Le lendemain, les explorateurs reprennent leur marche. Rédigez un bref paragraphe à la première personne en gardant Axel comme narrateur. Vous associerez des sensations auditives aux sensations visuelles et tactiles. 1 L’appel de l’aventure 15 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 15 01/07/10 11:14 Avant de lire le texte Lectures 1. En quelle région du monde les Tartares vivaient-ils ? 2. Cherchez les sens du mot « bac ». L’attaque des Tartares L 5 10 15 e bac se trouvait engagé dans le milieu du courant, à égale distance environ des deux rives, et il descendait avec une vitesse de deux verstes1 à l’heure, lorsque Michel Strogoff, se levant, regarda attentivement en amont du fleuve. Il aperçut alors plusieurs barques que le courant emportait avec une grande rapidité, car à l’action de l’eau se joignait celle des avirons dont elles étaient armées. La figure de Michel Strogoff se contracta tout à coup, et une exclamation lui échappa. « Qu’y a-t-il ? » demanda la jeune fille. Mais avant que Michel Strogoff eût eu le temps de lui répondre, un des bateliers s’écriait avec l’accent de l’épouvante : « Les Tartares2 ! les Tartares ! » Les bateliers3, terrifiés par cette apparition, poussèrent des cris de désespoir et abandonnèrent leurs gaffes4. « Du courage, mes amis ! s’écria Michel Strogoff, du courage ! Cinquante roubles5 pour vous si nous atteignons la rive droite avant l’arrivée de ces barques ! » Les bateliers, ranimés par ces paroles, reprirent la manœuvre 20 et continuèrent à biaiser avec le courant, mais il fut bientôt évident qu’ils ne pourraient éviter l’abordage des Tartares. Ceux-ci passeraient-ils sans les inquiéter ? C’était peu probable ! On devait tout craindre, au contraire, de ces pillards ! « N’aie pas peur, Nadia, dit Michel Strogoff, 25 mais sois prête à tout ! – Je suis prête, répondit Nadia. – Même à te jeter dans le fleuve, quand je te le dirai ? 30 – Quand tu me le diras. – Aie confiance en moi, Nadia. – J’ai confiance ! » Les barques tartares n’étaient plus qu’à une dis35 tance de cent pieds. Elles portaient un détachement de soldats boukhariens6, qui allaient tenter une reconnaissance sur Omsk7. 40 Le bac se trouvait encore à deux longueurs de la rive. 16 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 16 01/07/10 11:14 45 1. mesure de longueur utilisée en Russie (1067 m). 2. des populations d’Asie centrale (Turcs et Mongols). 3. marins qui actionnent le bac. 4. perches pour pousser le bac. 5. monnaie russe. 6. originaires de Boukhara, en Ouzbékistan. 7. ville de Russie, en Sibérie occidentale. 8. voiture ouverte tirée par des chevaux. 9. le tirer. 50 55 Les bateliers redoublèrent d’efforts. Michel Strogoff se joignit à eux et saisit une gaffe, qu’il manœuvra avec une force surhumaine. S’il pouvait débarquer le tarentass8 et l’enlever9 au galop de l’attelage, il avait quelques chances d’échapper à ces Tartares, qui n’étaient pas montés. Mais tant d’efforts devaient être inutiles ! […] En ce moment, un choc se produisit… Les barques avaient abordé le bac par le travers. « Viens, Nadia ! » s’écria Michel Strogoff, prêt à se jeter par-dessus le bord. La jeune fille allait le suivre, quand Michel Strogoff, frappé d’un coup de lance, fut précipité dans le fleuve. Le courant l’entraîna, sa main s’agita un instant au-dessus des eaux, et il disparut. Nadia avait poussé un cri, mais, avant qu’elle eût le temps de se jeter à la suite de Michel Strogoff, elle était saisie, enlevée, et déposée dans une des barques. JULES VERNE, Michel Strogoff, 1875. Suivre une aventure périlleuse ◗ Le danger 6. L. 5 à 24 : relevez deux adverbes de temps qui 1. a. Où la scène se déroule-t-elle ? b. Ce lieu est-il sûr ou dangereux ? Expliquez. 2. a. Quel est le second danger ? b. À la vue de ce danger, quelle est la première réaction de Michel Strogoff ? celle des bateliers ? ◗ Le héros 3. L. 14 à 32 : comment Michel Strogoff réagit-il vis-à-vis des bateliers ? de la jeune fille ? 4. De quelles qualités physiques et morales le héros soulignent le rythme de l’action. Quel est ce rythme ? 7. L. 42 à 43 et l. 52 à 59 : a. Observez la longueur des phrases et les signes de ponctuation : le rythme est-il lent ou rapide ? b. Que cherche ainsi à traduire l’auteur ? c. Quel sentiment fait-il naître chez le lecteur ? ➜ Réviser la ponctuation – p. 258 ◗ Lire l’image 8. Comment le dessinateur a-t-il, selon vous, rendu l’idée de mouvement ? fait-il preuve ? Justifiez. ◗ Un récit dépaysant et haletant 5. a. Dans quelle zone géographique l’action se passe-t-elle ? Relevez des indices dans le texte. b. Qu’apportent ces éléments au récit d’aventures ? Gardons une trace écrite ❯ Comment l’auteur souligne-t-il le côté périlleux de la scène ? Rédigez votre réponse en quelques phrases. Exercice d’oral Comment imaginez-vous la suite de l’aventure pour Michel Strogoff ? Pour Nadia ? Échangez oralement vos hypothèses. 1 L’appel de l’aventure 17 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 17 01/07/10 11:14 Lectures Avant de lire la bande dessinée • Qu’appelle-t-on dans une bande dessinée : une vignette ? une bande ? une planche ? Corto Maltese en Sibérie Analyser un récit d’aventures en bande dessinée Hugo Pratt (1927-1995) Hugo Pratt, dessinateur italien, publie dans de nombreux magazines, puis en albums des bandes dessinées racontant les aventures de Corto Maltese, un marin épris d’aventure. ◗ Un récit d’aventures 1. a. Dans quelle région du monde la scène se déroule-t-elle ? b. Le paysage est-il hostile ou accueillant ? Justifiez. 2. a. Qui sont les personnages en présence ? b. Qu’est-ce qui rend leur confrontation périlleuse pour le héros ? Proposez plusieurs éléments de réponse. c. Quel sentiment l’auteur cherche-t-il à faire naître chez le lecteur ? ◗ Un récit en images 3. Par quels moyens (plans, couleurs…) le héros est-il mis en valeur dans la planche ? dans la vignette 2 ? 4. a. Sur quelles vignettes les deux personnages sont-ils en position de face à face ? b. Quelles caractéristiques communes à ces deux personnages repérez-vous ? 5. a. Par quels moyens visuels le mouvement est-il rendu dans les vignettes 3 , 4, 5 et 6 ? b. Quel rôle ce mouvement joue-t-il dans le récit de l’aventure ? 6. a. Quel est le plan utilisé dans la vignette 6 ? b. Quel rapport de taille entre le décor et les personnages ce plan suggère-t-il ? ➜ L’ABC de l’image – p. 248 Gardons une trace écrite ❯ En vous appuyant sur le texte et sur l’image, dites en quoi cette planche de bande dessinée relève du récit d’aventures. Exercice d’écriture Racontez l’épisode de cette planche de bande dessinée en utilisant une à deux phrases par vignette. Vous exprimerez le côté périlleux de l’aventure. histoire des 1. De quel type de document s’agit-il ? Expliquez. 2. Qui identifiez-vous ? Comment ? 3. Pourquoi ce personnage a-t-il été choisi ? Expliquez. MÉFIEZ-VOUS DE L’EAU QUI DORT. 4. Que suggèrent le nom du produit et la phrase d’accroche (« Méfiez-vous de l’eau qui dort ») ? 18 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 18 01/07/10 11:14 1 2 3 4 5 6 HUGO PRATT, Corto Maltese en Sibérie, © Casterman, 2001. 1 L’appel de l’aventure 19 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 19 01/07/10 11:14 Avant de lire le texte Lectures 1. Que représente, pour vous, un lion ? 2. Que signifie le nom anglais king ? Le lion Au cours d’un voyage au Kenya, le narrateur s’est lié d’amitié avec Patricia, une fillette de dix ans dont le père est directeur d’une réserve et qui a apprivoisé un lion. S Joseph Kessel (1898-1979) Cet aventurier a écrit de nombreux romans à succès et s’est consacré au grand reportage. Il a été élu à l’Académie française en 1962. 5 10 15 20 25 1. paysage de hautes herbes et d’arbres en Afrique. 2. qui n’est pas lisse. 3. large. 4. engourdissement. 5. caractéristique de la voix. 6. voix intérieure secrète. 30 35 ur le seuil de cette savane1, un seul arbre s’élevait. Il n’était pas très haut. Mais de son tronc noueux2 et trapu3 partaient, comme les rayons d’une roue, de longues, fortes et denses branches qui formaient un parasol géant. Dans son ombre, la tête tournée de mon côté, un lion était couché sur le flanc. Un lion dans toute la force terrible de l’espèce et dans sa robe superbe. Le flot de la crinière se répandait sur le mufle allongé contre le sol. Et entre les pattes de devant, énormes, qui jouaient à sortir et à rentrer leurs griffes, je vis Patricia. Son dos était serré contre le poitrail du grand fauve. Son cou se trouvait à portée de la gueule entrouverte. Une de ses mains fourrageait dans la monstrueuse toison. « King le bien nommé. King, le Roi. » Telle fut ma première pensée. Cela montre combien, en cet instant, j’étais mal gardé par la raison et même par l’instinct. Le lion releva la tête et gronda. Il m’avait vu. Une étrange torpeur4 amollissait mes réflexes. Mais sa queue balaya l’air immobile et vint claquer comme une lanière de fouet contre son flanc. Alors je cessai de trembler : la peur vulgaire, la peur misérable avait contracté chacun de mes muscles. J’aperçus enfin, et dans le temps d’une seule clarté intérieure, toute la vérité : Patricia était folle et m’avait donné sa folie. Je ne sais quelle grâce la protégeait peut-être, mais pour moi... Le lion gronda plus haut, sa queue claqua plus fort. Une voix dépourvue de vibrations, de timbre5, de tonalité m’ordonna : « Pas de mouvement... Pas de crainte... Attendez. » D’une main, Patricia tira violemment sur la crinière ; de l’autre, elle se mit à gratter le mufle du fauve entre les yeux. En même temps, elle lui disait en chantonnant un peu : « Reste tranquille, King. Tu vas rester tranquille. C’est un nouvel ami. Un ami, King, King. Un ami... un ami… » Elle parla d’abord en anglais, puis elle usa de dialectes africains. Mais le mot « King » revenait sans cesse. La queue menaçante retomba lentement sur le sol. Le grondement mourut peu à peu. Le mufle s’aplatit de nouveau contre l’herbe et, de nouveau, la crinière, un instant dressée, le recouvrit à moitié. « Faites un pas », me dit la voix insonore. J’obéis. Le lion demeurait immobile. Mais ses yeux, maintenant, ne me quittaient plus. « Encore », dit la voix sans résonance. 20 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 20 01/07/10 11:14 40 J’avançai. De commandement en commandement, de pas en pas, je voyais la distance diminuer d’une façon terrifiante entre le lion et ma propre chair dont il me semblait sentir le poids, le goût, le sang. À quoi n’eus-je pas recours pour m’aider contre l’éclat jaune de ces yeux fixés sur moi ! Je me dis que les chiens les plus sauvages aiment et écoutent les enfants. […] Mais j’avais beau m’entêter 45 à ces images rassurantes, elles perdaient toute valeur et tout sens à mesure que la voix clandestine6 m’attirait, me tirait vers le grand fauve étendu. Il m’était impossible de lui désobéir. JOSEPH KESSEL, Le Lion, © Éditions Gallimard, 1958. Illustration de TERRY HERMAN. S’initier au monde sauvage ◗ Une apparition ◗ Un face à face 1. a. Quelle succession de plans un cinéaste 6. Par quel moyen le lion attire-t-il le narrateur à utiliserait-il pour adapter le premier paragraphe ? b. Vers quoi cette succession de plans attire-t-elle le regard du lecteur ? De quelle manière ? lui ? Citez deux passages du texte. 2. L. 5 à 11 : a. Relevez les adjectifs qualificatifs 7. L. 38 à 40 : a. Quelle image de lui-même le narrateur donne-t-il ? b. Quel sentiment éprouvet-il ? associés au lion. b. Le lion mérite-t-il son surnom de « King » ? Justifiez. ➜ L’ABC de l’image – p. 248 ➜ Réviser l’adjectif qualificatif – p. 274 8. Quel nouvel appel le narrateur entend-il à la fin ◗ Le personnage de Patricia 9. Par quels procédés l’illustrateur a-t-il mis en valeur 3. Où la fillette se trouve-t-elle ? du texte ? ◗ Lire l’image le lion dans l’image ? 4. a. Par quels moyens communique-t-elle avec le fauve ? b. L. 22 à 36 : relevez les mots caractérisant la voix de la fillette. Quel effet cette voix produitelle sur le lion ? 5. Quels sont les pouvoirs de la fillette dans ce passage ? Gardons une trace écrite ❯ Quels rapports s’établissent entre le fauve, la fillette et le narrateur dans cet extrait ? Expliquez en un paragraphe. Exercice d’écriture Récrivez cette scène en faisant de Patricia la narratrice. Vous rédigerez une quinzaine de lignes. 1 L’appel de l’aventure 21 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 21 01/07/10 11:14 Avant de lire le texte Lectures • Le titre américain de ce roman est : The Call of the wild. Que signifie l’adjectif wild en anglais ? L’appel résonne B Jack London 5 (1876-1916) Cet aventurier et romancier américain a été chercheur d’or dans le Grand Nord où il a situé plusieurs de ses romans, dont L’Appel de la forêt et Croc-Blanc. 10 15 20 25 30 1. lumière faible. 2. né dans le pays. 3. le sentit dans le vent. 4. poussée contre un obstacle qui empêche de fuir. 5. se retourna. 6. un des chiens de traîneau. 7. rapide et discret. 8. contredire. 35 40 uck levait la tête, dressait les oreilles, écoutait, plein d’attention. Obéissant à l’appel entendu de lui seul, il bondissait sur ses pieds et filait droit devant soi, pendant des heures, sous les voûtes fraîches de la forêt, au fond du lit desséché des torrents, dans les grands espaces découverts et fleuris. Mais, par-dessus tout, il se plaisait à courir ainsi dans la pénombre1 odorante des nuits d’été, alors que la forêt murmure dans son sommeil, et que ce qu’elle dit est clair comme une parole articulée. À cette heure, plus profond, plus mystérieux, plus proche aussi résonnait l’Appel – la Voix qui incessamment l’attirait, du fond même de la nature. Une nuit, il fut réveillé tout à coup en sursaut : alerte, les yeux brillants, les narines frémissantes, le poil hérissé en vagues… L’Appel se faisait entendre, et tout près cette fois. Jamais il ne l’avait distingué si clair et si net. Cela ressemblait au long hurlement du chien indigène2. Et, dans ce cri familier, il reconnut cette Voix, entendue jadis, qu’il cherchait depuis des semaines, et des mois… Traversant, rapide et silencieux comme une ombre, le camp endormi, il s’élança sous bois. Mais comme il se rapprochait de l’Être qui l’appelait, il ralentit par degrés son allure et s’avança, prudent et rusé. Et tout à coup, au cœur d’une clairière, il vit, assis sur ses hanches et hurlant à la lune, un loup de forêt, long, gris et maigre. Bien que le chien n’eût fait aucun bruit, la bête l’éventa3 et cessa soudain son chant. Buck s’avança, la queue droite, les oreilles hautes, prêt à bondir. Pourtant tout dans son allure marquait, en même temps que la menace, le désir de faire amitié. Mais le fauve, sourd à ses avances, prit soudain la fuite. Buck le suivit à grands bonds, plein d’un désir fou de l’atteindre. Longtemps ils coururent, presque côte à côte. Enfin, le loup s’engagea dans le lit desséché d’un torrent barré par un fouillis inextricable de branchages et de bois mort. Alors la bête sauvage, se trouvant acculée4, fit volte-face5 par un mouvement familier à Joe6 et aux chiens indigènes aux abois ; et, grinçant des dents, claquant avec bruit des mâchoires, elle attendit. Buck, au lieu d’attaquer, tournait autour du loup avec un petit murmure amical, remuant la queue et riant à belles dents. Mais le loup se méfiait, car sa tête arrivait à peine à l’épaule du chien, et il avait peur. Et tout à coup, d’un mouvement souple et furtif 7, il s’échappa et reprit sa course. La poursuite recommença. Encore une fois, le loup faillit être pris, pour de nouveau s’échapper et recommencer à fuir. La bête était en mauvaise condition, sans quoi Buck n’aurait pu l’égaler à la course ; ils couraient presque côte à côte, jusqu’au moment où le loup s’arrêtait, montrait les dents et recommençait à fuir de plus belle. 22 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 22 01/07/10 11:14 L’Appel de la forêt, illustré par CLAUDE LAPOINTE, Éditions Gallimard, 1979. Enfin, reconnaissant que Buck ne lui voulait pas de mal, la bête s’arrêta et laissa le chien lui flairer le museau. Sur quoi ils devinrent amis et se mirent à jouer ensemble, de cette façon nerveuse et timide qui semble 8 45 démentir la férocité des bêtes sauvages. JACK LONDON, L’Appel de la forêt, traduction Mme de Galard, © Éditions Gallimard, 1983. Entendre l’appel de la vie sauvage ◗ Buck 1. a. Qui est Buck ? b. Relevez des expressions qui le 6. Dans les lignes 19 à 45, qu’est-ce qui distingue présentent d’une part, comme un animal, d’autre part, comme un homme. les actions des passages en violet de celles des passages en noir ? 2. a. Entre quels lieux partage-t-il son temps ? b. La 7. « Le désir de faire amitié » l. 24 : a. Qui manifeste forêt est-elle pour lui hostile ou attirante ? Justifiez. ce désir ? b. Relevez deux autres expressions évoquant l’amitié dans la suite du texte. c. Quelle progression constatez-vous ? ➜ Réviser les temps simples – p. 303 ➜ Réviser les valeurs de l’imparfait et du passé simple – p. 316 ◗ De l’appel à la rencontre 3. Dans les lignes 1 à 18 : a. Relevez le champ lexical de l’ouïe. b. Quel effet l’« Appel » produit-il sur Buck ? 4. À quel temps les verbes sont-ils majoritairement conjugués : a. dans les lignes 1 à 9 ? b. à partir de la ligne 10 ? c. Quelle est la valeur de chacun de ces temps ? 5. a. Recopiez la phrase qui relate la rencontre. b. Qui Buck rencontre-t-il ? c. Par quels sens Buck perçoit-il l’être qu’il rencontre ? Gardons une trace écrite ❯ Pourquoi le lecteur peut-il s’identifier au héros dans le texte et dans l’illustration ? ❯ Que représente la vie sauvage pour Buck ? Rédigez vos réponses. Exercice d’écriture Si vous étiez Buck, suivriez-vous le loup dans la forêt ou rejoindriez-vous le camp après cette rencontre ? Répondez en quelques phrases. 1 L’appel de l’aventure 23 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 23 01/07/10 11:14 L’écho du poète Le Transsibérien Cet extrait de poème relate le voyage en train de Blaise Cendrars, entre Moscou et Kharbine, à travers la Sibérie. Or, un vendredi matin, ce fut aussi mon tour On était en décembre Et je partis moi aussi pour accompagner le voyageur en bijouterie qui se rendait à Kharbine […] Blaise Cendrars (1887-1961) Cet écrivain d’origine suisse a été apprenti bijoutier à Moscou entre 1904 et 1907. Il s’engage du côté français dans la guerre de 14-18. Gravement blessé, il est naturalisé français. Après la guerre, il écrit un roman, L’Or, et des récits autobiographiques sur ses voyages et sa vie au front. 5 10 J’étais très heureux insouciant Je croyais jouer aux brigands Nous avions volé le trésor de Golconde1 Et nous allions grâce au Transsibérien le cacher de l’autre côté du monde Je devais le défendre contre les voleurs de l’Oural qui avaient attaqué les saltimbanques2 de Jules Verne Contre les Khoungouzes3 les boxers4 de la Chine Et les enragés petits Mongols du Grand-Lama Alibaba et les quarante voleurs Et les fidèles du terrible Vieux de la montagne5 Et surtout, contre les plus modernes Les rats d’hôtel6 Et les spécialistes des express internationaux. BLAISE CENDRARS, Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France. Extraits tirés du Volume I de Tout autour d’aujourd’hui, nouvelle édition des œuvres complètes de B. Cendrars dirigée par C. Leroy, © Éditions Denoël, 1947, 2005. 1. ville de l’Inde, célèbre pour ses mines de diamants. 2. comédiens. 3. brigands mongols. 4. société secrète chinoise. 5. nom donné par l’ordre religieux et militaire des Templiers à leur pire ennemi. 6. voleurs qui dévalisent les hôtels. ◗ Un poème en écho ◗ Un poème à lire ou à réciter 1. À quels extraits du chapitre ce poème fait-il écho ? Justifiez. 2. Quels éléments du poème évoquent l’aventure ? 3. Lisez ou récitez le poème : – en racontant le souvenir dans les trois premiers vers ; – en traduisant l’excitation de l’imagination dans les vers 4 à 12 ; – en mettant en relief l’effet de chute des trois vers finaux. 24 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 24 01/07/10 11:14 Faire le point Le roman d’aventures : un récit particulier Arts et culture • Le roman d’aventures se développe au XIXe siècle avec des auteurs comme Jules Verne et Jack London. Il connaît un vaste succès populaire. • Il fait voyager par l’esprit à une époque où les moyens de transports commencent à se développer. • Dans les romans d’aventures, le lecteur s’identifie au héros dont il partage les émotions fortes. • Certains auteurs comme Jack London font aussi réfléchir au rapport entre vie civilisée et vie sauvage. • Le roman d’aventures continue à être très populaire au XXe siècle, où il prend des formes variées avec des auteurs voyageurs comme Joseph Kessel ou J.-M. G. Le Clézio (voir Atelier de lecture, p. 34-37). • Depuis le XXe siècle, il est relayé par le cinéma, la littérature de jeunesse, la bande dessinée et les jeux vidéo. Un genre littéraire Le roman d’aventures se caractérise par : • des actions violentes et inhabituelles, de nombreuses péripéties ; • un dépaysement géographique (ou historique) : Grand Nord, Afrique, forêt, mer, espace… ; • un héros : – qui doit faire ses preuves face aux dangers ; – qui apprend la vie grâce à ces épreuves ; – qui fait l’expérience d’un monde sauvage à la fois effrayant et attirant ; – auquel le lecteur s’identifie. L’écriture du récit d’aventures • Le récit d’aventures suit la construction classique d’un récit : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, situation finale. On y emploie le passé simple pour la narration, l’imparfait pour les descriptions. • On y trouve : – une succession rapide d’actions nombreuses, exprimée par des verbes d’action, des adverbes de temps ; – des descriptions de lieux et de personnages dépaysants ; – l’expression de sentiments forts (peur, admiration…) et de valeurs telles que le courage, l’entraide, l’amitié. Harrison Ford dans Indiana Jones et le Temple maudit, film de Steven Spielberg, 1984. Je retiens l’essentiel ❯ Rédigez une définition du roman d’aventures en caractérisant notamment le héros, les lieux, les actions. 1 L’appel de l’aventure 25 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 25 01/07/10 11:14 Lexique Revoir le vocabulaire du récit ➜ Réviser la formation des mots – p. 360 1. Complétez le tableau ci-dessous afin de constituer des familles de mots. VERBES NOMS narrer … … récit … … … relation dénouer … … Le dessein était audacieux, hérissé d’obstacles, impraticable peut-être. M. Fogg allait mettre en danger sa vie, ou tout au moins sa liberté, et par conséquent, la réussite de ses projets, mais il ne tergiversa pas. Il trouva, d’ailleurs, dans Sir Francis Cromarty, un auxiliaire résolu. Quant à Passepartout, il était prêt, on pouvait disposer de lui. L’idée de son maître l’enthousiasmait. D’après J. VERNE, Le Tour du monde en quatre-vingt jours, 1873. conteur … 2. Reliez chaque élément de la liste A à un ou plusieurs éléments de la liste B. Liste A : Michel Strogoff, Jules Verne, Joseph Kessel, Axel, Nadia, Hans. Liste B : auteur, narrateur, personnage, héros. Étudier le vocabulaire du courage ➜ Réviser les synonymes et les antonymes – p. 362 3. a. Les adjectifs suivants sont-ils synonymes ou antonymes (de sens contraire) ? b. Quel est le nom qui correspond à chacun de ces adjectifs ? Courageux, audacieux, téméraire, hardi, brave, intrépide, vaillant, énergique, ardent, ferme. 4. a. Classez ces verbes en deux listes antonymes. b. Quels sont ceux qui expriment le courage ? c. Employez trois de ces verbes, chacun dans une phrase qui en révèle le sens. Affronter, faiblir, braver, s’opposer, plier, capituler, résister, céder, hésiter, dompter. 5. a. Recopiez et complétez le schéma. b. Quelle différence de sens y a-t-il entre « un homme brave » et « un brave homme » ? Affiche du théâtre du Châtelet par L. Charbonnier, 1874. ...... : verbe signifiant « défier » ...... : adverbe brave, de l’italien bravo, XIVe siècle ...... : grand courage bravade : ...... ...... : cri d’applaudissement 6. Remplacez dans le texte chaque mot en italique par le synonyme qui convient en le choisissant dans la liste suivante, afin de retrouver le texte de Jules Verne. Osa, opportunités, exaltait, décidé, ennuyait, difficultés, hésita, risquer, hésitant, lâche, assurer, hardi. Aborder le vocabulaire de la peur ➜ Réviser la formation des mots – p. 360 7. a. Donnez l’adjectif qualificatif et / ou le participe passé qui correspond à chacun des noms suivants : peur, épouvante, terreur, panique, horreur, effroi, inquiétude. b. Employez trois de ces adjectifs, chacun dans une phrase de votre choix. 26 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 26 01/07/10 11:15 Langue et expression Orthographe Conjugaison Revoir les terminaisons du passé simple de l’indicatif Revoir l’accord du verbe avec son sujet ➜ Réviser les temps simples – p. 303 ➜ Réviser l’accord simple – p. 330 Observer et manipuler Observer et manipuler 1. a. Recopiez les formes verbales suivantes en 6. a. Recopiez les couples de phrases ; soulignez la soulignant les terminaisons et en notant entre parenthèses le groupe du verbe. Il aborda, je défendis, ils escaladèrent, elle bondit, je dévalai, elles saisirent, ils surprirent, je frémis, il empoigna, je courus, il lut, elles perçurent, il partit, elles réagirent. terminaison des verbes et entourez les sujets. 1. J’affrontai le danger. Elle affronta le danger. 2. La fillette vit le lion. Les fillettes virent le lion. b. Dans quelle série la terminaison du verbe variet-elle en fonction du nombre (singulier / pluriel) du sujet ? de la personne du sujet ? b. À quelles personnes ces verbes sont-ils conjugués ? c. Recopiez et complétez le tableau suivant des terminaisons du passé simple. 1er groupe e 1 pers. singulier 2e groupe 3e groupe -ai 3e pers. singulier 3e pers. pluriel 7. Choisissez, parmi les éléments proposés entre parenthèses, le sujet du verbe en gras. Justifiez votre choix (il y a parfois plusieurs possibilités). 1. (Je / Il / Nous) entrions dans la forêt. 2. (La jeune femme / les explorateurs / le savant) prit la tête de l’expédition. 3. (Le héros / Je / Vous) rencontrai un fauve. 8. Choisissez parmi les verbes entre parenthèses 2. En vous aidant du tableau ci-dessus, conjuguez les verbes au passé simple de l’indicatif. Elle (décider), ils (traverser), je (grimper), il (gravir), ils (fuir), je (bâtir), elles (frémir), il (courir), je (poursuivre), ils (pouvoir), il (soulever), ils (traverser). Formuler la règle 3. Répondez à la question suivante. Au passé simple de l’indicatif, quelles sont pour chaque groupe les terminaisons : a. à la 1re personne du singulier ; b. à la 3e personne du singulier ; c. à la 3e personne du pluriel ? Revoir les terminaisons de l’imparfait de l’indicatif ➜ Réviser les temps simples – p. 303 Observer et manipuler 4. a. Recopiez les formes verbales suivantes en soulignant les terminaisons et en notant entre parenthèses le groupe du verbe. Je découvrais, tu arpentais, elle partait, nous poursuivions, vous entrepreniez, ils surgissaient, ils escaladaient, vous exploriez, ils défendaient, je filais, il avertissait, nous remplissions. b. Pour une même personne, les terminaisons varient-elles d’un groupe à l’autre ? Formuler la règle 5. Recopiez et complétez la phrase suivante. À l’imparfait de l’indicatif, les terminaisons sont les … pour tous les groupes : -ais, -ais, …, …, …, … . celui qui s’accorde avec le sujet en gras. Le troupeau de moutons se (mit / mirent) en marche. Les bêlements des vieux mâles (se mêlait / mêlaient) aux appels des femelles. Le sol des plateaux (grondait / grondaient) sous les pas des bêtes. Les centaines de pattes (soulevait / soulevaient) une poussière que le vent, en bourrasques, (balayait / balayaient). D’après X.-L. PETIT, Le Col des Mille larmes, © Flammarion, Castor poche, 2004. Formuler la règle 9. Recopiez la phrase en la complétant : Un verbe s’accorde avec son sujet en … et en … . Préparer la dictée : des indices phonétiques C’ét[ɛ] le radeau ! et je f[y] bien content d’y remonter. […] Je pr[i] alors mes rames et me dirig[e] vers la lumière. En approchant, je v[i] qu’il y en avait trois ou quatre autres, perchées sur une colline : c’ét[ɛ] un village. Je me rapproch[e] de la rive, en amont de la lumière qui ét[ɛ] sur le bord de l’eau, puis je relev[e] mes rames et me laiss[e] aller. M. TWAIN, Les Aventures de Huckleburry Finn, © Éditions de la Farandole, traduction S. Nétillard, 1999. • Recopiez le texte en orthographiant les terminaisons phonétiques avec la graphie qui convient (voir p. 381). • Relevez les verbes avec leur(s) sujet(s). À quel temps de l’indicatif chaque verbe est-il conjugué ? 1 L’appel de l’aventure 27 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 27 01/07/10 11:15 Grammaire Distinguer les valeurs de l’imparfait et du passé simple de l’indicatif ➜ Réviser les valeurs de l’imparfait et du passé simple – p. 316 Observer et manipuler 1. a. À quels temps de l’indicatif sont conjugués les verbes en gras ? les verbes en italique ? b. Quels sont ceux qui expriment le décor en arrière-plan ? les actions principales ? 1. Il se retourna, enveloppa les poissons volants, mit le couteau dans sa gaine, et, lentement remonta jusqu’à l’avant. 2. Il se servait de ses deux mains, balançait son corps de gauche à droite, et tâchait de faire porter l’effort sur le buste et sur les jambes. 3. Les requins avaient flairé la trace du poisson, mais la perdaient et la reperdaient sans cesse. 4. Ils attaquèrent, virèrent et disparurent sous le bateau. D’après E. HEMINGWAY, Le Vieil Homme et la Mer, traduction J. Dutourd, © Éditions Gallimard, 1952. Il faisait presque nuit lorsque les bêtes s’arrêtèrent. Les flancs de plus en plus abrupts des montagnes se dressaient dans l’obscurité. Galshan attendit avant de rejoindre Baytar. Le vieux tentait d’installer seul la petite tente de feutre qui allait leur servir d’abri. Il fit comme s’il ne l’avait pas entendue. b. Recopiez les phrases en modifiant le nombre (singulier ou pluriel) des sujets et en accordant tous les verbes. Ex. : Il se retourna. ➝ Ils se retournèrent. X.-L. PETIT, Le Col des Mille Larmes, © Flammarion Castor Poche, 2004. 6. Recopiez et complétez la phrase suivante. Un sujet peut commander …, même s’il n’est pas répété devant chacun d’eux. 2. Choisissez le temps qui convient selon qu’il s’agit Formuler la règle d’une action principale ou d’un décor. Ils (marcher) côte à côte jusqu’à la cabane du vieux, dont la porte (être) ouverte. Le vieux (appuyer) contre le mur le mât entouré de sa voile ; le gamin (déposer) à côté la caisse et les autres objets. Le mât (toucher) presque au plafond de la cabane. Celle-ci (contenir) une table et une chaise. Sur les parois brunes où (pointer) çà et là les feuilles aplaties du guano à la fibre résistante, (être) fixées deux gravures en couleur. C’(être) des souvenirs de sa femme. Le mur autrefois (s’orner) d’une photographie en couleurs de l’épouse elle-même. E. HEMINGWAY, Le Vieil Homme et la Mer, traduction J. Dutourd, © Éditions Gallimard, 1952. Formuler la règle 3. En vous appuyant sur ce que vous avez découvert, complétez la phrase suivante. On emploie … pour les actions principales de premier plan et ... pour évoquer le décor, l’arrière-plan du récit. Repérer le sujet de plusieurs verbes ➜ Réviser l’accord simple – p. 330 Observer et manipuler 4. « Il frotta sa main crispée contre le pantalon et il tenta de remuer les doigts. » a. Quel est le pronom personnel sujet répété deux fois ? b. Lequel des deux sujets peut-on supprimer ? Cela change-t-il la terminaison du verbe ? 5. a. Dans les phrases suivantes, indiquez le sujet des verbes soulignés. Distinguer la classe grammaticale des sujets ➜ Identifier la classe grammaticale du sujet pour accorder le verbe – p. 333 Observer et manipuler 7. 1. Buck entendit l’appel du loup. 2. Le chien entendit l’appel du loup. 3. Il entendit l’appel du loup. 4. Celui-ci entendit l’appel du loup. a. Quelle est la fonction grammaticale commune aux mots et groupes de mots en gras ? b. Pronom personnel, GN, nom, pronom démonstratif : associez chacune de ces classes grammaticales au mot ou groupe de mots en gras correspondant. 8. Recopiez et complétez ce texte avec des sujets dont la classe grammaticale vous est donnée. Attention aux accords ! … (groupe nominal) montèrent dans le train. … (pronom démonstratif) traversait l’Inde de part en part. … (groupe nominal) enchanteurs s’offraient au regard des voyageurs. Devant ce spectacle féerique, ... (pronom personnel) restaient béats d’admiration. … (nom propre) ne cessait de prendre des photos. … (groupe nominal) et … (groupe nominal) défilaient au loin. À chaque arrêt, … (groupe nominal) montaient et descendaient. Formuler la règle 9. En vous appuyant sur ce que vous avez découvert, complétez la phrase suivante. La classe grammaticale d’un sujet peut être : …, …, … ou … . 28 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 28 01/07/10 11:15 Langue et expression Écrit Rédiger des récits d’aventures 1. Raconter une épreuve d’un « Trophée Aventure » SUJET 1 : Racontez une épreuve à surmonter dans une compétition sportive, le « Trophée Aventure ». Choisissez parmi celles qui vous sont proposées ci-dessous : – traverser une rivière sur une passerelle souple ; – faire un saut à l’élastique du haut d’un pont ; – traverser un lac à la nage ou à la rame ; – décrocher le trophée suspendu dans un arbre ; – franchir un terrain bosselé en vélo ; – escalader une falaise. Consignes d’écriture : • Vous rédigerez votre récit à la 3e personne et au passé simple de l’indicatif. • Vous emploierez plusieurs noms et pronoms différents pour désigner le héros ou l’héroïne. • Vous montrerez en quoi l’épreuve est difficile, périlleuse. • Vous emploierez du vocabulaire exprimant la peur mais aussi le courage. • Vous emploierez des verbes d’action : grimper, sauter, saisir, plonger… 2. Rédiger un récit complet du « Trophée Aventure » SUJET 2 : Parmi les épreuves du SUJET 1, choisissez-en trois et racontez le déroulement du « Trophée Aventure », en une trentaine de lignes. Consignes d’écriture : • Vous présenterez brièvement la situation initiale. • Pour chacune des épreuves, vous suivrez les mêmes consignes d’écriture que dans l’exercice précédent. • Vous rédigerez un paragraphe par épreuve. • Vous veillerez à la succession logique et rapide des épreuves. • Vous terminerez par une situation finale. 3. Rédiger une aventure à partir d’une image SUJET 3 : Imaginez l’aventure que va vivre l’héroïne de l’image. Votre récit, d’une vingtaine de lignes, sera rédigé à la 3e personne et au passé simple de l’indicatif et comportera au moins deux péripéties. Consignes d’écriture : • Employez des verbes d’action. • Racontez une succession rapide d’actions. • Décrivez le paysage hostile, à l’imparfait. • Imaginez les obstacles ou ennemis que l’héroïne devra affronter. • Employez du vocabulaire exprimant la peur mais aussi le courage. Lara Croft, héroïne du jeu vidéo Tomb Raider (épisode Underworld), 2008. 1 L’appel de l’aventure 29 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 29 01/07/10 11:15 Langue et expression Oral Raconter des aventures 1. Raconter une aventure personnelle SUJET 1 : Imaginez qu’il vous est arrivé une aventure au cours de laquelle vous avez dû affronter un (des) danger(s) et faire preuve de courage. Préparation : Au brouillon, listez les grandes étapes de votre récit. Critères de réussite : • Racontez votre aventure en respectant la construction d’un récit. (voir Faire le point p. 25) • Parlez de façon audible, en articulant bien, en regardant votre auditoire, sans lire. • Employez un niveau de langue correct. • Soulignez par un ton dramatique les dangers affrontés. 2. Faire une chronique1 radiophonique SUJET 2 : Vous êtes journaliste de radio. Chaque jour, vous faites une chronique de trois à cinq minutes, intitulée Échos d’aventures. Vous y racontez un exploit ou un épisode de la vie d’un aventurier ou d’une aventurière célèbre. Votre choix pourra se porter sur les spationautes français JeanLoup Chrétien ou Claudie Haigneré, les explorateurs du Grand Nord Jean-Louis Etienne ou Nicolas Vanier, le vulcanologue Haroun Tazieff, la course en solitaire Vendée Globe, le ParisDakar ou toute autre expédition scientifique ou sportive qui vous intéresse. Préparation : Claudie Haigneré lors de la mission Cassiopée, 17/08/1996. • Documentez-vous sur l’aventurier (l’aventurière) de votre choix. Pour cela, cherchez des informations : – au CDI, dans des journaux comme Géo Ados, Science et Vie Junior, Mon Quotidien, Actu… ; – sur internet : dans un moteur de recherche, tapez le nom complet de l’aventurier ou de l’expédition. • Choisissez un événement marquant de sa vie ou de l’expédition. Réalisation : • Commencez votre chronique par la formule : « Chers auditeurs d’Échos d’aventures, bonjour ! » • Respectez les critères de réussite du SUJET 1. • Employez le vocabulaire du courage. • Soulignez votre admiration par un ton enthousiaste. • Terminez votre chronique par la formule : « Chers auditeurs, à demain, pour de nouveaux frissons et de nouvelles évasions avec Échos d’aventures. » Nicolas Vanier lors de l’Odyssée sibérienne, hiver 2005-2006. 1. chronique : brève rubrique de presse, quotidienne ou hebdomadaire, confiée à un journaliste précis. 30 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 30 01/07/10 11:15 Lectures personnelles Romans d’aventures Mark Twain Les Aventures de Tom Sawyer © Hachette, Le Livre de Poche, 2008. Un petit garçon vit des aventures au bord du Mississippi. Harriet Beecher Stowe La Case de l’oncle Tom © Hachette, Le Livre de Poche, 2008. Dans le sud des ÉtatsUnis, un jeune esclave noir doit quitter la plantation où il a toujours vécu. à la Mark Twain Les Aventures de Huckleberry Finn © Hachette, Bibliocollège, 2004. © Éditions Gallimard, Folio Junior, 1999. Une expédition de secours part vers le Nord pour tenter de retrouver un homme disparu en mer. Huck, en compagnie d’un esclave noir, vit une série d’aventures au fil du Mississippi. Lectures Jules Verne Un hivernage dans les glaces une Pour rendre compte de vos lectures personnelles, devenez journaliste de presse écrite ou audio-visuelle. Dans chaque chapitre du manuel, vous découvrirez une nouvelle rubrique journalistique. Brèves1 littéraires • Choisissez un de ces romans et lisez-le. Xavier-Laurent Petit Le Col des Mille Larmes © Flammarion, Castor poche, 2004. Une jeune fille d’Asie centrale se lance à la recherche de son père. • Imaginez un titre accrocheur qui exprime votre opinion sur le livre (par exemple, « Palpitante descente dans les entrailles du globe » pour Voyage au centre de la Terre). • Résumez en une dizaine de lignes le premier tiers du roman en vous arrêtant à un moment plein de suspense pour donner envie de lire la suite. • Employez des phrases brèves. • Terminez en formulant votre avis en une ou deux phrases. Allan W. Eckert La Rencontre © Hachette, Le Livre de Poche, 2007. Un petit garçon se perd dans la prairie américaine où il va vivre une aventure avec un blaireau. • Variante : Présentez oralement votre brève à la classe. 1. petit article journalistique. 1 L’appel de l’aventure 31 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 31 01/07/10 11:15 Évaluations Lexique Orthographe et conjugaison Grammaire Apprendre à réviser Relisez « Faire le point » (voir p. 25). Citez trois verbes exprimant le courage. (voir p. 26) Quelles sont les terminaisons du passé simple et de l’imparfait de l’indicatif à la 3e personne du singulier ? (voir p. 27) Dans un récit au passé, quel temps faut-il employer pour raconter des actions ? pour décrire ? (voir p. 28) Croc-Blanc L Affiche du film Croc-Blanc, réalisé par R. KLEISER, 1991. à s’étendait le Wild1, le Wild sauvage, gelé jusqu’aux entrailles, des terres du Grand Nord. […] À l’avant et à l’arrière du traîneau, insoumis, indomptés, luttaient 5 donc les deux hommes qui n’avaient pas encore été vaincus par le Wild. Leurs corps étaient recouverts de fourrure et de cuir souple. Sur leurs paupières, leurs joues, leurs lèvres, les cristaux nés de la condensation 10 de leur haleine formaient une couche si épaisse qu’il était impossible de les distinguer l’un de l’autre. Avec leurs masques livides2, ils faisaient songer à des spectres3, à des fantômes de croque-morts conduisant 4 15 dans un monde impossible les funérailles d’un fantôme de cadavre. Mais c’étaient des hommes bien réels, acharnés à survivre sur une terre désolée, silencieuse, meurtrière, des pygmées5 perdus dans un univers de 20 géants, dressés contre un ennemi aussi insensible, aussi démesuré, aussi étranger à l’aventure humaine que le sont les profondeurs de l’espace. Ils avançaient sans parler, tendus par l’effort, avares de leur souffle. Le silence presque solide qui les entourait les écrasait comme l’eau écrase le plongeur dans l’océan. […] 25 Une heure passa, puis une seconde. La pâle lumière du jour était sur le point de disparaître lorsqu’un cri monta au loin. D’abord faible, comme incertain, il enfla brusquement, atteignit sa pleine puissance, vibra et palpita pendant quelques secondes, puis s’éteignit lentement. On aurait pu le prendre pour la plainte d’une âme errante. […] Sans ralentir sa marche, 30 l’homme qui guidait les chiens se tourna vers son compagnon. Les regards 32 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 32 01/07/10 11:15 35 40 45 des deux hommes se croisèrent par-dessus la caisse de bois. Ils hochèrent la tête. Le deuxième hurlement, nettement plus aigu, troua comme une flèche le silence ouaté 6 de la plaine. Les deux hommes n’eurent pas besoin de se consulter pour comprendre ce qu’il signifiait. Il avait été lancé derrière eux, à peu de distance du traîneau. Un troisième cri lui répondit, également venu de l’arrière, mais à gauche du second. – Ils nous ont repérés, Bill, cria l’homme qui marchait en tête. Il avait dû se forcer pour parler, et sa voix cassée aux consonances rudes avait résonné comme une fausse note dans l’air glacial du crépuscule. – Ils ont faim, répondit son compagnon. JACK LONDON, Croc-Blanc, traduction P. Sabathe, © Robert Laffont, 1983. 1. mot anglais désignant la nature à l’état sauvage. 2. blancs. 3. fantômes. 4. l’enterrement. 5. peuple centrafricain de petite taille. 6. où les sons semblent étouffés. Compréhension du texte Étude de la langue 1. Où la scène se passe-t-elle ? Relevez des indices dans le texte. 1. Relevez les verbes conjugués à l’indicatif dans le troisième paragraphe en les classant selon leurs temps ; précisez ces temps et la valeur de chacun d’eux. 2. a. Dans les lignes 12 à 21 : relevez les adjectifs qualifiant le paysage ; celui-ci paraît-il accueillant ou hostile ? b. Qui est « l’ennemi » dont il est question à la ligne 20 ? 3. a. Qui sont les personnages ? b. Que font-ils ? c. Dans quelle attitude sont-ils montrés ? Justifiez à l’aide du texte. 2. a. Quel est le temps du verbe « eurent » (l. 35) ? b. Conjuguez ce verbe à toutes les personnes de ce temps. 3. a. Quel est le sujet du verbe « s’étendait » (l. 1) ? b. Quelle est sa classe grammaticale ? 4. a. Par quel sens les personnages perçoivent-ils le danger ? b. Relevez des mots qui présentent ce danger de façon de plus en plus menaçante. 4. Quels sont les verbes dont le sujet est le pronom « il » dans le troisième paragraphe ? 5. a. Qui se cache derrière le pronom personnel « ils » (l. 40 et 45) ? b. Pourquoi ce danger n’est-il pas nommé ? Expression écrite 6. Quel sentiment les personnages éprouvent-ils à la fin du texte ? Justifiez. Imaginez une situation dans laquelle un(e) enfant a dû affronter un animal dangereux. Vous rédigerez votre récit à la troisième personne et au passé simple. Lecture d’image 1. Le chien de traîneau Croc-Blanc representé sur l’affiche évoque-t-il un animal sauvage ou domestique ? Justifiez. 2. Comparez l’affiche au texte (paysage, personnages, expression du danger). 1 L’appel de l’aventure 33 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P012-033-9782011256218.indd 33 01/07/10 11:15 « Mondo » et autres histoires ➺ Rencontrer l’écrivain ➺ Choisir une nouvelle ➺ Définir un recueil de nouvelles Jean-Marie Gustave Le Clézio INTERVIEW Où et comment écrivez-vous ? 1940 Naissance à Nice. 1947 Rejoint au Nigéria son père, médecin de brousse. Durant plusieurs années, écrit la nuit des romans d’aventures inspirés par ses lectures : Verne, Kipling, Conrad et Stevenson. 1963 Reçoit un prix littéraire pour son roman, Le Procès verbal. 1968 Premier séjour au Mexique, découvre la civilisation indienne. 1980 Reçoit un prix littéraire des « Écrivains voyageurs » pour son roman Désert. 2008 Reçoit le Prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre. Un peu partout. J’ai l’angoisse du bureau. […] J’ai toujours rêvé d’écrire sur les bateaux. Et j’ai eu la chance de pouvoir le faire quand j’avais sept ou huit ans. J’ai pu écrire mon premier roman parce que j’étais enfermé dans la cabine d’un bateau, et qu’il n’y avait rien d’autre à faire. J’ai gardé de ce premier roman, qui s’appelait d’ailleurs Un long voyage, la nostalgie de la cabine du bateau, où on est coupé du monde, où on flotte. Le temps est beaucoup plus long, ponctué seulement par des occupations alimentaires ou passagères. On ne pense plus à la réalité, on n’a plus la terre ferme qui vient vous rappeler à l’ordre. Interview publiée par Lire, novembre 2008. Discours de Stockholm t un discours lors de la Les lauréats du Nobel prononcen ait de celui de Le Clézio. réception de leur prix. Voici un extr une extraordinaire conteuse, […] Ma grand-mère maternelle était d’après-midi le temps des qui réservait aux longues heures très imaginatifs […]. histoires. Ses contes étaient toujours plus tard. C’était sous Les livres sont entrés dans ma vie un peu que mon père avait réussi à la forme de plusieurs bibliothèques on de son héritage lorsqu’il réunir et qui provenaient de la dispersi à Moka (Île Maurice). C’est avait été expulsé de sa maison natale paraît pas immédiatement alors que j’ai compris cette vérité qui n’ap t un trésor plus précieux aux enfants, à savoir que les livres son ptes en banque. […] Les que les biens immeubles ou que les com t les collections de récits livres qui m’ont le plus marqué, ce son à l’Inde, à l’Afrique et aux de voyage, pour la plupart consacrés 1 ds textes d’exploration […] îles Mascareignes , ainsi que les gran Marco Polo. […] Ces livres et bien sûr le Livre des merveilles de m’ont donné le goût de l’aventure. it du « Discours de réception J.-M. G. Le Clézio, extra 2008. du Prix Nobel de littérature », 7 décembre Étape 1 Rencontrer l’écrivain 1. Quel rôle les voyages ont-ils joué dans la vie et dans l’œuvre de Le Clézio ? 2. Quand et pourquoi Le Clézio a-til commencé à écrire ? 3. Où aime-t-il écrire ? 4. Quels genres de livres aimait-il dans son enfance ? 5. Quel rôle les livres ont-ils joué pour lui ? 6. Lisez le sommaire du manuel p. 4 à 9 : cherchez les pages consacrées au Livre des merveilles et le titre d’un roman de Stevenson. rice. 34 1. îles de l’Océan indien, dont l’île Mau Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P034-037-9782011256218.indd 34 01/07/10 11:18 Étape 2 Lire des extraits pour choisir une nouvelle • Lisez ces extraits afin de déterminer celle des nouvelles que vous allez lire et étudier personnellement. « Mondo » Personne n’aurait pu dire d’où venait Mondo. Il était arrivé un jour, par hasard, ici dans notre ville, sans qu’on s’en aperçoive, et puis on s’était habitué à lui. […] Qu’est-ce qu’il était venu faire ici, dans cette ville ? Peut-être qu’il était 5 arrivé après avoir voyagé longtemps dans la soute d’un cargo, ou dans le dernier wagon d’un train de marchandises qui avait roulé lentement à travers le pays, jour après jour, nuit après nuit. Peut-être qu’il avait décidé de s’arrêter, quand il avait vu le soleil et la mer, les villas blanches et les jardins de palmiers. Ce qui est certain, c’est qu’il venait de très loin, de l’autre côté des 10 montagnes, de l’autre côté de la mer. Rien qu’à le voir, on savait qu’il n’était pas d’ici, et qu’il avait vu beaucoup de pays. Il avait ce regard noir et brillant, cette peau couleur de cuivre, et cette démarche légère, silencieuse, un peu de travers, comme les chiens. Il avait surtout une élégance et une assurance que les enfants n’ont pas d’ordinaire à cet âge, et il aimait poser des ques15 tions étranges qui ressemblaient à des devinettes. Pourtant, il ne savait pas lire ni écrire. […] « Lullaby » Le jour où Lullaby décida qu’elle n’irait plus à l’école, c’était encore très tôt le matin, vers le milieu du mois d’octobre. Elle quitta son lit, elle traversa pieds nus sa chambre et elle écarta un peu les lames 5 des stores pour regarder dehors. […] Elle s’habilla à la hâte, avec un pull-over de laine verte, un pantalon en velours brun, et un blouson marron. Puis elle enfila ses chaussettes et 10 ses chaussures montantes à semelles de crêpe. Elle peigna ses cheveux blonds sans même se regarder dans la glace, et elle enfourna dans son sac tout ce qu’elle trouva autour d’elle, sur la table 15 et sur la chaise : rouge à lèvres, mouchoirs de papier, crayon à bille, clés, tube d’aspirine. Elle ne savait pas exactement ce dont elle pourrait avoir besoin, et elle jeta pêle-mêle ce qu’elle voyait dans sa 20 chambre. […] Au moment de sortir, elle retourna vers la table et elle prit la lettre qu’elle venait d’écrire. […] Atelier de lecture « Mondo » et autres histoires 35 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P034-037-9782011256218.indd 35 01/07/10 11:18 « La roue d’eau » Le soleil n’est pas encore levé sur le fleuve. Par la porte étroite de la maison, Juba regarde les eaux lisses qui miroitent déjà, de l’autre côté des champs gris. Il se redresse sur sa couche, rejette le drap qui l’enveloppe. L’air froid du matin le fait frissonner. Dans la maison sombre, il y a d’autres 5 formes enroulées dans les draps, d’autres corps endormis. Juba reconnaît son père, de l’autre côté de la porte, son frère, et, tout au fond, sa mère et ses deux sœurs serrées sous le même drap. […] Juba se lève sans bruit. Il plie le drap et roule la natte, puis il marche sur le sentier qui traverse les champs déserts. Il regarde le ciel, du côté de l’est, 10 et il devine que le jour va bientôt apparaître. Il sent l’arrivée de la lumière au fond de son corps, et la terre aussi le sait, la terre labourée des champs et la terre poussiéreuse entre les buissons d’épines et les troncs des acacias. […] « La montagne du dieu vivant » Le mont Reydarbarmur était à droite du chemin de terre. […] Jon marchait vers Reydarbarmur maintenant. Il avait laissé sa bicyclette neuve contre un talus, au bord du chemin, et il marchait à travers le champ de bruyère et de lichen. Il ne savait pas bien pourquoi il marchait vers Reydarbarmur. Il 5 connaissait cette montagne depuis toujours, il la voyait chaque matin depuis son enfance, et, pourtant, aujourd’hui, c’était comme si Reydarbarmur lui était apparu pour la première fois. Il la voyait aussi quand il partait à pied pour l’école, le long de la route goudronnée. Il n’y avait pas un endroit de la vallée d’où on ne pût la voir. C’était comme un château sombre qui culmi10 nait au-dessus des étendues de mousse et de lichen, au-dessus des pâtures des moutons et des villages, et qui regardait tout le pays. […] « Celui qui n’avait jamais vu la mer » Il s’appelait Daniel, mais il aurait bien aimé s’appeler Sindbad, parce qu’il avait lu ses aventures dans un gros livre relié en rouge qu’il portait toujours avec lui, en classe et dans le dortoir. En fait, je crois qu’il n’avait jamais lu que ce livre-là. Il n’en parlait pas, sauf quelquefois quand on lui demandait. Alors 5 ses yeux noirs brillaient plus fort, et son visage en lame de couteau semblait s’animer tout à coup. Mais c’était un garçon qui ne parlait pas beaucoup. Il ne se mêlait pas aux conversations des autres, sauf quand il était question de la mer, ou de voyages. […] 36 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P034-037-9782011256218.indd 36 01/07/10 11:19 « Peuple du ciel » « Les bergers » Petite Croix aimait surtout faire ceci : elle allait tout à fait au bout du village et elle s’asseyait en faisant un angle bien droit avec la terre durcie, quand le soleil chauffait beaucoup. Elle ne bougeait pas, ou presque, pendant des heures, le buste droit, les jambes bien étendues devant elle. 5 Quelquefois ses mains bougeaient, comme si elles étaient indépendantes, en tirant sur les fibres d’herbe pour tresser des paniers ou des cordes. Elle était comme si elle regardait la terre au-dessous d’elle, sans penser à rien et sans attendre, simplement assise en angle droit sur la terre durcie, tout à fait au bout du village, là où la montagne cessait d’un seul coup et laissait 10 place au soleil. […] Quelqu’un arrivait le long des sentiers, entre les dunes. C’était un jeune garçon vêtu comme les gens de la ville. Il portait sur l’épaule une veste de lin un peu froissée, et ses chaussures de toile blanche étaient couvertes de poussière. De temps en temps il s’arrêtait et hésitait, parce que les sentiers 5 se divisaient. Il repérait le bruit de la mer, à sa gauche, puis il recommençait à marcher. Le soleil était déjà haut sur l’horizon, mais il ne sentait pas sa chaleur. La lumière qui se réverbérait sur le sable l’obligeait à fermer les yeux. […] JEAN-MARIE GUSTAVE LE CLÉZIO, « Mondo » et autres histoires, © Éditions Gallimard, 1978. Étape 3 Étudier des nouvelles en réseau pour définir le recueil • Après avoir choisi et lu une des nouvelles du recueil : – étudiez-la en vous reportant au point n° 1 de la Fiche-méthode ; – partagez votre travail avec vos camarades en vous aidant du point n° 2 de la Fiche-méthode. Fiche-méthode Étudier un recueil de nouvelles Titre de la nouvelle : 1. Étude individuelle d’une nouvelle a. Recopier et compléter le tableau ci-contre. b. Pour chacun des points du tableau, chercher un passage qui l’illustre. Mettre des marquepages. c. S’exercer à lire ces passages de façon expressive. Nom de l’auteur : 2. Étude collective du recueil a. Tour à tour, proposer sa réponse et son passage. b. Au fur et à mesure, faire ensemble un bilan pour caractériser chacun des points du tableau, tels qu’ils apparaissent dans l’ensemble des nouvelles (ou la majorité d’entre elles). Mondo Qui est le héros / l’héroïne ? Mondo Quelle est sa quête ? (Que recherche-t-il / elle ?) Quelles aventures vit-il / elle ? Quel(s) lieu(x) explore-t-il / elle ? Qui rencontre-t-il / elle ? Parmi les adjectifs suivants, quel est celui ou ceux qui convient ou conviennent le mieux au récit : policier, réaliste, poétique, dramatique, comique ? Atelier de lecture « Mondo » et autres histoires 37 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P034-037-9782011256218.indd 37 01/07/10 11:19 2 Aventuriers : de la réalité au mythe Étudier les figures du pirate et de Robinson Lectures : textes et images PORTRAITS DE PIRATES • L’âge d’or de la piraterie, portrait-robot du pirate somalien ............. • L’Île au trésor, R. L. STEVENSON Le vieux flibustier ............................. L’attaque des pirates .......................... Objectifs ◗ Comparer des portraits de pirates réels ........ 40 ◗ Étudier un portrait littéraire de pirate ......... ◗ Étudier un portrait de pirates en action ........ 42 44 LE MYTHE DE ROBINSON CRUSOÉ histoire des • Robinson Crusoé, D. DEFOE, F. LORIOUX L’arrivée de Robinson sur l’île ............ ◗ Découvrir l’origine du mythe ...................... Robinson sur son île ......................... ◗ Connaître le mode de vie du héros .............. Une rencontre déterminante .............. ◗ Comprendre la relation entre Robinson et Vendredi .............................................. • L’Enfant, J. VALLÈS ................................... ◗ Analyser le pouvoir du mythe ..................... 46 48 50 52 Œuvre intégrale • Vendredi ou la Vie sauvage, M. TOURNIER .. ◗ Étudier la réécriture moderne du mythe ....... 54 Fiche-méthode : Organiser l’étude d’un roman par groupes L’écho du poète • « Le Pirate », P. SOUPAULT, P. KLEE ............................................................................ 56 Les récits de pirates et les robinsonnades ....................................................................... 57 Faire le point Langue et expression Lexique : Le vocabulaire de la mer : des mots et leur histoire – Mots spécifiques – Les sens d’un mot – Familles de mots .................................................................. Orthographe et conjugaison : L’accord des adjectifs de couleur – Verbes irréguliers du 1er groupe .......................................................................... Grammaire : Le complément du nom – La proposition subordonnée relative – Les expansions du nom ............................. Écrit : Raconter et brosser des portraits ............................................................... Oral : Présenter des portraits de pirates ...................................................... 58 59 60 61 62 Lectures personnelles .................................................................................... Évaluations 63 • L’École des Robinsons, J. VERNE ...................................................................................... 64 38 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 38 01/07/10 11:22 Photomontage de A.-D. Naname, 2010. 1 Quels personnages reconnaissez-vous sur l’image ? Justifiez. 2 Quels sont leurs points communs ? 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 39 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 39 01/07/10 11:22 Pour entrer dans le chapitre • Quelles îles lointaines pouvez-vous citer ? • Où les îles Caraïbes se situent-elles ? Lectures PORTRAITS DE PIRATES Avant de lire les textes 1. a. Qu’évoque pour vous le mot « pirate » ? b. Qu’appelle-t-on un « pirate » sur internet ? 2. Cherchez sur une carte sur quel continent se trouve la Somalie. 1. Une lettre de marque (ou lettre de course) était une lettre d’un roi, permettant à un capitaine et à son équipage d’attaquer, de saisir et détruire les navires d’une nation ennemie. L’âge d’or de la piraterie Avec l’ouverture de nouvelles voies navigables, et la découverte des Amériques à la fin du XVe siècle, l’Europe s’enrichit. Les navires espagnols et portugais gorgés d’or du Nouveau Monde représentaient alors une ten5 tation énorme pour les brigands au pied marin, créant de multiples vocations de pirates. La diffusion des cartes maritimes voit la piraterie s’intensifier, et aux pirates s’ajoutent les corsaires, tels Robert Surcouf et Sir Francis Drake. Ces derniers se différencient 10 des pirates car autorisés à piller des vaisseaux ennemis par une lettre de marque1 de leur souverain : une sorte de piraterie légalisée. À partir de 1660, en raison des richesses générées par les plantations, la piraterie se 15 15 déplace vers les Caraïbes : c’est le début de l’âge d’or. Cette période prend fin aux alentours de 1730, les pirates devenant une si grande menace que les grandes puissances de l’époque, même en guerre constante réus20 sissent à s’accorder, pour mettre un terme à l’agissement de ces bandits. Quelques-uns des plus grands noms de la piraterie auront marqué cette période : Henri Morgan, Edward Teach (Barbe Noire), Jack Rackam… http://www.encyclopirate.com/ © Encyclopirate.com, l’Encyclopédie de la piraterie. Portrait du pirate Edward Teach dit Barbe Noire (1680-1718), gravure du XIXe siècle. 40 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 40 01/07/10 11:22 http://www.france24.com Portrait-robot du pirate somalien Dimanche 08 mars 2009 Le simple pirate Hybride1, mi-pêcheur mi-mercenaire, il s’enfonce à des milles2 de la côte sur un simple skiff de bois, sans toujours savoir nager. […] Il peut être forcé à pirater : les commanditaires3 menacent souvent les familles de ces hommes. Généralement, son sentiment d’appartenance à un clan est bien plus fort que l’attachement à sa propre vie. Son torse est d’ailleurs souvent scarifié4 pendant son plus jeune âge. Ces brûlures boursouflées, parfois faites à la cigarette et dessinées de manière plus ou moins symétrique, marquent son appartenance au clan. Embarcation Le pirate embarque dans un skiff, petit rafiot5 de bois utilisé par les pêcheurs de la région. Un moyen de ne pas se faire repérer. Petites et légères, ces embarcations sont quasi indétectables au radar. Pour passer encore plus inaperçue, la coque est généralement repeinte d’un bleu proche de la couleur de l’océan. […] Un bateau principal de quelques mètres accompagne des skiffs, plus petits, pour les ravitailler en essence et en armes, de telle sorte qu’ils peuvent parcourir de plus grandes distances et attaquer très loin des côtes. […] Salaire Le montant des gains : les pirates raflent tout à bord des bâtiments6 attaqués. Téléphones portables, montres, vêtements, argent. Mais ces larcins7 ne représentent rien à côté des sommes obtenues grâce aux rançons versées sur des comptes, souvent ouverts à Dubaï. En 2008, les pirates somaliens auraient engrangé plus de 100 millions de dollars. http://www.france24.com, 03/08/2009. 1. qui a une double nature. 2. 1 mille = 1609 m. 3. chefs de grand banditisme. 4. marqué par des cicatrices. – 5. petite barque en mauvais état. 6. grands navires. 7. vols. Comparer des portraits de pirates réels ◗ L’âge d’or de la piraterie (p. 40) 1. Où et quand l’âge d’or de la piraterie se situe-t-il ? 2. Quelle différence y avait-il entre un pirate et un corsaire ? ◗ Portrait-robot du pirate somalien (p. 41) 3. a. À quoi repérez-vous que ce texte est un reportage ? b. Relevez les noms désignant les bateaux : quelle information donnent-ils ? 4. Quelles raisons poussent les pêcheurs somaliens à devenir pirates ? 5. Dans ce reportage, les pirates paraissentils sympathiques ou effrayants ? efficaces ou inefficaces ? Justifiez vos réponses. ➜ Mots génériques et mots spécifiques – p. 368 Gardons une trace écrite ❯ Les mobiles et les méthodes des pirates ont-ils évolué au cours des siècles ? ❯ D’après ces textes, quel sentiment les pirates provoquent-ils généralement ? Exercice d’écriture Rédigez le « portrait-robot » d’un pirate traditionnel tel qu’il apparaît dans les films, les bandes dessinées et les jeux. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 41 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 41 01/07/10 11:22 Avant de lire le texte Lectures • « Flibustier » : ce nom est-il un synonyme ou un antonyme de « pirate » ? Le vieux fl ibustier J R. L. Stevenson (1850-1894) Ce romancier écossais a écrit deux romans qui ont connu un immense succès : L’Île au trésor et Le Cas étrange du Docteur Jekyll et de Mister Hyde. 1. bronzée par le soleil. 2. queue de cheval basse, sur la nuque. 3. cicatrice. 4. levier de bois dont l’un des bouts est taillé en biseau et généralement ferré. 5. petite baie. e prends la plume en l’an de grâce 17.., et retourne à l’époque où mon père tenait l’auberge de l’Amiral-Benbow, et au jour où le vieux à la peau basanée1 et balafrée d’un coup de sabre prit pour la première fois logement sous notre toit. Je me souviens de lui comme si c’était hier et je le vois s’avancer 5 à pas lourds vers la porte de l’auberge, son coffre de marin derrière lui sur une brouette : c’est un homme grand, fort, puissant, dont les cheveux bruns retombent en un catogan2 poisseux sur les épaules d’un manteau bleu souillé de taches ; ses mains aux ongles noirs et 3 10 cassés sont rongées et couvertes de cicatrices ; la balafre à travers sa joue est repoussante et d’un blanc livide. Je le vois parcourir la crique du regard tout en sifflotant, puis, tout à coup, entonner cette vieille rengaine de matelot que, par la suite, nous devions si souvent entendre : Nous étions quinze sur le coffre à l’homme mort – 15 Yo-ho-ho ! et une bouteille de rhum ! d’une voix aiguë et chevrotante qui semblait avoir été rythmée et brisée par les manœuvres. Ensuite, il frappa à la porte avec un bâton qui était comme un anspect4 et, quand mon père apparut, d’un ton brusque, 20 il commanda un verre de rhum. Il le but posément et le dégusta en connaisseur, sans cesser d’examiner tour à tour les falaises et notre enseigne : « C’est une bonne crique5, dit-il enfin, et l’auberge est bien située. Beaucoup de monde, camarade ? » 25 Mon père lui répondit qu’il avait très peu de clients et qu’il le regrettait. « Tant mieux, dit l’autre, c’est le bercail qu’il me faut. Oh hé ! l’ami, cria-t-il à l’homme qui poussait la brouette, accostez ici et montez mon coffre. » « Je vais rester ici un moment, continua-t-il. Je ne suis pas difficile, 30 du rhum et des œufs au lard, c’est tout ce que je demande, et ce poste, là-haut, pour surveiller les navires au large. Comment allezvous m’appeler ? Vous pourriez m’appeler « capitaine ». Ah ! je vois ce qui vous inquiète (et il jeta trois ou quatre pièces d’or sur le comptoir). » 35 « Vous me préviendrez quand j’aurai dépensé ça », dit-il, l’air aussi méprisant qu’un amiral. Et à vrai dire, si sales que fussent ses vêtements et si rude que fût son langage, il ne donnait pas l’impression d’être un simple matelot mais un maître qui ne souffre pas la désobéissance. Illustration de POWYS pour L’Île au trésor, 1883. ROBERT LOUIS STEVENSON, L’Île au trésor, 1882, traduction A. Bay, © Le Livre de poche, 2008. 42 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 42 01/07/10 11:22 Les femmes pirates Anne Bonny (1697-1720) et Mary Read (vers 1690-1721), gravure, 1724. Étudier un portrait littéraire de pirate ◗ Un souvenir marquant 1. Par quelle expression le narrateur souligne-t-il la force du souvenir évoqué ? 2. Dans le deuxième paragraphe, quel est le temps verbal le plus employé ? Pourquoi ? 3. Dans les trois premiers paragraphes et dans le dernier : a. Relevez les adjectifs qui qualifient le physique du personnage. b. Quelle impression ce personnage a-t-il faite au narrateur ? ➜ Réviser l’adjectif qualificatif – p. 274 5. Quel détail physique présente le personnage comme un pirate ? Relevez une phrase du texte à l’appui de votre réponse. 6. Relevez d’autres éléments qui évoquent la vie des pirates. 7. L. 29 à la fin : a. Quels noms désignent le personnage décrit ? b. Relevez une comparaison qui le concerne. c. Quel trait de son caractère se trouve ainsi mis en lumière ? Gardons une trace écrite ◗ Un portrait-type 4. Relevez trois noms qui rattachent le personnage décrit au monde de la mer. ❯ Rédigez un paragraphe où vous rappellerez les signes distinctifs d’un pirate. Exercice d’écriture En vous appuyant sur l’image, rédigez le portrait d’Anne Bonny ou celui de Mary Read, deux femmes pirates du début du XVIIIe siècle. Vous vous efforcerez de faire ressortir leurs principales caractéristiques physiques. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 43 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 43 01/07/10 11:22 Lectures Avant de lire le texte • Cherchez le sens des noms « mutin » et « fortin ». L’attaque des pirates Sur l’île au trésor, le jeune Jim Hawkins, le narrateur, est retranché en compagnie de quelques hommes dans un fortin. N ous n’eûmes guère le temps de réfléchir. Soudain, avec un puissant cri de guerre, une nuée1 de pirates s’élança des bois, du côté nord, et courut droit sur 5 l’enclos. Au même instant, une nouvelle fusillade jaillit des bois, une balle entra en sifflant par la porte, fit voler en éclats le mousquet2 du docteur. Les assaillants surgirent, comme une 10 bande de singes, en haut de la palissade. Le chevalier et Gray firent feu coup sur coup ; trois mutins tombèrent, l’un, en avant, dans l’enclos, les deux autres, en arrière, de l’autre côté. Mais l’un de 15 ceux-ci était évidemment plus effrayé que véritablement blessé, car il fut sur pied en un clin d’œil et disparut à travers bois. Deux avaient mordu la poussière, un avait fui, quatre avaient réussi à prendre 20 pied à l’intérieur de nos retranchements, tandis qu’à l’abri des arbres, sept ou huit flibustiers, pourvus chacun, de toute évidence, de plusieurs mousquets, soutenaient un feu nourri, mais inefficace 25 contre notre fortin. Les quatre assaillants coururent droit Affiche du film L’Île au Trésor (Treasure Island) de J. HOUGH, au blockhaus3 en hurlant et les hommes 1973. derrière les arbres les encourageaient de leurs cris. Plusieurs coups de feu partirent, mais avec une telle précipitation 30 qu’aucun ne porta. En un moment, les quatre pirates eurent grimpé le 1. s’emploie pour monticule et furent sur nous. […] qualifier une multitude de petits animaux Mon coutelas levé, je courus vers le coin est de la maison. Je me trouvai volants. face à face avec Anderson. Avec un hurlement, il leva en l’air sa hache 2. arme à feu. 3. ouvrage fortifié pour étincelante au soleil. Je n’eus pas le loisir4 d’avoir peur, mais alors que défendre un point 35 le coup était en suspens, je sautai de côté et, manquant le pied dans le particulier. sable mou, je roulai à bas de la pente, la tête la première. 4. Je n’eus pas le temps. ROBERT LOUIS STEVENSON, L’Île au trésor, 1882, traduction A. Bay, © Le Livre de poche, 2008. 44 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 44 01/07/10 11:22 Étudier un portrait de pirates en action ◗ La situation 6. Si vous étiez cinéaste, quels plans utiliseriez-vous 1. Où l’action se déroule-t-elle ? Citez des groupes de mots à l’appui de votre réponse. 2. a. Le narrateur est-il un défenseur ou un attaquant ? b. Qui sont ses compagnons d’armes ? pour filmer la scène dans le dernier paragraphe ? Expliquez. ➜ Les reprises nominales – p. 276 ➜ L’ABC de l’image – p. 248 ◗ Lire l’image (p. 44) ◗ Un portrait en action 7. Quels sont les deux personnages du roman de 3. a. Relevez les groupes nominaux désignant et Stevenson que vous reconnaissez dans l’affiche ? caractérisant les pirates. b. Quelle image de ces personnages donnent-ils ? 8. Comment sont-ils disposés, sur cette affiche ? Que devinez-vous de leurs rôles respectifs ? 4. Relevez : a. des indices de temps dans le texte ; b. les verbes du premier paragraphe. c. Quel est le rythme de l’action ? 5. a. À travers quel sens les défenseurs perçoivent-ils l’arrivée des pirates au début du texte ? b. Relevez d’autres mots du texte qui font appel au même sens. c. Pourquoi les pirates agissent-ils ainsi ? Gardons une trace écrite ❯ Quels procédés l’auteur a-t-il employés pour mettre en scène ces pirates en action ? Exercice d’écriture Imaginez la fin de l’attaque, que vous rédigerez en une dizaine de lignes. N. C. WYETH, page de garde pour Treasure Island de Robert Louis Stevenson, Charles Scribner’s Sons, New York, 1911. Huile sur toile, Brandywine River Museum. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 45 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 45 01/07/10 11:22 LE MYTHE DE ROBINSON CRUSOÉ Lectures histoire des Avant de lire le texte L’histoire de Robinson est inspirée d’une histoire vraie : un marin écossais, Alexandre Selkirk, après s’être disputé avec son capitaine, resta quatre ans et quatre mois sur une île déserte du Pacifique, dans l’archipel Juan Fernandez qui servait de cachette aux pirates aux XVIIe et XVIIIe siècles. Selkirk fut recueilli en 1709 par un navire anglais et ramené en Grande-Bretagne (voir carte p. 54). • Quel point commun existe-t-il entre cette histoire et celles des pirates racontées dans la première partie du chapitre ? L’arrivée de Robinson sur l’île Quelque temps après le naufrage, Robinson Crusoé se met à tenir son journal. 30 SEPTEMBRE 1659 Daniel Defoe (1660-1731) Ce commerçant et écrivain anglais est plusieurs fois emprisonné pour raisons politiques. Il devient espion de la reine d’Angleterre. Il connaît le succès littéraire avec la parution de son roman Robinson Crusoé, en 1719. 5 10 Moi, pauvre misérable Robinson Crusoé, après avoir fait naufrage au large durant une horrible tempête, tout l’équipage étant noyé, moi-même étant à demi mort, j’abordai à cette île infortunée, que je nommais l’Île du désespoir. Je passai tout le reste du jour à m’affliger de l’état affreux où j’étais réduit ; sans nourriture, sans demeure, sans vêtements, sans armes, sans lieu de refuge, sans aucune espèce de secours, je ne voyais rien devant moi que la mort, soit que je dusse être dévoré par les bêtes ou tué par les sauvages ou que je dusse périr de faim. À la brune1 je montai sur un arbre, de peur des animaux féroces, et je dormis profondément, quoiqu’il plût toute la nuit. 1. la nuit. Pages 46 bas et 47 haut : illustrations du roman Robinson Crusoé par FÉLIX LORIOUX, 1930. 46 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 46 01/07/10 11:22 OCTOBRE 15 20 Le 1er. – À ma grande surprise, j’aperçus, le matin, que le vaisseau avait été soulevé par la marée montante, et entraîné beaucoup plus près du rivage. […] Du 1er au 24. – Toutes ces journées furent employées à faire plusieurs voyages pour tirer du vaisseau tout ce que je pouvais, et l’amener à terre sur des radeaux à la faveur de chaque marée montante. […] Le 25. – Tout le jour et toute la nuit il tomba une pluie accompagnée de rafales ; durant ce temps le navire se brisa, et le vent ayant soufflé plus violemment encore, il disparut, et je ne pus voir ses débris qu’à marée basse seulement. À suivre… Découvrir l’origine du mythe ◗ De la réalité au roman 1. Comment se nomme le marin à l’origine de 6. Quels sont les dangers encourus par Robinson à son arrivée ? 7. À quelle activité Robinson occupe-t-il les premiers l’histoire de Robinson ? 2. Observez les différentes dates dans Avant de jours ? De quelle qualité fait-il preuve ? lire le texte, dans la biographie et dans le texte : à quoi repérez-vous que Defoe a été inspiré par l’actualité ? qu’il l’a modifiée ? 8. De quel nouveau coup du sort est-il frappé ? 3. Selkirk et Robinson se sont-ils retrouvés sur une ◗ Lire l’image (p. 46) île pour les mêmes raisons ? Justifiez. 9. Quelles émotions l’illustrateur du livre cherche-t-il ➜ Les figures de style – p. 364 à faire naître chez le lecteur ? Comment ? ◗ Le sort de Robinson Crusoé 4. L’île de Robinson mérite-t-elle le nom qu’il lui a donné ? Pourquoi ? 5. a. Quelle figure de style repérez-vous dans les lignes 7 à 8 ? b. Que veut souligner l’auteur ? Gardons une trace écrite ❯ Qu’est-ce qui rend le destin de Robinson exceptionnel, digne d’une légende ? Exercices d’écriture 1. En une dizaine de lignes, racontez ce qu’a pu faire Robinson dans les jours qui ont suivi son naufrage. Vous écrirez à la première personne et aux temps du passé. 2. Vous-même, auriez-vous peur ou envie de vivre sur une île déserte ? Pourquoi ? Rédigez votre réponse en un petit paragraphe. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 47 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 47 01/07/10 11:23 Avant de lire le texte Lectures • Qu’est-ce qui rend dramatique l’arrivée de Robinson sur l’île ? Robinson sur son île A 5 u bout d’environ dix ou douze jours que j’étais là, il me vint à l’esprit que je perdrais la connaissance du temps, faute de livres, de plumes et d’encre, et même que je ne pourrais plus distinguer les dimanches des jours ouvrables. Pour éviter cette confusion, j’érigeai1 sur le rivage où j’avais pris terre pour la première fois, un gros poteau en forme de croix, sur lequel je gravai avec mon couteau, en lettres capitales, cette inscription : J’ABORDAI ICI LE 30 SEPTEMBRE 1659. 1. je dressai. 2. petite entaille. 3. séparer la farine du son (fragments d’enveloppe du blé). 4. ancien nom de la partie du vêtement masculin qui allait de la ceinture jusqu’aux genoux. 5. chaussure couvrant le pied et une partie de la jambe. 6. morceau de tissu ou de cuir qui couvre le dessus du soulier et le bas de la jambe. 10 15 20 30 35 40 Sur les côtés de ce poteau carré, je faisais tous les jours une hoche2, chaque septième hoche avait le double de la longueur des autres, et tous les premiers du mois, j’en marquais une plus longue encore ; par ce moyen j’entretins mon calendrier, mois et années. […] Deux ans se sont écoulés. Quand (le blé) fut en herbe ou monté en épis, comme je l’ai déjà fait observer, de combien de choses n’eus-je pas besoin pour l’enclore, le préserver, le faucher, le moissonner, le transporter au logis, le battre, le vanner et le serrer. Ensuite il me fallut un moulin pour le moudre, des sacs pour bluter3 la farine, du levain et du sel pour pétrir ; et enfin un four pour faire cuire le pain. […] J’avais un bonnet grand, haut, informe, et fait de peau de chèvre, avec une basque tombant derrière pour me garantir du soleil et empêcher l’eau de la pluie de me ruisseler dans le cou. Rien n’est plus dangereux en ces climats que de laisser pénétrer la pluie entre sa chair et ses vêtements. J’avais une jaquette courte, également de peau de chèvre, dont les 4 25 pans descendaient à mi-cuisse, et une paire de hauts-de-chausses ouverts aux genoux. Ces hauts-de-chausses étaient faits de la peau d’un vieux bouc dont le poil pendait si bas de tous côtés, qu’ils me tenaient, comme un pantalon, jusqu’à mi-jambe. De bas et de souliers, je n’en avais point ; mais je m’étais fait une paire de quelque chose, je sais à peine quel nom lui donner, assez semblable à des brodequins5, collant à mes jambes et se laçant sur le côté comme des guêtres6 ; c’était de même que tout le reste de mes vêtements, d’une forme vraiment barbare. […] Dix-huit ans après le naufrage… Quand je fus descendu de la colline, à la pointe sud-ouest de l’île, comme je le disais tout à l’heure, je fus profondément atterré. Il me serait impossible d’exprimer l’horreur qui s’empara de mon âme à l’aspect du rivage jonché de crânes, de mains, de pieds et autres ossements. Je remarquai surtout une place où l’on avait fait du feu, et un banc creusé en rond dans la terre, où sans doute ces misérables sauvages s’étaient placés pour leur atroce festin de chair humaine. À suivre… 48 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 48 01/07/10 11:23 Illustrations du roman Robinson Crusoé par FÉLIX LORIOUX, 1930. Connaître le mode de vie du héros ◗ Les activités de Robinson ◗ Les dangers de l’île 1. L. 1 à 11 : a. Que recrée Robinson ? b. Comment ? 5. Quel sentiment Robinson éprouve-t-il dans le c. Pourquoi ? d. Que représente le dimanche pour un chrétien du XVIIIe siècle ? dernier paragraphe ? Relevez deux mots du texte qui l’expriment. 2. L. 13 à 18 : a. À quelle activité Robinson se 6. Pour quelle raison Robinson éprouve-t-il ce livre-t-il dans ce passage ? b. Quelle figure de style remarquez-vous dans la première phrase de ce passage ? Que souligne-t-elle ? c. Relevez deux adverbes de temps : que révèlent-ils sur l’activité de Robinson ? sentiment ? Expliquez. ◗ Les vêtements de Robinson ◗ Lire les images (p. 49) 7. Sur chaque image, quels éléments évoquent l’île ? Quelle vision de Robinson Félix Lorioux propose-t-il dans ces deux images ? Expliquez. 3. Dans le texte figurent en violet les expansions du nom (mots et groupes de mots) qui qualifient les vêtements de Robinson : quelles particularités soulignent-elles ? 4. « Quelque chose » (l. 29) : quelle impression l’auteur cherche-t-il à donner ? ➜ Le groupe nominal et ses expansions – p. 292 Gardons une trace écrite ❯ D’après ces extraits et illustrations, Robinson adopte-t-il un mode de vie sauvage ou reste-t-il civilisé ? Expliquez. Exercice d’écriture En vous aidant de l’illustration en haut à droite, imaginez comment Robinson a pu se construire un abri. Racontez son travail en un petit paragraphe. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 49 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 49 01/07/10 11:23 Avant de lire le texte Lectures « Sauvage » : adjectif dérivé du latin salvaticus, déformation de silvaticus, « qui est fait pour la forêt ». 1. Quels sens du mot « sauvage » connaissez-vous ? « Cannibale » : ce mot, entré dans notre vocabulaire au XVIe siècle, viendrait de l’arawak (langue des Antilles) caniba, désignant les Indiens des Caraïbes. 2. Que signifie aujourd’hui le mot « cannibale » ? Une rencontre déterminante Plusieurs années ont encore passé. Robinson voit débarquer sur l’île des sauvages qui s’apprêtent à tuer et manger deux des leurs. Il vient au secours de l’un d’entre eux qui a pu s’échapper. A Illustration de Vie et aventures de Robinson Crusoé, vers 1900. 25 1. Il s’agit du sauvage que Robinson vient de sauver. 30 près avoir sommeillé plutôt que dormi environ une demi-heure, il1 s’éveilla et sortit de la caverne pour me rejoindre ; car j’étais allé traire 5 mes chèvres, parquées dans l’enclos près de là. Quand il m’aperçut il vint à moi en courant, et se jeta à terre avec toutes les marques possibles d’une humble reconnaissance, qu’il 10 manifestait par une foule de grotesques gesticulations. Puis il posa sa tête à plat sur la terre, prit l’un de mes pieds et le posa sur sa tête, comme il avait déjà fait ; puis il m’adressa tous les 15 signes imaginables d’assujettissement, de servitude et de soumission, pour me donner à connaître combien grand était son désir de s’attacher à moi pour la vie. Je le comprenais en beaucoup de 20 choses, et je lui témoignais que j’étais fort content de lui. En peu de temps, je commençai à lui parler et à lui apprendre à me parler. D’abord je lui fis savoir que son nom serait Vendredi, c’était le jour où je lui avais sauvé la vie, et je l’appelai ainsi en mémoire de ce jour. Je lui enseignai également à m’appeler maître, à dire oui et non, et lui appris ce que ces mots signifiaient. Je lui donnais ensuite du lait dans un pot de terre ; j’en bus le premier, j’y trempai mon pain et lui donnai un gâteau pour qu’il en fît de même ; il s’en accommoda aussitôt et me fit signe qu’il trouvait cela bon. […] Jamais aucun homme n’eut un serviteur plus sincère, plus aimant, 50 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 50 01/07/10 11:23 35 40 2. comprendre. 3. si je n’avais pas à redouter. plus fidèle que Vendredi. Sans passions, sans obstination, sans volonté, complaisant et affectueux, son attachement pour moi était celui d’un enfant pour son père. J’ose dire qu’il aurait sacrifié sa vie pour sauver la mienne en toute occasion. […] J’étais fort enchanté de lui, et je m’appliquais à lui enseigner à faire tout ce qui était propre à le rendre utile, adroit, entendu, mais surtout à me parler et à me comprendre, et je me trouvai le meilleur écolier qui fût jamais. Il était gai, si constamment assidu et si content quand il pouvait m’entendre2 ou se faire entendre de moi, qu’il m’était vraiment agréable de causer avec lui. Alors ma vie commençait à être si douce que je me disais : n’eussé-je pas à redouter3 les sauvages, je demeurerais volontiers en ce lieu aussi longtemps que je vivrai. DANIEL DEFOE, Vie et aventures de Robinson Crusoé, in Romans, Tome 1, 1719, traduction F. Ledoux, © Éditions Gallimard, 1959. Comprendre la relation entre Robinson et Vendredi ◗ L’attitude de Vendredi ◗ Les rapports entre Vendredi et Robinson 1. Au début du texte, quel sentiment Vendredi éprouve-t-il à l’égard de Robinson ? 6. Dans le troisième paragraphe, quelle image du caractère de Vendredi Robinson donne-t-il ? 2. a. Quelle posture Vendredi adopte-t-il devant 7. Relevez dans les troisième et quatrième para- Robinson ? b. Relevez tous les mots du premier paragraphe exprimant la relation que Vendredi veut établir avec Robinson. graphes trois noms caractérisant Vendredi. Ces reprises nominales traduisent-elles une évolution des rapports entre les personnages ? Expliquez. 8. Quels rôles la parole joue-t-elle au fil du texte ◗ L’attitude de Robinson 3. a. Dans le deuxième paragraphe, observez les pronoms personnels sujets et compléments d’objet : que traduisent-ils de la relation entre les deux personnages ? b. Relevez un nom qui caractérise l’attitude de Robinson à l’égard de Vendredi. 4. Quel rôle Robinson cherche-t-il à jouer auprès de Vendredi, de la ligne 22 jusqu’à la fin du texte ? Expliquez en vous appuyant sur des mots du texte. 5. Expliquez pourquoi Robinson veut initier Vendredi à ses habitudes alimentaires. ➜ Les reprises pronominales – p. 278 dans la relation entre Robinson et Vendredi ? ➜ Les reprises nominales – p. 276 ◗ Lire l’image (p. 50) 9. Pourquoi l’image est-elle composée en deux parties ? 10. Quel passage du texte la partie inférieure de l’image illustre-t-elle ? Gardons une trace écrite ❯ Quelle vision du sauvage l’auteur donne-t-il à travers cette présentation de Vendredi ? ❯ Que nous apprend l’attitude de Robinson sur le regard que les Européens portaient sur les peuples lointains, au XVIIIe siècle ? Exercice d’écriture Racontez brièvement la rencontre entre Vendredi et Robinson, en adoptant le point de vue de Vendredi. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 51 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 51 01/07/10 11:23 Avant de lire le texte Lectures • Que signifie l’expression « dévorer un livre » ? Une lecture captivante J’ Jules Vallès 5 (1832-1885) Cet écrivain français raconte son enfance malheureuse dans des romans d’inspiration autobiographique dont le premier est L’Enfant. 10 15 ai été puni un jour : c’est, je crois, pour avoir roulé sous la poussée d’un grand, entre les jambes d’un petit pion1 qui passait par là, et qui est tombé derrière par-dessus tête. […] Le pion s’est fâché. Il m’a mis aux arrêts2 ; – il m’a enfermé lui-même dans une étude3 vide, a tourné la clef, et me voilà seul entre les murailles sales, devant une carte de géographie qui a la jaunisse, et un grand tableau noir où il y a des ronds blancs et la binette du censeur4. Je vais d’un pupitre à l’autre : ils sont vides – on doit nettoyer la place, et les élèves ont déménagé. Rien, une règle, des plumes rouillées, un bout de ficelle, un petit jeu de dames, le cadavre d’un lézard, une agate5 perdue. Dans une fente, un livre : j’en vois le dos, je m’écorche les ongles à essayer de le retirer. Enfin, avec l’aide de la règle, en cassant un pupitre, j’y arrive ; je tiens le volume et je regarde le titre : Robinson Crusoé Robinson Crusoé, couverture du livre de Daniel Defoe, XIXe siècle, collection privée. 1. surveillant. 2. m’a puni, emprisonné. 3. salle d’étude, de permanence. 4. la tête du directeur-adjoint. 5. une bille. 20 Il est nuit. Je m’en aperçois tout d’un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ? – quelle heure est-il ? Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends mon regard, les lettres s’effacent, les lignes se mêlent, je saisis encore le coin d’un mot, puis plus rien. J’ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse : je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d’une émotion immense, 52 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 52 01/07/10 11:23 25 30 35 6. citrons. remué jusqu’au fond de la cervelle et jusqu’au fond du cœur ; et en ce moment où la lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l’île, et je vois se profiler la tête longue d’un peuplier comme le mât du navire de Crusoé ! Je peuple l’espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l’horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l’éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain... La faim me vient : j’ai très faim. Vais-je être réduit à manger ces rats que j’entends dans la cale de l’étude ? Comment faire du feu ? J’ai soif aussi. Pas de bananes ! Ah ! lui, il avait des limons6 frais ! Justement j’adore la limonade ! Clic, clac ! on farfouille dans la serrure. Est-ce Vendredi ? Sont-ce des sauvages ? C’est le petit pion qui s’est souvenu, en se levant, qu’il m’avait oublié, et qui vient voir si j’ai été dévoré par les rats, ou si c’est moi qui les ai mangés. JULES VALLÈS, L’Enfant, 1879. Analyser le pouvoir du mythe ◗ La situation du narrateur 5. a. L. 25-31 : Relevez deux comparaisons : à quels 1. a. Le narrateur est-il un enfant ou un adulte aspects du roman le narrateur-lecteur est-il sensible ? b. Quel rôle ce roman joue-t-il pour lui ? au moment des faits racontés ? Justifiez. b. Où se trouve-t-il ? Pourquoi ? 2. En quoi sa situation ressemble-t-elle à celle de Robinson ? ◗ Le pouvoir du roman sur le lecteur 3. Dans les lignes 16 à 21, quel effet la lecture du roman a-t-elle produit sur le narrateur-lecteur ? 4. Quelles sensations et quels sentiments le narrateur éprouve-t-il à la lecture du roman (l. 22 à 25) ? 6. À partir de la ligne 32 jusqu’à la fin du texte, quel rapport s’établit entre le narrateur-lecteur et le héros du roman ? Expliquez. ➜ Les figures de style – p. 364 Gardons une trace écrite ❯ D’après ce récit de Jules Vallès, à quel type de lecteur le roman Robinson Crusoé peut-il plaire ? Quel pouvoir l’histoire de Robinson Crusoé a-t-elle sur ses lecteurs ? Exercice d’écriture Parmi ces couvertures de livres, laquelle vous donne le plus envie de lire l’histoire de Robinson Crusoé ? Pourquoi ? 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 53 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 53 01/07/10 11:23 Œuvre intégrale Michel Tournier, Vendredi ou la Vie sauvage ➺ Étudier la réécriture moderne du mythe de Robinson A. Aux origines du mythe Lisez les encadrés de la carte et dites ce que Michel Tournier a emprunté : Michel Tournier a. à l’aventure d’Alexandre Selkirk ; b. au roman de Daniel Defoe. Cet auteur français contemporain, né en 1924, a écrit des romans ainsi que des contes et nouvelles pour les jeunes et pour les adultes. 54 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 54 01/07/10 11:23 B. Lire et analyser le roman 2. a. Robinson a-t-il voulu sauver l’Indien ? b. Comment l’Indien perçoit-il l’acte de Robinson ? 3. Proposez quatre éléments qui prouvent que DOSSIER 1 Les premiers temps dans l’île (chap. 1 à 6) 1. Quelles sont les premières occupations de Vendredi obéit à Robinson. 4. Pourquoi Robinson paye-t-il Vendredi ? 5. Relevez des passages qui montrent que l’obéissance de Vendredi n’est qu’apparente. Robinson ? 2. a. Quel nom donne-t-il à son projet ? b. Quelle est l’issue de ce projet ? DOSSIER 4 Vendredi, meneur du jeu 3. a. Expliquez l’expérience de la souille. (chap. 19 à 33) b. Quel risque Robinson encourt-il ? c. Comment réagit-il ? 1. Quel incident crée un grand bouleversement sur 4. « Il [Robinson] tourna le dos à la mer qui lui 2. Quelle est l’attitude des deux personnages juste avait fait tant de mal en le fascinant depuis son arrivée sur l’île, et il se dirigea vers la forêt et le massif rocheux. » a. Quel élément est l’ennemi de Robinson ? b. Quel élément devient son allié ? Justifiez vos réponses. 5. Classez dans l’ordre les différentes réactions de Robinson lors de ses premiers temps dans l’île : la folie, la tristesse, la prise en main de son destin, la tentative de fuite. l’île ? Qui en est la cause ? avant la catastrophe ? juste après ? 3. Chapitre 20 : citez une phrase exprimant le nouveau rapport de force entre Robinson et Vendredi. 4. Proposez deux connaissances ou compétences auxquelles Vendredi initie Robinson. 5. Quel procédé Vendredi met-il au point pour que ses relations avec Robinson restent pacifiques ? 6. Quelles formes de poésie Vendredi fait-il découvrir DOSSIER 2 L’île administrée (chap. 7 à 13) 1. Voici différentes activités de Robinson sur l’île : prospection de l’île / stockage de ses réserves / écriture d’un journal de bord / élevage des chèvres / culture agricole / première récolte de blé et d’orge / construction de la maison / élaboration d’une tenue vestimentaire / invention d’une clepsydre, d’un mât calendrier / rédaction d’une charte de l’île / protection de l’île / massacre des rats / organisation d’une journée / création d’une rizière / rédaction des préceptes. Lesquelles visent : a. à organiser le temps ? b. à s’approprier l’espace ? c. à établir un pouvoir ? 2. Expliquez une activité de Robinson en liaison avec le temps, une avec l’espace et une avec le pouvoir. 3. Comment Robinson nomme-t-il son île ? à Robinson ? 7. Robinson s’était attaché à l’élément terrestre ; quel est l’élément dont relève Vendredi ? Répondez en citant trois activités de l’Indien. DOSSIER 5 Le sens du roman (chap. 34 et 35) 1. Quel élément provoque la fin du roman ? 2. a. Quelle est la décision finale de Robinson ? de Vendredi ? b. Expliquez chacune d’elle. 3. Quel nouveau personnage apparaît ? Qu’apportet-il au roman ? 4. Expliquez pourquoi Michel Tournier a choisi comme titre Vendredi ou la Vie sauvage. Fiche-méthode Pourquoi ? Organiser l’étude d’un roman par groupes 4. Quels dangers viennent : a. des animaux ? b. des • Individuellement – Lire le roman. – Au fur et à mesure, numéroter les chapitres afin de faciliter les recherches ultérieures. – Choisir un « dossier de lecture », c’est-à-dire une partie du roman qui paraît particulièrement intéressante. hommes ? c. de Robinson lui-même ? 5. Selon vous, que manque-t-il à la forme de civilisation mise en place par Robinson ? DOSSIER 3 Le pouvoir de Robinson sur Vendredi (chap. 13 à 18) 1. Quelle image des Indiens Michel Tournier propose-t-il dans le chapitre 13 ? • Par groupes – Répondre aux questions concernant le « dossier de lecture » retenu. – Rendre compte oralement à la classe de l’étude du groupe. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 55 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 55 01/07/10 11:23 L’écho du poète Le Pirate Philippe Soupault (1897-1990) Ce poète français, auteur des Champs magnétiques, a participé à la création du mouvement surréaliste et propose une poésie résolument moderne. Et lui dort-il sous les voiles il écoute le vent son complice il regarde la terre ferme son ennemie sans envie et la boussole est près de son coeur immobile 5 Il court sur les mers à la recherche de l’axe invisible du monde Il n’y a pas de cris pas de bruits Des chiffres s’envolent 10 et la nuit les efface Ce sont les étoiles sur l’ardoise du ciel Elles surveillent les rivières qui coulent dans l’ombre et les amis du silence les poissons Mais ses yeux fixent une autre étoile 15 perdue dans la foule tandis que les nuages passent doucement plus forts que lui lui lui PHILIPPE SOUPAULT, Georgia-Épitaphes-Chansons, © Éditions Gallimard, 1926. PAUL KLEE, Aventure au bord du lac, 1927, collection privée. ◗ Un poème à dire 1. Recopiez ce poème en indiquant les pauses au crayon. 2. Par votre diction, rendez sensible la fluidité du rythme créée par les allitérations en « l » et en « r ». ◗ Un poème et histoire des un tableau en écho 3. Par quels mots et expressions le monde de la mer est-il évoqué dans le poème ? 4. De quoi ce pirate rêve-t-il ? 5. Selon vous, ce portrait de pirate ressemble-t-il ou diffère-t-il des portraits de pirates étudiés dans le chapitre ? Justifiez. 6. Quels liens pouvez-vous établir entre le poème et le tableau de Paul Klee ? 56 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 56 01/07/10 11:23 Faire le point Les récits de pirates et les robinsonnades I. Les récits de pirates Liée à l’âge d’or de la piraterie, la mode du roman de piraterie est lancée à la fin du XIXe siècle par le romancier anglais Robert Stevenson, avec L’Île au trésor. Ces récits, souvent inspirés d’histoires de pirates ou de corsaires réels, prennent d’abord la forme de romans, puis, à partir du XXe siècle, de films, de bandes dessinées et de jeux divers. L’écriture des romans de piraterie HOWARD PYLE, Le Capitaine Robertson Keith, illustration de 1887. Ces romans se caractérisent par : – des personnages types : le pirate cruel, le corsaire audacieux qui respecte le code de l’honneur ; – une intrigue pleine de rebondissements ; – des lieux et situations types : îles désertes, quête de trésors, abordages. II. Le mythe de Robinson histoire des Au XVIIIe siècle, le roman de Daniel Defoe, inspiré d’un fait divers réel, raconte la vie du naufragé Robinson, seul sur une île déserte, puis en compagnie du sauvage Vendredi. Ce roman a inspiré de nombreuses réécritures, des « robinsonnades » : L’Île mystérieuse, L’École des Robinsons, Deux ans de vacances de Jules Verne, Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier. L’histoire de Robinson peut se lire comme : – un récit d’aventures qui fait rêver, qui dépayse ; – une leçon de vie (se débrouiller seul face à des obstacles) ; – une réflexion sur la civilisation et la vie sauvage. Cette richesse en fait un mythe littéraire, c’est-à-dire un récit aux personnages ou aux actions extraordinaires dans lesquels toute époque retrouve des aspects essentiels de la vie humaine. L’écriture des robinsonnades Illustration de PAUL DURAND pour Vendredi ou la Vie sauvage de M. Tournier, 1971. Ces romans comportent des épisodes incontournables : – l’exploration de l’île ; – l’organisation d’une vie civilisée : habitation, feu, culture… – la crainte des animaux sauvages et des cannibales ; – l’espoir de voir arriver un bateau ; – la recherche de compagnons (animaux) ; – les échanges avec un personnage représentant l’état sauvage. Je retiens l’essentiel ❯ Quelles ressemblances et quelles différences y a-t-il entre un roman de pirates et une robinsonnade ? ❯ Que peut rechercher un lecteur en lisant l’histoire de Robinson ? 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 57 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 57 01/07/10 11:23 Lexique ❯ Le vocabulaire de la mer Connaître des mots et leur histoire 1. a. Observez la provenance et la date d’apparition de la plupart des mots ci-dessous : que constatezvous ? Comment l’expliquez-vous ? b. Quels sont les synonymes de « pirate » ? de « corsaire » ? Le flibustier (du néerlandais vrijbuiter, « frère de la côte » ; ce mot est employé en français à partir de 1667) est un corsaire des Antilles, qui attaquait les Espagnols aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le forban (de l’ancien français forbannir, « bannir, envoyer à l’étranger ») est un pirate qui, du XVIe au XIXe siècle, se livrait à des expéditions armées sur mer pour son compte, sans lettre de course ou de marque. Employer des mots spécifiques ➜ Mots génériques et mots spécifiques – p. 368 2. « Bateau » est un nom générique, qui désigne toutes sortes d’embarcations ; pour chaque forme de bateau, il existe un nom spécifique : navire, goëlette, pirogue, canot, caravelle, paquebot, barque, gondole, esquif. HOWARD PYLE, 1921. a. Classez ces noms de bateaux, selon qu’ils sont de petite ou de grande taille. b. Parmi ces bateaux, quels sont ceux qui naviguent à la voile ? à la rame ? 3. a. Associez chacun des verbes de la liste A, qui peuvent être complétés par le GN « un bateau », à un des synonymes de la liste B. Liste A : amarrer, armer, arraisonner, caréner, commander, conduire, faire appareiller, faire mouiller, gréer, lancer, désarmer, renflouer. Liste B : équiper, faire partir, arrêter, attaquer, diriger, mettre au sec, réparer. b. Rédigez un petit paragraphe où vous emploierez quatre verbes de la liste A. Le pirate (du grec peiratès, « celui qui entreprend », « celui qui tente fortune ») est un hors-la-loi qui écume les mers, c’est-à-dire les parcourt afin de piller et tuer, sans distinction de nationalité, pour son propre compte. Le corsaire (du latin cursus, « la course », c’est-àdire, dans le vocabulaire maritime, « la capture des vaisseaux ennemis marchands ») est au service de son pays : une lettre de course ou de marque, délivrée au nom du roi, lui donne la permission de piller des navires. Les corsaires ont sévi durant trois siècles, du XVIe au XVIIIe siècle. Le boucanier (du mot caraïbe boucan, qui a aussi donné le verbe boucaner, « fumer la viande ou les poissons pour les conserver »). À l’origine, les boucaniers occupent des terres sur l’île d’Hispaniola, propriété espagnole, qui correspond aujourd’hui à Haïti et à la République dominicaine. Manquant de gibier et poursuivis par les Espagnols, les boucaniers sont devenus flibustiers. Connaître les sens de mots polysémiques ➜ Le sens propre et le sens figuré – p. 366 4. a. Cherchez dans un dictionnaire les sens des noms « pavillon » et « pont ». b. Soulignez le sens qui convient pour un bateau. c. Employez ces deux noms dans une phrase où ils auront leur sens maritime. Étudier des familles de mots ➜ Réviser la formation des mots – p. 360 5. a. Classez les mots de chaque famille selon leur radical. 1. marin, maritime, amerrir, marée, amerrissage, marine. 2. solitude, solitaire, seul, esseulé, isoler, isolation, désolé. b. Quels radicaux repérez-vous pour chaque famille ? c. Employez trois de ces mots dans une phrase de votre choix. 58 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 58 01/07/10 11:23 Langue et expression Orthographe Conjugaison Accorder les adjectifs de couleur gardent le son [s] et un e muet aux verbes en -ger pour qu’ils gardent le son [j]. Observer et manipuler ➜ Les adjectifs de couleur – p. 351 Observer et manipuler 1. Quelle règle d’accord l’adjectif de couleur « bleu » suit-il dans ces groupes nominaux ? l’étendue infinie et bleue de la mer – les flots bleus 2. a. De combien de mots est composée chaque indication de couleur dans les phrases suivantes ? Le ciel se couvrait de teintes bleu azur. La mer bleu turquoise miroitait. b. Que constatez-vous pour l’orthographe de l’adjectif de couleur ? 3. a. Parmi les adjectifs de couleur suivants, quels sont ceux qui sont aussi des noms ? b. Que remarquez-vous pour leur accord ? des rochers rouges, les rochers orange ; des arbres aux troncs bruns, d’autres aux teintes noisette Formuler la règle 4. Recopiez et complétez les phrases suivantes. Comme tous les adjectifs qualificatifs, les adjectifs de couleur … en genre et en … . Mais ils restent … s’ils sont … de deux mots ou s’ils proviennent de …. Conjuguer les verbes irréguliers du 1er groupe 7. Lisez oralement les verbes soulignés. Le sauvage se jeta à terre. Je l’appelai Vendredi. Les sauvages se jetèrent sur nous. Nous appelions à l’aide. a. Comment prononcez-vous le « e » de la base verbale en gras ? b. Par quelles voyelles les terminaisons commencentelles ? 8. a. Transposez les verbes des phrases suivantes au présent de l’indicatif. Tu te jetas dans la lecture de ce roman. Ils appelèrent au secours. b. Par quelle voyelle la terminaison commence-telle ? c. Comment prononcez-vous le « e » de la base verbale ? d. Quelle modification orthographique devezvous apporter à chacun des verbes pour traduire la nouvelle prononciation ? 9. En vous appuyant sur ce que vous venez d’observer, conjuguez oralement, puis par écrit, les verbes « jeter » et « appeler » aux 2e personnes du singulier et du pluriel à ces quatre temps de l’indicatif : a. présent ; b. imparfait ; c. passé simple ; d. futur simple. ➜ Les verbes irréguliers du 1er groupe – p. 344 Observer et manipuler 5. a. Recopiez les formes verbales suivantes en employant une couleur différente pour la terminaison ; soulignez la première voyelle de chaque terminaison. Je commence à lui parler. Je commençai à lui parler. Nous commençons à parler. Nous commencions à parler. Il mange de la chair de tortue. Il mangea de la chair de tortue. Nous mangeons de la chair de tortue. Nous mangions de la chair de tortue. b. Devant quelles voyelles doit-on modifier les bases verbales en ajoutant une cédille ou un « e » muet ? c. Pour quelle raison ces voyelles sont-elles modifiées ? Formuler la règle 6. Recopiez et complétez la phrase suivante. Devant les terminaisons qui commencent par les voyelles … ou … , on ajoute une … aux verbes en -cer pour qu’ils Formuler la règle 10. Recopiez et complétez la phrase suivante. Le l et le t de la base verbale des verbes en -eler et -eter sont … quand la terminaison commence par un … muet. Préparer la dictée : dictée à trous Recopiez le texte en accordant les mots entre parenthèses et en conjuguant les verbes en italique au passé simple de l’indicatif. Robinson dégager des outils de la cale du bateau. Il s’engager sous les voûtes (vert) de la forêt. Soudain, des chèvres (blanc crème) et (noir) apparurent au sommet de la colline et se découpèrent sur la ligne (bleu) de l’horizon. Robinson les apercevoir. Il appeler son chien et jeter un regard sur l’une des chèvres qui s’avancer dangereusement vers lui. D’après M. TOURNIER, Vendredi ou la Vie sauvage, © Éditions Gallimard, 1971. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 59 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 59 01/07/10 11:23 Grammaire ❯ Les expansions du nom Découvrir le complément du nom ➜ Le complément du nom – p. 293 Distinguer les expansions du nom ➜ Le groupe nominal et ses expansions – p. 292-294 Observer et manipuler Observer et manipuler 1. a. Recopiez les groupes nominaux suivants en 5. a. Quelle est la classe grammaticale du mot encadrant leur nom-noyau. b. Soulignez les mots qui complètent ces noms-noyaux : quelle est la classe grammaticale de chacun d’eux ? c. Par quels mots le complément du nom est-il relié au nom-noyau ? un arbre à pain – l’île de Robinson – une cabane en bois – une vie d’aventures – des trésors d’imagination – un coffre au trésor – un manque de nourriture – l’impossibilité de partir – les difficultés à se nourrir – un vêtement pour Vendredi – une vie sans liberté – le trésor des pirates souligné dans les phrases suivantes ? b. Quelles sont les classes grammaticales des mots ou groupes de mots en gras ? c. À quoi ces mots et groupes de mots servent-ils ? Robinson supporte mal sa vie solitaire. Robinson supporte mal sa vie de solitude. Robinson organise sa vie quotidienne. Robinson supporte mal sa vie de tous les jours. Formuler la règle complétez les groupes nominaux suivants. une vie dangereuse / une vie … ; une vie … / une vie de liberté ; un rivage sablonneux / un rivage … 2. Recopiez et complétez les phrases suivantes. Un complément du nom complète un … . Il est introduit par diverses prépositions, par exemple …, …, …, …, et … . Il peut être un … , un … ou un … propre . S’initier à la proposition subordonnée relative ➜ Le complément de l’antécédent : la proposition subordonnée relative – p. 294 6. Sur le même modèle que dans l’exercice 5, 7. Quelle est la classe grammaticale du mot souligné ? Quel rôle les adjectifs qualificatifs en gras et les propositions subordonnées entre crochets jouent-ils ? Robinson est un homme solitaire. Il rencontre un homme sauvage. Robinson est un homme [qui vit seul]. Il rencontre un homme [qui lui paraît sauvage]. Observer et manipuler 8. Sur le même modèle que dans l’exercice 7, 3. a. Lisez oralement les phrases suivantes en complétez les groupes nominaux suivants. une vie dangereuse / une vie qui … ; un air triste / un air qui … ; une île inhabitée / une île qui … supprimant les passages entre crochets : les phrases restent-elles correctes et compréhensibles ? Le trésor [qui fait rêver les aventuriers] est inaccessible. Le trésor [que les pirates ont caché] est inaccessible. Cette étrange vie [que Robinson a vécue] fait rêver de nombreux lecteurs. L’île [où le marin Selkirk a vécu quatre ans] se trouve dans le Pacifique. La vie de Robinson est une étrange vie [dont je rêve]. Formuler la règle 9 . Répondez aux questions suivantes. a. À quoi les expansions du nom servent-elles ? b. Quelles sont les classes ggrammaticales des expansions p du nom ? b. Recopiez les phrases en soulignant les mots qui sont complétés par les propositions entre crochets : quelle est la classe grammaticale des mots que vous avez soulignés ? c. Entourez les pronoms qui introduisent les propositions subordonnées relatives entre crochets et dressez-en la liste. Formuler la règle 4. Recopiez et complétez les phrases suivantes. Une proposition subordonnée relative complète un … auquel elle apporte des … . Elle est introduite par des pronoms relatifs qui peuvent être : …, …, … et … . Elle comporte un verbe. Coffre de marine dit de Nuremberg (XVIIe-début XVIIIe), Paris, Musée national de la Marine. 60 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 60 01/07/10 11:23 Langue et expression Écrit Raconter et brosser des portraits 1. Faire un portrait à partir d’une image SUJET 1 : Décrivez le pirate de l’image ci-contre. Préparation : • En vous aidant d’un dictionnaire, repérez quel mot employer pour chaque détail de la tenue vestimentaire : pantalon corsaire, baudrier, foulard, tricorne, redingote, gilet, pistolet, bandeau, béquille. • Quels adjectifs de couleur pourriez-vous utiliser ? • Observez le visage et la main : – Quels détails repérez-vous ? Quel sentiment ou trait de caractère s’en dégage ? – Classez les qualificatifs suivants selon qu’ils décrivent les traits physiques ou les traits de caractère : buriné, marqué, sévère, revêche, froncé, hâlé, dur, blessé, saillant, plissé, meurtri, serré, noir, menaçant, bandée, dru, grisonnant. – Associez un ou plusieurs de ces adjectifs à ces parties du corps : front, menton, lèvres, peau, yeux, pommettes, joues, main, barbe. – Le nez du personnage est-il : aquilin, fin, camus, épaté ? 2. Raconter et décrire à partir d’une image SUJET 2 : En vous inspirant de l’image ci-dessus, racontez l’arrivée sur l’île du pirate à la recherche d’un trésor. Vous insèrerez des descriptions des lieux et un bref portrait physique du pirate. Méthodes : Méthodes : Vous pouvez organiser un portrait de plusieurs façons : – en partant d’un détail marquant, puis en élargissant au reste du personnage ; – en décrivant la silhouette générale puis en zoomant sur des détails ; – en allant de bas en haut ou de haut en bas. • Pour insérer et construire une description, voir l’atelier d’écriture p. 66 à 69. • Pour organiser un portrait, voir SUJET 1. Consignes d‘écriture : • Organisez le portrait de façon cohérente. • Employez un vocabulaire précis. • Utilisez des expansions du nom et en particulier des adjectifs pour préciser les différents éléments. • Accordez les adjectifs de couleur. Consignes d‘écriture : • Vous raconterez à la troisième personne et au passé simple de l’indicatif. • Vous emploierez l’imparfait de l’indicatif et des expansions du nom pour faire le portrait et décrire les lieux. • Vous emploierez des adjectifs de couleur que vous accorderez correctement. • Vous exprimerez les sentiments du personnage. 3. Raconter une aventure en insérant un portrait SUJET 3 : Robinson, lors d’une exploration de l’île, voit débarquer un naufragé. Racontez la scène en insérant un portait détaillé du naufragé tel que le voit Robinson. Méthodes et critères de réussite : • Voir les conseils donnés dans les SUJETS 1 et 2. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 61 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 61 01/07/10 11:23 Langue et expression Oral Présenter des portraits de pirates 1. Présenter une affiche de film SUJET 1 : Vous êtes le concepteur de cette affiche dont vous devez vanter les mérites devant l’équipe de production du film. Préparation : • Interrogez-vous sur : – l’organisation de l’affiche ; – les couleurs dominantes ; – le dynamisme de l’action ; – l’univers du pirate ; – les visages ; – les attributs du pirate. • Utilisez votre observation de l’affiche pour construire un discours convaincant de 2 ou 3 minutes. Pirates des Caraïbes, La malédiction du Black Pearl, G. VERBINSKI, 2003. 2. Écouter et présenter des portraits de pirates et de corsaires SUJET 2 : Vous allez faire oralement le portrait d’un pirate ou d’un corsaire d’après la présentation orale qu’en aura faite un autre élève. Méthode : Critères de réussite : Au CDI ou sur internet, chacun s’informe sur un de ces pirates ou corsaires : Francis Drake, Rackham le rouge, Barbe Noire, Dugay Trouin, Jean Bart, Surcouf, Anne Bonny, Mary Read. Sites à consulter : – l’exposition du Musée de la Marine : http://www.musee-marine.fr/public/virtuel/ pirates/fs_home.htm – « Encyclopirate » : http://www.encyclopirate.com/index.php – « Pirates et Corsaires » : http://www.pirates-corsaires.com • Pour les deux prestations orales : – qualité de la diction ; – qualité de la langue ; – expressivité du ton (rendre le pirate effrayant) ; – qualité et clarté des informations ; – construction du portrait (indications sur la vie, portrait physique, portrait moral…). • Chaque pirate est présenté par un élève en cinq minutes maximum. • Le professeur désigne un autre élève qui, à son tour, présente le portrait du pirate, d’après ce qu’il vient d’écouter. • Pour le 2e exposé : respect des informations fournies dans le premier exposé. • Pour le 1er exposé : – qualité de la recherche d’informations ; – capacité à parler sans lire ses notes. 62 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 62 01/07/10 11:23 Lectures personnelles Romans d’aventures maritimes Jules Verne Deux ans de vacances John Meade Falkner Moonfleet © Hachette, Livre de Poche Jeunesse, 2003. © Éditions Gallimard, Folio Junior, 1999. Naufrage de quinze jeunes garçons sur une île déserte du Pacifique. Un jeune orphelin est recueilli par des contrebandiers. à la Pierre Mac Orlan Anne Bonny, femme pirate Les Clients du bon chien jaune © Milan Poche, 2003. © Éditions Gallimard, Folio Junior, 2008. Lectures Manfred Theisen À la tête d’un navire pirate, une femme fait trembler les mers des Caraïbes. Les aventures d’un orphelin prisonnier d’un navire-fantôme de sinistre réputation. une Coup de cœur radiophonique Vous êtes un journaliste de radio qui présente à ses auditeurs son roman « coup de cœur ». Préparation : • Choisissez un des romans de cette page et lisez-le. Christian de Montella Le Diable dans l’île © Flammarion, Castor poche, 2000. La rivalité entre deux frères lors d’une expédition sur une île proche du continent austral. • Repérez un passage d’une quinzaine de lignes qui vous plaît particulièrement et entraînezvous à le lire oralement. William Golding Lors de l’« émission » : Sa Majesté des Mouches • Annoncez le titre et l’auteur, d’une voix haute et claire. © Éditions Gallimard, 1956. • Faites un portrait du héros (ou de l’héroïne) du roman qui le (la) mette en valeur. • En une phrase, situez le passage choisi et lisez-le de façon très expressive. 2 Les aventures sur une île déserte de jeunes garçons rescapés d’un accident d’avion. Aventuriers : de la réalité au mythe 63 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 63 01/07/10 11:24 Évaluations Lexique Orthographe et conjugaison Grammaire Apprendre à réviser Relisez « Faire le point » (voir p. 57). Qu’est-ce qu’un nom générique ? un nom spécifique ? (voir p. 58) Quand faut-il mettre une cédille dans la conjugaison des verbes en -cer ? Quelle difficulté orthographique les verbes en -ger présentent-ils ? (voir p. 59) Quelles sont les trois sortes d’expansions du nom que vous connaissez ? (voir p. 60) L’École des Robinsons Un jeune Américain de San Francisco, Godfrey, neveu du riche Kolderup, a embarqué sur le Dream qui a fait naufrage quelque temps après. Il échoue sur une île déserte du Pacifique en compagnie du professeur Tartelett. P Illustration de L. BENETT pour L’École des Robinsons, 1882. 1. qui s’occupe de choses sans importance. 2. état incertain, approximatif. ourquoi ne pas en convenir ? Godfrey était en train de devenir un nouvel homme dans cette situation nouvelle pour lui, si frivole1, si léger, si peu réfléchi alors qu’il n’avait qu’à se laisser vivre. En effet, jamais 5 le souci du lendemain n’avait été pour inquiéter son repos. […] Mais il n’en allait plus être ainsi. Sur cette île inconnue, il se voyait bel et bien séparé du reste du monde, livré à ses seules ressources, obligé de faire 10 face aux nécessités de la vie, dans des conditions où un homme, même beaucoup plus pratique, eût été fort empêché. Sans doute, en ne voyant plus reparaître le Dream, on se mettrait à sa recherche. Mais qu’étaient-ils tous deux ? Mille fois moins qu’une 15 épingle dans une botte de foin, qu’un grain de sable au fond de la mer ! L’incalculable fortune de l’oncle Kolderup n’était pas une réponse à tout ! Aussi, bien qu’il eût trouvé un abri à peu près acceptable, Godfrey n’y dormit-il que d’un sommeil 20 agité. Son cerveau travaillait comme il ne l’avait jamais fait. C’est qu’il s’y associait des idées de toutes sortes : celles du passé qu’il regrettait amèrement, celles du présent dont il cherchait la réalisation, celles de l’avenir qui l’inquiétaient plus encore ! Mais, devant ces rudes épreuves, la raison et, par suite, le raisonnement 2 25 qui tout naturellement en découle, se dégageaient peu à peu des limbes où ils avaient en lui sommeillé jusqu’alors. Godfrey était résolu à lutter contre la mauvaise fortune, à tout tenter dans la mesure du possible pour se tirer d’affaire. S’il en réchappait, cette leçon ne serait certainement pas perdue à l’avenir. 64 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 64 01/07/10 11:24 Dès l’aube, il fut debout avec l’intention de procéder à une installation plus complète. La question des vivres, surtout celle du feu […], primait3 toutes les autres, outils ou armes quelconques à fabriquer, vêtements de rechange qu’il faudrait se procurer, sous peine de n’être bientôt vêtus qu’à la mode polynésienne. Tartelett dormait encore. On ne le voyait pas dans l’ombre, mais on 35 l’entendait. Ce pauvre homme, épargné dans le naufrage, resté aussi frivole à quarante-cinq ans que son élève l’avait été jusqu’alors, ne pouvait lui être d’une grande ressource. Il serait même un surcroît de charge, puisqu’il faudrait pourvoir à ses besoins de toutes sortes ; mais enfin c’était un compagnon ! Il 40 valait mieux, en somme, que le plus intelligent des chiens, bien qu’il dût, sans doute, être moins utile ! C’était une créature pouvant parler, quoique à tort et à travers ; causer, bien que ce ne fût jamais que de choses peu sérieuses ; se plaindre, ce qui lui arriverait le plus souvent ! Quoi qu’il en soit, Godfrey entendrait une voix humaine résonner à son oreille. Cela vaudrait toujours 45 mieux que le perroquet de Robinson Crusoé ! Même avec un Tartelett, il ne serait pas seul, et rien ne l’eût autant abattu que la perspective d’une complète solitude. « Robinson avant Vendredi, Robinson après Vendredi, quelle différence ! » pensait-il. 30 3. passait avant. JULES VERNE, L’École des Robinsons, 1882. Compréhension du texte Étude de la langue 1. Quel était le caractère de Godfrey avant son naufrage sur l’île ? Justifiez votre réponse avec des mots du texte. 1. L. 16 : relevez les expansions du nom « fortune » et indiquez leur classe grammaticale. 2. Relevez des mots indiquant que Godfrey vit une aventure : quels dangers doit-il affronter ? 2. L. 31 à 33 : quelle est la fonction des mots « vivres » « fabriquer », « rechange » ? 3. Quelle « école » l’expérience sur l’île représentet-elle pour lui ? Faites une réponse en quelques phrases et en citant des mots du texte. 3. « la mode polynésienne » (l. 33-34) : a. quelle est la classe grammaticale de « polynésienne » ? b. Remplacez cette expansion du nom par deux autres de classes grammaticales différentes. 4. L. 30 à la fin du texte : expliquez d’après ce passage en quoi ce roman est une « robinsonnade ». 4. Conjuguez les verbes « commencer » et « dégager » au présent et à l’imparfait de l’indicatif. 5. « Robinson avant Vendredi, Robinson après Vendredi, quelle différence ! » : expliquez cette phrase en vous fondant sur ce que vous savez du mythe de Robinson. 5. « Abri » est un nom générique : proposez trois noms spécifiques pouvant désigner un abri pour Godfrey dans l’île. Expression écrite Lecture d’image À quel personnage du mythe de Robinson le personnage à terre vous fait-il penser ? Pourquoi ? L’illustration de la page 64 représente la rencontre de Godfrey et Tartelett avec un indigène. Racontez cette scène en insérant un portrait du nouveau personnage tel qu’il a pu paraître à Godfrey. 2 Aventuriers : de la réalité au mythe 65 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P038-065-9782011256218.indd 65 01/07/10 11:24 Poursuivre un récit d’aventures ➺ Rédiger une suite de texte ➺ Organiser des descriptions et les insérer dans un récit Poursuivez le texte ci-dessous en imaginant trois aventures que va vivre le héros. Vous insérerez de brèves descriptions des lieux et des obstacles rencontrés par le héros. Vous procéderez selon les différentes étapes proposées dans cet atelier. Étape 1 Lire et analyser le texte à poursuivre • Lisez le texte suivant, qui va constituer la situation initiale et l’élément perturbateur de votre récit. Tournant le dos au rivage, je ne voyais plus devant moi que la rivière. Elle glissait. Plus loin, en aval1, l’île, prise dans les premiers rayons du jour, commençait à sortir des brumes matinales. Peupliers, ormes, et bouleaux formaient une masse confuse d’où peu à peu se 2 5 détachaient de grands pans de feuillages qui prenaient la lumière. À la pointe, un roc bleu émergeait de l’eau, qu’il brisait avec violence. […] Je perdis la notion du temps, du lieu et de moi-même, et je ne savais plus qui s’en allait, de ma barque ou de 10 la rivière. […] Brusquement, je revins à moi. Où étais-je ? Entre la barque et la cabane, la corde était tombée. Pris dans un courant invisible, je partais à la dérive. J’essayai de saisir, au passage, une branche ; mais elle m’échappa. Sans secousse, insensiblement, je m’éloignais du bord. Le froid de la peur me 15 glaçait. Car l’eau, d’abord paisible, entrait dans le courant à mesure que j’avançais, et je voyais, sur moi, venir l’immense nappe de la rivière avec rapidité. Elle était tout entière en marche, et sa masse profonde m’entraînait vers ce récif 3 dressé à la pointe de l’île où les flots se brisaient 20 en tourbillonnant. HENRI BOSCO, L’Enfant et la rivière, © Éditions Gallimard, 1953. 1. plus bas. 2. surfaces. 3. rocher. 66 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P066-069-9782011256218.indd 66 01/07/10 11:28 Fiche-méthode Rédiger une suite de texte Avant de rédiger une suite de texte, il faut analyser le texte qui constitue le point de départ du récit à imaginer, pour y repérer des informations indispensables. 1. Le contenu a. Quelles informations le texte livre-t-il sur le héros (et les autres personnages, s’il y en a) ? b. Où la scène se situe-t-elle ? c. Quand la scène se situet-elle (époque historique, saison, moment de la journée) ? d. Que se passe-t-il ? 2. L’écriture a. À quelle personne le texte est-il rédigé ? b. Quel est le temps employé pour le récit ? c. Quelle est l’atmosphère de la scène (gaie, comique, triste, effrayante) ? • Répondez aux questions qui figurent dans la Fiche-méthode. Étape 2 Rédiger une première version du récit au brouillon • Écrivez une première version de votre récit en imaginant : 1. trois péripéties de l’aventure : a. sur l’eau ; b. en abordant sur l’île ; c. en progressant dans l’île. Les obstacles rencontrés pendant cette aventure peuvent être des lieux, des animaux sauvages ou des hommes hostiles ; 2. un élément de résolution ; 3. une situation finale. Variante : Tapez la première version de votre récit en utilisant un traitement de texte. Enregistrez-la selon les indications de votre professeur. Utilisez le correcteur orthographique. • Employez des verbes d’action et des adverbes de temps pour exprimer la succession rapide des événements. Étape 3 Enrichir le récit avec des descriptions A. Découvrir l’organisation d’une description • Relisez le premier paragraphe du texte d’Henri Bosco, page 66. Les verbes de perception 1. Par quel verbe de perception la description estelle amenée ? 2. Proposez, pour introduire votre description, des verbes exprimant la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher. Les compléments circonstanciels de lieu 3. Observez les groupes de mots en gras : comment le regard du narrateur et du lecteur se déplace-t-il grâce à ces compléments circonstanciels de lieu ? 4. Proposez d’autres groupes de mots du même genre pour situer des éléments dans l’espace. L’emploi des temps 5. a. À quel temps le verbe « glisser » est-il conjugué ? b. Les autres verbes de la description sont-ils conjugués au même temps ? La succession des plans 6. Observez les groupes nominaux soulignés : si vous étiez cinéaste, quel plan utiliseriez-vous pour filmer chacun de ces éléments ? 7. Comment la succession des plans est-elle organisée ? 8. Suggérez une autre succession de plans possible. ➜ L’ABC de l’image – p. 248 Atelier d’écriture Poursuivre un récit d’aventures 67 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P066-069-9782011256218.indd 67 01/07/10 11:28 B. Observer des descriptions dans des textes • Lisez les textes suivants. 1. Quelle est la classe grammaticale des mots en gras ? 2. Quel est le rôle de ces mots dans les descriptions ? Les garçons s’arrêtèrent pour écouter des froissements légers de feuilles mortes au passage du gibier qui gagnait les lisières. Puis il y eut une bousculade assez brutale dans le lointain. 5 – Un sanglier, murmura Gaspard. Jérôme tremblait de tous ses membres, Ludovic lui tira les cheveux. Alors on entendit un pas d’homme dans la boue de l’allée. ANDRÉ DHÔTEL, Le Pays où l’on n’arrive jamais, © Éditions Pierre Horay, 1955. Il devait être un peu plus de minuit quand mon attention fut 1. désir très fort. attirée par un bruit sourd et continu qui arrivait du dehors. […] Le bruit se rapprochait rapidement de moi. Des branches éclataient un peu partout, on entendait frémir des buissons 5 défoncés et le rapide piétinement d’une centaine de sabots foulait le sol. […] Dans le lit du torrent déboucha une masse sombre. Cela haletait, grognait, soufflait, barrissait même avec une sorte de hâte furieuse, d’avidité1 brutale. HENRI BOSCO, Le Mas Théotime, © Éditions Gallimard, 1945. Découragé, presque à bout de forces, il résolut dans son désespoir de suivre ce sentier jusqu’au bout. À cent pas de là, il débouchait dans une grande prairie grise, où l’on distinguait de loin en loin des ombres qui devaient être des genévriers1, et une bâtisse obscure dans un repli de terrain. Meaulnes s’en approcha. 5 Ce n’était qu’une sorte de grand parc à bétail ou de bergerie abandonnée. La porte céda avec un gémissement. La lueur de la lune, quand le grand vent chassait les nuages, passait à travers les fentes des cloisons. Une odeur de moisi régnait. ALAIN FOURNIER, Le Grand Meaulnes, © Émile-Paul Frères, 1913. 1. arbustes. Sous la futaie centenaire, la verte obscurité solennelle 1 ignore le soleil et les oiseaux. L’ombre impérieuse2 des chênes et des frênes a banni du sol l’herbe, la fleur, la mousse et jusqu’à l’insecte. Un écho nous suit, inquiétant, qui double le rythme 3 5 de nos pas… On regrette le ramier , la mésange ; on désire le bond roux d’un écureuil ou le lumineux petit derrière des lapins… Ici la forêt, ennemie de l’homme, l’écrase. COLETTE, Les Vrilles de la vigne, © Hachette, 1901. 1. forêt de grands arbres. 2. pesante, oppressante. 3. gros pigeon. 68 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P066-069-9782011256218.indd 68 01/07/10 11:28 tumultueux • • flot x u e u t é grondant • imp bouillonner • déchaîné s • écume • bondissant • é cum ant • cas ulte • fra • assourdissant • tum s • futaie • troncs • tailli tapis • C. Acquérir du vocabulaire pour décrire feuillage • cime • déval er • vacarme s mousse • ramure voûte • ré massive • enchevêt u able • sombre • tou ff inextric • obscur e l b • impénétra • Observez et décrivez les images. 1. Par petits groupes, vérifiez dans les listes cicontre le sens des mots que vous ne connaissez pas. enroulement en t • m e s chue eur • glisser • frois ue four g n a l • anneaux • jet de venin ent m e onduler • ondulation • rampe ffl • si r • se d resser • crochets • triangulaire 2. Oralement, décrivez les photos 1 , 2 et 3 en puisant le plus de mots possible dans les listes ci-contre. • froid D. Enrichir le brouillon avec des descriptions 1. Notez d’une croix dans votre brouillon les passages où vous pouvez insérer une description. 2. Rédigez de petits passages descriptifs au brouillon, en vous appuyant sur les étapes précédentes et en employant des adjectifs qualificatifs que vous accorderez (voir p. 350). 3 1 3. Numérotez chacun de ces passages descriptifs ainsi que les croix correspondantes dans votre brouillon. 2 Variante : Si vous avez tapé la première version de votre récit en utilisant un traitement de texte, reprenez votre fichier et insérez-y des passages descriptifs que vous ferez apparaître en gras afin de les distinguer du reste du récit. Étape 5 Étape 4 Rédiger le récit complet au brouillon • Rédigez votre récit complet au brouillon. Pour cela : – respectez tous les éléments du texte ; – insérez les descriptions que vous avez préparées ; – veillez à ce que récit et descriptions s’articulent bien. Recopier le brouillon • Relisez-vous en vous servant de la grille d’autocorrection. GRILLE D’AUTOCORRECTION Élaboration du récit OUI NON J’ai respecté les consignes de construction du récit (schéma narratif) : – trois péripéties ; – un élément de résolution ; – une situation finale. J’ai rédigé mon récit à la 1re personne. J’ai inséré des descriptions des lieux et des obstacles rencontrés. Écriture du récit J’ai employé le passé simple de l’indicatif pour les passages narratifs, l’imparfait de l’indicatif pour les passages descriptifs (voir p. 316). J’ai vérifié la conjugaison des verbes (tableaux de conjugaison p. 373 à 381). J’ai accordé les verbes avec leur sujet (voir p. 330 à 335). J’ai accordé les adjectifs qualificatifs avec le nom auquel ils se rapportent (voir p. 350). Atelier d’écriture • Recopiez votre texte en soignant votre écriture, en n’oubliant pas les alinéas en début de paragraphes, ni les majuscules en début de phrases. Variante : Si vous avez tapé votre texte en utilisant un traitement de texte, reprenez votre fichier et corrigez-le en vous aidant de la grille d’autocorrection et du correcteur orthographique. Poursuivre un récit d’aventures 69 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P066-069-9782011256218.indd 69 01/07/10 11:28 Sur les traces de Marco Polo 3 Le récit d’un marchand voyageur p. 70-71 ◗ Rédiger un article de presse Un livre illustré p. 72-73 L’art du sensationnel p. 74-75 ◗ Rédiger un bref article à partir d’une photo L’art du documentaire p. 76-77 ◗ Rédiger un article documentaire ➺ Découvrir « Le Livre des merveilles » et ses enluminures histoire des ➺ Suivre un « reporter » du XIIIe siècle ➺ Rédiger de brefs reportages à la manière de Marco Polo Un reporter à l’esprit critique p. 78-79 Un reporter de confiance ? p. 80 ◗ Rédiger un article sur Marco Polo d’un marchand voyageur Lectures personnelles p. 81 ◗ Réaliser un reportage Marco Polo et l’Orient Qui est Marco Polo ? Marco Polo, né à Venise en 1254 dans une famille de marchands, part à dix-sept ans avec son père et son oncle en Chine en suivant la Route de la soie. Ce voyage durera vingt-six ans. Marco Polo gagne la confiance du Grand Khan, l’empereur de Chine, et devient son ambassadeur. En 1298, emprisonné en raison d’un conflit entre Venise et Gênes, il raconte son voyage dans Le Devisement1 du monde ou Le Livre des merveilles, rédigé en français. 1. description, explication. Le récit L’Occident a entretenu dès le Moyen Âge une relation très ambiguë avec l’Orient [qui] apparaissait comme un monde de merveilles. Et Marco Polo a cru retrouver, que cela soit vrai ou fasse partie de son imagination, les sources orientales de l’imaginaire occidental. JACQUES LE GOFF, « Entretien avec François Busnuel », © Lire (n° 355), 2005. QUESTIONS 1. D’où Marco Polo est-il parti ? Où est-il allé ? Dans quel but ? Quelles régions a-t-il parcourues ? 2. Comparez les deux titres du livre : que révèle chacun d’eux ? 70 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 70 01/07/10 12:03 ◗ Rédiger un article de presse En vous inspirant de l’enluminure, rédigez un bref article qui aura pour titre : « Marco Polo, le grand départ ». L’apprenti(e) journaliste : Votre article : – mentionnera la date et le lieu de l’événement ; – sera rédigé au présent de l’indicatif ; – traduira l’enthousiasme du journaliste. Le départ de Marco Polo à Venise. Manuscrit du XVe siècle, Bodleian Library, Oxford. Le Livre des merveilles 1 Ici commence l’introduction du livre qui est appelé « La description du monde ». Seigneurs, Empereurs et Rois, Ducs et Marquis, Comtes, Chevaliers et Bourgeois, et vous tous qui 5 voulez connaître les différentes races d’hommes, et être informés de leurs us1 et coutumes, prenez donc ce livre et faites-le lire ; car vous y trouverez toutes les grandissimes merveilles et diversités de la Grande et de la Petite Arménie, de la Perse, 10 de la Turquie, des Tartares et de l’Inde, et de maintes autres provinces de l’Asie Moyenne et d’une partie de l’Europe […] ; c’est ainsi que notre livre vous les contera en clair et bon ordre, tout comme Messire Marco Polo, sage et noble citoyen 15 de Venise, les décrit parce qu’il les a vues de ses propres yeux. […] [Marco Polo] s’est dit que ce serait grand malheur s’il ne faisait pas coucher par écrit2 toutes les grandes merveilles qu’il vit ou reçut pour vraies, 20 de sorte que les autres gens, qui ne les ont ni vues ni connues, les sachent grâce à ce livre. […] Puis demeurant dans le donjon de Gênes par suite de la guerre, […] il pensa qu’il pourrait composer ledit livre pour le plaisir des lecteurs. Il n’avait 25 consigné lui-même que bien peu des choses dont il a souvenir encore aujourd’hui. […] À présent, il a fait écrire toutes ces choses en bon ordre à Messire Rustichello, citoyen de Pise, qui était avec lui dans le même donjon de Gênes, en l’an 1298. À suivre… 1. usages, habitudes. 2. écrire. QUESTIONS 1. À quels lecteurs le narrateur s’adresse-t-il ? Que trouveront-ils dans ce livre ? 2. Où, quand et par qui Le Livre des merveilles a-t-il été dicté ? 3. Peut-on croire ce qui est décrit dans Le Livre des merveilles ? Pourquoi ? histoire des mots L’adjectif latin mirabilia a donné en français un adjectif populaire, « merveilleux », et un adjectif savant, « admirable ». Quelles expressions comportant le mot « merveille » connaissez-vous ? Dossier 3 • Sur les traces de Marco Polo 71 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 71 01/07/10 12:04 3 Un livre illustré Des enluminures* pour un livre à succès histoire des mots 1. « Illustrer » (du latin illustrare, éclairer) ; « enluminer » (du latin illuminare, illuminer). a. Quel rapport de sens y a-t-il entre ces verbes ? b. Donnez le nom formé sur chacun d’eux. Vers 1330, le roi français Charles IV le Bel se fit recopier et illustrer un exemplaire du Livre des merveilles. Au XVe siècle, Jean sans Peur, duc de Bourgogne, offrit à son oncle, le duc de Berry, le plus prestigieux des exemplaires du livre de Marco Polo ; il avait fait appel à deux copistes et à toute une équipe d’artistes en relation avec le célèbre atelier du Maître de Boucicaut1. L’influence de cet artisan fameux, créateur de peintures bien organisées et lumineuses, se fait ressentir dans les deux cent soixante-cinq illustrations que comporte cette édition. D’après MARIE-THÉRÈSE GOUSSET, Le Livre des merveilles du monde, Marco Polo, © Bibliothèque de l’image, 2002. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. enlumineur français ou flamand du premier quart du XVe siècle. 2. Expliquez le sens des mots suivants à partir de leur étymologie : – « copiste », lat. copia : abondance ; – « ferrures », lat. ferrum : fer ; – « lettrine », lat. littera : lettre ; – « manuscrit », lat. manus : main ; lat. scriptus : écrit ; – « parchemin », gr. Pergamenê : peau de Pergame : – « reliure », lat. ligare : attacher ; – « tranche », lat. trinicare : couper en trois. histoire des 1. a. Qui possédait en France aux X I V e et X V e siècles des versions illustrées du Livre des merveilles ? b. Qu’est-ce que cela révèle sur la valeur, le prix de ce livre ? 2. Décrivez l’enluminure en utilisant le vocabulaire de la rubrique Histoire des mots. Présentation du livre à Jean sans Peur. Manuscrit, vers 1410, BnF. 72 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 72 01/07/10 12:04 1 Un regard qui donne à voir Voici des extraits du Livre des merveilles. 2 Cambaluc (Pékin) Le palais impérial de ya toutes les manières. Il Ce palais est carré de it rs dont chaque côté a hu d’abord un carré de mu d. duquel est un fossé profon milles1 de long, et autour e muraille, ainsi qu’au centr À chaque angle de cette de vaste et superbe palais, de chaque face, est un tour de la muraille. sorte qu’ils sont huit au 1. 1 mille = approx. 1,6 km. Le désert de Gobi Dans sa longueur, ce désert ne peut être franchi, car on ne saurait emporter assez de nourriture. Dans sa largeur, on marche un mois sans jamais trouver un toit. Il est tout en montagnes et en plaines de sable. Le Mont Ararat Cette Arménie a maintes grandes et hautes montagnes et entre autres y a certaine montagne appelée Mont Baris, ou Mont Olympus, et cette montagne semble toucher le ciel. 3 Le Yang-T sé-Kiang Au milieu de cette c ité court u grand fle n uve. Il es t large d’u demi-mille n et très pro fond ; il es si long qu t ’il va jusq u’à l’Océa Mais le v n . oyage du re quatre vingts ou cent journ ées. 4 La Mongolie Les Tartares ont petites maisons en forme de tente, en longues perches1 couvertes de feutre, et elles sont rondes ; et toujours ils les emportent avec eux là où ils vont. 1. tiges de bois. 5 QUESTIONS 1. Associez à chaque extrait la photographie qui convient. 2. a. Quels lieux et bâtiments le voyageur observe-t-il ? b. Ces observations sont-elles précises ? 3. Quels sentiments éprouve-t-il devant ce qu’il découvre ? Justifiez. 4. a. Situez chaque lieu sur la carte de la page 70. b. Que révèle la comparaison entre textes et photographies sur le regard de Marco Polo ? Dossier 3 • Sur les traces de Marco Polo 73 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 73 01/07/10 12:04 3 L’art du sensationnel Les villes européennes au Moyen Âge La croissance des villes était en général désordonnée : les rues étaient étroites, sales, non pavées, l’urbanisme1 existait à peine malgré certains efforts comme ceux de Philippe Auguste à Paris. Surtout, comme la plupart des maisons – sauf les églises, quelques bâtiments publics et les maisons des plus riches – étaient en bois, on vivait à la merci d’un risque terrible : les incendies. JACQUES LE GOFF, Le Moyen Âge, © Bordas, 1962. 1. aménagement des villes pour les adapter aux besoins des habitants. QUESTION Ville de Quinsai. Enluminure du Livre des merveilles illustré par le Maître de Boucicaut, vers 1412, BnF. Selon le texte ci-dessus, qu’est-ce qui caractérisait l’organisation et les matériaux de construction des villes européennes au Moyen Âge ? La ville de Taidu1 Et [je] vous dis encore que toute la ville est tracée au cordeau2 ; les rues principales sont droites comme un I d’un bout à l’autre de la ville, et si larges et si 5 droites que celui qui monte sur le mur à une porte, il voit à l’autre bout la porte de l’autre côté, et elles sont ainsi faites que chaque porte se voit de l’autre. Partout, le long des principales rues, il y a échoppes3 et étalages 10 de toute nature, maints beaux palais et belles auberges, et maintes belles maisons. Tous les terrains où ils sont bâtis sont carrés et tracés au cordeau dans toute la ville, et sur chaque terrain sont de spacieux palais avec 15 cours et jardins. De telles pièces de terre sont données à chaque chef de famille ; c’est dire qu’un tel, de tel clan, aura tel lot, et tel autre aura cet autre, et ainsi de main en main. Autour de chaque lot carré sont de bonnes 20 rues par où l’on passe. Ainsi est tout le dedans de la ville distribué par carrés comme un échiquier. À suivre… 1. ville de Chine. 2. de façon rectiligne. 3. boutiques. QUESTIONS 1. Relevez le vocabulaire de la géométrie. 2. a. À quoi le plan de la ville est-il comparé ? b. En quoi ce plan contraste-t-il avec celui des villes européennes ? 74 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 74 01/07/10 12:04 Le palais de Taidu C’est le plus vaste et merveilleux palais qui fut jamais vu. […] Il n’a point d’étage, mais le carrelage est à peu près à dix pieds1 au-dessus du sol ; le toit est extrêmement élevé ; 5 tout autour est un mur de marbre qui soutient une terrasse au niveau du carrelage ; il est large de deux pas, et le palais est disposé de telle sorte que cette terrasse, autour, fait comme une promenade où l’on peut aller et venir, et où les 10 hommes peuvent voir de l’extérieur. Et sur les bords est une très belle balustrade à colonnes sur laquelle on peut s’appuyer. Les murs des salles, des chambres sont tout couverts, à l’intérieur, d’argent et d’or et sont représentés en ciselure très fine des lions et des dragons, des bêtes et des oiseaux, de jolies histoires de 15 dames et de chevaliers et bien d’autres sortes de belles choses et d’histoires de guerres. Le toit, lui aussi, est fait de telle sorte qu’on n’y voit rien qu’argent et or et que peintures. Sur chaque face du palais est un grand escalier de marbre, qui va du sol au haut de ce mur 20 de marbre qui entoure le palais, et c’est par ces marches qu’on y monte. La grande salle est si large et si vaste que plus de six mille hommes y pourraient bien en même temps manger ; il 25 y a quatre cents chambres, et c’est un tel nombre qu’on s’émerveille de voir. À suivre… 1. mesure d’unité : la longueur d’un pied. QUESTIONS 1. Comment s'organise la description ? Quelles parties du palais voit-on et dans quel ordre ? 2. Quels sont les matériaux qui rendent le palais « merveilleux » ? 3. Quel est le sentiment de Marco Polo ? Par quels mots et expressions l’exprime-t-il ? Le Palais du Grand Khan à Taidu. Enluminure du Livre des merveilles illustré par le Maître de Boucicaut, vers 1412, BnF. Palais impérial de Pékin. Miniature tirée du Livre des merveilles illustré par le Maître d’Egerton, vers 1410, BnF. ◗ Rédiger un bref article à partir d’une photo Choisissez une photographie ou un dessin d’un édifice contemporain qui s’apparente pour vous à une « merveille » et décrivez-le, en un bref article, à la manière de Marco Polo. L’apprenti(e) journaliste : – Décrivez l’édifice de façon organisée (taille, formes, couleurs, matériaux…). – Exprimez votre émerveillement en employant les tournures observées dans le texte de Marco Polo. – Donnez un titre à votre article. histoire des Ces enluminures vous semblent-elles être fidèles au texte de Marco Polo ou s’inspirer de l’architecture européenne médiévale ? Justifiez. Dossier 3 • Sur les traces de Marco Polo 75 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 75 01/07/10 12:05 3 L’art du documentaire La monnaie en Europe Au Moyen Âge, on pratiquait encore couramment le troc, même si des pièces d’or et surtout d’argent étaient en circulation. Seuls certains banquiers utilisaient entre eux une sorte de monnaie en papier. Les premiers billets de banque utilisables par tout le monde sont apparus en Europe vers le milieu du XVIIIe siècle. Ils furent utilisés en France sous la Révolution, mais ce fut un échec. Les premiers billets de la Banque de France sont apparus en 1803. QUESTION Quels étaient les matériaux couramment utilisés au Moyen Âge en Europe pour fabriquer la monnaie ? Un usurier comptant ses pièces de monnaie. Miniature du Livre des bonnes mœurs de Jacques le Grand, 1478. Musée Condé, Chantilly. Le papier-monnaie 1 Pièces du Moyen Âge en or et en argent, RMN. 1. Le titre de l’empereur de Chine s’écrit aussi Khan ou Kaan. 2. et 3. unités de monnaie de Venise. 4. nommé. Comment le Grand Can1 fait dépenser papier pour argent. Or sachez qu’il [le Grand Can] fait faire une telle monnaie comme je vous dirai ; à des hommes, [il] fait prendre l’écorce d’arbres que nous nommons mûriers et qu’ils appellent 5 « gelsus », ceux dont les vers qui font la soie mangent les feuilles, et qui sont en si grand nombre que toutes les campagnes en sont pleines. Ils prennent la peau mince qui est entre l’épaisse écorce extérieure et le bois, et qui est blanche ; de cette peau mince, il 10 leur fait faire des feuilles semblables à celles du papier coton, et elles sont toutes noires. Et lorsqu’elles sont faites, il les leur fait couper de telle manière : la plus petite vaut chez eux environ une moitié de petit tornesel2, et la suivante, un peu plus grande, un tornesel ; la suivante, encore un peu plus grande, un demi-gros 15 d’argent de Venise […] et l’on va ainsi jusqu’à dix besants3 d’or. Toutes ces feuilles reçoivent le sceau du Grand Sire, faute de quoi elles ne vaudraient rien. Elles sont fabriquées avec autant de garanties et de formalités que si c’était or pur ou argent, car maints officiers nommés pour cela écrivent leur 20 nom sur chaque billet, y apportant chacun sa marque, et quand tout est bien fait comme il faut, leur chef, commis4 par le 76 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 76 01/07/10 12:05 Seigneur, empreint5 de cinabre6 le sceau qui lui est confié et l’appuie sur le billet ; et la forme du sceau humecté de cinabre y demeure imprimée : alors cette monnaie est valable. Et si 25 quelqu’un s’avisait de la contrefaire7, il serait puni de la peine capitale8 jusqu’à la troisième génération. Différentes marques sont imprimées selon la destination du billet. Et [il] en a fait faire si grande quantité, qu’il payerait avec tous les trésors du monde, et ça ne lui coûte rien. 30 Et quand ces feuilles sont faites, en la manière que je vous ai contée, il fait faire tous ses paiements et les fait distribuer en toutes les provinces et royaumes et pays dont il est le maître ; et nul n’ose les refuser, car il lui en coûterait la vie. […] Et [je] vous dirai même plus : elles sont si légères que la feuille qui 35 vaut dix besants, elle n’en pèse même pas un... À suivre… 5. imprègne, enduit. 6. sulfure de mercure, de couleur rouge vermillon. 7. imiter illégalement. 8. peine de mort. QUESTIONS 1. a. Avec quel matériau les billets de l’empereur de Chine sont-ils fabriqués ? b. Quelles sont les trois étapes de leur fabrication ? 2. a. Comment reconnaît-on la valeur de chaque feuille de papier ? b. Qu’est-ce qui leur donne une valeur officielle ? 3. Quelle est la punition pour les faux-monnayeurs ? 4. Selon Marco Polo, ce système de paiement est-il sérieux ? Justifiez. 5. À quel titre, Le Devisement du monde ou Le Livre des merveilles, ce passage correspond-il le mieux ? Expliquez. Le Grand Khan paie ses achats avec une monnaie d’écorces de mûriers. Miniature tirée de Le Livre des merveilles de Marco Polo, illustré par le Maître de Boucicaut, vers 1410, BnF. histoire des ◗ Rédiger un article documentaire 1. Quelle étape de l’organisation du système de paiement l’artiste a-t-il peinte ? 2. Observez les visages et les vêtements : vous semblent-ils orientaux ou occidentaux ? Justifiez. Expliquez la fabrication et l’utilisation du papier-monnaie en Chine, au XIIIe siècle, dans un bref article documentaire destiné à un magazine pour jeunes. L’apprenti(e) journaliste : – Utilisez les informations recueillies dans le texte de Marco Polo. – Donnez un titre à votre article. – Rédigez un « chapeau » à votre article, c’est-à-dire deux ou trois lignes qui en résument le contenu ; signez votre article. Dossier 3 • Sur les traces de Marco Polo 77 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 77 01/07/10 12:05 3 Un reporter à l’esprit critique Une découverte de Marco Polo : la salamandre Et sachez aussi que en cette montagne1 se trouve une veine2 de laquelle on tire la salamandre3, laquelle ne peut brûler quand on la met au feu ; et c’est la meilleure que l’on trouve dans le monde. Et sachez-le bien : la salamandre dont je parle, n’est ni 5 bête ni serpent, car point n’est vrai que ce tissu soit du poil d’un animal vivant dans le feu, comme on dit en notre pays, mais c’est ce que je vous dirai. […] Je le vis moi-même. Et je vous dis que quand on a extrait des montagnes un peu de cette veine que vous avez ouïe4, et qu’on l’a 10 rompue et broyée, elle se tient ensemble et forme des fils comme la laine. Et pour cela, quand on a cette veine, on la fait sécher au soleil, et quand elle est sèche, on la pile dans un grand mortier de cuivre ; puis on la lave à l’eau : seuls surnagent ces filaments dont vous ai dit, semblables à la laine, alors que la terre, qui ne vaut 15 rien, tombe au fond de l’eau, et on la jette. Puis ce fil semblable à la laine est facilement filé, puis tissé, et l’on en fait des toiles que nous appelons salamandre. Et, quand ces toiles sont faites, ne sont mie5 blanches, je vous le dis, mais brunes lorsqu’on les retire du métier. Quand ils les veulent blanchir, [ils] les mettent en 20 le feu et les y laissent une heure, et quand on les retire du feu, elles sont toutes blanches comme neige. […] Quant au serpent salamandre qu’on dit vivre dans le feu, je n’en ai pas entendu mot dans les régions de l’Est. Et toutes les autres choses qu’on en raconte sont mensonges et fables. MARCO POLO, Le Devisement du monde ou Le Livre des merveilles I, 1298, traduction L. Hambis, © Klincksieck, Paris, 1955, 1998. Marco Polo. Costumes des Vénitiens de Jan van Grevenbroeck, VIIIe siècle. Musée Correr, Venise. 1. montagne de la province de Ghinghin Talas, à l’ouest de la Chine. 2. filon de minerai, portion de roche différente. 3. l’amiante. 4. dont vous avez entendu parler. 5. ne sont pas. QUESTIONS 1. a. Quels mots du texte correspondent à l’image 3. Entre la salamandre occidentale et la salamandre de la salamandre page 79 ? b. Dans quelle région du monde se représentaiton ainsi la salamandre au Moyen Âge ? orientale, laquelle est du côté du mythe, laquelle du côté de la réalité ? 2. a. Que découvre Marco Polo à propos de la son lecteur. b. Que veut-il prouver ? nature de la salamandre lors de son voyage ? b. Quelle est la propriété de cette substance ? c. Quelle est la propriété commune à cette substance et à l’animal fabuleux ? 4. a. Relevez des passages où Marco Polo interpelle 5. D’après le dernier paragraphe, en quoi Marco Polo fait-il preuve d’esprit critique ? 78 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 78 01/07/10 12:05 QUESTIONS 1. Quel est le nom actuel de ce qu’on nommait « salamandre » à l’époque de Marco Polo ? Salamandre. Manuscrit du XIIIe siècle, BnF. 2. Pourquoi ce texte actuel De la salamandre à l’amiante La salamandre a tenu longtemps bonne place parmi les mythes de l’Occident. On la croyait capable de vivre dans le feu. Il y a dix siècles, Marco Polo a découvert qu’en Asie la salamandre était une substance fibreuse, incombustible, d’aspect laineux ; la salamandre, c’était l’amiante. C’est une roche, un minéral fibreux, […] qui est devenu un matériau de première importance dans le monde moderne. […] L’amiante a envahi l’industrie. Isolant thermique des machines-outils, textile incombustible, cartonnages spéciaux, freins pour automobiles, filtres pour les liquides, les médicaments et les vins par exemple. […] Dans la construction moderne, l’amiante est partout […]. Elle peut se dissocier aisément en fibres minuscules et très légères, une poussière microscopique, qui pollue l’air. http://www.sante-publique.org/amiante/amiante.htm montre-t-il que Marco Polo a su faire preuve d’esprit critique ? histoire des 1. a. Où se trouve le Grand Khan sur l’enluminure ci-dessous ? b. Que lui explique l’homme en rouge ? 2. a. Comment l’enlumineur a-t-il illustré la propriété de l’amiante ? b. Est-ce conforme au texte de Marco Polo ? Le Khan Qubilaï étudiant l’amiante. Enluminure du Livre des merveilles, Maître d’Egerton, vers 1410-1412, BnF. Dossier 3 • Sur les traces de Marco Polo 79 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 79 01/07/10 12:05 3 Un reporter de confiance ? L’oiseau Roc QUESTIONS 1. À quoi le griffon ressemblaitil pour les Occidentaux ? 2. Quelle sont les principales caractéristiques de cet animal d’après ceux qui ont vu le griffon dans l’île ? 3. a. Quelle est la source d’information de Marco Polo pour ce reportage ? b. De quoi peut-il témoigner lui-même ? Et maintenant voici une grande merveille. Et encore sachez très véritablement qu’en ces autres îles […] disent les hommes qui ont été là-bas, qu’on y trouve de très terribles oiseaux griffons1. […] Mais sachez qu’ils ne sont nullement faits […] comme nous les faisons représenter, en disant qu’ils sont 5 mi-oiseaux et mi-lions. […] Je vous deviserai un peu de ce que disent ceux qui l’ont vu, et aussi ce que j’en ai vu. Ils disent qu’il est si grand et si puissant qu’il prend un éléphant et l’emporte 10 en l’air bien haut sans l’aide d’un autre oiseau, puis le laisse choir à terre, si bien que l’éléphant se défait tout ; alors l’oiseau griffon descend sur lui, le déchire, le mange et s’en repaît à discrétion2. Or vous ai seulement conté de l’oiseau griffon ce qu’en content 15 ceux qui l’ont vu. Mais il est vrai qu’un messager […] apporta à son seigneur le Grand Can une plume de l’aile dudit3 oiseau Roc ; je la mesurai, moi Marco Polo, et la trouvai longue de quatre-vingt dix travers de main, et ayant deux de mes paumes de tour4, ce qui devait certainement être tenu pour une merveille. […] 20 Mais retournons un peu à l’oiseau griffon. Ceux de cette île l’appellent Roc et ne le nomment par autre nom ; ils ne savent point ce qu’un griffon pourrait bien être, mais nous croyons en vérité qu’en raison de la grandeur qu’ils attribuent à cet oiseau, ce doit être le griffon. MARCO POLO, Le Devisement du monde ou Le Livre des merveilles, traduction L. Hambis, © Klincksieck, Paris, 1955, 1998. 4. Marco Polo à travers ce passage vous paraît-il un reporter de confiance ? Justifiez. 1. les hommes qui ont été là-bas disent que… 2. à volonté. 3. de celui qu’on nomme. 4. de circonférence. ◗ Rédiger un article sur Marco Polo En vous servant de tout ce que vous avez appris dans le dossier, rédigez un bref article sur les voyages de Marco Polo destiné à un magazine pour jeunes. L’apprenti(e) journaliste : – Vous évoquerez les voyages de Marco Polo, ses découvertes et la manière dont il les présente. – Vous rédigerez un titre. – Vous présenterez votre texte en colonnes. 80 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 80 01/07/10 12:05 Lectures personnelles Sur les traces de grands voyageurs Jean-Côme Noguès Le Voyage inspiré Gérard Soncarrieu © Livre de Poche Jeunesse, 2002. Le Premier Tour du monde © Livre de Poche Jeunesse, 2003. Le voyage de Christophe Colomb vers le Nouveau Monde au XVe siècle. Martin de Halleux L’Inconnu du Pacifique © Livre de Poche Jeunesse, 2008. La découverte de nouvelles terres dans le Pacifique au XVIIIe siècle, par le capitaine James Cook. Le voyage de Magellan, le premier navigateur à avoir fait le tour du monde, au xVIe siècle. Lectures à la Lisez un de ces récits et découvrez la vie d’un explorateur pour réaliser un reportage. Votre reportage : Maryse Lamigeon et François Vincent Les Voyages de Jacques Cartier : à la découverte du Canada, d’après le récit de Jacques Cartier, « Voyage au Canada » © Archimède / l’École des loisirs, 2006. • Il présentera l’explorateur (Qui est-il ? À quelle époque a-t-il vécu ? Quel est son caractère ?) et ses explorations (Où ? Dans quel but ?). Un livre illustré racontant la découverte du Canada, au XVIe siècle. de 4 lignes maximum résumant l’exploration ; • rédigez votre article (d’une vingtaine de lignes maximum) en deux colonnes ; • insérez une image d’un des lieux explorés (photographie, dessin, carte…) ; • Il détaillera une aventure qui vous a marqué(e) ; vous citerez quelques phrases du texte à l’appui. • terminez l’article par la phrase : « Si vous voulez en savoir plus, lisez … (titre du livre) de … (nom de l’auteur) ; » L’apprenti(e) journaliste : • si possible, réalisez votre article avec un traitement de texte. Sur une feuille A4 : une • indiquez en haut de la page le nom de la rubrique : « REPORTAGE » ; • rédigez un gros titre et un chapeau Variante : • Vous êtes un reporter de radio et présentez votre reportage oralement. Dossier 3 • Sur les traces de Marco Polo 81 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P070-081-9782011256218.indd 81 01/07/10 12:05 4 Les romans de Chrétien de Troyes Découvrir des récits de chevalerie Lectures : textes et images Objectifs • Arthur et la Table ronde ......................... ...... • Lancelot, affiche de film, J. ZUCKER • Lancelot ou le Chevalier à la charrette..... ◗ Remonter aux sources de la légende arthurienne 84 ◗ Lire une affiche pour entrer dans la légende 85 ◗ Définir les caractéristiques du chevalier : Lancelot et le Pont-de-l’Épée .............. – la prouesse ............................................... Lancelot en tournoi .......................... – l’obéissance à la Dame ............................... Lancelot aux prises avec Méléagant – la lutte contre un félon .............................. 86 88 90 • Perceval ou le Conte du Graal .............. – l’aide aux plus faibles ................................ Gauvain et la demoiselle Perceval au château du roi Pêcheur .... – la quête du Graal ...................................... 92 94 Œuvre intégrale • Yvain ou le Chevalier au lion ........... ◗ Explorer un roman de chevalerie ................. 96 Fiche-méthode : Lire et comprendre un roman de chevalerie L’écho du poète • « La Mort d’Aude la Belle », La Chanson de Roland (CCLXVIII), ANONYME ........................ 98 Faire le point Les récits de chevalerie ................................................................................................ 99 Langue et expression Lexique : Le vocabulaire du courage et de la générosité – Le vocabulaire de la chevalerie ............................................................................ Orthographe et conjugaison : Le participe passé employé avec « être » – Les temps composés de l’indicatif ....................................................................... Grammaire : Les degrés de l’adjectif – La proposition subordonnée conjonctive COD – Les valeurs des temps composés .............................................. Écrit : Rédiger des récits d’inspiration médiévale .................................................. Oral : Lire et dire des récits merveilleux .......................................................... Lectures personnelles ................................................................................... 100 101 102 103 104 105 Évaluations • Perceval ou le Conte du Graal .............................................................................. 106 82 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 82 01/07/10 12:08 histoire des Miniature tirée du manuscrit de Lancelot du Lac. Vers 1470, BnF. 1 Quels éléments du Moyen Âge repérez-vous sur l’enluminure* ? 2 D’après l’image, que peut-on appeler un récit de chevalerie ? * voir Glossaire médiéval, p. 372. 4 Les romans de Chrétien de Troyes 83 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 83 01/07/10 12:08 Pour entrer dans le chapitre • Dans le sommaire page 82, découvrez les noms de chevaliers au service du roi Arthur et de la reine Guenièvre. Lectures Avant de lire les textes • Cena signifie « souper » en latin et en espagnol : qu’est-ce que la Cène pour les chrétiens ? Arthur et la Table ronde Le jeu Les chevaliers de la Table ronde D ans la plupart des jeux de plateau, les joueurs sont en compétition, chacun essayant de gagner la partie aux dépens des autres. Mais Les Chevaliers de la Table ronde n’est pas une aventure ordinaire ! Ici, c’est en collaboration avec vos compagnons d’armes, tous incarnant de valeureux et nobles chevaliers, que vous allez lutter ensemble pour votre survie… contre le jeu lui-même ! Plateau et cartes du jeu Les Chevaliers de la Table Ronde. Remonter aux sources de la légende arthurienne ◗ Le jeu de société (p. 84) ◗ L’article de journal (p. 85) 1. En combien de parties le plateau de jeu est-il 5. Quelles valeurs morales la Table ronde symbolisait- divisé ? elle ? 2. D’après la règle du jeu, qu’est-ce qui caractérise 6. Pour quelles raisons est-elle une table légendaire le rapport entre les joueurs ? et non réelle ? 3. Que signifie « valeureux » ? 7. a. À quels personnages de la légende bretonne la Table ronde se rattache-t-elle ? b. Pourquoi la présence de douze convives rappellet-elle la tradition chrétienne ? 4. Quel objet est représenté sur la carte « Graal » ? 84 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 84 01/07/10 12:08 Les chevaliers se mettent à table Réunis autour de ce meuble magique s’inscrivant dans une symbolique chrétienne, les compagnons d’Arthur incarnent les valeurs de prouesse et de courtoisie auxquelles aspire la société du XIIe siècle. Par Laurent Vissière, Maître de conférence à Paris IV - Sorbonne. Lancelot L e roi Arthur gouverne avec ses preux* chevaliers sur la cité de Camelot. Seul le traître Méléagant veut le détrôner. Pour cela, il tente de capturer Guenièvre, la fiancée du roi, mais elle est sauvée par le chevalier Lancelot. L’amour naît entre ce dernier et la future reine. * voir Glossaire médiéval, p. 372. «P our ses nobles barons* dont chacun s’estimait le meilleur, dont nul ne savait qui était le moins bon, Arthur fit faire la Table ronde, dont les Bretons1 disent maintes fables. Les seigneurs y prennent place, tous chevaliers, tous égaux »2. […] Cette table revêt une force symbolique capitale, car elle s’oppose à la réalité quotidienne des châteaux, où le seigneur s’assoit « au haut bout de la table ». […] L’origine mystérieuse du meuble intrigue en tous cas les romanciers médiévaux et leurs lecteurs. Et dès le début du XIIIe siècle, on commence à écrire son histoire. […] La table serait une création de l’enchanteur Merlin. […] À la Table ronde primitive s’asseyaient peutêtre douze convives3, mais le nombre réel des chevaliers n’a jamais été fixé. […] Chrétien de Troyes en nomme une trentaine, mais des romans tardifs parlent de 300, de 600, voire de 1600 chevaliers, censés tous prendre place à la même table. Extraits de la revue Historia, septembre 2006, n° 717. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. Au Moyen Âge, on appelle « Bretons » les habitants du pays de Galles et de la Grande-Bretagne. 2. Roman de Brut, Robert Wace (1110-1170). 3. comme les douze apôtres entourant le Christ lors de la Cène. Affiche du film Lancelot le premier chevalier, de J. Zucker, 1994. Lire une affiche pour entrer dans la légende 1. Quelle est l’époque représentée sur l’affiche ? Justifiez à l’aide de plusieurs éléments. 2. a. Qui sont les personnages de l’affiche ? b. Quel est le personnage en position centrale ? Pourquoi est-il placé ainsi ? c. Quel est celui qui occupe le plus d’espace ? Pourquoi ? 3. Quel est l’objet mis en valeur ? Comment ? Que peut-il symboliser, selon vous ? 4. Quelles sont les couleurs dominantes ? Apparition du Saint Graal devant les chevaliers de la Table ronde. Miniature tirée de l’Histoire de Lancelot, XIVe siècle, BnF. Qu’évoquent-elles ? 4 Les romans de Chrétien de Troyes 85 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 85 01/07/10 12:08 Lectures Avant de lire le texte Les aventures des chevaliers de la Table ronde se situent en Bretagne (aujourd’hui Pays de Galles et Grande-Bretagne) et en Petite Bretagne (aujourd’hui Bretagne). 1. Sur quel mot le nom « chevalier » est-il formé ? À quel ordre (catégorie sociale) un chevalier appartenait-il ? 2. Que signifie « preux » ? Quel est le nom formé sur cet adjectif ? Lancelot et le Pont-de-l’Épée Chrétien de Troyes Né vers 1135 à Troyes, il a vécu à la cour de Marie de Champagne, qui lui a fait connaître l’univers merveilleux des légendes bretonnes. Ses romans se rattachent au cycle de la Table ronde : Lancelot ou le Chevalier à la charrette (vers 1170), Yvain ou le Chevalier au lion (entre 1177 et 1179), Perceval ou le Conte du Graal (vers 1182). * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. avec un fort débit. 2. ici, dangereuse. 3. plancher. 4. au métal brillant et poli. 5. bloc de bois. 6. anneau magique offert par la fée Viviane qui donne à Lancelot une force exceptionnelle. Lancelot est parti à la recherche de la reine Guenièvre dont il est amoureux et qui a été enlevée par le félon* Méléagant. Sa route est jalonnée d’épreuves. Il arrive avec ses compagnons près d’un pont. À l’entrée de ce pont effrayant, ils mettent pied à terre et regardent couler dru1 l’eau profonde, sombre et perfide2, aux flots tumultueux. Elle est si terrifiante qu’on croirait voir le fleuve des Enfers. Et elle a un tel débit qu’il n’est personne au monde qui, s’il y tombait, 5 ne serait englouti comme dans la mer salée. Quant au pont qui la traverse, il n’est pareil à nul autre et, jamais sans doute, il n’en exista ni n’en existera de semblable. Si on veut savoir la vérité jamais pont ne parut si sinistre et tablier3 plus détestable : ce pont qui traversait l’eau glacée était constitué d’une épée tranchante et bien fourbie4. Cette épée dure 10 et solide mesurait bien la longueur de deux lances. Elle était fichée sur chaque rive du fleuve dans un grand billot5 de bois. On ne pouvait pas craindre de chuter par suite de sa rupture ou de son fléchissement car elle était si bien forgée qu’elle pouvait supporter une grande charge. Ce spectacle attristait fort les deux compagnons du chevalier car ils pensaient 15 voir, de plus, deux lions ou deux léopards enchaînés à un bloc de pierre à l’autre extrémité du pont. La vue de l’eau, du pont et des lions les met dans un tel effroi qu’ils en tremblent de peur. […] Lui [Lancelot] s’apprête du mieux qu’il le peut à traverser le gouffre et, chose étonnante, il ôte de ses pieds et de ses mains l’armure qui les 20 recouvre ! […] Il ne s’inquiétait pas trop de se blesser les mains et les pieds car il préférait s’estropier plutôt que de tomber du pont et de prendre un bain forcé dans cette eau dont il n’aurait jamais réussi à se sortir. En souffrant le martyre qu’on lui avait préparé, il entreprend sa douloureuse traversée en 86 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 86 01/07/10 12:09 se blessant les mains, les genoux et les pieds. Mais Amour qui le guide soigne ses coupures qui lui sont plus douces à supporter. En s’aidant des mains, des pieds et des genoux, il réussit enfin à parvenir à l’autre 30 bout du pont. Alors il se rappelle les deux lions qu’il croyait y avoir vus lorsqu’il se trouvait sur l’autre rive ; il regarde attentivement : rien, pas même un lézard, pas la 35 moindre bête dangereuse. Il lève la main à hauteur de ses yeux et regarde son anneau6 : il a ainsi la preuve, quand il n’aperçoit plus aucun des deux lions qu’il pensait 40 avoir vus, qu’il avait été victime d’un enchantement car il n’y avait là aucun être vivant. 25 CHRÉTIEN DE TROYES, Lancelot ou le Chevalier à la charrette (vers 1170), traduction J.-C. Aubailly, © Flammarion, 1991. Lancelot passant le Pont-de-l’Épée, Lancelot du Lac. Manuscrit, vers 1470, BnF. Définir les caractéristiques du chevalier : la prouesse ◗ Les dangers (l. 1 à 17) ◗ Le chevalier Lancelot dans l’épreuve 1. Quels sont les trois dangers que doit affronter (l. 18 à la fin) 5. Lancelot cherche-t-il à échapper à l’épreuve ? Lancelot ? 2. a. Dans le premier paragraphe, relevez les adjectifs Justifiez. qui qualifient l’eau. b. À quoi l’eau est-elle comparée ? 6. Comment s’y prend-il pour franchir le Pont-del’Épée ? Pourquoi ? 3. a. Pourquoi le Pont-de-l’Épée est-il « pareil à 7. Quel sentiment aide Lancelot pendant l’épreuve ? nul autre » ? b. Ce pont représente-t-il un danger naturel ou surnaturel ? Justifiez. Justifiez en citant le texte. 4. a. En quoi le troisième danger consiste-t-il ? victime ? b. De quelle qualité a-t-il donc fait preuve ? b. Est-il réel ? Répondez en citant le texte. ➜ Les figures de style – p. 364 8. a. De quel « enchantement » Lancelot a-t-il été Gardons une trace écrite ❯ Lancelot se comporte-t-il tel un preux chevalier dans cette scène ? Justifiez. Exercice d’écriture Décrivez l’enluminure en vous aidant du texte. 4 Les romans de Chrétien de Troyes 87 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 87 01/07/10 12:09 Lectures Avant de lire le texte 1. L’adjectif qualificatif « gent »*, « gente »*, vient du latin genitus qui signifiait « né » et plus spécialement « bien né, noble » : à quel ordre social (tiers état, clergé ou noblesse) une « gente dame » appartient-elle ? 2. Recherchez les différents sens du nom « écu » : lequel convient à un récit de chevalerie ? Lancelot en tournoi Un grand tournoi a été organisé à la cour du roi Arthur pour les jeunes filles à marier. La femme du roi Arthur, la reine Guenièvre, assiste à ce tournoi. Q * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. Lancelot. 2. raisonnable. 3. demande. 4. contre lequel on ne peut rien faire. 5. se moquaient. uand Lancelot fut entré dans la mêlée, il montra qu’à lui seul il en valait vingt parmi les meilleurs. Il se mit à jouter* avec une telle vaillance que personne ne pouvait détacher ses yeux de lui, où qu’il aille. Dans le camp de Pomelegloi se trouvait un chevalier renommé pour 5 sa vaillance qui montait un cheval plus rapide et fougueux qu’un cerf dans la lande. C’était le fils du roi d’Irlande qui se comportait de manière remarquable. Mais tous admiraient bien quatre fois plus le chevalier inconnu1. Tous se demandaient : « Mais qui peut bien être ce merveilleux 10 jouteur ? » La reine, prenant à part une demoiselle aussi prudente qu’avisée2, lui demanda : « Demoiselle, vous allez porter un message ; faites-le vite et en peu de mots. Descendez de cette tribune et allez trouver ce chevalier qui porte 15 un écu* vermeil et dites-lui en secret que je lui ordonne “ au plus mal ” ». La demoiselle, rapidement et discrètement, fit ce que voulait la reine. Elle glissa vers le chevalier jusqu’à le toucher et lui chuchota adroitement en prenant soin de n’être pas entendue par une oreille voisine : « Sire, madame la reine vous mande3 par ma bouche : “ Au plus mal ! ” » 20 En entendant ces mots, Lancelot répond qu’il obéira à la reine en homme lui appartenant corps et âme. Alors il s’élance aussi vite qu’il le peut contre un jouteur mais il rate son coup normalement imparable4. De cet instant jusqu’au soir il ne fit que se comporter au plus mal qu’il le pouvait pour faire plaisir à la reine. Par contre, son adversaire, lui, n’a 25 pas manqué son coup : il le heurte violemment et le pousse en prenant appui sur sa lance. Alors Lancelot prit la fuite ! […] Et les chevaliers qui peu de temps auparavant l’admiraient, le tournaient maintenant en dérision et en faisaient leurs gorges chaudes5. « […] Est arrivé ce qui devait arriver ! S’il était vaillant tout à l’heure, il n’est plus qu’une 30 poule mouillée qui fuit devant le moindre chevalier. » Mais la reine, pour sa part, est loin d’en être fâchée ; elle en est au contraire tout heureuse car elle est bien certaine, même si elle ne dit mot, que c’est Lancelot lui-même qui est là. La reine Guenièvre. Miniature tirée du Roman de Tristan. Manuscrit XVe siècle. Musée Condé, Chantilly. CHRÉTIEN DE TROYES, Lancelot ou le Chevalier à la charrette (vers 1170), traduction J.-C. Aubailly, © Flammarion, 1991. 88 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 88 01/07/10 12:09 Combat de Lancelot et de Tristan. Manuscrit de Lancelot du Lac, vers 1470, BnF. Définir les caractéristiques du chevalier : l’obéissance à la Dame ◗ Le chevalier Lancelot en tournoi ◗ L’obéissance à la Dame 1. Relevez les mots appartenant au vocabulaire 7. L’épreuve infligée à Lancelot vous semble-t- du tournoi. elle facile pour un preux chevalier ? Justifiez votre réponse. 2. Comment comprenez-vous l’expression qui qualifie Lancelot : « il en valait vingt parmi les meilleurs » ? 8. Comment Lancelot réagit-il en entendant le 3. Comment les spectateurs réagissent-ils au début 9. a. Quelle réaction son attitude provoque-t-elle chez les spectateurs ? b. De quoi accusent-ils Lancelot ? du tournoi vis-à-vis de Lancelot ? 4. Les spectateurs connaissent-ils Lancelot ? Justifiez message ? Pourquoi ? 10. a. Par quelle conjonction de coordination la votre réponse. ◗ Le message 5. a. Qui est l’émetteur du message (l. 11 à 15 ) ? b. Qui en est le destinataire ? Par quelle expression ce destinataire est-il désigné ? c. Comment le message est-il transmis ? Pourquoi ? dernière phrase est-elle reliée à la précédente ? Quel rapport cette conjonction exprime-t-elle ? b. Comment la reine réagit-elle ? Pourquoi ? ➜ Les conjonctions de coordination – p. 282 6. a. Comment comprenez-vous le message ? Gardons une trace écrite Exprimez-le en une phrase verbale. b. Relevez dans l’avant-dernier paragraphe un passage qui montre que Lancelot a compris le message. ❯ Lancelot s’est-il comporté en preux chevalier ? Justifiez. Exercice d’écriture Racontez brièvement la scène représentée sur l’enluminure en vous aidant du texte. 4 Les romans de Chrétien de Troyes 89 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 89 01/07/10 12:09 Lectures Avant de lire le texte • Au Moyen Âge, un « félon » est un vassal qui trahit la fidélité qu’il doit à son seigneur. Le félon est un traître qui trompe par des procédés immoraux : « félon » est-il synonyme ou antonyme de « perfide » ? de « loyal » ? Lancelot aux prises avec Méléagant Lancelot est prisonnier du chevalier Méléagant dans le château de son sénéchal *. Grâce à la femme de ce sénéchal, à laquelle il promet de revenir, Lancelot réussit à s’échapper pour aller à un tournoi (voir p. 88). Lorsque le sénéchal apprend l’évasion, il est terrorisé et va prévenir Méléagant. L e sénéchal* revint chez lui où il trouva Lancelot qui était revenu se constituer prisonnier dans son manoir. Il envoya un messager 5 qui refit le chemin inverse pour annoncer à Méléagant le retour de Lancelot. À cette nouvelle, Méléagant convoqua des maçons et des charpentiers qui, de gré ou 10 de force, obéirent à ses ordres. Il rassembla les meilleurs du pays et leur ordonna de bâtir une tour et d’unir leurs efforts pour l’édifier au plus vite. On amena la pierre par 15 la mer. En effet, près de Gorre, un large bras de mer entourait une île que Méléagant connaissait. C’est là que sur son ordre on a extrait la pierre du sol et coupé les 20 chevrons1 pour construire la tour. En moins de cinquante-sept jours la tour Construction d’un château fort. Miniature tirée e des Histoires de Tite Live. France, XV siècle. fut terminée. Elle était très haute, énorme, Bibliothèque municipale, Bordeaux. avec des murs épais. Quand elle fut ainsi édifiée, Méléagant fit amener Lancelot et l’y enferma. Puis il ordonna de murer les portes et fit jurer à tous les maçons que 25 jamais de leur vie ils ne souffleraient mot de cette tour. Il voulait ainsi qu’elle * voir Glossaire médiéval, p. 372. reste ignorée. Pour seule ouverture il ne resta qu’une petite fenêtre. C’est 1. pièces de bois pour là que Lancelot fut obligé de vivre et c’est par cette petite fenêtre qu’on soutenir la toiture. lui donna chichement2 à manger et encore avec difficulté à des heures 2. en très faible quantité. 3 3. fixées par avance. 30 prescrites ainsi que l’avait ordonné cet infâme scélérat de Méléagant. 4. orgueilleux Méléagant a donc ainsi réalisé tout ce qui lui tenait à cœur. Après quoi, et méprisant. 5. d’homme à homme. sans perdre un instant, il file à la cour du roi Arthur où il arrive bientôt. Il se 90 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 90 01/07/10 12:09 35 40 45 précipite devant le roi et d’un ton arrogant4 s’adresse à lui en ces termes : « Roi, j’ai juré solennellement de me battre en combat singulier5 devant toi, en ta cour ; mais, je n’y vois pas Lancelot et c’est pourtant lui qui s’est engagé à lutter contre moi. Néanmoins, ainsi que je dois le faire, devant tous ceux que je vois ici, je l’appelle à me rencontrer. S’il est ici, qu’il s’avance et qu’il se déclare prêt à me tenir parole d’ici un an en ta cour même. » […] La reine, qui était assise auprès du roi, l’attira vers elle et lui glissa à l’oreille : « Sire, savez-vous qui est ce chevalier ? C’est Méléagant qui me fit prisonnière alors que j’étais sous la sauvegarde de Keu auquel il causa beaucoup de honte et souffrance. » CHRÉTIEN DE TROYES, Lancelot ou le Chevalier à la charrette (vers 1170), traduction J.-C. Aubailly, © Flammarion, 1991. Bricquebec, Manche. Définir les caractéristiques du chevalier : la lutte contre un félon ◗ Lancelot et Méléagant 1. a. Après s’être échappé pour se rendre à un tournoi, que fait Lancelot ? b. De quelle qualité fait-il ainsi preuve ? 2. a. Comment Méléagant réagit-il quand il apprend le retour de Lancelot ? b. Sa décision vous paraît-elle juste ? 8. a. À quel temps les verbes des lignes 32 à 33 sont-ils conjugués ? b. Quel est l’effet produit par l’emploi de ce temps ? 9. Lorsque Méléagant s’adresse au roi, quelle image de Lancelot veut-il donner ? 10 . Qui va permettre de déjouer les plans de Méléagant ? Comment ? ➜ Réviser les valeurs du présent de l’indicatif – p. 314 ◗ La première perfidie 3. a. Quel édifice Méléagant fait-il construire ? b. Où le fait-il construire ? c. Quelles sont les caractéristiques de cette construction ? 4. Lancelot a-t-il une chance de s’échapper ? Pourquoi ? 5. Comment Méléagant aggrave-t-il les conditions Gardons une trace écrite ❯ De Méléagant ou de Lancelot, lequel est un félon ? Lequel est un preux chevalier ? Justifiez. ❯ Pour lequel des deux personnages le lecteur prend-il parti ? de vie de son prisonnier ? 6. a. Cherchez le sens des mots « infâme » et « scélérat ». b. L’appellation d’« infâme scélérat » (l. 30) convient-elle à Méléagant ? Expliquez. ◗ La seconde perfidie 7. Après avoir enfermé Lancelot, où Méléagant se rend-il ? histoire des Quels éléments architecturaux du château médiéval repérez-vous, a. sur l’enluminure, b. sur la photographie ? Exercice d’écriture Quelles sont les ressemblances et les différences entre la tour de Méléagant et celle de la photographie ? 4 Les romans de Chrétien de Troyes 91 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 91 01/07/10 12:09 Lectures Avant de lire le texte • Observez cet extrait du texte médiéval de Chrétien de Troyes, rédigé en ancien français et en vers : Sa petite fille venant, Qui par la janbe maintenant Mon seignor Gauvain anbraça Et dit : « Sire, antandez ça ! A vos me sui clamer venue De ma seror qui m’a batue, […] » a. Comptez les syllabes et dites quels sont les vers utilisés. b. Observez les rimes : quelle est leur disposition ? Miniature tirée du Roman de Tristan. Manuscrit XVe siècle, Musée Condé, Chantilly. Gauvain et la demoiselle Lors d’un tournoi auquel participe le chevalier Mélian de Lis, la fiancée de ce dernier proclame qu’il est le meilleur des gentilshommes. La jeune sœur de la fiancée dit, en pensant à Gauvain, qu’il existe un chevalier bien meilleur. À ces paroles, la sœur aînée, folle de rage, gifle violemment sa cadette. Plus tard, la fillette, en présence de son père, s’adresse à Gauvain. L a petite fille, prenant la jambe de Gauvain dans ses deux bras, 1. Comment vous lui dit : défendrai-je ? – Beau sire, écoutez ça ! Je suis venue me plaindre à vous de ma 2. ici, le père grande sœur qui me bat. Faites-moi mon droit, s’il vous plaît ! de la fillette. 5 D’abord, sire Gauvain se tait, car il ne sait à qui elle croit parler, mais il lui caresse la tête. Or la demoiselle l’arrête et dit : – À vous, je parle, sire ! À vous, 10 je me plains de ma sœur, je ne l’aime pas, je la déteste. C’est à votre sujet qu’elle m’a frappée aujourd’hui. – À mon sujet ! Qu’ai-je à 15 y faire ? Et en quel droit vous remettrai-je1 ? Le sire2 qui devait partir entend la plainte de sa fille et dit : – Fille, qui vous envoie vous 20 plaindre aux chevaliers ? – Sire, est-ce votre fillette ? demande Gauvain. – Oui, répond-il, mais ne vous occupez pas de ce qu’elle dit : Combat de Gauvain et de Mélian de Lis, 25 c’est une enfant naïve et folle. Perceval ou le Conte de Graal. Manuscrit français, 1325-1350, BnF. 92 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 92 01/07/10 12:09 30 35 40 3. le met à l’épreuve. 4. partie du mors qui se trouve dans la bouche du cheval. – Certes, fait messire Gauvain, mais je serais par trop vilain si je n’écoutais sa prière ! Dites-moi, ma petite fille, enfant si douce et si gentille, comment je peux vous faire droit de votre grande sœur ? – Messire, demain seulement, s’il vous plaît, par amour de moi, vous vous mêlerez au tournoi. […] Et messire Gauvain dit : – Sire, que le Seigneur Dieu m’aide ! La chose est trop gentiment dite, pour demoiselle si petite, et je ne lui refuse pas. Je serai demain, pour lui plaire, son chevalier pour cette fois ! – Merci à vous, beau cavalier, fait-elle, et elle a tant de joie qu’elle s’incline jusqu’à terre ! […] Le lendemain, Gauvain, se battant pour la fillette, affronte Mélian de Lis lors d’un tournoi. Or messire Gauvain s’élance, tant que son cheval peut aller, vers Mélian qui n’en a pas peur. Mais Gauvain lui brise sa lance et le combat si vivement qu’il l’éprouve3 très violemment et qu’il le jette sur le sol. Ensuite il retient le cheval qu’il tient au frein4, et il le donne à un valet, disant qu’il aille à celle pour qui il bataille. CHRÉTIEN DE TROYES, Perceval ou le Conte du Graal (vers 1182), traduction J.-P. Foucher, A. Ortais, © Éditions Gallimard, 2002. Définir les caractéristiques du chevalier : l’aide aux plus faibles ◗ La demoiselle et le chevalier ◗ Les qualités du chevalier 1. Quel est le premier geste de la fillette ? En quoi 8. Lors du tournoi, Mélian de Lis est-il un adversaire ce geste renseigne-t-il sur son âge ? de qualité ? Expliquez. 2. Comment le père de la fillette réagit-il ? 9. Quels verbes rendent compte des actions 3. Gauvain partage-t-il le point de vue du père de Gauvain dans le combat ? Quelle qualité du personnage traduisent-ils ? vis-à-vis de la fillette ? Justifiez. 10. Que fait Gauvain après le tournoi ? De quelle ◗ Le chevalier au secours des plus faibles 4. Quelle phrase du texte exprime la demande de la fillette ? Comment la comprenez-vous ? 5. De quelles qualités Gauvain fait-il preuve dans l’échange avec la fillette ? 6. Pourquoi accepte-t-il sa demande ? 7. a. Par quels signes de ponctuation la plupart des phrases de dialogue entre Gauvain et la fillette se terminent-elles ? b. Que révèle cette ponctuation de l’échange entre Gauvain et la fillette ? ➜ Réviser les types de phrases – p. 259 qualité fait-il ainsi preuve ? Gardons une trace écrite ❯ Récapitulez les valeurs chevaleresques attribuées à Gauvain dans ce passage. histoire des 1. Observez la miniature du combat (p. 92) : qui sont les personnages au premier plan ? au second plan ? Qui est ainsi mis en valeur ? 2. Comparez la taille des personnages et celle du château : le rapport de proportionnalité estil respecté ? Pourquoi, selon vous ? 4 Les romans de Chrétien de Troyes 93 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 93 01/07/10 12:09 Avant de lire le texte Lectures Chez les Celtes, le graal symbolise l’assistance matérielle que le roi doit à son peuple : c’est un grand plat creux, d’abord en osier ou en paille tressée, puis en terre, en bois ou en métal. Au XIIe siècle, de nombreux romans de chevalerie racontent la quête (la recherche) du Graal* par les chevaliers du roi Arthur. Dans Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, le Graal est un objet mystérieux qui symbolise le dépassement de soi, la recherche d’une connaissance qui échappe aux hommes. Le Graal représente aussi la recherche de la pureté : le sens chrétien qu’il prendra au XIIIe siècle commence à se faire sentir. Miniature tirée du Roman du roi Arthur et des compagnons de la Table ronde. France, XIVe siècle. Turin, Biblioteca nazionale. C’est dans les continuations aux récits de Chrétien de Troyes que l’on évoque le Saint-Graal, un vase qui aurait servi à Jésus-Christ pour la Cène1, et dans lequel Joseph d’Arimathie aurait recueilli le sang qui coula du flanc du Christ percé par la lance du soldat romain. 1. dernier repas de Jésus-Christ avec ses apôtres, la veille de sa mort sur la croix. Le Graal. Manuscrit, vers 1470, BnF. Perceval au château du roi Pêcheur Au cours de ses aventures, Perceval, en quête du Graal*, arrive au château du roi Pêcheur où il voit passer un étrange cortège. P 5 10 15 20 endant qu’ils [le roi Pêcheur et Perceval] parlaient de choses et d’autres, un jeune homme sortit d’une chambre : il portait une lance blanche, qu’il tenait par le milieu de la hampe1, et passa entre le feu et ceux qui étaient assis sur le lit. Et tous ceux qui se trouvaient là voyaient la lance blanche et son fer blanc, ainsi que la goutte de sang qui coulait, vermeille, depuis la pointe du fer jusqu’à la main du jeune homme. Le jeune chevalier [Perceval], qui venait d’arriver au château, voit ce prodige, mais se garde bien de demander des explications, car il se souvient des conseils que lui avait donnés celui qui le fit chevalier, lui recommandant de ne pas trop parler. Il craint, s’il pose des questions, d’être considéré comme un grossier personnage, c’est pourquoi il garde le silence. Alors arrivèrent deux autres jeunes gens : ils tenaient dans leurs mains des chandeliers2 d’or pur avec des incrustations d’émail3 noir. Ces jeunes gens étaient d’une grande beauté. Dix chandelles au moins brûlaient sur chaque chandelier. Avec ces jeunes gens, une demoiselle, belle, gracieuse et élégante, s’avançait : elle portait un graal. Quand elle fut entrée dans la salle, avec le graal qu’elle portait, une si grande clarté se répandit que les chandelles semblèrent s’éteindre, tout comme les étoiles perdent tout éclat quand la lune ou le soleil se lève. Derrière elle, une autre demoiselle venait, portant un plat à découper en argent. Le graal, qui la précédait, était fait de l’or le plus pur et orné de pierres précieuses qui étaient parmi les plus 94 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 94 01/07/10 12:09 chères et les plus recherchées ; ces pierres surpassaient toutes les autres, cela ne fait aucun doute. La lance, puis le reste du cortège passèrent devant le lit et allèrent d’une chambre à une autre chambre. Et le jeune homme, 25 devant ce spectacle, n’osa pas demander qui l’on servait avec le graal, car il se souvenait des recommandations du chevalier plein de sagesse. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. le manche. 2. supports en métal pour chandelles (des bougies). 3. matériau coloré et brillant. CHRÉTIEN DE TROYES, Perceval ou le Conte du Graal (vers 1182), traduction M.-T. de Medeiros, in Romanciers et chroniqueurs du Moyen Âge, © Le Livre de Poche, 1987. Procession du Saint-Graal, Première continuation du conte de Graal. Manuscrit français, vers 1330, BnF. Définir les caractéristiques du chevalier : la quête du Graal ◗ Un spectacle étrange 1. a. Où l’action se passe-t-elle ? b. Qui assiste à l’événement ? 2. a. Citez les différents participants du cortège. b. Citez d’autres adjectifs qualificatifs du texte construits de la même manière. c. Quelle impression créent-ils ? ➜ L’adjectif qualificatif : les degrés – p. 280 b. Que sait-on d’eux ? ◗ Le chevalier et le Graal 3. À travers les yeux de quel personnage le narrateur 10. Y a-t-il des paroles échangées pendant le passage décrit-il la scène ? Relevez deux passages du texte à l’appui de votre réponse. 4. a. Relevez le vocabulaire de la lumière (l. 14 à 19). b. Quelle est l’atmosphère de cette scène ? ◗ La présence du merveilleux du cortège ? 11. a. Perceval comprend-il la scène à laquelle il assiste ? Répondez en citant le texte. b. Pourquoi ne se renseigne-t-il pas ? c. Le silence de Perceval permet-il au lecteur de connaître le Graal ? 5. Combien d’objets défilent devant Perceval ? Gardons une trace écrite 6. Quelle est la particularité du premier objet ? ❯ Qu’est-ce qui caractérise le Graal dans cette scène ? 7. Qu’est-ce qui rend les chandeliers admirables ? 8. a. Quel est l’objet le plus longuement décrit ? b. Quelles en sont les deux particularités ? 9. a. « le plus pur » : à quel degré cet adjectif ❯ Perceval vous semble-t-il être arrivé à la fin de sa quête du Graal ? Pourquoi ? ❯ Recopiez les passages du texte illustrés par l’enluminure de la page 95. qualificatif est-il employé ? Exercice d’écriture En quelques lignes, racontez une scène de votre choix où la lumière contribue à créer une atmosphère étrange. 4 Les romans de Chrétien de Troyes 95 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 95 01/07/10 12:09 Œuvre tégrale intégrale Chrétien de Troyes, Yvain ou le Chevalier au lion ➺ Explorer un roman de chevalerie A. Lire le roman de manière autonome Lisez Yvain ou le Chevalier au lion selon les cinq étapes qui vous sont proposées. Vérifiez à chaque étape que vous êtes capable de répondre aux questions posées. ◗ Étape 1 : le récit de Calogrenant 1. Quelle aventure Calogrenant a-t-il vécu ? En est-il sorti vainqueur ? ◗ Étape 2 : les aventures d’Yvain jusqu’à son mariage 2. Quel est le lien familial entre Yvain et Calogrenant ? Qui Yvain tue-t-il et qui épouse-t-il ? 1 2 histoire des Lire une enluminure, « bande dessinée » médiévale Observez l’enluminure ci-dessus, organisée en trois « vignettes ». a. Vignette 1 : Proposez un titre. 2 : Yvain et Lunette b. Vignette g s’entretiennent-ils en toute sûreté dans le château ? Justifiez. 3 Yvain tue Esclados le Roux. Miniature tirée de Yvain au lion. Manuscrit XIVe siècle, BnF. ou le Chevalier Che c. Vignette 3 : Que font les personnages autour du lit de mort d’Esclados ? ◗ Étape 3 : le départ d’Yvain. Il devient « le Chevalier au lion » 3. Quelle condition Laudine fixe-t-elle au départ d’Yvain ? Yvain respecte-t-il sa promesse ? Pourquoi Yvain est-il appelé « le Chevalier au lion » ? ◗ Étape 4 : les quatre épreuves d’Yvain 4. Dans quel ordre Yvain surmonte-t-il ces épreuves : Yvan sauve le lion. Miniature tirée de Yvain lion. Manuscrit XIVVe siècle ou le Chevalier au lion siècle, BnF BnF. la défense de la fille cadette du seigneur de NoireÉpine ; le sauvetage de Lunette ; la victoire sur le géant Harpin de la Montagne ; la délivrance des trois cents demoiselles du château de Pême-Aventure (ou Château Maudit) ? 96 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 96 01/07/10 12:09 Le merveilleux 9. a. Quel lieu magique revient à intervalles réguliers 9 dans le récit ? b. Expliquez en quoi consiste le merveilleux de ce lieu. 10. a. Quels sont les deux objets magiques que reçoit Yvain ? Quel est le pouvoir de chacun d’eux ? b. Qui les lui donne ? 11. Citez des personnages qui appartiennent au monde merveilleux. 12. Yvain ou le Chevalier au lion : en quoi ce double titre relève-t-il du merveilleux ? La délivrance des trois cents demoiselles. Miniature tirée de Yvain ou le Chevalier au lion. Manuscrit XIVe siècle, BnF. C. Analyser le personnage d’Yvain 1. En quoi Yvain représente-t-il un chevalier idéal ? ◗ Étape 5 : la réconciliation avec Laudine 5. Qui aide Yvain à reconquérir Laudine ? Donnez plusieurs éléments de réponse. 2. Quel est le problème qui se pose à Yvain après la proposition de Gauvain ? 3. Quelle évolution notez-vous entre Yvain au début du roman et Yvain devenu le Chevalier au lion ? B. Étudier les quatre clés du roman Répartissez-vous en quatre groupes pour étudier une des quatre clés du roman. Un rapporteur par groupe présentera le travail à la classe. D. Retenir l’essentiel Pour évaluer si vous avez bien compris le roman, répondez aux questions de la Fiche-méthode. La quête 1. Quel est le but d’Yvain dans sa première Fiche-méthode aventure ? 2. Quel est le but du Chevalier au lion quand il Lire et comprendre un roman de chevalerie retourne à la fontaine magique ? • « La matière de Bretagne »* – Où l’action se déroule-t-elle ? – Quels sont les personnages qui appartiennent à la cour du roi Arthur ? – Qui est le personnage principal ? – Qui l’aide ? Qui s’oppose à lui ? Les aventures 3. Citez deux caractéristiques communes aux quatre 3 épreuves rencontrées par Yvain dans son errance, après l’oubli de sa promesse à Laudine. 4. Qui l’aide au cours d’une de ses aventures ? • La quête – Quel est le but poursuivi par le personnage principal ? L’amour • Les aventures – Résumer deux aventures du personnage principal. 5. Au début du roman, relevez le passage qui prouve qu’Yvain tombe amoureux de Laudine. 6. Comment Yvain se fait-il aimer de Laudine ? 7. Au château de Pême-Aventure, quelle preuve Yvain donne-t-il de son amour pour Laudine ? 8. Pourquoi peut-on dire qu’Yvain vit l’amour courtois dans le mariage ? • L’amour – Qui est amoureux ? De qui ? – S’agit-il d’un amour courtois ? Expliquer. • Le merveilleux – Y a-t-il présence du merveilleux ? Si oui, sous quelles formes : personnages, lieux, objets ? Expliquer. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 4 Les romans de Chrétien de Troyes 97 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 97 01/07/10 12:09 L’écho du poète La Mort d’Aude la Belle La Chanson de Roland (vers 1170), la plus célèbre des chansons de geste (voir p. 99), a transformé en légende un événement historique mineur : Roland, neveu du roi chrétien Charlemagne, a été tué à Roncevaux par une armée arabe. 5 10 La Mort d’Aude la Belle, Miniature du Charles Le Grand de Rudolf von Ems, XIVe siècle. Staatsbibliothek, Berlin. 15 L’empereur est revenu d’Espagne, Il vient à Aix, le meilleur siège de France. Il monte au palais, il est venu dans la salle. Voici venue à lui Aude, une belle demoiselle. Elle dit au roi : « Où est Roland le capitaine, Qui jura de me prendre pour sa femme ? » Charles en a douleur et peine, Il pleure de ses yeux, tire sa barbe blanche : « Sœur, chère amie, tu me demandes des nouvelles d’un homme mort. Je te donnerai en échange un fiancé encore plus prestigieux ; Ce sera Louis, je ne saurais dire mieux : Il est mon fils, un jour il tiendra mes marches1. » Aude répond : « Cette parole est pour moi bien étrange. Ne plaise à Dieu, à ses saints ni à ses anges Qu’après Roland je demeure vivante. » Elle perd sa couleur, elle tombe aux pieds de Charlemagne, Elle est morte sur-le-champ. Que Dieu ait pitié de son âme ! Les barons baron * français en pleurent et la plaignent. La Chanson de Roland, CCLXVIII, traduction G. Moignet, © Casterman, 1993. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. comtés situés aux frontières. ◗ Un poème en écho 1. Qui sont les preux chevaliers évoqués dans ce poème ? 2. Quelle qualité Aude manifeste-t-elle ? 3. Quel autre couple d’amoureux avez-vous rencontré dans ce chapitre ? ◗ Un poème à réciter 4. Récitez le poème en variant votre voix selon que vous direz les passages de récit, les paroles de Charles et celles d’Aude. Variante : par groupes de trois, récitez le poème en vous répartissant les rôles : le narrateur, Aude et Charles. 98 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 98 01/07/10 12:09 Faire le point Les récits de chevalerie Arts et culture Depuis la fin du XXe siècle, le Moyen Âge, et plus particulièrement la légende du roi Arthur et de la Table ronde, suscite un vif intérêt. Cette légende a inspiré des romans, des films, des bandes dessinées, des publicités et des jeux. Des genres littéraires • Le roman de chevalerie Le mot « roman »* désigne d’abord la langue française issue du latin populaire, puis un texte en vers écrit dans cette langue. Le sens moderne de « roman » apparaît au XVIIe siècle. Les romans de chevalerie tels ceux de Chrétien de Troyes, Lancelot ou le Chevalier à la charrette, Yvain ou le Chevalier au lion, Perceval ou le Conte du Graal : – s’inspirent de légendes celtiques et irlandaises, la « matière de Bretagne »* ; – racontent la quête des chevaliers de la Table ronde, leurs exploits et leurs aventures amoureuses. Les plus célèbres de ces chevaliers sont Lancelot, Yvain, Perceval et Gauvain. Les romans de chevalerie mettent en scène l’amour courtois* (du mot cort, « la cour »). Celui-ci : – unit l’amant à sa dame. Pour mériter les faveurs de sa dame difficilement accessible, le chevalier doit se plier à tous ses caprices en accomplissant des exploits ; – est généralement vécu hors mariage, sauf dans le roman Yvain ou le Chevalier au lion ; – idéalise la situation des femmes, que la société médiévale considérait comme inférieures. Miniature tirée du Roman de Lancelot, France, xve siècle, BnF. Les romans de chevalerie comportent des merveilles* : personnages, animaux, objets et lieux magiques. Ces éléments peuvent être positifs (la fontaine magique) ou négatifs (le Pont-de-l’Épée). • La chanson de geste* Les chansons de geste, comme La Chanson de Roland, écrites en décasyllabes et organisées en laisses (strophes), n’étaient pas des chansons mimées mais des épopées racontant les exploits des chevaliers (gesta, en latin). * voir Glossaire médiéval, p. 372. L’écriture des romans de Chrétien de Troyes Ces romans : – étaient écrits en vers octosyllabes (huit syllabes) ; – étaient écrits en continu, c’est-à-dire sans chapitres ; – étaient lus à haute voix (les chevaliers et gens de cour ne savaient pas lire) ; – sont reconnaissables à la présence du merveilleux. Je retiens l’essentiel ❯ Définissez en quelques phrases ce qu’est un roman de chevalerie, en utilisant les mots suivants : chevalier – dame – merveilleux – « matière de Bretagne ». 4 Les romans de Chrétien de Troyes 99 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 99 01/07/10 12:10 Lexique ❯ Le vocabulaire des valeurs et de la chevalerie Connaître le vocabulaire du courage et de la générosité 1. a. Classez en deux colonnes ces expressions selon qu’elles expriment le courage ou la générosité. de bon cœur / vaillamment / d’un geste secourable / avec ardeur / sans peur / sans calcul / hardiment / avec bonté / sans crainte / audacieusement / de manière désintéressée / charitablement / avec bravoure b. Employez trois de ces expressions, chacune dans une phrase de votre choix. C. Des homophones : héros / héraut 5. Complétez la phrase suivante en plaçant les deux homophones au bon endroit. Avec leur trompette, les … annoncent l’entrée en lice des … qui vont s’affronter. D. Les armes du chevalier 6. Décalquez cette grille de mots croisés. Remplissezla avec des mots appartenant au vocabulaire de la chevalerie, en vous reportant aux définitions proposées. 3 Explorer le vocabulaire de la chevalerie 10 11 A. Le cheval : deux familles de mots 5 2. En latin populaire, caballus signifiait « cheval 6 de mauvaise qualité ». Ce nom latin a donné un double radical en français : cav- et chev-. À l’aide d’un dictionnaire, retrouvez les mots formés sur chacune de ces deux formes du radical. 3. Equus signifiait « cheval » en latin classique : cherchez dans un dictionnaire le sens de « équestre », « équidé » et « équitation », puis employez chacun de ces mots dans une phrase de votre choix. B. Le cheval : mots génériques et spécifiques ➜ Mots génériques et spécifiques – p. 368 4. Au Moyen Âge, il existait plusieurs noms spécifiques pour désigner le cheval. Associez chaque nom à sa définition. 1. le sommier – 2. le palefroi – 3. le roncin – 4. le destrier a. Cheval de combat qu’on menait de la main droite, appelée « la dextre ». b. Cheval de promenade et de parade souvent réservé aux dames. c. Cheval de trait, de peu de valeur. d. La bête de somme (du latin sagma, « le fardeau »). JOHN HOWE, Lancelot. 9 8 2 1 4 7 Définitions : 01. Celle d’Arthur se nomme Excalibur. 02. Bouclier qui protège le chevalier. 03. Chemise protectrice en mailles de fer. 04. Anneau de métal qui soutient le pied du chevalier. 05. Arme composée d’un long manche terminé par une pointe de fer. 06. Remettre solennellement son armure au nouveau chevalier. 07. Protection en métal qui recouvre tout le corps du chevalier. 08. Cheval de combat. 09. Gentilhomme qui porte l’écu du chevalier. 10. Bande de cuir portée en bandoulière et qui soutient une arme. 11. Casque du chevalier. E. Histoire des mots : le tournoi 7. En vous aidant de leur étymologie latine et de l’image de la page 89, expliquez les mots en italique dans la phrase suivante. Au début du tournoi, les champions entrent en lice et joutent. tournoi : du latin tornare, « effectuer une rotation ». champion : du latin campus, « champ ». lice : du latin médiéval, lista, « bordure ». joute : du latin juxtare, « toucher à ». 100 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 100 01/07/10 12:10 Langue et expression Orthographe Conjugaison Réviser l’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire « être » ➜ Réviser les accords simples du participe passé – p. 336 Observer et manipuler 1. a. Recopiez les formes verbales : quel est l’auxiliaire utilisé ? Quand Gauvain et Perceval furent arrivés à la cour du roi Arthur, ces deux chevaliers furent reçus honorablement et furent invités au banquet. b. Avec quel groupe nominal chaque participe passé en italique s’accorde-t-il ? c. Quelle est la fonction de ce groupe nominal ? 2. Recopiez et complétez la phrase suivante. Miniature tirée du Roman de Tristan. Manuscrit XVe siècle, Musée Condé, Chantilly. Quand Gauvain fut … à la cour du roi Arthur, ce chevalier fut … honorablement et fut … au banquet. 6. a. Dans le texte suivant, identifiez les verbes Formuler la règle 3. Répondez à la question suivante. Quelle est la règle d’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire « être » ? Réviser les temps composés de l’indicatif ➜ Réviser les temps composés de l’indicatif – p. 306 conjugués à un temps composé de l’indicatif. b. Comment les avez-vous reconnus ? c. Quel est ce temps composé ? Un géant m’a causé un grand dommage. […] J’avais six fils, les plus beaux du monde ; le géant les a pris. Il en a tué deux devant moi, et il tuera les quatre autres, si je ne trouve quelqu’un qui ose combattre avec lui. […] Si vous y avez pris garde, vous avez bien vu de vos yeux qu’il ne nous reste pas un nœud vaillant1 : hormis ces murs tout neufs, il a rasé tout le bourg. CHRÉTIEN DE TROYES, Yvain ou le Chevalier au lion, © Bibliocollège, Hachette, 2002. Observer et manipuler 4. a. Quel est l’infinitif de chacune des formes verbales suivantes ? j’ai fui ; tu étais arrivé(e) ; il eut entrepris ; elle avait promis ; nous aurons choisi ; vous avez combattu ; ils furent venus ; tu seras parti(e). b. De quels éléments ces formes verbales sontelles constituées ? Ces formes verbales sont-elles conjuguées à un temps simple ou à un temps composé ? c. À quels temps simples de l’indicatif les premiers éléments de chaque forme verbale sont-ils conjugués ? 1. rien. Formuler la règle 7. Recopiez et complétez la phrase suivante. Pour former les temps composés d’un verbe, on emploie l’auxiliaire … ou …, conjugué à un temps …, ainsi que le participe … du verbe. Préparer la dictée Recopiez le texte en choisissant la bonne orthographe pour les mots entre parenthèses. Temps simples Temps composés Présent Passé composé Imparfait Plus-que-parfait Ceux qui allaient combattre étaient (lié / liées / liés) depuis longtemps de la plus vive amitié. Dès le premier choc, les lances furent (brisés / brisées / brisée). Le heaume de chaque chevalier fut (bosselés / bosselées / bosselé) et (fendus / fendu / fendues). La chair des combattants était (bleui / bleuies / bleuie) et les lames des épées furent bientôt (émoussés / émoussées / émoussé1). Passé simple Passé antérieur D’après CHRÉTIEN DE TROYES, Yvain ou le Chevalier au lion, © Bibliocollège, Hachette, 2002. Futur Futur antérieur 5. En observant ce tableau des temps simples et composés de l’indicatif, dites à quel temps chaque forme verbale de l’exercice 4 est conjuguée. 1. moins tranchant. 4 Les romans de Chrétien de Troyes 101 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 101 01/07/10 12:10 Grammaire Découvrir le comparatif ➜ L’adjectif qualificatif : les degrés – p. 280 Observer et manipuler Aborder la proposition subordonnée conjonctive COD ➜ La phrase complexe : la subordination – p. 264 1. a. Repérez dans chaque phrase l’adjectif Observer et manipuler qualificatif. Le bassin était d’un or plus fin que celui des foires. Le perron était fait de quatre rubis plus flamboyants que le soleil au matin. 6. a. Combien de verbes conjugués et de propositions b. Recopiez chacun de ces adjectifs accompagné des deux mots qui l’entourent. c. Pour chaque phrase, dites si l’adjectif établit un rapport d’égalité, de supériorité ou d’infériorité. 2. Rédigez des phrases pour comparer des matières, en utilisant les noms et adjectifs des listes suivantes. Noms : paroi, marbre, fourrure, velours, laine, écorce. Adjectifs : lisse, souple, rugueux, doux, froid, moelleux. Ex. : Avec le nom « paroi » et l’adjectif « lisse » : La paroi est aussi lisse que du verre. La paroi est moins lisse que du verre. La paroi est plus lisse que du verre. Formuler la règle chaque phrase comporte-t-elle ? b. Par quel mot chaque proposition entre crochets est-elle reliée à la précédente ? c. Ce mot reprend-il un mot de la première proposition ? d. Quel est le mot complété par chaque proposition subordonnée entre crochets ? Quelle est sa classe grammaticale ? La reine révèle [qu’elle veut voir Lancelot]. Elle veut [qu’il combatte au plus mal]. 7. a. Quelle est la fonction du groupe nominal souligné ? b. À quel groupe de mots de la phrase 1 la proposition subordonnée entre crochets de la phrase 2 correspond-elle ? c. Quelle est donc la fonction de cette proposition ? 1 Lancelot montre à la reine son amour. 2 Lancelot montre à la reine [qu’il l’aime]. Formuler la règle 3. Complétez la phrase suivante. Lorsque l’on veut … des éléments, on emploie l’adjectif qualificatif au comparatif. Il existe trois degrés du comparatif : le comparatif de supériorité, d’… et d’… . 8. Recopiez et complétez la phrase suivante. Une proposition … conjonctive COD est introduite par la conjonction de subordination … . Elle complète le … d’une … principale. Découvrir le superlatif de supériorité Comprendre les valeurs des temps composés ➜ L’adjectif qualificatif : les degrés – p. 280 Observer et manipuler 4. a. Relevez le mot qui précède chaque adjectif qualificatif en gras. Merlin et la fée Viviane trouvèrent un fort beau buisson d’aubépine, très vert et très haut. Le graal était fait de l’or le plus pur et orné des pierres précieuses les plus chères. ➜ Les valeurs des temps composés de l’indicatif – p. 318 Observer et manipuler 9. a. Recopiez chaque phrase en soulignant en Formuler la règle rouge le temps composé, en bleu le temps simple. b. Pour chaque phrase, indiquez quel couple de temps verbaux est employé. c. L’action exprimée par les temps composés se situet-elle en même temps, après ou avant celle exprimée par le temps simple ? 1. Quand Lancelot a reçu l’ordre de la reine, il s’y soumet. 2. Quand Lancelot avait reçu des ordres de la reine, il s’y soumettait. 3. Lancelot se soumit quand il eut reçu un ordre de la reine. 4. Lancelot se soumettra quand il aura reçu un ordre de la reine. 5. En vous appuyant sur l’exercice précédent, Formuler la règle b. Quelle est la classe grammaticale des mots qui suivent les groupes de mots soulignés ? c. Ces différentes constructions augmentent-elles ou diminuent-elles l’intensité du sens de l’adjectif qualificatif ? répondez aux questions suivantes. Grâce à quels mots repère-t-on qu’un adjectif qualificatif est employé au superlatif ? À quoi cette construction sert-elle ? 10. Recopiez et complétez la phrase suivante. Quand un temps composé est employé avec le temps simple qui lui correspond, il exprime une action … à celle exprimée par ce temps simple. 102 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 102 01/07/10 12:10 Langue et expression Écrit Rédiger des récits d’inspiration médiévale 1. Raconter une scène de tournoi 3. Raconter un scénario médiéval transposé dans le futur SUJET 1 : Vous êtes un auteur de roman pour la jeunesse. Vous rédigez une scène de tournoi. Préparation : • Relisez les textes des pages 88 et 92. SUJET 3 : Comme une dame face à un chevalier, une princesse d’une galaxie lointaine met au défi le jeune pilote d’un engin spatial de partir sur une planète ennemie pour en rapporter un objet magique. Consignes d’écriture : • Rédigez un récit à la 3e personne, au présent de narration et au passé composé. • Utilisez le vocabulaire de la chevalerie. • Employez des adjectifs au comparatif et au superlatif pour comparer les deux adversaires. • Accordez correctement les participes passés. 2. Orner un texte d’une lettrine SUJET 2 : Recopiez un texte en l’ornant d’une lettrine. JOHN HOWE, Knights, 1980. Préparation : Préparation : • Choisissez un texte qui évoque l’épée d’un chevalier. • Observez ces deux lettrines : quelles lettres reconnaissez-vous ? • Quelle est la proportion entre la lettre et l’image ? Consignes de réalisation : • La première lettre du texte deviendra une lettrine. • Réalisez une image en lien avec ce texte. • Respectez la proportion entre la lettre et le dessin. • Vous pouvez travailler en interdisciplinarité avec votre professeur d’arts plastiques. • Bâtissez votre histoire en respectant ce scénario : – la princesse rencontre le jeune pilote ; – elle lance un défi chevaleresque au pilote ; celui-ci fait état de son savoir-faire, s’engage, promet ; le pilote accomplit sa mission, affronte les forces opposées, triomphe ; – la princesse reconnaît la victoire du pilote et lui accorde son espérance d’amour. • Aidez-vous de l’image ci-dessus. Consignes d’écriture : • Employez : – des mots de liaison entre les étapes pour respecter la progression chronologique ; – le vocabulaire de la chevalerie auquel vous ajouterez des expansions du nom qui placeront le récit dans le futur (par exemple : un heaume noir en titane) ; – le vocabulaire du courage et de la générosité. 4 Les romans de Chrétien de Troyes 103 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 103 01/07/10 12:10 Langue et expression Oral Lire et dire des récits merveilleux 1. Prendre la parole à tour de rôle 2. Lire avec expressivité SUJET 1 : Imaginez un dialogue où chaque élève de la classe s’exprimera à tour de rôle, sur le modèle de phrases suivant, puis s’adressera au camarade de son choix : « Je voudrais être un phénix car je pourrais parader avec mes plumes aux couleurs chatoyantes, et être immortel, c’est-à-dire être capable de brûler et de renaître de mes cendres. Et toi, qui voudrais-tu être ? » SUJET 2 : Lisez cette description d’une « merveille »* médiévale en tenant compte des pauses liées à la ponctuation (deux barres obliques) et des pauses secondaires (une barre oblique). Vous insisterez également sur les groupes de mots soulignés de manière à exprimer l’horreur de ce personnage. Préparation : • Pour choisir l’animal fabuleux que vous aimeriez être (dragon, licorne, griffon, vouivre, basilic, tarasque…), faites une recherche au CDI ou consultez l’exposition « Bestiaire » du site de la Bibliothèque nationale de France : http://expositions.bnf.fr/bestiaire Méthode : • Exprimez deux raisons intéressantes qui justifient votre choix. • Utilisez la conjonction de coordination « car » pour exprimer la cause. • Prenez tous la parole, à tour de rôle, et une seule fois chacun. • Employez des adjectifs au superlatif. * voir Glossaire médiéval, p. 372. Puis, / le troisième jour, / devant eux / ils voient venir une pucelle allant sur une mule jaune, / tenant en sa main droite, / deux tresses noires sur le dos. // Jamais vit-on être aussi laid, / même en enfer ! // Jamais / vit-on métal si terne / que cette couleur de son cou ou de ses mains. // Mais autre chose était bien pire : // ses deux yeux n’étaient que deux trous, / pas plus gros que des yeux de rats. // Son nez était un nez de chat, / ses lèvres d’âne ou de bœuf, / ses dents jaunes / comme jaune d’œuf. // Sa barbe était celle d’un bouc. // Sa poitrine toute bossue, / son échine toute tordue. C. DE TROYES, Perceval ou le Conte du Graal, traduction J.-P. Foucher, A. Ortais, © Éditions Gallimard, 2002. 3. Raconter une légende arthurienne SUJET 3 : Vous allez présenter cette image, en cinq minutes maximum, en racontant à la classe la légende de Merlin qu’elle évoque. Préparation : • Faites une recherche sur la légende dans une bibliothèque ou au CDI. Critères de réussite : • Racontez la légende au passé composé. • Commentez la manière dont l’image évoque cette légende. 104 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 104 01/07/10 12:10 Lectures personnelles Littérature de jeunesse inspirée des récits de la Table ronde Anne-Marie Cadot-Colin Claudine Glot et Philippe Munch Jacqueline Mirande Perceval ou le Conte du Graal Sur les traces du roi Arthur © Le Livre de Poche Jeunesse, 2007. © Éditions Gallimard Jeunesse, 2001. Contes et légendes des chevaliers de la Table ronde Une adaptation pour la jeunesse du roman de Chrétien de Troyes. Un récit et des textes documentaires pour rencontrer les grandes figures de la légende. La quête du Graal racontée en trois contes. Lectures à la Michael Morpurgo © Nathan, 1994. Le Roi Arthur Folio Junior, © Éditions Gallimard Jeunesse, 2007. La légende arthurienne. une Le guide des livres du mois • Lisez un de ces ouvrages de littérature de jeunesse inspirés des récits de la Table ronde. Christian de Montella Graal (tome 1) Le chevalier sans nom © Flammarion, 2006. • Rédigez un bref compte rendu (pas plus de quinze lignes) où vous indiquerez pourquoi il faut lire ou non ce livre. Vous écrirez le titre du livre en indiquant une à quatre étoiles, selon votre degré d’appréciation. Vous présenterez votre article en colonne, comme dans un journal. • Vous afficherez dans la classe ou au CDI les trois comptes rendus les plus convaincants. Christian de Montella Graal (tome 2) La neige et le sang © Flammarion, 2004. La légende de Perceval. La légende de Lancelot. 4 Les romans de Chrétien de Troyes 105 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 105 01/07/10 12:10 Évaluations Lexique Apprendre à réviser Relisez « Faire le point » (voir p. 99). Qu’est-ce qui constitue l’équipement d’un chevalier ? (voir p. 100) Orthographe et conjugaison Comment forme-t-on les temps composés de l’indicatif ? Avec quoi le participe passé employé avec l’auxiliaire « être » s’accorde-t-il ? (voir p. 101) Grammaire Quelles valeurs des temps composés de l’indicatif connaissez-vous ? (voir p. 102) Perceval et les chevaliers Perceval a été élevé par sa mère dans la forêt galloise, préservé du monde de la chevalerie. Un jour, il voit arriver vers lui des hommes à cheval. U Perceval prenant des chevaliers pour des anges. Miniature tirée de Perceval ou le Conte du Graal, France, vers 1330, BnF. n des chevaliers s’approche de Perceval ainsi prosterné1. Il cherche à le rassurer : – N’aie pas peur, jeune homme, qui que tu sois. Tu n’as aucune raison d’être effrayé. Ni mes compagnons ni moi n’avons l’intention de te faire le 5 moindre mal. Perceval répond : – Je n’ai nulle peur. Mais, dites-moi, n’êtes-vous pas des anges envoyés par notre Seigneur ? – Non, par ma foi, répond le chevalier 10 en souriant. Ce serait grande vilenie 2 de chercher à te le faire croire. Je ne suis qu’un chevalier. Nous sommes à la recherche de cinq chevaliers et de trois filles qui les 15 accompagnent. Dis-moi la vérité, si tu les as vus passer. – Vous êtes chevalier ! Par ma foi3, je ne sais ce que cela veut dire. Mais quelle est cette 20 chose étrange que vous tenez à la main ? – C’est une lance, enfant, mais réponds plutôt à ma question. Perceval n’en fait rien. Il est 25 tout absorbé par le bouclier dont il touche le bas. – Et à quoi cela sert-il ? – C’est mon écu. Il me protège contre les coups de lance ou 106 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 106 01/07/10 12:10 les flèches. Il me garantit ainsi de mauvaises blessures. Mais, à la fin, me répondras-tu ? […] Perceval poursuit : – Quel est cet étrange vêtement que vous portez ? – C’est mon haubert. Grâce à lui, tes javelots ne pourraient me faire aucun 35 mal. – Le ciel préserve les chevreuils et les cerfs d’en être munis ! s’écrie Perceval. Le chevalier et ses compagnons sourient de cette remarque. Dans sa grande naïveté, sans malice, Perceval demande alors : – Êtes-vous né ainsi protégé ? 40 – Non, bien entendu, répond le chevalier en riant franchement. – Mais qui vous donna donc ces merveilleux vêtements ? – Je vais te le dire. Il y a quelques jours, le roi Arthur, en m’armant chevalier, m’a fait don de tout ce que je porte. 30 1. incliné en signe de respect. 2. ce serait une action très méprisable. 3. selon moi (expression d’origine religieuse). CHRÉTIEN DE TROYES, Perceval ou le Conte du Graal (vers 1182), traduction F. Johan, in Les Chevaliers de la Table ronde, © Casterman, 1988. Compréhension du texte Étude de la langue 1. Au début du texte, Perceval est-il en situation d’infériorité ou de supériorité ? Justifiez votre réponse de plusieurs manières. 1. Relevez le lexique de l’équipement d’un chevalier. 2. a. Quelle initiation Perceval reçoit-il dans cet extrait ? Justifiez. b. À travers les réponses du chevalier, qui reçoit également des informations ? 3. a. Pour quelles raisons, selon vous, le chevalier accepte-t-il de renseigner Perceval ? b. De quelles qualités le chevalier fait-il preuve? 4. De quelles qualités Perceval fait-il preuve ? Expliquez. 5. a. Quel rôle le roi Arthur a-t-il joué pour le chevalier dans ce texte ? b. Que savez-vous du roi Arthur ? Lecture d’image L’enluminure vous paraît-elle fidèle au texte de Chrétien de Troyes ? Justifiez votre réponse en un bref paragraphe. 2. « Dis-moi la vérité si tu les as vus passer. » a. À quel mode et à quel temps le verbe en gras est-il conjugué ? b. Quelle est la valeur de ce temps ? 3. « Arthur m’a fait don. » : récrivez cette phrase au plus-que-parfait et au futur antérieur de l’indicatif. 4. « Il est tout absorbé. » : expliquez l’accord du participe passé. Expression écrite Le jeune Perceval a réussi à devenir un grand chevalier à son tour. Imaginez et racontez en une quinzaine de lignes une de ses aventures. Méthode : – concentrez votre récit sur une aventure précise ; – montrez les vertus chevaleresques de Perceval ; – rédigez votre récit soit au présent soit au passé. 4 Les romans de Chrétien de Troyes 107 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P082-107-9782011256218.indd 107 01/07/10 12:10 Jongleurs et fêtes au château ➺ Découvrir l’art des fêtes ➺ Raconter et décrire, à l’écrit et à l’oral Dans cet atelier, vous allez raconter une scène de banquet à laquelle a participé un jongleur. Pour pouvoir écrire cette scène, vous allez suivre les étapes de l’atelier. Étape 1 Lancer l’écriture Deux façons de dire «oui» : oc au sud et oïl au nord. Oc et oïl sont les mots pour dire « oui » dans les deux groupes de langues. C’est en langue d’oc que les troubadours ont célébré tout d’abord l’amour courtois. Mais bien vite, les trouvères, leurs équivalents du Nord de la France, ont rivalisé avec eux. En langue d’oïl, s’il vous plaît ! histoire des mots 1. a. Comment nomme-t-on les jongleurs des régions du Nord (de langues d’oïl) ? b. ceux des régions du Sud (de langues d’oc) ? 2. Habitez-vous dans une région de langues d’oc ou de langues d’oïl ? 3. Qu’avez-vous appris sur le métier de jongleur ? Vocabulaire Jongleur ou ménestrel : musicien ambulant ou engagé par un seigneur, qui, au Moyen Âge, accompagnait un chanteur ou qui récitait et chantait des pièces en vers, le plus souvent de sa composition, en s’accompagnant d’un instrument. Dans le Nord de la France (de langue d’ oïl ), on les nomme trouvères , dans le Sud de la France (de langue d’ oc ), troubadours . 108 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P108-115-9782011256218.indd 108 01/07/10 12:13 histoire des Écoutez sur le site indiqué le texte de la chanson en ancien français, avec un accompagnement instrumental (tapez « Colin Muset » dans la fenêtre de recherche) : http://www.litteratureaudio.com Troubadour jouant de la vielle devant un couple, XIIIe siècle. Bibliothèque de San Lorenzo del Escorial, Madrid. Une chanson de Colin Muset S eigneur comte, j’ai viellé ! Devant vous dans votre demeure ; Pourtant vous ne m’avez rien donné Non plus que payé mes gages1 : C’est une honte ! Sire cuens, j’ai vïelé Devant vous en votre ostel ; Si ne m’avez riens doné Ne mes gages aquités : C’est vilanie ! [...] Par ma foi en sainte Marie, Mon aumônière2 est mal garnie Et ma bourse mal farcie. 1. salaire versé à une personne qui est au service d’une autre. 2. sac plat que l’on portait pendu à la ceinture et qui servait de bourse. Seigneur comte, disposez donc De moi comme vous voulez. Seigneur, si vous y consentez, Faites-moi donc un joli don, Par courtoisie ! Je désire, n’en doutez pas, Retourner chez les miens : Quand j’y vais bourse aplatie, Ma femme ne me sourit pas.[…] Le trouvère Colin Muset Colin Muset, né vers 1210, est un trouvère champenois. On connaît de lui neuf chansons rimées. Le nom de Muset pourrait être un pseudonyme inspiré du verbe « muser » (flâner, perdre son temps) ou peutêtre de sa fonction de poète guidé par sa muse. Anthologie de la poésie française, Moyen Âge, XVIe siècle, XVIIe siècle, J. P. CHAUVEAU, G. GROS, D. MÉNAGER, © Éditions Gallimard, 2000. histoire des mots 1. a. Lisez la première strophe en français moderne (bleu) et en ancien français (rouge). Comment disait-on « seigneur » ? b. Quel nom le mot « ostel » a-t-il donné ? 2. Comment se nomme l’instrument de musique utilisé par Colin Muset ? Atelier d’écriture et d’oral Jongleurs et fêtes au château 109 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P108-115-9782011256218.indd 109 01/07/10 12:13 Étape 2 Acquérir du vocabulaire pour écrire La table A Le banquet de mariage de la fille d’Olivier de Castille avec Artus d’Algarbe. Miniature, vers 1467, BnF. Le couvert A utrefois, tous les convives d’une même tablée se servaient avec les doigts dans un plat unique. Les rois et les seigneurs furent les premiers à être servis individuellement. Mais, par crainte d’être empoisonnés, ils faisaient couvrir tous les plats et boissons qu’on allait leur servir : on les présentait donc « à couvert ». Le sens de ces « couvercles » s’est étendu à tous les ustensiles qui furent utilisés par la suite et qu’on a nommés « le couvert ». Le banquet C e mot qui apparaît sous la forme du latin médiéval banchectum vers 1350, devient usuel vers 1450 ; il est probablement emprunté à l’italien banchetto, « festin », qui serait dérivé de banco, de même origine que « banc ». Ce mot ferait référence à des banquets germaniques où des bancs étaient disposés autour des tables, par opposition aux repas pris à des tables individuelles. u Moyen Âge, les seigneurs et leur suite voyageaient de château en château en emportant tout leur mobilier (bagages et ustensiles mobiles) dans des chariots. Par ailleurs, les repas réunissaient de nombreux convives : la famille, les courtisans et les hôtes de passage. C’est pourquoi il n’existait pas de salle à manger avec une table fixe : à l’heure du repas, on « dressait la table », c’est-àdire qu’on posait une planche (tabula) sur des tréteaux. On la recouvrait d’une belle nappe pour cacher la pauvreté du mobilier. Après le repas, les serviteurs démontaient l’ensemble des tables, dégageant un vaste espace libre. histoire des mots 1. Que signifient, de nos jours, les expressions « dresser la table » et « mettre le couvert » ? 2. Le sens du mot « banquet » a-t-il évolué entre le Moyen Âge et nos jours ? 3. Décrivez l’image ci-dessus en reprenant des mots et expressions rencontrés dans les textes. 110 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P108-115-9782011256218.indd 110 01/07/10 12:13 histoire des mots 1. Quels sont les mots du coffre que vous avez rencontrés dans les textes ? dans les images ? Expliquez oralement ces mots. 2. Cherchez les noms dont vous ignorez le sens. 3. Récrivez les noms en les classant ainsi : a. les instruments de musique ; b. les vêtements ; c. les éléments de décoration ; d. les artistes. 4. Soulignez ceux que vous voulez • tambourin ve r t int* e* •p po eu l viel lectre hana • • aiguière trel* • nes mé • • t flû e ts • lo o l ng re coif j fe • ur ch coffre aute iss tap i po chaperon • pèlerine • b o m b a r d e * • m alé r* rc • • su he n* e dour* • trouvère* de h erie • luth* • trouba • ot* i nn e • cou up ho s* • sse ch au Orchestre sous un arbre : trois musiciens. Enluminure, XVe siècle, BnF. nd lisse p a el torche… arpe • h • p* utiliser dans votre expression écrite. g * voir Glossaire médiéval, p. 372. Étape 3 Rédiger un premier brouillon SUJET : Colin Muset, payé de ses gages, est de retour chez lui. Il raconte et décrit à sa femme une scène de banquet chez le comte. Conseils d’écriture : • Rédigez votre récit à la première personne. • Servez-vous des documents et du vocabulaire des pages 108 à 111. • Ménagez des étapes dans votre récit en marquant la succession des actions. • Employez le passé composé pour les passages narratifs, l’imparfait pour les passages descriptifs. Atelier d’écriture et d’oral Jongleurs et fêtes au château 111 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P108-115-9782011256218.indd 111 01/07/10 12:13 Étape 4 Lire pour enrichir l’écriture Fête au château l e jongleur* s’avançait avec une aisance parfaite. [Il] portait un surcot* qui lui faisait la taille bien prise et larges les épaules. Une plume à son petit chapeau, 1 5 le plectre au bout des doigts grattant le luth*, le pas dansant sur une musique brillante, il traversa l’espace pour aller saluer le maître des lieux. Toutes les dames s’arrêtèrent de grignoter. 10 – S’il est permis à un humble jongleur de dire le plus fol des attachements, je chanterai les vers d’un troubadour d’autrefois qui séjourna auprès de dame Ermengarde, en la ville 15 de Narbonne, et mourut, il y a peu d’années, dans l’oubli d’un monastère. À la belle des belles, je dédie ce chant de Bernard de Ventadour : 20 « J’ai tant d’amour au cœur De joie et de douceur, Que gel me semble fleur, Et neige verdure. » À leur tour, les 25 barons* se laissèrent captiver. Brutaux à la chasse comme dans les batailles, acharnés aux tour30 nois* en jetant leur vie dans un affrontement de lances, ils étaient capables d’oublier toute rudesse en présence des dames. [...] « Je puis aller sans me vêtir Nu en ma chemise, 35 Car Parfait Amour me protège De la froide bise. » Plus il s’éloignait, plus il détaillait les mots, et plus il y mettait d’imperti40 nence. Les belles souriaient. Tant que dura le poème, Jordi fit le tour de la table, s’arrêtant devant chacune d’elles pour la prendre à témoin. C’était jeu de courtoisie*. [...] Lorsqu’il eut terminé, Aude 45 de Cambereau ordonna de la façon la plus douce du monde, mais la plus impérieuse aussi : – Beau jongleur, allez chan50 ter cela à mon amie Garsende qui a château du côté d’Usson. Elle s’ennuie et 55 beaucoup sera aise de vous entendre. JEAN-CÔME NOGUÈS, Le Vœu du paon, © Éditions Gallimard, Folio Junior, 2008. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. lamelle au moyen de laquelle on fait vibrer les cordes de certains instruments à cordes. QUESTIONS 1. Devant qui le jongleur fait-il son spectacle ? 2. La scène se situe-t-elle en pays de langue d’oïl ou d’oc ? Justifiez. 112 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P108-115-9782011256218.indd 112 01/07/10 12:13 Chanson de Bernard deVentadour Voici d’autres extraits de la chanson de Bernard de Ventadour (1145-1195) qui est l’un des plus célèbres troubadours et fut un des meilleurs musiciens de son temps. Il suivit jusqu’en Angleterre la cour d’Aliénor d’Aquitaine, puis passa au service de Raymond V de Toulouse pour finir sa vie dans une abbaye. D' . amitié elle m’écarte ! Mais j’ai confiance, Car d’elle j’ai du moins conquis La belle apparence. 5 Et j’en ai, en la quittant, Tant d’aise1 en mon âme Que le jour de la revoir Serai2 sans tristesse. Mon cœur est près d’Amour : 10 Donc l’esprit là-bas court, Mais le corps ici, ailleurs, Est loin d’elle, en France. [...] Je garde bonne espérance, – Qui m’aide bien peu – 15 Car mon âme est balancée Comme nef* sur l’onde. Du souci qui me déprime Où m’abriterai-je ? La nuit il m’agite et jette Bernard de Ventadour, troubadour français. Enluminure française, XIIIe siècle. 20 Sur le bord du lit : Je souffre plus d’amour Que l’amoureux Tristan Qui endura maints tourments Pour Iseult la blonde. [...] 25 Messager, va et cours, Dis moi à la plus belle Que je pâtis3 pour elle Douleur et martyre. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. plaisir. 2. Je serai. 3. je souffre. In RENÉ NELLI et RENÉ LAVAUD, Les Troubadours, © Desclée de Brouwer, 1966. QUESTIONS 1. D’après cette chanson, quel est le sens du mot « amitié » au Moyen Âge ? 2. Quel lien y avait-il entre la musique et la poésie au Moyen Âge ? Expliquez. 3. Cherchez dans le sommaire du manuel où il sera question de Tristan et Iseult. 4. Entraînez-vous à lire le texte avec rythme en exprimant les sentiments du poète. Atelier d’écriture et d’oral Jongleurs et fêtes au château 113 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P108-115-9782011256218.indd 113 01/07/10 12:14 Jongleurs et fête fêtes au château Étape 5 Faire des exposés pour enrichir l’écriture S SUJET : Organisez-vous en petits groupes et choisissez un des sujets d’exposés suivants : d 1 1. Le château médiéval 2 2. La nourriture des seigneurs V Votre présentation ne devra pas dépasser cinq minutes. Ces exposés serviront à enrichir votre récit avec des descriptions. C 1. Recherche d’informations 1 • Consulter le premier point de la Fiche-méthode. • Chercher des informations dans les pages de l’atelier, au CDI, dans les dossiers de la Bibliothèque nationale de France (BnF), à d cces adresses-ci : La vie au château : http://classes.bnf.fr/ema/feuils/chateau/index3.htm La gastronomie médiévale : http://expositions.bnf.fr/gastro/index.htm Le repas : http://classes.bnf.fr/ema/anthologie/repas/index.htm • Vérifier le sens des mots employés dans l’exposé. 2. Présentation de l’exposé 2 • Pour préparer et réaliser la présentation orale des exposés, voir lles points 2 et 3 de la Fiche-méthode. 3. Partage des informations 3 Illustration de Dominique Thibault tirée de À l’abri des châteaux forts, de M. SAINT-DIZIER © Éditions Gallimard, 1985. • À l’issue de chaque exposé, sélectionner collectivement les éléments qui pourront enrichir l’écriture. Chaque élève note ces éléments. q Fiche-méthode Faire un exposé 1. Rechercher des informations – Parcourir le site ou le livre consulté, une première fois sans rien écrire. – Échanger au sein du groupe pour dégager ce qui a été compris après cette première lecture et pour envisager un plan pour l’exposé. – Se répartir le travail de relecture du document. – Relire le document en notant les mots ou les phrases essentiels. – Mettre en commun les recherches, élaborer le plan définitif. 2. Préparer la présentation orale – Organiser la répartition de la parole. – S’entraîner individuellement à dire (et non à lire) la partie dont on est responsable. – Répéter l’enchaînement des prises de parole. – Prévoir les questions que les camarades pourraient poser. 3. Présenter l’exposé – Annoncer le titre de l’exposé. – Noter au tableau le plan (titres et sous-titres), puis les mots difficiles dont le sens sera expliqué. – Ne pas lire ses notes mais regarder l’auditoire. – Parler distinctement de façon à être entendu(e). – Employer un niveau de langue courant. – Veiller à l’enchaînement des prises de parole. 114 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P108-115-9782011256218.indd 114 01/07/10 12:14 Étape 6 Reprendre le brouillon pour écrire un texte abouti • Reprenez votre brouillon pour y insérer le vocabulaire médiéval et de brèves descriptions des lieux, des costumes, du mobilier, des mets, des divertissements. • Relisez-vous à l’aide de la grille d’autocorrection, puis recopiez. GRILLE D’AUTOCORRECTION Je me suis mis(e) à la place du trouvère Colin Muset. Mon récit se situe au Moyen Âge, à la cour d’un seigneur, lors d’un banquet. Mon récit est rédigé à la 1re personne. Mon récit comporte au moins deux étapes. Mon récit comporte des passages décrivant : – les lieux ; – le mobilier et le décor ; – les costumes ; – les divertissements. – les mets ; OUI NON Mon récit est rédigé au passé composé (passages narratifs) et à l’imparfait (passages descriptifs). Mon récit emploie des mots étudiés dans l’atelier, bien orthographiés. Je me suis relu(e) pour corriger les erreurs d’orthographe (accords, conjugaisons…). Étape 7 Mettre en voix le récit SUJET : Devant vos camarades ou devant une autre classe, vous allez lire votre récit ou le raconter à la façon d’un jongleur médiéval. Vous commencerez votre présentation par la formule traditionnelle : « Oyez, oyez , ma mie… » 1 1. écoutez (du verbe ouïr). Préparation : • Relisez plusieurs fois votre récit pour vous en imprégner. • Entraînez-vous à : – marquer des pauses pour indiquer les étapes du récit ; – susciter l’intérêt ou l’admiration de l’auditoire pour ce que vous décrivez, en prenant le temps de décrire posément les différents éléments qui caractérisent cette fête ; – parler de façon audible et dynamique. Troubadours jouant de la musique (détail), 1305-1340, manuscrit allemand, Universitätsbibliothek, Heidelberg. Variante : Avec l’aide de votre professeur de musique, accompagnez votre présentation orale d’un instrument de musique. Atelier d’écriture et d’oral Jongleurs et fêtes au château 115 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P108-115-9782011256218.indd 115 01/07/10 12:14 5 Le mythe de Tristan et Iseult Une légende européenne p. 116-117 Parcours de lecture : La légende de Tristan et Iseult Tristan et le Morholt p. 118-119 ◗ Décrire un monstre Le philtre d’amour p. 120-121 ◗ Rédiger une transposition moderne d’un épisode Le coudrier et le chèvrefeuille p. 121 Marc dans le pin p. 122-123 ◗ Rédiger une suite de texte Dans la forêt p. 124 Voile noire ou voile blanche ? p. 125 La mort des amants p. 126 Le mythe littéraire de Tristan et Iseult p. 127 ◗ Étudier et présenter le mythe de l’amour dans la légende ◗ Rédiger un résumé ◗ Partager des plaisirs de lecture La renaissance artistique du mythe p. 128-129 histoire des ➺ Découvrir un mythe littéraire et son héritage artistique histoire des ➺Lire les principaux épisodes de la légende ➺ Rédiger des réécritures du mythe Une légende européenne Une tradition celtique et orale venue de Bretagne1 • Les savants ont établi la présence en Cornouailles d’une tradition orale très ancienne (VIe siècle) de la légende de Tristan et Iseult. Ils s’appuient sur le lieu même où se déroule l’histoire, le château de Tintagel, et sur la présence d’êtres surnaturels comme le Morholt ou le nain Frocin, propre à la tradition de cette région. En pays de Galles, des contes relatent l’histoire d’un certain Drystan : ce nom est à rapprocher de celui de Drustan, présent dans des légendes pictes (peuple vivant en Écosse). On peut aussi repérer des ressemblances entre l’histoire de Tristan et les récits irlandais de Diarmaid et Grainne. • Des conteurs professionnels ont diffusé ces légendes celtiques. L’un d’eux, le Gallois Bréri (1070-1140), a sans doute joué un rôle important dans l’adaptation et la diffusion sur le continent de la « matière de Bretagne »* (voir p. 99) à laquelle appartient la légende de Tristan. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. Au Moyen Âge, on appelle « Bretagne » ce qui correspond aujourd’hui au Pays de Galles et à la GrandeBretagne : ce sont les régions celtiques. QUESTIONS 1. Repérez sur la carte les trois régions où se déroule la légende. 2. Dans quel pays la Cornouailles se situe-t-elle ? Qui règne sur cette région ? 3. Quel est le pays d’Iseult la blonde ? Comment sa servante se nomme-t-elle ? QUESTIONS 1. Dans quelle région d’Europe la légende est-elle née ? 2. Comment s’est-elle d’abord répandue ? 116 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 116 01/07/10 12:18 Les récits de Tristan et Iseult en Europe • Cette légende fameuse a donné lieu aux XIIe et XIIIe siècles à plusieurs romans en vers octosyllabiques (huit syllabes), puis en prose. • Il en existe plusieurs versions en français : deux romans en vers, écrits vers 1173 par deux trouvères1 nommés Thomas et Béroul, ainsi qu’un poème de Marie de France, Le Lai * du chèvrefeuille, composé vers 1170. On trouve aussi des versions allemandes comme celle de Gottlieb de Strasbourg (vers 1210), une saga2 danoise, un roman anglais, Sir Tristan, et deux textes brefs intitulés La Folie Tristan. • Au XIIIe siècle, des auteurs anonymes rédigent encore un roman courtois français, le Roman de Tristan, suivi au XVe siècle d’un Roman de Tristan et Iseult. • À partir du XIXe siècle, l’histoire de Tristan et Iseult renaît sous des formes artistiques variées. • Au XXe siècle, des spécialistes ont reconstruit des récits complets à partir de tous ces textes. Le Roman de Tristan. Manuscrit, XVe siècle. Musée Condé, Chantilly. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. synonyme de troubadours pour les pays du Nord de l’Europe. 2. conte. QUESTIONS 1. a. À quel siècle la légende a-t-elle été portée à l’écrit ? histoire des Sous quelle forme ? b. Citez deux trouvères de langue française qui ont raconté cette légende. ci-dessus ? 2. Pourquoi peut-on dire que la légende de Tristan et 2. Quels éléments médiévaux repérez- Iseult était un thème à la mode en Europe du Nord ? vous ? 1. Comment nomme-t-on le type d’image Ruines du château de Tintagel en Cornouailles. Dossier 5 • Le mythe de Tristan et Iseult 117 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 117 01/07/10 12:18 5 PARCOURS DE LECTURE : La légende de Tristan et Iseult Vous allez lire des extraits de la légende de Tristan et Iseult. Les questions en rouge vous aideront à retenir l’essentiel. Tristan et le Morholt Tristan, neveu du roi Marc de Cornouailles, se propose pour affronter le Morholt, un monstre d’Irlande auquel il faut livrer tous les quatre ans des jeunes gens et des jeunes filles. A Combat de Tristan et du Morholt. Miniature du Tristan de Léonois. Manuscrit, fin XIVe siècle, BnF. 1. Pourquoi le Morholt est-il un adversaire redoutable ? 2. Quel risque Tristan encourt-il ? 3. Qui remporte le combat ? ◗ Décrire un monstre Faites en quelques lignes le portrait physique du Morholt, que vous présenterez comme un monstre. u matin du jour fixé, Tristan se présente dans le palais du roi […] ; un peu avant l’heure fixée, [il] monte seul sur une petite barque et, à force de rames, la pousse vers 5 l’île. Le Morholt, de son côté, a quitté son navire et prend place sur une autre barque pour rejoindre Tristan dans l’île. […] Tous deux engagent le combat à pied, farouchement dressés l’un contre l’autre, 10 et brandissent leurs épieux. « Sache-le, dit le Morholt pour effrayer Tristan, chaque blessure que fait mon épieu est mortelle ; la pointe en est empoisonnée par art de magie et tu ne trouveras nul médecin pour te 15 guérir. » Pour toute réponse, Tristan assène un rude coup sur le haubert* du géant, mais son fer ne peut en disjoindre les mailles. Le Morholt riposte par un terrible coup de son épieu : traversant la cuirasse du 20 preux*, la pointe empoisonnée s’enfonce dans la hanche et pénètre jusqu’à l’os, mais la hampe1 se brise et vole en éclats sous la force du choc. Tristan saisit aussitôt son épée, le Morholt dégaine la sienne et les deux lames s’entrecroisent avec des éclairs que la foule parfois aperçoit 25 du rivage. Tout à coup, l’épée de Tristan heurte avec une telle violence le casque du géant que la lame tranche le métal et s’enfonce dans le crâne. Tristan cherche à l’en arracher, mais alors qu’il la secoue de toute son énergie, l’acier grince et se brise ; la lame est ébréchée et un fragment d’acier reste enfoncé dans 30 le crâne du géant. Blessé à mort, le Morholt s’enfuit avec un cri terrible et vient s’abattre sur le rivage à la vue de ses hommes restés sur le navire. Empoisonné et mourant, Tristan est porté en mer sur une barque qui part à la dérive. Il échoue en Irlande où il se fait passer pour un jongleur nommé Tantris ; il est soigné par la reine. 118 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 118 01/07/10 12:18 Combat de Tristan et du Morholt. Miniature tirée de Lancelot du Lac, vers 1470, BnF. Quand le soi-disant jongleur* entra en convalescence, la reine, selon l’usage du temps, confia le soin de son hôte à sa fille Iseult, alors 35 âgée de douze ans, dont la chevelure blonde avait l’éclat de l’or. La belle enfant remplit de bonne grâce tous les devoirs de l’hospitalité à l’égard de l’habile ménestrel* que le roi Gormond avait recueilli sous son toit. Elle tenait compagnie à l’hôte de son père tout au long du jour, pansait sa blessure et lui appliquait les remèdes prescrits 40 par la reine. Tantris, en échange, jouait pour la distraire des lais* bretons d’aventure et d’amour en s’accompagnant sur la harpe. Mieux encore, il enseignait à la jeune fille l’art de toucher les instruments et de chanter à plaisir de voix. La royale enfant en semblait ravie et se montrait l’élève docile et enjouée du chanteur errant. Tristan, guéri, revient en Cornouailles. Le roi Marc tarde à prendre épouse. Un jour, une hirondelle dépose un cheveu d’or ; Marc déclare alors qu’il épousera la femme à qui appartient ce cheveu. Tristan part alors à la recherche d’Iseult en Irlande. À suivre... histoire des 1. Quels éléments situent la scène de chaque enluminure au Moyen Âge ? 2. a. Où la scène se déroule-telle dans la légende ? b. Comment chaque enlumineur a-t-il évoqué ce lieu ? 3. a. Pouvez-vous identifier le Morholt ? b. Ces deux représentations du Morholt sont-elles fidèles au texte ? Justifiez. 4. S’agit-il du même type de combat que dans le récit ? Justifiez. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. le manche. et culture Les sources gréco-latines de la légende La légende celtique s’est inspirée de personnages et d’épisodes de la mythologie grecque : découvrez-les au fil de votre lecture. Le Minotaure est le fils de Pasiphaé, l’épouse de Minos, roi de Crète, et d’un taureau. Ce monstre à corps humain et à tête de taureau a été enfermé par Minos dans un labyrinthe construit par Dédale. Vaincus par Minos, les Athéniens doivent régulièrement lui livrer sept jeunes gens et sept jeunes filles qui sont enfermés avec le Minotaure. Thésée, le fils du roi d’Athènes, finit par tuer le monstre. Thésée tuant le Minotaure. Mosaïque romaine, IVe siècle, Kunsthistorisches Museum, Vienne. Dossier 5 • Le mythe de Tristan et Iseult 119 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 119 01/07/10 12:18 5 Tristan et Iseult buvant le philtre. Miniature tirée de Lancelot du Lac, vers 1470, BnF. histoire des Le philtre* d’amour 1. a. Quels personnages identifiez-vous au premier plan de l’enluminure ? au second plan ? b. Expliquez le choix de cette composition. 2. Quels éléments l’enlumineur a-t-il retenus pour illustrer cet épisode de la légende ? 3. Quelles sont les proportions entre le bateau et les personnages ? Pourquoi l’enlumineur a-t-il fait ce choix ? 1. Qui a confectionné le philtre ? 2. Quelle est la nature de ce philtre ? Quel doit être l’effet du philtre ? Combien de temps durera-t-il ? Tristan demande la main d’Iseult pour son suzerain*, le roi Marc. Comme Iseult boude les préparatifs du voyage, la reine confie à la servante Brangien un philtre d’amour à faire boire aux époux le soir de leur mariage. Tristan et Iseult s’embarquent pour la Cornouailles. Devant la tristesse de sa maîtresse, Brangien lui révèle son secret. Un soir, à bord, Tristan et Iseult ont soif… I seult appela Brangien et lui commanda d’apporter du vin. Celleci se hâta de gagner l’angle du pavillon où les marins irlandais avaient déposé les coffres d’Iseult et de sa suite. Dans l’un d’eux, elle prit le précieux flacon, reconnaissable entre tous, où la reine 5 d’Irlande avait versé le vin herbé. À cet instant, le visage de la jeune fille s’éclaira d’un sourire furtif : elle tenait en ses mains le plus sûr moyen de faire naître l’amour en Tristan et de le lier à Iseult pour toujours. Brangien déposa le flacon avec une coupe d’argent ciselé sur une table à laquelle Iseult s’était accoudée et 10 elle lui dit d’un air riant : « Reine Iseult, prenez ce breuvage qui a été préparé en Irlande pour le roi Marc ! » Iseult ne répondit pas et laissa faire la servante. Quant à Tristan, il crut qu’il s’agissait d’un vin de choix offert en cadeau au roi Marc. En homme courtois* et bien appris, il versa de ce breuvage dans la coupe et le tendit 120 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 120 01/07/10 12:19 15 à Iseult qui en but à sa soif. Quand elle eut posé la coupe encore moitié pleine, Tristan la saisit et la vida jusqu’à la dernière goutte. Dès que les deux jeunes gens eurent bu de ce vin, l’amour, tourment du monde, se glissa dans leurs cœurs. À suivre… 3. Iseult boit-elle volontairement le philtre d’amour ? et Tristan ? Texte renouvelé en français moderne par RENÉ LOUIS, © Classiques Hachette, 1992. * voir Glossaire médiéval, p. 372. ◗ Rédiger une transposition moderne d’un épisode Transposez l’épisode du philtre à notre époque en rédigeant une dizaine de lignes. Échangez oralement pour vérifier que les principaux aspects de la scène ont été retenus. Le coudrier et le chèvrefeuille Iseult épouse le roi Marc mais ne peut s’empêcher de voir Tristan. Au bout de quelques mois, ils sont découverts. Marc chasse Tristan qui se cache dans la forêt toute proche. Les amants usent de ruses pour se voir. La première de ces ruses est racontée par Marie de France dans Le Lai* du chèvrefeuille. histoire des mots L e jour où le roi s’est mis en route, Tristan a regagné la forêt. Il sait le chemin que le cortège doit emprunter, et il y plante une branche de coudrier qu’il a fendue en deux et taillée en 5 planchette. Quand il a préparé le morceau de bois, il y grave son nom avec son couteau : si la reine le remarque – et elle y fait attention (ce n’est pas la première fois qu’ils communiquent de cette manière) –, elle reconnaîtra, en le voyant, t l’ouvrage l’ de d son 10 ami. Voici le contenu de l’écrit qu’il lui avait envoyé par message : il est dans ces lieux depuis longtemps, il reste à l’attendre et à guetter sa venue, afin de ne pas manquer l’occasion de la rencontrer, car il ne peut absolument pas vivre sans elle. Il en est de leur couple comme du chèvrefeuille 15 qui se fixe au coudrier : une fois qu’il s’enlace et se noue autour de l’arbuste, ils peuvent vivre ensemble fort longtemps, mais si on veut les séparer, le coudrier ne tarde pas à mourir, et le chèvrefeuille ne lui survit pas. « Bien-aimée, ainsi de nous : ni vous sans moi, 20 ni moi sans vous. » La reine va chevauchant. Elle regarde le talus, voit le bâton, le considère et lit : « Tristan ». À suivre… MARIE DE FRANCE, « Le Lai du chèvrefeuille », in Les Lais, XIIe siècle, traduction J.-C. Payen, © Éditions Garnier, 1989. Voici le texte du message en ancien français : « bele amie, si est de nus : ne vus sanz mei, ne mei sanz vus ! » • Quels mots reconnaissez- vous malgré une orthographe différente ? • Quelles modifications orthographiques ces mots ont-ils connues ? Pourquoi Tristan évoque-t-il le chèvrefeuille et le coudrier, dans son message à Iseult ? * voir Glossaire médiéval, p. 372. Dossier 5 • Le mythe de Tristan et Iseult 121 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 121 01/07/10 12:19 5 Le roi Marc épiant Tristan et Iseult. Manuscrit français, Tristan de Léonois, XVe siècle, BnF. Marc dans le pin Tristan et Iseult trouvent le moyen de se revoir. Mais le nain Frocin les découvre et conseille au roi de les épier, perché dans un pin. D u haut de l’arbre, Marc vit Tristan franchir la palissade et sauter dans le verger : il vint droit à la fontaine et y jeta des copeaux, gravés de lettres, qui ne tardèrent pas à courir, légers, dans le canal à travers le jardin et vers la chambre des femmes. Mais Tristan, 5 en se penchant sur le bassin de marbre pour en jeter d’autres, vit soudain, à la clarté de la lune, le visage de son oncle qui se reflétait, encadré par le feuillage, dans le miroir d’eau tranquille. En y regardant de plus près, il distingua aussi, parmi les branches, l’arc, déjà garni d’une flèche, que le roi tenait dans sa main. Ah ! 10 s’il avait pu arrêter les copeaux dans leur fuite ! Mais non ! Dans la chambre des femmes, Iseult épie leur venue et va bientôt les voir glisser au fil de l’eau. Voilà qu’elle franchit la porte de sa chambre et vient dans le verger, agile et cependant prudente, observant de côté et d’autre pour voir si elle n’était pas épiée. Or, Tristan, 15 ce soir-là, ne vient pas à sa rencontre comme les autres nuits ; il ne la regarde même pas, mais il reste immobile, les yeux tournés vers l’eau du bassin, comme pour lui faire comprendre qu’il y a là quelque chose d’insolite. Cette attitude étrange ne laisse pas de surprendre Iseult, elle tourne elle aussi ses regards vers la surface 20 de l’eau et n’a pas de peine à y découvrir à son tour le reflet du visage inquiet et tourmenté de son époux. Elle s’avise alors d’une 122 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 122 01/07/10 12:19 ruse bien féminine, car elle se garde de lever les yeux vers les branches de l’arbre et, afin de tirer Tristan d’embarras, s’arrange pour parler la première : « Sire Tristan, quelle folie vous prend de 1 25 me mander à pareille heure ? Par Celui qui fit le ciel et la terre, ne m’appelez plus, ni de jour ni de nuit, car, cette fois-là, je ne viendrais point. Vous savez bien pourtant : le roi s’imagine que je vous aime de fol amour. Les barons félons* lui font accroire que vous, qui êtes le rempart de son honneur, vous le bafouez sans 30 vergogne2. En vérité, je préfèrerais être brûlée vive et que ma cendre fût dispersée au vent plutôt que d’aimer un autre homme que mon seigneur. » À suivre… * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. Expliquez brièvement la ruse de Tristan et celle d’Iseult lorsqu’ils découvrent qu’ils sont espionnés. 2. Qui sont les ennemis de Tristan et d’Iseult ? 1. faire venir. 2. vous le tournez en ridicule sans honte. Miniature tirée du Roman de Tristan. Manuscrit du XVe siècle. Musée Condé, Chantilly. histoire des ◗ Rédiger une suite de texte 1. Comparez la disposition des personnages et des éléments dans les deux enluminures : quels sont les points communs et les différences ? 2. Pour vous, laquelle de ces deux œuvres illustre le plus clairement cet épisode de la légende ? Justifiez. Le roi Marc rentre au château, persuadé de la fidélité de son épouse. Le nain Frocin accourt à sa rencontre pour savoir comment a fonctionné le piège. Racontez la scène en insérant le dialogue entre les deux personnages. Dossier 5 • Le mythe de Tristan et Iseult 123 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 123 01/07/10 12:19 5 Dans la forêt Les amants se réfugient dans la forêt où ils vivent dans une hutte. Un jour, Tristan rentre épuisé de la chasse. Il se couche tout habillé et dépose son épée entre Iseult et lui. Le roi Marc, averti par un forestier, les découvre dans la hutte. I Miniature du Tristan de Gottfried de Strasbourg, 1240-1250, Bayerische Staatsbibliothek, Munich. 1. Combien de temps les amants ont-ils vécu dans la forêt ? 2. Quels sentiments Marc éprouve-t-il ? 3. Quels sont les objets échangés par le roi Marc ? Pourquoi procède-t-il à ces échanges ? l considéra un instant les dormeurs immobiles. Va-t-il les frapper ? Mais voici que son bras tremblant de colère retombe lentement : il a vu que leurs 5 lèvres ne se touchaient point, qu’ils avaient gardé leurs vêtements et que leurs corps étaient séparés par l’épée nue de Tristan, la même qui s’était ébréchée naguère dans le crâne du 10 Morholt. « Dieu, se dit-il en lui-même, que vois-je ici ? Ai-je le droit de les tuer ? Depuis deux ans qu’ils vivent ensemble dans ce bois, s’ils s’aimaient de fol amour, dormiraient-ils tout vêtus ? Auraient-ils placé entre eux cette épée nue ? […]. Ne vois-je pas que leurs lèvres sont désunies ? 15 Non, je ne les tuerai pas ; ce serait grand péché de les frapper alors qu’ils reposent sans défense. Et si je les éveillais, qui sait si Tristan, brusquement tiré du sommeil, ne dirigerait pas contre moi son épée ? L’un de nous deux pourrait être tué. On en parlerait longtemps dans le pays et ce ne serait à l’honneur ni de l’un ni de l’autre. Mais je vais 20 faire en sorte qu’à leur réveil, ils sachent de science certaine que je les ai découverts endormis dans cette hutte ; ils sauront que j’aurais pu les tuer si je l’avais voulu et que je les ai pris en pitié, leur accordant mon pardon et ma clémence. » Le roi sent sa colère s’apaiser peu à peu ; il souhaite du fond du cœur se réconcilier avec sa femme et son neveu. 25 Alors, il retire doucement du doigt amaigri de la reine la bague d’or, sertie d’une émeraude, qu’il lui avait donnée pour ses noces ; il glisse à sa place, sans qu’elle sente rien, l’anneau dont Iseult lui avait fait présent. « Puisse-t-elle comprendre, par cet échange de nos anneaux, que je lui garde ma foi et mon amour comme au premier jour de nos 30 épousailles ! » Puis, se penchant à nouveau, il saisit lentement, par le pommeau, l’épée de Tristan qui gisait entre les deux corps et il met la sienne à sa place. […] Il prit ses gants royaux parés d’hermine et il les disposa dans le feuillage pour défendre Iseult de l’ardeur du soleil. À suivre… histoire des 3. a. Comparez les lignes de composition de 1. Quels personnages et éléments de cet épisode reconnaissez-vous sur l’enluminure ci-dessus ? 2. Comment l’enlumineur a-t-il représenté le décor ? l’image dans la partie gauche et dans la partie droite. Que constatez-vous ? b. À gauche, les lois de la perspective sont-elles respectées ? Expliquez. 124 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 124 01/07/10 12:19 Voile noire ou voile blanche ? Le roi pardonne à Tristan et Iseult. Tristan s’éloigne. Il épouse Iseult aux blanches mains, la fille du roi d’Armorique. Quand Iseult la blonde l’apprend, elle éprouve une immense détresse. Un jour, Tristan est empoisonné ; il envoie son ami et beau-frère, Kaherdin, chercher Iseult la blonde, qui, seule, peut le guérir. Ils conviennent d’un code : si, au retour, la voile est blanche, Iseult est à bord. Mais Iseult aux blanches mains a surpris leur conversation. D urant ce temps, Tristan, dolent1 et las, souvent se plaint, souvent soupire pour l’Iseult qu’il désire tant. Il se tord ses mains et ses larmes coulent. En ce chagrin, en cette angoisse, il voit sa femme s’avancer devant lui ; elle s’avise d’un perfide artifice et lui dit : 5 « Voici Kaherdin qui arrive ! J’ai aperçu sa nef* au loin sur la mer. Je suis sûre que c’est la sienne. Dieu veuille qu’il vous apporte une nouvelle dont vous aurez du réconfort ! » À ces mots, Tristan sursaute et dit : « Belle amie, êtes-vous bien sûre que ce soit la nef de Kaherdin ? – N’en doutez point ; je l’ai bien reconnue. – Dites10 moi, je vous prie, ne me le cachez pas : de quelle couleur est la voile qui flotte sur sa vergue ? » Iseult répond d’une voix qu’elle veut assurée : « La voile est noire ! » À suivre… * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. souffrant. et culture Les sources gréco-latines de la légende La voile noire de Thésée : grâce à Ariane, la fille de Minos, Thésée, guidé par un fil, réussit à sortir du labyrinthe et à prendre la mer. En s’approchant d’Athènes, contrairement à ce qui avait été convenu avec son père, Égée, il oublia de changer la couleur de ses voiles : Égée, désespéré en voyant de loin des voiles noires, signes d’échec, et non des voiles blanches, se jeta dans la mer qui, depuis, porte son nom. Quel « perfide artifice » Iseult aux blanches mains emploie-t-elle ? histoire des 1. Quels sont les deux épisodes de la légende de Tristan et Iseult représentés sur cette enluminure ? 2. Que symbolise la couleur de chacune des voiles ? Enluminure tirée de Tristan en prose (Tristan de Léonois), vers 1450-1475, BnF. Dossier 5 • Le mythe de Tristan et Iseult 125 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 125 01/07/10 12:19 5 La mort des amants Kaherdin a trouvé Iseult la blonde et la ramène en Cornouailles. Mais ils sont bloqués au large par une tempête. T 5 ristan ne répond pas un mot. Il se retourne vers le mur, puis il dit : « Iseult, vous n’avez pas voulu venir auprès de moi ! Pour votre amour, il me faut aujourd’hui mourir ! » Puis, après un court instant, il ajoute d’une voix éteinte : « Je ne puis plus longtemps retenir ma vie. » Par trois fois il prononça : « Iseult mie ! » ; à la quatrième, il rendit l’âme 1. Entre-temps le bateau d’Iseult accoste et elle en descend précipitamment. Mort de Tristan et Iseult. Miniature tirée de Lancelot du Lac, vers 1470, BnF. 1. Qu’est-ce qui provoque la mort de Tristan ? 2. Qu’est-ce qui Iseult franchit la porte du château et gagne la 10 chambre où reposait le corps de son ami. […] Elle s’approche du lit et s’étend de tout son long sur le corps de Tristan, visage contre visage, bouche contre bouche. Dans cette étreinte suprême, elle succombe à la violence de sa 2 15 douleur et expire dans un sanglot. [...] Le roi Marc, quand il vit les deux corps enveloppés dans des peaux de cerf et couchés dans des barques, sentit s’éteindre sa colère et s’apaiser son ressentiment3. […] Il fit mettre en terre près d’une chapelle les corps des deux amants. Sur la tombe d’Iseult la 20 blonde il planta un buisson de roses rouges et sur celle de Tristan, un cep4 de noble vigne. Les deux arbustes grandirent ensemble et leurs rameaux se mêlèrent si étroitement qu’il fut impossible de les séparer ; chaque fois qu’on les taillait, ils repoussaient de plus belle et confondaient leur feuillage. Ici finit le roman de Tristan et Iseult. provoque la mort d’Iseult ? Texte renouvelé en français moderne par RENÉ LOUIS, © Classiques Hachette, 1992. 1. mourut. 2. meurt. 3. sa haine. 4. pied de vigne. histoire des et culture 1. Quel passage précis de l’épisode cette Les sources gréco-latines de la légende enluminure illustre-t-elle ? Philémon et Baucis : Ovide raconte dans Les Métamorphoses que Jupiter, voulant récompenser les paysans Philémon et Baucis de leur hospitalité, leur demanda de faire un vœu. Ils demandèrent à être gardiens du temple du dieu et à mourir ensemble. À leur mort, l’un devint un chêne et l’autre un tilleul, mais les deux arbres avaient un seul tronc : leur vœu fut ainsi exaucé. 2. Quels éléments situent la scène au Moyen Âge ? 3. a. Quelles sont les deux couleurs dominantes de l’enluminure ? b. Que symbolise chacune d’elles ? 126 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 126 01/07/10 12:19 Le mythe littéraire de Tristan et Iseult Qu’est-ce qu’un mythe littéraire ? Un mythe littéraire est la représentation de personnages ou d’actions extraordinaires mis en scène dans une œuvre littéraire et amplifiés par la tradition. Chaque époque peut y retrouver des aspects essentiels de la vie humaine. a. Tristan et Iseult ont-ils choisi de s’aimer ? Justifiez. b. En vous appuyant sur votre lecture, montrez que leur amour est plus fort que leur volonté. c. Quelles souffrances leur amour occasionne-t-il à Tristan et Iseult ? d. Quel rapport y a-t-il entre l’amour et la mort, dans la légende ? C. Un amour plus fort que tout a. Comment Tristan et Iseult font-ils pour se voir malgré le danger ? Expliquez. b. Quelles difficultés doivent-ils affronter dans la forêt ? c. Relevez deux symboles de leur union parfaite. d. Pourquoi peut-on dire que leur amour est plus fort que la mort ? histoire des 2. Présentez brièvement votre étude à la classe. Je retiens l’essentiel ❯ Quelle vision de l’amour la légende de Tristan et Iseult donne-t-elle ? ◗ Rédiger un résumé SALVADOR DALÍ, Tristan et Iseult (broche), 1953. © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / ADAGP 2010. Résumez en une dizaine de lignes la légende de Tristan et Iseult à partir des extraits que vous venez de lire. Quels éléments repérez-vous dans l’œuvre de Dalí ? Comment sont-ils disposés ? ◗ Partager des plaisirs de lecture ◗ Étudier et présenter le mythe de l’amour dans la légende Pour découvrir d’autres épisodes de la vie mouvementée de Tristan et de sa merveilleuse histoire d’amour avec Iseult, lisez cette adaptation romancée. Choisissez un épisode et racontez-le à la classe. 1. Par groupes, étudiez une des trois caractéristiques suivantes de l’amour dans le roman. A. Un amour courtois a. En quoi Tristan est-il un preux chevalier ? b. En quoi Iseult est-elle une gente dame ? c. Expliquez pourquoi l’amour de Tristan et Iseult ressemble à celui de Lancelot et Guenièvre (voir chapitre 4). B. Un amour fatal fatal (du latin fatum, « la destinée ») : 1. qui est soumis au destin ; 2. qui peut entraîner la mort. Dossier 5 • Le mythe de Tristan et Iseult 127 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 127 01/07/10 12:19 5 La renaissance artistique du mythe histoire des … en musique À la fin du xixe siècle, la légende de Tristan et Iseult renaît en Allemagne avec la musique de Richard Wagner. Le roi Louis II de Bavière, grand admirateur de Wagner, s’inspire du thème de Tristan et Iseult pour les décors de sa chambre au château de Neuschwanstein. Svetlana Zakharova et Andrei Merkuriev dans le duo de Tristan et Isolde de Wagner, Moscou, 2007. Lithographie du livret de Tristan et Isolde de Richard Wagner, Franz Stassen, Berlin, 1900. Demandez à votre professeur d’éducation musicale de vous faire écouter un extrait des retrouvailles des amants dans Tristan et Isolde, l’opéra de Wagner (Acte II, scène II). Quels sentiments les interprètes cherchent-ils à transmettre ? Tristan et Isolde, fresque de la chambre de Louis II de Bavière. Château de Neuschwanstein. 128 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 128 01/07/10 12:19 … en bande dessinée Au xxe siècle, la bande dessinée entretient le mythe. Maxwell Armfield, Tristan et Iseult, 1904, Birmingham Museum and Art Gallery. … en peinture Au xixe siècle, les peintres préraphaélites anglais ont repris le thème de la légende. … au cinéma Couverture de la BD Drystan et Esyllt de Chauvel et Lereculey, éditions Delcourt, 2002. 1 Étudiez les images de cette e double page ainsi que l’œuvre de Dalí, page 127. a. Relevez les variantes du nom d’Iseult. b. Quelles formes d’art ont repris le mythe de Tristan et Iseult ? À quelles époques ? Au xx siècle, le cinéma s’empare du mythe. 2 Choisissez l’image qui vous semble la plus intéressante et commentez-la : décrivez-la et expliquez votre choix à la classe. Affiche du film L’Éternel Retour, de Jean Delannoy, 1943. Affiche du film Tristan & Isolde, de Kevin Reynolds, 2006. 3 À votre tour, réalisez un por- trait du couple Tristan et Iseult sous la forme de votre choix : dessin, peinture, bande dessinée, photo-montage, poème, chanson… Si cela est possible, travaillez avec votre professeur d’arts plastiques ou d’éducation musicale. Oralement, expliquez et justifiez votre démarche. Dossier 5 • Le mythe de Tristan et Iseult 129 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P116-129-9782011256218.indd 129 01/07/10 12:19 6 Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux Étudier l’art du dialogue et de la moquerie Lectures : textes et images Objectifs • Brifaut, ANONYME TEXTE INTÉGRAL .................... • Le Prêtre et les Mûres, ◗ Découvrir les caractéristiques d’un fabliau ..... 132 GUÉRIN TEXTE INTÉGRAL ................................... ◗ Étudier l’art de se moquer dans un fabliau .... 134 • La Sacoche perdue, ANONYME TEXTE INTÉGRAL ................................. ◗ Découvrir les rôles du dialogue dans un récit ... 136 L’écho du poète • « La Laitière et le Pot au lait », Fables, VII, 10, J. LA FONTAINE .......................................... 138 Faire le point Les fabliaux ................................................................................................................ 139 Langue et expression Lexique : Les verbes de parole – Le vocabulaire du rire et de la tromperie – Histoire des mots : le vocabulaire médiéval ......................................................... Orthographe et conjugaison : L’indicatif des verbes irréguliers du 3e groupe – Le présent du subjonctif – Accord du participe passé employé avec « avoir » ......... Grammaire : Le discours direct – Les emplois du subjonctif – La phrase complexe : juxtaposition et coordination ............................................. Écrit : Rédiger des récits en insérant des paroles .................................................. Oral : Jouer et improviser des dialogues .............................................................. Lectures personnelles ................................................................................... 140 141 142 143 144 145 Évaluations • Le Tailleur du roi et son apprenti, ANONYME ............................................................ 146 130 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 130 01/07/10 12:22 Miniatures tirées du Tacuinum sanitatis, XIVe siècle, BnF. histoire des 1 Quelle est la nature de ces images ? De quand datent-elles ? 2 Quels sont les métiers représentés ? 3 Quel est le point commun aux lieux représentés ? 6 Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux 131 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 131 01/07/10 12:22 Pour entrer dans le chapitre • À notre époque, à travers quels moyens de communication se moque-t-on des gens célèbres ? des personnalités politiques ? • Qu’est-ce qu’une « fable » ? Donnez d’autres mots de la même famille. Lectures Avant de lire le texte • Quel est le sens de « vilain » : a. au Moyen Âge ? b. actuellement ? Brifaut L’ * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. voleur. 2. tomber. 3. titre employé pour s’adresser à un chevalier, un bourgeois, un père ou un époux. 4. y renonce. 5. maladie. 6. Jésus-Christ mort sur la croix. 7. « brifauder » : verbe inventé sur le nom de Brifaut, signifiant ici tromper. 8. me couvre de honte. Le marché aux tissus à Bologne. Miniature, XVe siècle. Museo Civico, Bologne. TEXTE INTÉGRAL 5 10 15 envie m’est venue de vous raconter l’histoire d’un riche vilain* pas très fin, qui faisait les marchés à Arras et à Abbeville. Si vous voulez l’entendre, dites-le-moi. [...] Le vilain s’appelait Brifaut. Il partit un jour au marché en portant sur ses épaules dix aunes* de bon drap* qui, par-devant, lui battait l’orteil et, par derrière, traînait sur les talons. Un larron1 le suivait de près en cherchant comment il pourrait le tromper : il passe un fil dans une aiguille, soulève le drap qui traînait à terre, le serre contre sa poitrine, et le coud sur le devant de sa robe, puis il se frotte au vilain qui s’est mêlé à la foule. Brifaut essaie de se frayer un chemin parmi la foule dense du marché. Le larron le bouscule et le fait choir2 à terre ; le drap lui échappe des mains et le larron en profite pour s’en saisir et se perdre dans la foule. Quand Brifaut s’aperçoit qu’il a les mains vides, il entre dans une violente colère et se met à hurler : « Dieu ! Mon drap ! Je l’ai perdu ! Sainte Marie, à l’aide ! Qui a mon drap ? Qui l’a vu ? » Le larron, qui portait le drap sur son épaule, s’arrêta un instant ; en le voyant ainsi se démener, il comprit qu’il en avait perdu la raison. Il vint alors se planter devant lui et lui dit : 20 « Qu’as-tu à crier, vilain ? – Sire3, j’ai bien de quoi ! J’apportais ici une grande pièce de toile et je viens de la perdre ! – Si tu l’avais, comme moi, cousue à tes vêtements, tu ne l’aurais pas laissée tomber en cours de route. » 25 Alors il s’en va en le plantant là, devenu propriétaire du drap. Et il est normal que celui qui se laisse aussi sottement dérober son bien en fasse son deuil4. Brifaut revient alors chez lui où sa femme l’accueille en lui demandant le produit de sa vente. « Femme, fait-il, si tu veux avoir de l’argent, monte 30 au grenier, prends le blé et va le vendre car je ne rapporte pas un sou ! – Tu mens, fait-elle. Qu’une mauvaise goutte5 te frappe aujourd’hui même ! – Femme, tu as raison de me souhaiter cela et tu 35 devrais m’en souhaiter encore plus ! 132 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 132 01/07/10 12:22 – Mais, par la croix du Sauveur6, qu’est devenu le drap ? – Certes, répond-il, je l’ai perdu. 40 – Tu mens encore ! Puisse la mort subite t’emporter ! Brifaut, tu m’as brifaudée7 ! Puisse-t-on te brûler la langue et la gorge où passèrent les bons morceaux qui ont coûté si cher ! On devrait te mettre en pièces ! 45 – Femme, que la mort me frappe et que Dieu me honnisse8 si je ne te dis la vérité ! » Et de fait, la mort l’emporta presque sur l’heure. Mais il advint bien pire à sa femme car elle enragea toute vive. Brifaut mourut vite mais la malheureuse vécut dans le chagrin et la rage. Ainsi bien des gens, à 50 cause de leur nature excessive, meurent dans le chagrin et la honte. [...] Ici se termine mon conte. « Brifaut », Fabliaux et Contes du Moyen Âge, traduction J.-C. Aubailly, © Le Livre de poche, Librairie Générale Française, 1987. Découvrir les caractéristiques d’un fabliau ◗ L’organisation du fabliau 6. L. 1 à 27 : le conteur prend-il parti pour Brifaut 1. Dans le premier paragraphe et la dernière ou pour le larron ? Justifiez votre réponse en citant une phrase du texte. phrase : a. Qui s’adresse à qui ? b. À quel temps de l’indicatif les verbes « vouloir » et « se terminer » sont-ils conjugués ? Quelle est la valeur de ce temps ici ? ◗ Des dialogues révélateurs 7. Comment repérez-vous les dialogues ? 2. L. 4 à 50 : a. Que constitue cette partie du fabliau ? b. Quels sont les deux lieux de l’histoire ? 8. À quel milieu social les personnages appartiennent-ils ? 3. « Ainsi bien des gens, à cause de leur nature 9. Que révèlent les paroles du larron à propos de excessive, meurent dans le chagrin et la honte » : a. Quel rôle cette phrase joue-t-elle par rapport au récit ? b. Quel est le temps employé ? Quelle est la valeur de ce temps ici ? ➜ Réviser les valeurs du présent de l’indicatif – p. 314 son caractère ? 10. D’après les paroles de sa femme, Brifaut portet-il bien son nom ? Justifiez. 11. a. Quel est le type de phrase dominant employé par la femme ? b. Que révèle-t-il de son caractère ? du rapport de forces entre Brifaut et sa femme ? Le discours direct – p. 268 ◗ Le récit d’une tromperie 4. a. Qui trompe qui ? b. Racontez la tromperie avec vos propres mots. Gardons une trace écrite 5. a. Quelle expression l’auteur emploie-t-il pour ❯ Nommez les différentes parties d’un fabliau. présenter le personnage de Brifaut ? b. Cette description est-elle méritée ? Justifiez. ❯ Quels types de personnages ce fabliau met-il en scène ? Exercice d’écriture Brifaut se prépare à partir au marché. Rédigez la scène en quelques lignes, en insérant un dialogue entre Brifaut et sa femme. 6 Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux 133 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 133 01/07/10 12:22 Lectures Avant de lire le texte • Au XIIIe siècle, la religion chrétienne a défini sept péchés capitaux, parmi lesquels l’orgueil, l’avarice, la paresse, la colère : qu’est-ce qu’un péché ? Le Prêtre et les Mûres TEXTE INTÉGRAL J e vais maintenant vous raconter une autre histoire qui a été inventée par Guérin. Il était une fois un prêtre qui voulait aller au marché. Il a fait seller sa jument, une belle bête, grande et grasse, âgée de deux ans. Il la 5 soignait comme il faut et ne la laissait mourir ni de faim ni de soif, croyez-moi. Elle avait tous les jours sa ration d’avoine et de foin. Le prêtre se met en route vers le marché. Tout cela se passe en septembre, il me semble, et les buissons sont pleins de mûres1. Le prêtre chevauche en lisant son bréviaire2. Mais un arbuste pousse à 10 l’entrée de la ville, il est couvert de mûres bien grosses et noires. « Par Jésus-Christ, se dit le prêtre, je n’ai jamais vu de fruits plus beaux. Ils me donnent faim, je les goûterais volontiers. » Il fait arrêter la jument. Mais les plus belles mûres sont placées si haut qu’il n’arrive pas à les atteindre. Et puis, il faut faire attention de 15 ne pas se piquer aux épines. « C’est facile, se dit le prêtre, je vais monter debout sur ma selle, comme ça, je n’aurai qu’à me pencher sur le buisson pour faire ma cueillette. » Il fait un vrai ravage parmi les fruits. Quand il est un peu rassasié, il jette un coup d’œil en bas vers sa jument : c’est une bonne bête, 20 elle n’a pas bougé. Le prêtre se dit en riant : « Quel bel équilibre ! Heureusement qu’elle est docile3. Je n’aurais pas intérêt à dire hue ! » Mais il a pensé tout haut. La jument l’entend et elle bondit aussitôt en avant. Le choc lance le prêtre dans le buisson de ronces. Impossible 25 de remuer sans s’égratigner méchamment. La jument regagne son écurie. Là-bas, tout le monde s’étonne de la voir rentrer seule et l’on organise des recherches sur la route du marché. Après bien des tours et des tours, on arrive au buisson de ronces. Quand le 30 prêtre entend des voix, il se met à crier : « Hé là ! Hé là ! Je suis ici, je ne peux pas bouger à cause des ronces. Je suis déjà tout meurtri et blessé. – Mais comment vous êtes-vous mis là-dedans ? demandent les serviteurs. – C’est mon péché qui m’y a poussé, répond le prêtre. 35 Ce matin, je passais par ici, lisant mon bréviaire, et j’ai Miniature tirée des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, 1500-1508, BnF. été pris d’une grande envie de mûres. Impossible de 1. fruits sauvages de couleur noire. 2. livre de prières. 3. obéissante. 134 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 134 01/07/10 12:22 continuer sans en manger. Le buisson m’a gardé, voilà tout. Aidez-moi donc à en sortir, et ramenez-moi dans ma maison, car j’ai besoin de 40 soins et de repos. » Cette fable nous enseigne qu’il ne faut pas dire à tout le monde ce qu’on pense, car on s’attire bien des ennuis. C’est ce qui est arrivé au prêtre. GUÉRIN, Fabliau, (XIIIe siècle), © Hachette, 1978. Étudier l’art de se moquer dans un fabliau ◗ L’organisation du fabliau 6. a. Quel « péché » le prêtre avoue-t-il à ses 1. Ce fabliau est-il anonyme ? Justifiez. serviteurs ? b. En quoi cet aveu est-il comique pour un prêtre ? 2. Relevez deux phrases dans lesquelles le narrateur s’adresse au lecteur : où sont-elles placées ? Quel est le rôle de chacune d’elles ? ◗ La morale 3. Délimitez le passage de récit en indiquant les dernière phrase avec vos propres mots. b. À quel épisode du fabliau correspond-il ? c. Proposez une autre morale possible pour ce fabliau. 7. a. Reformulez le conseil donné dans l’avant- numéros de lignes. ◗ Les sources de comique 4. Comment le prêtre réagit-il à la vue des mûres ? Gardons une trace écrite Expliquez en citant des mots du texte. ❯ De quel personnage le fabliau se moque-t-il ? Quel est son principal défaut ? 5. D’où vient le comique de la situation dans les ❯ Comment la moquerie s’exprime-t-elle : à travers le récit ? le dialogue ? les deux ? Justifiez. lignes : a. 13 à 17 ? b. 21 à 25 ? histoire des mots 1. Observez la disposition du texte : sous quelle forme le fabliau se présente-t-il en ancien français ? Li serjant li ont demandé : « Sire, qui vos a là monté ? – Pechié, fait-il, m’i embati. Hui matin quant ge ving par ci, Que j’aloie disant mes ores, Si me prist molt grant fain de mores, Que por rien nule avant n’alasse Devant que assez en mengasse : Si m’en est ainsi avenu Que li buissons m’a retenu. » Miniature tirée des Sentences de Pierre Lombard, vers 1300. Bibliothèque Mazarine, Paris. 2. Repérez le passage du texte qui correspond à cet extrait du fabliau en ancien français. 3. « Serjant » : que signifiait ce mot en ancien français ? Que sont devenus son orthographe et son sens en français moderne ? 4. a. Quel est le genre et le nombre des deux groupes nominaux « li serjant » et « li buissons » ? b. Quelle est leur fonction commune ? c. Quelles différences établissez-vous entre l’ancien français et le français moderne ? 5. « Hui matin quant ge ving par ci » : prononcez ce passage, puis transcrivez-le mot à mot en français moderne. Exercice d’écriture Un serviteur raconte à un habitant du village comment ses amis et lui ont retrouvé le prêtre dans le buisson de mûres. Rédigez ce récit en insistant sur le comique de la situation. 6 Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux 135 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 135 01/07/10 12:22 Lectures Avant de lire le texte • « Bourg » signifie « grosse ville » : qu’est-ce qu’un bourgeois au Moyen Âge ? La Sacoche perdue TEXTE INTÉGRAL U Comédie de Térence. Manuscrit du Maître de Luçon, vers 1410-1412. Bibliothèque de l’Arsenal, Paris. n marchand venait d’une foire1 où il avait fait de très grandes affaires. Il avait mis tout son avoir, en belles pièces d’or, dans une grande sacoche de cuir. Il allait par monts et par chemins. En traversant la ville d’Amiens, il passa devant une église. Il s’y arrêta pour faire des prières, comme il en 5 avait l’habitude, devant l’image de la mère de Dieu, et posa la sacoche devant lui. Quand il se releva, une pensée qui l’occupait la lui fit oublier et il s’en alla sans la prendre. Il y avait dans la ville un bourgeois qui, lui aussi, avait coutume d’aller faire oraison2 devant la benoîte3 mère de Dieu. Il vint peu après 10 s’agenouiller à la place que l’autre avait quittée. Il trouve la sacoche, scellée et fermée d’une serrure, et il comprend bien qu’elle doit renfermer beaucoup de pièces d’or. Tout étonné, il s’arrête : « Eh ! Dieu, dit-il, que faire ? Si je fais crier par la ville que j’ai trouvé 15 cette sacoche, tel la réclamera qui n’y a aucun droit. » Il se décide à la garder jusqu’à ce qu’il en entende parler. Il rentre chez lui, cache la sacoche dans un coffre, puis vient à sa porte, et avec un morceau de craie y écrit en grosses lettres : « Si quelqu’un a perdu quelque chose, qu’il s’adresse ici ». 20 Le marchand, ayant continué sa route et, sorti de la pensée qui l’avait distrait, tâte autour de lui, croyant trouver sa sacoche, mais ce fut peine perdue. « Hélas ! s’écrie-t-il, j’ai tout perdu ! Je suis mort ! Je suis trahi ! » Il revint à l’église dans l’espoir que la sacoche y était encore : plus 25 de sacoche. Il va trouver le curé et lui demande des nouvelles de son argent : point de nouvelles. Il quitte l’église, tout troublé. Il se met à errer par la ville. En passant devant la maison du bourgeois qui avait trouvé la sacoche, il voit les lettres écrites sur la porte. Le bourgeois se tient 30 sur le seuil. Notre marchand l’accoste. « Êtes-vous, lui dit-il, le maître de cette maison ? – Oui, sire4, tant qu’il plaira à Dieu. Qu’y a-t-il pour votre service ? – Ah ! sire, pour Dieu, dites-moi, qui a écrit ces lettres à votre 35 porte ? » Le bourgeois feint de n’en rien savoir. – Bel ami5, dit-il, il passe par ici bien des gens, surtout des clercs* ; ils écrivent des vers ou ce qui leur passe par la tête. Mais est-ce que vous avez perdu quelque chose ? 40 – Perdu ! Certes, j’ai perdu tout mon avoir. – Quoi au juste ? 136 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 136 01/07/10 12:22 45 50 * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. grand marché. 2. une prière. 3. bienveillante. 4. titre employé 55 pour s’adresser à un chevalier, un bourgeois, un père ou un époux. 5. terme affectueux employé pour s’adresser à des proches. 6. cachet de cire qui sert à fermer. 7. très surpris. 60 – Une sacoche toute pleine d’or, scellée et fermée d’une serrure. » Et il décrit la serrure et le sceau6. Le bourgeois comprend sans peine qu’il dit la vérité. Il le mène dans sa chambre, lui montre la sacoche et lui dit de la prendre. Le marchand, voyant ce bourgeois si loyal, reste tout interdit7 : « Beau sire Dieu, penset-il, je ne suis pas digne d’avoir le trésor que j’ai amassé. Ce bourgeois en est plus digne que moi. » « Sire, dit-il, cet argent sera mieux placé dans vos mains que dans les miennes ; je vous l’abandonne, et je vous recommande à Dieu. – Ah ! bel ami, s’écrie le bourgeois, prenez votre sacoche, en grâce ; je n’y ai pas droit. – Non, dit le marchand, je ne la prendrai pas ; je m’en irai pour sauver mon âme. » Et il s’enfuit en courant. Quand le bourgeois le voit fuir, il se met à courir après lui en criant : – Au voleur ! Au voleur ! Arrêtez-le ! Les voisins, l’entendent, sortent, arrêtent le marchand et l’amènent au bourgeois. – Que vous a-t-il volé ? lui dirent-ils. – Seigneurs, il veut me voler mon honneur et ma loyauté, que j’ai gardés toute ma vie. » Quand ils eurent appris toute la vérité, ils obligèrent le marchand à reprendre son argent. Fabliau, ANONYME. Découvrir les rôles du dialogue dans un récit ◗ La construction du fabliau rôles : informer, exprimer des sentiments, révéler le caractère des personnages ? Justifiez. ➜ Le discours direct – p. 268 1. a. Qui sont les personnages en présence ? b. Où et quand l’histoire se déroule-t-elle ? 2. Délimitez les principales étapes du récit et donnez- ◗ Le sens du fabliau leur un titre. 8. L. 1 à 10 : a. Quelle habitude commune les deux 3. a. À quels temps le récit est-il raconté de la ligne personnages ont-ils ? b. Lequel de ces deux noms, « pitié » ou « piété », décrit leur comportement ? 1 à 10 ? b. Quel nouveau temps apparaît à la ligne 10 ? Quelle est sa valeur ? 9. a. Donnez un synonyme de « loyauté » (l. 61). ◗ Les rôles du dialogue b. Cette qualité est-elle propre à un des personnages ? aux deux ? Justifiez. 4. Quels éléments (disposition, ponctuation, mots 10. a. Expliquez les paroles finales du bourgeois. du texte) permettent de repérer les passages qui rapportent les pensées et les paroles des personnages ? b. En quoi sont-elles inattendues ? 5. L. 14 à 15 : que révèlent les paroles du bourgeois Gardons une trace écrite sur son caractère au lecteur ? ❯ D’après ce texte, quels rôles un dialogue peut-il avoir dans un récit ? 6. L. 23 : a. Quel est le type de phrase employé par le marchand ? b. Quel sentiment cela traduit-il ? ❯ Ce fabliau vise-t-il à faire rire ou à faire réfléchir ? Justifiez. 7. L. 31 à 42 et 46 à 54 : le dialogue entre le marchand et le bourgeois joue-t-il un ou plusieurs de ces 6 Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux 137 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 137 01/07/10 12:22 L’écho du poète La Laitière et le Pot au lait 5 Jean de La Fontaine (1621-1695) Cet écrivain français était le protégé de Fouquet, ministre des finances de Louis XIV. Lorsque Fouquet fut emprisonné à vie par le roi, La Fontaine trouva d’autres appuis à la cour. Il dédia ses Fables à Monseigneur le Dauphin, fils du roi. 10 15 20 25 Perrette, sur sa tête ayant un Pot au lait Bien posé sur un coussinet, Prétendait arriver sans encombre à la ville. Légère et court vêtue, elle allait à grands pas, Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile, Cotillon1 simple et souliers plats. Notre laitière ainsi troussée2 Comptait déjà dans sa pensée Tout le prix de son lait, en employait l’argent, Achetait un cent3 d’œufs, faisait triple couvée4 ; La chose allait à bien par son soin diligent5. « Il m’est, disait-elle, facile, D’élever des poulets autour de ma maison : Le Renard sera bien habile, S’il ne m’en laisse assez pour avoir un cochon. Le porc à s’engraisser coûtera peu de son6 ; Il était, quand je l’eus, de grosseur raisonnable : J’aurai le revendant7, de l’argent bel et bon. Et qui m’empêchera de mettre en notre étable, Vu le prix dont il est8, une vache et son veau, Que je verrai sauter au milieu du troupeau ? » Perrette là-dessus saute aussi, transportée. Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ; La dame de ces biens, quittant d’un œil marri9 Sa fortune ainsi répandue, Va s’excuser à son mari, En grand danger d’être battue. Le récit en farce en fut fait ; On l’appela le Pot au lait. JEAN DE LA FONTAINE, Fables, VII, 10, 1678. Illustration de La Laitière et le Pot au lait par T. C. DERRICK, vers 1910. 1. jupe de paysanne. 2. habillée. 3. une centaine. 4. faisait couver trois fois la même poule ou trois poules à la fois. 5. son effort empressé. 6. céréale. 7. quand je le revendrai. 8. étant donné le prix que j’en tire. 9. triste, fâché. ◗ Un poème en écho ◗ Un poème à réciter 1. En quoi les personnages et la situation évoquent-ils le monde des fabliaux ? 3. Vous distinguerez nettement les passages de récit, le passage où Perrette parle et la morale finale. 2. À quoi le passage au discours direct (vers 12 à 21) sert-il dans la fable ? 4. Vous soulignerez le contraste des tons : gai du vers 1 au vers 22, puis triste du vers 23 au vers 27. 138 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 138 01/07/10 12:22 Faire le point Les fabliaux Arts et culture • Dès la fin du XIIe siècle s’est développée en France une nouvelle forme de littérature en réaction aux romans de chevalerie et à la littérature courtoise : les fabliaux, Le Roman de Renart (voir chapitre 7 p. 152-175), les farces (voir Atelier de lecture p. 176-183). • Ces histoires, situées dans les villes et parfois à la campagne, montrent les réalités de la vie quotidienne. • Les fabliaux se moquent des défauts humains : les principaux thèmes sont l’appât du gain, la tromperie, la gourmandise. • De nos jours, l’esprit des fabliaux est repris par les humoristes et les imitateurs. Un genre littéraire • Les fabliaux, récits en vers du XIIe siècle, écrits en ancien français, la plupart du temps anonymes, étaient récités par des jongleurs (voir p. 108) dans des châteaux lors de fêtes ou dans des foires. Les conteurs accompagnaient leur récit de gestes et de mimiques afin d’amuser un public varié, qui pouvait être composé de nobles ou de vilains, de riches ou de pauvres. • Les fabliaux visent la plupart du temps à faire rire, en critiquant les marchands, les vilains, les femmes, les religieux. • Les valeurs morales sont rarement respectées dans le récit, mais le narrateur conclut par une leçon qui réconcilie la morale et le comique. Assiettes aux proverbes, Pays-Bas, vers 1500. Kunstbibliothek, Berlin. L’écriture des fabliaux • Les fabliaux : – sont de courts récits qui commencent souvent par une phrase d’introduction du narrateur et se terminent par une leçon de morale ; – jouent souvent sur une expression à double sens (voir Atelier d’écriture p. 148-151). • Les fabliaux recourent à plusieurs formes de comiques : – de gestes : coups de bâtons, chutes… ; – de mots : répétitions, patois, jeux de mots, expressions à double sens ; – de situation : trompeur trompé ; – de caractères : naïveté, hypocrisie, gourmandise… 6 Je retiens l’essentiel ❯ Rédigez une définition du fabliau en utilisant les mots suivants : récit – dialogue(s) – tromperie – défaut(s) – comique – se moquer. Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux 139 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 139 01/07/10 12:22 Lexique Varier les verbes de parole 1. Associez les verbes par groupes de trois synonymes. affirmer – conseiller – répondre – demander – crier – interroger – recommander – s’exclamer – assurer – rétorquer – vociférer – s’enquérir – suggérer – déclarer – répliquer 2. En vous servant des verbes de l’exercice 1, ajoutez à chacune des répliques de ce fabliau un verbe de parole et son sujet. Vous varierez les verbes et leur position. Je vais vous expliquer comment parlent les marchands. […] « – J’ai de beaux merlans, frais ou salés. – Qui veut de l’eau ? – Regardez s’il est crémeux, meu eux, ce fromage de Champagne. ne. Et E cee brie donc ! N’oubliez pa pas as votree beurre frais, mesdames. mes. – Ici vous trouverez du grua gruau au et du froment fins, de la farine pilée. » « Les Crieries de Pariss », Fabliaux et Contes du Moyen oyen Âge, © Classiques Hachette, ette, 1978 1978. 9 . Marchande e de harengs saurs, s, Cris de Paris, s, XVIe siècle. e. Explorer le vocabulaire du rire et de la tromperie 3. Classez ces expressions selon qu’elles expriment un rire fort ou caché. rire sous cape – rire à gorge déployée – éclater de rire – pouffer de rire – rire en douce – s’esclaffer – se tenir les côtes de rire 4. Associez les expressions de la liste A aux définitions de la liste B. Liste A : Vous êtes à mourir de rire ! – Vous riez de cette personne. – Vous vous riez de cette personne. – Vous vous riez de tout. – Vous riez jaune. Liste B : être très ridicule – être mal à l’aise – prendre les choses à la légère – se moquer (2 fois). 5. a. Classez ces mots en deux listes : duper, fourbe, se moquer, sournois, tromper, railler. b. Formez les noms correspondants. - Découvrir l’histoire des mots : le vocabulaire médiéval ➜ Réviser la formation des mots – p. 360 6. Associez chaque mot de la liste A au sens qu’il avait au Moyen Âge (liste B). Liste A : confiture – dîner – pâté – potage – soupe – souper – viande. Liste B : nourriture – premier repas de la journée, vers 11 heures – second repas de la journée, vers 17 heures – ce qui est conservé dans du vinaigre ou du gras – ce qui est cuit dans un pot – le pain mis au fond de l’écuelle – ce qui est cuit dans une pâte. 7. a. Quels mots, encore en usage, dérivent de « serf » ? b. Complétez les phrases avec le bon homonyme. 1. Le mâle de la biche se nomme un … 2. Au Moyen Âge, un … est un paysan qui appartient à un seigneur. 3. La mère … son enfant dans ses bras. 4. Le valet … les plats lors du banquet. 8. a. Quel radical repérez-vous dans ces mots : clergé, clerc, clérical ? b. Cherchez le sens de chacun de ces mots. c. Que signifie aujourd’hui l’expression « être grand clerc en la matière » ? 9. Associez chacune de ces expressions : avoir maille à partir avec – chercher noise à quelqu’un – crier haro sur quelqu’un – faire des gorges chaudes – payer en monnaie de singe – le travail au noir a. à son origine médiévale : 1. « Haro ! Haro ! » était le cri poussé quand on se faisait voler dans la rue. 2. Un des ponts de Paris était payant, sauf pour les jongleurs, dispensés du péage s’ils faisaient faire un numéro à leurs singes savants. 3. Les gorges chaudes étaient les petits animaux (souris, mulots) donnés vivants aux oiseaux de proie. 4. Partir signifiait « partager » et la maille était une monnaie trop petite pour être partagée : ceux qui devaient le faire se disputaient toujours. 5. Les associations de métier exigeaient que le travail soit effectué à la lumière du jour, mais certains maîtres, avides d’argent, faisaient travailler leurs ouvriers à la chandelle, une fois la nuit tombée. 6. Noise signifiait « querelle bruyante », « dispute ». b. à son sens actuel : a. Être en conflit avec quelqu’un. b. Payer en fausse monnaie ou faire des plaisanteries au lieu de payer. c. Travail illégal. d. Quereller quelqu’un souvent pour peu de chose. e. Accuser quelqu’un et réclamer un châtiment. f. Se moquer méchamment, avec joie et devant beaucoup de gens. 140 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 140 01/07/10 12:22 Langue et expression Orthographe Conjugaison Aborder l’indicatif des verbes irréguliers du 3e groupe Accorder le participe passé employé avec « avoir » ➜ Verbes irréguliers du 3e groupe – p. 378 ➜ Les accords complexes du participe passé employé avec « avoir » – p. 338 Observer et manipuler Observer et manipuler 1. a. Recopiez les verbes suivants et soulignez leurs 7. a. Recopiez les phrases et soulignez les verbes. bases verbales. b. Combien de bases verbales chacun des verbes comporte-t-il ? 1. Je vais, tu vas, nous allons, tu allais, il alla, vous irez, ils iront. 2. Je dis, il dit, nous disons, vous dites, je disais, ils dirent, elle dira. 3. Je sais, nous savons, tu savais, il saura, ils surent. 1. a. Le marchand a perdu sa sacoche. b. Le marchand l’a perdue. 2. a. Un bourgeois a trouvé la sacoche. b. Il l’a trouvée. b. Avec quel auxiliaire ces verbes sont-ils conjugués ? c. Quelle est la fonction des mots en gras ? d. Quelle est la place respective de chacun de ces compléments par rapport au verbe ? e. Dans quel cas le participe passé s’accorde-t-il avec ce complément ? 2. a. Prononcez les formes au présent du verbe « faire » : je fais, tu fais, il fait, nous faisons, vous faites, ils font. À quelle personne la syllabe « ai » se prononce-t-elle [è] ? b. « Je faisais » : conjuguez le verbe « faire » à toutes les personnes de l’imparfait. Comment prononcez-vous la base verbale : [e] ou [è] ? 8. a. Recopiez les phrases suivantes et soulignez les COD. b. En vous appuyant sur les phrases de l’exercice précédent, accordez les participes passés. Le bourgeois a emport… la sacoche, il l’a plac… en sécurité. Le marchand l’a réclam… puis il l’a laiss… au bourgeois. Formuler la règle 3. Recopiez et complétez les phrases suivantes. Les verbes irréguliers du 3e groupe ont plusieurs … verbales. La difficulté de la base verbale du verbe « faire » tient à sa … Formuler la règle 9. Répondez à la question suivante. À quelle condition le participe passé employé avec l’auxiliaire « avoir » s’accorde-t-il avec le COD ? Découvrir le présent du subjonctif Préparer la dictée : dictée à énigme ➜ Le présent du subonctif – p. 308 Observer et manipuler « Le curé a voulu voir les perdrix tout de suite. Je ne pouvais tout de même pas lui dire non puisque tu l’avais invité pour ça. Dès qu’il les a vues, avant que j’aie le temps de faire un geste, il les a prises d’un coup et s’est sauvé avec. Elles n’étaient plus assez chaudes pour qu’elles le brûlent. Tu étais resté longtemps, tu sais. Qu’est-ce que tu faisais ? » 4. a. À quel groupe chacun des verbes appartientil ? b. Recopiez les verbes et soulignez leurs terminaisons : varient-elles selon les groupes ? Que je plaide, que tu plaides, qu’il plaide, que nous plaidions, que vous plaidiez, qu’ils plaident. Que je réfléchisse, que tu réfléchisses, qu’il réfléchisse, que nous réfléchissions, que vous réfléchissiez, qu’ils réfléchissent. Que je coure, que tu coures, qu’il coure, que nous courions, que vous couriez, qu’ils courent. « Les Perdrix », Fabliaux, coll. Bibliocollège, © Hachette Éducation, 2005. • Qui parle à qui : le paysan à sa femme ? ou la paysanne à son mari ? Relevez une forme qui le prouve. 5. a. À quel verbe chaque liste de formes verbales se rattache-t-elle ? Que j’aie, que tu aies, qu’il ait, que nous ayons, que vous ayez, qu’ils aient. Que je sois, que tu sois, qu’il soit, que nous soyons, que vous soyez, qu’ils soient. b. Recopiez-les en soulignant les terminaisons : lesquelles sont régulières ? • Justifiez l’accord des participes passés en gras. • À quel mode et à Miniature tirée du Livre des Propriétés des choses de Barthelemy l’Anglais, France, 1445-1450. Formuler la règle 6. Répondez aux questions suivantes. Quelles sont les terminaisons du subjonctif présent ? Quels sont les deux verbes qui font exception ? quel temps l’auxiliaire « avoir » est-il conjugué dans la forme verbale en italique ? • Relevez une forme verbale du 3e groupe qui ne s’écrit pas comme elle se prononce. 6 Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux 141 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 141 01/07/10 12:23 Grammaire Distinguer récit et discours direct ➜ Le discours direct – p. 268 Découvrir des emplois du subjonctif ➜ Le présent du subjonctif – p. 308 Observer et manipuler Observer et manipuler 1. Dans le texte, quels signes de ponctuation : 6. a. À quel mode et à quel temps les verbes en gras a. séparent le récit du dialogue au début et à la fin ? b. indiquent les changements de prises de parole ? sont-ils conjugués ? b. Les actions qu’ils expriment sont-elles réalisées ou envisagées par la pensée ? 1. Que j’aie ma sacoche ! 2. Dieu fasse que j’aie ma sacoche ! 3. Je souhaite que vous veniez chez moi. 4. Qu’il me rende ma sacoche ! 5. J’exige qu’il vienne. Les aveugles appelèrent l’hôte et lui dirent : « Nous voulons une chambre et nous vous paierons mieux que des gens plus élégants. […] L’hôte s’empresse de les satisfaire et les mène dans la meilleure chambre. – Seigneurs, fit-il, vous pourriez rester ici une semaine en satisfaisant toutes vos envies […]. – Sire, répondirent-ils, allez vite et faites-nous servir copieusement ! – Faites-moi confiance », répondit le bourgeois et il partit. « Les Trois Aveugles de Compiègne », Fabliaux, coll. Bibliocollège, © Hachette Éducation, 2005. 7. Quelles sont celles des phrases précédentes qui expriment un souhait ? un ordre ? Formuler la règle 8. Recopiez et complétez la phrase suivante. Le mode … exprime des actions envisagées par la pensée ; il sert à exprimer des … et des ... . Repérer des propositions juxtaposées et coordonnées ➜ La phrase complexe : la coordination et la juxtaposition – p. 262 Observer et manipuler 9. a. Combien de verbe(s) chaque proposition Miniature tirée du Tacuinum sanitatis, XIVe siècle. Biblioteca Braidense, Milan. 2. a. Relevez les verbes introducteurs de parole du texte ci-dessus. b. Quelle est la place de chacun d’eux par rapport au discours qu’il introduit ? c. Quels sont les différents signes de ponctuation qui isolent un verbe de parole ? d. Qu’observez-vous quant à la place du sujet par rapport au verbe de parole ? 3. À quelle(s) personne(s) sont conjugués les verbes du récit ? ceux du dialogue ? 4. a. À quels temps de l’indicatif les verbes du récit sont-ils conjugués ? b. Quels temps de l’indicatif relevez-vous dans le dialogue ? Formuler la règle 5. Recopiez et complétez les phrases suivantes. Dans un récit, on repère un dialogue à une … particulière : deux-points, … , tirets. Les répliques sont introduites par des verbes de … dont la place varie. Dans le dialogue, on emploie des pronoms personnels de la … et de la … personne du singulier et du pluriel. entre crochets compte-t-elle ? b. Quels sont les deux mots qui servent à relier (coordonner) des propositions dans cette phrase ? c. Comment les autres propositions sont-elles reliées (juxtaposées) ? [Au terme fixé le vilain fut nommé prévôt], mais [il ne fut pas meilleur pour cela], [il ne fit pas bon usage de son pouvoir], [il se mit au service des riches et des puissants] et [opprima les petits et les faibles]. « Merlin Merlot », Fabliaux du Moyen Âge, trad. A. Micha, © Flammarion, 1998. 10. a. Recopiez les phrases en mettant les propositions entre crochets. b. Entourez les conjonctions de coordination, soulignez d’un trait les propositions coordonnées, de deux traits celles qui sont juxtaposées. Le lendemain, il se leva et il mit son plus riche costume. Il fit préparer son cheval, il partit accompagné de ses gens, il s’en alla vers le bois. Il laissa deux sergents à quelque distance et il entra seul dans le bois. Formuler la règle 11. Recopiez et complétez les phrases suivantes. Deux propositions reliées par une … sont juxtaposées. Deux propositions peuvent aussi être … par une conjonction de coordination : …, ou, …, donc, or, ni, car. 142 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 142 01/07/10 12:23 Langue et expression Écrit Rédiger des récits en insérant des paroles 1. Poursuivre un récit en insérant des paroles SUJET 1 : Poursuivez ce récit en insérant des boniments, c’est-à-dire des paroles destinées à attirer la clientèle, employés par une dizaine de marchands de votre choix pour vanter leur marchandise. Préparation : Voici un nouvel écrit du pauvre Guillaume de la Villeneuve. Je vais vous expliquer comment parlent les marchands. Ce sont des gens qui veulent devenir riches, mais en fait ils n’arrêtent pas de crier. Ils vont sans repos dans les rues de Paris au milieu de la nuit. Dès l’aube, écoutez-les crier : « – Seigneurs, allez donc vous baigner sans plus attendre. Les bains sont chauds. » Un peu plus tard, vous les entendrez : « – Frais, les harengs, frais ! » Consignes d’écriture : • Choisissez dix marchands différents et leur marchandise en vous aidant des enluminures de la page 131. • Alternez phrases de récit et paroles des marchands. • Respectez la ponctuation du dialogue et employez des verbes introducteurs de parole. • Employez des phrases exclamatives. • Variez les tournures de phrases. « Les Crieries de Paris », Fabliaux et Contes du Moyen Âge, © Classiques Hachette, 1978. 2. Développer un scénario 3. Insérer un dialogue en insérant un dialogue dans un récit SUJET 2 : Développez la scène du procès, soulignée dans le résumé ci-dessous, en insérant un dialogue. Un pêcheur, en lançant son filet, vit un homme se noyer. Il le repêcha grâce à un crochet que malheureusement il lui planta dans l’œil. Celui qui avait été sauvé engagea un procès en se plaignant d’avoir perdu son œil. Un fou proposa au juge de le remettre à l’eau, s’il s’en sauvait tout seul, il serait indemnisé pour la perte de son œil. Le borgne retira sa plainte. D’après « Le Prudhomme qui sauva son compère de la noyade ». Miniature tirée des fables de Kalila et Dimna, de Bidpai, XVe siècle. Musée Condé, Chantilly. Consignes d’écriture : • Employez le passé simple de l’indicatif pour les verbes introducteurs de parole. • Respectez la ponctuation du dialogue dans un récit. • Employez un ton vif (phrases exclamatives et injonctives). • Formulez des souhaits au subjonctif. • Employez au moins un mot ou une expression d’origine médiévale. 6 SUJET 3 : Inventez un récit en deux étapes qui illustre le scénario du « trompeur trompé ». Vous insérerez un dialogue dans votre récit. Préparation : • Choisissez les personnages, le lieu et l’époque qui vous conviennent. • Construisez une histoire en deux étapes : – première étape : un personnage trompe un autre personnage ; – seconde étape : le trompeur est trompé à son tour, soit par celui qu’il a trompé, soit par un nouveau personnage. Consignes d’écriture : • Rédigez le récit au passé composé, accordez correctement les participes passés. • Employez des verbes introducteurs de parole et variez leur place (par rapport au dialogue). • Respectez la ponctuation du dialogue dans le récit. • Employez un ton vif (phrases exclamatives et injonctives). Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux 143 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 143 01/07/10 12:23 Langue et expression Oral Jouer et improviser des dialogues 1. Dire ou jouer un extrait des « Crieries de Paris » SUJET 1 : Par groupes, dites et / ou jouez cette scène extraite des « Crieries de Paris » où des marchands ambulants vantent leurs produits. « – J’ai de beaux merlans, frais ou salés. – Qui veut de l’eau ? – Regardez s’il est crémeux, ce fromage de Champagne. Et ce brie donc ! N’oubliez pas notre beurre frais, mesdames ! – Ici, vous trouverez du gruau et du froment fins, de la farine pilée. – Voyez s’ils sont bien gros, mes pois. – Pêches mûres, poires de Bourgogne, pommes d’Auvergne. – Qui veut de l’huile de noix, des cerneaux, du vinaigre et du vinaigre de moutarde ? J’ai aussi de la lie de vin. – Demandez mes cerises. Voici des œufs et des poireaux. Mes pâtés et mes gâteaux sont tout chauds ; achetez mes gaufres et mes galettes. » « Les Crieries de Paris », Fabliaux et Contes du Moyen Âge, © Classiques Hachette, 1978. Marchande de poirée et d’épinards. Cris de Paris, XVIe siècle. 2. Improviser une scène de dispute SUJET 2 : Improvisez une scène de dispute entre un marchand et son client. Préparation : • En cinq minutes maximum, définissez le canevas de la scène : de quoi le marchand ou le client est-il accusé ? Qui va gagner ? La scène se situe-t-elle au Moyen Âge ou aujourd’hui ? Réalisation : • Jouez en improvisant vos répliques, mais en respectant le canevas que vous avez défini. • Enchaînez vos prises de parole. • Donnez de la vivacité à votre improvisation : déplacements, gestes, ton. • Employez un niveau de langue courant. Reformulation : • D’après ce qu’ils ont vu, les spectateurs identifient le canevas choisi par le groupe. 3. Inventer des dialogues dont les enjeux diffèrent SUJET 3 : Un(e) enfant discute avec ses parents à propos d’une fête de rue. Inventez, puis jouez un dialogue qui corresponde à l’un de ces enjeux : informer, négocier ou s’affronter. Préparation : Préparation : • Cherchez le sens des mots que vous ne connaissez pas. • Répartissez-vous les rôles. • Apprenez chacun le vôtre, récitez-le en choisissant une intonation appropriée. • Entraînez-vous à enchaîner vos répliques. • Imaginez des déplacements et des gestes pour accompagner les paroles. • La fête : choisissez une fête de rue et listezen les caractéristiques (date, horaire, lieu, participants, attractions…). • Les personnages : établissez leur fiche d’identité (âge, prénom, caractère…). • Les arguments : cherchez des éléments : a. qui peuvent attirer l’enfant à la fête ; b. que les parents peuvent opposer à l’enfant. Consignes de jeu : • Veillez à trouver la bonne intonation et le bon vocabulaire selon l’enjeu choisi. • Adaptez votre niveau de langue à votre personnage. • Utilisez des phrases interrogatives correctes. 144 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 144 01/07/10 12:23 Lectures personnelles Romans de jeunesse sur la vie quotidienne au Moyen Âge Évelyne Brisou-Pellen Marie-Christine Helgerson Jean-Côme Noguès Martine Pouchain Le Fantôme de maître Guillemin Dans l’officine de maître Arnaud Le Vœu du paon © Pocket Jeunesse, 1997. Meurtres à la cathédrale © Éditions Gallimard Jeunesse, 1998. © Castor Poche Flammarion, 1999. La vie dans les écoles médiévales. La vie des médecins. Lectures à la La vie d’un troubadour en pays d’Oc. © Folio Junior, Éditions Gallimard, 2000. La vie des artisans lors de la construction d’une cathédrale. une Dossier spécial : La vie au Moyen Âge dans les romans • Lisez un de ces romans de jeunesse. Bertrand Solet La Croisade de la liberté © Castor Poche Flammarion, 2002. La vie des croisés. • Rédigez un article d’une vingtaine de lignes pour contribuer au Dossier « La vie au Moyen Âge dans les romans » réalisé par la classe pour un magazine à destination des collégiens. • Présentez votre article en une colonne. • Choisissez un titre pour votre article. Odile Weulersse Le Chevalier au bouclier vert © Livre de poche Jeunesse, 2001. • Rédigez un chapeau de présentation avec une écriture différente du reste de l’article. • Choisissez un ou deux aspects de la vie au Moyen Âge traités dans le roman et expliquez ce que vous avez appris. La vie des chevaliers. • Terminez par une phrase de commentaire personnel. 6 Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux 145 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 145 01/07/10 12:23 Évaluations Lexique Orthographe et conjugaison Grammaire Apprendre à réviser Relisez « Faire le point » (voir p. 139). Citez trois verbes introducteurs de parole. (voir p. 140) Quelle est la règle d’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire « avoir » ? (voir p. 141) Comment peut-on relier deux propositions par juxtaposition ? par coordination ? (voir p. 142) Le Tailleur du roi et son apprenti Le chambellan1 du roi offre du miel à un maître tailleur et à ses apprentis. Le maître tailleur prétexte que Nidui, son garçon tailleur, absent, ne mange pas de miel, pour ne pas lui en laisser. Ce dernier mis au courant de l’affaire jure de se venger. U Tailleur. Traités philosophiques et moraux, manuscrit, 1372. Bibliothèque municipale, Besançon. 1. personne chargée du service du roi. 2. ici, discrètement. 3. parce qu’elle risque de mourir. 4. petite échelle. 5. épuisés. 6. folie. n jour, Nidui vint en grand secret trouver le chambellan et s’adressa à lui à mots couverts2 : « Seigneur, lui dit-il, au nom de Dieu, je vous prie de m’écouter car il faut que vous soyez mis au courant 5 d’une certaine chose : périodiquement, à chaque changement de lune, notre maître a des troubles mentaux ; il perd le sens et devient fou et si, alors, il n’est pas rapidement ligoté, toute personne qui croise son chemin risque de ne plus jamais pouvoir 3 10 manger de pain ! » Le chambellan répondit alors à Nidui : « En vérité, si je pouvais prévoir précisément le début de ces crises, je le ferais si bien ligoter qu’il ne pourrait vous causer aucun dommage. » 15 Nidui répliqua alors : « Je vais vous dire comment cela se passe, car j’ai déjà eu l’occasion d’assister à ses crises : quand il se mettra à regarder ici et là et à battre de la main l’espace autour de lui et quand il se relèvera brusquement en bousculant son escabeau4, alors vous pourrez être assuré que c’est sa folie qui le prend 20 et il n’en sortira pas avant d’être ligoté et battu. » Le chambellan dit alors à Nidui : « Je vais le surveiller du mieux que je le pourrai et quand je verrai les signes avant-coureurs de la crise que vous m’avez décrits, je le ferai ligoter et battre. Plaise à Dieu que, par suite de sa folie, personne d’entre vous ne 25 perde la vie ! » Nidui ne perdit pas de temps : il cacha les ciseaux de son maître. Un jour, ce dernier voulut couper une pièce d’étoffe mais il ne put mettre la main sur ses ciseaux ; il regarda ici et là et se releva brusquement en bousculant 146 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 146 01/07/10 12:23 son escabeau pour chercher partout ses ciseaux. Il tapota du pied le sol tout 30 autour de lui et se comporta comme quelqu’un qui aurait perdu la raison. Quand le chambellan le vit agir ainsi, il n’en fut point réjoui ; il appela aussitôt les apprentis et leur ordonna de ligoter leur maître. Ceux-ci lui obéirent : ils lièrent leur maître et le battirent jusqu’à en être complètement fourbus5, puis ils le délièrent. Quand il fut libéré, le maître tailleur demanda au chambellan 35 pourquoi il l’avait fait attacher et aussi vilainement maltraiter. « Nidui me l’a conseillé, répondit-il, en me faisant entendre que périodiquement, lors des changements de lune, vous aviez des accès de démence6 et que si l’on ne vous attachait solidement, l’un ou l’autre d’entre nous pourrait en subir les conséquences. » Le maître tailleur appela Nidui : 40 « Depuis quand as-tu appris que j’avais périodiquement des accès de folie ? » lui demanda-t-il. Et Nidui lui répliqua : « Et vous, dites-moi donc aussi depuis quand je ne mange pas de miel ! » Le chambellan et tous les apprentis, petits et grands, éclatèrent de rire et 45 ce fut à juste titre, car celui qui trompe son compagnon mérite d’en recevoir la monnaie de sa pièce. Celui qui sème le mal récolte ce qu’il a semé. « Le Tailleur du roi et son apprenti », Fabliaux et contes du Moyen Âge, © Le Livre de Poche, 1987. Compréhension du texte Étude de la langue 1. a. « Nidui vint » (l. 1) : à quel mode et à quel temps ce verbe est-il conjugué ? b. Quel est le dernier verbe du fabliau conjugué au même mode et au même temps ? c. Quelle partie du fabliau ces deux verbes délimitent-ils ? 1. Relevez deux verbes introducteurs de parole qui sont synonymes. 2. a. À quel mode et à quel temps l’auxiliaire « être » est-il conjugué à la l. 4 ? b. Relevez un verbe conjugué au même mode et au même temps. 2. a. Expliquez avec vos propres mots la ruse inventée par Nidui. b. Quel rôle les paroles de Nidui (l. 3 à 10) jouent-elles pour le chambellan ? pour le lecteur ? 3. Justifiez l’accord du participe passé « décrits », l. 23. 4. « Je vais » : conjuguez ce verbe, à la même personne, aux trois autres temps simples de l’indicatif et soulignez chaque base verbale. 3. À quel mode et à quel temps la majorité des verbes des lignes 46 à 47 sont-ils conjugués ? Quelle est ici la valeur de ce temps ? 5. a. Recopiez les lignes 1 et 2. b. Soulignez les verbes. c. Délimitez les propositions par des crochets. d. Sont-elles juxtaposées ou coordonnées ? Justifiez. 4. a. Expliquez l’expression « recevoir la monnaie de sa pièce ». b. Formulez avec vos propres mots la morale de ce fabliau. Expression écrite Lecture d’image Imaginez un récit, que vous situerez à notre époque, pour illustrer la dernière phrase du texte. Vous insérerez un dialogue dans votre récit. 1. De quel type d’image s’agit-il ? Justifiez. Méthode : – vous placerez la dernière phrase du texte soit au début de votre récit soit à la fin ; – votre récit comportera deux étapes : l’action de semer le mal, le résultat ; – vous emploierez le passé simple de l’indicatif. 2. Quelle profession est représentée ? À quel personnage du texte l’image fait-elle écho ? 6 Bourgeois, prêtres et vilains dans les fabliaux 147 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P130-147-9782011256218.indd 147 01/07/10 12:23 Écrire un fabliau moderne ➺ Rédiger un fabliau moderne en s’inspirant d’un fabliau médiéval ➺ Construire un fabliau autour d’une expression à double sens Vous allez écrire un fabliau moderne qui repose sur une expression à double sens. Vous procéderez selon les différentes étapes proposées dans cet atelier. Étape 1 Comprendre ce qu’est une expression à double sens A « Verser un pot de vin » B « Graisser la patte à quelqu’un » • D’après le dessin ci-dessous, expliquez ce que signifie au sens propre l’expression « verser un pot de vin ». • L’expression « graisser la patte à quelqu’un » signifie : • D’après le texte ci-dessous, dites si cette expression employée au sens figuré signifie : – offrir une caisse de vin à quelqu’un ; – chercher à obtenir les faveurs de quelqu’un en le faisant profiter illégalement d’un avantage ; – être charitable envers quelqu’un. Une commune désire faire construire un stade et met plusieurs entreprises en concurrence. Le responsable malhonnête d’une de ces entreprises téléphone au maire et lui propose d’effectuer gratuitement des travaux dans sa maison en échange de l’obtention du marché. Il espère qu’en versant ce pot de vin, son entreprise remportera l’offre. – au sens propre : mettre du gras sur la main de quelqu’un ; – au sens figuré : offrir de l’argent à quelqu’un pour obtenir un gros avantage en contrepartie. • L’expression « graisser la patte à quelqu’un » au sens figuré est-elle antonyme ou synonyme de l’expression « verser un pot de vin » ? 148 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P148-151-9782011256218.indd 148 01/07/10 12:25 Étape 2 Lire et analyser un fabliau médiéval • Lisez le fabliau suivant, dont vous vous inspirerez pour écrire votre fabliau. La vieille qui graissa la patte au chevalier TEXTE INTÉGRAL Je vais vous raconter une histoire, à propos d’une Miniature tirée du Traité de médecine de Aldebrando de Florence, 1356. Biblioteca d’Ajuda, Lisbonne. 15 20 25 30 1. officier seigneurial chargé de la justice. 2. ici, votre amende. 3. unité de monnaie. 4. l’intérieur de la main. 5. pitié. 6. sans avoir à payer. 7. la leçon. 35 vieille femme, pour vous amuser. Cette vieille femme avait deux vaches, dont elle tirait sa subsistance. Un jour que les vaches étaient dehors, le prévôt1 les trouva dans son pré. Il les fait 5 conduire en sa maison. Quand la vieille apprend la chose, elle va le trouver sans plus attendre et le prie de lui faire rendre ses vaches. Elle le prie et le supplie, mais rien n’y fait : le prévôt reste sourd à ses supplications. 10 – Par ma foi, dit-il, belle vieille, vous paierez d’abord votre écot2, de bons deniers3 sortis de votre pot. La bonne femme s’en va, triste et abattue, la tête basse, la mine longue. Elle rencontre en route Hersent, sa voisine, et lui conte son affaire. La voisine lui dit qu’elle doit aller parler au chevalier : il n’y a qu’à lui « graisser la patte » et il lui rendra ses vaches, sans lui demander rien de plus. La bonne femme, dans sa naïveté, rentre chez elle et va prendre un morceau de lard dans sa cuisine, puis se dirige tout droit vers la maison du chevalier. Celui-ci se promenait devant sa demeure et il se trouvait qu’il avait mis ses mains derrière son dos. La vieille femme s’approche de lui par-derrière et se met à lui frotter la paume4 de la main avec son lard. Quand le chevalier sent à sa main le contact du lard, il se retourne et aperçoit la vieille femme. – Bonne vieille, que fais-tu donc ? – Sire, pour l’amour de Dieu, miséricorde5 ! On m’a dit de venir à vous et de vous graisser la paume : si je pouvais le faire, mes vaches me seraient rendues toutes quittes6. – Celle qui t’a appris cette leçon entendait tout autre chose ; mais tu n’y perdras rien pour autant. On te rendra tes vaches toutes quittes, et je te donnerai en plus le pré et l’herbe. Que les hommes riches et faux tirent la morale7 de l’aventure ; ils vendent leur parole et ne font rien honnêtement. Chacun se laisse aller à prendre, le pauvre n’a aucun droit, s’il ne donne. ANONYME, Fabliaux du Moyen Âge, traduction A. Micha, © GF-Flammarion, 1998. Atelier d’écriture Écrire un fabliau moderne 149 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P148-151-9782011256218.indd 149 01/07/10 12:25 • Pour comprendre le fabliau, répondez aux questions suivantes. L’organisation du fabliau 1. a. Dans la première phrase, qui est représenté par les pronoms personnels « je » et « vous »? b. À quoi cette première phrase sert-elle ? 2. a. Que constitue le dernier paragraphe du fabliau ? b. À quel temps les verbes sont-ils conjugués ? Pourquoi ? 3. Entre la première phrase et le dernier paragraphe, de quoi le fabliau est-il composé ? Les personnages 4. Reproduisez le tableau et complétez-le. a. Le fabliau présente-t-il beaucoup de personnages ? b. Offre-t-il un portrait détaillé des personnages ? c. Classez-les en deux groupes selon qu’ils sont honnêtes ou malhonnêtes. PERSONNAGES GN qui les désignent Un récit qui repose sur une expression à double sens 5. Quelle est la situation initiale ? 6. a. À quelle condition le prévôt accepterait-il de rendre les vaches ? b. Son attitude vous paraît-elle en accord avec sa fonction ? 7. a. Comment la voisine vient-elle en aide à la vieille femme ? b. Pourquoi l’expression « graisser la patte » est-elle écrite entre guillemets ? c. Comment la vieille comprend-elle cette expression ? d. Quel détail du récit rend la scène possible ? e. Le chevalier comprend-il l’expression comme la vieille ou comme la voisine ? 8. a. Qui sort gagnant de cette histoire ? b. Cette fin vous paraît-elle juste ? Expliquez. La morale du fabliau Condition sociale 9. a. À qui « la morale » s’adresse-t-elle ? b. De qui le narrateur prend-il la défense ? Portrait physique 10. Quelle leçon de vie le dernier paragraphe suggère-t-il ? Portrait moral Étape 3 Découvrir d’autres expressions à double sens • Associez chaque expression : a. au dessin qui illustre son sens propre ; b. à son sens figuré. Expressions I. Jeter de la poudre aux yeux à quelqu’un. Sens figuré II. Éclairer la lanterne de quelqu’un. B. Être impeccablement vêtu(e). III. Prendre le taureau par les cornes. C. Repartir au commencement. IV. Être tiré(e) à quatre épingles. D. Alerter quelqu’un. V. Mettre la puce à l’oreille de quelqu’un. E. Renseigner quelqu’un. VI. Faire table rase. F. Faire face à une difficulté. 1 A. Faussement éblouir quelqu’un. 2 3 150 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P148-151-9782011256218.indd 150 01/07/10 12:25 4 5 6 Étape 4 Rédiger au brouillon les grandes lignes du récit SUJET : Rédigez un fabliau situé à notre époque et construit à partir d’une expression à double sens : un personnage naïf reçoit un conseil sous la forme d’une expression au sens figuré qu’il interprète au sens propre. Ce personnage sort gagnant de l’histoire. Vous insérerez deux brefs passages de dialogue. Conseils d’écriture : • Choisissez une des expressions à double sens étudiées ci-dessus. • Vérifiez que vous connaissez les deux sens de l’expression (sens propre, sens figuré). • Écrivez en quelques phrases simples les grandes lignes de votre fabliau, en quatre étapes : – la situation initiale : à notre époque, un personnage naïf se trouve dans une situation embarrassante : laquelle ? – quelqu’un lui donne un conseil, sous forme d’une expression à double sens : laquelle ? – le personnage naïf interprète l’expression au sens propre : que fait-il ? – la situation finale : qui fait comprendre au personnage naïf son erreur d’interprétation ? Comment le naïf sort-il gagnant ? Étape 5 Améliorer le brouillon par un échange oral • Par binômes, à partir des grandes lignes de votre récit, racontez-vous, à tour de rôle, votre histoire. L’élève qui écoute s’assure de la clarté de l’histoire racontée et, au besoin, demande des précisions. • Ensemble, pour chacun de vos fabliaux, préparez une phrase d’introduction, dans laquelle vous vous adressez aux lecteurs, et une phrase de morale. Rédigez ces phrases au présent de l’indicatif. Étape 6 Rédiger le fabliau complet au brouillon et recopier • En vous aidant du travail de préparation et de la grille d’autocorrection ci-dessous, rédigez votre fabliau complet au brouillon. GRILLE D’AUTOCORRECTION J’ai rédigé un paragraphe d’introduction à la première personne du présent de l’indicatif, qui présente l’histoire à mon public. J’ai organisé le récit en quatre paragraphes qui correspondent aux quatre étapes de l’histoire. Mon récit est rédigé au passé. Les personnages sont peu nombreux et peu décrits. L’histoire se déroule à notre époque. J’ai inséré deux brefs passages de dialogue. J’ai rédigé un paragraphe de conclusion au présent de vérité générale, qui contient la morale. Je me suis relu(e) pour corriger les erreurs d’orthographe (accords, conjugaison…). OUI NON • Relisez-vous avec la grille d’autocorrection, puis recopiez votre travail. Atelier d’écriture Écrire un fabliau moderne 151 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P148-151-9782011256218.indd 151 01/07/10 12:25 7 Le Roman de Renart Lire un récit critique et parodique Lectures : textes et images Objectifs • L’univers du Roman de Renart ............. • Le Roman de Renart, ANONYME ◗ Découvrir l’œuvre et les personnages ........ 154 Renart et les anguilles ..................... Renart et Tibert ......................... Le combat de Renart et d’Isengrin .... Au chevet du roi Noble .............. Renart pèlerin ................................ ◗ Analyser les caractéristiques du héros ........ ◗ Comprendre un comique de situation ........ ◗ Découvrir un texte parodique ................... ◗ Étudier une critique du pouvoir ................ ◗ Étudier une critique de la religion ............. 156 158 160 162 164 • Le Roman de Renart, J. M. MATHIS et T. MARTIN ................... ◗ Lire une B.D. pour écrire .......................... 165 L’écho du poète • « Le Renard, le Loup et le Cheval », Fables, XII, 17, J. DE LA FONTAINE ........................... 166 Faire le point Le Roman de Renart .................................................................................................. 167 Langue et expression Lexique : Le vocabulaire de la justice – Deux familles de mots – Le lexique des défauts ....................................................................................... Orthographe et conjugaison : Le présent de l’indicatif de « vouloir » et « pouvoir » – La conjugaison à la voix passive .......................................................................... Grammaire : La phrase passive – Les GN compléments circonstanciels – Les modes dans la proposition subordonnée conjonctive introduite par « que » ..... Écrit : Raconter à la manière du Roman de Renart ............................................... Oral : Jouer un procès de Renart ......................................................................... Fiche-méthode : Monter un procès Lectures personnelles ................................................................................... 168 169 170 171 172 173 Évaluations • La pêche d’Isengrin, B. RABIER .............................................................................. 174 152 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 152 01/07/10 12:28 Gravure d’après W. VON KAULBACH pour une édition de 1846 du Roman de Renart de J. W. Goethe. 1 Renart est-il présenté comme un animal ou un homme ? Justifiez. 2 Quels traits de caractère du renard cette gravure suggère-t-elle ? 7 Le Roman de Renart 153 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 153 01/07/10 12:28 Pour entrer dans le chapitre • Connaissez-vous des histoires dans lesquelles intervient un renard ? • Quelles sont dans ces histoires les principales caractéristiques du renard ? Lectures Avant de lire les textes • Aujourd’hui, qu’appelle-t-on « un roman » ? L’univers du Roman de Renart Qu’appelle-t-on Le Roman de Renart ? Le Roman de Renart n’est pas un roman au sens habituel du terme mais un recueil poétique écrit en langue romane, d’où le nom de « roman ». Le Roman de Renart fut écrit en octosyllabes (vers de huit syllabes) entre 1170 et 1250 par une vingtaine d’auteurs, la plupart anonymes. Certains cependant nous sont connus, comme le poète Pierre de Saint-Cloud. Ce roman s’inspire de recueils de fables latines et d’un conte médiéval rédigé en latin vers 1150, Ysengrinus, qui racontait la rivalité entre Ysengrinus le loup et Reinardus le goupil. Il se compose d’environ 30 000 vers répartis en 27 contes ou « branches », où le goupil joue le rôle principal. UquinDamle prestres de la Croix en Brie U n prêtre de la Croix-en-Brie – que le Seigneur Dieu lui donne une bonne vie Diex doint bone vie et ce que plus li atalente, a mis son estuide et s’entente a faire une novele branche de Renart qui tant set de ganche. Un boens contierres, c’est la vroie, nos tesmoigne l’estoire a vraie. Le Roman de Renart d’après le manuscrit de Cangé par MARIO ROQUES, © Librairie Honoré Champion, 1983. et tout ce qui lui tient à coeur ! – a mis toute son application studieuse à5 écrire une nouvelle branche sur Renart qui sait tant de ruses. Un bon conteur, c’est la vérité, nous témoigne que l’histoire est vraie. Traduction de FRANÇOISE CARRIER. histoire des mots De « goupil » à « renard » ! En ancien français, pour parler d’un renard, on utilisait le nom « goupil », issu du latin vulpes. Ce nom a été remplacé par celui de « renart » en raison du succès du Roman de Renart dont le héros, un goupil, se nommait « Renart ». Au fur et à mesure de l’évolution de la langue, le « t » final s’est adouci en « d » : Renart est devenu « renard ». 154 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 154 01/07/10 12:28 un roi et des barons Noble, le roi * Fière, la reine Renart, seigneur de Maupertuis Isengrin, le loup Brun, l’ours Tibert, le chat Tiécelin, le corbeau * voir Glossaire médiéval, p. 372. Brichemer, le cerf Couard, le lièvre Découvrir l’œuvre et les personnages ◗ L’œuvre 1. D’après le manuscrit de la page 154, à quoi voyezvous que le texte médiéval était un poème ? 2. Quelles informations cet extrait donne-t-il sur b. Ce mot s’emploie-t-il pour des hommes ou pour des animaux ? 6. Quels noms de personnages reflètent un trait physique ou de caractère de l’animal ? l’œuvre et sur le personnage ? 7. Dans les images, les personnages sont-ils 3. Que signifiait le mot « roman » au Moyen Âge ? représentés tels des animaux ou des humains ? Justifiez. 4. Quelle preuve avons-nous que Le Roman de Renart a connu un vif succès au Moyen Âge ? Gardons une trace écrite ◗ Les personnages ❯ Résumez en quelques lignes ce que vous avez appris à propos du Roman de Renart. 5. a. Que signifie le nom « baron » ? 7 Le Roman de Renart 155 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 155 01/07/10 12:29 Lectures Avant de lire le texte • Sous quel nom générique peut-on regrouper les mots « anguilles », « lamproies » et « harengs » ? Renart et les anguilles 1. violemment. 2. environ cent mètres. 3. en cachette. 4. tromper. 5. ils ne comprirent rien. 6. tromperie. 7. rajouté. 8. nous l’écorcherons. 9. vantardise. 10. plante aromatique. 11. à l’origine, objet religieux formé de grains enfilés comme les perles d’un collier, que l’on fait glisser entre ses doigts en récitant des prières. 12. cou. Illustration de 1932 par X. KOSMINSKI pour Le Roman de Renart. V oilà Renart qui s’accroupit au milieu du chemin : il tend son cou frénétiquement1 dans toutes les directions, ne sachant où trouver de quoi se nourrir ; la faim lui fait une guerre cruelle. […] Voici qu’arrivent à toute vitesse des marchands qui transportaient des poissons. […] 5 Renart, qui trompe le monde entier, se trouvait bien à plus d’une portée d’arc2 de la charrette. Quand il la vit ainsi chargée d’anguilles et de lamproies, il court au-devant des marchands, par les voies détournées, en tapinois3, pour les berner4 : ils n’y virent que du feu5. Il s’est allongé en plein milieu du chemin : écoutez donc comment il s’y prend pour les 10 égarer ! Il s’est couché à plat et fait le mort, Renart, celui qui sait abuser son monde ; les paupières baissées, il découvre ses dents et retient son haleine. A-t-on jamais entendu parler de semblable perfidie6 ? Il demeure sur place dans cet état, couché par terre. Les marchands arrivent, sans prendre garde à la chose. Le premier qui le découvre l’examine et appelle 15 son compagnon : « Regarde, là, un renard ou un chien ! » L’autre l’aperçoit et s’écrie : « C’est un renard, va le prendre, va. » […] Le marchand se précipite aussi vite qu’il peut, suivi de son compagnon ; les voici arrivés près de Renart. Ils trouvent le goupil sur le dos : ils le tournent dans tous les sens, lui pincent le dos puis la gorge ; 20 ils n’ont pas peur de se faire mordre ! L’un a déclaré : « Il vaut quatre sous ! » et l’autre a renchéri7 : « Dieu me sauve ! non ! il vaut bien cinq sous, et c’est bon marché ! Nous ne sommes pas trop chargés : jetons-le dans notre charrette. Vois comme sa gorge est blanche 25 et nette ! » Cela dit, sans perdre de temps, ils l’ont lancé dans la charrette et se sont remis en route. Grande est leur joie à tous deux ; ils se disent : « Voilà pour le moment, mais cette nuit, quand nous serons chez nous, nous lui retournerons la casaque8 ! » 30 Ils se satisfont pour le moment de cette fanfaronnade9, mais Renart se contente d’en sourire, car il y a un fossé entre la parole et les actes. Il était couché sur les paniers, le nez dessus : d’un coup de dents il en a ouvert un dont il a tiré, croyez-m’en, plus de trente harengs. Le panier se 35 trouva presque vide, car il avait mangé de bon appétit, en se passant de sel comme de sauge10. […] Il s’en est pris à un second panier : il y a plongé le museau et n’a pas manqué son coup, car il en retire deux chapelets11 d’anguilles. Renart qui a plus d’un tour dans son sac, passe sa tête et son encolure12 au travers et pose les 40 deux bouts de la corde sur son dos, bien serrés l’un contre l’autre, de 156 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 156 01/07/10 12:29 manière à en être bien recouvert ; désormais plus besoin de continuer sa besogne. […] Il s’est élancé du haut de la charrette jusqu’en plein milieu du chemin, emportant sa proie enroulée autour du cou. Une fois qu’il a sauté, il dit 45 aux marchands : « Que Dieu ait votre âme ! Ces quelques anguilles sont pour moi, gardez tout le reste ! » Et quand les marchands l’entendent, leur étonnement ne connaît pas de borne. Le Roman de Renart, traduction A. Strubel, © Éditions Gallimard, 1998. Miniature tirée du manuscrit du XIIIe siècle du Roman de Renart, BnF. Analyser les caractéristiques du héros ◗ L’histoire 1. « Voilà Renart qui… » : a. Selon vous, qui s’exprime dans ce passage ? b. Relevez d’autres passages du texte où s’exprime la même personne. c. À qui, selon vous, ces paroles s’adressent-elles ? d. Au Moyen Âge, Le Roman de Renart était-il lu ou raconté ? Justifiez. 2. De quoi Renart souffre-t-il au début du texte ? Justifiez. 3. Comment s’y prend-il pour résoudre son problème ? Résumez en quelques phrases. ◗ Les personnages b. Qu’est-ce qui différencie Renart d’un simple animal ? Appuyez votre réponse sur plusieurs éléments du texte. ➜ Histoire des mots : de l’ancien français au français moderne – p. 369 6. Quels sont les principaux traits de caractère des marchands ? Justifiez. 7. a. De quelles qualités Renart fait-il preuve ? b. De quels défauts également ? c. Apparaît-il comme un personnage sympathique ou antipathique ? Justifiez. ◗ Lire les images 8. Quel épisode de l’histoire chaque image illustre- 4. a. Quel est le personnage principal ? b. Quels sont les deux noms synonymes qui le désignent ? c. Lequel de ces deux noms est antérieur à l’autre dans la langue française ? 5. a. Relevez des passages dans lesquels Renart est présenté comme un animal. t-elle ? Gardons une trace écrite ❯ D’après cet extrait, dites en quelques lignes quelles sont les principales caractéristiques de Renart. Exercice d’écriture De retour chez lui, au château de Maupertuis, Renart partage son butin avec son épouse et ses enfants et leur fait part de son aventure. Votre texte racontera le partage de la nourriture au passé simple et rapportera le récit de Renart en respectant la ponctuation du discours direct. 7 Le Roman de Renart 157 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 157 01/07/10 12:29 Avant de lire le texte Lectures • Que signifient les mots « zoomorphe » et « anthropomorphe » ? Renart et Tibert R 5 10 15 20 25 30 enart découvre dans une ornière1, entre le bois et le chemin, un piège fait d’un tronçon de chêne fendu, qu’un vilain* y avait déposé. Il est malin et l’évite très facilement ; maître * Tibert ne perd rien pour attendre, car s’il arrive à l’attirer dans le piège, il lui fera passer un mauvais moment ! Renart l’apostrophe en riant. « Tibert, lui dit-il, voilà pourquoi je vous estime : vous êtes brave, vous avez belle allure et votre cheval est très rapide ; montrez-moi ses talents à la course ! Prenez ce chemin où il y a beaucoup de poussière et faites-le courir sur toute la longueur de ce sentier ! Le terrain est plat et de belle qualité. » Tibert le chat est très excité, et le comportement de Renart est tout à fait diabolique : il veut lui faire commettre une folie. […] Le chat lance sa monture à bride abattue2, jusqu’à l’endroit où il voit le piège posé ; il ne l’esquive pas3, mais le franchit d’un bond. Renart, qui a vu le saut, se rend parfaitement compte que le chat a aperçu le piège et qu’il n’arrivera pas à le tromper. Il réfléchit à ce qu’il va dire et à la façon de lui jouer un tour. Il s’approche de lui et l’interpelle de la sorte, sur un ton d’irritation et de provocation : « Tibert, je n’hésite pas à vous le dire, votre cheval a vraiment les pires défauts, et à la vente, il perdra en valeur, parce qu’il est rétif4 et quinteux 5. » Tibert le chat se défend énergiquement contre les accusations de maître Renart ; il a accéléré vigoureusement son allure et recommencé avec conviction6. Pendant qu’il déploie ses efforts, voici que surgissent deux mâtins7, à toute vitesse ; ils voient Renart, ils aboient ; nos deux compères en sont fort effrayés. Ils prennent la fuite le long du sentier : ils se bousculent l’un l’autre et finissent par tomber tout droit sur l’endroit où le piège était posé. Renart l’aperçoit et pense pouvoir l’esquiver, mais Tibert qui le serre de trop près lui a donné de son bras gauche un coup si puissant que Renart y tombe de son pied droit et fait sauter la clavette8 hors du tronc. Le piège se referme, et le mécanisme fonctionne parfaitement : il lui a complètement bloqué le pied. […] Renart reste immobilisé, tandis que Tibert s’enfuit, en lui criant à pleine voix : « Renart, Renart, vous restez là, mais moi je m’en vais parce que je suis tout effrayé. Seigneur Renart, le chat n’est pas né de la dernière pluie ! » Le Roman de Renart, traduction A. Strubel, © Éditions Gallimard, 1998. Illustration de 1932 par X. KOSMINSKI pour Le Roman de Renart. * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. trace creusée par des roues. 2. à toute vitesse. 3. il ne l’évite pas. 4. indocile. 5. sujet à des accès de mauvaise humeur. 6. détermination. 7. gros chiens de garde. 8. cheville enfoncée dans une pièce pour l’appuyer à une autre. 158 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 158 01/07/10 12:29 Renart et Tibert. Miniature tirée du manuscrit du XIIIe siècle du Roman de Renart, BnF. Comprendre un comique de situation ◗ Le cadre 5. a. Quel élément met fin à la rivalité des deux 1. Relevez les groupes nominaux compléments circonstanciels dans la première phrase : où l’action se déroule-t-elle ? ➜ Réviser les groupes nominaux compléments circonstanciels – p. 296 personnages ? b. Quel renversement de situation cet élément entraîne-t-il ? 6. a. Expliquez la dernière phrase de Tibert. b. Sur quel ton, aimable ou ironique, Tibert s’adresse-t-il à Renart ? ◗ Les ruses de Renart Gardons une trace écrite 2. a. Qui sont les deux personnages en présence ❯ Dites en quelques phrases, à partir de cet extrait du Roman de Renart, en quoi consiste un comique de situation. au début du texte ? b. Sont-ils présentés de façon zoomorphe ou anthropomorphe ? Justifi ez votre réponse en citant le texte. 3. a. Quel est le but de Renart au début du texte ? b. Combien de tentatives fait-il auprès de Tibert ? Comment s’y prend-il pour chacune d’elles ? c. Tibert se laisse-t-il tromper ? Expliquez. ◗ Le comique de situation 4. Quel est le trait de caractère commun aux deux personnages ? histoire des 1. a. Combien de siècles séparent les deux illustrations ? b. Que cela révèle-t-il à propos du Roman de Renart ? 2. Les personnages sont-ils représentés de façon zoomorphe ou anthropomorphe ? Justifiez. Exercice d’oral Par binômes, essayez d’imaginer comment Renart se tire de la situation difficile dans laquelle il se trouve à la fin du passage. Racontez brièvement la suite de l’aventure à la classe en vous répartissant équitablement la parole. 7 Le Roman de Renart 159 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 159 01/07/10 12:29 Lectures Avant de lire le texte • Cherchez le sens du nom « parodie ». Le combat de Renart et d’Isengrin Le roi Noble a accepté que Renart et Isengrin s’affrontent en duel pour régler la dispute qui les oppose. Q 5 uand les deux vassaux* qui étaient dans le champ clos se sont insultés à loisir, ils reviennent tous deux au combat. Ils manient leur bouclier avec habileté. Isengrin ajuste son coup car il veut atteindre la tête de son adversaire : il s’efforce de le surprendre. Il dissimule son bâton derrière son bouclier, laisse tomber celui-ci au milieu du terrain, tandis que Renart lance vigoureusement son bâton. Il lui donne avant de le tenir, un coup dont il se souviendra toute sa vie, et lui brise le bras gauche. Isengrin s’est montré bien malhabile ! Tous deux ont repris leur bouclier et se frappent avec une telle ardeur qu’il est impossible d’assister 10 à plus beau combat. Aucun des deux ne parvenait à abattre l’autre, c’est incontestable, car Isengrin ne pouvait se servir que de son bras droit, ayant perdu le gauche. Ils tournent l’un autour de l’autre, aucun des deux ne prend 15 de repos : ils font beaucoup de tours avant que l’un d’eux ne s’écroule. Isengrin souffre un grand martyre, il hérisse son poil devant Renart, lui 1 20 déchire bien sa pelisse , le presse tant et plus – il ne fait pas semblant ! –, lui fait un croc-enjambe, le pousse avec violence, le jette à terre en travers. Mais 25 Renart, étendu à la renverse, lui brise les dents et lui crache et lui envoie de la morve2 dans les Le Roman de Renart, de G. LE CORDIER, lithographie en couleur de J. P. Pinchon, vers 1900. Bibliothèque des Arts Décoratifs, Paris. 160 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 160 01/07/10 12:29 30 35 * voir Glossaire médiéval, p. 372 1. peau garnie de fourrure. 2. sécrétion qui s’écoule des narines. 3. violentes douleurs. 4. serrer fortement. 40 yeux, il le met en très fâcheuse posture. […] Renart l’accable de coups sur le visage et sur la face, dont il arrache la peau et la fourrure. Il voit bien qu’il est en mauvaise posture. À ce moment, le bâton que Renart tenait à pleines mains lui échappe. Celui qui n’avait pas un cœur de lâche veut se lever, mais il en est incapable, tant ses blessures lui font mal. Renart lui inflige de grands tourments3, et s’en réjouit fort. Il voudrait bien l’avoir vaincu. Il lui envoie de la poussière en plein visage. Isengrin, tant bien que mal, cherche à tâtons à l’atteindre aux yeux, mais pour son grand malheur il lui arrive cette chose étonnante : son doigt entre dans la bouche de Renart, et celui-ci le saisit avec ses dents, tranche la chair jusqu’à l’os. Isengrin lui bloque la main derrière le dos, il ne fait pas semblant de l’étreindre4 ! Il le serre tellement que, de gré ou de force, l’autre doit fléchir les genoux, et Isengrin le plaque au sol. Renart, cette fois, est mort d’inquiétude. Le Roman de Renart, traduction D. Boutet, © Éditions Gallimard, 1998. Découvrir un texte parodique ◗ L’action 1. a. Qui sont les deux personnages en présence ? 7. a. Quelles sont les armes des deux combattants ? b. Rappelez dans quelles circonstances ils s’affrontent. b. Qui les utilisait au Moyen Âge ? 2. Quels sont les principaux moments de ce duel ? combat chevaleresque ? b. Les deux combattants respectent-ils ces codes ? Justifiez. 3. L. 6 à 29, relevez les verbes : quelle caractéristique 8. a. Quelles sont les règles à respecter lors d’un du combat soulignent-ils ? 9. À quoi ressemble le duel à la fin du passage ? 4. a. « Renart lance vigoureusement son bâton » : Justifiez. quelle circonstance le mot en italique exprime-t-il ? b. Relevez des groupes nominaux du texte exprimant une circonstance identique. Quelle caractéristique du combat soulignent-ils ? 10. Renart éprouve-t-il de nobles sentiments vis- 5. De quelles qualités les deux adversaires font-ils preuve ? ➜ Réviser les groupes nominaux compléments circonstanciels – p. 296 ◗ La parodie 6. Notez dans un tableau à deux colonnes les éléments qui présentent les personnages comme des animaux et ceux qui les présentent comme des humains. à-vis de son adversaire ? Justifiez. 11. Qu’est-ce qui rend ce duel comique ? Gardons une trace écrite ❯ Expliquez en quelques phrases en quoi ce passage constitue une parodie d’un combat chevaleresque. histoire des Comment l’illustrateur a-t-il traduit la dimension parodique et le comique ? Exercice d’écriture Poursuivez en un bref paragraphe le récit du duel, dans le non-respect des codes de chevalerie. Vous vous efforcerez de rendre l’âpreté (la dureté) du combat et vous rédigerez votre texte au présent de l’indicatif. 7 Le Roman de Renart 161 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 161 01/07/10 12:30 Lectures Avant de lire le texte • Nommez quelques-uns des barons* du roi Noble. Au chevet du roi Noble Les animaux sont réunis au chevet de Noble le lion qui est malade. Renart vient d’analyser son urine1. R enart prend le bras du roi et, lui tâtant le pouls, il constate qu’il n’est pas irrégulier. Il place sa main sur les côtés, sur la poitrine et sur les flancs et il dit : « Sire, […] votre maladie demande que l’on s’en préoccupe, si vous voulez arriver à la guérison. » Noble lui répondit : « Je ne désire 5 pas autre chose. » – Vous êtes tombé en bonnes mains, fait Renart. Faites-moi donc fermer cette porte et faites-moi apporter tout ce que je vous demanderai. Je chasserai de votre corps la maladie, je ferai disparaître la fièvre quarte2 qui vous ôte la respiration. » 10 Noble lui dit : « Tout à fait d’accord ; tu auras tout ce qui te sera nécessaire. – Sire, dit Renart, prenez vos dispositions. En tout premier lieu il me faut la peau d’un loup tout entière, y compris les poils de la tête. » En l’entendant parler ainsi, Isengrin fut totalement épouvanté ; il prie 15 Dieu de bien vouloir le protéger en lui évitant de tomber sous la coupe de Renart. […] Noble, ayant entendu Renart, avait soulevé ses moustaches et il observa attentivement toute l’assistance des barons. Plongé dans ses pensées, il regarda le loup et lui dit : « Très cher ami, vous pouvez m’être utile et faire reculer la maladie qui me frappe. » 20 Renart dit : « Ce que vous déclarez est bien vrai, il peut vous être très utile, s’il consent à vous prêter sa peau. Voici qu’arrive la belle saison : sa peau repoussera bien vite et il n’aura pas froid même si sa chair est à vif. » 25 Isengrin répondit : « Au nom de Dieu, ne faites pas cela ! » Ces paroles mirent le roi en rage : « Barons, fait-il, emparez-vous sans tarder de lui, ici même devant moi, et enlevez-lui 30 immédiatement cette peau. » Les barons se saisissent d’Isengrin en le prenant par les pieds et par les bras, et ils lui arrachent la peau du dos. Alors le malheureux dut souffrir le martyre. Il s’échappe 35 de la salle au trot. Renart dit : « Sire, il te faut maintenant prendre le nerf principal Gravure d’après W. VON KAULBACH pour une édition de 1867 des bois du cerf sur toute sa longueur, du Roman de Renart de J. W. Goethe. 162 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 162 01/07/10 12:30 * voir Glossaire médiéval, p. 372 1. Au Moyen Âge, l’examen des urines servait à diagnostiquer une maladie. 2. Selon le classement des fièvres au Moyen Âge, la fièvre quarte atteint son niveau le plus haut au bout de quatre jours. 3. plante aux propriétés médicinales. en faisant en sorte qu’il soit tiré vers l’arrière. Si tu utilises comme 40 ceinture une grande lanière prise sur le dos, tu en obtiendras un grand soulagement, sois sans crainte sur ce sujet. » [...] Sur ordre du roi, le cerf dut affronter une situation terrifiante : on le renversa à terre, on lui préleva sur toute la longueur du dos une bande de peau, coupée au couteau après incision de la peau ; on lui brisa les 45 bois et on le chassa de la salle. Renart fit allonger Noble sur le ventre et lui plaça dans le nez l’ellébore3 qu’il avait et qui constitue un remède très actif. Noble se mit à étouffer de chaleur et son corps se mit à enfler. Il recommanda son âme à Dieu, puis un pet lui échappa. Il ne cessait d’éternuer et de remuer, en proie 50 à une grande agitation ; son corps était enflé et il avait la peau du dos mouillée par la transpiration. Noble dit : « Mon corps est enflé au maximum. – Sire, dit Renart, n’ayez pas peur, vous êtes guéri, vous n’aurez plus de souci de ce côté-là. » 55 Le roi se mit aussitôt à lâcher des pets, car le remède qui lui échauffait tout le corps produisait son effet. Renart l’a fait allonger près du feu, puis il a pris la peau du loup et il en a enveloppé le lion. Sortant ensuite un autre remède dérobé à un pèlerin, il en fit goûter à son seigneur. Dès que celui-ci en eut goûté, il ne ressentit plus la moindre douleur, ni à la 60 main, ni au pied, ni en une quelconque autre partie du corps. Il remercia chaleureusement Renart. Le Roman de Renart, traduction R. Bellon, © Éditions Gallimard, 1998. Étudier une critique du pouvoir ◗ Les personnages ◗ Noble et sa cour 1. a. Qui est « le roi » ? b. Nommez les autres 6. a. Quelle est l’attitude de Noble envers Isengrin personnages présents. c. Pourquoi sont-ils réunis ? et Brichemer ? b. De quels défauts fait-il preuve ? 2. a. Les personnages sont-ils représentés comme 7. a. Comment les autres barons réagissent-ils ? des animaux ou plutôt comme des humains ? Justifiez. b. Pour quelle raison sont-ils présentés ainsi ? b. Quel trait de leur caractère cela révèle-t-il ? 8. a. Comment le roi guérit-il ? b. Quel effet cette guérison produit-elle sur les lecteurs ? ◗ L’attitude de Renart Gardons une trace écrite 3. a. Quels remèdes successifs Renart propose-t-il ❯ Quelle critique du pouvoir ce texte exprime-t-il ? à Noble ? b. Dans quelle intention agit-il ainsi ? 4. « Isengrin fut épouvanté » : a. À quelle voix le verbe est-il conjugué ? b. Quel rapport de forces entre Renart et Isengrin est ainsi exprimé ? 5. Renart fait-il preuve de qualités et/ou de défauts dans ce passage ? Justifiez. ➜ La voix active et la voix passive – p. 311 histoire des 1. Quels personnages identifiez-vous sur l’image ? 2. L’artiste a-t-il conféré une portée critique à son illustration ? Expliquez. Exercice d’écriture Plusieurs mois ont passé ; Isengrin a retrouvé une peau neuve. Il tend un piège à Renart. Racontez en une quinzaine de lignes. 7 Le Roman de Renart 163 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 163 01/07/10 12:30 Avant de lire le texte Lectures 1. Qu’est-ce qu’un « pèlerin » ? une « croisade » ? 2. Rappelez quel animal est nommé « Couard ». Renart pèlerin La Cour a condamné Renart à être pendu à cause de ses nombreux tours, mais Noble l’épargne en lui proposant de devenir pèlerin. V 5 Le Roman de Renart, illustration anonyme, vers 1890. 10 * voir Glossaire médiéval, p. 372 1. bâton de marche du pèlerin. 2. Le frêne est un arbre. 3. accepte toutes 15 les demandes. 4. trois heures de l’après-midi. 5. affronte. 6. symbole de celui qui part en croisade. 20 7. vieux vêtement. 8. tuer. 9. injures. oici Renart le pèlerin, l’écharpe au cou, portant un bourdon1 de frêne2. Le roi le prie de pardonner aux bêtes tout le mal qu’elles lui ont fait, et qu’à son tour il renonce aux ruses et aux méchancetés [...] Renart ne fait pas la moindre réserve aux prières3 du roi, mais lui accorde au contraire tout ce qu’il veut jusqu’au moment de son départ [...] Il quitte la Cour un peu avant l’heure de none4, sans daigner saluer personne : au fond de lui-même il les défie5, à l’exception du roi et de son épouse, Madame Fière l’orgueilleuse, qui est d’une grande courtoisie et d’une grande beauté [...] Il éperonne son cheval, et s’en va au grand trot. Il arrive à proximité de la haie où Couard s’était couché. Sa faim est plus grande que de coutume, et il n’a aucune envie de jeûner : il pénètre aussitôt dans la haie. Couard, voyant cela, est pris de frayeur : la peur le fait se lever [...] Et Renart le pique de son bourdon. [...] Renart regarde vers la forêt et voit le roi et la reine, et tant de barons*, tant de bêtes que le bois est agité comme par une tempête. Renart, prenant la croix6 dans ses mains leur crie d’une voix puissante : « Seigneur roi, reprenez votre défroque7 ! Puisse Dieu confondre8 le museau qui m’a embarrassé de ce bourdon et de l’écharpe ! » Il s’en torche le cul devant les bêtes, puis le jette sur leurs têtes. Renart a tant lancé de quolibets9 que Couard s’est détaché. Il est sur son cheval rapide et fait un bond très remarquable. Le Roman de Renart, traduction D. Boutet, © Éditions Gallimard, 1998. Étudier une critique de la religion ◗ Un étrange pèlerin 1. Pourquoi Renart devient-il pèlerin ? 2. L. 2 à 9 : Renart vous paraît-il sincère face à b. Ses propos sont-ils respectueux ? Justifiez. c. Pourquoi s’exprime-t-il ainsi ? 5. Quel geste fait-il ensuite ? Pourquoi ? 6. Renart sort-il gagnant ou perdant dans cet Noble ? Justifiez. 3. L. 10 à 14 : a. Que fait Renart avec son bourdon ? b. Ce geste est-il digne d’un pèlerin ? Justifiez. ◗ Un texte critique 4. a. À qui Renart s’adresse-t-il à partir de la ligne 17 ? épisode ? Justifiez. Gardons une trace écrite ❯ Résumez en quelques phrases la critique de la religion présente dans cet extrait. 164 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 164 01/07/10 12:30 Avant de lire la bande dessinée • Qu’appelle-t-on dans une B.D. : a. une planche ? b. une bande ? c. une vignette ou une case ? Le partage de l’andouille 1 2 4 5 3 6 7 JEAN-MARC MATHIS (scénario) et THIERRY MARTIN (dessins), Le Roman de Renart (le jambon d’Isengrin), © éditions Delcourt, 2007. Lire une B.D. pour écrire ◗ Les dessins 1. Où la scène se déroule-t-elle ? Justifiez votre réponse à partir de plusieurs éléments du dessin (motifs, couleurs...). 2. a. Qui sont les personnages ? b. Sont-ils représentés tels des animaux ou des humains ? Justifiez. 3. a. Quels sont les différents plans utilisés dans chaque vignette ? b. Quelle place chaque animal occupe-t-il sur les images 3 à 7 ? c. Quel est le rapport de force ainsi mis en valeur ? 4. a. Que voit-on sur la première vignette ? b. Que pourrait-on imaginer hors-champ de l’image pour expliquer la présence de ces éléments ? ➜ L’ABC de l’image – p. 248 ◗ Les textes 5. a. Comparez la présentation des bulles 3 , 4 , 7 et 5 , 6 . b. Expliquez la différence de présentation. 6. Relisez les bulles des vignettes 4 , 5 et 6 : que cherche à transmettre l’auteur ? Exercice d’écriture : Inventez une suite à cette histoire en une trentaine de lignes. Méthode : • Respectez le décor décrit dans la B.D. • Présentez les personnages comme des animaux et / ou comme des humains. • Rendez compte du rapport de forces entre les deux personnages. • Vous pouvez faire gagner Renart ou le faire perdre. 7 Le Roman de Renart 165 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 165 01/07/10 12:30 L’écho du poète Le Renard, le Loup et le Cheval Jean de La Fontaine (1621-1695) Voir biographie, p. 138. 5 10 15 Le Renard, le Loup et le Cheval. Illustration des Fables de J. de La Fontaine par R. DE LA NEZIÈRE, vers 1930. 20 25 1. rusés. 2. peu expérimenté. 3. se nourrit. 4. de s’enfuir. 5. un terrier. 6. gens importants 30 et aisés. 7. décoche. 8. et le cheval se sauve au galop. Un Renard jeune encor, quoique des plus madrés1, Vit le premier Cheval qu’il eût vu de sa vie. Il dit à certain Loup, franc novice2 : « Accourez, Un animal paît3 dans nos prés, Beau, grand ; j’en ai ma vue encore toute ravie. – Est-il plus fort que nous ? dit le Loup en riant. Fais-moi son portrait, je te prie. – Si j’étais quelque peintre ou quelque étudiant, Repartit le Renard, j’avancerais la joie Que vous aurez en le voyant. Mais venez. Que sait-on ? peut-être est-ce une proie Que la Fortune nous envoie. » Ils vont ; et le Cheval, qu’à l’herbe on avait mis, Assez peu curieux de semblables amis, Fut presque sur le point d’enfiler la venelle4. Seigneur, dit le Renard, vos humbles serviteurs Apprendraient volontiers comment on vous appelle. Le Cheval, qui n’était dépourvu de cervelle, Leur dit : « Lisez mon nom, vous le pouvez, messieurs ; Mon Cordonnier l’a mis autour de ma semelle. » Le Renard s’excusa sur son peu de savoir. « Mes parents, reprit-il, ne m’ont point fait instruire ; Ils sont pauvres et n’ont qu’un trou5 pour tout avoir ; Ceux du Loup, gros Messieurs6, l’ont fait apprendre à lire. » Le Loup, par ce discours flatté, S’approcha ; mais sa vanité Lui coûta quatre dents : le Cheval lui desserre7 Un coup ; et haut le pied8. Voilà mon Loup par terre, Mal en point, sanglant et gâté9. « Frère, dit le Renard, ceci nous justifie Ce que m’ont dit des gens d’esprit : Cet animal vous a sur la mâchoire écrit Que de tout inconnu le sage se méfie. » JEAN DE LA FONTAINE, Fables, XII, 17, 1685. 9. en piteux état. ◗ Un poème en écho ◗ Un poème à réciter 1. À quels personnages du Roman de Renart les personnages de la fable font-ils écho ? Expliquez. 2. Observez la longueur des vers pour varier votre rythme de diction. 3. Récitez la fable en variant les tons. Répartissez-vous les rôles (personnages et narrateur). 166 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 166 01/07/10 12:30 Faire le point Le Roman de Renart Arts et culture • Le Roman de Renart est un recueil poétique en octosyllabes (vers de huit syllabes), écrit en langue romane, d’où l’appellation de « roman ». Il comporte 30 000 vers, répartis en 27 contes ou « branches ». • Une vingtaine d’auteurs, parmi lesquels le poète Pierre de Saint-Cloud, ont contribué à l’écriture du recueil, entre 1170 et 1250. • Les épisodes du Roman de Renart étaient récités ou lus à haute voix par des jongleurs, devant un public de seigneurs, de villageois ou de bourgeois. • Cette œuvre a connu un tel succès au Moyen Âge que le nom propre « Renart » a remplacé le nom commun « goupil » qui désignait l’animal. Un genre littéraire • Des personnag personnages ayant des caractéristiques à la fois animales et humaines : Le Roman de R Renart présente une société animale calquée sur la société médiévale. On y rencontre Noble, le roi, et la reine Fière, Isengrin, chef des armées du roi, les barons, puissants seigneurs du royaume, et d’autres sujets du roi. Le pe personnage principal est le goupil Renart, un des barons, accompagné de sa famille ; c’est un être rusé, qui prend plaisir à accom tromper les autres animaux et se fait parfois prendre au piège. tromp • Une représent représentation de la réalité médiévale : les histoires ont pour cadre un paysage ca campagnard : prairies, forêts, chemins de traverse, fermes… Elles mettent en e scène la société rurale : paysans, moines… Le principal mobile qui pousse pou Renart à agir est la faim, ce qui fait allusion aux famines du Moyen Âge Âge. • Un récit comiq comique, critique et parodique : Le Roman de Renart cherche à faire rire à trav travers des mots, des gestes, des renversements de situation. Il critique la soci société féodale (le pouvoir royal, les désaccords entre barons, l’hypocrisie du clergé), sans toutefois chercher à l’ébranler. Il parodie les romans de chevalerie en racontant des bagarres d’animaux qui ne respectent p pas du tout les codes des chevaliers. L’écriture du Roman de Renart Je retiens l’essentiel • Le Roman de Renart est construit comme une série d’épisodes distincts qui ont chacun une unité. ❯ Recopiez et complétez les phrases suivantes. • Les conteurs s’adressent directement au public et commentent les actions. Le Roman de Renart, écrit aux … et … siècles, met en scène une société … calquée sur la société … . Ce récit vise à la fois à faire … et à … la société médiévale. • Les animaux sont représentés de façon à la fois zoomorphe et anthropomorphe (comme les humains). • On y trouve des procédés comiques et parodiques. 7 Le Roman de Renart 167 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 167 01/07/10 12:30 Lexique Découvrir le vocabulaire de la justice 1. Associez les mots par couples de synonymes. audience – prévenu – accusateur – plaignant – procès – accusé 2. Choisissez le terme juridique correct. 1. L’audience est commencée / ouverte / entamée. 2. L’audience est finie / fermée / levée. 3. Retirer / Défaire / Enlever une plainte. 4. Faire / Intenter / Tenter un procès. 5. Apporter / Faire / Porter plainte. Le Roman de Renart. Illustration de H. GALERON, © Éditions Gallimard Jeunesse, 1997. Étudier deux familles de mots ➜ Réviser la formation des mots – p. 360 3. En latin, fames signifiait « faim » ; fama signifiait « renommée », « réputation ». Regroupez, en deux familles de mots distinctes, les mots suivants : fameux, affamé, famélique, infamie, infâme, famine, infamant, affamer, famé, fameusement. 4. Recopiez et complétez les phrases suivantes en choisissant un des mots de l’exercice 3. 1. Le Roman de Renart fut une œuvre … puisque le mot « Renart » a remplacé le mot « goupil ». 2. Au Moyen Âge, le peuple a connu des périodes de … pendant lesquelles les vilains ne trouvaient rien à manger. 3. Dans la plupart de ses aventures, le goupil est à la recherche de nourriture car il est … . 4. Son corps … laisse voir les os sous la peau. 5. Renart se conduit de manière … vis-à-vis d’Isengrin le loup. 6. La plupart des animaux se plaignent des actes d’… du goupil. 7. Le repaire de Maupertuis est un lieu mal … . Exprimer des défauts ➜ Réviser les synonymes et les antonymes – p. 362 ➜ Réviser les niveaux de langue – p. 363 7. a. Relevez les synonymes de « traître ». dévoué – parjure – droit – probe – perfide – déloyal – fidèle – fourbe – judas – félon – honnête – délateur – sincère – sûr – faux b. À quel champ lexical les mots que vous n’avez pas retenus appartiennent-ils ? c. Ces deux listes de mots sont-elles synonymes ou antonymes ? 8. Classez par niveau de langue (familier, courant ou soutenu) ces synonymes de l’adjectif « gourmand » : vorace, bâfreur, friand, goinfre, goulu, insatiable, gros mangeur, glouton, gourmet, gastronome, avide. 9. a. Classez en deux listes antonymes les noms suivants, selon qu’ils expriment des qualités ou des défauts : hypocrisie, altruisme, désintéressement, cruauté, orgueil, miséricorde, vanité, tolérance, sagesse, sagacité, modestie, traîtrise, pugnacité, avarice, serviabilité. b. Employez trois de ces noms, chacun dans une phrase qui en révèle le sens. c. Donnez l’adjectif correspondant à chaque nom. 10. a. En associant un élément de la colonne A à un élément de la colonne B, retrouvez des expressions appartenant au vocabulaire de la tromperie. b. Donnez le sens de chacune de ces expressions. A B N’être pas né… • • … dans la farine. Donner… • • … malin et demi. Jouer… • Jouer un jeu de… • • … plus d’un tour dans son sac. • … de la dernière pluie. Rouler quelqu’un… • • … le change. Avoir… • • … en bateau. À malin… • Mener quelqu’un… • • … au plus fin. • … dupe. 5. Parmi les actes évoqués ci-dessous, lesquels sont des infamies ? 1. Un assassinat. 2. Une pitrerie. 3. Un massacre. 4. La pose d’un poisson d’avril dans le dos d’un camarade. 5. Une bêtise. Caractériser des personnages 11. a. Qui est Hermeline ? b. Est-elle présentée comme un animal ou comme un humain ? Justifiez. 6. a. Que signifie le verbe « diffamer » ? b. Retrouvez le nom et l’adjectif de la même famille que ce verbe, puis employez-les dans les phrases suivantes. 1. Cette accusation est une calomnie. Je vais attaquer son auteur en ...ion. 2. Ces paroles …oires te vaudront d’être poursuivi en justice. Hermeline était terrorisée, elle craignait pour Renart [...]. C’était une dame d’une grande noblesse. Les bras en croix dans sa tanière, elle faisait une digne prière pour Renart. Le Roman de Renart, ANONYME. 168 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 168 01/07/10 12:30 Langue et expression Orthographe Conjugaison • Quelle règle d’accord s’applique au participe Aborder le présent de l’indicatif passé pour un verbe conjugué à la voix passive ? des verbes « vouloir » et « pouvoir » ➜ Tableaux de conjugaison – p. 380-381 Conjuguer à la voix passive ➜ La conjugaison de la voix passive – p. 312 Observer et manipuler Observer et manipuler 8. a. Observez les formes verbales suivantes conju- 1. a. Recopiez le verbe suivant et soulignez les guées à la voix passive et au mode indicatif. Présent : elle est portée. – Imparfait : elle était portée. Passé simple : elle fut portée. – Futur : elle sera portée. b. Quel élément du verbe porte la marque du temps ? c. Justifiez la terminaison du participe passé. bases verbales. b. Combien de bases verbales ce verbe comporte-t-il ? c. Quelles personnes ont une terminaison irrégulière ? Je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez, ils veulent. 2. Je peux, nous pouvons, ils peuvent : a. Comparez le présent du verbe « pouvoir » à celui du verbe « vouloir » : que constatez-vous ? b. Conjuguez ce verbe à toutes les personnes du présent de l’indicatif. Formuler la règle 3. Recopiez et complétez les phrases suivantes. Au présent de l’indicatif, les verbes « pouvoir » et « vouloir » ont … bases verbales. La terminaison des verbes « vouloir » et « pouvoir » à la première et à la deuxième personne du … est la lettre ... . 9. Conjuguez les verbes suivants à la voix passive, à la personne et au temps de l’indicatif demandés. il (voir, présent) – elle (remplir, imparfait) – ils (attacher, passé simple) – elles (employer, futur) Formuler la règle 10. Répondez aux questions suivantes. a. Qu’est-ce qui permet de reconnaître le temps d’un verbe à la voix passive ? b. Quelle règle d’accord s’applique au participe passé pour un verbe conjugué à la voix passive ? Découvrir la conjugaison de la voix passive ➜ La voix active et la voix passive – p. 311 Observer et manipuler 4. a. Quel est l’élément commun à tous ces verbes conjugués à la voix passive ? b. Quel est le second élément de ces formes verbales ? ils sont conduits – tu es appréciée – elle était reçue – nous sommes forcés – je serai prise 5. Je suis partie ; je suis frappée : a. Est-ce le sujet « je » qui accomplit l’action de partir ? celle de frapper ? b. Pourquoi peut-on dire que le premier verbe est conjugué à la voix active et le second à la voix passive ? 6. Recopiez les phrases dont le verbe est conjugué à la voix passive. Le roi Noble convoque ses barons. – Les portes de la salle sont fermées. – Renart donne différents ordres. – Isengrin est écorché vif. – Renart est allé au chevet du roi. – Il fut chaleureusement remercié par le roi. Formuler la règle 7. Complétez la phrase suivante. Un verbe conjugué à la voix passive est constitué de l’auxiliaire … et du … passé. Le sujet d’un verbe conjugué à la voix passive n’accomplit pas … exprimée par le verbe. Préparer la dictée : des indices phonétiques Renart, le grand spécialiste des mauvais tours, ét[ɛ] tenaill[e] par la faim. La maison du seigneur du lieu, proche de chez Renart, ét[ɛ] rempl[i] de victuailles : les poulaillers ét[ɛ] pourv[y] en poules et en chapons. Le jardin ét[ɛ] parfaitement clôtur[e] et une palissade d’aubépines ét[ɛ] mainten[y] par de gros pieux de chêne. Les poules y ét[ɛ] enferm[e] parce que le lieu ét[ɛ] protég[e]. D’après Le Roman de Renart. • Lisez le texte oralement : à quelle voix les verbes sont-ils conjugués ? À quel temps l’auxiliaire « être » est-il conjugué ? • Recopiez le texte en écrivant les terminaisons phonétiques avec la graphie qui convient (voir p. 381). • Vérifiez l’accord des participes passés avec le sujet de chaque verbe. 7 Le Roman de Renart 169 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 169 01/07/10 12:30 Grammaire Découvrir la phrase passive ➜ La phrase à la voix passive – p. 272 Observer et manipuler 1. a. Recopiez les phrases suivantes en soulignant le sujet du verbe. Les marchands transportent Renart dans la charrette. Les anguilles sont emportées par Renart. b. Est-ce le sujet qui accomplit l’action de « transporter » ? celle d’« emporter » ? c. Pourquoi peut-on dire que la première phrase est à la voix active et la seconde à la voix passive ? b. Replacez chaque groupe nominal précédent dans la bonne phrase. 1. Les vilains chassent Isengrin. 2. Renart retrouve son épouse et ses enfants. 3. Le plus souvent, le goupil trompe ses adversaires. 4. Le goupil erre dans les bois à la recherche de nourriture. Formuler la règle 7. Recopiez et complétez les phrases suivantes. Un complément circonstanciel peut être … ou … sans que la phrase ne devienne incorrecte. Il précise les circonstances dans lesquelles se déroule une action, par exemple, le …, le …, la … ou le … . 2. a. Laquelle des phrases suivantes est à la voix active ? Laquelle est à la voix passive ? 1. Les barons déchirent la peau d’Isengrin. 2. La peau d’Isengrin est déchirée par les barons. b. Dans la phrase 1, relevez le groupe nominal COD. c. Que devient-il dans la phrase 2 ? d. Dans la phrase 2, quel groupe nominal accomplit l’action du verbe « déchirer » ? Selon vous, pourquoi appellet-on cette fonction « complément d’agent » ? Formuler la règle 3. Recopiez et complétez le schéma suivant. Sujet verbe à la voix active … Sujet verbe à la voix … « par » + complément d’… Réviser des GN compléments circonstanciels ➜ Réviser les GN compléments circonstanciels – p. 296 Observer et manipuler 4. Récrivez les phrases suivantes : a. en supprimant les groupes nominaux en gras. b. en déplaçant ces GN. c. Les phrases obtenues gardent-elles un sens ? Au creux d’un buisson, Renart attend en silence le passage des paysans. Durant l’hiver, les paysans dans les cours des fermes déblayent la neige avec des pelles. 5. a. Dans les phrases de l’exercice 4, à quelle question (où ?, quand ?, de quelle manière ?, au moyen de quoi ?) chaque GN en gras répondil ? b. Attribuez à chaque GN en gras sa fonction respective : complément circonstanciel de temps, de manière, de lieu, de moyen. 6. a. À quelle question (où ?, quand ?, de quelle manière ?, avec quoi ?) chacun des GN suivants correspond-il ? Avec ruse, avec des fourches, au milieu de la nuit, au château de Maupertuis. Découvrir l’emploi des modes dans une proposition subordonnée conjonctive introduite par « que » ➜ L’indicatif et le subjonctif – p. 320 Observer et manipuler 8. Observez les séries de phrases A et B. a. Quelle est la nature des propositions en gras ? b. Quel est le mode employé dans les propositions subordonnées de la liste A ? de la liste B ? c. Les verbes en italique de la liste A expriment-ils un doute ? une certitude ? une volonté ? un sentiment ? une affirmation ? une crainte ? un regret ? une opinion ? d. Même question pour les verbes en italique de la liste B. A. [Je pense] [que Renart agit avec cruauté]. [Renart sait] [que Tibert est malin]. [Les lecteurs savent] [que ces histoires reflètent la société médiévale]. B. [Je doute] [que Renart soit toujours vainqueur]. [Les animaux regrettent] [que le goupil soit impuni]. [Isengrin souhaite] [que le roi Noble punisse Renart]. [Hermeline craint] [que Renart, son époux, ne meure]. 9. En observant le verbe en gras de la proposition principale, choisissez la forme verbale qui convient. 1. La mésange désire que Renart ne (fait / fasse) plus la guerre aux animaux. 2. Noble veut que le goupil (est / soit) jugé. 3. Les auteurs racontent que certains animaux (sont / soient) plus rusés que le goupil. 4. Renart pense qu’Isengrin ne (peut / puisse) se sauver. Formuler la règle 10. Recopiez et complétez la phrase suivante. Une proposition subordonnée conjonctive introduite par « que » a son verbe conjugué à l’indicatif quand elle complète un verbe qui exprime une … ou une … . Elle a son verbe conjugué au subjonctif lorsqu’elle complète un verbe qui exprime un doute, une …, un …, un … ou une … . 170 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 170 01/07/10 12:30 Langue et expression Écrit Raconter à la manière du Roman de Renart 1. Raconter une ruse de Renart 2. Rédiger une aventure de Renart SUJET 1 : En vous aidant de l’illustration, racontez une ruse de Renart pour dévorer Pinçart le héron. SUJET 2 : Voici le titre et la fin d’une des aventures de Renart. Imaginez et rédigez cette aventure. • Titre : Comment Tiécelin le corbeau vole un fromage à une vieille femme et comment il se le fait voler par Renart. • Fin du récit : Le déjeuner achevé, Renart se dit que jamais depuis le jour de sa naissance, en aucun lieu, il n’avait mangé de si bon fromage. Consignes d’écriture : • Vous construirez votre récit en deux paragraphes : – le vol du fromage par Tiécelin ; – le vol du fromage de Tiécelin par Renart. • Vous rédigerez votre texte au passé. • Vous pouvez insérer de brefs dialogues. • Votre récit se terminera par la phrase finale proposée. 3. Inventer une scène de trompeur trompé Renart devant le héron. Illustration de 1936 par XAVIER KOSMINSKI pour Le Roman de Renart. Méthodes : • Observation de l’image : – Quels éléments du décor repérez-vous ? – Les animaux sont-ils présentés de façon zoomorphe ou anthropomorphe ? – Quelle ruse Renart peut-il inventer ? Consignes d’écriture : • Situez les deux personnages dans le décor à l’aide de compléments circonstanciels. • Exprimez la ruse mise au point par Renart. • Décrivez la mise en œuvre de la ruse inventée par Renart. • Vous pouvez faire gagner Renart ou le faire perdre. SUJET 3 : Choisissez un titre parmi les épisodes suivants du Roman de Renart : « Renart et la mésange », « Renart et Frobert le grillon », « Renart et Brun l’ours », « Renart et Chanteclerc le coq », et inventez une scène dans laquelle Renart sera d’abord trompeur, puis trompé. Consignes d’écriture : • Vous construirez votre récit en deux paragraphes : – la scène où Renart trompe l’autre animal ; – la scène où Renart se fait tromper. • Vous rédigerez votre texte au présent ou au passé. • Vous pouvez insérer de brefs dialogues. • Vous pouvez présenter les animaux de façon zoomorphe et/ou anthropomorphe. 7 Le Roman de Renart 171 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 171 01/07/10 12:30 Langue et expression Oral Jouer un procès de Renart SUJET : Vous allez jouer un procès de Renart à la cour de Noble le roi. Un Roman de Renart, Compagnie Flash Marionnettes, 2001. Fiche-méthode Monter un procès • Préparation des rôles – Un élève pour le rôle de Noble le roi, le juge. – Un élève pour le rôle de Renart. – Les autres élèves, par petits groupes, choisissent de témoigner en faveur de Renart ou contre lui ; selon le cas, ils préparent un plaidoyer ou un réquisitoire. • Préparation des plaidoyers en faveur de Renart (discours ou plaidoirie de la défense) – Inventer une histoire dans laquelle la ruse de Renart aurait servi des animaux. – Attention à respecter l’époque médiévale. – S’entraîner à raconter l’épisode sous forme de plaidoyer en faveur de Renart, en soulignant l’intelligence de Renart ou bien sa bonté. • Préparation des réquisitoires contre Renart (discours ou plaidoirie de l’accusation) – Relire les textes du chapitre pour relever les tromperies de Renart. – Lire, dans un recueil du Roman de Renart, un des épisodes dans lesquels Renart trompe des animaux : « Renart et Tibert le chat », « Renart et Isengrin dans le puits », « Renart et Pinçart le héron », « Renart et Brun l’ours »… – Résumer oralement les grandes étapes de l’épisode retenu. – S’entraîner à raconter l’épisode sous forme de réquisitoire, en soulignant dans le témoignage la méchanceté de Renart. • Préparation des rôles de Noble et de Renart – L’interprète de Noble le roi circule de groupe en groupe, prépare une présentation de ceux qui vont faire les plaidoiries, s’exerce à distribuer la parole aux différents intervenants, prépare le verdict final, qu’il ne dévoilera pas avant la fin du procès. – L’interprète de Renart circule auprès des groupes travaillant les réquisitoires : il prépare ensuite des excuses pour minimiser les accusations dont il pourra faire l’objet. • Déroulement du procès – Le roi Noble convoque les témoins et l’accusé. – Il ouvre le procès et fait intervenir les groupes en débutant par l’accusation. – À la fin de chaque réquisitoire ou plaidoyer, il interroge Renart qui doit faire preuve d’habileté dans ses réponses. – Quand tous les groupes sont passés, le roi prononce le verdict du procès et la peine infligée. 172 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 172 01/07/10 12:30 Lectures personnelles Récits critiques et parodiques Miguel de Cervantes François Rabelais Don Quichotte (1605-1615) Gargantua, Pantagruel traduit de l’espagnol par L. Viardot © Le Livre de Poche Jeunesse. traduit en français moderne par M. Lazard © Bibliocollège, Hachette, 2000. Italo Calvino Les aventures fantaisistes de Don Quichotte de la Manche, qui se prend pour un chevalier, accompagné de son écuyer, Sancho Panza. Les aventures comiques d’une famille de géants, de l’enfance à l’âge des exploits guerriers. Lectures à la Le Vicomte pourfendu Italo Calvino Le Chevalier inexistant traduit de l’italien par M. Javion © Seuil, 1962. Les étranges aventures d’un chevalier qui n’existe pas et de son écuyer qui, lui, existe mais ne le sait pas. traduit de l’italien par J. Bertrand © Albin Michel, 1955. Les aventures d’un chevalier coupé en deux par un boulet de canon, dont les deux moitiés continuent de vivre séparément, l’une faisant le bien, l’autre le mal. une Interview radiophonique • Choisissez un de ces romans et lisez-le. • Organisez-vous par binômes ayant lu le même roman : l’un(e) sera le (la) journaliste, l’autre, le lecteur (la lectrice). Aucassin et Nicolette © Étonnants Classiques, Flammarion, 2007. Cette chantefable raconte une histoire d’amour contrarié, pleine d’aventures, où les rôles sont un peu inversés. • Préparez à deux une interview qui passe en revue les divers centres d’intérêt du roman : l’histoire, les thèmes, l’écriture, le comique, l’aspect critique et parodique... Michel Tournier • L’élève jouant le rôle du (de la) journaliste ne doit pas se contenter de poser des questions, mais doit aussi donner son point de vue. • Prévoyez une phrase d’entrée dans l’interview et une phrase de conclusion. • Vous pouvez avoir quelques notes sous les yeux, mais vous ne devez pas lire votre texte. La Couleuvrine © Éditions Gallimard, Folio Jeunesse, 1994. Pendant la guerre de Cent Ans, dans une citadelle, une curieuse histoire dont les vrais héros sont le hasard et la chance. 7 Le Roman de Renart 173 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 173 01/07/10 12:30 Évaluations Lexique Orthographe et conjugaison Grammaire Apprendre à réviser Relisez « Faire le point » (voir p. 167). Citez deux synonymes de « traître ». (voir p. 168) Comment reconnaît-on un verbe conjugué à la voix passive ? (voir p. 169) Nommez quatre sortes de compléments circonstanciels. (voir p. 170) La pêche d’Isengrin 1. pièce d’eau dans laquelle on conserve du poisson vivant. 2. un très grand nombre. 3. poissons. 4. se cacher. 5. se solidifier. 6. riche. 7. joie. Illustration par BENJAMIN RABIER pour Le Roman de Renart, 1909. C’ était un peu avant Noël. [...] L’air était limpide, les étoiles brillaient, et le vivier1 où Isengrin devait pêcher était gelé, au point qu’on aurait pu danser dessus ; il y avait juste un trou que les paysans avaient pratiqué dans la glace. [...] Ils avaient laissé sur place un seau : Renart 5 se dirigea vers l’endroit tête baissée et tourna son regard vers son compère, lui disant : « Seigneur, venez par ici ! C’est là que se trouve profusion2 de poissons et voici l’instrument avec lequel nous pêchons les anguilles, les barbeaux3 et autres poissons bons et beaux. » Isengrin lui dit : « Frère Renart, prenez-le donc à un bout et fixez-le moi 10 solidement à la queue ! » Renart saisit le seau et le lui attache autour de la queue du mieux qu’il peut : « Mon frère, dit-il, maintenant il faut vous tenir bien tranquille au bout de ce seau, pour faire venir les poissons. » Il est allé se tapir4 dans un buisson, son museau entre les pattes, de façon 15 à voir ce que l’autre fera. Isengrin est assis sur la glace : le seau est dans l’eau, rempli de glaçons de belle manière ; l’eau commence à geler et à prendre5 tout autour du seau, attaché à la queue. Le seau est plein de glace et en est submergé : l’eau froide a fait geler la queue qui se trouve scellée 20 dans la glace ; Isengrin commence à la soulever ; il croit qu’il arrivera à tirer le seau à lui et multiplie les tentatives ; il ne sait que faire et s’en inquiète fort. Il se met à appeler Renart quand il ne peut pas passer inaperçu plus longtemps, car déjà le jour s’était levé. Renart dresse la tête. Il regarde autour de lui, ouvrant les yeux, et lui dit : « Mon 25 frère, arrêtez là ! allons-nous-en, mon bien cher ami ; vous avez pris assez de poisson ! » Isengrin lui crie : « Renart, il y en a trop ; j’en ai pris tellement, je ne saurais dire combien ! » Renart se mit à rire. La nuit s’achève, le jour apparaît et le soleil matinal se lève. Les chemins sont blancs de neige. Monseigneur Constant Des Granges, 6 30 un petit noble bien à l’aise , dont la demeure était située au-dessus de l’étang, s’est levé, ainsi que sa maisonnée, tous pleins d’entrain et d’allégresse7. Le Roman de Renart, traduction A. Strubel, © Éditions Gallimard, 1998. 174 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 174 01/07/10 12:30 Illustration de FRANÇOIS CROZAT pour Le Roman de Renart, Éditions Milan, 1997. Compréhension du texte Étude de la langue 1. a. Qui sont les personnages en présence ? b. Sont-ils présentés de façon zoomorphe ou anthropomorphe ? Justifiez. 1. « Il est allé se tapir dans un buisson, son museau entre les pattes » : donnez la fonction du GN en italique et celle du GN souligné. 2. Où et quand la scène se déroule-t-elle ? Citez des passages du texte à l’appui de votre réponse. 2. « Le seau est submergé par la glace. » : a. À quelle voix et à quel temps le verbe « submerger » est-il conjugué ? b. Quelle est la fonction de « la glace » ? 3. a. Quel piège Renart tend-il à Isengrin ? b. Pourquoi le piège fonctionne-t-il bien ? Expliquez. 4. Quel est le principal trait de caractère de Renart ? celui d’Isengrin ? Justifiez vos réponses à partir du texte. 3. « Les paysans avaient pratiqué un trou dans la glace » : transformez cette phrase à la voix passive. Lecture d’image Expression écrite 1. Chaque illustration vous paraît-elle fidèle au texte en ce qui concerne le cadre, les personnages, l’histoire ? Justifiez. En relisant le dernier paragraphe du texte et en vous servant de l’illustration ci-dessus, imaginez une suite à ce passage. Vous veillerez à respecter le cadre médiéval. Vous rédigerez votre récit au présent de narration ou au passé simple. 2. Quel passage du texte chacune illustre-t-elle particulièrement ? 7 Le Roman de Renart 175 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P152-175-9782011256218.indd 175 01/07/10 12:30 LaFarce de Maître Pathelin ➺Apprendre à jouer pour rendre compte d’une lecture ➺Définir le genre de la farce Les farces sont apparues en France au Moyen Âge ; ce sont de courtes pièces comiques et profanes (non religieuses) qui servent de récréation entre deux spectacles religieux : elles les « farcissent ». La Farce de Maître Pathelin, d'un auteur inconnu, date du XVe siècle. Pathelin, un avocat sans le sou mais rusé, va chez le drapier pour obtenir du tissu par tous les moyens. Il choisit six aunes * de drap. THIBAUD L’AGNELET, BERGER M AÎTRE P IERRE P ATHELIN, GUILLAUME JOCEAULME, DRAPIER AVOCAT SCÈNE II PATHELIN. – À combien se monte le tout ? LE DRAPIER. – Le compte sera vite fait : à vingt quatre l’aune cela fait neuf francs les six. PATHELIN. – Eh bien, monsieur, acceptez-vous de me faire crédit 5 jusqu’à tantôt, quand vous viendrez chez moi ? Le drapier fronce les sourcils. Pas exactement « faire crédit » : vous serez payé chez moi en or ou en argent. […] LE DRAPIER, à part. – Vraiment, cet homme me rend fou. À Pathelin. Partez devant. Allez ! Si c’est comme ça, je viendrai, et 10 j’apporterai le drap*. PATHELIN. – Certainement pas ! Que me pèsera-t-il sous le bras ? Rien du tout ! LE DRAPIER. – Ne vous inquiétez pas ! Il vaut mieux que je le porte moi-même, c’est plus convenable. 15 PATHELIN. – Que sainte Madeleine me fasse passer un mauvais quart d’heure si je vous laisse jamais vous donner ce mal ! Voilà qui est très bien dit : sous mon bras ! Il met le tissu sous sa robe. Cela me fera une belle bosse ! Ah, c’est très bien ainsi ! Vous ne partirez pas de chez moi sans qu’on ait bien bu, et qu’on se 20 soit bien régalé. […] * voir Glossaire médiéval, p. 372. 1. Quelles sont les professions des personnages ? 2. S'agit-il de chevaliers, de paysans ou de bourgeois ? De gens LE JUGE de la ville ou de la campagne ? 176 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P176-183-9782011256218.indd 176 01/07/10 13:34 histoire des Observez le tableau : 1. Où et comment le lieu théâtral est-il construit ? 2 . Où se trouvent les acteurs ? et le public ? 3. Où les acteurs se préparent-ils en coulisses ? 4. Le spectacle met-il en scène des chevaliers ou des gens du peuple ? Justifiez. Réplique du XVIIe siècle de la Kermesse de Brueghel, Musée Calvet, Avignon. PATHELIN. – Ouais ! Adieu, adieu ! Rendez-vous tout à l’heure à l’endroit convenu. Et nous boirons bien, je vous le garantis ! LE DRAPIER. – D’accord. Partez devant, et que j’aie mon or ! PATHELIN, en partant. – Votre or ! Allons donc ! Votre or ! Je n’ai jamais manqué de parole ! À part. Non mais ! Son or ! Puisse-t-il être 25 pendu ! Hum ! Diable, il ne m’a pas vendu son drap à mon prix, mais au sien. Cependant, c’est au mien qu’il sera payé ! Il veut de l’or ? On va lui en fabriquer ! Dieu fasse qu’il coure sans s’arrêter jusqu’au règlement complet de sa vente ! […] E DRAPIER, resté seul. – De toute l’année, ils ne verront ni le soleil ni L 30 la lune, ces écus qu’il va me donner, à moins qu’on me les vole. Ainsi, il n’est si habile acheteur qui ne trouve vendeur plus habile encore ! Le trompeur que voilà est bien sot d’avoir acheté vingtquatre sous l’aune un tissu qui n’en vaut pas vingt. À suivre… En scène ! (l. 21 à fin) Jouer les apartés Qu'appelle-t-on des « apartés » ? Les « apartés » sont des paroles adressées exclusivement au public, en donnant l’illusion que l’autre (ou les autres) personnage(s) ne les entend(ent) pas. L’acteur peut, par exemple, placer sa main devant sa bouche. 1. Quelles sont les deux ruses mises en œuvre par Pathelin en paroles et en action pour obtenir le drap ? 2. Relisez les deux répliques finales : qui, selon vous, sort vainqueur de la scène ? Justifiez. Répétitions (par groupes de deux) : • Répétez les apartés situés dans le passage entre crochets. • Apprenez chacun vos répliques respectives. • Trouvez les intonations qui traduisent l’état d’esprit de chaque personnage. • Répétez vos répliques ensemble. • Imaginez des placements et déplacements pour jouer les apartés. Répétez. Atelier de lecture et de jeu théâtral La Farce de Maître Pathelin 177 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P176-183-9782011256218.indd 177 01/07/10 13:35 Le drapier vient chez Pathelin et sa femme Guillemette se faire payer. Pathelin feint d’être mourant et sa femme Guillemette fait croire au drapier que son mari n’a pas pu se rendre dans sa boutique. Déstabilisé, le drapier finit par partir. SCÈNE V histoire des mots 1. Quel est l’élément commun à ces jurons employés au théâtre : palsambleu, parbleu, morbleu, corbleu, sacrebleu ? 2. Cet élément est une déformation du mot « Dieu » ; rapprochez chaque juron de sa signification : – par Dieu ; – par la mort de Dieu ; – par le sacre de Dieu ; – par le sang de Dieu ; – par le corps de Dieu. LE DRAPIER. – Devant la maison, à part. – Diable, je vais savoir à présent. Je suis certain d’avoir six aunes de drap d’une seule pièce, mais cette femme m’embrouille totalement l’esprit… Il les a eues, c’est sûr… Non ! Diable, les faits ne concordent pas. 5 J’ai vu la Mort sur le point de le piquer de son dard1, ou du moins, il joue la comédie. Et pourtant si ! Il les a bien prises, et les a mises sous son bras… Sainte Vierge Marie !… Mais non, il ne les a pas !… Je ne crois pas rêver. Je n’ai pas l’habitude de donner mes tissus, ni endormi, ni éveillé, à qui que ce soit, 10 même à mon meilleur ami. Si seulement je ne les avais pas cédées à crédit… Palsambleu2, il les a emportées ! Morbleu3, non ! J’en suis sûr ! Mais non ! Mais qu’est-ce que je raconte ?… Si, il les a ! Par le sang de la Vierge, que soit damné corps et âme, et moi avec, celui qui saurait dire qui a raison ou tort 15 d’eux ou de moi : je n’y vois goutte4 ! […] 1. La mort est comparée à un insecte mortel. 2. et 3. jurons. 4. Je n’y comprends rien. 1. De quoi le drapier est-il sûr quand il prononce les passages en vert ? Que pense-t-il quand il prononce les passages en rouge ? 2. À la fin de ce monologue, le drapier a-t-il pu trancher entre ses hésitations ? Justifiez. En scène ! (l. 1 à 15) Jouer un monologue Ré é Répétitions (par groupes de deux) : • Choisissez la (ou les) proposition(s) qui vous semble(nt) le plus effi cace(s) pour mettre en scène les hésitations du drapier ou trouvez-en d’autres. Selon que : le drapier est sûr La Farce de Maître Pathelin, mise en scène Jean-Claude Martin, compagnie Artea. Théâtre Fontaine, 1984. Techniques de jeu de scène : que Pathelin est venu dans sa boutique. le drapier doute que Pathelin soit venu dans sa boutique. Déplacements Il s’arrête ou il recule. Il continue à avancer. Gestes Il pose les mains sur les hanches. Il se tient la tête entre les mains. Débit de paroles rapide lent Intonation forte faible • Apprenez le monologue. • À tour de rôle, répétez-le devant votre camarade en respectant les jeux de scène retenus. 178 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P176-183-9782011256218.indd 178 01/07/10 13:35 Le drapier, pris de doutes, revient frapper à la porte de Pathelin. 20 25 30 35 40 45 PATHELIN (à voix basse). – Je vais faire semblant de délirer. Allez ouvrir ! GUILLEMETTE (elle ouvre la porte). – Comme vous criez ! LE DRAPIER. – Miséricorde ! Vous riez ! Allez ! Mon argent ! GUILLEMETTE. – Sainte Marie ! De quoi voulez-vous que je rie ? Il n’y a pas plus malheureuse que moi sur terre. Il se meurt ! Jamais vous n’avez vu pareille tempête ni pareille frénésie ! Il délire encore : il divague, il chante, il confond toutes sortes de langages, il tient des propos incohérents !… Il ne lui reste pas une demi-heure à vivre. Ma parole, je ris et je pleure tout à la fois. LE DRAPIER. – J’ignore s’il faut rire ou pleurer, mais en un mot, je veux être payé ! […] GUILLEMETTE. – Ah ! Quelle bêtise ! Signez-vous1 ! (Bénédicité 2.) Faites le signe de croix ! (Elle fait sur lui le signe de la croix.) LE DRAPIER. – Eh bien ! Je renie Dieu3 si de toute l’année je vends du drap à crédit. (Pathelin s’agite.) Sacré malade ! PATHELIN. – Mère de dieu, la coronade, Par ma fye, y m’en vuol anar, Or regni biou, oultre la mar ! (au drapier) Avez-vous entendu, cher cousin ? GUILLEMETTE (au drapier). – Un de ses oncles était limousin, un frère de sa grand-tante. C’est pour ça, j’en suis sûre, qu’il jargonne en patois limousin. LE DRAPIER. – Diable ! Il est parti en cachette avec tout mon drap sous l’aisselle. PATHELIN (à Guillemette). – Approchez, belle demoiselle. Que veulent tous ces crapauds ? Reculez, sacs à merde ! (Il s’enveloppe dans sa couverture.) […] LE DRAPIER. – Ah ! Sainte Vierge ! C’est bien l’histoire la plus délirante à laquelle j’aie jamais été mêlé ! Jamais je n’aurais douté qu’il ne se soit rendu aujourd’hui à la foire. GUILLEMETTE. – Vous le pensiez vraiment ? LE DRAPIER. – Oui, par saint Jacques ! Mais je vois bien le contraire. À suivre… 1. Faites le signe de croix : signe fait par les chrétiens pour invoquer et prier Dieu. 2. prière chrétienne. 3. J'affirme que Dieu n’existe pas. 1. Quelle est la ruse de Pathelin ? Pourquoi l’a-t-il choisie ? Comment la met-il en œuvre ? 2. Cette ruse s’avère-telle efficace ? Justifiez. La Farce de Maître Pathelin, mise en scène Laurent Maciet, compagnie L'Univers Théâtre, 2002. En scène ! (l. 29 à fin) Jouer la folie Le rythme d’une farce est rapide : les acteurs doivent bouger, gesticuler, faire des mimiques très visibles pour accentuer le comique. Répétitions (par groupes de trois) : • Prévoyez des accessoires : un vêtement comme couverture, deux chaises pour le lit… • Apprenez vos rôles pour jouer le passage. • Prévoyez les gestes, mimiques, déplacements de votre personnage. • Pour le rôle de Pathelin, vous pouvez remplacer son jargon par deux autres de votre choix (par exemple du verlan…). • Répétez en respectant les jeux de scène définis ensemble. Atelier de lecture et de jeu théâtral La Farce de Maître Pathelin 179 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P176-183-9782011256218.indd 179 01/07/10 13:36 Le drapier repart sans se faire payer. Maître Pathelin reçoit alors la visite d’un berger venu lui demander conseil pour sa défense, car il a dérobé des moutons à son maître (qui n’est autre que le drapier). Pathelin lui suggère de se faire passer pour fou au tribunal en ne répondant que par « Bée ». SCÈNE VIII Au tribunal. 5 10 15 20 25 30 35 1. sottises. 40 LE JUGE. – […] N’êtes-vous pas le plaignant ? LE DRAPIER. – Si, c’est moi. LE JUGE. – Où est l’accusé ? Est-il présent en personne ? LE DRAPIER, montrant le berger. – Oui. Voyez-le là-bas, qui ne dit mot. […] LE JUGE. – Puisque vous êtes tous les deux présents, exposez-moi votre plainte. LE DRAPIER. – Voici donc ce dont je me plains. […] Aussi vrai que vous êtes assis là, monsieur le juge, il a fait un tel carnage de mes brebis et de mes moutons que, sans mentir… LE JUGE. – Mais, voyons, ne recevait-il pas un salaire ? PATHELIN. – Sans doute. Mais si par hasard il s’était amusé à lui faire garder le troupeau sans le payer… LE DRAPIER, reconnaissant Pathelin. – Je désavoue Dieu, si ce n’est vous, oui, sans erreur ! Avec la main, Pathelin se cache le visage. LE JUGE. – Vous gardez votre main devant votre visage ? Avez-vous mal aux dents, maître Pathelin ? PATHELIN. – Oui, elles me livrent une guerre terrible, et je n’ai jamais souffert d’une pareille rage de dents. Je n’ose lever la tête. Pour l’amour de Dieu, faites-le continuer. LE JUGE, au drapier. – Allons, achevez votre plaidoyer ! Vite, concluez en termes clairs ! LE DRAPIER, à part. – C’est sûr, c’est lui, et personne d’autre ! […] À Pathelin. C’est à vous que j’ai vendu six aunes de drap, maître Pierre ! LE JUGE, à Pathelin. – Qu’est-ce qu’il raconte avec son drap ? PATHELIN. – Il divague. Il pense en venir à son propos, mais il ne s’y retrouve plus, faute de l’avoir appris. LE DRAPIER, au juge. – Que je sois pendu, si c’est quelqu’un d’autre qui a emporté mon drap, sacrebleu ! PATHELIN. – Comme ce méchant homme va chercher loin des motifs à sa plainte ! Il veut dire – mais qu’il est maladroit ! – que son berger avait vendu la laine dont est fait le tissu de ma robe. C’est du moins ce que j’ai compris. Autant dire que son berger l’a volé, et lui a subtilisé la laine de ses brebis. LE DRAPIER, à Pathelin. – Que Dieu me foudroie si ce n’est pas vous qui l’avez, ce drap ! LE JUGE. – Silence ! Que diable ! Quel bavardage ! Eh, ne pouvez-vous pas revenir à votre propos sans entretenir la cour de pareilles inepties1 ? PATHELIN, riant. – Je souffre, mais je ne peux m’empêcher de rire. Il est déjà tellement embrouillé qu’il ne sait où il en est resté. Il faut que nous le lui rappelions. LE JUGE, au drapier. – Allons ! Revenons à nos moutons ! Que s’est-il passé ? LE DRAPIER. – Il en emporta six aunes, d’une valeur de neuf francs. 180 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P176-183-9782011256218.indd 180 01/07/10 13:36 La Farce de Maître Pathelin, mise en scène Jean-Claude Martin, compagnie Artea. Théâtre Fontaine, 1984. 45 50 LE JUGE. – Nous prenez-vous pour des imbéciles ou des fous ? Où vous croyez-vous ? PATHELIN. – Palsambleu, il vous mène en bateau ! Ah ! Il a tout l’air d’un brave homme ! Mais je suggère qu’on interroge la partie adverse. LE JUGE. – Vous avez raison. À part. Il s’entretient avec lui ! Il ne peut pas ne pas le connaître. Au berger. Viens ici ! Parle ! LE BERGER. – Bée ! LE JUGE.– Voilà le bouquet ! Que signifie ce « bée » ? Me prends-tu pour une chèvre ? Réponds-moi ! LE BERGER. – Bée ! […] À suivre… histoire des mots 1. a. Quels sont les deux types de phrases dominants employés par le juge ? b. Correspondent-ils à sa fonction ? 2. Qui accuse qui et de quoi, au début de la scène ? dans le passage situé entre crochets ? 3. Pathelin a-t-il mal aux dents ? Justifiez. 4. Quelles formes de comique repérez-vous dans cette scène ? Expliquez. • L’expression « Revenons à nos moutons » provient de cette farce. Que signifie-t-elle : a. dans la scène l. 40 ? b. à notre époque ? En scène ! (l. 12 à 36) Mettre en scène un dialogue de farce Répétitions (par groupes de quatre) : • Faites un croquis de mise en scène pour créer un décor de tribunal et y placer les personnages. • En vous appuyant sur les didascalies (indications scéniques en italique), mimez le passage situé entre crochets, en travaillant le jeu de regards, les attitudes, les déplacements de la tête ou du corps. • Veillez à ne pas suspendre votre jeu, même quand votre personnage est muet. • Apprenez votre texte. • Répétez-le en accompagnant les paroles de jeux de regards et de gestes. Atelier de lecture et de jeu théâtral La Farce de Maître Pathelin 181 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P176-183-9782011256218.indd 181 01/07/10 13:36 L’avocat Maître Pathelin, à la sortie du tribunal, retrouve le berger qui, grâce à lui, a gagné son procès. SCÈNE X 1. policier. PATHELIN. – Tu t’es montré à la hauteur. Ce qui a donné le change, c’est que tu t’es retenu de rire. LE BERGER. – Bée ! […] PATHELIN. – Quoi « Bée » ? Parle correctement ! Paie-moi, et je m’en irai. 5 LE BERGER. – Bée ! PATHELIN. – Tu sais quoi ? Je suis en train de te dire – et je t’en prie, cesse de bêler après moi – de songer à me payer. J’en ai assez de tes bêlements ! Paie-moi en vitesse ! LE BERGER. – Bée ! 10 PATHELIN. – Te moques-tu de moi ? Ne feras-tu rien d’autre ? Je te jure que tu vas me payer, tu entends, à moins que tu ne t’envoles ! Allons ! Mon argent ! LE BERGER. – Bée ! PATHELIN. – Tu plaisantes ? Comment ça ? N’obtiendrai-je rien d’autre ? LE BERGER. – Bée ! 15 PATHELIN. – Tu fais le malin ! Et à qui donc penses-tu faire avaler tes salades ? Sais-tu ce qu’il en est ? Désormais ne me rebats plus les oreilles de ton « bée », et paie-moi ! LE BERGER. – Bée ! PATHELIN. – […] À part. Moi qui me prenais pour le maître de tous les trompeurs d’ici et d’ailleurs, des escrocs, des faiseurs de belles promesses à tenir au jour du Jugement dernier, et voilà qu’un berger des champs me surpasse ! Au 20 berger. Par saint Jean, si je trouvais un sergent1, je te ferais arrêter. LE BERGER. – Bée ! PATHELIN. – Ah, oui ! « Bée » ? Que je sois pendu si je ne vais pas appeler un bon sergent. Malheur à lui s’il 25 ne te met pas en prison. LE BERGER, s’enfuyant. – S’il me trouve, je lui pardonne ! ANONYME, La Farce de Maître Pathelin, xve siècle, adaptation de F. Marin, Bibliocollège, © Hachette Éducation. La Farce de Maître Pathelin, mise en scène Laurent Maciet, compagnie L'Univers Théâtre, 2002. 1. Quels sentiments et réactions les « bée » du berger provoquentils successivement chez Pathelin ? 2. Pourquoi le berger continue-t-il à ne dire rien d'autre que « bée » ? 3. Le titre de « Trompeur trompé » conviendraitil pour cette scène ? Justifiez. En scène ! (l. 1 à fin) Travailler les intonations comiques es Répétitions (par groupes de deux, travaillez ensemble R les intonations des deux personnages) : • Pour Pathelin, trouvez l’intonation qui corresponde à chaque réplique pour traduire ses ordres, sa surprise, sa colère… • Pour le berger, prononcez « bée » de manière à créer un effet comique, en variant les intonations ou en gardant la même pour accentuer le comique de répétition. • Répétez en enchaînant les répliques et en ajustant les intonations. 182 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P176-183-9782011256218.indd 182 01/07/10 13:37 Définir le genre de la farce • Vous allez travailler sur un des dossiers suivants, par petits groupes. Vous présenterez ensuite votre projet à la classe. Dossier 1 : Des personnages de farce 1. a. Classez ces adjectifs en quatre listes : âpre au gain, avare, avide, benêt, cupide, fourbe, indélicat, intéressé, ladre, madré, niais, malhonnête, nigaud, roué, rusé, sot, stupide. b. Quelle(s) liste(s) pouvezvous associer à Pathelin ? au drapier ? au berger ? 2. De quelle profession se moque-t-on dans la scène II ? dans la VIII ? dans la X ? 3. De nos jours, l’expression « avoir un ton patelin », qui provient du nom du personnage de la farce, signifie « chercher à séduire quelqu’un en faisant semblant d’être aimable » : d’après les extraits que vous avez lus, expliquez l’origine de l’expression. 3. La ruse dans la mise en scène : dans les didascalies, repérez les gestes et les mouvements destinés à tromper leur interlocuteur ou à cacher quelque chose. Dossier 3 : Le dialogue de la farce 1. Choisissez une scène et, en vous aidant de la Fiche-méthode, relevez les formes de comique qui y sont présentes. 2. Expliquez comment le spectateur est associé au comique du dialogue. Fiche-méthode Dossier 2 : Un théâtre de la tromperie Étudier le comique d’un dialogue théâtral 1. Relisez les scènes II, V et VIII. Dans un dialogue théâtral, le comique peut provenir de différentes sources. 2. La ruse dans l’intrigue : a. Listez les ruses imaginées par les différents personnages. b. Relevez un ou des passages du texte indiquant que la tromperie a été efficace. Jeux de sons et de mots : – les onomatopées ; – le langage incompréhensible (patois, jargon…) ; – les mots à double sens. Vivacité du ton : – les jurons ; – les phrases exclamatives et injonctives. Fonctionnement du dialogue : – le malentendu ; – le mensonge (mais le spectateur sait que le personnage ment) ; – les apartés. Je retiens l’essentiel Répondez oralement aux questions suivantes, puis rédigez une définition du genre de la farce. 1. Quelle est l’origine du mot « farce » ? 2. À quelle époque les farces sont-elles apparues en France ? 3. Où les farces se jouaient-elles ? 4. À quelle catégorie sociale les personnages de farce appartiennent-ils ? 5. Sur quoi l’intrigue de la farce repose-t-elle ? JEAN TREPPEREL, Maistre Pierre Pathelin, vers 1499, BnF. 6. Quels sont les éléments comiques dans une farce ? Atelier de lecture et de jeu théâtral La Farce de Maître Pathelin 183 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P176-183-9782011256218.indd 183 01/07/10 13:37 8 Maîtres, valets et servantes Explorer la comédie et ses personnages Lectures : textes et images UNE COMÉDIE DE MOLIÈRE • Le Malade imaginaire Objectifs ACTE I, scènes II et V ........................................ ◗ Analyser des formes de comique : personnages et quiproquo ................. 186 ACTE II ..................................................... ◗ Lire l’acte II en autonomie .................. 190 ACTE III, scène V .................................... ◗ Étudier un coup de théâtre ................. 190 ACTE III, scènes X à XII ............................ ◗ Comprendre deux stratagèmes de la servante ................................... 192 ACTE III, scènes XIII, XIV et intermède ......... ◗ Lire la fin de la pièce en autonomie ..... 195 ◗ Analyser une pièce dans son intégralité .. 195 Fiche-méthode : Comprendre les fonctions d’une comédie LES COMÉDIES DE BOULEVARD • Dormez, je le veux !, G. FEYDEAU ...................... • Monsieur Badin, G. COURTELINE TEXTE INTÉGRAL ....... ◗ Caractériser une comédie de boulevard ... 196 ◗ Découvrir une comédie et son univers .. 198 Faire le point La comédie et ses personnages ..................................................................................... 203 Langue et expression Lexique : Le vocabulaire de la comédie : le théâtre et le rire ................................. Orthographe et conjugaison : Le participe présent – L’infinitif des verbes du 3e groupe ..................................................................................................... Grammaire : Les emplois des formes en -ant – Valeurs et emplois de l’infinitif – Les phrases injonctives ....................................................................................... Écrit : Rédiger des scènes de comédie .................................................................. Oral : Mimer, jouer, improviser ........................................................................... 204 Lectures personnelles ................................................................................... 209 205 206 207 208 Évaluations • Les Fourberies de Scapin (ACTE I, scène II), MOLIÈRE ....................................................... 210 184 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 184 01/07/10 13:41 Le Malade imaginaire, mise en scène de Gildas Bourdet, avec Philippe Faure. Théâtre National de la Criée, Marseille, 2001. Photomontage A.D. Naname, illustration Seb. James. 1 Quels éléments d’un théâtre reconnaissez-vous ? 2 Feuilletez le chapitre : quel est le nom du personnage présent sur la scène ? 3 Situez-vous les spectateurs à l’époque de Molière (XVIIe siècle), au XIXe siècle ou à notre époque ? Justifiez. 8 Maîtres, valets et servantes 185 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 185 01/07/10 13:41 Pour entrer dans le chapitre • Quelle comédie ou quelle farce connaissez-vous ? • Que savez-vous sur Molière ? Lectures UNE COMÉDIE DE MOLIÈRE Le Malade imaginaire Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière Avant de lire les textes • Lisez la liste des personnages : a. Quels sont ceux qui appartiennent à la famille d’Argan ? au monde de la médecine ? b. Pourquoi Angélique sera-telle au cœur d’une intrigue ? (1622-1673) Voir biographie, p. 245 [Argan] malade imaginaire [Cléante] amant 1 d’Angélique [Béline] seconde femme d’Argan [Monsieur Diafoirus] médecin [Angélique] fille d’Argan et amante de Cléante [Thomas Diafoirus] son fils, et amant d’Angélique [MonSieur Purgon] médecin d’Argan [Béralde] frère d’Argan [Monsieur Bonnefoy] notaire [Louison] petite fille d’Argan, et sœur d’Angélique [Toinette] servante d’Argan 1. amant : qui aime. ACTE I, scène II Argan, qui se croit malade, vient de faire ses comptes en examinant ce qu’il doit à son médecin, Monsieur Purgon, et à son apothicaire1, M. Fleurant. Puis il sonne et crie pour appeler ses serviteurs. Toinette, Argan. Toinette, en entrant dans la chambre. – On y va2. Argan. – Ah ! chienne ! Ah carogne3... Toinette, faisant semblant de s’être cogné la tête. – Diantre soit fait de votre impatience, 5 vous pressez si fort les personnes, que je me suis donné un grand coup de la tête contre la carne4 d’un volet. Argan, en colère. – Ah ! traîtresse... Toinette, pour l’interrompre et l’empêcher de 10 crier, se plaint toujours, en disant. – Ha ! Argan. – Il y a... Toinette. – Ha ! Argan. – Il y a une heure... Toinette. – Ha ! 186 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 186 01/07/10 13:42 Argan. – Tu m’as laissé... Toinette. – Ha ! Argan. – Tais-toi donc, coquine, que je te querelle. Toinette. – Çamon5, ma foi, j’en suis d’avis, 20 après ce que je me suis fait. Argan. – Tu m’as fait égosiller, carogne. Toinette. – Et vous m’avez fait, vous, casser la tête ; l’un vaut bien l’autre. Quitte à quitte, si vous voulez. 25 Argan. – Quoi, coquine... Toinette. – Si vous querellez6, je pleurerai. Argan. – Me laisser, traîtresse... Toinette, toujours pour l’interrompre. – Ha ! Argan. – Chienne, tu veux... 30 Toinette. – Ha ! Argan. – Quoi il faudra encore que je n’aie pas le plaisir de la quereller ? Toinette. – Querellez tout votre soûl7, je le veux bien. 35 Argan. – Tu m’en empêches, chienne, en m’interrompant à tous coups. Toinette. – Si vous avez le plaisir de quereller, il faut bien que de mon côté, j’aie le plaisir de pleurer ; chacun le sien, ce n’est pas trop. Ha ! 15 Argan. – Allons, il faut en passer par là. Ôtemoi ceci, coquine, ôte-moi ceci. (Argan se lève de sa chaise.) Mon lavement d’aujourd’hui a-t-il bien opéré ? Toinette. – Votre lavement ? 45 Argan. – Oui. Ai-je bien fait de la bile ? Toinette. – Ma foi je ne me mêle point de ces affaires-là, c’est à Monsieur Fleurant à y mettre le nez, puisqu’il en a le profit. Argan. – Qu’on ait soin de me tenir un bouillon 50 prêt, pour l’autre que je dois tantôt prendre. Toinette. – Ce Monsieur Fleurant-là, et ce Monsieur Purgon s’égayent bien8 sur votre corps ; ils ont en vous une bonne vache à lait9 ; et je voudrais bien leur demander quel mal 55 vous avez, pour vous faire tant de remèdes. Argan. – Taisez-vous, ignorante, ce n’est pas à vous à contrôler les ordonnances de la médecine. Qu’on me fasse venir ma fille Angélique, j’ai à lui dire quelque chose. […] À suivre… 40 1. pharmacien. 2. J’arrive. 3. injure (déformation de charogne). 4. l’angle. 5. véritablement. 6. si vous faites des reproches. 7. autant que vous voudrez. 8. se moquent. 9. ils profitent financièrement de vous. Le Malade imaginaire, mise en scène de Gildas Bourdet, Théâtre de l’Ouest parisien, 2003. Photo p. 186 : Alain Pralon jouant Argan dans Le Malade imaginaire, mise en scène de Claude Stratz, Comédie-Française, 2001. 8 Maîtres, valets et servantes 187 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 187 01/07/10 13:42 Lectures Le Malade imaginaire, mise en scène de Colette Roumanoff. Théâtre Fontaine, Paris, 2010. ACTE I, scène V Angélique, la fille d’Argan, vient de s’entretenir avec Toinette d’un jeune homme dont elle est amoureuse et qui doit la demander en mariage. Argan, Angélique, Toinette. Argan se met dans sa chaise. – Ô çà, ma fille, je vais vous dire une nouvelle, où peut-être ne vous attendez-vous pas. On vous demande en mariage. Qu’est-ce que cela ? Vous riez ? 5 Cela est plaisant, oui, ce mot de mariage. Il n’y a rien de plus drôle pour les jeunes filles. Ah ! Nature, nature ! À ce que je puis voir, ma fille, je n’ai que faire de vous demander si vous voulez bien vous marier. 10 Angélique. – Je dois faire, mon père, tout ce qu’il vous plaira de m’ordonner. Argan. – Je suis bien aise d’avoir une fille si obéissante, la chose est donc conclue, et je vous ai promise. 15 Angélique. – C’est à moi, mon père, de suivre aveuglément toutes vos volontés. […] Argan. – Je n’ai point encore vu la personne ; mais on m’a dit que j’en serais content, et toi aussi. Angélique. – Assurément, mon père. Argan. – Comment ! l’as-tu vu ? Angélique. – Puisque votre consentement m’autorise à vous pouvoir ouvrir mon cœur, je ne feindrai point de vous dire1 que le hasard 25 nous a fait connaître il y a six jours, et que la demande qu’on vous a faite est un effet de l’inclination2 que, dès cette première vue, nous avons prise l’un pour l’autre. Argan. – Ils ne m’ont pas dit cela, mais j’en suis 30 bien aise, et c’est tant mieux que les choses soient de la sorte. Ils disent que c’est un grand jeune garçon bien fait. Angélique. – Oui, mon père. Argan. – De belle taille. 3 35 Angélique. – Sans doute . Argan. – Agréable de sa personne. Angélique. – Assurément. Argan. – De bonne physionomie. 20 188 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 188 01/07/10 13:42 Angélique. – Très bonne. 4 40 Argan. – Sage, et bien né . Angélique. – Tout à fait. Argan. – Fort honnête. Angélique. – Le plus honnête du monde. Argan. – Qui parle bien latin, et grec. 45 Angélique. – C’est ce que je ne sais pas. Argan. – Et qui sera reçu médecin dans trois jours. Angélique. – Lui, mon père ? Argan. – Oui. Est-ce qu’il ne te l’a pas dit ? 50 Angélique. – Non, vraiment. Qui vous l’a dit, à vous ? Argan. – Monsieur Purgon. Angélique. – Est-ce que Monsieur Purgon le connaît ? 55 Argan. – La belle demande ! Il faut bien qu’il le connaisse, puisque c’est son neveu. Angélique. – Cléante, neveu de Monsieur Purgon ? Argan. – Quel Cléante ? Nous parlons de celui 60 pour qui l’on t’a demandée en mariage. Angélique. – Hé, oui. Argan. – Hé bien, c’est le neveu de Monsieur Purgon, qui est le fils de son beau-frère le médecin, Monsieur Diafoirus ; et ce fils 65 s’appelle Thomas Diafoirus, et non pas Cléante ; et nous avons conclu ce mariage-là ce matin, Monsieur Purgon, Monsieur Fleurant et moi, et demain ce gendre prétendu5 doit m’être amené par son père. Qu’est-ce ? Vous 6 70 voilà toute ébaubie ? Angélique. – C’est, mon père, que je connais7 que vous avez parlé d’une personne, et que j’ai entendu une autre. [...] À suivre… 1. je n’hésiterai point à vous dire. 2. du penchant. 3. sans aucun doute. 4. de bonne famille. 5. ce futur gendre. 6. surprise au point de bégayer. 7. je m’aperçois. Analyser des formes de comique : personnages et quiproquo ◗ Scène II : Maître et servante (p. 186-187) 1. a. Par quels noms Argan appelle-t-il Toinette ? b. L. 40 à la fin de la scène : relevez les phrases injonctives. c. Quel est le comportement d’Argan à l’égard de Toinette ? 2. a. L. 1 à 29 : d’après la ponctuation à la fin des répliques, qu’est-ce qui caractérise le dialogue entre Toinette et Argan ? b. Quel rapport de force entre les personnages cela traduit-il ? ➜ Réviser les types de phrases – p. 259 ◗ Scène V : Le quiproquo entre le père et la fille (p. 188-189) 3. a. Qu’annonce Argan à sa fille au début de la scène ? b. Quelle est la réaction d’Angélique ? c. Comment Argan l’interprète-t-il ? 4. a. L. 17 à 56 : relevez les reprises nominales et 6. a. À partir de quel moment Argan et sa fille n’ont-ils plus l’impression de parler de la même personne ? b. Quel mot fait éclater le malentendu ? 7. Expliquez en quoi consiste ici le quiproquo (du latin, « prendre quelqu’un, qui, pour quelqu’un d’autre, quo »). ◗ Argan et la médecine 8. a. Quel jugement Argan porte-t-il sur la médecine dans la scène II ? b. Cette opinion est-elle partagée par Toinette ? Justifiez vos réponses. 9. a. Pourquoi, selon vous, Argan a-t-il choisi Thomas Diafoirus comme gendre ? b. De quel trait de caractère fait-il ainsi preuve ? Justifiez. 10. L’attitude d’Argan face à la médecine vous semble-t-elle mesurée ou excessive ? Justifiez. Gardons une trace écrite pronominales désignant le futur gendre. b. Quel effet Molière cherche-t-il à produire ? ❯ Quelles sont les sources de comique dans ces deux scènes ? 5. Que désigne le pronom « ils » (l. 29) : a. pour Argan ? b. pour Angélique ? ❯ Autour de quoi l’intrigue va-t-elle se nouer ? Est-ce conforme à votre hypothèse initiale ? 8 Maîtres, valets et servantes 189 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 189 01/07/10 13:42 Lire l’ACTE II en autonomie Lectures Procurez-vous le texte de la pièce, au CDI ou sur le site www.toutmoliere.net. Lisez l’ACTE II. 1. Quelle est la différence de caractère entre les deux prétendants d’Angélique ? Justifiez. 2. Par qui Angélique est-elle aidée ? Comment ? Qui ne lui est pas favorable ? Justifiez. Le Malade imaginaire, ACTE II. Mise en scène de Gildas Bourdet, Théâtre National de la Criée, 2001. 3. De quoi Molière se moque-t-il dans cet acte ? Justifiez à l’aide de quelques éléments. Avant de lire le texte • D’après la scène II de l’ACTE I, quelle est la relation entre Argan et M. Purgon ? ACTE III, Scène v Toinette et Béralde ont décidé d’aider Argan. En présence de Béralde, pour la première fois, Argan a osé refuser un lavement prescrit par M. Purgon. Monsieur Purgon, Argan, Béralde, Toinette. Monsieur Purgon. – Je viens d’apprendre là-bas à la porte de jolies nouvelles. Qu’on se moque ici de mes ordonnances, et qu’on a fait refus de prendre le remède que j’avais 5 prescrit. Argan. – Monsieur, ce n’est pas... Monsieur Purgon. – Voilà une hardiesse bien grande, une étrange rébellion d’un malade contre son médecin. 10 Toinette. – Cela est épouvantable. [...] Monsieur Purgon. – Je vous déclare que je romps commerce1 avec vous. Argan. – C’est mon frère... Monsieur Purgon. – Que je ne veux plus 15 d’alliance avec vous. Toinette. – Vous ferez bien. Monsieur Purgon. – Et que pour finir toute liaison avec vous, voilà la donation que je faisais à mon neveu en faveur du mariage. 20 Argan. – C’est mon frère qui a fait tout le mal. Monsieur Purgon. – Mépriser mon clystère2 ! Argan. – Faites-le venir, je m’en vais le prendre. Monsieur Purgon. – Je vous aurais tiré d’affaire 25 avant qu’il fût peu. Toinette. – Il ne le mérite pas. Monsieur purgon. – J’allais nettoyer votre corps, et en évacuer entièrement les mauvaises humeurs. 30 Argan. – Ah, mon frère ! Monsieur Purgon. – Et je ne voulais plus qu’une douzaine de médecines, pour vider le fond du sac. Toinette. – Il est indigne de vos soins. 35 Monsieur Purgon. – Mais puisque vous n’avez pas voulu guérir par mes mains... Argan. – Ce n’est pas ma faute. Monsieur Purgon. – Puisque vous vous êtes soustrait de l’obéissance que l’on doit à son 40 médecin... Toinette. – Cela crie vengeance. Monsieur Purgon. – Puisque vous vous êtes déclaré rebelle aux remèdes que je vous ordonnais... 45 Argan. – Hé ! point du tout. Monsieur Purgon. – J’ai à vous dire que je 190 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 190 01/07/10 13:42 vous abandonne à votre mauvaise constitution, à l’intempérie de vos entrailles3, à la corruption4 de votre sang, à l’âcreté de votre bile et à la 50 féculence5 de vos humeurs. Toinette. – C’est fort bien fait. Argan. – Mon Dieu ! Monsieur Purgon. – Et je veux qu’avant qu’il soit quatre jours, vous deveniez dans un état 55 incurable. […] À suivre… 1. je cesse toute relation. 2. lavement. 3. au mauvais fonctionnement de vos intestins. 4. pourrissement. 5. impureté. Étudier un coup de théâtre ◗ Le coup de théâtre ◗ Les réactions des personnages 1. Quel reproche M. Purgon adresse-t-il à Argan ? 5. a. Sur quel ton M. Purgon s’adresse-t-il à Argan ? Répondez en citant des mots du texte. b. Comment Argan réagit-il ? c. Quel trait de caractère sa réaction révèle-t-elle ? 2. a. Quelle décision M. Purgon prend-il ? 6. Pour qui Toinette prend-elle parti ? Sa réaction b. Le début de la pièce rendait-il cette décision prévisible ? Justifiez. vous surprend-elle ? Justifiez. 3. Quel bouleversement le coup de théâtre 7. Béralde intervient-il ? Pourquoi ? provoque-t-il dans la vie d’Argan ? 4. a. De quel geste un comédien peut-il accompagner Gardons une trace écrite la réplique des lignes 17-19 ? b. Quel autre bouleversement le coup de théâtre provoque-t-il dans l’intrigue (l’histoire) ? ❯ D’après cet extrait, proposez une définition d’un coup de théâtre. ❯ Quel défaut des médecins Molière critique-t-il à travers ce coup de théâtre ? Exercice d’écriture Toinette et Béralde discutent afin de trouver un nouveau médecin pour Argan : imaginez et rédigez cette scène théâtrale. Le Malade imaginaire, mise en scène de Colette Roumanoff. Théâtre Fontaine, Paris, 2010. 8 Maîtres, valets et servantes 191 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 191 01/07/10 13:42 Lectures Avant de lire le texte • Pourquoi Argan a-t-il besoin d’un nouveau médecin ? ACTE III, Scène X Pour tenter de guérir Argan de sa maladie imaginaire, son frère Béralde lui présente un illustre médecin qui n’est autre que Toinette déguisée, en le prévenant que ce médecin ressemble étrangement à sa servante. Toinette en médecin, Argan, Béralde. [...] Toinette. – Je suis médecin passager1, qui vais de ville en ville, de province en province, de royaume en royaume […], pour trouver des malades dignes de m’occuper, capables 2 5 d’exercer les grands, et beaux secrets que j’ai trouvés dans la médecine. [...] et je voudrais, Monsieur, [...] que vous fussiez abandonné de tous les médecins, désespéré, à l’agonie, pour vous montrer l’excellence de mes remèdes, et 10 l’envie que j’aurais de vous rendre service. Argan. – Je vous suis obligé, Monsieur, des bontés que vous avez pour moi. Toinette. – Donnez-moi votre pouls. Allons donc, que l’on batte comme il faut. Ahy ! je 15 vous ferai bien aller comme vous devez. Hoy ! ce pouls-là fait l’impertinent ; je vois bien que vous ne me connaissez pas encore. Qui est votre médecin ? Argan. – Monsieur Purgon. 20 Toinette. – Cet homme-là n’est point écrit sur mes tablettes entre3 les grands médecins. De quoi, dit-il, que vous êtes malade ? Argan. – Il dit que c’est du foie, et d’autres disent que c’est de la rate. 25 Toinette. – Ce sont tous des ignorants, c’est du poumon que vous êtes malade. Argan. – Du poumon ? Toinette. – Oui. Que sentez30 vous ? Argan. – Je sens de temps en temps des douleurs de tête. Toinette. – Justement, 35 le poumon. Argan. – Il me semble parfois que j’ai un voile devant les yeux. [...] Toinette. – Le poumon. Vous avez appétit à ce que vous mangez ? 40 Argan. – Oui, Monsieur. Toinette. – Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin ? Argan. – Oui, Monsieur. Toinette. – Le poumon. Il vous prend un petit 45 sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir ? Argan. – Oui, Monsieur. Toinette. – Le poumon, le poumon, vous dis-je. Que vous ordonne votre médecin pour 50 votre nourriture ? Argan. – Il m’ordonne du potage. Toinette. – Ignorant ! Argan. – De la volaille. Toinette. – Ignorant ! 55 Argan. – Du veau. Toinette. – Ignorant ! [...] Argan. – Et surtout de boire mon vin fort trempé. Toinette. – Ignorantus, ignoranta, ignorantum.4 60 Il faut boire votre vin pur ; et pour épaissir votre sang qui est trop subtil5, il faut manger de bon gros bœuf, de bon gros porc, de bon fromage de Hollande, du gruau6 et du riz, et des 65 marrons et des Le Malade imaginaire, mise en scène de Gildas Bourdet, Théâtre National de la Criée, 2001. 192 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 192 01/07/10 13:42 oublies7, pour coller et conglutiner8. [...] Argan. – Vous m’obligez beaucoup. Toinette. – Que diantre faites-vous de ce bras-là ? Argan. – Comment ? 70 Toinette. – Voilà un bras que je me ferais couper tout à l’heure, si j’étais que de vous9. Argan. – Et pourquoi ? Toinette. – Ne voyez-vous pas qu’il tire à soi toute la nourriture, et qu’il empêche ce côté-là 75 de profiter ? Argan. – Oui, mais j’ai besoin de mon bras. Toinette. – Vous avez là aussi un œil droit que je me ferais crever, si j’étais en votre place. Argan. – Crever un œil ? 10 80 Toinette. – Ne voyez-vous pas qu’il incommode Le Malade imaginaire, mise en scène de Gildas Bourdet. Théâtre de l’Ouest parisien, 2003. l’autre, et lui dérobe sa nourriture ? Croyezmoi, faites-vous le crever au plus tôt, vous en verrez plus clair de l’œil gauche. [...] Argan. – Me couper un bras, et me crever un 85 œil, afin que l’autre se porte mieux ? J’aime bien mieux qu’il ne se porte pas si bien. La belle opération, de me rendre borgne et manchot ! 1. médecin ambulant. 2. de donner l’occasion d’appliquer. 3. parmi. 4. « ignorant » en latin au masculin, au féminin et au neutre. 5. fluide. 6. grain d’avoine. 7. sortes de gaufres roulées. 8. épaissir. 9. si j’étais vous. 10. gêne. ACTE III, Scène XI Toinette réapparaît en servante. Toinette, Argan, Béralde. [...] Béralde. – Hé bien oui, mon frère, [...] je ne puis vous souffrir l’entêtement où vous êtes pour votre femme, et voir que vous donniez tête baissée dans tous les pièges qu’elle vous tend. 5 Toinette. – Ah ! Monsieur, ne parlez point de Madame, c’est une femme sur laquelle il n’y a rien à dire ; une femme sans artifice, et qui aime Monsieur, qui l’aime... On ne peut pas dire cela. 10 Argan. – Demandez-lui un peu les caresses qu’elle me fait. Toinette. – Cela est vrai. [...] Argan. – Et les soins et les peines qu’elle prend autour de moi. 15 Toinette. – Il est certain. Voulez-vous que je vous convainque, et vous fasse voir tout à l’heure comme Madame aime Monsieur ? Monsieur, souffrez1 que je lui montre son bec jaune2, et le tire d’erreur. 20 Argan. – Comment ? Toinette. – Madame s’en va revenir. Mettez-vous tout étendu dans cette chaise, et contrefaites le mort3. Vous verrez la douleur où elle sera, quand je lui dirai la nouvelle. 25 Argan. – Je le veux bien. Toinette. – Oui, mais ne la laissez pas longtemps dans le désespoir, car elle en pourrait bien mourir. Argan. – Laisse-moi faire. 30 Toinette, à Béralde. – Cachez-vous, vous, dans ce coin-là. Argan. – N’y a-t-il point quelque danger à contrefaire le mort ? Toinette. – Non, non. Quel danger y aurait-il ? 35 Étendez-vous là seulement. (Bas.) Il y aura plaisir à confondre votre frère. Voici Madame. Tenez-vous bien. 1. permettez. 2. que je lui montre sa bêtise. 3. faites semblant d’être mort. 8 Maîtres, valets et servantes 193 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 193 01/07/10 13:42 Lectures Le Malade imaginaire, ACTE III, scène XII. Mise en scène de Gildas Bourdet, Comédie-Française, 1991. ACTE III, scène XII Béline, Toinette, Argan, Béralde. Toinette s’écrie. – Ah ! mon Dieu ! Ah malheur ! Quel étrange accident ! Béline. – Qu’est-ce, Toinette ? Toinette. – Ah, Madame ! 5 Béline. – Qu’y a-t-il ? Toinette. – Votre mari est mort. Béline. – Mon mari est mort ? Béline aperçoit le corps d’Argan. Illustration de FÉLIX LORIOUX pour Le Malade imaginaire, 1928. Toinette. – Hélas oui. Le pauvre défunt est trépassé1. 10 Béline. – Assurément ? Toinette. – Assurément. Personne ne sait encore cet accident-là, et je me suis trouvée ici toute seule. Il vient de passer2 entre mes bras. Tenez, le voilà tout de son long dans cette chaise. 15 Béline. – Le ciel en soit loué ! Me voilà délivrée d’un grand fardeau. Que tu es sotte, Toinette, de t’affliger de cette mort ! Toinette. – Je pensais, Madame, qu’il fallût pleurer. 20 Béline. – Va, va, cela n’en vaut pas la peine. Quelle perte est-ce que la sienne, et de quoi servait-il sur la terre ? Un homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement ou une médecine dans le 25 ventre, mouchant, toussant, crachant toujours, sans esprit, ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant jour et nuit servantes et valets. […] MOLIÈRE, Le Malade imaginaire, 1763. 1. mort. 2. mourir. 194 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 194 01/07/10 13:42 Comprendre deux stratagèmes de la servante ◗ Scène X : Un déguisement (p. 192-193) ◗ Scènes XI et XII : Une feinte (p. 193-194) 1. Le déguisement de Toinette la place-t-il en 7. De quoi Béralde soupçonne-t-il Béline au début position de supériorité ou d’infériorité vis-à-vis d’Argan ? Justifiez. de la scène XI ? La suite lui donne-t-elle raison ? Justifiez. 2. a . A r g a n t o m b e - t - i l d a n s l e p i è g e d u 8. Quel est le comportement de Toinette à l’égard déguisement ? Justifiez. b. Quels traits de caractère d’Argan Toinette exploite-t-elle ainsi ? d’Argan au début de la scène XI ? Comment l’expliquez-vous ? 3. L. 1 à 10 : quel sentiment Toinette veut-elle susciter 9. a. Quel stratagème Toinette met-elle en place ? chez Argan ? b. Dans quelle intention ? c. Est-il efficace ? Justifiez. 4. Que dit Toinette médecin à propos de M. Purgon ? Dans quel but ? 5. L. 60 à 66 : a. Quels remèdes prescrit-elle à Argan ? Gardons une trace écrite b. Peuvent-ils lui faire du mal ? ❯ Les stratagèmes de Toinette visent-ils à se moquer d’Argan ou à l’aider ? Justifiez. 6. a. Quel est le but de Toinette dans cette scène ? b. Réussit-elle dans sa mission ? Expliquez. ❯ Quels traits de caractère de Toinette ses stratagèmes révèlent-ils ? Expliquez. Lire la fin de la pièce en autonomie Lisez les scènes XIII et XIV ainsi que l’intermède final, puis répondez aux questions. 1. Le mariage d’Angélique connaît-il une issue heureuse ? Expliquez. 2. Argan est-il guéri de son obsession ? Celle-ci représente-t-elle toujours une menace pour son entourage ? 3. Quels rôles le troisième intermède joue-t-il ? Analyser une pièce dans son intégralité D’après les textes que vous avez étudiés et / ou lus et en suivant la Fiche-méthode ci-dessous, expliquez en quoi cette comédie illustre la devise latine du théâtre de Molière : Castigare ridendo mores (« Corriger les mœurs1 en s’en moquant par le rire »). 1. les comportements. Fiche-méthode Comprendre les fonctions d’une comédie • Le rire 1. Pour chacun des points suivants, expliquez quels sont les éléments de la pièce qui font rire, en donnant quelques exemples : – les caractères ; – les gestes ; – la situation ; – les mots les intermèdes (s’il y en a). • La leçon de vie pour corriger les défauts 2. Quels sont les personnages qui ont des défauts ? Quels sont ces défauts ? 3. Par qui et comment ces défauts sont-ils corrigés ? Couverture du Malade imaginaire, illustré par FÉLIX LORIOUX, 1928. 8 Maîtres, valets et servantes 195 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 195 01/07/10 13:42 Lectures Avant de lire le texte • L’hypnose (du grec hypnos, « sommeil ») est une « science occulte » : en vous aidant du titre de la pièce, dites de quoi il s’agit. LES COMÉDIES DE BOULEVARD Dormez, je le veux ! Justin, valet de Boriquet, s’est vanté auprès d’Éloi, un autre valet (à l’accent belge), de faire porter les bagages par son patron, grâce aux « sciences occultes ». Boriquet arrive et demande à Justin d’aider Éloi à porter des malles. Georges Feydeau (1862-1921) Il est un des principaux auteurs de vaudevilles : Un fil à la patte ( 1 8 9 4 ) , La Puce à l’oreille (1905). Au XIXe siècle, ces pièces divertissantes, destinées à un public bourgeois, comportant initialement des couplets chantés, se jouaient dans les théâtres des boulevards de Paris. 1. depuis l’arrière de la scène. 2. mouvements de la main pour hypnotiser quelqu’un. 3. de l’hypnose. 4. petits coups donnés avec un doigt. 5. la grippe. 6. en mimant. 7. petite poche intérieure. 8. « occulte » signifie « obscur » ; cette expression désigne des pratiques comme l’hypnose ou la voyance. Éloi, il remonte1 vers Justin qui observe Boriquet, bas à Justin. – Eh ! bien, je ne vois pas qu’il porte la malle pour une fois. Justin. – Attends donc… (Allant à pas de loup derrière Boriquet et lui faisant des passes magnétiques2 dans le dos.) Tiens, tu vas voir ! 3 5 Justin continue ses passes... Boriquet subit peu à peu l’effet du fluide . Éloi. – Mais quoi donc est-ce qu’il lui fait à lui envoyer des pichenettes4 ? Justin, se mettant derrière lui. – Chut... (À Boriquet.) Combien de doigts ? Boriquet, endormi. – Sept. Justin. – Ça y est !... 10 Éloi. – Ah ! mon Dieu, il est malade. Justin, se rapprochant d’Éloi. – Non... il est, comme on dit, sous l’influence du sommeil hypnotique. Éloi. – Il a l’influenza5. Justin, à Boriquet. – Allons, arrive ici, toi, moule à gaufres ! (Il dirige 15 Boriquet jusqu’au milieu du théâtre en le guidant avec le doigt.) Lève la jambe !... l’autre ! (Boriquet exécute successivement tous les ordres donnés par Justin.) Baise ma main ! Bien ! Éloi. – Il est tout de même bien dressé, savezvous. […] 6 20 Justin, à Boriquet qui exécute en pantomime tous les ordres donnés, toujours en le guidant avec le doigt, devant les yeux de Boriquet, lesquels doivent être fixes. – Là, promène-toi, ma vieille... là, bien... Ah ! un ruisseau... prends garde à ta robe !... 25 Boriquet fait mine de retrousser sa robe et d’enjamber le ruisseau. Il enjambe la malle. Justin le fait tourner. […]. Éloi. – Ah ! Il est rigolo, par exemple. […] Justin, il revient à Boriquet en tendant 30 la main. – Et maintenant tu as assez fait le singe ! Donne-moi vingt francs. (Boriquet tire vingt francs du gousset7 de son gilet et donne la pièce à Justin, très automatiquement.) Parfait, eh bien, pour 35 ta peine, prends cette malle et porte-la 196 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 196 01/07/10 13:42 dans la chambre bleue... Quand ce sera fait, tu reviendras... Allez, ffutt !... (Il lui envoie un coup de pied au bon endroit. À Éloi, pendant que Boriquet sort en emportant la malle.) Voilà ce qu’on appelle les sciences occultes8. […] GEORGES FEYDEAU, Dormez, je le veux !, 1897. Page 196 et ci-contre : Dormez, je le veux !, mise en scène de Lisa Warmser. Comédie de Picardie, Amiens, 2009. Caractériser une comédie de boulevard ◗ La mécanique du rire ◗ Un valet et son maître 1. a. Quelle place Feydeau accorde-t-il aux didascalies (notations scéniques) ? b. Quelles indications donnent-elles ? c. « Allant » , « faisant », « se mettant » : à quel mode ces verbes sont-ils conjugués ? 7. a. Quelle ruse Justin utilise-t-il avec son maître ? 2. Quel est le rythme de la scène ? b. Cette ruse réussit-elle ? Justifiez. 8. L. 20 à 27 : a. Quelle personne Justin emploiet-il pour s’adresser à son maître ? b. Comment se comporte-t-il avec lui ? 9. Que tente d’obtenir Justin à la fin ? Y parvient-il ? 3. Qui a l’initiative de la plupart des jeux de scène ? ➜ Les formes en -ant – p. 326 ◗ Des personnages de farce 4. Que révèlent les répliques d’Éloi sur ce valet ? 5. L. 10 à 24, relevez un jeu de mots et deux insultes. 6. Quel geste de Justin relève de la farce ? Gardons une trace écrite ❯ Que révèlent les paroles et les gestes de Justin sur sa relation avec son maître ? ❯ D’après cet extrait, pensez-vous que le théâtre de Feydeau est davantage fait pour être lu ou pour être vu sur scène ? Expliquez. En scène ! E Exercice d’écriture P groupes de trois, mimez la scène Par ne en soulignant son rythme rapide, puis e is apprenez-la à partir de la ligne 14 ; soulignez l’emprise de Justin sur son maître. Un peu plus tard, Éloi cherche à son tour à hypnotiser son propre maître. Cependant, il n’a pas les mêmes pouvoirs que Justin… Rédigez cette scène théâtrale en employant de nombreuses didascalies. 8 Maîtres, valets et servantes 197 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 197 01/07/10 13:42 Lectures Avant de lire le texte 1. En vous appuyant sur vos souvenirs de 6e, dites si Ovide était un poète latin, un dieu grec ou un personnage de Molière. 2. Cherchez le sens de l’adjectif « badin ». 3. Lisez la biographie de l’auteur : qu’évoque pour lui le métier d’employé de bureau ? Monsieur Badin TEXTE INTÉGRAL Le cabinet du directeur. Celui-ci, installé à sa table de travail, donne des signatures qu’il éponge1 aussitôt. Brusquement, il s’interrompt, allonge la main vers un cordon de sonnette. Sonnerie à la cantonade2. La porte s’ouvre. Le garçon de bureau apparaît. Georges Courteline (1858-1929) Longtemps employé de bureau, il déteste ce travail, arrive en retard ou ne vient pas. Puis il se consacre au théâtre et écrit des comédies qui s’amusent du monde des employés et des fonctionnaires, parmi lesquelles Messieurs les ronds-de-cuir, Le commissaire est bon enfant. Monsieur Badin, mise en scène de Georges Chamarat, Comédie-Française, Paris, 1966. Le Directeur. – C’est vous, Ovide ? Ovide. – Oui, Monsieur le directeur. Le Directeur. – Est-ce que Monsieur Badin est venu ? Ovide. – Oui, Monsieur le directeur. 5 Le Directeur (stupéfait). – Monsieur Badin est là ? Ovide. – Parfaitement. Le Directeur. – Réfléchissez à ce que vous dites. Je vous demande si Monsieur Badin, l’expéditionnaire3 du troisième bureau, est à son poste, oui ou non. 10 Ovide. – Monsieur le directeur, il y est ! Le Directeur (soupçonneux). – Ovide, vous avez bu… Ovide (désespéré). – Moi !... Le Directeur. – Allons ! avouez la vérité ; je ne vous dirai rien pour cette fois. 15 Ovide (des larmes dans la voix). – Je vous jure !... J’ai bu qu’un verre de coco. Le Directeur (à lui-même). – La présence de Monsieur Badin au ministère constitue un tel phénomène, une telle anomalie !... Enfin, nous allons bien voir. Allez me chercher Monsieur Badin. 20 Ovide. – Bien, Monsieur le directeur. Il sort. Le directeur s’est remis à la besogne. Long silence. Enfin, à la porte, trois petits coups. Le Directeur. – Entrez ! Apparition de M. Badin. 25 Monsieur Badin (saluant jusqu’à terre). – Monsieur le directeur... Le Directeur (toujours plongé dans ses signatures). – Bonjour, Monsieur Badin. Entrez donc, Monsieur Badin, et prenez un 30 siège, je vous prie. Monsieur Badin. – Je suis confus... Le Directeur. – Du tout, du tout. Dites-moi, Monsieur Badin, voilà près de quinze jours que vous n’avez mis le pied à l’Administration. 198 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 198 01/07/10 13:42 Monsieur Badin (humble). – Ne m’en parlez pas !... Le Directeur. – Permettez ! C’est justement pour vous en parler que je vous ai fait prier de passer à mon cabinet4. Voilà, dis-je, près de quinze jours que vous n’avez mis le pied à l’Administration. Tenu au courant de votre absence par votre chef de bureau, et inquiet pour votre santé, 40 j’ai envoyé six fois le médecin du ministère prendre chez vous de vos nouvelles. On lui a répondu six fois que vous étiez à la brasserie. Monsieur Badin. – Monsieur, on lui a menti. Mon concierge est un imposteur5 que je ferai mettre à la porte par le propriétaire. Le Directeur. – Fort bien, Monsieur Badin, fort bien : ne vous excitez 45 pas ainsi. Monsieur Badin. – Monsieur, je vais vous expliquer. J’ai été retenu chez moi par des affaires de famille. J’ai perdu mon beau-frère... Le Directeur. – Encore ! 50 Monsieur Badin. – Monsieur... Le Directeur. – Ah çà ! Monsieur Badin, est-ce que vous vous fichez de moi ? Monsieur Badin. – Oh !... Le Directeur. – À cette heure, vous avez perdu 55 votre beau-frère, comme déjà, il y a trois semaines, vous aviez perdu votre tante, comme vous aviez perdu votre oncle le mois dernier, votre père à La Trinité6, votre mère à Pâques ! Sans préjudice naturellement, de tous les cousins, cousines, et 7 60 autres parents éloignés que vous n’avez cessé de mettre en terre à raison d’un au moins la semaine. Quel massacre ! Non, mais quel massacre ! A-t-on idée d’une boucherie pareille !... Et je ne parle ici, notez bien, ni de la petite sœur qui se marie deux fois l’an, ni de la grande qui accouche tous les trois mois. Eh bien ! monsieur, 65 en voilà assez. Que vous vous moquiez du monde, soit ! mais il y a des limites à tout, et si vous supposez que l’Administration vous donne deux mille quatre cents francs pour que vous passiez votre vie à marier les uns, à enterrer les autres, ou à tenir sur les fonts baptismaux8, vous vous mettez le doigt dans l’œil ! 70 Monsieur Badin. – Monsieur le directeur... Le Directeur. – Taisez-vous ! Vous parlerez quand j’aurai fini ! Vous êtes ici trois employés attachés à l’expédition : vous, Monsieur Soupe et Monsieur Fairbatu. Monsieur Soupe en est aujourd’hui à sa trente-septième année de service et il n’y a plus à attendre de lui que les preuves de sa vaine bonne 75 volonté. Quant à Monsieur Fairbatu, c’est bien simple : il place des huiles en province9 !... Alors quoi ? Car voilà pourtant où nous en sommes, il est inouï de penser que sur trois expéditionnaires, l’un soit gâteux, le second voyageur de commerce et le troisième à l’enterrement depuis le jour de l’An jusqu’à la Saint-Sylvestre !... Et naïvement vous vous êtes fait à l’idée 80 que les choses pouvaient continuer de ce train ?... Non, Monsieur Badin ; cent fois non ! J’en suis las, moi, des enterrements, et des mariages, et des baptêmes !... Désormais, c’est de deux choses l’une : la présence ou la démission ! Choisissez ! Si c’est la démission, je l’accepte ! Je l’accepte 35 Monsieur Badin, mise en scène de Gilles Retore. Cité Internationale, 1990. 1. qu’il sèche avec un buvard. 2. qui retentit dans toute la pièce. 3. l’employé qui s’occupe d’expédier les marchandises. 4. bureau. 5. quelqu’un qui ne mérite pas son poste, un menteur. 6. date d’une fête religieuse. 7. membres de la famille. 8. à être parrain. 9. Il est représentant de commerce et voyage en province pour vendre des bouteilles d’huile. 8 Maîtres, valets et servantes 199 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 199 01/07/10 13:42 Lectures à cet instant même. Est-ce clair ? Si c’est le contraire, vous me ferez le 85 plaisir d’être ici chaque jour sur le coup de dix heures, et ceci à partir de demain. Est-ce clair ? J’ajoute que le jour où la fatalité, cette fatalité odieuse qui vous poursuit, semble se faire un jeu de vous persécuter, viendra vous frapper de nouveau dans vos affections de famille, je vous balancerai, moi ! Est-ce clair ? 90 Monsieur Badin. – Ah ! vous me faites bien de la peine, Monsieur le directeur ! À la façon dont vous me parlez, je vois bien que vous n’êtes pas content. Le Directeur. – Allons donc ! Mais vous vous trompez ; je suis fort satisfait au contraire ! 95 Monsieur Badin. – Vous raillez. Le Directeur. – Moi !... Monsieur Badin ?... que j’eusse une âme si traîtresse !... qu’un si lâche dessein...10 Monsieur Badin. – Si, Monsieur ; vous raillez. Vous êtes comme tous ces imbéciles qui trouvent plaisant de me taper sur le ventre et de m’appeler 100 employé pour rire. Pour rire !... Dieu vous garde, Monsieur, de vivre jamais un quart d’heure ma vie d’employé pour rire ! Le Directeur (étonné). – Pourquoi cela ? Monsieur Badin. – Écoutez, Monsieur. Avez-vous jamais réfléchi au sort du pauvre fonctionnaire qui, systématiquement, opiniâtrement11, ne veut 105 pas aller au bureau, et que la peur d’être mis à la porte hante, poursuit, torture, martyrise d’un bout de la journée à l’autre ? Le Directeur. – Ma foi non. Monsieur Badin. – Eh bien ! Monsieur, c’est une chose épouvantable, et c’est là ma vie, cependant. Tous les matins, je me raisonne, je me dis : 110 « Va au bureau, Badin ; voilà plus de huit jours que tu n’y es allé ! » Je m’habille, alors, et je pars ; je me dirige vers le bureau. Mais ouitche ! J’entre à la brasserie ; je prends un bock12..., deux bocks..., trois bocks ! Je regarde marcher l’horloge, pensant : « Quand elle marquera l’heure, je me rendrai à mon ministère. » Malheureusement, quand elle a 115 marqué l’heure, j’attends qu’elle marque le quart ; quand elle a marqué le quart, j’attends qu’elle marque la demie. Le Directeur. – Quand elle a marqué la demie, vous vous donnez le quart d’heure de grâce... Monsieur Badin. – Parfaitement ! Après quoi je me dis : « Il est 120 trop tard. J’aurais l’air de me moquer du monde. Ce sera pour une autre fois ! » Quelle existence ! Quelle existence ! Moi qui avais un si bon estomac, un si bon sommeil, une si belle gaieté, je ne prends plus plaisir à rien, tout ce que je mange me semble amer comme du fiel13 ! Si je sors, je longe les murs comme un voleur, l’œil aux 125 aguets, avec la peur incessante de rencontrer un de mes chefs ! Si je rentre, c’est avec l’idée que je vais trouver chez le concierge mon arrêté de révocation14 ! Je vis sous 1a crainte du renvoi comme un patient sous le couperet !... Ah ! Dieu !... Le Directeur. – Une question, Monsieur Badin. Est-ce que vous 130 parlez sérieusement ? Monsieur Badin. – J’ai bien le cœur à la plaisanterie !... Mais réfléchissez donc, Monsieur le directeur. Les trois mille francs qu’on 200 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 200 01/07/10 13:43 me donne ici, je n’ai que cela pour vivre, moi ! Que deviendrai-je, le jour, inévitable, hélas ! où on ne me les donnera plus ? Car, enfin, je ne me 135 fais aucune illusion : j’ai trente-cinq ans, âge terrible où le malheureux qui a laissé échapper son pain doit renoncer à l’espoir de le retrouver jamais !... Oui, ah ! ce n’est pas gai, tout cela ! Aussi, je me fais un sang ! Monsieur, j’ai maigri de vingt livres, depuis que je ne suis jamais au ministère ! (Il relève son pantalon.) Regardez plutôt mes mollets, si on 140 ne dirait pas des bougies. Et si vous pouviez voir mes reins ! des vrais reins de chat écorché ; c’est lamentable. Tenez, Monsieur, nous sommes entre hommes, nous pouvons bien nous dire cela ! Ce matin, j’ai eu la curiosité de regarder mon derrière dans la glace. Eh bien ! j’en suis encore malade, rien que d’y penser. Quel spectacle ! Un pauvre petit derrière 145 de rien du tout, gros à peine comme les deux poings ! Quel spectacle ! Je n’ai plus de fesses, elles ont fondu ! Le chagrin, naturellement ; les angoisses continuelles, les affres15 !... Avec ça, je tousse la nuit, j’ai des transpirations ; je me lève de cinq à six fois pour aller boire au pot à eau !... (Hochant la tête.) Ah ! ça finira mal, tout cela ; ça me jouera un 150 mauvais tour. 10. parodie d’une Le Directeur (ému). – Eh bien ! mais, venez au bureau, Monsieur Badin. tragédie de Corneille, Monsieur Badin. – Impossible, Monsieur le directeur. Cinna (XVIIe siècle). Le Directeur. – Pourquoi ? 11. avec un grand entêtement. Monsieur Badin. – Je ne peux pas... Ça m’embête. 12. un verre de bière. 155 Le Directeur. – Si tous vos collègues tenaient ce langage... 13. liquide amer contenu dans la vésicule biliaire. Monsieur Badin (un peu sec). – Je vous ferai remarquer, Monsieur 14. mon avis le directeur, avec tout le respect que je vous dois, qu’il n’y a pas de de licenciement. 15. les souffrances. comparaison à établir entre moi et mes collègues. Mes collègues ne donnent au bureau que leur activité, leur P. 200 et ci-contre : Monsieur Badin, 160 intelligence et leur temps : moi, c’est ma Chapeau Melon et Ronds-de-cuir, vie que je lui sacrifie ! (Désespéré.) Ah ! compagnie Voix des Plumes, Tenez, Monsieur, ce n’est plus tenable ! Théâtre du Bourg-Neuf, Avignon, 2009. Le Directeur (se levant). – C’est assez mon avis. 165 Monsieur Badin (se levant également). – N’est-ce pas ? Le Directeur. – Absolument. Remettez-moi votre démission ; je la transmettrai au ministre. 170 Monsieur Badin (étonné). – Ma démission ? Mais, Monsieur, je ne songe pas à démissionner ! Je demande seulement une augmentation. Le Directeur. – Comment, une 175 augmentation ! Monsieur Badin (sur le seuil de la porte). – Dame, Monsieur. Il faut être juste. Je ne peux pourtant pas me tuer pour deux cents francs par mois. GEORGES COURTELINE, Monsieur Badin, 1897. 8 Maîtres, valets et servantes 201 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 201 01/07/10 13:43 Lectures Découvrir une comédie et son univers ◗ Des personnages-types ◗ L’employé Badin 1. a. Où les personnages se trouvent-ils ? b. Quels 9. a. Quels défauts le directeur reproche-t-il à Badin ? sont leur métier et leur milieu social ? b. Le personnage de Badin a-t-il un comportement conforme à son nom ? 2. a. Le nom d’Ovide est-il en harmonie avec son métier ? b. Quels sont les noms et les caractéristiques des deux autres employés (lignes 72 à 79). Ces noms sont-ils comiques ou sérieux ? 3. a. Quels niveaux de langue les personnages mélangent-ils ? Répondez en citant des expressions du texte. b. Quel est l’effet produit par ce mélange ? ➜ Réviser les niveaux de langue – p. 363 ◗ Le rapport de force 10. Quelle stratégie Badin adopte-t-il pour justifier ses absences : a. d’après les lignes 54 à 69 ; b. dans les lignes 108 à 128 ? c. Ces deux stratégies sontelles efficaces ? Justifiez. 11. L. 131 à 150 : a. Badin s’exprime-t-il sur un ton comique ou tragique ? Justifiez. b. Le ton employé est-il en accord avec ce qui est dit ? Expliquez. c. Quels éléments du texte et des didascalies relèvent du comique de farce ? 4. a. Dans les lignes 54 à 89, qui prononce de longues tirades ? b. Quels sont les types de phrases dominants ? c. Quel sentiment le directeur éprouve-t-il envers Badin ? Quel est le rapport de force entre les deux personnages ? Justifiez à l’aide du dialogue et des didascalies. 5. Dans les lignes 82 à 89 : a. Relevez les phrases injonctives et indiquez les trois constructions grammaticales que vous reconnaissez. b. Qu’attend le directeur de Badin à la fin de ce passage ? 6. L. 90 à 162 : a. Observez la longueur des répliques : quelle évolution remarquez-vous par rapport aux lignes précédentes ? b. Qu’est-ce que cela révèle ? Monsieur Badin, mise en scène de Gilles Retore. Cité Internationale, 1990. 7. « Ce n’est plus tenable » (l. 162) : quel sens chacun des personnages donne-t-il à cette expression ? 8. La pièce se termine par un « coup de théâtre » : expliquez de quoi il s’agit. ➜ Réviser les types de phrases – p. 259 Gardons une trace écrite ❯ Expliquez ce qui caractérise cette comédie de Georges Courteline (personnages, lieux, comique). En scène ! Jouez la tirade du directeur (l. 71 à 89) en insistant sur sa colère ou la a tirade de Badin (l. 131 à 150) en soulignant le ton tragique. Employezz des gestes qui expriment le comique de ce passage. Exercice d’écriture Vous êtes metteur en scène : rédigez deux petites notes destinées l’une au décorateur, l’autre à la costumière, pour leur indiquer ce qu’ils doivent créer. 202 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 202 01/07/10 13:43 Faire le point La comédie et ses personnages Arts et culture • Au XVIIe siècle, en France, les troupes de théâtre, comme celle de Molière, sont ambulantes ou jouent dans des théâtres ou encore à Versailles, à la cour de Louis XIV. Certaines comédies de Molière, comme Le Bourgeois gentilhomme ou Le Malade imaginaire, comportent des intermèdes musicaux, chantés et dansés : ce sont des comédies-ballets, à la mode à cette époque. (voir aussi Dossier 10, p. 243). Couverture du Malade imaginaire, illustré par FÉLIX LORIOUX, 1928. • Le XIXe siècle est dominé par les comédies de boulevard (jouées sur les grands boulevards de Paris), encore nommées « vaudevilles ». Ces comédies de Georges Courteline ou Georges Feydeau, au rythme souvent endiablé, divertissent un public bourgeois. Un genre littéraire • La comédie se moque des défauts humains et se sert du rire pour les corriger. • On y trouve des personnages-types, sources du comique de caractère : – le valet (ou la servante) ingénieux qui trompe son maître ; – le maître, sot et autoritaire, qui veut marier de force son fils ou sa fille ; – des jeunes gens qui aiment, en secret, une jeune fille ou un jeune homme sans argent ; – des employés de bureau paresseux et absentéistes (Courteline). • Stratagèmes, coups de théâtre, quiproquos (malentendus) créent le comique de situation. • Dans cet art visuel au rythme rapide, gestes comiques, portes qui claquent, personnages qui se cachent ou se poursuivent créent le comique de scène. L’écriture de la comédie • Le comique de mots provient de jeux de mots (quiproquo, répétitions…), du mélange des niveaux de langue, d’un ton décalé ou excessif, de l’interruption d’un personnage par un autre : la comédie est aussi un art sonore. • Le dialogue traduit le rapport de force entre les personnages : le meneur de l’intrigue (souvent un valet ou une servante) est aussi celui qui maîtrise la parole. • Les didascalies (notations scéniques), parfois nombreuses, guident le metteur en scène et les acteurs pour les gestes, mouvements et intonations comiques. Affiche de Chapeau Melon et Ronds-de-cuir, mis en scène par Denis Souppe. Je retiens l’essentiel ❯ Citez deux formes particulières de comédies, en précisant leur siècle et le nom d’un de leurs auteurs. ❯ Quels sont les rapports entre les valets ou les servantes et leur maître dans la comédie ? 8 Maîtres, valets et servantes 203 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 203 01/07/10 13:43 Lexique ❯ Le vocabulaire de la comédie Connaître le vocabulaire du théâtre ➜ Réviser les synonymes et les antonymes – p. 362 1. Reliez chaque mot à sa définition : acte, coup de théâtre, exposition, dénouement, intrigue, scène. Définitions : 1. Délimitation constituée par l’entrée ou la sortie d’un personnage. 2. Équivalent de la situation initiale d’un récit. 3. Événement inattendu. 4. Délimitation correspondant à la durée des chandelles d’éclairage. 5. Équivalent des péripéties dans un récit. 6. Résolution de l’intrigue. 2. Complétez les phrases avec ces mots : aparté, monologue, onomatopée, quiproquo, réplique, tirade. 1. Les deux personnages croient parler de la même chose, mais il n’en est rien : ils font un … 2. Ce valet ne prononce que des sons : il parle par ... 3. Ce valet bavard prononce de longues … qui ennuient son maître. 4. Dans cette comédie, l’échange de … entre les personnages est très rapide. 5. Le personnage s’adresse directement au public : il fait un … 6. Seul en scène, ce personnage prononce un … émouvant. 3. a. Associez à chaque mot en italique le symbole ou . b. Ces couples de mots sont-ils synonymes ou antonymes ? 1. Cette pièce reçoit un accueil mitigé / enthousiaste. 2. Cette comédie provoque l’hilarité / les huées du public. 3. Les spectateurs applaudissent à tour de bras / timidement. 4. Cette comédie est désopilante / décevante. 5. Le jeu de cet acteur est époustouflant / désolant. 6. Ce spectacle fait un four / un tabac. 4. Choisissez le bon mot pour désigner des lieux ou des métiers du théâtre. 1. La personne qui place les spectateurs est une ouvrière / une ouvreuse. 2. Ce théâtre a un foyer : il possède un bar / une cheminée. 3. Nos billets réservés attendent au contrôle / au contact. 4. Au théâtre, les cintres servent à accrocher les décors / les costumes. 5. Un acteur incarne un personnage / un comédien. 6. Une poursuite est un éclairage mobile / une course sur scène. 7. Le plateau désigne la scène / un accessoire de mobilier. 8. On désigne les côtés de la scène par les expressions « côté jardin » et « côté cour », en souvenir des représentations de Versailles / Paris. 5. Dans quelles phrases les mots en italique ont-ils un sens figuré ? 1. a. Ce menteur joue sans cesse la comédie. b. Cet acteur excelle quand il joue la comédie. 2. a. Je vais au théâtre pour voir une pièce de Molière. b. Cette région a été le théâtre d’opérations militaires. 3. a. Ce comédien sera récompensé par un prix. b. Cet élève est un vrai comédien qui fait croire à son sérieux. 4. a. Ce garçon se donne en spectacle en gesticulant. b. Cette troupe donnera un spectacle chaque soir. 5. a. Le spectacle déclenche un tonnerre d’applaudissements. b. Le spectacle est interrompu par un coup de tonnerre. Explorer le vocabulaire du rire ➜ Le sens propre et le sens figuré – p. 366 6. Parmi ces verbes : se tordre, fuser, éclater, exploser, résonner, déferler, déclencher, provoquer, a. quels sont ceux qui peuvent avoir le nom « rire(s) » comme sujet ? comme complément ? b. Employez quatre de ces verbes dans une phrase qui en révèle le sens. 7. Les expressions ci-dessous sont-elles employées : a. au sens propre ou figuré ? b. pour un spectacle réussi ou mauvais ais ? c. Employez chacune d’elless dans une phrase. – Rire à s’en décrocher la mâchoire ; – rire aux larmes ; – à mourir de rire ; – s’étrangler de rire ; – rire à gorge déployée. Le Bourgeois gentilhomme, mise en scène de Colette Roumanoff. Theâtre Fontaine, Paris, 2010. 8. Classez ces adjectifs qualifiant le rire en couples : a. d’antonymes ; b. de synonymes. Gras, discret, forcé, franc, clair, sonore, étouffé, communicatif. 9. Complétez ces phrases avec un de ces adjectifs qualificatifs : badin, espiègle, guilleret, hilarant, hilare, jovial. 1. Cette pièce est si amusante que le public est … 2. Ce personnage ne prend rien au sérieux, il adopte un ton … 3. Cette farce est si drôle qu’on peut la qualifier d’... 4. Ce personnage, toujours content, a un caractère ... 5. Entre deux scènes sombres, l’auteur insère une scène plus … pour détendre le public. 6. Ce personnage … joue des tours incessants. 204 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 204 01/07/10 13:43 Langue et expression Orthographe Conjugaison Aborder le participe présent ➜ Les formes en -ant – p. 326 Observer et manipuler 1. a. Quel est l’infinitif des verbes soulignés ? b. Quel est le groupe de chaque verbe ? c. Quelle est la terminaison commune à ces trois formes verbales ? Jean, annonçant. – Monsieur Daniel Savary !... Perrichon, s’épanouissant. – Ah ! le voilà, ce cher ami !... ce bon Daniel ! (Il renverse presque le guéridon en courant au-devant de lui.) Daniel, saluant. – Mesdames… Bonjour, Armand ! Perrichon, le prenant par la main. – Venez que je vous présente Majorin… E. LABICHE, Le Voyage de Monsieur Perrichon, ACTE III, scène VII, 1859. 2. Faites précéder ces noms d’hommes par « Madame » : que constatez-vous pour les formes en -ant ? Dubrochard, allant à la porte de gauche. – Nous allons bien voir… Taupinier, passant la tête à la porte et indiquant la porte par laquelle est sorti Lemercier. – Ce n’est pas ici, monsieur, c’est en face. G. FEYDEAU, Gibier de potence, scène XIII, 1883. Formuler la règle 3. Complétez la phrase suivante. Un participe présent se termine par -... . Quel que soit le nom ou le groupe nominal auquel il se rapporte, il reste ... . Orthographier l’infinitif des verbes du 3e groupe Formuler la règle 6. Complétez les phrases suivantes. Un verbe du 3e groupe peut avoir un infinitif en -ir ou en -ire. Les composés du verbe « dire » ont un infinitif en … . Observer et manipuler 7. Donnez l’infinitif des formes verbales suivantes ; employez une couleur pour les infinitifs en -oir et une autre pour ceux en -oire. Tu peux – tu vois – tu vaux – tu veux – tu bois – tu crois – tu dois – tu assieds – tu émeus – tu reçois. Formuler la règle 8. Complétez la phrase suivante. La plupart des verbes du 3e groupe dont l’infinitif est en [war] se terminent par …, sauf les verbes … et … . Autodictée à jouer • Relevez : les participes présents ; les verbes du 3e groupe à l’infinitif présent ; mémorisez leur terminaison. • Apprenez l’orthographe des adverbes soulignés. • Apprenez ce texte par cœur et jouez-le. • Récitez-le par écrit, en autodictée. Molière, s’adressant à ses comédiens. – Ne nous amusons point davantage à discourir. Parlant à de La Grange1. Vous, prenez garde à bien faire valoir votre rôle de marquis. Melle Molière, soupirant. – Encore des marquis ! Molière, poursuivant. – Le marquis aujourd’hui est le personnage par excellence ; et comme dans toutes les comédies anciennes on voit un valet bouffon qui fait rire les auditeurs, de même dans nos pièces de maintenant il faut toujours un marquis ridicule pour divertir la compagnie. D’après MOLIÈRE, L’Impromptu de Versailles, 1663. 1. comédien de la troupe de Molière. ➜ Réviser la « carte d’identité du verbe » – p. 300 Observer et manipuler 4. Donnez l’infinitif des formes verbales suivantes ; employez une couleur pour les infinitifs en -ir et une autre pour ceux en -ire. Je meurs – je ris – je souris – je lis – je prédis – j’écris –je recueille – je cours – je cuis – je fuis – je mens – j’offre – j’ouvre – je viens. 5. Comment le verbe prédire est-il composé ? Donnez d’autres verbes composés à partir du même radical : comment leur infinitif se termine-t-il ? L’Impromptu de Versailles, mise en scène de Jean-Luc Boutte. Comédie-Française, 1993. 8 Maîtres, valets et servantes 205 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 205 01/07/10 13:43 Grammaire Aborder les emplois des formes en -ant Distinguer les valeurs et les emplois de l’infinitif ➜ L’infinitif – p. 324 ➜ Les formes en -ant – p. 326 Observer et manipuler Observer et manipuler 1. Dans les didascalies suivantes, a. à quel mode et à 5. Relevez les verbes à l’infinitif : quelle valeur quel temps les verbes soulignés sont-ils conjugués ? b. À quel mot chacune de ces formes verbales estelle apposée ? Quelle est la classe grammaticale de ces mots ? commune ont-ils ? « Chers spectateurs, merci de respecter ces règles : éteindre les portables pendant le spectacle ; ne pas prendre de photos ; ne pas apporter de nourriture dans la salle. » Justin, entrant du fond, suivi d’Éloi qui porte une malle. Éloi, déposant sa malle au milieu de la scène. Justin, se tournant un peu à droite. G. FEYDEAU, Dormez, je le veux, 1897. Le Directeur, se levant. – C’est assez mon avis. Monsieur Badin, se levant également. – N’est-ce pas ? G. COURTELINE, Monsieur Badin, 1897. 2. Récrivez les didascalies des extraits suivants en employant des participes présents. A. Léandre, il veut le frapper. – Ce que tu m’as fait, traître ! Octave, il le retient. – Eh ! doucement ! Scapin. – Je vous ai fait quelque chose, monsieur ? Léandre, il s’avance pour le frapper. – Tu l’ignores ! MOLIÈRE, Les Fourberies de Scapin, 1671. B. Maître de musique, il parle à ses Musiciens. – Venez, entrez dans cette salle, et reposez-vous là. Maître à danser, il parle aux Danseurs. – Et vous aussi, de ce côté. MOLIÈRE, Le Bourgeois gentilhomme, 1670. 3. Relevez les formes verbales exprimant la manière de prononcer les voyelles : comment ces formes verbales sont-elles composées ? Maître de philosophie. – La voix A se forme en ouvrant fort la bouche : A. La voix E se forme en rapprochant la mâchoire d’en bas de celle d’en haut : A, E. La voix O se forme en rouvrant les mâchoires. La voix U se forme en rapprochant les dents. MOLIÈRE, Le Bourgeois gentilhomme, 1670. Formuler la règle 4. Complétez les phrases suivantes. Le participe … peut être employé en apposition à un … ou à un ... . Le gérondif est composé du … présent précédé de la préposition … . 6. a. Quelle est la fonction de l’infinitif « distraire » dans chacune des phrases suivantes ? b. Ces fonctions sont-elles habituellement celles d’un verbe ou d’un nom ? 1. La comédie s’emploie à distraire. 2. Molière veut distraire le public. 3. Molière possède l’art de distraire. 4. Distraire est le but de la comédie. 5. Jouer la comédie, c’est distraire le public. Formuler la règle 7. Complétez les phrases suivantes. Un verbe à l’infinitif peut s’employer dans une phrase injonctive pour exprimer un … . Il peut aussi avoir les mêmes fonctions qu’un … ; il peut être sujet, …, …, … ou ... . Analyser des phrases injonctives ➜ Réviser les types de phrases – p. 259 Observer et manipuler 8. Dans les phrases suivantes : a. À quel mode le verbe « parler » est-il conjugué pour exprimer un ordre : à la 2e personne ? à la 3e personne ? de façon impersonnelle ? b. Quelle est la phrase nominale exprimant un ordre ? 1. Ne me parle pas sur ce ton. 2. Qu’on ne me parle pas sur ce ton. 3. Défense de me parler sur ce ton. 4. Je t’interdis de me parler sur ce ton. 5. Ne jamais me parler sur ce ton. 9. Peut-on ajouter un point d’exclamation aux phrases de l’exercice 8 ? Si oui, le ton en est-il modifié ? Formuler la règle 10. Répondez aux questions suivantes. Quels sont les modes utilisés dans une phrase injonctive ? Quelles sont les autres constructions possibles pour une phrase injonctive ? À quel type de phrase la phrase injonctive peut-elle être associée ? 206 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 206 01/07/10 13:43 Langue et expression Écrit Rédiger des scènes de comédie 1. Rédiger une scène comique 2. Rédiger une scène de comédie avec un coup de théâtre SUJET 1 : De nos jours, un(e) jeune veut acheter des vêtements ou un objet technologique pour paraître à la mode. Imaginez la scène avec le vendeur (ou la vendeuse) en soulignant le ridicule du jeune et/ou la prétention du vendeur. Consignes d’écriture : • Respectez la disposition d’un texte théâtral. • Rédigez des didascalies, en employant des participes présents. • Soulignez le comique des personnages (caractère, gestes, mouvements…) dans le dialogue et les didascalies. • Employez des phrases injonctives de constructions variées. • Distinguez le langage des deux personnages (niveaux de langue, vocabulaire employé…). SUJET 2 : Un professeur réprimande un élève qui retourne la situation. Imaginez cette scène de comédie avec un coup de théâtre final. Consignes d’écriture : • Respectez la disposition d’un texte théâtral. • Rédigez des didascalies, en employant des participes présents. • Variez la longueur des répliques des personnages selon l’évolution de leur rapport de forces. • Employez des phrases injonctives de constructions variées. • Distinguez le langage des deux personnages (niveaux de langue, vocabulaire employé…). Variante : • Un(e) jeune veut apprendre un sport ou une danse pour paraître à la mode. Imaginez la scène comique entre « l’élève » et le « maître ». Fernandel dans Topaze, de MARCEL PAGNOL, 1950. 3. Rédiger une scène de quiproquo à partir d’un canevas SUJET 3 : Rédigez, sous forme de dialogue théâtral, la scène de quiproquo suivante. Gégé-La-Flemme se demande pourquoi la maîtresse a dit ce matin qu’il lui donnait du fil à retordre, vu qu’il ne se rappelle pas lui en avoir jamais donné à tordre et qu’il est impossible de retordre du fil si on n’en a pas déjà tordu. D’ailleurs il est impossible qu’il lui en ait donné à tordre, encore moins à retordre, parce que du fil, il n’en a jamais sur lui. CLAUDE BOURGEYX, Le Fil à retordre, © Nathan Poche, 2005. Préparation : • Que signifie l’expression figurée « donner du fil à retordre » ? • Qu’est-ce qui doit provoquer le comique ? Consignes d’écriture : • Respectez la disposition d’un texte théâtral. • Rédigez des didascalies, en employant des participes présents. • Soulignez le dysfonctionnement du dialogue par des exclamations et par des coupures de parole. • Employez des phrases injonctives de constructions variées. 8 Maîtres, valets et servantes 207 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 207 01/07/10 13:43 Langue et expression Oral Mimer, jouer, improviser 1. Mimer et jouer sur les intonations SUJET 1 : Imaginez une scène de rencontre au cours de laquelle vous prononcerez seulement des « oh » ou des « ah » et que vous jouerez à deux. Seuls vos mimes, 2. Camper et mimer un personnage SUJET 2 : Choisissez un personnage, un caractère et une situation (voir listes ci-dessous). Campez le personnage et mimez le sketch. Pierre et le loup, mis en scène par Daniel Leduc. Théâtre Comédia, Paris, 2009. Listes : • Personnages : un soldat, une mère de famille, un sportif, un chef d’orchestre, une star de cinéma. • Caractères : timide, vantard, distrait, imbécile, maladroit, maniéré, brutal. • Situations : le personnage attend un autobus, a perdu ses clés, se prépare à partir au travail, commande un repas au restaurant ou fait la cuisine. Méthode : • Choisissez des attitudes, des gestes, des mimiques, des intonations comiques pour camper le personnage. • Ne prononcez aucun mot (sauf des onomatopées). • Faites deviner au public le personnage, son caractère, la situation. gestes et intonations permettront à la classe de comprendre de quoi il est question. N’oubliez pas que l’objectif est de faire rire le public. 3. Varier les intonations SUJET 3 : Jouez cette scène à deux, en variant les intonations. Kim. – Maman ? Raconte-nous ce que tu as fait. Évelyn. – Moi ? oh rien. Tu me connais. Kim. – Qu’est-ce que tu as fait ce matin ? Évelyn. – Je suis sortie me promener. Kim. – Tu as rencontré quelqu’un ? Évelyn. – Oh, oui… certainement. LEE BLESSING, Indépendance, in Brouilles et Querelles, « Les Thématiques », © Tertium éditions, 1996. Méthode : • Entraînez-vous à dire ce texte, en variant le ton de chaque personnage : neutre, violent, intimidé, résolu, respectueux, insolent, joyeux, lugubre, moqueur. • Par groupes de deux, présentez une ou plusieurs de vos différentes interprétations. • La classe doit repérer le ton que chaque comédien a choisi dans la liste. 4. Improviser à partir d’un canevas SUJET 4 : Choisissez une des situations proposées dans les sujets de la page « Écrit ». Par groupe de deux, improvisez une scène comique, après vous être rapidement mis d’accord sur la fin à donner à votre scène. Critères de réussite : • Variez les enchaînements de répliques. • Variez vos intonations. • Soulignez la différence, voire l’opposition, entre les deux personnages, pour ménager des effets comiques. • Exprimez le comique de la scène par vos paroles, vos gestes et déplacements. 208 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 208 01/07/10 13:43 Lectures personnelles Comédies brèves Jules Romains Marcel Pagnol Jean Anouilh Eugène Labiche L’Affaire de la rue Lourcine Knock Topaze Le Bal des voleurs © Classiques Collège, Belin-Gallimard, 2008. © De Fallois, collection Fortunio poche, 2004. © Éditions Gallimard Jeunesse, 2004. Les curieuses pratiques du nouveau médecin d’un village. Comment un professeur chahuté par ses élèves peut-il s’en sortir ? Des voleurs pleins de fantaisie troublent le calme d’une petite ville de province. Lectures à la © Éditions Gallimard, Folio plus classique, 2007. Qu’a bien pu faire Monsieur Lenglumé sous l’emprise de la boisson ? une Jeu radiophonique de la « Meilleure comédie » • Lisez une des comédies proposées. • Choisissez un passage comique (environ quinze lignes). Jules Renard Poil de carotte © Magnard, Classiques et Contemporains, 2000. Une comédie en un acte, créée par J. Renard à partir du roman du même nom. • Devant la classe : – présentez brièvement l’intrigue ; – situez le passage dans l’intrigue ; – lisez-le ou jouez-le (seul ou à plusieurs). Alfred de Musset Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée • Le public élit la pièce qui lui paraît la plus comique en attribuant à chaque pièce : – 1 à 5 points d’après la (les) présentation(s) ; – 1 à 5 points selon la lecture ou le jeu du (des) passage(s). © Flammarion, 2007. Une déclaration d’amour peu ordinaire. En scène ! E Et pourquoi ne pas monter et jouer la pièce c ce élue « Meilleure comédie » (entièrement é n nt ou en partie) pour la fin de l’année ? o À vous de jouer ! 8 Maîtres, valets et servantes 209 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 209 01/07/10 13:43 Évaluations Lexique Orthographe et conjugaison Grammaire Apprendre à réviser Relisez « Faire le point » (voir p. 203). Quel est le sens de : espiègle ? jovial ? hilare ? (voir p. 204) Comment forme-t-on un participe présent ? Citez deux verbes dont l’infinitif se termine par -oir, deux verbes dont l’infinitif se termine par -oire. (voir p. 205) Quelles fonctions un infinitif peut-il avoir quand il est employé comme un nom ? (voir p. 206) Les Fourberies de Scapin ACTE I, scène II Scapin, Octave, Silvestre. Scapin. – Qu’est-ce, seigneur Octave, qu’avez-vous ? Qu’y a-t-il ? Quel désordre est-ce là ? Je vous vois tout troublé. Octave. – Ah ! mon pauvre Scapin, je suis perdu, je suis désespéré, je suis le plus infortuné de tous les hommes. 5 Scapin. – Comment ? Octave. – N’as-tu rien appris de ce qui me regarde ? Scapin. – Non. Octave. – Mon père arrive avec le seigneur Géronte1, et ils me veulent marier. 2 10 Scapin. – Hé bien ! qu’y a-t-il là de si funeste ? Octave. – Hélas ! tu ne sais pas la cause de mon inquiétude ? Scapin. – Non ; mais il ne tiendra qu’à vous que je la sache bientôt ; et je suis homme consolatif3, homme à m’intéresser aux affaires des jeunes gens. Octave. – Ah ! Scapin, si tu pouvais trouver quelque 4 15 invention, forger quelque machine , pour me tirer de la peine où je suis, je croirais t’être redevable de plus que de la vie. Scapin. – À vous dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles, 20 quand je m’en veux mêler. J’ai sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d’esprit, de ces galanteries ingénieuses à qui le 25 vulgaire ignorant donne le nom de fourberies5 ; et je puis dire, sans vanité, qu’on n’a guère vu d’homme qui fût plus habile ouvrier de ressorts et d’intrigues, Les Fourberies de Scapin, mise en scène de Colette Roumanoff. Théâtre Fontaine, Paris, 2009. 210 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 210 01/07/10 13:43 qui ait acquis plus de gloire que moi dans ce noble métier : mais, ma foi ! le mérite est trop maltraité aujourd’hui, et j’ai renoncé à toutes choses depuis certain chagrin d’une affaire qui m’arriva. Octave. – Comment ? Quelle affaire, Scapin ? Scapin. – Une aventure où je me brouillai avec la justice. [...] Baste6. Ne 35 laissez pas7 de me conter votre aventure. […] Octave, aidé de son valet Sylvestre, explique à Scapin qu’en l’absence de son père, il a épousé une jeune fille pauvre. Il craint la réaction de son père qui revient pour lui faire épouser la fille de Géronte. Scapin. – Est-ce là tout ? Vous voilà bien embarrassés tous deux pour une bagatelle8. C’est bien là de quoi se tant alarmer. N’as-tu point de honte, toi9, de demeurer court10 à si peu de chose ? Que diable ! te voilà grand et gros comme père et mère, et tu ne saurais trouver dans ta tête, forger 40 dans ton esprit quelque ruse galante, quelque honnête petit stratagème, pour ajuster vos affaires ? [...] 30 1. Le vieillard Géronte est le maître de Scapin. 2. dramatique. 3. qui sait apporter des consolations. 4. ruse. 5. ruses méchantes. 6. juron qui signifie « Cela suffit. » 7. ne renoncez pas. 8. une chose insignifiante. 9. il s’adresse à Sylvestre. 10. de manquer d’imagination. MOLIÈRE, Les Fourberies de Scapin, ACTE I, scène II, 1671. Compréhension du texte Étude de la langue 1. a. Qu’apprend-on au sujet d’Octave ? b. Sur quels autres personnages est-on informé ? c. Qu’apprend-on sur eux ? 1. Quel est l’adjectif qui caractérise le ton de Scapin dans sa dernière réplique : agressif, espiègle, hilare ? 2. a. Octave traite-t-il Scapin comme un valet ou comme un ami ? b. Scapin marque-t-il du respect à Octave ? Justifiez vos réponses. 3. a. À quelle qualité de Scapin Octave fait-il appel ? b. Relevez dans le texte tous les groupes nominaux désignant ce trait de caractère. 4. Quel autre trait de caractère les deux tirades de Scapin révèlent-elles ? 5. « Je me brouillai avec la justice » (l. 34) : expliquez cette phrase et ce qu’elle révèle de Scapin. 6. Scapin ressemble-t-il aux valets et servantes de comédie que vous connaissez ? Justifiez. Lecture d’image 2. Donnez les infinitifs présents correspondant à « Je vois » (l. 2), « ils veulent » (l. 8), « tu sais » (l. 11). 3. Donnez la fonction de chacun des infinitifs suivants : « demeurer » (l. 38), « forger » (l. 39) et « ajuster » (l. 41). 4. a. Imaginez pour chacune des répliques des lignes 10 à 17 une didascalie comportant un participe présent que vous soulignerez. b. Quelle est la fonction de ces participes présents ? Expression écrite Scapin explique son plan à Octave. Racontez la scène sous forme de dialogue théâtral, sans oublier d’indiquer des didascalies. a. Quel type de relation entre Octave et Scapin la mise en scène met-elle en valeur ? Expliquez. b. Cette relation est-elle conforme à celle du texte ? Justifiez. 8 Maîtres, valets et servantes 211 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P184-211-9782011256218.indd 211 01/07/10 13:43 9 Au fil du Temps et des saisons Étudier des jeux de langage poétiques Lectures : textes et images Objectifs LE TIC-TAC DE L’HORLOGE : UNE IMAGE DU TEMPS • « Chanson grave », R. QUENEAU ................ ◗ Découvrir une chanson ................................ 214 • « L’Horloge », C. BAUDELAIRE, « Laisse l’horloge… », E. GUILLEVIC, ............................................. ◗ Comparer des images du Temps..................... 215 ARMAN EN AVANT ! LA MARCHE DU TEMPS • « Le Soleil », J.-L. MOREAU ........................ ◗ Lire un poème ludique ................................ 216 • « Le Temps », C. ROY .............................. ◗ Étudier des jeux de rythme et de langage ...... 217 GARE AU TEMPS QUI PASSE ! • « Comme on voit sur la branche… », .................... ◗ Étudier une vision du Temps dans un sonnet ..... 218 P. DE RONSARD, J. MONORY • « La Planète », J. SUPERVIELLE ..................... ◗ Lire un poème en écho ................................ 219 CALENDRIER ARTISTIQUE ..................... ◗ Parcourir les saisons au fil des arts ................. 220 ........................... 220 • Printemps : V. HUGO, NORGE, G. DE NERVAL, G. APOLLINAIRE, C. BENZAKEN ................................................... 222 • Été : A. RIMBAUD, C. M. LECONTE DE LISLE, V. VAN GOGH ............................................. 223 • Automne : P. VERLAINE, É.VERHAEREN, J. ROUBAUD, E. SCHIELE , VIVALDI , SCHUBERT ................ 224 • Hiver : C. D’ORLÉANS, M. CARÊME, M. JACOB, K. HIROSHIGE Fiche-méthode : Réaliser l’abécédaire d’un poète Faire le point La versification ........................................................................................................... 226 La poésie : formes poétiques et jeux de langage ............................................................. 227 Langue et expression Lexique : Le vocabulaire du temps ...................................................................... 228 Orthographe et conjugaison : Le conditionnel présent – Les homophones ............ 229 Grammaire : Les compléments circonstanciels de cause, but, comparaison ............. 230 Écrit : Écrire des poèmes ...................................................................................... 231 Oral : Dire des poèmes ....................................................................................... 232 Lectures personnelles ........................................................................................ 233 Évaluations • « Soleils couchants », V. HUGO, C. D. FRIEDRICH .......................................................... 234 212 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 212 01/07/10 13:46 histoire des GIUSEPPE ARCIMBOLDO, Le Printemps, l’Été, l’Automne, l’Hiver, XVIe siècle. 1 À quelle saison chaque tableau correspond-il ? À quoi identifiez-vous la saison dans chaque tableau ? 2 Choisissez un des tableaux : notez tous les mots qui vous viennent à l’esprit en le regardant. 3 Imaginez une chanson que pourrait dire un de ces personnages : rédigez-en deux strophes. 9 Au fil du Temps et des saisons 213 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 213 01/07/10 13:46 Pour entrer dans le chapitre • D’après les poèmes que vous connaissez, quelle définition de la poésie pouvez-vous proposer ? Lectures LE TIC-TAC DE L’HORLOGE : UNE IMAGE DU TEMPS Avant de lire les poèmes 1. Observez les textes sans les lire : les identifiez-vous spontanément comme des poèmes ? Pourquoi ? 2. Renseignez-vous sur le dieu Cronos. Raymond Queneau Chanson grave (1903-1976) P assez loin de l’horloge elle mord elle mord Passez loin de l’horloge y habite la mort Cet écrivain et poète français est connu pour ses jeux d’écriture. 5 Les aiguilles qui tournent graveront vos soucis Les aiguilles qui tournent graveront vos ennuis Sur tous ces beaux visages 10 qui sourient sans savoir Sur tous ces beaux visages se grave un désespoir Passez loin de l’horloge elle mord elle mord 15 Passez loin de l’horloge y habite la mort RAYMOND QUENEAU, Le Chien à la mandoline, © Éditions Gallimard, 1965. Horloge astronomique, Prague. Découvrir une chanson ◗ Une musique 1. a. Quel vers le poète a-t-il utilisé (voir p. 226) ? b. Ce vers traduit-il la lenteur ou la vitesse du temps qui s’écoule ? 2. En quoi la disposition des vers et les sonorités dans la première et la dernière strophe illustrentelles le premier mot du titre ? ◗ L’image du temps 3. À quoi l’horloge est-elle associée dans les vers 1 et 2 ? dans les vers 3 et 4 ? 4. a. Donnez un synonyme de « grave » dans le titre. b. Relevez un verbe homophone de cet adjectif dans le poème : quel est son sujet ? c. Relevez deux autres formes conjuguées de ce verbe accompagnées de leur COD respectif : le temps laisse-t-il une marque positive ou négative ? 5. a. À qui le poète s’adresse-t-il ? b. Quel est son message ? ➜ Homophones grammaticaux – p. 356 Gardons une trace écrite ❯ Ce poème porte-t-il bien son titre de « Chanson grave » ? Expliquez. 214 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 214 01/07/10 13:47 Charles Baudelaire (1821-1867) Ce poète français est l’auteur des Fleurs du mal et des Petits poèmes en prose. L’Horloge H orloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi ! » Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d’effroi Se planteront bientôt comme dans une cible ; […] 5 Trois mille six cents fois par heure, la Seconde Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide avec sa voix D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde ! […] CHARLES BAUDELAIRE, « Spleen et Idéal », Les Fleurs du Mal, 1857. Laisse l’horloge... L aisse l’horloge Dormir son ronron D’artisanale Éternité EUGÈNE GUILLEVIC (1907-1997), Du domaine, © Éditions Gallimard, 1996. ARMAN (1928-2005), L’heure de tous, 1985, Paris, cours de la gare Saint-Lazare. Comparer des images du Temps ◗ Des images du Temps différentes 1. À qui chaque poème s’adresse-t-il ? Expliquez. 5. Dans le poème de Guillevic, quelles sonorités évoquent : a. le ronronnement du chat ? b. le tictac de l’horloge ? 2. À quoi l’horloge est-elle associée dans l’extrait du poème de Baudelaire ? dans le poème de Guillevic ? Justifiez. 3. Lequel de ces deux poèmes propose une image de l’horloge terrifiante ? rassurante ? Justifiez. ➜ Les figures de style – p. 364 ◗ Des rythmes différents 4. Le rythme des vers 1 et 5 dans le poème de Baudelaire est-il fluide ou saccadé ? Gardons une trace écrite ❯ Quelles images du Temps les horloges des trois poèmes des pages 214 et 215 évoquent-elles ? histoire des a. Quelle image du Temps la sculpture d’Arman donne-t-elle ? b. Auquel des poèmes l’associeriezvous ? Pourquoi ? Exercice d’écriture Rédigez un poème sur le Temps tel que vous l’imaginez et le ressentez. Comparez le Temps à un ou à plusieurs éléments ou objets. Choisissez un rythme approprié, sans contrainte de longueur de vers. 9 Au fil du Temps et des saisons 215 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 215 01/07/10 13:47 EN AVANT ! LA MARCHE DU TEMPS Lectures Avant de lire les poèmes 1. Que signifie l’adjectif « ludique » ? 2. Proposez trois expressions contenant le nom « temps » et expliquez-les. Le Soleil C e blond ballon Quand il se couche, 5 Quel est le titre À décrocher ? Ce blond ballon Qu’on botte en touche, Ce ballon blond Qu’on botte en touche, Pourquoi l’arbitre Est-il caché ? Quand la Grande Ourse3 S’allume, lui Oui, dès qu’il sombre À l’horizon, Ce ballon rond 30 Quand il se couche, Dès qu’il fait sombre Dans nos maisons, 25 35 Poursuit sa course Toute la nuit. JEAN-LUC MOREAU (1937-), Poèmes à saute-mouton, © Le Livre de Poche Jeunesse, 2003. – En Inde, en Chine, 1 10 À Malacca , Aux Philippines, En Alaska, Par une prompte Remise en jeu, 15 Il monte, il monte Dans le ciel bleu (Quelle chandelle ! Quelle fusée ! Les hirondelles 2 20 Sont médusées !)… À quand remonte Le coup d’envoi ? La fin du compte, Qui la prévoit ? BÉATRICE BOISSÉGUR, Les Trois Fées, 2000. Lire un poème ludique 1. a. À quoi le soleil ressemble-t-il dans ce poème ? b. Comment nomme-t-on cette figure de style ? 2. a. Quel est le sport évoqué dans le poème ? b. Citez tous les passages qui l’évoquent. c. Le nom de ce sport est-il mentionné ? 3. Comment la marche du Temps est-elle exprimée dans ce poème ? 1. port de Malaisie. 2. stupéfiées. 3. nom d’une constellation. 4. a. Quelles questions à propos du Temps ce poème pose-t-il ? b. Les pose-t-il de façon sérieuse ou amusée ? Justifiez. ➜ Les figures de style – p. 364 216 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 216 01/07/10 13:47 Claude Roy (1915-1997) Journaliste et écrivain, il a écrit de nombreux romans (La Maison qui s’envole) et poèmes pour les enfants (Enfantasques). Le Temps B ête comme un moteur, bête comme un alexandrin, le temps piétine et bouge et marche tout le temps. Il ne peut pas rester en place, et son chemin déroule son tricot de vers à soie bavant. 5 Le temps n’a pas le temps de perdre ses minutes, ni de trouver jolies les choses ni les gens. Il a toujours à faire, et s’il trébuche et bute1 il repart tout de suite et rattrape le temps. [...] CLAUDE ROY, Poésies, © Éditions Gallimard, 1970. ANDRÉ FRANÇOIS, Le Chat-Parque, © Éditions Delpire. 1. heurte un obstacle. Étudier des jeux de rythme et de langage ◗ Un étrange personnage ◗ Des jeux de langage 1. a. Observez les sujets de la majorité des verbes : 4. a. Qu’appelle-t-on un « alexandrin » (voir quel est l’élément central du poème ? b. À quoi cet élément est-il comparé ? c. À travers quelles figures de style ? Justifiez. p. 226) ? b. Les vers du poème sont-ils tous des alexandrins ? c. Ce choix traduit-il un rythme régulier ou irrégulier du Temps ? 2. a. Vers 2 : à quel champ lexical les verbes 5. Quelles expressions comportant le mot « temps » appartiennent-ils ? b. Relevez d’autres passages qui relèvent du même champ lexical. c. Quelle vision du temps le poète propose-t-il ainsi ? repérez-vous dans le poème ? 3. a. Quel adjectif qualificatif est répété ? b. Que qualifie-t-il ? c. Donne-t-il une vision positive ou négative de l’élément qu’il qualifie ? Justifiez. ➜ Les figures de style – p. 364 Gardons une trace écrite ❯ Quelles sont les deux figures de style présentes dans ce poème ? Donnent-elles une image positive ou négative du Temps ? Exercice d’écriture À la manière de Claude Roy, rédigez une strophe sur la marche du Temps. Le premier vers commencera par « … (adjectif) comme … (groupe nominal). » 9 Au fil du Temps et des saisons 217 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 217 01/07/10 13:47 Avant de lire le poème Lectures • Qui étaient les trois Parques dans la mythologie antique ? GARE AU TEMPS QUI PASSE ! Comme on voit sur la branche... C omme on voit sur la branche, au mois de Mai, la rose, En sa belle jeunesse, en sa première fleur, Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur, Quand l’aube, de ses pleurs, au point du jour l’arrose ; Pierre de Ronsard (1524-1585) Ce poète français de la Renaissance a écrit de nombreux poèmes d’amour : Odes, Amours de Marie, Sonnets à Hélène... 5 10 La Grâce dans sa feuille, et l’Amour se repose, Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ; Mais, battue ou de pluie ou d’excessive ardeur1, Languissante2, elle meurt, feuille à feuille déclose3 ; Ainsi, en ta première et jeune nouveauté, Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté, La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes. Pour obsèques4 reçois mes larmes et mes pleurs, Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs, Afin que, vif et mort, ton corps ne soit que roses. 1. chaleur. 2. affaiblie. 3. ouverte. 4. cadeaux funéraires. PIERRE DE RONSARD, Amours de Marie, II, 4, 1555. Étudier une vision du Temps dans un sonnet ◗ Une forme poétique : le sonnet (voir p. 226) 1. a. Combien de strophes le poème compte-t-il ? b. Combien de vers chacune d’elles comprend-elle ? 2. Comment les vers du poème se nomment-ils ? 3. Combien de rimes différentes comptez-vous dans le poème ? ◗ Le thème du Temps 4. a. De quoi est-il question dans les deux premières 6. a. Au début des vers 1 et 9, par quels mots Ronsard établit-il un lien entre les deux parties du poème ? b. Comment cette figure de style se nomme-t-elle ? 7. Quelle est l’action du Temps, a. dans les deux premières strophes ? b. dans les deux suivantes ? 8. Relisez les mots placés à la rime : évoquent-ils, selon vous, une réalité dure ou douce ? Justifiez. ➜ Les figures de style – p. 364 strophes ? b. Le mot « jeunesse » est-il attendu pour décrire cet élément ? Justifiez. Gardons une trace écrite 5. a. De qui est-il question dans les deux strophes ❯ Expliquez brièvement en quoi ce poème est lié suivantes ? b. « première [...] nouveauté » : à quelle saison est-il fait allusion ? c. Cette expression est-elle habituelle pour parler d’une personne ? au thème du Temps. ❯ D’après ce poème, dites comment est composé un sonnet (strophes, vers, rimes). 218 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 218 01/07/10 13:47 JACQUES MONORY, La Fin de madame Gardénia, 1964-1966. La Planète L a terre s’en va sous nos pieds, Sentez comme elle est rapide, Comme l’on éprouve vite Qu’elle nous met de côté. 5 Regardons par la fenêtre, Mais qui ferma les volets ? Ouvrons une autre fenêtre, Mais le jour s’en est allé ! Dans sa secrète dérive1 2 10 Elle glisse et nous esquive Feignant l’immobilité3 Par majeure fausseté. La renarde4 fait le mort Et soudain, d’un coup de patte, 15 Nous précipite en sa trappe Et nous donne tous les torts. JULES SUPERVIELLE, Oublieuse mémoire, © Éditions Gallimard, 1948. 1. déviation de sa route. 2. évite. 3. faisant semblant d’être immobile. 4. femelle du renard, animal rusé. histoire des 1. Quels éléments du sonnet de Ronsard retrouve-t-on dans la peinture de J. Monory ? 2. a. Quelles sont les couleurs dominantes ? b. Qu’estce qui caractérise la composition du tableau ? 3. Cette peinture évoque-t-elle une réalité dure ou douce ? Justifiez. Lire un poème en écho 1. Qui parle dans le poème ? À qui ? Justifiez. 2. a. Relevez les verbes de mouvement. b. Quel est le vers majoritairement employé ? c. Vers 14 et 15 : quelle répétition de sonorités repérez-vous ? d. Quel rythme ces éléments créent-ils ? 3. a. À quoi le mouvement de la terre est-il comparé : dans les vers 9 et 10 ? 13 et 14 ? Par quelle figure de style ? b. Ces images du Temps sont-elles positives ou négatives ? Justifiez. Gardons une trace écrite ❯ En quoi ce poème du XXe siècle fait-il écho au poème de Ronsard ? 9 Au fil du Temps et des saisons 219 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 219 01/07/10 13:47 CALENDRIER ARTISTIQUE Lectures Parcourir les saisons au fil des arts Découvrir une anthologie poétique 1. Lisez les poèmes des six pages suivantes, qui constituent une anthologie. Quelle définition pouvez-vous proposer pour le nom « anthologie » ? 2. Quel est le thème de cette anthologie ? 3. Comment les poèmes sont-ils classés ? 4. Quelles formes différentes de poèmes repérez-vous ? Printemps Mars T u giboules1, giboulée2 Et la terre est roucoulée3 De cent mille colombées4. Et la terre est en amour. 5 Tu giboules, giboulée Et la terre est fleuronnée5 De cent mille cerisaies. Et la terre est en amour. CAROLE BENZAKEN (1964-), Marylin, 1994. Printemps Tu giboules, giboulée 6 10 Et la terre est baisoyée De cent mille rayonnées7 T out est lumière, tout est joie. L’araignée au pied diligent1 Attache aux tulipes de soie Les rondes dentelles d’argent. 5 1. rapide. 2. se multiplie. La frissonnante libellule Mire les globes de ses yeux Dans l’étang splendide où pullule2 Tout un monde mystérieux. La rose semble, rajeunie, 10 S’accoupler au bouton vermeil L’oiseau chante plein d’harmonie Dans les rameaux pleins de soleil. […] VICTOR HUGO (1802-1885), Les Rayons et les Ombres, 1840. Et la terre est festoyée8 De cent mille bourgeonnées 15 Et la terre est chatouillée De cent mille germinées. Tu giboules, giboulée Et la terre est jouvencée De cent mille chansonnées. Tambour, coulour9 et bonjour, 20 Et la terre est en amour ! NORGE (1898-1990), « La Langue verte », Poésies, 1923-1988, © Éditions Gallimard, 1990. 1. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. néologismes ou mots inventés. 2. pluie soudaine et brève. 220 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 220 01/07/10 13:47 Avril D éjà les beaux jours, – la poussière, Un ciel d’azur et de lumière, Les murs enflammés, les longs soirs ; – Et rien de vert : – à peine encore 5 Un reflet rougeâtre décore Les grands arbres aux rameaux noirs ! Ce beau temps me pèse et m’ennuie. – Ce n’est qu’après des jours de pluie Que doit surgir, en un tableau, 10 Le printemps verdissant et rose, Comme une nymphe1 fraîche éclose Qui, souriante, sort de l’eau. GÉRARD DE NERVAL (1808-1855), Odelettes, 1832. 1. jeune fille belle et gracieuse. CAROLE BENZAKEN, Coquette, 1994. Mai L e mai le joli mai en barque sur le Rhin Des dames regardaient du haut de la montagne Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne Qui donc a fait pleurer les saules riverains1 5 1. arbres au bord de l’eau. Or des vergers fleuris se figeaient en arrière Les pétales tombés des cerisiers de mai Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée Les pétales flétris sont comme ses paupières [...] GUILLAUME APOLLINAIRE (1880-1918), Alcools, © Éditions Gallimard, 1913. CAROLE BENZAKEN, Darwin, Sorbet, 1994. 9 Au fil du Temps et des saisons 221 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 221 01/07/10 13:47 Sensation Lectures P ar les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers, Picoté par les blés, fouler l’herbe menue : Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue. Été 5 Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : Mais l’amour infini me montera dans l’âme ; Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien, Par la Nature, – heureux comme avec une femme. ARTHUR RIMBAUD (1854-1891), Poésies, 1870. VINCENT VAN GOGH (1875-1890), La Méridienne ou la Sieste (d’après Millet), 1889-1890. Midi M idi, roi des étés, épandu sur la plaine, Tombe en nappes d’argent des hauteurs du ciel bleu. Tout se tait. L’air flamboie et brûle sans haleine ; La terre est assoupie en sa robe de feu. 5 L’étendue est immense et les champs n’ont point d’ombre, Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ; La lointaine forêt, dont la lisière est sombre, Dort là-bas, immobile, en un pesant repos. Seuls, les grands blés mûris, tels qu’une mer dorée, 10 Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ; Pacifiques enfants de la terre sacrée, Ils épuisent sans peur la coupe du soleil. […] CHARLES MARIE LECONTE DE LISLE (1818-1894), Poésies diverses, in Georges Pompidou, Anthologie de la poésie française, © Hachette Éducation, 1961. 222 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 222 01/07/10 13:47 Automne Chanson d’automne L 5 10 15 es sanglots longs Des violons1 De l’automne Blessent mon cœur D’une langueur Monotone. Tout suffocant Et blême, quand Sonne l’heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure, Et je m’en vais Au vent mauvais Qui m’emporte Deçà, delà Pareil à la Feuille morte. PAUL VERLAINE (1844-1896), Poèmes saturniens, 1866. EGON SCHIELE (1880-1918), Quatre arbres, 1917. La Grive Q 1. Prononcer « vi-o-lons ». uand s’achève le mois d’octobre quand les vendanges sont passées quand les vignes rouges blessées par l’automne saignent sombres Le Vent S 5 ur la bruyère longue infiniment, Voici le vent cornant Novembre1, Sur la bruyère, infiniment, Voici le vent 5 Qui se déchire et se démembre, En souffles lourds, battant les bourgs, Voici le vent, Le vent sauvage de Novembre. […] Le vent rafle, le long de l’eau, 10 Les feuilles mortes des bouleaux, Le vent sauvage de Novembre ; […] quand les cyprès aux noires ombres en haut des collines dressées luttent contre les vents pressés on voit la petite grive sobre s’asseoir dans la vigne sous les feuilles 10 avec son panier à raisins de son bec-expert elle cueille muscats, granches, grain à grain elle en goûte tant qu’elle roule dans la poussière, heureuse et saoule. JACQUES ROUBAUD (1936-), Les Animaux de tout le monde, © Seghers, 2004. ÉMILE VERHAEREN (1855-1916), Les Villages illusoires, 1895. 1. appelant Novembre en jouant de sa corne. 9 Au fil du Temps et des saisons 223 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 223 01/07/10 13:47 Lectures Hiver Hiver, vous n’êtes qu’un vilain... H iver, vous n’êtes qu’un vilain, Été est plaisant et gentil, En témoin de Mai et d’Avril Qui l’accompagnent soir et matin. 5 Été revêt champs, bois et fleurs De sa livrée de verdure, Et de maintes autres couleurs, Par l’ordonnance de Nature. Mais, vous, hiver, trop êtes plein 10 De neige, vent, pluie et grésil : On vous dût1 bannir en exil2. Sans point flatter, je parle plain3, Hiver, vous n’êtes qu’un vilain ! CHARLES D’ORLÉANS (1394-1465). 1. devrait. 2. chasser. 3. juste. Il a neigé… I l a neigé toute la nuit, Il neige toujours dans le jour. Il fait pourtant doux comme si Un cygne immense avait ouvert 5 Ses ailes sous le ciel noirci Pour nous protéger de l’hiver. Qu’il faudra encore du temps Cette année pour que le printemps Transforme, en longs flocons de fleurs, 10 Ces flocons sans joie, sans couleur Et pour que ces cerisiers-là Rallument, au seuil du matin, Dans l’ombre ardente du jardin, Toutes leurs lampes à la fois. MAURICE CARÊME (1899-1978), Au clair de la lune, © Fondation Maurice Carême, 1977. KATSWSHIKA HIROSHIGE (1797-1858), Paysage d’hiver, Estampe, XIXe siècle. 224 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 224 01/07/10 13:47 Malgré le brouillard R empart ! écrasé par le brouillard, expire, plaine ! elle tire une langue mourante. Rempart : fumeuse corne du peuplier, expire ! Dans l’étroite langueur de l’horizon fermé j’écoute le rauque corbeau, le geai précipité dont l’aboiement strident halète : c’est une comète de 5 cris. Expire aussi, charrette de la mort qui suit ma pensée prisonnière ! Un clapotement d’eau, est-ce le fleuve ou les sabots d’un cheval ? Expire, rivage aperçu là-bas !… il pleut ! MAX JACOB (1876-1944), Derniers poèmes en vers ou en prose, Poésie © Éditions Gallimard, 1961, 1993. histoire des L’hiver en musique 1. Écoutez des extraits des Quatre saisons de Vivaldi (Hiver) et du Voyage d’hiver de Schubert. 2. Laquelle de ces deux œuvres évoque pour vous le mieux l’hiver ? Expliquez. 3. À quel passage d’un des poèmes de cette page associez-vous chacune de ces deux musiques ? Créer l’abécédaire d’un poète de cette anthologie 1. Choisissez le poète de cette anthologie que vous aimeriez mieux connaître. 2. Réalisez votre abécédaire en suivant les conseils de la Fiche-méthode. histoire des Se constituer une culture artistique 1. Relevez, en les classant par ordre chronologique, d’une part les peintres, d’autre part les musiciens, rencontrés dans cette anthologie. 2. Quelles couleurs dominantes et quels éléments de la nature les peintres ont-ils associés à chaque saison ? 3. Cherchez une chanson ou une autre œuvre musicale en lien avec une saison. Comment évoque-t-elle, pour vous, cette saison ? Fiche-méthode Réaliser l’abécédaire d’un poète • Préparation – Se renseigner sur la biographie du poète choisi et sur son œuvre poétique (internet, CDI, bibliothèque). – Découvrir et lire cinq ou six poèmes de ce poète ; mémoriser quelques vers. – Sélectionner dix lettres de l’alphabet qui correspondent chacune à un mot important en lien avec la biographie ou l’œuvre du poète. – Pour chaque mot retenu, rédiger deux ou trois phrases qui expliquent ce qu’on a appris et / ou citer un vers. • Réalisation – Choisir une présentation esthétique pour l’abécédaire, en étant inventif. – Respecter l’ordre alphabétique. – Créer éventuellement des lettrines pour valoriser les lettres choisies. – On pourra demander conseil au professeur d’arts plastiques. • Présentation orale – Présenter à la classe l’abécédaire en expliquant la démarche de recherche et de réalisation. – Exposer et justifier le choix de trois mots particulièrement intéressants de l’abécédaire. 9 Au fil du Temps et des saisons 225 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 225 01/07/10 13:48 Faire le point La versification Une architecture : la disposition sur la page Les vers • Visuellement, un vers n’occupe en général pas toute une ligne et commence par une majuscule. • Un vers ne correspond pas nécessairement à une phrase. • Un vers comporte un nombre précis de syllabes. Le « e muet » ne compte pour une syllabe que s’il est placé entre deux consonnes ; à la rime, il ne compte jamais. Hor/lo/ge!/ dieu/ si/nis/tr(e), e/ffra/yant/, im/pa/ssibl(e), 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 • Un hexasyllabe est un vers de six syllabes, un heptasyllabe est un vers de sept syllabes, un octosyllabe est un vers de huit syllabes, un décasyllabe est un vers de dix syllabes, un alexandrin est un vers de douze syllabes. Le nombre de syllabes des vers libres est indifférent.` Les strophes • Les vers peuvent être regroupés en strophes, selon une disposition particulière de rimes, dont l’organisation est souvent répétitive dans le poème. • Un tercet est une strophe de trois vers, un quatrain est une strophe de quatre vers, un sizain est une strophe de six vers, un dizain est une strophe de dix vers. Un poème à forme fixe • Un sonnet, écrit en alexandrins, comporte deux quatrains suivis de deux tercets. Les rimes sont en général embrassées dans les quatrains ; dans les tercets, on rencontre différentes dispositions. Une musique : les sonorités Les rimes • La rime, placée en fin de vers, se répète d’un vers à l’autre et crée un écho. On note les rimes par des lettres. Il existe les rimes plates ou suivies (AABB), les rimes embrassées (ABBA), les rimes croisées (ABAB). Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi ! » Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d’effroi Se planteront bientôt comme dans une cible ; [...] Les allitérations et les assonances A B B A • Une allitération est la répétition d’un son consonantique (produit par des consonnes). • Une assonance est la répétition d’un son vocalique (produit par des voyelles). Les sanglots longs Des violons De l’automne 226 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 226 01/07/10 13:48 Faire le point La poésie : formes poétiques et jeux de langage Arts et culture • Les poètes du Moyen Âge (C. d’Orléans) et du XVIe siècle (C. Marot, P. de Ronsard, J. du Bellay, voir pages 238 et 239), ont privilégié des poèmes à formes fixes tels que l’ode et le sonnet. • J. de La Fontaine, au XVIIe siècle (voir pages 138, 166 et 244), est connu pour ses fables. • Les poètes abondent au XIXe siècle et pratiquent des formes poétiques très variées, poèmes à formes fixes ou libres. On peut citer : C. Baudelaire, V. Hugo, A. de Lamartine, Leconte de Lisle, G. de Nerval, A. Rimbaud, É. Verhaeren, P. Verlaine. • Au XXe siècle, les poètes se dégagent des formes traditionnelles de la poésie. Ils pratiquent le vers libre, le poème en prose… On peut citer : G. Apollinaire, A. Bosquet, M. Carême, M. Jacob, E. Guillevic, R. Queneau, J. Roubaud, C. Roy, B. Vian. Un genre littéraire • La poésie est l’art d’associer les mots pour créer un univers, pour toucher la sensibilité du lecteur et le conduire à voir autrement le monde, la vie, le temps… • Au fil des siècles, elle a adopté des formes variées. • Le poète utilise les mots comme matériau en jouant sur leur forme, leur sens, leur sonorité. JONATHAN WOLSTENHOLME, 1950. L’écriture poétique • L’écriture poétique respecte les règles de la versification (voir p. 226). • Elle se définit par des jeux de langage : – jeux sur le sens avec des figures de style comme la comparaison, la métaphore, la personnification ; – jeux sur les sons à travers les rimes, les assonances et les allitérations, l’homophonie ; – jeux d’associations de mots (rapprochements et oppositions). Je retiens l’essentiel ❯ Citez un type de poème à formefixe, un type de vers, un poète du XVIe, du XIXe et du XXe siècles. ❯ D’après cette page, rédigez votre définition de la poésie. Comparez-la à celle que vous avez proposée en entrant dans le chapitre. 9 Au fil du Temps et des saisons 227 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 227 01/07/10 13:48 Lexique ❯ Le vocabulaire du temps Employer des expressions avec le mot « temps » 3. Cette musique est appréciée à toutes les époques : elle est ... 4. Un journaliste qui rédige des chroniques s’appelle un… 1. Associez les expressions de la liste A avec les situations de la liste B. Liste A : perdre son temps – rattraper le temps perdu – ne durer qu’un temps – trouver le temps long – passer le temps. Liste B : être dans une salle d’attente – regarder une émission stupide à la télévision – se mettre à travailler au troisième trimestre – écouter son baladeur – se situer en tête du hit-parade pendant une semaine. 2. Remplacez les points de suspension par la bonne locution : un certain temps – pendant ce temps – à temps – de temps en temps. 1. Rien ne sert de courir, il faut partir ... 2. … il m’arrive de regarder la Nouvelle Star ; mais ce n’est pas mon émission favorite. 3. Il faut … pour aller de Paris au stade de France quand les routes sont embouteillées ! 4. Un groupe travaille au C.D.I. ; … un autre groupe fait des recherches sur Internet en salle multimédia. Découvrir deux familles de mots : tempus et chronos ❯ Révisez la formation des mots – p. 360 3. Le nom « temps » vient du latin tempus, temporis ; en grec, « temps » se dit chronos. Rapprochez chaque mot de sa définition. Liste A : temporel – temporaire – temporalité – temporiser – chronologie – chronomètre – anachronisme – chronique Étudier le champ lexical du temps 5. Cherchez le sens, a. des adjectifs suivants : quotidien, hebdomadaire, mensuel, annuel, séculaire, éternel ; b. des noms suivants : une décennie, un siècle, un millénaire, une ère, une génération. 6. Complétez les phrases suivantes avec des mots de l’exercice 5. 1. Le journal télévisé de 20 heures est une émission ... 2. Mille ans après un événement historique, on fête son ... 3. Il y a quatre parutions de ce magazine par mois : c’est donc un ... 4. Nous sommes dans le troisième ... 5. Dans un siècle, il y a dix ... 7. Relevez le vocabulaire du temps dans le texte suivant. On n’a pas toujours mesuré le temps de la même façon. Les Grecs utilisaient une horloge à eau, la clepsydre ; pendant des siècles, on a eu recours aux cadrans solaires que l’on voit encore sur certaines façades. Chaque religion, chaque civilisation a son propre calendrier. Il existe un calendrier chrétien qui utilise les expressions « avant J. C. » et « après J. C. ». Il existe aussi des calendriers juif, musulman, chinois. Sous la Révolution française, les noms des mois avaient changé : ainsi « novembre » était devenu « pluviôse ». De nos jours, pour préciser les dates, on peut employer les expressions « avant notre ère » et « de notre ère ». Liste B : – retarder quelque chose – caractère de ce qui existe dans le temps – montre de précision – qui a lieu dans le temps – succession dans le temps des événements historiques – article de journal où sont rapportés les faits du jour – erreur de situation dans le temps – momentané 4. Pour chacune des phrases suivantes, trouvez le mot dérivé d’un des mots de l’exercice 3. 1. Classez ces dates dans l’ordre ... 2. Soyez attentif à bien … le temps de course des différents participants. Horloge de la cathédrale de Lyon. 228 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 228 01/07/10 13:48 Langue et expression Orthographe Conjugaison Étudier la conjugaison du conditionnel présent Orthographier des mots homophones : le son [ɛ̃] ➜ Réviser le conditionnel – p. 310 ➜ Homophones grammaticaux – p. 356 Observer et manipuler Observer et manipuler 1. a. Recopiez les formes verbales en italique avec 4. Observez les mots à la rime terminés par le son [ɛ̃] : une couleur pour la base verbale et une autre pour la terminaison ; indiquez leur infinitif. b. À quels autres mode et temps trouve-t-on ces terminaisons ? c. À quoi la base verbale isolée pour les formes « marcherais » et « garderais » ressemble-t-elle ? d. Les formes « irais » et « feraient » proviennentelles de verbes réguliers ou irréguliers ? quelles sont les graphies de ce son dans ces mots ? Si le monde était à l’envers, Je marcherais les pieds en l’air, Le jour je garderais la chambre, J’irais à la plage en décembre, Deux et un ne feraient pas trois. [...] groupes de mots suivants, trouvez trois mots homophones d’une syllabe comportant le son [ɛ̃] : final, famine, feinte ; pinède, panier, peinture ; sainteté, santé, ceinture. b. Pour le dernier groupe, il existe un quatrième homophone : lequel ? Le jour cherche son chemin, Hésitant au fond du noir, Plus timide que la main Caresseuse au creux du soir. [...] C. ROY, « Matinale », Poésies, © Éditions Gallimard, 1970. 5. Les mots homophones en [ɛ̃] : a. à partir des J.-L. MOREAU, L’Arbre perché, © Éditions de l’Atelier, 1974. 6. a. Faites la charade. b. Quelle nouvelle graphie, rare, du son [ɛ̃] avez-vous trouvée ? Mon premier désigne la couleur de la peau. Mon deuxième est une herbe aromatique de Provence. Mon troisième est appliqué derrière la surface d’un miroir. Mon tout est un groupe d’homophones en [tɛ̃]. Formuler la règle 7. Complétez la phrase suivante. Dans les mots homophones en [ɛ̃], le son [ɛ̃] peut avoir de multiples graphies parmi lesquelles : ... , ..., ... . Préparer la dictée : dictée rimée : le son [i] • Recopiez le poème en écrivant correctement e Le Monde renversé (III planche), Image Pellerin, Ginal, XIXe siècle. 2. Sur le même modèle, imaginez, pour les onze autres mois de l’année, ce que vous feriez « si le monde était à l’envers » ; conjuguez les verbes au conditionnel présent. Formuler la règle 3. Répondez aux questions suivantes. Sur quelle base verbale forme-t-on le conditionnel présent des verbes du 1er groupe ? Quelles terminaisons emploie-t-on ? les mots à la rime (voir p. 381). • Relevez trois façons d’écrire le son [i]. Le dimanche à midi, ma foi, je m’étais d[i] : « S’il fait beau ce lundi, je partirai mard[i]. » Le lundi, par malheur, le temps se refroid[i], Il plut tout le mardi, neigea le mercred[i], 5 Si bien que le jeudi j’attendis, j’attend[i], Mais le gel qui sévit la nuit de vendred[i] Fut tel que la pierre, eh bien oui, se fend[i] Au soir du samedi, quand la glace fond[i] Et que le fond de l’air peu à peu s’attiéd[i], 10 Ravi, ragaillardi, je m’enhardis, pard[i], À penser que l’espoir n’était pas interd[i]. J.-L. MOREAU, Poèmes à saute-mouton, © Le Livre de Poche Jeunesse, 2003. 9 Au fil du Temps et des saisons 229 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 229 01/07/10 13:48 Grammaire Découvrir des compléments circonstanciels ➜ Les GN compléments circonstanciels (cause, conséquence, but, comparaison) – p. 298 Observer et manipuler 1. Récrivez le poème suivant : a. en supprimant les GN en gras ; b. en déplaçant ces GN. c. L’extrait obtenu garde-t-il un sens ? Tout est calme, si calme ! La neige verticale Tombe dans l’hiver blanc On dirait que le vent 5 Agite doucement Le ciel comme une palme1. Tout est calme, si calme ! L’étang sur la campagne Gît2 comme un poisson blanc ; 3 10 Les champs, tels des chalands , 4 S’endorment nonchalants Sur une mer étale5. Aux vitres bleues, s’écrasent Des visages d’enfants. 15 Interminablement, La neige verticale Tombe dans l’hiver blanc. M. CARÊME, Brabant, © Fondation Maurice Carême, 1993. 1. feuille de palmier. 2. repose. 3. bateaux à fond plat. 4. calmes. 5. immobile. 2. a. Dans les phrases du poème de l’exercice 1, les GN en gras répondent-ils à la question « à cause de quoi ? », « dans quel but ? », « comme quoi ? » ? b. Quelle est la fonction des GN en gras : complément circonstanciel de cause, de conséquence, de but, de comparaison ? 3. a. Récrivez l’extrait de poème en remplaçant le groupe verbal en gras par le GN « à la vue de la lumière » et le groupe verbal en italique par le GN « pour son bien-être ». […] C’est un homme de neige 5 avec une pipe en bois un grand bonhomme de neige poursuivi par le froid Il arrive au village il arrive au village 10 voyant de la lumière le voilà rassuré Dans une petite maison il entre sans frapper Dans une petite maison 15 il entre sans frapper et pour se réchauffer et pour se réchauffer s’assoit sur le poêle rouge […] J. PRÉVERT, Chanson pour les enfants l’hiver, in Histoires © Éditions Gallimard, 1963. b. Dans le texte que vous avez récrit, supprimez ces groupes nominaux. c. Déplacez ces deux groupes nominaux. d. Dans les deux cas, l’extrait obtenu garde-t-il un sens ? e. À quelle question chaque GN répond-il ? f. Attribuez à chacun de ces deux GN sa fonction : complément circonstanciel de cause, de but. 4. a. Replacez chaque groupe nominal dans la bonne phrase : comme un chien enragé – à cause du froid – en vue de la décoration de la maison – tel un roulement de tambour. 1. Au Nouvel An, les enfants, …, ramassent du houx dans les bois. 2. Le vent de novembre mord les branches ... 3. Le plus souvent, …, le tonnerre gronde durant les nuits d’été. 4. …, les lacs sont gelés pendant les mois d’hiver. b. À quelle question (« Pour quelle raison ? », « Dans quel but ? », « Comme quoi ? ») chacun de ces groupes nominaux correspond-il ? Formuler la règle ALFRED SISLEY, Neige à Louveciennes, 1878. 5. Recopiez et complétez les phrases suivantes. Un complément circonstanciel peut être un … ou un … . Il précise les circonstances dans lesquelles se déroule une action, par exemple, le …, la …, ou la … . 230 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 230 01/07/10 13:48 Langue et expression Écrit Écrire des poèmes 1. Rédiger une prière au Temps 2. Imaginer un poème du futur SUJET 1 : À l’inverse du poète Lamartine qui souhaite arrêter le temps, vous voulez l’accélérer. Rédigez une courte « prière » au Temps. SUJET 2 : Inventez un poème qui commencera et finira par les vers en italique du poème ci-dessous. Évoquez l’avenir, de façon réaliste ou imaginaire. Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices, Suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours. […] 5 Mais je demande en vain quelques moments encore, Le temps m’échappe et fuit ; Je dis à cette nuit : « Sois plus lente » ; et l’aurore Va dissiper la nuit. [...] A. DE LAMARTINE, « Le Lac », Méditations poétiques, 1820. Un jour Un jour Il y aura autre chose que le jour Une chose plus franche, que l’on appellera le Jodel* Une encore, translucide comme l’arcanson* 5 Que l’on s’enchâssera dans l’œil d’un geste élégant Il y aura l’auraille*, plus cruel Le volutin*, plus dégagé Le comble, moins sempiternel Le baouf*, toujours enneigé 10 Il y aura le chalamondre* L’ivrunini*, le baroïque* Et tout un planté d’analognes* Les heures seront différentes Pas pareilles, sans résultat 15 Inutile de fixer maintenant Le détail précis de tout ça Une certitude subsiste : Un jour Il y aura autre chose que le jour. B. VIAN, Je voudrais pas crever, © Jean-Jacques Pauvert, Paris, 1962. BOB LESCAUX, Cronos, 2000. * Les mots suivis d’un astérisque sont inventés par B. Vian. Consignes d’écriture : • Vous vous adresserez au Temps. • Choisissez les vers et le système de rimes qui vous conviennent. • Vous emploierez le vocabulaire du temps. • Rédigez votre poème au futur de l’indicatif. Consignes d’écriture : • Vous choisirez les vers et le système de rimes qui vous conviennent. 3. Écrire un poème ludique SUJET 3 : À la manière de ce poème qui traduit le rétrécissement du Temps, rédigez un poème ludique qui évoque une autre caractéristique du Temps. Il se ratata Il se ratatine 5 il se ratamortèle il se ratatouille il se ratamorose il se ratabomine il se ratamorbide il se ratagagouille il se ratacornouille [...] A. MIGUEL, (inédit) dans Michel Allard, Poèmes sur le temps qui passe, © Le Cherche Midi, 1996. • Créez des mots surprenants. • Vous pouvez inventer des mots. Consignes d’écriture : • Cherchez des caractéristiques du Temps (l’élasticité, l’allongement, la vitesse, la lenteur…) et retenez-en une. • Pour évoquer cette caractéristique, trouvez un premier verbe, puis une série de verbes inventés qui reprennent la (ou les) première(s) syllabe(s) du verbe initial. • Votre poème doit être ludique, mais bien traduire la caractéristique retenue. 9 Au fil du Temps et des saisons 231 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 231 01/07/10 13:48 Langue et expression Oral Dire des poèmes 1. Dire un poème à plusieurs voix SUJET 1 : Vous allez dire à plusieurs ce poème de Charles d’Orléans. Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie, Et s’est vêtu de broderie, De soleil luisant, clair et beau. 5 Il n’y a bête ni oiseau Qu’1en son jargon2 ne chante ou crie : « Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie, » Rivière, fontaine et ruisseau 3 10 Portent, en livrée jolie, Gouttes d’argent, d’orfèvrerie4 ; Chacun s’habille de nouveau. Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie, 15 Et s’est vêtu de broderie, De soleil luisant, clair et beau. CHARLES D’ORLÉANS (1394-1465), Rondeau. Miniature de PIERRE SALA, XVIe siècle. 1. qui. 2. langage. 3. costume des domestiques. 4. d’or ou d’argent. Apprendre le poème : Réciter le poème à plusieurs voix : • Lisez à haute voix les deux premiers vers. Repérez leurs répétitions dans le poème. Récitez ces deux vers sans regarder le poème. • Par groupes, répartissez-vous les voix : alternance refrain et couplets, hiver et printemps… • Répétez plusieurs fois de manière à réciter de façon harmonieuse. • Apprenez ensuite les autres vers intermédiaires, quatre par quatre. 2. Créer un poème à plusieurs SUJET 2 : Reprenez les trois premiers mots des vers du poème et inventez à plusieurs un poème des mois de l’année. Préparation : Par groupes : • Cherchez des évènements, des phénomènes climatiques… pour évoquer chaque mois. • Transformez les deux derniers vers pour conclure. • Répartissez-vous les vers à créer. • Dites le poème à la classe en enchaînant bien les vers. Janvier, pour dire à l’année « bonjour » Février pour dire à la neige « il faut fondre » Mars pour dire à l’oiseau migrateur « reviens » Avril pour dire à la fleur « ouvre-toi » 1 5 Mai pour dire « ouvriers nos amis » Juin pour dire à la mer « emporte-nous très loin » Juillet pour dire au soleil « c’est ta saison » Août pour dire « l’homme est heureux d’être homme » Septembre pour dire au blé « change toi en or » 2 10 Octobre pour dire « camarades, la liberté » Novembre pour dire aux arbres « déshabillez-vous » Décembre pour dire à l’année « adieu, bonne chance » Et douze mois de plus par an, Mon fils Pour te dire que je t’aime. ALAIN BOSQUET, La Nouvelle Guirlande de Julie, © Éditions de l’Atelier, 1998. 1. Le 1er mai est la fête du Travail. 2. allusion à la Révolution russe de 1917. 232 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 232 01/07/10 13:48 Lectures personnelles Anthologies poétiques Bernard Friot À mots croisés © Milan Poche Junior, 2004. Un recueil dans lequel le poète joue avec les mots et réfléchit à leur pouvoir. Jean-Hugues Malineau Poésie, j’écris ton nom : Introduction à la poésie © Étonnants Classiques Flammarion, 2010. Un recueil pour découvrir la poésie et ses formes au fil des siècles. Lectures à la Jacques Roubaud De mémoire de petit garçon Les Animaux de tout le monde © Lo Païs, 2000. © Seghers Jeunesse, 2004. Un recueil dans lequel le poète cherche à retrouver les sensations perdues et les images enfouies de l’enfance. Un recueil qui, à travers des jeux de langage, donne à voir les animaux autrement. une Courrier des lecteurs • Choisissez un de ces ouvrages et lisez-le. • Exprimez votre avis sur le recueil ou l’anthologie que vous avez lu(e) dans la rubrique « Courrier des lecteurs » d’un magazine pour adolescents : – commencez votre courrier par une adresse aux autres lecteurs du magazine ; – donnez quelques informations sur le poète ; Rolande Causse Une pluie de poésie – dites quel(s) est (sont) le(s) thème(s) des poèmes du recueil ou de l’anthologie ; © Actes Sud Junior, 2001. – précisez ce qui vous a intéressé(e), ému(e), surpris(e) ou déçu(e) ; Un recueil de poèmes illustrés sur la nature et le temps. – recopiez un des poèmes que vous avez envie de faire partager aux autres lecteurs du magazine. 9 Poèmes de la Renaissance © Étonnants Classiques Flammarion, 1998. Une anthologie des poètes de la Renaissance qui présente l’idéal humaniste. Au fil du Temps et des saisons 233 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 233 01/07/10 13:48 Évaluations Lexique Orthographe et conjugaison Grammaire Apprendre à réviser Relisez « Faire le point » (voir p. 226 - 227). Citez dix mots appartenant au champ lexical du temps. (voir p. 228) Citez quatre façons d’orthographier le son [ɛ̃]. (voir p. 229) À quelle question répond un complément circonstanciel de cause ? de but ? de comparaison ? (voir p. 230) Soleils couchants L e soleil s’est couché ce soir dans les nuées1. Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ; Puis l’aube, et ses clartés de vapeurs obstruées2 ; Puis les nuits, puis les jours, pas3 du temps qui s’enfuit ! 5 Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule Sur la face des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves d’argent, sur les forêts où roule Comme un hymne4 confus des morts que nous aimons. Et la face des eaux, et le front des montagnes, 10 Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts S’iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers. 1. nuages. 2. bouchées par les vapeurs. 3. les pas. 4. chant. Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête, Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux, 15 Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête, Sans que rien manque au monde, immense et radieux ! VICTOR HUGO, Les Feuilles d’automne, 1831. 234 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 234 01/07/10 13:49 CASPAR DAVID FRIEDRICH, Paysage du Riesengebirge, 1810-1811. Compréhension du texte Étude de la langue 1. a. Combien de strophes le poème comporte-t-il ? b. Comment se nomment-elles ? 1. Relevez le vocabulaire du temps dans le poème : qu’évoque-t-il ? Expliquez. 2. a. Combien de syllabes les vers comportent-ils ? b. Comment se nomment-ils ? 2. Complétez cette confidence du poète : « Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête », a. par un GN complément circonstanciel de cause ; b. par un GN complément circonstanciel de but. 3. a. De quoi ou de qui est-il question dans les trois premières strophes ? dans la quatrième ? b. Quelle est la classe grammaticale du premier mot de la quatrième strophe ? c. Quel rapport de sens établit-il ? Expliquez. 4. a. Comment le temps est-il représenté dans la première strophe ? b. Comment les éléments de la nature sont-ils représentés dans la troisième strophe ? c. Quelle figure de style reconnaissez-vous ? 5. Relevez les verbes de mouvement : quelle vision du temps le poème propose-t-il ? Lecture d’image 3. Quels mots pourriez-vous faire rimer avec « demain » ? Soulignez les différentes graphies (manières d’écrire) que le son [ɛ̃] peut avoir. Expression écrite Inventez un poème (entre huit et seize vers) dans lequel vous évoquerez votre vision du temps. Vous utiliserez les vers et le système de rimes de votre choix. Vous emploierez deux rimes en [ɛ̃]. 1. Quels éléments du poème retrouvez-vous dans le tableau ? 2. a. Quelles places respectives le peintre accorde-t-il à la nature et à l’homme ? b. Cette vision est-elle la même que celle de V. Hugo ? Justifiez. 9 Au fil du Temps et des saisons 235 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P212-235-9782011256218.indd 235 01/07/10 13:49 Les artistes à la cour 10 ➺ Découvrir la vie de cour à la Artistes et rois à la Renaissance À la cour des rois mécènes p. 236 Léonard de Vinci à la cour de François Ier p. 237 Renaissance et au XVIIe siècle histoire des ➺ Raconter des scènes historiques ◗ Rédiger une scène historique Les poètes courtisans s’adressent aux rois p. 238-239 ◗ Rédiger une synthèse Les châteaux à la Renaissance : un nouvel art de vivre p. 240-241 Artistes et rois à la Renaissance ◗ Rédiger une scène historique À Versailles, sous Louis XIV À la cour du Roi-Soleil p. 242 La comédie-ballet selon Molière p. 243 Les écrivains jugent la vie de cour p. 244-245 Dans les jardins de Versailles p. 246 ◗ Écrire un extrait de journal intime ◗ Raconter une visite des jardins de Versailles avec un diaporama Fiche-méthode : Réaliser un diaporama À la cour des rois mécènes La « Re-naissance » (XVIe siècle) est une période de renouveau artistique et scientifique né en Italie. En France, les rois François Ier, puis Henri II et Charles IX protègent les artistes qui font leur éloge et assurent leur gloire par leurs œuvres. Les poètes reçoivent des dons et des pensions qui leur permettent de vivre. histoire des histoire des mots mécène : Mécène était un conseiller de l’empereur romain Auguste, protecteur des artistes. Un « mécène » est une personne fortunée qui encourage les arts et les lettres en aidant financièrement les artistes. cour : 1. Deuxième moitié du Xe siècle : curt : « résidence d’un souverain et de son entourage ». 2. Vers 1100 : curt : « entourage d’un souverain ». […] 3. 1539 : faire la court a quelqu’un : « être empressé auprès de lui pour gagner ses faveurs ». 1651 : spécialement à une femme : « la courtiser ». […] Source : Trésor de la Langue Française informatisé. QUESTIONS 1. Pourquoi nomme-t-on les rois de la Renaissance des « mécènes » ? 2. a. Quand le nom « cour » a-t-il été associé à un lieu de JEAN CLOUET, François Ier, roi de France, XVIe siècle. Musée du Louvre, Paris. pouvoir ? b. « Faire la cour à quelqu’un » : que signifie cette expression aujourd’hui ? 236 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 236 01/07/10 14:00 GABRIEL LEMONNIER, François Ier reçoit à Fontainebleau le tableau de la Sainte Famille, envoyé de Rome par le peintre Raphaël. À droite de François Ier, on distingue Léonard de Vinci. Musée des Beaux-Arts de Rouen. Léonard de Vinci à la cour de François Ier histoire des Léonard de Vinci (1452-1519), artiste et savant italien, a passé sa vie entre Florence, Milan et Rome, offrant ses services d’artiste aux souverains de l’époque qui lui servaient de protecteurs. En 1516, François Ier le fit venir dans un château, le Clos Lucé, près d’Amboise dans la vallée de la Loire. Léonard de Vinci réalisa diverses missions pour le roi en tant que metteur en scène des fêtes de la cour, architecte, ingénieur, urbaniste, conseiller... QUESTIONS 1. Quel tableau célèbre de Léonard de Vinci pouvez-vous citer ? 2. D’après l’image ci-dessous, expliquez pourquoi Léonard de Vinci est considéré comme un inventeur de génie. ◗ Rédiger une scène historique Léonard de Vinci vient présenter une de ses machines à François Ier. Racontez la scène en insérant un dialogue et une description de la machine. Pour découvrir des machines de Léonard de Vinci, consultez le site du Clos Lucé http://www.vinci-closluce.com/ machines.htm ou faites une recherche au CDI. Léonard de Vinci en train d’expérimenter sa machine volante, XIXe siècle. Dossier 10 • Les artistes à la cour 237 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 237 01/07/10 14:00 Les poètes courtisans 10 s’adressent aux rois Épigramme1 Mon roi, Henri II, j’ai une vieille jument D’assez bon poil, mais aussi vieille que moi Sinon plus ; il y a longtemps qu’elle est née, D’où sa faiblesse qui m’émeut, moi, son maître. 5 La pauvre bête, aux signes que je vois, Dit qu’à grand peine elle ira jusqu’à Narbonne : Si vous voulez m’en donner une bonne, Savez-vous comment Marot l’acceptera ? D’aussi bon cœur qu’il donne sa jument À la toute première personne qui la lui demandera. Manuscrit de Clément Marot, 1535. Clément Marot (1496-1544) Il fut l’un des poètes favoris de Louis XII, qu’il accompagna en Italie. CLÉMENT MAROT, Épigrammes, xvIe siècle. 1. petit poème moqueur ou humoristique. QUESTIONS 1. a. Quand le nom « courtisan » est-il apparu ? b. Quel est son premier sens ? 2. Le terme de « courtisan » a-t-il pris un sens positif ou négatif (péjoratif) ? 3. À qui Marot s’adresse-t-il ? Dans quel but ? 4. En quoi ce poème est-il une épigramme ? courtisan histoire des mots Définition : A. [Avec une idée de supériorité sociale] 1. [Avec une idée de fonction] Personne qui est attachée à la cour, au service d’un roi ou d’un prince. 2. [Sans idée de fonction définie] Personne de haut rang qui fait partie de l’entourage d’un prince ou d’un roi et qui partage ses plaisirs et divertissements. B. [Péjoratif, avec une idée de servilité et d’hypocrisie] Personne qui cherche par intérêt à gagner les faveurs d’un roi, d’un prince ou d’une personne influente, généralement au moyen de la flatterie. JEAN CLOUET, miniature, Antoine Macault lisant sa traduction au roi François Ier et à sa cour, XVIe siècle, 1534. Musée Condé, Chantilly . Étymologie et histoire : 1. Deuxième moitié XIVe siècle : courtisien, « celui qui est attaché à la cour d’un prince ». 2. 1472 : courtisan. 3. 1560 : par extension, « personne qui flatte, qui courtise ». Source : Trésor de la Langue Française informatisé. 238 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 238 01/07/10 14:00 Joachim Du Bellay Pierre de Ronsard (1522-1560) (1524-1585) Un des plus grands poètes de la Renaissance, originaire des pays de Loire. Un des plus grands poètes de la Renaissance. Il a fondé un groupe de poètes, « la Pléiade ». Hymne1 Sonnet Seigneur1, je ne saurais regarder d’un bon œil Ces vieux singes de cour, qui ne savent rien faire, Sinon en leur marcher les princes contrefaire2, Et se vêtir, comme eux, d’un pompeux appareil3. 5 Si leur maître se moque, ils feront le pareil4, S’il ment, ce ne sont eux qui diront du contraire5, Plutôt auront-ils vu, afin de lui complaire, La lune en plein midi, à minuit le soleil. Si quelqu’un devant eux reçoit un bon visage6, 10 Ils le vont caresser7, bien qu’ils crèvent de rage : S’il le reçoit mauvais, ils le montrent au doigt. Mais ce qui plus contre eux quelquefois me dépite8, C’est quand devant le roi, d’un visage hypocrite, Ils se prennent à rire, et ne savent pourquoi. JOACHIM DU BELLAY, Les Regrets, CL, 1558. 1. ici, le roi. 2. imiter. 3. vêtement somptueux. 4. de même. 5. ce ne sont pas eux qui diront le contraire. 6. est bien vu du roi. 7. ils vont être agréables avec lui. 8. me rend amer. QUESTIONS 1. En quoi ce poème est-il un sonnet ? 2. a. À qui Du Bellay s’adresse-t-il dans le vers 1 ? […] Ainsi retenant ès mains2 le luth3 bien apprêté, Entré dans ton palais devant Ta Majesté, Tout pensif je ne sais quelle vertu4 première De mille que tu as, sera mise en lumière. 5 Tes vertus, tes honneurs, ta justice et ta foi, Ta bonté, ta pitié d’un coup s’offrent à moi, Ta vaillance au combat, au conseil ta prudence. PIERRE DE RONSARD, Hymne de Henry, 1559. 1. chant en l’honneur de quelqu’un. 2. dans les mains. 3. instrument de musique. 4. qualité. QUESTIONS 1. À qui le poète s’adresse-t-il ? 2. Quelle figure de style Ronsard emploie-t-il dans les vers 5 à 7 ? Quelle image du roi cherchet-il à transmettre ? ◗ Rédiger une synthèse En un bref paragraphe, expliquez pour quelles raisons et de quelles manières les poètes de la Renaissance s’adressaient aux rois. Portrait équestre de Henri III, roi de France. Musée Condé, Chantilly. b. Par quels noms cette personne est-elle désignée dans la suite du sonnet ? 3. a. Qui sont les « vieux singes de cour » ? b. Que signifie le verbe « singer » ? c. Qui ces personnages singent-ils ? Comment ? d. Quel sens du mot « courtisan » convient à ces personnages ? Dossier 10 • Les artistes à la cour 239 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 239 01/07/10 14:00 10 Les châteaux à la Renaissance : un nouvel art de vivre histoire des Du château fort médiéval… … au château d’apparat à la Renaissance À Amboise et dans les environs C harlotte m’a poussée du coude lorsque le roi François est passé près de nous, en pourpoint or et brun assorti à ses cheveux, le collier de l’ordre de Saint-Michel soulignant sa large poitrine. […] Dispersés 5 dans les jardins et les galeries, des musiciens ont sonné le début des festivités. Il y avait toute sorte de divertissements, des spectacles et des jeux, des tables garnies d’appétissantes collations. Assis au milieu de la fontaine, le bouffon du roi jouait à cracher de la 10 dragée, des bons mots ou d’horribles grossièretés, selon son imprévisible fantaisie. […] Le souper fut délicieux et fort gai. Je n’ai goûté que quelques plats, voulant rester légère pour la danse. […] Dès que les musiciens ont attaqué avec vielles et 15 violons, nos courtisans se sont empressés. Guillaume Binet a bien voulu être le premier à se poser en face de moi. Je ne lui ai accordé qu’une basse-danse alors qu’il avait envie de se démener davantage. […] Château fort La Latte, France, XIIIe siècle. BRIGITTE COPIN, Au temps de François Ier, Journal d’Anne de Cormes, (1515-1516), © Éditions Gallimard Jeunesse, 2008. Château de Chambord, France. histoire des 1. Dans chaque couple de mots, attribuez celui qui convient : a. au château fort médiéval ; b. au château de la Renaissance : – en hauteur / en plaine – festif / défensif – fermé / ouvert – massif / étendu – orné / sobre 2. a. Quels sont les châteaux de la Renaissance évoqués dans cette double page ? b. Quels sont les points communs de leur architecture ? Justifiez votre réponse en citant les textes. 3. Quelles distractions caractérisent l’art de vivre dans ces châteaux ? 4. « Apparat » vient du latin apparatus, « préparatifs » : à quoi un château d’apparat est-il destiné ? 240 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 240 01/07/10 14:00 Le château d’Anet De votre Dianet1 (de votre nom j’appelle Votre maison d’Anet) la belle architecture, Les marbres animés, la vivante peinture, Qui la font estimer des maisons la plus belle 5 Les beaux lambris LE PRIMATICE, Portrait de Diane de Poitiers, XVIe siècle, collection privée. 2 dorés, la luisante chapelle, Les superbes donjons, la riche couverture, Le jardin tapissé d’éternelle verdure, Et la vive fontaine à la source immortelle. [...] JOACHIM DU BELLAY, Les Regrets, CLIX, 1558. er 1. Diane de Poitiers, favorite du roi François I . 2. panneaux muraux en marbre ou en bois. La terrasse de Chambord Directement inspirée par l’Italie, elle offre un spectacle unique : lanterne, pignons, lucarnes, 800 chapiteaux, 365 cheminées, flèches et clochetons s’entremêlent […]. Sous les rois, la cour y passait le plus clair de son temps. De là, elle suivait le départ et l’arrivée des chasses, les revues et exercices militaires, les tournois, les fêtes. Les mille coins et recoins de la terrasse favorisaient les confidences, l’intrigue g et les galants apartés, qui tenaient une grande place dans la vie de cette brillante société. […] Source rce ce : http://www.37-online.net/ ce p chateaux/chambord.html ch cha h tea t ux/chambord.html ◗ Rédiger une scène historique Un architecte de Chambord présente à François Ier son projet pour le château. Racontez la scène en insérant un dialogue pour décrire et vanter l’architecture de ce château. Partez à la découverte du château. Sur le site : http://www.chambord.org, cliquez sur le panneau « Comment visiter ? », puis parcourez les rubriques « Visite virtuelle » et « Pour en savoir plus ». Je retiens l’essentiel ❯ En quoi les rois de la Renaissance sont-ils des mécènes ? ❯ Qu’est-ce qui caractérise l’architecture et la fonction d’un château à la Renaissance ? Dossier 10 • Les artistes à la cour 241 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 241 01/07/10 14:00 10 À Versailles, sous Louis XIV À la cour du Roi-Soleil À Madame de Grignan À Paris, mercredi 29 juillet 1676 lars : voici comme Je fus samedi à Versailles avec les Vil la rein e, la me sse, le cela va. Vo us con nai sse z la toi lett e de faire étouffer, pendant dîner 1 ; mais il n’est plus besoin de se trois heures le roi, la que Leurs Majestés sont à table ; car à 2 dame, Mademoiselle , tout ce qu’il y a de 5 rein e, Mo nsi eur, Ma span, toute sa suite, princes et de princesses, madame de Monte n ce qui s’appelle la tous les courtisans, toutes les dames, enfi ment du roi que vous cour de France, se trouve dans ce bel apparte tout est magnifique. connaissez. Tout est meublé divinement, me roi, ainsi que vous me l’avez appris ; il 10 [… ] Je salu ai le ne et belle. […] rendit mon salut, comme si j’avais été jeu ute, et qui fait un très Il y a toujours quelque musique qu’il éco ont accoutumé d’avoir bon effet. On cause avec les dames qui cet honneur. […] e, le roi , ma dam e On mo nte don c à six heu res en cal èch 15 Th ian ges et la bon ne de Mo nte spa n, Mo nsi eur, ma dam e de us savez comme ces 3 d’Heudicourt sur le strapontin [...]. Vo nt, on est tourné du calèches sont faites ; on ne se regarde poi gondoles, on y trouve même côté. On va sur le canal dans les e; revient à dix heures, on trouve la comédi 20 de la mu siq ue ; on 4 là comme se passa le minuit sonne, on fait médianoche ; voi samedi. Madame de Sévigné (Lettre 160) e Madame de Sévigné (1626-1696) Cette marquise est célèbre pour les lettres écrites à sa fille, Mme de Grignan. Ces lettres furent publiées après la mort de la marquise. QUESTIONS 1. a. De quel genre de texte s’agit-il ? Justifiez. 2. a. Quel est l’emploi du temps du roi et de la cour ? b. Quel est le point commun à toutes les activités ? 3. a. En quoi Mme de Sévigné renseigne-t-elle sur la relation entre le roi et les courtisans ? b. Quelle opinion a-t-elle sur le château de Versailles et la vie qu’on y mène ? Justifiez. 1. le déjeuner. 2. membres de la famille royale. 3. une bonne amie de Mme de Sévigné. 4. On prend un souper au milieu de la nuit. 242 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 242 01/07/10 14:01 JEAN LÉON GÉRÔME, L’Accueil du Grand Condé à Versailles par Louis XIV, XIXe siècle. Musée d’Orsay, Paris. La comédie-ballet selon Molière À la demande du roi, Molière écrit un divertissement de cour dans lequel il se moque de l’ambassadeur du sultan turc qui, en visite à Versailles, n’a pas été ébloui par le Roi-Soleil. Molière s’associe au musicien Lully pour créer Le Bourgeois gentilhomme, une comédie-ballet. Voici ses indications de mise en scène. L’ouverture se fait par un grand assemblage d’instruments ; et dans le milieu du théâtre on voit un élève du Maître de musique, qui compose sur une table un air que le Bourgeois a demandé pour une sérénade. La comédie finit par un petit ballet qui avait été préparé. Ouverture ts différents et nt tous les mouvemen Quatre danseurs exécute mmande ; Maître à danser leur co le e qu s pa de s rte so toutes les emier intermède. I et cette danse fait le pr Acte I, fin de la scène Acte V, fin de la scène VI MOLIÈRE, Le Bourgeois gentilhomme, 1670. histoire des 1. Cherchez le sens du mot « intermède ». 2. Lisez les extraits et définissez une comédie-ballet. Les quatre garçons tailleurs se réjouissent par une danse, qui fait le second intermède. Acte II, fin de la scène V in, dansent ensemble, Six cuisiniers, qui ont préparé le fest ès quoi ils apportent et font le troisième intermède ; apr ts. une table couverte de plusieurs me Acte III, fin de la scène XIII La cérémonie turque pour ennoblir le Bourgeois se fait en danse et en musique, et compose le quatrième intermède. Acte IV, scène V Le Bourgeois gentilhomme, mise en scène de Colette Roumanoff, Théâtre Fontaine, Paris, 2009. Dossier 10 • Les artistes à la cour 243 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 243 01/07/10 14:01 10 Les écrivains jugent la vie de cour La Cour du lion Jean de La Fontaine (1621-1695) Cet écrivain français était le protégé de Fouquet, ministre des finances de Louis XIV. Lorsque Fouquet fut emprisonné à vie par le roi, La Fontaine trouva d’autres appuis à la cour. Il dédia ses Fables à monseigneur le Dauphin, fils du roi. 1. lieu où sont entassés des cadavres. 2. le fit tuer. 3. la caverne. 4. matière au parfum fort et agréable. 5. Selon le singe, tout autre parfum sent aussi mauvais que l’ail en comparaison du merveilleux parfum du Louvre. 6. empereur romain célèbre pour ses crimes. 7. voyons. 8. prétextant. 9. adorateur hypocrite. 10. en évitant de donner son opinion. […] Le prince à ses sujets étalait sa puissance. En son Louvre il les invita. Quel Louvre ! un vrai charnier1, dont l’odeur se porta D’abord au nez des gens. L’ours boucha sa narine : 5 Il se fut bien passé de faire cette mine ; Sa grimace déplut : le monarque irrité L’envoya chez Pluton2 faire le dégoûté. Le singe approuva fort cette sévérité, Et flatteur excessif, il loua la colère 10 Et la griffe du prince, et l’antre3, et cette odeur : Il n’était ambre4, il n’était fleur Qui ne fût ail au prix5. Sa sotte flatterie Eut un mauvais succès, et fut encor punie : Ce Monseigneur du lion-là 15 Fut parent de Caligula6. Le renard étant proche : « Or çà7, lui dit le sire, Que sens-tu ? dis-le moi : parle sans déguiser. » L’autre aussitôt de s’excuser, Alléguant8 un grand rhume : il ne pouvait que dire 20 Sans odorat ; bref, il s’en tire. Ceci vous sert d’enseignement : Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire, Ni fade adulateur9, ni parleur trop sincère, Et tâchez quelquefois de répondre en Normand10. JEAN DE LA FONTAINE, Fables (VII, 6), 1678. QUESTIONS 1. a. Relevez les groupes nominaux désignant le lion. b. Qui cet animal représente-t-il ? 2. a. Quels sont les trois courtisans mis en scène ? b. Comment chacun d’eux réagit-il lorsqu’il est à la cour ? c. Qu’advient-il de chacun d’eux ? 3. a. Quels sont les traits de caractère du lion ? Justifiez. b. S’agit-il de défauts ou de qualités ? 4. a. Vers 21-24 : qui s’adresse à qui ? b. Quelle leçon de vie ces vers donnent-ils ? « La Cour du lion » de Jean de La Fontaine. Gravure de GRANDVILLE, vers 1868. 244 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 244 01/07/10 14:01 JEAN AUGUSTE DOMINIQUE INGRES, Le Roi Louis XIV et Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, à table devant les courtisans, 1857. Comédie Française, Paris. L’Impromptu de Versailles Dans la pièce L’Impromptu de Versailles, Molière se met en scène en tant que directeur de troupe qui répète une pièce pour le roi. MOLIÈRE. – Mon Dieu, Mademoiselle, les rois n’aiment rien tant qu’une prompte obéissance, et ne se plaisent point du tout à trouver des obstacles. Les choses ne sont bonnes que dans le temps qu’ils les souhaitent ; et leur 5 en vouloir reculer le divertissement, est en ôter pour eux toute la grâce. Ils veulent des plaisirs qui ne se fassent point attendre ; et les moins préparés leur sont toujours les plus agréables. Nous ne devons jamais nous regarder dans ce qu’ils désirent de nous : nous ne sommes que 10 pour leur plaire ; et lorsqu’ils nous ordonnent quelque chose, c’est à nous à profiter vite de l’envie où ils sont. Il vaut mieux s’acquitter mal de ce qu’ils nous demandent, que de ne s’en acquitter pas assez tôt ; et si l’on a la honte de n’avoir pas bien réussi, on a toujours la gloire 15 d’avoir obéi vite à leurs commandements. Mais songeons à répéter, s’il vous plaît. MOLIÈRE, L’Impromptu de Versailles, Scène I, 1663. Molière (1622-1673) Cet auteur de théâtre français jouissait de la protection de Louis XIV et recevait régulièrement de lui des commandes pour les fêtes de la cour. En 1664, Louis XIV lui-même lui accorda une pension et parraina son enfant. En 1665, il prit officiellement Molière sous sa protection en décernant à ses comédiens le titre de « Troupe du Roi ». histoire des 1. Quelles sont les deux caractéristiques du Roi-Soleil que le texte de Molière révèle ? 2. Comparez la nature des relations entre Molière et le roi dans le texte et dans le tableau. Dossier 10 • Les artistes à la cour 245 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 245 01/07/10 14:01 10 Dans les jardins de Versailles histoire des Promenade dans les jardins de Versailles La jeune Angélique va devenir demoiselle d’honneur de Madame, épouse de Monsieur, frère du roi. Elle vient d’arriver à Versailles. P remière décision de l’Angélique-qui-va-devoir-se-débrouillerseule : explorer les abords du château que je ne connais pas encore ! Comme j’étais pleine de courage et que le temps radieux m’a donné des ailes, j’ai poussé la témérité à m’aventurer dans les jardins les 5 plus éloignés. Mon pas alerte1 m’a conduite jusqu’au bassin d’Apollon d’où on a une vue grandiose du château. Quel exploit ! J’étais très contente de moi et, d’ailleurs, rares étaient les promeneurs qui se croisaient dans ces parages. Derrière ce lieu s’étend presque à perte de vue ce grand tapis d’eau plate, le Grand Canal. Il s’enfonce dans 10 la forêt avec une telle majesté ! Lorsque ces lieux me seront plus familiers, j’irai me promener le long de ses berges pour méditer, réfléchir à tout et à rien en marchant : c’est le lieu idéal ! Je me suis assise sur le rebord du bassin d’Apollon. Les quatre chevaux sculptés sont si expressifs qu’ils semblent prêts à sortir de 15 l’eau. C’est du grand art ! J’ai hâte que le roi revienne pour que les jeux d’eau entrent enfin en action. Marraine m’a dit qu’elle n’en est toujours pas lassée... Quand l’eau jaillit de partout, elle trouve que c’est toujours aussi féerique ! ◗ Écrire un extrait de journal intime Sujet : Après quelques jours passés à Versailles, Angélique de Barjac découvre le monde des courtisans. Elle confie son expérience à son journal intime. Méthodes : – Relisez les textes du dossier, pages 242 à 246. – Évitez les anachronismes (éléments qui ne relèvent pas de l’époque). – Racontez à la première personne. DOMINIQUE JOLY, À la cour de Louis XIV, Journal d’Angélique de Barjac, © Éditions Gallimard Jeunesse, 2008. 1. vif. Je retiens l’essentiel QUESTIONS ❯ Quels sont les divertissements de la vie de cour à Versailles ? 1. Quels sont les deux lieux des jardins de Versailles cités dans cet extrait de roman de jeunesse ? 2. a. Quelle caractéristique des jardins de Versailles frappe le personnage d’Angélique lors de sa promenade ? b. Quel sentiment exprime-t-elle dans son journal intime ? ❯ Qu’est-ce qui caractérise les rapports de Louis XIV avec les artistes ? Le bassin d’Apollon à Versailles. 246 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 246 01/07/10 14:01 Le château de Versailles. histoire des À partir de 1678, Louis XIV demande à l’architecte Mansart d’agrandir le château de Versailles. La création des jardins et de leurs jeux d’eau est confiée au jardinier Le Nôtre. Raconter une visite des jardins de Versailles avec un diaporama. Sujet : Vous êtes un courtisan de Louis XIV. Racontez au présent et oralement une promenade du roi avec sa cour dans les jardins de Versailles. Vous accompagnerez ce récit oral de la présentation d’un diaporama. 1. Visite virtuelle des jardins – Rendez-vous sur le site « Les jardins de Versailles » : http://www.leparcdeversailles.com – Cliquez sur « Visite libre ». – Promenez la souris sur le plan du parc pour choisir deux lieux dans les jardins. – Visionnez les différentes photographies proposées, choisissez-en trois par lieu pour illustrer votre récit. – Avec un clic droit, copiez les images (dont le plan des jardins) dans un dossier que vous enregistrerez à votre nom. 2. Réalisation d’un diaporama a. La structure du diaporama Au brouillon, préparez la structure du diaporama en dix diapositives, en suivant ce plan : Diapositive 1 : Titre : « Promenade dans les jardins de Versailles ». Diapositive 2 : Le plan des jardins à insérer. Diapositive 3 : Le nom du premier lieu. Diapositives 4, 5 et 6 : Images du premier lieu, avec une légende pour chacune. Diapositive 7 : Le nom du second lieu. Diapositives 8, 9 et 10 : Images du second lieu, avec une légende pour chacune. b. La réalisation du diaporama (voir la Ficheméthode). Louis XIV en soleil levant, dans le ballet de Jean-Baptiste Lully, XVIIe siècle. 3. Préparation du récit au brouillon a. Rédigez votre récit en veillant à évoquer l’attitude du roi et celle des autres courtisans pendant la promenade. b. Décrivez brièvement les lieux en vous appuyant sur votre diaporama. 4. Activité orale Entraînez-vous à dire votre texte, en le lisant le moins possible et en faisant défiler le diaporama. Veillez à synchroniser les images avec vos paroles. Fiche-méthode Réaliser un diaporama 1. Préparer au brouillon le plan du diaporama. 2. Ouvrir un logiciel de présentation (« OpenOffice.org Impress » ou « Powerpoint », par exemple). 3. Créer un fichier, puis l’enregistrer. 4. Construire le diaporama selon le plan préparé au brouillon. 5. Enregistrer le diaporama sur une clé USB. 6. Faire défiler le diaporama en cliquant sur l’onglet « diaporama », pour vérifier que celui-ci est au point. 7. Vérifier auprès du professeur les aspects techniques de la projection. Dossier 10 • Les artistes à la cour 247 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P236-247-9782011256218.indd 247 01/07/10 14:01 de L’ l’image comme angle de prise de vue En prenant comme référence la ligne d’horizon, si – on regarde un personnage d’en haut, cela se nomme une plongée 1 ; – on se place à sa hauteur, c’est un plan frontal 2 ; – on le regarde d’en bas, c’est une contre-plongée 3 . 1 2 3 Exercice 1 1. Quel angle de prise de vue correspond à chaque vignette de cet extrait de bande dessinée ? 2. Quel aspect de l’attaque chaque angle de vue met-il en valeur ? FRÉDÉRIC BRÉMAUD-LEMATOU, « Capitaine Kidd », Histoire des plus fameux pirates, Delcourt, 2009. 248 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P248-251-9782011256218.indd 248 01/07/10 14:06 de L’ l’image comme cadrage On appelle cadrage l’action de placer des éléments à l’intérieur du cadre d’une image fixe ou mobile. Le champ est l’espace contenu dans une image. Le hors-champ est ce qui n’est pas montré, ce qui est en dehors du cadre de l’image. Le contre-champ est l’espace diamétralement opposé au champ. JOHN HOWE, Tristan et Isolde. Exercice 2 1. Quels éléments du corps du dragon se trouvent hors-champ ? 2. Pourquoi, selon vous, le dessinateur a-t-il fait ce choix ? comme composition On appelle composition l’organisation des éléments sur une image. La composition fait intervenir : – des lignes (droites et / ou courbes) ; Exercice 3 – des plans : premier plan (à l’avant de l’image), deuxième plan, troisième plan…, 1. Classez du premier plan à l’arrière-plan arrière-plan (au fond de l’image). les éléments suivants de l’enluminure : – les spectateurs ; – les chevaliers ; – le ciel ; – le mur d’enceinte du château ; – les bâtiments. 2. Quels éléments de l’enluminure sont constitués de lignes droites ? Ces lignes donnent-elles une impression de fragilité ou de solidité ? 3. a. De quel type de ligne (droite ou courbe) le dessin des chevaux est-il constitué ? b. Ce type de ligne atténue-t-il ou accentue-t-il l’effet de mouvement dans l’enluminure ? 4. Observez la taille des chevaliers, des Miniature tirée de Lancelot du Lac. Manuscrit, vers 1480, BnF. chevaux et du mur d’enceinte : a. Les proportions vous semblent-elles respectées ? b. Qu’est-ce qui est ainsi mis en valeur ? L’ABC de l’image 249 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P248-251-9782011256218.indd 249 01/07/10 14:07 de L’ l’image comme couleurs On peut classer les couleurs en : – couleurs chaudes qui évoquent le feu, le soleil : toute la gamme des jaunes, oranges, rouges, roses, marrons ; – couleurs froides qui évoquent l’eau, la glace : toute la gamme des bleus, verts. Les couleurs limites (le vert-jaune, le violet) sont classées chaudes ou froides, par contraste avec leur environnement : à côté d’un bleu, le violet paraîtra chaud. Inversement, on le trouvera froid à côté d’un orange. Le noir est constitué de l’ensemble des autres couleurs. Lorsque les couleurs s’opposent, elles créent des effets de contrastes. Lorsqu’il existe un dégradé de couleurs dans une teinte donnée, on parle d’un camaïeu de couleurs. Exercice 4 1. Comment les couleurs s’organisentelles dans l’illustration ci-dessous ? Expliquez. 2. Qu’est-ce que cette organisation met en évidence ? Illustration de BENJAMIN RABIER (1864-1939) pour Le Roman du Renart. Exercice 5 1. a. Quelles sont les trois couleurs dominantes de l’illustration ci-dessus ? b. Nommez les éléments représentés dans chacune de ces couleurs. c. Quel univers représentent-elles ? 2. Quel camaïeu repérez-vous ? Quelle Illustration d’ALESSANDRO LONATI. atmosphère crée-t-il ? 250 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P248-251-9782011256218.indd 250 01/07/10 14:07 de L’ l’image comme lumière Un tableau offre le plus souvent un contraste entre des zones d’ombre et de lumière. La lumière met en évidence l’élément majeur du tableau et vise à créer une atmosphère particulière. Un contraste marqué d’ombre et de lumière se nomme un clair-obscur. La source de lumière peut se trouver dans le champ du tableau ou bien hors-champ. ALEXANDRE ÉVARISTE FRAGONARD, François Ier avec Léonard de Vinci, vers 1800-1850. Exercice 6 1. La source de lumière se situe-t-elle dans le champ du tableau ? De quoi peut-elle provenir ? 2. Quels éléments du tableau se trouvent dans l’ombre ? dans la lumière ? 3. Pourquoi le peintre a-t-il fait ce choix ? comme plan Plan d’ensemble Très large, il situe le(s) personnage(s) dans le décor. Plan moyen Il montre le(s) personnage(s) en pied. Plan rapproché Il cadre le(s) personnage(s) jusqu’au nombril ou à mi-cuisse (plan américain, en référence à l’arme des westerns). Gros plan Il montre une partie du corps (jambe, visage…). Très gros plan Il se concentre sur un détail. Exercice 7 1. Quels sont les éléments communs aux deux images ci-contre ? 2. Quel est le plan utilisé dans chacune de ces images ? 3. Quelle atmosphère particulière Illustration de F. LORIOUX, 1930. le choix de chacun de ces plans crée-t-il ? Expliquez. Illustration de F. LORIOUX, 1930. L’ABC de l’image 251 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P248-251-9782011256218.indd 251 01/07/10 14:07 Grammaire ❯ Les classes grammaticales et les fonctions • Tableau des classes grammaticales et des fonctions .. p. 253 ❯ L’analyse de la phrase • Réviser la phrase simple ............................................. • Les mots de la négation dans la phrase ................... • Réviser la ponctuation ................................................ • Réviser les types de phrases ....................................... • La phrase interrogative p. 254 p. 256 p. 258 p. 259 et les mots de l’interrogation .................................... • La phrase complexe : coordination, juxtaposition .. • La phrase complexe : la subordination ..................... • La proposition subordonnée conjonctive COD........ • Les propositions subordonnées : distinguer conjonctives et relatives........................... • Les propositions subordonnées conjonctives compléments circonstanciels...................................... • Le discours direct ......................................................... • La prop. sub. interrogative indirecte ........................ • La phrase à la voix passive.......................................... p. 260 p. 262 p. 264 p. 265 p. 292 p. 292 p. 293 p. 294 p. 296 (manière, moyen, lieu, temps) ............................. p. 296 – Les GN compléments circonstanciels (cause, conséquence, but, comparaison)............ p. 298 p. 266 p. 267 p. 268 p. 270 p. 272 ❯ Les classes de mots • Réviser le verbe, le nom, l’adjectif qualificatif ........ • Les reprises nominales ................................................ • Réviser les reprises pronominales.............................. • L’adjectif qualificatif : les degrés ............................... • Les mots exprimant la négation (voir p. 256) • Les mots exprimant l’interrogation (voir p. 261) • Les conjonctions de coordination ............................. • Les prépositions ........................................................... • Les pronoms relatifs .................................................... • Le groupe nominal et ses expansions ....................... – Réviser l’épithète ................................................... – Le complément du nom........................................ – Le complément de l’antécédent : la relative ..... • Les GN compléments circonstanciels ......................... – Réviser les GN compléments circonstanciels • Le complément d’agent (voir p. 272) ❯ La conjugaison du verbe • Réviser la « carte d’identité du verbe » .................... • Réviser : radical, bases verbales, terminaisons......... • Réviser les temps simples de l’indicatif ..................... • Réviser les temps composés de l’indicatif................. • Réviser l’impératif ....................................................... • Le présent du subjonctif ............................................. • Réviser le conditionnel ............................................... • La voix active et la voix passive ................................. • La conjugaison de la voix passive .............................. p. 300 p. 302 p. 303 p. 306 p. 307 p. 308 p. 310 p. 311 p. 312 p. 274 p. 276 p. 278 p. 280 ❯ Les valeurs des temps verbaux p. 282 p. 284 p. 286 • Les valeurs des temps composés de l’indicatif ......... p. 318 • Réviser les valeurs des temps simples ....................... p. 314 – Réviser les valeurs du présent de l’indicatif ....... p. 314 – Réviser les valeurs du futur simple de l’indicatif... p. 315 – Réviser les valeurs de l’imparfait et du passé simple................................................... p. 316 ❯ Les fonctions grammaticales • Réviser le sujet du verbe............................................. p. 288 • Réviser l’attribut du sujet ........................................... p. 289 • Réviser les compléments d’objet du verbe............... p. 290 Orthographe ❯ Orthographe grammaticale • L’accord sujet-verbe ................................................... p. 330 – Réviser l’accord simple .......................................... p. 330 – Repérer le sujet pour accorder le verbe ............. p. 331 – Identifier la classe grammaticale du sujet pour accorder le verbe ......................................... p. 333 • L’accord du participe passé ........................................ p. 336 – Réviser les accords simples du participe passé .. p. 336 – Les accords complexes du participe passé employé avec « avoir » ......................................... p. 338 p. 340 p. 344 p. 346 p. 350 p. 350 p. 351 • Réviser les terminaisons homophones ...................... • Les verbes irréguliers du 1er groupe .......................... • Morphologie des verbes irréguliers du 3e groupe .. • Les accords dans le groupe nominal ......................... – Réviser les accords simples ................................... – Les adjectifs de couleur ........................................ ❯ Orthographe lexicale • Les prépositions (voir p. 284) • Les préfixes et suffixes latins...................................... p. 352 • Les préfixes grecs ......................................................... p. 354 • Homophones grammaticaux...................................... p. 356 ❯ Les valeurs et emplois des modes verbaux • L’indicatif et le subjonctif ........................................... • Le conditionnel ............................................................ • L’infinitif ....................................................................... • Les formes en -ant ....................................................... • Le participe passé ........................................................ p. 320 p. 322 p. 324 p. 326 p. 328 Lexique • Réviser la formation des mots ................... • Réviser les synonymes et les antonymes... • Réviser les niveaux de langue .................... • Les figures de style ...................................... • Sens propre et sens figuré .......................... • Mots génériques et mots spécifiques ....... • Histoire des mots : de l’ancien français p. 360 p. 362 p. 363 p. 364 p. 366 p. 368 au français moderne .................................. p. 369 p. 372 • Glossaire médiéval ...................................... Tableaux de conjugaison • « être » et « avoir » ..................................... • Les verbes du 1er groupe ............................ • Les verbes irréguliers du 1er groupe ......... • La voix passive.............................................. • Les verbes du 2e groupe ............................. • Les verbes du 3e groupe ............................. p. 373 p. 374 p. 375 p. 376 p. 377 p. 378 252 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 252 01/07/10 14:09 LES CLASSES GRAMMATICALES ET LES FONCTIONS Tableau des classes grammaticales et des fonctions La classe grammaticale est l’identité d’un mot. La fonction est le rôle du mot dans la phrase. > Je vois le bateau blanc. Je bateau blanc Classe grammaticale Fonction pronom personnel nom adjectif qualificatif sujet du verbe voir COD du verbe voir épithète du nom bateau Un dictionnaire renseigne sur la (ou les) classe(s) grammaticale(s) d’un mot, mais pas sur sa fonction qui varie selon les phrases. Les classes grammaticales • En général, un mot a une seule classe grammaticale. > bateau (nom). > je (pronom personnel). > vois (verbe). • Il existe des mots qui ont plusieurs classes grammaticales, par exemple le. > le bateau (article). > Je le vois (pronom personnel). Voici la liste des classes grammaticales de mots e traitées dans le manuel de 5 : en noir les classes e grammaticales au programme de 5 , en bleu les révisions de 6e. Certaines classes grammaticales de mots sont variables (en genre, en nombre, en personne…) : • les verbes • les noms • les pronoms : – personnels – possessifs – démonstratifs – relatifs – interrogatifs • les adjectifs qualificatifs • les articles • les déterminants : – démonstratifs – possessifs – interrogatifs Les fonctions Voici la liste des fonctions traitées dans le manuel de 5e : en noir les fonctions au programme de 5e, en bleu les révisions de 6e. • Fonctions à partir d’un verbe : – sujet – complément essentiel : complément d’objet direct (COD) complément d’objet indirect (COI) complément d’objet second (COS) – attribut du sujet pour les verbes d’état (attributifs) – complément d’agent pour les verbes à la voix passive • Fonctions à partir de la phrase : – complément circonstanciel de : lieu, temps, manière, moyen cause, conséquence, but, comparaison • Fonctions à partir d’un nom : – épithète – complément du nom – complément de l’antécédent (pour la proposition subordonnée relative) Certaines classes grammaticales de mots sont invariables : • les adverbes de négation, d’interrogation • les conjonctions de coordination • les prépositions F. REIBISCH, Deux chevaliers en tournoi. Écrire À propos de cette image, rédigez deux phrases. Précisez la classe grammaticale et la fonction de quatre mots. L’étude de la langue Grammaire 253 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 253 01/07/10 14:09 É SIONS• •R VI NS L’ANALYSE DE LA PHRASE RÉ •R ÉV IS Réviser la phrase simple IO VIS IONS• Consolider les acquis > La phrase • La phrase est constituée d’un ou plusieurs mots qui forme(nt) une unité de sens. • Elle commence par une majuscule et se termine par un signe de ponctuation forte : un point, un point d’interrogation ou un point d’exclamation. > Je lis des romans d’aventure. > Lis-tu des romans ? > Tu lis beaucoup ! > La phrase verbale Ex. 1, 2, 3 et 10 • Le plus souvent, la phrase est organisée autour d’un verbe-noyau : c’est la phrase verbale. Elle peut se réduire à un verbe conjugué à l’impératif. > Il avance. > Avance. • Les phrases simples s’organisent autour d’un seul verbe, conjugué à un mode personnel. > Cet aventurier impressionne. > Il impressionne le public. • Les phrases complexes comportent plusieurs verbes (voir p. 262). > La phrase non verbale Ex. 4, 5, 6 et 11 • Il existe des phrases qui ne sont pas organisées autour d’un verbe : ce sont les phrases non verbales. • Certaines se réduisent à : – une interjection > Hélas ! – une onomatopée > Vlan ! – une apostrophe > Monsieur ! – un mot-phrase > Non. • Quand elles s’organisent autour d’un nom-noyau, ce sont des phrases nominales. On les trouve notamment dans les articles de dictionnaires, comme titres d’œuvres ou d’articles ou sur des panneaux de signalisation. > L’appel de la forêt. > Silence ! > Défense de marcher sur la pelouse. • Elles contribuent à donner de la vivacité à un texte. > Les phrases affirmatives et négatives Ex. 7, 8, 9 et 12 • Une phrase peut être affirmative ou négative quel que soit le type de phrase (voir p. 259). On parle aussi de phrase à la forme affirmative ou à la forme négative. > Il aime les romans d’aventure. Il n’aime pas les romans d’aventure. Orthographe • Ne pas confondre « on » dans une phrase affirmative et « on n’… » dans une phrase négative. > On a lu ce livre. On n’a pas lu ce livre. 254 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 254 01/07/10 14:09 S’exercer 1. a. Repérez le verbe, puis son sujet, puis les compléments, puis les autres éléments. b. Formez des phrases correctes en rétablissant l’ordre des mots et les majuscules. 1. regard le fillette détourna la. 2. fragile sa séparaient deux me pas de silhouette. 3. en face moi avais une j’ de enfant. 4. front couvrait une frange le. * 2. Recopiez ce texte en soulignant les verbes-noyaux et sont celles qui pourraient être des titres d’articles de presse : s’agit-il de phrases verbales ou nominales ? 1. Marco Polo livre ses souvenirs de voyage. 2. Le Livre des merveilles, un véritable reportage médiéval. 3. À l’abordage ! 4. L’aventurier risque sa vie sans crainte. 5. Risque d’éboulement. 6. Grand succès pour ce roman d’aventure. 7. Lisez ce roman d’aventure. 8. Magistrale adaptation filmique de CrocBlanc. * en rétablissant les majuscules et les points : vous devez retrouver cinq phrases. 7. Relevez les phrases négatives : quel personnage les Jack était d’un naturel curieux il se leva en abritant ses yeux avec sa main pour regarder les cris provenaient du champ s’étendant de l’autre côté de la route n’ayant rien de mieux à faire, il marcha dans cette direction un épouvantail était en train de vociférer au milieu du champ le plus boueux du monde. LE DRAPIER : C’est vous […] Vous, et personne d’autre ! J’en suis certain, c’est la pure vérité ! PATHELIN : Eh bien, n’en croyez rien, car assurément, ce n’est pas moi ! Je ne vous ai jamais pris une aune1, ni même une demi-aune de drap ! Je n’ai pas cette réputation ! * P. PULLMAN, L’Épouvantail et son valet, trad. P. Giraudon © Éditions Gallimard Jeunesse, 2005. 3. Recopiez ce texte en soulignant les verbes-noyaux et en rétablissant les majuscules et les points. * emploie ? Dans quel but ? * ANONYME, La Farce de Maître Pathelin, adaptation F. Marin, Bibliocollège © Hachette. 1. unité de mesure. 8. Transformez les phrases affirmatives en phrases néga- * Les bruits résonnaient ensemble dans la nuit ils étaient plus forts, plus précis le froid rendait la terre vibrante, sonore les insectes crissaient, et aussi les scorpions, les mille-pattes, les serpents du désert de temps en temps on entendait la mer, le grondement sourd des vagues de l’océan qui venaient s’effondrer sur le sable de la plage le vent apportait la voix de la mer jusqu’ici, par bouffées, avec un peu d’embruns tives et inversement. 1. Il a peur du danger. 2. Il n’a pas beaucoup parlé. 3. As-tu déjà traversé ce désert ? 4. Te serais-tu trompé sur la direction à prendre ? 9. Transformez les phrases suivantes en phrases négatives, * en remplaçant le pronom il ou elle par on. 1. Il a choisi de partir à l’aventure. 2. Il a trouvé le trésor des pirates. 3. Elle a traversé le désert sans crainte. 4. Il intervient dans la bagarre. 5. Elle aura le temps d’explorer la région. J.-M. G. LE CLÉZIO, « Peuple du ciel », « Mondo » et autres histoires © Éditions Gallimard, 1978. 4. a. Relevez les phrases nominales de ce texte. b. Quel sentiment celle du second paragraphe traduit-elle ? * Tout à coup, une voix stridente éclata dans les ténèbres : « Pièces de huit ! pièces de huit ! pièces de huit ! pièces de huit ! pièces de huit ! » et ainsi de suite, sans arrêt ni changement, comme un cliquet1 de moulin. Le perroquet vert de Silver, capitaine Flint ! C’était lui que j’avais entendu becqueter une écorce, c’était lui qui montait la garde, mieux que quiconque, et qui annonçait mon arrivée par son éternelle rengaine ! R. STEVENSON, L’Île au trésor, trad. A. Bay © Le Livre de poche, 1961. 1. pièce d’un engrenage qui fait du bruit. 5. a. Relevez les phrases nominales extraites d’un dictionnaire à l’article « roman ». b. Récrivez les autres pour en faire des définitions de dictionnaire. 1. Langue issue du latin oral. 2. Le mot « roman » désigne un récit en roman, puis en ancien français. 3. Œuvre d’imagination en prose présentant des personnages. 4. Le roman est le genre littéraire constitué de récits en prose. * 6. a. Recopiez les phrases suivantes en soulignant le mot (verbe ou nom) autour duquel elles s’organisent. b. Quelles Écrire 10. Répondez à ces questions en rédigeant des phrases verbales. 1. Par quoi une phrase commence-t-elle ? 2. Quelles sont les marques du pluriel pour un nom ? 3. Pourquoi le plus-que-parfait se range-t-il parmi les temps composés ? 4. Combien de groupes de verbes compte-t-on ? 5. Quel verbe irrégulier pouvez-vous citer ? 11. Transformez ces phrases verbales en phrases nominales pour en faire des titres d’articles de presse. Le volcan est entré en éruption. > Éruption du volcan. 1. Il part à la conquête de l’or. 2. Une fusée a été lancée vers la Lune. 3. Il rêve d’aventures. 4. Ce lieu est idéal pour des aventures héroïques. 5. Ce film raconte des aventures extraordinaires. 12. Rédigez deux définitions pour chacun de ces mots en employant : a. une phrase affirmative ; b. une phrase négative. Un héros > Un héros affronte des dangers. > Un héros ne craint pas les dangers. une épée • un désert • un lac • un torrent L’étude de la langue Grammaire 255 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 255 01/07/10 14:09 L’ANALYSE DE LA PHRASE Les mots de la négation dans la phrase Observer pour comprendre 1. a. Dans quelle phrase le verbe est-il conjugué à un temps simple ? à un temps composé ? b. Observez les mots en gras qui expriment la négation : où sont-ils placés dans la phrase A ? dans la phrase B ? > A. Il ne craint pas le danger. B. Il n’a pas craint le danger. 2. Classez ces négations par ordre croissant d’intensité. > A. Il n’a pas peur du danger. B. Il n’a pas du tout peur du danger. C. Il n’a guère peur du danger. 3. Dans les couples de phrases suivants, comparez la phrase affirmative et la phrase négative : quels mots exprimant la négation relevez-vous ? > A1. Quelqu’un a réussi cet exploit. A2. Personne n’a réussi cet exploit. > B1. Le danger se trouve partout. B2. Le danger ne se trouve nulle part. Retenir la leçon > La place de la négation Ex. 4, 5, 9, 10 et 11 • Dans la phrase négative, la négation se compose de deux éléments qui encadrent le verbe : ne… pas, ne… plus, ne… jamais, ne… point, ne… guère. • Si le verbe est conjugué à un temps composé, la négation se place de part et d’autre de l’auxiliaire. > Il n’était pas parti. Il n’a pas parlé. • La négation se place avant le mot qu’elle modifie : – dans une phrase nominale ; > Pas de téléphone dans l’enceinte du collège. – avec un verbe à l’infinitif ; > Ne pas marcher sur les pelouses. Il pense ne pas venir. > Les mots de la négation : leurs sens Ex. 6 à 11 • L’intensité de la négation La négation peut être plus ou moins forte : – la négation simple : ne… pas, ne… point ; > Il ne lit pas de romans. Il ne lit point de romans. – la négation accentuée : ne… pas du tout ; > Il n’aime pas du tout les romans. – la négation ne… que, qui est synonyme de seulement dans une phrase affirmative. > Il ne lit que des romans d’aventures. (= Il lit seulement des romans d’aventures.) • Dans certains cas, la transformation négative peut modifier des mots de la phrase. > Il veut quelque chose. ➝ Il ne veut rien. Quantité Temps Quantité Phrase affirmative Phrase négative Exemples quelque chose, tout ne… rien, rien ne > Il ne veut rien. > Rien ne lui plaît. quelqu’un ne… personne, personne ne > Je ne parle à personne. > Personne ne parle. beaucoup ne… pas beaucoup, ne… guère > Il n’a pas beaucoup d’argent. > Il n’a guère d’argent. déjà ne… pas encore > Il n’est pas encore parti. toujours ne… jamais > Il n’est jamais parti. encore ne… plus > Il n’est plus dans la jungle. quelque part, partout ne… nulle part > Il ne se trouve nulle part. 256 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 256 01/07/10 14:09 Pour aller plus loin > Les mots de la négation : leurs classes grammaticales Ex. 9 et 11 Les mots exprimant la négation appartiennent à différentes classes grammaticales. Adverbes ne… pas, ne… plus, ne… jamais, ne… guère, ne… point > Il ne navigue plus. Conjonctions de coordination (ne) ni… ni, ni… ni (ne) > Il n’aime ni les romans ni les fables. > Il ne parle ni ne rêve : il agit. aucun… (ne), (ne)… aucun, personne (ne), (ne)… personne > Aucun d’entre eux n’a pu entrer. Je n’en ai vu aucun. Personne ne vient. Je ne vois personne. nul (ne) > Nul n’a le droit d’entrer. rien (ne), (ne) rien > Rien n’est perdu. Je n’ai rien perdu. aucun (ne), (ne) aucun > Aucun homme n’est passé par là. nul (ne), (ne) nul > Nulle région n’est plus dangereuse. Pronoms Déterminants S’exercer 4. a. Récrivez ces interdictions en supprimant les verbes conjugués et en employant des verbes à l’infinitif dans des phrases négatives. b. Quand c’est possible, rédigez des phrases nominales négatives. Il ne faut pas bavarder. > Ne pas bavarder. Pas de bavardages. 1. Il ne faut pas courir dans les couloirs. 2. Il est interdit de fumer au collège. 3. Il n’est pas permis de tricher pendant un contrôle. 4. Il ne faut pas risquer de provoquer une avalanche. 9. Relevez les mots exprimant la négation et indiquez leur classe grammaticale. 1. Aucun homme n’a jamais réussi à franchir ce col. 2. Nul ne peut se vanter d’avoir traversé ce désert. 3. Personne ne s’est aventuré si loin. 4. Il n’a trouvé personne pour l’accompagner. 5. Il ne reviendra plus, nous ne le reverrons jamais. 5. Récrivez les phrases suivantes en conjuguant les verbes au passé composé. 1. Michel Strogoff ne craint pas les Tartares. 2. Nous ne voyageons pas souvent en train. 3. Corto Maltese ne tombe pas du train. 4. Axel ne remonte pas encore du centre de la Terre. 5. Ces aventuriers ne partent jamais sans leur boussole. 6. Elle n’a guère le temps de rêver. Écrire * ** 6. Récrivez ces phrases négatives en modifiant l’intensité de la négation. 1. Il ne sourit guère. 2. Le loup ne se montre pas du tout. 3. La neige ne fond pas. 4. Le soleil ne gêne pas du tout les explorateurs. 5. L’aventure ne le tente pas. * ** 10. Sans modifier leur sens, récrivez ces phrases affirmatives en phrases négatives en employant la négation qui convient : ne… pas, ne… pas du tout, ne… que. Il avance très vite. > Il ne ralentit pas du tout. 1. Il a incroyablement confiance en soi. 2. Il a emporté seulement quelques vivres. 3. Le chien de traîneau obéit à son maître. 11. Rédigez un bref paragraphe pour présenter un sport que vous n’aimez pas ; vous emploierez au moins quatre négations différentes. 7. Transformez ces phrases affirmatives en phrase négatives. 1. Il a vu quelque chose. 2. Quelqu’un a bougé dans le buisson. 3. Le traîneau est déjà prêt. 4. Pierre a toujours pensé faire cette expédition. 5. Le terrain est encore praticable. 6. Les loups sont partout dans cette région. ** 8. Transformez ces phrases affirmatives en phrases négatives en employant la conjonction de coordination ni. 1. Il a chargé sur le traîneau des vivres et des couvertures. 2. Ils ont progressé et escaladé la montagne. 3. Le pilote et son coéquipier ont vu venir le danger. 4. Corto Maltese a voyagé en train et en bateau. 5. L’explorateur voit s’approcher des hyènes et des tigres. ** Le kayak. L’étude de la langue Grammaire 257 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 257 01/07/10 14:09 É SIONS• •R VI NS IO VIS L’ANALYSE DE LA PHRASE •R RÉ ÉV IS Réviser la ponctuation IONS• Consolider les acquis > La ponctuation forte en fin de phrase • La ponctuation forte (point, point d’interrogation ou d’exclamation) marque la fin d’une phrase et varie selon les types de phrase (voir p. 259). > Il part à l’aventure. Part-il à l’aventure ? Il part à l’aventure ! > Les points de suspension Ex. 1 • Ils marquent une pause, expriment un trouble, laissent une phrase inachevée. > Il s’avance doucement… lentement, dans la forêt ténébreuse, quand soudain… • Dans un dialogue, ils indiquent qu’on coupe la parole à quelqu’un. > La ponctuation à l’intérieur de la phrase La virgule sépare Le point-virgule sépare Les deux-points introduisent Ex. 2 à 4 des mots ou groupes de mots dans une énumération > Il court vite, très vite, toujours plus vite. des propositions juxtaposées > Un loup surgit, il fixe les chercheurs d’or. le dialogue du récit > « Je n’ai pas peur », déclara-t-il. une apposition > Un loup, Croc-Blanc, se laisse apprivoiser. un complément circonstanciel (facultative dans ce cas) > Dans la nuit, les bruits sont effrayants. des propositions juxtaposées > Un loup surgit ; il fixe les chercheurs d’or. une énumération > Il vérifie son matériel : une pelle, une pioche, une lampe de poche. une explication > Un corsaire n’est pas un pirate : il reçoit une mission du roi. un dialogue > Il déclara : « Je n’ai pas peur ». une apposition > Il avait un but : le Grand Nord. > La ponctuation du dialogue • Le dialogue théâtral et le dialogue dans un récit recourent à une ponctuation particulière, celle du discours direct, étudiée p. 268. S’exercer 1. a. À quoi les points de suspension servent-ils dans cet extrait ? b. Que révèlent-ils de l’état d’esprit du drapier ? * LE DRAPIER : Je disais dans ma plainte comment je lui avais donné six aunes… je veux dire, mes brebis… je vous en prie votre honneur, pardonnez-moi. Ce brave maître… Mon berger, quand il était aux champs… Il m’a dit que j’aurais six écus d’or si je le lui vendais… 3. Quel est le rôle des deux-points dans chaque phrase ? ** 1. Les fabliaux mettent en scène des personnages du peuple : marchands, vilains, prêtres, clercs. 2. Au Moyen Âge, un jongleur se produisait dans les châteaux : il jouait de la vielle, racontait des histoires, parfois exhibait un ours. ANONYME, La Farce de Maître Pathelin, © Hachette, 2000. 2. a. Recopiez le texte en replaçant les virgules manquantes. b. Quels sont les emplois des virgules ici ? * Puis tout à coup il y eut une effroyable explosion de bruits. D’un coup la chaise et la table culbutèrent un cliquetis d’acier retentit puis un cri de douleur et l’instant d’après je vis Chien Noir en fuite serré de près par le capitaine tous deux coutelas au poing. Écrire 4. À la manière de l’exercice 3, répondez aux questions suivantes ; vous emploierez des deux-points. 1. Dans quelles régions les récits d’aventures peuvent-ils se dérouler? 2. Quels héros de récits d’aventures pouvez-vous citer ? 3. Quels écrivains français pouvez-vous citer ? R. STEVENSON, L’Île au trésor, trad. A. Bay © Le Livre de poche, 1961. 258 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 258 01/07/10 14:09 É SIONS• •R VI L’ANALYSE DE LA PHRASE ONS Réviser les types de phrases R •R SI ÉVI ÉV IS IONS• Consolider les acquis > Les quatre types de phrases Ex. 1, 2, 4 et 5 La phrase sert à se termine par déclarative livrer une information un point > Ce garçon aime l’aventure. injonctive exprimer un ordre, une défense ou un conseil un point ou un point d’exclamation (ordre fort) > Pars à l’aventure. > Pars donc à l’aventure ! interrogative poser une question un point d’interrogation > Ce garçon aime-t-il l’aventure ? un point d’exclamation > J’aime l’aventure ! exclamative exprimer un sentiment fort > La phrase injonctive Ex. 3 • Elle utilise plusieurs constructions : – un verbe à l’impératif (> Ne fume pas !) ; – un verbe à l’infinitif (> Ne pas fumer.) ; – un verbe au futur de l’indicatif (> Vous ne fumerez pas !) ; – un nom ou un groupe nominal (> À l’abordage ! Défense d’afficher.) ; – une onomatopée (> Stop !). S’exercer 1. Quel est le type de phrase dominant dans cet extrait ? Quel rôle ce type de phrase joue-t-il dans ce texte documentaire ? * Sur la place se dresse une estrade de 30 mètres, adossée à la cathédrale. La ville est en ébullition. Un crieur a recruté les acteurs dans la population. Prêtres, bourgeois et artisans se sont portés volontaires pour jouer les quelque 500 personnages du mystère, pièce qui, au Moyen Âge, raconte l’histoire sainte. Les Théâtres du monde © Éditions Gallimard Jeunesse, 1993. 2. Quels sont les types de phrase dominants dans cet extrait ? Dans quelle situation et dans quel état d’esprit le personnage se trouve-t-il ? * LENGLUMÉ : Ai-je mangé de la salade ?… Voyons donc ! Non !… Il y a une lacune dans mon existence ! Ah çà ! Comment diable suis-je revenu ici ?… J’ai un vague souvenir d’avoir été me promener rue de l’Odéon… et je demeure rue de Provence !… Était-ce bien l’Odéon ? Impossible de me rappeler ! G. COURTELINE, L’Affaire de la rue Lourcine © Éditions Gallimard, 2007. 3. Récrivez les phrases injonctives suivantes en changeant de 4. a. Quel est le type de phrase dominant dans les propos du chevalier ? b. Avec quels autres types de phrase se combine-t-il ? c. Quel sentiment le chevalier exprime-t-il ainsi ? ** « Vous avez, je suppose, entendu parler de ce Flint ? – Je vous crois ! s’écria le chevalier. Je vous crois ! C’est le plus sanglant flibustier qui fût jamais. […] – J’ai aussi entendu parler de lui en Angleterre, dit le docteur. Mais la question est : “Avait-il de l’argent ?” – De l’argent ! s’écria le chevalier. Ne venez-vous pas d’entendre une histoire édifiante ! Qu’est-ce que ces bandits cherchaient, si ce n’est de l’argent ! Pourquoi risqueraientils leurs maudites carcasses, si ce n’est pour de l’argent ! » R. STEVENSON, L’Île au trésor, trad. A. Bay © Le Livre de poche, 1961. Écrire 5. Imaginez un dialogue entre un ancien élève du collège et un nouveau : ce dernier emploiera des phrases interrogatives ; le premier répondra avec des phrases déclaratives et / ou exclamatives. ** construction. 1. Tu te feras vacciner contre la grippe ! 2. Ne pas tricher pendant un contrôle. 3. Respectez bien la consigne. 4. À l’assaut ! 5. Prière de vous taire ! 6. Arrêtez-vous ! L’étude de la langue Grammaire 259 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 259 01/07/10 14:09 L’ANALYSE DE LA PHRASE La phrase interrogative et les mots de l’interrogation Consolider les acquis > La phrase interrogative Ex. 1 et 2 • L’interrogation totale porte sur l’ensemble de la phrase ; on y répond par « oui », « non » ou « si ». Selon le niveau de langue, elle présente trois constructions. Niveau > Tu viens avec nous ? familier Seules la ponctuation, à l’écrit, et l’intonation, à l’oral, la différencient de la phrase déclarative. Niveau > Est-ce que tu viens courant avec nous ? Emploi de « Est-ce que… ? ». > Viens-tu avec nous ? Niveau soutenu > Le pilote vient-il avec nous ? Si le sujet est un pronom : inversion du sujet. Si le sujet est un nom ou un GN : reprise du sujet par un pronom personnel à la 3e personne (pronom de reprise). • L’interrogation partielle porte sur un élément de la phrase. Elle est introduite par des mots de classes grammaticales différentes (voir p. 261). À l’écrit, il faut en général faire l’inversion du sujet si celui-ci est un pronom, utiliser un pronom de reprise si le sujet est un nom ou un groupe nominal. > Comment fait-il ? Comment Paul fait-il ? Orthographe • Lorsque le sujet est inversé ou repris par un pronom, il faut un tiret. > Faut-il avoir peur ? Pourquoi Paul part-il ? • Lorsque le verbe se termine par une voyelle et que le sujet inversé est il, elle ou on, pour des raisons de prononciation, on insère entre le verbe et le pronom un t qui se met entre des tirets. > Cherche-t-il un trésor ? S’exercer 1. Récrivez ces phrases interrogatives en phrases de niveau : a. courant ; b. soutenu. 1. Mon paquet est arrivé ? 2. Le contrôle est repoussé ? 3. Tu as fait ta valise ? 4. Vous venez à la piscine ? 5. Ils ont gagné ? 6. La compétition aura lieu ? 7. Nous dînerons tard ? * 2. Transformez les phrases déclaratives suivantes en phrases interrogatives (interrogation totale) : a. de niveau courant ; b. de niveau soutenu. ** 1. Le chien Buck entend l’appel de la forêt. 2. Jules Verne a écrit des romans d’aventures. 3. Les explorateurs préparent leurs expéditions. 4. Le Grand Nord est un vaste espace blanc. Écrire 3. Rédigez quatre phrases interrogatives en employant successivement les trois niveaux de langue. Observer pour comprendre : les mots de l’interrogation 4. Indiquez la fonction des noms ou GN soulignés dans les phrases A, puis déduisez-en la fonction de « qui » et de « que » dans les phrases B. > A. Molière a écrit Le Bourgeois gentilhomme. Nous lisons Le Bourgeois gentilhomme. > B. Qui a écrit Le Bourgeois gentilhomme ? Que lisez-vous ? 5. Observez les deux questions. a. Laquelle poserez-vous si la réponse est : « mon père » ? « une montagne » ? b. Dans quel cas emploie-t-on chacun de ces pronoms interrogatifs ? > Qui vois-tu ? Que vois-tu ? 6. Observez chaque question et sa réponse, puis associez à chacune d’elles une de ces circonstances : lieu, temps, cause, manière. > A. Quand lis-tu ? Je lis le soir après le dîner. > B. Pourquoi lis-tu ? Je lis parce que j’aime cela. > C. Comment lis-tu ? Je lis vite : en moyenne un livre par semaine. > D. Où lis-tu ? Je lis dans ma chambre. 260 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 260 01/07/10 14:09 Retenir la leçon Les mots de l’interrogation appartiennent à différentes classes grammaticales. > Les pronoms interrogatifs • Les pronoms simples Fonctions Sujet Attribut du sujet COD COI ou COS Ex. 7, 9, 11 Pronoms Animé ou inanimé Exemples qui animé > Qui parle ? Qui es-tu ? qu’est-ce qui inanimé > Qu’est-ce qui se passe ? qui animé > Qui est-il ? que inanimé > Que devient-il ? qui animé > Qui vois-tu ? que, qu’est-ce que inanimé > Que vois-tu ? (à, de) qui animé > À qui parles-tu ? De qui parles-tu ? (à, de) quoi inanimé > À quoi penses-tu ? De quoi parles-tu ? • Les pronoms composés Ex. 8, 11 Pronoms composés Fonctions Exemples lequel, laquelle, lesquels lesquelles sujet > Lequel des deux héros l’emportera ? COD > Lequel des deux romans préfères-tu ? auquel, à laquelle, auxquels, auxquelles COI, COS > Auquel des deux romans ta préférence va-t-elle ? duquel, de laquelle, desquels, desquelles COI, COS (avec la préposition à) (avec la préposition de) > Duquel des deux livres parles-tu ? > Les adverbes interrogatifs Ex. 9, 11 • Ils varient selon la circonstance qu’ils interrogent : – pourquoi ? (cause, but) : > Pourquoi a-t-il peur ? Pourquoi part-il à l’aventure ? – quand ? (temps) : > Quand part-il en Amazonie ? – comment ? (moyen, manière) : > Comment fera-t-il la traversée ? – où ? (lieu) : > Où allez-vous ? > Le déterminant interrogatif quel ? Ex. 10, 11 • Il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. > Quel livre lis-tu ? Quelle fable apprends-tu ? Quels poèmes connais-tu ? Quelles fables connais-tu ? S’exercer 7. Complétez par le pronom interrogatif simple qui convient. 1. … a écrit Mondo ? 2. … le professeur a-t-il félicité ? 3. À … reconnaît-on un participe présent ? 4. De … Tristan est-il le neveu ? 5. … Corto Maltese combat-il ? 6. … redoutent les explorateurs ? 7. De … un château fort est-il composé ? * 8. Complétez les phrases suivantes avec les pronoms com- ** posés qui conviennent. 1. … de ces deux romans ta préférence va-t-elle ? 2. Relevez les adjectifs qualificatifs du texte : … d’entre d’eux se distingue des autres ? 3. … de ces montagnes est l’Everest ? 4. … de ces wagons contiennent des fauves ? 5. Les meutes de loups sévissent dans la région : … ont été décimées par ce chasseur ? 6. La Fontaine a écrit beaucoup de fables : … vous souvenez-vous ? 9. Posez les questions qui correspondent à ces réponses : la ** question devra porter sur le groupe de mots souligné. 1. L’auteur de ce roman est Jules Verne. 2. Chrétien de Troyes a vécu au XIIIe siècle. 3. Marco Polo a voyagé en Chine. 4. Il a écrit Le Livre des merveilles. 5. Ils voyagent avec un traîneau. 10. Recopiez les phrases suivantes avec des déterminants * interrogatifs que vous accorderez. 1. De … animal J. Kessel a-t-il fait un héros ? 2. … forêt Buck parcourt-il ? 3. … animaux le héros affronte-t-il ? 4. … épreuves ont-ils subies ? 5. À … expédition songes-tu ? 11. Rédigez un questionnaire en variant les mots interrogatifs. ** L’étude de la langue Grammaire 261 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 261 01/07/10 14:09 L’ANALYSE DE LA PHRASE La phrase complexe : la coordination et la juxtaposition Les mots de la leçon complexe : composé d’éléments différents ayant de nombreuses relations. juxtaposer : du latin juxta (à côté de), et du verbe poser. coordonner : du préfixe co- (ensemble), et du verbe ordonner (mettre en ordre). Observer pour comprendre 1. a. Recopiez la phrase et soulignez les verbes : combien de verbes comptez-vous ? b. Combien de verbes comptez-vous dans chaque proposition (groupe de mots entre crochets) ? > [J’ai lu ce roman] et [j’admire son héros]. 2. a. Combien de verbes comptez-vous ? b. En suivant le modèle de l’exercice 1, recopiez la phrase en délimitant les propositions avec des crochets. > J’ai lu ce roman ; j’admire son héros car il est courageux. 3. Par quel mot ou signe de ponctuation les propositions sont-elles reliées dans chacune des phrases des exercices 1 et 2 ? 4. a. De combien de verbes le groupe nominal « le chercheur d’or » est-il sujet ? b. Combien de propositions la phrase comporte-t-elle ? > [Le chercheur d’or a préparé son matériel], [a attelé ses chiens] et [s’est lancé sur la piste]. 5. Recopiez la phrase et écrivez entre parenthèses le verbe sous-entendu dont le groupe nominal « ma sœur » est le sujet. Combien de propositions comptez-vous donc dans cette phrase ? > Je préfère les romans d’aventures, ma sœur les romans policiers. Retenir la leçon > Définition de la phrase complexe • Une phrase complexe compte au moins deux propositions. • Une proposition est l’ensemble des mots organisés autour d’un verbe généralement conjugué, qu’on nomme « noyau verbal ». Une phrase complexe comporte autant de propositions que de noyaux verbaux. > [Les élèves apprennent un poème], puis [ils le récitent en classe]. proposition 1 proposition 2 • Les propositions peuvent être reliées par trois procédés : la juxtaposition, la coordination ou la subordination (voir p. 264). > Les propositions juxtaposées • Deux propositions sont juxtaposées quand elles sont reliées par une virgule, un point-virgule ou deux-points. Elles restent indépendantes l’une de l’autre. > [Les chiens guettent] ; [les loups menacent le camp]. > Les propositions coordonnées Ex. 6, 7, 9, 11 et 13 Ex. 7 à 13 • Deux propositions sont coordonnées si elles sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison (puis, ensuite, cependant, au contraire, …). Elles restent indépendantes l’une de l’autre. > [Les chiens guettent] car [les loups menacent le camp]. Attention ! Le sujet ou le verbe de la première proposition peut être sous-entendu. > [Les chiens guettent] et [(ils) aboient à l’approche des loups]. > [Les chiens guettent], [les chercheurs d’or (guettent) aussi]. 262 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 262 01/07/10 14:09 S’exercer 6. a. Recopiez les phrases en soulignant les verbes. b. Délimitez les propositions avec des crochets. c. Les propositions sont-elles reliées par un signe de ponctuation ou par un mot ? d. Comment nomme-t-on la façon dont ces propositions sont reliées ? 1. Partons, le bateau est prêt. 2. Les marins se regardèrent : leur capitaine avait l’air bien féroce. 3. Axel est tout excité de partir ; il attend cette expédition depuis si longtemps ! 4. J’ai hâte de me lancer dans l’aventure, je ne tiens plus en place. * 7. a. Recopiez les phrases en soulignant les noyaux verbaux. b. Délimitez les propositions avec des crochets. c. Si une conjonction de coordination relie les propositions, entourez-la : dans quelles phrases les propositions sont-elles coordonnées ? 1. Corto Maltese est en danger mais son courage le sauvera. 2. Les pirates attaquaient les navires car ils cherchaient de l’or, mais ils ne gagnaient pas toujours le combat. 3. Le naufragé s’accrocha à une planche du bateau ; celle-ci devint une sorte de radeau. 4. Le professeur observa le volcan, décida de descendre par le cratère : l’aventure dans le centre de la Terre commençait. * 8. a. Recopiez le texte en soulignant les verbes, placez les propositions entre crochets et entourez les conjonctions de coordination. b. Ce texte vise-t-il à raconter ou à expliquer ? * Cherman est un royaume en Perse même vers le Levant, et la ville a même nom. Dans ce royaume sont produites les pierres précieuses appelées turquoises, et il y en a grande abondance, car elles sont trouvées dans les montagnes et sont extraites de la roche. […] Les dames des hommes de ce pays ne travaillent point, mais ordonnent à leurs servantes et damoiselles de broder bêtes, oiseaux, arbres et fleurs. MARCO POLO, Le Livre des merveilles, 1298 © Klinksiek, 1998. 11. a. Recopiez le texte en soulignant les verbes et en délimitant les propositions par des crochets. b. Indiquez entre parenthèses par quel moyen chacune d’elles est reliée à la précédente. ** Alors les nuages peuvent arriver. Ils sont d’abord loin audessus de la terre, ils s’étirent et s’amoncellent, changent de forme, passent et repassent devant le soleil et leur ombre glisse sur la terre dure et sur le visage de Petite Croix comme le souffle d’un éventail. Sur la peau presque noire de ses joues, de son front, sur ses paupières, sur ses mains, les ombres glissent, éteignent la lumière, font des taches froides, des taches vides. J.-M. G. LE CLÉZIO, « Peuple du ciel », « Mondo » et autres histoires © Éditions Gallimard, 1978. 12. a. Recopiez le texte en encadrant les propositions : comment la plupart d’entre elles sont-elles reliées ? b. Dans quel but le chevalier prend-il la parole : pour raconter une histoire ou pour faire un raisonnement ? ** Sans le saluer, le chevalier adressa la parole au roi en ces termes : « Roi Arthur, je détiens dans mes prisons plus d’un chevalier, d’une dame et d’une pucelle de ton royaume et de ta maison ; mais je ne te parle pas d’eux dans l’intention de te les rendre : au contraire je tiens à te faire savoir ma supériorité ; et cela sera ainsi jusqu’à ta mort car jamais tu ne pourras les secourir. » D’après C. DE TROYES, Lancelot ou le Chevalier à la charrette, trad. J.-C. Aubilly © Flammarion, 2003. Écrire 13. Racontez la scène illustrée par l’image ci-dessous. Veillez à donner du rythme à votre récit en employant des propositions courtes, juxtaposées ou coordonnées. 9. a. Délimitez les propositions. b. Quels sont les deux principaux moyens par lesquels les propositions s’enchaînent dans cet extrait ? c. Quel rythme l’auteur donne-t-il ainsi à son récit du jeu du lion avec Patricia ? ** Le lion se servait du bout de sa patte ainsi que d’une raquette veloutée et frappait juste assez fort pour faire voler […] un corps de petite fille. Patricia tenta d’échapper à ce fléau moelleux. En vain. Alors, elle se précipita sur les oreilles du lion, les tira sauvagement, enfonça les pouces dans ses yeux. Et King riait plus fort et secouait la tête et roulait sur Patricia. […] Et la petite fille reparaissait sur l’autre flanc du fauve et tout recommençait. J. KESSEL, Le Lion © Éditions Gallimard, 1958. 10. Imaginez une proposition coordonnée à ajouter à chacune des propositions suivantes. Vous utiliserez : car, donc, puis, ensuite, mais. 1. Les récits du Moyen Âge me plaisent… 2. Le monstre mord le chevalier avec sa langue empoisonnée… 3. La jeune fille soigne le chevalier blessé… 4. Le seigneur part à la chasse… 5. Le chevalier part en tournoi… ** RAPHAËL (1483-1520), Saint Georges terrassant le dragon, Musée du Louvre, Paris. L’étude de la langue Grammaire 263 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 263 01/07/10 14:09 L’ANALYSE DE LA PHRASE La phrase complexe : la subordination Les mots de la leçon complexe : composé d’éléments différents ayant de nombreuses relations. subordonnée : qui est inférieure, qui dépend de. Observer pour comprendre 1. a. Recopiez la phrase suivante en soulignant les verbes : combien de verbe(s) chaque proposi tion entre crochets comporte-t-elle ? b. Quelle est la proposition qui pourrait constituer une phrase? c. Par quels mots les autres propositions sont-elles reliées à cette proposition principale ? > [Je fus envahi par une émotion] [qui tenait de l’ivresse] [quand nous fûmes en mer]. Retenir la leçon > Proposition principale et propositions subordonnées Ex. 2 à 5 • Une phrase complexe peut être composée d’une proposition principale et d’une ou de plusieurs propositions subordonnées qui dépendent de cette proposition principale. > [Comme le soleil brûlait], [Robinson se fabriqua un bonnet avec des feuilles] [qui croissaient dans l’île]. La proposition en gras peut s’employer seule, comme une phrase simple (Robinson se fabriqua un bonnet) : c’est la proposition principale. Les deux autres propositions ne peuvent pas s’employer seules (Comme le soleil brûlait / qui croissaient dans l’île) : ce sont les propositions subordonnées. • Une proposition subordonnée peut avoir des natures et des fonctions différentes. • Une proposition subordonnée est introduite par un mot subordonnant (qui, que, où, quand, lorsque, dès que, comme, parce que, pour que, afin que, de telle sorte que…). S’exercer 2. a. Recopiez les phrases suivantes en soulignant les verbes et en entourant les mots subordonnants, puis délimitez les propositions par des crochets. b. Prononcez oralement la proposition principale. 1. Mon trouble est extrême lorsque j’aperçois cette petite île. 2. La nuit tombe quand le navire jette l’ancre. 3. Nous nous trouvons devant une auberge que décorent des coquillages. 4. L’enseigne représente deux chopes en bois qui se balancent au vent. 5. Je tremble que des pirates n’y séjournent. * 3. a. Lisez attentivement les phrases suivantes, repérez les mots subordonnants et les propositions subordonnées (vérifiez oralement que vous pouvez les supprimer). b. Recopiez la proposition principale de chaque phrase. c. Quel est l’intérêt des propositions subordonnées dans le texte de Jules Verne ? * 1. Depuis que le yacht avait été vidé de son entier contenu, on s’était attaqué à sa coque, qui, d’ailleurs, craquait de toutes parts. 2. Le 3 mai, on s’occupa du chargement qu’il importait d’arrimer avec soin, afin que le radeau fût convenablement équilibré. 3. En premier lieu, on s’occupa de déménager les couchettes qui furent rangées systématiquement sur le sable du hall, où la place ne manquait pas. 4. a. Recopiez les phrases suivantes en entourant les mots subordonnants. b. Délimitez les propositions subordonnées avec des crochets. 1. Le chef des pirates est l’homme qui porte un bandeau. 2. Quand il part, l’explorateur vérifie son matériel. 3. L’homme s’arrête parce qu’il a peur du loup. 4. Robinson demande à Vendredi qu’il l’aide. 5. Robinson s’active pour que les vivres soient au sec. * Écrire 5. Récrivez les phrases suivantes en remplaçant les groupes de mots soulignés par une proposition subordonnée qui ait le même sens. 1. À leur arrivée sur l’île, les pirates s’empressent de cacher leur butin. 2. Robinson porte des vêtements ressemblant à des peaux de bête. 3. Le navire ballotté par la tempête risque le naufrage. 4. Les marins affaiblis par la traversée résistent mal aux pirates. 5. Les explorateurs ont été surpris par une tempête pendant leur ascension de l’Everest. J. VERNE, Deux ans de vacances © Hachette, Le Livre de poche Jeunesse, 2003. 264 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 264 01/07/10 14:09 L’ANALYSE DE LA PHRASE La proposition subordonnée conjonctive COD Observer pour comprendre 1. La proposition subordonnée entre crochets complète-t-elle un verbe ou un nom ? > L’explorateur annonce [qu’il part vers le Grand Nord]. 2. a. Quelle est la fonction du groupe nominal en gras ? b. Quelle est donc la fonction de la proposition entre crochets ? c. Par quel mot subordonnant cette proposition est-elle introduite ? > Marco Polo annonce son départ pour la Chine. Marco Polo annonce [qu’il part pour la Chine]. 3. Quel est le mode du verbe de la proposition subordonnée dans chacune des phrases suivantes ? > Marco Polo raconte [que l’empereur de Chine l’a nommé ambassadeur]. L’empereur de Chine veut [que Marco Polo soit son ambassadeur]. Retenir la leçon > Définition Ex. 4, 5 et 8 • Une proposition subordonnée conjonctive complète un verbe. • Quand elle est introduite par la conjonction de subordination que, une proposition subordonnée conjonctive est en général COD du verbe de la principale. > Marco Polo explique [qu’il a vu des merveilles]. COD du verbe « explique » • Une proposition subordonnée conjonctive COD ne peut être ni supprimée ni déplacée. > L’emploi des modes Ex. 6 et 7 • On emploie l’indicatif après les verbes de déclaration (dire, affirmer, expliquer…), de pensée (penser, croire, juger…) employés dans une phrase déclarative affirmative. > Il annonce qu’il a atteint la Chine. • On peut employer l’indicatif ou le subjonctif après des verbes de pensée employés dans une phrase négative ou interrogative. > Je ne pense pas qu’il a (ait) atteint la Chine. Crois-tu qu’il a (ait) atteint la Chine ? • On emploie le subjonctif après des verbes de volonté (vouloir, désirer, souhaiter…), de doute ou de peur (craindre…). > Marco Polo veut que les Occidentaux fassent connaissance avec la culture chinoise. Voir aussi p. 320 (l’emploi de l’indicatif et du subjonctif). S’exercer 4. Récrivez les phrases suivantes en employant la subordi- * nation selon le modèle. Le chevalier raconte quelque chose : il a affronté un monstre. > Le chevalier raconte qu’il a affronté un monstre. 1. Tristan sait quelque chose : le cheveu blond appartient à Iseut. 2. Il promet quelque chose à son oncle Marc : il lui ramènera la jeune fille. 3. Renart prétendait quelque chose : il avait besoin d’aide. 4. Lancelot assure quelque chose à sa Dame : il combattra pour elle. 5. Le roi Marc a proclamé quelque chose : il organisait une chasse dans la forêt. 5. Remplacez les GN soulignés par une proposition subordonnée conjonctive COD. 1. Les marins craignent une attaque des pirates. 2. Le professeur explique à Axel leur prochain départ. 3. Le jeune homme confie son désir de descendre dans la Terre. 4. Le chasseur craint l’arrivée des loups. 5. Il dit sa confiance dans le chef de l’expédition. 6. Récrivez les phrases suivantes en employant le mode * qui convient. Précisez ce mode entre parenthèses. 1. Le héros affirme qu’il n’(avoir) pas peur du fauve. 2. Les pirates ne cachent pas qu’ils (vouloir) piller le navire. 3. Marco Polo explique que l’amiante (être) un matériau. 4. Il veut que ses amis (venir) le rejoindre. 5. Voulez-vous que nous (lire) ce livre ensemble ? 7. Complétez ces propositions principales par une proposition conjonctive COD de votre choix. Vous emploierez le mode qui convient et préciserez celui-ci entre parenthèses. 1. Ce personnage raconte… 2. Le héros déclare… 3. Vous assurez… 4. Je crains… 5. Je doute… ** * Écrire 8. Rédigez un petit texte comportant des propositions subordonnées conjonctives COD que vous soulignerez. L’étude de la langue Grammaire 265 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 265 01/07/10 14:09 L’ANALYSE DE LA PHRASE Les propositions subordonnées : distinguer conjonctives et relatives Observer pour comprendre 1. Quelle est la classe grammaticale de chaque mot en gras complété par une proposition subordonnée entre crochets? > A. Robinson observe [que les vents ont tourné]. > B. Robinson observe les arbustes [que Vendredi a plantés]. 2. a. Quelle est la fonction du GN en gras ? b. Par quel pronom le groupe nominal « les arbustes » est-il remplacé dans la phrase B ? > A. Robinson observe les arbustes ; Vendredi a planté ces arbustes. > B. Robinson observe les arbustes [que Vendredi a plantés]. Retenir la leçon Il existe différentes natures de propositions subordonnées. > Propositions subordonnées conjonctives et relatives Les propositions subordonnées conjonctives complètent un verbe Ex. 3 à 5 commencent par une conjonction de subordination (qui n’a pas de fonction dans la proposition subordonnée) > Robinson s’active [pour que l’île soit habitable]. relatives un nom un pronom relatif (qui a une fonction dans la proposition subordonnée) (voir p. 286) > Robinson a adopté un perroquet [qui lui sert d’ami]. > Les propositions subordonnées commençant par que Une proposition subordonnée commençant par que est : – relative si elle complète un nom ou un GN ; que est alors un pronom relatif. > Vendredi découvre l’île [que Robinson habite]. – conjonctive si elle complète un verbe ; que est alors une conjonction de subordination. > Robinson découvre [que l’île est déserte]. S’exercer 3. a. Quel mot chaque proposition subordonnée complètet-elle ? b. Selon que ce mot est un verbe ou un GN, indiquez si la subordonnée est relative ou conjonctive. c. Dans quelles phrases que est-il un pronom relatif ? une conjonction de subordination ? ** 1. La demoiselle que le gardien avait amenée avec lui entend les menaces que prononce le chevalier. 2. Elle demande au chevalier qu’il épargne le vaincu. 3. Mais il répond à la pucelle qu’il n’en fera rien. 4. Le guerrier que Lancelot maintient fermement déclare au gardien qu’il lui accordera une faveur. 5. La demoiselle promet à Lancelot qu’elle lui accordera une récompense. D’après C. DE TROYES, Lancelot ou le Chevalier à la charrette, trad. J.-C. Aubilly © Flammarion, 2003. 4. a. Recopiez les phrases en soulignant le mot complété par la proposition subordonnée. b. Indiquez si que est un pronom ou une conjonction de subordination. c. Quelle est la nature de chacune des propositions subordonnées ? 1. En arrière se dressait une falaise que terminait un contrefort. 2. Une dernière trouvaille leur révélait que toute fuite était vaine. 3. Ils redoutent que leur dernière heure ne soit arrivée. 4. Ils s’interrogent sur l’obstacle que la nature a dressé devant eux. ** Écrire 5. Rédigez un petit texte dans lequel vous emploierez deux propositions subordonnées conjonctives et deux propositions subordonnées relatives que vous soulignerez de deux couleurs différentes. 266 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 266 01/07/10 14:09 A •POU R PLUS LOI ER N• LL •POU R Les propositions subordonnées conjonctives compléments circonstanciels ER ALLIN R POUUS LO PL R PLUS LOIN LE • AL L’ANALYSE DE LA PHRASE Observer pour comprendre 1. a. Quelle circonstance (temps, cause, but…) chaque proposition subordonnée entre crochets précise-t-elle ? b. Les phrases restent-elles correctes si on supprime ces propositions ? si on les déplace ? > [Quand on quitte ces deux îles], on trouve une île nommée Andaman. Leurs habitants font peur [parce qu’ils ont une tête de chien]. Retenir la leçon • De nombreuses propositions subordonnées conjonctives complètent un verbe ou une proposition en précisant une circonstance : ce sont les propositions subordonnées circonstancielles. Ex. 2 à 5 • Elles peuvent être supprimées ou déplacées. • Elles sont introduites par une conjonction de subordination à un mot (quand, si, comme…) ou à plusieurs mots (parce que, pour que…). Certaines conjonctions sont suivies de l’indicatif, d’autres du subjonctif (voir p. 320). Voici les principales : Conjonctions de subordination Circonstance temps cause Mode du verbe Exemples quand, lorsque, dès que, après que… indicatif > Quand la nuit tombe, les loups approchent. avant que, jusqu’à ce que… subjonctif > Avant que le feu ne s’éteigne, ils ajoutent du bois. parce que, puisque, comme indicatif > Ils se sont égarés parce que la neige a tout recouvert. Vous approfondirez l’étude de ces propositions en 4e et en 3e. S’exercer 2. a. Répondez à chacune des questions de la liste A en formant une phrase comportant une des propositions subordonnées circonstancielles de la liste B. b. Précisez la circonstance exprimée. Liste A : 1. Pourquoi le jeune Jim veut-il quitter l’auberge ? 2. À quel moment Marco Polo a-t-il dicté Le Livre des merveilles ? 3. Quand Renart est-il jugé ? Liste B : 1. lorsqu’Isengrin s’est plaint de lui auprès du roi Noble. 2. parce que le terrible pirate Silver s’y est installé. 3. quand il était en prison. ** 3. a. Repérez les conjonctions de subordination puis relevez les propositions subordonnées. b. Précisez la circonstance qu’elles indiquent. ** 1. Les chandelles étaient allumées quand nous atteignîmes le village. 2. Dès que je fus installé, nous partîmes tous au grand trot vers la maison du docteur Livesey. 3. J’allais gagner mon hamac, quand je m’avisai de manger une pomme. 4. Récrivez les phrases suivantes en conjuguant le verbe au mode qui convient. 1. Quand les brigands (vouloir) fouiller le coffre, Jim se terre, terrorisé. 2. Après qu’ils (trouver) l’argent, les flibustiers cherchent la carte au trésor. 3. Parce que nous (entendre) le signal d’alerte, nous détalons. 4. Avant que leur groupe ne (partir) à la recherche du trésor, le docteur organise tous les préparatifs. ** Écrire 5. Rédigez une courte scène en employant au moins trois propositions subordonnées circonstancielles, que vous soulignerez. R. STEVENSON, L’Île au trésor, trad. A. Bay © Le Livre de poche, 1961. L’étude de la langue Grammaire 267 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 267 01/07/10 14:09 L’ANALYSE DE LA PHRASE Le discours direct Les mots de la leçon discours : le fait de parler. direct : sans intermédiaire. Observer pour comprendre 1. Quel signe de ponctuation : a. ouvre et ferme le dialogue ci-dessous ? b. indique un changement d’interlocuteur ? 2. a. Quels verbes introduisent ce dialogue ? b. Pourraient-ils être intervertis ? Pourquoi ? c. À quel temps ces verbes sont-ils conjugués ? d. Ce même temps se retrouve-t-il dans le récit ou dans le dialogue ? Justifiez. Malade et tout couvert de boutons, Renart arriva un jour chez son oncle. « Beau neveu, qu’as-tu ? lui demanda Ysengrin, tu me sembles bien mal en point. – Je suis malade, répondit Renart. – Vraiment ! Soigne-toi ! As-tu déjeuné aujourd’hui ? » D’après Le Roman de Renart. Retenir la leçon > Définition • On nomme « discours direct » la façon de rapporter dans un récit des paroles (ou des pensées) telles qu’elles ont été prononcées ou auraient pu l’être. > Le marchand s’écria : « Payez-moi ce que vous me devez. – C’est impossible ! Je ne vous ai jamais rencontré, objecta le vilain. Les deux hommes s’affrontèrent du regard. – Je ne suis pourtant pas fou, reprit le marchand, quel jeu jouez-vous ? Vous me paierez, de gré ou de force. » > Les verbes et les types de phrases dans le discours direct Ex. 3 • Les verbes du discours direct sont conjugués majoritairement : – aux 1re et 2e personnes ; – au présent (vous devez), au passé composé (j’ai rencontré) au futur de l’indicatif (vous me paierez) ou à l’impératif (payez-moi). • On trouve des phrases (voir p. 259) : – déclaratives pour donner des informations : > Je ne vous ai jamais rencontré. – interrogatives pour poser des questions : > Quel jeu jouez-vous ? – injonctives pour donner des ordres : > Payez-moi. – exclamatives pour exprimer des sentiments : > C’est impossible ! > Une ponctuation particulière Ex. 4, 5 et 8 • L’insertion d’un dialogue dans un récit se repère à des signes de ponctuation (variables selon les éditions) : – les deux-points introduisent le dialogue ; – les guillemets ouvrent et ferment le dialogue ; – les tirets indiquent les changements d’interlocuteurs ; – les virgules séparent le dialogue du verbe de parole qui le suit ; elles encadrent le verbe de parole inséré dans le dialogue. • Attention ! Un bref passage de récit peut s’intercaler entre deux répliques d’un dialogue sans fermeture ni réouverture des guillemets. C’est le cas dans la phrase suivante : > Les deux hommes s’affrontèrent du regard. 268 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 268 01/07/10 14:09 > Les verbes introducteurs de parole Ex. 3, 4 et 6 à 8 • Les verbes de parole qui introduisent le dialogue font partie du récit. Ils sont conjugués au temps du récit (passé simple ou présent de narration). Ils ne sont pas toujours obligatoires. Un verbe introducteur de parole peut se placer : – avant le dialogue ; > Le roi Noble annonça : « Nous allons juger Renart. » – à l’intérieur du dialogue, avec un sujet inversé, dans une proposition incise, c’est-à-dire placée entre virgules ; > « Faites venir les témoins, demanda le roi, je désire les interroger. » – après le dialogue, avec un sujet inversé. > « Faites venir le témoin », demanda le roi. • Les verbes de parole servent à : – repérer les différents interlocuteurs, surtout si ces derniers sont nombreux ; – préciser la situation de communication : déclaration (déclarer, annoncer, lancer, expliquer, préciser, prévenir, avertir, avouer…), demande (demander, prier, interroger, questionner, enquêter, supplier, s’enquérir…), réponse (répondre, répliquer, rapporter, ajouter, nier, refuser, interrompre…) ; – traduire l’intonation et / ou les sentiments de celui qui s’exprime (crier, s’écrier, s’exclamer, hurler, gronder, gémir, se lamenter, murmurer, plaisanter, injurier, encourager, bégayer…). S’exercer 3. a. Quels types de phrases repérez-vous dans ce dialogue ? b. À quel temps le récit est-il fait ? c. Relevez un verbe introducteur de dialogue. * Deux messagers du roi s’arrêtèrent dans une auberge, saluèrent la dame et lui demandèrent : « Pouvez-vous nous servir à manger ? – Volontiers, messieurs, voici du pain, du fromage et du vin. D’où êtes-vous donc ? Vous cherchez quelque chose ? – Le roi nous envoie chercher un médecin en Angleterre. – Pourquoi en Angleterre ? – Il faut un très grand médecin. La fille du roi est malade. D’après « Le Paysan devenu médecin », Fabliaux du Moyen Âge © Bibliocollège, Hachette, 1978. 4. Récrivez le texte de l’exercice 3 en employant pour chaque réplique un de ces verbes de parole : continuer, demander, expliquer, interroger, répondre, s’esclaffer. Vous conjuguerez ces verbes au temps qui convient et vous emploierez la ponctuation adéquate. * 5. Recopiez le texte en rétablissant le dialogue, la ponctuation et la mise en page. 6. Complétez le texte en choisissant parmi ces verbes : couper, répondre, s’écrier. ** Le coq1 grimpa à bord, agile comme un singe, et dès qu’il vit ce qui se faisait, … : « Holà, camarade ! Qu’est-ce que cela signifie ? – Nous changeons la poudre de place, Jack, … l’un d’eux. – Pourquoi, par tous les diables, … Long John, si on fait ça, on va manquer la marée ! – Ce sont mes ordres ! … le capitaine. Vous pouvez aller à vos fourneaux, mon garçon. Les hommes auront faim tout à l’heure. – Oui, oui, capitaine, … le coq, et, saluant en portant la main à ses boucles, il disparut aussitôt dans la direction de sa cuisine. R. STEVENSON, L’Île au trésor, trad. A. Bay © Le Livre de poche, 1961. 1. cuisinier du bateau. 7. Classez ces verbes selon qu’ils expriment qu’on parle fort, qu’on parle doucement, qu’on est sûr de soi ou qu’on hésite : murmurer, affirmer, hurler, souffler, s’exclamer, bégayer, glisser, lancer, répliquer, s’écrier, chuchoter, balbutier, ordonner. * ** Dès que le vilain vit le roi, il cria. Sire, votre fille est guérie : voici l’arête qui bloquait sa gorge. Le roi en fut tout heureux et s’écria. Je veux que vous sachiez que je vous aime plus que quiconque. Vous aurez vêtements et robes. Merci, Sire, mais je n’en veux pas : je ne veux pas rester avec vous. Il me faut rentrer chez moi. Le roi lui répliqua. Il n’en est pas question. Tu seras mon médecin et mon ami. Merci, Sire, mais chez moi il n’y a plus de pain. D’après « Le Paysan devenu médecin », Fabliaux du Moyen Âge © Bibliocollège, Hachette, 1978. Écrire 8. Rétablissez le dialogue et sa ponctuation. Insérez également des verbes de parole de l’exercice 7 dont vous varierez la place. La bonne femme de la ferme vit Renart emportant Chanteclerc. Haro ! Haro ! Au Renart ! Au voleur ! Et les vilains accoururent de tous côtés. Qu’y a-t-il ? Pourquoi ces cris ? Haro ! Le goupil emporte mon coq. Eh ! Pourquoi, méchante femme, l’avez-vous laissé faire ? Parce qu’il n’a pas voulu m’attendre. Il fallait le frapper. Avec quoi ? Avec votre bâton. L’étude de la langue Grammaire 269 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 269 01/07/10 14:09 L’ANALYSE DE LA PHRASE La proposition subordonnée interrogative indirecte Observer pour comprendre 1. a. Laquelle des deux propositions en gras a pu être prononcée telle quelle par la Reine ? b. La proposition entre crochets est-elle une proposition principale ou une proposition subordonnée ? > La Reine demanda à Lancelot : « Acceptez-vous de combattre pour moi ? » > La Reine demanda à Lancelot [s’il acceptait de combattre pour elle]. 2. Listez toutes les modifications qui sont intervenues dans la seconde phrase. Retenir la leçon > Définition • La proposition subordonnée interrogative indirecte sert à rapporter de façon indirecte une phrase interrogative du discours direct. Elle dépend d’une proposition principale dont le verbe est demander, se demander, ne pas savoir, ignorer… > Il lui demande : « Pourquoi pars-tu ? » discours direct : phrase interrogative > [Il lui demande] [pourquoi elle part]. discours indirect : proposition subordonnée interrogative indirecte > La construction de la phrase • Cette transformation entraîne un certain nombre de changements par rapport à la phrase interrogative du discours direct (voir p. 268 ). Voici les plus importants : pas de deux points, ni de guillemets ni de point d’interrogation > Il lui demande [pourquoi elle part]. La place des mots pas d’inversion ou de reprise du sujet > Il lui demande [pourquoi elle part]. La ponctuation Les pronoms personnels la 3e personne (au lieu de la 1re ou de la 2e) L’emploi des temps dans une phrase au passé > Il lui demanda pourquoi elle imparfait ou plus-que-parfait (au partait et comment elle avait lieu du présent et du passé composé) préparé son voyage. Les indicateurs de temps et de lieu la veille (au lieu de : hier) le lendemain (au lieu de : demain) ce jour-là (au lieu de : aujourd’hui) Ex. 3 à 9, 11 et 12 > Il lui demande [pourquoi elle part]. > Il lui demanda si elle avait pensé à leur discussion de la veille. > Les mots interrogatifs • L’interrogation totale : la conjonction de coordination si remplace l’inversion du sujet ou la tournure Est-ce que… > (Pars-tu ? Est-ce que tu pars ?) → Je lui demande [si elle part]. Ex. 3 à 9, 11 et 12 • L’interrogation partielle : pour l’interrogation partielle (sur un mot ou un groupe de mots), les mots de l’interrogation restent en général les mêmes que dans une phrase interrogative du discours direct (voir p. 261 : les mots de l’interrogation). Cependant, le pronom interrogatif que devient ce qui quand il est sujet et ce que quand il est COD. > Il se demanda : « Que se passe-t-il ? Que complotent ces hommes ? » ➝ Il se demanda ce qui se passait et ce que complotaient ces hommes. 270 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 270 01/07/10 14:09 Pour aller plus loin Ex. 10 • Attention : – la conjonction de subordination si peut introduire une proposition interrogative indirecte ou une subordonnée conjonctive complément circonstanciel de condition ; > Il lui demanda si elle se portait bien. Si elle se portait bien, elle partirait en voyage. subordonnée interrogative indirecte subordonnée de condition – les pronoms qui ou quoi peuvent être des pronoms interrogatifs introduisant une proposition interrogative indirecte ou des pronoms relatifs introduisant des subordonnées relatives. > Il se demanda qui lui avait parlé. Il dévisagea l’homme qui lui avait parlé. subordonnée interrogative indirecte subordonnée relative S’exercer 3. Relevez les propositions subordonnées interrogatives indirectes en entourant les mots subordonnants. * 1. Un clerc assez riche aperçoit trois aveugles qui lui paraissent louches ; il se demande s’ils sont vraiment aveugles. 2. Il veut voir ce qui va se passer, comment ces vagabonds vont se partager une seule pièce d’argent. 3. Les aveugles demandent à l’aubergiste s’il a une chambre à leur louer. D’après « Les Trois Aveugles de Compiègne », Fabliaux du Moyen Âge © Bibliocollège, Hachette, 1978. 4. Récrivez les phrases de l’exercice 3 en conjuguant les verbes principaux au passé simple : faites les changements nécessaires. ** 5. a. Relevez la proposition subordonnée interrogative indirecte. b. Cet extrait provient-il d’un récit ou d’un dialogue ? * La demoiselle, qui était pâle et avait perdu ses couleurs, se trouvait dans la salle. Le vilain se demanda comment il pourrait la guérir car il savait bien qu’il lui fallait ou la guérir ou mourir. D’après « Le Paysan devenu médecin », Fabliaux du Moyen Âge © Bibliocollège, Hachette, 1978. 9. Récrivez les phrases suivantes en transposant les phrases interrogatives directes en propositions subordonnées interrogatives indirectes. * 1. La dame se demande en sanglotant : « Que dois-je faire ? Comment puis-je me tirer de ce pas ? Mon mari a-t-il été déjà battu ? » 2. Elle demande aux messagers du roi : « D’où êtes-vous et où allez-vous ? Que cherchez-vous ? » 3. Ils lui demandent : « Est-ce une plaisanterie ? Faut-il vraiment frapper votre mari ? Où pouvons-nous le trouver ? » D’après « Le Paysan devenu médecin », Fabliaux du Moyen Âge © Bibliocollège, Hachette, 1978. Pour aller plus loin 10. Relevez celles des propositions subordonnées qui ** sont des subordonnées interrogatives indirectes. 1. Si sa Dame le lui demandait, Lancelot était prêt à engager un tournoi. 2. La reine se demandait qui était le chevalier à l’écu or et rouge, elle voulait savoir si ce n’était pas Lancelot. 3. Perceval qui ignorait tout de la chevalerie demanda aux chevaliers à quoi leur servait leur lance. 4. Il voulait aussi savoir qui leur avait donné ces beaux vêtements. 6. Récrivez les phrases suivantes en transposant les phrases interrogatives directes en propositions subordonnées interrogatives indirectes. 1. Il se demande avec inquiétude : « Est-ce que je vais réussir mon examen ? » 2. « Marco Polo a-t-il écrit lui-même Le Livre des merveilles ? », on l’ignore. 3. Elles veulent savoir quelque chose : « Louis XIV a-t-il organisé des fêtes à Versailles ? » 4. Elle ne sait pas cela : « Le roi Marc est-il le père ou l’oncle de Tristan ? » ** 7. Lors d’une négociation entre le drapier et Pathelin, le marchand pose les questions suivantes. Vous rapporterez ces questions de façon indirecte en les faisant précéder par « Le drapier veut savoir… » – Que voulez-vous ? – Combien de draps voulez-vous ? – Voulez-vous que je mesure une seconde fois le drap ? * 8. a. Récrivez les phrases de l’exercice 6 en conjuguant le verbe principal au passé simple : faites les changements nécessaires. b. Faites le même travail avec les phrases de l’exercice 7. Écrire 11. Au retour d’un séjour chez un(e) ami(e), un parent interroge son fils (sa fille). Voici ses questions. Écrivez la scène à la 3e personne en transformant ces phrases interrogatives en subordonnées interrogatives indirectes. – Qu’as-tu fait ? – As-tu visité un musée ? – Quels sports avez-vous pratiqués ? – Qui as-tu rencontré ? – Où es-tu allée(e) ? – Quand aimerais-tu retourner chez ton ami(e) ? 12. Un(e) enfant attend son père ou sa mère qui tarde à venir. Rédigez un paragraphe où vous insérerez les questions qu’il (elle) peut se poser en commençant par : « Il se demandait… » ** L’étude de la langue Grammaire 271 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 271 01/07/10 14:09 L’ANALYSE DE LA PHRASE La phrase à la voix passive Les mots de la leçon passif : qui n’agit pas. agent : qui agit. Observer pour comprendre 1. a. Qui fait l’action d’empoisonner : le monstre ou Tristan ? b. Quelle est la fonction du nom « Tristan » dans la première phrase ? dans la seconde ? c. De quelle préposition le groupe nominal « le monstre » est-il précédé dans la seconde phrase ? d. De quels éléments le verbe « empoisonner » est-il constitué dans la seconde phrase ? > Le monstre empoisonne Tristan. > Tristan est empoisonné par le monstre. 2. a. Quel est le temps des verbes des phrases actives A1, A2 et A3 ? b. Comparez le temps de chaque auxiliaire dans les phrases B au temps du verbe des phrases A : que constatez-vous ? > A1. Le monstre empoisonne Tristan. B1. Tristan est empoisonné par le monstre. > A2. Le monstre a empoisonné Tristan. B2. Tristan a été empoisonné par le monstre. > A3. Le monstre empoisonnera Tristan. B3. Tristan sera empoisonné par le monstre. Retenir la leçon > Définition Ex. 3 à 12 • Le verbe de la phrase passive est conjugué à la voix passive ; il est constitué de l’auxiliaire être et du participe passé. Le temps et le mode du verbe sont ceux de son auxiliaire (voir p. 312). > Le chevalier fut trahi par le félon. (fut : auxiliaire au passé simple → fut trahi : verbe au passé simple) • Seule une phrase active comportant un COD peut se transformer en phrase passive ; le COD devient le sujet du verbe à la voix passive. > Le félon trahit le chevalier. ➝ Le chevalier fut blessé par un félon. verbe à la voix active COD sujet verbe à la voix passive • La phrase à la voix passive complète se compose ainsi : sujet + verbe à la voix passive + préposition (par, de) + complément d’agent. > Le chevalier est blessé par un félon. • Attention ! Ne pas confondre une phrase à la voix passive avec une phrase à la voix active dont le verbe forme ses temps composés avec l’auxiliaire être. Seule la phrase passive peut être transformée en phrase à la voix active. > Il est renversé par le dragon. (verbe renverser au présent de la voix passive) ≠ Il est passé par Paris. (verbe passer au passé composé de la voix active) > Le complément d’agent • Dans la phrase passive, le complément d’agent correspond au sujet du verbe à la voix active. > Le félon trahit le chevalier. (phrase active) sujet COD > Le chevalier est trahi par le félon. (phrase passive) sujet complément d’agent • Le complément d’agent est constitué le plus souvent d’un groupe nominal ou d’un nom, plus rarement d’un pronom ; il est précédé de la préposition par ou parfois de. > Le poème est récité par certains élèves / par Paul / par tous. > Ce poème est connu de tous. • Il peut ne pas être exprimé. > Le chevalier a été blessé. > Les emplois de la phrase passive Ex. 7 à 11 • La phrase passive s’emploie fréquemment dans des textes descriptifs et explicatifs. > Le château fort est entouré de douves. • La phrase passive permet l’effacement de celui qui fait l’action (l’agent) : – parce qu’on ne le connaît pas : > Le château a été démoli. (on ne sait pas qui l’a démoli) ; – parce qu’on ne veut pas le nommer : > La paix a été rompue. (on ne veut pas dire qui est responsable de cette rupture) ; – parce qu’il représente des règlements ou des lois : > Tout élève en retard sera puni. 272 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 272 01/07/10 14:09 S’exercer 3. a. Recopiez les phrases passives suivantes en soulignant les compléments d’agent. b. Indiquez le temps des verbes. c. Transformez-les en phrases actives. 1. Cette dépêche est publiée par tous les journaux. 2. Le dompteur a été mordu par le lion. 3. Les nains de jardin de Miniaville avaient été dérobés par des gamins insupportables. 4. La nouvelle fut répandue par tous les journaux. 5. Le théâtre sera inauguré par le maire. * 9. a. Recopiez le sujet, le verbe et le complément d’agent quand il est exprimé. b. Quand le complément d’agent n’est pas exprimé, expliquez pourquoi. c. Quel est le genre de texte dont ces phrases sont extraites ? ** 1. Le jeune Arthur est choisi et protégé par Merlin l’Enchanteur. 2. Grâce aux pouvoirs magiques de Merlin, le jeune roi Arthur est reconnu et accepté par les seigneurs de la Grande et de la Petite Bretagne. 3. Lancelot du Lac, fils de roi, est enlevé dès l’enfance par la fée Viviane. 4. Il a été élevé dans un palais de cristal. 5. Galaad, fils de Lancelot du Lac et de la fille du Roi-Pêcheur, est appelé le « Bon Chevalier » ; preux et pieux, il sera accueilli au paradis. 4. Transformez ces phrases actives en phrases passives en respectant le temps des verbes ; vous soulignerez le complément d’agent. Attention à l’accord des participes passés. 1. Un cyclone menace les Antilles. 2. Un ouragan a ravagé l’île de Saint-Martin. 3. Les pompiers ont délivré la dame coincée dans l’ascenseur. 4. Le feu détruira bientôt toute la région. 5. Le jeune Jim retrouva le trésor des pirates. 10. Transformez ces phrases nominales en phrases verbales 5. Relevez celles des phrases qui sont à la voix passive. ** a. au présent ; b. au passé composé ; c. au passé simple. ** 1. Il est revenu bredouille. 2. Il a été retenu par son travail. 3. Il est tombé dans la boue. 4. La fête a été organisée par la municipalité. 5. Il est parti par la route de la vallée. 6. L’animal malade est porté par le vétérinaire. 6. Relevez celles des phrases passives qui comportent un complément d’agent exprimé. 1. Lancelot a été invité par la reine à se laisser battre. 2. Le Pontde-l’Épée ne peut être franchi par personne. 3. Le roi Arthur a été trahi par Ganelon. 4. Il a été vaincu à cause des félons. 5. Les défenses du château ont été renforcées. * 7. a. Recopiez les phrases à la voix passive. b. Soulignez les compléments d’agent. c. Quel est le genre de texte dont ce passage est extrait ? * Ruines du Château-Gaillard (Les Andelys) C’est un témoin de la lutte entre les Capétiens et les Plantagenêt. Il fut construit en à peine plus d’une année, par Richard Cœur de Lion, pour barrer la vallée de la Seine. Il fut cependant pris et détruit après huit mois de siège par Philippe Auguste, en 1204, au début de la conquête de la Normandie. D’après F. DELAIN, Les Chevaliers du Moyen Âge © Flammarion, 2001. à la voix passive. Vous conjuguerez les verbes à l’indicatif : ** 1. Blessure d’un gardien par une panthère en fuite. 2. Poursuite d’un chimpanzé dans les rues de Zooville. 3. Frayeur des habitants. 4. Destruction des tréteaux sur la place du marché. 5. Capture du fauve au petit matin dans le square de la mairie. 11. Transformez ces phrases en phrases à la voix passive. Pensez à accorder les participes passés. 1. Les Bleus ont battu l’équipe allemande. 2. Un séisme effroyable a ravagé l’île d’Haïti. 3. Au carrefour de la République, une voiture a renversé une fillette. 4. Hussein Bolt a remporté le 100 mètres aux Jeux Olympiques. 5. Des requins ont attaqué des baigneurs au Brésil. * Écrire 12. Décrivez en quelques phrases à la voix passive l’aquarium représenté sur l’image. D’après Moyen Âge, tome I, documentation scolaire © Arnaud, 1982. 8. a. Recopiez les phrases passives. b. Soulignez le sujet des verbes à la voix passive. Quel est le sujet commun à la plupart de ces verbes ? c. Le complément d’agent est-il exprimé ? Pourquoi ? d. De quel genre de texte s’agit-il ? ** Dans leur grande majorité, les chevaux étaient élevés en France. Cependant, l’idée était déjà répandue à l’époque de faire venir de loin des chevaux appartenant à une race. Bon nombre de ces montures étaient destinées à la guerre : c’est pourquoi les autorités des pays d’origine surveillaient de près leur exportation. La vente à Narbonne de chevaux en provenance du royaume d’Aragon était soumise à une licence d’exportation de la part du roi d’Aragon. Comme on l’a dit, les chevaux étaient souvent utilisés à des fins militaires. Ils étaient parfois employés comme nourriture. D’après P. CONTAMINE, L’Aventure des chevaliers © Les Collections de l’Histoire, 2002. SANTIAGO CALATRAVA, aquarium de Valence (Espagne). L’étude de la langue Grammaire 273 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 273 01/07/10 14:09 É SIONS• •R VI NS LES CLASSES DE MOTS RÉ •R ÉV IS Réviser le verbe, le nom, l’adjectif qualificatif IO VIS IONS• Consolider les acquis > Comment repérer un verbe ? • Dans une phrase, on peut repérer un verbe grâce à différents éléments. Un verbe peut : – être précédé d’un pronom : je, tu, il, on… ; – être accompagné d’une négation : ne pas, ne…, que… ; – être accompagné d’un adverbe : souvent, lentement… ; – être précédé d’expressions comme : il faut, on peut, on doit… ; – varier en personne, en temps, en mode (voir p. 301) ; – posséder des formes simples ou des formes composées (voir p. 303 à 306). Ex. 1, 2, 5, 6 et 15 Pour s’assurer qu’un mot est un verbe, il faut vérifier que plusieurs de ces éléments fonctionnent. > Comment repérer un nom ? Ex. 3 à 8 et 15 • Dans une phrase, on peut repérer un nom grâce à différents éléments : – la présence d’un déterminant (article, déterminant possessif ou démonstratif…) avant le nom ; > un livre, le livre, mon livre, ce livre ≠ il livre – la marque du pluriel en -s (parfois en -x) ; > un livre, des livres ≠ ils livrent – la possibilité de faire précéder ou suivre le nom d’un adjectif qualificatif ; > un grand livre, un livre remarquable – la présence d’une préposition avant le nom ; > une pile de livres – la présence d’un complément du nom. > un livre de poche Pour s’assurer qu’un mot est un nom, il faut associer plusieurs de ces éléments. • On distingue : – des noms communs qui désignent un être ou une chose, appartenant à une catégorie générale ; – des noms propres, commençant par une majuscule, qui désignent un être ou un objet considéré comme unique. • Un groupe nominal est un groupe de mots dont le noyau est un nom. Ce nom peut être : – précédé d’un déterminant ; > un dictionnaire, les dictionnaires – précédé ou suivi d’un adjectif qualificatif ; > un gros dictionnaire, un livre ancien – suivi d’un complément du nom. > un dictionnaire de langue Ex. 9 à 15 > Comment repérer un adjectif qualificatif ? • L’adjectif qualificatif caractérise un nom ou un groupe nominal. > un preux chevalier. Il prend la marque du pluriel, et le plus souvent, celle du féminin. > grand, grands, grande. De nombreux adjectifs sont formés en ajoutant un suffixe. > capable, sensible, local, paternel, joyeux, audacieux, guerrier, physique… De nombreux adjectifs commencent par le préfixe in- et ses variantes : im-, il-, ir-. Ce préfixe exprime une idée de négation. > mortel / immortel ; logique / illogique ; réel / irréel 274 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 274 01/07/10 14:09 S’exercer 1. Lisez le texte suivant et identifiez les dix verbes qu’il comporte. Précisez les moyens qui vous ont aidé(e) à repérer chaque verbe. * Ce lieu d’hivernage était excellent. Restait à y conduire le navire. Or, Jean Cornbutte remarqua que la plaine de glace avoisinante était d’une grande épaisseur ; il paraissait fort difficile, dès lors, de creuser un canal pour conduire le brick1 à sa destination. Il fallait donc chercher quelque autre crique. J. VERNE, Un hivernage dans les glaces © Bibliocollège, Hachette, 2004. 1. voilier à deux mâts. 2. Lisez le texte suivant et recopiez les mots qui sont des verbes. Pour chaque verbe identifié, précisez le moyen qui vous a aidé(e) à le repérer. * Pendant la première quinzaine de juin, le temps calme et beau me permit d’aller presque chaque jour travailler sur l’épave. Je parvins à vider en grande partie le sable qui l’emplissait, ce qui me permit ensuite de retirer quantité de planches, de morceaux de poutres et de ferrailles diverses. Armé d’un fort levier de fer, je réussis à démanteler le pont et à pénétrer dans la cale. D’après D. DEFOE, Robinson Crusoé, trad. J. Brécard © Le Livre de poche Jeunesse, 1993. 3. a. En vous aidant des éléments de repérage de la leçon, relevez dans la liste suivante les noms. Justifiez oralement votre réponse. b. Rédigez avec chacun de ces noms une phrase où vous le soulignerez. les savons / nous savons • tu souris / la souris • une lance / elle lance • elle force / la force • une file / il file • des épingles / tu épingles • elle cause / une cause • il compte / un compte • je pose / la pose * 4. Relevez dans le texte : a. les noms communs ; b. les noms propres. Dites ce qui vous a permis de les distinguer. * Dans toute la région qui s’étend du détroit de Puget à la baie de San Diego on traquait les grands chiens à longs poils, aussi habiles à se tirer d’affaire dans l’eau que sur la terre ferme. J. LONDON, L’Appel de la forêt, trad. Mme de Galard © Éditions Gallimard, 1983. 5. a. Recopiez les phrases où le mot en gras est un nom. 7. Employez les adjectifs qualificatifs suivants dans des ** phrases où ils seront devenus des noms. vert > Le vert est une couleur qui lui va bien. pauvre • sérieux • timide • droite • vieux • faible • droit • moyenne • horaire • frais • rose 8. Dans chaque groupe nominal, repérez le nom noyau. * 1. Une musique classique. 2. Un artiste international. 3. La découverte de l’Amérique. 4. Le fabuleux voyage de Marco Polo. 5. Mes chers amis. 6. Trois compagnons du héros. 7. Les chevaliers de la Table ronde. 8. Une spectaculaire traversée. 9. La quête du Graal. 9. Relevez les adjectifs qualificatifs de l’exercice 8. * 10. Reliez chaque verbe à l’adjectif qui lui correspond. * Verbes : comprendre • mettre • défendre • pouvoir • rire • croire • prévoir • envisager. Adjectifs : prévisible • envisageable • possible • risible • croyable • compréhensible • crédible • mettable • défendable. 11. Employez les noms suivants dans des phrases où ils ** seront devenus des adjectifs qualificatifs. une orange > Ce fruit à la chair orange est un melon. (un) timide • (des) faibles • (un) brave • (une) originale • (un) bleu • (des) bons • (la) moyenne • (un) fort • (des) carrés • (une) rose 12. Formez un adjectif qualificatif à partir de chaque mot, en utilisant un des suffixes suivants : -eux, -âtre, -ieux, -ique, -in, -ier. Il peut y avoir des modifications de radical. mine • rythme • enfant • gris • malice • ferme • noir • valeur • peur • audace * 13. a. Proposez cinq adjectifs formés avec le suffixe -al. b. Employez chacun d’eux dans une courte phrase. ** 14. Employez un préfixe pour former l’antonyme de cha- * que adjectif. correct • praticable • réalisable • lisible • mobile • prévisible • remplaçable • légitime Écrire 15. À partir de l’image, rédigez un bref récit dans lequel vous emploierez au moins trois verbes, trois noms et trois adjectifs que vous soulignerez de trois couleurs différentes. b. Quelle est la classe grammaticale des autres mots en gras ? 1. Les aventuriers empruntent un parcours difficile. 2. Pour arriver au village, tu parcours deux kilomètres. 3. Son manteau serré gêne ses mouvements. 4. Cet élève ne ressent aucune gêne d’arriver en retard. 5. Le matelas de ce lit est très confortable. 6. Cet enfant lit-il des romans d’aventure ? 7. La semaine dernière, je permis à mon petit frère de m’accompagner au cinéma. 8. Ce jeune passe son permis de conduire. * 6. Employez les mots suivants dans des phrases où ils seront : a. des noms ; b. des verbes. ** signe • remarque • souffle • offre • manque • visite • cause • paye • traîne • compte • conte ANGUS MC BRIDE, Les Pères pèlerins préparant leur traversée de l’Atlantique. L’étude de la langue Grammaire 275 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 275 01/07/10 14:09 LES CLASSES DE MOTS Les reprises nominales Observer pour comprendre Jadis vivait à Douai, un bourgeois qui avait une fille. Ce bourgeois jouissait d’une bonne renommée dans la ville. Il y avait aussi dans la ville un bossu d’une laideur parfaite. Il était l’homme le plus riche de la ville. Grâce aux biens qu’il avait amassés, ses amis lui avaient obtenu cette séduisante jeune fille pour épouse. Mais depuis son mariage, il ne passait pas un jour sans souci. D’après « Les Trois Bossus », Fabliaux du Moyen Âge © Bibliocollège, Hachette, 1978. 1. a. Quelle est la classe grammaticale du déterminant dans le groupe nominal en italique ? b. Par quel groupe nominal du texte ce GN en italique est-il repris ? c. Quel est le déterminant employé ? Pourquoi ? 2. a. Relevez un groupe nominal qui reprend le groupe nominal en gras. b. Relevez un groupe nominal qui reprend le groupe nominal souligné. c. Quelles informations ces reprises apportent-elles sur chaque personnage ? 3. Quel passage du texte le groupe nominal « son mariage » reprend-il ? Retenir la leçon > Définition • Les reprises nominales sont des procédés qui servent à évoquer des éléments (personnes, choses, faits, actions) dont on a déjà parlé ou dont on va parler dans un texte mais en les désignant différemment. Les reprises nominales permettent d’éviter les répétitions et d’enrichir le sens des textes en ajoutant des informations. > Il y avait aussi dans la ville un bossu d’une laideur parfaite. Il était l’homme le plus riche de la ville. > Les différentes reprises nominales • En principe, un élément est désigné la première fois par un nom propre ou par un nom commun précédé d’un article indéfini. • Les reprises nominales peuvent consister à : – répéter un nom précédé d’un autre déterminant : > un bourgeois ➝ le bourgeois, ce bourgeois ; – utiliser un synonyme : > son épouse ➝ sa femme ; – utiliser un groupe nominal qui apporte une information nouvelle : > une fille ➝ cette séduisante jeune fille. Ex. 4 à 6 et 8 à 14 • Les reprises nominales peuvent reprendre : – un groupe verbal : > Le bossu s’est marié. Son mariage ne le rend pas heureux. – une proposition ou une phrase : > Ses amis lui avaient obtenu cette séduisante jeune fille pour épouse. Mais depuis son mariage, il ne passait pas un jour sans souci. Ex. 7 S’exercer 4. Par quel groupe nominal chaque élément en gras est-il repris ? 1. Merlin avait déjà aidé de nombreux chevaliers et Lancelot allait rencontrer à son tour le célèbre enchanteur. 2. Les hommes qui participaient au tournoi se moquèrent de Lancelot mais ces chevaliers ne connaissaient pas le message de la reine. 3. Viviane aimait Merlin et l’enchanteur donna un cours de magie à cette fée qu’il aimait en retour. 4. Méléagant lança un impossible défi à Lancelot mais celui-ci, grâce à l’aide de la reine, triompha de la perfidie du félon. * 5. Relevez les reprises nominales pour chaque nom en gras du texte. * La portière s’ouvrit et un homme descendit. Pour Pedro, ce ne fut d’abord qu’une ombre qui, en s’approchant, se plaça entre le soleil et lui et arrêta le feu dévorant. Puis, les sens revenant peu à peu, le garçon vit deux jambes bien prises dans des bas bien tirés et deux chaussures qui n’étaient pas celles d’un grand seigneur, mais plutôt les confortables souliers d’un marchand aisé courant à ses affaires. Le blessé voulut ouvrir les yeux. J.-C. NOGUÈS, Le Voyage inspiré © Le Livre de poche Jeunesse, 2007. 276 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 276 01/07/10 14:09 6. Repérez les pronoms et groupes nominaux qui désignent, d’une part le père, d’autre part le grand-père de la jeune fille. ** Appuyé de la main sur le comptoir de bois, le mercier considérait maintenant la jeune fille avec une expression indéfinissable, entre peine et stupeur. […] « C’est mon père qui a découvert qui était son propre père. Il a cherché longtemps… Mais c’était simple curiosité, il ne voulait pas vous causer d’ennui. » […] Comme l’homme la fixait toujours sans rien répondre, elle reprit : « Il m’a dit… – elle s’arrêta, respirant fortement pour empêcher toute émotion – Il faut que vous sachiez pourquoi il me l’a dit : mon père était garde au château de Fougères. Un soir, on l’a ramené dans la salle des gardes. Il saignait de partout. Cinq coups d’épée au moins. Alors, je crois qu’il s’est vu mourir, et qu’il a eu peur pour moi. Peur de me laisser seule. Il m’a dit : “Va à Rennes. Vois le sieur Boisguérin. Il est mercier. C’est lui ton grand-père.” » É. BRISOU-PELLEN, Les Cinq Écus de Bretagne © Le Livre de poche Jeunesse, 2007. 7. Quel passage chaque groupe nominal en gras reprend- * il ou annonce-t-il ? 1. On raconte que la pièce fut jouée dans les jardins. Cet événement fit grand bruit à la cour. 2. Une nouvelle surprit les courtisans : Louis XIV danserait dans les ballets. 3. Saviez-vous que Molière écrivait les textes et Lully créait la musique ? Cette collaboration plaisait au roi. 4. La pièce fut chaleureusement applaudie. Ce succès réjouit le dramaturge. 8. Replacez les reprises nominales suivantes dans le texte : le gouverneur, rabatteur, enfant de chœur, son maître, maçon, le second habitant de l’île, soldat, l’Indien, Vendredi, porteur. ** Robinson s’était longtemps demandé comment il appellerait son serviteur. Il décida finalement de lui donner le nom du jour où il l’avait recueilli. C’est ainsi que … s’appela … . Quelques mois plus tard, Vendredi avait appris assez d’anglais pour comprendre les ordres de … . Vendredi avait appris à être … quand son maître était général, … quand il priait, … quand il construisait, … quand il voyageait, … quand il chassait. Le dimanche était naturellement le plus beau jour de la semaine. Le matin, … se faisait apporter par … une sorte de canne. Liste A : heaume • haubert • éperons • armement • écu Liste B : empreintes • traces • indices • cendres • miettes Liste C : donjon • château • rempart • basse-cour • douves 11. Complétez chaque phrase par une autre phrase dans laquelle vous reprendrez différemment le groupe nominal en gras. Marco Polo était italien. > Ce fils de commerçant partit avec son père. 1. Marco Polo rencontra le Grand Khan. 2. Ce grand voyageur s’est rendu en Chine. 3. Les palais chinois ont surpris le marchand. 4. Durant son voyage, il rencontra des animaux surprenants. 5. C’est dans son récit de voyage que Marco Polo raconte ce qu’il a vu. * 12. Complétez par un groupe nominal qui reprendra ou annoncera le passage en gras. 1. Renart agit méchamment envers les animaux. Il est puni pour … . 2. Le goupil dérobe des poissons aux deux marchands : il raconte … à son épouse et à ses enfants. 3. Renart fait croire à Isengrin que la pêche sera fructueuse : il se vante de … face à sa famille. 4. Renart prétend savoir guérir le roi ; il se présente comme … face à la cour de Noble. * Écrire 13. a. Dans la liste, relevez deux noms ou groupes nominaux qui, dans un texte, peuvent servir de reprises nominales à chacun de ces mots : risque, pays, arme, lions. b. Écrivez un bref récit dans lequel vous utiliserez une fois tous les mots suivants. péril • contrée • fauves • poignard • terre • animaux sauvages • lance • danger 14. Imaginez un bref récit à partir de l’image. Utilisez des reprises nominales en soulignant de deux couleurs différentes celles qui désignent le personnage et celles qui désignent le moyen de transport. M. TOURNIER, Vendredi ou la Vie sauvage © Éditions Gallimard, 1971. 9. Complétez les groupes nominaux par le déterminant qui convient. 1. Près d’… château, Gauvain vit … chevalier qu’il n’avait jamais vu, avec … cheval de la couleur du sien : c’était … futur compagnon de route, il s’appelait Perceval, et … deux chevaliers cheminèrent ensemble. 2. Une biche blanche traversa prudemment le sentier mais quand elle vit … deux cavaliers, … animal accéléra. * 10. a. Dans chaque liste, repérez quel mot peut servir à annoncer ou à reprendre l’ensemble des autres. b. Pour chaque liste, inventez un bref paragraphe dans lequel un de ces cinq mots annoncera ou reprendra les quatre autres. * Enluminure du Livre des merveilles, BnF. L’étude de la langue Grammaire 277 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 277 01/07/10 14:09 É SIONS• •R VI NS LES CLASSES DE MOTS IO VIS •R RÉ ÉV IS Réviser les reprises pronominales IONS• Consolider les acquis > Définition Ex. 1 à 9 • Les reprises pronominales sont des procédés qui servent à désigner par des pronoms des éléments (personnes, choses, faits, actions) dont on a déjà parlé dans un texte. Les reprises pronominales évitent les répétitions. > Le notaire tira alors du dossier qui se trouvait devant lui une enveloppe cachetée et la tendit à sa cliente. (R. DAHL, « William et Mary », Coup de gigot © Éditions Gallimard Jeunesse, 1962.) > Les différentes reprises pronominales Les reprises pronominales peuvent s’effectuer en utilisant différentes sortes de pronoms : • des pronoms personnels : « Le notaire » est repris par « lui » ; « une enveloppe cachetée » est repris par « la » ; Singulier 1re pers. 2e pers. Sujet je tu COD me, m’ te, t’ COI/ COS me, m’, moi te, t’, toi Pluriel 3e pers. re masculin féminin il elle 1 pers. 2e pers. 3e pers. masculin féminin ils elles se, s’ le, l’ la, l’ nous les, se, s’ vous leur, se, s’, soi lui, se, soi eux elles • des pronoms possessifs ; > Cette enveloppe est la mienne. Possesseur Élément possédé masc. sing. Singulier Pluriel 1re pers. 2e pers. 3e pers. 1re pers. 2e pers. 3e pers. le mien le tien le sien le nôtre le vôtre le leur fém. sing. la mienne la tienne la sienne la nôtre la vôtre la leur masc. plur. les miens les miennes les tiens les tiennes les siens les siennes les nôtres les vôtres les leurs fém. plur. • des pronoms démonstratifs ; > Le notaire choisit une enveloppe du paquet et dit : « Regardez celle-ci. » Variables Singulier Masculin Formes simples Formes composées celui celui-ci celui-là Féminin celle celle-ci celle-là Invariables Pluriel Masculin ceux ceux-ci ceux-là Féminin celles celles-ci celles-là Neutre ce, c’ ceci, cela, ça Les pronoms démonstratifs composés désignent clairement les éléments repris. > La dame met au monde une fille. Celle-ci tombe malade, celle-là est en bonne santé. (« Celle-ci » renvoie au dernier nom cité : « une fille » ; « celle-là » renvoie au nom le plus éloigné : « La dame ».) 278 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 278 01/07/10 14:09 Les pronoms démonstratifs neutres reprennent ou annoncent un élément indéterminé, une phrase ou une proposition ; > Le chevalier Yvain sait qu’un géant terrifie la contrée. Cela ne lui fait pas peur. > Cela ne lui fait pas peur d’affronter le géant. • des pronoms relatifs (voir p. 286) ; > Il prit un dossier qui se trouvait là. (« dossier » est repris par « qui ») • des pronoms interrogatifs (voir p. 261). > Parmi les dossiers, lesquels sont ouverts ? S’exercer 1. Par quel pronom personnel chaque élément en gras est-il repris ? 1. Robinson rêvait de trouver Vendredi et celui-ci allait venir vers lui. 2. Les hommes débarquant sur l’île ne connaissaient pas Robinson mais celui-ci leur parla en ami. 3. La jeune fille trouva une carte de l’île et l’enterra. 4. Vendredi expliqua à Robinson des techniques nouvelles ; il lui apprit à réaliser un cerf-volant. 5. L’avez-vous vue, la carte de l’île au trésor ? * 2. Quel nom ou groupe nominal est repris par le pronom en gras ? 1. Tristan et Iseult se trouvaient sur le bateau et la servante leur fit boire le philtre. 2. Enfermé dans sa tour, Lancelot se demandait comment il en sortirait. 3. Gauvain accepte de se battre pour la fillette puisque celle-ci le lui a gentiment demandé. 4. Lancelot a vu des lions et des léopards de l’autre côté du pont, mais il n’a pas peur d’eux. 5. La reine envoie un message à Lancelot ; le chevalier ne doit pas lui désobéir. * 3. Parmi les pronoms en gras, repérez ceux qui désignent : a. le dragon roux ; b. le dragon blanc. * Dès que le dragon roux eut reniflé la croupe du dragon blanc, il se rua sur lui. […] Les spectateurs étaient persuadés que le roux tuerait le blanc, lorsque, des naseaux et de la gueule du blanc, jaillit un feu ardent qui vint brûler le roux. Lorsque ce dernier fut mort, le blanc se retira à l’écart pour se coucher sur le flanc. Il devait mourir trois jours plus tard. 6. À quel nom ou groupe nominal les pronoms démons- * tratifs soulignés renvoient-ils ? 1. Dominique et son voisin sont grands amis ; celui-ci fait du judo et celui-là du patinage. 2. Victoria et Chloé sont excellentes en gymnastique : celle-là en particulier accomplit très bien les exercices à la poutre. 3. Le commandant regroupa ses hommes et expliqua à ceux-ci la suite des opérations. 4. Héloïse apprécie Sarah et Élodie : celle-ci lui parle des films qu’elle a vus et celle-là des livres qu’elle a lus. 7. Complétez le texte à l’aide des pronoms suivants : c’, ils, s’, * ce, la, cela, elle. Certains seront employés plusieurs fois. Les deux hommes enlevèrent de force la chienne du traîneau. … refusa de bouger et …’assit dans la neige. Alors les autres chiens s’approchèrent d’… et … reniflèrent. …’était la première fois que … se produisait. Les deux hommes ne savaient pas … qu’… devaient en penser. 8. Complétez chaque phrase par une autre phrase dans laquelle vous reprendrez le groupe nominal en gras par un pronom. Marco Polo fut prisonnier avec Rusticello de Pise. > Il lui dicta son récit. 1. Gauvain rencontra Yvain dans la forêt. 2. Les légendes arthuriennes se passent en Grande et en Petite Bretagne. 3. Le roi Arthur réunit les chevaliers au château de Tintagel. 4. Lors du tournoi, Lancelot se bat pour la reine Guenièvre. 5. Chrétien de Troyes raconte les aventures des chevaliers dans ses romans. * D’après A.-M. CADOT-COLIN, Merlin © Le Livre de poche Jeunesse, 2009. 4. Relevez les groupes de mots repris par les pronoms en gras. 1. Tous les navigateurs de la Renaissance ont rêvé de découvrir un autre continent ; cela les motivait beaucoup. 2. Comme Marco Polo et les autres grands voyageurs, nous, touristes du XXIe siècle, aurions-nous le courage de nous lancer dans une exploration interplanétaire ? 3. Plusieurs terres ont été découvertes ; cela a créé une soif de connaissances. 4. Cela paraît incroyable que Marco Polo ait passé tant d’années en Orient. * 5. Remplacez les « … » par un pronom possessif. Parfois, plusieurs réponses sont possibles. 1. Mon souhait est qu’il parvienne à réaliser cette machine ; quel est … ? 2. Tes pistes ne sont pas assez performantes, suis … . 3. Dans notre pays, on ne rencontre pas de kangourous, et dans … ? 4. Il a reçu des nouvelles de ses amies, et toi, sais-tu quelque chose des … ? * Écrire 9. Imaginez un bref récit à partir de l’image. Utilisez des reprises pronominales en soulignant de deux couleurs différentes celles qui désignent le personnage et celles qui désignent l’animal. Illustration de Robinson Crusoé, fin du XIXe siècle. L’étude de la langue Grammaire 279 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 279 01/07/10 14:10 LES CLASSES DE MOTS L’adjectif qualificatif : les degrés Observer pour comprendre : les degrés d’intensité 1. a. Relevez le mot qui précède chaque adjectif en gras. b. Lequel de ces mots donne à l’adjectif en gras une intensité faible ? moyenne ? forte ? > Ce fruit est très acide. Ce fruit est assez acide. Ce fruit est peu acide. Retenir la leçon > Les variations de l’adjectif en degrés Ex. 2 • La grande majorité des adjectifs varient en degrés d’intensité grâce à des adverbes. Mais certains font exception. On ne peut pas dire, par exemple : > Un triangle est très équilatéral. > Le superlatif absolu Ex. 3 et 4 • Un adjectif est employé au superlatif absolu quand il est précédé d’un adverbe d’intensité et que cette intensité est exprimée pour elle-même, sans comparaison avec un ou plusieurs autre(s) élément(s). > Un livre vraiment attractif. • Il existe trois degrés d’intensité : – une intensité faible : > peu, faiblement, légèrement… – une intensité moyenne : > plutôt, assez, aussi, surtout… – une intensité forte : > très, trop, fort, extrêmement… S’exercer 2. Classez ces adjectifs en deux groupes, selon que vous pou- * vez ou non les faire précéder par un adverbe d’intensité. gracieux • nordique • froid • circonflexe • rapide • vif • égal • sanguinaire • isocèle 3. a. Dans ces phrases, quels sont les adjectifs employés au superlatif absolu ? b. Précisez leur degré d’intensité et relevez l’adverbe qui le marque. 1. Les sujets du Grand Khan ont réservé un accueil plutôt chaleureux à Marco Polo et ils se sont montrés très coopératifs. 2. La route de la soie est apparue comme une région absolument surprenante où il serait fort intéressant de séjourner. 3. La rencontre avec le Grand Khan fut une entreprise extrêmement * délicate où la famille Polo a fait preuve d’un très grand savoirfaire. 4. Le jeune Marco Polo n’est pas vraiment désireux de tenir un journal de voyage : il est trop jeune pour cela. 4. Ajoutez différents adverbes marquant l’intensité et précisez son degré. 1. L’expédition a connu un hiver … venté mais les températures sont toujours restées … agréables. 2. Contrairement à ses confrères, ce scientifique est quelqu’un de … secret, il se montre … chaleureux quand on le questionne. 3. La mission a travaillé dans des conditions … favorables, l’atmosphère entre les chercheurs était … conviviale. 4. Les vulcanologues ont réalisé une expérience … importante dont les retombées sont toutefois … limitées. ** Observer pour comprendre : les degrés de comparaison > Le comparatif 5. Recopiez et complétez les phrases suivantes. > Le verre A est … grand … le verre B. > Le verre A est … grand … le verre C. > Le verre A est … grand … le verre D. B A D C 6. a. Dans quelle phrase l’adjectif « grand » est-il employé au comparatif d’infériorité ? d’égalité ? de supériorité ? b. Par quel mot le complément de l’adjectif au comparatif, souligné, est-il introduit ? 280 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 280 01/07/10 14:10 > Le superlatif relatif 7. Recopiez et complétez les phrases suivantes. B A C > Le verre B est … grand de ces trois verres. > Le verre C est … grand de ces trois verres. 8. a. Dans quelle phrase l’adjectif « grand » est-il employé au superlatif relatif de supériorité ? d’infériorité ? b. Par quelle préposition le complément de l’adjectif au superlatif relatif, souligné, est-il introduit ? Retenir la leçon > Le comparatif Ex. 9, 11 et 12 • Un adjectif qualificatif employé au comparatif permet de comparer des éléments. Il existe : – le comparatif d’infériorité (adverbe moins) : > Il est moins célèbre que Tristan. – le comparatif d’égalité (adverbe aussi) : > Il est aussi célèbre que Tristan. – le comparatif de supériorité (adverbe plus) : > Il est plus célèbre que lui. • Les adjectifs bon, petit et mauvais ont un comparatif de supériorité particulier : meilleur, moindre et pire. > Lancelot est meilleur chevalier que Méléagant. • On appelle complément du comparatif l’élément introduit par la conjonction que. Parfois, le complément du comparatif est sous-entendu. > Il rêve d’un monde plus doux. > Le superlatif relatif Ex. 9 à 12 • Le superlatif relatif se forme à l’aide d’un article défini (le, la, les) suivi de l’adverbe plus ou moins. La qualité exprimée par l’adjectif est mesurée par rapport à un ensemble. Il existe : – le superlatif relatif de supériorité : > Gauvain est le plus preux des chevaliers. – le superlatif relatif d’infériorité : > Méléagant est le moins preux des chevaliers. • Le complément du superlatif relatif est introduit par la préposition de. Ce complément n’est pas toujours exprimé, il est parfois sous-entendu. > Gauvain est le plus preux des chevaliers et le plus vaillant. (sous-entendu : des chevaliers) S’exercer 9. a. Relevez les adjectifs employés avec un degré de comparaison et précisez ce degré. b. Lesquels de ces adjectifs sont employés au comparatif ? au superlatif relatif ? Relevez les compléments de ces adjectifs. 1. Les guépards sont plus rapides que les lions mais ils sont moins résistants qu’eux. 2. Le léopard est aussi tacheté que la panthère. 3. Le zébu est plus doux et plus docile que le zèbre. 4. L’éléphant est l’un des animaux les plus gros, mais c’est aussi l’un des moins agiles. * 10. a. Relevez les adjectifs au superlatif relatif. b. Quelle impression l’auteur cherche-t-il à susciter chez son lecteur en utilisant ces degrés de comparaison ? * Elle [La Grande Arménie] commence à une cité appelée Arçingan, où l’on fait les meilleurs boquerants1 qui soient au monde, car ils [les habitants] sont très bons maîtres ouvriers. Là est le meilleur et le plus beau coton. En cette ville, des eaux chaudes jaillissantes forment les bains naturels les plus beaux et les plus sains de toute la terre. 11. Employez les adjectifs entre parenthèses au comparatif ** ou au superlatif relatif en fonction du sens. 1. On dit que les (vieux) arbres du monde ont plusieurs milliers d’années. 2. Cet enfant n’est pas (peureux) qu’il veut bien le laisser paraître. 3. Le chat est (mystérieux) et (docile) des animaux de compagnie. 4. Les oliviers sont des arbres (méditerranéens) que les érables. 5. Elle possédait une cave dans laquelle elle conservait les (bons) fromages. Écrire 12. Décrivez un château médiéval en utilisant des adjectifs employés à divers degrés d’intensité et de comparaison. MARCO POLO, Le Livre des merveilles, 1298 © Klinksiek, 1998. 1. cotons fins et précieux. L’étude de la langue Grammaire 281 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 281 01/07/10 14:10 LES CLASSES DE MOTS Les conjonctions de coordination Les mots de la leçon conjonction, du latin : joindre avec. coordination, du latin : mettre en ordre avec. Observer pour comprendre 1. a. Quel sens peut-on donner à cette phrase ? b. Prononcez-la en détachant chaque syllabe : quelle classe de mots faites-vous apparaître ? c. Quels sont les deux mots qui doivent s’orthographier différemment pour appartenir à cette classe grammaticale ? > Mais où est donc Ornicar ? 2. a. Dans chaque phrase, quelle est la classe grammaticale des mots ou groupes de mots en gras ? b. Relevez les conjonctions de coordination qui relient les termes en gras : relient-elles des mots (ou groupes de mots) de classe grammaticale identique ou différente ? > Tu pratiques le ski et le tennis. Préfères-tu Lancelot ou Yvain ? Elle n’aime ni lire ni écrire. L’hiver est une saison froide mais agréable. Il a neigé donc tu pratiques le ski. Tu pratiques le ski car il a neigé. Tu skies or il y a des menaces d’avalanches. 3. Attribuez à chaque conjonction de l’exercice 2 la valeur qu’elle exprime : négation, opposition (deux réponses), addition, choix, cause, conséquence. Retenir la leçon Il existe sept conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Elles sont invariables. > Les emplois Ex. 4 à 14 • Les conjonctions de coordination servent à relier des éléments de même classe grammaticale : – des mots (noms, groupes nominaux, adjectifs, verbes, adverbes) ; > Le témoin interrogé n’a vu ni voiture ni vélo. (« ni » relie des noms) > Il observe un indice discret mais révélateur. (« mais » relie des adjectifs qualificatifs) > Le détective observe et relève des indices. (« et » relie des verbes) > Il observe rapidement et efficacement. (« et » relie des adverbes) – des propositions ; > Le détective résout l’énigme car il est intelligent. proposition 1 proposition 2 – des phrases. > Le voleur s’est cru malin. Mais le détective a été plus fort que lui. phrase 1 phrase 2 • Les conjonctions de coordination peuvent parfois relier des éléments de classe grammaticale différente mais équivalente. > Le détective observe un indice discret mais qui révèle une preuve. (« mais » relie un adjectif qualificatif et une proposition subordonnée relative) > Les valeurs Ex. 6, 8, 9 et 12 à 14 • Les différentes conjonctions de coordination expriment des valeurs particulières : – et exprime l’addition : > Tu pratiques le ski et le tennis. Dans une énumération, on introduit et devant le dernier terme. > Tu pratiques le ski, la natation et le tennis. Parfois, et peut exprimer l’opposition ; on pourrait le remplacer par mais . > Il veut sortir et ses parents s’y opposent. – ou exprime l’alternative, le choix : > Préfères-tu Lancelot ou Yvain ? – ni exprime la négation : > Elle n’aime ni lire ni écrire. – mais et or expriment l’opposition : > L’hiver est une saison froide mais agréable. Or cet hiver est plutôt doux et pluvieux. – car exprime la cause : > Tu pratiques le ski car il a neigé. – donc exprime la conséquence : > Il a neigé donc tu pratiques le ski. 282 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 282 01/07/10 14:10 S’exercer 4. a. Observez les conjonctions de coordination en gras. b. Soulignent-elles dans ce texte les étapes d’une description ou d’une explication ? Justifiez. * Le danger ne paraissait pas urgent de ce côté. Mais Exmoor semblait avoir tout son temps, et personne n’ignorait qu’une place1 investie finit tôt ou tard par tomber si elle n’est pas secourue de l’extérieur. Or, aucun allié proche ou lointain n’était à espérer dans un avenir prévisible. M. TOURNIER, La Couleuvrine © Éditions Gallimard Jeunesse, 1999. 1. une citadelle. 5. Recopiez le texte : a. en soulignant les conjonctions de coordination qui relient des mots ; b. en entourant celles qui relient des propositions. c. Qu’apportent ces conjonctions à la description ? * Les vendeurs à la barbe courte ou longue interpellent les passants ou bien, assis en tailleur, offrent du thé et des jus de fruits aux acheteurs éventuels. Des odeurs agréables ou déplaisantes se répandent dans les rues chaudes ou encombrées. O. WEULERSSE, Le Chevalier de Jérusalem © Le Livre de poche Jeunesse, 2004. 6. Précisez la valeur exprimée par la conjonction de coor- * dination et. 1. Renart vole aux marchands des harengs et des lamproies. 2. Les marchands croient vendre la peau de Renart et celui-ci leur échappe. 3. Renart agit poussé par le froid et la faim. 4. Le goupil passe la tête dans des colliers d’anguilles et les installe sur son dos. 7. Complétez les phrases avec les conjonctions de coordi- * nation qui conviennent. 1. Connaissez-vous la différence entre un pirate … un corsaire ? 2. Est-ce le pirate … le corsaire qui reçoit une lettre de course … de marque ? 3. Les pirates sont des hors-la-loi … ils pillent les navires. 8. a. Complétez les phrases avec les conjonctions de coordination qui conviennent. b. Quelle est la valeur exprimée par chacune d’elles ? 1. La panoplie du chevalier se compose d’une lance, d’une épée … d’un écu. 2. L’épée peut servir à percer les protections de l’adversaire … encore à trancher son corps. 3. La cérémonie d’adoubement est fondamentale dans la vie d’un chevalier … elle représente son entrée dans la vie adulte. 4. Le chevalier n’avait le droit … de trahir son seigneur … de livrer ses vassaux. * 10. a. Repérez les conjonctions de coordination. b. Complétez les phrases en choisissant parmi les suggestions entre parenthèses. Attention ! Plusieurs choix sont parfois possibles. 1. Marco Polo adresse son livre à des empereurs et à (le lire / des rois). 2. Il les invite à le faire connaître et (lire / apprécié / raconté). 3. Le Livre des merveilles décrit précisément mais aussi (merveilleusement / de façon intéressante / réalité) les pays orientaux. 4. Les Mongols portent une armure en cuir dur donc (bouillir / résistant / épais). 5. Sur chaque face du palais se trouve un escalier précieux et (qui s’élève très haut / sculpté / marbre). * 11. a. Repérez les conjonctions de coordination. b. Complétez les phrases en choisissant des éléments de même classe grammaticale. 1. Lancelot combat Pomelegloi, chevalier preux et … dont le cheval courait et … plus que les cerfs de la lande. 2. Les personnes qui assistent au tournoi se demandent quel chevalier combat si vaillamment et … . 3. Une jeune fille envoyée par la reine demande avec gentillesse et … à Lancelot de perdre le tournoi et … . * 12. Imaginez une cause aux actions ou états exprimés dans les phrases suivantes. Vous l’insérerez en employant la conjonction de coordination qui convient. 1. Marco Polo parcourt la Chine. 2. Lancelot se rend à la cour du roi Arthur. 3. Iseult tombe amoureuse de Tristan. 4. Le Grand Khan envoie Marco Polo en mission. 5. Les chevaliers s’affrontent en tournoi. ** 13. Imaginez une conséquence aux actions ou états exprimés dans les phrases suivantes. Vous l’insérerez en employant la conjonction de coordination qui convient. 1. Le bateau sur lequel naviguait Robinson Crusoé a fait naufrage. 2. Robinson découvre des chèvres dans l’île. 3. Robinson craint de devenir un sauvage. 4. Vendredi connaît la vie sauvage. 5. Robinson a peur de la solitude. ** Écrire 14. En un court récit, racontez une histoire à partir de l’image. Vous emploierez au moins trois conjonctions de coordination différentes. 9. a. Complétez le texte avec les conjonctions de coordination qui conviennent. b. Quelle est la valeur exprimée par chacune d’elles ? * Pars toujours au mois d’avril. Tu auras certes très chaud … c’est à cette époque qu’il y a le moins de caravanes, … que tu seras le moins ennuyé par les Touaregs. … si tu en rencontres : paie le droit de passage, … trop, … trop peu, … c’est le meilleur moyen de rester en vie. D’après É. BRISOU-PELLEN, L’Héritier du désert © Le Livre de poche Jeunesse, 2001. JAMES MIDDLETON, Croque Monsieur, 1997. L’étude de la langue Grammaire 283 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 283 01/07/10 14:10 LES CLASSES DE MOTS Les prépositions Les mots de la leçon préposition : placé avant. Observer pour comprendre 1. a. Quelle est la classe grammaticale de chaque mot en gras ? b. Relevez les mots qui relient ces mots en gras : relient-ils des mots de classe grammaticale identique ou différente ? > Paul va partir en voyage. Il est heureux de voyager avec Sophie. Il lui prête ses patins à roulettes. 2. a. Quel est le sens de chacune des trois phrases ? b. Quel mot fait varier leur sens ? > Tu parles de l’anglais. Tu parles en anglais. Tu parles à l’Anglais. 3. Prononcez oralement cette comptine : quelles prépositions identifiez-vous ? Écrivez ces prépositions en respectant leur orthographe. > Adam part pour Anvers avec deux cents sous. Retenir la leçon > Définition Ex. 4 à 7, 14 et 15 • Les prépositions sont des mots invariables qui servent à relier des mots les uns avec les autres. > La mère place les pièges à souris hors de portée de son enfant, sur l’étagère la plus haute. • Il existe des prépositions : – en un mot : à, dans, par, pour, en, vers, avec, de, sans, sous… ; – en deux mots ou plus, que l’on appelle « locutions prépositives » : afin de, à cause de, jusqu’à, près de, autour de, quant à… Orthographe • Au, aux, du, des sont la contraction d’une préposition (à, de) et d’un article défini (le, les). > Il parle du (de le) désert aux (à les) enfants. > Leur rôle • Les prépositions servent à relier : – un nom (ou un pronom) à son complément à l’intérieur d’un groupe (pro)nominal ; > un vent de sable, une carte à jouer, les gens d’ici, chacun d’eux, celui de mon père Ex. 4, 5, 7 à 12, 14 et 15 La préposition de est la plus fréquente dans cet emploi. C’est la seule correcte pour relier deux noms de personnes (> l’ami de ma sœur). – un verbe à son complément d’objet indirect ou second ; > Le poète parle de la nature ; il parle de la nature à son enfant. (COI) (COI) (COS) Le choix de la préposition dépend du verbe. Certains verbes peuvent être suivis de différentes prépositions. > Je rêve à une nature parfaite. Je rêve de toi. – un verbe à la voix passive à son complément d’agent ; > Ce roman est lu par tous ; il est apprécié de tous. (c. d’agent) (c. d’agent) – un complément circonstanciel au reste de la phrase. La préposition introduit alors un complément circonstanciel de lieu (dans, sur, sous, par, de, vers, jusqu’à, hors de…), temps (après, avant, durant, pendant, lors de…), moyen (avec, en), manière (sans, en), cause (à cause de, par, grâce à), but (pour, afin de), conséquence (au point de), comparaison (comme). Pour aller plus loin Ex. 13 • Les prépositions peuvent également servir à relier un adjectif à son complément à l’intérieur d’un groupe adjectival. > Alexis est un enfant fier de ses résultats scolaires. 284 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 284 01/07/10 14:10 S’exercer 4. Expliquez sur quels jeux de mots sont formés les compléments du nom suivants. 1. Un manteau en plumes et un oreiller en laine. 2. Une pomme de bain et une serviette de terre. 11. Complétez la phrase par quatre compléments introduits par une préposition, de manière à exprimer quatre circonstances différentes. L’homme pose le sac. 5. Recopiez les phrases en replaçant toutes les locutions 12. a. Complétez les phrases avec l’une de ces prépositions : dans, par, pour, sans. Il y a parfois deux solutions. b. Dites si ces prépositions introduisent un complément du nom, du pronom, du verbe, de la phrase. 1. Lancelot est passé … la forêt de Brocéliande. 2. … pluie, la nature se meurt. 3. As-tu peur d’aller … la forêt ? 4. … goût de la nature, il chante la mer et la campagne. 5. Le vent souffle … rafales. 6. Le navire tangue … la tempête. 7. Tristan se prépare … vaincre le Morholt. * prépositives suivantes : à cause de, à l’insu de, à raison de, à force de, afin de, à l’exception de, en vue de. 1. L’hiver, … la neige, le fermier met son tracteur à l’abri des intempéries … le protéger. 2. L’enfant mange des bonbons … de sa mère, … deux paquets par semaine. 3. Cette sportive … entraînement … la compétition peut battre toutes ses concurrentes, … l’une d’entre elles, bien trop forte. ** 6. Recopiez et complétez les phrases à l’aide des articles définis contractés : au, aux, du, des. 1. Tristan se lance à la poursuite … chevaliers … roi Marc. 2. … premières lueurs … jour, il entrevoit la haute masse … donjon. 3. Il s’adresse … guetteur et lui demande d’avertir le maître … lieux. 4. La majorité … chevaliers a quitté l’enceinte … château pour se rendre … tournoi auquel assiste la reine. * 7. Complétez les groupes nominaux avec la préposition * qui convient. 1. Un épi … blé. 2. Un serpent … lunettes. 3. Un bracelet … argent. 4. Le vélo … mon frère. 5. Les films … succès. 6. Une tempête … sable. 7. Une boîte … musique. 8. Un rouleau … papyrus. 9. La mère … Patrick. 10. Le souffle … vent. 11. Une charlotte … la fraise. 12. Le frère … ma voisine. 13. Un fauteuil … cuir. 14. Une rue … issue. 15. Une veste … mesure. 16. Un siège … bébé. 8. a. Ajoutez un complément aux verbes à l’aide d’une préposition : à, de, en. Attention, il y a parfois plusieurs solutions ! b. Choisissez quatre de ces verbes et rédigez une phrase avec chacun d’eux. ressembler • se moquer • ajouter • prendre plaisir • se métamorphoser • se plaindre • charger • se souvenir • parler • songer ** ** Pour aller plus loin 13. Complétez les groupes nominaux par un complément de l’adjectif introduit par la préposition qui convient. 1. Une maison semblable … . 2. Un enfant fort … . 3. Une personne prête … . 4. Un sportif sûr … . 5. Une solution efficace … . 6. Une machine propre … . 7. Un instrument idéal … . 8. Une fillette curieuse … . 9. Un village proche … . ** Écrire 14. À la manière de l’exercice 4, associez des couples de compléments du nom en utilisant la même préposition. 15. Racontez une brève histoire mettant en scène les personnages de l’image. Vous utiliserez au moins trois prépositions que vous soulignerez. ** 9. a. Relevez les prépositions. b. Dites si elles introduisent un complément du nom, du pronom, du verbe, de la phrase. ** Toutes les torches fixées sur le bateau s’enflammèrent en même temps. De la cale surgirent cinq, dix, douze jeunes femmes, avec la même chevelure sombre. Sans un mot, elles nous servirent un repas. Pendant que nous nous restaurions, elles nous jouèrent des mélodies sur leurs harpes. Comme j’étais bercé par la musique, je ne tardai pas à m’endormir. D’après M. MORPURGO, Le Roi Arthur © Éditions Gallimard, 1994. 10. Remplacez chaque verbe par le verbe mettre suivi de * la préposition qui convient, selon le modèle. Abriter une plante. > Mettre une plante à l’abri. 1. Ensacher des graines. 2. Écarter un dossier. 3. Valoriser un travail. 4. Démarrer un moteur. 5. Assécher un bassin. 6. Saccager un magasin. 7. Terrasser un poteau. 8. Enterrer un coffre. Illustration de FÉLIX LORIOUX pour le Roman de Renart. L’étude de la langue Grammaire 285 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 285 01/07/10 14:10 LES CLASSES DE MOTS Les pronoms relatifs Les mots de la leçon pronom : qui remplace un nom. relatif : qui établit un lien, une relation. Observer pour comprendre 1. a. Quel groupe nominal chaque pronom en gras remplace-t-il ? b. Que constatez-vous lorsque le groupe nominal varie en genre ? > Le seigneur invite un troubadour à qui il offre une viole. > Le seigneur invite un troubadour auquel il offre une viole. > Le seigneur invite une dame à qui il offre une viole. > Le seigneur invite une dame à laquelle il offre une viole. 2. a. Quel groupe nominal chaque pronom en gras remplace-t-il ? b. Quelle est la fonction respective du groupe nominal souligné dans les phrases 1A et 2A ? c. Quelle est donc la fonction du pronom relatif en gras dans les propositions entre crochets ? d. Qu’est-ce qui provoque le changement du pronom relatif ? > 1A. Le troubadour joue de la viole. > 1B. Le seigneur invite un troubadour [qui joue de la viole]. > 2A. On lui a parlé d’un troubadour. > 2B. Le seigneur invite un troubadour [dont on lui a parlé]. Retenir la leçon > Définition Ex. 3, 6, 10 et 11 • Un pronom relatif remplace un nom, un groupe nominal ou un pronom qui se trouve dans une autre proposition de la phrase. En règle générale, ce nom (GN ou pronom) est placé avant dans la phrase et se nomme un antécédent (du latin ante, « avant »). > Ce sonnet est un poème [qui me plaît]. > Les différents pronoms relatifs • Il existe des pronoms relatifs simples qui varient selon la fonction du pronom dans la proposition subordonnée : qui, que (qu’), quoi, dont, où. > Un sonnet comporte quatre strophes ; celle [que nous apprenons] se nomme un quatrain. Ex. 3 à 5, 8, 9 et 11 • Il existe un pronom relatif composé, qui varie selon le genre et le nombre de l’antécédent et selon la fonction du pronom dans la proposition subordonnée : lequel (laquelle, lesquels, lesquelles) duquel (de laquelle, desquels, desquelles), auquel (à laquelle, auxquels, auxquelles). > Les poèmes [auxquels je pense] sont des sonnets. La strophe [à laquelle je pense] est un tercet. > Les fonctions des pronoms relatifs Ex. 6 à 8 • Le pronom relatif varie selon sa fonction dans la proposition subordonnée relative qu’il introduit. Fonctions Pronoms relatifs Exemples sujet qui > Le chevalier a aidé la jeune fille [qui l’a remercié]. attribut que > L’homme courageux [que Luc semblait être] n’était en fait qu’un peureux. COD que > L’épée [que tient le chevalier] est très solide. COI à qui, à quoi, de qui, de quoi, dont, auquel, duquel > La fée [dont (de laquelle) on parle] se nomme Viviane. COS à qui, à quoi, de qui, de quoi, auquel, duquel > La fée [à qui (à laquelle) Merlin explique sa science] se nomme Viviane. complément du nom dont > Merlin [dont les pouvoirs sont immenses] vit dans la forêt. 286 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 286 01/07/10 14:10 complément circonstanciel de lieu complément circonstanciel de temps complément d’agent où, dans lequel, sur lequel > Brocéliande est la forêt [où (dans laquelle) vit Merlin]. où, auquel > Nous étudions l’époque [où (à laquelle) vivaient les chevaliers]. par qui, de qui, dont, duquel, par lequel > Le chevalier combat pour la dame [par qui (de qui, dont, par laquelle, de laquelle) il est aimé]. Orthographe • Pour l’accord avec le verbe du pronom relatif qui sujet, voir p. 333. S’exercer 3. a. Relevez les pronoms relatifs. b. Quel mot chacun d’eux remplace-t-il ? * 7. Indiquez la fonction des pronoms relatifs dans les pro- ** Autrefois ses mains faisaient des taches roses sur le linge éclatant qu’elle repassait. Mais dans la boutique où le poêle est trop rouge son sang s’est peu à peu évaporé. Elle devient de plus en plus blanche et dans la vapeur qui monte on la distingue à peine au milieu des vagues luisantes des dentelles. P. REVERDY, Plupart du temps © Flammarion, 1989. 4. Remplacez chaque pronom relatif composé par un ** pronom relatif simple. 1. La route sur laquelle avance le jongleur mène au château. 2. Le seigneur auquel appartient ce château règne sur un vaste domaine ; il possède des bois dans lesquels le gibier abonde. 3. Ce châtelain reçoit des jongleurs auxquels il offre un somptueux dîner. 5. Lisez le texte en replaçant les pronoms relatifs qui manquent : qui, où (trois fois), qu’. * Le jeune apprenti … il était, gardait un souvenir précis du jour … il avait découvert l’atelier de maître Antonio. […] À l’époque, Crémone était déjà une vénérable cité italienne, elle comptait de longues allées … s’alignaient comme pour la parade de magnifiques palais […]. Andréa continua sa promenade sous les arcades … bordaient les rues de part et d’autre et il déboucha enfin sur une place … se tenait un immense marché. P. FAVARO, Le Secret du maître luthier © Le Livre de poche Jeunesse, 2008. 6. a. Indiquez la fonction du groupe nominal en gras dans les phrases en italique. b. Quel est l’antécédent de chaque pronom relatif souligné ? c. Donnez la fonction de chaque pronom relatif. 1. Une route passait par la forêt. La forêt [où passait une route] était bien sombre. 2. Les voyageurs ont rencontré des brigands. Les brigands [que les voyageurs ont rencontrés] ont renversé la diligence. 3. Les brigands voulaient dérober un collier à une jeune femme. Une jeune femme [à qui les brigands voulaient dérober un collier] se mit à hurler. 4. On entendit parler de cette aventure. Ce fut une aventure [dont on entendit parler]. ** positions subordonnées relatives entre crochets. Plusieurs bateaux [qui débarquaient leurs chargements d’épices] étaient à quai. Une foule de badauds pressée de découvrir les marchandises [qu’on déchargeait] envahissait la jetée [où il était difficile de circuler.] Les enfants s’émerveillaient à la vue de fruits [dont ils ne connaissaient pas le nom], d’épices [qu’ils ne connaissaient pas] et d’étoffes nouvelles [auxquelles ils touchaient]. 8. a. Complétez ces phrases avec le pronom relatif simple ou composé qui convient. b. Indiquez la fonction de chaque pronom relatif. 1. Prisonnier dans le donjon [… dominait le chemin de ronde], le jeune garçon observait les faucons [… il appréciait le vol rapide]. 2. Il ne reconnaissait pas la faute [… il était enfermé] : pourquoi lui refuserait-on le droit de posséder un jeune faucon [… il avait trouvé blessé dans un champ] et [… il avait sauvé la vie] ? 3. Le maître fauconnier [… les manières étaient rudes] ne lui pardonnait pas d’avoir gardé un animal [… était réservé aux chasses du seigneur] et [… un jeune paysan ne pouvait élever]. ** 9. Complétez ces définitions de dictionnaire avec des pronoms relatifs. 1. Guilde : association … réunit les grands marchands d’une ville ou d’une région. 2. Corporation : association … font partie les marchands et les artisans d’une même profession dans une ville. 3. Bourgeois : à l’origine, habitant … vit dans un bourg. 4. Échevin : magistrat dans les villes du nord … la fonction consiste à assister le maire ou le prévôt. 5. Sceau : cachet de cire ou de plomb … l’on utilise pour authentifier un document officiel. 6. Tanneur : personne … transforme en cuir les peaux d’animaux. * 10. Imaginez six phrases qui contiendront ces antécédents * et pronoms relatifs. 1. caravelle, dont. 2. île, qui. 3. régions, auxquelles. 4. pays, où. 5. destination, pour laquelle. 6. voyage, que. Écrire 11. Décrivez votre salle de classe en utilisant au moins trois pronoms relatifs différents. L’étude de la langue Grammaire 287 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 287 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LES FONCTIONS GRAMMATICALES IO VIS ÉV IS IONS• Les mots de la leçon •R RÉ Réviser le sujet du verbe sujet : le sujet est, à l’origine, le support du verbe (du latin subjectum, « lancé dessous »). Consolider les acquis > Le sujet, une fonction qui commande le(s) verbe(s) Ex. 1 à 5 • Le sujet commande l’accord du verbe en personne et en nombre. > Lancelot arrive au château. (le verbe est à la 3e personne du singulier car le sujet est « Lancelot ») • Un sujet peut commander plusieurs verbes. > Lancelot arrive au château, voit Arthur et le salue. • Un verbe peut avoir plusieurs sujets. > Lancelot, le Roi, la Reine et tous les chevaliers se rendent au tournoi. > La classe grammaticale des sujets • Un sujet peut être : – un groupe nominal : > Les dames regardent le tournoi. – un nom : > Chrétien de Troyes a écrit des romans. – un pronom : > Il a écrit des romans qui ont eu du succès. – un verbe à l’infinitif : > Écrire lui plaît. > La place des sujets • En général, le sujet se place avant le verbe. Il est parfois éloigné du verbe. > Lancelot est le héros du roman. Chrétien de Troyes, un auteur médiéval, est très connu. • Parfois le sujet est inversé, c’est-à-dire placé après le verbe. C’est le cas dans : – les phrases interrogatives : > Lisez-vous des récits de chevalerie ? – les propositions qui introduisent un dialogue : > « Je combats pour vous », dit Lancelot. – certaines phrases commençant par un complément circonstanciel. > Dans ce roman, intervient l’enchanteur Merlin. S’exercer 1. De quel(s) verbe(s) chacun des mots ou groupes de mots en gras est-il sujet ? * Il [Le Grillot] remarqua derrière un pilier une sorte de ballot enveloppé dans une couverture. Mais était-ce vraiment un ballot ? Il s’approcha. Une tête de petit chien jaillit de l’étoffe et se mit à aboyer avec toute la hargne que l’on met à défendre une place forte. Quelque chose d’autre remua sous la couverture. Une seconde tête apparut […]. C’était celle d’un garçon d’une dizaine d’années. – Bonjour, dit Grillot, qui voulut se montrer aimable. 3. Relevez les sujets. Attention ! Certains sont inversés. * 1. À l’extrémité de la place se trouvait un passage couvert qui débouchait sur l’extérieur. 2. De nombreuses échoppes d’orfèvres et des boutiques d’artisan s’y trouvaient ; Andréa s’arrêta un instant pour contempler le travail de ces hommes penchés sur des établis où tombait de la poussière d’argent. 3. Andréa huma l’air, reconnut une senteur de bois frais, à laquelle se mêlaient des odeurs de cuir et de cire. D’après P. FAVARO, Le Secret du maître luthier © Le Livre de poche Jeunesse, 2008. J.-C. NOGUÈS, Le Vœu du paon © Éditions Gallimard, 2008. 4. Complétez les phrases par des sujets dont la nature 2. a. Relevez le sujet des verbes en gras. b. Où chacun vous est indiquée. 1. … (groupe nominal) ont participé au concours de poésie. 2. Quels sont … (groupe nominal) à présenter pour s’inscrire ? 3. … (infinitif) le thème retenu par le jury est indispensable. 4. À qui peut… (pronom) demander conseil ? 5. … (nom propre) paraît tout à fait indiqué pour ce travail. d’eux est-il placé par rapport au verbe ? c. Quelle est la nature grammaticale de chaque sujet ? * « Maintenant, Hawkins, dit le chevalier, qu’avez-vous à dire ? Parlez. » Je fis comme il m’était ordonné et, aussi brièvement que je pus, je racontai tous les détails de la conversation de Silver. Personne ne m’interrompit, et pas un ne fit l’ombre d’un mouvement, mais ils restèrent figés, les yeux sur moi, du commencement à la fin. « Jim, dit le docteur Livesey, prenez un siège. » R. STEVENSON, L’Île au trésor, trad. A. Bay © Le Livre de poche, 1961. * Écrire 5. Proposez trois phrases verbales correspondant à l’image de la page 289, en variant le sujet : a. un nom ou GN ; b. un pronom ; c. un verbe à l’infinitif. 288 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 288 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LES FONCTIONS GRAMMATICALES IO VIS ÉV IS IONS• Les mots de la leçon •R RÉ Réviser l’attribut du sujet attribut : caractéristique attachée à une chose ou à une personne. Consolider les acquis > Définition d’un attribut Ex. 1 à 6 • L’attribut du sujet exprime une qualité ou une caractéristique du sujet. > L’oiseau est blanc. • On trouve des attributs du sujet après le verbe être et des verbes d’état (ou attributifs) : sembler, paraître, demeurer, avoir l’air, passer pour, rester, devenir… > Il est agréable et joyeux. Il semble agréable et joyeux. On peut aussi en trouver après d’autres verbes quand ils indiquent une caractéristique du sujet. > Il tombe malade. > La classe grammaticale des attributs • Un attribut du sujet peut être un : – adjectif qualificatif ou participe passé : > L’oiseau est blanc et perché. – nom commun ou groupe nominal : > La dame est une jeune femme. – nom propre : > L’auteur est Chrétien de Troyes. – pronom : > Cette aventure est la sienne. Qui est-il ? – verbe à l’infinitif : > Son désir est de réussir cet exploit. S’exercer 1. a. Relevez les attributs des sujets en gras. b. Précisez leur nature. * Amaury sculptait avec ferveur ce soir-là, et son visage était serein. La statue du Beau Dieu commençait déjà à ressembler à son modèle. Le sculpteur était content de son travail. Il fit une pause pour le contempler. – Je suis heureux de constater que tu es serein aujourd’hui, dit son modèle. – C’est vrai. Je suis content d’avoir parlé à l’échevin. Pourtant, il y a autre chose qui me tourmente. C’est cette jeune fille… M. POUCHAIN, Meurtres à la cathédrale © Éditions Gallimard Jeunesse, 2000. 2. Relevez les sujets auxquels renvoient les attributs du sujet en gras. * « Il fait beau ! » lança Estienne en entrant par l’arrière-boutique. Il paraissait si gai que tout le monde en fut surpris. « J’ai rapporté de la cire, continua-t-il en déposant une boîte sur le comptoir. J’ai vu qu’il en manquait. J’ai pris de la cire bretonne : elle est bonne, et il y a moins de frais de transport. » 4. a. Les mots ou groupes de mots en gras sont-ils des attributs du sujet ? b. Si oui, précisez leur nature grammaticale. 1. Certains romans sont des romans historiques. 2. Les troubadours sont au Moyen Âge des artistes dans le Sud de la France. 3. Le Roman de Renart devint une œuvre très connue. 4. Les chevaliers semblent attirés par la quête du Graal et demeurent parfois à la cour du roi Arthur. ** Écrire 5. Présentez la scène en utilisant trois attributs du sujet que vous encadrerez. Vous soulignerez également les sujets complétés par ces attributs du sujet. É. BRISOU-PELLEN, Les Cinq Écus de Bretagne © Le Livre de poche Jeunesse, 2007. 3. a. Quelle est la fonction des éléments en gras ? b. Quels indices vous permettent de répondre ? c. Précisez la classe grammaticale des éléments en gras. ** Tous furent stupéfaits. Qui pouvait être cet homme si repoussant et effrayant qui avait parlé aux messagers ? Ils ignoraient en effet que Merlin avait le pouvoir de changer d’apparence. Mais ils se doutaient qu’il était capable de tels prodiges. D’après A.-M. CADOT-COLIN, Merlin © Le Livre de poche Jeunesse, 2009. Aquarelle extraite de La vie des empereurs de Chine, BnF. 6. Rédigez le portrait physique d’un acteur ou d’une actrice de votre choix en utilisant des attributs du sujet de classes grammaticales variées et différents verbes attributifs. L’étude de la langue Grammaire 289 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 289 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LES FONCTIONS GRAMMATICALES RÉ ÉV IS IONS• Les mots de la leçon •R Réviser les compléments d’objet du verbe IO VIS complément : ce qu’il faut ajouter à une chose pour la rendre complète. objet : ce sur quoi porte l’action du verbe. direct : sans intermédiaire, en relation immédiate. indirect : qui n’est pas en relation immédiate. second : par rapport à un autre complément d’objet (direct ou indirect) considéré comme premier. Consolider les acquis > Le COD Ex. 1 à 4 et 12 • Un COD (complément d’objet direct) est un complément essentiel du verbe qui ne peut être ni supprimé ni déplacé sans changer le sens de la phrase. Il est directement relié au verbe, sans préposition, quel que soit le mode du verbe. > Le chevalier gagne le cœur de la dame. (n’a pas le même sens que « Le chevalier gagne. ») • Un COD peut correspondre à plusieurs classes grammaticales : – un groupe nominal : > Le chevalier rencontre la dame. – un nom : > Le chevalier rencontre Guenièvre. – un pronom : > Le chevalier la rencontre. – un verbe à l’infinitif : > Le chevalier aime combattre. – une proposition subordonnée conjonctive introduite par que : > Il raconte que le chevalier aime les tournois. • Si le COD est un nom, un groupe nominal ou un verbe à l’infinitif, il se place généralement après le verbe. Si le COD est un pronom relatif ou un pronom personnel, il se place avant le verbe. > Le chevalier que je connais fort bien défend les dames : il les protège. > Le COI Ex. 5 à 8 et 12 • Un COI (complément d’objet indirect) est un complément essentiel du verbe qui se construit indirectement, à l’aide d’une préposition, le plus souvent à ou de. La préposition peut être contractée avec un déterminant. > Les fabliaux s’intéressent aux bourgeois (à eux) et parlent d’eux (des bourgeois). Les pronoms personnels COI se construisent très souvent sans préposition. > La vieille parle au chevalier : elle lui parle. Un verbe peut avoir plusieurs COI coordonnés ou juxtaposés. > Les fabliaux s’adressent aux adultes et aux enfants, à tout le monde. COI COI COI • Le COI peut correspondre à plusieurs classes grammaticales : – un groupe nominal ou un nom : > Les fabliaux parlent des bourgeois, celui-là parle de Brunain. – un pronom : > Les fabliaux parlent d’eux. – un verbe à l’infinitif : > Les fabliaux visent à instruire. • Si le COI est un nom ou un groupe nominal, il se place généralement après le verbe. Si le COI est un pronom, il se place généralement avant le verbe. > La vieille parle au chevalier : elle lui parle. S’exercer 1. a. Les verbes des phrases suivantes ont-ils des COD ? b. Si oui, relevez les COD. * 1. Le chevalier a rencontré son ennemi près de la fontaine. 2. Le futur chevalier prie toute la nuit dans la chapelle. 3. Le chevalier porte les couleurs de sa Dame. 4. Les chevaliers parlent au roi l’un après l’autre. 5. Le combat contre le dragon commence très mal. 6. Le roi Arthur a convié les chevaliers pour un grand banquet. 7. Gauvain annonce qu’il respectera le code de la chevalerie. 2. a. Repérez les groupes nominaux COD. b. De quel verbe chacun d’eux est-il COD ? * Plusieurs bateaux avaient déjà débarqué leurs chargements d’épices et d’étoffes précieuses. […] Amaury errait au hasard des étals improvisés, touchant là une étoffe, respirant ici une poudre jaune enivrante, soupesant encore un fruit rond et orangé. Puis, il alla s’asseoir sur la pile du pont et se mit à scruter les visages. M. POUCHAIN, Meurtres à la cathédrale © Éditions Gallimard Jeunesse, 2000. 290 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 290 01/07/10 14:10 3. Complétez les verbes en gras par un COD dont la classe * grammaticale vous est précisée. 1. Les romans de la Table ronde racontent … (groupe nominal). 2. On … (pronom personnel) lit encore à notre époque. 3. La fée Viviane rencontre … (nom propre) dans la forêt de Brocéliande. 4. Les chevaliers aiment … (verbe à l’infinitif). 4. Remplacez les pronoms COD par un groupe nominal de votre choix. Observez bien les participes passés (voir p. 338). 1. Les avez-vous vues lors du tournoi ? 2. Le félon Méléagant l’a trahi. 3. La reine Guenièvre les a-t-elle écoutés ? 4. Le chevalier l’a transportée avec soin. 5. Le roi Arthur l’a-t-il prévenu ? ** 5. Repérez les COI des verbes en gras. * 1. Il répond au roi Arthur. 2. Le seigneur se soucie des habitants de son fief. 3. Le succès du combat dépend du chevalier. 4. Les romans de la Table ronde parlent des chevaliers d’Arthur. 5. L’enchanteur Merlin a répondu à la jeune fille en pleurs. 6. La reine Guenièvre pense aux autres Dames. 6. Les GN en gras sont-ils des COI ? ** 1. Les corsaires embarqués sur les navires se plaignaient d’un manque de nourriture. 2. Le chef les calmait d’une parole d’encouragement. 3. La vie à bord ne manquait pas d’événements exceptionnels. 4. Les corsaires ont fait régner la terreur à force de détermination. 5. Ils sont habitués à une dure vie de hors-la-loi. 7. Récrivez les phrases de l’exercice 5 en transformant les COI en pronoms personnels. ** 8. Complétez les phrases en ajoutant un COI. ** 1. Le trouvère s’adresse … . 2. Les fabliaux parlent … . 3. Les seigneurs cherchent … . 4. Un bourgeois pense … . 5. Un vilain manque … . Consolider les acquis > Le COS (complément d’objet second) Ex. 9 à 12 • « Second » ne désigne pas une place dans la phrase. • Certains verbes se construisent avec deux compléments qui peuvent être : – un COD et un COI. Ce COI est alors appelé COS. > Les fabliaux donnent des leçons aux hommes. Les fabliaux leur donnent des leçons. COD COS COS COD Cette construction se trouve après les verbes qui expriment un don (donner, offrir…), une parole (enseigner, expliquer…) ou un transfert (enlever, priver de…) ; – deux COI. On appelle alors COI, le complément introduit par de et COS, le complément introduit par à. > Le roi parle de la reine aux chevaliers. Le roi leur parle d’elle. COI COS COS COI Cette construction se trouve après quelques verbes de communication (parler de… à…, se plaindre de… à…, faire part de… à…). S’exercer 9. Retrouvez les COD et les COS. * Si vous n’avez rien à me dire, Pourquoi venir auprès de moi ? Pourquoi me faire ce sourire Qui tournerait la tête au roi ? V. HUGO, « Chanson », Les Contemplations, 1856. 11. Recopiez ces phrases en soulignant les COD puis com- ** plétez-les par un COS. 1. À la nuit tombée, les troubadours présentent leur spectacle. 2. Le jongleur explique son numéro. 3. Le cracheur de feu donne des conseils. 4. Les montreurs d’ours lisent des poèmes en promenant leurs bêtes. 5. Les enfants lancent des regards émerveillés. 10. Relevez dans ce texte les COS. ** Puisque j’ai l’habitude de vous raconter des fabliaux, je veux aujourd’hui, au lieu d’une fable, vous rapporter une histoire vécue. Un vilain prit un jour, au pied de la haie, deux perdrix. Il mit tout son soin à les préparer et les donna à sa femme pour les faire cuire. Écrire 12. Rédigez une brève histoire dans laquelle vous utiliserez au moins un COD, un COI et un COS. « Les Perdrix », Fabliaux du Moyen Âge © Hachette, 1978. L’étude de la langue Grammaire 291 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 291 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LES FONCTIONS GRAMMATICALES > LE GROUPE NOMINAL ET SES EXPANSIONS IO VIS ÉV IS IONS• Les mots de la leçon •R RÉ Réviser l’épithète épithète : du grec epitheton, « qui est ajouté ». Consolider les acquis > Définition Ex. 1 à 6 • Une épithète est un adjectif qualificatif ou un participe passé employé comme adjectif. • L’épithète qualifie directement un nom sans l’intermédiaire d’un verbe d’état ni d’un signe de ponctuation. Elle fait partie du groupe nominal. > De hauts remparts entourent le vieux château médiéval. • Plusieurs adjectifs épithètes peuvent se rapporter à un même nom. À partir du deuxième, ils sont reliés par une virgule ou une conjonction de coordination. > Il tient une épée solide, tranchante et acérée. > Place • Le plus souvent, l’épithète se place après le nom. > Ce château médiéval attire les touristes anglais. • En général, on place avant le nom des adjectifs courants et brefs. > Voici un beau château avec une lourde porte. • Certains adjectifs qualificatifs changent de sens selon leur place. > Un grand homme (de grande valeur), un homme grand (de grande taille). > Accord • Pour l’accord de l’épithète dans le groupe nominal, voir p. 350. S’exercer 1. a. Dans ce texte, relevez les épithètes qui complètent les noms en gras. b. Quelle impression ces adjectifs donnent-ils de l’homme ? * À côté d’Andréa avait pris place un homme à la mine sévère, au maintien raide et pincé. Ce triste sire tenait sur ses genoux une mallette de cuir aux coins recouverts de métal. P. FAVARO, Le Secret du maître luthier © Le Livre de poche Jeunesse, 2008. 2. Précisez si les adjectifs et les participes passés en gras sont des épithètes ou non. * Maintenant, accroupi dans un coin d’ombre, il attendait la nuit. Il écoutait sans bouger le grignotement timide puis de plus en plus assuré d’un loir derrière les fagots. Il regardait les ajoncs retenus par des perches au-dessus de la poutre. Le temps passait, apportant un apaisement assez semblable à une grande fatigue. 4. Ajoutez un adjectif ou un participe passé à chaque nom en gras pour rendre la scène étrange ou impressionnante. Faites attention aux accords. La porte s’ouvrait dans le rempart, entre deux tours, presque en face de la cathédrale. Sur le pont de bois, un attelage avançait vers la place où des maçons consolidaient un mur. ** 5. Rédigez des phrases en faisant apparaître la différence ** de sens selon la place de l’adjectif épithète. 1. Un seul artiste, un artiste seul. 2. Un triste individu, un individu triste. 3. Un garçon petit, un petit garçon. Écrire 6. En ajoutant au moins un adjectif épithète à chaque mot proposé, décrivez un château fort. pont-levis • murailles • donjon • tours • chemin de ronde J.-C. NOGUÈS, Le Vœu du paon © Éditions Gallimard, 2008. 3. Complétez le texte en replaçant ces épithètes : inarticulés, adoré, plein, éloquent, vibrante, expressifs, redite, affectueux, rieuses, rude. ** Au son de ses jurons …, au milieu de ce … embrassement, Buck nageait en … bonheur. Et lorsque revenu de son extase, il bondissait autour du maître …, l’œil …, les lèvres …, la gorge … de sons … mais si …, John Thornton, pénétré d’admiration, murmurait la phrase cent fois … : « Il ne lui manque que la parole ! » J. LONDON, L’Appel de la forêt © Éditions Gallimard, 1983. Paris, Porte Saint-Michel au Moyen Âge. 292 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 292 01/07/10 14:10 LES FONCTIONS GRAMMATICALES > LE GROUPE NOMINAL ET SES EXPANSIONS Le complément du nom Les mots de la leçon complément : ce qu’il faut ajouter à une chose pour la rendre complète. Observer pour comprendre 1. a. Recopiez les quatre groupes nominaux. b. Entourez le nom noyau. c. Soulignez l’élément qui complète chacun de ces noms noyaux. d. Quelle est la classe grammaticale des mots qui relient le nom noyau à son complément ? > Un pot en terre cuite, un pot de confiture, un pot à eau, un pot sans couvercle. Retenir la leçon > Définition Ex. 2 à 8 • Un complément du nom est un mot ou un groupe de mots qui complète un nom. • Le complément du nom est le plus souvent un nom ou un groupe nominal. Il peut être aussi un verbe à l’infinitif ou un groupe verbal. • Ce complément se trouve après le nom qu’il complète et il est en général relié à ce nom par une préposition : à, de, par, en, pour, sans… > Le donjon du château, un anneau aux étranges pouvoirs, une table en cristal, une tour sans fenêtre, la capacité de combattre. > Identifier un complément du nom • Attention ! Un complément du nom complète un nom mais pas un verbe. > Le chevalier observe le donjon du château. ≠ > Le chevalier parle du château. GN > complément du nom verbe > COI S’exercer 2. a. Relevez les compléments du nom qui complètent les noms en gras. b. Quelle est la classe grammaticale de ces compléments ? * Lisseur de la pierre Blancheur si fière Finesse du marbre poli Appel à la caresse. 5. Dans chaque GN, remplacez l’adjectif épithète par un * R. CAUSSE, « Sculpture », Une pluie de poésie © Actes Sud, 2001. 3. Chaque GN en gras est-il un complément du nom ou un complément du verbe ? ** La troupe de saltimbanques s’était installée devant la cathédrale. L’un d’eux jonglait avec des quilles. Les autres jouaient du tambourin, du chalumeau ou de la flûte. […] L’homme, vêtu de jaune et d’un chapeau à plumes, qui avait harangué la foule en lui donnant des nouvelles des croisades, semblait être leur chef et surveillait les évolutions de tout son petit monde. M. POUCHAIN, Meurtres à la cathédrale © Éditions Gallimard Jeunesse, 2000. 4. a. Relevez les compléments du nom en précisant le nom complété. b. Quelle est la classe grammaticale de ces compléments ? 1. Renart avait une grande envie de manger du poisson de rivière ou de mer. 2. Il aperçoit au détour du chemin des marchands en * charrette. 3. Il sort de la forêt et s’étend au centre de la route. 4. Les marchands sont surpris de voir un animal à la si belle fourrure. 5. Renart les observe du coin de l’œil, sans bouger. 6. Il espère ne pas passer une nouvelle journée sans nourriture. complément du nom. 1. Une représentation théâtrale. 2. Une expédition spatiale. 3. Une relation amicale. 4. Un spectacle féerique. 5. Une mort accidentelle. 6. Une construction médiévale. 6. Recopiez les phrases suivantes en complétant les GN en ** gras par un complément du nom. 1. Le cercle … se resserrait peu à peu. 2. Une haleine chaude soufflait sur les corps … . 3. Toute la plaine … restait silencieuse. 4. Chaque animal restait immobile comme une statue … . 5. Soudain, un cri … déclencha le début … . Écrire 7. Donnez le titre de trois chansons ayant un complément du nom. Soulignez-le. La ballade de Jim. 8. Décrivez le château de la page 292 en employant quatre compléments du nom que vous soulignerez. L’étude de la langue Grammaire 293 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 293 01/07/10 14:10 LES FONCTIONS GRAMMATICALES > LE GROUPE NOMINAL ET SES EXPANSIONS Le complément de l’antécédent : la proposition subordonnée relative Les mots de la leçon proposition : ensemble de mots organisés autour d’un verbe conjugué. subordonnée : qui est inférieure, qui dépend de. relative : qui établit un lien, une relation. Observer pour comprendre 1. Lisez les phrases suivantes en supprimant les passages entre crochets : les phrases restentelles correctes et compréhensibles ? 2. Quel mot chacune de ces propositions entre crochets complète-t-elle ? Où est-il placé ? Quelle est sa classe grammaticale ? 3. Relevez le mot qui introduit chaque proposition entre crochets : quelle est sa classe grammaticale ? 4. De quoi sont constitués : a. le GN souligné de la première phrase ? b. le GN souligné de la deuxième phrase ? > Le château [dont je parle] comporte quatre tours. Je regarde l’épée [qui appartient au chevalier]. Retenir la leçon > Définition Ex. 5 à 12 • Une proposition subordonnée relative est une expansion du nom comme l’épithète, le complément du nom ou l’apposition. C’est une proposition qui complète un nom, ou un groupe nominal, ou un pronom, appelé antécédent. > Le chevalier voit un château qui est entouré de remparts. p. subordonnée relative • La proposition subordonnée relative est un élément du groupe nominal. > Le chevalier voit un château qui est entouré de remparts. groupe nominal • Un même antécédent peut être complété par plusieurs propositions subordonnées relatives. > Le château qui est entouré de remparts et dont le donjon domine la vallée est celui d’Arthur. > Construction • La proposition subordonnée relative est introduite par un pronom relatif (voir p. 286). Elle comporte un verbe conjugué. Elle suit le plus souvent l’antécédent. > Le chevalier découvre un château qu’il ne connaît pas. • Il arrive fréquemment que la proposition subordonnée relative soit insérée à l’intérieur d’une autre proposition. > [Le chevalier [qui part en quête] découvre un château.] [Quand le chevalier [qui part en quête] sort du château du roi], [un cri retentit.] p. subordonnée conjonctive proposition principale > Fonction grammaticale • Comme la proposition subordonnée relative complète un nom appelé « antécédent », sa fonction est d’être complément de l’antécédent. > Le chevalier qui observe les environs découvre un château. complément de l’antécédent « chevalier » > Rôle • Une proposition subordonnée relative permet d’éviter la répétition du nom qu’elle complète. > Un chevalier découvre un château. Ce chevalier s’appelle Gauvain. > Un chevalier [qui s’appelle Gauvain] découvre un château. 294 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 294 01/07/10 14:10 • Dans un texte, les propositions subordonnées relatives enrichissent les noms ou les groupes nominaux qu’elles complètent : elles apportent une précision, une description ou une explication. > Un chevalier qui était perdu et dont le destrier piaffait aperçut un château. Attention ! • Ne pas confondre la proposition subordonnée relative introduite par le pronom relatif que, complétant un nom, avec la proposition subordonnée conjonctive introduite par la conjonction de subordination que la reliant à un verbe dont elle est COD (voir p. 266). • Pour l’accord du pronom relatif sujet avec le verbe, voir p. 333. S’exercer 5. Observez les propositions subordonnées entre crochets : quel nom chaque proposition complète-t-elle ? * Baldassa était étendu sur un matelas douillet de feuilles sèches dans une pièce [où crépitait joyeusement un grand feu]. Tout autour de lui, se trouvaient de nombreuses personnes [qui l’examinaient en souriant]. P. FAVARO, Le Secret du maître luthier © Le Livre de poche Jeunesse, 2008. 6. Recopiez chaque nom en gras avec la subordonnée relative qui le complète. * Giuseppe et Carlino tentaient de colmater les fentes où les flocons s’engouffraient ; de son côté le Capitaine se massait l’estomac qui le faisait encore cruellement souffrir. Baldassa, pour sa part, se tenait recroquevillé à l’entrée de l’abri, le regard fixé sur le néant brumeux qui les entourait. P. FAVARO, Le Secret du maître luthier © Le Livre de poche Jeunesse, 2008. 7. Parmi ces subordonnées relatives, trouvez celle qui complète chaque nom en gras : à qui il devait sa loyauté sinon son cœur, qui lui servait de mentonnière, qu’on lui avait donné, qu’elle portait. 9. a. Recopiez ce texte en ajoutant les pronoms relatifs qui manquent : qui (1 fois), dont (2 fois). b. Soulignez les propositions subordonnées relatives. c. Encadrez le nom complété par chaque subordonnée. ** Il arriva devant la maison de l’apothicaire … la porte était entrebâillée. Un corps inanimé était étendu juste derrière la porte. Le cadavre était celui d’une sentinelle … la gorge avait été tranchée net. La lune éclairait la partie de la boutique … se trouvait dans le prolongement de la porte entrebâillée. M. POUCHAIN, Meurtres à la cathédrale © Éditions Gallimard Jeunesse, 2000. 10. Transformez les couples de phrases en une seule phrase comportant une proposition subordonnée relative. 1. Martin veut devenir médecin. Un médecin pourra guérir les lépreux. 2. Les médecins poursuivent leurs études à la ville. Les études sont longues et difficiles. 3. Les apothicaires préparent des potions. On conserve les potions dans des fioles. 4. À l’hôpital, le médecin passe tous les matins. À l’hôpital, les malades sont installés dans des dortoirs. ** * 11. Quel mot chaque proposition entre crochets complè- Au sommet de la tour, en une fenêtre étroite au ras des tuiles, un visage de femme vint s’encadrer. Serena contempla l’époux … . Lui aussi la vit. Il fit tourner son cheval, la lance élevée vers la dame … . Au moment où le bras vêtu de fer la saluait, gage de protection de leurs châtellenies1 rassemblées, Serena sentit bouger pour la première fois l’enfant … . Elle défit l’écharpe bleue … . te-t-elle ? Précisez pour chaque proposition si elle est une subordonnée relative ou conjonctive. J.-C. NOGUÈS, Le Vœu du paon © Éditions Gallimard, 2008. 1. terres où s’appliquait la justice du seigneur. 8. a. Recopiez les propositions subordonnées relatives qui complètent les mots en gras. b. Soulignez les pronoms relatifs. ** Le cinquième voyage que nous fîmes différa beaucoup des autres. La coque de noix dans laquelle nous étions se trouvait fortement surchargée. Cinq hommes dont trois mesuraient plus de six pieds étaient à bord. L’arrière où étaient stockés la poudre et le lard était au ras de l’eau. Le capitaine qui était craint de l’équipage nous fit équilibrer le canot qui penchait dangereusement. ** Marco Polo rapporte une nouvelle [qu’il a entendue]. Ceux qui ont visité les îles du Sud disent [qu’ils ont vu de terribles oiseaux griffons]. Ils racontent [qu’un seul de ces oiseaux peut emporter en l’air un éléphant]. Le griffon laisse ensuite tomber l’éléphant [qu’il a soulevé dans les airs] et une fois l’animal mort, le griffon le dévore. D’après MARCO POLO, Le Livre des merveilles, 1298 © Klincksieck, 1998. Écrire 12. Complétez par une proposition subordonnée relative les noms suivants : jardin, allée, arrosoir, arbres. Vous rédigerez un paragraphe qui contiendra trois de ces noms complétés. R. STEVENSON, L’Île au trésor, trad. A. Bay © Le Livre de poche, 1961. L’étude de la langue Grammaire 295 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 295 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LES FONCTIONS GRAMMATICALES > LES GN COMPLÉMENTS CIRCONSTANCIELS RÉ •R ÉV IS IONS• Réviser les GN compléments circonstanciels (manière, moyen, lieu, temps) IO VIS Les mots de la leçon groupe nominal : groupe de mots dont le noyau est un nom. complément : ce qu’il faut ajouter à une chose pour la rendre complète. circonstanciel : qui exprime une circonstance, du latin circumstare, « qui se tient autour ». Consolider les acquis > Définition • Les compléments circonstanciels évoquent les circonstances d’une action. Ce ne sont pas des compléments essentiels. Si on les supprime, la phrase reste correcte et cohérente. > Au XIIIe siècle, Marco Polo voyage en Chine. (Marco Polo voyage.) • On peut additionner les compléments circonstanciels, les déplacer, les détacher par une virgule. > Marco Polo voyage à cheval, en Chine, au XIIIe siècle. > Les compléments circonstanciels de manière et de moyen Ex. 1, 2 et 10 • Un GN complément circonstanciel de manière indique une certaine façon d’être, d’accomplir une action. Il répond à la question « de quelle manière ? ». > Le chevalier combat avec ardeur. • Un GN complément circonstanciel de moyen indique au moyen de quel objet l’action s’accomplit. Il répond à la question « avec quoi ? ». > Le chevalier combat avec son épée. Pour aller plus loin Ex. 3 • Un complément circonstanciel de manière peut être exprimé par : – un adverbe : > Le chevalier combat vaillamment. – un gérondif (en + participe présent) : > Le chevalier combat en se servant de l’épée. – un infinitif précédé d’une préposition : > Le chevalier combat sans se reposer. > Les compléments circonstanciels de lieu et de temps Ex. 4 à 7 et 10 • Un GN complément circonstanciel de lieu indique une situation, un déplacement, une direction. > Le chevalier arrive dans la salle et s’avance vers la dame. • Un GN complément circonstanciel de temps indique le moment, la durée, la répétition. > Tous les soirs, le seigneur organise un banquet pendant les fêtes. Pour aller plus loin Ex. 8 • Un complément circonstanciel de lieu peut être exprimé par un adverbe : ailleurs, dedans, dehors, dessous, dessus, devant, (au) loin, en, ici, là, là-bas, près, par-dessus… • Un complément circonstanciel de temps peut être exprimé par : – un adverbe : aujourd’hui, autrefois, déjà, demain, jadis, hier, tôt, longtemps, toujours… ; – un infinitif précédé d’une préposition : avant de (combattre) ; – une proposition subordonnée introduite par une conjonction de subordination : quand, lorsque, dès que (voir p. 267). Pour aller plus loin Ex. 9 • Les compléments essentiels de lieu et de temps sont proches des compléments circonstanciels de lieu et de temps mais ils dépendent directement du verbe. On ne peut ni les déplacer ni les supprimer sans rendre la phrase incorrecte ou en changer le sens : – les compléments essentiels de temps accompagnent des verbes comme durer, dater, atteindre… : > L’épreuve dura deux heures. – les compléments essentiels de lieu accompagnent des verbes comme aller, habiter, se rendre, vivre… : > Il se rend chez le roi. 296 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 296 01/07/10 14:10 S’exercer 1. a. Observez les GN en gras : précisez la circonstance exprimée par chacun d’eux. b. Soulignez la préposition quand il y en a une. * Andréa se donnait à son travail avec ardeur et application. Il n’avait encore jamais réalisé un violon en totalité mais il n’en possédait pas moins une assez bonne expérience dans la fabrication de chaque partie. Pour l’heure, il ébauchait avec précision la voûte de la table d’harmonie ; au moyen d’une très grosse gouge, une sorte de ciseau à bois au tranchant incurvé, il enlevait le bois superflu. P. FAVARO, Le Secret du maître luthier © Le Livre de poche Jeunesse, 2008. panoramique au sommet de l’île. 4. Il fit de nombreuses fois des allers et retours entre le bateau et le rivage. 5. Après plusieurs mois de vie sur l’île, il s’était recréé un domaine prospère. 7. Relevez les GN compléments circonstanciels : a. de lieu ; b. de temps. * Un jour, Renart, amateur de méchants tours, ressentit la faim près d’une ferme abondamment peuplée de poules. Messire Constant Desnois, un riche vilain, taillait ses arbres près de la clôture. Dans les vergers, il ramassait à l’automne quantité de pommes. Le vilain gardait ses poules tout le jour en lieu sûr, dans un jardin entouré d’une solide clôture. Renart s’approcha de la clôture. D’après Le Roman de Renart, trad. D. Boutet, © Éditions Gallimard, 1998. 2. Complétez les phrases : a. par un complément circonstanciel de manière ; b. par un complément circonstanciel de moyen. 1. Les chevaliers se rendent à la cour du roi Arthur. 2. Les dames lissent leur belle chevelure. 3. Un guetteur annonce l’arrivée des chevaliers. 4. Le roi Arthur s’avance à leur rencontre. * Pour aller plus loin 3. a. Relevez les compléments circonstanciels de manière. b. Donnez leur classe grammaticale. ** Andréa suivit son ancien compagnon sans prononcer une parole. […] Andréa entra dans l’atelier en se tenant sur ses gardes. […] L’atelier de Jacques ressemblait étrangement à celui de maître Antonio. […] Un violon fraîchement verni achevait de sécher suspendu à un crochet. Andréa écarta brusquement Jacques et l’examina de plus près. P. FAVARO, Le Secret du maître luthier © Le Livre de poche Jeunesse, 2008. 4. Relevez les GN compléments circonstanciels de lieu. * Au milieu des flots, un petit navire se livrait à une manœuvre désespérée pour éviter le naufrage. Secoué par une mer chaotique, il progressait vers le port de Tieff, pourtant invisible à ses yeux. Sigurt se tenait debout sur la jetée de bois à l’entrée du port ; il donna l’ordre de signaler la passe à la barque en péril. Les arrivants comprirent le signal et, vigoureusement tirés par leur minuscule toile, firent route vers Tieff. La barque vint s’amarrer le long du bateau viking de Sigurt. D’après L. THIRION et P. GODARD, Sigurt le Viking © Le Livre de poche Jeunesse, 2004. Pour aller plus loin 8. Relevez les GN compléments circonstanciels : a. de ** lieu ; b. de temps. Ma mère était une enfant un peu aventureuse, sans cesse à galoper au plus profond des forêts qui s’étendaient autour de notre château. Un beau jour, au milieu des bois, elle rencontra les chevaliers du Saint-Graal. Ils campaient dans ce lieu perdu afin de fortifier leur esprit par la retraite. La petite prit plaisir à jouer tous les jours avec les guerriers. D’après I. CALVINO, Le Chevalier inexistant, trad. M. Javion © Seuil, 1962. 9. Pour chaque GN en gras, dites s’il est un complément ** circonstanciel ou essentiel. 1. La période du Moyen Âge historique dure mille ans. 2. Durant mille ans, les rois de France se sont succédé. 3. La dame a rencontré son chevalier préféré lors d’un grand tournoi. 4. Les chevaliers se rendent au tournoi. 5. Le seigneur et sa dame habitent au château. 6. Au château, les guetteurs montent la garde. Écrire 10. Décrivez la scène avec des compléments circonstanciels de manière, de moyen, de lieu et de temps, en utilisant une couleur pour chaque circonstance. 5. a. Replacez les six prépositions suivantes : autour, vers, sur, dans, sous, devant. b. Relevez les GN compléments circonstanciels de lieu. 1. Les apprentis affluent … l’atelier de sculpture. 2. Les élèves se pressent … du maître, écoutent ses conseils. 3. … la porte de l’atelier se trouve une charrette ; … celle-ci, une poule a élu domicile tandis que … la carriole dort un gros chat. 4. Des hommes sculptent … la pierre. * 6. Relevez les GN compléments circonstanciels de temps. * 1. À son arrivée sur l’île, Robinson entreprit de découvrir les lieux. 2. Il s’aperçut que toute la journée des chèvres arpentaient les prairies. 3. Aux premiers rayons de l’aube, il avait une vue Combat entre Renart et Ysengrin, enluminure, manuscrit français, vers 1380, BnF. L’étude de la langue Grammaire 297 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 297 01/07/10 14:10 LES FONCTIONS GRAMMATICALES > LES GN COMPLÉMENTS CIRCONSTANCIELS Les GN compléments circonstanciels (cause, conséquence, but, comparaison) Les mots de la leçon groupe nominal : groupe de mots dont le noyau est un nom. complément : ce qu’il faut ajouter à une chose pour la rendre complète. circonstanciel : qui exprime une circonstance, du latin circumstare, « qui se tient autour ». Observer pour comprendre 1. Récrivez le texte suivant : a. en supprimant les groupes nominaux en gras ; b. en les déplaçant. c. Les extraits obtenus gardent-ils un sens ? 2. Lequel de ces groupes nominaux : a. répond à la question « Pour quelle raison ? », « Dans quel but ? » ; b. Lequel de ces groupes nominaux exprime la conséquence d’une action ? une comparaison ? > Gauvain se rend au tournoi pour une victoire retentissante. Comme un vrai lion, ce chevalier combat durement grâce à sa vaillance. Il affronte son adversaire jusqu’à épuisement. Retenir la leçon > Les GN compléments circonstanciels de cause • Le GN complément circonstanciel de cause exprime la raison qui a provoqué une action ou un état. Il est précédé d’une préposition : à cause de, en raison de, par, grâce à, étant donné, à force de, sous prétexte de (cause prétendue, fausse)… > Merlin est un grand magicien grâce à ses pouvoirs. Ex. 3 à 5, 12 et 13 Pour aller plus loin • Un complément circonstanciel de cause peut être aussi exprimé par : – un verbe à l’infinitif introduit par à force de (+ infinitif présent) ou pour (+ infinitif passé) : > Il remporte le combat à force de s’entraîner. Il meurt pour avoir été trop téméraire. – un gérondif : > En combattant durement, il a gagné. > Les GN compléments circonstanciels de conséquence • Le GN complément circonstanciel de conséquence indique la conséquence d’un état, d’une action, le résultat obtenu à la suite de cette action. Il est introduit par la préposition jusqu’à. > Le chevalier a combattu jusqu’à épuisement. Ex. 6, 7, 12 et 13 Pour aller plus loin • Plus généralement, un complément circonstanciel de conséquence peut être exprimé par un verbe à l’infinitif introduit par : au point de, assez… pour, trop… pour. > Le chevalier a combattu au point d’être épuisé. Le chevalier a trop combattu pour poursuivre le tournoi. > Les GN compléments circonstanciels de but Ex. 8, 9, 12 et 13 • Le GN complément circonstanciel de but exprime l’intention dans laquelle est accomplie une action. Il est précédé d’une préposition : pour, en vue de. > Le chevalier s’est entraîné en vue de la victoire. Pour aller plus loin • Un complément circonstanciel de but peut être exprimé par un verbe à l’infinitif introduit par : afin de, en vue de, de crainte de, de peur de. > Le chevalier s’est entraîné en vue de gagner. > Les GN compléments circonstanciels de comparaison Ex. 10 à 13 • Le GN complément circonstanciel de comparaison indique à quoi on compare un élément. Il se trouve après la conjonction comme ou après l’adjectif tel ou bien après un adjectif (ou un adverbe) au comparatif (voir p. 280) ; il est alors introduit par la conjonction que. 298 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 298 01/07/10 14:10 > Ce chevalier se bat comme un lion. Ce chevalier se bat tel un lion. > Ce chevalier est moins courageux que Lancelot. > Ce chevalier se bat moins courageusement que Lancelot. Attention ! • Les compléments circonstanciels de cause, conséquence, but, comparaison peuvent aussi être exprimés par des propositions subordonnées circonstancielles étudiées en classe de 4e. S’exercer 3. a. Relevez les GN compléments circonstanciels de cause. b. Quelle préposition introduit chacun d’eux ? 1. Jadis, un voyage était une affaire importante à cause de sa longue préparation. 2. Grâce à l’esprit d’aventure des explorateurs, des hommes ont eu envie de voyager. 3. En raison de sa passivité, un touriste est un homme qui entreprend peu. * 4. a. Relevez les compléments circonstanciels de cause. 10. a. Relevez les compléments circonstanciels de comparaison. b. Indiquez leur classe grammaticale. ** Il poussait dans la lande un figuier plus beau que tous les autres arbres. Son feuillage abondant tel un parasol ombrageait une large place et son pied tel une solide colonne était impressionnant à voir. Sous ce figuier, jaillissait une source aussi pure que du cristal. ** D’après Chrétien de TROYES, Lancelot ou le Chevalier à la charrette, trad. J.-C. Aubilly © Flammarion, 2003. 5. a. Complétez les phrases en imaginant une cause à ces 11. a. Complétez les phrases en imaginant un complément circonstanciel de comparaison pour chaque nom ou groupe nominal en gras. b. Indiquez la classe grammaticale de chaque complément circonstanciel de comparaison. 1. Merlin et Viviane cheminaient dans la forêt de Brocéliande. 2. Ils trouvèrent un buisson d’aubépines chargé de fleurs. 3. Merlin posa sa tête sur les genoux de la fée. b. Indiquez la classe grammaticale de chacun d’eux. 1. Grâce à ses connaissances, Vendredi initie Robinson. 2. Tous deux, à force de parcourir l’île, rencontrent des perroquets. 3. Sous prétexte d’éducation, Robinson impose à Vendredi de se vêtir. 4. En payant Vendredi, Robinson ne le traite pas en esclave. actions ou états en variant les classes grammaticales ou les prépositions. b. Indiquez la classe grammaticale de chaque complément circonstanciel de cause. 1. Le chevalier galope sur son destrier. 2. Le château disparaît tout à coup. 3. Les champions seront félicités. 4. Les dames ont eu peur. 5. Le félon est puni. ** 6. a. Relevez les compléments circonstanciels de consé- ** quence. b. Indiquez leur classe grammaticale. 1. Les pirates avaient trop bien caché le trésor pour le retrouver. 2. Ils ont cherché longtemps au point d’en tomber malades. 3. Un des flibustiers a hurlé jusqu’à extinction de voix. 4. Le chef fut assez malin pour se souvenir d’un détail capital. 7. a. Complétez les phrases en imaginant une conséquence à ces actions ou états en variant les classes grammaticales ou les prépositions. b. Indiquez la classe grammaticale de chaque complément circonstanciel de conséquence. 1. Le cheval avance péniblement. 2. Le château domine la vallée. 3. Les champions sont blessés. 4. Les dames ont apprécié le spectacle de jongleries. 5. Le traître a eu peur d’être puni. ** ** 12. a. Relevez les compléments circonstanciels en précisant s’ils expriment la cause, la conséquence, le but ou la comparaison. b. Indiquez leur classe grammaticale. 1. En raison d’un changement de scène, les acteurs répètent le spectacle jusqu’à la dernière minute. 2. Le metteur en scène tel un père les rassure. 3. Les couturières ont cousu les costumes au point d’avoir mal aux yeux. 4. Les accessoiristes veillent au moindre détail pour une représentation parfaite. ** Écrire 13. Décrivez la scène avec des compléments circonstanciels de cause, de conséquence, de but et de comparaison, en utilisant une couleur pour chaque circonstance. 8. a. Relevez les compléments circonstanciels de but. b. Indiquez la classe grammaticale de chacun d’eux. ** 1. Les corsaires attaquaient les bateaux ennemis pour s’emparer du butin. 2. En vue du maintien de l’ordre à bord, le capitaine punit les rebelles. 3. Les navigateurs embarquèrent du sel pour la conservation de la viande. 9. a. Complétez les phrases en imaginant un but à ces actions en variant les classes grammaticales ou les prépositions. b. Indiquez la classe grammaticale de chaque complément circonstanciel de but. 1. Les jongleurs vont de châteaux en châteaux. 2. Le seigneur organise un grand tournoi. 3. Les chevaliers s’entraînent vaillamment. 4. La reine convie les dames à un banquet. ** Miniature d’OGIER LE DANOIS, XVe siècle. L’étude de la langue Grammaire 299 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 299 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LA CONJUGAISON DU VERBE ÉV IS IONS• Les mots de la leçon RÉ •R Réviser la « carte d’identité du verbe » IO VIS verbe : du latin verbum, « la parole ». Le verbe est à l’origine ce qui exprime la pensée par les mots. auxiliaire : qui aide. Consolider les acquis Qu’est-ce qu’un verbe ? Ex. 1 et 2 • Un verbe est une classe grammaticale (nature) : – qui peut être accompagnée d’une négation : ne pas, ne… que… ; – qui peut être accompagnée d’un adverbe : souvent, lentement… ; – qui peut être précédée d’un pronom : je, tu, il, on… ; – qui peut être précédée d’expressions comme : il faut, on peut, on doit… ; – qui peut varier ou non en personne : je vois / on voit, régner. – qui peut varier en temps : il est / il était ; – qui peut varier en mode : il part (indicatif), parti (participe) ; – qui possède des formes simples ou des formes composées selon que l’on observe le déroulement (il mange) ou le résultat (il a mangé) ; – qui exprime une action (Tristan combat le dragon.) ou un état (Tristan était courageux.). Pour s’assurer qu’un mot est un verbe, il faut souvent vérifier que plusieurs des critères précédents fonctionnent. S’exercer 1. Recopiez les phrases suivantes en soulignant les verbes. Entourez deux éléments qui vous ont permis d’identifier le verbe. 1. L’acteur parlait lentement. 2. Les spectateurs furent enthousiastes. 3. Le public a chaleureusement applaudi les acteurs. 4. On ne voit pas souvent une représentation aussi remarquable. 5. Le metteur en scène n’avait choisi que d’excellents acteurs. 6. On doit amuser ou émouvoir le spectateur au théâtre. 7. Accablé par la chaleur, il avançait péniblement à travers les dunes. * 2. a. Lisez le texte suivant et recopiez les mots qui, pour vous, sont des verbes. b. Pour chaque verbe que vous avez identifié, précisez quel(s) moyen(s) vous a (ont) aidé(e) à le repérer. * Robinson remarqua plus tard que le soleil n’était visible de l’intérieur de la villa qu’à certaines heures du jour et qu’il serait plus pratique pour savoir l’heure de fabriquer une sorte d’horloge qui fonctionnerait jour et nuit à l’intérieur de la maison. Après quelques tâtonnements, il confectionna une sorte de clepsydre, c’est-à-dire une horloge à eau comme on en avait autrefois. C’était simplement une bonbonne de verre transparent dont il avait percé le fond d’un tout petit trou par où l’eau fuyait goutte à goutte dans un bac de cuivre posé sur le sol. M. TOURNIER, Vendredi ou la Vie sauvage © Éditions Gallimard, 1971. Consolider les acquis Les groupes Ex. 3, 4 et 5 • Il existe trois groupes de verbes : – les verbes du premier groupe : ceux dont l’infinitif se termine en -er (parler) ; – les verbes du deuxième groupe : ceux dont l’infinitif se termine en -ir et dont le participe présent est en -issant (grandir / grandissant) ; – les verbes du troisième groupe : tous les autres verbes (sortir / sortant, prévoir, faire…) et le verbe aller. • Il existe deux verbes que l’on appelle auxiliaires parce qu’ils aident à conjuguer tous les autres : être et avoir. Ils peuvent également avoir une valeur propre, sans être auxiliaires. > Tu es grande. Il a des projets. 300 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 300 01/07/10 14:10 S’exercer 3. Classer ces infinitifs selon les trois groupes de verbes. * promettre • balancer • gravir • anéantir • connaître • devoir • comporter • moisir • saisir • partir • interdire • écrire • élire • compléter • nettoyer • courir • dérouler • conclure 4. a. Repérez la (ou les) forme(s) verbale(s) dans chaque phrase. b. Donnez-en l’infinitif et classez-les selon leur groupe. 1. En arrivant à la cour d’Arthur, Lancelot vit Gauvain et le salua. 2. La reine a convié les chevaliers à lui faire le récit de leurs aventures. 3. Un frisson a parcouru l’assemblée lorsque Méléagant parut. ** 5. a. Repérez toutes les formes verbales présentes dans ce texte. b. Donnez leur infinitif et classez-les selon leur groupe. ** Renart est en son château. Hermeline, son épouse bonne et sage, lui frotte et rafraîchit les jambes ; ses enfants écorchent les anguilles, les taillent, en piquent les morceaux sur des baguettes de coudrier1 avant de les poser doucement sur la braise. Pendant qu’ils rôtissent les anguilles, voilà que quelqu’un frappe à la porte. C’est messire Ysengrin qui, ayant chassé tout le jour sans rien prendre, est venu jusqu’au château de Maupertuis. D’après Le Roman de Renart, trad. D. Boutet © Éditions Gallimard, 1998. 1. noisetier sauvage. Consolider les acquis Modes, temps, personnes, voix Ex. 6 et 7 Un verbe peut varier en mode, en temps, en personne et en voix. La conjugaison d’un verbe est l’ensemble de toutes les formes que peut prendre ce verbe. > Six modes • Quatre modes personnels qui se conjuguent à plusieurs personnes : – l’indicatif ; – l’impératif (3 personnes seulement) ; – le subjonctif ; – le conditionnel. • Deux modes impersonnels qui n’utilisent pas les personnes : – l’infinitif ; – le participe. > Temps • Les temps expriment le passé, le présent ou l’avenir. • Le nombre des temps varie selon les modes. • Il existe des formes verbales simples et des formes verbales composées. > Six personnes • Au singulier : 1re personne : je ; 2e personne : tu ; 3e personne : il, elle, on. • Au pluriel : 1re personne : nous ; 2e personne : vous ; 3e personne : ils, elles. > Voix • Il existe une voix active et une voix passive (voir p. 311), ainsi qu’une voix pronominale, que vous découvrirez ultérieurement. S’exercer 6. Observez le tableau de conjugaison, p. 302 : a. Combien de temps chacun des modes indiqués en majuscules comporte-t-il ? b. Quel est le mode qui comporte le plus de temps ? c. Quels modes se conjuguent avec des personnes ? d. Combien de personnes comptez-vous selon les modes ? e. Quels modes ne se conjuguent pas avec des personnes ? 7. Observez le tableau de conjugaison, p. 302 : a. Le classement en temps simples et composés est-il propre à un mode ? à certains modes ? à tous les modes ? b. Quelle correspondance pouvez-vous faire entre l’auxiliaire du temps composé et le temps simple correspondant ? * * L’étude de la langue Grammaire 301 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 301 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LA CONJUGAISON DU VERBE IO VIS •R RÉ ÉV IS Réviser : radical, bases verbales et terminaisons IONS• Consolider les acquis • On appelle radical, à l’infinitif présent, la partie du verbe qui porte le sens du verbe, à laquelle s’ajoute la terminaison. > porter, grandir, venir, prendre, écrire, pouvoir • On appelle base verbale, dans les différents temps de la conjugaison d’un verbe, la partie du verbe à laquelle s’ajoute la terminaison. La base verbale peut ou non correspondre au radical de l’infinitif. > J’écris, nous écrivons, tu écriras. • Selon les verbes, les temps comportent une ou plusieurs bases verbales, aux différents modes. • Attention ! La difficulté de l’apprentissage de la conjugaison en français repose davantage sur les variations des bases verbales que sur les terminaisons plutôt régulières. TEMPS SIMPLES TEMPS COMPOSÉS TEMPS SIMPLES INDICATIF Présent je lis tu lis il lit nous lisons vous lisez ils lisent Passé composé j’ai lu tu as lu il a lu nous avons lu vous avez lu ils ont lu Imparfait je lisais tu lisais il lisait nous lisions vous lisiez ils lisaient Plus-que-parfait j’avais lu tu avais lu il avait lu nous avions lu vous aviez lu ils avaient lu Passé simple je lus tu lus il lut nous lûmes vous lûtes ils lurent Passé antérieur j’eus lu tu eus lu il eut lu nous eûmes lu vous eûtes lu ils eurent lu Futur simple je lirai tu liras il lira nous lirons vous lirez ils liront Futur antérieur j’aurai lu tu auras lu il aura lu nous aurons lu vous aurez lu ils auront lu Ex. 1 à 3 TEMPS COMPOSÉS CONDITIONNEL Présent je lirais tu lirais il lirait nous lirions vous liriez ils liraient Passé j’aurais lu tu aurais lu il aurait lu nous aurions lu vous auriez lu ils auraient lu SUBJONCTIF Présent que je lise que tu lises qu’il lise que nous lisions que vous lisiez qu’ils lisent Passé que j’aie lu... Imparfait que je lusse… Plus-que-parfait que j’eusse lu… IMPÉRATIF Présent lis lisons lisez Passé aie lu ayons lu ayez lu INFINITIF Présent lire Passé avoir lu PARTICIPE Présent lisant Passé lu, lue, ayant lu (Les cases grisées correspondent à des temps qui seront étudiés dans les classes suivantes.) S’exercer 1. Observez la conjugaison du verbe « lire » à l’imparfait de l’indicatif. a. Si l’on supprime les terminaisons, la base verbale varie-t-elle selon les personnes ? b. Recopiez cette base verbale. c. À quels temps de quels autres modes retrouvez-vous cette même base ? * 2. a. Quelle est la base verbale du verbe « lire » au futur de l’indicatif ? b. À quel mode et à quel temps retrouvezvous cette base ? * 3. Observez les tableaux de conjugaison p. 373 à 381 : recopiez un temps comportant : a. une base verbale ; b. deux bases verbales ; c. trois bases verbales. Soulignez-les. * 302 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 302 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI LA CONJUGAISON DU VERBE ONS R •R ÉV IS Réviser les temps simples de l’indicatif SI ÉVI IONS• L’indicatif comprend quatre temps simples constitués d’un mot. Pour les valeurs des temps simples, voir p. 314. Consolider les acquis > Le présent Ex. 1 à 5 • Selon les groupes, les verbes ont de une à quatre bases verbales. > Je parle, tu parles, il parle, nous parlons, vous parlez, ils parlent. > Je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont. • Les terminaisons sont les suivantes : -e, -es, -e er Singulier -s, -s, -t -s, -s, Ø e e e 1 groupe 2 groupe 3 groupe 3 groupe je chante je finis je pars je prends tu chantes tu finis tu pars tu prends il chante il finit il part il prendØ Pluriel -ons, -ez, -ent e • Certains verbes du 3 groupe se terminent par -x, -x, -t. > Je veux, tu veux, il veut (vouloir). Orthographe • Certains verbes présentent des variations orthographiques : – verbes en -cer : > je lance, nous lançons, ils lancent ; – verbes en -ger : > je plonge, nous plongeons, ils plongent ; – verbes en -ayer : > je paye ou paie, nous payons, ils payent ou paient ; – verbes en -oyer : > j’envoie, nous envoyons, ils envoient ; – verbes en -uyer : > j’essuie, nous essuyons, ils essuient. S’exercer 1. Écrivez ces verbes au présent de l’indicatif. * 1. Il (prendre) sa canne et (partir) pour une longue marche. 2. Je (vouloir) défendre ce sportif qui (multiplier) les efforts. 3. (Parvenir)-tu à défaire ce nœud ? 4. Que (faire)-nous ce weekend ? 5. Le couturier (créer) un nouveau modèle. 6. Ton frère se (marier) dans trois mois. 7. Je (joindre) une photographie à ma lettre. 8. Tu (vendre) des billets pour le match. 2. Écrivez ces verbes au présent de l’indicatif. ** 1. Nous (encourager) notre équipe. 2. Vous (lancer) des confettis. 3. Tu (percer) le mur. 4. Nous (exiger) une réponse rapide. 5. Nous (partager) notre repas avec nos amis. 6. Nous (payer) notre cotisation. 7. Ils (rayer) leur nom sur la liste. 8. Ces chiens (aboyer) toutes les nuits. 9. Quand il (essuyer) un refus, il (essayer) de ne pas se démoraliser. 10. Nous nous (efforcer) de finir ce travail rapidement. 3. Écrivez ces verbes à la 3e personne du singulier et à la 2e personne du pluriel. Attention aux variations de bases verbales ! craindre • revendre • dépeindre • rejoindre • dépendre • apprendre • répondre • atteindre * 4. Conjuguez ces formes verbales au présent de l’indica- ** tif. 1. Il (pleuvoir). 2. Vous (faire) trop de bruit. 3. Vous (dire) vrai. 4. Le soleil (apparaître) à l’horizon. 5. Ce meuble (valoir) cher. 6. Tu (mettre) le bulletin qu’il (falloir) pour faire élire ton candidat préféré. 7. Vous (valoir) vos concurrents. 5. Recopiez cet extrait en conjuguant les verbes au présent de l’indicatif. * La peur (avoir) tant de noms. Et soudain j’(avoir) l’impression de les connaître tous. Ici, dans le château de La Roche-Guyon, elle (ramper) le long des murs humides, (faire) grincer portes et planchers. Elle (être) dans cette falaise et dans ce noir donjon qui la (surplomber), dans ces souterrains qu’on (dire) mener aux Enfers. D’après V. MOORE, Le Seigneur sans visage © Castor Poche, 2005. L’étude de la langue Grammaire 303 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 303 01/07/10 14:10 Consolider les acquis > L’imparfait Ex. 6 à 8 • La base verbale de l’imparfait de l’indicatif se fonde sur la base verbale de la 1re personne du pluriel au présent de l’indicatif. Elle est la même pour les six personnes. > je viens, nous venons ➝ je venais / Exception : nous sommes ➝ nous étions (être). • À l’imparfait de l’indicatif, les terminaisons sont les mêmes pour tous les verbes : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. > Je chantais, tu chantais, il / elle chantait, nous chantions, vous chantiez, ils / elles chantaient. Orthographe Pour les verbes en Ne pas oublier… -cer la cédille sous le c de la base verbale -ger le e après le g de la base verbale -ier ou -yer le i de la terminaison aux 3 personnes du singulier et à la 3e personne du pluriel > Je lançais > Ils lançaient aux 1reet 2epersonnes du pluriel > Nous riions (ri-ions) > Vous payiez (pay-iez) > Tu nageais > Ils nageaient S’exercer 8. Recopiez cette description en conjuguant les verbes à 6. Dans chaque liste, quel est l’intrus ? Justifiez. * A. Nous mangions, nous avancions, nous craignions, nous rions. B. Nous voyions, nous souriions, nous rayons, nous agissions. 7. Recopiez ces phrases en transposant les verbes au sin- * gulier ou au pluriel, à la personne correspondante. Je pensais. > Nous pensions. Ils parlaient. > Il parlait. 1. Vous exigiez une réponse. 2. Nous balancions entre deux décisions. 3. Vous coloriiez des images. 4. On enviait sa réussite. 5. J’empoignais l’épée quand je décelais un danger. 6. Tu lui enjoignais d’obéir. 7. Tu craignais une défaite. 8. Lorsqu’il s’élançait dans les airs, je criais de peur. 9. Vous déchargiez le chariot. l’imparfait de l’indicatif. * Des dalles en pierre (couvrir) le sol. Les murs, peints en ocre, (montrer) de place en place de belles tapisseries […]. Entre les tapisseries se (découper), en bas-reliefs, des blasons. Au fond de la salle, dans une immense cheminée, d’énormes bûches (brûler). Des flambeaux (éclairer) les lieux. […] En effet, les larges fenêtres, aux vitraux épais, ne (laisser) passer qu’une lumière avare. B. SOLET, Jehan de Loin © Le Livre de poche Jeunesse, 1989. Consolider les acquis > Le passé simple Ex. 9 à 11 • La base verbale du passé simple de l’indicatif est la même aux six personnes. Au passé simple de l’indicatif, les verbes ont des terminaisons différentes selon leur groupe. 1er groupe a je tu il, elle, on nous vous ils, elles -ai -as -a -âmes -âtes -èrent 3e groupe 2e groupe i -is -is -it -îmes -îtes -irent i -is -is -it -îmes -îtes -irent u -us -us -ut -ûmes -ûtes -urent • Les verbes du 3e groupe, tenir, venir et leurs composés, se terminent au passé simple par : -ins, -ins, -int, -înmes, -întes, -inrent. > Je vins, tu vins, il vint, nous vînmes, vous vîntes, ils vinrent. Orthographe • Devant le a, ne pas oublier la cédille pour les verbes en -cer (> il lança) ainsi que le e pour les verbes en -ger. > Il nagea. 304 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 304 01/07/10 14:10 S’exercer 9. a. À quel groupe chaque verbe appartient-il ? b. Conjuguez-les au passé simple de l’indicatif à la per- * sonne demandée. illuminer (3e p. pl.) • disparaître (3e p. pl.) • parler (1re p. s.) • bondir (2e p. pl.) • battre (3e p. s.) • rappeler (1re p. s.) • commencer (3e p. s.) • définir (3e p. pl.) • défoncer (2e p. s.) • mentir (3e p. s.) • remarquer (3e p. pl.) • faire (3e p. s.) • imaginer (1re p. s.) • boire (3e p. pl.) • appuyer (1re p. pl.) 10. Dans chaque liste, quel est l’intrus ? Justifiez. * Liste A : Je fis, je dis, je pris, je mis, je sentis, je prie, je défis. Liste B : Je suppliai, je recommençai, je dépliai, je mendiai, je parlementai, j’allai, je savais. Liste C : Il voulut, il mourut, il plut, il fallut, il dut, il valut, il résolut, il évalue. 11. Recopiez ce texte en conjuguant les verbes au passé simple de l’indicatif. * Je n’(hésiter) pas. Dès que je (être) dans la barque, elle se (mettre) en mouvement et (glisser) sans bruit sur les eaux noires […]. Lorsque nous en (être) proches, elle (ralentir) […], juste le temps pour moi de tendre le bras et d’empoigner l’épée par la lame. Le bras s’(enfoncer) dans le lac, et je le (suivre) des yeux. D’après M. MORPURGO, Le Roi Arthur, trad. N. Chassériau, © Éditions Gallimard Jeunesse, 1994. Consolider les acquis > Le futur simple Ex. 12 à 15 • Pour les verbes des 1er et 2e groupes, l’infinitif présent constitue la base verbale du futur simple. > Il mangera, ils finiront. • Les verbes avoir, être, aller et les verbes du 3e groupe forment le futur de l’indicatif sur une base verbale spécifique qu’il faut apprendre (voir les tableaux de conjugaison p. 373 à 381). > J’aurai, tu seras, il ira, nous prendrons, vous saurez, ils verront, ils feront. • Les terminaisons d’un verbe conjugué au futur simple de l’indicatif sont : -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont, quel que soit le groupe du verbe. > Je marcherai, tu finiras, ils prendront. Orthographe • Attention aux verbes dont l’infinitif se termine par -éer, -ier, ou -uer : il ne faut pas oublier le e muet de l’infinitif, que l’on n’entend pas dans la base verbale. > Je créerai (crée-rai), tu plieras (plie-ras / plier-as), il tuera (tue-ra). S’exercer 12. Conjuguez au futur ces verbes aux trois personnes : * je, nous, ils. dire • aller • deviner • faire • savoir • courir • envahir • contenir • apercevoir • remettre • jouer • créer 13. Écrivez les verbes entre parenthèses au futur simple de l’indicatif. * « Gens de la mer, lança Colomb, nous sommes partis pour un grand dessein1 dont nous (retirer) belle gloire. Reprenez courage ! Je fais ici une promesse solennelle. L’océan est immense. Au bout est le Cathay2. Nous l’(atteindre) parce que Dieu le veut. Nous (poursuivre) vers l’ouest. Toujours vers l’ouest. Et nous (rencontrer), je le sais, le rivage des épices. Car je vous le dis et vous l’assure : la Terre est ronde ! » J.-C. NOGUÈS, Le Voyage inspiré © Le Livre de poche Jeunesse, 2007. 1. but. 2. la Chine. 14. Écrivez au futur, à la 2e personne, les conseils d’un capitaine : a. à un jeune mousse (un jeune marin) ; b. à ses hommes d’équipage. 1. Avoir le pied marin. 2. Être en bonne santé. 3. Ne pas craindre la fatigue. 4. Apprécier la vie de groupe. 5. Accepter des conditions de vie difficiles. 6. Obéir aux ordres du capitaine. 7. Créer un esprit d’équipe. * 15. Écrivez les verbes entre parenthèses au futur simple de l’indicatif. * 1. Lorsque la voile (battre) et (changer) de direction, la goélette (trembler). 2. Le navire (continuer) à avancer et le mât (gémir) sous la force du vent. 3. Nous (avancer) sur le pont et nous (voir) les gros nuages arriver. 4. La tempête ne (pouvoir) pas déchirer les voiles. 5. Le navire (longer) la côte et (parvenir) au port sans encombre. L’étude de la langue Grammaire 305 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 305 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LA CONJUGAISON DU VERBE RÉ •R ÉV IS Réviser les temps composés de l’indicatif IO VIS IONS• Consolider les acquis • Le mode indicatif comprend quatre temps composés qui correspondent, chacun, à un temps simple. • Chaque temps composé se forme à l’aide de l’auxiliaire avoir ou être, conjugué au temps simple qui correspond, et du participe passé du verbe : Temps composés Ex. 1 à 7 Temps des auxiliaires avoir ou être passé composé : j’ai lu je suis parti(e) présent : ai suis plus-que-parfait : tu avais lu tu étais parti(e) imparfait : avais étais passé antérieur : elle eut lu elle fut partie passé simple : eut fut futur antérieur : nous aurons lu nous serons parti(e)s futur simple : aurons serons • L’auxiliaire avoir s’emploie pour tous les verbes transitifs (ceux qui se construisent avec un complément d’objet). > J’ai lu un livre. • L’auxiliaire être s’emploie pour : – des verbes de déplacement : arriver, descendre, entrer, monter, partir, (par)venir, tomber… ; > Il est arrivé, il était descendu, il sera parti. – certains verbes d’état : devenir, rester, demeurer, sembler, paraître… ; > Il est devenu, il serait resté. – les verbes naître et mourir. > Il était né, il est mort. Orthographe • Pour les verbes conjugués avec l’auxiliaire être, le participe passé s’accorde avec le sujet. • Quand un verbe est conjugué à un temps composé, c’est le participe qui permet de retrouver l’infinitif. > J’avais couru (verbe « courir ») ; je serai venu (verbe « venir »). • Pour les valeurs des temps composés, voir p. 318. S’exercer 1. Observez le mode indicatif dans le tableau de conjugaison, p. 302. a. De combien de mots le verbe est-il constitué dans les temps de la colonne de gauche ? dans les temps de celle de droite ? b. Quels temps sont des temps simples ? c. Quels temps sont des temps composés ? * 2. a. Donnez l’infinitif des formes verbales en gras. b. Ces verbes sont-ils conjugués à un temps simple ou à un temps composé ? Quel est ce temps ? 1. Renart a voulu piéger Isengrin. 2. Le loup a cru pêcher de nombreux poissons. 3. La glace a gelé autour de la queue du loup. 4. Au petit matin, Renart a fui pendant que les chiens de la ferme voisine sont arrivés. * 3. Récrivez les phrases de l’exercice 2 en conjuguant les verbes au plus-que-parfait de l’indicatif. * 4. Transposez ces formes verbales au passé antérieur. * je partis • tu écrivis • il descendit • nous prîmes • vous fîtes • ils avancèrent • je décidai • elle apporta • nous sortîmes • vous arrivâtes • tu vins • elles revinrent 5. Écrivez ces verbes au passé antérieur. * 1. Quand Robinson (comprendre) qu’il était seul sur son île, il s’organisa. 2. Lorsqu’il (récupérer) des outils, il construisit une cabane. 3. Quand il (achever) la construction, il la protégea des animaux. 4. Il ne se reposa que quand il (terminer). 5. Quand le moment de partir (venir), l’émotion le saisit à la gorge. 6. Recopiez les phrases en conjuguant les verbes entre * parenthèses au futur antérieur. 1. Nous ne (venir) pas pour rien : le spectacle était excellent. 2. Elle (aller) au cinéma tous les mois. 3. Les acteurs (jouer) la pièce une centaine de fois. 4. Le metteur en scène (gagner) son pari. 5. Les musiciens (faire) l’impossible pour le succès de cette comédie musicale. Écrire 7. Rédigez quatre phrases sur les aventures d’un chevalier en associant : a. présent et passé composé ; b. imparfait et plus-que-parfait ; c. passé simple et passé antérieur ; d. futur et futur antérieur. 306 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 306 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI LA CONJUGAISON DU VERBE ONS Réviser l’impératif R ÉV IS Les mots de la leçon •R SI ÉVI IONS• impératif : du latin imperare, « commander ». Consolider les acquis • Le présent et le passé de l’impératif se conjuguent seulement à trois personnes. Le sujet n’est pas exprimé. Ex. 1 à 7 • Au présent de l’impératif, la base verbale est la même qu’au présent de l’indicatif. – La 2e personne du singulier se termine : – par -e : pour les verbes du 1er groupe (> porte) ; pour les verbes terminés par -vrir, -llir, -frir (> ouvre, accueille, offre). Pour des raisons de prononciation, quand ces verbes sont suivis des pronoms en et y, la 2e personne se termine par -es (> donnes-en, entres-y, cueilles-en) ; – par -s pour les verbes des 2e et 3e groupes (> grandis, mets). – La 1re et la 2e personne du pluriel se terminent par -ons /-ez, quel que soit le groupe du verbe (> portons, portez). • Le passé de l’impératif est un temps composé, formé de l’auxiliaire avoir ou être conjugué à l’impératif présent et du participe passé du verbe. > Aie parlé, ayons parlé, ayez parlé. Sois arrivé(e), soyons arrivé(e)s, soyez arrivé(e)s. Formes particulières : – aller : va, allons, allez (vas-y, va-t’en) ; – avoir : aie, ayons, ayez ; – dire : dis, disons, dites ; – être : sois, soyons, soyez ; – faire : fais, faisons, faites ; – savoir : sache, sachons, sachez. S’exercer 1. Conjuguez aux trois personnes de l’impératif présent et passé les phrases suivantes. 1. Remporter le tournoi. 2. Lire des fabliaux. 3. Faire le guet. 4. Écrivez ces verbes au présent de l’impératif, à la 2. Écrivez ces verbes à la 2e personne du singulier et du SCAPIN : (Laisser)-moi faire […]. (Attendre). (Tenir)-toi un peu. (Enfoncer) ton bonnet en méchant garçon. (Camper)toi sur un pied. (Mettre) la main au côté. (Faire) les yeux furibonds. (Marcher) un peu en roi de théâtre. Voilà qui est bien. (Suivre)-moi. * pluriel : a. du présent de l’impératif ; b. du passé de l’impératif. 1. (Lire) la scène plusieurs fois. 2. (Choisir) le personnage à interpréter. 3. (Dire) les répliques en mettant le ton. 4. (Apprendre) le texte par cœur. 5. (Prévoir) les déplacements sur le plateau. 6. (Préparer) les costumes. 7. (Faire) plusieurs répétitions. 8. (Apprécier) le jeu scénique des autres acteurs et (tenir)-en compte. * 3. a. Relevez les verbes qui expriment un ordre. b. Mettez ces verbes à la 2 personne du singulier de l’indicatif présent. c. Quel est le verbe qui présente une différence orthographique entre l’impératif et l’indicatif ? d. Quel est celui dont l’impératif est totalement différent de l’indicatif ? e ** PATHELIN : Viens ici, viens. Ton affaire est-elle bien réglée ? LE BERGER : Bée ! PATHELIN : La partie adverse s’est retirée. Ne dis plus « Bée ! » […] LE BERGER : Bée ! PATHELIN : Eh, diable ! On ne t’entendra pas : parle sans crainte ! N’aie pas peur ! ANONYME, La Farce de Maître Pathelin, Bibliocollège © Hachette, 2000. 2e personne du singulier, et retrouvez une réplique de Scapin, un personnage d’une pièce de Molière. * D’après MOLIÈRE, Les Fourberies de Scapin, 1671. 5. Complétez les terminaisons des verbes à la 2e personne ** du singulier au présent de l’impératif. 1. Offr… des invitations pour le spectacle théâtral. / Offr…-en ! 2. Soi… assurée de ma participation. / Soi…-en assurée. 3. Remet… des feuilles dans ton classeur. / Remet…-en. 4. Pens… à ton avenir. / Pens…-y. 5. V… loin d’ici. / V… …’en ! 6. Mont… sur scène avec la troupe. / Mont…-y avec la troupe. Écrire 6. Exprimez des ordres donnés par un metteur en scène : a. à un acteur ; b. à la troupe. Vous emploierez l’impératif présent et passé. 7. Rédigez à l’impératif une liste de règles que doit respecter un collégien modèle. L’étude de la langue Grammaire 307 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 307 01/07/10 14:10 LA CONJUGAISON DU VERBE Le présent du subjonctif Observer pour comprendre 1. a. Recopiez ces formes verbales conjuguées au présent du subjonctif, en les classant selon les trois groupes de verbes. b. Soulignez les terminaisons. c. Pour une même personne, les terminaisons varient-elles d’un groupe à l’autre ? > Je parle, tu viennes, il dise, nous finissions, vous apportiez, ils choisissent, je prenne, tu apprécies, il bâtisse, nous affirmions, vous fassiez, ils précisent, je finisse, tu bâtisses, il sorte, nous reprenions, vous rougissiez, ils veuillent. 2. a. À quelles personnes un verbe du 1er groupe se conjugue-t-il au présent du subjonctif de la même façon qu’au présent de l’indicatif ? b. À quel autre temps de l’indicatif le présent du subjonctif emprunte-t-il la conjugaison des autres personnes ? 3. a. Recopiez les verbes de l’exercice 1 qui ont une base verbale identique au radical de l’infinitif. b. Quel est leur groupe respectif ? 4. a. À quel temps et à quel mode les verbes soulignés sont-ils conjugués ? b. Laquelle de ces phrases exprime un ordre ? un souhait ? > Pourvu qu’il vienne ! > Qu’il vienne ! Retenir la leçon > Les terminaisons Ex. 5 à 16 • Pour former le présent du subjonctif, on utilise les mêmes terminaisons pour les trois groupes de verbes : -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent. 1er groupe : danser 2e groupe : obéir 3e groupe : sortir que je danse que nous dansions que j’obéisse que nous obéissions que je sorte que nous sortions que tu danses que vous dansiez que tu obéisses que vous obéissiez que tu sortes que vous sortiez qu’il danse qu’ils dansent qu’il obéisse qu’ils obéissent qu’il sorte qu’ils sortent La 3e personne du singulier est toujours -e, quel que soit le groupe du verbe. • Attention ! Ne pas confondre la terminaison du présent de l’indicatif et celle du présent du subjonctif lorsque la prononciation est identique. > Il court ➝ qu’il coure, il croit ➝ qu’il croie, il fuit ➝ qu’il fuie, il meurt ➝ qu’il meure. • Les auxiliaires être et avoir ont un subjonctif présent irrégulier (voir p. 373). > La base verbale • La base verbale des verbes du 1er groupe est constituée en général du radical de l’infinitif. > Porter : qu’il porte. Font exception les verbes (voir les tableaux de conjugaison p. 374) : – en -eler et -eter : > que j’appelle, que tu jettes ; – en -yer : > que j’essuie, que tu déploies. • La base verbale des verbes du 2e groupe est la même que celle du présent de l’indicatif à la 1re personne du pluriel. > Nous finissons : qu’il finisse. • La base verbale des verbes du 3e groupe est souvent différente du radical de l’infinitif. > Faire : qu’il fasse ; pouvoir : qu’il puisse ; savoir : qu’il sache. Certains verbes peuvent avoir plusieurs bases verbales au présent du subjonctif. > Vouloir : qu’il veuille, que nous voulions ; boire : que je boive, que nous buvions. 308 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 308 01/07/10 14:10 > Les principaux emplois du subjonctif Ex. 13 à 16 • Dans les propositions indépendantes, le subjonctif peut exprimer : – un souhait : > Pourvu qu’il vienne ! – un ordre à la 3e personne : > Qu’il entre !• Dans les propositions subordonnées, certaines conjonctions de subordination (voir p. 267) ou certains verbes (voir p. 320), sont suivis du subjonctif. S’exercer 5. a. Recopiez les verbes qui peuvent être des formes de présent du subjonctif. b. Indiquez leur groupe entre parenthèses. il vit • tu rends • vous vouliez • il prie • il recourt • tu aies • ils sachent • il rie • tu bâtisses • il conclue • il remue • il dit • nous disions * 6. Conjuguez ces verbes au présent du subjonctif, à la * personne indiquée. dire (3e p. sing.) • faire (2e p. pl.) • applaudir (2e p. sing.) • falloir (3e p. sing.) • savoir (1re p. pl.) • rejoindre (2e p. pl.) • boire (1re p. sing.) 7. Transposez ces verbes à la personne du singulier corres- * pondante au présent du subjonctif. Que nous parlions > Que je parle. 1. Que nous parvenions. 2. Que vous rejetiez. 3. Qu’ils rient. 4. Que nous cédions. 5. Que vous appeliez. 6. Que vous achetiez. 8. Transposez ces verbes à la personne du pluriel correspondante au présent du subjonctif. Que je parle. > Que nous parlions. 1. Que je crie. 2. Que tu renouvelles. 3. Qu’il secoure. 4. Que je projette. 5. Que tu voies. 6. Que tu veuilles. * 9. Parmi ces formes verbales, quelles sont celles qui sont seulement des formes de subjonctif ? nous fassions • ils mettent • tu veuilles • je tende • je demande • il rie • il crie • vous puissiez • nous prenions 1. Ne vous attendez pas à ce que nous (crier). 2. Il faut que tu (croire) ce que je te dis. 3. Il s’entraîne tous les matins afin qu’il (parcourir) la distance en moins de trente minutes. 4. Avant qu’il ne (déployer) toutes ses forces, le chef de l’expédition veille à chaque détail. 13. a. Conjuguez les verbes au présent du subjonctif. b. Dans quelles phrases le subjonctif exprime-t-il un ordre ? un souhait ? 1. Pourvu que nous (finir) cette recherche à temps. 2. Qu’elle (prendre) ce train. 3. Pourvu que vous (faire) changer d’avis mes parents. 4. Pourvu que ma sœur (avoir) le temps d’acheter les billets. 5. Qu’ils (achever) les travaux à l’heure. * 14. Complétez les phrases en employant des verbes * conjugués au présent du subjonctif. 1. Il nous fait répéter jusqu’à ce que … . 2. Le délégué va voir le professeur pour que … . 3. Avant que …, nous serons rentrés. 4. Notre équipe s’entraîne afin que … . 15. Transposez ces ordres en utilisant la 3e personne du * présent du subjonctif. 1. Viens le plus rapidement possible. 2. Partez à l’aventure. 3. Faites silence pendant cinq minutes. 4. Prends un billet allerretour. 5. Dites ce poème d’Arthur Rimbaud. ** 10. Conjuguez ces verbes au présent du subjonctif. * 1. Il travaille jusqu’à ce que la nuit (venir). 2. Appelle-le avant qu’il ne (être) trop tard. 3. Fais en sorte que nous (avoir) de bonnes places. 4. Pour qu’il (savoir) sa leçon, il faut qu’il la (relire) plusieurs fois. 5. Sans que vous le (vouloir), vous avez provoqué un scandale. 6. C’est le plus beau tableau qu’on (pouvoir) imaginer. Écrire 16. À partir de l’image, exprimez au moins trois souhaits commençant par « pourvu que… ». Vous conjuguerez les verbes au présent du subjonctif. 11. a. Relevez ceux des verbes qui sont conjugués au présent du subjonctif. b. Quelles sont les formes qui peuvent se confondre avec un autre temps d’un autre mode, à l’écrit ? à l’oral ? 1. Pourvu qu’elle coure assez vite pour remporter le marathon ! 2. Avant que nous ne partions, nous devons nous assurer de n’avoir rien oublié. 3. Le médecin nous fait des recommandations afin que nous buvions suffisamment pour ne pas nous déshydrater. 4. Je souhaite qu’il veuille bien nous accorder cette permission. 5. Il faut qu’il agisse plus prudemment. 6. Je crains qu’il ne rie de toi. * Miniature tirée des Anciennes Chroniques de la Grande Bretagne par Perceforest, XVe siècle. 12. Recopiez les phrases en conjuguant les verbes entre parenthèses au présent du subjonctif. ** L’étude de la langue Grammaire 309 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 309 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LA CONJUGAISON DU VERBE IO VIS ÉV IS IONS• Les mots de la leçon •R RÉ Réviser le conditionnel conditionnel : qui est soumis à une condition. Consolider les acquis > Le présent Ex. 1 à 7 • En règle générale, pour former le présent du conditionnel d’un verbe, on ajoute à la base verbale du futur simple de l’indicatif les terminaisons de l’imparfait : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. > Je parlerais, tu parlerais, il parlerait, nous parlerions, vous parleriez, ils parleraient. > Le passé • Le passé du conditionnel est un temps composé, formé de l’auxiliaire avoir ou être conjugué au présent du conditionnel et du participe passé du verbe. > J’aurais parlé, tu serais arrivé(e), il aurait fini. Orthographe • Au passé du conditionnel, ne pas oublier d’accorder le participe passé avec le sujet du verbe si celui-ci se conjugue avec l’auxiliaire être. > Elle serait venue, ils seraient venus, tu serais venu(e). > Pour les valeurs et les emplois du conditionnel, voir p. 322. S’exercer 1. a. Recopiez les verbes en gras et leur sujet. b. Soulignez 5. Récrivez l’extrait du poème de B. Vian de l’exercice 3, les terminaisons. c. Quelle base verbale avez-vous isolée ? d. À quel mode et à quel temps ces verbes sont-ils conjugués ? en commençant par « S’il était resté un oiseau… » et en employant le passé du conditionnel. S’il restait Un oiseau […] Il aurait un bec menu […] Je le tiendrais dans ma main Et son cœur battrait si vite… verbes conjugués avec l’auxiliaire être, pensez à accorder le participe passé avec le sujet. 1. Si tu les avais prévenues, elles (annuler) leur sortie et (venir) à ton anniversaire. 2. (Imaginer)-vous leur réussite ? 3. Si cette danseuse avait eu de la chance, elle (remporter) le titre de danseuse étoile et (partir) en tournée au Japon. 4. Si j’avais écouté leurs conseils, je (éviter) bien des ennuis et je (gagner) du temps. 5. Le détective (pouvoir)-il résoudre l’énigme, si la pluie avait effacé les traces de pas ? * B. VIAN, « Elle serait là, si lourde… », Je voudrais pas crever © Pauvert, 1962. 2. Relevez les verbes conjugués au présent du condition- * nel. vous prendriez • je terminerais • nous sortirons • tu ferais • je lancerais • nous déplierons • je parlerai • tu préviendras • ils boiront • il écrirait • ils offriraient • nous définirions • il dirait 3. Écrivez ces verbes au présent du conditionnel. * Ce (être) le début d’une longue journée de mai. Ils (décacheter) leur courrier, ils (ouvrir) les journaux. Ils (allumer) une première cigarette. Ils (sortir). Leur travail ne les (retenir) que quelques heures le matin. Ils se (retrouver) pour déjeuner. ** 6. Mettez ces verbes au passé du conditionnel. Pour les ** Écrire 7. Expliquez comment jouer la scène de l’image en commençant par : a. « Si tu voulais être sûr(e) de bien jouer, tu… » (+ verbes au présent du conditionnel) ; b. « Si tu avais voulu être sûr(e) de bien jouer, tu… » (+ verbes au passé du conditionnel). G. PEREC, Les Choses © Julliard, 1965. 4. Mettez les verbes au passé du conditionnel. * 1. Si vous aviez vu l’exposition, vous (découvrir) d’étranges toiles. 2. On (pouvoir) mettre ces poèmes en musique mais il (falloir) trouver les bons accords. 3. À vous entendre, le festival (connaître) un grand succès. 4. (Aimer)-tu participer à un concours de chant ? 5. S’il avait fait un effort, il (pouvoir) remporter la course. MOLIÈRE, Le Bourgeois gentilhomme, Compagnie Colette Roumanoff. 310 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 310 01/07/10 14:10 LA CONJUGAISON DU VERBE La voix active et la voix passive Les mots de la leçon voix : aspect que prend le verbe actif : qui agit, qui fait l’action. passif : qui subit, qui n’agit pas. Observer pour comprendre 1. a. Le sujet du verbe accomplit-il l’action exprimée par le verbe : dans la première phrase ? dans la seconde ? b. Quelle est donc la phrase où le verbe est conjugué à la voix « active » ? celle où il est conjugué à la voix « passive » ? > Le dragon attaque le chevalier. Le chevalier est attaqué par le dragon. 2. a. Combien de mots le verbe compte-t-il dans la première phrase à la voix active ? dans la seconde à la voix passive ? b. De quels éléments le verbe à la voix passive est-il composé ? > Le monstre menace le chevalier. Le chevalier est menacé par le dragon. Retenir la leçon > Voix active et voix passive Ex. 3 à 5 • On nomme « voix », l’aspect que prend le verbe selon son sujet : – si le sujet accomplit l’action, on parle de voix active : > L’ennemi attaque. – si le sujet subit l’action, on parle de voix passive : > Le château est attaqué. • La voix passive d’un verbe se forme avec l’auxiliaire être et le participe passé du verbe. Un verbe à la voix passive est donc toujours une forme composée. > Le château fort est pris par les assaillants. • Seuls se conjuguent à la voix passive les verbes qui, à la voix active, admettent un COD et utilisent l’auxiliaire avoir aux temps composés. > L’ennemi prend le château. L’ennemi a pris le château. (voix active) auxiliaire avoir COD > Le château est pris par l’ennemi. Le château a été pris par l’ennemi. (voix passive) Voix active il prend il a pris Présent Passé composé Voix passive il est pris il a été pris Pour la construction de la phrase avec un verbe à la voix passive, voir p. 312. • Il ne faut pas confondre les verbes conjugués à la voix passive avec les verbes qui, aux temps composés de la voix active, se conjuguent avec l’auxiliaire être (voir p. 306). > Je suis pris. ≠ L’ennemi est venu. (voix passive au présent) (voix active au passé composé) Venir se conjugue avec l’auxiliaire être à la voix active ; ce verbe ne peut pas se conjuguer à la voix passive. S’exercer 3. Distinguez les verbes conjugués à la voix passive des * verbes conjugués à la voix active. il sera attiré • tu es tombée • être impressionné • tu as été soigné • ils seront partis • ayant été construit • vous fûtes sauvés • nous avions été rassemblés • il aura été monté • j’étais parvenue • étant sorti • avoir été soigné 4. Classez ces formes verbales en deux listes : a. celles à la voix active ; b. celles à la voix passive. ayant dîné • ayant été pris • avoir survécu • avoir été employé • être descendu • avoir été repéré • étant traîné • avoir traîné ** 5. Relevez les verbes et indiquez pour chacun sa voix. ** 1. Le chantier a été commandé par le seigneur. 2. On a annoncé ce chantier partout aux alentours. 3. La cathédrale sera érigée au centre de la ville. 4. De nombreux artisans étaient arrivés, la ville était remplie d’hommes à la recherche d’une auberge où ils pourraient être accueillis. 5. Si les calculs de l’architecte étaient respectés, l’édifice serait vite achevé. 6. Robinson était parvenu au bout de l’île : la côte y avait été découpée par les assauts des vagues. L’étude de la langue Grammaire 311 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 311 01/07/10 14:10 LA CONJUGAISON DU VERBE La conjugaison de la voix passive Observer pour comprendre 1. Observez ces couples de phrases dont les verbes sont conjugués au même temps. a. Quel est le temps de chacun des verbes à la voix active (phrases A). b. Quel élément du verbe à la voix passive indique son temps ? > A1. Le dragon menaçait le chevalier. B1. Le chevalier était menacé par le dragon > A2. Le dragon menaça le chevalier. B2. Le chevalier fut menacé par le dragon. > A3. Le dragon a menacé le chevalier. B3. Le chevalier a été menacé par le dragon. > A4. Le dragon avait menacé le chevalier. B4. Le chevalier avait été menacé par le dragon. Retenir la leçon > La conjugaison de la voix passive Ex. 2 à 14 • Un verbe à la voix passive est composé de l’auxiliaire être et du participe passé du verbe. > Il est pris. • L’auxiliaire être indique le temps et le mode d’un verbe à la voix passive. Voici, par exemple, pour le verbe prendre : – des formes de présent aux différents modes : indicatif : je suis pris impératif : sois pris(e) subjonctif : je sois pris(e) infinitif : être pris conditionnel : je serais pris(e) participe : étant pris(e) – des formes de l’indicatif aux différents temps : présent : je suis pris(e) imparfait : j’étais pris(e) passé simple : je fus pris(e) futur : je serai pris(e) passé composé : j’ai été pris(e) plus-que-parfait : j’avais été pris(e) passé antérieur : j’eus été pris(e) futur antérieur : j’aurai été pris(e) Pour l’ensemble des formes de la voix passive, voir le tableau de conjugaison complet p. 376. • Le participe passé s’accorde avec le sujet (voir les accords du participe passé p. 336). > Les murs sont détruits par les assaillants. La tour est prise par les assaillants. S’exercer 2. Conjuguez les verbes à la voix passive, à l’indicatif. * 1. À l’imparfait : mettre. 2. Au passé simple : blesser. 3. Au passé composé : poursuivre. 4. Au plus-que-parfait : placer. 3. Donnez la « carte d’identité » (mode, temps, voix, per- ** sonne) des formes verbales. 1. Il est emprisonné. 2. Tu seras vaincu. 3. Nous étions transis de froid. 4. Vous avez été convoqués par le roi. 5. Elles auront été retardées en route. 6. Les cloches seront sonnées par le bossu de Notre-Dame. 7. Après avoir été blessé, le chevalier fut brûlé par le dragon. 4. Relevez les cinq verbes conjugués à la voix passive. * Jeanne avait suivi Tiphaine jusqu’à une pièce vaste et claire qui était meublée avec un luxe inouï. La pierre vive était ornée en plusieurs endroits de tentures, il y avait des coffres sculptés, de grands fauteuils, des bahuts de bois sombre. Sur le sol pavé avait été jetée une jonchée d’herbes fraîches et odorantes. Le centre du mur était occupé par une énorme cheminée, à l’opposé deux hautes fenêtres étaient ouvertes sur la vallée et le bleu intense du ciel. D’après R. BERTIN, La Demoiselle et le troubadour © Rageot romans, 2009. 312 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 312 01/07/10 14:10 5. Recopiez ces phrases en mettant les verbes au présent ** de l’indicatif à la voix passive. Attention aux accords ! Le chevalier (attaquer) par le dragon. > Le chevalier est attaqué par le dragon. 1. L’épée (arracher) par le monstre. 2. Le bouclier (jeter) à terre. 3. L’épreuve (réussir) par Yvain. 4. Le chevalier félon (maudire) par le roi. 5. Cette légende (transmettre) par les troubadours. 6. Le chevalier en tournoi (applaudir). 6. Transposez les sujets des phrases de l’exercice 5 au pluriel et mettez les verbes à l’imparfait de la voix passive. Attention aux accords. ** 7. Transposez ces phrases : a. au passé composé, b. au * plus-que-parfait. 1. Les chevaliers sont réunis autour de la Table ronde. 2. Une décision importante est prise. 3. La guerre est déclarée par le roi Arthur. 4. Les chevaux sont amenés par les écuyers. 5. Les armes sont nettoyées par les serviteurs. 6. Tout le château est saisi d’une grande agitation. 8. Mettez les verbes à la voix passive au temps indiqué. ** 1. Le film (concevoir, passé composé) comme une reconstitution médiévale. 2. Des décors (construire, passé simple de l’indicatif). 3. Des costumes chatoyants (réaliser, plus-que-parfait). 4. Des épées (forger, futur de l’indicatif) pour (utiliser, présent de l’infinitif) dans les combats. 5. Les tournois (régler, présent de l’indicatif) par le réalisateur avant que les scènes de tournois (interpréter, présent du subjonctif) par les cascadeurs. 9. Relevez les verbes conjugués à la voix passive et indiquez leur mode et leur temps. 1. La pierre a été systématiquement employée dans les constructions à partir du XIIIe siècle. 2. Après avoir été extraite d’une carrière, la pierre sera taillée. 3. Les pierres étaient liées par un ciment fait de sable et de chaux. 4. Souvent, les pierres de bâtiments en ruines seront réutilisées. 5. Dans les châteaux forts, les voûtes furent réservées aux tours. 6. Le bois a toujours été utilisé en grande quantité pour fabriquer les charpentes. 7. Ce monument ayant été modifié, il est difficile de savoir à quoi il ressemblait au Moyen Âge. ** 11. Conjuguez à la voix passive les verbes entre parenthèses au temps et au mode demandés. Pensez à accorder les participes passés. 1. Les chevaliers (convoquer, passé simple de l’indicatif) par le roi Marc pour une grande fête. 2. Malgré les obstacles, Tristan et Iseult (s’unir, futur simple de l’indicatif) par un amour que rien n’arrêtera. 3. Le gant qui (placer, passé composé de l’indicatif) par le roi Marc dans les feuillages protège Iseult du soleil. 4. Pourvu qu’Iseult ne (surprendre, présent du subjonctif) pas par le nain Frocin. 5. Les messages de Tristan (remettre, plusque-parfait de l’indicatif) à Iseult ? 6. Les amants (séparer, présent du conditionnel) par la mort ? ** 12. Transposez les sujets des verbes au pluriel et faites toutes les modifications nécessaires. 1. La chèvre est bien nourrie par Robinson. 2. L’animal fut poussé par la faim hors de sa tanière. 3. L’arbre avait été abattu par la tempête. 4. La décision de lever l’ancre sera prise par le capitaine. 5. La forteresse serait munie de douves. 6. Que cette suggestion soit retenue ! ** 13. Récrivez les sujets au féminin et au singulier et faites toutes les modifications nécessaires. 1. Ils sont impressionnés par les aventures de Jim. 2. Nous fûmes surpris par la tempête. 3. Vous serez émerveillés par cette région. 4. Seraient-ils épris de liberté ? 5. Ils étaient régis par la dure loi des pirates. ** Écrire 14. Décrivez la cathédrale en utilisant ces verbes conjugués à la voix passive, à l’imparfait de l’indicatif : construire, dominer, éclairer, pourvoir, sculpter, surmonter. 10. Relevez ceux des verbes qui sont conjugués à la voix passive en indiquant leur mode et leur temps. ** 1. Un homme sur le point de se noyer fut sauvé par un pêcheur qui lui lança un grappin, mais lui creva l’œil. 2. « Ce vilain m’a crevé un œil et je n’ai pas été dédommagé ; je vais porter plainte. » 3. Ils furent convoqués par le maire au tribunal. 4. Un bouffon qui assistait au procès conseilla : « Que cet homme soit jeté à la mer là où il avait souffert de l’eau glacée. » 5. Le jugement fut rendu : si la plainte n’était pas retirée, le plaignant serait jeté à la mer. D’après Le Prud’homme qui sauva son compère de la noyade, ANONYME. La cathédrale Notre-Dame de Reims. L’étude de la langue Grammaire 313 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 313 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI NS LES VALEURS DES TEMPS VERBAUX > RÉVISER LES VALEURS DES TEMPS SIMPLES IO VIS •R RÉ ÉV IS Les valeurs du présent de l’indicatif IONS• Consolider les acquis > Le présent d’actualité Ex. 1 à 5 • Il désigne une action ou un état qui se déroule au moment où l’on s’exprime. On le trouve en particulier dans les dialogues. > « Où vas-tu Renart ? – Je vais à la ville. » > Le présent de narration • Il permet de rendre plus vivant un épisode dans un récit au passé ou situé dans le passé. C’est pourquoi on le trouve dans de nombreux romans pour la jeunesse et dans les fables. > Le Loup […] s’approcha ; […] le Cheval lui desserre* un coup. (* décoche) > Le présent de vérité générale • Il exprime des actions ou des états vrais à toutes les époques. On le trouve dans les morales et les textes explicatifs. > On a toujours besoin d’un plus petit que soi. > Les autres valeurs • Le présent de l’indicatif peut aussi exprimer : – l’habitude : > Tous les matins, il se lève à huit heures. – le futur proche : > Il arrive dans une minute. – le passé proche : > Il sort à l’instant. S’exercer 1. Quelle est la valeur du présent de l’indicatif dans chacune * des phrases ? 1. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. 2. L’enfant leva les yeux ; soudain, il sent une présence dans son dos. 3. Demain, nous allons au théâtre. 4. « Tu veux traire la chèvre avec moi ? », demanda-t-elle. 5. Lors des banquets, les marmitons s’affairent dans la cuisine, remuent des civets dans de vastes chaudrons. 6. Vous ne pourrez pas le voir : il sort d’ici à la minute. 2. a. Relevez les verbes conjugués au présent de l’indicatif. b. Quelle est la valeur du présent dans chaque extrait ? ** 1. La mère de Thierry garde toujours le temps d’un baiser. Elle presse son menton sur la tête de son fils. Puis de son index, elle lui entrouvre la bouche et y dépose une galette. 2. Maître Arnaud parle de l’enseignement de ses professeurs. Ceux de Cordoue faisaient des expériences sur les malades. L’un avait même disséqué un cadavre. Ceux de Paris avaient des méthodes différentes. M.-C. HELGERSON, Dans l’officine de Maître Arnaud © Castor Poche, 1991. 3. a. Relevez les verbes conjugués au présent de l’indi- contigu à l’église récemment restaurée. Là, les vertigineux escaliers taillés à même le roc menant à une énorme citerne publique alimentée par les toitures de l’église. « Templier et hospitalier », Les Remparts du Larzac © Conservatoire Larzac. 1. organisation d’une ville. 2. les Templiers étaient un ordre religieux. 3. situé à côté de. 4. a. Écrivez les verbes au présent de l’indicatif. b. Quelles sont les différentes valeurs du présent dans ce passage ? Citez un verbe pour chaque valeur. ** Messire Yvain éperonna de toute sa force et poursuivit le chevalier. Comme le faucon (s’élancer) sur la grue, (prendre) son vol de loin, peu à peu l’(approcher), (croire) la tenir, mais ne la (toucher) pas, ainsi fait messire Yvain qui (chasser) le fugitif et le (serrer) de si près qu’il l’(entendre) gémir et qu’il le (toucher) presque mais ne (parvenir) pas à l’atteindre. Le chevalier blessé (s’enfuir) de toute la vitesse dont il (être) capable. L’autre (s’efforcer) de le chasser. Le chevalier l’entraîna alors jusqu’à la porte de la ville. D’après C. DE TROYES, Yvain, le Chevalier au lion © Classiques Larousse. catif. b. Quelle est la nature du texte dont ce passage est extrait ? Quelle est la valeur du présent ici ? * Par son état de conservation exceptionnel, le village de La Couvertoirade possède tous les éléments de l’urbanisme1 médiéval et le visiteur sera toujours frappé, quelles que soient ses attentes, par les trésors d’architecture qu’il renferme : ici, un château authentiquement templier2 jouxtant3 le cimetière Écrire 5. À partir de l’image page 315, rédigez un bref paragraphe de récit au présent de narration. 314 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 314 01/07/10 14:10 É SIONS• •R VI LES VALEURS DES TEMPS VERBAUX > RÉVISER LES VALEURS DES TEMPS SIMPLES ONS R •R ÉV IS Les valeurs du futur simple de l’indicatif SI ÉVI IONS• Consolider les acquis > Le futur simple pour situer l’action dans le temps Ex. 1 à 6 • Le futur simple sert à situer une action dans l’avenir ; il s’emploie essentiellement avec des verbes au présent de l’indicatif. > Aujourd’hui, c’est le dernier jour de classe ; demain, ce seront les vacances. > Les autres valeurs du futur simple • Le futur peut avoir une valeur modale (de mode). • Le futur simple peut remplacer l’impératif et exprimer un ordre, dans une phrase en apparence déclarative ou interrogative à la 2e personne du singulier ou du pluriel. > Vous ferez signer vos carnets. (= Faites signer vos carnets.) > Te tiendras-tu tranquille ? (= Tiens-toi tranquille.) • Le futur simple peut exprimer une action qui dépend d’une condition. > S’il pleut, nous rentrerons. En cas de pluie, nous rentrerons. S’exercer 1. Relevez : a. les phrases où le futur a une valeur de * temps ; b. celles où il a une valeur de mode. 1. Demain, je participerai à un tournoi. 2. Tu fourniras ta licence pour pouvoir être inscrit à la compétition. 3. Si l’entraîneur le décide, le joueur restera sur le banc de touche. 4. M’écouterastu à la fin ? 5. Dans un mois débutera la Coupe du Monde. 2. Quelle est la valeur du futur dans chacune des phrases * suivantes ? 1. Tu feras ce que je dis, sinon gare à toi ! 2. Quand le trouvère arrivera au château, il proposera ses services au seigneur. 3. Si le trouvère retrouve sa vielle, il jouera pour le banquet. 4. Pour réaliser cette maquette de château fort, vous emploierez des allumettes. 3. a. Récrivez ces ordres en employant le futur de l’indicatif. b. Quelles sont les phrases où on a le choix de la personne ? 1. Relis soigneusement ta leçon. 2. Prendre deux cachets à chaque repas. 3. Relever le COD dans chaque phrase. 4. Organisezvous par groupes de deux pour faire cet exposé. 5. Faire une demi-heure d’échauffement avant le match. ** 4. a. Relevez les verbes au futur de l’indicatif et le verbe au présent. b. Quel est le jour de la semaine où Angélique écrit ces lignes ? c. Quel jour aura lieu son entrée à la cour ? d. Quelle est la valeur du futur dans ce texte ? ** dans le dialogue ? c. Quelle est la valeur du futur simple dans ce passage ? ** (Le troubadour fait répéter son élève en vue du grand jour : le banquet au château.) Au soir, le troubadour (déclarer) : – Arrêtons-nous à présent, nous (reprendre) demain. C’(être) fort beau, Jeanne, vraiment… Tu (produire) belle impression sur les convives et la dame de Crussol (être) contente de toi. Et de moi aussi, parbleu ! Alors, brutalement, l’angoisse (fondre) sur la jeune fille. […] – Gildas, je n’(oser) jamais, (murmurer)-t-elle. Devant tant de gens assemblés… – Allons, pas de ça, fillette ! […] Tu (pouvoir) jouer, Jeanne, et tu (jouer). R. BERTIN, La Demoiselle et le troubadour © Rageot Romans, 2009. Écrire 6. Racontez en un bref paragraphe au futur simple ce que feront les pirates sur l’île. Il appliqua méticuleusement toutes sortes de pommades et me promit que je serai rétablie samedi. Samedi ? Je sursautai. Comment était-il au courant ? Madame lui avait peut-être dit… Dans quatre jours aura lieu ma présentation au roi, autrement dit mon entrée officielle à la cour. En écrivant ces mots, ma main se crispe sur ma plume. D. JOLY, À la cour de Louis XIV, Journal d’Angélique de Barjac © Éditions Gallimard Jeunesse, 2008. 5. a. Recopiez le texte en conjuguant les verbes à l’un de ces temps : présent, passé simple ou futur simple. b. Soulignez les verbes au futur : se trouvent-ils dans le récit ou L’Île au trésor, illustration anonyme. L’étude de la langue Grammaire 315 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 315 01/07/10 14:10 NS LES VALEURS DES TEMPS VERBAUX > RÉVISER LES VALEURS DES TEMPS SIMPLES Les valeurs de l’imparfait et du passé simple IO VIS RÉ Consolider les acquis > Premier plan et arrière-plan du récit Ex. 1 à 11 • Le passé simple s’utilise pour raconter les actions importantes qui se succèdent. Il exprime le premier plan du récit auquel il donne sa cohérence. > Il prit sa lance et se jeta contre son adversaire. • L’imparfait s’utilise pour exprimer tout ce qui n’est pas l’action principale. Il exprime des actions secondaires. Il exprime l’arrière-plan du récit. Cet arrière-plan peut présenter des éléments descriptifs. Notez la différence entre : > Il poussa une porte qui grinçait. (description ➝ imparfait) > Il poussa une porte qui grinça. (deuxième action du récit ➝ passé simple) > Le ponctuel et l’habitude • Le passé simple s’utilise pour exprimer des actions ponctuelles, inhabituelles. > Elle détacha la bête, la ramena dans la salle pour la traire. • L’imparfait s’utilise pour exprimer des actions habituelles ou répétitives. > Tous les soirs, elle détachait la bête, la ramenait dans la salle pour la traire. > L’achevé et l’inachevé • Le passé simple exprime l’achevé, c’est-à-dire des actions longues ou brèves mais situées dans des limites précises. > Il régna cinquante ans. (Le règne est envisagé comme terminé.) • L’imparfait exprime l’inachevé, c’est-à-dire des actions envisagées dans leur durée, en train de se dérouler. > Il régnait depuis cinquante ans, quand la famine ravagea le pays. (Le règne se poursuivait au moment où la famine éclata.) S’exercer 1. a. Quel est le temps employé dans ce passage ? b. Quelle est sa valeur ? * Il y avait bien, ici ou là, quelques beaux chaudrons de cuivre, quelques cuillers d’argent, quelques verres de Fougères, mais la plupart des pots étaient en étain, les poêles à frire en fer, les cuillers en laiton. Point ou peu d’épices, quelques pains de sel et de sucre, de petits barils de savon. Tout cela sous un ciel resté gris même s’il ne bruinait pas. J. MIRANDE, Double meurtre à l’abbaye © Castor Poche, 1998. 2. Relevez en deux colonnes les verbes conjugués : a. au passé simple ; b. à l’imparfait. c. À quel temps sont les actions de premier plan ? * Je m’étendis sur mon lit et tendis l’oreille aux troublants échos d’une harpe. C’était la première fois que j’entendais une musique aussi mélodieuse depuis le dernier jour où ma mère avait joué pour moi, quelques semaines avant sa mort. Attiré comme par un aimant, je me levai, longeai la grande galerie et traversai la cour qui lui faisait suite. À chaque pas, la mélodie devenait plus proche et plus harmonieuse. Je m’arrêtai devant une fenêtre ouverte et jetai un coup d’œil dans la pièce. Elle était vide, à l’exception d’une fille… 3. a. Pour chaque phrase, conjuguez un verbe au passé simple, l’autre à l’imparfait. b. Justifiez chacun de ces emplois. 1. Alors que le chevalier (arriver, imparfait) devant la herse du château, deux gardes (se présenter, passé simple) à lui. 2. Les visiteurs (regarder, imparfait) les salles du château ; soudain l’un d’eux (voir, passé simple) un objet qui (ressembler, imparfait) au Graal. 3. Pour résumer leur livre, les élèves (utiliser, passé simple) une méthode qu’ils n’(employer, imparfait) pas d’habitude. 4. Le châtelain (parcourir, imparfait) ses terres quand ses serfs l’(entendre, passé simple) pousser un cri de surprise. * 4. Relevez les verbes au passé simple et indiquez-en la * valeur dans chaque phrase. 1. Le chevalier cheminait quand, soudain, il aperçut la silhouette trapue d’un château fort. 2. Le roi François Ier protégea les artistes et fit venir Léonard de Vinci en France. 3. Renart s’approcha de l’arbre et flatta le corbeau qui laissa tomber le fromage qu’il tenait en son bec. 4. Le Moyen Âge fut le temps des cathédrales. 5. Les pirates aperçurent le navire ; flairant la bonne affaire, ils se lancèrent à l’attaque, éperonnèrent la coque, enjambèrent le bastingage et décimèrent l’équipage. M. MORPURGO, Le Roi Arthur, trad. N. Chassériau, © Éditions Gallimard Jeunesse, 1994. 316 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 316 01/07/10 14:10 5. Récrivez le texte au passé en employant les temps qui conviennent. Vous emploierez deux couleurs différentes pour les actions de premier plan et pour les éléments descriptifs. * Daoul franchit le fossé qui entoure la ville, pénètre sous le bastion du premier rempart, traverse une cour, franchit la porte du deuxième rempart, traverse à nouveau une cour et un corridor, passe enfin sous le troisième rempart. Sur l’esplanade centrale, les maisons des fonctionnaires sont régulièrement alignées autour d’une rue bien droite. Au centre, enfin, apparaissent le palais de la porte d’Or et la mosquée d’al-Mansour. O. WEULERSSE, Le Cavalier de Bagdad © Le Livre de poche Jeunesse, 1997. 6. Récrivez les phrases en conjuguant les verbes au temps qui convient : imparfait ou passé simple. ** 1. Le serviteur, qui se (nommer) Béranger, (entrer) avec un plateau, deux verres du plus beau Venise, teintés de bleu profond, et une carafe de vin qu’il (poser) sur un vaisselier. 2. Amaury et Eustache, bien emmitouflés, (raser) les murs de la maison ; Amaury lui (faire) signe de se taire en mettant un doigt devant ses lèvres. 3. Amaury (se diriger) tout droit vers la table où Eustache (sommeiller). 4. Ce trouvère (passer) toutes ses soirées à s’enivrer depuis la disparition d’Adèle. M. POUCHAIN, Meurtres à la cathédrale © Éditions Gallimard Jeunesse, 2000. 7. Récrivez le texte en conjuguant les verbes au temps qui convient. ** Jehan de Loin (prendre) des mains d’un domestique six courtes torches qu’il (allumer) l’une après l’autre. Alors les torches (sembler) brusquement animées d’une vie propre. Aussitôt les invités (applaudir) son adresse. Puis Jehan (jongler) de la même façon avec six poignards acérés. Il les (lancer), pour finir, en gestes précis, à ras de la gueule de l’ours debout près de la porte. 2. Alors qu’on en est encore au premier plat, survient un événement inattendu sous la forme d’un chevalier plus orgueilleux qu’un taureau qui se présente à la porte du manoir. D’après C. DE TROYES, Lancelot ou le Chevalier à la charrette, trad. J.-C. Aubilly © Flammarion, 2003. 10. a. Récrivez ce récit écrit au présent de narration en employant le passé simple et l’imparfait. b. Quels sont les deux verbes qui peuvent rester au présent ? Pourquoi ? ** Malheur à la coquette que je suis ! Piqué au vif, Guillaume Binet m’entraîne dans une volte. Je n’ai pas le temps de dire non que nous sommes déjà en place. C’est une danse un peu sauvage que la volte, où les femmes, soulevées de terre par leur cavalier, montrent allègrement leurs jambes et leurs jupons. Heureusement, j’avais pris garde de mettre mes bas-de-chausses les plus élégants, aussi fins qu’une toile d’araignée. Dans ce bouillonnement d’étoffes, la lourde ceinture se dénoue, le petit miroir scintille à la lueur des torches, réfléchit la lumière. Les spectateurs de plus en plus nombreux, ne manquent pas d’applaudir. B. COPPIN, Au temps de François Ier, Journal d’Anne de Cormes © Éditions Gallimard Jeunesse, 2008. Écrire 11. À partir de l’image, rédigez un récit dans lequel vous ferez alterner verbes à l’imparfait pour décrire l’arrièreplan et verbes au passé simple pour raconter les actions. Vous soulignerez les verbes de deux couleurs différentes selon le temps employé. D’après B. SOLET, Jehan de Loin © Hachette Jeunesse, 2001. 8. a. Récrivez le texte en conjuguant les verbes à l’imparfait ou au passé simple. b. Quelle est la valeur de l’imparfait ici ? ** La sentinelle (aller) et (venir). Soudain, un martèlement sourd (résonner) dans le silence, puis (grandir). Des voix (claquer). Bientôt une seconde silhouette (se découper) à côté de la première qui (disparaître) peu après. D. HÉNARD, Le Prisonnier du château fort © Hachette Éducation, 1994. 9. Transposez ces extraits au passé pour retrouver le texte de Lancelot ou le Chevalier à la charrette. ** 1. Messire Gauvain chevauche bien en avant de la troupe ; il ne tarde guère à voir venir un chevalier qui avance au pas sur un cheval harassé [épuisé], couvert d’écume et tout en sueur. Le chevalier salue messire Gauvain le premier et celui-ci lui rend son salut. […] Miniature, vers 1473. L’étude de la langue Grammaire 317 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 317 01/07/10 14:10 LES VALEURS DES TEMPS VERBAUX Les valeurs des temps composés de l’indicatif Observer pour comprendre 1. a. À quel temps sont conjugués le verbe en gras ? le verbe souligné ? b. Dessinez une flèche du temps et placez-y les actions. Où situez-vous les actions des verbes en gras ? > L’écuyer a aidé le chevalier à enfiler son armure : le combat peut commencer. 2. a. Dans chaque phrase, à quel temps sont conjugués les verbes en gras ? les verbes soulignés ? b. Sur un axe du temps, où situez-vous les actions des verbes en gras par rapport aux actions des verbes soulignés ? > Quand l’écuyer avait fourni ses armes au chevalier, celui-ci se lançait à l’attaque. Quand l’écuyer eut fourni ses armes au chevalier, celui-ci se lança à l’attaque. Quand l’écuyer aura fourni ses armes au chevalier, celui-ci se lancera l’attaque. 3. Comment les temps ont-ils été associés dans les couples de verbes des exercices précédents ? 4. Laquelle de ces deux phrases peut se trouver : a. dans un texte littéraire ? b. dans un roman de jeunesse ? c. dans un récit oral ? > Le chevalier s’arrêta, fixa son adversaire, éperonna son cheval et se lança dans la bataille. > Le chevalier s’est arrêté, a fixé son adversaire, a éperonné son cheval et s’est lancé dans la bataille. 5. Le verbe conjugué en gras au futur antérieur exprime-t-il une action dont on est sûr ou que l’on suppose ? > Lancelot a perdu le tournoi : sa dame lui aura donné l’ordre de se laisser vaincre. Retenir la leçon > L’antériorité Ex. 6 à 14 • Les temps composés de l’indicatif indiquent qu’une action se passe avant une autre, qu’elle lui est antérieure. Temps composés Antériorité par rapport au temps simple passé composé présent > Quand il a fini le tournoi, il salue sa Dame. plus-que-parfait imparfait > Quand il avait fini le tournoi, il saluait sa Dame. passé antérieur passé simple > Quand il eut fini le tournoi, il salua sa Dame. futur antérieur futur simple > Quand il aura fini le tournoi, il saluera sa Dame. Exemples > Les autres valeurs des temps composés • Le passé composé : – se trouve dans les passages de discours direct, de dialogue ; – remplace le passé simple dans le récit, dans la langue courante et à l’oral, ainsi que dans les romans de jeunesse ; > La semaine dernière, Paul a rencontré des amis et ils ont vu un bon film. – exprime l’achevé (une action terminée) par rapport au présent qui exprime l’inachevé (une action en train de se faire). > Ils ont bien joué, le public les admire. action terminée action non terminée Dans un récit écrit, le passé composé présente l’action passée comme achevée. > La Fontaine a vécu au XVIIe siècle. • Le futur antérieur peut exprimer une supposition. > Il est absent : il aura manqué son train. (Il a sans doute manqué son train.) 318 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 318 01/07/10 14:10 S’exercer 6. a. Relevez les verbes au plus-que-parfait. b. Quel est l’autre temps employé dans le texte ? c. Récrivez le texte en remplaçant le plus-que-parfait par le passé composé, en faisant toutes les modifications qui s’imposent. * Le loup était bien vieux, maintenant, et si fatigué ! Pendant des années, il s’était épuisé à courir après les trois petits cochons, sans jamais les attraper. Maintenant, il pouvait à peine marcher et ne se déplaçait plus qu’en fauteuil roulant. Les trois petits cochons aussi avaient vieilli. Mais eux, ils avaient eu la belle vie, bien à l’abri dans leur maison de brique. Ils avaient toujours mangé à leur faim et ils étaient encore roses et gras. B. FRIOT, « Suite et fin », Nouvelles histoires pressées © Milan Poche Junior, 1999. 7. a. Dans quel genre de texte pourrait-on trouver ces phrases ? b. Conjuguez les verbes entre parenthèses au temps qui convient. 1. Embouteillages monstres ! La neige (surprendre) les automobilistes. 2. Début de la campagne de vaccination : le vaccin contre la grippe (arriver) dans les centres. 3. Procès d’un collégien qui (menacer) son professeur. 4. Le nouveau règlement municipal (mettre) la ville en émoi hier. 5. La nouvelle médiathèque (ouvrir) ses portes la semaine dernière. * 8. a. Les verbes entre parenthèses se trouvent-ils dans le récit ou dans le discours direct ? b. Conjuguez-les au temps qui convient. * Devant l’exclamation étonnée de ma mère, elle me jette un discret clin d’œil et reprend : – Oui, il y a quelque temps, à Tours, j’(entraîner) votre fille à une course de chiens où nous (parier) habilement. Elle (gagner) une belle parure qu’elle ne vous (montrer) pas encore, la coquette ! Vous allez voir comme elle lui va bien ! B. COPPIN, Au temps de François Ier, Journal d’Anne de Cormes © Éditions Gallimard Jeunesse, 2008. 9. a. De quel genre de texte ce passage est-il extrait ? b. Conjuguez les verbes entre parenthèses au temps qui convient. * 1. Quelquefois mes projets pâlissaient un peu sous l’effet de la peur, ma peur, celle qui (freiner) toujours mes plus grands élans. 2. Le matin que j’(attendre) tant (arriver). Je ne (pouvoir) pas dormir. 3. L’émotion, la nervosité, les doutes et surtout la peur me (tenir) éveillé toute la nuit. 4. Une fois que j’(atteindre) cette rue et que je la (traverser), partant sur ma gauche, je me retrouvai de nouveau sans le moindre point de repère. P.-M. LLORENTE, Le Petit Peintre de Florence © Hachette, Le Livre de poche Jeunesse, 1993. 11. a. Complétez ces phrases en employant des verbes conjugués au temps qui convient. b. Quel est ce temps ? Quelle est sa valeur ? 1. Tristan guérira quand … . 2. Perceval deviendra un chevalier une fois que … . 3. Ils trouveront le trésor lorsque … . 4. Aussitôt que …, ils partiront à la conquête du Grand Nord. 5. Dès que …, les chasseurs retourneront à la ville. * 12. Récrivez les expressions en italique exprimant la supposition en employant un verbe conjugué au futur antérieur. Supprimez les mots soulignés. 1. À la surprise générale, il n’a pas remporté cette compétition : il a sans doute négligé sa préparation. 2. Il n’a pas su répondre aux questions sur ce livre : il l’a vraisemblablement lu trop vite. 3. Ce footballeur intègre l’équipe au dernier moment : il a dû impressionner l’entraîneur ces derniers temps. 4. Le chevalier se ressaisit soudain au combat : il a sans doute aperçu sa dame dans les tribunes. * 13. Complétez ces phrases en exprimant des suppositions ** à l’aide d’un futur antérieur. 1. Le chercheur d’or revient bredouille : … . 2. Michel Strogoff a vaincu les Tartares : … . 3. L’explorateur a découvert les secrets de la Terre : … . 4. Il a convaincu son neveu de partir avec lui : … . Écrire 14. À partir de l’image, rédigez un bref récit en employant le présent et le passé composé. Merveilleuse Françoise Portia qui arrange cette fable1 avec l’aisance d’une menteuse experte ! J’(acquiescer2), la gorge un peu serrée, me demandant comment j’allais retomber sur mes pieds. Marguerite roulait des yeux effarés ; je lui (faire signe) de tenir sa langue coûte que coûte. Bref, j’étais dans tous mes états lorsque nous (descendre) de voiture devant la maison. […] Je (proposer) une séance d’essayage. […] Nous (retenir) ensemble la date de la Fête-Dieu, et, malgré nos protestations, elle (insister) pour que cela se passe chez elle. B. COPPIN, Au temps de François Ier, Journal d’Anne de Cormes © Éditions Gallimard, 2008. 1. histoire. 2. approuver. 10. a. Conjuguez les verbes entre parenthèses au temps composé qui convient. b. Justifiez vos choix. ** Saint Georges et le dragon. L’étude de la langue Grammaire 319 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 319 01/07/10 14:10 LES VALEURS ET EMPLOIS DES MODES VERBAUX L’indicatif et le subjonctif Les mots de la leçon indicatif : vient du latin indicativus, « qui indique ». subjonctif : vient du latin subjungere, « atteler, lier ». Le subjonctif indique un rapport de dépendance. Observer pour comprendre 1. a. Les verbes en gras sont-ils employés dans des propositions subordonnées ou principales ? b. À quel mode sont conjugués les verbes en gras dans les phrases 1A et 1B ? dans les phrases 2A et 2B ? c. Parmi les verbes soulignés, quels sont ceux qui présentent les actions de la proposition subordonnée comme certaines ? comme possibles ou incertaines ? > 1A. Je remarque qu’il a appris sa leçon. 1B. Il affirme qu’il a appris sa leçon. > 2A. Je doute qu’il ait appris sa leçon. 2B. Je veux qu’il apprenne sa leçon. 2. a. Quels sont le type et la forme de phrase employés dans chacune des phrases ? b. Quelle conséquence le changement de type ou de forme de phrase entraîne-t-il ? > A. Je crois qu’Yvain est le plus fort. > B. Je ne crois pas qu’Yvain soit le plus fort. > C. Crois-tu qu’Yvain soit le plus fort ? Retenir la leçon > Définition • D’une façon générale, l’indicatif sert à indiquer une action ou un état envisagés comme réels. Le subjonctif présente une action ou un état envisagés comme possibles sans certitude. Cette distinction explique les emplois des modes indicatif et subjonctif dans les propositions subordonnées qui dépendent du degré de certitude du verbe de la proposition principale. > L’emploi de l’indicatif et du subjonctif dans les propositions subordonnées COD Ex. 3 à 6, 9 • Le mode du verbe de la proposition subordonnée conjonctive COD dépend du sens du verbe principal. Verbes ou groupes verbaux de la proposition principale exprimant Mode du verbe de la proposition subordonnée une déclaration (dire, annoncer…) indicatif > Il dit que ce roman est passionnant. un sentiment (s’étonner, se réjouir…) subjonctif > Il s’étonne que ce roman te plaise. une volonté, un souhait (vouloir, souhaiter…) subjonctif > Je veux que tu lises ce roman. un doute (douter, être possible…) subjonctif > Je doute que ce roman lui plaise. une nécessité (il faut, il est nécessaire…) subjonctif > Il faut que nous lisions ce roman. Exemples 320 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 320 01/07/10 14:10 • Si le verbe de la proposition principale exprime une pensée, le mode du verbe de la proposition subordonnée conjonctive COD varie selon le type ou la forme de phrase. Mode de la proposition subordonnée Proposition principale Ex. 7 à 9 Exemples Type de phrase Forme de phrase déclarative affirmative indicatif > Je pense qu’il fait beau. négative subjonctif ou indicatif > Je ne pense pas qu’il fasse (fait) beau. interrogative subjonctif ou indicatif > Penses-tu qu’il fasse (fait) beau ? S’exercer 3. Pour chaque phrase, indiquez le mode du verbe en * gras et justifiez l’emploi de ce mode. 1. Renart assure qu’il trouvera de la nourriture. 2. Ysengrin veut que Renart soit puni. 3. Le roi Noble décide que Renart partira en pèlerinage. 4. Tibert pense que Renart lui ment. 5. Hermeline doute que Renart puisse nourrir sa famille. 4. a. Récrivez les groupes verbaux en gras à la personne du pluriel correspondante. b. Indiquez quel est le mode employé. 1. Notre professeur demande que je récite ce poème. 2. Il pense que tu rêves trop. 3. J’espère que tu prépares ton expédition. 4. Je doute que tu nages aussi vite que cela. 5. Il veut que j’habite avec lui. * 5. Pour chaque phrase, indiquez le mode du verbe en ** gras et justifiez l’emploi de ce mode. 1. Renart prétend toujours qu’il ne dissimule rien. 2. Ysengrin doute que Renart lui accorde son aide. 3. Noble déclare que Renart porte une lourde responsabilité. 4. Noble exige que Renart accepte de reconnaître ses torts. 5. Tibert doute que Renart lui donne sa part d’andouille. 8. Transformez les phrases suivantes en phrases interrogatives ou négatives en changeant le mode de la proposition subordonnée. > Tu penses qu’il a raison. > Penses-tu qu’il ait raison ? (ou) Tu ne penses pas qu’il ait raison. 1. Le troubadour annonce que le banquet est commencé. 2. Le seigneur pense que le troubadour doit jouer de la vielle. 3. Renart déclare qu’Ysengrin est cruel. 4. Je pense que Pathelin est un fourbe. 5. Le drapier croit que Pathelin s’est moqué de lui. ** Écrire 9. À partir de l’image, rédigez un paragraphe où vous emploierez deux propositions subordonnées COD introduites par que. Vous soulignerez les verbes de ces propositions subordonnées et en préciserez le mode. 6. Mettez les verbes entre parenthèses au présent du mode voulu, en indiquant ce mode. 1. Yvain sait qu’il (devoir) affronter la fontaine magique. 2. Lancelot a peur que le Pont-de-l’épée (être) infranchissable. 3. On raconte que la Table ronde (avoir) une valeur symbolique d’égalité. 4. Tristan aimerait qu’Iseult le (rejoindre) dans la forêt. 5. Iseult sait que Tristan (avoir) du chagrin. 6. Le roi Arthur souhaite que les chevaliers (partir) combattre. 7. La reine Guenièvre doute que Lancelot (venir) la délivrer. 8. La servante Brangien souhaite qu’Iseult (être) heureuse. 9. On annonce que les chevaliers (revenir) à la cour d’Arthur. * 7. a. Récrivez les verbes entre parenthèses à l’indicatif ou au subjonctif. b. Dans quelle(s) phrase(s) n’avez-vous pas le choix ? Pourquoi ? 1. Je trouve que Robinson (mettre) beaucoup d’ardeur à organiser sa vie dans l’île. 2. Je ne pense pas que Vendredi (être) un sauvage. 3. Penses-tu que Robinson (pouvoir) s’adapter à la vie dans l’île ? 4. Robinson juge que Vendredi (prendre) vite de l’assurance. 5. Ne pensez-vous pas que cette histoire (faire) un beau sujet de film ? ** Illustration de BENJAMIN RABIER du Roman de Renart. L’étude de la langue Grammaire 321 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 321 01/07/10 14:10 LES VALEURS ET EMPLOIS DES MODES VERBAUX Le conditionnel Observer pour comprendre 1. a. Quel est le mode de chacun des verbes ? b. Quelle différence de sens y a-t-il entre ces deux versions d’une même information ? c. Quel rôle le conditionnel joue-t-il ? > Des ours ont attaqué une équipe d’explorateurs. Des ours auraient attaqué une équipe d’explorateurs. 2. a. Quel est le mode de chacun des verbes en gras ? b. Quelle différence de sens y a-t-il entre ces deux ordres ? c. Quel rôle le conditionnel joue-t-il ? > Suivez-moi. Pourriez-vous me suivre ? 3. a. Quel est le mode de chacun des verbes en gras ? b. Laquelle de ces deux phrases livre une information, laquelle émet un souhait ? c. Quel rôle le conditionnel joue-t-il ? > C’est merveilleux de faire le tour du monde. Ce serait merveilleux de faire le tour du monde. 4. a. Quel est le mode de chacun des verbes en gras ? b. Quelle différence de sens y a-t-il entre les deux phrases ? c. Quel rôle le conditionnel joue-t-il ? > Il fera le tour du monde. Il ferait le tour du monde s’il pouvait réunir les fonds nécessaires. Retenir la leçon Pour la conjugaison du conditionnel, voir p. 310. > Conditionnel de l’information incertaine Ex. 5 à 8, 14, 16 et 17 • Le conditionnel sert à livrer une information qui n’a pas encore été vérifiée. Cet emploi est fréquent dans la presse. > On aurait trouvé un trésor de pirates. > Conditionnel d’atténuation et de politesse • Le conditionnel sert à nuancer le propos, en particulier pour exprimer poliment une demande, un ordre ou une défense, pour faire une suggestion. > Pourriez-vous vous taire ? Viendriez-vous avec moi ? > Conditionnel de l’imaginaire • Le conditionnel sert à exprimer l’imaginaire : un rêve, un regret, un souhait. > J’aimerais partir en exploration. J’aurais volontiers vécu dans un château fort. Ex. 9, 10, 14, 16 et 17 Ex. 11 à 14, 16 et 17 Dans cet emploi, il peut être soumis à une condition exprimée au passé (imparfait ou plusque-parfait). > Si on pouvait remonter le temps, je serais un chevalier de la Table ronde. (présent du conditionnel) > S’il avait pu remonter le temps, il serait devenu un chevalier de la Table ronde. (passé du conditionnel) Pour aller plus loin • Le conditionnel peut aussi exprimer l’étonnement dans une phrase exclamative. > Vous feriez cela pour moi ! Ex. 14 et 15 322 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 322 01/07/10 14:10 S’exercer 5. a. Relevez parmi ces phrases celles dont le verbe est conjugué au conditionnel. b. Quelle est la valeur du conditionnel dans toutes ces phrases ? c. Où pourrait-on lire les phrases que vous avez relevées ? 1. Jim a trouvé le trésor des pirates. 2. Un trésor aurait été trouvé au large de Marseille. 3. On aurait retrouvé l’île de l’Atlantide. 4. Les îles Seychelles sont menacées de disparaître. 5. Perceval est parti à la quête du Graal. 6. Le Graal serait enterré dans le sol d’une église écossaise. * 6. Récrivez ces phrases de façon à rendre l’information incertaine, en respectant les temps simples et les temps composés. 1. Des pirates ont capturé un navire marchand. 2. Des loups rôdent dans les Pyrénées et menacent des villages. 3. Un nouveau film consacré à la légende arthurienne est en préparation. 4. On a trouvé un nouveau manuscrit de Tristan et Iseult. * 7. Dans cet extrait du Livre des merveilles, quelle est l’information qui paraît peu vraisemblable ? Récrivez la phrase contenant cette information, de façon à rendre l’information plus incertaine que ne l’a fait Marco Polo. ** Tous les hommes de l’île d’Andaman ont une tête de chien, des dents et des yeux aussi, car ils ressemblent tous de visage à de grands mâtins1. Ils ont beaucoup d’épices. Ils vivent de riz de viande et de lait. Ils ont des fruits différents des nôtres. MARCO POLO, Le Livre des merveilles, 1298 © Klincksieck, 1998. 1. gros chiens. 8. a. Récrivez les verbes en gras au conditionnel, en respectant les temps simples et les temps composés. b. Quelle est la valeur du conditionnel dans les phrases que vous avez rédigées ? ** Les bruits les plus saugrenus coururent par le château dès le retour de Géraud et de son fils : tous deux avaient eu un violent affrontement au cours de leur chevauchée ; le jeune chevalier reprochait à son père de ne lui laisser aucun pouvoir ; celui-ci avait décidé d’exiler son fils ; messire Guy partait pour épouser la fille du sire de Châteaubourg ; messire Guy était amoureux d’une jeune fille fort belle. D’après R. BERTIN, La Demoiselle et le troubadour © Rageot romans, 2009. 9. a. Relevez les phrases dont le verbe est conjugué au conditionnel. b. Quelle est la valeur du conditionnel dans toutes ces phrases ? 1. Vous pourriez m’écouter ! 2. Écoutez-moi. 3. Voudriez-vous patienter un peu ? 4. Me passerais-tu ton téléphone ? 5. Passe-moi ton téléphone. 6. Laisse-moi sortir. 7. Me laisserais-tu sortir ? 8. Il faudrait ranger ta chambre. * 10. En vous aidant de l’exercice précédent, récrivez les phrases suivantes de façon à exprimer une atténuation. 1. Va faire tes exercices. 2. Venez en vacances avec nous. 3. Ne vous retournez pas ainsi. 4. Voulez-vous encore du gâteau ? 5. Arrête de crier de la sorte ! 6. Prépare-toi : nous allons être en retard. ** 11. a. Relevez les phrases qui comportent un verbe conjugué au conditionnel. b. Quelle est la valeur du conditionnel dans ces phrases ? 1. Si l’occasion m’en était donnée, je partirais au pôle Nord. 2. Si je lis un roman d’aventures, j’ai l’impression de vivre les dangers avec le héros. 3. J’aimerais tant devenir spéléologue ! 4. Robinson souhaite avoir un compagnon. 5. Si le capitaine n’avait pas été aussi imprudent, ses hommes n’auraient pas été mis en danger. 6. Mon vœu le plus cher serait de naviguer sur le fleuve Amazone. 7. Si Christophe Colomb n’avait pas découvert l’Amérique, l’histoire de l’Europe aurait été changée. * 12. a. Récrivez les phrases suivantes en conjuguant les verbes au conditionnel. b. Quelle est la valeur du conditionnel dans les phrases que vous avez rédigées ? 1. Il veut partir en Australie. 2. Comme Renart sera content de rapporter de la nourriture à Malpertuis ! 3. Lancelot rêve de plaire à Guenièvre. 4. Avec un peu de chance, Pathelin trouvera un moyen de rapporter de l’argent. 5. Sans l’aide du chevalier, la demoiselle sera attaquée par les brigands. * 13. a. Complétez les phrases suivantes en employant un verbe conjugué au conditionnel. b. Quelle valeur le conditionnel a-t-il dans les phrases que vous avez rédigées ? 1. Si la terre se réchauffait de trois degrés, … . 2. Si la tempête ne menaçait pas, … . 3. Si Tristan et Iseult n’avaient pas bu le philtre, … . 4. Si Ysengrin était plus malin, … . 5. Si les marchands n’avaient pas cru Renart, … . ** 14. Quelle est la valeur du conditionnel dans chaque ** phrase ? 1. On aurait aperçu un loup sur les lieux de l’accident. 2. Si l’automobiliste avait freiné plus tôt, il aurait évité le platane. 3. Tu serais le capitaine Cook, tu découvrirais des rivages paradisiaques, tu ferais rêver les lecteurs grâce à tes récits. 4. Auriezvous l’obligeance de me suivre ? 5. Il prétend avoir grimpé à l’Everest, je voudrais bien voir cela ! 15. Transformez les phrases suivantes en employant le conditionnel de façon à exprimer l’étonnement. 1. Vous avez vraiment traversé le désert de Gobi. 2. Nous serons des héros aux yeux de nos voisins. 3. Renart réussit à tromper tout le monde. 4. Le mythe de Tristan et Iseult est éternel. 5. Il aura réussi à apprendre trente vers. ** Écrire 16. Imaginez ce que vous pourriez faire si vous étiez un aventurier perdu dans un lieu hostile (Grand Nord, désert, forêt vierge…). Vous commencerez votre paragraphe par « Si j’étais perdu dans… » et emploierez des verbes conjugués au présent du conditionnel. 17. En un paragraphe, imaginez la suite de « Si j’avais été un chevalier de la Table ronde… ». Vous emploierez le passé du conditionnel. L’étude de la langue Grammaire 323 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 323 01/07/10 14:10 LES VALEURS ET EMPLOIS DES MODES VERBAUX L’infinitif Observer pour comprendre 1. a. Par quel mode peut-on remplacer l’infinitif dans ces phrases-ci ? b. De quel type de phrase s’agit-il ? > Étaler la pâte. La recouvrir de prunes dénoyautées. Saupoudrer de sucre. Enfourner. 2. a. Dans quelle phrase peut-on remplacer le verbe à l’infinitif par le GN « la prise de » ? b. Faites cette transformation et déduisez-en la fonction de « prendre ». > A. Prendre un comprimé à chaque repas. B. Prendre ces comprimés le guérirait. Pour aller plus loin 3. a. Qui fait l’action d’ « entrer » dans chaque phrase ? b. Dans quelle phrase le sujet du verbe « entrer » est-il différent du sujet du verbe principal ? c. Recopiez la seconde phrase en délimitant deux propositions à l’aide de crochets. > A. Tu peux entrer. B. Le professeur regarde les élèves entrer dans la classe. Retenir la leçon L’infinitif peut s’employer comme verbe ou comme nom. > Les emplois verbaux Ex. 4, 5 et 9 • Dans une phrase injonctive : l’infinitif sert à exprimer un ordre ou une défense formulés de façon générale et atténuée (sur un écriteau, dans une notice, une ordonnance, une recette de cuisine…). > Ne pas fumer. Prendre deux comprimés. Battre les œufs en neige. • Dans une phrase interrogative : l’infinitif peut s’employer dans des interrogations totales ou partielles pour exprimer un doute, une hésitation. > Partir ou ne pas partir ? Que faire ? Comment se décider ? > Les emplois nominaux Ex. 6 à 12 • Les fonctions nominales : l’infinitif peut avoir la plupart des fonctions d’un nom : – sujet : > Partir au loin était son rêve. – attribut du sujet (précédé de la préposition de) : > L’essentiel est de participer. – COD : > Il souhaite partir. – COI ou COS : > Il rêve de partir. Il l’oblige à partir. – complément circonstanciel de temps : > Il réunit une équipe avant de partir. – complément circonstanciel de but : > Il réunit une équipe pour partir. – complément circonstanciel de conséquence : > Il court à en perdre le souffle. – complément circonstanciel de cause : > Il est puni pour avoir triché. – complément circonstanciel de manière : > Il agit sans mentir. – complément du nom : > Il est l’heure de partir. – complément de l’adjectif : > Il est important de rêver. Attention ! En tant que verbe, l’infinitif admet des compléments même quand il a lui-même la fonction d’un nom. > Il rêve de parcourir l’Inde à pied. COI de rêver COD complément circonstanciel de manière de parcourir de parcourir • L’infinitif transformé en nom : l’infinitif est parfois précédé d’un déterminant. Il devient alors un nom : le déjeuner, le sourire, le souvenir. 324 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 324 01/07/10 14:10 Pour aller plus loin : la proposition subordonnée infinitive Ex. 11 • Après des verbes de perception (voir, entendre, sentir), les verbes laisser et faire, on peut trouver une proposition subordonnée infinitive ; le verbe de cette proposition est conjugué à l’infinitif et a un sujet propre, différent du sujet principal. > Il entend [les loups hurler]. sujet 1 verbe principal sujet 2 verbe à l’infinitif La proposition infinitive (« les loups hurler ») est COD du verbe principal (« entend »). S’exercer 4. a. Récrivez les phrases suivantes en phrases injonctives à l’infinitif. b. Où pourriez-vous trouver les phrases obtenues ? 1. N’utilisez pas de téléphone portable dans l’enceinte du collège. 2. Pensez à reporter les notes sur le carnet. 3. Tout retard doit être signalé au CPE. 4. Il est interdit de porter des insignes politiques dans le collège. 5. Le port d’une tenue incorrecte n’est pas autorisé au sein du collège. 6. Il faut respecter les professeurs. * 5. Récrivez les phrases suivantes en employant seulement * un verbe à l’infinitif pour poser la question. 1. Que faut-il dire dans cette occasion ? 2. Que devons-nous comprendre ? 3. Où pourrions-nous trouver ce manuscrit ? 4. Que peut-on penser de cette légende ? 5. Comment convientil d’illustrer ce texte ? 6. Donnez la fonction des infinitifs en gras. ** 1. Le suzerain se prépare à adouber le jeune homme. 2. Sa volonté d’adouber ce garçon est grande. 3. Pour devenir chevalier, il s’entraîne à manier les armes. 4. Il est prêt à être adoubé. 5. À force de guerroyer, il s’est aguerri. 6. Il s’entraîne jusqu’à en tomber d’épuisement. 7. Relevez les infinitifs et donnez la fonction de chacun d’eux. ** 1. Au moment de passer la porte, Renart se précipite dans un puits pour y boire tout son saoul. 2. Il saute dans le seau sans comprendre ce qui lui arrive quand il se met à descendre. 3. Ysengrin sortait d’un champ pour chercher de la nourriture. 4. Renart laisse à Ysengrin tout le temps de crier avant de l’interpeller. 5. C’est difficile d’en croire ses oreilles. 6. Renart parvient à le persuader qu’il s’agit de la balance qui sert à peser les bonnes et les mauvaises actions. Ysengrin voudrait bien sortir du puits. Comment faire ? Tirer sur la corde ? Appeler au secours ? Pas moyen de se hisser vers le haut ! Ysengrin a peur de mourir là. Est-ce qu’à force de crier, il pourrait être entendu ? Pour parvenir à sortir, il doit trouver une bonne idée. Laquelle ? Imaginer un plan, et vite ! Il n’est plus de temps de tarder. D’après Le Roman de Renart. 10. a. Parmi ces infinitifs, quels sont ceux qui peuvent être transformés en noms ? b. Employez chacun de ces infinitifs-noms dans une phrase. souvenir • priver • aller • souper • savoir • recevoir • boire • voir • dire • prédire * Pour aller plus loin 11. a. Repérer les verbes qui ont un sujet propre. b. Relevez les phrases qui comportent une proposition subordonnée infinitive. c. Encadrez celle-ci par des crochets. 1. Renart veut nourrir sa famille. 2. Il ne laisse pas ses enfants mourir de faim. 3. Il entend les cloches de l’église sonner. 4. Il entend gagner cette course. 5. Il voit arriver des marchands. 6. Il sent le danger approcher. 7. Il laisse le butin lui échapper. 8. Il adore tromper les gens. ** Écrire 12. À partir de l’image, imaginez un paragraphe dans lequel vous emploierez quatre infinitifs dont vous préciserez l’emploi et la fonction. D’après Le Roman de Renart. 8. Récrivez les phrases suivantes en remplaçant les GN en gras par un verbe à l’infinitif. Faites toutes les modifications nécessaires. La reine aime le spectacle des tournois. > La reine aime regarder des tournois. 1. Le chevalier est capable d’un combat courageux. 2. Le roi décide la construction d’une cathédrale. 3. Renart songe à une duperie contre les marchands. 4. Il se souvient d’un mensonge fait au drapier. 5. Une aventure en Afrique est le rêve de Paul. ** 9. Relevez les infinitifs en les classant selon qu’ils sont employés : a. comme verbes ; b. avec une fonction nominale. ** Enluminure d’un manuscrit du XIIIe siècle, BnF. L’étude de la langue Grammaire 325 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 325 01/07/10 14:10 LES VALEURS ET EMPLOIS DES MODES VERBAUX Les formes en -ant Les mots de la leçon participe : qui participe à la fois à la classe grammaticale des verbes et à celle des adjectifs. gérondif : qui fait une action. Observer pour comprendre 1. a. L’action exprimée par les participes présents en gras est-elle simultanée, antérieure ou postérieure à celle du verbe principal ? b. Quel mot chacun des participes présents complète-t-il ? c. Quelle remarque orthographique pouvez-vous faire ? d. Observez la ponctuation : quelle est la fonction des participes présents ? > La servante, tenant tête à son maître, le met en colère. Les servantes, tenant tête à leur maître, le mettent en colère. 2. a. Quel est le sujet du participe présent en gras ? celui du verbe principal ? b. Que constitue le groupe de mots souligné : une phrase ? une proposition ? un groupe nominal ? > La servante lui tenant tête, le maître se mit en colère. 3. a. Quel mot précède le participe présent dans la première phrase ? b. Quelle est la fonction de « avec des hésitations » ? c. Déduisez-en la fonction de la forme en -ant. > Il parle en hésitant. Il parle avec des hésitations. 4. a. Comparez les formes en -ant : quelle remarque orthographique pouvez-vous faire ? b. Pourquoi la forme « charmante » se nomme-t-elle un adjectif verbal ? > La danseuse évolue sur la piste, charmant le public. Une charmante danseuse évolue sur la piste. Retenir la leçon Il existe trois sortes de formes verbales terminées par -ant : le participe présent, le gérondif et l’adjectif verbal. Ce sont des modes impersonnels (qui n’utilisent pas les personnes). > Le participe présent Ex. 5 à 12 • Le participe présent exprime une action simultanée à l’action exprimée par le contexte, c’est-à-dire par le reste de la phrase. Il est invariable. Il admet des compléments. > Les marins s’aventurant sur les mers font mon admiration. complément circonstanciel de lieu de « s’aventurant » • Il s’emploie : – comme épithète ou apposition ; > Les demoiselles assistant au tournoi admirent Lancelot. (épithète) > Les chevaliers s’avancent, portant écus et oriflammes. (apposition) – à l’intérieur d’une proposition subordonnée participiale. Une proposition subordonnée participiale comporte un verbe conjugué au participe avec un sujet propre, différent du verbe principal. Elle exprime un complément circonstanciel de cause ou de temps. > La pluie tombant, les rivières débordent. sujet de « tombant » sujet de « débordent » > Le gérondif Ex. 5, 9 et 12 • Le gérondif est un participe présent précédé de la préposition en. Il est invariable. Il admet des compléments. • Il s’emploie comme complément circonstanciel de : – manière : > Il marche en boitant. – cause : > En franchissant ce col, il force l’admiration. 326 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 326 01/07/10 14:10 > L’adjectif verbal Ex. 9 à 12 • L’adjectif verbal est une forme verbale en -ant qui est employée comme un adjectif ; il s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. > des histoires captivantes Pour aller plus loin : orthographe • Pour certains verbes, adjectif verbal et participe présent ont une orthographe différente. Verbes Participe présent Adjectif verbal en -guer (naviguer) naviguant en -quer (communiquer, provoquer) navigant(e) communiquant, provoquant communicant(e), provocant(e) différer, résider différant, résidant différent(e), résident(e) S’exercer 5. a. À quel genre littéraire ce texte appartient-il ? b. Dans les didascalies, relevez les participes présents. c. Quel est celui qui est employé comme gérondif ? * LA FEMME, entre en criant : Aïe ! Aïe ! Mes côtes ! Que soit maudit le pâté ! LE PÂTISSIER : Il vous a fait sentir la trique. Et maintenant, paix. Je vais, là derrière, fendre du bois. LE PREMIER COQUIN, paraissant : Madame, voulez-vous me donner la tarte qu’a préparée votre mari. LE PÂTISSIER, paraissant et le frappant de sa trique : Ah ! Coquin, êtes-vous content ? Qu’avez-vous fait du pâté que vous êtes venu chercher ? LE PREMIER COQUIN : Mais je ne suis point venu ! LE PÂTISSIER, continuant à le frapper : Qu’avez-vous fait de mon pâté ? La Farce nouvelle du pâté et de la tarte, version littérale de L. ROBERT-BUSQUET © Fernand Lanore, 1942. 6. Récrivez les didascalies en italique en employant des participes présents. * EMMA, sans se déranger : Allons, vite ! Votre maître ! HECTOR : Mon maître ? C’est moi, madame. EMMA, de même et elle hausse les épaules : Comment ? C’est vous ? Ah ! Ça, vous êtes fou ! HECTOR, il ôte son tablier et remet sa redingote1 : Non, madame, je suis avocat !! EMMA, elle se retourne : Avocat ! HECTOR : Oui, madame. EMMA, elle descend : Comment, c’est vous qui… D’après G. FEYDEAU, Par la fenêtre, 1882. 1. manteau assez habillé. 7. Relevez les phrases qui comportent une proposition subordonnée participiale. 1. Robinson, s’ennuyant sur son île, désirait de la compagnie. 2. Vendredi étant intelligent, Robinson put lui apprendre beaucoup de choses. 3. Marco Polo, parcourant la Chine, découvrit de multiples merveilles. 4. Les descriptions de Marco Polo étant très précises, nous pouvons comparer la Mongolie d’hier à celle d’aujourd’hui. 5. Tristan, ne pouvant pas vivre sans Yseult, lui envoyait des messages d’amour. 6. Les ennemis assiégeant le château depuis des semaines, la nourriture commence à manquer. 8. Remplacez chaque proposition subordonnée en italique par une proposition participiale. 1. Quand le roi convoque la cour, chacun se précipite. 2. Comme le Pont-de-l’Épée était réputé infranchissable, nul ne s’y aventurait. 3. Lorsque Lancelot entra en lice, la reine ne put cacher son émotion. 4. Comme la famine menaçait Malpertuis, Renart partit quérir de la nourriture. 5. Parce que le roi aimait voyager, de nombreux châteaux furent aménagés pour recevoir la cour. ** 9. a. Relevez, en les classant, les participes présents, les gérondifs, les adjectifs verbaux. b. Comment les avez-vous distingués ? 1. Je vais vous raconter une histoire plaisante. 2. Renart fait une centaine de mètres en courant. 3. Voici Renart dans l’enclos, craignant fort d’être surpris. 4. Tibert raconte au roi sa stupéfiante aventure. 5. Renart s’adresse à Ysengrin d’une voix menaçante. 6. En se faufilant sous la haie, Renart dérobe des poules. * 10. Pour chaque forme en -ant, indiquez s’il s’agit d’un participe présent ou d’un adjectif verbal. 1. Le passage communicant est difficile à trouver. 2. Les explorateurs, communiquant par gestes, mirent les loups en fuite. 3. Paul, négligeant tous les avertissements, se lança dans une aventure périlleuse. 4. Pedro est d’un caractère négligent. 5. Renart se défend par un discours convaincant. 6. Renart, convainquant Ysengrin de descendre dans le puits, se moque bien de lui. ** 11. Complétez par un participe présent ou un adjectif ** verbal : attention à l’orthographe. 1. Les pirates (naviguer) dans cette région ont semé la terreur. 2. Le personnel (naviguer) reçoit un nouvel uniforme. 3. Leur périple (fatiguer) est périlleux. 4. (Fatiguer) leurs chiens de la voix, ils font avancer le traîneau. 5. (Différer) sur la voie à prendre, ils se sont disputés. 6. Ils ont choisi des parcours (différer). ** Écrire 12. Racontez en un paragraphe la manière dont vous vous préparez le matin pour venir au collège en employant au moins un participe présent, un gérondif et un adjectif verbal ; vous préciserez entre parenthèses la nature de la forme en -ant employée. L’étude de la langue Grammaire 327 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 327 01/07/10 14:11 LES VALEURS ET EMPLOIS DES MODES VERBAUX Le participe passé Les mots de la leçon participe : qui participe à la fois à la classe grammaticale des verbes et à celle des adjectifs. Observer pour comprendre 1. Observez les participes passés en gras et expliquez les variations de terminaisons. > Un bateau bloqué par les glaces. Des bateaux bloqués par les glaces. Une coque de navire bloquée par les glaces. Des coques de navires bloquées par les glaces. 2. a. De quoi les groupes de mots en gras sont-ils composés ? b. S’agit-il de groupes nominaux ou de groupes verbaux ? > La tempête a détruit les bateaux. Les bateaux sont détruits par la tempête. 3. Observez les deux mots soulignés : le participe passé en gras est-il ici employé comme un verbe ou comme un adjectif qualificatif ? > Les bateaux, anciens et abîmés, ne peuvent affronter la tempête. 4. a. Quel est le sujet du participe passé en gras ? celui du verbe principal ? b. Que forme le groupe de mots souligné : une phrase ? une proposition ? un GN ? > La nuit venue, les loups se mettent à hurler. Retenir la leçon > Définition Ex. 5 à 7 et 14 • Le participe passé est un mode impersonnel (qui n’utilise pas les personnes). • Le participe passé comporte au masculin singulier une de ces cinq terminaisons : – 1er groupe : -é, > dessiné ; – 2e groupe : -i, > fini ; – 3e groupe : -i, -u, -s, -t, -é, > senti, aperçu, pris, dit, né. • Le participe passé est une forme composée ; la plupart du temps, l’auxiliaire ayant ou étant est sous-entendu. > (Ayant) dansé, (étant) sorti, (ayant été) pris. • Le participe passé peut prendre les marques du féminin et du pluriel. > Une pomme cueillie, des abricots cueillis, des pommes cueillies. • Le participe passé peut s’employer dans une forme verbale ou comme adjectif qualificatif. > Le participe passé employé comme une forme verbale Ex. 8 à 11 et 14 • En tant que forme verbale, le participe passé s’emploie : – dans les temps composés d’un verbe à la voix active : > Il a mangé. Il est parti. – dans la conjugaison d’un verbe à la voix passive : > Il est reçu par le roi. – comme verbe-noyau d’une subordonnée participiale, avec un sujet propre différent de celui du verbe de la proposition principale : > Le philtre bu, Tristan et Iseult commencent à s’aimer. • Pour les accords, voir p. 336. > Le participe passé employé comme adjectif Ex. 6 à 8, 12 et 13 • Le participe passé peut avoir les mêmes fonctions qu’un adjectif qualificatif : – épithète : > Le roman raconte une aventure vécue. – attribut du sujet : > Elle semble épuisée. – apposé : > Les aventuriers avancent, épuisés par leur longue marche. • Dans ces emplois, le participe passé, comme un adjectif, s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte (voir p. 274). 328 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 328 01/07/10 14:11 S’exercer 5. a. Relevez les participes passés. b. Observez leur terminaison : que remarquez-vous ? c. Le dragon se trouve-t-il face à une fille ou un garçon ? Le dragon observait l’enfant apeurée qui se tenait devant lui. Il l’obligea à rester appuyée contre un arbre et à le regarder cracher ses flammes. Très impressionnée, l’enfant retenait son souffle et regardait le monstre onduler, comme hypnotisée par ce fabuleux serpent. 11. Remplacez les propositions subordonnées en italique par une proposition subordonnée participiale. 1. Après que la neige fut tombée, les hommes perdirent tout repère. 2. Une fois que Renart eut sauté de la charrette, les marchands comprirent leur erreur. 3. Quand le berger fut acquitté par le juge, Pathelin réclama son dû. 4. Parce que l’île avait été ravagée par l’ouragan, les habitants durent la quitter. 5. Parce que Méléagant avait enfermé Lancelot, la reine se languissait. 6. Choisissez la réponse correcte parmi celles proposées. Justifiez-la. 1. Une épée (enfoncé / enfoncée / enfoncées) dans le rocher. 2. Des donjons (construit / construits / construites) en pierre. 3. Des dames (enchanté / enchantée / enchantées) par le tournoi. 4. Un écu (martelé / martelée / martelées) de coups de lance. 5. Les chevaliers (félicité / félicitée / félicités / félicitées) par le roi Arthur. 12. Indiquez la fonction de chacun des participes passés employés comme adjectifs. 1. Les fruits cueillis dans l’île étaient délicieux. 2. Marco Polo, apprécié par l’empereur de Chine, devint son ambassadeur. 3. Il s’émerveille devant le palais, entouré d’une longue muraille, recouvert de tuiles vernissées. 4. Il semble subjugué par ce qu’il voit. 5. Les chevaliers paraissent tentés par cette aventure. 6. Ils sont assis autour de la Table ronde. 7. Recopiez le texte en soulignant de deux traits les participes 13. Relevez ceux des participes passés qui sont employés comme adjectifs qualificatifs et indiquez leur fonction grammaticale. 1. Renart est attiré par l’odeur du fromage ; trompé par le fermier, il tombe dans son piège. 2. Le Livre des merveilles, dicté par Marco Polo à son compagnon de cellule, fut illustré par des enlumineurs célèbres. 3. Le drapier dupé jure de se venger de celui qui l’a tourné en ridicule. 4. Le pont franchi par Lancelot est connu sous le nom de Pont-de-l’Épée. * * * passés, d’un trait le nom avec lequel chacun s’accorde. En marchant dans la rue pavée, la fillette aperçut l’enseigne abîmée de la mercerie au-dessus de laquelle on lisait des mots découpés dans le métal. Les volets ouverts laissaient entrevoir des tissus posés sur des comptoirs cirés, de la laine entassée, des boîtes vernies contenant des boutons dorés et des bobines de fil rangées sur les étagères fixées au mur. 8. Recopiez le texte en soulignant les participes passés ; vous utiliserez une couleur pour ceux qui sont employés dans une forme verbale et une autre couleur pour ceux qui sont employés comme adjectifs. * M. Bird […] fut saisi d’étonnement et de stupeur au spectacle qui se présenta devant lui. Une jeune femme amaigrie était renversée sur deux chaises, dans une pâmoison1 mortelle ; ses vêtements déchirés étaient roidis2 par le froid, elle avait perdu un soulier, son bas était arraché du pied coupé et sanglant… On reconnaissait sur son visage les signes distinctifs de la race méprisée, mais on devinait en même temps sa beauté triste et passionnée. ** * ** Écrire 14. Présentez ce bazar oriental en utilisant les participes passés des verbes : placer, décorer, disposer, luire, négocier, répondre, plaire, vendre. Vous soulignerez ces participes passés et préciserez l’emploi de chacun d’eux. H. BEECHER STOWE, La Case de l’oncle Tom, trad. L. Enault © Le Livre de poche Jeunesse, 2003. 1. évanouissement. 2. raidis. 9. Précisez l’emploi verbal de chacun des participes passés. 1. Les serviteurs ont dressé la table. 2. Le seigneur a invité ses vassaux à un banquet. 3. Les vins sont servis par les échansons. 4. La salle avait été décorée. 5. Le repas fini, le trouvère est venu distraire le seigneur. ** 10. Indiquez si chacun des participes passés en gras est employé comme adjectif ou dans une proposition subordonnée participiale. 1. Yvain s’éloigne, accompagné du lion. 2. Le tournoi annoncé par les hérauts attire une foule compacte. 3. Le dragon l’ayant empoisonné, Tristan se meurt de sa blessure. 4. Le nain Frocin ayant dénoncé les amoureux, le roi Marc est venu les espionner. 5. Son écu brisé, le chevalier a été vaincu par son adversaire. ** FILIPPO BARTOLINI (1861-1908), Bazar oriental. L’étude de la langue Grammaire 329 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P252-329-9782011256218.indd 329 01/07/10 14:11 É SIONS• •R VI NS ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE > L’ACCORD SUJET-VERBE IO VIS ÉV IS IONS• Les mots de la leçon •R RÉ Réviser l’accord simple accord : harmonie, par exemple en musique. accorder avec : mettre en harmonie avec. Consolider les acquis > Le sujet, une fonction qui commande l’accord du (ou des) verbe(s) Ex. 1 à 9 • Le sujet commande toujours l’accord du verbe, quelle que soit sa place : près du verbe, loin du verbe ou inversé. Tu rédiges un article. Rédiges-tu un article ? Le journaliste, très occupé, écrit. • Un sujet peut commander l’accord de plusieurs verbes. Les enfants courent et se bousculent. > L’accord en personne et en nombre • Un verbe s’accorde avec son sujet : – en personne : > Je lis (1re personne). Il lit (3e personne). – en nombre : > Je lis (1re personne du singulier). Nous lisons (1re personne du pluriel). • Quand un verbe possède plusieurs sujets, il s’accorde au pluriel. François et Vincent lisent un article. S’exercer 1. Accordez les verbes entre parenthèses en les conju- * guant à l’imparfait. 1. Tu (rêver) de partir à l’aventure. 2. Le héros (affronter) toutes sortes de dangers. 3. Les Tartares (surprendre) et (attaquer) les voyageurs. 4. Le chien ne (savoir) pas résister à l’appel de la forêt. 5. Les chiens des chasseurs (vivre) parmi les hommes. 2. Récrivez les phrases de l’exercice 1 en transposant au singulier les sujets au pluriel et inversement. * 3. Recopiez le texte en soulignant les sujets et en accordant les verbes avec leur sujet ; conjuguez les verbes à l’imparfait de l’indicatif. * Cousin Gris (monter) la garde dehors, assis sur un rocher. Loup Bleu (se coucher) à côté du terrier pendant que, tout au fond, Flamme Noire (endormir) les petits en leur racontant des histoires. Et parce qu’il (faire) nuit, parce qu’ils (être) trop fatigués pour jouer, parce qu’ils (adorer) avoir peur, et parce que Flamme Noire (être) là pour les protéger, Paillette et les rouquins (écouter). 6. a. Repérez les sujets inversés. b. Recopiez les phrases en soulignant les sujets et en accordant les verbes que vous conjuguerez au présent de l’indicatif. 1. À peine (être)-nous sur l’île que des buissons (surgir) un singe énorme. 2. Chaque fois qu’ils (croire) leur but atteint et (se sentir) en sécurité, (se présenter) un nouvel obstacle. 3. « (Penser)tu réellement naviguer ? », (demander) les marins. ** 7. Recopiez le texte en soulignant les sujets et en accordant les verbes que vous conjuguerez au passé simple de l’indicatif, pour retrouver le texte initial. ** Les brigands au grand complet (bondir) sur leurs pieds et (s’enfuir) en criant d’horreur. Ils (se précipiter) vers la sortie. Certains (tomber) dans le feu, dont ils (s’échapper) avec des gémissements de douleur. Ils (disperser) au passage les bûches enflammées, plongeant ainsi la salle dans l’obscurité. Les ténèbres (porter) leur désarroi à son comble et ils (se mettre) à hurler d’effroi. P. PULLMAN, L’Épouvantail et son valet, trad. P. Giraudon © Éditions Gallimard Jeunesse, 2005. D. PENNAC, L’Œil du loup © Nathan, 1984. 4. Récrivez les phrases suivantes au présent de l’indicatif, * en respectant les accords. 1. Je partais souvent à l’aventure. 2. Nous prenions beaucoup de risques. 3. Il connaissait bien la route. 4. Tu mettais tous tes espoirs dans cette aventure. 5. Vous vous jetiez à l’eau. 8. Accordez les verbes avec leur sujet en les conjuguant : a. au présent de l’indicatif ; b. au passé simple. ** 1. Tu (prendre) ton élan et (venir) te jeter contre l’ennemi. 2. Je (saisir) mon arme et la (charger). 3. Buck et ses compagnons (frémir) devant le danger et ne (savoir) pas que faire. 4. Sans doute (chercher)-elles une solution adaptée aux circonstances. 5. Associez les verbes de la colonne de droite avec tous les sujets possibles de la colonne de gauche. Je • Tu • Elles • Nous • Ils • * • aborderont • voguions • s’évadaient • parcourais • explorais Écrire 9. Imaginez une brève suite au texte de l’exercice 7. Vous soulignerez les sujets et conjuguerez les verbes au passé simple en faisant attention aux accords. 330 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 330 01/07/10 14:14 ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE > L’ACCORD SUJET-VERBE Repérer le sujet dans la phrase pour accorder le verbe Observer pour comprendre > Le sujet est séparé du verbe par un pronom personnel 1. a. Relevez les phrases correctes et soulignez le sujet. > Je parle. Te parles. Elle sait. Les observe. Tu parles. La prend. Me parle. Elles suivent. Il parle. Leur parlent. Lui parle. Ils parlent. b. Recopiez les pronoms personnels de la liste qui peuvent être sujets d’un verbe. > Je, me, tu, te, il, elle, le, la, lui, ils, elles, les, leur. 2. Observez la terminaison des verbes : recopiez en bleu les phrases dans lesquelles les pronoms « nous » et « vous » sont sujets ; en noir, les phrases où ces pronoms sont compléments d’objet. Nous parlons. Il nous regarde. Vous avancez. Je vous invite. Ils vous plaisent. Nous restons. Tu nous offres un cadeau. Vous nous invitez. Nous vous parlons. Nous les inviterons. Elles nous apprécieront. > Le sujet est séparé du verbe par un groupe de mots 3. a. Recopiez les phrases suivantes, placez entre crochets le groupe sujet et encadrez le nom noyau. b. Dans les phrases B, C, D et E, l’ajout des groupes de mots soulignés modifie-t-il l’accord du verbe ? A. Les pirates attaquèrent le vaisseau. B. Les pirates avec leur galère attaquèrent le vaisseau. C. Les pirates que le capitaine redoutait attaquèrent le vaisseau. D. Les pirates, redoutés du capitaine, attaquèrent le vaisseau. E. Les pirates, brigands de la mer, attaquèrent le vaisseau. Retenir la leçon Le sujet ne précède pas toujours immédiatement le verbe. Certains mots ou groupes de mots peuvent s’intercaler entre le sujet et le verbe. Le sujet peut être séparé du verbe par : > un pronom personnel complément d’objet Ex. 4 à 6 et 13 • Les pronoms personnels me, te, le, la, l’, les, leur ne sont jamais sujets. > Le traître me trahit. Je le trahis. Ils leur parlent. sujet COD sujet COD sujet COI • Il faut vérifier si les pronoms personnels nous et vous sont des sujets ou des compléments d’objet placés entre le sujet et le verbe. > Nous apporterons des souvenirs. Ils nous apporteront des souvenirs. sujet sujet COS > Vous croyez à son histoire. La fillette vous croyait. sujet sujet COD > un groupe de mots Ex. 7 à 11 et 13 Pour accorder le verbe, il faut vérifier si le ou les groupes de mots qui précèdent le verbe peuvent ou non être supprimés. Si on peut les supprimer, ils ne sont pas sujets. On peut trouver : • un groupe complément circonstanciel > Les naufragés, sur l’île, chaque matin, cueillaient des fruits. • une proposition subordonnée relative > L’île [où arrivent les naufragés] semble accueillante. Pour aller plus loin Ex. 12 et 13 • un adjectif qualificatif ou un groupe nominal en apposition > Lancelot, seul parmi les chevaliers, combat vaillamment. > Lancelot, un chevalier aux multiples exploits, ne remporte pas le tournoi. L’étude de la langue Orthographe 331 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 331 01/07/10 14:14 S’exercer 4. Recopiez les phrases suivantes en soulignant le sujet et en accordant le verbe que vous conjuguerez au présent de l’indicatif. 1. Ils la (choisir). 2. Tu me (vanter) les mérites de ce héros. 3. Il leur (prêter) un livre. 4. Le chevalier les (accompagner). 5. La Dame leur (offrir) des mets succulents. 6. Le jongleur te (proposer) de le suivre. * 5. Recopiez les phrases suivantes en soulignant le sujet et en accordant le verbe que vous conjuguerez au futur de l’indicatif. 1. Nous les (porter) dans la salle du festin. 2. Les explorateurs nous (raconter) leur aventure. 3. Nous les (écouter) avec fascination. 4. Vous les (interroger) sur les dangers rencontrés. 5. Les fillettes vous (accueillir). * 6. Récrivez les phrases en remplaçant les groupes nominaux en gras par le pronom personnel correspondant. 1. Nous interrogeons les enfants. 2. Vous emportez la carte au trésor. 3. Nous servons des banquets. 4. Des troubadours distraient le châtelain. 5. Le seigneur donne des ordres aux serviteurs. 6. Les seigneurs remettent de l’argent au trouvère. ** 7. Dans les phrases suivantes, quels groupes de mots pouvez-vous supprimer avant le verbe ? Recopiez le sujet et le verbe, que vous accorderez en le conjuguant à l’imparfait de l’indicatif. 1. Le chevalier, toutes les nuits, (rêver) de sa Dame. 2. Les chevaliers, dans le tournoi, (arborer) les couleurs de leur Dame. 3. Le navigateur, grâce au courage de ses compagnons, (parvenir) à résister à la tempête. 4. Les marins, vaillamment, au péril de leur vie, (aborder) ce rivage hostile. ** 8. Enrichissez les phrases suivantes, en plaçant des compléments circonstanciels entre le sujet et le verbe ; n’oubliez pas d’accorder correctement le verbe, que vous conjuguerez au présent de l’indicatif. 1. Renart (tromper) les marchands. 2. Le loup Isengrin (rencontrer) Renart. 3. Le roi Noble (rendre) justice. 4. Les paysans (tendre) un piège à Renart. 5. Renart et sa famille (vivre) dans le château de Malpertuis. ** 10. Recopiez les phrases suivantes en mettant entre crochets les propositions subordonnées relatives et en accordant le verbe, conjugué au présent de l’indicatif, avec le sujet. 1. La neige que piétinent les passants (commencer) à fondre et (devenir) sale. 2. Les sentiers que recouvre la glace (présenter) des dangers. 3. La mare où nagent les grenouilles (sembler) un triste miroir. 4. La place que recouvrent des plaques de verglas (devenir) une patinoire. 5. Le château fort dont les remparts sont couverts de neige (dominer) la plaine. * 11. Recopiez les phrases suivantes en inventant un sujet avec lequel le verbe en gras puisse s’accorder. 1. … dont les pneus dérapent sur le sol gelé, avance lentement. 2. … auxquels la nourriture fait défaut errent dans les bois. 3. … qui exploitent la forêt travaillent pour le seigneur. 4. … que menace le froid de l’hiver part à la recherche du bois mort. 5. … que réjouissent les glissades sur la neige font de la luge. ** Pour aller plus loin 12. Dans les phrases suivantes, quels groupes de mots pouvez-vous supprimer entre le sujet et le verbe ? Recopiez le sujet et le verbe, que vous accorderez en le conjuguant au temps de l’indicatif demandé. 1. La plaine, couverte de feuilles mortes, (ressembler / présent) à un tapis jaune. 2. Un aigle, le roi des airs, (emporter / passé simple) sa proie dans ses serres. 3. Les berges, couvertes d’herbe, (servir / présent) d’abri aux oiseaux. 4. Les nuages, une écharpe autour du pic, (masquer / imparfait), le sommet. 5. Le vent, puissant à ces heures tardives, (souffler / imparfait) en rafales. 6. Les derniers villageois, trois personnes du village, (rentrer / passé simple) dans leurs maisons. Écrire 13. À l’aide de l’image, inventez une petite histoire. Vous rédigerez des phrases comportant des sujets éloignés des verbes et vous ferez attention à l’accord sujet-verbe. 9. Dans les phrases suivantes, quels groupes de mots pouvez-vous supprimer entre le sujet et le verbe ? Recopiez le sujet et le verbe, que vous accorderez en le conjuguant au temps demandé. ** 1. La lumière, maintenant, (couler / imparfait), riche et vibrante, des hautes fontaines de l’aurore. 2. Le peuple animal autour de l’eau moirée de taches de soleil (être / imparfait) plus dense, plus vrai. 3. Le visage haussé vers moi, ravi et limpide, avec ses grands yeux sombres, soudain éclaircis et illuminés, n’(exprimer / imparfait) plus que la félicité d’un enfant. 4. Ses ongles, dentelés par les cassures, (entrer / imparfait) dans ma peau. 5. Le mâle, énorme, immobile à quelques pas de nous, (être / plusque-parfait) le vainqueur. J. KESSEL, Le Lion © Éditions Gallimard, 1958. Enluminure du Livre des merveilles, BnF. 332 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 332 01/07/10 14:14 ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE > L’ACCORD SUJET-VERBE Identifier la classe grammaticale du sujet pour accorder le verbe Observer pour comprendre > Le sujet est un groupe nominal comportant un complément du nom 1. a. Quelle est la fonction du groupe nominal souligné ? b. Dans ce GN, quel est le nom noyau qui est complété par un complément ? > Le tigre des plaines dort. 2. a. Dans chaque couple de phrases, qu’est-ce qui différencie les GN sujets soulignés ? b. Le verbe s’accorde-t-il avec le nom noyau ou avec le complément du nom ? > A. Le tigre dort. Le tigre des plaines dort. > B. Les tigres dorment. Les tigres de la savane dorment. > Le sujet est un groupe nominal comportant une proposition subordonnée relative 3. a. Quelle est la fonction du GN souligné ? b. Dans ce GN, quel est le nom noyau complété par la proposition subordonnée relative ? c. Avec quoi le verbe en gras s’accorde-t-il dans le GN souligné ? > L’île [où débarquent les marins] semble inhabitée. > Le sujet est un verbe à l’infinitif 4. a. Dans quelle phrase le mot en gras est-il un nom ? un verbe à l’infinitif ? Justifiez. b. À quelle personne le verbe est-il conjugué quand le sujet est un verbe à l’infinitif ? > A. Les sourires des vendeurs sont plaisants. > B. Sourire est important pour un vendeur. Retenir la leçon Pour accorder le verbe, il faut identifier la classe grammaticale du sujet. Le sujet peut être : > un groupe nominal comportant un complément du nom Ex. 5, 6, 9 et 10 • Quand le sujet est un groupe nominal comportant un complément du nom, le verbe s’accorde avec le nom noyau. > Les arbres de la forêt plient sous le vent. La meute des chiens avance sur la neige. > un groupe nominal comportant une proposition subordonnée relative Ex. 7 • Quand le sujet est un groupe nominal comportant une proposition subordonnée relative, le verbe s’accorde avec le nom noyau. > Les arbres [que le soleil dessèche] perdent leurs feuilles. > un verbe à l’infinitif Ex. 8 à 10 • Quand le sujet est un verbe à l’infinitif, le verbe se conjugue à la troisième personne du singulier. > Naviguer présente des dangers. • Si le sujet est un infinitif comportant un complément, le verbe se conjugue à la troisième personne du singulier. > Commander des hommes présente des dangers. L’étude de la langue Orthographe 333 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 333 01/07/10 14:14 S’exercer 5. a. Recopiez les phrases suivantes en encadrant le nom noyau dans le groupe nominal sujet souligné. b. Accordez le verbe que vous conjuguerez au présent de l’indicatif. 1. Le souffle des bourrasques (plisser) la surface de l’eau. 2. La pointe des roseaux (onduler) près du marécage. 3. Les bords du marais (émerger) de la brume. 4. L’ombre des saules (tamiser) la lumière. 5. Quelques bulles d’air (monter) du fond de la vase. 6. Les bras de la rivière (déboucher) dans le lac. (ressembler) à un griffon. 4. La ville de Taidu qui comporte de larges rues (adopter) une forme géométrique. * 8. a. Dans chaque phrase, repérez le sujet du verbe entre 6. Accordez les verbes avec leur sujet en les conjuguant à l’imparfait de l’indicatif. parenthèses. b. Conjuguez ces verbes au présent de l’indicatif en les accordant avec leur sujet. 1. Pour un chevalier, partir en quête (constituer) une occupation centrale de sa vie. 2. Défendre les opprimés (faire) partie du code de la chevalerie. 3. Obéir à la reine ne (poser) pas de problème à Lancelot. 4. Enfermer Lancelot (être) la préoccupation de Méléagant. 5. Servir les dames (devoir) être une qualité du chevalier. * 1. Les bords de la rivière (paraître) inhabités. 2. La flore des eaux y (croître) avec une merveilleuse puissance. 3. Le sommeil de ces nuits (être) léger. 4. Du haut de sa falaise, un bois épais de chênes verts (assombrir) les eaux. 5. Sous une renoncule d’eau (vivre) une tribu de chevrettes translucides. H. BOSCO, L’Enfant et la rivière © Éditions Gallimard, 1983. 7. a. Dans chaque GN souligné, repérez le nom noyau. b. Accordez le verbe, que vous conjuguerez au présent de * l’indicatif, avec son sujet. 1. Les pays que Marco Polo visite (offrir) de nombreuses merveilles. 2. Les arbres dont l’écorce sert pour fabriquer le papier (se trouver) en Chine. 3. L’oiseau géant dont certains parlent * 9. Mettez les verbes au présent de l’indicatif en les accordant avec leur sujet. 1. Le velours dont sont recouvertes les banquettes (resplendir) au soleil matinal. 2. Dans la cour du château, (attendre) une armée de valets prêts à ouvrir les portières. 3. Attendre ne (plaire) pas au roi. 4. Les chevaux du comte (piétiner) rageusement. 5. Aux environs de minuit, (apparaître) les laquais du prince : servir à toute heure (faire) partie de leur charge. ** 10. Accordez les verbes avec leur sujet en les conjuguant au passé simple de l’indicatif. 1. Le chef des pirates (découvrir) une malle. 2. Avec la clef qu’(apercevoir) un des flibustiers, Barbe-Noire et ses hommes (ouvrir) le coffre. 3. Découvrir un trésor fabuleux les (ravir). 4. Sous les pièces d’or (apparaître) une carte jaunie. ** Observer pour comprendre > Le sujet est le pronom on 11. a. En prononçant les phrases suivantes, choisissez la forme verbale qui convient. b. À quelle personne le verbe est-il conjugué quand le sujet est le pronom on ? > On (part / partent) à l’aventure. On (prend / prennent) des risques. c. En vous appuyant sur ce que vous avez découvert, choisissez dans les phrases suivantes la forme verbale qui convient. La prononciation vous a-t-elle aidé(e) ? > On (affronte / affrontent) des dangers. On (rêve / rêvent) d’aventure. > Le sujet est un groupe comportant un pronom personnel de la première et / ou de la deuxième personne 12. a. Dans chaque phrase, à quelle personne et à quel nombre le verbe est-il conjugué ? b. Par quel pronom personnel pourriez-vous remplacer chacun des groupes sujets ? > Les enfants partent. Les enfants et toi partez. Les enfants et moi partons. Toi et moi partons. Les enfants, toi et moi partons. > Le sujet est le pronom relatif qui 13. a. De quel verbe le pronom relatif qui est-il sujet dans chaque phrase ? b. Observez chaque antécédent souligné : quel rôle ces antécédents jouent-ils dans l’accord du verbe de la proposition subordonnée relative ? > Moi qui suis un aventurier, j’ai parfois peur. > Toi qui es un aventurier, tu as parfois peur. > Nous qui sommes des aventuriers, nous avons parfois peur. > Eux qui sont des aventuriers, ils ont parfois peur. 334 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 334 01/07/10 14:14 Retenir la leçon Pour accorder le verbe, il faut identifier la classe grammaticale du sujet. Le sujet peut être : > le pronom on Ex. 14 et 18 • Quand le sujet est le pronom on, le verbe se conjugue à la troisième personne du singulier. > On aime tous partir à l’aventure. > un groupe comportant un pronom personnel de la première et / ou de la deuxième personne Ex. 15 et 19 • Quand le groupe sujet est constitué d’un pronom personnel à la première personne et d’un autre élément, le verbe se conjugue à la première personne du pluriel. > Toi et moi aimons l’aventure. > Les marins, toi et moi abordons dans l’île. • Quand le groupe sujet est constitué d’un pronom personnel à la deuxième personne et d’un autre élément à la troisième personne, le verbe se conjugue à la deuxième personne du pluriel. > Tes amis et toi aimez l’aventure. > le pronom relatif qui Ex. 16 à 19 • Quand le sujet est le pronom relatif qui, le verbe de la proposition subordonnée relative s’accorde avec l’antécédent. Les chasseurs entendirent le loup qui hurlait et les chiens qui aboyaient. antécédent antécédent S’exercer 14. Complétez au présent de l’indicatif les terminaisons * verbales. Si besoin, vérifiez les conjugaisons p. 373 à 381. 1. On (arriver) au magasin. 2. On (faire) le tour des rayons. 3. On (commencer) les essayages. 4. On (choisir) une tenue puis on (entrer) dans une cabine. 5. Quand on (vouloir) obtenir un renseignement, on (appeler) une vendeuse. 15. a. Accordez les verbes avec leur sujet, en les conju- 17. Repérez l’antécédent du pronom relatif et accordez les verbes en les conjuguant à l’imparfait de l’indicatif. 1. Il observa la barrière de roseaux qui (plier) sous le vent. 2. Il entendit les roulements de tonnerre qui (retentir) au loin. 3. Il se fraya un chemin entre les herbes de la prairie qui (onduler) sous le vent. 4. Il foula des brins d’herbe qui (s’écraser) sous ses bottes. ** guant à l’imparfait de l’indicatif. b. Quel élément du groupe sujet détermine le choix de la personne du verbe ? 1. Les hommes de l’équipage et moi (dormir) pour récupérer des fatigues de la veille. 2. Vous et les enfants (tendre) l’oreille pour capter le bruit dans la cale du navire. 3. Toi et moi (redouter) l’approche des icebergs. 4. Le plus jeune mousse et vous (traverser) le pont vers minuit. 5. C’est l’île que le capitaine et moi (redouter) le plus. 18. Accordez les verbes avec leur sujet au temps de l’indicatif demandé. 16. Recopiez les phrases en soulignant l’antécédent du pronom relatif sujet et accordez les verbes en les conjuguant au temps de l’indicatif demandé. J.-C. NOGUÈS, L’Homme qui a séduit le Soleil © Pocket Jeunesse, 2008. 1. la maladie. * ** Gabriel (s’approcher / passé simple) de l’homme qui (revêtir / plus-que-parfait) maintenant une longue robe noire. On (essayer / imparfait) de capter des odeurs, on (espérer / imparfait) des guérisons en évaluant la dépense. L’espoir (être / imparfait) proportionnel aux douleurs de la goutte1 qui (ronger / imparfait) les orteils. * 1. Un choc terrible la projeta sur le dos avec une violence qui (vider / passé simple) ses poumons et lui (couper / passé simple) le souffle. 2. Ignorant la douleur qui (continuer / imparfait) à irradier sa patte, elle se hâta vers le terrier. 3. La mère blaireau était couchée derrière la dalle rocheuse qui la (séparer / imparfait) de son terrier. A. W. ECKERT, La Rencontre, trad. H. Theureau © Le Livre de poche Jeunesse, 2001. Écrire 19. Remplacez les mots soulignés par les mots proposés entre parenthèses. Vous effectuerez les changements nécessaires. Toi et moi (Lui et toi) avons de la chance. Le jury a choisi ce projet (ces propositions) qui nous tenait à cœur et qui a demandé beaucoup d’efforts. L’étude de la langue Orthographe 335 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 335 01/07/10 14:14 É SIONS• •R VI NS ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE > L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ IO VIS •R RÉ ÉV IS Réviser les accords simples du participe passé employé avec être et avoir IONS• Consolider les acquis > Rappel • Les participes passés présentent cinq terminaisons possibles au masculin singulier : -é, -i, -u, -s, -t. • Ces terminaisons sont variables en genre et en nombre. > lavé, fini, vu, mis, ouvert > lavée, finie, vue, mise, ouverte > lavés, finis, vus, mis, ouverts > lavées, finies, vues, mises, ouvertes > Les participes passés employés avec l’auxiliaire être • Les participes passés employés avec l’auxiliaire être s’accordent en genre et en nombre avec le sujet du verbe. > L’île est découverte. Les pirates ne sont pas morts mais épuisés. Ex. 1 à 7, 12 à 14 Conseil • Réviser la conjugaison de l’auxiliaire être (voir p. 373). > Les participes passés employés avec l’auxiliaire avoir Ex. 8 à 13 et 15 • Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde jamais avec le sujet du verbe. – Si le verbe n’a pas de COD : le participe passé ne s’accorde pas, c’est-à-dire qu’il s’écrit au masculin singulier. > Le capitaine a tremblé. Les pirates ont sauté sur le pont du navire. Le capitaine leur a parlé. – Si le verbe a un COD qui est placé après le verbe : le participe passé ne s’accorde pas, il s’écrit au masculin singulier. > Les pirates ont dérobé la carte du trésor. COD Conseil • Réviser la conjugaison de l’auxiliaire avoir (voir p. 373). S’exercer 1. Recopiez les groupes de mots comportant : un sujet + 3. Recopiez le texte en encadrant les sujets avec lesquels l’auxiliaire être + un participe passé. Soulignez le sujet et la terminaison du participe passé. doit s’accorder chaque participe passé entre parenthèses et en accordant ces participes passés. Je pris la décision, une nuit, de tendre trois pièges ; j’allai les visiter le lendemain matin et constatai qu’ils étaient encore tendus mais que les amorces étaient arrachées. Tout autre que moi aurait été rebuté mais je travaillai à perfectionner mes pièges si bien qu’un matin un bouc et trois chevreaux furent pris. Michel de Gallardon était (épuisé), ses membres étaient (rompu). Sa petite hermine était (resté) dans les écuries où il était (logé). La petite bête était (venu) sur la paillasse pour se glisser près de sa joue. Les autres écuyers étaient déjà (endormi) car ils étaient (épuisé) par l’entraînement très dur. D’après D. DEFOE, Robinson Crusoé © Le Livre de poche jeunesse, Hachette, 1993. D’après V. MOORE, Le Seigneur sans visage © Castor Poche Flammarion, 2005. 2. a. Accordez les participes passés employés avec les sujets en gras. b. Transposez les phrases au pluriel. 1. La dame était (appuyé) à la fenêtre du château. 2. Le chevalier sera (arrivé) sur le lieu du tournoi. 3. Le champion fut (applaudi) par le public. 4. La fille du seigneur est (parti) vivre avec son jeune époux. 5. La dame est (séduit) par les exploits des chevaliers. 6. Est-il (décidé) à combattre ? 7. Fillette, es-tu (perdu) dans cette forêt ? 4. Remplacez chaque groupe de mots en gras par les mots * * * * entre parenthèses. Établissez les nouveaux accords. 1. Au petit matin, une charrette (des vilains) fut aperçue par Renart. 2. Le loup (Les bêtes) fut trompé par le goupil. 3. Vous (Tu) étiez occupés à lire Le Roman de Renart. 4. Mon spectacle (Mon émission) sur les fabliaux est annoncé dans la presse. 5. La ruse du goupil (Les mauvais tours du goupil) sera jugée devant la cour. 336 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 336 01/07/10 14:14 5. Repérez le sujet avec lequel s’accorde chaque participe passé entre parenthèses et accordez ces participes passés. 1. Près de la fontaine est (apparu) la fée Viviane. 2. À ses pieds est (étendu) un tapis de mousse. 3. C’est à ce moment que sont (arrivé) d’étranges demoiselles. 4. En même temps sont (sorti) de la forêt plusieurs chevaliers sur leurs destriers. ** 6. Observez la terminaison des participes passés et com- * plétez les phrases en inventant un sujet. 1. Depuis une semaine, … est parti en mer. 2. … sera cachée dans une grotte. 3. … sont arrivés sur l’île. 4. Les cartes, les échelles et … sont débarquées du navire. 7. Complétez ces phrases par des sujets avec lesquels les * participes passés puissent s’accorder. 1. … étaient infestées par les rats. 2. En hiver, … est gelé pendant plusieurs mois. 3. … sont prévenus à temps. 4. Sa tante, … et son amie sont descendus de la diligence. 5. L’année précédente, … avaient été brûlées par un terrible incendie. Tenn (Robinson et son chien) était poursuivi par les boucs de l’île. 3. L’équipage (Les pirates) avait attaqué le bateau. 4. Le chef des cannibales (Les cannibales) avait allumé un feu. 5. La chèvre (Les chevreaux) sera attrapée. 6. Le crabe (Les pinces) avait scié une noix de coco. 13. Transformez le texte en conjuguant les verbes en gras au passé composé. Vous veillerez à bien orthographier les participes passés. ** Un beau jour, un vilain passe par la rue des épiciers avec ses ânes chargés de fumier. Les commis assis devant leurs portes broient les épices. Quand il sent l’odeur, le vilain ne peut plus faire un pas en avant. Il tombe par terre comme mort. Les bêtes restent au milieu de la route, sans bouger. Et tous les passants plaignent le pauvre ânier. Cependant une femme sort de la foule. Avec la fourche du vilain, elle prend un peu de fumier et place l’instrument sous le nez du vilain. Aussitôt le vilain ouvre les yeux, guéri. D’après « Le Vilain Ânier », Fabliaux © Classiques Hachette, 1978. 8. Conjuguez au passé composé les formes verbales suivantes. Attention à bien orthographier les participes passés. nous mangeons • tu indiques • ils poursuivent • elle ignore • les troubadours racontent • ils voient • vous voyez • elles parcourent * 9. a. Recopiez les phrases en numérotant l’auxiliaire avoir (1), le participe passé (2), le COD (3). b. Justifiez l’orthographe du participe passé. Le roi a félicité le chevalier. Écrire 14. Présentez la scène de l’image. Vous utiliserez trois participes passés employés avec l’auxiliaire être. * 1 2 3 1. Argan a reçu son médecin. 2. M. Fleurant a préparé des remèdes. 3. Béralde et Toinette ont aidé Angélique. 4. Argan a choisi son futur gendre. 5. Les médecins n’ont pas guéri Argan. 10. Remplacez l’infinitif entre parenthèses par le participe * passé du verbe. 1. Les maçons ont (construire) la tour. 2. Le maître d’œuvre a (diriger) les ouvriers. 3. Vous avez (atteindre) le donjon. 4. Ils ont (parcourir) le chemin de ronde. 5. La dame a (revêtir) ses habits de fête. 6. La châtelaine a (convier) des trouvères. 11. Transformez le texte en conjuguant les verbes en gras au passé composé. Vous veillerez à bien orthographier les participes passés. * Je courus jusqu’à la trappe ouvrant sur la cale. Personne ne fit attention à moi. J’arrachai le bout de bois bloquant la trappe et je sentis l’odeur de viande salée montant de l’obscurité. Dans le noir, les tonneaux et les sacs me semblaient des monstres. Tout à coup, des ombres douces, furtives frôlèrent mes chevilles. Des rats. J’eus peur. D’après C. DE MONTELLA, Le Diable dans l’île © Castor Poche Flammarion, 2000. 12. a. Relevez les phrases où le participe passé est employé avec l’auxiliaire avoir. b. Remplacez chaque groupe de mots en gras par les mots entre parenthèses. Établissez les nouveaux accords. 1. Robinson (Les marins) a rencontré Vendredi. 2. Le chien ** Miniature du XVe siècle, BnF. 15. Racontez la construction d’une cabane. Vous utiliserez des passés composés formés avec l’auxiliaire avoir, employés sans COD ou avec un COD placé après le verbe. Vous soulignerez ces participes passés. L’étude de la langue Orthographe 337 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 337 01/07/10 14:14 ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE > L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ Les accords complexes du participe passé employé avec avoir Observer pour comprendre 1. a. Quelle est la fonction des noms en gras ? b. Quels sont le genre et le nombre de chacun de ces noms ? > A. Quels dragons le chevalier a-t-il combattus ? > B. Quelles bêtes monstrueuses le chevalier a-t-il combattues ? 2. a. À l’aide de quel auxiliaire le verbe « combattre » est-il conjugué ? b. Où le nom en gras est-il placé par rapport au verbe ? 3. a. Observez la terminaison des participes passés : quel est le genre et le nombre de chacun d’eux ? b. Qu’est-ce qui a fait varier le genre et le nombre du participe passé entre la phrase A et la phrase B ? 4. a. Dans la phrase qui suit, quelle est la classe grammaticale du mot en gras ? b. Quel groupe nominal remplace-t-il ? c. Quelle est la fonction de ce mot en gras ? d. Avec quel auxiliaire le verbe « saluer » est-il conjugué ? e. Où le mot en gras est-il placé par rapport au verbe ? f. Comment expliquez-vous la terminaison du participe passé souligné ? > Lancelot a rencontré des dames. Il les a saluées. 5. a. Dans la phrase qui suit, quelle est la classe grammaticale du mot en gras ? b. Quel groupe nominal remplace-t-il ? c. Quelle est la fonction de ce mot en gras dans la proposition subordonnée relative entre crochets ? d. Avec quel auxiliaire le verbe « saluer » est-il conjugué ? e. Où le mot en gras est-il placé par rapport au verbe ? f. Comment expliquez-vous la terminaison du participe passé souligné ? > Lancelot a rencontré des dames [qu’il a saluées.] Retenir la leçon > L’accord du participe passé avec le COD Ex. 6 à 16 • Si un verbe conjugué à un temps composé à l’aide de l’auxiliaire avoir possède un COD placé avant l’auxiliaire, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec ce COD. > Quelle reine Lancelot a-t-il aimée ? 1 COD 2 3 auxiliaire participe « avoir » passé • Le COD est placé avant le verbe : – quand il est un pronom personnel ; > Le chevalier a rencontré la dame et il l’a saluée. COD – quand il est un pronom relatif ; > Le chevalier a rencontré la dame [qu’il a saluée]. COD – dans certaines phrases interrogatives. > Quelle dame le chevalier a-t-il saluée ? COD Conseil • Réviser la conjugaison de l’auxiliaire avoir (voir p. 373). 338 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 338 01/07/10 14:14 S’exercer 6. a. Recopiez les phrases en les analysant sur le modèle donné et en soulignant le COD. b. Où sont placés les COD ? Expliquez l’accord des participes passés. Quels animaux as-tu apprivoisés ? * COD auxiliaire avoir participe passé 1. Quels films avez-vous vus ? 2. Quelles personnes as-tu rencontrées ? 3. Quelle voiture a-t-il achetée ? 4. Quels journaux avez-vous lus ? 5. Quelles lettres avons-nous envoyées ? 7. a. Observez les participes passés. b. Complétez les phrases par des COD grammaticalement corrects. 1. … a-t-il observés ? 2. … ont-ils choisie ? 3. … a-t-elle prévu ? 4. … as-tu envoyés ? 5. … avez-vous préférée ? * 8. a. Relevez les pronoms personnels COD et dites quel nom ou GN ils représentent. b. Recopiez les phrases B en les analysant sur le modèle donné. c. Où sont placés les COD ? Expliquez l’accord des participes passés. A. Tristan et Iseult ont partagé une boisson magique. B. Ils l’ont bue. ** COD aux. avoir participe passé 1. A. La servante a accompagné Tristan et Iseult. B. Elle les a servis. 2. A. Tristan a écrit des lettres. B. Iseult les a déchiffrées. 3. A. Le roi Marc a observé les amoureux. B. Il les a épiés. 4. A. Les amoureux ont découvert la ruse de Marc. B. Ils l’ont comprise. 5. A. Iseult aux blanches mains a dit à Tristan que la voile était noire. B. Elle l’a trompé. 9. a. Relevez les COD. b. Récrivez les phrases en remplaçant le groupe nominal COD par le pronom personnel qui correspond et accordez le participe passé. Ils ont sauvé les demoiselles. > Ils les ont sauvées. 1. Les pirates ont découvert de nouvelles îles. 2. Marco Polo a acheté la soie la plus fine. 3. Il a affronté de grands dangers. 4. La lune a guidé les marins. 5. Barberousse et ses hommes ont effrayé le capitaine. 6. Il a examiné l’émeraude. 12. a. Observez les participes passés. b. Recopiez les phrases en les complétant par des groupes nominaux antécédents des pronoms relatifs, grammaticalement corrects. 1. La servante Toinette reproche à son maître … qu’il a envisagée. 2. L’apothicaire vend très cher … qu’il a préparés. 3. Argan présente à sa fille … qu’il lui a destiné. 4. Argan prend … que son médecin lui a prescrits. 5. Toinette triomphe d’Argan grâce à … qu’elle a inventée. * 13. Accordez les participes passés entre parenthèses. ** 1. Les pièces que Molière a (proposé) à Versailles ont plu au monarque. 2. Connaissez-vous les comédiens qu’il a (retenu) ? 3. La musique que Lully a (composé) est très enjouée. 4. La représentation se déroulera dans les jardins que le jardinier Le Nôtre a (dessiné). 5. Le rôle qu’a (interprété) Molière est celui d’un malade imaginaire. 14. Recopiez ces phrases en soulignant le COD et en ac- ** cordant le participe passé. 1. Quels animaux Renart a-t-il (affronté) ? 2. Renart a (volé) les anguilles que les marchands avaient (posé) sur la charrette. 3. Les paysans détestaient Renart : il les avait souvent (volé). 4. L’histoire du puits, il l’a (raconté) à ses élèves qui l’ont beaucoup (aimé). 15. Conjuguez les verbes au passé composé et accordez les participes passés. 1. Les horloges qu’il (fabriquer) sont-elles fiables ? 2. Des mécanismes que l’horloger (ajouter) (permettre) une meilleure précision. 3. La clepsydre que Robinson (construire) fonctionne avec de l’eau. 4. Les encoches que Robinson (tailler) dans le mât-calendrier (servir) à mesurer le temps. ** ** 10. a. Observez les participes passés. b. Récrivez les phra- Écrire 16. Présentez la scène de l’image. Vous utiliserez au moins trois verbes conjugués avec l’auxiliaire avoir, possédant des COD placés avant le verbe. Vous soulignerez les participes passés de ces verbes et les accorderez correctement. ses en remplaçant les pronoms personnels par des groupes nominaux COD grammaticalement corrects et orthographiez correctement le participe passé. 1. Les pirates l’ont enveloppée. 2. Le capitaine les a poursuivies. 3. L’équipage l’a atteint en pleine nuit. 4. Les marins les ont observés à la lunette de marine. 5. Les corsaires l’avaient prévue. * 11. a. Pour chaque phrase, indiquez quel GN (antécédent) remplace le pronom relatif que. b. Recopiez les phrases en accordant les participes passés. 1. Les châteaux que le roi avait (attaqué) tombaient en ruines. 2. La forêt que le chevalier avait (traversé) disparut soudain. 3. Le sort que la fée lui avait (jeté) enchaînait le chevalier. 4. Imaginez le dragon et le monstre que Tristan a (combattu). 5. Connaissez-vous le nom de la fée que Merlin a (aimé) ? 6. Vous lirez des textes que Chrétien de Troyes a (écrit). * PETER MALONE, Armement d’un chevalier. L’étude de la langue Orthographe 339 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 339 01/07/10 14:14 É SIONS• •R VI NS ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE ÉV IS IONS• Les mots de la leçon RÉ •R Réviser les terminaisons homophones IO VIS homophone : du grec homos, « semblable », et phonè, « voix, son ». Consolider les acquis > Le [ə] muet Ex. 1, 2 et 19 • Le [ə] muet en terminaison verbale correspond à trois graphies : -e, -es, -ent, selon la personne au présent de l’indicatif, du subjonctif et de l’impératif (voir p. 303, 307 et 308). > Je porte, tu portes, il porte, ils portent. > Que je porte, que tu portes, qu’il porte, qu’ils portent. > Porte. • Il est important de bien vérifier le sujet du verbe et de distinguer ce sujet d’un pronom personnel COD pour ne pas confondre le sujet et le pronom COD. > Il les appelle. Ils l’appellent. S’exercer 1. Repérez les sujets puis complétez les verbes avec la ter- * minaison qui convient : -e, -es, -ent. 1. Marco Polo rencontr… le Grand Khan. 2. Tu t’intéress… à la fabrication du papier-monnaie ! Regard… ce reportage pour t’informer. 3. Les îles du Sud offr… à la vue d’étranges animaux : pourvu qu’ils ne disparaiss… pas. 4. Pens…-tu avoir lu ce roman rapidement ? 5. Afin que Marco Polo voyag… librement en Asie, l’empereur donn… des ordres pour que ses représentants facilit… son périple. 6. Donn… des nouvelles des explorateurs à la presse. 2. Conjuguez les formes verbales entre parenthèses au présent de l’indicatif en repérant bien le sujet, que vous soulignerez. 1. Ce dragon, les vaillants chevaliers le (combattre) avec énergie. 2. L’écuyer a transporté des épées et les (ranger) dans la salle d’armes. 3. Viviane et Mélusine (consulter) le recueil de formules magiques de l’enchanteur Merlin ; elles le (lire) et le livre les (envoûter). 4. Les chevaliers invitent la dame, lui (offrir) un beau spectacle et elle les (encourager) chaleureusement. * Consolider les acquis > Le son [ɔ̃] Ex. 3, 4 et 19 • Le son [ɔ̃] en terminaison verbale peut correspondre à deux graphies : -ons, -ont, selon qu’il s’agit de la 1re personne du pluriel, au présent et au futur de l’indicatif, ou de la 3e personne du pluriel, au futur de l’indicatif, et pour les verbes aller, faire, avoir et être au présent. • Il est important de bien vérifier le sujet du verbe et de distinguer ce sujet d’un pronom personnel COD pour ne pas confondre le sujet et le pronom COD. > Nous les appelons. Ils nous font signe. > Nous les appellerons. Ils nous feront signe. S’exercer 3. Recopiez les phrases en soulignant les sujets et complétez * les verbes avec la terminaison qui convient : -ons, -ont. 1. Les oiseaux v…-ils se rassembler pour partir vers des pays plus chauds ? 2. Quand all…-nous discuter du spectacle de fin d’année ? 3. Paul et moi choisiss… de participer à la fête. 4. Nous ignor… si ces jeunes filles ir… rejoindre leurs familles. 5. Nous espér… que les joueurs ser… sélectionnés. 4. Conjuguez les formes verbales entre parenthèses au temps de l’indicatif demandé en repérant bien le sujet que vous soulignerez. 1. Nos amis les troubadours nous (faire, présent) apprécier leur spectacle, dit le seigneur, nous les (inviter, futur) ensuite à dîner au château. 2. Nos amis nous (envoyer, futur) de la nourriture et nous les (remercier, futur) de leur aide. 3. Nous leur (proposer, futur) de partager nos vacances. 4. Ces personnalités nous (faire, présent) le plaisir d’assister à notre spectacle. * 340 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 340 01/07/10 14:14 Consolider les acquis > Le son [e] Ex. 5 à 7 et 19 • Le son [e] en terminaison verbale peut correspond à plusieurs graphies : – -é, -és, -ée, -ées s’il s’agit d’un participe passé ; – -er s’il s’agit d’un infinitif ; – -ez s’il s’agit de la terminaison de la 2e personne du pluriel. • Un verbe s’écrit à l’infinitif quand il est précédé : – d’une préposition : à, de, par, pour… ; > Pour cultiver l’île, Robinson plante du blé. – d’un verbe conjugué, autre que être ou avoir ; > Robinson qui veut cultiver l’île plante du blé. – d’un verbe à l’infinitif, autre que être ou avoir. > Robinson va devoir planter du blé. S’exercer 5. a. Repérez les verbes à l’infinitif. b. Identifiez le mot qui précède chacun de ces infinitifs. * Voilà que je ne peux changer de place, tant je souffre du genou, dit Renart, et ce fromage qui vient de tomber m’apporte une odeur insupportable. Les médecins m’ont bien recommandé d’éviter de manger du fromage. Mon cher Tiécelin, songez à éloigner de moi cette horreur. Je suis condamné à laisser ma patte au repos à cause de la blessure que je me suis faite dans ce maudit piège. D’après Le Roman de Renart. 6. a. Recopiez les phrases suivantes en choisissant la bonne * réponse. L’antilope prête à (bondir / bondi) écoute les bruits de la savane. Le moindre souffle la fait (frémir / frémi). Soudain le guépard a (voir / vu) l’animal. Il prend son élan, atteint une vitesse de pointe, mais un écart de l’antilope ne l’a pas (conduire / conduit) à (perdre / perdu) sa proie. b. Remplacez dans chaque phrase la bonne réponse par l’un des mots de la liste. trembler • tremblé • amener • amené • abandonner • abandonné • observer • observé • sauter • sauté * 7. a. Complétez les verbes avec la terminaison qui convient : -é, -ez, -er. b. Justifiez la terminaison choisie. Av…-vous lu l’histoire de Robinson Crusoé ? Ce personnage a employ… son temps à fabriqu… des outils afin de cré… une sorte de maison. Comme vous le découvr… dans le roman, pour mang…, Robinson a coup… des noix de coco. L’Indien Vendredi lui a propos… de partag… sa connaissance des fruits et légumes de l’île. Robinson a écout… les conseils de Vendredi et il l’a observ… en train de cuisin…. * Consolider les acquis > Le son [ɛ] Ex. 8 à 10 et 19 • Le son [ɛ] en terminaison verbale correspond à plusieurs graphies : -ai, -ais, -ait, -aient. • Il ne faut pas confondre, pour les verbes du 1er groupe à la 1re personne du singulier, l’imparfait de l’indicatif en -ais avec le passé simple en -ai. On peut transposer à la 3e personne pour repérer la différence. > Je parlais. (Il parlait.) > Je parlai. (Il parla.) • Il ne faut pas confondre le futur de l’indicatif en -ai et le présent du conditionnel en -ais à la 1re personne du singulier. On peut transposer à la 2e personne pour repérer la différence. > Demain, je lirai. (Demain, tu liras.) > Si je pouvais, je lirais. (Si tu pouvais, tu lirais.) L’étude de la langue Orthographe 341 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 341 01/07/10 14:14 S’exercer 8. Complétez les verbes avec la terminaison -ai ou -ais. 1. Ce soir-là, lorsque je mont… l’escalier, je remarqu… une marche cassée. 2. Tous les jours, quand je me promen… en vélo, j’observ… beaucoup d’oiseaux dans les marais. 3. Je me repos… tranquillement lorsque, tout à coup, je hum… un parfum étrange. 4. Depuis des années, j’essay… en vain de dessiner un paysage et ce matin-là j’y arriv… pour la première fois. * 9. Transposez ces phrases à la 1re personne du singulier et * soulignez les terminaisons des verbes. 1. Demain, il lirait des nouvelles s’il n’avait pas un emploi du temps chargé. 2. Demain il lira des nouvelles : il a emprunté plusieurs recueils. 3. Vendredi, il écrira un article pour le journal du collège : il aimerait faire la critique du film qu’il a vu. 4. Il t’aiderait s’il le pouvait mais il n’a pas vu le film. 10. Complétez les verbes avec la terminaison qui convient : -ai, -ais, -ait, -aient. C’ét… le début de l’hiver : les étangs ét… gelés et les animaux souffr… de la faim. Renart aur… aimé découvrir de quoi manger. Il se dis… : « Si j’av… de la chance, je trouver… une proie oubliée par un chasseur dans un piège. Je la partager… avec ma femme et mes fils. » Tout à coup, il aperçut Isengrin le loup et pensa : « Avec lui, je réussir… à voler un jambon ! » * Consolider les acquis > Les sons [iɔ̃] et [ie] Ex. 11 et 12 • Les sons [iɔ̃] et [ie] en terminaison verbale peuvent correspondre à deux graphies : -ons, -ez pour le présent de l’indicatif et -ions, -iez pour l’imparfait de l’indicatif et le présent du subjonctif. C’est le cas pour les verbes en -aindre, -eindre, -oindre et les verbes rire, croire, assaillir, fuir, voir, asseoir. Imparfait de l’indicatif et présent du subjonctif : -ions, -iez Présent de l’indicatif : -ons, -ez > Nous plaignons, vous plaignez. > Nous plaignions, vous plaigniez. > Nous croyons, vous croyez. > Nous croyions, vous croyiez. Pour les distinguer, observez le temps des autres verbes du texte et les indications de temps. S’exercer 11. Complétez les verbes avec la terminaison -ons, -ez, -ions ou -iez. 1. Croy…-vous aux légendes médiévales ? 2. Il faut que nous craign… la magie de Merlin. 3. Pourvu que vous voy… ce dragon ! 4. Faites venir des troubadours afin que nous ri… un peu. ** 12. Inventez des phrases dans lesquelles vous conjuguerez chaque verbe proposé à la 1re et à la 2e personnes du pluriel, en commençant par : a. « Pourvu que… » ; b. « Ce matin… » ; c. « Régulièrement, l’année passée… » rejoindre le camp • rire aux éclats • voir un bon spectacle * Consolider les acquis > Le son [i] Ex. 13 à 16 et 19 • Le son [i] en terminaison verbale correspond à plusieurs graphies : -i, -ie, -ient, -is, -ies, -it, -its. • Il ne faut pas confondre pour certains verbes : – le présent ou le passé simple de l’indicatif avec le participe passé : ➝ présent et passé simple de l’indicatif : > je dis, tu dis, il dit / participe passé : > dit, dits ; ➝ passé simple de l’indicatif : > il prit / participe passé : > pris ; ➝ présent et passé simple de l’indicatif : > je finis, tu finis, il finit / participe passé : > fini(e)(s) ; – le présent de l’indicatif et le présent du subjonctif aux trois personnes du singulier, pour les verbes fuir, rire : Présent de l’indicatif : -s, -s, -t Présent du subjonctif : -e, -es, -e > Je ris, tu ris, il rit. > Que je rie, que tu ries, qu’il rie. • Il ne faut pas oublier le « e » muet des verbes du premier groupe en -ier : – au présent de l’indicatif ; > Je crie, tu cries, il crie, ils crient. – au présent du subjonctif ; > Que je crie, que tu cries, qu’il crie, qu’ils crient. – au présent de l’impératif. > Crie. 342 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 342 01/07/10 14:14 S’exercer 13. Pour chaque terminaison verbale en [i], précisez le mode, le temps, la personne, le genre et le nombre quand cela est possible. ** Ce fut un cri. La bourrasque s’en saisit, voulut le disperser sur la campagne avec les feuilles et les poussières. Elle ne le put. Jordi en fut frappé. Il revint vers l’enfant qui le fixait sans le moindre tressaillement des lèvres. Enfant dur comme la pelote de chagrin logée dans sa poitrine. Le voyageur ne dit mot. Il tendit simplement la main. Grillot la saisit. La force de l’homme le remit debout. Pendant un moment, ils marchèrent en silence. Ils n’avaient pas pris le chemin du village. J.-C. NOGUÈS, Le Vœu du paon © Éditions Gallimard, 2008. 14. Transposez au passé composé les verbes en gras. * 1. Andréa prit plaisir à observer les passagers. 2. Le jeune homme ressentit une certaine gêne. 3. À peine débarqué, le jeune homme se sentit totalement désemparé. 4. Il reprit courage. 5. Andréa suivit l’artisan jusqu’à sa table de travail. 15. Transposez au passé simple les verbes en gras. ** 1. Je l’ai accueilli chez moi comme un frère ! 2. À côté d’Andréa avait pris place un homme à la mine sévère. 3. Mais pourquoi n’as-tu pas verni ton instrument ? 4. Andréa s’était assis en compagnie de Léonardo sur un môle. 5. Andréa avait fini par s’habituer à cette vie de saltimbanque, il y avait même pris goût. P. FAVARO, Le Secret du maître luthier © Le Livre de poche Jeunesse, 2008. 16. Complétez les terminaisons verbales : -i, -ie, -ient, -is, * -ies, -it, -its. 1. Un chevalier rav… de prouver sa bravoure part… en quête d’un dragon. 2. Tu entend… des poèmes d… par des troubadours. 3. Que le chevalier remerc… sa dame d’avoir suiv… son combat. 4. Les écuyers env… les épées bien fourb… des chevaliers. P. FAVARO, Le Secret du maître luthier © Le Livre de poche Jeunesse, 2008. Consolider les acquis > Le son [y] Ex. 17 à 19 • Le son [y] en terminaison verbale correspond à plusieurs graphies : -u, -ue, -uent, -us, -ues, -ut. • Il ne faut pas confondre pour certains verbes : – le passé simple de l’indicatif : > Je voulus, tu voulus, il voulut ; – avec le participe passé : > Voulu(e)(s). • Il ne faut pas oublier le « e » muet des verbes du premier groupe en -uer : – au présent de l’indicatif : > Je salue, tu salues, il salue, ils saluent. – au présent du subjonctif : > Que je salue, que tu salues, qu’il salue, qu’ils saluent. – au présent de l’impératif : > Salue. S’exercer Écrire 17. Dans le texte de l’exercice 13, quelles sont les termi- 19. Pour raconter une aventure d’un pirate, rédigez : naisons verbales en [y] ? Précisez pour chacune d’elles le mode et le temps du verbe. ** 18. Complétez les terminaisons verbales : -u, -ue, -us, -ues, -ut, -uent. 1. Un matelot reconn… le rivage et aperç… la caravelle. 2. Tu reç… ces fruits en cadeau de bienvenue. 3. Les marins éval… les possibilités de traverser l’océan. 4. Il faut que tu attrib… à chacun sa fonction sur le bateau. 5. As-tu perç… ce cri ? 6. Les richesses déten… dans les cales seront vend… en Europe. 7. L’histoire entend… est vraie. * a. un petit paragraphe dans lequel vous emploierez trois terminaisons verbales différentes en [ə] ou en [ɔ̃] ; b. un paragraphe dans lequel vous emploierez trois terminaisons verbales différentes en [e] ou en [ɛ] ; c. un paragraphe dans lequel vous emploierez trois désinences verbales différentes en [i] ou en [y]. Vous soulignerez ces différentes désinences. L’étude de la langue Orthographe 343 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 343 01/07/10 14:14 ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE Les verbes irréguliers du 1er groupe Observer pour comprendre > Verbes en -cer et en -ger 1. Observez les formes verbales suivantes : devant quelles lettres doit-on modifier la base verbale en gras en ajoutant une cédille ? Pourquoi ? > Je lance, nous lançons, ils lancent, je lançai, tu lançais, vous lanciez, ils lancèrent. 2. Observez les formes verbales suivantes : devant quelles lettres doit-on modifier la base verbale en gras en ajoutant un « e » ? Pourquoi ? > Tu plonges, il plongea, je plongeais, elle plonge, ils plongèrent, tu plongeas, vous plongez. Retenir la leçon > Verbes en -cer et en -ger Ex. 3, 4 et 14 er • Les verbes du 1 groupe terminés par -cer prennent une cédille sous le c de la base verbale lorsque la terminaison commence par un a ou par un o, pour garder le son [s]. > Je lance, vous lanciez, nous lançons, je lançai. • Les verbes du 1er groupe terminés par -ger prennent un e après le g de la base verbale lorsque la terminaison commence par un a ou par un o, pour garder le son [j]. > Je mange, vous mangiez, nous mangeons, ils mangeaient. S’exercer 3. Conjuguez les verbes : a. au présent de l’indicatif ; * 1. Nous (encourager) notre équipe. 2. Vous (lancer) des confettis. b. au passé simple. 3. Tu (percer) le mur. 4. Nous (exiger) une réponse rapide. 5. Nous (partager) notre repas avec nos amis. 6. Nous (annoncer) une bonne nouvelle. 7. Il (foncer) comme un fou sur sa moto. 4. Conjuguez ces verbes au temps de l’indicatif demandé. * 1. Le cortège (avancer, imparfait) sur la place du village. 2. Tu (nager, passé simple) quelques mètres dans les eaux glacées du fleuve. 3. Les chasseurs, chaussés de grosses bottes, (s’enfoncer, futur) dans la boue des marécages. 4. Nous (longer, présent) un grand parc que (protéger, présent) de grands arbres. Observer pour comprendre > Verbes en -eler et en -eter 5. a. Prononcez oralement les verbes des deux listes suivantes. b. Comment prononcez-vous le « e » de la base verbale en gras, pour les verbes de la liste A ? pour ceux de la liste B ? c. Comment se prononcent les terminaisons pour les verbes de la liste A ? pour ceux de la liste B ? d. Quelle modification orthographique la base verbale des verbes de la liste A subit-elle ? > A. Je jette, ils jettent, appelle, tu appelles. > B. Nous jetions, ils jetaient, vous appelez, appelons. Retenir la leçon > Verbes en -eler et en -eter Ex. 6 à 9 et 14 • Les verbes du 1er groupe terminés par -eler et -eter doublent le l et le t de la base verbale lorsque la terminaison se prononce [ə] ou commence par un [ə]. > Je jette, je jetterai, nous jetons, vous jetez. • Certains verbes ne doublent jamais le l ou le t et prennent un accent sur le e. Voici les principaux à retenir : déceler, receler, ciseler, démanteler, écarteler, geler, dégeler, congeler, marteler, modeler, peler, acheter, étiqueter, fureter, haleter. > Il gèle, j’achète. 344 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 344 01/07/10 14:14 S’exercer 6. Conjuguez ces verbes en -eler et en -eter au temps de l’indicatif demandé. 1. Les employés (ficeler, présent) des paquets. 2. Les décorations (projeter, présent) une grande luminosité dans la ville. 3. Vous (renouveler, futur) nos félicitations aux heureux parents. 4. Les enfants (voleter, imparfait) comme des papillons autour du sapin décoré. 5. Les étoiles (étinceler, imparfait) sur le sapin. 6. Les parents (amonceler, passé simple) des paquets au pied du sapin. * 7. Conjuguez ces verbes en -eler et en -eter au temps de ** l’indicatif demandé. 1. Nous (renouveler, imparfait) notre abonnement. 2. Les toits (ruisseler, présent) de pluie. 3. Tu (modeler, futur) une statue. 4. Vous (rejeter, futur) toute réponse fausse. 5. L’enquêteur (déceler, passé simple) un indice dans le salon. 6. Nous (étiqueter, imparfait) les nouvelles marchandises. 7. Il (peler, présent) un fruit pour son goûter. 8. Conjuguez ces phrases au présent de l’indicatif, à toutes * les personnes. 1. Projeter un film. 2. Congeler du pain. 3. Acheter du lait. 9. Écrivez ces verbes aux 2e personnes du singulier et du * pluriel au présent de l’indicatif. épeler • rejeter • acheter • fureter • déceler Observer pour comprendre > Verbes en -yer 10. a. Observez les bases verbales suivantes : combien de bases verbales différentes identifiez-vous pour chaque verbe ? b. Soulignez les terminaisons. c. Prononcez les formes dans lesquelles le « y » s’est transformé en « i » : entendez-vous la terminaison ? d. Quelle règle pouvez-vous établir ? > Je nettoie, tu nettoies, il nettoie, nous nettoyons, vous nettoyez, ils nettoient. > J’essuie, tu essuies, il essuie, nous essuyons, vous essuyez, ils essuient. Retenir la leçon > Verbes en -yer Ex. 11 à 14 er • Les verbes du 1 groupe terminés par -oyer et par -uyer changent le y de la base verbale en i devant un e muet. > Je nettoie, nous nettoyons ; ils essuient, nous essuyons. • Les verbes du 1er groupe terminés par -ayer peuvent conserver le y de la base verbale ou bien le transformer en i devant un e muet. > Je raye ou je raie. S’exercer Écrire 11. Conjuguez ces verbes au présent de l’indicatif. * 14. En employant le plus de verbes possibles en -cer, 1. Nous (payer) notre cotisation. 2. Ils (rayer) leur nom sur la liste. 3. Vous vous (apitoyer) sur cet animal abandonné. 4. Ces chiens (aboyer) toutes les nuits. 5. Quand il (essuyer) un refus, il (essayer) de ne pas se démoraliser. 6. Ces chants et ces danses (égayer) l’atmosphère de la soirée. -ger, -eler, -eter et -yer, racontez la scène de l’image au temps que vous souhaitez. 12. Conjuguez ces phrases au présent de l’indicatif, à toutes les personnes. 1. Déblayer la pièce. 2. Appuyer sur un bouton. * 13. Conjuguez ces verbes en -yer au temps de l’indicatif demandé. 1. Vous (tutoyer, imparfait) vos parents. 2. Les cantonniers (remblayer, présent) les bas-côtés du chemin. 3. J’(égayer, futur) ma chambre en plaçant des rideaux colorés. 4. Le professeur (renvoyer, passé simple) l’élève à sa place. 5. Ces scandales (défrayer, imparfait) la chronique. 6. Les enfants (essuyer, présent) les verres quand ils les ont utilisés. ** Jeux de Polo, miniature extraite du Livre des Rois, BnF. L’étude de la langue Orthographe 345 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 345 01/07/10 14:14 ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE La morphologie des verbes irréguliers du 3e groupe Les mots de la leçon morphologie : étude de la forme. Observer pour comprendre > Les verbes irréguliers du 3e groupe 1. Comparez la conjugaison des temps composés du verbe laver, à la voix active (p. 374), avec celle des temps composés des verbes du 3e groupe proposés p. 378 à 381 : la formation des temps est-elle différente ou semblable ? 2. Comparez la conjugaison du verbe laver, à la voix passive (p. 376), avec la conjugaison du verbe prendre à la voix passive : la formation des temps est-elle différente ou semblable ? VOIX PASSIVE INDICATIF présent : > je suis pris(e) imparfait : > j’étais pris(e) passé simple : > je fus pris(e) futur : > je serai pris(e) passé composé : > j’ai été pris(e) plus-que-parfait : > j’avais été pris(e) passé antérieur : > j’eus été pris(e) futur antérieur : > j’aurai été pris(e) IMPÉRATIF présent : > sois pris(e) passé : > aie été pris(e) SUBJONCTIF présent : > que je sois pris(e) CONDITIONNEL présent : > je serais pris(e) passé : > j’aurais été pris(e) Retenir la leçon > Les verbes irréguliers du 3e groupe • Les verbes du 3e groupe ont une conjugaison régulière aux temps composés de la voix active et à tous les temps de la voix passive. • On peut parler de verbes irréguliers du 3e groupe seulement à la voix active et aux temps simples. L’irrégularité de la conjugaison de ces verbes est due à plusieurs éléments. Observer pour comprendre > Une conjugaison irrégulière au présent de l’indicatif 3. a. Observez les formes verbales suivantes : donnez l’infinitif et le groupe de chaque verbe. b. Combien de terminaisons différentes repérez-vous pour chaque personne ? c. À quelle(s) personne(s) les terminaisons sont-elles régulières ? irrégulières ? > J’ouvre, nous cueillons, vous venez, il voit, ils découvrent, je veux, nous pouvons, tu souffres, vous voyez, il cueille, ils peuvent, tu sais, vous voulez, je dis, tu peux, il fait, il veut, nous prenons, ils disent. 4. En vous aidant des tableaux de conjugaison p. 378 à 381, dites combien de bases verbales différentes vous comptabilisez pour les verbes aller, dire, faire, pouvoir, prendre, savoir, venir, voir et vouloir. 5. a. En vous aidant des tableaux de conjugaison p. 378 à 381, repérez quels sont les verbes qui ont une terminaison irrégulière : à la 2e personne du pluriel ; à la 3e personne du pluriel. b. Ces terminaisons irrégulières sont-elles rares ou fréquentes ? 346 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 346 01/07/10 14:14 Retenir la leçon > Une conjugaison irrégulière au présent de l’indicatif Ex. 6 à 8 et 25 e • Au présent de l’indicatif, un certain nombre de verbes du 3 groupe ont une conjugaison irrégulière en raison de deux facteurs : – plusieurs bases verbales différentes (de deux à quatre) ; > Dire : je dis, tu dis, il dit, nous disons, vous dites, ils disent. > Prendre : je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez, ils prennent. – des terminaisons irrégulières aux trois personnes du singulier. type ouvrir type dire type prendre type vouloir -e -s -s -x 1re p. sing. -es -s -s -x 2e p. sing. -e -t Ø -t 3e p. sing. • Aller et faire sont les deux verbes les plus irréguliers au présent de l’indicatif. S’exercer Pour faire ces exercices, apprenez le présent de l’indicatif des verbes du 3e groupe à l’aide des tableaux de conjugaison des pages 378 à 381. Vérifiez ensuite vos réponses à l’aide de ces mêmes tableaux. 6. Recopiez et complétez les formes verbales suivantes à l’aide de la bonne terminaison : -t, -s, -x, -es ou Ø. je sai… • tu découvr… • il peu… • je veu… • tu peu… • elle vien… • je fai… • il prend… * 7. Conjuguez au présent de l’indicatif le verbe aller et le verbe faire aux six personnes, en utilisant une couleur pour les bases verbales et une autre pour les terminaisons. * 8. Écrivez les phrases suivantes au présent de l’indicatif. * 1. Voulais-tu partir dans les îles ? 2. Il venait tous les matins et il disait bonjour. 3. Elles allaient dans les champs et cueillaient des fleurs. 4. Paul prenait soin de ses amis et savait les recevoir. 5. Elle voyait souvent sa mère et lui faisait la conversation. Observer pour comprendre > Des terminaisons différentes au passé simple de l’indicatif 9. En vous reportant aux tableaux de conjugaison des pages 378 à 381, dites combien de base(s) verbale(s) différente(s) vous observez dans la conjugaison de chaque passé simple : quelle règle générale pouvez-vous exprimer ? 10. En vous reportant aux tableaux de conjugaison des pages 378 à 381, classez les verbes aller, dire, faire, pouvoir, prendre, savoir, venir, voir et vouloir selon la voyelle de terminaison du passé simple. Combien de séries de terminaisons différentes repérez-vous ? Retenir la leçon > Des terminaisons différentes au passé simple de l’indicatif Ex. 11 à 13 et 25 e • Au passé simple de l’indicatif, les verbes du 3 groupe ont une base verbale identique à toutes les personnes. Ce qui rend leur conjugaison irrégulière, ce sont les quatre séries de terminaisons différentes. Les 4 séries de terminaisons Les verbes Exemples -ai, -as, -a, -âmes, -âtes, -èrent aller > j’allai -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent très nombreux verbes du 3e g. (en -ir, -ire, -dre, -tre…) ; voir > je dis, je pris, je mis, je vis… -us, -us, -ut, -ûmes, -ûtes, -urent lire, courir, la plupart des verbes en -oir, -oire et -aître > je lus, je courus, je crus, je bus, je connus -ins, -ins, -int, -înmes, -întes, -inrent tenir, venir et leurs composés > je tins, retins, vins, parvins L’étude de la langue Orthographe 347 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 347 01/07/10 14:14 S’exercer Faites les exercices suivants après avoir appris le passé simple des verbes du 3e groupe à l’aide des tableaux de conjugaison des pages 378 à 381. Vérifiez ensuite vos réponses à l’aide de ces mêmes tableaux. 11. Recopiez et complétez les formes verbales suivantes à l’aide de la bonne terminaison : -it, -us, -is, -ut, -int, -a ou -ins. je f… • tu découvr… • il p… • je voul… • tu cr… • je maint… • elle v… • je pr… • il all… • tu d… * 12. Conjuguez le verbe aller et le verbe dire aux six personnes, en utilisant une couleur pour les bases verbales et une autre pour les terminaisons. * 13. Conjuguez chacun de ces verbes composés dans l’ordre de votre choix, à une des six personnes, sur le modèle : je revins, tu retins, il…, nous… rereconcon(se) sou(se) souparobprétenir venir dédeapparadentresubmainsurinter- * Observer pour comprendre > Des bases verbales différentes selon les temps et les modes 14. Reproduisez le tableau ci-dessous et reportez-y les bases verbales selon le modèle proposé, en vous aidant des tableaux de conjugaison p. 378 à 381, pour les verbes aller, dire, faire, pouvoir, prendre, savoir, venir, voir et vouloir. aller dire faire … Imparfait de l’indicatif Passé simple de l’indicatif alldis... ... alld... ... Futur de l’indicatif et présent du conditionnel irdir... ... Présent du subjonctif ailldis... ... Nombre de bases verbales différentes 3 3 ... ... 15. Quels verbes présentent le plus de bases verbales différentes ? 16. Quelle consonne finale de la base verbale repérez-vous au futur de l’indicatif et au présent du conditionnel ? Entourez-la dans votre tableau. 17. Au présent du subjonctif : a. quels verbes présentent une alternance de bases verbales selon les personnes ? b. Quelles personnes cette alternance regroupe-t-elle ? 18. Pour quels verbes retrouvez-vous au présent du subjonctif la base verbale de l’imparfait de l’indicatif ? À quelles personnes ? Retenir la leçon > Des bases verbales différentes selon les temps et les modes Ex. 19 à 21 et 25 • L’irrégularité de la conjugaison de certains verbes du 3e groupe est due à une grande variation de leurs bases verbales selon les modes et les temps. On peut en dénombrer entre deux et quatre différentes selon les verbes. • En revanche, les terminaisons sont régulières pour la grande majorité des temps. 348 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 348 01/07/10 14:14 S’exercer Faites les exercices suivants en vous aidant du tableau des bases verbales que vous avez réalisé. Vérifiez ensuite vos réponses à l’aide des tableaux de conjugaison des pages 378 à 381. 20. Conjuguez les verbes de l’exercice précédent au présent 19. Conjuguez les verbes suivants à l’imparfait de l’indi- b. Lequel de ces verbes se différencie dans sa conjugaison ? * catif, à la personne demandée. 1. Prendre (tu). 2. Vouloir (nous). 3. Faire (je). 4. Pouvoir (il). 5. Aller (ils). 6. Voir (nous). 7. Savoir (vous). 8. Dire (elle). du conditionnel, à la personne indiquée. * 21. a. Conjuguez au présent du subjonctif aux six personnes les verbes aller, prendre, venir, savoir, voir et vouloir. Pourquoi ? * Observer pour comprendre > Un cas particulier : le verbe asseoir 22. a. En vous reportant au tableau de conjugaison de la page 378, dites quelle est la particularité de la conjugaison du verbe asseoir. b. Quels temps de quels modes sont concernés par cette particularité ? c. Cette particularité affecte-elle la base verbale ou les terminaisons ? Retenir la leçon > Un cas particulier : le verbe asseoir Ex. 23 à 25 • Le verbe asseoir a la particularité de proposer deux formes de conjugaisons pour chaque temps simple, à l’exception du passé simple de l’indicatif, qui n’en comporte qu’une. • Les deux formes de conjugaisons sont dues à deux bases verbales possibles mais les terminaisons restent identiques. Subjonctif présent : assied-, assey- / assoi-, assoyimparfait : assey- / assoyfutur : assiér- / assoirprésent : assey- / assoi-, assoy- Impératif présent : assied-, assey- / assoi-, assoy- Conditionnel présent : assiér- / assoir- Indicatif S’exercer Écrire Faites les exercices suivants en vous aidant du tableau des bases verbales de la leçon. Vérifiez ensuite vos réponses à l’aide du tableau de conjugaison de la page 378. 25. Racontez brièvement la scène de l’image en em- 23. Conjuguez le verbe asseoir au temps de l’indicatif et à la personne demandés. Lorsque cela est possible, proposez les deux formes de conjugaison. 1. Imparfait (je). 2. Passé simple (il). 3. Futur (nous). 4. Présent (tu). 5. Passé composé (tu). 6. Passé simple (ils). 7. Imparfait (nous). 8. Plus-que-parfait (vous). 9. Présent (elles). 10. Futur (je). ployant certains des verbes irréguliers suivants : aller, asseoir, dire, faire, pouvoir, prendre, savoir, venir, voir, vouloir, que vous conjuguerez au(x) temps qui convien(nen)t à votre récit. 24. Conjuguez le verbe asseoir au présent, au mode et à la personne demandés. Proposez les deux formes de conjugaisons. 1. Indicatif (tu). 2. Impératif (nous). 3. Conditionnel (vous). 4. Subjonctif (je). 5. Impératif (tu). 6 Indicatif (ils). 7. Subjonctif (elle). 8. Conditionnel (je). NADIR QUINTO, Peter Pan et Wendy, 1958-59, collection privée. L’étude de la langue Orthographe 349 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 349 01/07/10 14:14 É SIONS• •R VI NS ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE > LES ACCORDS DANS LE GROUPE NOMINAL IO VIS •R RÉ ÉV IS Réviser les accords simples IONS• Consolider les acquis > Règle générale Ex. 1 à 4 • Les déterminants, les adjectifs qualificatifs, les participes passés employés comme adjectifs s’accordent en genre et en nombre avec le nom-noyau du groupe nominal. > Les chevaliers d’Arthur, preux et courageux, protégeaient les personnes fragiles selon leur engagement personnel à respecter le code de la chevalerie. > L’accord des déterminants : cas particuliers Ex. 1 • Devant un nom féminin singulier commençant par une voyelle ou un h muet, le déterminant possessif est : mon, ton, son. > Mon / ton / son écriture. Mon / ton / son histoire. • Devant un nom masculin singulier commençant par une voyelle ou un h muet, le déterminant démonstratif ce devient cet. > Ce poète / cet écrivain / cet honneur. > L’accord de l’adjectif qualificatif Ex. 2 à 4 • Si un adjectif qualifie plusieurs noms, il se met au pluriel. > Un chevalier et un roi invincibles. • Si l’un des noms est au masculin, l’adjectif se met au masculin pluriel. > Des chevaliers et des dames médiévaux. • Il faut faire attention : – à la formation du féminin de l’adjectif : en ajoutant un -e : > fort ➝ forte ; en ajoutant un -e et en doublant la consonne : > maternel ➝ maternelle, bon ➝ bonne ; en ajoutant un -e et en ajoutant un accent : > inquiet ➝ inquiète ; en modifiant le suffixe -eux ➝ -euse : > peureux ➝ peureuse ; – au pluriel des adjectifs en -al qui devient -aux, > Un compagnon loyal, des compagnons loyaux. sauf pour banal, bancal, fatal, final, natal, naval, qui forment leur pluriel en -als. > Des combats fatals. Orthographe > Grec ➝ grecque ; public ➝ publique ; doux ➝ douce ; roux ➝ rousse ; vieux ➝ vieille ; favori ➝ favorite. S’exercer 1. Quel(s) déterminant(s) pouvez-vous associer à chaque * nom : ce, cet, cette, mon, ma ? oiseau • pie • étourneau • hibou • hirondelle • pigeon • tourterelle • épervier • aigle 2. Accordez les adjectifs qualificatifs. * des caravelles (ancien) • des rivages et îles (américain) • de (vrai) chevaliers (héroïque) • une légende (médiéval) • des donjons (médiéval) • des personnages (maléfique) • des paysages (tropical) • des spectacles (public) • des représentations (public) • des combats (naval) 3. Accordez les adjectifs qualificatifs. * 1. (Somptueux), (impressionnant), (décoré), la table du seigneur attendait les convives dans la grande salle. 2. Dans leurs habits de fête, (joli) et (souriant), avançaient les Dames des châteaux voisins. 3. (Combatif), (enthousiaste), les chevaliers s’affrontent en tournois. 4. Il existe des créatures (féerique), (merveilleux) mais aussi (terrible) dans les récits médiévaux. 5. Les preux chevaliers s’élancèrent dans la bataille, (puissant), (digne), (confiant). 4. Accordez les adjectifs qualificatifs et les participes passés employés comme adjectifs. * À l’autre bout du pré, la quintaine1 (planté) dans le champ attendait les chevaliers. Amiel portait une lance (pesant) sur le bras (vêtu) de fer (cliquetant). Le maître du fief très (vigoureux) pourrait repousser les assaillants qui, telle une marée (fort), revenaient se heurter chaque année aux murailles. Il lui fallait l’entraînement (attentif), le courage tous les jours (retrempé) dans les exercices (violent). D’après J.-C. NOGUÈS, Le Vœu du paon © Éditions Gallimard, 2008. 1. mannequin d’entraînement. 350 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 350 01/07/10 14:15 ORTHOGRAPHE GRAMMATICALE > LES ACCORDS DANS LE GROUPE NOMINAL Les adjectifs de couleur Observer pour comprendre > [La mer grise] longeait une plage de [sable brun]. Des rochers beige foncé affleuraient et rendaient la navigation difficile. [Des poissons violets et bleus] s’aventuraient près du bord. Une écume blanc pur battait les rochers. 1. Quelle est la classe grammaticale des mots en gras ? 2. a. Recopiez les groupes nominaux entre crochets. b. Indiquez le genre et le nombre de chaque nom-noyau. c. Quelle règle d’accord les mots en gras suivent-ils ? 3. Quelle est la classe grammaticale des mots soulignés ? 4. a. Recopiez les groupes nominaux en romain. b. Indiquez le genre et le nombre de chaque nom-noyau. c. Quelle règle d’accord les mots soulignés suivent-ils ? Retenir la leçon • Les adjectifs de couleur suivent la règle générale d’accord des adjectifs qualificatifs. > Des tissus bleus, des étoffes bleues. Ex. 5 à 7 • Mais certains adjectifs de couleur restent invariables. Ce sont : – les adjectifs de couleur composés de deux mots ; > Des tissus rouge foncé (d’un rouge foncé). – les adjectifs qui sont des noms à l’origine et expriment des couleurs : de fruit (abricot, cerise, citron, noisette, orange, prune…) ; de fleurs (lavande, pervenche…) ; de matériaux (or, argent, émeraude, crème…). > Des yeux marron (de la couleur d’un marron). • Exceptions : rose, fauve, mauve, écarlate, pourpre s’accordent car ils sont considérés comme de vrais adjectifs. > Des joues roses. S’exercer Écrire 5. Accordez les adjectifs qualificatifs de couleur. * des heaumes (blanc) • des chevaux (noir) • des bannières (bleu ciel) • des écus (jaune) et (bleu) • des cottes de maille (brun), (orange), (vert) • des drapeaux (jaune paille) • des chevaux (fauve) • des hauberts (prune) • des cuirasses (crème) 7. Présentez la scène en utilisant au moins cinq adjectifs dont deux de couleur. 6. Voici des mots que l’on peut associer à la couleur verte : émeraude, tendre, bronze, foncé, clair, olive, bouteille, pistache, jade, gazon, sapin. Récrivez le texte en transformant les adjectifs en gras en adjectifs de couleur composés. Attention aux accords. * Un homme arriva, vert de la tête aux pieds. Il portait un justaucorps vert, ce qui n’avait rien d’exceptionnel, une cape verte, ce que l’on pouvait à la rigueur considérer également comme assez courant, mais ce qui frappait, c’était sa chevelure verte, ainsi que ses mains. Je te jure que ses cheveux verts étaient aussi longs que le sont aujourd’hui les miens. Il montait un cheval vert, assis sur une selle verte également. Il ne portait pas d’armure, mais tenait d’une main une hache verte et de l’autre une branche de houx arrachée à quelque buisson… Les teinturiers au Moyen Âge. D’après M. MORPURGO, Le Roi Arthur, trad. N. Chassériau, © Éditions Gallimard Jeunesse, 1994. L’étude de la langue Orthographe 351 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 351 01/07/10 14:15 ORTHOGRAPHE LEXICALE Les préfixes et suffixes latins Les mots de la leçon préfixe : élément qui se fixe devant (prae- en latin) un mot. suffixe : élément qui s’ajoute à la fin d’un mot (latin suffixus, « fixé dessous, après »). Observer pour comprendre 1. a. Quelles sont les différentes formes que prend le préfixe latin ad- (« vers ») dans les mots suivants : adopter, accourir, amener, apporter, attirer ? b. Quelle règle orthographique pouvez-vous formuler ? 2. a. Quel est le suffixe latin commun à tous ces mots : insecticide, homicide, fratricide, suicide, génocide, parricide ? b. Quel est son sens ? c. Cherchez le sens des mots que vous ne connaissez pas. Retenir la leçon > Préfixes français issus de préfixes latins Ex. 3 à 12 et 19 • De nombreux préfixes français sont formés à partir de préfixes latins. Certains (en gras dans le tableau) présentent des variantes orthographiques dues à la lettre qui les suit. > copain, colocataire, composer, confronter a-, ab-, absa-, ad-, ac-, af-, al-, ap-, ar-, at- loin de ante- avant par-, per- à travers, complètement bi-, bisco-, col-, com-, con-, cor- double post- après avec, ensemble pré- avant, devant dé-, dés-, dis- séparé, différent pro-, pour- en-, em- loin de r-, ré- ex-, e- hors de dans, mettre dans l’état de privé de, le contraire de entre, au-dedans super-, supra-, surtra-, trans-, tré-, tres- en avant, partisan de, à la place de en arrière, à nouveau au-dessus à travers, au-delà de, vivement uni- un vers, en direction de en-, em-, in-, imin-, il-, im-, irinter-, intra-, intro- juxtamal-, mau-, més-, mé- à côté de mauvais • On retiendra notamment : – le doublement des consonnes l, m, p, r, t ; > collaborer, commettre, emmener, apporter, arriver, correspondre, attirer – la présence d’un m devant b et p. > imbiber, comporter, emporter, importer > Suffixes latins Ex. 13 à 19 • Les suffixes des noms féminins en [sjɔ̃] Les très nombreux noms féminins terminés par le son [sjɔ̃], le plus souvent écrits -tion, proviennent de racines et de suffixes latins divers. Voici les formes les plus régulières. Suffixes Fréquence Exemples Exceptions -ation plus de 1500 noms > affirmation 2 mots : passion, compassion -ition plus de 100 noms > finition mission et plus de 20 composés -ution environ 50 noms > pollution (ré)percussion… -ession environ 20 noms > profession discrétion, sécrétion… 352 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 352 01/07/10 14:15 > Suffixes français formés sur des mots latins Exemples Suffixes Sens -cide Suffixes qui tue Sens > insecticide -forme qui a la forme de > filiforme -cole relatif à la culture > agricole -fique qui produit > frigorifique -culteur qui cultive, qui élève > apiculteur -pare qui enfante > ovipare -culture art de cultiver > horticulture -pède qui a des pieds > quadrupède -fère qui porte > somnifère -vore qui mange > omnivore S’exercer 3. Recopiez les verbes suivants en utilisant une couleur * pour le préfixe et une autre pour le reste du mot. adopter • acclamer • affranchir • associer • arranger • apposer • allaiter • adhérer • atteindre • assimiler 4. À partir des éléments suivants, formez des mots en ajoutant une des formes du préfixe issu du préfixe latin cum- (« avec »). (cum-)voyeur • (cum-)laboration • (cum-)fection • (cum-)ducteur • (cum-)ditionner • (cum-)respondre * 5. À partir de ces mots, formez d’autres mots en ajoutant une des formes du préfixe con- ou du préfixe ad-. porter • latéral • geler • léger • seoir • franchir ** 6. a. À partir des adjectifs suivants, formez des adjectifs à l’aide d’une des formes du préfixe in-. b. Les adjectifs obtenus sont-ils des synonymes ou des antonymes des adjectifs de la liste ? moral • adapté • lisible • digne • légal • mangeable • résolu * 7. a. Recopiez les mots suivants en soulignant le préfixe. b. En vous aidant d’un dictionnaire, expliquez ces mots. * enrager • emboîter • engranger • importer • ingurgiter • installer • inhaler • imposer 8. a. Recopiez les mots suivants en soulignant le préfixe. b. Expliquez chacun d’eux en vous aidant de son préfixe. Exemples 13. a. Sur quels verbes de l’exercice 3 forme-t-on des noms en [asjɔ̃] ? b. Donnez ces noms. * 14. Formez des noms en [sjɔ̃] à partir des mots sui- ** vants. résolu • imaginer • définir • agiter • acclamer • perdre • admettre • adapter • détoner • rectifier 15. Proposez six noms comportant le suffixe -ation, que vous emploierez chacun dans une phrase qui mette son sens en valeur. ** 16. Classez ces noms en [isjɔ̃] en deux colonnes, selon qu’ils s’écrivent -ission ou -ition. soum[isjɔ̃] • adm[isjɔ̃] • éd[isjɔ̃] • compos[isjɔ̃] • dém[isjɔ̃] • add[isjɔ̃] • comm[isjɔ̃] • défin[isjɔ̃] • ém[isjɔ̃] • répart[isjɔ̃] • om[isjɔ̃] • cond[isjɔ̃] • démol[isjɔ̃] • déglut[isjɔ̃] • perm[isjɔ̃] • transm[isjɔ̃] * 17. a. Ajoutez un des suffixes du tableau ci-dessus pour former des mots à partir des radicaux suivants. b. Donnez le sens des mots que vous avez formés. herbi- • pétroli- • insecti- • palmi- • carni- • mammi- • parallélépi- ** 18. a. Quels sont les trois suffixes que vous pouvez ajouter à chacun des radicaux suivants ? b. Quel est le sens des mots obtenus ? arbori- • sylvi- • aqua- • pisci- ** * immigrer • exporter • imploser • advenir • méconnaître • réviser • déplacer • introduire • intranet • interrompre 9. À partir des radicaux des mots de l’exercice 8, formez de nouveaux mots en employant d’autres préfixes que vous soulignerez. ** Écrire 19. À partir de l’image ci-dessous, rédigez quelques phrases comportant cinq mots formés avec un préfixe ou un suffixe latin que vous soulignerez. 10. Utilisez une des formes du préfixe mal- pour former ** de nouveaux mots à partir des mots donnés. traiter • mener • entente • nutrition • alliance • dire • connaissance 11. Quels sont les noms comportant le préfixe par- ou per- qui correspondent aux définitions suivantes ? 1. Faire un trou. 2. Balayer un texte du regard. 3. Qualité poussée à son plus haut degré. 4. Excuser des fautes. 5. Durer très longtemps. 6. Autorisation. ** Détail d’une miniature tirée des Chroniques d’Ulrich de Richental, XVe siècle, Prague. 12. a. Complétez les radicaux suivants avec le préfixe excorrectement orthographié. b. Donnez la définition de ces mots. …traire • …peler • …primer • …loquent • …merger * L’étude de la langue Orthographe 353 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 353 01/07/10 14:15 ORTHOGRAPHE LEXICALE Les préfixes grecs Les mots de la leçon préfixe : élément qui se fixe devant (prae- en latin) un mot. Observer pour comprendre 1. a. Classez les mots suivants en deux listes selon l’un des deux préfixes grecs sur lequel ils sont formés. b. Quels sont ces deux préfixes qui signifient : l’un « cheval » ; l’autre « en dessous de » ? > hippopotame, hypotension, hippocampe, hypoténuse, hypothèse, hippodrome, hippique, hypocrite Retenir la leçon • De nombreux mots et préfixes français sont issus du grec. Cette étymologie explique deux difficultés orthographiques fréquentes : – la présence d’un h (marque d’une aspiration en grec) ; – le y (le « i grec ») qui provient de la lettre u prononcée [i]. Voici des préfixes d’origine grecque qui peuvent présenter des difficultés orthographiques. > Préfixes français issus de préfixes grecs Ex. 2 à 5 et 11 • On trouvera ci-dessous quelques préfixes fréquents d’origine grecque. Préfixes a-, anarchdyseuhémihyperhyposyl-, syn-, sym-, sy- Sens privation, négation ancien, originel difficulté, douleur bien moitié au-dessus de en dessous de avec, ensemble Exemples > apesanteur, anormal > archéologie > dysfonctionnement > euphorie > hémisphère > hypermarché > hypotension > sympathie, synthèse > Préfixes français issus de mots grecs Ex. 6 à 8 et 10 • De nombreux mots grecs servent de préfixes pour former des mots français. Préfixes Sens Les quatre éléments aérair hydreau gé-, géoterre pyrfeu Le corps et la médecine héma-, hémosang ophtalmoœil pathosouffrance psyché-, psychoesprit, cerveau rhinonez Préfixes usuels divers autode soi-même ciné-, kiné-, kinési- mouvement chron(o)gyrohippohypnoorthophilpoly- temps tour cheval sommeil droit qui aime plusieurs Exemples > aéroport > hydravion, hydraulique > géographie > pyrolyse > hématome > ophtalmologue > pathologie > psychologue > rhinite > automobile > cinématographe, kinésithérapeute > chronomètre > gyrophare > hippopotame > hypnose > orthographe > philanthrope > polycopié 354 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 354 01/07/10 14:15 > Préfixes issus de chiffres grecs Préfixes proto- Sens Exemples hexa- > prototype premier des deux côtés, > amphithéâtre autour > hexagone six hepta- sept amphi- Ex. 9 et 10 Préfixes Sens Exemples hect(o)- cent > hectolitre kilo- mille > kilomètre myr- dix mille > myriade > heptamètre S’exercer 2. a. Repérez les préfixes d’origine grecque dans les noms des maladies dont Purgon menace Argan dans Le Malade imaginaire. b. Laquelle ou lesquelles de ces maladies désigne(nt) un mauvais fonctionnement des organes ? la présence excessive d’eau dans le corps ? hydropisie • dyspepsie • dysenterie ** 7. Recopiez et complétez ce tableau en associant chaque pathologie à son thérapeute (personne qui soigne). Pathologies affectant… Préfixes à utiliser le cerveau les yeux la position des dents la perception des sons le mouvement des membres la position des pieds orthokinésipsych(o)ophtalmo- * Thérapeutes …thérapeute …dontiste …pédiste …logue …phoniste …atre 8. En vous aidant des définitions et des tableaux de la leçon, complétez les mots suivants avec le préfixe d’origine grecque qui convient. 1. Chaleur provenant de la terre : …thermie. 2. Personne qui aime maladivement provoquer des incendies : …mane. 3. Étude de l’eau : …logie. 4. Qui a plusieurs femmes : …game. 5. Étude des sols : …logie. 6. Qui croit en plusieurs dieux : …théiste. 7. Difficulté à transcrire les sons : …lexie. * Le Malade imaginaire, mise en scène de Claude Stratz. Comédie-Française, Paris, 2001. 3. a. Complétez les mots suivants à l’aide des préfixes hypo- ou hyper-. b. Quels sont les mots qui acceptent les deux préfixes ? …crite • …tendu • …sensible • …derme • …thèse • …glycémie • …trophie • …actif ** 9. Complétez les phrases suivantes avec des mots com- ** 4. a. An- / a-, dys-, syn- : lequel de ces préfixes est commun aux mots suivants ? b. Employez chacun de ces mots dans une phrase qui mette son sens en valeur. -onyme • -moral • -esthésie • -(a)chronique • -archie • -algésique • -pathie portant des préfixes provenant des chiffres grecs. 1. Un vers de six syllabes est un … . 2. La compétition d’athlétisme qui associe sept épreuves se nomme … . 3. L’unité de mesure barométrique qui vaut cent pascals est l’… . 4. Mille grammes font un … . 5. Dans le ciel, il y a des … d’étoiles. 5. Trouvez les mots commençant par une des formes du 10. a. Quel est le préfixe qui sert à former tous les mots préfixe grec syn- et correspondant aux définitions suivantes. 1. Construction des phrases. 2. Organisation salariale. 3. Lieu de culte pour les Juifs. 4. Qui ont le même sens. 5. Œuvre musicale pour grand orchestre. 6. Fait d’éprouver les mêmes sentiments. de chaque liste ? b. Cherchez le sens de ces mots. Liste A : -gonal • -doxe • -centre • -phoniste Liste B : -graphe • -biographie • -mate • -mobile • -cassable • -chtone • -nome Liste C : -rragie • -phile • -globine ** ** 6. En vous aidant des tableaux de la leçon, complétez le radical -graphe à l’aide de différents préfixes d’origine grecque. * ** Écrire 11. Rédigez pour chaque mot de l’exercice 4 une définition de dictionnaire qui s’appuie sur le sens du préfixe. L’étude de la langue Orthographe 355 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 355 01/07/10 14:15 ORTHOGRAPHE LEXICALE Homophones grammaticaux Les mots de la leçon homophone : qui se prononce de la même façon (du grec homo-, « semblable », et phonè, « la voix, le son »). homonymes : mots qui se ressemblent (du grec homos, « semblable », et onumos, « nom »). Consolider les acquis > Définition • Les homophones grammaticaux sont des mots de classes grammaticales différentes et de sens différents qui se prononcent de la même façon mais s’écrivent différemment. > Ce chevalier se bat en tournoi. • Pour distinguer des homophones grammaticaux et les écrire correctement, il faut : – identifier la classe grammaticale des mots qui les entourent ; – essayer de les remplacer par d’autres mots. La leçon vous permet de revoir des homophones vus en 6e et d’en découvrir d’autres. > Homophones distingués par l’accent Homophones a/à la / là ou / où ça / çà Ex. 1 à 4 Comment les distinguer ? a = verbe ou auxiliaire avoir > Il a du courage, il a gagné. Si on peut remplacer a par avait, c’est le > Il parle à sa Dame. à = préposition suivie : verbe, sans accent. > Il s’adresse à elle. – d’un GN ; > Il a un texte à dire. – d’un pronom ; – d’un verbe à l’infinitif. Classes grammaticales Exemples la = article (suivi d’un nom) > La reine préside le tournoi. la = pronom personnel COD > Il la regarde. > Il habite là. C’est celle-là. On peut remplacer là = adverbe de lieu là par ici. > Il pratique la chasse ou = conjonction On peut remplacer ou les tournois de coordination ou par ou bien. > Où pars-tu ? L’île où il a où = pronom interrogatif échoué est déserte. ou relatif indiquant le lieu ou le temps ça = abréviation familière de cela çà = particule indiquant le lieu > Elle s’écria : « Tu ne vas pas On peut remplacer faire ça ! » ça par cela. > Il se promène çà et là. S’exercer 1. Complétez ces phrases avec a ou à. * 3. Complétez ces phrases avec la ou là. * 1. Je ne serais pas fière si j’étais … ta place. 2. Il … perdu toute chance de parvenir … destination … temps. 3. Il s’est fâché avec ses amis … force de les critiquer … tout bout de champ. 4. Le chevalier finit … la longue par vaincre ses ennemis. 5. Il … vaincu tous ses ennemis … la pointe de son épée. 1. … où il se trouve, il peut … voir. 2. Il a trouvé … meilleure place. 3. Cette montre, il … veut à tout prix ; il … volera s’il le faut. 4. Ici se dresse le palais, … on trouve … cathédrale. 5. Il a envoyé un message à … reine pour … prévenir de son arrivée. 2. Faites correspondre à chaque verbe de la liste A un 1. Nous allons étudier une farce … une comédie. 2. Le château … Martin est enfermé est imprenable, … je ne m’y connais pas. 3. Les marchands rapportaient d’Orient des épices … de la soie, cela dépendait des pays … ils avaient pu parvenir. 4. À l’heure … j’écris, le soleil plonge à l’horizon … il rougeoie. * complément de la liste B, précédé de la préposition à. Liste A : penser • croire • s’adapter • se hisser • monter • s’adresser Liste B : la hauteur • la victoire • la fête • l’employée • la situation • la corde 4. Complétez les phrases avec ou ou où. * 356 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 356 01/07/10 14:15 Retenir la leçon > Deux couples d’homophones d’usage très fréquent Homophones et / est on / on n’/ ont Classes grammaticales et = conjonction de coordination est = verbe être à la 3e personne on = pronom on n’ = pronom suivi de la négation ont = verbe ou auxiliaire avoir à la 3e personne du pluriel Exemples Ex. 5 à 7 Comment les distinguer ? > Le drapeau bleu, blanc et rouge est hissé. On peut remplacer est par était. > On a bien travaillé. On n’ est suivi de la particule pas. Ont peut être remplacé par avaient. > On n’a pas assez travaillé. > Ils ont fini leur travail. S’exercer 5. Complétez ces phrases avec et ou est. * 1. L’explorateur … sûr de lui : il connaît la région … ses dangers. 2. Un chevalier … bien armé quand il a un écu … un bouclier. 3. Qu’en …il de son projet ? J’ai rencontré ses amis … ils m’ont parlé. 4. L’horizon … indéfiniment vide … les marins commencent à s’impatienter. 6. Complétez ces phrases avec on, on n’ ou ont. * 1. … a pas fini de lire le livre qu’… a emprunté. 2. … connaît les suspects mais les coupables n’… pas encore été arrêtés. 3. Les romans de Chrétien de Troyes … eu un énorme succès : … ne peut pas les ignorer. 7. a. Relevez dans le texte les couples de mots homophones. b. Quels sont les homophones des mots en gras ? Rédigez une phrase avec chacun d’eux. ** L’orage a grondé sur ces montagnes. Les flots échappés des nuages ont tout à coup enflé le torrent : il descend rapide et fangeux, et son mugissement va frapper les échos des cavernes lointaines. Viens, Daphné, il est doux de s’asseoir après l’orage sur le bord du torrent qui précipite avec fracas ses flots écumeux. E. D. de PARNY, L’Amour et l’Amitié en poésie © Éditions Gallimard, 1998. Retenir la leçon > Les sons [ø], [ɑ̃] et [i] • Le son [∅] Il ne faut pas confondre l’adverbe peu avec des formes du présent de l’indicatif du verbe pouvoir : je peux, tu peux, il peut. Ex. 8 • Le son [ɑ̃] Il ne faut pas confondre : – dans (préposition + GN ou pronom) et d’en (préposition de suivie du pronom ou de l’adverbe en) ; > Il est dans la forêt. Il rêve d’en sortir. – sans (préposition) et s’en (pronom se suivi du pronom ou de l’adverbe en) ; > Il est sans eau. Il s’en veut de son oubli. – tant (adverbe) et t’en (pronom personnel te suivi du pronom ou de l’adverbe en) et temps (nom). > Son projet ? Il court tant qu’il n’a jamais le temps de t’en parler. Ex. 9 • Le son [i] Il ne faut pas confondre : – ni (négation) et n’y (négation suivie du pronom ou de l’adverbe y) ; > Il n’y a ni eau ni verdure sur cette île. Il n’y va pas. – si (conjonction de subordination) et s’y (pronom personnel suivi du pronom ou de l’adverbe y). > Si le temps était beau, ils allaient au marché ; ils s’y plaisaient. Ex. 10 et 11 L’étude de la langue Orthographe 357 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 357 01/07/10 14:15 S’exercer 8. Complétez ces phrases avec peu, peux ou peut. * 1. Le détective dispose de … d’indices. 2. Il … interroger les témoins inlassablement. 3. Il se … que j’aie oublié ma clé. 4. Cependant je … entrer chez moi. 5. …-tu me dire quel roman tu as lu ? 6. Avec un … d’imagination, tu … écrire ce devoir. 9. Complètez les phrases avec ces homophones : dans, ** d’en, sans, s’en, tant, t’en, temps. 1. Renart las de ses vaines recherches, il se cache … l’ornière du chemin, … la fatigue et le désespoir sont grands. 2. Puis, … l’espoir d’une chance meilleure, il … va se placer devant une haie. 3. Il voit passer une charrette … laquelle se trouvaient des paniers d’anguilles ; il décide … avoir sa part. 4. Il contrefait le mort, … l’intention … compter aux marchands. 5. Ceux-ci, le voyant étendu, s’arrêtent … l’occasion leur paraît belle : … peu de …, en vendant sa pelisse au marché, ils ont une chance … tirer quelque argent. 6. D’avance, ils … réjouissent. 7. Renart va-t-il … tirer une fois encore ? 8. Si tu veux … assurer, lis Le Roman de Renart ! 10. Complétez par ni ou n’y. * 1. … prête pas attention : ce garçon n’a … manières … savoirvivre. 2. Les marins de Colomb … croyaient plus : ils ne verraient jamais les Indes … ne reviendraient dans leur patrie. 3. Il … a plus aucun danger. 4. N’as-tu vraiment jamais … joué au football … fait du vélo ? 5. Depuis des mois, il n’a … plu … neigé : il … a presque plus d’eau. 11. Complétez par si ou s’y. * 1. … Tristan et Iseult n’avaient pas bu le philtre, rien ne serait arrivé. 2. Tristan n’est plus sous l’effet du philtre : il faut qu’il … habitue. 3. Tristan demande à Iseult … le roi Marc est prévenu. 4. Ils se sont donné rendez-vous sous le pin : ils … retrouvent. Retenir la leçon > Des déterminants ou pronoms démonstratifs et leurs homophones Homophones Classes grammaticales Exemples Comment les distinguer ? ce / se ce = déterminant démonstratif sing. se = pronom personnel réfléchi > Ce roi se bat avec force. Ce est suivi d’un nom, se d’un verbe. ces / ses ces = déterminant démonstratif pluriel ses = déterminant possessif pluriel > Vers ces lieux dont tous rêvaient, il a conduit ses amis. Mettre la phrase au singulier : ces devient ce, ses devient son. cet / cette cet = déterminant masculin singulier cette = déterminant féminin singulier > Je connais cet homme et cette femme. Repérer le genre du nom qui suit le déterminant. c’est / s’est c’est = pronom démonstratif + verbe être s’est = pronom personnel réfléchi + verbe être > C’est un roi cruel qui s’est battu avec force. C’ peut être remplacé par cela. Ex. 12 à 16 et 26 S’exercer 12. Recopiez ces phrases en indiquant la classe grammaticale du mot en gras puis en complétant par se ou ce. 1. Le donjon … dresse au-dessus du château. 2. La Dame … pare de ses plus beaux bijoux pour … banquet qui … prépare. 3. En cuisine, les marmitons … pressent : … repas doit être réussi. 4. Comment … fait-il que le seigneur ne soit pas là ? * 13. a. Faites précéder ces noms ou GN du déterminant démonstratif qui convient. b. Classez ensuite les GN en deux colonnes. c. Comment les avez-vous classés ? argent • armoire • habile homme • honnêteté • irritation • impossible espoir • espérance ** 14. Mettez au pluriel les groupes de mots en gras. * 1. Je suis effrayé par ce guerrier. 2. Il n’impressionne pas son ennemi. 3. Tous sont mobilisés pour ce projet. 4. Pierre a ap- pelé son ami pour résoudre ce problème. 5. Ce roman et cet auteur sont très connus. 6. Le roi a perdu son pouvoir. 15. Mettez ces phrases au singulier : faites les modifica- ** tions nécessaires. 1. Ils se sont levés pour le roi. 2. Ils se sont amusés à cette fête. 3. Ce sont les troubadours qui ont joué. 4. Ce sont des navigateurs du xve siècle qui ont découvert l’Amérique. 5. Ce sont des questions difficiles. 6. Ils ont ramené ces étranges animaux. 16. Complétez ces phrases avec c’est, s’est, ces ou ses. ** 1. Renard trompe … amis et … ennemis ; mais … un personnage amusant. 2. La Dame … avancée dans la salle avec … servantes. 3. Rabelais est célèbre pour … romans comiques. 4. … fourberies de Scapin me font rire. 358 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 358 01/07/10 14:15 Retenir la leçon > Des déterminants possessifs et leurs homophones Homophones Classes grammaticales Exemples Ex. 17 à 26 Comment les distinguer ? ma, ta = déterminants possessifs ma / m’a m’a, t’a = pronoms personnels me et te ta / t’a suivis du verbe ou de l’auxiliaire avoir > Ma mère m’a parlé. > Ta mère t’a parlé. Devant un nom, il s’agit d’un déterminant possessif (ma mère). mon / m’ont ton / t’ont mon, ton = déterminants possessifs m’ont, t’ont = pronoms personnels me et te suivis du verbe ou de l’auxiliaire avoir > Ils m’ont parlé de mon père. > Ils t’ont parlé de ton père. Devant un nom, il s’agit d’un déterminant possessif (mon père). son / sont son = déterminant possessif sont = verbe ou auxiliaire être à la 3e personne du pluriel > Ils sont partis avec son père. Devant un nom, il s’agit d’un déterminant possessif (son père). mes / mais mes = déterminant possessif mais = conjonction de coordination > Je ne parle pas Devant un nom, de mes aventures il s’agit d’un mais elles sont déterminant possessif extraordinaires. (mes aventures). leur(s) = déterminant possessif leur(s) / leur = pronom personnel 3e personne leur pluriel > Il leur a parlé de leur père et de leurs cousins. Si on peut remplacer leur par lui, il s’agit du pronom personnel qui ne prend pas de s (il lui a parlé). S’exercer 17. Repérez si le mot qui se prononce [ma] est suivi d’un nom, puis complétez ces phrases par ma ou m’a. 1. Il … demandé de l’emmener dans … maison de campagne. 2. Il … salué ; … sœur … fait remarquer qu’il a changé. 3. Il … adressé la parole mais … méfiance à son égard n’a pas diminué. * 18. Même exercice que précédemment avec ta ou t’a. * 19. Récrivez les phrases au passé composé ; attention à ** l’orthographe des homophones. 1. Il me prend en amitié et m’entraîne dans ses expéditions. 2. Son chien t’effraie mais il n’en veut qu’à ta sacoche de viande. 3. Le courant me fait dériver et me fait chavirer ; la situation te glace d’effroi et te fait craindre pour ma vie. 20. Complétez ces phrases par m’ont ou mon. * 1. Les spectateurs … salué après … combat. 2. … fidèle ami a suivi tout … périple. 3. Leurs cris … affolé : … sang-froid s’est envolé. 4. Puis-je sauver … trône ? 21. Même exercice que précédemment avec ton ou t’ont. * 22. Complétez ces phrases par son ou sont. * 1. Pour assouvir … besoin de nourriture, Renart met toute … adresse à duper les marchands qui … sur la route. 2. Le roi Noble et … conseiller … réunis pour interroger Renart sur … dernier méfait. 3. Ses ennemis … exaspérés mais admiratifs. 23. Récrivez et complétez les phrases. * 1. La porte est haute [mɛ] l’entrée est très étroite. 2. Yvain était stupéfait [mɛ] surtout tourmenté. 3. « Messire, dit la pucelle, les chevaliers vous cherchent [mɛ] ne craignez rien : [mɛ] amis ne vous trahiront pas. ». 4. « Nous irons dans cette salle, [mɛ] gens nous y accueilleront », dit la dame. 24. Complétez ces phrases par leur ou leurs. * 1. Les chevaliers ont besoin de … serviteurs pour enfiler … armure. 2. Le roi s’adresse aux chevaliers pour … rappeler … devoirs. 3. Renart arrête les marchands et … demande si … marchandises sont à vendre. 4. Les acteurs de la commedia dell’arte n’apprenaient pas … texte ; il … suffisait de connaître l’intrigue. 25. Récrivez les phrases au pluriel selon le modèle ci-des- * sous et faites les transformations nécessaires. Elle choisit sa robe. > Elles choisissent leurs robes. 1. Il convoque son serviteur et lui donne des ordres. 2. Le jeune apprend son métier : il lui faudra du temps pour progresser. 3. L’écuyer attend son adoubement ; il lui tarde d’y être déjà. Écrire 26. Rédigez un paragraphe en employant au moins trois de ces homophones : mais, c’est, s’est, ces, ses, se, ce. L’étude de la langue Orthographe 359 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P330-359-9782011256218.indd 359 01/07/10 14:15 É SIONS• •R VI NS LEXIQUE ÉV IS IONS• Les mots de la leçon RÉ •R Réviser la formation des mots IO VIS dériver (dérivation) : provenir, prendre sa source. préfixe : du latin prae, « avant » ; élément qui se fixe devant un mot. suffixe : du latin sub-, « sous, après » ; élément qui se fixe à la fin d’un mot. Consolider les acquis > Radical et familles de mots Ex. 1 à 4 • Le radical est l’élément de base d’un mot, celui qui porte le sens principal. > fable (fabl- : radical) • Certains radicaux peuvent prendre des formes différentes, en raison de leur étymologie, c’est-à-dire de leur origine, le plus souvent latine ou grecque. > fable / fabuleux (du latin fabula) • Les mots qui ont le même radical appartiennent à la même famille de mots. > fable, fabliau, fabuleux, fabuliste, fablier, affabuler, affabulation > La formation des mots dérivés Ex. 5 à 11 La plupart des mots se forment par dérivation, en ajoutant à un radical des éléments appelés préfixes et suffixes ; on nomme « dérivés » les mots ainsi formés. • Les préfixes se placent devant le mot ou le radical. > courir, parcourir, recourir ; lisible, illisible D’origine latine ou grecque, les préfixes ne changent pas la classe grammaticale d’un mot, mais ils en changent le sens (voir p. 352 à 355). Certains préfixes se modifient au contact du radical (voir p. 352 à 355.) • Les suffixes se placent après le mot ou le radical. Ils changent généralement la classe grammaticale du mot auquel ils s’ajoutent. Les suffixes forment… Exemples -eter, -ifier, -iser des verbes > intensifier, valoriser… -age, -eur, -ateur, -ien, -is, -ment des noms masculins > virage, pêcheur, animateur, musicien, glacis, déroulement -ade, -aie, -ance, -ence, -esse, -ion, -té, -tié des noms féminins > promenade, châtaigneraie, vaillance, prudence, finesse, action, dureté, amitié -able, -ible, -uble, -ais, -ien, -aire, -al, -if, -ois des adjectifs > capable, lisible, soluble, français, italien, insulaire, national, natif, courtois… -ment des adverbes > courageusement > La formation des mots composés Ex. 12 à 16 • On peut former des mots nouveaux par composition en associant : – des mots de la langue française ; > château fort, portefeuille, rouge or – des éléments d’origine grecque ou latine. > télévision (du grec télé, « loin », et du latin visum, « voir ») • Les adjectifs composés sont invariables. > des étoffes bleu azur • Voici quelques règles d’orthographe pour les noms composés. S’ils sont formés : – de deux noms ou d’un adjectif et d’un nom juxtaposés, les deux éléments prennent la marque du pluriel ; > des chiens-loups, des châteaux forts – d’un nom suivi d’un autre nom relié par une préposition, le premier nom prend la marque du pluriel, le second se met au singulier ou au pluriel selon le sens ; > des pommes de terre (de la terre), des casiers à bouteilles (pour ranger des bouteilles) – d’un verbe suivi d’un nom, le verbe reste invariable, le nom se met au singulier ou au pluriel selon le sens. des gratte-ciel (qui grattent le ciel), des porte-bagages (qui portent des bagages) 360 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 360 01/07/10 14:17 S’exercer 1. Pour chaque famille de mots, relevez les différentes formes du radical. 1. aventure • avent • advenir • aventurier • s’aventurer 2. mer • maritime • amerrir • marin • marine 3. chevalier • cavalerie • chevaleresque • cavalier • cavalcade • cavale • chevalerie 4. geste • gérer • gestion • gesticuler • gestionnaire • gérant * 2. Pour chaque liste, classez les mots en deux familles. * Liste A : mort • morsure • mortuaire • mordre • mourir • mors • immortel Liste B : affamer • faim • fameux • famé • famélique • famine 3. Donnez le plus de mots possibles des familles des mots suivants : a. cours (radicaux : cour-, cours-) ; b. marché (radicaux : merc-, march-). ** 4. Retrouvez l’adjectif formé à partir du mot latin entre parenthèses. 1. Étude (studium) : des élèves stu… . 2. œil (oculus) : un témoin oc… . 3. Fruit (fructus) : une recherche fruc… . 4. Île (insula) : l’Australie est un pays ins… . 5. Cuir (corium) : un adversaire cor… . 6. Déluge (diluvium) : une pluie dil… . ** 5. Formez des verbes avec les suffixes -iser / -ifier à partir * des mots suivants. intense • faveur • clair • aromate • fort • plastique • national • dramatique • solide 6. Recopiez et complétez le tableau suivant. * Adjectifs bas fin doux fou mûr Verbes abattre … adoucir … mûrir Noms abattement raffinement … … … Verbes négliger apparaître sécher tendre changer connaître battre classer Suffixes ** suivants. imaginer (2) • courage • chance • durer • jeter • aventure • famille (2) • pitié 11. a. Formez des adverbes à partir des adjectifs suivants. b. Dans la liste B, sur quelle forme de l’adjectif devez-vous former l’adverbe ? Pourquoi ? Liste A : volontaire • rapide • solide • admirable • valable Liste B : fort • doux • grand • lent • naturel • sournois ** 12. Complétez ces noms composés qui ont été abrégés. * micro • métro • kiné • bus • kilo • pneu • photo • stéréo 13. Remettez un peu d’ordre dans ces noms composés. * un sac à glace • une lance à dents • une machine à dos • un seau à linge • un panier à laver • une brosse à incendie 14. a. Dans chaque liste, retrouvez l’élément commun à tous les noms composés. b. Mettez au pluriel les noms composés que vous venez de former. Liste A : un …-monnaie • un …-bagages • un …-documents • un …-manteau Liste B : un brise-… • un seau à … • des patins à … • une coupe à … Liste C : un …-lit • un …-pied • un …-chef • un …-feu * 15. Mettez au pluriel les noms composés. ** un rond-point • un sapeur-pompier • un coffre-fort • un lanceflammes • un rez-de-chaussée • un tête-à-queue • un gardemeubles • un tire-bouchon • un porte-bonheur • un croquemonsieur Écrire 7. À l’aide des suffixes de la colonne droite, formez des noms de la même famille que les verbes de la colonne gauche. 10. Formez des adjectifs à partir des verbes et des noms 16. Décrivez l’image en employant trois noms composés pour désigner les pièces de la maison. * -ence -esse -ance -ment -age 8. Formez des noms en -té à partir des adjectifs suivants. * fier • clair • agile • spécial • solide • docile • difficile 9. Pour chaque mot issu du latin, formez des noms savants terminés par le suffixe -té, en vous servant de la racine latine. frère (frater) > fraternité mère (mater) • mûr (maturus) • père (pater) • libre (liber) • majeur (major) • lieu (locus) • vrai (verus) • croyable (credibilis) • double (duplicis) ** L’étude de la langue Lexique 361 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 361 01/07/10 14:17 É SIONS• •R VI NS LEXIQUE RÉ •R ÉV IS Réviser les synonymes et les antonymes IO VIS IONS• Consolider les acquis > Synonymes Ex. 1, 2 et 9 • Un synonyme est un mot qui a le même sens qu’un autre mot ou un sens proche. > Un cheval, un destrier, un coursier. Brave, hardi, intrépide. • Les synonymes ont très rarement exactement le même sens. Des nuances de sens les différencient selon : – le niveau de langue ; > Courageux (courant), vaillant (soutenu). – le degré. > Hideux indique une laideur plus grande que laid. > Antonymes Ex. 3 à 9 • Un antonyme est un mot qui a un sens contraire à celui d’un autre mot. > Lâche ≠ courageux. L’ombre ≠ la lumière. > Leurs emplois • Synonymes et antonymes servent à définir un mot, à éviter les répétitions dans un texte, à enrichir un texte. • Pour proposer le synonyme ou l’antonyme d’un mot, il faut tenir compte de la classe grammaticale de ce mot. On peut ainsi associer : – un nom à un nom ou à un groupe nominal ; – un verbe à un verbe, à un groupe verbal, à un groupe nominal ; – un adjectif qualificatif à un adjectif ou à un participe passé. S’exercer 1. a. Classez ces noms par groupes de synonymes. b. Employez les noms en gras dans une phrase qui mette leur sens en évidence. étoffe • victuailles • maison • échoppe • tissu • commerçant • habitation • habits • atours • boutique • négociant • nourriture • marchand • mets • magasin • vêtements • aliments • demeure • vendeur * 2. Remplacez chaque mot en gras par un synonyme. * 1. Il lui donne la lourde mission de retrouver le trésor. 2. Elle ne put retenir un cri. 3. Il lui laissa une ultime chance. 4. Un marchand habitait à l’auberge. 5. Grâce aux deniers du seigneur, ils purent acquérir une charrette. 6. La découverte de ce trésor fut une véritable aubaine. 3. Classez ces adjectifs par couples d’antonymes. * difficile • joyeux • intelligent • indocile • maladroit • délicieux • stupide • aisé • exécrable • obéissant • expert • maussade 4. Complétez ces phrases avec certains adjectifs de l’exercice 3. 1. Paul regrettait sa décision : …, il ne disait rien. 2. La fillette … ne tint pas compte des ordres. 3. D’un geste …, le petit voleur coupa la lanière de la bourse du négociant. 4. Dans cette horrible auberge, on leur servit un vin … . 6. Complétez chaque phrase avec un des noms de * l’exercice 5. 1. Avec beaucoup de …, il finirait bien par voir le vagabond. 2. Il errait dans les rues, sans but, par … . 3. Le prisonnier attendait l’heure de sa … . 4. La trahison de leur ami les plongea dans un grand … . 5. Les félons peureux sont connus pour leur … . 6. Grâce à un … incessant, il parvint à devenir maître charpentier. 7. Classez ces verbes par couples d’antonymes. * se résigner • affronter • contraindre • se rebeller • pulluler • refuser • manquer • fuir • consentir • permettre 8. Complétez chaque phrase avec des verbes de l’exer- ** cice 7 conjugués au présent de l’indicatif. 1. Au Moyen Âge, les mendiants … autour des églises. 2. Faute de mieux, les enfants … à fuir avec cette vieille carriole. 3. Devant son insistance, il … à l’accompagner. 4. Les paysans … en raison de la famine. * 5. Classez ces noms par couples d’antonymes. ** labeur • désarroi • enfermement • vigilance • désœuvrement • couardise • vaillance • délivrance • assurance • négligence Écrire 9. Décrivez l’image de la page 363 en employant des synonymes et / ou des antonymes de : boutique, marchand, tissu, vendre, bon marché, marchandises. Vous soulignerez ces mots dans votre texte. 362 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 362 01/07/10 14:17 É SIONS• •R VI LEXIQUE ONS Réviser les niveaux de langue R •R SI ÉVI ÉV IS IONS• Consolider les acquis • On différencie trois niveaux de langue : familier, courant, soutenu. Je suis crevé. Je suis fatigué. Je suis harassé. Les tournures de langue varient d’un niveau à l’autre. Peuvent varier : – le vocabulaire ; > Bouffe. Nourriture. Mets. – la construction des phrases ; > T’entends ? Est-ce que tu entends ? Entends-tu ? – la prononciation, l’intonation. Ex. 1 à 4 • Le niveau familier s’emploie à l’oral avec des personnes très proches. On n’emploie pas le niveau familier à l’écrit. • Le niveau courant s’emploie : – dans une langue orale officielle : à l’école, notamment, pour un enfant s’adressant à un adulte qui n’est pas un proche ; pour une conversation avec un supérieur ; à la télévision et à la radio ; – à l’écrit, y compris pour les transcriptions de dialogues. La frontière entre niveaux familier et courant varie selon le contexte familial, social, l’époque, la région : ça employé pour cela est familier pour les uns, courant pour les autres. • Le niveau soutenu s’emploie à l’écrit, en particulier dans les textes littéraires. S’exercer 1. a. Retrouvez l’intrus qui s’est glissé dans chaque liste. b. À quel niveau de langue chaque intrus appartient-il ? * 1. bête • crétin • niais • 2. choper • coincer • attraper • 3. se prendre la tête • se soucier • se faire du mouron • se faire de la bile • 4. en avoir marre • en avoir ras la casquette • en avoir assez 2. Relevez des mots et des constructions de phrases : b. En choisissant parmi les mots et expressions de la liste, remplacez chaque mot en gras dans le texte ci-dessus par un mot de niveau de langue courant. le col • mettre • vague • une peau • se ramener • demande • enlever • apparaître • une pelure • un manteau fourré • bizarre • enfiler • glauque • je tremblai • le trou • je tremblotai * a. de niveau familier ; b. de niveau soutenu. c. Selon vous, quel est l’effet recherché par l’auteur dans ce texte ? * Papa, il est prof de français… Oh, pardon : mon père enseigne la langue et la littérature françaises. C’est pas marrant tous les jours ! Je veux dire : parfois, la profession de mon père est pour moi cause de certains désagréments. L’autre jour, par exemple. En sciant du bois, je me suis coupé le pouce. Profond ! J’ai couru trouver papa qui lisait dans le salon. – Papa, papa ! Va vite chercher un pansement, je pisse le sang ! ai-je hurlé en tendant mon doigt blessé. – Je te prie de bien vouloir t’exprimer correctement, a répondu mon père sans même lever le nez de son livre. – Très cher père, ai-je corrigé, je me suis entaillé le pouce et le sang s’écoule abondamment de la plaie. Écrire 4. À partir de l’image, rédigez un court texte en utilisant un niveau de langue soutenu. B. FRIOT, « Façon de parler », Nouvelles histoires pressées © Milan Poche Junior, 1999. 3. a. Quel est le niveau de langue des mots en gras ? * Je sollicite votre avis car je viens de faire un rêve déroutant. J’ai cru voir s’insinuer une forme indistincte portant une pelisse rousse, taillée d’une seule pièce. Elle me la faisait revêtir de force. La bordure avait la blancheur et la dureté de l’ivoire ; la fourrure était tournée vers l’extérieur ; j’entrais dans cette pelisse par l’encolure. Comme je cherchais à l’ôter, je tressaillis et me réveillai. D’après Le Roman de Renart. Chez le drapier. L’étude de la langue Lexique 363 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 363 01/07/10 14:17 LEXIQUE Les figures de style Les mots de la leçon la comparaison : du latin cum, « ensemble » et paro, « mettre sur la même ligne ». la métaphore : du grec meta, « avec », et phore, « porter ». la personnification : fait de rendre semblable à une personne. Observer pour comprendre 1. a. Quels sont les points communs entre les groupes nominaux en gras ? b. Quelle conjonction de subordination relie les deux mots comparés ? c. Cette comparaison rend-elle la forêt accueillante ou impressionnante ? > Les rues étaient grouillantes de monde. Pierre se faufilait dans la foule comme entre les troncs d’une forêt dense. 2. a. Qu’est-ce qui est assimilé à des « griffes » ? b. Ce rapprochement est-il exprimé par un mot de comparaison ou est-il sous-entendu ? c. Pour quelle(s) raison(s) peut-on rapprocher les deux éléments ? > Il ne put échapper aux griffes des soldats que grâce à son agilité. Retenir la leçon On nomme figures de style les façons d’associer, en général de façon imagée, des idées, des objets de sens proches. Les figures de style s’emploient pour créer une atmosphère, pour mieux faire comprendre quelque chose d’inconnu. On trouve fréquemment des figures de style : – en poésie ; – dans des descriptions littéraires, pour émerveiller, pour étonner, pour faire rêver ; – dans des articles de presse, pour impressionner ; – dans le langage courant. Il existe de très nombreuses figures de style que vous découvrirez au fil des années. > La comparaison Ex. 3, 4, 6 à 9 • Une comparaison associe deux éléments qui ont en commun un ou plusieurs critères : par exemple, le courage est une qualité pour un preux chevalier et pour un lion. • Pour exprimer une comparaison, on emploie : – des mots de comparaison : des conjonctions de subordination des verbes comme, de même que… ressembler à… > Le chevalier est courageux comme un lion. > Le chevalier ressemble à un lion. des adjectifs qualificatifs semblable à, pareil à… > Le chevalier est semblable à un lion. un déterminant indéfini > Le chevalier combat tel un lion. tel – des adjectifs qualificatifs au comparatif (voir p. 280). > Le chevalier est aussi (plus, moins) courageux qu’un lion. > La métaphore Ex. 5 à 7 • Une métaphore est une comparaison dont les mots de comparaison sont sous-entendus. > La troupe de soldats déboucha dans la rue : tout fut renversé par cet ouragan humain (cette foule qui ressemblait à…). > La personnification Ex. 6, 7 et 10 • La personnification consiste à présenter une chose, une idée comme une personne. > L’eau dormante ne dort pas Elle rêve, j’en suis sûr. (Jean Orizet) 364 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 364 01/07/10 14:17 S’exercer 3. a. Associez chaque verbe (liste A) avec un animal (liste B). b. Employez chacune de ces comparaisons dans une phrase * qui mette leur sens en évidence. Liste A : rugir • braire • se traîner • foncer • détaler • être fait • se pavaner • embrocher • égorger (comme) Liste B : un poulet • une tortue • un âne • un lion • un bélier • un pourceau • un lièvre • un paon • un rat 4. Complétez ces phrases à l’aide d’une comparaison, en indiquant entre parenthèses sur quel(s) critère(s) s’appuie votre comparaison. 1. Tel un …, le chevalier fonçait sur son adversaire. 2. Les arbres de la forêt se dressaient immenses, inquiétants comme … . 3. Pour les navigateurs, les indigènes ressemblaient à … . 4. Son sourire, comme …, illuminait son visage. 5. La dame, parée de ses atours, pareille à …, traversa la grande salle. * 5. Complétez les phrases à l’aide d’une métaphore employant un des mots suivants : enfer, manteau, feu d’artifice, lion, ivresse. 1. La neige étend son blanc … . 2. Devant cette injustice, il fut pris de l’… de la colère. 3. Son récital de piano fut brillant ; quant au dernier morceau, ce fut un véritable … . 4. Avec l’épidémie de la peste noire, la vie devint un … dans toute l’Europe. 5. Ce chevalier avait la bravoure d’un … . * 6. a. Quelle(s) figure(s) de style est (sont) employée(s) dans chacun de ces poèmes ? b. Citez les groupes de mots constituant la figure de style et expliquez sur quels éléments repose la comparaison, la métaphore ou la personnification. * 1. Nouvelle année, année nouvelle, Dis-nous, qu’as-tu sous ton bonnet ? J’ai quatre demoiselles Toutes grandes et belles. La plus jeune est en dentelles. La seconde en épis. La cadette est en fruits, Et la dernière en neige. Voyez le beau cortège ! Nous chantons, nous dansons La ronde des saisons. L. PAULIN, « La Nouvelle Année ». 2. Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie, Et s’est vêtu de broderie, De soleil luisant, clair et beau. C. D’ORLÉANS, « Rondeau de printemps », Ballades et rondeaux © Le Livre de poche, 2004. 4. Un poème pour la Terre et le blé surgira comme l’oiseau. C. DA SILVA, « Un poème pour la Terre », in G. Jean, Nouveaux trésors de la poésie pour les enfants © Le Cherche Midi, 2003. 7. Relevez dans le poème des figures de style et nommezles. ** Rien qu’un petit bonheur Suzette, Un petit bonheur qui se tait Le bleu du ciel est de la fête ; Rien qu’un petit bonheur secret Il monte ! C’est une alouette Et puis voilà qu’il disparaît ; Le bleu du ciel est de la fête Il chante, il monte, il disparaît. Mais si tu l’écoutes, Suzette, Si dans tes paumes tu le prends Comme un oiseau tombé des crêtes Petit bonheur deviendra grand. G. NORGE, « Au petit bonheur », Demain dès l’aube © Le Livre de poche Jeunesse, 2002. 8. a. Quelle est la figure de style employée par Marco Polo dans ces extraits ? b. À quoi sert-elle ? 1. Le roi de ce pays a le plus beau rubis du monde, tel qu’on n’en a jamais vu de plus beau et qu’on n’en verra jamais. Le rubis est aussi gros que le bras d’un homme. 2. Sachez encore que dans cette île, on trouve les arbres de santal rouge, aussi grands que les arbres de nos pays ; ce bois est aussi abondant que chez nous le bois d’arbres sauvages. 3. Je peux vous dire qu’il y a des sangliers aussi gros que des buffles. ** Écrire 9. a. Quelle est la figure de style employée dans ce début de poème ? b. Poursuivez le poème en employant la même figure de style. Je cherche un mot Vaste et chaud comme une chambre Sonore comme une harpe Dansant comme une robe Clair comme un avril […] J.-P. SIMÉON, « Le Mot », La nuit respire © Éditions Cheyne, 1987. 10. Poursuivez ce début de poème en employant à votre 3. tour des personnifications. La lune au jour est tiède et pâle Comme un joyeux convalescent ; Tendre elle ouvre ses yeux d’opale D’où la douceur du ciel descend ! Trop timide, la tomate devient écarlate quand on lui dit qu’elle est belle. V. HUGO, Les Rayons et les Ombres, 1840. C. DOBZYNSKI, in G. Jean, Nouveaux trésors de la poésie pour les enfants © Le Cherche Midi, 2003. L’étude de la langue Lexique 365 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 365 01/07/10 14:17 LEXIQUE Sens propre et sens figuré Les mots de la leçon propre : se dit du sens fondamental, essentiel, d’un mot. figuré : se dit d’un emploi imagé d’un mot. Observer pour comprendre 1. Dans laquelle des phrases le verbe « lancer » exprime-t-il le fait de jeter un objet ? Dans laquelle ce verbe est-il employé de façon imagée ? > A. Le chevalier lance son épée. B. Le chevalier lance un coup d’œil à sa dame. 2. Dans quelle phrase le nom « combat » est-il employé dans un sens guerrier ? Dans laquelle a-t-il le sens d’ « hésitation » ? > Le chevalier affronte son adversaire dans un combat. Le chevalier est torturé par un véritable combat : peut-il trahir son roi ou doit-il rester un vassal loyal ? Retenir la leçon > Les mots à un sens ou plusieurs sens Ex. 3 à 7 et 12 • Les mots ayant un seul sens appartiennent, en général, à un vocabulaire technique, scientifique. > goudron, stylo, hélice • La plupart des mots ont plusieurs sens : c’est ce qu’on nomme la polysémie. Pour comprendre le sens d’un mot, il faut s’aider du contexte, du domaine dont il est question. > Dans une maison, une table est un meuble. En mathématiques, une table de multiplication est un tableau. En géographie ou géologie, une table est une surface plane naturelle. En musique, la table désigne la partie plate d’un instrument. > Sens propre et sens figuré Ex. 7 à 10 • Le sens propre est le sens premier d’un mot, celui qui apparaît en premier dans un dictionnaire. > L’enfant dort dans son berceau. • Le sens figuré, souvent imagé, est le sens supplémentaire que peut prendre un mot. > La vallée de la Loire est le berceau de la poésie de la Renaissance. (= le lieu où elle est née). Un mot peut avoir plusieurs sens figurés. Par exemple, le nom cœur, au sens propre, désigne un organe. > Le cœur est un organe vital. Mon frère a mal au cœur en voiture. Au sens figuré, il peut désigner : – le siège d’un sentiment : le courage ; > Yvain est un chevalier au grand cœur : il combat avec courage. l’amour ; > Le cœur de Lancelot bat pour Guenièvre. l’ardeur ; > Il met du cœur à l’ouvrage. – le centre de quelque chose. > La cathédrale Notre-Dame est située au cœur de Paris. > La domination de la région est au cœur de ces guerres. > Un fromage fait à cœur. > L’évolution du sens des mots Ex. 10 et 11 • De nombreux mots ou expressions d’origine médiévale sont passés en français moderne en changeant de sens ou en prenant un sens figuré. Voici quelques exemples. Mot ou expression Ancien français Français moderne tournoi combat de parade, à cheval. compétition. champion chevalier qui portait les couleurs d’une dame dans un tournoi. vainqueur d’une compétition courtois propre à la vie de cour. poli, bien élevé. 366 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 366 01/07/10 14:17 S’exercer 3. a. Classez les mots de la liste selon qu’ils ont un ou plusieurs sens. b. S’ils ont plusieurs sens, employez-les dans des phrases qui mettent chaque sens en valeur. pantalon • chemise • robe • tabouret • manteau • chapeau • jupe • lit • nappe * 4. Employez chaque mot dans trois phrases où il aura un sens différent. un trait • un sommet • une intervention • une piste • lourd ** 5. Répondez aux questions pour trouver des mots à plusieurs sens. a. Quel est le verbe qui peut admettre ces compléments : à cheval, une pente, un meuble ? b. Quel est le mot commun à ces quatre phrases ? 1. Ses sourcils sont surmontés d’un … proéminent. 2. Cet enfant a le … de se battre contre un adversaire plus fort. 3. Les troupes, bien alignées, avancent de … . 4. Très dynamique, il mène plusieurs activités de … . c. Quel est le verbe qui admet ces différents compléments : un col, une porte, la frontière, un examen ? ** 6. Lisez le texte ci-dessous : a. Où la scène a-t-elle lieu ? b. Quel est le sens du nom bouton ici ? c. Employez ce nom dans trois phrases où il aura trois sens différents. * J’allais tous les jours au parc observer les boutons. Ils grossissaient, la pointe toujours dirigée vers la lumière. Je restais souvent plus d’une demi-heure à les contempler, m’imaginant qu’ils bougeaient. J’avais très peur de rater le moment où ils allaient s’ouvrir. Puis, un matin, je vis que le premier bouton s’était ouvert. Une grande fleur d’un jaune lumineux s’était déployée. S. HEUCK, Le Secret de maître Joachim, Trad. D. Miermont, © Éditions Gallimard Jeunesse, 1998. 7. a. Relevez les mots de sens courant qui s’emploient aussi dans une de ces sciences : les mathématiques, la géographie ou la biologie. b. Quels sont ceux qui sont employés dans leur sens propre ? dans un sens figuré ? c. Employez chacun d’eux dans une phrase qui mettra en évidence son sens scientifique. 1. Ce garçon chaleureux ne cesse d’agrandir son cercle d’amis. 2. Pour Noël, il voudrait une chaîne hi-fi. 3. Malade, il doit garder le lit. 4. La mode est aux pantalons fuseaux. * 8. Indiquez si les mots en gras sont employés dans leur * 10. Complétez les phrases à l’aide d’un de ces mots ou expressions d’origine médiévale ; vous accorderez les verbes avec leur sujet : se caparaçonner, cavale, chevalier, croiser le fer, cuirasse, entrer en lice, fer de lance. 1. La compétition commence : les adversaires … . 2. Les deux candidats, violemment opposés, … pendant le débat télévisé. 3. Les hockeyeurs … avec toutes sortes de protections. 4. Ce malfaiteur en … est poursuivi par toutes les polices. 5. Cette entreprise très innovante est le … de sa profession. 6. Vincent, le … servant de Caroline, ne sait que faire pour lui être agréable. 7. Sa réserve est une … qui cache sa timidité. ** 11. Voici une liste d’expressions médiévales : être sur la sellette, à brûle-pourpoint, à tour de rôle, chercher noise, crier haro sur quelqu’un, mettre la table, faire des gorges chaudes. a. Recherchez ci-dessous le sens médiéval de chacune d’elles. 1. « Haro ! Haro ! » était le cri que l’on entendait lorsque quelqu’un se faisait couper sa bourse. 2. Les textes officiels et les affaires appelées en justice étaient écrits sur des parchemins volumineux enroulés autour d’une tige de bois. 3. Les artilleurs, au moment de faire feu avec leur arme, abîmaient sans le vouloir leur vêtement, appelé « pourpoint ». 4. Les gorges chaudes étaient les petits animaux (souris, mulots) que l’on donnait vivants à l’oiseau de proie. 5. Une noise était une querelle bruyante. 6. La sellette était le petit banc de bois très bas sur lequel s’asseyait l’accusé interrogé par ses juges. 7. Pour le repas, on apportait une planche et des tréteaux dans une pièce de l’habitation. * b. Associez chaque expression médiévale à son sens mo- ** derne. a. Chacun à son tour. b. Quereller quelqu’un souvent pour peu de chose. c. Manifester énergiquement son désaccord. d. Être exposé au jugement d’autrui, à la critique, ou se trouver en position délicate. e. Se moquer méchamment, avec joie et devant beaucoup de gens. f. Réponse soudaine et qui prend par surprise. g. Mettre le couvert. Écrire 12. a. À partir des images, inventez deux phrases dans lesquelles le nom poids aura un sens différent. b. Faites de même pour : étoile, plume et marche. sens propre ou figuré. 1. Le singe fait des grimaces qui amusent les enfants. • Il est puni pour ses grimaces de singe. 2. Les enfants ont débarrassé la table. • Lors des négociations, les ministres font table rase des problèmes antérieurs. 3. Le vainqueur, une fusée, a pulvérisé le record du monde. • La fusée Ariane va mettre en orbite un satellite. 4. De rage, il froisse le papier sur lequel il a pris des notes. • Ce journaliste rend son papier à la rédaction. 5. Il reçoit une boîte de chocolats. • Ils vont dans une boîte à la mode. 9. Employez chaque mot dans une phrase où il aura : a. son sens propre ; b. son sens figuré. ** un mur • dur • croquer • boire • lumière • clé • cage L’étude de la langue Lexique 367 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 367 01/07/10 14:17 LEXIQUE Mots génériques et mots spécifiques Les mots de la leçon générique : du latin generis, « genre, famille, groupe » ; qui caractérise un groupe. spécifique : qui présente une caractéristique originale et exclusive. Observer pour comprendre 1. Quel est le mot en gras qui a un sens plus général que les autres ? > Pour la fête, nous avons confectionné de nombreux gâteaux : des quatre-quarts, des tartes, des charlottes, des cakes. Retenir la leçon • On nomme mot générique un mot au sens général qui englobe tout un ensemble de mots plus précis, les mots spécifiques. Les mots génériques sont utiles pour résumer. > un bateau Ex. 2 à 9 • Les mots spécifiques : – donnent des informations documentaires (scientifiques, techniques, professionnelles, …) ; > un ferry – apportent des nuances de sens, de valeur, d’appréciation. > un esquif (bateau fragile) S’exercer 2. a. Quel nom générique correspond à chaque liste de mots spécifiques ? b. Donnez la définition des mots spécifiques en gras. Liste A : brodequin • poulaine • escarpin • sabot • bottine Liste B : saumon • brochet • sole • raie • lamproie Liste C : vielle • viole • mandoline • luth • tambourin * 3. a. Quelle couleur correspond à chacune des listes suivantes ? b. Trouvez des mots spécifiques pour la couleur rose et pour la couleur bleue. Liste A : vermillon • coquelicot • carmin • rubis Liste B : safran • poussin • citron • or Liste C : émeraude • olive • mousse • bouteille * 4. a. Quel mot générique correspond à ces mots spécifiques ? b. Classez ces mots en deux listes. Comment avezvous procédé pour ce classement ? chaumière • palais • mansarde • château • masure • taudis • manoir * 7. Remplacez le verbe générique « mettre » par le verbe spécifique qui convient : dresser, introduire, poser, appliquer, enfiler, glisser, conduire. 1. Mettre un objet sur un meuble. 2. Mettre un papier sous la porte. 3. Mettre les vaches dans le champ. 4. Mettre la clé dans la serrure. 5. Mettre un pull. 6. Mettre du fard à paupières. 7. Mettre la table. * 8. Donnez le sens précis de ces verbes correspondant au verbe « dire ». crier • hoqueter • murmurer • interrompre • interroger • supplier * Écrire 9. Imaginez un dialogue dans lequel vous emploierez au moins quatre des verbes spécifiques de l’exercice 8. 5. Complétez les phrases suivantes par le mot générique ** qui convient. 1. Les seigneurs se déplaçaient en emportant tout leur … : table, coffres, sièges, tapisseries. 2. Renart déroba toutes sortes de … : poules, coqs, dindes, canards, oies. 3. Barque, caravelle, galion : Robinson aurait aimé voir n’importe lequel de ces … . 4. Drap, toile, soie, velours, brocard : lequel de ces … Pathelin a-t-il réussi à dérober ? 6. Remplacez le nom générique « outil » par le nom spécifique qui convient. 1. J’utilise un outil pour planter ce clou. 2. Quel outil sert à fixer cette vis cruciforme ? 3. Passe-moi un outil pour arracher ce clou. 4. Il nous faut un outil pour rendre lisse cette surface. 5. Il se sert d’un outil spécial pour peindre les plinthes. * Miniature tirée du Roman du Graal, 1460. Bibliothèque municipale, Dijon. 368 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 368 01/07/10 14:17 LEXIQUE Histoire des mots : de l’ancien français au français moderne Observer pour comprendre > L’ancien français 1. Lecture orale : en sachant que toutes les lettres se prononcent en ancien français, lisez le texte et sa traduction. Oiez une novele estoire Qui bien doit estre en mirmoire. Lonc tens a esté adiree, Mais or l’a uns mestres trovee Qui l’a translatee an romanz Oiez comment je la comanz Écoutez une nouvelle histoire Qui doit bien être en mémoire. Longtemps elle a été perdue, Mais aujourd’hui un maître l’a retrouvée Et l’a traduite en français. Écoutez comment je la commence. Le Roman de Renart © Honoré Champion. 2. Les mots : a. Quel mot désignait le français ? b. Quels mots du texte en ancien français n’ont pas changé en français moderne ? c. Quels mots correspondaient à histoire, mémoire, longtemps, trouvée ? d. Quels mots correspondaient à être et maître ? Qu’observez-vous ? 3. La construction des phrases : a. Au deuxième vers, l’ordre des mots est-il le même en ancien français et en français moderne ? b. Au troisième vers, voyez-vous un pronom personnel sujet de « a esté adiree » ? c. « uns mestres » : ce groupe nominal est-il au singulier ou au pluriel ? 4. L’héritage : a. « oiez » : comment désigne-t-on en français le sens qui permet d’entendre ? b. Que signifie encore aujourd’hui j’ai ouï dire ? c. Quel mot anglais est proche de translatee ? Retenir la leçon > L’ancien français • Caractéristiques L’ancien français ou roman est surtout une langue parlée, qui recouvre différents dialectes régionaux et qui présente des graphies très variables. La construction des phrases est héritée du latin : place des mots variable, absence de pronom personnel sujet… > Oiez une novele estoire ➝ Écoutez une nouvelle histoire > Qui bien doit estre en mirmoire. ➝ Qui doit bien être en mémoire. > Lonc tens a esté adiree… ➝ Longtemps elle a été perdue… Ex. 5 et 6 • Langue d’oc et langue d’oïl L’ancien français (XIIe et XIIIe siècles) est composé de deux grands ensembles : la langue d’oïl, au Nord, et la langue d’oc, au Sud : oïl et oc étaient les deux façons de dire oui. • Du françois au français Dès le XIIIe siècle, le françois désigne la langue parlée autour de Paris, puis l’ensemble de la langue d’oïl. Le françois, langue du roi, s’impose peu à peu à tout le royaume mais de nombreux dialectes subsistent. Le français s’impose à la Renaissance (XVIe siècle) : à partir de 1539 (ordonnance de VillersCotterêts du roi François Ier), les textes officiels sont écrits en français et non plus en latin. S’exercer 5. a. Le sujet des verbes en gras est-il exprimé ? b. Dans laquelle des deux phrases l’ordre des mots est-il identique en ancien français et en français moderne ? c. Dans l’autre phrase, où le COD est-il placé ? d. Quelles différences orthographiques observez-vous entre l’ancien français et le français moderne ? e. Quel mot est traduit par « le fourreau » ? 1. L’espee nue en la loge entre. (Il met l’épée nue dans son fourreau.) 2. Les uns portent espiez d’acier. (Les uns portent des épées en acier.) * L’étude de la langue Lexique 369 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 369 01/07/10 14:17 6. a. Retrouvez les sujets parfois sous-entendus des verbes soulignés. b. Complétez en traduisant les mots en gras du texte ci-contre. Tant ont erré qu’a l’ermitage Vindrent ensemble li amant. L’ermite Ogrin trovent lisant. Quant il les vit, bel les apele (Assis se sont en la chapele). … … ont tant marché qu’… l’ermitage … sont arrivés ensemble. … … l’ermite Ogrin en train de lire. … il les vit, … les … doucement. (… se sont assis … la …). ** Béroul, Tristan et Iseult. Observer pour comprendre > L’héritage de l’ancien français en français moderne 7. a. Observez les passages en ancien français : en vous aidant de la traduction, dites quel est le nombre des mots en gras. b. Dans quelles phrases les mots en gras sont-ils sujets ? compléments ? c. S’écrivent-ils de manière identique selon leur fonction ? d. Quelle fonction des noms en ancien français a fondé le singulier et le pluriel des noms en français moderne ? > A. D’un vilain cont et de sa femme. ➝ Je parle d’un vilain et de sa femme. > B. Li vilains s’en entre en l’estable. ➝ Le vilain entre dans l’étable. > C. De deus vaches cont. ➝ Je parle de deux vaches. > D. Li vache vienent en l’estable. ➝ Les vaches viennent à l’étable. 8. Observez le tableau. a. Quelle est la langue la plus fidèle à l’étymologie latine ? b. Que devient le « ca » initial latin en langue d’oïl ? c. Le français courant a-t-il emprunté davantage à la langue d’oc ou à la langue d’oïl ? Latin caballus captare cathedra Langue d’oc cavale capturer cathèdre Langue d’oïl cheval chasser chaise 9. Le mot latin gustare, « goûter », sert de racine à plusieurs mots parmi lesquels : goût, goûter, dégoûter, ragoût, gustatif, déguster, dégustation, to disgust (en anglais), gustar (en espagnol). a. Dans quels mots retrouve-t-on la racine latine en gras ? b. Observez les autres mots : par quoi le « s » a-t-il été remplacé ? 10. a. Recopiez chaque mot latin de la liste A ainsi que les deux mots français issus du latin dans la liste B. b. Soulignez le plus savant des deux mots associés. > A. cucurbita, regis, firma, masticare > B. royal, mastiquer, courge, firme, gourde, mâcher, régalien, ferme 11. a. Dans ces phrases en ancien français, que constituent les deux mots en gras ? b. Quel rapport de sens établissez-vous entre les deux mots soulignés dans chaque phrase ? > Li vilains ne marche pas. > Li vilains ne boit goutte. > Li vilains ne coud point. > Li vilains ne mange mie. Retenir la leçon > L’héritage de l’ancien français en français moderne • Singulier et pluriel des noms En ancien français, il existait deux façons d’orthographier les noms, selon leur fonction : le cas sujet et le cas régime (pour les compléments). Le français moderne a gardé les formes du cas régime. Cas sujet Cas régime Singulier li murs le mur Pluriel li mur les murs 370 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 370 01/07/10 14:17 • Évolution de la prononciation Un même mot latin a évolué différemment en langue d’oc et en langue d’oïl. C’est, généralement, le mot en langue d’oïl qui s’est imposé dans la langue courante. > cantio (chanson en latin) ➝ chançon (langue d’oïl) / canso (langue d’oc) Ex. 12 • Origine des accents circonflexes La plupart des accents circonflexes actuels proviennent d’un s placé devant une consonne, qui a disparu. > Cest gost trop me coster. Ce goût me coûtera trop cher. Ex. 13 Ainsi s’expliquent les variations à l’intérieur d’une même famille de mots. > goût, goûter, dégoût(er), ragoût, déguster, dégustation, gustatif • Doublets Dans certains cas, un mot latin a donné deux mots en français : un de formation populaire, l’autre de formation savante. Ce sont des doublets. > potio (boisson en latin) ➝ poison (populaire) / potion (savant) Ex. 14 à 16 • Origine de la double négation En ancien français, la négation ne a peu à peu été renforcée par un terme qui désignait un élément de petite valeur en lien avec le verbe : ne (marcher) pas, ne (coudre) point, ne (manger) mie, ne (boire) goutte. Ex. 17 et 18 En français moderne, ces termes ont perdu leur sens propre. > Elle ne coud pas. S’exercer 12. Recopiez et complétez le tableau suivant. * Latin carnis campus cappa carga Langue d’oc carne c… cap…che carg…on Langue d’oïl ch…r champ chap… ch… 13. Complétez par un mot ayant un accent circonflexe. * Aidez-vous du mot en gras. 1. L’Islande est une … située au Nord de l’Europe. 2. Le pasteur mène … ses brebis dans les champs. 3. D’un signe de …, il atteste que cette affirmation est vraie. 4. Ce morceau de pain croustillant, en séchant, est devenu un … rassis. 5. Au cours de la bastonnade, les valets ont échangé des coups de … . 6. C’est au vestiaire que l’on change de … avant la compétition. 14. À partir de chaque verbe latin, trouvez le verbe de formation savante pour constituer des doublets. ** Verbes en latin Formation populaire Formation savante simulare auscultare locare cumulare fabricare sembler écouter louer combler forger sim… aus… local… cum… fab… 15. Formez des doublets en associant un nom de formation populaire (liste A) et un nom de formation savante (liste B). Liste A : sûreté • chenal • déchéance • col • hôtel • pitié Liste B : cou • piété • décadence • hôpital • sécurité • canal * 16. a. Retrouvez les doublets en associant un mot de la liste A avec un mot de la liste B. b. Employez les mots chétif, geindre, répit, captif et cadence dans une phrase qui mettra leur sens en évidence. Liste A : (formation populaire) cheville • orteil • étroit • chétif • frisson • chance • échelle • tige • geindre • métier • répit Liste B : (formation savante) friction • article • ministère • tibia • captif • escalier • cadence • respect • gémir • strict • clavicule ** Écrire 17. Trouvez la solution de la devinette. Je n’y vois goutte. Je n’ai point de longs poils. Je ne sors guère de mes galeries souterraines. Je ne suis pas vraiment appréciée des jardiniers. Qui suis-je ? 18. À votre tour, en utilisant les mêmes négations, inventez une devinette à propos d’un animal. L’étude de la langue Lexique 371 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 371 01/07/10 14:17 LEXIQUE Glossaire médiéval Les mots en bleu appartiennent au vocabulaire de la littérature et des arts. • adoubement, nom m. : cérémonie au cours de laquelle un jeune noble devient chevalier. • adouber : armer quelqu’un chevalier. • aune, nom f. : mesure de longueur. • baron, nom m. : seigneur. • baudrier, nom m. : bande de cuir qui soutient une arme. • bombarde, n. f. : a. machine de guerre servant à lancer des projectiles ; b. instrument de musique en fer, avec une languette d’acier, dont on joue en le tenant contre les dents. • bourgeois, nom m. : habitant d’une ville (d’un bourg). • champion, nom m. : celui qui combattait en champ clos pour défendre la cause d’une autre personne ou la sienne propre. • chausses, nom f. : vêtement qui couvre les jambes en deux parties indépendantes. • clerc, nom m. : savant. • courtois, adj. : qui vient de la cour, raffiné. • courtoisie, nom f. : rapports raffinés entre dames et chevaliers. • dame, nom f. : femme de la noblesse. • denier, nom m. : unité de monnaie. • destrier, nom m. : cheval de combat. • drap, nom m. : toile, étoffe. • écu, nom m. : bouclier. • écuyer, nom m. : gentilhomme qui porte l’écu du chevalier. • enluminure, nom f. : décoration médiévale des manuscrits, sous forme d’encadrements, de miniatures, de lettrines. • fabliau, nom m. : conte populaire en vers, satirique ou moral. • félon, adj. et nom m. : traître. • gent(e), adj. : noble. ge • geste (chanson de) : poème qui chante les ex exploits guerriers de chevaliers. • Graal, nom m. : objet mystérieux qui symbolise la recherche d’une connaissance qui échappe aux hommes. • hanap, nom m. : vase à boire. • haubert, nom m. : cotte de mailles. • heaume, nom m. : casque de métal porté par les chevaliers. • hennin, nom m. : haut chapeau porté par les femmes de la noblesse. • jongleur, nom m. : poète et musicien ambulant qui récite et chante des pièces en vers. • joute, nom f. : combat entre deux hommes à cheval, armés d’une lance. • jouter : combattre à cheval, armé d’une lance. • lai, nom m. : poème en octosyllabes. • langues d’oc : langues du Sud de la France dans lesquelles oui se disait oc. • langues d’oïl : langues du Nord de la France dans lesquelles oui se disait oïl. • lettrine, nom f. : grande lettre initiale ornée. • lice, nom f. : espace entouré de palissades où se déroulaient les tournois. • luth, nom m. : instrument à nombreuses cordes pincées, à caisse de résonance en forme de demi-poire et à manche long et large. • maître, nom m. : titre donné aux bourgeois (avocat, marchand…). • manuscrit, nom m. : texte écrit à la main. • matière de Bretagne, nom f. : légendes celtiques et irlandaises. • ménestrel, nom m. : synonyme de jongleur. • merveille, nom f. : personnage, animal, objet ou lieu magique, positif ou négatif. • nef, nom f. : bateau. • oriflamme, nom m. : étendard, drapeau. • palefroi, nom m. : cheval de parade. • philtre, nom m. : breuvage magique. • poulaine, nom f. : chaussure d’homme en feutre, à bout pointu. • pourpoint, nom m. : vêtement d’homme couvrant le corps du cou à la ceinture. • preux, adj. ou nom : noble, courageux. • roman, nom m. : écrit en langue romane. • roncin, nom m. : cheval de charge. • sénéchal, nom m. : officier chargé de fonctions judiciaires. • surcot, nom m. : vêtement de dessus porté par les hommes et les femmes. • suzerain, nom m. : seigneur à qui d’autres nobles de rang inférieur doivent obéissance. • tournoi, nom m. : synonyme de joute. • troubadour, nom m. : nom donné à un jongleur dans le Sud de la France (dans les pays de langue d’oc). • trouvère, nom m. : nom donné à un jongleur dans le Nord de la France (dans les pays de langue d’oïl). • vassal, nom m. : seigneur de rang inférieur qui doit obéissance à un suzerain. • vielle ou viole, nom f. : instrument de musique à cordes utilisé par les jongleurs. • vilain, nom m. : homme pauvre, de basse naissance, vivant à la campagne. 372 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P360-372-9782011256218.indd 372 01/07/10 14:17 CONJUGAISON Être et avoir AVOIR INDICATIF Présent j’ai tu as il a nous avons vous avez ils ont Imparfait j’avais tu avais il avait nous avions vous aviez ils avaient Passé simple j’eus tu eus il eut nous eûmes vous eûtes ils eurent Futur simple j’aurai tu auras il aura nous aurons vous aurez ils auront Passé composé j’ai eu tu as eu il a eu nous avons eu vous avez eu ils ont eu Plus-que-parfait j’avais eu tu avais eu il avait eu nous avions eu vous aviez eu ils avaient eu Passé antérieur j’eus eu tu eus eu il eut eu nous eûmes eu vous eûtes eu ils eurent eu Futur antérieur j’aurai eu tu auras eu il aura eu nous aurons eu vous aurez eu ils auront eu CONDITIONNEL Présent j’aurais tu aurais il aurait nous aurions vous auriez ils auraient SUBJONCTIF Passé j’aurais eu tu aurais eu il aurait eu nous aurions eu vous auriez eu ils auraient eu Présent que j’aie que tu aies qu’il ait que nous ayons que vous ayez qu’ils aient ÊTRE IMPÉRATIF Présent aie ayons ayez Passé inusité PARTICIPE Présent ayant Passé eu, eue, eus, eues INDICATIF Présent je suis tu es il est nous sommes vous êtes ils sont Imparfait j’étais tu étais il était nous étions vous étiez ils étaient Passé simple je fus tu fus il fut nous fûmes vous fûtes ils furent Futur simple je serai tu seras il sera nous serons vous serez ils seront Passé composé j’ai été tu as été il a été nous avons été vous avez été ils ont été Plus-que-parfait j’avais été tu avais été il avait été nous avions été vous aviez été ils avaient été Passé antérieur j’eus été tu eus été il eut été nous eûmes été vous eûtes été ils eurent été Futur antérieur j’aurai été tu auras été il aura été nous aurons été vous aurez été ils auront été CONDITIONNEL Présent je serais tu serais il serait nous serions vous seriez ils seraient SUBJONCTIF Passé j’aurais été tu aurais été il aurait été nous aurions été vous auriez été ils auraient été Présent que je sois que tu sois qu’il soit que nous soyons que vous soyez qu’ils soient IMPÉRATIF Présent sois soyons soyez Passé inusité PARTICIPE Présent étant Passé été S’exprimer Observez l’image de la page 374 ; faites une liste de tous les verbes qui vous viennent à l’esprit. Vous les emploierez avec l’auxiliaire être ou avoir au temps demandé par votre enseignant. L’étude de la langue Conjugaison 373 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P373-384-9782011256218.indd 373 01/07/10 14:20 CONJUGAISON Les verbes du 1er groupe LAVER INDICATIF Présent je lave tu laves il lave nous lavons vous lavez ils lavent Imparfait je lavais tu lavais il lavait nous lavions vous laviez ils lavaient Passé simple je lavai tu lavas il lava nous lavâmes vous lavâtes ils lavèrent Futur simple je laverai tu laveras il lavera nous laverons vous laverez ils laveront Passé composé j’ai lavé tu as lavé il a lavé nous avons lavé vous avez lavé ils ont lavé Plus-que-parfait j’avais lavé tu avais lavé il avait lavé nous avions lavé vous aviez lavé ils avaient lavé Passé antérieur j’eus lavé tu eus lavé il eut lavé nous eûmes lavé vous eûtes lavé ils eurent lavé Futur antérieur j’aurai lavé tu auras lavé il aura lavé nous aurons lavé vous aurez lavé ils auront lavé CONDITIONNEL Présent je laverais tu laverais il laverait nous laverions vous laveriez ils laveraient SUBJONCTIF Passé j’aurais lavé tu aurais lavé il aurait lavé nous aurions lavé vous auriez lavé ils auraient lavé Présent que je lave que tu laves qu’il lave que nous lavions que vous laviez qu’ils lavent IMPÉRATIF Présent lave lavons lavez Passé aie lavé ayons lavé ayez lavé PARTICIPE Présent lavant Passé lavé, lavée, lavés, lavées S’exprimer Observez cette image, faites une liste de tous les verbes du 1er groupe qui vous viennent à l’esprit. Vous les conjuguerez au temps demandé par votre enseignant. Une foire dans une ville au Moyen Âge. Illustration de H. GERON et A. ROSSIGNOL in Belles images d'histoire. Collection privée. 374 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P373-384-9782011256218.indd 374 01/07/10 14:20 CONJUGAISON Les verbes irréguliers du 1er groupe APPELER JETER ACHETER LANCER PLONGER EMPLOYER je plonge tu plonges il plonge nous plongeons vous plongez ils plongent j’emploie tu emploies il emploie nous employons vous employez ils emploient je plongeais tu plongeais il plongeait nous plongions vous plongiez ils plongeaient j’employais tu employais il employait nous employions vous employiez ils employaient je plongeai tu plongeas il plongea nous plongeâmes vous plongeâtes ils plongèrent j’employai tu employas il employa nous employâmes vous employâtes ils employèrent je plongerai tu plongeras il plongera nous plongerons vous plongerez ils plongeront j’emploierai tu emploieras il emploiera nous emploierons vous emploierez ils emploieront je plongerais... j’emploierais…... que je plonge que tu plonges qu’il plonge que nous plongions que vous plongiez qu’ils plongent que j’emploie que tu emploies qu’il emploie que nous employions que vous employiez qu’ils emploient plonge plongeons plongez emploie employons employez plongeant plongé, plongée, plongés, plongées employant employé, employée, employés, employées INDICATIF Présent j’appelle tu appelles il appelle nous appelons vous appelez ils appellent je jette tu jettes il jette nous jetons vous jetez ils jettent j’achète tu achètes il achète nous achetons vous achetez ils achètent je lance tu lances il lance nous lançons vous lancez ils lancent Imparfait je lançais tu lançais il lançait nous lancions vous lanciez ils lançaient j’appelais tu appelais il appelait nous appelions vous appeliez ils appelaient je jetais tu jetais il jetait nous jetions vous jetiez ils jetaient j’achetais tu achetais il achetait nous achetions vous achetiez ils achetaient j’appelai tu appelas il appela nous appelâmes vous appelâtes ils appelèrent je jetai tu jetas il jeta nous jetâmes vous jetâtes ils jetèrent j’achetai tu achetas il acheta nous achetâmes vous achetâtes ils achetèrent j’appellerai tu appelleras il appellera nous appellerons vous appellerez ils appelleront je jetterai tu jetteras il jettera nous jetterons vous jetterez ils jetteront j’achèterai tu achèteras il achètera nous achèterons vous achèterez ils achèteront j’appellerais... je jetterais... j’achèterais... Passé simple je lançai tu lanças il lança nous lançâmes vous lançâtes ils lancèrent Futur simple je lancerai tu lanceras il lancera nous lancerons vous lancerez ils lanceront CONDITIONNEL PRÉSENT je lancerais... SUBJONCTIF PRÉSENT que j’appelle que je jette que tu appelles que tu jettes qu’il appelle qu’il jette que nous appelions que nous jetions que vous appeliez que vous jetiez qu’ils appellent qu’ils jettent que j’achète que tu achètes qu’il achète que nous achetions que vous achetiez qu’ils achètent que je lance que tu lances qu’il lance que nous lancions que vous lanciez qu’ils lancent IMPÉRATIF PRÉSENT appelle appelons appelez jette jetons jetez achète achetons achetez lance lançons lancez PARTICIPES PRÉSENT ET PASSÉ appelant appelé, appelée, appelés, appelées jetant jeté, jetée, jetés, jetées achetant acheté, achetée, achetés, achetées lançant lancé, lancée, lancés, lancées S’exercer Observez l’image de la page 376, faites une liste de tous les verbes qui vous viennent à l’esprit. Vous les emploierez au temps demandé par votre enseignant. L’étude de la langue Conjugaison 375 Usage limité à cet établissement et à l’année scolaire 2013-2014 P373-384-9782011256218.indd 375 01/07/10 14:20 CONJUGAISON La voix passive LAVER › ÊTRE LAVÉ INDICATIF Présent je suis lavé(e) tu es lavé(e) il (elle) est lavé(e) nous sommes lavé(e)s vous êtes lavé(e)s ils (elles) sont lavé(e)s Imparfait j’étais lavé(e) tu étais lavé(e) il (elle) était lavé(e) nous étions lavé(e)s vous étiez lavé(e)s ils (elles) étaient lavé(e)s Passé simple je fus lavé(e) tu fus lavé(e) il (elle) fut lavé(e) nous fûmes lavé(e)s vous fûtes lavé(e)s ils (elles) furent lavé(e)s Futur simple je serai lavé(e) tu seras lavé(e) il (elle) sera lavé(e) nous serons lavé(e)s vous serez lavé(e)s ils (elles) seront lavé(e)s Passé composé j’ai été lavé(e) tu as été lavé(e) il (elle) a été lavé(e) nous avons été lavé(e)s vous avez été lavé(e)s ils (elles) ont été lavé(e)s Plus-que-parfait j’avais été lavé(e) tu avais été lavé(e) il (elle) avait été lavé(e) nous avions été lavé(e)s vous aviez été lavé(e)s ils (elles) avaient été lavé(e)s Passé antérieur j’eus été lavé(e) tu eus été lavé(e) il (elle) eut été lavé(e) nous eûmes été lavé(e)s vous eûtes été lavé(e)s ils (elles) eurent été lavé(e)s Futur antérieur j’aurai été lavé(e) tu auras été lavé(e) il (elle) aura été lavé(e) nous aurons été lavé(e)s vous aurez été lavé(e)s ils (elles) auront été lavé(e)s SUBJONCTIF IMPÉRATIF PARTICIPE CONDITIONNEL Présent que je sois lavé(e) que tu sois lavé(e) qu’il (elle) soit lavé(e) que nous soyons lavé(e)s que vous soyez lavé(e)s qu’ils (elles) soient lavé(e)s Présent je serais lavé(e) tu serais lavé(e) il (elle) serait lavé(e) nous serions lavé(e)s vous seriez lavé(e)s ils (elles) seraient lavé(e)s Présent sois lavé(e) soyons lavé(e)s soyez lavé(e)s Présent étant lavé(e), lavé(e)s Passé ayant été lavé(e), lavé(e)s Passé inusité Passé j’aurais été lavé(e) tu aurais été lavé(e) il (elle) aurait été lavé(e) nous aurions été lavé(e)s vous auriez été lavé(e)s ils (elles) auraient été lavé(e)s S’exprimer Pour évoquer cette image, vous utiliserez quatre des verbes suivant