
430 GÉOGRAPHIE RÉGIONALE.
quelles conditions se fait la distribution des mouches dans les districts
envahis par elles, quelles sont les zones qu'elles fréquentent, et les
conditions climatiques qui conviennent aux différentes espèces.
L'habitat des mouches tsétsés. Ses caractéristiques botaniques et
géographiques. — Chacune des espèces que nous venons d'énumérer
présente un mode de vie et des conditions d'habitat particuliers qui
sont en relations étroites avec les principales zones de végétation de
l'Afrique Occidentale. La Gl. palpalis vit au bord des eaux courantes,
sous l'ombrage épais de la végétation forestière ou des galeries qui
la prolongent vers la savane (pl. xvm, A, B, et pl. xix, A). C'est essen
tiellement une mouche de fleuves et de rivières boisées. On la rencontre
particulièrement aux endroits fréquentés par les hommes ou par le
gibier, aux points d'eau, aux gués, au passage des cours d'eau (pl. xix, A).
Elle ne s'écarte que fort peu de la nappe d'eau, et seulement lors
qu'elle est attirée par une proie. C'est une mouche d'ombre et de
fraîcheur. Les caravanes, à la traversée des gîtes qu'elle infesté,
les gens de rivière et de pirogue (pagayeurs, pêcheurs, etc.) sont
principalement exposés à ses atteintes. Très semblables sont les condi
tions de vie de la tachino'ides ; mais, en raison de l'habitat plus souda
nais de cette glossine, la végétation des cours d'eau qu'elle infestb
est habituellement moins dense que celle où vit la palpalis (pl.xix, B).
C'est typiquement la végétation des bordures et des couloirs fores
tiers, où ne se rencontrent ni les Lianes, ni les Épiphytes, ni les
espèces caractéristiques des régions forestières franches.
Les Gl. morsitans et longipalpis, au contraire des espèces précé
dentes, qui affectionnent la grande végétation boisée, sont des
mouches de buissons. Elles se rencontrent plus loin des nappes d'eau,
dans les broussailles plus ou moins denses mais peu élevées, dans la
savane. La première est une mouche xerophile, vivant dans la savane
peu couverte (pl. xx, A, B), souvent très loin des nappes d'eau, au
milieu des buissons, qui sont souvent des buissons épineux de Juju
biers et de Mimosées. La seconde, au contraire, est, une mouche
hygrophile, qui se réfugie au sein de buissons denses, toujours verts,
à la lisière de la savane et des galeries forestières des cours d'eau
(pl. xx, C). Les autres glossines, qui sont toutes des espèces fores
tières, présentent des conditions d'habitat intermédiaires entre les
précédentes.
Toutes les glossines recherchent le voisinage du gros gibier. Elles
sont d'autant plus abondantes dans une région que les gros Mammi
fères sauvages y sont plus nombreux. C'est, en effet, principalement
aux dépens de ce dernier qu'elles vivent, mais le fait est surtout vrai
pour la Gl. morsitans. Cette glossine, c'est là un fait de notion cou
' rante chez les voyageurs et les observateurs africains, est par excel
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