geographie des glossines

Telechargé par hyacinthezoungrana4
Armand Colin
LES MOUCHES TSÉTSÉS: EN AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
Author(s): Émile Roubaud
Source:
Annales de Géographie
, 22e Année, No. 126 (15 novembre 1913), pp. 427-450
Published by: Armand Colin
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/23440070
Accessed: 06-06-2016 03:58 UTC
Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms & Conditions of Use, available at
http://about.jstor.org/terms
JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range of content in a trusted
digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new forms of scholarship. For more information about
JSTOR, please contact [email protected].
Armand Colin
is collaborating with JSTOR to digitize, preserve and extend access to
Annales de
Géographie
This content downloaded from 128.143.23.241 on Mon, 06 Jun 2016 03:58:58 UTC
All use subject to http://about.jstor.org/terms
427
LES MOUCHES TSÉTSÉS
EN AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
(Photographies, Pl. xviii-xxi)
Depuis 1895, époque où les belles recherches de Sir David Bruce
au Zoulouland ont fixé l'attention du monde scientifique sur les
mouches tsétsés, en précisant les principaux détails de leur histoire
et de leur rôle pathogène, toutes les questions qui concernent ces
insectes et les affections qu'ils propagent sont devenues des questions
d'intérêt général.
Le remarquable courant d'émulation scientifique qui s'est fait jour,
depuis une dizaine d'années, parmi les nations européennes intéres
sées à la colonisation africaine, a suscité des progrès très rapides
dans nos connaissances sur ces mouches. On peut aujourd'hui consi
dérer comme acquises les données fondamentales sur leur biologie,
leur systématique, leur répartition géographique et les manifestations
diverses de leur pouvoir infectant. Mais, au fur et à mesure que les
connaissances relatives aux tsétsés se sont précisées, les problèmes
soulevés par leur étude sont apparus plus délicats et plus complexes :
à la suite des recherches que nous avons poursuivies personnellement
sur ces questions, tant au Congo qu'en Afrique Occidentale Française,
au cours de plus de quatre années de missions scientifiques, il nous
a semblé qu'une orientation particulière devait être donnée actuelle
ment à l'étude des glossines. Les relations biogéographiques de ces
mouches avec leur milieu nous sont apparues comme dominant dans
toute son étendue leur histoire. Rapports des différentes espèces avec
les zones de végétation, influence des facteurs climatiques sur leur
répartition géographique, influence de la localisation géographique
sur la biologie, et principalement sur le pouvoir pathogène des
mouches, délimitation biogéographique des zones d'endémicité des
maladies transmises, ce sont là autant d'aspects des questions rela
tives aux glossines, dont l'étude nous paraît ressortir au domaine de
la géographie générale.
Je voudrais, dans les pages qui suivent, essayer de dégager, en
m'appuyant principalement sur les données acquises pour l'Afrique
Occidentale Française, la synthèse générale de ces particularités
biogéographiques, afin de montrer toute leur importance, tout l'inté
This content downloaded from 128.143.23.241 on Mon, 06 Jun 2016 03:58:58 UTC
All use subject to http://about.jstor.org/terms
428 GÉOGRAPHIE RÉGIONALE.
rêt qui s'en dégage, comme aussi les liens étroits qui doivent unir
l'étude des glossines à la science géographique.
I. — LE» CONDITIONS GÉOGRAPHIQUES ET LA DISTRIBUTION
DES MOUCHES TSÉTSÉS.
Différentes espèces de glossines de l'Afrique Occidentale. Leur
répartition. — Il existe, en Afrique Occidentale Française au moins,
huit espèces de glossines différentes. Nous pouvons essayer de syn
thétiser leur répartition géographique dans les diverses colonies du
groupe d'après les observations déjà nombreuses de G. Martin,
G. Bouffard, H. Hubert, Thiroue, G. Bouet, G. Pécaud, etc., et les
nôtres1.
Les zones à glossines de l'Afrique Occidentale sont comprises, au
sens large, entre la côte vers 5° lat. N et le parallèle de Saint-Louis
(16° lat. N). Deux espèces prédominent dans cet ensemble.
La première, la Glossina palpalis, qui jouit à juste titre d'une répu
tation spéciale parmi toutes les autres comme agent transmetteur de
la maladie du sommeil, est répandue d'une façon très uniforme dans
toute la région côtière. On peut lui assigner comme domaine général
la zone de la forêt et son prolongement vers le Soudan correspondant
aux galeries forestières. Elle commence aux environs de Saint-Louis et
suit la côte jusqu'à une distance variable dans l'intérieur. En somme,
la carte de distribution de la Gl. palpalis en Afrique Occidentale est
superposable, dans ses grandes lignes, à celle que A. Chevalier2 a
tracée pour trois de ses grandes zones de végétation, celles de la forêt
vierge, de la zone guinéenne et des basses plaines. Il n'y a pour ainsi
dire pas d'endroits dans toute l'étendue de la zone forestière et de
ses dépendances où ne se rencontre, où ne puisse se rencontrer cette
mouche, lorsque les conditions nécessaires à sa vie sont réalisées.
La deuxième des glossines dont la zone d'extension en Afrique
Occidentale est la plus considérable, est la Gl. tachinoides, la plus
petite des mouches tsétsés. Cette mouche est surtout répandue dans
l'intérieur, dans les zones soudanaises de l'Afrique Occidentale, entre
les 9e et 13e degrés lat. N. Mais, de même que la palpalis remonte
parfois, lorsque la végétation et la température le lui permettent, jus
qu'au cœur du Soudan, de même la tachinoïdes peut parfois parvenir
jusqu'à la côte, quoique d'une façon tout exceptionnelle. En réalité,
il existe un certain balancement dans l'extension géographique de ces
1. Les indications bibliographiques sont données au cours de l'article.
2. A. Chevalier, Carte botanique, forestière et pastorale cle l'Afrique Occiden
tale Française (La Géographie, XXVI, 1912; carte col. à 1 : 3 000 000, pl. I); —Id.,
Essai d'une Carte botanique, forestière et pastorale de l'Afrique occidentale fran
çaise (C. r. Ac. Sc., CLII, 1911, p. 1614-1617).
This content downloaded from 128.143.23.241 on Mon, 06 Jun 2016 03:58:58 UTC
All use subject to http://about.jstor.org/terms
LES MOUCHES TSËTSÉS EN AFRIQUE OCCIDENTALE. 429
deux glossines, dont les conditions de vie et d'habitat sont très voi
sines : la lachinoïdes représente au Soudan la palpalis, qui est une
mouche essentiellement côtière.
Deux autres espèces de mouches tsétsés : la Gl. longipalpis et la
Gl. morsitans, jouent également un rôle considérable, comme nous
l'avons montré avec G. Bouet, dans la faune des glossines de l'Afrique
Occidentale et dans la transmission des maladies à trypanosomes.
La première se rencontre suivant des bandes assez étendues du Bas
Dahomey (région d'Abomey-Savé), de la Côte d'Ivoire (dans la région
qui comprend Bondoukou, KongetOdienné), de la Basse Guinée et de
la Basse Casamance (savanes de la zone des plaines basses gui
néennes de A. Chevalier). La Gl. morsitans fréquente le Haut Daho
mey, le Niger entre Karimama et Say, quelques régions de la Haute
Côte d'Ivoire ; mais elle est surtout abondante dans le Fouta Djalon,
le bassin de la haute Gambie et de ses affluents, la Casamance et le
Sine-Saloum. Les savanes fréquentées par elle sont typiquement les
savanes de la zone soudanaise. Dans les régions où elle existe, cette
mouche dépasse en abondance toutes les autres espèces, mais son
extension en Afrique Occidentale est heureusement loin d'atteindre
l'uniformité des deux premières. Les conditions de sa présence, dont
la principale paraît être la grande abondance du gibier, sont loin d'être
répandues partout en Afrique Occidentale.
Les autres espèces de glossines, qui sont des espèces à extension
restreinte, ne jouent qu'un rôle très secondaire par rapport aux pré
cédentes. Ce sont : la Gl. pallicera, rencontrée par G. Bouet1 dans la
grande forêt de la Côte d'Ivoire, et que nous y avons retrouvée ; elle
est cantonnée vers 5°50' lat. N; c'est une mouche rare, voisine de
la palpalis; — les Gl. fusca et nigrofusca, qui ont été observées éga
lement à la basse Côte d'Ivoire; — enfin, la Gl. medicorum, très voisine
des deux précédentes, dont nous avons signalé la présence à la Côte
d'Ivoire et au Bas Dahomey2. Toutes ces mouches appartiennent aux
régions forestières humides.
Dans son ensemble, on peut considérer l'Afrique Occidentale Fran
çaise comme infestée par les glossines dans la majeure partie de son
étendue, à l'exception des savanes et des régions subdésertiques de
la Maurétanie et du Sahel, du Sénégal (savanes à buissons épineux du
Ferio, et cours du fleuve), du Haut-Sénégal-Niger (cours du fleuve
jusqu'aux abords de Koulikoro et intérieur de la boucle). On ne ren
contre aucune espèce de glossines dans les espaces sahéliens où la
chute des pluies est inférieure à 0m,40 par an. Il y a lieu de voir dans
1. G.Bol'bt, Les trypanosomiases animales de la Basse-Côte d'Ivoire [Ann.Institut
Pasteur, XXI, 1907, p. 468-474).
2. E. Roub.vud, Supplément à la distribution et à la variation géographique des
glossines [Bull. Soc. de Pathologie exotique, VI, 1913, p. 347-350).
This content downloaded from 128.143.23.241 on Mon, 06 Jun 2016 03:58:58 UTC
All use subject to http://about.jstor.org/terms
430 GÉOGRAPHIE RÉGIONALE.
quelles conditions se fait la distribution des mouches dans les districts
envahis par elles, quelles sont les zones qu'elles fréquentent, et les
conditions climatiques qui conviennent aux différentes espèces.
L'habitat des mouches tsétsés. Ses caractéristiques botaniques et
géographiques. — Chacune des espèces que nous venons d'énumérer
présente un mode de vie et des conditions d'habitat particuliers qui
sont en relations étroites avec les principales zones de végétation de
l'Afrique Occidentale. La Gl. palpalis vit au bord des eaux courantes,
sous l'ombrage épais de la végétation forestière ou des galeries qui
la prolongent vers la savane (pl. xvm, A, B, et pl. xix, A). C'est essen
tiellement une mouche de fleuves et de rivières boisées. On la rencontre
particulièrement aux endroits fréquentés par les hommes ou par le
gibier, aux points d'eau, aux gués, au passage des cours d'eau (pl. xix, A).
Elle ne s'écarte que fort peu de la nappe d'eau, et seulement lors
qu'elle est attirée par une proie. C'est une mouche d'ombre et de
fraîcheur. Les caravanes, à la traversée des gîtes qu'elle infesté,
les gens de rivière et de pirogue (pagayeurs, pêcheurs, etc.) sont
principalement exposés à ses atteintes. Très semblables sont les condi
tions de vie de la tachino'ides ; mais, en raison de l'habitat plus souda
nais de cette glossine, la végétation des cours d'eau qu'elle infestb
est habituellement moins dense que celle où vit la palpalis (pl.xix, B).
C'est typiquement la végétation des bordures et des couloirs fores
tiers, où ne se rencontrent ni les Lianes, ni les Épiphytes, ni les
espèces caractéristiques des régions forestières franches.
Les Gl. morsitans et longipalpis, au contraire des espèces précé
dentes, qui affectionnent la grande végétation boisée, sont des
mouches de buissons. Elles se rencontrent plus loin des nappes d'eau,
dans les broussailles plus ou moins denses mais peu élevées, dans la
savane. La première est une mouche xerophile, vivant dans la savane
peu couverte (pl. xx, A, B), souvent très loin des nappes d'eau, au
milieu des buissons, qui sont souvent des buissons épineux de Juju
biers et de Mimosées. La seconde, au contraire, est, une mouche
hygrophile, qui se réfugie au sein de buissons denses, toujours verts,
à la lisière de la savane et des galeries forestières des cours d'eau
(pl. xx, C). Les autres glossines, qui sont toutes des espèces fores
tières, présentent des conditions d'habitat intermédiaires entre les
précédentes.
Toutes les glossines recherchent le voisinage du gros gibier. Elles
sont d'autant plus abondantes dans une région que les gros Mammi
fères sauvages y sont plus nombreux. C'est, en effet, principalement
aux dépens de ce dernier qu'elles vivent, mais le fait est surtout vrai
pour la Gl. morsitans. Cette glossine, c'est là un fait de notion cou
' rante chez les voyageurs et les observateurs africains, est par excel
This content downloaded from 128.143.23.241 on Mon, 06 Jun 2016 03:58:58 UTC
All use subject to http://about.jstor.org/terms
1 / 29 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!