
Niveau TS2 / M. NGOM
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II. Mise en évidence de l’automatisme cardiaque
1. Expérience
Chez une grenouille décérébrée et démédulée, le cœur bat normalement pendant quelques heures. Il est également
possible de le faire battre hors de l’organisme (cœur isolé) en l’immergeant ou en le perfusant avec un liquide
physiologique, le liquide Ringer, dont la composition est très proche de celle du milieu intérieur.
2. Conclusion
Le cœur possède donc une véritable autonomie : c’est l’automatisme cardiaque.
III. Siège de l’automatisme cardiaque
1. Chez la grenouille (Fig )
1.1. Expérience de Stannius
Pour connaître l’origine des battements cardiaques chez la grenouille, Stannius procède à des ligatures sur deux
cœurs A et B.
Sur le cœur A en activité, il place une ligature (L1) entre le sinus veineux et l’oreillette droite. Il remarque que le
sinus continu de battre normalement alors que les oreillettes et le ventricule s’arrêtent.
Sur le même cœur A, il place une deuxième ligature (L2) entre les oreillettes et le ventricule. Il remarque que le
sinus bat et le ventricule après un bref arrêt reprend à battre lentement.
Sur le cœur B, il place une ligature (L2) entre les oreillettes et le ventricule. Le sinus et les oreillettes battent
normalement, alors que le ventricule s’arrête puis reprend à battre lentement.
1.2. Conclusion
Le sinus veineux possède un centre nerveux qui commande le rythme normal de contraction des oreillettes et du
ventricule : c’est le ganglion de Remak, qualifié de pacemaker (initiateur) de l’automatisme cardiaque.
Le ventricule contient un centre secondaire de l’automatisme cardiaque (c’est le ganglion de Bidder) inhibé par le
centre auriculaire (le ganglion de Ludwig).
2. Chez les Mammifères
2.1. Expérience 1
On détruit le tissu nodal d’un cœur isolé et perfusé de mammifère. On constate que le cœur cesse de battre.
Conclusion : Le tissu nodal est le siège de l’automatisme cardiaque.
2.2. Expérience 2
On détruit le nœud sinusal d’un cœur dénervé de mammifère. On constate un arrêt des battements cardiaque, puis
leur reprise mais à un rythme beaucoup plus faible.
On place un fragment d’oreillette droite contenant le nœud sinusal seul dans du Ringer (liquide dont la composition
est très proche de celle du milieu intérieur). On constate qu’il poursuit ses contractions à un rythme normal.
On place un fragment d’une cloison interauriculaire contenant le nœud septal seul dans du Ringer. On constate
qu’il se contracte mais à un rythme faible.
Lorsqu’on place ces deux fragments ensemble dans du Ringer, ils se contractent à un même rythme normal.
Conclusion : Le nœud sinusal et le nœud septal sont des structures d’automatisme, mais c’est le nœud sinusal qui
impose le rythme normal du cœur : il est le pacemaker
2.3. Expérience 3
On sectionne le faisceau de His d’un cœur dénervé. On constate que les oreillettes battent normalement, alors que
les ventricules ralentissent leur rythme (c’est la dissociation auriculo-ventriculaire).