imprévisibles qui échappent manifestement à toute relation de cause à effet
plausible sont considérés comme la preuve de l’impossibilité de faire advenir
l’Illumination.
De même, le modèle et le genre de pratique qui ont précédé l’Eveil sont, d’une
certaine manière, toujours différents, et insister pour suivre exactement la voie qui
a fonctionné pour votre maître est garanti comme étant inadéquat, d’une manière ou
d’une autre. Un étudiant — peu importent son zèle et sa préparation — sera différent
du maître, en ce qui concerne son conditionnement, son expérience, son âge, ses
gènes, son histoire familiale, ses facultés physiques et mentales, etc. Comment
quelque chose d’aussi complexe et intégral que l’Eveil ne pourrait-il pas être un
processus taillé sur mesure ?
Il existe un nouveau point de vue qui est scientifiquement validé sur la nécessité de
la pratique et qui gagne significativement en crédibilité. La conviction classique des
neurosciences était que le cerveau naissait, doté de tous les neurones qu'il allait
jamais avoir, et que l'expérience ou l'entraînement ne changeait pas leur mode
opératoire. Cependant, des recherches neurophysiologiques sur le fonctionnement
du cerveau sont actuellement menées dans des laboratoires scientifiques sérieux
par des scientifiques de haut niveau, avec les outils les plus récents. Ces outils
incluent l'imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle et
l'électroencéphalographie (EEG) à haute résolution. Ces expériences démontrent
l'existence de ce que l'on a appelé la "neuroplasticité", c’est-à-dire la capacité du
cerveau à modifier son mode opératoire fonctionnel avec la pratique ou avec
l'expérience. Dans ces travaux, les méditants expérimentés ont un mode de
traitement des données sensorielles, de production et de contrôle d’états mentaux
fort différent de celui de personnes non entraînées et inexpérimentées. Il a été
démontré que ces personnes non entraînées et inexpérimentées peuvent être
entraînées en un temps relativement court à montrer elles aussi un changement
dans leur schéma neuronal fonctionnel.
Dans ces études, on a utilisé la formation musicale comme modèle pour ce qui se
produit avec la neuroplasticité. Des études d’IRM sur des violonistes ont démontré
que les régions du cerveau qui contrôlent les mouvements des doigts augmentent
en taille et qu’une pratique plus longue et plus intensive produit des changements
plus importants. Quelle est la quantité d'entraînement nécessaire pour produire
dans le cerveau des changements significatifs qui conduisent à des capacités
extraordinaires dans la pratique du violon ? Qu'en est-il pour les échecs, les sports
olympiques, la sculpture, etc. ? S'il y aura toujours des savants ou des Mozart, pour
la toute grande majorité d'entre nous, il est nécessaire de s'entraîner longuement et
intensivement. On a découvert que les personnes qui sont au sommet de leur art
dans de nombreuses disciplines avaient des fibres musculaires associées, des
schémas fonctionnels cérébraux et des capacités cognitives sensiblement
différents.
Pour les violonistes, ceux qui sont au sommet avaient pratiqué pendant environ dix
mille heures, et ceux se situant à un niveau un peu en dessous pendant environ