PALUDISME
SIGNES CLINIQUES, DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT
SIGNES CLINIQUES
Les signes cliniques du paludisme sont divers dans leur expression et leur gravité.
Classiquement, ils se répartissent en accès palustres non compliqués et en accès palustres
compliqués ou graves;
- Dans les accès non compliqués, nous avons l’accès de primo-invasion et l’accès intermittent :
o L’accès de primo-invasion, qui a lieu chez des sujets non immuns ou à immunité
antiplasmodiale faible, se caractérise par un tableau clinique évoquant un embarras gastrique
fébrile. Ainsi, l’on peut observer une fièvre pouvant atteindre 39°C à 40°C, des myalgies et
céphalées accompagnées de troubles digestifs à type de douleurs abdominales, nausées ou
vomissements, diarrhées avec parfois constipation.
o Au cours de l’accès palustre intermittent ou accès palustre à fièvre périodique, nous
observons une succession de trois stades : le stade des frissons, le stade de chaleur et celui de
sueurs. Ces trois stades vont se répéter chez le malade selon un rythme tierce ou quarte en
fonction de l’espèce plasmodiale. En effet, ils surviennent toutes les 48 heures pour P. vivax, P.
ovale et parfois P. falciparum ; toutes les 72 heures pour P. malariae.
- L’accès palustre grave ou compliqué est décrit par l’OMS par un ensemble de critères
cliniques et biologiques. Ainsi, au plan clinique, nous avons la prostration, les troubles de la
conscience (coma de stade II), une détresse respiratoire (acidose respiratoire), des crises
convulsives, un collapsus circulatoire, un syndrome de coagulation intravasculaire disséminée,
un œdème pulmonaire, un ictère et une hémoglobinurie. L’examen paraclinique sera
caractérisé par l’un des signes suivants : hyperparasitémie (>4% chez le sujet non immun et >
20% chez le sujet immun), anémie sévère (taux d’hémoglobine < 5g /dl), hypoglycémie, acidose,
hyperlactatémie, hypercréatininémie.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
4-1- Arguments indirects de présomption
Modifications hématologiques et biochimiques
- Thrombopénie
- Anémie hémolytique
- Autres : élévation de la LDH (atteinte hépatique) et de la bilirubine (subictère).
Diagnostic sérologique : détection d’anticorps
- IFI, ELISA :
Pas utile en général chez le sujet vivant en permanence en zone d’endémie.
Utile chez les sujets non immuns traités en zone d’endémie sans argument biologique de certitude
(diagnostic retrospectif) ; en cas de PVE ou splénomégalie hyperréactive (car ici on a une pauci-
infestation) ; contrôle des donneurs de sang à risque ; enquêtes épidémiologiques.
4-2- Arguments directs de certitude
Diagnostic parasitologique
- Goutte épaisse et frottis mince colorés au Giemsa (techniques de référence). La goutte épaisse permet
de faire le diagnostic du genre et le frottis mince de préciser l’espèce plasmodiale (voir tableau
description morphologique).
- QBC (Quantitative Buffy Coat). les trophozoïtes de Plasmodium apparaissent avec un noyau vert
fluorescent intense et un halo cytoplasmique vert pâle.
- Autres : PCR (biologie moléculaire), apposition placentaire colorée au GIEMSA ou à l’hématoxyline-
éosine (recherche d’une infestation placentaire).
TRAITEMENT
Ainsi donc, selon les tableaux cliniques, la prise en charge du paludisme doit se faire de la façon
suivante :
En cas de paludisme non compliqué :
Le médicament antipaludique de première ligne est l’association artésunate + amodiaquine
à la posologie de 4 mg/kg/j d’artésunate et de 10 mg/kg/j d’amodiaquine base pendant 3
jours consécutifs.
En cas d’échec thérapeutique, de contre-indication ou d’indisponibilité de l’association artésunate +
amodiaquine, il faut avoir recours, à la combinaison artéméther + luméfantrine (6 doses) à la posologie
de 4 mg /kg/j d’artéméther et de 24 mg /kg/j de luméfantrine pendant 3 jours consécutifs.
Si ces deux associations ne sont pas disponibles, l’on préconise l’utilisation des autres CTA
recommandées par l’OMS à savoir :
- Artésunate-méfloquine
- Dihydroartémisinine-pipéraquine.
L’usage des autres CTA déjà enregistrées en Cote d’Ivoire est laissé à l’appréciation des prescripteurs. Il
s’agit des CTA suivantes :
- Dihydroartémisinine-pipéraquine-triméthoprime
- Artémisinine-naphtoquine
Chez la femme enceinte, il faut utiliser la quinine par voie orale à la posologie de 24 mg/kg/j de quinine
base en 3 prises pendant 5 à 7 jours.
En cas de paludisme compliqué :
L’antipaludique à utiliser est la quinine à la posologie de 8mg de quinine base /kg en 3 perfusions le
premier jour, puis en 2 perfusions au moins par 24 h du 2ème au 6ème jour. Dès que l’état du malade le
permet, après 3 jours, prendre le relais par la quinine orale pour le reste de la durée du traitement. La
posologie maximale journalière étant de 24mg de quinine base /kg.
En cas de contre-indication de la quinine (hémoglobinurie), utiliser l’artéméther injectable à la posologie
1,6 mg/kg en intra musculaire (IM) 2 fois le premier jour, puis en une fois par jour pendant les 6 jours
suivants.
Formes chroniques du paludisme :
En cas de paludisme viscéral évolutif ou de splénomégalie palustre hyperréactive, le traitement repose
sur l’utilisation de la combinaison artésunate + amodiaquine en une cure et prendre le relais par la
sulfadoxine-pyriméthamine en une dose (3 comprimés pour un adulte, soit 1 comprimé par 20 kg de
poids corporel) tous les 15 jours pendant 6 mois.
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