
ARISTOTE « L’allégorie des Parques ».
Lettre d’Aristote à Alexandre sur le monde, VII.
Τά τε περὶ τὰς Μοίρας καὶ τὸν ἄτρακτον εἰς ταὐτό πως νεύει· τρεῖς μὲν γὰρ αἱ
Μοῖραι, κατὰ τοὺς χρόνους μεμερισμέναι, νῆμα δὲ ἀτράκτου τὸ μὲν
ἐξειργασμένον, τὸ δὲ μέλλον, τὸ δὲ περιστρεφόμενον τέτακται δὲ κατὰ μὲν τὸ
γεγονὸς μία τῶν Μοιρῶν, Ἄτροπος, ἐπεὶ τὰ παρελθόντα πάντα ἄτρεπτά ἐστι,
κατὰ δὲ τὸ μέλλον Λάχεσις—{εἰς} πάντα γὰρ ἡ κατὰ φύσιν μένει λῆξις—κατὰ δὲ
τὸ ἐνεστὼς Κλωθώ, συμπεραίνουσά τε καὶ κλώθουσα ἑκάστῳ τὰ οἰκεῖα.
Περαίνεται δὲ καὶ ὁ μῦθος οὐκ (401b) ἀτάκτως. Ταῦτα δὲ πάντα ἐστὶν οὐκ ἄλλο
τι πλὴν ὁ θεός.
L'allégorie des Parques* et de leur fuseau a encore le même sens ; elles sont trois
pour signifier les trois temps. Le fil qui est sur le fuseau est le passé ; celui qu'on
y met est le présent ; celui qu'on va y mettre est l'avenir. Une des Parques est
préposée au passé, c'est Atropos, parce que le passé est irrévocable. Lachésis
préside à l'avenir, car tout est soumis au sort qui l'attend. L'instant présent
appartient à Clotho, qui distribue à chaque être ce qui lui convient dans chaque
moment de son actualité ; cette image ingénieuse n'est autre chose que la
divinité.
Trad. : J. Barthélémy Saint Hilaire, La Météorologie d'Aristote. Traité du monde.
Paris, Ladrange - Durand, 1868
*Les Moires, αἱ Μοῖραι, chez les Grecs correspondent aux trois Parques, Parcae,
provenant du mot parco, « épargner » chez les Romains.
En latin, on les nomme Nona, Decima et Morta. Elles filent la destinée de chaque
humain.