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Revue française d’administration publique n° 164, 2017, p. 821-834
déclaratives. S’il n’est pas à exclure qu’avec cette méthode d’éventuelles erreurs peuvent
altérer la qualité du fichier, tout laisse à penser qu’il s’agit avant tout d’erreurs humaines
et non d’une volonté manifeste de fausser les tendances. En effet, ces données sont pré-
sentées en comités techniques 6 (CT). Dans ces instances, les représentants du personnel
sont particulièrement attentifs à la qualité des informations recueillies, notamment celles
liées aux effectifs et aux indicateurs financiers ce qui tend à réduire les risques de manipu-
lation. Par ailleurs, les Centres de gestion portent une attention à chaque fichier retourné
en étant vigilent à un certain nombre de critères et à leur cohérence. Pour autant, il n’est
pas à exclure que des erreurs peuvent biaiser certains indicateurs.
Depuis 2009, le Centre de gestion de la fonction publique territoriale du départe-
ment de la Loire-Atlantique dispose en version dématérialisée de l’ensemble des fichiers
renseignés 7. Il est désormais possible d’exploiter les données 2009, 2011, 2013 et 2015.
S’agissant des collectivités étudiées, l’analyse porte sur les bilans sociaux de 176 com-
munes et de 20 établissements de coopération intercommunale (EPCI) du département de
la Loire Atlantique 8.
L’ÉVOLUTION DE L’EMPLOI
L’étude des données brutes communales met en évidence, entre 2009 et 2013, une
progression régulière des emplois permanents 9 dans cette catégorie de collectivités. On
observe un gain de 260 emplois entre 2009 et 2011 et de nouveau une augmentation
de 267 emplois entre 2011 et 2013, soit un solde positif de 3,43 % sur l’ensemble de
la période. En revanche, entre 2013 et 2015, les emplois connaissent une baisse avec
une perte de 593 emplois en deux ans (- 3,78 %). Autrement-dit, en 2015, les effectifs
6. Le Comité technique (CT) est une instance consultative, composée des représentants du personnel
et des représentants de la collectivité territoriale ou de l’établissement public dont le nombre est déterminé
en fonction de l’effectif des agents en relevant. Il est obligatoirement consulté sur les questions relatives à
l’organisation et au fonctionnement des services ; aux évolutions des administrations ayant un impact sur les
personnels ; aux grandes orientations relatives aux effectifs, emplois et compétences ; aux grandes orientations
en matière de politique indemnitaire et de critères de répartition y afférents ; à la formation, à l’insertion et à la
promotion de l’égalité professionnelle ; aux sujets d’ordre général intéressant l’hygiène, la sécurité et les condi-
tions de travail. Les Centres de gestion organisent les comités techniques départementaux pour les compte des
collectivités et établissements de moins de 50 équivalents temps plein.
7. Les données précédentes n’étant pas numérisées, elles sont statistiquement difcilement exploitables.
8. Le département de la Loire-Atlantique comprend 221 communes. 176 communes ont renseigné leurs
bilans sociaux sur les années 2009, 2011, 2013 et 2015. Les 45 autres, pour des raisons souvent justiées par
le manque de ressources humaines disponibles n’ont pas répondu à une ou plusieurs des campagnes de recueil
de bilans sociaux et ne font donc pas partie de cette étude. Le principe retenu étant de réaliser une observation
d’une même population sur quatre campagnes consécutives. Sur les 176 communes, la population étudiée porte
sur 6 des 8 communes de plus de 20 000 habitants, 10 des 11 communes de 10 000 à 20 000 habitants et 160
des 202 communes de moins de 10 000 habitants (105 de moins de 3 500 habitants, 24 de 3 500 à 5 000 habi-
tants et 30 de 5 000 à 1 000). Concernant les EPCI, l’étude porte sur 20 des 21 établissements répondant au
même critère de régularité dans la transmission de leurs bilans sociaux. Cette population est constituée de : une
communauté urbaine (devenue métropole entre 2009 et 2015), deux communautés d’agglomération et 17 des
18 communautés de communes présentent sur le territoire sur la période étudiée.
9. Les emplois permanents sont ceux occupés par des fonctionnaires (stagiaires, titulaires) ainsi que par
des contractuels (agents de droit public en référence aux dispositions législatives qui autorisent leur recrute-
ment, y compris les remplaçants de fonctionnaires momentanément indisponibles car ils sont affectés sur un
emploi permanent ; les agents de droit privé dont le contrat a été repris à l’occasion de la reprise d’activités
transférées ou précédemment déléguées à des associations).