Nerf facial : anatomie et pathologie

Telechargé par Asma Belkhir
Journal
de
Radiologie
Diagnostique
et
Interventionnelle
(2013)
94,
1039—1048
FORMATION
MÉDICALE
CONTINUE
:
LE
POINT
SUR.
.
.
Nerf
facial
:
de
l’anatomie
à
la
pathologie
F.
Toulgoata,,
J.-L.
Sarrazinb,c,
F.
Benoudibac,
Y.
Pereond,
E.
Auffray-Calviera,
B.
Daumas-Duporta,
A.
Lintia-Gaultiera,
H.-A.
Desala
aNeuroradiologie
diagnostique
et
interventionnelle,
hôpital
Laennec,
CHU
de
Nantes,
boulevard
Jacques-Monod
Saint-Herblain,
44093
Nantes
cedex
1,
France
bService
d’imagerie
médicale,
hôpital
américain
de
Paris,
63,
boulevard
Victor-Hugo,
92200
Neuilly-sur-Seine,
France
cService
de
neuroradiologie,
hôpital
Bicêtre,
78,
rue
du
Général-Leclerc,
94270
Le
Kremlin-Bicêtre,
France
dLaboratoire
d’explorations
fonctionnelles,
Hôtel-Dieu,
1,
place
Alexis-Ricordeau,
44093
Nantes
cedex
1,
France
MOTS
CLÉS
Nerfs
crâniens
;
Pathologie
;
Nerf
facial
(VII)
Résumé
Le
nerf
facial
(VII)
est
issu
de
noyaux
à
la
partie
postérieure
du
pont.
Il
est
accom-
pagné
du
VIII
dans
son
trajet
cisternal
ainsi
qu’au
niveau
du
méat
auditif
interne.
Son
trajet
pétreux
comprend
un
segment
labyrinthique,
un
segment
horizontal
tympanique
et
un
segment
vertical
mastoïdien
jusqu’au
foramen
stylo-mastoïdien.
Il
se
poursuit
ensuite
au
niveau
de
la
parotide.
L’atteinte
pontique
s’associe
généralement
à
une
autre
symptomatologie
neurolo-
gique.
Les
lésions
de
l’angle
pontocérébelleux
(méningiome
et
schwannome
plus
fréquemment)
donnent
en
premier
lieu
une
atteinte
du
VIII,
l’atteinte
du
VII
étant
au
second
plan.
L’atteinte
périphérique
(hors
contexte
traumatique)
est
le
plus
souvent
due
à
une
paralysie
faciale
a
frigore
©
2013
Publié
par
Elsevier
Masson
SAS.
Fonctions,
clinique
Le
nerf
facial
(7epaire
crânienne)
est
un
nerf
mixte
avec
des
fibres
efférentes
(motrices
et
végétatives)
et
afférentes
(sensitives
et
sensorielles).
Il
se
compose
du
nerf
facial
pro-
prement
dit
(VII),
moteur
pur
et
du
nerf
intermédiaire
de
Wrisberg
(VIIbis)
[1].
Il
s’agit
du
nerf
du
second
arc
branchial
avec
une
formation
très
précoce
au
sein
du
complexe
acoustico-facial.
Il
est
fait
d’une
juxtaposition
d’éléments
somitiques
et
branchiaux
des
noyaux
des
nerfs
crâniens,
expliquant
notamment
les
anastomoses
trijémino-faciales
[2].
DOI
de
l’article
original
:
http://dx.doi.org/10.1016/j.diii.2013.06.016.
Ne
pas
utiliser,
pour
citation,
la
référence
franc¸aise
de
cet
article,
mais
celle
de
l’article
original
paru
dans
Diagnostic
and
Interventional
Imaging,
en
utilisant
le
DOI
ci-dessus.
Auteur
correspondant.
Adresse
e-mail
:
(F.
Toulgoat).
2211-5706/$
see
front
matter
©
2013
Publié
par
Elsevier
Masson
SAS.
http://dx.doi.org/10.1016/j.jradio.2013.04.017
1040
F.
Toulgoat
et
al.
Fonction
motrice
(voie
efférente)
Les
symptômes
associés
à
la
perte
de
cette
fonction
sont
en
général
ceux
motivant
la
consultation.
Il
innerve
les
muscles
peauciers
de
la
face
et
du
cou
à
l’exception
du
releveur
de
la
paupière
supérieure
(3epaire
crânienne).
Une
atteinte
à
ce
niveau
se
traduit
donc
par
une
asymétrie
faciale,
le
côté
sain
étant
responsable
d’une
attraction
controlatérale.
En
cas
d’atteinte
périphérique,
celle-ci
est
homogène
sur
le
terri-
toire
facial
supérieur
et
facial
inférieur
et
ne
s’accompagne
pas
d’une
dissociation
automatico-volontaire.
En
cas
de
paralysie
faciale
d’origine
centrale,
le
déficit
prédomine
sur
le
territoire
inférieur
et
s’accompagne
d’une
dissociation
automatico-volontaire.
Le
signe
de
Charles
Bell
correspond
lors
de
la
tentative
d’occlusion
palpébrale,
au
déplacement
automatique
de
l’œil
vers
le
haut
et
le
dehors
(méca-
nisme
de
protection
cornéenne).
Le
signe
de
Souques
n’est
retrouvé
que
dans
les
paralysies
faciales
modérées,
il
se
manifeste
par
des
cils
plus
visibles
du
côté
pathologique
lors
de
l’occlusion
palpébrale
volontaire
forcée.
La
sévérité
de
l’atteinte
faciale
peut
être
évaluée
en
fonction
de
l’importance
du
déficit
moteur
à
partir
d’échelles
cliniques,
permettant
également
le
suivi.
La
plus
utilisée
est
la
classification
de
House-Brackmann.
Elle
cor-
respond
à
une
cotation
globale
allant
de
I
(normal)
à
V
(déficit
total).
Les
fibres
motrices
via
les
collatérales
du
facial
sont
les
suivantes
:
nerf
stapédien,
nerf
auriculaire
postérieur,
nerf
digastrique
et
stylo-hyoïdien
alors
que
les
fibres
terminales
sont
celles
destinées
aux
peauciers
de
la
face
et
du
cou
(branches
temporales,
zygomatiques,
buc-
cales,
mandibulaires,
cervicales).
Fonction
viscérale
(voie
efférente
sécrétoire)
Il
s’agit,
d’une
part,
de
fibres
parasympathiques
destinées
aux
glandes
lacrymales,
à
la
muqueuse
oro-nasale.
La
tra-
duction
clinique
est
un
œil
sec.
D’autre
part,
le
nerf
facial
assure
l’innervation
des
glandes
salivaires
sublinguale
et
submandibulaire.
Une
atteinte
de
cette
portion
se
manifeste
donc
par
une
diminution
de
la
sécrétion
salivaire,
sauf
celle
issue
de
la
parotide
(nerf
glosso-pharyngien).
Fonction
sensitive
Elle
correspond
à
la
zone
de
Ramsay-Hunt
incluant
le
conduit
auditif
externe,
le
pavillon
de
l’oreille
et
la
région
rétro-
auriculaire.
Fonction
sensorielle
Il
s’agit
de
la
sensibilité
gustative
des
deux
tiers
antérieurs
de
la
langue
et
du
palais
par
l’intermédiaire
de
la
corde
du
tympan.
Anatomie
topographique
Noyaux
du
tronc
cérébral
Noyau
du
nerf
facial
moteur
Il
se
situe
au
niveau
du
pont
dans
le
tegmentum
en
avant
et
latéralement
par
rapport
au
noyau
du
VI.
Il
existe
une
certaine
somatotopie
à
son
niveau,
non
retrouvée
ensuite.
De
partent
des
fibres
vers
l’arrière
pour
faire
une
boucle
derrière
le
noyau
du
VI
et
émerger
du
tronc
juste
au-dessus
de
la
jonction
bulbo-pontique
entre
le
VIII
(au-dessus)
et
le
VI
[3].
Le
contrôle
supra-nucléaire
est
assuré
par
le
faisceau
cortico-spinal.
Celui-ci
se
projette
de
manière
bilatérale
sur
la
partie
supérieure
du
noyau
(contrôlant
les
muscles
du
territoire
facial
supérieur)
et
uniquement
en
controlatéral
pour
la
partie
inférieure
(expliquant
l’atteinte
prédominant
sur
le
territoire
facial
inférieur
en
cas
de
paralysie
faciale
d’origine
centrale).
Une
atteinte
centrale
pourra
donc
se
situer
depuis
le
gyrus
précentral
jusqu’au
noyau
du
pont.
Il
existe
également
à
partir
des
noyaux
faciaux,
des
projections
vers
les
voies
extrapyramidales,
le
cervelet,
d’autres
noyaux
du
tronc
(noyau
du
V,
olive
supérieur,
noyau
du
VIII.
.
.).
Noyaux
viscéraux
Ils
comprennent
principalement
le
noyau
salivaire
supérieur,
le
noyau
lacrymal
et
le
noyau
solitaire
[4].
Les
fibres
cor-
respondantes
sont
regroupées
sur
une
partie
de
leur
trajet
au
sein
du
nerf
intermédiaire
de
Wrisberg.
Il
existe
ensuite
plusieurs
divisions
impliquant
des
anastomoses
trijémino-
faciales.
Les
fibres
efférentes
correspondent
au
contingent
para-
sympathique
sécrétoire,
elles
sont
issues
du
noyau
salivaire
supérieur
et
du
noyau
lacrymal.
Elles
sont
destinées,
d’une
part,
à
la
glande
lacrymale
et
à
la
muqueuse
rhino-
pharyngée.
Elles
correspondent
au
nerf
grand
pétreux
superficiel,
se
prolongeant
par
le
nerf
ptérygoïdien
faisant
synapse
au
niveau
du
ganglion
ptérygo-palatin.
Par
ailleurs,
elles
innervent
les
glandes
submandibulaires
et
sublinguales
via
la
corde
du
tympan,
celle-ci
rejoignant
distalement
le
nerf
lingual
(branche
trijéminale).
Les
fibres
afférentes
sont,
d’une
part,
sensitives
depuis
la
zone
de
«
Ramsay
Hunt
»,
empruntant
également
le
nerf
lingual
puis
la
corde
du
tympan
vers
le
faisceau
spinal
(V)
et,
d’autre
part,
sensorielles
gustatives
par
les
mêmes
voies
vers
le
noyau
solitaire.
Ce
dernier
rec¸oit
également
les
affé-
rences
gustatives
du
IX,
X
et
du
XI.
Segment
cisternal
Les
fibres
motrices
du
VII,
après
avoir
adhéré
au
pont
sur
2
à
3
mm,
suivent
une
direction
ascendante
et
latérale
dans
l’angle
ponto-cérébelleux.
Le
VIIbis
est
théorique-
ment
séparé
mais
en
contact
intime
avec
le
nerf
facial
dans
la
citerne,
l’individualisation
de
l’un
par
rapport
à
l’autre
n’étant
pas
faisable,
y
compris
en
peropératoire.
En
moyenne
2
mm
après
l’émergence
du
tronc,
se
situe
la
REZ
(mais
cela
peut
aller
jusqu’à
21
mm),
correspondant
à
la
zone
théorique
les
oligodendrocytes
(système
nerveux
central)
se
transforment
en
cellules
de
Schwann
(système
nerveux
périphérique)
[5].
Segment
intracanalaire
(méat
auditif
interne)
Les
fibres
du
VII
et
du
VIIbis
sont
regroupées
à
la
partie
antéro-supérieure
du
méat
auditif
interne
(MAI),
les
fibres
motrices
recouvrant
les
fibres
sensitives.
À
noter
qu’un
Nerf
facial
:
de
l’anatomie
à
la
pathologie
1041
feuillet
de
l’arachnoïde
s’invagine
dans
le
fond
du
MAI
(voire
jusqu’au
ganglion
géniculé
pour
certains
auteurs).
Segment
pétreux
(canal
de
Fallope)
Il
correspond
au
canal
du
facial
proprement
dit,
séparé
en
3
portions
[1].
1re portion
:
labyrinthique
Elle
s’étend
du
fundus
du
MAI
au
ganglion
géniculé.
Le
facial
suit
un
trajet
en
dehors
et
en
avant,
entre
la
cochlée
et
le
vestibule.
Genou
du
facial
:
ganglion
géniculé
Il
se
situe
dans
l’os
pétreux
en
situation
postéro-latérale
par
rapport
à
l’artère
carotide
interne,
postéro-médiane
par
rapport
au
foramen
spinosum,
antérieure
par
rapport
au
canal
semi-circulaire
supérieur.
Il
contient
les
corps
cellulaires
issus
du
nerf
de
la
corde
du
tympan
(goût
et
sensibilité).
Par
contre,
les
fibres
motrices
y
compris
viscé-
rales
passent
sans
faire
de
synapse
à
ce
niveau,
leurs
corps
cellulaire
étant
au
niveau
du
tronc
cérébral.
À
ce
niveau
naît
le
nerf
grand
pétreux
superficiel.
Celui-
ci
sort
de
la
base
du
crâne
par
le
foramen
du
grand
pétreux.
Il
passe
ensuite
par
le
cavum
de
Meckel
pour
rejoindre
le
canal
ptérygoïdien
il
est
rejoint
par
le
nerf
pétreux
profond
(contingent
sympathique
issu
du
IX)
pour
former
le
nerf
du
canal
ptérygoïdien.
Celui-ci
passe
par
la
fosse
ptérygo-palatine
pour
se
terminer
au
niveau
du
ganglion
ptérygo-palatin,
donnant
ensuite
des
branches
s’anastomosant
avec
des
branches
du
trijumeau
V1
(lacry-
mal)
et
V2
(oro-nasal).
2eportion
:
horizontale
ou
tympanique
Son
trajet
est
postérieur
depuis
le
ganglion
géniculé,
sous
le
canal
semi-circulaire
latéral
entre
le
vestibule
et
la
caisse
du
tympan.
Il
n’existe
pas
de
collatérale
à
ce
niveau,
ni
anastomose.
3eportion
:
verticale
ou
mastoïdienne
Le
nerf
descend
verticalement
entre
la
caisse
et
le
conduit
auditif
externe.
Trois
branches
collatérales
naissent
à
ce
niveau
:
stapédienne
(muscle
de
l’étrier)
;
corde
du
tympan
(fibres
efférentes
pour
les
glandes
sub-
mandibulaire
et
sublinguale
et
fibres
afférentes
pour
le
goût
des
2/3
antérieures
de
la
langue).
Elle
traverse
l’oreille
moyenne
au
niveau
de
la
membrane
tympanique
puis
passe
par
la
fissure
pétro-tympanique
pour
rejoindre
le
nerf
lingual
(branche
du
V3)
;
branche
sensitive
pour
la
région
auriculaire.
Foramen
stylo-mastoïdien,
parotide
Il
correspond
à
l’émergence
du
facial
au
niveau
de
la
base
du
crâne.
Il
se
situe
en
dehors
de
la
styloïde.
Immédiate-
ment
après
son
passage,
le
nerf
facial
laisse
des
branches
pour
les
muscles
cervicaux
(auriculaires,
digastrique,
stylo-
hyoïdien.
.
.)
puis
pénètre
dans
la
parotide
pour
donner
des
branches
musculaires
également
à
destinée
temporo-faciale
et
cervico-faciale
au
contact
de
la
face
postérieure
de
la
jugulaire
externe.
Examens
complémentaires
hors
imagerie
Électroneuromyogramme
(ENMG)
Il
permet
d’affirmer
l’existence
d’une
lésion
du
nerf
facial,
de
la
caractériser
(atteinte
axonale
ou
démyélinisante,
bloc
de
conduction),
de
quantifier
la
dénervation
motrice
et
de
fournir
des
informations
pronostiques.
Il
comprend
deux
par-
ties
:
la
neurographie
(ou
stimulo-détection),
au
cours
de
laquelle
la
stimulation
du
nerf
facial
en
avant
de
l’oreille
génère
une
contraction
musculaire
enregistrée
à
l’aide
d’électrodes
de
surface
sur
différents
muscles
de
la
face
(orbiculaire
de
l’œil,
nasalis,
orbiculaire
des
lèvres).
La
comparaison
côté
atteint/côté
sain
permet
de
quanti-
fier
l’importance
de
l’atteinte
et
de
suivre
l’évolution.
L’étude
du
blink
reflex
(ou
réflexe
de
clignement),
per-
met
d’évaluer
l’arc
réflexe
entre
le
nerf
trijumeau
(arc
afférent
par
des
branches
du
nerf
supra-orbitaire)
et
le
nerf
facial
(arc
efférent
par
ses
fibres
motrices).
Des
relais
existent
au
niveau
de
la
protubérance
et
du
bulbe,
cet
examen,
fournissant
ainsi
des
informations
complémentaires
sur
le
tronc
cérébral
[2].
Dans
le
cas
d’une
paralysie
faciale,
sa
persistance
à
la
phase
initiale,
très
précoce,
est
un
élément
de
bon
pronostic
;
l’électromyographie
proprement
dite
(ou
détection
à
l’aiguille),
au
cours
de
laquelle
une
aiguille
est
insérée
successivement
dans
l’orbiculaire
de
l’œil
puis
des
lèvres,
afin
d’étudier
l’aspect
du
tracé
au
repos
et
en
contrac-
tion.
La
présence
anormale
d’activités
spontanées
au
repos
telles
que
fibrillations
ou
potentiels
lents,
signe
la
dénervation,
mais
ces
activités
n’apparaissent
que
de
fac¸on
retardée
(8—10
j
pour
le
facial).
Lors
de
la
contrac-
tion
volontaire,
l’aspect
et
le
nombre
de
potentiels
dits
d’unité
motrice
ainsi
que
leur
mode
de
recrutement
four-
nissent
des
éléments
à
la
fois
quantitatifs
et
pronostiques
quant
à
la
réinnervation
à
venir
ou
en
cours.
L’intérêt
de
l’ENMG
est
variable
selon
le
délai
de
surve-
nue
de
la
paralysie
faciale
:
dans
les
premiers
jours,
le
blink
reflex
est
sans
doute
le
meilleur
outil
pronostique,
devant
une
PFP
complète.
À
partir
du
8ejour,
la
neurographie
classique
et
l’EMG
à
l’aiguille
renseignent
sur
l’existence
éventuelle
d’une
dénervation
active
et
la
quantifient.
À
plus
long
terme,
l’ENMG
permet
de
prévoir
la
poursuite
ou
non
d’une
réinnervation.
Examens
paracliniques
réalisables
par
l’ORL
En
plus
de
l’examen
otoscopique,
vestibulaire
et
de
l’audiométrie
tonale
qui
sont
systématiques,
certains
tests
peuvent
être
réalisés
à
visée
localisatrice.
Test
de
Schirmer
En
cas
de
résultat
pathologique
(déficit
lacrymal
unilaté-
ral),
il
situe
l’atteinte
en
amont
de
l’origine
du
nerf
grand
pétreux
superficiel
(origine
au
niveau
du
ganglion
géni-
culé)
ou
sur
son
trajet
(atteinte
isolée
de
ce
contingent
1042
F.
Toulgoat
et
al.
sans
atteinte
du
reste
des
fonctions
du
facial
notamment
motrice).
Réflexe
stapédien
:
acoustico-facial
Sa
traduction
clinique
est
une
hyperacousie
douloureuse.
À
partir
d’un
stimulus
sonore,
l’arc
afférent
passe
via
les
noyaux
cochléaire
et
olivaire.
L’arc
efférent
est
lui
via
les
noyaux
faciaux
accessoires
ipsi
et
controlatéral
vers
le
muscle
de
l’étrier.
Son
altération
peut
donc
être
liée
au
nerf
facial,
au
nerf
auditif
ou
à
une
atteinte
de
l’oreille
moyenne.
Il
est
aboli
en
cas
de
lésion
se
situant
en
amont
ou
sur
le
nerf
stapédien
(origine
sur
la
portion
mastoïdienne
du
facial).
Environ
50
%
des
patients
présentant
un
spasme
de
l’hémiface
ont
des
anomalies
sur
cet
arc
réflexe,
se
nor-
malisant
après
la
chirurgie.
Électrogustométrie
Elle
est
anormale
en
cas
d’atteinte
en
amont
ou
sur
la
corde
du
tympan.
Imagerie
Indications
L’imagerie
n’est
pas
systématique
devant
une
paralysie
faciale
périphérique
(elle
l’est
devant
une
paralysie
faciale
centrale).
Elle
est
indiquée
devant
une
installation
progres-
sive
ou
récidivante,
devant
une
forme
grave
non
régressive
ou
en
cas
d’association
à
d’autres
symptômes
suggérant
une
atteinte
d’autres
nerfs
crâniens.
Protocoles
d’exploration
Orientation
vers
une
origine
«
centrale
»
Elle
sera
suspectée
en
cas
d’atteinte
d’autres
nerfs
crâ-
niens
comme
le
VI
ou
d’une
atteinte
des
voies
longues.
Le
protocole
minimal
sera
:
Flair,
T2*,
diffusion,
complété
si
besoin
de
T2
en
coupes
fines,
d’une
angioMR,
d’une
injec-
tion.
Orientation
topographique
au
niveau
de
l’angle
ponto-cérébelleux
ou
du
MAI
Elle
sera
suspectée
en
cas
d’atteinte
associée
du
VIII.
Des
séquences
centrées
à
ce
niveau
seront
réalisées
:
séquences
très
pondérées
T2
type
CISS
ou
FIESTA,
coupes
fines
haute
résolution
en
T1
sans
et
avec
gadolinium.
Une
exploration
complète
de
l’encéphale,
notamment
avec
injection,
sera
nécessaire
en
cas
de
pathologie
ménin-
gée.
Orientation
topographique
au
niveau
du
rocher
Le
scanner
des
rochers
sera
l’examen
de
1re intention
en
contexte
traumatique.
Dans
les
autres
situations,
l’IRM
et
le
scanner
seront
le
plus
souvent
complémentaires.
L’exploration
IRM
au
niveau
de
l’os
temporal
sera
réalisée
en
T2
haute
résolution
et
T1
en
coupes
fines
haute
résolu-
tion
avec
saturation
de
graisse
sans
et
après
injection
de
gadolinium.
La
séquence
en
diffusion
pourra
être
utile
dans
certaines
situations,
notamment
lorsqu’un
cholestéatome
est
suspecté.
Il
ne
faudra
pas
oublier
d’inclure
la
parotide
lors
de
l’exploration
d’une
paralysie
faciale
périphérique
isolée.
Aspect
normal
en
coupes
Les
colliculi
faciaux
font
saillie
dans
le
plancher
du
4even-
tricule
(correspondant
à
la
courbe
du
facial
autour
du
noyau
du
VI)
repère
facilement
identifiable
sur
les
coupes
axiales
en
IRM
(Fig.
1).
Le
facial
dans
son
trajet
cisternal
et
au
niveau
du
MAI
est
bien
repérable
en
IRM,
notamment
sur
les
séquences
CISS
ou
FIESTA
(Fig.
2).
Le
VII
et
le
VIIbis
ne
sont
pas
identifiables
l’un
de
l’autre.
Au
sein
du
rocher,
le
facial
est
contenu
dans
un
canal
osseux,
permettant
sa
localisation
indirectement
à
ce
niveau
en
scanner
en
repérant
le
canal
(Fig.
3).
En
coupe
axiale,
il
ne
faudra
pas
confondre
le
muscle
du
tenseur
du
tympan
et
le
segment
tympanique
(se
poursuivant
vers
les
autres
segments
sur
les
coupes
sus
et
sous-jacentes).
En
IRM,
le
nerf
facial
pourra
être
visualisé
de
manière
inconstante
sur
ses
3
portions
en
T1,
notamment
après
injection
ou
en
Flair
3D.
Ses
branches
collatérales
ne
sont
habituellement
pas
identifiables.
Le
nerf
facial
n’est
pas
repérable
au
sein
de
la
paro-
tide
sur
les
imageries
conventionnelles.
L’utilisation
d’une
séquence
en
tenseur
de
diffusion
peut
parfois
permettre
de
le
délimiter
et
préciser
ses
rapports
avec
une
lésion
paroti-
dienne.
Rehaussement
normal
Le
nerf
facial
présente
des
rapports
anatomiques
intimes
avec
des
structures
vasculaires
sur
certaines
portions.
Il
est
donc
fréquent
de
retrouver
un
rehaussement,
notam-
ment
dans
le
canal
du
facial,
dont
le
caractère
normal
ou
Figure
1.
IRM
en
coupe
axiale
du
tronc
cérébral
en
T2.
Saillie
des
colliculi
faciaux
au
niveau
du
plancher
du
4eventricule
correspon-
dant
à
la
courbe
du
facial
autour
du
noyau
du
VI.
Nerf
facial
:
de
l’anatomie
à
la
pathologie
1043
Figure
2.
IRM
en
séquence
CISS
centrée
sur
le
méat
auditif
interne
:
a
:
coupe
axiale
montrant
le
nerf
facial
en
situation
antérieure
au
sein
du
paquet
acoustico-facial
;
b
:
coupe
sagittale
oblique
perpendiculaire
à
l’axe
du
MAI,
le
facial
est
en
position
antéro-supérieure,
le
cochléaire
en
position
antéro-inférieure,
les
nerfs
vestibulaires
supérieur
et
inférieur
en
arrière.
pathologique
est
parfois
difficile
à
distinguer
[6,7].
Néan-
moins,
une
prise
de
contraste
intense
au
niveau
de
la
1re
portion
et
de
la
3eportion
n’est
habituellement
pas
obser-
vée
chez
les
sujets
normaux.
Les
segments
hors
du
canal
du
facial
ne
prennent
normalement
que
peu
ou
pas
le
contraste.
Par
ailleurs,
une
prise
de
contraste
au
niveau
du
méat
auditif
interne
intéressant
le
VII
et
le
VIII
sera
à
considérer
comme
pathologique.
Récemment,
certaines
études
ont
rapporté,
sur
une
IRM
à
3T,
la
supériorité
du
flair
3D
injecté
compa-
rativement
au
T1
injecté
avec
saturation
de
graisse
dans
l’interprétation
de
la
prise
de
contraste
du
facial,
notam-
ment
en
termes
de
spécificité
[8].
Anomalies
congénitales
affectant
le
trajet
du
facial
Déhiscences
du
canal
du
facial
Elles
sont
fréquentes
sur
les
études
anatomopathologiques
et
ne
concernent
que
des
zones
focales.
Le
segment
préfé-
rentiellement
touché
est
le
segment
tympanique.
Ce
défaut
de
couverture
osseuse
représente
une
zone
de
faiblesse
en
cas
atteinte
inflammatoire/infectieuse
de
l’oreille
moyenne
[9].
Variantes
de
trajet
intra-pétreux
Elles
sont
importantes
à
signaler
dans
un
bilan
pré-
opératoire,
ce
d’autant
qu’elles
s’associent
souvent
à
des
malformations
de
l’oreille
(sténose
ou
atrésie
du
conduit
auditif
externe,
hypoplasie
ou
atrésie
de
la
fenêtre
ovale.
.
.).
Portion
labyrinthique
Elle
peut
être
bifide.
Portion
tympanique
La
portion
tympanique
est
comme
suit
:
bifide
;
absente
(la
3eportion
étant
très
antérieure
dans
ce
cas)
;
procidente
(devant
la
fenêtre
vestibulaire),
souvent
accompagnée
d’une
agénésie
de
la
fenêtre
vestibulaire,
ce
tableau
étant
responsable
d’une
surdité
de
transmis-
sion
;
passage
entre
les
branches
de
l’étrier,
également
respon-
sable
d’une
surdité
de
transmission.
Portion
mastoïdienne
La
portion
mastoïdienne
est
comme
suit
:
bifide
;
Figure
3.
Scanner
des
rochers
:
a
:
reconstruction
en
coupe
oblique
montrant
la
portion
tympanique
et
mastoïdienne
du
facial
dans
le
rocher
;
b
:
en
coupe
axiale
montrant
la
portion
labyrinthique
et
le
ganglion
géniculé.
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