Dialyse après échec de greffe : améliorer la survie

Telechargé par kawtarelguerouj
Dialyse
Retour
en
dialyse
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
:
comment
ame
´liorer
les
re
´sultats
dans
cette
population
fragile
?
§
Dialysis
after
graft
failure:
How
to
improve
survival?
Georges
Mourad *,
Ilan
Szwarc,
Aure
`le
Buzanc¸ais
De
´partement
de
ne
´phrologie,
dialyse
et
transplantation,
ho
ˆpital
Lapeyronie,
CHU
de
Montpellier,
371,
avenue
du
Doyen-Gaston-Giraud,
34295
Montpellier
cedex
5,
France
Ne
´phrologie
&
The
´rapeutique
xxx
(2016)
xxx–xxx
I
N
F
O
A
R
T
I
C
L
E
Historique
de
l’article
:
Disponible
sur
Internet
le
xxx
Mots
cle
´s
:
E
´chec
de
transplantation
Dialyse
Survie
patient
Qualite
´des
soins
Keywords:
Kidney
graft
failure
Dialysis
Patient
survival
Quality
of
care
R
E
´S
U
M
E
´
Cinq
ans
apre
`s
une
transplantation
re
´nale,
10
a
`15
%
des
patients
greffe
´s
retournent
en
dialyse
ou
ne
´cessitent
une
nouvelle
transplantation
;
ce
chiffre
augmente
a
`23
%
a
`10
ans.
La
dialyse
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
est
maintenant
une
cause
importante
d’initiation
de
la
dialyse,
estime
´e
a
`environ
5
%
des
incidents
aux
E
´tats-Unis
et
10
%
en
France
et
cette
population
augmentera
probablement
dans
les
anne
´es
qui
viennent.
Les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
ont
des
facteurs
spe
´cifiques
de
fragilite
´:
longue
pe
´riode
d’ure
´mie
et
d’immunosuppression,
ane
´mie
avec
re
´sistance
a
`l’e
´rythropoı
¨e
´tine,
hypoalbumine
´mie
et
e
´tat
inflammatoire
du
ˆa
`la
pre
´sence
de
l’allogreffe.
Ces
facteurs
peuvent
augmenter
la
mortalite
´durant
la
premie
`re
anne
´e
de
dialyse,
comme
cela
a
e
´te
´observe
´aux
E
´tats-Unis,
mais
pas
au
Canada
ni
en
France.
Lorsqu’ils
sont
compare
´s
a
`un
groupe
te
´moin
d’incidents
en
dialyse
non
greffe
´s
suivis
pendant
plus
de
12
mois
dans
le
me
ˆme
ho
ˆpital,
les
patients
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
ont
plus
souvent
une
fistule
arte
´rio-veineuse
fonctionnelle,
un
me
ˆme
taux
d’initiation
de
dialyse
en
urgence,
et
un
de
´bit
de
filtration
glome
´rulaire
plus
e
´leve
´.
Nous
sugge
´rons
que
cette
prise
en
charge
ne
´phrologique
optimale
explique
les
bons
re
´sultats
observe
´s
en
France,
et
que
la
survie
des
patients
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
de
´pend
non
seulement
des
caracte
´ristiques
individuelles
de
cette
cate
´gorie
de
patients
mais
e
´galement
de
la
qualite
´du
syste
`me
de
soins.
ß
2016
Association
Socie
´te
´de
ne
´phrologie.
Publie
´par
Elsevier
Masson
SAS.
Tous
droits
re
´serve
´s.
A
B
S
T
R
A
C
T
Ten
to
15
%
of
transplant
recipients
will
return
to
dialysis,
or
require
another
transplantation
within
5
years,
rising
to
23
%
by
10
years,
and
failed
transplantation
is
now
one
of
the
major
indications
for
starting
dialysis,
accounting
for
almost
5
%
of
incident
dialysis
patients
in
the
US
and
10
%
in
France.
Patients
who
resume
dialysis
post-transplantation
have
usually
experienced
an
extended
period
of
uraemia
and
long-term
immunosuppressive
therapy,
and
exhibit
high
rates
of
anaemia
and
erythropoietin
resistance,
hypoalbuminaemia
and
persistent
chronic
inflammation
from
the
failed
graft.
These
factors
may
increase
mortality
risk
during
the
first
year
of
dialysis,
as
observed
in
the
US,
but
not
in
Canada
or
France.
When
compared
to
a
control
group
of
transplant-naive
patients
followed
in
the
same
institution
in
France,
patients
with
transplant
failure
have
a
higher
rate
of
usable
arteriovenous
fistula
or
graft,
a
similar
rate
of
non-planned
dialysis,
and
initiate
dialysis
with
a
higher
glomerular
filtration
rate.
We
suggest
that
patient
survival
in
dialysis
after
graft
loss
is
influenced
by
both
patient
characteristics
and
quality
of
care,
and
this
may
explain
the
favourable
outcome
of
this
specific
dialysis
population
in
France.
ß
2016
Association
Socie
´te
´de
ne
´phrologie.
Published
by
Elsevier
Masson
SAS.
All
rights
reserved.
§
Article
ayant
fait
l’objet
d’une
pre
´sentation
lors
des
Actualite
´s
ne
´phrologiques
Jean-Hamburger,
ho
ˆpital
Necker,
2016.
*Auteur
correspondant.
Adresse
e-mail
:
(G.
Mourad).
G
Model
NEPHRO-846;
No.
of
Pages
6
Pour
citer
cet
article
:
Mourad
G,
et
al.
Retour
en
dialyse
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
:
comment
ame
´liorer
les
re
´sultats
dans
cette
population
fragile
?
Ne
´phrol
ther
(2016),
http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2016.01.007
Disponible
en
ligne
sur
ScienceDirect
www.sciencedirect.com
http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2016.01.007
1769-7255/ß
2016
Association
Socie
´te
´de
ne
´phrologie.
Publie
´par
Elsevier
Masson
SAS.
Tous
droits
re
´serve
´s.
1.
Introduction
Le
retour
en
dialyse
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
est
une
situation
fre
´quente
:
elle
concerne
10
%
des
incidents
en
dialyse
en
France
et
4,7
%
aux
E
´tats-Unis
[1,2].
La
population
de
patients
commenc¸ant
la
dialyse
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
augmentera
probablement
dans
les
anne
´es
qui
viennent
a
`cause
de
l’augmentation
annuelle
du
nombre
de
transplantations,
de
la
dure
´e
relativement
fixe
de
la
demi-vie
des
greffons
(aux
alentours
de
15
ans
pour
les
reins
de
cadavre
et
de
20
ans
pour
les
donneurs
vivants),
de
la
diminution
des
de
´ce
`s
d’origine
infectieuse
ou
cardiovasculaire
apre
`s
transplantation
et
enfin
de
la
diminution
de
l’acce
`s
a
`une
nouvelle
greffe
a
`cause
de
l’immunisation
souvent
pre
´sente
apre
`s
la
premie
`re.
Par
rapport
aux
patients
atteints
de
maladie
re
´nale
chronique,
les
patients
commenc¸ant
la
dialyse
apre
`s
un
e
´chec
de
transplanta-
tion
posent
des
proble
`mes
spe
´cifiques
:
quand
reprendre
la
dialyse
?
Est-ce
que
la
survie
en
dialyse
est
diminue
´e
par
rapport
aux
dialyse
´s
non
greffe
´s
?
Comment
re
´duire
le
traitement
immunosuppresseur
?
Faut-il
enlever
le
greffon
?
Malgre
´la
croissance
du
nombre
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation,
il
n’y
a
pas
de
recommandations
concernant
la
re
´ponse
a
`ces
questions
ni
sur
la
prise
en
charge
optimale
de
ces
patients,
alors
que
de
`s
les
anne
´es
2000,
une
mortalite
´trois
fois
plus
importante
avait
e
´te
´rapporte
´e
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
par
rapport
a
`ceux
conservant
un
greffon
fonctionnel
[3].
Dans
une
e
´tude
concernant
les
transferts
entre
les
diffe
´rentes
me
´thodes
de
traitement
de
la
maladie
re
´nale
chronique
de
stade
V,
il
a
e
´te
´montre
´que
la
mortalite
´e
´tait
plus
e
´leve
´e
imme
´diatement
apre
`s
le
transfert
et
diminuait
avec
le
temps
[4].
Il
est
probable
qu’une
meilleure
prise
en
charge
des
comorbidite
´s
individuelles
lors
du
suivi
(ane
´mie,
hypertension,
de
´nutrition)
ainsi
qu’une
ame
´lioration
des
pratiques
des
ne
´phrologues
(pre
´paration
et
moment
du
retour
en
dialyse,
re
´duction
du
traitement
immunosuppresseur
etc.)
seront
des
e
´le
´ments
cle
´s
pour
ame
´liorer
le
pronostic
de
cette
population
fragile
de
patients.
Dans
ce
travail,
nous
allons
analyser
:
les
donne
´es
sur
la
survie
durant
la
premie
`re
anne
´e
de
dialyse
;
et
les
diffe
´rences
dans
l’e
´volution
et
la
prise
en
charge
des
complications
de
la
maladie
re
´nale
chronique
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
compare
´s
a
`des
insuffisants
re
´naux
chroniques
non
greffe
´s.
2.
Survie
des
patients
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
2.1.
Survie
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
compare
´e
a
`celle
des
patients
avec
un
greffon
fonctionnel
Compare
´s
aux
patients
avec
un
greffon
fonctionnel,
les
patients
en
e
´chec
de
transplantation
ont
une
mortalite
´signifi-
cativement
plus
e
´leve
´e
et
une
qualite
´de
vie
significativement
re
´duite.
Dans
une
cohorte
canadienne
de
4743
transplante
´s,
la
mortalite
´augmentait
de
2,06
pour
100
patients
par
an
chez
les
patients
avec
greffon
fonctionnel
a
`5,14
pour
100
patients
par
an
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
[5].
Dans
une
me
´ta-analyse
re
´cente
de
40
publications
incluant
249716
participants,
la
mortalite
´est
maximale
durant
les
12
premiers
mois
apre
`s
retour
en
dialyse
(12
%)
et
diminue
progressivement
a
`6
%
la
deuxie
`me
anne
´e
et
5
%
les
anne
´es
suivantes
[6].
Cette
mortalite
´est
essentiellement
du
ˆaux
complications
cardiovasculaires
(35
a
`45
%)
et
infectieuses
(16
a
`17
%)
[3,7].
2.2.
Survie
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
compare
´e
a
`celle
des
patients
dialyse
´s
inscrits
sur
liste
et
non
greffe
´s
Les
donne
´es
concernant
le
risque
de
de
´ce
`s
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
compare
´es
a
`celles
des
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
sont
sujet
a
`controverse
et
de
´pendent
essentiellement
du
groupe
te
´moin.
Deux
e
´tudes,
l’une
nord-
ame
´ricaine
incluant
les
donne
´es
du
Scientific
Registry
of
Trans-
plant
Recipients
(SRTR),
l’autre,
internationale
incluant
les
donne
´es
de
la
Dialysis
Outcomes
and
Practice
Patterns
Study
(DOPPS)
rapportent
un
risque
de
mortalite
´de
1,78
et
1,32
respec-
tivement
par
rapport
aux
patients
dialyse
´s
inscrits
sur
la
liste
d’attente
et
reste
´s
en
dialyse
[8,9].
Cependant,
conside
´rer
les
dialyse
´s
inscrits
sur
liste
et
non
transplante
´s
comme
groupe
te
´moin
peut
introduire
des
biais
de
se
´lection
en
termes
de
comorbidite
´s
ou
de
dure
´e
de
dialyse
;
d’autre
part,
le
risque
lie
´au
transfert
d’une
technique
a
`l’autre
n’existe
pas
dans
ce
groupe.
2.3.
Survie
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
compare
´e
a
`celle
des
patients
dialyse
´s
incidents
non
greffe
´s
A
`l’oppose
´,
une
e
´tude
canadienne
incluant
25
632
patients
incidents
entre
1990
et
1998,
re
´partis
selon
cinq
modalite
´s
de
supple
´ance
(dialyse
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation,
dialyse
chez
les
patients
non
greffe
´s,
transplantation
de
cadavre,
transplantation
de
donneur
vivant
et
retransplantation)
montre
que
la
survie
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
est
similaire
a
`celle
des
incidents
non
transplante
´s
[10].
Cependant,
dans
cette
e
´tude,
il
n’y
avait
pas
d’ajustement
sur
les
comorbidite
´s
et
il
est
tout
a
`
fait
possible
que
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
constituent
un
groupe
favorable
car
ils
avaient
de
´ja
`subi
le
processus
de
se
´lection
en
vue
de
l’inscription
sur
la
liste
d’attente.
Dans
ce
contexte,
nous
avons
compare
´la
survie
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
a
`celle
des
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
pris
en
charge
en
France,
les
deux
groupes
e
´tant
apparie
´s
sur
l’a
ˆge
(entre
18
et
65
ans),
le
sexe,
la
date
d’initiation
de
la
dialyse
et
la
pre
´sence
d’un
diabe
`te
sucre
´.
Tous
les
patients
inscrits
dans
le
registre
du
Re
´seau
e
´pide
´miologie
et
information
en
ne
´phrologie
(Rein)
qui
ont
commence
´la
dialyse
entre
le
01/01/2007
et
le
31/12/2009
e
´taient
inclus,
quel
que
soit
le
rang
de
la
transplantation,
a
`condition
que
la
dure
´e
de
transplantation
ait
de
´passe
´12
mois.
Les
patients
en
e
´chec
pre
´coce
(infe
´rieurs
a
`12
mois)
et
ceux
ayant
rec¸u
une
transplantation
multiorganes
ont
e
´te
´exclus.
Les
patients
e
´taient
suivis
jusqu’au
de
´ce
`s,
perte
de
suivi
ou
fin
d’e
´tude
(01/06/2011).
La
survie
des
patients
a
e
´te
´estime
´e
par
la
me
´thode
de
Kaplan-Meier
;
un
mode
`le
de
Cox
multivarie
´a
e
´te
´utilise
´pour
obtenir
des
mesures
ajuste
´es
des
covariables
associe
´es
avec
le
risque
de
de
´ce
`s.
Parmi
les
911
patients
retourne
´s
en
dialyse
durant
la
pe
´riode
d’e
´tude,
103
sont
de
´ce
´de
´s
au
01/01/2011.
L’analyse
multivarie
´e
a
montre
´
que
l’a
ˆge
supe
´rieur
a
`48
ans,
la
pre
´sence
d’une
maladie
coronaire,
la
pre
´sence
d’une
arte
´riopathie
des
membres
infe
´rieurs
et
l’incapacite
´a
`marcher
de
fac¸on
autonome
e
´taient
des
facteurs
pre
´dictifs
de
de
´ce
`s.
La
mortalite
´observe
´e
e
´tait
de
11,8
%
dans
le
groupe
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
et
de
10,8
%
chez
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s.
Chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
ou
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
la
survie
actuarielle
e
´tait
respectivement
:
95
contre
94,1
%
a
`1
an,
86
contre
88,8
%
a
`2
ans,
et
84
contre
80,2
%
a
`3
ans
(Log-rank,
p
=
0,134)
[11].
Notre
e
´tude
montre
donc
que
chez
les
patients
inscrits
dans
le
registre
Rein,
a
ˆge
´s
de
moins
de
65
ans,
la
survie
apre
`s
l’e
´chec
de
la
transplantation
est
similaire
a
`celle
des
patients
incidents
non
transplante
´s.
Ces
re
´sultats
contrastent
avec
ceux
rapporte
´s
aux
E
´tats-Unis,
et
plusieurs
explications
peuvent
e
ˆtre
avance
´es
:
G.
Mourad
et
al.
/
Ne
´phrologie
&
The
´rapeutique
xxx
(2016)
xxx–xxx
2
G
Model
NEPHRO-846;
No.
of
Pages
6
Pour
citer
cet
article
:
Mourad
G,
et
al.
Retour
en
dialyse
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
:
comment
ame
´liorer
les
re
´sultats
dans
cette
population
fragile
?
Ne
´phrol
ther
(2016),
http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2016.01.007
d’abord
la
qualite
´du
syste
`me
de
soins
franc¸ais,
qui
permet
un
acce
`s
libre
et
gratuit
a
`quasiment
toute
la
population.
Il
est
e
´galement
possible
que
ces
re
´sultats
favorables
soient
du
ˆau
fait
que
notre
analyse
concerne
la
pe
´riode
2007–2009,
alors
que
les
e
´tudes
ame
´ricaines
sont
plus
anciennes.
Enfin,
le
suivi
des
patients
est
probablement
tre
`s
variable
selon
les
pays
et
les
e
´tablissements
de
soins
:
dans
les
centres
franc¸ais
de
ne
´phrologie,
les
me
´decins
spe
´cialistes
prennent
en
charge
les
complications
de
la
maladie
re
´nale
chronique
et
pre
´parent
l’initiation
a
`la
dialyse
de
fac¸on
similaire
chez
les
patients
souffrant
de
dysfonction
chronique
du
greffon
et
ceux
ayant
d’autres
pathologies,
et
ceci
peut
expliquer
la
qualite
´des
re
´sultats.
3.
Comparaison
de
la
prise
en
charge
de
la
maladie
re
´nale
chronique
chez
les
patients
avec
l’e
´chec
de
transplantation
et
les
patients
non
greffe
´s
Au
moment
de
l’initiation
de
la
dialyse,
certaines
anomalies
sont
significativement
plus
fre
´quentes
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
compare
´s
aux
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
:
ane
´mie
plus
se
´ve
`re,
plus
forte
re
´sistance
aux
agents
stimulant
l’e
´rythropoı
¨e
`se,
pre
´valence
plus
importante
des
mar-
queurs
de
de
´nutrition
et
du
syndrome
inflammatoire
[12,13].
Dans
la
cohorte
franc¸aise
de
´ja
`cite
´e,
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
et
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
respectivement,
l’he
´moglobine
e
´tait
de
10,4
1,8
g/dL
contre
10,8
1,7
g/dL
(p
<
0,001),
l’albumine
´mie
de
34,6
5,8
g/dL
contre
36,4
5,8
g/L
(p
<
0,001)
et
la
cre
´atinine
´mie
de
569,8
247,2
g/dL
contre
754,96
314,09
mmol/L
(p
<
0,001)
au
moment
de
l’initiation
de
la
dialyse
[11].
S’il
est
possible
que
la
surmortalite
´observe
´e
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
soit
lie
´e
a
`la
spe
´cificite
´de
l’individu
(long
passe
´de
traitement
immunosuppres-
seur
favorisant
les
complications
infectieuses,
pre
´sence
d’un
greffon
alloge
´nique
induisant
une
inflammation
syste
´mique),
certains
auteurs
ont
rapporte
´que
la
prise
en
charge
suboptimale
de
ces
patients
et
le
retard
pris
a
`l’initiation
de
la
dialyse
pouvaient
jouer
un
ro
ˆle
de
´le
´te
`re
[14,15].
Cependant,
pour
comparer
correctement
la
qualite
´de
la
prise
en
charge
ne
´phrologique
avant
dialyse,
il
est
indispensable
que
le
groupe
te
´moin
soit
bien
se
´lectionne
´et
que
tous
les
patients
(greffe
´s
ou
non)
aient
be
´ne
´ficie
´des
me
ˆmes
conditions
de
surveillance
et
de
prise
en
charge
:
c’est
l’objet
de
l’e
´tude
que
nous
rapportons.
3.1.
Patients
et
me
´thodes
Nous
avons
donc
analyse
´les
patients
incidents
entre
le
01/01/
2008
et
le
31/12/2012,
suivis
dans
notre
centre
depuis
au
moins
12
mois,
et
compare
´les
parame
`tres
cliniques
et
biologiques
de
suivi
de
la
maladie
re
´nale
chronique
dans
le
groupe
de
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
(avec
plus
de
1
an
de
survie
apre
`s
la
transplantation)
a
`ceux
des
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s,
durant
les
12
mois
qui
pre
´ce
`dent
la
prise
en
charge
en
dialyse.
Les
transplantations
combine
´es,
la
de
´couverte
de
l’insuf-
fisance
re
´nale
au
stade
terminal
et
les
insuffisances
re
´nales
aigue
¨s
ou
rapidement
progressives
ont
e
´te
´exclues.
Les
donne
´es
collecte
´es
e
´taient
les
suivantes
:
a
`la
prise
en
charge
:
a
ˆge,
sexe,
poids,
taille,
indice
de
masse
corporelle
(IMC),
pression
arte
´rielle,
comorbidite
´s,
inscription
ou
non
sur
la
liste
de
transplantation,
nombre
de
consultations
en
ne
´phrologie
durant
les
12
mois
pre
´ce
´dant
le
de
´but
de
la
dialyse,
date
de
la
prise
en
charge
en
dialyse,
technique
de
dialyse
(he
´modialyse,
dialyse
pe
´ritone
´ale),
abord
vasculaire
(fistule
arte
´rio-veineuse
native
ou
prothe
´tique
contre
cathe
´ter),
carac-
te
`re
urgent
de
la
prise
en
charge,
traitements
me
´dicamenteux,
parame
`tres
biologiques
(cre
´atinine
´mie,
ure
´e,
de
´bit
de
filtration
glome
´rulaire
estime
´par
la
formule
MDRD,
prote
´inurie,
he
´mo-
globine,
bilan
martial,
calce
´mie,
phosphore
´mie,
vitamine
D3
native,
albumine
´mie,
protide
´mie
et
prote
´ine
C-re
´active
;
les
donne
´es
recueillies
12,
9,
6
et
3
mois
avant
la
prise
en
charge
sont
les
suivantes
:
poids,
pression
arte
´rielle,
cre
´atinine
´mie,
ure
´e,
prote
´inurie,
he
´moglobine,
bilan
martial,
calce
´mie,
phosphore
´-
mie,
vitamine
D3
native,
albumine
´mie,
protide
´mie,
prote
´ine
C-re
´active,
doses
d’agents
stimulant
l’e
´rythropoı
¨e
`se
;
les
donne
´es
recueillies
apre
`s
la
prise
en
charge
:
de
´ce
`s
durant
les
12
premiers
mois
de
dialyse,
transplantation
ou
re-transplanta-
tion.
Les
donne
´es
des
deux
groupes
ont
e
´te
´compare
´es
par
le
t-test
pour
les
variables
continues
normales,
le
test
de
Wilcoxon
pour
les
variables
continues
non
normales
et
le
Chi
2
pour
les
variables
binomiales.
Une
re
´gression
logistique
multivarie
´e
pas
a
`pas
inte
´grant
les
variables
avec
une
valeur
de
p
infe
´rieure
a
`0,10
en
analyse
univarie
´e
a
e
´te
´mene
´e
afin
de
de
´terminer
les
diffe
´rences
entre
les
deux
groupes.
Afin
de
comparer
l’e
´volution
des
parame
`tres
cliniques
et
biologiques
dans
l’anne
´e
qui
a
pre
´ce
´de
´
la
dialyse,
un
mode
`le
line
´aire
mixte
pour
mesures
re
´pe
´te
´es
a
e
´te
´
construit
pour
chaque
variable
analyse
´e.
Les
variables
de
type
RANDOM
ont
e
´te
´choisies
par
comparaison
des
parame
`tres
de
covariance
des
mode
`les
par
la
me
´thode
du
maximum
likelihood.
La
valeur
de
p
infe
´rieure
a
`0,05
a
e
´te
´conside
´re
´e
comme
significative.
3.2.
Re
´sultats
Sur
les
521
patients
pris
en
charge
en
dialyse
entre
2008
et
2012,
le
groupe
de
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
comprenait
103
individus
et
le
groupe
de
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
203.
Les
caracte
´ristiques
de
ces
patients
a
`la
prise
en
charge
en
dialyse
sont
re
´sume
´es
dans
le
Tableau
1.
Les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
e
´taient
plus
jeunes
(53,6
contre
63,9
ans
;
p
<
0,0001),
avaient
un
IMC
moyen
plus
faible
(23
contre
26,8
;
p
<
0,0001).
Ils
avaient
e
´galement
moins
de
comorbidite
´s,
avec
un
score
de
Charlson
de
4,
contre
6
chez
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
(p
<
0,001).
Les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation,
compare
´s
aux
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s,
avaient
un
taux
d’he
´moglobine
plus
faible
(9,7
g/dL
contre
10,7
g/dL,
p
<
0,0001)
avec
une
consommation
d’
agents
stimulant
l’e
´rythropoı
¨e
`se
plus
importante
(106
UI/kg/
semaine
contre
63
UI/kg/semaine,
p
<
0,0001).
Le
de
´bit
de
filtra-
tion
glome
´rulaire
estime
´a
`la
prise
en
charge
e
´tait
de
11,6
mL/min/
1,73
m
2
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplanta-
tion
contre
8,6
mL/min/1,73
m
2
chez
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
(p
<
0,0001).
Les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
e
´taient
significativement
plus
hypoalbumine
´mi-
ques
(35,7
g/L
contre
36,9
g/L,
p
<
0,05)
(Tableau
2).
Aucune
diffe
´rence
concernant
le
de
´marrage
de
la
dialyse
en
urgence
n’a
e
´te
´
observe
´e
entre
les
deux
groupes
(32,1
%
dans
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
contre
32,7
%
dans
le
groupe
de
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
;
p
=
0,45).
Les
fistules
arte
´rio-
veineuses
fonctionnelles
repre
´sentent
55
%
des
abords
vasculaires
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
et
44
%
chez
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
(p
=
0,003)
;
une
fistule
arte
´rio-veineuse
au
moment
de
la
prise
en
charge
e
´tait
pre
´sente
chez
72,3
%
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
contre
53
%
des
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s.
En
ce
qui
concerne
l’e
´volution
au
cours
des
12
mois
avant
la
dialyse,
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
avaient
des
chiffres
de
pression
diastolique
plus
e
´leve
´s
que
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
(p
=
0,037).
Ils
avaient
e
´galement
des
taux
d’he
´moglobine
constamment
infe
´rieurs,
avec
une
diminution
G.
Mourad
et
al.
/
Ne
´phrologie
&
The
´rapeutique
xxx
(2016)
xxx–xxx
3
G
Model
NEPHRO-846;
No.
of
Pages
6
Pour
citer
cet
article
:
Mourad
G,
et
al.
Retour
en
dialyse
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
:
comment
ame
´liorer
les
re
´sultats
dans
cette
population
fragile
?
Ne
´phrol
ther
(2016),
http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2016.01.007
de
l’he
´moglobine
plus
importante
au
cours
des
3
derniers
mois
avant
la
prise
en
charge
et
des
doses
d’
agents
stimulant
l’e
´rythropoı
¨e
`se
significativement
plus
e
´leve
´es
(Fig.
1).
De
fac¸on
inte
´ressante,
nous
avons
constate
´une
pente
de
diminution
du
de
´bit
de
filtration
glome
´rulaire
plus
brutale
dans
le
groupe
de
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
(baisse
de
30
a
`
11,6
mL/min/1,73
m
2
en
1
an
contre
17
a
`8,6
mL/min/1,73
m
2
chez
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s).
Cette
diffe
´rence
s’accroissait
essentiellement
au
cours
des
3
derniers
mois,
ou
`le
de
´bit
de
filtration
glome
´rulaire
passait
de
20,9
a
`11,6
mL/min/1,73
m
2
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
contre
12,1
a
`8,6
mL/min/1,73
m
2
(Fig.
2).
De
me
ˆme,
l’albumine
´mie
demeurait
plus
basse
dans
le
groupe
de
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation,
avec
une
de
´croissance
accrue
au
cours
des
6
derniers
mois
(de
38,5
a
`35,7
g/L
contre
39,3
a
`36,9
g/L
en
6
mois).
En
ce
qui
concerne
la
survie
apre
`s
initiation
de
la
dialyse,
elle
e
´tait
de
95,9
%
dans
le
groupe
en
e
´chec
de
transplantation
et
96,8
%
chez
les
incidents.
3.3.
Discussion
Ces
re
´sultats
confirment
la
spe
´cificite
´de
la
maladie
re
´nale
chronique
du
patient
greffe
´,
qui
e
´volue
de
fac¸on
acce
´le
´re
´e
durant
les
12
mois
pre
´ce
´dant
la
dialyse,
dans
un
contexte
d’inflammation,
de
re
´sistance
aux
agents
stimulant
l’e
´rythropoı
¨e
`se
et
de
de
´nutri-
tion.
Il
est
the
´oriquement
possible
d’agir
sur
ces
parame
`tres
spe
´cifiques
par
une
meilleure
gestion
du
traitement
immunosup-
presseur
et/ou
l’ablation
programme
´e
du
greffon.
Malheureuse-
ment,
il
y
a
peu
d’e
´tudes
randomise
´es,
prospectives
qui
de
´montrent
l’e
´ventuel
be
´ne
´fice
de
ces
interventions
sur
la
survie
des
patients
et
il
y
a
certainement
la
`un
champ
d’investigations
a
`
explorer
[16].
De
fac¸on
inte
´ressante,
nos
re
´sultats
de
´montrent
que
dans
le
syste
`me
de
soins
franc¸ais,
la
prise
en
charge
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
est
similaire
si
ce
n’est
meilleure
que
celle
des
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s,
avec
un
pourcentage
similaire
d’initiation
de
la
dialyse
en
urgence,
et
un
de
´bit
de
filtration
glome
´rulaire
estime
´significativement
plus
e
´leve
´au
moment
de
la
prise
en
charge.
De
me
ˆme,
le
pourcentage
de
patients
porteurs
de
fistule
arte
´rio-veineuse
fonctionnelle
est
significativement
plus
e
´leve
´chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
(55
%
contre
44
%)
;
ce
re
´sultat
contraste
Tableau
1
Caracte
´ristiques
cliniques
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
compare
´es
a
`celles
des
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
au
moment
de
l’initiation
de
la
dialyse.
Patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
(n
=
103)
Patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
(n
=
202)
p
A
ˆge
(anne
´e)
53,6
14,2
63,9
15,6
<
0,001
Sexe
(%
masculin)
69
63,4
NS
Maladie
cardiovasculaire
(%)
26,2
44,1
0,002
Diabe
`te
sucre
´(%)
23,3
35,6
<
0,01
Troubles
cognitifs
(%)
1,9
6,4
0,09
Bronchopneumopathie
chronique
obstructive
(%)
1
30
0,002
He
´patopathie
chronique
(%)
12,7
9,9
NS
Cancers
(%)
9,7
15,3
NS
Infection
au
VIH
(%)
0
1
NS
Tabagisme
(%)
27,2
31,0
NS
Indice
de
Charlson
<
0,001
0–3
(%)
43
19
4–5
(%)
35
23
6
(%)
22
58
Nombre
de
consultations
au
cours
des
12
mois
de
suivi
2,9
1,4
3,39
1,7
0,004
Inscription
sur
liste
de
transplantation
(%)
81,6
60,4
<
0,001
He
´modialyse
(contre
dialyse
pe
´ritone
´ale
(%)
96
92,6
NS
Dialyse
sur
catheters
(%)
44,7
65,8
0,02
Dialyse
en
urgence
(%)
32
32,7
NS
Indice
de
masse
corporelle
(kg/m
2
)
23
4,2
27
7,9
<
0,001
Pression
arte
´rielle
systolique
(mmHg)
152
26,4
154
25,3
NS
Pression
arte
´rielle
distolique
(mmHg)
83,7
13,6
82,1
12,7
NS
Dose
d’
agents
stimulant
l’e
´rythropoı
¨e
`se
(UI/semaine)
6820
6102
4672
3913
<
0,001
Dose
d’
agents
stimulant
l’e
´rythropoı
¨e
`se
(UI/kg/semaine)
106
96
63
54
<
0,001
VIH
:
virus
de
l’immunode
´ficience
humaine
;
NS
:
non
significatif.
Tableau
2
Parame
`tres
biologiques
des
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
compare
´s
a
`ceux
des
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
au
moment
de
l’initiation
de
la
dialyse.
Patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
(n
=
101)
Patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
(n
=
201)
p
Dose
d’EPO
(UI/semaine)
6820
6102
4672
3913
<
0,0001
Dose
d’EPO/poids
106
96
63
54
<
0,0001
[Fer]
(
m
mol/L)
11,1
7,3
10,6
7,1
NS
Coefficient
de
saturation
de
la
tranferrine
(%)
25,1
16,5
21,1
13,8
<
0,05
[Ferritine]
(
m
g/L)
329,1
284,7
263,8
290,5
<
0,05
[He
´moglobine]
(g/dL)
9,7
1,6
(6,2–13,7)
10,7
1,8
(6–15,7)
<
0,0001
[Ure
´e]
(mmol/L)
37,4
12,9
36,8
10,9
<
0,001
[Cre
´atinine]
(
m
mol/L)
560
395
668
322
<
0,001
DFGe
(MDRD
;
mL/min/1,73
m
2
)
11,6
5
8,6
5,6
<
0,0001
HCO
3
(mmol/L)
16,7
5,4
18,5
4,9
<
0,0001
Calce
´mie
(mmol/L)
2,15
0,28
2,13
0,29
NS
Phosphore
´mie
(mmol/L)
1,9
0,6
1,9
0,6
NS
[Protides]
(g/L)
65,7
8,3
68,9
7,6
<
0,001
[Albumine]
(g/L)
35,7
5,6
36,9
5,2
<
0,005
[Prote
´ine
C-re
´active]
(mg/L)
28,2
56,5
27,5
48,5
NS
Prote
´inurie/
cre
´atinurie
(g/mmol)
317,8
304,6
412,7
440,5
NS
[Vitamine
D
25-OH]
(ng/mL)
15,3
8,6
20,6
14,8
0,0001
[1,25-OH
vitamine
D]
(pg/mL)
18,9
12,4
21,5
46
NS
[Parathormone]
(pg/mL)
65,8
15,2
74,2
19,5
NS
EPO
:
e
´rythropoı
¨e
´tine
;
DFGe
:
de
´bit
de
filtration
glome
´rulaire
estime
´e.
G.
Mourad
et
al.
/
Ne
´phrologie
&
The
´rapeutique
xxx
(2016)
xxx–xxx
4
G
Model
NEPHRO-846;
No.
of
Pages
6
Pour
citer
cet
article
:
Mourad
G,
et
al.
Retour
en
dialyse
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
:
comment
ame
´liorer
les
re
´sultats
dans
cette
population
fragile
?
Ne
´phrol
ther
(2016),
http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2016.01.007
avec
celui
rapporte
´dans
une
cohorte
de
16
728
patients
du
registre
nord-ame
´ricain
USRDS,
ou
`le
pourcentage
de
porteurs
de
fistule
arte
´rio-veineuse
fonctionnelle
est
de
19,1
%
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
contre
34,6
%
chez
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
[17].
Cela
sugge
`re
que
les
re
´sultats
me
´diocres
rapporte
´s
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
dans
l’analyse
du
registre
USRDS
sont
proba-
blement
dus
autant
a
`une
prise
en
charge
ne
´phrologique
non
optimale
aux
E
´tats-Unis
qu’aux
facteurs
de
comorbidite
´spe
´cifi-
ques
a
`ces
patients
[18].
4.
Conclusion
Le
retour
en
dialyse
apre
`s
l’e
´chec
de
la
transplantation
est
une
situation
a
`risque,
dans
une
population
fragilise
´e
par
un
long
passe
´
d’immunosuppression,
souvent
de
´nutrie
et
avec
de
multiples
comorbidite
´s.
La
maladie
re
´nale
chronique
du
patient
greffe
´e
´volue
de
fac¸on
acce
´le
´re
´e
avant
le
retour
en
dialyse,
dans
un
tableau
d’inflammation
et
de
de
´nutrition.
Une
prise
en
charge
optimale
des
complications
de
la
maladie
re
´nale
chronique
et
une
bonne
pre
´paration
a
`la
dialyse
sont
probablement
responsables
des
re
´sultats
plus
favorables
dans
les
se
´ries
franc¸aises
et
europe
´ennes
par
rapport
aux
E
´tats-Unis.
D’autres
e
´tudes
sont
ne
´cessaires
pour
de
´terminer
comment
ge
´rer
de
fac¸on
optimale
le
traitement
immunosuppresseur,
et
pre
´ciser
l’inte
´re
ˆt
et
le
moment
ide
´al
d’une
e
´ventuelle
ablation
du
greffon.
De
´claration
de
liens
d’inte
´re
ˆts
Les
auteurs
de
´clarent
ne
pas
avoir
de
liens
d’inte
´re
ˆts.
Re
´fe
´rences
[1]
Anon.
Rapport
annuel
2013
du
Re
´seau
e
´pide
´miologie,
information,
ne
´phro-
logie
(Rein).
Registre
franc¸ais
des
traitements
de
supple
´ance
de
l’insuffisance
re
´nale
chronique.
La
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Agence
de
la
biome
´decine;
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[Disponible
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http://www.agence-biomedecine.fr/
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patient
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post-graft
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[11]
Mourad
G,
Minguet
J,
Pernin
V,
Garrigue
V,
Peraldi
M-N,
Kessler
M,
et
al.
Similar
patient
survival
following
kidney
allograft
failure
compared
with
non-
transplanted
patients.
Kidney
Int
2014;86:191–8.
Fig.
1.
E
´volution
de
l’he
´moglobine
(a)
et
des
doses
d’
agents
stimulant
l’e
´rythropoı
¨e
`se
(b)
au
cours
des
12
mois
pre
´ce
´dant
la
dialyse
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
(DaT)
et
chez
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
(DnonT).
Fig.
2.
E
´volution
du
de
´bit
de
filtration
glome
´rulaire
estime
´par
la
formule
MDRD
au
cours
des
12
mois
pre
´ce
´dant
la
dialyse
chez
les
patients
dialyse
´s
apre
`s
un
e
´chec
de
transplantation
(DaT)
et
chez
les
patients
dialyse
´s
non
greffe
´s
(DnonT).
G.
Mourad
et
al.
/
Ne
´phrologie
&
The
´rapeutique
xxx
(2016)
xxx–xxx
5
G
Model
NEPHRO-846;
No.
of
Pages
6
Pour
citer
cet
article
:
Mourad
G,
et
al.
Retour
en
dialyse
apre
`s
e
´chec
de
transplantation
:
comment
ame
´liorer
les
re
´sultats
dans
cette
population
fragile
?
Ne
´phrol
ther
(2016),
http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2016.01.007
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