Audit interne en labo médical : contrôle efficace

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Internal audit in medical laboratory: What means of control for an effective
audit process?
Article · October 2013
DOI: 10.1684/abc.2013.0881·Source: PubMed
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Carine Garcia Hejl
Percy Army Training Hospital
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Journal IdentiïŹcation = ABC Article IdentiïŹcation = 0881 Date: September 30, 2013 Time: 12:45 pm
doi:10.1684/abc.2013.0881
615
Pour citer cet article : Garcia-Hejl C, Chianéa D, Dedome E, Sanmartin N, Bugier S, Linard C, Foissaud V, Vest P. Audit interne dans un laboratoire de biologie médicale :
quels moyens de maĂźtrise pour un processus d’audit efïŹcace ? Ann Biol Clin 2013 ; 71(5) : 615-24 doi:10.1684/abc.2013.0881
Qualité-Accréditation
Ann Biol Clin 2013 ; 71 (5) : 615-24
Audit interne dans un laboratoire de biologie
médicale : quels moyens de maßtrise
pour un processus d’audit efïŹcace ?
Internal audit in medical laboratory: what means of control
for an effective audit process?
Carine Garcia-Hejla
Denis Chianéaa
Emmanuel Dedome
Nancy Sanmartin
Sarah Bugier
Cyril Linard
Vincent Foissaud
Philippe Vest
Fédération des laboratoires,
HĂŽpital d’instruction des armĂ©es,
Clamart, France
<cgbiopercy@yahoo.fr>
aces deux auteurs ont également
contribué à la réalisation de ce travail.
Article recžu le 17 mai 2013,
acceptÂŽ
e le 11 juin 2013
RĂ©sumĂ©. AïŹn de prĂ©parer la visite du ComitĂ© francžais d’accrĂ©ditation (Cofrac)
pour l’accrĂ©ditation initiale de notre laboratoire de biologie mĂ©dicale (LBM),
notre direction a fait évaluer son systÚme de management de la qualité (SMQ)
et l’ensemble de ses activitĂ©s techniques. Cette Ă©valuation a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e sous la
forme d’un audit interne « externalisĂ© ». Les auditeurs ont Ă©tĂ© choisis pour leurs
compétences en audit, leur connaissance des référentiels en vigueur au LBM et
leur indépendance par rapport aux activités auditées. Plusieurs non-conformités
ont été relevées à cette occasion, dont un défaut de maßtrise du LBM sur plusieurs
Ă©tapes du processus d’audit interne. Au regard de ce constat, nous avons dĂ©ïŹni
les actions correctives nécessaires pour répondre aux exigences des référentiels,
Ă  savoir : la formalisation de l’ensemble des Ă©tapes, depuis la planiïŹcation de
l’audit jusqu’au suivi des actions correctives Ă  rĂ©aliser, et la mise en place des
ressources nécessaires pour mener à bien les audits dans les délais préétablis.
AïŹn d’assurer une maĂźtrise optimale des Ă©tapes, nous nous sommes appuyĂ©s sur
les outils de la gestion des risques : démarche processus, et analyse des modes
de défaillance, de leurs effets et de leur criticité (AMDEC). Cette méthodologie
nous a permis, aprĂšs une analyse critique de nos pratiques d’origine, de dĂ©ïŹnir
notre processus « Audit interne », puis de formaliser sa mise Ɠuvre et son suivi,
grĂące Ă  un systĂšme documentaire complet.
Mots clés : norme ISO 15189, démarche processus, analyse de risques, SMQ,
actions correctives
Abstract. To prepare the French Accreditation Committee (COFRAC) visit for
initial certiïŹcation of our medical laboratory, our direction evaluated its quality
management system (QMS) and all its technical activities. This evaluation was
performed owing an internal audit. This audit was outsourced. Auditors had an
expertise in audit, a whole knowledge of biological standards and were inde-
pendent. Several nonconformities were identiïŹed at that time, including a lack of
control of several steps of the internal audit process. Hence, necessary corrective
actions were taken in order to meet the requirements of standards, in particular,
the formalization of all stages, from the audit program, to the implementation,
review and follow-up of the corrective actions taken, and also the implemen-
tation of the resources needed to carry out audits in a pre-established timing.
To ensure an optimum control of each step, the main concepts of risk manage-
ment were applied: process approach, root cause analysis, effects and criticality
analysis (FMECA). After a critical analysis of our practices, this methodology
allowed us to deïŹne our “internal audit” process, then to formalize it and to
follow it up, with a whole documentary system.
Key words: ISO 15189 standard, process approach, risk analysis, quality mana-
gement, corrective actions
Tirés à part : C. Garcia-Hejl
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616 Ann Biol Clin, vol. 71, n◩5, septembre-octobre 2013
Qualité-Accréditation
Une notiïŹcation du Cofrac datant du mois d’avril 2013
stipule que le laboratoire de biologie médicale (LBM)
de l’hĂŽpital d’instruction des armĂ©es (HIA) Percy satis-
fait dĂ©sormais, pour l’option B, aux exigences de l’arrĂȘtĂ©
du 17 octobre 2012 dĂ©ïŹnissant les conditions justiïŹca-
tives de l’entrĂ©e effective d’un LBM dans une dĂ©marche
d’accrĂ©ditation.
Au cours du mois de fĂ©vrier 2013, sans attendre la notiïŹ-
cation du Cofrac, la direction du laboratoire a fait auditer
l’ensemble des activitĂ©s du LBM, aïŹn de se prĂ©parer Ă  la
visite sur site du Cofrac dans le cadre de l’accrĂ©ditation
initiale, celle-ci Ă©tant envisagĂ©e pour la ïŹn de l’annĂ©e 2013.
Souhaitant se mettre dans les conditions d’un audit externe,
la direction du laboratoire a mandaté, en accord avec la
direction de l’hĂŽpital et l’inspection du service de santĂ©
des armées (ISSA), deux auditeurs du service de santé des
armées, un biologiste (auditeur technique) et un ingénieur
d’étude et de fabrication qualiticien (auditeur qualitĂ©). Ces
deux auditeurs n’ayant aucun lien avec les secteurs du LBM,
étaient parfaitement indépendants des activités auditées,
comme l’exige la norme NF EN ISO 15189 [1]. L’audit de
conformité a été conduit par rapport à trois des principaux
référentiels en vigueur au LBM, à savoir : le guide de bonne
exécution des analyses de biologie médicale (GBEA) [2],
la norme NF EN ISO 15189, et le document de référence
COFRAC SH REF 02 [3].
L’audit s’est dĂ©roulĂ© sur cinq jours ; le champ couvrait
l’ensemble du SMQ et des activitĂ©s techniques du LBM, Ă 
l’exception des analyses de biologie dĂ©localisĂ©e et des acti-
vitĂ©s d’hygiĂšne hospitaliĂšre. En effet, ces deux domaines
accréditables ne relÚvent pas de la norme NF EN ISO 15189,
mais respectivement des normes NF EN ISO 22870 [4] et
17025 [5].
Plusieurs non-conformités ont été relevées à cette occasion,
dont un écart critique correspondant à un défaut de forma-
lisation pour la planiïŹcation, la rĂ©alisation et l’exploitation
des audits internes réalisés par le LBM.
Forts de ce constat, nous avons décidé de procéder à une
analyse prĂ©cise des risques et des causes profondes, aïŹn
de dĂ©ïŹnir les actions correctives nĂ©cessaires Ă  la maĂźtrise
optimale des audits internes.
État des lieux
Présentation du LBM
Le LBM est une structure « monosite », composĂ©e d’un
service de biologie et d’un service de biochimie, toxicologie
et pharmacologie cliniques. Ces deux services sont intégrés
au sein d’une fĂ©dĂ©ration des laboratoires (FL) « monobloc »
qui compte Ă©galement un service d’anatomocytopathologie.
Le service de biologie comprend cinq unités fonctionnelles
(UF) techniques : l’UF2 BactĂ©riologie - HygiĂšne, l’UF3
HĂ©matologie - HĂ©mostase - CytomĂ©trie de ïŹ‚ux, l’UF4
MycobactĂ©ries, l’UF5 SĂ©rologie, et l’UF6 Biologie molĂ©-
culaire.
Le service de biochimie, toxicologie et pharmacologie cli-
niques rassemble quatre UF techniques : l’UF7 Biochimie,
l’UF8 ÉlectrophorĂšses - ImmunoïŹxations - IsoĂ©lectro-
focalisations, l’UF9 Pharmaco-toxicologie, et l’UF 10
Sous-traitances (envois).
Pour maßtriser au mieux les risques liés à ces activités, le
LBM a organisé son SMQ autour de vingt et un processus
(ïŹgure 1).
Huit processus de réalisation (PRB1 à PRHY) structurent
les activitĂ©s de production ; elles sont elles-mĂȘmes super-
visées par cinq processus de pilotage (PP1 à PP5), et sont
soutenues par huit processus support (PS1 Ă  PS8).
Chaque processus est dĂ©ïŹni dans un document rĂ©fĂ©-
rencé (procédure ou dossier processus) décrivant les
sous-processus éventuels, les étapes clés, les acteurs, les
objectifs, les ressources, et les moyens mis en place pour
assurer la maßtrise des risques associés aux différentes
Ă©tapes du processus. L’audit interne, rattachĂ© au processus
de pilotage PP5 « Amélioration continue de la qualité »,
constitue l’un de ces moyens de maütrise.
Problématique
En confrontant les pratiques du LBM aux exigences du
paragraphe 4.14.5 de la norme ISO NF EN 15189 [1],
plusieurs Ă©carts peuvent ĂȘtre relevĂ©s :
- l’effectif en personnels compĂ©tents en audits et habili-
tĂ©s Ă  les rĂ©aliser, est insufïŹsant pour Ă©valuer l’ensemble
des activités du SMQ dans de bonnes conditions. Deux des
trois auditeurs référents sont impliqués dans la majorité des
activités du SMQ ; de par leurs fonctions respectives de res-
ponsable qualitĂ© (RQ) et de cadre de santĂ©, l’indĂ©pendance
de ces deux personnels vis-à-vis des activités auditées ne
peut ĂȘtre garantie en tout temps et en tout lieu. La criticitĂ©
de cette non-conformitĂ© doit nĂ©anmoins ĂȘtre relativisĂ©e, car
tous les audits internes sont toujours réalisés par deux audi-
teurs, l’un d’eux se portant garant de l’impartialitĂ© de celui
qui est le plus impliquĂ© dans l’activitĂ© ou le secteur auditĂ© ;
- l’exigence Ă©tablissant que toutes les activitĂ©s soient Ă©va-
luĂ©es au cours d’un cycle d’audits et la recommandation
que ce cycle soit accompli au cours d’une annĂ©e, ne sont pas
systĂ©matiquement respectĂ©es par le LBM. Jusqu’en 2009,
les évaluations étaient essentiellement basées sur des audits
ponctuels ou « audits problÚmes », ciblés sur des thÚmes
particuliers ou des problĂšmes rĂ©currents. À partir de 2009,
avec l’entrĂ©e progressive du LBM dans la dĂ©marche pro-
cessus, ces « audits problÚmes » ont été complétés par des
audits de processus. Ces derniers font l’objet d’une pro-
Journal IdentiïŹcation = ABC Article IdentiïŹcation = 0881 Date: September 30, 2013 Time: 12:45 pm
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Maßtrise du processus audit interne dans un laboratoire de biologie médicale
CARTOGRAPHIE DES PROCESSUS DU LABORATOIRE DE BIOLOGIE MEDICALE DE L’HIA PERCY
É
QUIPE
SOIGNANTE
P
ATIENT
PRB5 BIOLOGIE DELOCALISEE (Norme NF EN ISO 22870)
PRPC PRESTATION CONSEIL
PRNC GERER LES PRODUITS NON-CONFORMES
PROCESSUS DE REALISATION
PRB1
P
RE-ANALYTIQUE
PRB2
A
NALYTIQUE
PRB4
P
OST-ANALYTIQUE
PRB3
S
OUS-TRAITANCE
PRHY HYGIÈNE HOSPITALIÈRE (Norme NF EN ISO 17025)
RÉFÉRENTIELS
RÉGLEMENTAIRES
ET NORMATIFS :
‱ GBEA
‱ Ordonnance 2010-
49 du 13 janvier
2010
‱ ArrĂȘtĂ© du 17
octobre 2012
‱ Norme NF EN ISO
15189
‱ Norme NF EN ISO
22870
‱ Norme NF EN ISO
17025
R
ESULTATS ET
CONSEILS
CONFORMES
TRANSMIS AU
BON
DESTINATAIRE
DANS LES DELAIS
ANNONCES
R
EVUE DE
DIRECTION
DONNEURS
D’ORDRE :
‱ DCSSA
‱ ARS
‱ ISSA
PS3
MAITRISER LES
CONDITIONS
ENVIRON-
NEMENTALES
PS4
GERER LES
PRESTATIONS
INTERNES/
EXTERNES ET LES
REVUES DE
CONTRAT
PS1
MAITRISER LES
ENREGISTRE-
MENTS
PS2
MAITRISER LES
DOCUMENTS
PS5
GERER LA
METROLOGIE
PS6
MAITRISER LES
SYSTEMES
D’INFORMATION
PS7
MAITRISER
L’HYGIENE ET LA
SECURITE
PS8
GERER LES
SERVICES
EXTERNES ET
LES APPROVISIO-
NNEMENTS
PROCESSUS SUPPORT
PP3
G
ERER LES
RESSOURCES
PP4
C
HOISIR ET VERIFIER
(OU VALIDER) LES
METHODES
PP1
O
RGANISER,
MANAGER ET
COMMUNIQUER
PP5
A
MELIORER EN
CONTINUE LA
QUALITE
PP2
E
VALUER LES
COMPETENCES,
FORMER ET
HABILITER
PROCESSUS DE PILOTAGE
REVUE DE
DIRECTION
E
x
i
g
e
n
c
e
s
S
a
t
i
s
f
a
c
t
i
o
n
s
Figure 1. Macrocartographie des processus du LBM. DCSSA : Direction centrale du service de santé des armées ; ARS : Agence régionale
de santé.
grammation annuelle, mais les échéances pré-établies ne
sont pas toujours respectĂ©es et, jusqu’en fĂ©vrier 2013, il a
fallu prùs de deux ans pour que l’ensemble des processus du
SMQ soit auditĂ©, notamment grĂące au programme d’audits
croisĂ©s planiïŹĂ© par la dĂ©marche d’accompagnement de
la société BioQualité. Les causes profondes de cet écart
sont multiples. Elles sont en grande partie liées au sous-
effectif d’auditeurs internes. Elles sont Ă©galement dues
à une augmentation considérable de la charge de travail
imposĂ©e au LBM, Ă  la fois Ă  cause de l’application pro-
gressive des exigences des référentiels normatifs, mais des
contraintes administratives de l’arrĂȘtĂ© du 17 octobre 2012,
rĂ©glementant l’entrĂ©e effective du LBM dans la dĂ©marche
d’accrĂ©ditation selon l’option B. Comme beaucoup de
LBM, notre laboratoire a dĂ» rĂ©aliser en l’espace de deux
ans : la dĂ©ïŹnition, la cartographie et l’encadrement de
l’ensemble des processus de son SMQ, les actions du pro-
gramme d’accompagnement de la sociĂ©tĂ© BioQualitĂ©, dont
les audits croisés avec un LBM partenaire, le renseigne-
ment des grilles de qualiïŹcation, et enïŹn la constitution
du dossier de demande de vĂ©riïŹcation de l’entrĂ©e effective
du LBM dans la dĂ©marche d’accrĂ©ditation [5]. Cette non-
conformitĂ© doit Ă©galement ĂȘtre relativisĂ©e, car la pĂ©riode
d’un an pour un cycle d’audits complet, ne constitue qu’une
recommandation de la norme NF EN ISO 15189 ; elle ne
devient opposable que dans la mesure oĂč les ressources du
LBM permettent de respecter cette contrainte. Par ailleurs,
l’ensemble du SMQ a pu ĂȘtre auditĂ© Ă  deux reprises : une
premiĂšre fois, entre 2010 et 2012, par le biais des audits
croisĂ©s, et une seconde, en fĂ©vrier 2013, avec l’audit interne
externalisé ;
- le LBM suit une méthodologie conforme aux lignes
directrices dĂ©ïŹnies dans la norme NF EN ISO 19011
[6] pour réaliser ses audits internes, mais ne dispose pas
de l’ensemble des documents internes nĂ©cessaires Ă  la
formalisation de leur mise en Ɠuvre. L’origine de cette non-
conformité est liée au fait que la rédaction de ces documents
n’a pas Ă©tĂ© une prioritĂ© pour la direction du LBM. Cet Ă©cart
est critique, car il existe un risque potentiel de dérives lors
de la réalisation des audits internes par le LBM ;
- le processus d’audit souffre d’un manque d’efïŹcacitĂ©, Ă  la
fois dans la mise en Ɠuvre des actions correctives dans des
délais restreints, et dans le suivi de ces actions. Nous sortons
lĂ  du cadre stricto sensu de l’audit, car la dĂ©ïŹnition des
actions correctives ne constitue pas Ă  proprement parler une
Ă©tape de l’audit interne, mais dĂ©coule de l’exploitation par
la direction des constats de ce dernier. Les causes profondes
de ce manque d’efïŹcacitĂ© sont imputables Ă  une rĂ©partition
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618 Ann Biol Clin, vol. 71, n◩5, septembre-octobre 2013
Qualité-Accréditation
inĂ©gale de la charge de travail gĂ©nĂ©rĂ©e par l’amĂ©lioration
continue du SMQ, et parfois, à un manque d’implication de
certains personnels responsables de la mise en Ɠuvre des
actions dĂ©ïŹnies.
Cette problématique ayant été posée, il convient maintenant
de s’intĂ©resser aux moyens de maĂźtrise et Ă  la mĂ©thodologie
mise en Ɠuvre pour les dĂ©ïŹnir.
Moyens de maĂźtrise
Les actions d’amĂ©lioration proposĂ©es pour renforcer la maĂź-
trise des audits internes reposent sur trois étapes préalables :
la dĂ©ïŹnition du processus « Audit interne », la cartographie
des risques associĂ©s et l’évaluation de leur criticitĂ©. Les
deux étapes suivantes sont la formalisation des pratiques,
et la mise en place des ressources nécessaires (ressources
critiques). EnïŹn, l’efïŹcacitĂ© de l’ensemble de ce disposi-
tif doit ĂȘtre rĂ©guliĂšrement Ă©valuĂ©e grĂące Ă  un dispositif de
surveillance, basé sur des indicateurs de performance.
DĂ©ïŹnition du processus «Audit interne »
Le processus « Audit interne » est en réalité un sous-
processus intégré au processus de pilotage PP5 « Processus
d’amĂ©lioration continue de la qualitĂ© »(ïŹgure 1). Sa
dĂ©ïŹnition obĂ©it aux rĂšgles adoptĂ©es pour l’ensemble des
processus ou sous-processus du SMQ. Elle repose sur
une procédure (ou dossier sous-processus) comprenant les
rubriques suivantes, et la description de l’ensemble des
étapes du sous-processus (tableau 1):
- FinalitĂ© : la ïŹnalitĂ© de ce sous-processus est de dĂ©montrer
que l’ensemble des processus du SMQ rĂ©pond aux besoins
et exigences des utilisateurs ; elle est également de garantir
la conformitĂ© du SMQ aux rĂ©fĂ©rentiels en vigueur, et enïŹn
de contribuer Ă  l’amĂ©lioration continue du SMQ.
- Pilote du processus : référent audit interne.
- Clients (mandataires) : direction du laboratoire et don-
neurs d’ordre (ISSA : inspection du service de santĂ© des
armées).
- Parties prenantes : mandataire, auditeurs et ensemble des
personnels audités du LBM.
- Exigences clients (mandataires) : les audités doivent co-
opĂ©rer et ĂȘtre transparents vis-Ă -vis de l’équipe d’audit ; les
auditeurs doivent s’engager sur la conïŹdentialitĂ©, l’objec-
tivitĂ©, la pertinence et l’exhaustivitĂ© des constats relevĂ©s au
regard des objectifs d’audit ïŹxĂ©s par le mandataire.
- Exigences réglementaires et normatives (a minima,eten
fonction des domaines audités) : norme ISO 19011 [6],
normes ISO 15189 [1], norme ISO 17025 [7] et norme NF
EN ISO 22870 [8], document Cofrac SH REF 02 [3].
- DonnĂ©es d’entrĂ©e : le programme annuel des audits
internes, la lettre de mandatement, les référentiels en
vigueur, la derniùre revue de direction, les rapports d’audits
précédents, les non-conformités majeures et les réclama-
tions clients enregistrées depuis le dernier audit, les résultats
d’exploitation des indicateurs du sous-processus « Audit
interne ».
- DonnĂ©es de sortie : les enquĂȘtes d’opinion menĂ©es auprĂšs
des auditĂ©s, les preuves d’audit (observations, entretiens,
etc.), le rapport d’audit et les ïŹches de non-conformitĂ© ;
en fonction de la commande : les propositions d’actions
correctives, prĂ©ventives et/ou d’amĂ©lioration.
- Interface avec les autres processus : l’ensemble des pro-
cessus du SMQ est concerné ; les processus de pilotage
sont plus particuliÚrement impliqués pour la conduite des
rétroactions.
- Cartographie du sous-processus « Audit interne » :
elle comprend pour chaque étape du sous-processus : les
acteurs, les référentiels opposables et les documents appli-
cables (ïŹgure 1).
Cartographie des risques
La cartographie des risques est une étape essentielle pour
encadrer le processus et dĂ©ïŹnir les moyens Ă  mettre en
Ɠuvre [9].
Elle dĂ©ïŹnit, pour chaque Ă©tape du sous-processus
(tableau 2) : les risques associés, la criticité des risques
au regard de leurs effets, et les moyens Ă  mettre en place
pour Ă©viter que les causes identiïŹĂ©es ne surviennent (risques
potentiels) ou ne se reproduisent (risques avérés).
Évaluation de la criticitĂ© des risques
L’évaluation de la criticitĂ© des risques est basĂ©e sur le sys-
tĂšme d’analyse des modes de dĂ©faillance, de leurs effets et
de leur criticité (AMDEC).
La criticité des risques est fonction de leurs impacts ou de
leurs effets ; elle correspond au produit des scores de chacun
des trois critÚres : détectabilité (D), gravité (G) et fréquence
(F) des effets induits (tableau 3). Ce calcul permet de hié-
rarchiser les moyens de maĂźtrise Ă  mettre en place : plus la
criticitĂ© d’un risque est Ă©levĂ©e, plus le risque est critique, et
plus la mise en place du moyen de maßtrise destiné à lutter
contre la ou les cause(s) associĂ©e(s) Ă  ce risque doit ĂȘtre
priorisée.
L’histogramme reprĂ©sentatif des risques classĂ©s par ordre
dĂ©croissant de score de criticitĂ© (ïŹgure 2), montre que le
nombre de risques « majeurs », c’est-Ă -dire dont le score
est particuliÚrement élevé (score de criticité supérieur ou
égal à 30), correspond à environ 20 % du nombre total des
risques identiïŹĂ©s.
En agissant prioritairement sur les risques « majeurs », cela
contribue à renforcer considérablement le niveau de maß-
trise du sous-processus « Audit interne ». Nous retrouvons
ici le principe de la loi de Pareto, selon laquelle 80 % des
1 / 11 100%
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