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EPI du Brevet version finale

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Partition de l’hymne soviétique
Affiche de publicité pour la
sortie du film “L’ombre de
Staline”
La propagande Stalinienne
par Armand CHOUTET, Baptiste COSTAGLIOLI, et François DANJOUX
« LONGUE VIE AU GRAND STALINE »
Le mausolée de Lénine
1
L’ouvrier et la kolkhozienne
Sommaire
Introduction (p. 3)
Œuvre principale : “Longue vie au grand Staline” (p. 4)
Œuvres mineures :
1. “L’ombre de Staline” (p. 8)
2.L'Ouvrier et la Kolkhozienne (p.10)
3.Le mausolée de Lénine (p. 12)
4.L’hymne national de l’URSS (p. 14)
Sources(p. 17)
2
Introduction
Après la mort de Lénine en 1924, Staline s’impose progressivement comme
dirigeant de l’URSS. Dès 1928, il y installe un régime totalitaire, marqué par la
suppression des libertés, la violence de la répression et par le strict contrôle de
l’économie par l’État. Reprenant les idées marxistes-léninistes de son prédécesseur,
Staline collectivise les terres, et industrialise le pays au moyen de plans quinquennaux.
Pour populariser le régime en place, le parti unique communiste a recours à la
propagande qu’il utilise massivement.
Les totalitarismes sont des systèmes où un homme, ou un parti, impose une
idéologie officielle par des moyens répressifs et une très forte propagande. Lorsque
Josef Staline est à la tête de l’URSS, il n'a pas hésité à utiliser la propagande pour
idéaliser son pays. La propagande est l'ensemble des actions et des moyens mis en
œuvre pour répandre et faire prévaloir une idée, une opinion, une doctrine. Ainsi, l’art
est souvent utilisé au service de sa propagande notamment par les artistes issus du
réalisme soviétique, courant artistique officiel de l'URSS de 1934 à 1989. Les artistes
y glorifient le régime soviétique, ils mettent en avant la révolution communiste, le
peuple pour servir les intérêts de Staline.
Dans quelle mesure l’art est-t-il un moyen de propagande au service du régime
communiste de Staline ?
Afin de répondre à cette problématique, nous verrons à travers l'œuvre
principale, l'affiche “Longue vie au grand Staline, les caractéristiques de la propagande
soviétique, notamment le recours au culte de la personnalité. Puis nous étudierons
trois œuvres d'art, ”L’ouvrier et la kolkhozienne”, ”Le mausolée de Lénine" ainsi que
“l’hymne national de l’URSS” qui illustrent parfaitement la propagande nationale
stalinienne. Enfin, nous décrirons et expliquerons comment le film “L'ombre de Staline”
dénonce le décalage qui existait entre les représentations faites à travers les outils de
la propagande stalinienne et la réalité.
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Œuvre majeure : « LONGUE VIE AU GRAND STALINE »,
Affiche de Sirocenqo, 1938
“Longue vie au grand Staline”
I.
Contextualisation et présentation
L’œuvre principale que nous allons vous présenter est une affiche de
propagande, dont le titre est « Longue vie au grand Staline ». Cette affiche de
propagande est commandée en 1937 par Staline et son parti communiste, et est
affichée en 1938 dans toutes les grandes villes russes, à l’occasion du cinquanteneuvième anniversaire du dictateur de l’URSS. Le réalisateur de cette œuvre est
Sirocenqo (Sirocenqo est un artiste soviétique, représentant du réalisme socialiste
4
soviétique, auteur d'affiches de propagande soviétique, représentant souvent
Staline.), et le destinataire est le peuple d’URSS.
Dans un premier temps, nous situerons l’affiche dans le temps et dans l’espace
en la présentant, dans un deuxième temps nous décrirons l’œuvre d’art, et dans un
troisième temps, nous tenterons de l’analyser.
En 1938, L’URSS a subi des longs procès et purges de Moscou, où entre 700
000 et 800 000 personnes sont exécutées, dont un tiers des officiers de l'Armée rouge
qui ont été arrêtés ou fusillés. A la veille de la seconde guerre mondiale, alors que le
deuxième plan quinquennal touche à sa fin et que son bilan s’avère plutôt mitigé, le
parti communiste souhaite accroître sa productivité par un encadrement renforcé des
travailleurs, notamment dans les secteurs industriels privilégiés par Staline : l’industrie
lourde, et en particulier l’exploitation minière, la métallurgie et l’armement. En outre,
sur le plan international, le pays entretient des relations tendues avec l’Allemagne
nazie, poussant à la course à l’armement entre les deux puissances.
D’un point de vue artistique, cette affiche doit être accessible d’emblée à un
public qui n’a pas forcément de références culturelles. Malgré le décret sur
l’alphabétisation signé en 1919 par Lénine, seulement 56 % de la population sait lire
et écrire. L’artiste doit être un « ingénieur des âmes ». Pour autant, le réalisme ne doit
pas copier les représentations de la réalité mais il doit les sublimer. Ces œuvres sont
souvent imprégnées de nationalisme, et doivent glorifier les valeurs prônées par le
pouvoir : le travail, le parti, et le « guide » en la personne de Staline. Les avantages
de ce type de support sont sa facilité de diffusion, peu importe le type de milieu, rural
ou urbain.
II.
Description de l’oeuvre
Au premier plan de l’affiche, nous pouvons voir un cortège presque militaire de
jeunes filles en uniforme constitué d’une jupe bleue, d’une chemise blanche, et d’un
foulard rouge. Certaines d’entre elles brandissent des fleurs pour acclamer Staline.
Ces jeunes filles appartiennent aux Komsomols, jeunesses communistes
embrigadées dès le plus jeune âge afin de former de bons communistes.
Au centre de l’affiche, le buste de Staline se tient, surdimensionné. Il porte une
chemise blanche, ce qui symbolise la pureté. Son visage est serein, souriant, et son
regard est porté sur l’avenir. Il est au deuxième plan, mais les personnes du premier
plan n 'ayant pas de visages, on ne voit que lui, au centre de l’image, donnant ainsi
l’impression visuelle de dominer complètement l’affiche.
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A l’arrière-plan, du côté droit de l’affiche, on distingue des soldats, fusils à
l’épaule, prêts à se battre. Ils regardent leur chef et semblent heureux et fiers de le
servir en lui souhaitant "longue vie", d'après le slogan de l'affiche. A gauche, il y a des
paysans et des ouvriers qui arborent des drapeaux communistes comportant un
marteau (pour l’ouvrier) et une faucille (pour le kolkhozien). Derrière eux, on aperçoit
le Kremlin, siège du pouvoir politique et symbole de l’autorité de l’URSS, avec un défilé
de chars et d’avions de chasse en vol.
Tout en bas de l’affiche, se trouve un titre en lettres rouges, couleur du
communisme, en langue géorgienne pour la première ligne, car Staline est originaire
de Géorgie, et en russe pour les deuxième et troisième lignes. On peut traduire cette
légende par : « Longue vie au grand Staline ».
Dans la scène représentée par Sirocenqo, tout converge vers Staline : les chars
avancent vers lui, les lignes de fuite convergent vers lui : les membres du défilé
alignés, la queue de l’avion le plus proche sur la photo, tous les regards des
militaires…etc. Cette affiche est constituée d’une juxtaposition de plusieurs scènes,
comme un photomontage.
III.
Analyse et interprétation de l’oeuvre
Le message que veut communiquer l’affiche est une représentation de Staline
comme un chef adoré par son peuple : la jeunesse, les paysans, les ouvriers et
l’armée. Staline est le guide, le protecteur, et il est vénéré par le peuple russe, duquel
il est surnommé « le Petit Père des peuples » : c’est le culte de la personnalité.
L'adjectif "grand" et son portrait qui domine l'affiche insistent sur la supériorité de
Staline qui s'appuie sur ce culte de la personnalité pour contrôler la population et faire
appliquer les lois communistes.
Staline ne semble pas s'intéresser aux hommages qui lui sont rendus, mais il
regarde avec confiance vers l’avenir qui s’annonce difficile : le ciel est grisé à droite,
laissant présager une guerre à venir. Cette idée de la confiance envers le peuple se
traduit dans l'affiche par le fait que Staline tourne le dos au peuple, qui est représenté
comme heureux. La politique de remilitarisation du pays décidée par Staline prend
ainsi tout son sens. Elle permettra ainsi à l’URSS d’être prête pour la guerre, grâce à
Staline. La puissance militaire est d'ailleurs représentée par les chars au fond à
gauche, et par les avions qui survolent la scène, avions qui sont également symbole
des progrès faits grâce à Staline. En effet, l’affiche date de 1938, soit un an avant la
Seconde Guerre mondiale. De surcroît, Staline porte une tenue de maréchal de l’Union
Soviétique, une décoration créée par lui en 1935 et qui se trouve au sommet des
distinctions de la hiérarchie militaire : un moyen de rappeler qu’il est le chef de l’armée.
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Représentés à ses côtés, les soldats semblent disciplinés et prêts à se battre pour
Staline et sont confiants. Le pays peut aussi compter sur les chars et les avions, que
l’industrie russe a fabriqués, représentés à l'arrière-plan. Staline est en effet considéré
comme un bienfaiteur qui est à l’origine de la prospérité et de la puissance du pays.
Cependant, l’affiche de propagande de 1938 est loin de la réalité : la situation
du pays n’est pas si réjouissante, notamment sur le plan militaire car l’armée connaît
des faiblesses : de nombreux officiers appartenant à l’ancienne noblesse tsariste ont
été éliminés à la suite des procès de Moscou. De même, Staline est loin d’avoir le
soutien de tous les Soviétiques et utilise la terreur et la violence pour supprimer toute
opposition, notamment lors des procès de Moscou de 1936-1938 et de la Grande
Terreur en 1937-1938. En effet les dictateurs Staline et Lénine doivent imposer
l’idéologie marxiste-léniniste à un peuple désuni par la guerre civile qui oppose l’armée
rouge (communiste), aux blancs (tsaristes). Ils doivent aussi relancer l’économie du
pays rétrécit en 1917 d’un million de kilomètres carrés par le traité allemand de BrestLitovsk. Le parti communiste emploie donc les grands moyens contre les opposants,
notamment lors des procès de Moscou de 1936-1938 et de la Grande Terreur en 19371938.
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Première œuvre mineure: L’ombre de Staline (film 2019)
affiche de publicité pour la sortie du film “L’ombre de Staline”
I.
Contextualisation et présentation
Afin de répondre à la problématique nous verrons à travers le film l’Ombre de
Staline le décalage qui existait entre les représentations faites à travers les outils de
propagande et la réalité. Ce long métrage de la réalisatrice polonaise Agnieszka
Holland est sortie en 2019
II.
Description et analyse de l’oeuvre d’art
À travers les péripéties de Gareth Jones, jeune journaliste employé par le
premier ministre britannique et affecté à la politique étrangère,. L’expérience de ce
journaliste envoyé sur le terrain permet de décrypter les rouages de la propagande
soviétique, tout en révélant une réalité amère. Le héros se retrouve, par la faute de la
crise financière, licencié par le ministère. Il ne continue pas moins à s’intéresser aux
systèmes totalitaires et se penche sur l’URSS. Une question le taraude : comment
Staline parvient-il à financer tous ses projets de réindustrialisation alors que les
caisses du Kremlin sont vides ? Après avoir obtenu un visa de journaliste, il s’envole
vers la capitale soviétique. À peine arrivé sur place, Gareth apprend la mort de l’un de
ses amis, lui aussi journaliste. Comme le prouve cet assassinat, la liberté d’expression
qui est arme des journalistes, est réprimée par le régime. Deux journalistes présents
à Moscou depuis longtemps, Walter Duranty et Ada Brooks le confirment, tout en le
mettant en garde : Gareth s’intéresse à un sujet dangereux sur lequel les journalistes
ne peuvent mener leurs recherches comme ils le veulent. Il part alors en Ukraine avec
un officier du régime pour essayer de découvrir les secrets. Arrivé à destination, il
fausse compagnie à son guide. Sa liberté retrouvée, Gareth découvre qu’en Ukraine,
la famine fait rage. C’est paradoxal : la production de blé est pourtant abondante.
Après une halte dans une famille ukrainienne, chassé par la police, le héros assiste
au spectacle d’une famille d’orphelins qui mangent leur frère mort de faim. Arrêté par
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la police russe, Gareth est finalement ramené à Moscou. Il a alors découvert “la grande
famine d’Ukraine”, organisée par Staline entre 1932 et 1933 pour punir le peuple
ukrainien de ne pas avoir voulu “collectiviser leurs terres dans des fermes
communautaires” - les kolkhozes. On compte pour cette famine entre 2 et 5 millions
de morts. De retour à Moscou, Gareth Jones redécouvre un monde où règne le
mensonge. Walter Duranty, par exemple, que Gareth a rencontré à son arrivée, est
corrompu par le régime pour faire des articles élogieux envers l’URSS. Renvoyé au
Royaume-Uni, le jeune journaliste vit sous une menace constante : s’il parle dans la
presse de ce qu’il a vu en Ukraine, six ingénieurs anglais, seront alors fusillés. À cette
pression soviétique s’ajoute la lâcheté de son gouvernement, qui le force au silence.
Après une rencontre chanceuse avec le directeur du New-York Times , Gareth finit par
publier son article à New York : presque personne ne le croit. Il meurt en 1939 à la
suite d’un mystérieux enlèvement en Mongolie.
Pour mieux nous faire comprendre ce décalage terrible entre la vérité et son
faux-semblant diffusé par le monde médiatique chapeauté par Staline, Agnieszka
Holland bâtit son film sur une opposition. Deux situations complètement différentes
sont mises en regard : le luxe de la vie mondaine à Moscou à la famine en Ukraine.
Gareth est témoin de ces deux univers. Il découvre à Moscou des journalistes
qui mènent une vie festive, aux frais du régime. Logés dans de somptueux hôtels, ces
journalistes corrompus peuvent aussi profiter des nombreux plaisirs. Ils en oublient
ainsi toute velléité d’enquête lors de leur séjour en URSS. En parallèle, Staline
organise une surveillance permanente de la sphère médiatique. Les journalistes sont
écoutés par des membres de la police politique et peuvent être à tout moment arrêtés.
Dans un second temps, la réalisatrice donne à voir la face cachée de l’URSS,
au moyen du voyage illégal de Gareth en Ukraine. Le film joue sur la vaine
communication et l’impossible réception de la vérité. Les deux pôles de ce film,
Moscou et l’Ukraine, sont trop éloignés pour cela. L’écart est d’ailleurs creusé par le
jeu que Agnieszka Holland fait de l’image et de la couleur. En effet, la première partie
du film est marquée par une atmosphère chaleureuse où sont exposées des couleurs
vives, traduisant le luxe dans lequel les journalistes évoluent dans la capitale de
l’URSS. Lorsque Jones est en Ukraine, en revanche, l’essentiel des scènes est tourné
à l’extérieur, dans un paysage désertique et sans couleur, balayé par un vent glacial ;
la neige, les arbres dénudés et noirs ; les maisons en bois sombre et les cadavres
empilés sur des charrettes composent un univers presque noir et blanc.
En opposant ces deux situations, la réalisatrice dénonce la supercherie
communiste de n’avoir pas communiqué la réalité de la situation en Ukraine. Cette
tromperie est à la fois une propagande nationale et internationale. Staline ne donne
aucune information sur l’État réel de son pays qui est à bout de souffle par rapport aux
autres pays. D’un point de vue national, les personnes présentes à Moscou ne
savaient rien de ce qu’il se passait à quelques centaines de kilomètres de leur pays.
Cette ignorance du peuple permet à Staline de garder un culte de la personnalité et
d’éviter une révolte de son peuple. Derrière cette supercherie se cache une vérité qui
est restée très longtemps dans le plus grand secret.
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2.Oeuvre mineure: L’ouvrier et la kolkhozienne
“L’ouvrier et la Kolkhozienne”
I.
Présentation et contexte
A partir de 1929, Staline entreprend la collectivisation des terres et décide
d’accélérer la transformation de l’économie en donnant la priorité à l'industrie lourde.
Mené avec une grande brutalité, ce projet rencontre l'opposition de la paysannerie, les
résultats attendus sont catastrophiques et Staline redouble sa propagande pour faire
accepter ce projet.
Cette sculpture qui se rattache au réalisme soviétique a été réalisée par l’artiste
Véra Moukhina pour répondre à la commande de Staline qui dirigeait l’URSS afin de
décorer le pavillon soviétique lors de l'exposition universelle de 1937 qui s’est tenue à
Paris en 1937. Tandis que les soviétiques étaient pour la première fois invités à un tel
évènement Staline, dirigeant de l'URSS veut montrer au monde entier, la gloire du
communisme.
I.
Description de l’œuvre d’art et analyse
Véra Moukhina et l’architecte Boris Iofane ont été inspirés par la sculpture des
Tyrannoctones Harmodius et Aristogeiton, le duo grec qui avait assassiné un tyran
perse et amené la démocratie à Athènes.
La statue est composée de deux personnages, une femme et un homme qui
symbolisent tous deux les deux branches du prolétariat : paysan et industriel. L'ouvrier,
tenant un marteau et la kolkhozienne, tenant une faucille. Ces deux instruments sont
les symboles de l'idéologie communiste. La statue, haute de 25 mètres, sert par sa
grandeur à montrer la puissance de ce pays.
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L'utilisation de l’acier n'est pas anodine ici : Staline qui signifie « Homme
d'acier» considère ce matériau comme le symbole de la réussite industrielle de
l'URSS. De plus, la statue de 80 tonnes réalisée en acier inoxydable d’alliage, fer,
chrome, nickel montrait au monde entier les progrès industriels et métallurgiques de
l’URSS.
Dans cette composition chaque position est pensée afin de représenter les
objectifs du régime. Les personnages semblent conquérants comme s’ils voulaient
répandre l’idéologie communiste. Par la présence d'un homme et d'une femme,
l'artiste souhaitait également évoquer l'idée de l’égalité. Ils représentent « l’homme
nouveau » en URSS (femme jeune, belle, bien faite, bien proportionnée, musclée et
homme torse nu jeune, grand, beau, et musclé), désormais nouveaux héros d’une
société sans classe, dans laquelle la classe ouvrière a pris le pouvoir et la classe
bourgeoise a disparu. Les pieds et les bras vers l’avant signifient que le pays va de
l’avant, vers l’avenir et traduit la volonté de servir de modèle au reste du monde. Le
bras vers l’arrière symbolise l’effacement du passé. Le choix de personnages jeunes
et vigoureux montre l’espoir mis dans la jeunesse saine pour développer l’URSS et
promouvoir le socialisme. Les cheveux et les vêtements qui volent au vent
représentent l’air de la liberté qui souffle sur la nouvelle société. Leurs gestes se
joignent, ils marchent dans la même direction, ont un but commun. Le socle, lourd et
massif, est l’expression du pouvoir et symbolise la grandeur de l’URSS et du régime
stalinien.
Il s'agit d'une œuvre de propagande car elle donne une vision très positive du
pays qui ne correspond pas à la réalité ( paysannerie sacrifiée, koulaks éliminés,
goulag … ). La sculpture de Véra Moukhina faite pour impressionner soutient le
pouvoir stalinien en adoptant tous les codes utilisés par le réalisme socialisme pour
glorifier les valeurs du pouvoir et servir à l’éducation idéologique du peuple. Tous les
symboles utilisés sont identiques à ceux qui figurent sur le drapeau de l’URSS.
Cet outil de propagande n’est plus seulement un outil tourné vers le peuple
soviétique mais également utilisé comme un outil de propagande internationale. Cette
œuvre a été pensée et réalisée en partie pour montrer au monde entier l’avancée
technologique de l’URSS mais aussi pour montrer une image rassurante et positive
du pays dans lequel le régime communiste travaille au bonheur et à l’égalité de tous.
L’œuvre lors de l’exposition faisait face au bâtiment allemand qui était surplombé par
l'aigle nazi. Ces derniers ont ajouté près de 10 mètres à leur pavillon juste après la fin
de sa construction pour que l'aigle nazi domine la sculpture soviétique. Ainsi, les
symboles du socialisme soviétique et du nazisme allemand se faisaient face. Les deux
pavillons rivaux ont remporté la médaille d’or de l'événement.
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3. Oeuvre mineure : Le mausolée de Lénine
”Le mausolée de Lénine”
I.
Présentation de l’œuvre et description
Cette œuvre inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, faisant partie du
patrimoine culturel de Russie, située sur la Place Rouge à Moscou à côté des murailles
du Kremlin est un monument funéraire appelé “Le Mausolée de Lénine”. A l’intérieur
du bâtiment repose Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, révolutionnaire communiste,
théoricien politique et homme d'État russe. En effet, après sa mort, le 21 janvier 1924,
sous ordre de Staline et contrairement à la volonté du défunt, le corps du “père de la
Révolution russe” a été embaumé pour qu'il puisse être exposé au public pour que le
peuple puisse lui rendre hommage avant son enterrement, mais celui-ci n'a jamais eu
lieu. Initialement, une structure en bois a été conçue par Alexeï Chtchoussev afin
d’abriter le corps mais au vue de l’affluence des visiteurs le mausolée a été agrandit.
En 1930, le mausolée en bois fut remplacé par un nouvel édifice permanent qui y trône
à ce jour.
Le monument se présente sous la forme d’une pyramide à degrés qui mesure
12 mètres de haut sur 24 mètres de large. Les murs sont revêtus de marbre noir et de
granite rouge. L ’entrée est fermée par une porte double battant revêtue de cuivre
patiné. Au-dessus de cette porte est inscrit en lettres cyrilliques le nom de « Lénine »
en quartzite rouge fixée sur de la labradorite noire. Stylistiquement, le mausolée de
Lénine s'inscrit dans l'Avant-garde et l'Art déco. Cependant, malgré son esprit
novateur, l'architecture du mausolée vient poursuivre la tradition millénaire de
tombeaux des tsars et pharaons. A l’intérieur du mausolée, le corps de Lénine vêtu
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d’un costume noir décoré d’un insigne du membre du gouvernement soviétique est
exposé dans un cercueil. Le corps de Staline y fut également exposé, à côté de celui
de Lénine, entre 1953 et 1961.
II.
Analyse et interprétation
Après la mort de Lénine en 1924, la compétition pour la succession de Lénine
aboutit à la victoire de Staline qui élimine tous ses adversaires et notamment Trotski
pour s’imposer progressivement comme dirigeant de l’URSS. Pour ce faire, Staline se
sert notamment de l’image et de citations tronquées du Guide disparu pour opposer le
« léninisme » à un supposé « trotskisme ». Canoniser Lénine permettait à Staline de
transformer ce corps en fétiche païen et de renforcer ses propres positions en faisant
de son mausolée l'un des principaux symboles du régime soviétique.
Le culte de la personnalité est l’adoration d’un chef comme un être supérieur par les
moyens de la propagande (affiches, journaux, tableaux, cinéma, radio…).
L'expression "culte de la personne" a été employée pour la première fois par Nikita
Khrouchtchev en 1956, pour dénoncer le stalinisme et la propagande en faveur de
Staline.
Le culte de Staline plonge ses racines dans le rapport du peuple au tsar, puis à Lénine.
En effet, Staline en ex-séminariste connaissait la propension du peuple à venir vénérer
le culte de sa personnalité en s'appuyant sur celui de son prédécesseur dès le début
de sa prise de pouvoir. Si Staline fait la transition peu à peu entre le culte de la
personnalité de Lénine avec notamment ce monument pour passer à un culte de sa
propre personnalité, l'image de Lénine fut un instrument de propagande du régime
soviétique jusqu’à sa chute en 1989. Il apparaît comme “un être supérieur” , le “ petit
père des peuples “, le chef et le guide de l’URSS.
Cet édifice laconique et monumental, puisant dans des traditions millénaires, mais en
s'appuyant sur des procédés architecturaux d'avant-garde et de son époque et en
utilisant des couleurs symboliques reprend de nombreux codes utilisés dans la
propagande Stalinienne en symbolisant non seulement le régime soviétique mais
également la puissance et la réussite industrielle qui y sont associés mis au profit du
culte de la personnalité autour de Staline.
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4. Œuvre mineure : Hymne de l'Union soviétique
I.
Présentation de l’œuvre
La quatrième œuvre mineure que nous présentons est l’Hymne de L’Union
soviétique, adopté le 15 mars 1944 par le parti communiste de Staline. Il a été
composé en 1943 par Alexandre Vassilievitch Aleksandrov, un compositeur russe et
soviétique né en 1883 et mort en 1946, fondateur et chef des Chœurs de l'Armée
rouge. Ses paroles ont été écrites par Sergueï Vladimirovitch Mikhalkov, un poète et
écrivain russe et soviétique, membre de l’union des écrivains soviétiques, ayant vécu
de 1913 à 2009. Il remplace l'Internationale, qui était devenue l'hymne national du
pays en 1922, et resta en usage jusqu'en 1990. Ce nouvel hymne, composé en pleine
guerre avec l'Allemagne nazie, fait largement référence à ce contexte historique.
II.
Analyse et interprétation de l’œuvre
Dans le premier couplet, l'URSS est glorifiée. L'unification des divers états de
l'URSS par la Russie est rappelée sous un angle élogieux : il ne s'agit pas d'une
domination ou d'une invasion mais de l'apport de la liberté et de la puissance, comme
le soulignent les adjectifs « indestructible », « grande » et « puissante ». De plus, l'idée
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selon laquelle il s'agit bien d'une « volonté des peuples » est explicite, et est suggérée
par le terme « républiques libres ». La Russie est personnifiée et nommée “la Grande
Russie”. Elle est mise en valeur par rapport aux autres pays par l’utilisation d’épithètes
élogieuses telles que “indestructible” ou “puissante”.
Dans le refrain, le locuteur s’adresse directement à sa patrie, qu’il qualifie de
“glorieuse” et de “sûr rempart de l’amitié des peuples”, les peuples étant une
périphrase pour désigner les différentes nations sous l’autorité de l’Etat russe. Aussi,
les victoires que remporte à ce moment l’URSS face à l’Allemagne nazie sont louées
par : “conduis-nous de victoires en victoires”.
Le deuxième couplet est dédié aux dirigeants Staline et Lénine. Le peuple
communiste remercie ces bons chefs qui ont su faire développer en eux “ la foi dans
le peuple, l’effort et les exploits”.
Le troisième couplet introduit un aspect plus guerrier, plus fougueux et cherche
à galvaniser et à motiver les soviétiques autour de ce chant, après leur avoir rappelé
leur passif commun et leur amour pour leur dirigeant. Les deux derniers vers
s'achèvent par « l'avenir du peuple » qui dépend de la victoire soviétique lors des
batailles à venir contre les nazis, et par « la gloire » qu'il est essentiel d'offrir à l'URSS.
L’hymne de l’Union soviétique est une œuvre de propagande qui cherche à
rallier et galvaniser le peuple, qui a alors subi les atrocités nazies. Ainsi, cet hymne
s’insère dans le courant du réalisme soviétique, car tous les russophones peuvent le
comprendre et le chanter.
15
Conclusion :
En conclusion, cette affiche de propagande montre le culte du chef, de la
personnalité de Staline. Ce dernier y est présenté comme un chef, un guide, qui a
modernisé son pays, notamment l’industrie militaire et l’agriculture. Il est le bienfaiteur
de l’URSS acclamé par son peuple.
L’ouvrier et la kolkhozienne montre avant tout la propagande à l’échelle
internationale dans les moments importants mondiaux afin de montrer aux autres pays
la puissance et la culture de l’URSS.
Staline s’est appuyé de la mort de son prédécesseur, Lénine, pour imposer son
autorité et créer un culte de personnalité.
L'hymne est composé de trois couplets séparés par un refrain, faisant tous
l'éloge de l'URSS, de ses dirigeants, Lénine et Staline, et de son peuple guidé par le
glorieux communisme.
L’ombre de Staline dénonce la corruption des journalistes présents en URSS,
pour assurer la propagande internationale du communisme.
Staline impose la propagande communiste au moyen de l’art, notamment par
le réalisme soviétique, courant artistique instauré pour diffuser les idéologies
communistes.
L’art est donc pleinement utilisé par Staline pour répandre son idéologie
communiste et sa propagande dans le but de faire rayonner son pays d’un point de
vue international.
Parallèlement, d’autres régimes totalitaires utilisaient la propagande. Qu’en est-il du
régime nazi d’Hitler ?
16
Sources:
Bibliographie:
-Histoire-Géographie Enseignement moral et civique 3e
-Dictionnaire Académie Française
-Dictionnaire Robert
-Histoire-Géographie 3ème Magnard
-Encyclopédie Larousse
Sitographie
-https://www.avoir-alire.com/l-ombre-de-staline-agnieszka-holland-critique
-https://www.etudier.com/dissertations/l-Ouvrier-Et-La-Kolkhozienne/53643266.html
-http://www.expositions-universelles.fr/1937-exposition-internationale-urss.html
-https://artstaline-tpe.tumblr.com/
-https://journals.openedition.org/archeopages/404#
-https://www.levif.be/actualite/international/lenine-embaume-et-son-mausolee/articlenormal-746587.html
-https://alexandrederussie.com/moscou/divertissements-msc/mausolee-lenine/
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