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Section 1 : le positionnement du Maroc en Afrique
Dans le cadre de la stratégie marocaine en Afrique et dans la perspective de renforcer
son positionnement en tant que puissance régionale, le Maroc s’est engagé à renforcer la
présence de ses entreprises en Afrique.
Une présence qui a permis au Maroc de se positionner comme un leader en matière
d'investissement stratégique sur son continent et qui vise à consolider son image de
marque.
L’élaboration de l’image de marque Maroc est conforme à deux critères fondamentaux,
la volonté politique exprimé au plus haut niveau de l’Etat et le renouveau de
l’économie.
L'édification de la marque Maroc requiert une approche globale et intégrée, en vue de
mobiliser les synergies entre acteurs et d'en faire un levier stratégique permettant
d'assurer le déploiement harmonieux des actions de la diplomatie économique du
Royaume.
La position géographique du Maroc, au carrefour des civilisations entre l’Afrique,
l’Orient et l’Occident, a constitué un avantage pour développer des relations
diplomatiques, économiques et culturelles avec un large réseau de pays.
Cette position lui confère une portée stratégique grâce à l’ouverture du pays sur le
bassin méditerranéen et l’espace Atlantique, ce qui le prédispose à devenir un « hub »
économique à l’échelle régionale et internationale notamment pour le commerce, la
production et l’investissement.
Ainsi la stabilité politique et la résilience des institutions constituent des atouts majeurs
pour l’avenir du Maroc. Ces atouts sont liés à l’esprit et à la nature même des modèles
de développement construits au fil de l’histoire du pays.
A chaque grande étape, en dépit des divergences politiques, le pays a régulièrement su
réunir toutes ses parties prenantes (Etat, institutions, partis politiques, société civile,
intellectuels, leaders, jeunesse et médias) pour dresser les diagnostics, mettre en avant
ses réussites, identifier les faiblesses, comprendre les risques et rectifier les trajectoires.
Au niveau de l’économie avec près de 2/3 de ses IDE dirigés vers l’Afrique, soit 2 DH
sur 3, le Maroc est devenu l’un des plus grands investisseurs au niveau intracontinental.
Depuis 2012, et selon les statistiques de la CNUCED, le Maroc est devenu le premier
investisseur africain de l’Union économique des États de l’Afrique de l’Ouest
(UEMOA) et de la Communauté des États de l’Afrique centrale (CEMAC).
Il s’agit là des retombées de la première vague de la dynamique d’expansion des
entreprises marocaines en Afrique entamée au tournant des années 2000.
Et les échanges commerciaux entre le Maroc et la Communauté économique des États
de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la période 2001-2018 sont dominés par les
exportations, soit 2,62 % des exportations totales contre une part d’importations de
0,3 % de l’ensemble des importations totales du royaume marocain.
Le principal fournisseur du Maroc au sein de la CEDEAO est le Nigeria avec 0,14 %
des importations, suivi de la Côte d’Ivoire (0,04 %) et de la Guinée (0,03 %).
Source
: Auteur à partir des données d’UN Comtrade, 2019.
De par sa situation géographique stratégique et ses accords de libre-échange avec de
nombreux pays, le Maroc peut de servir d'intermédiaire naturel pour le commerce avec
les États-Unis, l'Europe,le Moyen-Orient et le reste de l'Afrique.
Le pays apparaît comme l'une des solutions pour les entreprises cherchant à se
développer en Afrique, compte tenu de son environnement économique stable et de sa
réadmission à l'Union africaine en 2017.
Le Maroc est également le premier pays d'Afrique du Nord à avoir des relations
commerciales avancées avec l'Europe, qui représentait 67% des exportations du pays en
2016.
Bien qu’un fort potentiel reste à développer, étant donné que le commerce avec
l’Afrique ne représente que 6,5% des échanges commerciaux du Maroc il est toutefois
notable de remarquer qu’il a connu une nette augmentation durant la période 20042014, reflétant les efforts de diversification et de renforcement des relations
commerciales entre les deux parties ainsi que l’accélération de la croissance dans cette
région.
Le montant global des échanges a en effet quadruplé durant cette période, passant de 1
milliard de dollars à 4,4 milliards de dollars.
De son côté, le taux de couverture des importations par les exportations marocaines
s’est fortement amélioré pour s’établir à 87% en 2014 contre 45% en 2000, notamment
grâce à la réduction du déficit de la balance commerciale du Maroc avec le continent
africain.
Cependant, en calculant les parts de marché relatives à l’exportation entre 2000 et
20147, qui sont souvent utilisées comme indicateur de la compétitivité commerciale
d’un pays, les résultats montrent que le Maroc a connu une quasi-stagnation de cet
indicateur autour de la valeur de 1,90% en moyenne, alors que certains pays concurrents
africains ont respectivement amélioré leurs performances à l’export, à l’instar de la Côte
d’Ivoire et du Nigéria qui ont enregistré des valeurs de 5,90% et 13,29%.
Valeur des exportations et importations des 13 premiers exportateurs et
importateurs intra-africains pour l’année 2014 (milliards de dollars).
Selon l’analyse des flux des exportations du Maroc vers l’Afrique durant la période
2004-2014 fait ressortir les éléments suivants : L’Afrique de l’ouest reste la première
destination des exportations marocaines.
Cette région a notamment accueilli environ 50,08% de ces exportations en 2014, soit
l’équivalent de 1,04 milliard de dollars.
La part de l’Afrique du nord - seconde destination des exportations marocaines – a
considérablement reculé, creusant davantage son écart avec la première.
Pour cela on dit que le Maroc renforce son positionnement stratégique en Afrique et le
tableau suivant illustre bien ces indicateurs :
Valeur des exportations du Maroc vers les différentes régions d’Afrique pour les années 2004, 2006,
2008, 2010, 2012,2 014 (en millions de dollars)
Selon la Banque mondiale l’Afrique est l’une des régions du monde dont la croissance
est la plus rapide.
Cette dynamique de croissance ne cesse d’attirer des investissements de diverses
origines. Les entreprises marocaines profitant des relations politiques établies entre le
Royaume et les pays de la région, s’intéressent davantage à ces marchés.
Ainsi, de grands groupes marocains, présents dans divers secteurs, tels que la finance,
les télécommunications, l’immobilier et l’industrie, se sont installés ces dernières
années en Afrique subsaharienne
.La forte progression des flux sortants d’IDE marocains dans le monde et
particulièrement en Afrique subsaharienne est également liée à la signature d’accords de
protection et de promotion réciproques des investissements et de non double imposition
entre le Maroc et les pays d’Afrique Subsaharienne.
Depuis le début des années 2000, le Maroc a conclu avec l’Afrique subsaharienne près
de 500 accords de coopération dans plusieurs domaines.
Les investissements directs marocains dans le monde ciblent des secteurs avec une forte
valeur ajoutée comme les banques, les télécommunications ou l’immobilier.
Sur la période 2008-2013, le secteur bancaire occupe la première place avec une part de
37,1%. Il est suivi par le holding (22,3%), les télécommunications (13,6%) et les mines
(7,3%)
En Afrique et principalement l’Afrique subsaharienne qui accueille plus de 60% des
IDE marocains dans le monde, nous observons cette même dynamique.
En effet, sur la période 2008-2013, le Maroc investit essentiellement en Afrique dans le
secteur bancaire (40,9%), les télécommunications (34,1%), le holding (10%) et
l’immobilier (6,1%).
En Afrique subsaharienne, la présence marocaine est plus marquée dans le secteur
bancaire qui occupe la première position avec une part de 41, 6%, suivi par les
télécommunications (35,9%), le holding (10,5%) et l’immobilier (6,4%).
Les investissements marocains en Afrique subsaharienne s’orientent vers ces secteurs
par des prises de participation au capital des entreprises locales et/ou un montage de
filiales.
Structure sectorielle des IDE marocains en Afrique et en Afrique subsaharienne, 2008-2013
De même, le Maroc est interpellé à jouer un rôle important en termes de mobilisation
d’expertise pour faire évoluer le contexte institutionnel dans les pays partenaires.
Les comportements déficients de certains acteurs publics africains contribuent encore à
alimenter la défiance des opérateurs privés et des bailleurs de fonds.
La confiance des opérateurs économiques suppose la mise en place d’un cadre de
régulation stable et fiable, fondé sur la transparence.
Dans ce domaine, la réussite des différentes opérations menées par notre pays pour
réformer le secteur public et renforcer le champ d’activité du secteur privé (gestion
déléguée, concession, privatisation) met en exergue le niveau d’expertise appréciable
que le Maroc peut mettre à la disposition des pays partenaires africains.
De même, dans un contexte marqué par la multiplication des initiatives d'aide
financière publique au développement en faveur des pays africains, et dans le cadre
d’une coopération triangulaire, le Maroc peut jouer un rôle important en matière
d’assistance technique, scientifique, culturelle et d’échanger ses expériences dans
d’autres secteurs d’activité, comme l'eau et l'assainissement, le transport et les
technologies de l'information et des communications (TIC).
Cette coopération technique bilatérale doit être mise en oeuvre par l’Agence
internationale marocaine de coopération dont la mission essentielle serait la mise à
disponibilité d’experts et l'accueil de stagiaires.
Instaurer un dialogue portant sur le suivi mutuel de la convergence des politiques
économiques et commerciales à travers la mise en place des enceintes de concertation
permanente.
Soutenir le dialogue institutionnel : partenariats d’entreprises privées, coopération,
institutionnelle bilatérale, échanges de techniques et d’expertise entre organisations
professionnelles et entreprises publiques.
Il est aussi nécessaire de renforcer les liens de coopération entre les chambres de
commerce des deux partenaires afin de dynamiser la diplomatie commerciale non
gouvernementale.
Non moins important, le rôle de la diplomatie marocaine au niveau des pays partenaires
africains est d’une importance indéniable.
Les efforts de rapprochement économique, politique et culturel engagés suite aux
différentes visites Royales aux pays africains devraient être fructifiés, à travers une
activation des cellules de veille économique au niveau des ambassades et missions
consulaires.
La part du Maroc dans la production africaine de voitures s’est nettement améliorée, passant de
11% en 2011 à 36% en 2018, lui permettant d’occuper la 1ère place dans le segment des
voitures de tourisme et la 2ème place pour tous segments confondus après l’Afrique du Sud. A
l’échelle internationale, la part du Maroc est passée de 0,07% à 0,42%, l’érigeant à la 27ème place
après la 39ème place, 7 ans plus tôt.
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