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SAI BABA AVATAR, UN POINT DE VUE - ANIL V. GOKAK

SAI BABA AVATAR − UN POINT DE VUE
Par Sri Anil V. Gokak
Ma femme et moi, nous vîmes Baba pour la première fois en 1969 ; nous avions accompagné
nos parents. Baba matérialisa un beau collier pour ma femme et lui demanda de le porter. Il
dit qu’Il venait d’à nouveau célébrer notre mariage et qu’Il offrait le collier en cadeau pour
l’occasion ! Puis, il a matérialisé une grosse pomme et Il a demandé à ma femme de la
manger ! Ma femme a vécu une expérience des plus exaltantes.
Baba est-Il Dieu ?
Deux événements importants ont provoqué un changement qualitatif de ma perception de
Baba en tant que Dieu et Avatar1. Très souvent, je me demandais si les miracles étaient les
seules caractéristiques de la divinité et si l’importance qui leur était accordée n’était pas
surfaite. Un jour, quand mon père vint à Bombay, il me dit que Baba comparait Ses miracles à
des cartes de visite et que les miracles n’étaient qu’une introduction. Puis, vers 1973, une
controverse fit rage pour savoir si Baba était Dieu ou non. Quand certains rationalistes
demandèrent à Baba s’Il était Dieu, Il répondit : ‘’Je suis Dieu, vous êtes aussi Dieu. La
seule différence entre vous et Moi, c’est que Je suis conscient de Ma divinité, tandis que
vous ne l’êtes pas.’’ Cela fit vibrer une corde sensible à l’intérieur de moi-même.
Néanmoins, ce sont les événements qui
suivirent qui furent des tournants. Baba
donna Ses bénédictions à ma femme vers le
milieu des années septante pour qu’elle
conçoive et donne naissance à un fils. Ma
femme accoucha en septembre 1975.
Un autre événement qui se produisit vers le
milieu des années septante consolida ma foi.
Ma mère allait très mal et ma femme et moi,
nous voyageâmes de New Delhi jusqu’à
Bangalore pour nous occuper d’elle. Elle
souffrait d’une grave pleurésie et sur la base
des résultats des rayons X, les médecins
pensaient qu’elle ne survivrait que trois
mois
Pendant la cérémonie d’Upanayanam avec le fils
de M. Anil Gokak
Quand le sujet fut abordé avec Baba, Il lui donna de la vibhuti2 et dit que tout irait très bien et
qu’aucune opération ne serait nécessaire. Après de nouveaux examens aux rayons X, les
médecins annoncèrent qu’il n’y avait plus de danger. Ma mère vécut pendant encore 18
longues années !
1
Incarnation de Dieu sous forme humaine
Cendre sacrée. Elle symbolise l’état ultime de la matière. Elle avertit le bénéficiaire de renoncer aux désirs, de
brûler toutes les passions et l’attachement. Elle a parfois des propriétés curatives.
2
Ces événements marquèrent la première étape de ma compréhension de Baba. Les miracles
qu’Il réalisa et les bénéfices qui nous revinrent à cause de ceux-ci ont donc joué un rôle
important pour me persuader de Sa divinité et de Son avatarité, à ce stade.
‘’Je vous donne ce que vous voulez’’
La deuxième étape de ma compréhension de Baba se rapporte à la déclaration que Baba fait
très souvent. Il dit qu’Il nous donne ce que nous voulons pour que nous puissions vouloir ce
qu’Il est venu nous donner. Je me mis à réfléchir sur le sens de ces propos. J’eus l’impression
que je devrais au moins tenter de bien comprendre la manière dont les organisations Sathya
Sai fonctionnaient sans nécessairement être membre actif à plein temps de leurs programmes.
Les activités des Bal Vikas3 et des Seva Dal4 me fascinaient maintenant. Je pouvais voir
l’impact que ces activités avaient sur les masses.
Je réalisai en particulier la capacité de Baba d’expliquer aux masses les vérités les plus
profondes avec les mots les plus simples. Il explique l’importance de la foi intérieure à
l’opposé des rituels extérieurs : la valeur de Sathya, Dharma, Shanti, Prema et Ahimsa5 et
l’absence d’importance de la caste et de la religion. Il est très moderne dans Son vocabulaire
et dans Ses exemples. Pour insister sur l’importance de la foi intérieure et du caractère, Il
donne l’exemple de la voiture : la voiture ne bouge que si le chauffeur peut tourner le volant
qui se trouve à l’intérieur. Le caractère et la force intérieurs sont à l’être humain ce que le
volant est à la voiture.
‘’Je suis Lokanath’’
Baba dit : ‘’Je suis Lokanath (le Seigneur du monde) et non Vyakthinath (le Seigneur des
individus)’’. Je commençai à ressentir que Son rôle de Lokanath ressemblait à celui des saints
et des prophètes des 15ème, 16ème et 17ème siècles qui se mêlaient aux masses et qui
communiquaient avec elles pour éveiller leur intérêt à la spiritualité. Ma perception de Baba
en tant que Lokanath fut particulièrement forte entre le milieu des années septante et les
années quatre-vingt. La fondation, au début des années quatre-vingt, de l’Institut Sri Sathya
Sai d’Enseignement Supérieur6, assimilé à une université ajouta une dimension
supplémentaire à ma perception de Baba en tant que Lokanath.
L’importance accordée aux valeurs
humaines dans le programme et l’accent
mis sur la transformation de la personnalité
des étudiants et non seulement sur la
transmission d’informations et de
connaissances envoyaient un message sans
équivoque. Il est véritablement Lokanath !
3
Nom donné aux groupes d’enfants qui étudient les Valeurs Humaines
Nom donné aux volontaires de l’Organisation Sathya Sai qui sont engagés dans des activités de service dans
des domaines très variés (médical, social, maintien de l’ordre…)
5
La vérité, la moralité, la paix, l’amour et la non-violence
6
Université Sri Sathya Sai
4
A partir des années nonante, une nouvelle dimension vit le jour dans ma perception et ma
compréhension de Baba comme Lokanath, quand Bhagavan Baba entreprit des projets à
grande échelle comme l’Hôpital Superspécialisé Sri Sathya Sai pour satisfaire aux besoins
médicaux des habitants des régions rurales et le projet d’approvisionnement en eau potable
pour la région sujette à la sècheresse du district d’Anantapur. Baba a étendu la portée du
projet d’approvisionnement en eau pour couvrir les districts de Mahaboobnagar et de Medak,
ainsi que la ville de Chennai avec des projets similaires. Les districts d’East Godavari et de
West Godavari bénéficient aussi de projets semblables, maintenant. Aucun projet n’a été
entrepris sur une telle échelle par une autre organisation non gouvernementale dans le pays.
La compassion que Baba témoigne aux pauvres est sans égal. Baba est venu pour servir les
plus pauvres d’entre les pauvres.
Entre les années 1996 et 2000, un autre changement remarquable s’opéra dans ma
compréhension du rôle de Baba en tant qu’Avatar. Je fus nommé Secrétaire du Département
des télécommunications du gouvernement de l’Inde en novembre 1996 et j’occupai ce poste
jusqu’en août 1998. Je pus faire l’expérience directe des changements considérables qui
s’opéraient partout dans le monde en raison des progrès des télécommunications et de
l’informatique qui permettaient aux gens des différentes parties du monde de mieux
communiquer entre eux : néanmoins, la façon de voir les choses des êtres humains n’avait pas
changé.
Bien que le temple et la mosquée faisaient maintenant partie du paysage de nombreux pays
occidentaux, il y avait des murs invisibles qui séparaient les gens à cause de la race et de la
couleur dans des sociétés multiraciales qui étaient apparues au cours des dernières décennies.
Il n’y avait pas de canaux de communication efficaces entre des gens appartenant à des fois
différentes. En plus des barrières individuelles et raciales, il y avait aussi des barrières
politiques, car le concept de l’Etat nation était encore bien en vigueur dans toutes les parties
du monde. C’est à ce stade que le message de Sai Baba en faveur de l’unité du monde m’attira.
Je compris nettement mieux le sens de Son message :
Il n’y a qu’une seule caste, la caste de
l’humanité ; il n’y a qu’une seule religion,
la religion de l’amour ; il n’y a qu’un
seul langage, le langage du cœur et il n’y
a qu’un seul Dieu et Il est omniprésent.
Je considérerais ceci comme la troisième
étape de ma compréhension de Baba, où
l’approche globale de la spiritualité de Baba
se dévoila de façon très nette et très intense
pour moi.
Après ma retraite, en août 2000, je
continuai à lire la littérature Sai. L’attaque
du World Trade Center en septembre 2001
et les événements qui suivirent secouèrent
le monde entier. Comme beaucoup d’autres
amis à moi, je ruminai également les
problèmes du terrorisme et du fondamentalisme qui montrent des signes d’augmentation
aujourd’hui et je me demandai quelle pouvait être la solution du problème.
Je lus le livre du Professeur Huntington, The Clash of Civilizations and The Remaking of a
World Order pour avoir une meilleure perspective concernant la menace globale. Après une
analyse complète du scénario global, le Professeur Huntington tire la conclusion suivante :
‘’De plus, comme beaucoup l’ont fait remarquer, peu importe comment on a divisé l’humanité,
les grandes religions du monde – le christianisme occidental, l’orthodoxie, l’hindouisme, le
bouddhisme, l’islam, le confucianisme, le taoïsme et le judaïsme – toutes partagent des
valeurs clés en commun. Si les humains doivent jamais développer une civilisation universelle,
elle apparaîtra graduellement via l’exploration et le développement de ces caractéristiques
communes.’’
Cette approche conduit à l’unité mondiale, puisqu’elle reconnaît l’unité sous-jacente de toutes
les religions tout en respectant simultanément leurs diversités. La philosophie qui est basée
sur le pluralisme est supérieure aux autres philosophies qui sont basées sur l’exclusivisme et
l’inclusivisme. L’exclusivisme, l’idée que notre voie est la seule vraie voie, n’est peut-être pas
insignifiante, puisque la conviction profonde est au cœur de toute foi religieuse ; toutefois, si
on poursuit cette logique, cela veut dire que toutes les autres religions sont dans l’erreur et ne
peuvent pas être tolérées – avec ce que cela implique de dangereux pour l’humanité.
L’inclusivisme, l’idée qu’il ne devrait y avoir qu’une seule religion mondiale ou que notre
propre religion est assez vaste pour accueillir toutes les autres n’est également pas pratique,
puisqu’elle ne respecte pas les diversités des religions du monde. Toutes les religions sont
profondément enracinées dans leurs géographies respectives. Un musulman ne peut jamais se
dissocier de La Mecque, ni un hindou du Gange.
La philosophie pluraliste de Baba
A ce stade, je réalisai que Baba, à l’inverse des professeurs et des intellectuels, ne fait pas
que théoriser : Il traduit Ses idées en action en montrant l’exemple. Comme un aimant,
Il attire des gens appartenant à des fois différentes issus des différentes parties du
monde. Sa philosophie est celle d’un pluralisme basé sur un respect égal pour toutes les
religions, comme le démontre l’emblème du Sarva Dharma. Il veut que chacun suive sa
propre religion et fait de chacun un meilleur hindou, un meilleur chrétien, un meilleur
musulman, un meilleur juif, un meilleur bouddhiste et un meilleur jaïn.
Ceci est parfaitement décrit dans un livre intitulé Un Prêtre
Rencontre Sai Baba de Don Mario Mazzoleni, un prêtre
catholique italien qui raconte comment il fut excommunié pour
avoir écrit un livre qui, bien qu’il commence avec l’intention
louable de chercher l’action de l’Esprit de Dieu dans tout
homme et dans toute expérience religieuse, finit par désavouer
les vérités de la foi catholique, car, selon l’Eglise : ‘’De plus,
les déclarations qui acceptent la prétention de Sai Baba d’être
une incarnation divine, qui défendent ses œuvres, ses miracles,
ses paroles et ses doctrines sont des affirmations graves contre
la foi.’’ Don Mario Mazzoleni dit d’autre part :
‘’En tant qu’auteur du livre en question, je réaffirme que je
n’ai pas perdu ma foi catholique. Bien au contraire, après ma
rencontre avec le grand ‘’Maître indien’’, Sri Sathya Sai Baba,
je sens que je la vis avec une plus grande intensité dans un esprit de communion réelle avec
toutes les religions. Toutes celles-ci enseignent l’unique but d’atteindre le même et unique
Dieu qui transcende tous les noms et toutes les formes changeantes.’’
L’expérience du prêtre catholique italien est certainement émouvante. Elle montre comment il
a accepté l’essence des enseignements de Baba, en dépit du prix élevé qu’il a dû payer pour
cette acceptation. Cela me convainquit que seul Baba peut sauver le monde d’une catastrophe
majeure, comme celle qui s’est produite en septembre 2001. Ceci, je dirais, marque la
quatrième étape de ma compréhension de Baba.
J’ai tenté de définir les quatre étapes de ma perception croissante de l’Avatar Sai. Plus je Le
vois, plus je ressens et j’expérimente Son ‘’inexplicabilité’’ et Son ‘’saint effroi’’ ! Je prie
Baba de me donner une plus grande perspicacité et une plus grande force pour Le comprendre,
Lui et le phénomène cosmique complexe qu’Il est.
Sri Anil V. Gokak, fonctionnaire à la retraite de l’administration indienne (Maharashtra) est
le vice-recteur de l’Institut d’Enseignement Supérieur Sri Sathya Sai. Il a occupé des postes
importants auprès du gouvernement du Maharashtra et du gouvernement indien, comme
Secrétaire du Département des télécommunications et Secrétaire du Département des engrais.
Avec la gracieuse permission de Sai Sparshan
(Référence : Magazine Heart2Heart de Radio Sai Global Harmony / Juin 2006)