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Le culte de Marie

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LE
CULTE DE MARIE,
ORIGINES,
EXPLICATIONS, BEAUTÉS;
CONTENANT UN PRÉCIS HISTORIQUE
ET DES NOTICES SUR TOUTES LES FÊTES ET DÉVOTIONS;
LES OFFICES COMPLETS, LATIN-FRANÇAIS,
SELON LE RIT ROMAIN ET PARISIEN ;
DE NOMRREUSES PRIÈRES, TOUTES LES DÉVOTIONS A MAB1E ,
CONFRERIES, PÈLERINAGES, NEU VAINES, ETC.;
SUIVI DE L'ORDINAIRE DE LA MESSE ET DES VÊPRES DU DIMANCHE;
PAR J.-B. G
m _
Ouvrage approuvé par Mgr l'Archevêque de Bordeaux.
tl n'est pas douteux que tout ce que nous
disons en l'honneur de la Mère n'appartienne
également au Fils
(S. Rernako.)
^t Jïon est dubium qutdquid in laudibu*
Halris proferimus , ad Filium pertinere...
PARli/
SAGNIER ET BRAY, LIBRAIRÈI-ÊDITEUsV
RUE DES SAINTS-PÈREs, 64.
mai 1849
APPROBATION.
FERDINAND-FRANÇOIS-AUGUSTE DONNET, par la
grâce de Dieu et l'autorité du Saint Siège apostolique, Arche
vêque de Bordeaux , primat d'Aquitaine ;
Nous avons fait examiner un ouvrage intitulé : le Culte de
Marie (Origines, Explications, Beautés), et d'après le compte
rendu qui nous a été fait , Nous approuvons et recomman
dons aux fidèles de notre diocèse ledit ouvrage. L'auteur y
mentionne souvent de pieuses traditions ou des faits qui n'ont
pas une certitude historique absolue ; mais il a soin d'en pré
venir le lecteur, et ces traditions et ces faits sont rapportés
d'ailleurs par des écrivains respectables.
Tout l'ensemble des Dévotions envers l'auguste MÈre de
Dieu, telles que Prières, Fêtes, Offices, Chants, Pèlerinages,
Indulgences, etc., est présenté avec ordre et détaillé avec inté
rêt. L'ouvrage renferme d'une manière assez étendue tout ce
qui se rattache au culte de la très-sainte Vierge, de sorte qu'il
peut servir tout à la fois et de livre d'instruction et de ma
nuel de piété. L'esprit de foi et l'onction qui respirent dans
toutes ses parties , en rendront la lecture aussi utile qu'inté
ressante aux véritables serviteurs de Marie.
Donné à Bordeaux, dans notre palais archiépiscopal, sous
notre seing, le sceau de nos armes, et le contre-seing du se
cretaire général de notre Archevêché , le 1er mai 1849.
t FERDINAND,
Archevêque de Bordeaux.
Par mandement de Monseigneur :
MONTARIOL,
Chan. hou., Secret. gén.
DÉCLARATION DE L'ACTEUR.
Conformément au décret du Pape Urbain VIII , je déclare
que les origines, les grâces, les révélations et les faits miracu
leux rapportés dans cet ouvrage , n'ont qu'une autorité pure
ment et simplement humaine , excepté en ce qui a été con
firmé par la Sainte Église Catholique, Apostolique et Romaine,
et par le Saint-Siège, au jugement duquel j'entends sou
mettre ma personne et mes écrits, et dont je m'honorerai tou
jours d'être le fils respectueux et dévoué, croyant tout ce qu'il
ordonne de croire, et ne voulant enseigner que ce qu'il en
seigne lui-même , parce que seul il a le dépôt de la saine
doctrine , de la foi et de l'unité catholique.
DÉDICACE.
AUX FILLES DE LA CHARITE
DE SA13T VISCE*T DE PAI'L.
I RES-CHERES SOKUBS,
Le nom de votre illustre et vénérable fondateur appar
tient à l'univers entier. Au pied des Pyrénées , dans le petit
coin de terre où naquit le plus pauvre enfant du village de
l'ona , les laboureurs et les bergers n'ont pas oublié celui qu'ils
appellent naïvement le jumeau de la miséricorde. De Tunis
jusqu'à Madagascar , sur les rivages inhospitaliers où les ma
rins naufragés ont si souvent trouvé l'esclavage et le martyre,
son souvenir, conservé par la tradition, a plus d'une fois arrêté
le bras armé des infidèles. Vingt peuples évangélisés au loin
gardent la mémoire reconnaissante de ses vertus; et dans
ce beau pays de France , qui , suivant l'expression d'un Pape ,
ne périra point parce qu'il est le royaume de Habib , tout
être qui prie , souffre ou pleure , revendique le glorieux et
touchant privilège d'avoir pour patron Saint Vincent de
Paul. Mais tous aussi , dans les contrées lointaines , ainsi que
dans sa patrie, s'inclinent devant vous, comme devant des
filles bien-aimées, sur le front desquelles le père de famille
a voulu laisser, avant de mourir, un chaste reflet de sa prédi
léciion. C'est que, depuis près de deux sièclrs , vous avez su
demeurer fidèles aux enseignements tombés des lèvres inspi
rées de celui qui ayail dit : « 11 faut que les bonnes Sœurs se
« comportent dans l'esprit de la Sainle Vierge en leurs voya
ic ges et en leurs emplois; qu'elles la voient souvent des
« yeux de l'esprit, et qu'elles fassent toutes choses ainsi
« qu'elles se représenteront dans la pensée que pourrait faire
« Marie elle-même... »
Et vous avez fait ainsi !...
Oui , tant qu'il y aura dans ce monde que l'Écriture ap
pelle si bien une vallée de larmes, des enfants abandonnés à
recueillir, des malades à soulager, des pauvres à nourrir, des
\ ieillards inlirmes à panser, en un mot , quelque chose à faire
pour venir en aide à la Providence, il y aura, dans vos modestes
demeures, dont tous les enfants d'Adam connaissent si bien le
chemin, un écho de ce cri d'amour et de reconnaissance :
« Priez pour nous , Mère admirable , Vierge puissante , smité
des infirmes, secours des Chrétiens , priez pour nous! »
Guidé par ces attendrissantes invocations , un membre
obscur d'une association de charité que dirige aussi l'esprit de
Saint Vincent de Paul, vient aujourd'hui frapper à votre porte.
Ne l'affligez pas d'un refus, et permettez-lui d'espérer que
l'œuvre imparfaite qu'il vous dédie , trouvera place à côté des
livres de piété que votre saint Directeur vous recommandait
quelquefois de porter avec vous, pour les lire dans vos courses
charitables, ou pour occuper vos rares loisirs.... Colombes du
Ciel qui , sans être égarées sur la terre, semblez à peine vouloir
vous y reposer sur de fragiles rameaux , jusqu'à l'aurore du
jour éternel , daignez étendre vos blanches ailes sur ces pages,
atin d'être les gardiennes de leur pureté. Alors, grâce au nom
de M a n ii; et au vôtre, elles iront peut-être, à votre exemple,
sous les lambris dorés du riche, en même temps que dans les
hôpitaux, dans les prisons cl sous le toit de l'indigence , édi
fier. consoler et guérir.
J.-H. (i
PRÉFACE.
Maintenant donc
, écoutez-moi, et
tâchez de comprendre le bonheur de ceux
qui me servent fidèlement.
(Prov., vin, 32.)
Nunc ergo
, audite me : beati qui
custodiunt vias meas.
Ce livre ne renferme rien de nouveau , et c'est
là sans doute son seul mérite. Destiné à propa
ger d'une manière, sinon complète, du moins
plus étendue et plus facile, tout ce qui se lie
aux solennités consacrées par la foi en l'honneur
de Marie, il présente principalement, dans un
cadre resserré , des origines et des explications
X
Cl I.TE DE JIAlUr.
puisées à des sources orthodoxes; il contient en
outre des pensées ou des élévations dont la plu
part sont empruntées aux écrivains qui , par leur
génie ou leurs inspirations pieuses , ont illustré
l'Église de France. L'un des motifs qui nous l'ont
fait entreprendre a dû se présenter naturelle
ment à d'autres esprits : c'est le singulier rap
prochement qui résulte du respect et de l'atta
chement de l'homme pour la religion de ses
pères, mis en regard de sa prodigieuse indiffé
rence à savoir quelle est cette religion , d'où elle
vient et où elle va avec lui ! — Ainsi , dans toutes
les familles catholiques, l'enfant au berceau re
çoit sur la tête l'onction qui, selon la parole de
l'Apôtre, doit le revêtir de Jésus-Christ; — l'a
dolescent savoure, à la première communion,
le froment des anges; — les époux se font, au
pied des autels, la promesse de vieillir ensemble;
et celui qui survit à l'autre réunit autour de son
cercueil les ministres saints chargés de deman
der le repos éternel pour ses cendres. — Mais
pourquoi toutes ces cérémonies, si imposantes par
leurs sublimes relations avec le Ciel, s'accom
plissent-elles trop souvent, sans que ceux qui
PRÉFACE.
Xt
en sont l'objet ou qui y assistent aient cherché à
en pénétrer le sens et l'importance? — C'est que
la profusion même du bienfait, et surtout l'ha
bitude, ont émoussé la curiosité et assoupi le
cœur; c'est que bien des gens sont portés à
répéter avec le père et la mère de l'aveugle-né
guéri par Jésus-Christ : « Nous savons que c'est là
a notre fils, et qu'il est né aveugle ; mais comment
a voit-il maintenant, et qui lui a ouvert les yeux,
« nous ne le savons pas*. » 11 est triste de l'a
vouer, mais il le faut bien : il en est des beautés
de la Religion comme des beautés de la nature ;
en tout , l'ordre moral et l'ordre matériel ont de
frappantes analogies. Si quelqu'un de nous, au
moment où les portes de ce monde s'ouvrirent
devant lui , avait été conduit dans un lieu de té
nèbres pour y demeurer jusqu'à l'âge où le corps
et l'esprit ont acquis toute leur vigueur; si l'on
avait pris soin de lui raconter d'avance tout ce
qu'il verrait un jour en pleine lumière ; il aurait
nié ou douté : mais si tout à coup , en un temps
fixé, il avait pu être transporté au sein d'une
1 S. Jean, ix, 20 et 21.
Xlt
CULTE DE MARIE.
belle campagne, que serait-il arrivé? Conçoit-on
les mouvements passionnés, les extases, les cris
d'admiration provoqués par le soleil , immense
globe de feu qui enveloppe l'univers de sa clarté;
par cette armée d'astres suspendus au firma
ment ; par la terre avec ses arbres , ses fleurs ,
ses tapis de verdure, ses fruits innombrables re
venant à chaque saison ; par le soulèvement me
suré des vagues de la mer; par ce qui se passe
chez les animaux, depuis la fourmi jusqu'à l'é
léphant; en un mot, par tous les miracles et les
éternelles splendeurs de la création? Il nous
semble le voir, ainsi que Milton a représenté
Adam, « s'éveiller à la vie, regarder le firma« ment, vouloir s'élancer vers cette voûte, couce rir, s'arrêter et s'écrier : 0 toi, soleil, et vous,
« arbres, forêts, collines, vallées, animaux di« vers , savez-vous le nom de celui qui vous a
« créés? »Et si cet homme, apercevant quelquesuns de ses semblables, leur demandait : o Qu'est« ce donc que je vois? Le voyez-vous bien vous« mêmes? et pourquoi demeurez-vous froids et
« immobiles? » Qui sait si ces autres créatures ne
lui répondraient pas aussi : « Nous voyons parce
FHÊPACE.
XIII
« que nous voyons: quià videmus'. » Hélas! c'est
là cependant, à peu de chose près, l'histoire de la
plupart des enfants de Dieu , au milieu des mer
veilles du Christianisme , qui n'est autre chose
que le monde intellectuel ! Ainsi , suivant la re
marque d'un savant évêque anglais, combien de
gens , par exemple , assistent à des cérémonies
religieuses , remplies du sens le plus profond ,
comme à des pratiques insignifiantes ! Combien
d'autres entendent ce qu'on y chante et ce qu'on y
récite, sans songer à se rendre attentifs à la voix
grave des siècles passés et aux accents pathéti
ques de l'Église! — Que leur manque-t-il donc
à tous? C'est d'ouvrir enfin les yeux de l'intelli
gence à ce qui a été et à ce qui est , comme nous
avons essayé de le faire nous-même! A la vé
rité, nous avons eu le malheur ou le tort de ne
regarder en arrière qu'arrivé presque au terme
de notre voyage ; mais puisqu'il nous a été per
mis de sortir un peu des ténèbres de l'indiffé
rence et de l'habitude où nous avons si long
temps vécu, nous avons hâte d'avertir nos frè-
! S. Jean, IX, 41.
XIV
CULTE DE MARIE.
res et de leur dire, comme Philippe à Nathanaël :
« Venez et voyez ! »
Au reste , en cherchant à répandre les par
fums de l'antiquité et de la religion sur la Rosemystique de Bethléem , nous avons presque reçu
d'avance le prix de ce doux labeur : car, plus
d'une fois, en l'interrompant au milieu des nuits,
pour tourner un instant nos regards et nos pen
sées vers le Ciel , il nous en est descendu , à tra
vers le silence, une illusion charmante. Il nous
a semblé reconnaître l'étoile plus brillante par
laquelle, jadis, les bergers de l'Orient furent
guidés avec les rois, mais avant eux, jusqu'aux
pieds de l'humble fille de David , devenue à ja
mais la Souveraine de l'univers. Encouragé dès
lors par une secrète espérance et par une émo
tion que la langue des hommes n'a point de
termes pour exprimer, nous avons conduit à fin
notre tâche. Heureux de pouvoir, à notre tour,
offrir à la Mère du Messie , au lieu de l'encens
et de la myrrhe, le tribut d'une tendre vénéra
tion et d'une mémoire reconnaissante. Puisse ce
simple hommage ne pas être tout à fait indigne
de Celle qui, si souvent, a calmé les tempêtes
VHÉKACE.
de la mer et les orages du cœur, rendu la santé
aux infirmes , lait comprendre son langage aux
sourds et laissé deviner aux aveugles son incom
parable beauté!
PKÉCÏS HISTORIQUE
SUR LE CULTE
DE LA SAINTE VIERGE.
M A in h, c'est la grande affaire des siècles ,_ pour
ceux qui nous ont précédés, pour nous-mêmes,
pour les enfants de nos enfants, et pour ceux qui
viendront après eux.
(S. Bernard, 2« Servi, sur la Pentecôte, 54.)
Ad Mariam, sicut ad negotium sœculorum,
respiciunt, et qui nos prœcesserunt, et nos qui
sumus, et nati natorum, et qui nascentur ab illis.
Il faudrait ignorer l'histoire ecclésiastique ou par
tager les erreurs des ennemis du catholicisme , pour
croire que le culte de la sainte Yierge est une institu
tion nouvelle dans l'Église. Sans doute les pratiques
religieuses qui s'y rattachent n'étaient pas dans l'oril
2
CULTE DE MARIE.
gine ce qu'elles sont aujourd'hui , mais c'est le culte
extérieur seul qui s'est développé, et la pensée première
n'a pas subi la moindre altération. 11 est facile de s'en
convaincre, en remontant rapidement le cours des
siècles, pour interroger les traditions qui sont arrivées
jusqu'à nous , et qui, sans être toutes également au
thentiques , ont du moins un caractère assez respecta
ble pour justifier notre foi.
Dès le jour où le Fils de Dieu s'unit au corps de Ma
rie , corps plus pur que les rayons du soleil , suivant
la belle expression de Bossuet , la Religion prit une
nouvelle face. La Vierge prédestinée donna elle-même
le signal de cette régénération , lorsqu'elle s'écria dans
un saint enthousiasme : « Désormais toutes les nations
futures m'appelleront Bienheureuse ! »
Ces paroles inspiratrices du culte de Marie l'ont fé
condé encore en retentissant à travers les âges.
Quelques années après que le grand sacrifice eut été
consommé sur la croix , Marie disparut de la terre ,
comme la timide colombe au milieu des tempêtes. Son
dernier soupir cependant fut reçu par des serviteurs
fidèles, et son corps pieusement inhumé. Bientôt après,
l'apôtre Thomas qui n'avait point assisté aux funérail
les , revint à Gethsémani ; et sur sa demande , on leva
le quartier de roc qui fermait l'entrée du sépulere ;
mais on n'y trouva plus qu'une robe virginale , « sim« pie et pauvre vêtement, comme l'a dit Chateau« briand, de cette Reine de gloire que les Anges avaient
« enlevée aux cieux. »
Les Juifs, témoins de ce fait, exercèrent alors des
persécutions contre les Chrétiens venant, pour la pre
mière fois , déposer sur ce tombeau les prières qui s'é
PRÉCIS HISTORIQUE.
3
levaient dans leur cœur vers la bienheureuse Vierge.
Durant les trois premiers siècles de l'Église, il ne
dut pas y avoir de culte public propre à Marie , et les
actes de dévotion qu'elle inspirait s'accomplirent dans
les Catacombes , où l'on remarque encore des vestiges
de la célébration des divins mystères ; cependant, sui
vant l'opinion de quelques auteurs sacrés , il y aurait
eu, dès ces temps primitifs , des chapelles ou des ora
toires placés sous l'invocation de la Mère de Dieu, dans
l'ancienne ville d'Anterade ou Tortose, en Syrie; à
Arles, en Provence ; sur les bords du lac de Genève, et
dans plusieurs autres contrées. Ce qu'il y a de plus cer
tain, c'est que Marie obtint alors, comme plus tard, les
témoignages les plus éclatants de la vénération et de
l'amour des fidèles. Sans parcourir la longue énuméràtion des hommages qui lui furent toujours rendus, il
suffira de rappeler les principaux. Ici, nous le répétons,
quelques faits pourront n'avoir d'autres garanties que
la trace de l'antique piété.
Suivant une de ces traditions, saint Pierre, le prince
des Apôtres , introduisit , le premier, le pieux usage de
faire, à la messe, la commémoration de la sainte Vierge;
c'est même à son exemple que de son temps on y réci
tait , avec les autres prières du saint Sacrifice , la Salu
tation angelique , qui ne s'y retrouve plus ' .
Vers la même époque , la Mère de Douleur reçut
encore les hommages de saint Jean-rÉvangéliste. Du
rant sa vie , il lui avait rendu les devoirs d'un fils et
s'était fidèlement acquitté à son égard des dernières
i Biblioth. des Pères , t. u , grêc-latin. — Lindon , Annot.
sur la Liturg.
4
CULTE DE MARIE.
volontés du divin Maître ; ce qui a fait dire que , « si la
« garde des portes et du parvis du Temple de Dieu
« avait été confiée à Pierre, c'est à Jean qu'avait été
« recommandé le sanctuaire et l'autel des parfums. »
Celui à qui avait été adressée cette touchante parole :
Voilà votre Mère, célébra les saints mystères sous les
yeux de Celle à qui il avait été dit au même moment :
Voilà votre Fils. Admirable et sainte union, qui fut
plus forte que la mort ; car, à son tour, le disciple
bien-aimé retourna vers son Créateur et ne tarda pas à
rejoindre sa Mère adoptive , par une de ces douces et
paisibles morts que la Reine du Ciel obtient pour ses
enfants '.
Ces deux Apôtres ne furent pas les seuls qui donnè
rent des exemples d'une tendre dévotion à la sainte
Vierge : avec eux , saint Jacques-le-Majeur , qui alla
prêcher l'Évangile en Espagne , trois ans après la mort
de Jésus-Christ, fit bâtir, sur les bords de l'Èbre, une
chapelle, où il initia ses catéchumènes aux pratiques
du culte de Marie * ; saint Jacques-le-Mineur, premier
évêque de Jérusalem, que saint Paul appelait le frère
de Notre-Seigneur, à cause de ses vertus , légua à la
postérité un témoignage authentique de son respect
pour la sainte Vierge , sa liturgie , dans laquelle il di
sait : « Faisons mémoire de notre très-sainte, imma« culée , très-glorieuse dame Mère de Dieu , bénie et
« toujours vierge, et de tous les Saints et Justes, afin
« que par leur intercession nous obtenions tous misé1 Nicéphore, liv. il , chap. 41.
s Pierre d'Antioche, Deuter-Jienter, liv. I, chap. 2 et 3. —
Bulle de Calixte III , en 1456.
PRÉCIS HISTORIQUE.
5
« corde; » saint Luc, enfin, suivant le témoignage de
Nicéphorc, laissa à l'Église un gage de son admiration
pour la Vierge-Mère, en conservant ses traits dans un
tableau dont il y eut longtemps des copies à Rome : la
première de ces copies fut exposée à Constantinople ,
où son souvenir rappelle de nombreux miracles ■ .
Au deuxième siècle , la dévotion à la sainte Vierge
reçut de nouveaux développements. Ainsi saint Ignace,
martyr et évêque d'Antioche, enseigna dans des épîtres
citées par saint Bernard a : « Que la Mère de Jésus-Christ
' « était douée d'une abondance de grâces célestes ,
« qu'elle possédait dans son âme le trésor de toutes
« les vertus , et que les Chrétiens étaient fortifiés en
« Elle et par Elle dans la foi. » Saint Denis, venu dans
la Gaule, y jeta les premiers fondements du culte de
Marie 3 ; saint Justin et saint Irénée retracèrent , dans
de mémorables écrits , les vertus et les louanges de
Celle qu'ils nomment la principale Avocate des hommes
après Jésus-Christ ; et saint Cyprien exalta par un su
blime éloge l'excellence de la Vierge incomparable.
Dans le cours du troisième siècle les grandeurs de
Marie furent tour à tour célébrées par saint Cyprien ,
qui prouva qu'elle avait été exempte du péché origi
nel ; par saint Grégoire-le-Thaumaturge, qui nous a lé
gué une prédication ravissante sur l'Annonciation ; par
saint Méthode , évêque de Tyr ; par saint Calixte , qui
éleva , à Rome , sous les auspices de la Mère de Dieu ,
1 Liv. xiv, chap. 2, et liv. xv, chap. 14.
8 Sermon 7 sur le psaume 90.
3 Notes du cardinal Baronius sur le Martyrologe. — A y mon.
Annales des Franes , liv. m, chap. 57.
6
CULTE DE MARIE.
une église restaurée, cinq cents ans plus tard, sous le
pontificat de Grégoire III '.
Mais une ère plus brillante va s'ouvrir ; Constantin
déploie le Labarum, étendard sur lequel il inscrit le
monogramme de J.-C. avec cette devise : « Tu vaince cras par ce signe; » il se rend maître de l'Italie et
de l'Afrique ; il établit le siège de son empire à Bysance, y convoque tous les évêques qui avaient as
sisté au concile de Nicée , et place sous la protection
de Marie cette capitale , à laquelle il donne le nom
de Constantinople. Non-seulement alors il déposa sa
couronne et son sceptre aux pieds de la Reine du
Ciel, mais encore il lui fit élever un monument, à la
décoration duquel fut employé tout ce qu'il y avait de
plus riche et de plus précieux dans son empire *. Alors
aussi sainte Hélène, mère du même empereur , va vi
siter Bethléem, Nazareth et les autres lieux saints où
elle fait éclater sa fervente confiance en Marie , et
lui fait construire des temples magnifiques 3; saint
Athanase, patriarche d'Alexandrie , transmet aux âges
futurs les beaux monuments d'éloquence inspirés à
son génie par l'amour de la fille de David ; saint
Éphrem compose un magnifique commentaire de la
Salutation Angélique ; enfin saint Basile, saint Grégoire
de Nazianze, saint Épiphane, saint Ambroise, saint
Jean-Chrysostome, saint Jérôme, saint Augustin , pro
clament à l'envi par leurs ouvrages immortels et par
1 Spinell., des Fêtes et des Temples de la sainte Vierge
Marie, iiomb. 19.
* Saint Grégoire de Tours , liv, u , des Gloires de Marie ,
chap. 9.
3 Spinell., ouvrage cité plus haut.
PRECIS HISTORIQUE.
7
leurs actes , les louanges qui sont dues à Celle qu'ils
saluent tour à tour des noms de Souveraine Dame de
l'Univers , Vierge incomparable , Perle du Paradis ,
Porte de la Justice , Palais animé du Roi des Anges.
En l'année 420, le concile d'Ëphèse , composé de plus
de deux cents prélats , condamna la doctrine par la
quelle Nestorius, patriarche de Constantinople , avait
osé contester à la sainte Vierge le titre de Mère de Dieu ;
il établit cette maternité divine sur des fondements
désormais inattaquables à l'hérésie ; et bientôt après ,
saint Cyrille, Patriarche d'Alexandrie , retraçait en ces
termes les prérogatives de la Vierge glorieuse : — « Je
« vous salue, Marie, Mère de Dieu, trésor vénérable
« de tout l'univers, lampe qui ne s'éteint point, bril« lante couronne de virginité , sceptre de la bonne
« doctrine !... Je vous salue, Vous qui, dans votre sein
« virginal, avez renfermé l'immense et l'incompré« hensible; Vous, par qui la sainte Trinité est glorifiée
« et adorée; Vous, par qui la croix précieuse du Sau« veur est exaltée par toute la terre ; Vous, par qui le
« Ciel triomphe , les anges se réjouissent , les démons
« sont mis en fuite , le tentateur est vaincu, la créaa turc coupable est élevée jusqu'au Ciel , la connais« sance de la vérité est établie sur les ruines de l'ido« latrie ; Vous , par qui les fidèles obtiennent le bap« tême et sont oints de l'huile de joie , par qui toutes
« les églises du monde ont été fondées et les nations
« amenées à la pénitence; Vous, enfin, par qui le Fils
a de Dieu , qui est la lumière du monde , a éclairé
« ceux qui étaient assis dans les ombres de la mort !... »
Lorsqu'après le concile d'Éphèse , la vérité eut triom
phé de l'erreur, les titres de la Mère de Dieu, mis à
8
CULTE SE MARIE.
l'abri du doute, furent confirmés par les hommages de
toutes les villes de l'Orient : le Pape Célestin, à Constantinople ; saint Cyrille, à Alexandrie ; Proclus, évêque
de Cyzique ; saint Pierre-Chrysologue , évèque de Ravenne ; saint Eucher, archevêque de Lyon; saint Basile,
évèque de Séleucie, et un grand nombre d'autres saints
personnages propagèrent au loin le culte de Marie , et
apprirent aux peuples à la respecter et à la chérir
comme leur protectrice. Mais un des événements les
plus mémorables de cette époque , et qui ne s'explique
bien que par l'intercession de la sainte Vierge , fut la
conversion de Clovis , roi de France , le premier qui
ait porté le titre de roi très-chrétien. Ce prince , élevé
dans le paganisme, avait épousé Clotilde, qui ado
rait le vrai Dieu. Le second fils qu'elle lui donna ,
guéri miraculeusement d'un mal affreux , le disposa
à croire aux vérités du Christ; bientôt après, à la
bataille de Tolbiac , près de Cologne , sur le point
d'être vaincu, il s'écria : « Mes dieux sont impuis« sants, je le proclame; Dieu des Chrétiens, sois-moi
« en aide , et je me voue à toi ! » Clovis, aussitôt après,
remporte une victoire complète ; il reçoit le baptême,
et la France , suivant son exemple , devient chrétienne
avec lui. A la solennité de ce baptême, qui eut lieu à
Reims, trois mille catéchumènes le suivirent, et quand,
au milieu des pompes du Christianisme, il s'avança
pour recevoir en même temps l'onction des rois, saint
Remi lui adressa ces paroles reproduites par tous les
historiens : « Sicambre, humilie-toi , et courbe la tête.
« Brûle ce que tu as adoré , adore ce que tu as brûlé. »
Ce fut alors et dans le moment même où se préparait
la consécration , que , suivant mie tradition constante.
PRÉCIS IIISTOHII.II i:.
'
une colombe d'une éclatante blancheur descendit sur
l'autel de la cathédrale de Reims, et y déposa la sainte
Ampoule , vase de cristal rempli d'une huile pure et
odorante , désignée sous le nom de Chrême. L'histo
rien Pasquier ajoute que , dans le même temps, Clovis
mit le premier, sur la couronne royale , une fleur de
lis , symbole de la pureté recouvrée par le baptême et
emblème de la Trinité attaquée par les Ariens ; et
comme saint Remi avait publiquement attribué de si
grands événements aux prières par lesquelles il avait
conjuré la sainte Vierge de le seconder, Clovis, par
reconnaissance envers la Mère de Dieu, fit bâtir, en son
honneur et sous son invocation, l'une des plus magni
fiques églises du royaume. Aussi le premier concile
d'Orléans , touché de ces éclatantes marques de dévo
tion pour Marie, donna-t-il à Clovis le titre de fils ainé
de l'Église , que ses successeurs ont conservé.
Au sixième siècle, on vit s'élever de toutes parts les
plus imposants témoignages de la foi des chrétiens
dans les grâces de Marie. Alors , en effet , parurent les
écrits de saint Fulgence , évêque d'Afrique, parmi les
quels on distingue un touchant commentaire de la Sa
lutation Angélique ; les poèmes inspirés par l'enthou '
siasme de Venantius Forlunatus , évêque de Poitiers ;
les ordonnances de l'empereur Justinien plaçant sous
la protection de la sainte Vierge , non-seulement l'un
des plus beaux monuments de législation qui ait ja
mais été, mais encore les églises élevées par ses ordres,
à Jérusalem, sur le mont des Olives et jusqu'aux pieds
du Caucase, contrées sauvages où il étendit ses con
quêtes et convertit les peuples au culte du Christ et de
la Mère de Dieu.
1.
10
CULTE DB MARIE.
Le septième siècle vit à son tour apparaître et s'in
cliner devant les autels de la sainte Vierge les véné
rables et pieuses figures du pape saint Grégoire, sous le
pontificat duquel la religion prit un si grand essor ;
de Boniface IV, qui fit à Marie la dédicace du Pan
théon de Rome ; de l'empereur Héraclius, qui inscrivit
sur ses étendards le nom de la Mère de Dieu , parce
qu'elle lui avait aidé à soumettre des peuplades bar
bares , et de saint lldephonse , que l'Espagne révère
comme l'un des Saints qui mérita le plus la protection
de la Reine des Anges.
Le huitième siècle ne fut pas moins signalé par les
actes de dévotion à la sainte Vierge , et par les fruits
éclatants qu'ils produisirent. Ce fut en effet par la
puissante intercession de celle qui avait donné la vie
au Sauveur du monde, que l'on vit alors s'embrasser
la Justice et la Paix. Après trois ans d'un siège rigou
reux , Constantinople repousse les Sarrasins, et son pa
triarche, saint Germain, en rend à juste titre des actions
de grâces à Marie. C'est encore Marie qui chasse les
mêmes Sarrasins de l'Espagne , et qui opère de nom
breux miracles proclamés par les Conciles. Enfin, c'est
à Marie que Charlemagne consacre ses plus beaux
trophées. On sait que ce grand empereur ayant laissé
son armée à Pavie pour aller se prosterner , à Rome ,
sur le tombeau du Prince des Apôtres , durant les fêtes
de Pâques de l'année 780, assista à la célébration des
saints mystères dans l'église de Sainte-Marie-Majeure.
Depuis, ayant fait éclater la plus fervente dévotion
pour la sainte Vierge , il lui éleva des autels en Alle
magne , et particulièrement à Aix-la-Chapelle , où il
voulut finir ses jours glorieux , afin que ses dépouilles
l'HEUS HISTORIQUE.
il
mortelles lussent déposées dans l'église, monument
magnifique de son amour pour la Mère du Christ.
Les temps qui suivirent ne furent pas moins féconds
en solennelles et imposantes cérémonies par lesquelles
les rois et les peuples s'efforcèrent d'attirer sur eux les
bénédictions de M ah m ; on sait comment, sous les ban
nières de la Reine du Ciel, Louis-le-Débonnaire , pro
clamé roi d'Aquitaine dès le berceau, au commence
ment du neuvième siècle, sut mériter par Elle les res
pects et l'affection de ses sujets , et quels hommages
cette Souveraine, si humble et si grande à la fois, re
çut, vers la même époque, do ces Anglais qui lui doi
vent tant, et qui, suivant le funeste exemple de la reine
Elisabeth, se sont montrés plus tard si ingrats envers
leur Protectrice. Ce fut vers la même époque, ainsi que
nous aurons l'occasion de le rappeler dans une autre
partie de cet ouvrage, qu'eut lieu la première institu
tion de la fête de la Conception de la sainte Vierge.
Aux dixième et onzième siècles, la puissante interven
tion de Marie se manifesta dans les triomphes des em
pereurs Zimisces et Comnène, à Constantinople, dans
la prospérité du règne de saint Etienne, roi de Hongrie,
et dans les miracles de charité de Robert, roi de France.
Tous ces princes , touchés d'une vive reconnaissance
pour les bienfaits de la Mère de Dieu , élevèrent dans
leurs États des monuments que le temps a pu détruire,
mais dont le pieux souvenir ne saurait s'effacer.
Toutefois , c'est surtout à partir du douzième siècle
que la dévotion des peuples à Marie brilla du plus vif
éclat. Elle fut réveillée alors par saint Bernard, homme
extraordinaire, aux accents pleins de mystère et d'a
mour, qui maîtrisa l'Italie, l'Allemagne et même l'Eu
12
CULTE DE MARIE.
rope entière par l'ascendant de ses vertus, la puissance
de son esprit et l'autorité de ses miracles. Après lui, les
témoignages de piété envers la sainte Vierge se multi
plièrent au point qu'il serait impossible d'en présenter
ici seulement une rapide analyse. Pour ne parler que
des ordres religieux et des Rois de France, qui lui
vouèrent une vénération particulière , il suffit de nom
mer, d'une part , les ordres de Cluny , de Citeaux, des
Chartreux, du Mont-Carmel, de Saint-François-d'Assise,
de Saint-Dominique, de Saint-Bonaventure, de la Com
pagnie de Jésus, et d'une autre part, notamment saint
Louis , Jean dit le Bon , Louis XII le Père du peuple et
Louis XIII. Tout le monde connaît le vœu solennel de
ce dernier souverain. Par une déclaration du 10 fé
vrier 1638, il fit déposer sa couronne et son sceptre
aux pieds de Marie, sur l'autel de l'Église métropoli
taine de Paris , et il ordonna que tous les ans , en mé
moire de ce pieux hommage, il fût fait , à la fête de
l'Assomption , une procession générale à laquelle se
raient tenus d'assister toutes les cours et les principaux
Officiers de son royaume. Enfin, en des temps plus rap
prochés de nous, Bossuet, Fénelon, et tout ce que l'É
glise compte, avec un légitime orgueil, de savants, d'é
crivains et d'orateurs , ont secondé le mouvement pro
digieux dont notre époque recueille les fruits. Le culte
de Marie a toujours été au surplus comme le patri
moine des artistes, des poëtes et des hommes de génie.
Les arts et les sciences lui ont emprunté leurs plus
beaux titres à une glorieuse renommée ; et cela devait
être, car au lieu de rapetisser la pensée humaine, il
excite merveilleusement les élans de l'âme et féconde
les conceptions de l'esprit. C'est incontestablement à
PRÉCIS HISTORIQUE.
13
lui que l'on doit les plus belles statues de Michel-Ange,
les tableaux les plus renommés de Raphaël , les plus
brillantes compositions du Tasse.
Disons-le donc, en concluant , le culte de Marie a
pour lui tous les siècles, tous les Saints, tous les grands
hommes vraiment dignes de ce nom. — On peut le
comparer à un vaisseau majestueux qui, parcourant
le fleuve des âges , s'est enrichi des trésors de toutes
les régions du globe ; qui porte en triomphe les basi
liques et les chapelles élevées en témoignage de la
rédemption du genre humain, les étendards des ordres
guerriers , les naïfs et touchants emblèmes des pauvres
et des petits de la terre , et qui a inscrit en lettres de
feu le nom de Marie sur les banderolles de ses mâts !
— Heureux les passagers qui , décorés du beau titre de
Chrétiens , ont été conduits par la grâce à prendre part
à cette navigation protégée par l'Étoile de la Mer ! Sur
quelque plage du monde habité qu'ils mettent le pied,
ils entendront célébrer les fêtes de Marie , et bénir ce
nom qui a uni la terre aux cieux , parce que, comme
l'a dit saint Bernard , Celle qui le porte dignement a
tout à la fois donné aux captifs la liberté, aux affli
gés la consolation , aux malades la santé , aux pécheurs
le pardon , aux justes la grâce , à l'ange la joie , à la
Trinité la gloire, à la personne du Fils la nature hu
maine.
Animés par tant d'exemples de nos ancêtres , allons
donc avec ferveur et avec confiance nous prosterner
aux autels de la Reine de tous les Saints. N'oublions
jamais cette Mère si tendre à laquelle le Christ nous a
légués. Nous ne devons l'adoration qu'à Dieu ; mais à
la réserve de l'adoration, notre reconnaissance , notre
14
CMTB DE MARIE.
piété, notre admiration, notre amour ne sauraient être
refusés au culte de Makib. — Et d'ailleurs, comme l'a
dit si heureusement Alain de Chartres , ce n'est pas
assez, en parlant de la gloire du Fils, de dire que cette
gloire lui est commune avec sa Mère : il faut dire que
c'est la même : Filii gloriam ejus Matris non tam communem judico quam eamdem ; c'est-à-dire que la gloire
de la Mère revient tout entière au Fils.
FÊTES.
n
O Marie, Mère de mon Dieu, le Chrétien,
à l'nspect de toutes vois gloires, se sent comme
submergé dans un océan de délices.
(Rodjère , les Saints et leur Siècle.)
Marie ayant naturellement droit à la première place
et aux plus grands honneurs parmi les Saints, l'Église
a dû , dès les temps les plus anciens , lui réserver ses
principales solennités , après celles de Dieu lui-même.
11 serait impossible de dire dans quel ordre ces solen
nités furent instituées ; aussi est-ce à titre de tradition
ingénieuse plutôt que de document historique, que
nous emprunterons aux écrits de l'antiquité le récit
suivant : « Dans l'origine, il y eut successivement au« tant de fêtes de Marie que de saisons dans l'année ;
« ces fêtes furent l'Annonciation, l'Assomption, la
« Nativité et la Purification. Elles se célébraient dans
« l'ordre même des paroles de la Salutation Angélique,
16
CULTE DE MARIE.
« savoir : la première, ou YAnnonciation, en mémoire
« des premiers mots : Je vous salue, pleine de grâce,
« parce qu'ils rappellent le salut de l'Ange , l'œuvre
« du Saint-Esprit, et la plénitude de grâce qui en ré« sulta ; — la seconde , YAssomption, par allusion à
« ceux-ci : Le Seigneur est avec vous, parce que Marie
« ayant été élevée au Ciel se trouva alors véritable« ment avec le Seigneur ; — la troisième, la Nativité,
« à cause de ce qui suit : Vous êtes bénie entre toutes
« les femmes, puisque ce fut la seule femme dont la
« naissance eût été sans tache ; — et la quatrième, la
« Purification, exprimée par cette conclusion de la
« même prière : Le fruit de vos entrailles est béni,
« parce qu'en effet, ce fut dans la Purification que se
« réalisèrent extérieurement ces paroles. Plus tard , à
« ces quatre fêtes , vinrent se joindre d'abord celle de
« la Conception, et dans la suite, comme on le verra,
« celles de la Présentation et de la Visitation, qui com« plètent la première série des grandes et solennelles
« Fêtes de la sainte Vierge. »
Pour nous, sans nous arrêter à cette relation de
l'institution des Fêtes de Marie, nous avons cru devoir
adopter, dans l'exposition que nous proposons d'en
faire, l'ordre historique des événements dont elles con
sacrent la mémoire. On ne saisirait pas aussi facilement
leurs rapports dans l'ordre de leur célébration. Afin de
faire mieux sentir d'ailleurs cet enchaînement, nous
allons présenter d'abord un rapide aperçu chronolo
gique des années que la sainte Vierge passa sur la terre.
Ici, encore, nous sommes loin de rien affirmer, car en
réalité il n'y a rien de particulier ni de certain touchant
la naissance et la vie de la sainte Vierge que Dieu lui
FÊTES.
t7
même a voulu voiler aux regards des hommes. Toute
fois il nous aurait semblé trop rigoureux de renoncer à
reproduire ce que des auteurs plus ou moins respec
tables ont pensé sur un sujet si intéressant. Voici donc
l'opinion la plus répandue , sinon la seule admissible ,
avec quelques particularités auxquelles s'applique la
même restriction.
Marie, fille de Joachim et d'Anne, de la race de
David, eut, malgré le silence de l'Évangile sur ce point,
une conception immaculée comme sa vie.
Elle naquit le 8 septembre à Nazareth. Une pieuse
tradition , reçue de temps immémorial dans l'Église
grecque , portait qu'elle avait été présentée au Temple
à l'âge de trois ans ; et cela se trouvait aussi indiqué
dans la collecte des anciens Missels pour la fête de
la Présentation. Suivant les écrits des Pères, elle ne
sortit point du Temple avant la quatorzième année ;
alors le père de saint Jean-Baptiste y remplissait les
fonctions de grand-prètre , et dut être son premier
instituteur.
A quatorze ans, elle fut fiancée par les prêtres à Jo
seph, de la tribu de Juda, et, comme elle, de la famille
de David.
Le 25e jour du mois de mars de la même année ,
l'Ange lui apparut, tandis qu'elle priait, et lui annonça
la naissance du Fils de Dieu, qui devait s'incarner en
elle par l'opération du Saint-Esprit.
Elle alla ensuite visiter sa cousine Elisabeth , alors
enceinte de saint Jean-Baptiste, et passa trois mois au
près d'elle.
A yant commencé sa quinzième année, et s'étant ren
due à Bethléem, avec son époux, afin d'obéir à un édit
18
CULTE SE MARIE.
d'Auguste, elle mit au monde, dans une pauvre étable,
sur la paille, le 25 décembre, au milieu de l'hiver,
Jésus, le fils de David, le Sauveur des hommes.
Quarante jours après , le 2 février, elle alla en per
sonne présenter son enfant au Temple, selon la coutume
prescrite par la loi. Joseph , Marie et Jésus passèrent
ensuite sept ans en Egypte. A l'âge de vingt-deux ans ,
Marie revint à Nazareth ; elle en avait vingt-sept, lorsqu'ayant perdu de vue son fils à Jérusalem , elle le re
trouva dans le Temple, au milieu des Docteurs dont il
faisait l'admiration.
Agé de dix-huit ans, lorsque sa mère en avait trentedeux, Jésus, humble apprenti de Joseph, travaillait
avec lui , occupé sans doute à bâtir pour les pauvres
des cabanes de bois d'olivier, à faire des charrues pour
le laboureur et des barques de pêche ; et II leur était
soumis.
La Vierge mère, à quarante-deux ans, eut la douleur
de perdre son époux ; après cette triste séparation , son
Fils lui dit un adieu de quelques jours seulement , et
il se rendit, dans sa trentième année, au bord du
Jourdain , pour être baptisé par Jean ; puis il s'enfonça
dans le désert où il fit un jeûne de quarante jours.
Aux noces de Cana , Marie avait quarante-cinq ans ;
elle en comptait quarante-huit, lorsque le drame san
glant du salut des hommes se dénoua sur le Calvaire.
Depuis , elle cessa de vivre pour le monde , et après
avoir suivi l'Apôtre bien-aimô à Jérusalem, à Éphèse
et sur la Montagne de Sion, elle fut, dans sa soixantième
année, suivant quelques-uns, dans sa soixante-trei
zième, selon quelques autres, ravie de la terre au Ciel,
le 15e jour du mois d'août.
fêtes.
19
Telles sont les indications de l'âge plutôt que de la
vie de la Bienheureuse Mère de Dieu. Bossuet a dit à ce
sujet, dans ses Élévations : «Ceux qui s'ennuient pour
« Jésus-Christ, et rougissent de lui faire passer sa vie
« dans une si étrange obscurité, s'ennuient aussi pour
« la sainte Vierge, et voudraient lui attribuer de con« tinuels miracles. Mais écoutons l'Évangile : Marie
« conservait toutes ces choses dans son cœur. L'emploi
« de Jésus était de s'occuper de son métier, et l'emploi
« de Marie , de méditer nuit et jour le secret de Dieu.
« Mais quand elle eut perdu son fils , changea-t-elle
« d'occupation ? où la voit-on paraître dans les Actes
« ou dans la tradition de l'Église? On la nomme parmi
« ceux qui entrèrent dans le Cénacle , et qui reçurent
« le Saint-Esprit, et c'est tout ce qu'on en rapporte. Ma« rie méditait Jésus ; Marie , avec saint Jean , qui est
« la figure de la vie contemplative , demeurait en per
it pétuelle contemplation, se fondant, se liquéfiant, pour
« ainsi parler, en amour et en désir
Le silence de
« l'Écriture sur cette divine Mère est plus grand et
« plus éloquent que tous les discours
» Cependant
on a écrit des volumes sur un sujet si merveilleux tout
à la fois par sa simplicité et ses grandeurs ; on ne l'épuisera jamais, et de même que l'airain des cloches résonne
encore lorsque le son n'est déjà plus , toujours , depuis
plus de dix-huit siècles , après tant de louanges et de
concerts , on croit entendre entre le ciel et la terre de
chastes et doux murmures du nom de Marie. Oui,
Vierge sainte , vous êtes au Ciel , sans avoir cessé de
protéger ici-bas l'enfance au berceau, la jeune fille au
pied des autels , la tendre mère auprès de son fils , le
vieillard sur le bord de la tombe. Enfin , comme l'a si
24)
CULTE DE MARIE.
bien dit un poiite qui passa, par votre grâce, de l'erreur
à la foi ' :
Votre mémoire bien aimée
Se conserve dans tous les cœurs ,
Comme au déclin de la journée,
Après le départ des faneurs ,
Dans la prairie abandonnée
Reste encore un parfum de fleurs.
' Edmond Géraud.
FÊTES DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE.
PREMIERE SERIE.
Conception , — Nativité, — Présentation, — Annonciation ,
Visitation, — Purification , — Assomption.
LA CONCEPTION.
(8 décembre.)
Celui qui m'a créée a reposé dans mon
tabernacle.
(De l'Ecclésiastique, c. 23.)
Qui creavh me, requievit in tabernaculo meo...
Dans l'Ancien Testament , le Seigneur dit au pro
phète Jérémie ' : « Avant de t'avoir formé dans les
« entrailles de ta mère, je t'ai connu ; avant que tu
« fusses sorti de son sein , je t'ai sanctifié. » Saint JeanBaptiste lui-même fut également sanctifié dans le sein
de sa mère. Donc, il est hors de doute que le divin Lé
gislateur a voulu faire des exceptions à la loi géné
rale ou à la sentence de mort , qui , par le péché de
1 1. s.
22
CULTE DE MARIE.
nos premiers parents, fut étendue à leur postérité. Eh !
qui jamais fut plus digne de cette exception que la
Vierge, revêtue de la sublime dignité de Mère de Dieu?
Oui, Marie a été conçue sans péché : tel est le cri pro
féré par les Docteurs et les saints Pères , bien que l'É
glise elle-même , qui procède toujours avec tant de sa
gesse et de maturité , ne se soit pas encore prononcée
d'une manière absolue et définitive. Le Chrétien ne
croit-il pas entendre , à travers les siècles , les voix les
plus imposantes proclamer cette consolante tradition ?
Saint Grégoire , évêque de Néocésarée, saint Denis d'A
lexandrie , Origène , saint Basile , saint Augustin , saint
Épiphane, saint Jérôme, saint Thomas, plusieurs Papes,
les Conciles d'Éphèse, de Constantinople et de Nicée,
ont tous reconnu que l'opinion de l'Immaculée Concep
tion de la sainte Vierge était une opinion pieuse con
forme à la foi et à la raison. Saint Bernard, dont
l'autorité est d'un si grand poids en un tel sujet, ré
sume admirablement cette vérité, lorsqu'il dit dans
son discours sur la Nativité de saint Jean-Baptiste:
« Comme tous les hommes sont conçus dans l'iniquité,
« nous ne lisons point qu'aucun d'eux ait jamais été
« sanctifié dans le sein de sa mère, excepté Jérémie et
« Jean-Baptiste; mais il n'y a aucunement lieu de
« douter que la sainte Vierge, encore enfermée dans le
« sein maternel, n'ait été purifiée par un genre de sanc« tification beaucoup plus sublime, puisqu'elle était des« tinée à être le sanctuaire où un Dieu devait se revêtir
« de notre chair ; car le Saint-Esprit descendit sans
« doute en Marie d'une manière plus ineffable que sur
« ces deux Saints, puisque toute la plénitude de la
« Divinité se répandit en elle sans mesure, afin qu'elle
LA CONCEPTION.
23
« fût capable de contenir dans toute son étendue le
« Créateur de toutes choses. » Enfin, comme l'a dit
Bossuct lui-même : « L'opinion de l'Immaculée Concep« lion a je ne sais quelle force qui persuade les âmes
« pieuses. Après les articles de foi, ajoute ce grand
« évêque, je ne vois guère de choses plus assurées. C'est
« pourquoi je ne m'étonne pas que cette école des théo« logiens de Paris oblige tous ses enfants à défendre
« cette doctrine. Pour moi , je suis ravi de suivre au« jourd'hui ses intentions. Après avoir été nourri de
« son lait, je me soumets volontiers à ses ordonnances,
« d'autant plus que c'est aussi, ce me semble, la vo« lonté de l'Église. »
Marie fut donc libre et exempte de tout péché origi
nel. D'après sa généalogie, elle appartenait à la tribu
de Juda et descendait de la race royale de David,
comme les prophètes l'avaient prédit. David ayant eu
deux fils, Salomon et Nathan, les deux branches s'é
taient réunies dans Zorobabel, qui fut l'un des ancêtres
du père de Marie , lequel , d'après le sentiment de plu
sieurs rabbins, eut deux noms, Héli et Joachim. Sa
mère , nommée Anne , était également de la race de
David ; aussi , dans l'origine , célébrait-on dans les
Églises de l'Orient une fête de la Conception sous le
nom de Conception de sainte Anne. Cette dénomination
manquait de justesse et ne fut pas conservée ; ce n'est
point, en etl'et, à la maternité d'Anne, épouse de
Joachim, que doit revenir la faveur exclusivement ré
servée à la Mère prédestinée de Jésus ; il s'agit de la
conception passive , essentielle , propro à Marie et à
elle seule; en un mot, de YImmaculée Conception,
ce qui signifie purement et simplement qu'à l'instant
24
CULTE DE MARIE.
même où l'âme privilégiée de Marie] fut unie à son
corps, comme l'est celui de toutes les autres créa
tures, son humanité fut sanctifiée. Il est remarquable
que cette croyance ou plutôt ce fait , que Marie fut
conçue sans péché, a été consigné par Mahomet dans le
Coran. 11 n'est donc pas étonnant que l'origine de la
célébration de la fête qui se rattache à la Conception
même soit mentionnée dans les plus anciens ouvrages.
Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on en trouve la pratique
ordonnée ou confirmée dans des décrets ou bulles de
l'empereur Léon, surnommé le Sage, qui vivait au
neuvième siècle , et que c'est à Sixte IV que l'Occident
est redevable de la constitution de la même fête, en
1476. Bien auparavant d'ailleurs elle était célébrée en
Italie, en Espagne, en Angleterre , en France, et sur
tout à Lyon. — Le privilège de consacrer un office spé
cial à la Conception ayant été , pour la première fois ,
accordé aux religieux de l'ordre de Saint-François,
l'Archevêque de Séville , en Espagne , il y a quelques
années , et l'Église de Lyon , en 1 834 , ont réclamé et
obtenu la même faveur. Après eux, les Archevêques de
Paris et de Bourges et les Évêques de Chàlons-surMarne et de Saint-Flour ont été autorisés par des rescrits du Saint Père à célébrer la fête de la Conception
sous le nom de Fête de YImmaculée Conception, le
second dimanche de l'Avent, et à joindre à la préface
de ce jour le titre Immaculata, comme on a ajouté
aux Litanies l'invocation Regina, sine labe concepta
(Reine conçue sans tache).
11 y a une Octave pour cette fête comme pour les
autres ; tout le monde sait que ce mot octave vieri t
d'octava, et qu'il veut dire huitième; c'est le temps pen
lA CONCEPTION.
25
Jant lequel on répète l'office de la fête, du moins en
partie. Ce sont les Apôtres mêmes qui ont été les ins
tituteurs des octaves. Voici du reste le sentiment d'un
savant écrivain ecclésiastique nommé Gavantus, qui en
énumère de la manière suivante les principales raisons
mystiques : « Huit personnes purent seules se sau« ver de l'arche de Noé; le temple que vit Ézéchiel
« dans sa vision avait un vestibule de huit coudées ;
« on y montait par huit marches et on y circulait sur
« huit tables ; la partie du Tabernacle élevé par Moïse,
« au couchant , se composait de huit planches ; Jésus« Christ dissipa l'incrédulité de saint Thomas au bout
« de huit jours ; il a préconisé huit béatitudes ; les six
« lettres dont se compose le nom de Jésus en langue
« grecque, équivalent, selon le caleul de Bède, au
« nombre 888. »
ÉLÉVATION.
Quel est l'homme qui, cherchant à se connaître, ne se
sent pas comme anéanti par le simple rapprochement
de la brièveté de sa vie, de ses misères, de sa petitesse
en un mot, avec l'éternité et les grandeurs de Dieu ? Et
pourtant, hélas ! quel est celui qui, après comme avant
cette double considération , n'a pas éprouvé quelque
secret sentiment de confiance en soi-même? Avouons-le
donc , c'est que le propre de notre nature, altérée par
la faute de nos premiers parents, est encore l'orgueil ,
et que nous sommes tous plus ou moins impatients
de la supériorité d'autrui ; c'est aussi qu'à l'exemple
de ces aveugles de naissance qui doutent de l'existence
du soleil, nous nions hardiment tout ce qui n'est pas à
la portée des conceptions de nos sens et de nos organes
2
86
CULTE DE MARIE.
bornés et imparfaits. Chose incompréhensible ! plus
l'œuvre du Très-Haut importe à notre salut, plus elle
trouve de résistances dans notre esprit. Assurément ,
rien n'est plus au-dessus de notre raison et en même
temps plus conforme à notre raison , que d'admettre
la conception sans tache et sans péché de la Mère d'un
Dieu. Et néanmoins c'est un des points sur lesquels on
rencontrerait le plus d'incrédules. Sachons donc humi
lier notre esprit superbe et le soumettre à ce que des
saints ont cru; ces croyances sont si consolantes ! et
l'orgueil est si fécond en déceptions! Poussière animée,
ne perdons jamais de vue que nous ne serons bientôt
plus qu'une froide poussière! Détachons notre cœur
des entraves qui le retiennent ici-bas, afin de lui laisser
prendre un libre essor vers le royaume éternel , là où
il n'y a plus ni combat , ni passion , ni erreur, ni
doute , mais où tout est repos , lumière et amour ! Ré
pétons surtout, tour à tour et souvent, tantôt les tristes
paroles du Prophète-Roi : Hélas ! le péché me souillait
déjà, quand ma mère m'enfanta dans la douleur; et
tantôt ce cri d'enthousiasme et de bonheur proféré par
tant de nations et de pieux personnages : Marie a été
conçue sans péché.
PROPRE DE LA MESSE DE LA CONCEPTION.
INTROlT.
Rome.
Salut, Mère Sacrée, Vierge
Salve, simctaParens.enixà
qui avez enfanté le Roi qui règne puerpera Regem, qui cœlum
sur la terre et dans les cicux terramque rcgit in sa'cula
pendant les siècles éternels. swculorum. Pu. Eructavit
LA CONCEPTION.
27
cor meum verbum honum : Ps. Mon cœur ne peut plus con
dico ego opera mea regi. tenir la parole heureuse : c'est au
roi que j'adresse mes cantiques.
Gloria. Salve.
Gloire. Salut.
Paris.
Juravit Dominus David
Le Seigneur a juré à David
veritatem, et non frustrabi- dans sa vérité: son serment est
tur en m : de fructu ven- irrévocable : je placerai sur vo
tris tui ponam super sedem tre trône un Gis qui naîtra de
tuam. Ps. Memento, Do vous. Ps. Souvenez-vous de Da
mine, David, * et omnis vid et de toute sa douceur.
mansuctudinis ejus. Gloria. Gloire. Le Seigneur.
Juravit.
COLLECTE.
Famulis tuis, qu;rsumus,
Domine, cœlestis gratise munus impertire, ut quibus
beatse Virginis partus exstilit salutis exordium, conceptionis ejus votiva solemnitas
pacis tribuat incrementum.
Per D. N. J. C.
Seigneur, daignez accorder à
vos serviteurs le don de votre
grâce céleste, afm que la solen
nité de la Conception de la
sainte Vierge Marie , dont l'en
fantement a été pour nous le
principe du salut, nous procure
de plus en plus une paix solide
et durable. Par J. C. N. S,
EPlTRE.
Lecture du livre de la Sagesse. (Proverb. 8. c.)
Dominus possedit me in
inltio viarum suarum antequam quidquam faceret a
principio. Ab seterno ordin.-il a sum, et ex antiquis
antequam terra fieret. Nondum erant abyssi et ego jam
concepta eram : needum
fontes aquarum eruperant:
needum montes gravi mole
constiterant : ante colles ego
parturiebar : adhuc terram
non fecerat et flumina et
cardines orbis terrse. Quando praeparabat cœlos, aderam : quando certa lege, et
gyro vallabat abyssos : quan-
Le Seigneur m'a possédée au
commencement de ses voies :
j'étais avant qu'il format au
cune créature. Je suis de toute
éternité avant que la terre ait
été créée. Les abimes n'étaient
pas encore, et déjà j'étais con
nue ; les fontaines n'étaient pas
encore sorties de la terre, la
pesante masse des montagnes
n'était pas encore formée ; j'é
tais enfantée avant les collines.
11 n'avait créé ni la terre ni les
fleuves, ni affermi le monde sur
ses pôles. Lorsqu'il préparait
les cieux j'étais présente ; lors
qu'il environnait les abîmes de
CULTE DE MARIE.
28
leurs bornes, et qu'il leur pres do sethera firmabat sursum,
crivait une loi inviolable ; lors et librabat fontes aquarum :
qu'il affermissait l'air au-des quando circumdabat mari
sus de la terre et lorsqu'il don terminum suum, et legem
nait leur équilibre aux eaux ponebat aquis, ne transi
des fontaines; lorsqu'il renfer rent fines suos : quando apmait la mer dans ses limites et pendebat fundamenta lerlorsqu'il imposait une loi aux rœ. Cum co eram, cuncta
eaux, afin qu'elles ne passassent componens , et delectabar
point leurs bornes; lorsqu'il po per singulos dies, ludens
sait les fondements de la terre, coram eo omni tempore ;
j'étais avec lui , et je réglais ludens in orbe terrarum : et
toutes choses. J'étais chaque deliciœ meœ, esse cum filiis
jour dans les délices, me jouant hominum. Nunc ergo filii
sans cesse devant lui, me jouant audite me. Beati qui custodans le monde ; mes délices diunt vias meas. Audite dis
sont d'être avec les enfants des ciplinam, et estote sapienhommes. Ecoulez-moi donc tes, et nolite abjicere eam.
maintenant, mes enfants. Heu Beatus homo qui audit me,
reux ceux qui gardent mes et qui vigilat ad fores meas
voies! Ecoutez mes instruc quotidie , et observat ad
tions, soyez sages et ne les re postes ostii mei. Qui me injetez point. Heureux celui qui venerit, invenict vitam, et
m'écoute , qui veille tous les haurict salutem a Domino.
jours à l'entrée de la maison, et
qui se tient à la porte. Celui qui m'aura trouvée, trouvera la
vie , et il puisera le salut dans la bonté du Seigneur.
Paris.
Lecture du livre de la Genèse. (Chap. 3.)
En ces jours-là, le Seigneur
In diebus illis vocavit DoDieu appela Adam , et lui dit : minus Dcus Adam, et dixit
Où êtes-vous? Adam lui répon ei: Ubi es? Qui ait: Vocem
dit : J'ai entendu votre voix tiiiim audivi in Paradiso, et
dans le paradis, et j'ai eu peur, timui, eo quod nudus essem,
parce que j'étais nu ; c'est et abscondi me. Cui dixit :
pourquoi je me suis caché. Le Quis enim indicavit tibi
Seigneur lui répondit : D'où quod nudus esses, nisi quod
avez-vous su que vous étiez nu, ex ligno de quo perceperam
sinon de ce que vous avez tibi ne comederes , comemangé du fruit de l'arbre dont disti? Dixitquc Adam: Muje vous avais défendu de man licr quam dedisti mihi soger? Adam lui répondit: La ciam, dedit mihi de ligno et
femme que vous m'avez donnée comedi. Et ait Dominus
pour compagne, m'a présenté Deus ad mulicrem: Quare
du fruit de cet arbre, et j'en ai hoc focisti t Quse respondit :
2!>
LA CONCEPTION.
mangé. Le Seigucur dit à la fem
me : Pourquoi avez-vous fait ce
la? Elle répondit : Le serpent m'a
trompée , et j'ai mangé de ce
fruit. Alors le Seigneur dit au
serpent : Parce que tu as fait
cela, tu es maudit entre tous les
animaux et toutes les bètes de la
terre; tu ramperas sur le ven
tre, et tu mangeras la terre
tous les jours de ta vie. Je met
trai une inimitié entre toi et la
femme, entre sa race et la tien
ne. Elle te brisera la tête, et tu
tacheras de la mordre au talon.
Serpens decepit me et comedi. Et ait Dominus Deus
ad scrpentem : Quia fecisti
hoc , maledictus es inler
omnia animantia et bestias
terra;: super pectus tuum
gradieris et terram comedes
cunctis diebus vita; tua;. Inimicitias ponaui inter te et
mulierem et semen tuum et
semen illius: ipsa conteret
raput tuum, et tu insidiaberis caleaneo ejus.
Rome.
Benedicla et vencrabilis
Vous êtes bénie, vous êtes di
es, Virgo Maria, qua; sine gne d'hommage, ô Vierge Ma
tactu pudoris inventa es rie, qui devenez, sans nulle
Mater Salvatoris. jr Virgo atteinte à votre Virginité, la
Dei Genitrix, quem totus Mère du Sauveur. y Vierge,
non capit orbis, in tua se Mère du Dieu que l'univers ne
clausit viscera factus homo. contient pas, il s'est renfermé
Alleluia , alleluia. b! Felix dans vos entrailles lorsqu'il s'est
es, sacra Virgo Maria, et fait homme. Louez Dieu. y
omni laude dignissima, quia Vous êtes heureuse, Vierge sa
ex te ortus est sol justifia;, crée , ô Marie , vous êtes trèsChristus Deus noster. Alle digne de toutes louanges parce
que c'est de votre sein que s'est
luia.
levé le soleil de justice , le
Christ notre Dieu. Louez Dieu.
Paris.
Un ileuve de joie inonde la
cité de Dieu. Le Très-Haut a
sanctilié son tabernacle. Dieu
est au milieu d'elle ; elle ne sera
pas ébranlée ; le Seigneur la
protège dès le lever du l'aurore.
Louez Dieu, louez Dieu. y Le
.Seigneur l'a choisie pour en
faire sa demeure. Louez Dieu.
Fluminis impetus lœtifi—
cat civitatem Dei : sanctificavit tabernaculum suum
Altissimus. y Deus in meriio ejus, non commovebitur : adjuvabit eam. Deus
manc diluculo. AUeluia, al
leluia. n! Klegit eam Domi
nus in habitationem sibi,
Allcluia.
2.
30
CULTE DE MARIE.
EVAXGILE.
Commencement du saint Evangile selon saint Matthieu.
Généalogie de J. C, fils de
Liber generationis Jesa
David, fils d'Abraham. Abra Christi filii David, filii Abra
ham engendra Isaac. Isaac en ham. Abraham genuit Isaac.
gendra Jacob. Jacob engendra Isaac autem genuit Jacob.
Juda et ses frères : Juda en Jacob autem genuit Judam
gendra de Thamar Phares et et fratres ejus. Judas au
Zara : Phares engendra Esron : tem genuit Phares et ZaEsron engendra Aram: Aram ram de Thamar. Phares au
engendra Aminadab : Amina tem genuit Esron. Esron
dab engendra Naasson: Naas- autem genuit Aram. Aram
son engendra Salmon : Salmon autem genuit Aminadab.
engendra de Rahab , Booz : Aminabad autem genuit
Booz engendra de Ruth, Obed : Naasson. Naasson autem ge
Obed engendra Jessé : Jessé en nuit Salmon. Salmon autem
gendra David, qui fut roi: le genuit Booz de Rahab. Booz
roi David engendra Salomon, autem genuit Obed et Ruth.
de celle qui avait été femme Obed autem genuit Jesse.
d'Urie: Salomon engendra Ro Jesse autem genuit David
boam : Roboam engendra regem. David autem rex ge
Abias : Abias engendra Asa : nuit Salomonem ex ea quœ
Asa engendra Josapbat : Josa- fuit Uriœ. Salomon autem
phat engendra Joram: Joram genuit Roboam. Roboam
engendra Osias : Osias engendra autem genuit Abiam. Abias
Joathan : Joathan engendra autem genuit Asa. Asa au
Achaz: Achaz engendra Ezé- tem genuit Josaphat. Josa
chias : Ezéchias engendra Ma- pbat autem genuit Joram.
nassès: Manassès engendra A- Joram autem genuit Oziam.
mon : Amon engendra Josias : Ozias autem genuit Joa
Josias engendra Jéchonias et ses than. Joathan autem genuit
frères, vers le temps que les Juifs Achaz. Achaz autem genuit
furent transportés àBabylone. Et Ezechiam. Ezechias autem
depuis qu'ils furent transportés genuit Manassen. Manasses
à Bahylone, Jéchonias engendra autem genuit Amon. Amon
Salathiel : Salathiel engendra autem genuit Josiam. Josias
Zorobabel : Zorobabel engendra autem genuit Jechonias et
Abiud; Abiud engendra Elia- fratres ejus, in transmigra
cim: Eliacim engendra Azor: tion Babylonis. Et post
Azor engendra Sadoc : Sadoc transmigrationem Babylo
engendra Achim : Achim en nis, Jechonias genuit Sala
gendra Eliud : Eliud engendra thiel. Salathiel autem ge
Eleazar : Eleazar engendra Ma- nuit Zorobabel. Zorobabel
than : Mathan engendra Jacob : genuit autem Abiud. Abiud
Jacob engendra Joseph, l'époux autem genuit Eliacim. Elia-
Là CONCEPTION.
31
cim autem genuit FAzor. de Marie, de laquelle est ne
Azor autem genuit Sadoc. Jésus qui est appelé le Christ.
Sadoc autem genuit Achim.
Achim autem genuit Eliud. Eliud autem genuit Eleazar. Eleazar autem genuit Mathan. Mathan autem genuit Jacob. Jacob
autem genuit Joseph virum Mariœ, de qua natus est Jesus, qui
vocatur Christus.
OFFEIiTOIRE.
Rome.
Beata es , Virgo Maria ,
Vous êtes heureuse, ô Vierge
quse Dominum portasti crca- Marie , vous avez porté le Dieu
torem : genuisti qui te fecit, Créateur, vous avez engendré
et in seternum permanes Celui qui vous a faite; et àjaVirgo.
mais vous demeurerez Vierge.
Paris.
Concupiscet Rex decorem
tuum, quoniam ipse est Dominus Deus tuus, et adorabunt eum: et filiœ Tyri in
muneribus ; vultum tuum
deprecabuntur omnes divites plebis.
Le Roi sera épris de votre
beauté ; c'est lui qui est le Seigneur votre Dieu, c'est lui que
les peuples adoreront ; les filles
de Tyr viendront vous offrir des
présents; et les grands de la
terre imploreront vos regards.
SECBÈTE.
Rome.
Unigeniti tui , Domine ,
Secourez-nous, Seigneur, par
nobis succurrat humanitas : l'humanité sainte de votre Fils
ut, qui natus de Virgine, unique, qui, en naissant d'une
Matris integritatem non mi- Vierge, n'a point altéré, mais a
nuit, sed sacravit : in Con- consacré la pureté de sa Mère,
ceptionis ejus solemniis, afin qu'après nous avoir délinostris nos piaculis exuens , vrés de nos péchés dans la fête
oblationem nostram tibi fa- de la Conception , ce même
ciat acceptam J. C. D. N., J. C. N.-S., aussi dans la fête de
qui tecum vivit
la Conception, vous rende no
tre oblation agréable, lui qui.
Paris.
Deus qui electam ab Unigenito tuo in habitationem
sibi beatam Mariam Virginem prœvenisti in benedictionibus duleedinis , men-
O Dieu, qui avez prévenu de
bénédictions et de grâces la
bienheureuse Vierge Marie ,
que votre Fils unique avait
choisie pour sa demeure : pré-
32
CULTE DE MARIE.
parez nos ames et nos corps
pour recevoir ce même Fils unique qui doit venir à nous et demeurcr en nous, lui qui.
tes et corpora nostra hujus
virtutc sacrificii prœpara
venturi ad nos, et in nobis
habitaturo eidem D. N. J. C.
PRÉFACE.
Comme à la Messe de l'Assomption, p. 108.
COMMUNION.
Rome.
Bienheureuses les entrailles
Beata viscera Mariœ Virde la Vierge Marie qui ont ginis, quseportavernut seterporté le Fils du Père éternel.
ni Patris Filium.
Paris.
Le Seigneur qui vous a créée,
Dominus faciens et forqui vous a formée, vous a pro- mans te, ab utero auxiliatégée dès le sein de votre mère. tor tuus.
POSTCOMMUNION.
Rome.
Nous avons reçu, Seigneur,
Sumpsimus, Domine, ce
les sacrements qui vous sont of- lebritatis annuse votiva saferts à cette solennité annuelle; cramenta: pra-sta, quœsufaites, nous vous prions, qu'ils mus, ut lemporalis vits nonous procurent les remèdes bis remedia prœbeant, et
pour la vie temporelle et pour avenue. Per Oominum.
la vie éternelle. Par le Christ.
Paris.
Que les mystères adorables
Mundont nos, Domine, ah
de votre Verbe incarné nous omui inquinamento carnis
purilient de toutes les souillures et spiritus, Verbi tui incardu corps et de l'esprit ; et que, nati mysteria quœ sumpsipar l'intercession de Sii très- mus; et intercedente sancsainte Mère la Vierge Marie, tissima ejus genitrice Vir
ils sauctitient nos corps par la gine Maria , corpora nosebasteté, nos esprits par la foi, tra castitate, mentes fide,
et nos cœurs par la charité; corda caritate sanctilicent ;
par le même Notre-Seigneur per cumdem D. N. J. C.
Jésus-Christ.
LA CONCEPTION.
33
VÊPRES.
A toutes les fêtes de la sainte Vierge , on chante les psaumes
qui se trouvent aux Vêpres de l'Office composé en sou hon
neur.
Rome.
Ant. 1. Conccptio glorio1. Ant. Nous célébrons la
sœ virginis Mana;, ex so Conception de la glorieuse vierge
mme Abralue, orta; de tribu Marie , qui est de la race d'A
Juda, clara ex stirpe David. braham, de la tribu de Juda, de
l'illustre famille de David.
2. Conceptio est hodie
2. C'est aujourd'hui la Con
sancta; Maria; virginis, cu- ception de la sainte vierge Ma
jus vita inclita cunctas illus rie, dont la glorieuse vie éclaire
toutes les Eglises.
trat Ecclesias.
3. Regali ex progenic Ma
3. Marie éclate par la splen
ria exorta refulget : cujus deur de la race royale dont elle
precibus nos adjuvari mente, est sortie ; nous demandons de
et spiritu devotissime posci- toute l'affection de notre cœur le
secours de ses prières.
mus.
4. Corde et animo Christo
4. Chantons du fond du cœur
canamus gloriam in hac sa des cantiques à la gloire de Jé
cra solemnitate prœcelsœ gc- sus-Christ en cette sacrée solen
nitricis Dei Mariœ.
nité de l'illustre Marie, Mère
de Dieu.
5. Célébrons avec joie la Con
5. Cum jucunditate Conceptionem beata; Maria; cc- ception de la bienheureuse Ma
lebremus, ut ipsa pro nobis rie, alin qu'elle intercède pour
intercedat ad ûominum Je- nous auprès de Notre-Seigncur
Jésus-Christ.
sum CI iristu m.
I1YMNE.
Cette hymne se chante à toutes les fêles de la sainte Vierge.
Ave, maris stella,
Dei Mater aima ,
Atque semper Virgo ,
Felix cœli porta.
Sumens illud ave
Gabrielis orc ,
Funda nos iu pacc ,
Mulans Evœ nomeu.
Salut, étoile de la mer, Mère
féconde de Dieu et toujours
vierge, porte fortunée du ciel.
Puisque vous avez agréé le
salut de l'archange, veuillez, en
changeant le nom d'Eve, nous
établir dans la paix.
34
CULTE DE MARIE.
Brisez les fers des coupables,
Solve vincla reis ,
présentez la lumière aux aveu Profer lumen csecis ,
gles, chassez loin de nous tous Mala nostra pelle ,
les maux, implorez pour nous Bona cuncta posce.
tous les biens.
Montrez que vous êtes notre
mère , et qu'il reçoive par vous
nos prières, celui qui étant né
pour nous n'a pas dédaigné d'ê
tre votre fils.
Vierge choisie entre toutes les
vierges , la plus douce des vier
ges , obtenez-nous , avec le par
don de nos crimes, la douceur
et la chasteté.
Monstra te esse matrem :
Sumat per te preces,
Qui pro nobis natus
Tulit esse tuus.
Virgo singularis,
Intcr omnes mitis,
Nos culpis solutos
Mites fac et castos.
Que par vous notre cœur soit
Vitam prœsta puram ,
pur, notre faute exempte de Iter para tutum ,
danger, afin qu'admis à contem Ut videntes Jesum ,
pler Jésus, nous goûtions les Semper collœtemur.
joies éternelles.
Gloire à Dieu le Père , hon
Sit laus Deo Patri ,
neur au suprême Rédempteur, Summo Christo decus,
louange à l'Esprit saint , hom Spiritui sancto ,
mage unique à la Trinité.
Tribus honor unus.
Ainsi soit-il.
Amen.
A Magnificat , Ant.
Conceptio tua, Dei GeniVotre conception, ô vierge
Mère de Dieu , a été un présage trix virgo , gaudium annunde joie et de bonheur à tout l'u tiavit universo mundo : ex
nivers, car de vous est né le So te enim ortus est Sol justileil de justice , Jésus-Christ no tiœ, Christus Deus noster
tre Dieu, qui a fait cesser la ma qui solvens maledictionem ,
lédiction et apporté la bénédic dedit benedictionem; eteontion; et qui, en détruisant la fundens mortem, donavit
mort , nous a donné la vie éter nobis vitam sempiternam.
nelle.
Paris
Ant. i . Tel qu'est le lis entre
Ant. 1. Sicut lilium inter
les épines, telle est mabien-ai- spinas sic amica mea inter
mée entre les filles.
lilias.
2. Votre beauté est parfaite,
2. Tota pulehra es, amica
LA CONCEPTION.
35
mea ; et macula non est in
te.
3. Hortusconclusussoror
mea , sponsa : hortus conclusus , fons signatus.
ma bien-aimée; et votre éclat
n'est terni par aucune tache.
3. Ma sœur, mon épouse est
comme un jardin fermé : elle
est comme un jardin fermé , et
une fontaine scellée.
4. Fons hortorum, puteus
4. Elle est la fontaine des jar
aquarum viventium , quse dins, elle est le puits des eaux
vivantes, qui coulent avec impé
fluunt impetu de Libano.
tuosité du Liban.
5. Levez-vous, ma bien-aimée,
5. Surge, amica mea, speet paraissez devant moi avec
ciosamea; et veni.
tout l'éclat de vos vertus.
HYMNE.
Debitant morti sobolem
creârat
Eva peccatrix : nova destinatur,
Quœ sacro partu scelus atque
mortem
Destruat, Eva.
Vicia serpentis fuit illa
fraude ;
Intimis virus recipit medul11s:
Vulnus hœc sanat , lumidique colla
Conterit anguis.
Quo dolus cessit ? domita
parente ,
Totius sperat sobolis ruinam :
Omnibus reddet soboles parentis
Unam salutem.
Sic lucro cedunt, Domino
volente ,
Damna, dum grata vice per
Mariam
Delet ântiquam nova vita
mortem ,
Gratise culpam.
Diceris mater quoqne nnstra , Virgo :
Eve coupable avait donné le
jour à une race vouée à la mort :
une nouvelle Eve est appelée h
détruire par un enfantement di
vin le crime et la mort.
La première fut vaincue par
la ruse du serpent, et le venin
s'est répandu dans toutes ses
veines : celle-ci guérit la bles
sure et écrase la tote orgueilleuse
du reptile.
Que produisit sa malice? la
mère des hommes vaincue, il se
promet la ruine de sa postérité :
une femme en sortira et la sau
vera tout entière.
Ainsi, Dieu le voulant, le gain
Couvre la perte ; par cet heureux
échange, Marie fait succéder à
l'antique mort une vie nouvelle
et la grâce au péché.
0 Vierge ! vous serez aussi ap
pelée notre mère ; Vierge sainte,
CULTE DE MARIE.
36
prouvez que vous l'êtes en dé Te proba nostram, pia Virgo,
tournant de nous , par vos ten
matrem ,
dres prières, la colère du Très- Efficax blandis precibus severum
Haut.
FlectereNumen.
Gloire à l'éternelle Trinité,
Laus sît a;terna; sua Tridont la miséricorde annonce au
nitati,
monde affligé la venue pro Quœ laborantem miserata
chaine du Christ, en lui mon
mundum ,
trant celle qui doit être sa Proximos Christi, prœeunte
matre,
mère.
Nuntiat ortus.
Ainsi soit-il.
Amen.
A Magnificat, Ant.
Une seule est ma colombe , et
Una est columba mea,
ma parfaite amie : les filles l'ont perfecta mea : videront eam
vue , et elles ont public qu'elle lilia', et beatissimam prœdicaverunt.
est très-heureuse.
La Messe dans l'Octave de la Conception est la même que
la précédente.
LA NATIVITÉ.
37
LA NATIVITÉ.
(8 septembre.)
Elle s'avance comme l'aurore naissante,
belle comme la lune , brillante comme le so
leil, terrible comme une armée en bataille.
(Cantique des Cantiques, c. 6.)
Progreditur quasi aurora consurgens, pulebra ut luna, electa ut sol, terribilis ut castrorum acies ordinata.
On sait assez que le mot nativité a le même sens que
naissance; mais ce que beaucoup de gens, même catho
liques, ignorent peut-être, c'est que l'Église applique
toujours le nom de jour natal ou de nativité, pour le
commun des Saints, au jour de leur mort, par allusion
à la véritable vie dans laquelle ils sont entrés en mou
rant. 11 y a cependant trois nativités qui forment autant
de glorieuses exceptions à cette règle, parce qu'elles
furent pures de la tache originelle : ce sont celles de
saint Jean qui annonça le jour par excellence , de Marie
qui en fut l'aurore , et de Jésus-Christ qui, pour parler
comme les Docteurs, fut la lumière ou le soleil nais
sant.
Pour ce qui concerne la naissance de Marie , on ne
trouve rien dans l'Écriture sainte qui en fasse connaître
les circonstances. Quelques auteurs sacrés ont prétendu
qu'elle avait eu lieu à Nazareth , d'autres à Jérusalem ;
de là vient qu'on ne peut rien affirmer à cet égard.
Toutefois il existe une tradition commune qui a bien
3
38
CULTE DE MARIE.
quelque poids et qu'il convient de reproduire avec ses
détails pleins de charmes.
Après la chute d'Adam et d'Eve , Dieu avait dit au
serpent : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme,
« entre ta postérité et la sienne ; elle t'écrasera la tête...»
C'était là une prédiction contre le démon et une pro
messe de réconciliation pour le genre humain. Plus
tard, le premier des quatre grands prophètes (Isaïe,
Jérémie , Baruch , Ézéchiel) , qui écrivait sept cents ans
avant Jésus-Christ , avait prédit à son tour que « le
« royaume de Juda , qu'il comparait à une forêt su
it perbe, tomberait avec ses cèdres élevés, et qu'il ne
« resterait plus qu'un tronc sans branches et sans
« feuilles ' ; » mais il ajoutait : « Un rejeton naîtra de
« la tige de Jessé ; une fleur s'élèvera de ses ruines , et
« l'esprit du Seigneur y reposera. » Et voilà , d'après
les témoignages les plus historiques , qu'à une époque
où la race de David avait perdu sa splendeur, le 8 du
mois de septembre, un samedi, à l'aube du jour, une
sainte femme de la tribu sacerdotale, connue sous le
nom d'Anne s, épouse d'un homme juste nommé Joachim, de la tribu de Juda , donna le jour à Marie. Ar
rêtons un instant notre attention sur le lieu et les prin
cipales circonstances de cet événement mémorable.
Nazareth 3 était dans les anciens temps une ville de
Galilée, de la tribu de Zabulon. Ce n'est plus aujour
d'hui qu'une simple bourgade , ou un village de la Pa
lestine, à six lieues de Samarie, à douze de Jérusalem,
* Fin du chapitre 1 0 et commencement du il'.
2 Anne, en hébreu, signifie gracieuse.
Nazareth signifie fleur.
LA NATIVITÉ.
39
et à une petite distance du Mont-Carmel. Cette localité
s'appelle maintenant Nassêra. Elle est située dans un
vallon de forme circulaire et entourée de quinze
montagnes ; elle est divisée en petits jardins où les
figuiers sont en grand nombre et produisent d'excel
lents fruits. Ses maisons, de pauvre apparence, et
couvertes de toits plats , sont intérieurement propres
comme la pierre blanche dont elles sont bâties , et sa
population est d'environ 1800 habitants, dont 1,000
sont Turcs et 800 Chrétiens , sans un seul juif. Cette
bourgade fut le but d'un pèlerinage de saint Louis. Ce
Prince s'y rendit à pied d'une certaine distance , il y
fit célébrer l'office divin et communia de la main du
Légat. C'était le 25 mars 1231, la veille de l'Annoncia
tion, et la communion fut donnée dans la chambre
même où , suivant la tradition , s'était fait entendre la
Salutation angélique.
C'est là qu'était autrefois une indigente demeure
pratiquée dans un rocher, et à laquelle on arrivait en
descendant quelques degrés ; elle était la propriété et
l'unique fortune de Joachim et d'Anne, tous deux sim
ples artisans, de la race de David, qui avait été jadis
si puissante. Ils étaient sans enfants lorsqu'après vingt
ans de mariage une fleur vint embellir leur union. Neuf
jours après cette naissance , toute la famille fut convo
quée , suivant la coutume d'Israël , et on convint que
ce charmant rejeton de la tige de Jessé s'appellerait
dans le monde Miriam (Marie), nom qui, en syriaque
et en hébreu, a plusieurs significations, telles que
dame, maîtresse, souveraine, illuminatrice, mère amère
et étoile de la mer.
L'avenir devait expliquer et étendre ces qualifica
40
CULTE DE MARTE.
tions. Malgré la longue série des titres magnifiques
ou touchants qu'a déroulés l'Église dans les Litanies de
la sainte Vierge , on peut dire que ce n'est là qu'un
abrégé des acclamations qu'a provoquées chez tous les
peuples, et que provoquera longtemps encore, le nom
de Marie. Quel chrétien n'aime , par exemple , à sa
luer, dans la fleur de Nazareth , la rose étalant ses tré
sors parfumés sur une tige droite et modeste , le lis
éclatant de blancheur du sein duquel s'exhale un par
fum céleste, la violette qui se cache vainement sous les
buissons épineux, la belle de jour qui s'ouvre dès qu'un
rayon de soleil la frappe, la sensitive délicate qui sem
ble s'animer pour fuir la main de l'homme , en un
mot, tout ce que la nature offre de plus suave, de plus
aimable et de plus pur ? Qu'une dédaigneuse et froide
philosophie ait pitié d'entendre les bergers allemands
appeler tour à tour Yeux de la sainte Vierge, ou ne m'ou
bliez pas, cette jolie fleur, bleu de ciel, dont les lobes
s'arrondissent comme un feston d'azur autour d'une
auréole d'or ! Que les savants du siècle déplorent l'igno
rance du paysan des bords de la Méditerranée qui se
découvre, en voyant passer sur sa tête, au coucher du
soleil, le légerfloconde fil de soie blanche qu'il appelle le
fil de la Vierge; qu'ils s'éloignent même de lui, en en
tendant ces paroles d'un chant mélancolique adressé à
ce fil mystérieux :
Viens-tu de Bethléem , la bourgade bénie ,
Frêle vapeur
De l'encens qu'apportaient les mages d'Arménie
Pour le Seigneur ?
Sous les palmiers du Nil , la ronce te prit-elle
Au manteau bleu
LA NATIVITÉ.
il
Où la Reine des cieux , fugitive et mortelle ,
Cachait un Dieu ?
Que les hommes du progrès, enfin, et les heureux
du monde, ne comptent plus la Rose mystique parmi les
fleurs qui font leurs délices ; nous, humbles Chrétiens,
demeurons fidèles aux simples croyances de nos pères ;
aimons à retrouver partout le nom et l'image de Marie,
puisque , aussi bien , vierge , épouse et mère , elle rap
pelle à nos cœurs tout ce qu'il y a dans l'humanité de
plus digne d'amour. Les filles et les femmes surtout
se plairont toujours à chanter les louanges de Celle par
qui leur sexe entier a été appelé à de nouvelles desti
nées de liberté, de gloire et de bonheur. Parées désor
mais des titres de noblesse que leur a décernés Marie ,
la face' du monde s'est renouvelée aussi pour elles.
Vierges, elles peuvent entretenir le feu sacré sur l'autel
de la Religion, et n'ont plus à rendre compte de leur
mission qu'à Dieu même ; épouses, elles ne se courbent
plus sous la main de l'homme, elles le forcent au con
traire à reconnaître que la vraie, la seule supériorité,
est celle qui est fondée sur la vertu ; mères enfin ,
elles sont dans la famille et la société les premières
institutrices et les plus utiles auxiliaires de la Provi
dence : privilèges impérissables , parce qu'ils ne sont
pas le résultat d'une institution des hommes , et qu'ils
ont été proclamés par le Fils de Marie , disant à l'hu
manité tout entière, en la personne du disciple bienaimé : Voilà votre Mère !
On ne peut fixer d'une manière absolue l'époque où
les solennités de la Nativité de la Vierge furent établies.
D'après le témoignage de Gerson , à qui quelques écri
vains attribuent YImitation de Jésus-Christ, l'Église
42
CULTE DE MARIE.
aurait été miraculeusement avertie que cette fête devait
être instituée ; et l'on trouve en ce sens , dans les chro
niques sacrées , qu'un saint ermite ayant cru entendre
les Anges qui célébraient une grande solennité dans le
ciel, demanda à Dieu quel en était le sujet, qu'il lui fut
révélé que c'était la naissance de Marie, et que le Pape,
auquel parvint la connaissance de ce fait, ordonna que
la nativité fût désormais célébrée. — Ce qu'il y a de
certain, c'est qu'avant la un du sixième siècle Grégoire-leGrand composa une Préface, des Collectes et des Matines
pour la Messe de la Nativité. On trouve une mention de
cette fête dans les écrits de saint Ildefonse, qui vivait au
septième siècle, dans le calendrier manuscrit déposé au
Trésor de la cathédrale de Florence, qui est de l'an 813,
dans les œuvres de Gauthier, évêque d'Orléans, et dans
d'autres ouvrages historiques. Il est donc permis d'af
firmer qu'il y a plus de mille ans que cette fête ramène
les chrétiens au pied des autels.
En l'année 1243, le pape Innocent IV y rattacha une
Octave , en exécution d'un vœu fait à la sainte Vierge
par les cardinaux, afin de procurer à l'Église des jours
plus calmes.
La célébration de la fête de la Nativité a lieu tous
les ans le 8 septembre.
ÉLÉVATION.
Le nom de Marie est si imposant et si doux à l'oreille
et à l'âme des chrétiens, qu'il semble que pour en cé
lébrer dignement les louanges, il faudrait être en rela
tion avec Dieu même ! Taisons-nous donc pour écouter
les accents mystiques de saint Bernard, dont les inspi
LA NATIVITÉ.
43
rations n'ont point d'égales, quand il s'agit d'honorer
et d'aimer la sainte Vierge :
« Le nom de Marie , dont l'interprétation désigne
« l'étoile de la mer, convient merveilleusement à la
« Vierge mère. La comparaison de Marie avec un astre
« est pleine de justesse. L'astre envoie son rayon de
« lumière sans en être appauvri ; la Vierge enfante
« sans recevoir d'atteinte. Le rayon de l'astre ne dimi« nue pas son éclat, le Fils de la Vierge n'altère pas sa
« pureté. Elle est cette brillante et noble étoile de Ja« cob dont la beauté illumine l'univers, dont la lumière
« resplendit dans les cieux, pénètre dans les enfers,
« éclairant la terre , échauffant les âmes plus que les
« corps , enflammant les vertus , consumant les vices.
« Qu'elle est belle et admirable cette étoile dominant
« l'immensité des mers, brillant par ses mérites, in« struisant par ses exemples ! O vous qui comprenez
« que dans le flux et le reflux de ce siècle vous flottez
« au milieu des orages et des tempêtes plus que vous
« ne marchez sur la terre , n'éloignez point vos yeux
« de cette étoile , si vous ne voulez être submergé et
« disparaître dans la tourmente ! Si les vents de la ten
te tation se déchaînent, s'ils vous emportent à travers
« les écueils , regardez votre étoile, ayez recours à Ma« rie. Si vous devenez le jouet des flots de l'orgueil ,
« de l'ambition, de la médisance, de la jalousie, regar« dez votre étoile, ayez recours à Marie. Si, troublé de
« l'énormité de vos fautes , confus des plaies hideuses
« de votre conscience, effrayé de l'horreur du juge« ment, vous éprouvez déjà les désolantes tristesses
« de l'enfer, et redoutez l'abîme du désespoir, re« gardez votre étoile, ayez recours à Marie. Dans les
44
«
«
«
«
«
«
«
«
CULTE DE MARIE.
perils, dans les angoisses, elans les perplexités, pensez
à Marie, invoquez Marie. Qu'elle ne s'éloigne jamais
de votre bouche, jamais de votre cœur ; afin d'obtenir
la grâce de sa prière, ne perdez jamais de vue l'excmpie de sa vie. En suivant Marie, vous ne pourrez
plus vous égarer ni succomber, et vous éprouverez
enfin combien il a été dit avec vérité : Et le nom de
la Vierge était Marie ' ! »
PROPRE DE LA MESSE DE LA NATIVITÉ.
Pour Rome , la Messe est comme au jour de la Conception ,
en remplaçant à la Collecte el à la Secrète le mot Concep
tion par Nativité.
Paris.
INTROÏT.
J'ai contracté une alliance
avec mes élus; j'ai juré à David , mon serviteur : Je lui préparerai une race éternelle, et
j'élèverai son trône de génération en génération. Ps. Je chanterai à jamais les miséricordes
du Seigneur. Gloire.
Disposui teslamentum electis mois; juravi David
servo meo : Dsque in seternum pra-parabo semen
tuum , et sedilicabo in generationem et generationem sedem tuam. Ps. Misericordias Domini in œtcrnum cantabo. Gloria. Dis
posui.
COLLECTE.
O Dieu , qui par un effet de
votre volonté avez voulu vous
réconcilier le monde, faites
qu'en célébrant avec une sainte
joie la naissance de la bienheureuse Vierge Marie , Mère de
Jésus-Christ , notre Sauveur ,
Dcus qui secundum propositum voluntatis tuœ
mundum tibi reconciliare
voluisti, prœsta, quœsumus,
ut qui Nativitatem Virginia
Mariœ, de qua natus est nobis Cbristus Salvator, cum
' Allusion aux significations de ce nom mystérieux.
LA NATIVITÉ.
45
gaudio colebramus , ipsam nous obtenions, par son inter
quam Filius operatus est sa- cession, le salut que son divin
lutem matris intercessione Fils nous a mérité par son sang;
consequamur ; per eumdem nous vous
Par le même.
Domiuum nostrum Jesum
Christum.
ÉPîTBE.
Lecture du prophète Isaïe. (Chap. 11.)
Et egredictur Virga de
radice Jessc , et dos de radice ejus ascendet. Et requiescet super eum Spiritus
IJomini ; Spiritus sapientise
et intellectùs, Spiritus consilii et fortitudinis, Spiritus
scientiœ et pietatis. Et rcplebit eum Spiritus timoris
Domini : non serundum visionem oculomm judicabit,
ncque secundum auditum
aurium arguet; sed judica
bit in justifia pauperes, et
arguet in œquitate pro mansuelis terrœ ; et perculiet
terram virga oris suî, et
spii'ilu labinnun suorum intorlicet impium. Et erit justitia cingulum lumborum
ejus: et tides, cinctorium
renum ejus.
Il sortira un rejeton de la
tige de Jessé, et une tleur naî
tra de sa racine. Et l'Esprit du
Seigneur se reposera sur lui,
l'Esprit de sagesse ct d'intelli
gence, l'Esprit de conseil et do
force , l'Esprit de science et de
piété ; il sera rempli de l'Esprit
de la crainte du Seigneur. Il ne
jugera point sur le rspport des
yeux , il ne condamnera point
sur un ouï-dire , mais il jugera
les pauvres dans la justice, et il
se déclarera le juste vengeur des
humbles qu'on opprime sur la
ferre. Il frappera la terre de la
verge de sa bouche, et il tuera
l'impie par le souffle de ses lè
vres. La justice sera la ceinture
de ses reins, et la foi le bau
drier dont il sera toujours ceint.
Benedicnm ei , et ex illa
dabo filium cui benedieturus sum. y Hic erit magnus
et Filius Allissimi vocabitur, et regnsbit in domo Ja
cob in a-ternum. Alleluia,
alleluia. V Laudafe Dominum Deum nostrum, qui in
me ancilla sua adimplevit
misericordiam suam quam
promisit domus Israel. Alle
luia.
Je la bénirai, et je ferai sortir
d'elle un fils que je comblerai
de mes bénédictions. v 11 sera
grand , il sera appelé le Fils du
Très-Haut , et il régnera éter
nellement sur la maison de Ja
cob. Louez Dieu, louez Dieu.
y Louez le Seigneur notre
Dieu, qui a accompli en moi,
qui suis sa servante, la miséri
corde qu'il a promise à la mai
son d'Israël. Louez Dieu.
3.
46
CULTE DE MARIE.
Chantons les prémices de no
tre joie , le jour qui nous an
nonce le salut.
Gaudii primordium,
Et salutis nuntium
Diem nostra; canimus.
La même heure qui nous
donne une vierge nous promet
un Dieu-homme : il vient celui
que nous attendions.
Le Dieu de toute grâce pré
pare la naissance de celle qu'il
s'est choisie pour mère.
Le Soleil de justice orne la
demeure qu'il habitera, et d'où
il sortira lui-même pour nous
visiter.
Quœ dat hora virginem ,
Spondet Deum hominem :
En venit quem quœrimus.
Quam in matrem eligit,
Hujus hortum dirigit
Deus omnis gratia;.
Domum quam inhabitet,
Nox e qua nos visitet ,
Ornat Sol justitiœ.
De combien de lumière elle
Quot micat luminibus ,
brille ! Avec quel soin Dieu Suis Deus usibus
forme ce vase de gloire pour ac Quod vas fingit gloriœ !
complir ses desseins!
Que de miracles cachés ! Une
Quot latent miracula !
rosée abondante descendra de Fiet ha;c nubecula
cette humble rosée.
In vim magnam pluviœ.
Fille bénie , fille sans tache
Benedicta filia,
et toute remplie de grâce !
Tota plena gratia ,
Tota sine macula !
O Vierge , ouvrez-nous , par
Cœli quod jam habitas,
votre prière , le chemin du ciel , Pande nobis semitas,
que déjà vous habitez.
Prece, Virgo, sedula.
Nous avons , ô Jésus , mérité
Iram promeruimus,
votre colère : nous demandons Christe ; pacem petimus ;
la paix ; accordez-la cette paix Hanc da mains precibus.
aux prières de votre mère.
Créez en nous des cœurs purs,
Ut in omnibus maneas ,
afin que vous y habitiez.
Corda nostra proeheas
Pura culpis omnibus.
Ainsi soit-il.
Amen.
EVANGILE.
Comme à la Messe de la Conception, p. 30.
hk NATIVITÉ.
47
OFFERTOIRE.
Benedicam tibi, comptons
juramentum quod spopondi
Abraham patri tuo ; et benedicentur in semine tuo
omnes gentes terra;.
Je vous bénirai pour accom
plir le serment que j'ai fait à
Abraham votre père, et toutes
les nations de la terre seront bé
nies en celui qui sortira de vous.
SECRETE
Sacrificium hodierna; solemnitatis verus ille justitiœ
Sol illustret, Domine, qui
oriturus ex alto, Matrem
suam hodie , quasi auroram
consurgentem, prœmisit ; et
venientem in mundum purissima luce illuminavit Je
sus Christus Filius tuus Dominus noster; qui tecum
vivit.
Faites luiro , Seigneur, sur le
sacrifice que nous vous offrons
dans la solennité de ce jour, le
vrai soleil de justice, JésusChrist votre lils, ce soleil qui
devant nous éclairer d'en haut,
a envoyé devant lui sa sainte
Mère, comme une aurore nais
sante, et a répandu sur elle,
lorsqu'elle est entrée dans lo
monde, ses plus pures lumières ;
lui qui étant Dieu....
PREFACE.
Comme à la Messe de l'Assomption, p. 108.
COMMUNION.
Dominus dabit benegniLe Seigneur répandra sa bé
tatem , et terra nostra dabit nédiction, et notre terre portera
fructum suum.
son fruit.
POSTCOMMUNION.
Exultantes in ortu Virginis Matris, et nasciturum
ex ea Salvatorem expectantes; gloriam tibi, Deus,
adorandi oblatione sacrilicii
reddidimus : prœsta ut ejusdem sacrilicii participatiune
bnnam voluntatem , ac promissam home voluntatis hominibus pacem habere mereamur ; per eumdem.
Transportés de lajoie que nous
cause la naissance de la Vierge
Mère, et attendant le Sauveur
qui doit naître d'elle, nous vous
avons rendu gloire, Seigneur,
par l'oblation de ce sacrifice ado
rable : accordez-nous, par notre
participation à ce même sacri
fice, le don de bonne volonté,
et de mériter ainsi la paix pro
mise aux hommes de bonne vo
lonté, par le même Notre-Seigneur Jésus-Christ.
48
CULTE DE MAIUE.
VÊPRES.
Rome.
Comme aux Vêpres de l'Immaculée Conception , en disant
nativité au lieu de conception.
A Magnificat , Ant.
Votre naissance , ô Vierge
Nativitas tua, Dei genitrix
mère de Dieu , a annoncé à l'u Virgo, gaudium annuntiavit
nivers le bonheur qu'il allait universo mundo; ex te enim
avoir; car de vous est né le So ortus est Sol justifia;, Chrisleil de justice, Jésus-Christ notre tus Deus noster, qui solvens
Dieu , qui , nous délivrant de la maledictionem , dedit bemalédiction , nous a apporté la nedictionem; et confundens
bénédiction , et , triomphant de mortem, donavit nobis vila mort, nous a donné la vie tam sempiternam.
éternelle.
Pans.
Ant. i. Fille de Sion, chantez
Ant. 1. Lauda et hetare ,
des cantiques de louanges, et filia Sion : quia ecce ego vesoyez dans la joie, parce que je nio, et habitabo in medio
viens moi-même habiter au mi tui , ait Dominus.
lieu de vous , dit le Seigneur.
2. Le Seigneur, le roi d'Israël
2. Rex Israël Dominus in
est au milieu de vous : vous ne medio tui : non timebis macraindrez plus à l'avenir aucun lum ultra.
mal.
3. Le Seigneur votre Dieu, le
3. Dominus Deus tuus in
Dieu fort est au milieu de vous : medio tui fortis : ipse salc'est lui-même qui vous sauvera. vabit.
4. 11 mettra sa joie en vous ,
4. Gaudebit super te in
il se reposera dans l'amour qu'il hetitia , silebil in dilectione
vous porte , ot vous serez le su sua, exaltabit super te in
jet des cantiques que l'on chan laude.
tera à sa louange.
5. En ce jour-là plusieurs
5. Applicabuntur gentes
peuples s'attacheront au Sei multa; ad Dominum in die
gneur, et ils deviendront mon illa, et erunt mihi in popupeuple , et j'habiterai au milieu lum ; et habitabo in medio
tui.
de vous.
HYMNE.
Comme la rose, elle s'est en
fermée au milieu des épines , et
Unus bononim fous, Deus,
omnium,
-19
triomphe de leurs pointes déchi
rantes : la grâce qui la remplit
émousse l'âpreté vénéneuse do
la tige dont elle est sortie.
LA NATIYITÉ.
Quam lil>erali fundis opes
manu !
Non ante concessis Mariam
Quot proneras cumulare donis!
Inter rigentes, ceu rosa,
clauditur
Spinas, et acres vincit aculeos:
Prasens amaram virulenti
Gratia vim frulicis rctundit.
Quantum pudicas inclyta
virgines
Pra;stat, remoto quœ Dominam gradu
Sequuntur, et Regis parentem
Siderea comitantur aula !
Ncc angelorum par decus :
hifieo
Astant sedenti ; fért hominom Deum
Maria, nomen dulee matris
Virgi neo socians honori.
O Dieu, l'unique source de
tous les biens, que de richesses
répand votre main libérale ! de
quelles faveurs, jusque-là sans
exemple , vous vous plaisez à
combler Marie.
Combien elle s'élève, dans sa
gloire , au-dessus des vierges pu
diques qui la suivent , et com
posent dans la cour céleste le
cortège de la mère du Roi.
Les honneurs dont elle jouit
l'emportent sur ceux des anges :
ils se tiennent devant le tronc
de Dieu; Marie porte l'hommeDieu dans son sein et associe le
doux nom de mère à la gloire
de la virginité.
Reine du monde, ô Vierge
Regina mundi Virgo ,
protectrice de ceux qui vous im
clientium
Tutela, mœstis perfugium plorent et l'asile des pécheurs
repentants, portez nos vœux à
reis,
Fer nostra Nato vola : tris- votre Fils ; une mère ne saurait
essuyer un refus.
tem
Non patitur genitrix repulsam.
Sit Triuitati perpctuum
Hommage éternel à la Trinité,
qui , par compassion pour les
decus ,
Infiïcta mundo quœ mise- malheurs du monde , lui envoie
le gage certain du Rédempteur
rans mala,
dans la Mère qui doit lui don
In Matre pignus nascituri
Nou dubium dat haberi ner le jour. Ainsi soit-il.
Christi. Amen.
A Magnificat , Ant.
C'est de vous que sortira celui
Ex te egredictur qui sit
dominator in Israël; et qui doit régner dans Israël,
50
CULTE DE MARIE.
dont la génération est dès le egressus ojus ab initio, a
commencement , dès l'éternité : diebus œternitatis : et erit
c'est lui qui sera notre paix. iste pax. Alleluia.
Alleluia.
IA PRÉSENTATION DE LA SAINTE VIERGE.
(21 novembre.)
Mon bien-aimé qui conduit son troupeau au
milieu des lis est à moi , et moi je suis à lui.
(Cantique des Cantiques, II, 16.)
Dilectus meus mihi, et ego illi qui pascitur
inter lilia.
Sous le titre de la Présentation de la sainte Vierge,
l'Église a voulu consacrer le souvenir du vœu qu'avait
accompli Marie, par la consécration ou l'offrande à
Dieu de sa personne tout entière , c'est-à-dire de son
corps et de son âme, en état de virginité parfaite. Voici
comment , selon le témoignage des auteurs sacrés , fut
faite cette sublime offrande , du moins aux yeux des
hommes, car, dans les deux, entre la Vierge des vierges
et le Très-Haut, il y eut sans doute une communication
mystérieuse qu'il ne fut pas permis à la terre de pénétrer.
Le prophète Isaïe avait dit : Voilà qu'une Vierge con
cevra et enfantera un Fils. Pour que cet événement
extraordinaire arrivât , il fallait tout à la fois la con
ception, la naissance, la sanctification, le mariage ,
l'enfantement et la mort d'une Vierge, ou, en d'autres
LA PRÉSENTATION.
51
termes , une existence complètement virginale ; car,
par cela mêmc que la sainte Vierge était prédestinée
à être le temple de l'Esprit saint, elle ne pouvait
pas cesser un seul instant d'être la pureté par ex
cellence. Aussi, un théologien espagnol a-t-il dit,
dans une explication qui n'a été ni démentie, ni com
battue plus tard, « que Marie, dès le moment de sa
« propre Conception immaculée, avait eu dans son
« âme l'usage de la raison pour les choses spirituelles,
« et que , dans le sein même de sa mère , elle avait
« consacré sa virginité à Dieu par un vœu explicite et
« absolu. » Au surplus, la sainte Vierge elle-même ne
donna-t-elle pas le secret de tout ce qui devait mar
quer son passage miraculeux dans ce monde, lorsqu'à
l'heure la plus imposante de sa vie mortelle, elle
s'écria : « Le Tout-Puissant a fait en moi de grandes
« choses, et son nom est saint... ; il a pris sous sa pro
ie tection Israël , son serviteur, se ressouvenant de sa
« miséricorde, selon les promesses qu'il avait faites à
« nos pères , à Abraham et à sa race , pour jamais. »
Donc, en s'inclinant devant l'incompréhensible puis
sance de Dieu, il est tout naturel de répéter avec saint
Ildefonse : « L'éternité de la Virginité doit être surtout
« reconnue dans la sainte Vierge , mère de Dieu
»
Quoi qu'il en soit, ce fut après avoir atteint sa troi
sième année, comme on l'a déjà dit, « que Marie fut
« conduite au temple de Jérusalem par Joachim et
« Anne, son épouse, accompagnés de quelques-uns de
« leurs parents. » — « Les anges, dit saint Grégoire
« de Nicomédie, leur servaient de cortège ; ils cou« vraient la jeune et pure Vierge de leurs blanches
« ailes ; ils semaient sous ses pas les fleurs odorifé
52
CULTE DE MARIE.
'
« rantes du Paradis et célébraient la consécration vir« ginale par de mélodieux concerts !» Ah ! sans doute,
en même temps, de ce cœur où pénétrait déjà l'Esprit
saint, comme les rayons du soleil levant pénètrent le
cristal , Marie inspirée murmurait de sa bouche en
fantine ces paroles du Roi prophète, son aïeul : Mon
âme languit et se consume du désir d'entrer dans la
maison du Seigneur J ; ou bien encore, elle préludait à
cette ravissante exclamation du Cantique des can
tiques : Mon Bien-Aimé est à moi, et moi je suis à lui a.
Portée entre les bras de sa mère , à côté de l'agneau
que son père allait offrir à Dieu, suivant la coutume
des Juifs, elle semblait déjà marcher sous la conduite
de la grâce elle-même. D'après une tradition conservée
par le témoignage d'un patriarche de Constantinople ,
c'était le père de saint Jean-Baptiste qui remplissait, à
cette époque , les fonctions de grand-prêtre : Anne et
Joachim s'avancèrent vers lui dans le sanctuaire, en
présence d'une sainte assemblée ; l'agneau fut immolé
sur l'autel ; l'innocente enfant fut présentée aux Lé
vites et par eux admise au nombre des saintes filles du
Seigneur
; car il y avait au temple de Jérusalem
un certain nombre de jeunes vierges Israélites , s'instruisant dans la retraite , et s'occupant des exercices
religieux. Saint Grégoire de Nysse pense que Marie fut
dès ce jour ainsi vouée au Seigneur... 11 paraît certain
d'ailleurs qu'elle vécut dans la retraite jusqu'au temps
où elle épousa saint Joseph. Ainsi s'écoulèrent, dans
l'humble contemplation de Dieu, les premières années
1 Ps. lxxxui , v. 3.
2 Chap. H, v. 16.
LA PRÉSENTATION.
53
de Celle qui, par un privilège ineffable, devait être tout
à la fois la fille bien-aimée du Père , la digne mère du
Fils et la chaste épouse du Saint-Esprit. Elle donna à la
virginité un caractère inoui jusqu'alors, car elle la re
leva du mépris où elle avait été pour en faire une pré
cieuse vertu. Enfin, c'est à son exemple, pour parler
comme le R. P. Lacordaire , que « la doctrine catholi« que a créé de saintes générations chrétiennes, vi« vant libres au milieu du monde , confiées à elles« mêmes , gardiennes , avec leurs mœurs , des mœurs
« générales, prenant dans la société un empire nou« veau, et faisant naître du respect un amour que
« l'antiquité n'avait pas connu. »
La Présentation de Marie au Temple par ses parents
eut lieu dans les derniers jours de novembre, et c'est
par ce motif que l'Église en a fixé la commémoration
au 21 du même mois. La fête en avait été d'abord célé
brée en Orient vers le neuvième siècle. — Environ
cinq cents ans plus tard, un Français, nommé Philippe
de Maizières, ambassadeur de Chypre auprès du SaintSiège, intéressa tellement Grégoire XI par le récit des
solennités qui avaient lieu en Grèce pour la Présenta
tion, que ce pape ordonna que cette fête fût également
célébrée, en 1S72, à Avignon, où il se trouvait alors.
A la fin du seizième siècle, une bulle de Sixte-Quint
la rendit obligatoire dans l'Église romaine, où elle était
à la vérité déjà connue , mais seulement comme fête
de dévotion. Elle eut d'abord un Office commun avec
celui de la Nativité, mais Clément VIII lui en assigna
un spécial , qui est celui dont on se sert aujourd'hui.
Enfin la restauration complète de cette fête est attri
buée à un Jésuite du seizième siècle, nommé François
54
CULTE DE MARIE.
Turrien, qui s'était trouve au Concile de Trente, en
1562. Les chroniques rapportent que ce religieux avait
montre une prédilection toute particulière pour la fête
de la Présentation de la sainte Vierge, qu'il avait com
posé des ouvrages et des chants très-remarquables sur
cette pieuse solennité , et qu'il mourut à Rome, préci
sément le 21 novembre 1584. Il existe des communautés
de femmes sous le titre de la Présentation de NotreDame; elles ont été instituées dans le dix-septième
siècle. Parmi les maisons de cet Ordre qui se sont
vouées à l'éducation de la jeunesse , il y en a , de nos
jours, deux, l'une à Verdelais et l'autre à la Teste, près
de Bordeaux , qui ont rendu de grands services à la
société.
ÉLÉVATION.
La chasteté volontaire est le plus bel hommage que
la créature puisse offrir ici-bas à son Créateur et au Sou
verain Maître de l'Univers. Elle est comme un reflet de
l'innocence dans laquelle nos premiers parents purent
contempler Dieu sans rougir et face à face ; « elle n'est
« pas d'ailleurs, comme l'a dit le R. P. Lacordaire, une
« vertu mystique , une vertu de cloître et d'initiés ;
« c'est une vertu sociale , une vertu nécessaire à la vie
« du genre humain. Sans elle, la vie se flétrit dans ses
« sources, la beauté s'efface du visage, la bonté se re« tire du cœur, les familles s'épuisent et disparaissent,
« les nations perdent graduellement leur principe de
« résistance et d'expansion, le respect de la hiérarchie
« s'éteint dans les scandales ; tous les maux enfin en« trent par cette porte , toutes les servitudes et toutes
« les ruines y ont passé. C'est leur grande voie. » Heu
LA PRÉSENTATION.
55
reuses donc les âmes vouées à Dieu, et à lui seul! Heu
reuse encore la société chrétienne tout entière, puisque,
indépendamment de cette consécration particulière et
de simple conseil , elle est encore appelée à recueillir
les grâces d'une autre consécration qui est obligatoire
et découle du saint Baptême. Qui que nous soyons , en
effet, nous devons dévouer à Dieu toutes nos facultés!
Si ce Dieu a réservé de glorieux privilèges à la conti
nence absolue de ses vierges et de ses prêtres, il a im
posé au reste de la grande famille une sorte de virginité
également mère et sœur de toutes les vertus ; c'est la
chasteté qui émane des sources sacrées de la piscine
baptismale. N'oublions donc jamais ni l'immensité de
ce bienfait, ni les augustes devoirs qu'il nous impose!
Unissons notre consécration à celle de Marie, et si, dé
chus du baptême , nous avons passé sous le joug des
passions, que du moins l'âge mûr ou la vieillesse nous
rendent la robe primitive dont l'enfance ou la jeunesse
nous avaient dépouillés ; souvenons-nous surtout qu'il
n'est jamais trop tôt pour se présenter à Dieu , ni trop
tard pour revenir à lui.
PROPRE DE LA MESSE DE LA PRÉSENTATION.
im-hoït.
Rome.
Comme à la Messe de la Conception, p. 26.
Paris.
Adducentur regi virgines
Les vierges seront présentées
post eam : proximœ ejus nf- au roi après elle. Celles qui lui
ferentur in laUilia et exulta- sont alliées par le sang, -vous setione : adducentur in tem- ront amenées dans des trans
oO
CULTE DE MARIE.
ports de joie; elles seront con
duites dans le temple du roi.
Ps. Mon cœur ne contient plus
la parole heureuse : c'est au
roi que j'adresse mes cantiques.
Gloire.
plum regis. Ps. Eructavit
cor meum verbum bonum :
dico ego opera mea regi.
Gloria. Adducentur.
O Dieu qui avez voulu que la
bienheureuse Marie , toujours
Vierge , en qui résidait le SaintEsprit comme dans sa demeure,
vous fût aujourd'hui présentée
dans le temple, faites, par son
intercession, que nous méritions
de vous être présentés un jour
dans le temple éternel où vous
manifestez votre gloire. Nous
vous, etc.
Deus qui beatam Mariant
semper Virgincm Spiritus
Saucti habitaculum , hodierna die in templo prœsentari voluisti , prœsta ,
qusesumus, ut ejus intercessione in templo gloriœ
tuœ prresentari mereamur;
per Doiuinum.
EPI TRE.
Rome.
Lecture du livre de la Sagesse. (Ecclés., 24.)
Ab initio et auto secula
J'ai été créée dès le commen
cement et avant les siècles ; je creata sum et usque ad fune cesserai point d'être dans la turum seculum non desisuite des âges; j'ai exercé mon nam , et in habitatione coministère devant le Seigneur ram ipso ministravi, et sic
dans la maison sainte , j'ai été in Sion tirmsta sum , et in
ainsi affermie dans Sion ; j'ai civitate sanctificata similiter
trouvé mon repos dans la cité requievi. Et in Jerusalem
sainte, et ma puissance s'est éta potestas mea. Et radicavi in
blie dans Jérusalem. J'ai pris populo honorificato , et in
racine dans le peuple que le parte Dei mei bœreditas ilSeigneur a honoré , dont l'héri lius, et in plenitudine sanctage est le partage de mon Dieu, torum detentio.
et j'ai établi ma demeure dans
l'assemblée de tous les saints.
Paris.
Lecture du livre de l'Ecclésiastique. (Chap. 51.)
J'ai cherché la sagesse dans
Cum adhuc junior essem,
ma prière avec une grande in priusquam oberrarem, quav
stance. Je l'ai demandée à Dieu sivi sapientiam palam in
dans le temple, et je la cherche oratione mea. Ante temrai jusqu'à la fin de ma vie : elle plum postulabam pro il ls,
LA PRÉSENTATION.
et nsque in novissimis inquiram eam. Et effloruit
tanquam prœcox uva. Lœtatum est cor meum in ea.
Ambulavit pes meus iter
rectum ; a juventute mea
investigabam eam. Inclinavi
modice aurem mcam, et
excepi illam.
;;-
a fleuri en moi comme un raisin
mûr avant le temps, et mou
cœur a trouvé sa joie en elle.
Mes pieds ont marché dans un
chemin droit ; j'ai lâché de la
découvrir dès ma jeunesse. J'ai
prêté humblement l'oreille pen
dant quelque temps, et la sa
gesse m'a été donnée.
GRADUEL.
Rome.
Vous êtes bénie et digne de
Benedicta et venerabilis
es, Virgo Maria, quœ, sine toute vénération , ô Vierge Ma
tactu pudoris, inventa es rie, qui, sans que votre virgi
Mater Salvatoris. i Virgo nité ait reçu aucune atteinte,
Dei Genitrix, quem totus êtes devenue la Mère du Sau
non capit orbis, in tua se veur. jt Vierge Mère de Dieu ,
clausit viscera factus homo. celui que le monde entier ne
Alleluia, alleluia. % Post par- peut contenir a bien voulu , en
tum virgo inviolata per- se faisant homme, se renfermer
mansisti ; Dei Genitrix , in dans votre sein. Louez Dieu,
tercede pro nobis. Alleluia. louez Dieu. * Vous êtes demeu
rée vierge et sans tache après
votre enfantement, Mère de Dieu, intercédez pour nous.
Louez Dieu.
Paris.
Audi, filia, vide et in
clina aurem tuam, et obliviscere populum tuum et
domum patris tui. >' Et
concupiscet rex decorem
tuum , quoniam ipse est Dominus Deus tuus. Alleluia ,
alleluia. jfr Dilectus meus
mihi, et ego illi, qui pascitur inter lilia. Alleluia.
Écoutez, ma fille, voyez, et
que votre oreille soit attentive ,
et oubliez votre peuple et la
maison de votre père. jfr Et le
roi sera épris de votre beauté ,
parce qu'il est le Seigneur votre
Dieu. Louez Dieu , louez Dieu.
y Mon bien-aimé est à moi, et
je suis à lui , lui qui est nourri
au milieu des lis. Louez Dieu.
ÉVANGILE.
Suite du saint Evangile selon saint Luc. (Chap. 11.)
Factum est autem, cum
En ce temps-là Jésus parlait
hœc diceret , extollens vo- à un grand nombre de person
cem quœdam mulier de tur- nes, lorsqu'une femme élevant
ba dixit illi : Beatus venter sa Yoix au milieu du peuple, lui
58
CULTE SE MARIE.
dit : Heureuses les entrailles qui
vous ont porté, et les mamelles
qui vous ont allaité! Jésus lui
dit : Mais plutôt heureux ceux
qui entendent la parole de Dieu,
et qui la pratiquent.
qui te portavit, et ubera
qua; suxisti. At ille dixit :
Quinimo beati qui audiunt
verbum Dei, et custodiunt
illud.
OFFERTOIRE.
Rome.
Je vous salue , Marie , pleine
Ave, Maria, gratia plena,
de grâce, le Seigneur est avec Domiuus tecum : benedicta
vous ; vous êtes bénie entre tu in mulieribus , et benetoutes les femmes, et le fruit dictus fructus ventris tui.
de vos entrailles est béni.
Paris.
Mon âme défaillit dans l'ar
Concupiscit et deficit ani
deur de ses désirs pour la mai ma mea in atria Domini ;
son du Seigneur ; mon cœur et cor meum et caro mea exulma chair se sont réjouis dans le taverunt in Deum vivum.
Dieu vivant.
SECRÈTE.
Rome.
Faites, Seigneur, par l'inter
Tua, Domine, propitiacession de la bienheureuse Ma tione , et beata; Maria;
rie toujours Vierge, que cette semper Virginis intercesoblation nous obtienne la paix sione , ad perpetuam atque
en cette vie, et la gloire éter prœsentem hœc oblatio nonelle en l'autre, par Notre-Sei- bis proficiat prosperitatem
et pacem , pcr Nostrum Salgneur Jésus-Christ.
vatorem Jesum Christum.
Paris.
Super hœc dona, quœsuFaites descendre sur ces dons,
Seigneur, la grâce du Saint- mus, Domine, Spiritus sancEsprit, dont la très-sainte Vierge ti gratia descendat, quo
Marie étant remplie, s'est of plena beatissima Virgo Ma
ferte elle-même à vous comme ria se tibi obtulit hostiam
une hostie vivante, sainte et vivam, sanctam atque plaagréable. Nous vous, par Notre- centem , per Dominum , in
Seigneur Jésus-Christ.
unitate ejusdem.
PREFACE.
Comme ù la Messe de l'Assomption, p. 108.
U PRÉSENTATION.
59
COMMUNION.
Rome.
Heureuses les entrailles de la
Beataviscera MariœVirginis quœ portaverunt jEter- Vierge Marie qui ont porté le
ni Patris riliinu.
Fils du Père Éternel.
Paris,
Elegit eam Dominus, eleLe Seigneur l'a choisie, et il
git eam in habitationem l'a choisie pour en faire sa desibi.
meure.
POSTCOMMUNION.
Rome.
Seigneur, qui nous avez fait
Sumptis, Domine, salutis
nostrœ subsidiis, da, quœsu- recevoir dans ce sacrement le
mus, beata; Maria; semper gage du salut éternel, ne cessez
Virginis patrociniis nus ubi- pomt de nous accorder votre
que protegi , in cujus vena- protection par l'intercession et
ratione lucc tuœ obtulimus par les prieres de la bienheu
majestati. Per NostrumSal- reuse Marie toujours Vierge, en
mémoire de laquelle nous avons
vatorem Jesum Christum.
offert ce sacrifice à votre souvePar
Notre-Seigneur
Jésus-Christ.
raine majesté.
Paris.
O Dieu , qui avez inspiré à
Deus qui beat* Mariœ
sanctum virginitatis propo- la bienheureuse Marie la saiBte
situm infudisti , prœsta , résolution de garder la virgi
quœsumus, ut qui in ejus nité, faites, s'il vous plaît,
prœsentatione sumpsimus qu'ayant reçu dans la solennité
frumentum electorum , et de sa présentation le froment
vin um germinans virgines, des élus et le vin qui fait la force
operante hujus sacramenti et le soutien des vierges , nous
virtute , illibatam mentis et méritions par la grâce de ce sa
corporis puritatem servare , crement, de conserver invinlaet inter electos adscribi me- blement la pureté de l'esprit et
du corps, et d'être mis au nom
reamur. Per Dominum.
bre des élus; nous vous. Par
Notre-Seigneur Jésus-Christ.
tii)
CULTE DE MARIE.
VÊPRES.
Rome.
Comme à la fête de la Conception , p. 33.
A Magnificat, Ant.
Bienheureuse Mère de Dieu ,
Marie toujours vierge , temple
du Seigneur, sanctuaire du
Saint-Esprit, vous avez plu seule
à Notre-Seigneur Jésus-Christ
d'une manière qui n'a point
d'exemple, alleluia.
Beata Dei Geniliix Maria,
virgo perpetua , templum
Domini , sacrarium Spiritus
sancti, sola sine exempta
placuisti Domino nostro Jesu
Christo, alleluia.
Paris.
Antiennes du jour de la Nativité, p. 48.
O pelite fille de David , grâce
Davidis soboles , gratia
des vierges, vierge mère du
virginum ,
Christ, Dieu vous a choisie pour Christi virgo parens , te poécraser par votre chaste enfan
suit Deus,
tement la tête du serpent si Partu virgineo quœ maie
cruellement perfide !
subdoli
Anguis contereres caput.
Rebus principium qui deL'homme-Dieu qui a donné le
commencement à toutes choses
dit omnibus ,
a pris, comme homme, nais A te principium sumpsit
sance dans votre sein ; celui qui
homoDeus;
fournit la pâture à tous les êtres Cunctis prospiciens qui trivivants a été nourri de votre
hmt cibos,
Partus lacte fuit suo.
lait.
Per te quod mulier perdiTout ce que la première fem
derat votus,
me avait fait perdre au genre
humain lui est par vous rendu Humano generi redditur
et au delà ; c'est vous dont la
auctius :
main a rouvert les portes du ciel Tu clausas miseris , heu nisi longtemps, hélas! fermées
mium diu !
pour les malheureux mortels.
Cœlorum reseras fores.
Gloire au Père qui est le Père
Qui lucis Pater est, gloria
sit Patri;
de la lumière, gloire au Fils
L'ANNONCIATION.
Gujus yirgo parens, gloria
Filio;
Quo fœcunda, tibi, noxus
amabilis,
Sit par gloria , Spiritus.
Ameu.
61
dont une vierge fut la mère,
gloire au Ssint-Esprit qui fut
entre le Père et le Fils l'aimable
nœud de la bienheureuse fécondite.
Ainsi soit-il.
A Magnificat , Ant.
Manus Domini confortaLa main du Seigneur vous a
vit te; et ideo eris benedicta fortifiée; c'est pourquoi vous
in seternum.
serez bénie éternellement.
L'ANNONCIATION.
(25 mars.)
Je vous salue, pleine de grace...
(S. Luc, 2.)
Ave, gratia plena...
Quatre mille ans environ s'étaient écoulés depuis la
Création du monde ; toutes les tribus d'Israël étaient dans
l'attente du Sauveur qui, suivant les prophéties, devait
naître d'une vierge et écraser la tète du serpent ; ce qui
dut s'entendre de l'esprit infernal , ou du démon , au
teur du péché. Il y [avait deux mois que Marie , après
avoir passé son enfance dans le Temple, avait été
fiancée à Joseph. Tous deux partageaient l'emploi de
leurs journées entre la méditation, la prière et le tra
vail, dans leur petite maison de Nazareth. C'était au
commencement du printemps, le 25 mars, jour où,
62
CULTE DE MARIE.
plus tard, le Fils de Dieu devait mourir sur la croix.
« Alors , pour laisser parler l'évangéliste saint Luc ,
« l'ange Gabriel fut envoyé de Dieu en une ville de
« Galilée qui avait nom Nazareth , — à une vierge ,
« fiancée à un homme nommé Joseph , de la maison
« de David , et le nom de la vierge était Marie ; —
« et l'Ange étant entré où elle était , lui dit : Je vous
« salue, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous;
« vous êtes bénie entre les femmes. — Marie enten« dant ces paroles, fut troublée, et elle cherchait à
« comprendre ce que signifiait cette salutation. — Et
« l'Ange lui dit : Marie, ne craignez point , car vous
« avez trouvé grâce devant Dieu. — Voilà que vous
« concevrez en votre sein, vous enfanterez un fils et vous
« l'appellerez du nom de Jésus. — // sera grand et s'ap« pellera le Fils du Très-Haut , et le Seigneur lui don« nera le trône de David, son père ; et il régnera éter« nellement sur la maison de Jacob ; et son règne n'aura
a pas de fin. — Or, Marie dit à l'Ange : Comment cela
« se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?
a — Et l'Ange répondant , lui dit : Le Saint-Esprit
« viendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous cou
ta vrira de son ombre ; et c'est pourquoi Celui qui naîtra
« de vous sera nommé Fils de Dieu. —Et voilà que votre
« cousine Elisabeth a elle-même conçu un fils dans sa
« vieillesse, et c'est maintenant le sixième mois de la
i grossesse de celle qui était appelée stérile. — Car rien
« ne sera impossible à Dieu. — Or, Marie dit : Voici la
a servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon voire
«. parole. Et l'Ange s'éloigna d'elle. »
Tel fut le triple événement , à jamais heureux , de
l'ambassade du Roi des rois vers la plus humble mais
L'ANNONCIATION.
63
la plus pure des vierges ; de l'incarnation du Verbe
éternel et de la maternité divine. En d'autres temps,
il est vrai , Sara , épouse d'Abraham et mère d'Isaac ,
et leur servante Agar, mère d'Ismaël, avaient été
également honorées de l'apparition des anges; mais
l'une et l'autre n'avaient reçu du Seigneur que des
faveurs d'une importance limitée, tandis qu'il s'agit
ici de la création d'une dignité , inouïe sur la terre
et dans le ciel, la dignité de la Mère de Dieu. Chastes
mystères du Christianisme, quel œil est assez pur
pour vous contempler, quel esprit assez chaste , assez
sublime pour vous concevoir? Ah! plutôt, tout homme
ne doit-il pas en votre présence s'incliner, et répé
ter avec l'Ange lui-même : « Rien n'est impossible à
« Dieu ! »
Dès que Marie eut donné ce consentement, dont le
Seigneur n'avait pas absolument besoin pour accomplir
ses desseins , mais qui fut utile au monde , comme
exemple de vertu, le Fils de Dieu descendit invisiblement du ciel , et prit un corps et une âme semblables
aux nôtres dans le sein de Marie. La nature divine
s'unit à la nature humaine , et le Verbe se fit chair.
D'après le sentiment de saint Augustin , fondé sur
une ancienne tradition , la date du 25 mars , corres
pondant chez les Romains au 8 des calendes d'avril , a
été assignée à la solennité de l'Annonciation et de l'In
carnation. C'est, comme on voit , neuf mois justement
avant la naissance de Jésus-Christ. Elle est marquée
pour ce jour dans le Sacramentaire de Grégoire-leGrand , et si la célébration en a eu lieu autrefois dans
quelques églises le 1 8 décembre , c'est parce qu'on
avait réuni la fête de l'Incarnation et celle de l'attente
64
CULTE DE MARIE.
des couches de la sainte Vierge. Etablie à Rome dès les
premiers temps apostoliques , elle y fut regardée
comme l'une des plus solennelles. « Elle est , dit saint
« Athanase , au quatrième siècle , elle est une des plus
« grandes fêtes du Seigneur ; elle tient le premier rang
« selon la suite des mystères ; c'est pourquoi on doit
« la célébrer avec une singulière dévotion. » Plus tard
encore , elle fut mentionnée dans le Sacramentaire du
pape Gélase Ier, avant le milieu du cinquième siècle.
Enfin, ce fut au neuvième siècle que cette fête fut in
stituée comme obligatoire en France, et ce fut au
commencement du dix-neuvième qu'elle cessa de l'ê
tre. Les règles liturgiques défendent de la célébrer au
temps de la Passion et dans la semaine pascale ; elle
est alors renvoyée au lendemain de Quasimodo. Rien
n'est plus magnifique que les Antiennes , l'Introït , le
Graduel , la prose et l'hymne de cette solennité.
ÉLÉVATION.
Empruntons encore une fois à saint Bernard quel
ques-unes de ses belles pensées sur un sujet que
notre parole ose à peine aborder ; celle de ce grand
saint fut manifestement la voix de l'inspiration, et
comme un écho des accents des patriarches et des
prophètes.
« Quel autre Dieu, s'écrie-t-il avec enthousiasme, le
« Très-Haut sembla-t-il désigner, quand il dit au scr« pent : Je mettrai l'inimitié entre toi et la femme?
« Si vous doutez qu'il ait parlé de Marie, méditez
« ceci : Elle brisera ta tête. A qui est destinée cette
« victoire, sinon à Marie? Elle a brisé sa tète veni
L'ANNOKCIATIOIS'.
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
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«
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«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
te
«
«
«
fiS
meuse, en réduisant au néant tontes les séductions
de la chair et l'orgueil de l'esprit. — Qu'annonçait
le buisson de Moïse lançant des flammes, sans se consumer, sinon la vierge Marie qui enfante et ne souffre pas la douleur? Que figurait cette verge d'Aaron,
fleurissant sans humidité, se couvrant de feuilles et
de fruits, sinon la Vierge qui conçoit sans connaître
l'homme? Isaïe a développé le mystère de ce grand
prodige. Un rejeton naîtra de la tige de Jessé; la fleur
sortira de ses racines. Le rejeton, c'est la Vierge ; la
fleur, c'est l'enfantement de la Vierge. Et il n'y a
pas non plus d'empêchement à ce que le Christ ne
soit figuré par ces divers signes , pour des motifs
divers ; à ce que la tige de la verge d'Aaron ne représente la puissance , la fleur, le parfum de sainteté qu'il exhala ; le fruit , son agréable saveur ; et
les feuilles, la protection que les petits éprouvent en se réfugiant à l'ombre de ses ailes, pour
se défendre et des bouillants désirs de la nature
et des persécutions de l'impie qui les afflige
Voyez , un regard suffit : la puissance reçoit des ordres, la sagesse est instruite, la force soutenue;
Dieu enlin le nourrit de loin ; il eut la vie des anges ;
il pleure et il console les malheureux. Voyez s'attrister la joie , la confiance trembler, le salut souffrir, la vie mourir, le courage faiblir ; et ce qui est
non moins admirable, la tristesse donne la joie, la
crainte raffermit, la souffrance guérit, la mort vi
vific, l'infirmité soutient. Il est facile de distinguer
quelle est la femme que le prophète a en vue, lorsque Marie renferme dans son sein l'homme agrée
de Dieu. En effet , Jésus était homme , non-seule
4.
66
«
«
«
«
«
«
«
«
ce
«
«
«
CULTE DE MARIE.
ment quand on disait de lui : C'est un prophète puissant en œuvres et en paroles, mais aussi lorsque sa
mère le réchauffait tendrement contre son cœur ,
mais aussi lorsqu'elle portait encore dans son sein
les membres délicats de son enfant. Ainsi la femme
environnant l'homme est une vierge concevant Dieu.
Avec quelle concordance les actions , les mystérieuses paroles des. saints coïncident entre elles ! Com
bien est grand ce miracle accompli en Marie ! Un
même esprit animait les prophètes , et bien qu'en
divers temps , en divers signes , en diverses manières , ils ont tous prédit la même merveille. »
PROPRE DE LA MESSE DE L'ANNONCIATION.
INTROÏT.
Rome.
Les grands de la terre imploVultum tnum deprecareront vos regards. A sa suite buntur omnes divites pleparaîtront une multitude de bis; adducentur Regi virgivierges. O Roi ! les compagnes nes post eam : proximœ ejus
de l'Epouse vous seront présen- adducentur tibi in la;titia et
tées avec joie, avec allégresse. exultatione. Ps. Eructavit
Ps. Mon cœur ne peut plus con- cor meum verbum lu muni :
tenir la parole heureuse : c'est dico ego opera mea regi.
au roi que j'adresse mes canti- Gloria. Vultum tinim.
ques. Gloire.
Paris.
Cieux, versez votre rosée, et
Rorate, cœli, desuper, et
que des nuées descende le Juste ! nubes pluant Justum ! ApeQue la terre s'entr'ouvre , et riatur terra, et germinet
qu'elle enfante son Sauveur. (Au Salvatorem. (Au temps de
temps de Pâques : Louez Dieu.) Pâques : Alleluia.) Ps. Be
L ANNONCIATION.
67
nedixisti , Domine , terram Ps. Vous avez béni, Seigneur, la
tuam : avertisti captivita- terre qui est à vous ; vous ave»
tem Jacob. Gloria. Rorate. ramené Jacob de la captivité.
Gloire.
COLLECTE.
Deus, qui de beatœ Ma
ria; Virginis utero, Verbum
tuum, angelo nuntiante,
carnem suscipere voluisti ,
prœsta supplicibus tuis , ut
qui verc eam genitricemDci
credimus, ejus apud te intercessionibus adjuvemur.
Per eumdemDominum Nostium Jesum Christum.
O Dieu , qui avez voulu que
votre Verbe prît un corps sem
blable au nôtre dans le sein de
la bienheureuse Vierge Marie,
au moment que l'ange lui an
nonça ce mystère ; accordez à
nos prières qu'en honorant celle
que nous croyons être véritable
ment mère de Dieu, nous soyons
aidés par son intercession. Par
le même J.-C.
ÉPÎTRE.
Lecture du prophète Isaïe. (Chap. 7.)
In diebus illis , adjecit
En ces jours-là, le Seigneur
Dominus loqui ad Achaz, parla à Achaz , et lui dit : De
dicens : Pete tibi signum mandez au Seigneur votre Dieu
a Domino Deo tuo in pro- qu'il vous fasse voir un prodige
fundum inferni, sive in ex- ou du fond de la terre, ou du
celsum supra. Et dixit plus haut du ciel. Achaz répon
Achaz : Non petam , et non dit : Je ne demanderai point de
tentabo Dominum. Et dixit : prodige , et je ne tenterai .point
Audite ergo, domus David. le Seigneur. Et Isaïe dit : Ecou
Numquid parum vobis est tez donc , maison de David. Ne
molestos esse hominibus, vous suffit-il pas de lasser la
quia molesti estis et Deo patience des hommes sans lasser
meo 1 Propter hoc dabit Do encore celle de mon Dieu? C'est
minus ipse vobis signum : pourquoi le Seigneur vous don
Ecce virgo concipiet et nera lui-même un prodige; une
pariet lilium ; et vocabitur vierge concevra et enfantera un
uomen ejus Emmanuel. Bu- Fils qui sera appelé Emmanuel;
tyrum et mel comedet, ut il mangera le leurre et le miel,
sciat reprobare malum, et en sorte qu'il sache rejeter le
cligerc bonum.
mal et choisir le bien.
Rome.
Diffusa est gratia in labiis
La grâce est répandue sur vos
tuis : propterea benedixit te lèvres; c'est pour cela que Dieu
08
CULTE DE MAU1E.
vous a bénie à jamais. j> Régnez Deus in aiternum. y Propter
par votre vérité , votre douceur veritatem , et mansuctudiet votre justice , et votre droite nem, et justitiam, et deduect
se signalera par d'étonnantes te mirabiliter dextera tua.
merveilles.
Paris.
Salut , pleine de grâce , le Sei
gneur est avec vous ; vous êtes
bénie entre les femmes. jt Vous
avez trouvé grâce devant Dieu.
Celui que vous concevrez dans
votre sein sera appelé le Fils du
Très-Haut.
Ave , gratia plena, Dominus tecum ; benedicta tu in
mulicribus.
y Invenisti
gratiam apud Deum; cece
concipies m utero, ec vocabitur Altisshni Fiiius
TRAIT.
Rome.
Ecoutez , ô ma fille , voyez et
Audi, filia, et vide, et
prêtez une oreille attentive , inclina aurem tuam, quia
parce que le Seigneur s'est épris concupivit Rex speciem
de votre beauté. .y Les grands tuam. y Vultum tuum dede la terre imploreront votre procabuntur omnes divites
regard, et les filles des rois votre plebis : filia; regum in ho
gloire. J A sa suite paraîtront nore tuo. y Adducentur
une multitude de vierges. O Roi , Regi virgines post eam ;
les compagnes de l'Épouse vous proxima; ejus afferentur tibi.
seront présentées. .v On les amè it Adducentur in lœtitia et
nera avec joie, avec allégresse ; exultatione ; adducentur in
on les introduira dans le palais templum Regis.
du Roi.
Paris.
Descendit Dominus sicut
Le Seigneur est descendu
comme la pluie sur l'herbe nou pluvia in vellus ; orietur in
vellement coupée. Sa justice se diebus ejus justitia et abunlèvera en ces jours avec l'abon dantia pacis. Renedicentur
dance de la paix. Toutes les na in ipso omnes tribus terra; ;
tions de la terre seront bénies omnes gentes magnificabunt
en lui ; toutes les nations le glo eu m. Benedictum nomen
rifieront. Béni soit à jamais le majestatis ejus in œternum,
nom de sa gloire ! Toute la terre et replebitur majestate ejus
sera remplie de sa majesté.
omnis terra.
Dans le temps Pascal, au lieu du Graduel et du Trait,
on dit :
Alleluia , alleluia.
Louez Dieu, louez Dieu.
L ANNONCIATION.
09
Rome.
Le rejeton de Jessé a fleuri :
} VirgaJesscfloruit; Virgo Deum et hominem ge- uneVierge a enfanté un hommenuit : pacem Deus reddidit, Dieu; Dieu a rendu la paix en
in se reconcilians ima sum- réconciliant en lui la bassesse et
la grandeur. Louez Dieu.
mis. Alleluia.
Paris.
Vous enfanterez un Fils, et
vous lui donnerez le nom de
Jésus ; il sera grand et sera ap
pelé le Fils du Très-Haut. Louez
Dieu, louez Dieu. .v II régnera
sur la maison de Jacob à jamais,
et son règne n'aura point de lin.
Louez Dieu.
Paries liliinn, et vocabis
nomen ejus Jesum; hic erit
maguus, et Filius Altissimi
vocabitur. Alleluia, alleluia.
y Rcgnabit in domo Jacob
in a;ternum, et regni ejus
non erit linis. Alleluia.
PROSE.
Humam gencris
Cessent suspiria ;
Itcata miseris
Aflert hic nuntia
Dies mortalibus.
Unuis pcelere
Cuncti cecidimus :
Lapsos erigere
Venit Altissimus
De cœli sedibus.
Delecta; virgini
(Jua; Deum pariat,
Angelus Domini
Salutis nuntiat
Nostra; mysterium.
O beatissima
Pra; mulieribus ,
Virgo castissima!
Deum visceribus
Suscipe lilium.
Virtute Spiritus ,
In sinu Virginis,
Innocens penitus
A labc criminis
Caro compingitur.
Que les soupirs du genre hu
main se taisent : ce jour apporte
aux mortels infortunés la plus
heureuse nouvelle.
Le crime d'un seul nous a en
traînés dans sa chute : le TrèsHaut, pour nous retirer, des
cend de sa céleste demeure.
Une vierge est choisie pour
enfanter un Dieu : l'ange du
Seigneur lui annonce le mvstcrc
de notre salut.
O bienheureuse par-dessus
toutes les femmes, très-chaste
vierge , recevez Dieu le tils dans
votre sein.
Par la vertu de l'Esprit saint,
dans le sein de la Vierge se forme
une. chair innocente qu'aucune
tache ne souillera.
70
CULTE DE MARIE.
C'est par elle qu'il devient le
Per hanc infantibus
lait du tendre enfant, celui qui
Lactescit teneris,
dans le ciel est le pain nourris
Ille qui mentibus
sant des esprits immortels.
Panis a superis
In cœlis editur.
Le Verbe qui , de toute éter
Quod sine tempore
nité, naît du Père, revêt un
De Patre nascitur,
corps mortel, afin de sauver
Mortali corpore
l'homme.
Verbum induitur,
Ut salvet hominem.
Il offrira ce corps en sacrifice ;
Corpus hoc ofleret
c'est au prix de tout son sang
In sacrificium ;
qu'il délivra les esclaves.
Servos ut liberet,
Totum in pretium
Effundet sanguinem.
J'errais à l'aventure , exilé de
Errabam devius
la patrie, j'ignorais la route qui
Exul apatria,
pouvait me ramener aux vrais
Semitœ nescius,
biens.
Ad vera gaudia
Per quam regrediar.
Le Seigneur visite mon exil;
In mea Dominus
celui qui est le terme de la voie ,
Venit exilia,
se fait lui-même la voie; en la
Viœquo terminus
suivant, je marcherai sans au
Ipse fit et via :
cune crainte.
Tutus ac gradiar.
O Vérité cachée sous le voile
O Veritas latens
de la chair, mais qui brille aux
Sub velo corporis ,
regards d'un cœur pur, daignez
Sed oculis patens
nous éclairer.
Mundati pectoris,
Tu nos illumina.
Et vous suppliez l'Eternel
Et tu pro miseris
pour de pauvres pécheurs, vous
Supplica Numini ,
qui , en vous nommant la ser
Quse te dum asseris
vante du Seigneur, êtes devenue
Ancillam Domini ,
la souveraine du monde.
Fis inundi Domina.
Ainsi soit-il.
Amen.
ÉVANGILE.
Suite du saint Evangile selon saint Luc. (Chap. 1.)
En ce temps-là Jésus envoya
l'ange Gabriel dans une ville de
Galilée, appelée Nazareth, à
une vierge qui était mariée à
un homme de la maison de Da-
In illo tempore : missus
est angelus Gabriel a Deo
incivitatemGalikesa, cuinomen Nazareth , ad virginem
desponsatam viro , cui no
71
L'ANNONCIATION.
men erat Joseph , de domo vid, appelé Joseph, et cette
David, et nomen virginis , vierge se nommait Marie. L'an
Maria. Et ingressus ange ge ctant entré où elle était ,
lus ad c-um, dixit : Ave, gra- lui dit : Je vous salue, ô pleine
tia plena ; Dominus tecum : de grâce ; le Seigneur est avec
benedicta tu in mulieribus. vous, vous êtes bénie entre
Quœ cum audisset, turbata toutes les femmes. Elle fut trou
est in sermone ejus, et cogi- blée en IV ii tendant parler ainsi;
tabat qualis esset ista cogi- elle était en peine de ce que
tatio. Et ait angelus ei : Ne voulait dire ce salut. L'ange lui
timeas , Maria , invenisti dit : Ne craignez point, Marie,
enim gratiam apud Deum : car vous avez trouvé grâce de
ecce concipies in utero , et vant Dieu. Vous deviendrez
paries lilium, et vocabis no enceinte, et vous mettrez au
men ejus Jesum. Hic erit monde un fils à qui vous don
magnus, et Filius Altissimi nerez le nom de Jésus. 11 sera
vocabitur : et dabit illi Do grand, et sera appelé le Fils du
minus Deus sedem David Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui
patris ejus, et regnabit in donnera le trône de David son
domo Jacob in a;ternum, et Père; il régnera éternellement
regni ejus non erit fmis. sur la maison de Jacob , et son
Dixit autem Maria ad an- règne n'aura point de fin. Alors
gelum : Quomodo fiet istud, Marie dit à l'ange : Comment
quoniam virum non cog- cela se fera-t-il, car je ne con
nosco ? Et respondens ange nais point d'homme ? L'ange lui
lus, dixit ci : Spiritus sanc- répondit : Le Saint-Esprit des
tus superveniet in te , et cendra sur vous, et la vertu du
virtus Altissimi obumbrabit Très-Haut vous couvrira de son
tibi ; ideoque et quod nas- ombre. C'est pour cela que le
cetur ex te Sanctum, voca Fruit saint, qui naîtra de vous,
bitur Filius Dei. Et ecce sera appelé le Fils de Dieu.
Elisabeth cognata tua, et Voilà même qu'Elisabeth, votre
ipsa concepit lilium in se- cousine, est devenue enceinte
nectute sua; et his mensis d'un fils dans sa vieillesse, et
sextus est illi , quœ vocatur celle qu'on appelle stérile est à
sterilis; quia non erit im présent dans son sixième mois ;
possible apud Deum omne car il n'y a rien d'impossible à
verbum. Dixit autem Ma Dieu. Marie dit alors : Je suis
ria : Ecce ancilla Domini , la servante du Seigneur, que
liat mihi secundum verbum votre parole s'accomplisse en
tuum.
moi.
OFFEHTOIRE.
Ave, Maria, etc.
Rome.
Je vous salue, Marie.
72
CULTE DE MARIE.
raris.
Vous n'avez voulu ni offrande,
Hnstiam et oblationem noni sacrifice ; mais vous m'avez luisti ; corpus aulem aptasti
formé un corps; les holocaustes mihi; holocautomata pro
pour le péché n'ont pu vous peccato non tibi placuerunt,
plaire, alors j'ai dit : Me voici, tune dhi : Ecce venio. AlleJe viens. Louez Dieu.
luia.
SECRÈTE.
Que la vertu de votre Esprit
saint, ô mon Dieu, change nos
dons au corps et au sang de
votre Fils unique, afin que Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui
par le mystère ineffable de son
Incarnation est devenu semblable à nous, nous rende, par
cet adorable Sacrement , participant de sa divinité, lui qui
étant Dieu.
Munera nostra , Domine,
Spiritus sancti obumbrante
virtute, Unigeniti tui corpus
et sanguis liant, ut qui ineffabili suae Incarnationis
mysterio pro nobis suscepit
quod nostrum est, his sacramentis cœlestibus dignetur
nobis conferre quod suum
est Jesum Christum Dominom nostrum.
PRÉFACE.
Comme à la Messe de la Purification, p. 94.
COMMUNION.
Rome.
Voici qu'une vierge concevra
Ecce virgo concipiet et
et enfantera un fils , et il sera pariet filium , et vocabitur
appelé Emmanuel.
nomen Emmanuel'.
Paris.
Le Verbe s'est fait chair, et il
Verbum caro factum est»
a habité parmi nous. Louez et habitavit in nobis. AileDieu. .
luia.
POSTCOMMUNION.
O Dieu , dont le Verbe fait
chair est le pain vivant et véritable do nos âmes, faites-nous
sentir une faim continuelle pour
ce pain céleste qui nourrit et
entretient la foi, qui fait croître
Deus, enjus Verbum caro
factum est, panis est vivus
et verns mentium humanarum, prœsta, qusesumus, ut
hune panem indesineuter
esuriamus, in quo lides ali
I. ANNONCIATION.
7.1
tur, spes evellitur, caritas l'espérance cl que fortifle la
rohoralur. Per Dominum charité; pnr le même NotreNostrum Jesum Cbristum. Seigneur Jésus-Christ.
VÊPRES.
Rome.
Les Antiennes comme aux Vêpres de l'Oflicc do la sainte
Vierge au temps de l'Avent.
A Magnificat , Ant.
Gabriel angelus locntus
est Mariœ, dicens:Ave,
gratia plena : Dominus tecum , benedicta tu in mulieribus.
L'ange Gabriel parla à Ma
rie, et lui dit : Je vous salue,
pleine de grâce ; le Seigneur est
avec vous, vous êtes bénie entre
les femmes.
Paris.
Ant. 1. Quro ad patres
nostros repromissio facta
est, banc Deus adimplevit
liliis nostris.
2. Ubi venit plenitudo
temporis, misit Filium suum
factum ex muliere.
3. Qui sanctificat, et qui
sanctilicantur, ex uno omnes : propter quarn causam
non confunditur fratres eos
vocare.
4. Nusquam angclos apprehendit, sed semen AbraIko : unde debuit per omnia fratribus similari.
5. Participavit carni et
sanguini, ut liberaret eos
qui timore mortis per totam
vilain obnoxii erant servituti.
Ant. 1. Dieu a fait a nos pè
res une promesse dont il nous a
montré l'accomplissement, à
nous qui sommes leurs enfants.
2. Lorsque les temps ont été
accomplis, Dieu a envoyé son
Fils formé d'une femme.
3. Celui qui sanctilie, et ceux
qui sont sanctifiés, viennent tous
d'un même principe : c'est pour
quoi Jésus-Christ ne rougit point
de les appeler ses frères.
4. Il ne s'est point rendu le
libérateur des anges, mais la
race d'Abraham : c'est pourquoi
il a fallu qu'il fut en tout sem
blable à ses frères.
5. Il s'est revêtu de chair et de
sang, afin de mettre en liberté
ceux que la crainte de la mort
tenait toute leur vie dans la ser
vitude.
74
CULTE DE MARIE.
HYMNE.
Il est arrivé ce jour solennel ,
ce jour précurseur du salut, où
la joie est descendue du ciel sur
la terre affligée.
Le crime d'un seul homme
nous a tous entraînés dans sa
chute épouvantable ; pour nous
en relever, Dieu lui-même des
cend sur la terre.
Celui qui est engendré de
toute éternité dans le sein du
Père éternel, devient lui-même
soumis au temps, et ne dédai
gne pas le sein d'une vierge.
Il revêt un corps mortel pour
l'immoler au salut du monde,
pour laver dans son sang inno
cent le crizne des hommes cou
pables.
Celui qui remplit tout de sa
puissance, se réduit à notre
forme misérable ; et pour nous
ramener à Dieu , Dieu vient ha
biter avec nous.
O Fils , qui venez au monde
pour le racheter, à vous gloire
immortelle avec le Père , gloire
égale à vous qui êtes l'Esprit du
Père et du Fils.
Ainsi soit-il.
Hœc illa solemnis dies ,
Dies salutis nuntia,
Qua missa cœlo tristibus
Venêre terris gaudia.
Unius omnes crimine
Casu gravi lapsi sumus ;
Dt ipse lapsos erigat ,
Descendit in terras Deus.
Qui , Patris œterno sinu ,
^Eterna proies nascitur,
Obnoxius fit tempori ,
Sinum nec horret virginis.
Mortale corpus induit ,
Orbi piando victimam ;
Ut innocenti sanguine
Seelus noccutum diluat.
Qui cuncta complet numine,
Nostros se in artus colligit :
Ut nos reducat ad Deimi ,
Est ipse nobiscum Deus.
Mundo Redemptor qui vcnis,
Fili, tibilaus maxima
Cum Patre : nec tibi minor
Laus, utriusque Spiritus.
Amen.
A Magnificat , Ant.
Le Père a envoyé son Fils
Pater misit Filium suum
pour être le Sauveur du monde : Salvatorem mundi : nos
aimons donc Dieu, puisque Dieu ergo diligamus Deum , quonous a aimés le premier.
niam Deus prior dilexit nos.
LA VISITÀTIOH.
75
LA VISITATION.
(«juillet.)
Liens d'âme à âme, sur h chaste lisière
de l'amitié spirituelle.
(S. Augustin, Confessions.)
Nodus ab animo usque ad animum, quatenus est luminosus limes amicitisc.
Alban Butler, dans la Vie des Pères, des Martyrs et
des Saints, que nous a donnée Godescard, expose de la
manière suivante le sujet de la Visitation :
« Dans le mystère de l'Annonciation, l'ange Gabriel
« dit à la mère de Dieu qu'Elisabeth, sa cousine, avait
« conçu miraculeusement, et même qu'elle était au
« sixième mois de sa grossesse. La sainte Vierge, par
« humilité , cachait la dignité surprenante à laquelle
« l'appelait l'incarnation duVerbe dans son sein ; mais,
« transportée de joie et de reconnaissance, elle voulut
« aller féliciter la mère de Jean-Baptiste. Ce fut le
« Saint-Esprit qui lui inspira cette résolution, pour
« l'accomplissement de ses desseins sur le Précurseur
« du Messie, qui n'était pas né encore. Marie partit
« donc et s'en alla en hâte au pays des montagnes en
« une ville de la tribu de Juda; et étant entrée dans
« la maison de Zacharie, elle salua Elisabeth. Elle vi« sita une sainte, parce qu'il y a beaucoup à gagner
« dans la compagnie des serviteurs de Dieu.» Lorsque
M
CULTE DE MARIE.
« Marie fut arrivée au terme de sa course, tout à coup,
« à sa voix, l'enfant dont Elisabeth était enceinte , fut
« rempli du Saint-Esprit, et sanctifié dans le sein de sa
« mère. Il eut, par anticipation, l'usage de la raison,
« et connut, par une lumière surnaturelle , quel était
« celui qui venait le visiter
En même temps, Éli
« sabeth fut aussi remplie du Saint-Esprit. A la faveur
« d'une lumière qui lui fut communiquée, elle com« prit l'ineffable mystère de l'Incarnation que Dieu
« avait opéré dans Marte , quoique celle-ci ne voulût
« point le découvrir. Elle s'écria dans les transports
« de son étonnement que Marie était bénie au-dessus
« de toutes les femmes ; et tournant ensuite les yeux
« sur elle-même, elle ajouta : « D'où me vient ce bon« heur, que la mère de mon Seigneur daigne venir me
« visiter. Marie, s'entendant louer, descendit dans
« l'abîme de son néant ; puis , rapportant à Dieu tous
« les dons de la grâce qui étaient en elle, elle fit écla« ter son amour, sa reconnaissance, son humilité, par
« l'admirable cantique que l'Église récite tous les
« jours à Vêpres. »
C'est en commémoration de cette visite que l'Église
a institué la fête spéciale qui en a emprunté le nom,
et qui a été placée au lendemain de l'Octave de saint
Jean-Baptiste. Saint Bonaventure, général des Frères
Mineurs, avait, le premier, dans un chapitre tenu à
Pise, l'an 1263, ordonné la célébration de cette fête par
son Ordre entier. Le pape Urbain VI rétendit à toute la
Chrétienté , en 1329. A cette époque, il y avait dans
l'Église romaine des déchirements occasionnés par le
schisme d'Occident. Urbain VI tenait son siège à Rome
et Clément VII avait établi le sien à Avignon. Le pre
LA VISITATION.
77
mier de ces papes institua la fête de la Visitation, pour
obtenir la paix de l'Église ; et en 1W1, le Concile de
Bâle fixa au 2 juillet la célébration de cette solennité.
Saint François de Sales a, plus tard, fondé un Ordre
religieux, sous le nom de la Visitation ; les religieuses
qui en font partie portent le nom de Sœurs de la Visi
tation ou Visitandines. Leur première supérieure fut
M™ Fremyot de Chantai, béatifiée en 1767.
ÉLÉVATION.
On lit dans l'Évangile (saint Mathieu) : Quiconque
aura quitté sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou
son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou
ses champs, à cause de mon nom, recevra le centuple et
possédera la vie éternelle. Cette règle , qui doit s'en
tendre sagement des cas où la loi de Dieu nous per
met de quitter des personnes qui nous sont chères
ou qui reçoivent de nous quelque service indispen
sable, s'applique également à l'éloignement que JésusChrist nous conseille, pour nous préserver des dangers
dans le monde.
Lorsque Mame eut reçu la visite de l'Ange, sans en
tirer vanité , comme l'auraient fait beaucoup d'autres
de son sexe , elle n'en devint que plus humble ; et
comme si elle avait voulu prendre son vol vers une
solitude plus profonde encore que celle à laquelle elle
s'était condamnée, elle gravit les montagnes, et arriva
modestement auprès de sa digne parente. Elle rougit
peut-être, en entendant les paroles qui annonçaient ses
grandeurs futures, semblable à la rose printanière
que colore un plus vif incarnat à l'approche du soleil
78
CULTB DB MARIE.
levant ; mais son cœur si pur no trahit point le secret
qui lui était confié, et l'on peut dire que ce fut le SaintEsprit , plutôt qu'elle-même , qui fit entendre par la
bouche de sa fille bien-aimée le cantique par excel
lence. — Humilité, silence, amour! c'est par vous
seulement qu'il nous est permis de nous élever des
abîmes de notre néant jusqu'à notre sublime Créateur.
Dans les cœurs où vous régnez de concert, une joie
pure et calme fait taire les bruits du monde, allume
une douce ferveur, assoupit les douleurs de la vie, et
semble ouvrir le ciel. C'est le partage heureux des âmes
sincèrement vouées au culte de Marie , émules des
vertus de ces saintes filles que nous ne devons pas
nous borner à admirer, et dont le plus éloquent des
Frères Prêcheurs * a dit, avec autant de bonheur d'ex
pression que de vérité : « Par leur choix, par leur goût,
« parce que Dieu leur a fait un cœur capable de vivre
« de lui seul , elles vont cacher, dans le travail et l'o« béissanec volontaires, la fleur de leur jeunesse,
« comme la colombe prend ses petits sous son aile, et
« s'envole dans les bois. »
1 Le R. P. Lacordaire,
LA VISITATION.
79
PROPRE OE LA MESSE DE LA VISITATION.
INTROiT.
Rome.
Comme à la Messe de la Conception , p. 26.
Paris.
Emltavit spiritus meus
Mon esprit est ravi de joie en
in Deo salutari meo ; quia Dieu mon Sauveur, parce qu'il
respexit bumililatem ancil- a regardé la bassesse de sa ser
lœ suœ. Ps. Eructavit cor vante. Ps. Mon cœur ne peut
iiu'iiiii verbumbonum: dico contenir la parole heureuse ;
ego opera mea regi. Gloria, c'est au Roi que j'adresse mes
Exultuvit.
cantiques. Gloire.
COLLECTE.
Rome.
Comme à la Messe de la Conception, p. 27 ; seulement on rem
place le mot Conception par le mot Visitation.
Paris.
Adeste Ecclesise tuœ, mi- . Regardez favorablement votre
sericors Deus, et filios adop- Eglise, ô Dieu de miséricorde,
tionis jugiter in èjus sinu et daignez purifier sans cesse ,
puritica, qui Marise clau- dans son sein, ses enfants adepsus utero , Joannem in sinu tifs, vous qui, renfermé dans
Elisabeth sanctiticasti : qui les entrailles de Marie, sancti
vivis.
fiâtes Jean-Baptiste dans celles
d'Elisabeth ; vous qui , étant
Dieu , etc.
ÉPURE.
Lecture du Cantique des Cantiques. (Chip, 2.)
Le voici qui vient sautant sur
Ecce iste veniet, saliens
in mnntibus, transiliens col les montagnes , franchissant les
les. Similis est dilectus meus collines. Mon bien-aimé est
capreœ , hinnuloque cervo- semblable à un chevreuil ou à
rum ; en ipse stat post pa- un faon de biche. Le voici qui
rietem nostrum, respiciens se tient derrière notre mu
per fenestras , prospiciens raille , qui regarde par la fenê
per cancellos. En dilectus tre , qui jette sa vue au travers
CTLTE DE MARIE.
80
des barreaux. Voilà mon bien- meus loquitur mihi : Surges
aimé qui me parle , et qui me propera, amica mea, codit : Levez-vous, hâtez-vous, ma lumba mea, formosa mea. et
bien-aimée , ma colombe, mon veni. Jamenim hyems transunique beauté, et venez; car iit, imber abiit, et recessit.
l'hiver est déjà passé , les pluies Flores apparuerant in terra
se sont dissipées et ont cessé en nostra , tempus putationis
tièrement. Les fleurs paraissent advenit ; vox turturis audita
sur notre terre , le temps de est in terra nostra. Ficus
tailler la vigne est venu; la protulit grossos suos ; vinca;
voix de la tourterelle s'est fait florentes dederunt odorcm
entendre dans nos terres. Le fi suum. Surge, amica mea,
guier a commencé à pousser ses speciosa mea , et veni.
premières figues ; les vignes sont Columba mea in foraminien fleur et leurs parfums se font bus petrœ , in caverna masentir. Levez-vous, ma bien- ceriœ, ostende mihi faciein
aimée , mon unique beauté , et tuam ; sonet vox tua in auvenez. Vous qui êtes ma co ribus meis ; vox enim tua
lombe , vous qui vous retirez duleis et facies tua decora.
dans le creux de la pierre, dans
les trous de la muraille , montrez-moi votre visage. Que
j'entende votre voix , car elle est douce , et votre visage est
agréable.
Rome.
Comme à la Messe de la Conception, p. 29.
Paris.
Vous êtes bénie entre les fem
Benedicta tu inter muliemes, et béni est le fruit de votre res , et benedictus fructus
ventre. i Et d'où me vient ce ventris tui. j> Et unde hoc
bonheur que la Mère de mon mihi, ut veniat mater DomiDieu me vienne visiter? Louez ni ad me ? Alleluia , alle
Dieu. v Que vous êtes heureuse luia. i Beata qua; credidid'avoir cru, car les choses qui sti, quoniam perlicientur ea
vous ont été annoncées de la qua; dicta sunl libi a Domi
part du Seigneur, seront accom no. AUeluia.
plies. Louez Dieu.
EVANGILE.
Suite du saint Evangile selon saint Luc. (Chap. 1.)
Dans ce jour-là Marie partit
Exurgens autem Maria in
et s'en alla en diligence vers les diebus illis abiit in monlaua
montagnes de la Judée, dans cum festinationc , in civitaune ville de la tribu de Juda ; tem Juda : et iutravit in do
81
et étant entrée dans la maison
de Zacharie, elle salua Elisa
beth. Aussitôt qu'Elisabeth eut
entendu la voix de Marie , qui
la saluait, son enfant tressaillit
dans son sein , et clic fut rem
plie du Saint-Esprit ; et élevant
sa voix , elle s'écria : Vous êtes
bénie entre toutes les fouimes.
et le fruit de votre sein est béni.
Et d'où me vient ce bonheur
que la Mère de mon Seigneur
vienne me visiter? car je n'ai
pas plus tôt entendu votre voix,
que mon enfant a tressailli de
joie dans mon sein. Vous êtes
bien heureuse d'avoir cru, parce
que ce qui vous a été dit de la
part du Seigneur sera accompli.
Alors Marie dit ces paroles :
Mon àme glorilic le Seigneur, et
mon esprit est ravi de joie en
Dieu mon Sauveur.
LA VISITATION.
mum ZachariiC et salutavit
Elisabeth. Et l'art um est, ut
audivit salutationem Mariœ
Elisabeth, exultavit infans
in utero ejus; et rcpleta est
Spiritu sancto Elisabeth; et
exclamavit voce magna, et
dixit : Benedicta tu inter mulicres, et benedictus fructus
v ont ris lui. Etunde hocmihi
ut veniat mater Dnmini moi
ad me ? Ecce enim ut l'urta
est vox salutatiouis tuse iu
nuribus mois, exultavit iu
gaudin infans iu utero meo.
Et bcata , quœ credidisti ,
qui m is m perlicientur ca quœ
dicta suul tibi a Domino. Et
ait Maria: Magnificat anima
me» Dominmu; et exultavit
spiritus meus iu Deo salutari
Hico.
OFFERTOIRE.
Rome.
Comme à la Messe de la Conception, p. 3t.
Paris.
Ut audivit salutationem
Dès qu'Elisabeth entendit la
Marise Elisabeth, exultavit voix de Marie qui la saluait ,
in gaudio infans in utero son enfant tressaillit dans son
ejus, et rcpleta est Spiritu sein, et Elisabeth fut remplie
sancto. Allcluia.
du Saint-Esprit. Louez Dieu.
SECRETE.
Sicut beatissimœ Unigeniti
tui Matris humilitatem gratam habuisti, Domine, ita
mujestati tua) iiccoptum sit
hoc nostrse servitutis sacritirium. l'er eumdem Domiiiiiiii Nostrum Jesum Christum.
Seigneur, qui avez agréé l'hu
milité de la bienheureuse More
de votre Fils unique, daignez
aussi recevoir favorablement le
sacrilire que nous vous offrons
comme un témoignage de ren
tière dépendance où nous som
mes de votre divine Majesté.
Par le même Notrc-Scigncur
Jésus-Christ.
5
82
CULTE DE MARIE.
PEÉFACB.
Gomme à la Messe de l'Assomption , p. 108.
COMMUNION.
Rome.
Gomme à la Messe de la Conception , p. 33.
Paris.
Le Tout-Puissant a fait en ma
Fccit mihi magna qui pofaveur des choses grandes. Son tens est, et sanctum nomeu
nom est saint.
ejus.
POSTCOMMCNION.
La puissance de votre Fils
unique, Seigneur, encore caché
dans le sein de sa Mère, s'est
fait sentir à Jean par le tres
saillement de joie qu'elle lui in
spira : accordez-nous aussi la
grâce de sentir, avec une sainte
allégresse , la joie de ce même
Fils caché dans cet auguste Sa
crement; lui qui, étant Dieu.
Largire, quœsumus, Do
mine, tidelibus tuis, ut quem
in utero latentem beatu»
Joannes cum exultatione
prsesensit, ejusdem in hoc
sacramento absconditi prœsentiam cum sancta lœtitia
sentiamus ; qui tecum.
VÊPRES.
Borne.
Ant. 1. Marie se levant par
Ant. 1. Exurgens Ma
tit avec promptitude, et s'en ria, abiit in montana cum
alla dans le pays des montagnes festinationc in civitatem
Juda.
en une ville de Juda.
2. Marie entra dans la mai
2. Intravit Maria in doson de Zacharie , et salua Eli rami Zachariœ, et salutavit
Elisabeth.
sabeth.
S. Ut audivit salutatio3. Dès qu'Elisabeth eut en
tendu la voix de Marie qui la nem Maria; Elisabeth, cxulsaluait, son enfant tressaillit tavit infans in utero ejus,
dans son sein, et elle fut remplie et repleta est Spiritu sancdu Saint-Esprit, Alleluia.
to. Alleluia.
LA VISITATION.
83
4. Bcncdicta tu inter mu4. Vous êtes bénie entre les
lieres, et benedictus fructus femmes, et le frait de vos en
ventris tui.
trailles est béni.
5. Ex quo facta est vox
5. Dès que la voix avec la
salutation is tuœ in nuribus quelle vous m'avez saluée a
meis, exultavit iiil'ans in frappé mes entrailles, mon en
utero meo. Alleluia.
fant a tressailli dans mon sein.
Alleluia.
A Magnificat, An t.
Je serai appelée bienheureuse
Bcatam me dicent omnes
generat innes : quia ancillam dans la suite de tous les Ages ,
parce que Dieu a regardé favo
humilem respexit Deus.
rablement la bassesse de sa ser
vante.
Pans.
Ant. 1. Respexit Deus
Ant. 1. Dieu a regardé la
bumilitatem ancilhes u.t : ex bassesse de sa servante : et dé
hoc beatam me dicent om sormais tous les siècles m'appel
nes gencrationes.
leront bienheureuse.
2. Fccit mihi magna qui
2. Le Tout-Puissant a fait de
potens est : et sanctum no- grandes choses en ma faveur :
men ejus.
son nom est saint.
3. Misericordia ejus a
3. Sa miséricorde se répand
progenie in progemcs ti- de race en race sur ceux qui
iiienl Unis cum.
le craignent.
4. Fecit potentiam in
4. 11 a déployé la force de son
brachio sno : dispersit su- bras : il a dissipé les superbes ,
perbos, et exaltavit humi- et il a élevé les petits.
les.
5. Suscepit Israël puerum
5. Il a pris sous sa protection
suum, recordatus misericor Israël son serviteur, se ressouve
dia; sua;; sicut locutus est nant de sa miséricorde , scion la
ad patres nostros , Abra promesse qu'il a faite à nos pè
ham , et semini ejus.
res, à Abraham, et à sa posté
rité.
Ca;teri nunquam, nisi vagiendo ,
Primitus vocem pueri profundunt :
Unus in cunctis alacris Joannes
Prevenit ortum.
Des vagissements sont les
premiers sons que les enfants
font entendre ; Jean est le seul
dont la joie ait prévenu la nais*
sance.
CULTE DE MARIE.
84
Il n'avait pas encore vu le
Hune sibi nondum genijour, et déjà le Fils de l'Éternel
tum sacravit
l'avait sacré son prophète ; aussi Patris œterni Genitus proles deux mères prédisent-elles
phetam :
l'avenir dans un saint ravisse Spiritu gaudens canit hinc
ment.
futura
Utraque mater.
Qu'elles sont dignes de tels
Eccc quam fruclu genitrix
fds ! que ces fils sont dignes de
utroque
telles mères! Le sein de la Vier Digna ! quam fructus genige cache un Dieu, celui de la
trici dignus!
femme stérile un prophète.
Hase Deum virgo, sterilis
recondit
Illa prophetam.
Faites , ô Vierge , que le Ré
Fac tuos puris hodie clien
dempteur éclaire aujourd'hui
tes,
vos clients de ces rayons de grâ Virgo , collustrct radiis Reces qui le découvrirent à son
demptor
prophète avant qu'il vît le jour. Ille , quem prodit nova nascituro
Gratia vati.
Qu'il nous donne de suivre,
Dct sequi certo pede, qua
d'un pas assuré, la route que
prsisti ,
vous avez tracée, vous qui, Dum Patris summi paritura
choisie pour Mère de l'Eternel ,
Prolem ,
vous appelez par préference son Vilis ancillœ titulum mohumble servante.
desto
Pectorc prœfers.
Gloire éternelle au Père et à
Summa laus Patri , genison Fils unique , gloire pareille
toque Verbo,
k l'Esprit saint, lien sacré du Et tibi compar, utriusque
Père et du Fils, pendant les
nexus ,
siècles éternels.
Spiritus, semper Deus unus,
on mi
Temporis œvo.
Ainsi soit-il.
Amen.
A Magnificat, Ant.
Marie demeura environ trois
Mansit Maria cum Elisimois avec Elisabeth, puis elle beth quasi mensibus tribus,
s'en retourna en sa maison.
et reversa est in donnna
suam.
LA PURIFICATION.
85
LA PURIFICATION DE MARIE
ET LA PRESENTATION DE JÉSUS.
(2 février.)
Un jour viendra où il ne sera pas présenté
dans le temple et sur les bras de Siméon ,
mais hors de la ville , et sur les bras de la
croix.
(S. Bernard, in Purifieat.)
Venict, quando in templo non offerctur,
nec in Ici- brachia Simeoms, sed extra civitatem inter brachia crucis.
Parmi les lois que Dieu avait données à Moïse, il y
en avait deux particulièrement relatives aux nouveaunés et àleurs mères. Par la première, qui est écrite dans
l'Exode ', le Seigneur avait dit : « Consacre-moi tout
« premier-né d'entre les enfants d'Israël, et des hom« mes et des bêtes ; car toutes choses sont à moi. »
— Par la seconde, qui se trouve au Lévitique % il était
dit encore qu'une mère qui avait mis un enfant au
monde ne pouvait toucher à aucune chose sainte, et
qu'elle ne devait point entrer au sanctuaire jusqu'à ce
que les jours de sa purification fussent accomplis. Ce
temps était de quarante jours pour un garçon et de
" XIII, 2, 12, 15.
* XII, 2, 6.
86
CULTE DE MARIE.
quatre-vingts pour une fille. Après ce temps écoulé , la
mère devait présenter au sacrificateur un agneau d'un
an en holocauste, et, si elle était pauvre, deux tourte
relles ou deux petits de colombe , pour le rachat du
nouveau-né. Marie étant pauvre, se présenta au Temple
avec deux tourterelles ; à la vérité, elle portait le Mes
sie, par qui la face de la terre allait être renouvelée.
« Tout cela prouve, dit Bossuet, combien la naissance
« des hommes était malheureuse et sujette à une ma
te lédiction inévitable ; Jésus et Marie venaient la pu« rifier.en subissant volontairement, et pour l'exemple
« du monde , une loi pénale à laquelle ils n'étaient
« soumis que parce que le secret de l'enfantement vir« ginal n'était pas connu. »
Dans cette cérémonie, le vieillard Siméon ayant
pris entre ses bras le divin enfant, bénit Dieu de l'avoir
vu avant de mourir, et prédit à sa mère qu'elle serait
transpercée d'un glaive de douleur au pied de la croix
sur laquelle son Fils expirerait. Ce fut donc quarante
jours après sa naissance que Jésus-Christ fut présenté
au Temple, et que la sainte Vierge y fut purifiée. Ce
Temple était celui qui avait été rebâti par Hérode
l'Ascalonite, six cents ans après la destruction de celui
de Salomon : il était à l'Orient de Jérusalem , sur les
vallées de Siloë et de Josaphat. « A douze ans, dit Cha« tcaubriand , le Fils de l'homme y enseigna les doc« teurs ; il en chassa les marchands ; il y fut inutile« ment tenté par le démon ; il y remit les péchés à la
« femme adultère ; il y proposa la parabole du bon
« Pasteur, celle des deux Enfants, celle des Vignerons
« et celle du Banquet nuptial. Ce fut dans ce même
« Temple qu'il entra au milieu des palmes et des
LA PURIFICATION.
«
«
«
«
87
branches d'olivier, le jour de la fêle des Rameaux ;
enfin, il y prononça le Reddite quœ sunt Cœsaris
Cœsari, et quœ sunt Dei Deo, et il y fit l'éloge du
denier de la Veuve. »
La fête instituée en mémoire de la Purification de la
sainte Vierge se confond avec celle de la Présentation
de Jésus-Christ au Temple , et elle porte le nom vul
gaire de la Chandeleur. Les églises de France l'ont tour
à tour célébrée sous l'un ou l'autre titre. On ne con
naît pas d'une manière précise l'époque de son insti
tution ; cependant on estime généralement que vers
l'an 496, le pape Gélase en ordonna la célébration pour
faire cesser la superstition païenne connue sous le nom
de Lupercales, fête qui avait lieu dans les premiers
jours de février. Comme il y avait aussi chez les
Païens , après la même époque , des processions appe
lées Amburbales, dans lesquelles les Romains portaient
des torches pour se réjouir du succès de leurs armes,
Benoît XIV a pensé et écrit que , si saint Gélase avait
aboli les Lupercales, Sergius avait substitué aux Amburbales la procession qui plus tard encore a été dési
gnée sous le nom de Chandeleur. Quoi qu'il en soit, la
Purification est, de toutes les fêtes instituées en l'hon
neur de la sainte Vierge , la première qui ait été chô
mée comme le Dimanche ; elle est toujours à la date
du 2 février ; et cette date fut fixée , en l'année 542 ,
par le pape Vigile, alors que la fête même, ayant été
interrompue quelques années, fut rétablie à l'occasion
d'un vœu à la Mère de Dieu , afin de faire cesser le
fléau d'une peste. L'Église a choisi ce jour pour bénir
les cierges. A Rome, le pape préside lui-même à cette
cérémonie et distribue aux Cardinaux et aux prêtres
88
CULTE DE MARIE.
d'un ordre inférieur des cierges qui sont portés, en
procession solennelle , dans la grande salle du Palai
apostolique.
ÉLÉVATION.
Quelles salutaires pensées ne réveille pas dans une
âme chrétienne cette solennité de la Purification !
La plus sainte parmi les Saints, Celle dont le cœur
a toujours été la pureté même , Marie , exemple de
la loi commune , s'est soumise à cette loi , comme la
plus obscure des femmes ! Quel motif put donc la dé
terminer à un acte entièrement inutile par rapport
elle? Ah ! c'est qu'elle voulait agir comme son divin
Fils, qui disait plus lard à Jean , quand il semblait hé
siter à le baptiser : « Laissez, laissez, car c'est ainsi que
« nous devons tous accomplir toute justice. » Jésu
était Dieu! Marie était sa mère ! et par humilité, par
obéissance et par amour, l'un et l'autre ne craignirent
pas de se montrer soumis et fidèles , ainsi que les
plus pauvres et les plus indignes ! Quand serons-nous,
à notre tour, assez détachés du monde pour suivre cet
admirable exemple ? Aurons-nous toujours des excuses
pour colorer nos fautes, et des prétextes pour nous af
franchir de toute pénitence et de toute règle ? Et ce
pendant, de là dépend notre salut ; car, quel est celui
qui, ayant négligé de se purifier sur la terre à la source
que le Rédempteur du genre humain a préparée, pourra
rester debout, lorsque, suivant les expressions du Pro
phète, le Souverain Juge viendra purifier les enfants
de Lévi, comme l'or et l'argent par le feu?
LA PURIFICATION.
8!i
PROPRE DE LA MESSE DE LA PURIFICATION.
IHTBOIT.
Rome et Paris.
Susccpimus, Dcus, misericordiam tuam in medio
templi tui : secundum nomen tuum, Dcus, ita et laus
tua in fmes terrœ, justitia
plena est dextera tua. ii.?.
Magnus Dominus et laudabilis nimis, in civitate Dei
nostri, in monte sancto ejus.
Gloria. Suscepimus.
Nous avons éprouvé , mon
Dieu, votre miséricorde au mi
lieu de votre temple. Comme
votre nom, Seigneur, ainsi vo
tre gloire se répandra jusqu'aux
extrémités de la terre. Votre
droite est pleine de justice. Ps.
Le Seigneur est grand. Que la
ville de notre Dieu et la mon
tagne sainte retentissent de
ses louanges. Gloire.
COLLECTE.
Omnipotens sempilerne
Dcus, majestatem tuam sup
plices exoramus , ut sicut
Unigenitus Filius Ums ho«lierns die, cum nostrœ carnis substantia in templo est
prœsentatus, ita nos facias
purilicantes tibi mentibus
prœsentari : per eumdem.
Dieu tout-puissant et éternel,
faites, nous vous en supplions,
que comme votre Fils unique
vous a été aujourd'hui présenté
dans votre temple, revêtu d'une
chair semblable à la nôtre ,
nous vous soyons aussi présen
tes avec la pureté de cœur et
d'esprit que vous demandez de
nous. Par le même, etc.
ÉPîTRE.
Lecture du prophète Malachie. (Chap. 3.)
Ecce ego mitto Angelum
nieiim, et prœparabit viam
anle faciem meam. Et statim venict ad Umplum
suum Dominator quem vos
quserilis, et Angelus testamenti quem vos vultis. Ecce
venit, dixit Dominus exercituum ; et quis poterit co-
Je vais vous envoyer mon
Ange qui préparera ma voie
devant moi ; et. aussitôt le Do
minateur que vous cherchez, et
l'Ange de l'Alliance que vous
souhaitez , viendra dans son
temple. Le voici qui vient, dit
le Seigneur des armées. Et qui
pourra seulement penser au
90
CULTE DE MARIE.
jour de son avènement, ou qui gitare diem adventus ejus ?
pourra en soutenir la vue ? Et quis stabit ad videndum
Car il sera comme le feu qui eum ? Ipse enim quasi ignis
purifie les métaux, et comme conflans et emendans arl'herbe dont se servent les fou gentum: et purgabit filios
lons. Il s'asseyera , il mettra Levi, et colabit eos quasi
l'argent dans le feu et l'épu aurum, et quasi argentum :
rera ; et il purifiera les enfants et erunt Domino offerentes
de Lévi, et les éprouvera com sacrificia in justitia. Et plame l'or et l'argent qui a passé cebit Domino sacrificium
par le feu ; et ils offriront des Juda et Jerusalem : sicut
sacrifices au Seigneur dans la dies sa;culi, et sicut au ni
justice. Et le sacrilice de Juda antiqui.
et de Jérusalem sera agréable
au Seigneur, comme l'ont été les sacrifices des siècles passés
et des premiers temps
GRADUEL
Borne.
Suscepimus (à VIntroït , page précédente).
y Ce qui nous avait été
annoncé, nous le voyons dans
la cité de notre Dieu , sur sa
sainte montagne. Louez Dieu,
louez Dieu. > Le vieillard por
tait l'enfant, mais l'enfant gui
dait le vieillard. Louez Dieu.
$ Sicut audiamus, ita et
vidimus in civitate Dci nostri, in monte sancto ejus.
Alleluia , alleluia. y Senex
pucrum portabat, puer autem senem regebat. Alle
luia.
Paris.
Il viendra le désiré de toutes
Veniet desideratus cuncles nations; et je remplirai de tis gentibus ; et implebo dogloire cette maison, dit le Dieu mum istam gloria, dicit
des armées. j> La gloire de cette Dominus exercituum. ji Ma
dernière maison sera plus grande gna erit gloria domus istius
que celle de la premiere ; et dans novissima; plus quam pri
ce lieu je donnerai la paix. ma;; et in loco isto dabo
Louez Dieu, louez Dieu. j> Tres pacem. Alleluia, alleluia.
saille d'allégresse, chante des j> Exulta et lauda, habitatio
cantiques, demeure de Sion, Sion : quia magnus in meparce que celui qui est grand , dio tui sanctus Israel. Alle
le Saint d'Israël est au milieu luia.
de toi. Louez Dieu.
LA PURIFICATION.
91
PROSE.
Ave, plena gratia,
Cujus inter brachia
Se litat Deo Deus.
Fas me templum viserc ;
Tibi fas occurrere ,
Amor, o Jesu , meus.
Est in templo Dominus ,
Angeli stant cominus :
Nil in cœlis amplius.
Paris.
Salut , ô vous qui ôtos pleine
de grâce, c'est entre vos bras
qu'un Dieu s'immole à un Dieu.
Qu'il me soit permis de visiter
le temple; que j'obtienne d'aller
à vous, ô Jesus, mon amour !
Le Seigneur est dans lo tem
ple, autour de lui sont les anges.
Qu'y a-t-il de plus dans les
cieux ?
Habet Deum hominem ,
Et parentem virgincm :
Cœlo templum ilitius.
Le temple possède un hommeDieu, avec lui une vierge mère :
le temple est plus riche que les
cieux.
Spirant sacra gaudium ;
Mane sacrificium
Plausus inter redditur.
Les mystères respirent la joie :
le sacrifice du matin est offert
au milieu des acclamations.
Vespcrtinum fletibus,
Et amaris questibus
lu cruce miscebitur.
Celui du soir, consommé sur
la croix , sera mêlé de pleurs et
d'amères gémissements.
La voilà enfin cette offrande
au prix de laquelle nous sommes
tous rendus à Dieu.
Nous n'appartenons plus à
nous : c'est pour vous , c'est
soumis à vous, mon Dieu, que
nous voulons vivre et mourir.
Laissez maintenant aller vos
serviteurs : rien ici-bas ne fixe
leurs regards; donnez-leur de
vous contempler à découvert.
Si vous leur ordonnez de vivre
ici-bas, accordez-leur de croître
avec Jésus, et par lui de ressus
citer. Ainsi soit-il.
Ha;e jam est oblatio ,
Cujus omnes pretio
Deo restituimur.
Jam non nobis dediti;
Tibi, Deus, subditi,
Yivimus et morimur.
Nunc dimitte famulos ;
Nil tenet hic oculos :
Da te palam cernere.
Si jubes hic vivere ,
Da cum Jesu crescere ,
Da per hune resurgerc.
Amen.
Après la Septuagésime , au lieu de VAltcluia et de la Prose,
on dit le trait suivant.
92
CULTE DE MARIE.
Rome.
C'est maintenant , Seigneur,
Nunc dimittis servum
que vous laisserez aller en paix tuum, Domine, secundum
votre serviteur, selon votre pa verbum tuum, in pace, quia
role, parce que mes yeux ont vu viderunt oculi mei salutare
le Seigneur que vous avez en tuum, quod parasti anto favoyé, que vous avez destiné à ciem omnium populorum,
être exposé aux regards de tous lumen ad rcvelationem genles peuples, pour être la lumière tium, et gloriam plebis tusc
qui éclairera les nations et la Israel. Gloria, ete.
gloire de votre peuple d'Israël.
Gloire, ete.
Paris.
Vous avez refusé les victimes
et les offrandes; vous m'avez
formé des oreilles dociles, vous
n'avez demandé pour le péché
ni holocauste ni sacrifice : alors
j'ai dit: Me voici, je viens;
c'est de moi qu'il a été écrit à
la tête du livre que j'accompli
rai votre volonte ; je l'ai voulu,
mon Dieu, et votre loi est écrite
dans le fond de mon cœur.
Sacrificium et oblationcm
noluisti, aures autem perfecisti mihi , holocaustiim
et pro peccato non postulasti; tune dixi: Eccc venio.
In capite libri scriptum est
de me, ut facerem voluntatem tuam : Deus meus, volui, et legem tuam in medio cordis mei.
ÉVANGILE.
Suite du saint Evangile selon saint Luc. (Chap. 1.)
En ce temps-là, le temps où
Marie devait se purilier, se
lon la loi de Moïse, étant ac
compli, ils portèrent l'enfant à
Jérusalem, pour le présenter
au Seigneur, suivant ce qui est
écrit dans la loi du Seigneur:
Tout mâle premier-né sera con
sacré au Seigneur ; et pour of
frir en sacnfice, comme l'or
donne la loi du Seigneur, deux
tourterelles ou deux petits de
colombe. Il y avait alors à Jé
rusalem un nomme appelé Siméon. C'était un homme juste
et craignant Dieu, qui atten-
In illo temporc : postquam impleti sunt dies purgationis Mariœ , secundum
legem Moysi, tulerunt Jesum in Jerusalem, ut sisterent eum Domino, sicut
scriptum est in lege Domini : quia ouine masculinum
adaperiens vulvam, Sanctum Domino vocabitur: et,
ut (lurent hostiam, secun
dum quod dictum est in
lege Domini, per turturum,
aut duos pullos columbarum. Et ecce homo crat in
Jerusalem, cui nomen crat
IA PURIFICATION.
93
Simeon, homo iste justus et dait la consolation d'Israël, et
timoratus, exspectans con- le Saint-Esprit était en lui. Il
solationem Israel, et Spiri- lui avait été révélé par le Sainttus saiictus erat in co. Et Esprit qu'il ne mourrait pas
responsum acceperat à Spi- sans avoir vu auparavant le
ritu sancto, non visurum se Christ du Seigneur. Il vint donc
mortem nisi prius videret au temple par un mouvement
Christum Domini. Et venit de l'Esprit, et lorsque le père et
in Spiritu in templum. Et la mère de l'enfant Jésus l'y
cum inducerent puerum Je- apportaient, afin de faire pour
sum parentes ejus, ut face- lui ce qui etait en usage selon
rent secundum consuctudi- la loi, il le prit dans ses bras, et
nem legis pro co ; et ipso bénit Dieu , en disant : C'est
accepit eum in ulnas suas, maintenant, Seigneur, que vous
et benedixit Deum, et dixit: laisserez mourir en pan votro
Nunc dimittis servum tuum, serviteur, selon votre parole;
Domine, secundum verbum puisque mes yeux ont vu le
tuum, in pace: quia vide- Sauveur que vous nous donnez,
runt oculi mei salutare et que vous destinez pour être
tuum : quod parasti ante fa- exposé à la vue de tous les peu
ciem omnium populorum ; ples, pour être la lumière qui
lumen ad revelationem gen- éclairera les nations et la gloire
tium, et gloriam plebis tua; d'Israël votre peuple.
Israel.
OFFERTOIRE.
Rome.
Diffusa est gratia in labiis
La grâce est répandue sur vos
tuis : propterca benedixit lèvres, parce que le Seigneur
te Deus in œternum, et in vous a béni pour l'éternité et
sœculum sœculi.
dans les siècles des siècles.
Paris.
Ils portèrent Jésus à Jérusa
Tulerunt Jesum in Jeru
salem, ut sisterent eum Do lem pour le présenter au Sei
mino, et ut darent hostiam gneur, et lui offrir l'hostie pre
secundum quod dictum est scrite dans la loi du Seigneur. _,
in lege Domini.
SECRÈTE.
Remotis obumbrationibus
carnalium victimarum, spiritualem tibi, summe Pa
ter, hostiam supplici virtute
deferimus, quœ miro ineffabiliquc mysterio, et im»
Les victimes charnelles et fi
guratives ayant été abolies, nous
vous offrons, avec une profonde
humilité, Père tout-puissant,
cette hostie spirituelle, qui, par
un mystère ineffable, est immo-
CULTE SE
94
lée sans cesse, et demeure tou
jours la même, cette hostie,
qui est en même temps le pré
sent de ceux qui l'offrent avec
piété, et la récompense que
donne celui à qui elle est of
ferte. Par le même, ete.
MARIE.
molatur semper, et eadem
semper offertur, pariterque
et devotorum munus et remunerantis est prœmium;
per eumdem.
PREFACE.
Il est véritablement juste et
raisonnable, il est équitable et
salutaire de vous rendre grâces
en tout temps et en tout lieu,
Seigneur très-saint, Père toutpuissant, Dieu éternel, de ce
que par le mystère de l'Incar
nation du Verbe, un nouvel
éclat de votre gloire a paru aux
yeux de notre âme; afin que,
tandis que Dieu se montre visi
blement â nous, nous soyons
attirés par lui a l'amour des
choses invisibles. C'est pour
quoi nous nous unissons aux
Anges et aux Archanges, aux
Trônes et aux Dominations, et
à toute l'armée céleste, pour
chanter un cantique à votre
gloire en disant sans cesse :
Saint, ete.
Vere dignum et justum
est, œquum et salutare, nos
tibi semper et ubique gratias agere, Domine sancte,
Pater omnipotens , œterne
Deus, quia per Incarnat!
Verbi mysterium nova men
tis nostra; oculis lux tua;
claritatis infulsit, ut, dum
visibiliter Deum cognoscimus, per hune invisibilium
amorem rapiamur. Et ideo
cum Angelis et Archangelis,
cum Thronis et Dominationibus, cumque omni militia
cœlestis exercitus, hymnum
gloriœ tuiK canimus, sine
fine dicentes :
Sanctus, ete.
COMMUNION.
Home.
Le Saint-Esprit a révélé à
Responsum accepit SiSiméon qu'il ne mourrait point meon a Spiritu sancto , non
sans avoir vu le Christ du Sei- visurum se mortem nisi vigneur.
deret Christum Dominum.
Paris.
Siméon prit l'enfant Jésus
entre ses bras, et bénit Dieu, et
dit : C'est maintenant , Seigneur, que vous laisserez mourir en paix votre serviteur, seIon votre parole, puisque mes
Accepit Simeon puerum
Jesum in ulnas suas, et bcnedixit Deum , et dixit :
Nunc dimittis servum tuurn,
Domine, secundum verbum
tuuiu, in pace, quia vide
runt oculi
tuuin.
mei
95
LA PURIFICATION.
salutare yeux ont vu lo Sauveur que
vous nous donnez.
POSTCOMMUNION.
Seigneur, qui avez rempli
l'attente du juste Siméon, con
sommez en nous les dons de vo
tre grâce; afin que, comme il
a mérité de voir Jésus-Christ
avant de mourir, nous méri
tions la vie éternelle, en mou
rant dans les embrassements
du Seigneur ; par le même
Notre-Scigncur Jésus-Christ.
Perfice in nobis, quœsuniiis , Domine , per hœc
sancta quœ sumpsimus, gratiam tuam, qui justi Simeonis exspectationem implesti : ut sicut ille mortem
non vidit, priusquam Christum Dominum videre mereretur, ita et nos in amplexu Domini morientes ,
vitam obtincamus a;teruam ;
per eumdem, ete.
VÊPRES.
Rome.
Antiennes des Vêpres de l'Office de la sainte Vierge,
pour le temps de Noël.
A Magnificat, Ant.
C'est à ce jour que la bien
heureuse vierge Marie a pré
senté l'enfant Jésus au Temple,
et Siméon rempli du Saint-Esprit
l'a pris en ses mains, et a béni
Dieu pour toute l'éternité.
Hodie beata Virgo Maria
puerum Jesum prœsentavit
in templo , et Simeon repletus Spiritu sancto accepit
eum in ulnas suas , et benedixit Deum in œternum.
Paris.
Ant. 1. Toute la plénitude de
la divinité habite en Jésus-Christ
corporellement.
2. Nous avons tous reçu de sa
plénitude , et grâce pour grâce.
Ant. 1. In Christo Jesu
inhabitat omnis plenitudo
divinitatis corporaliter.
2. Deplenitudineejusnos
omnes accepimus, et gratiam pro gratia.
3. Lex per Moysen data
est ; gratia et veritas per Je
sum Chris lum facta est.
3. La loi a été donnée par
Moïse ; mais la grâce et la vé
rité est venue par Jésus-Christ.
96
CULTE DE MAME.
4. Jésus-Christ est la fin de
la loi , pour justifier tous ceux
qui croiront en lui : tous ceux
qui croient en lui ne seront
point confondus.
5. La loi a été un maître qui
nous a conduits comme des en
fants à Jésus-Christ, afin que
nous fussions justifiés par la loi.
4. Finis legis Christus ad
justitiam omni credenti :
omnis qui credit in illum ,
non confundelur.
5. Lex pœdagogus noster
fuit inChristo, ut ex fide
justificemur.
Peuples , soyez dans l'étonneStupete, gentes ! Fit Dcus
ment : Dieu lui-même se fait
hostia :
victime : le législateur se soumet Se sponte legi legifcr obligat:
volontairement à la loi; le Ré Obis Redemptor nunc redempteur du monde est aujour
demptus ,
d'hm racheté, et une mère sans Seque piat sine labe mater.
souillure vient se purifier.
Comme toutes les mères, la
De more matrum Virgo
Vierge qui a enfanté s'est, pen
puerpera ,
dant les jours prescrits , inter Templo statutos abstinuit
dit l'entrée du temple ; pourquoi
dies :
craignez-vous d'entrer dans le Intrare sanctum quid pavelieu saint, vous qui aviez été laite
bas,
le premier temple de Dieu?
Facta Dei prius ipsa lemplumï
Sur un autel unique est sacri
Ara sub una se vovet hos
fiée une triple hostie ; une vierge
tia
présidant au sacrifice, immole Triplex : honorem virgisa gloire virginale ; un tendre
neum immolat
enfant, ses membres délicats; Virgo sacerdos, parva mollis
un vieillard, sa vie.
Membra puer, seniorque vitam.
Hélas ! que de glaives trans
Eheu ! quot enses transaperceront votre cœur! O Vierge,
digent tuum
a quelles extrêmes douleurs vous Pectus ! quot altisnala doloêtes réservée ! Cet Agneau sacré
ribus ,
que vous portez à l'autel l'inon O Virgo, quem gestas, cruentam
dera de son sang.
Imbuet hic sacer Agnus
aram.
Christus futuro, corpus
Jésus à peine né , victime in
uilhuc tener,
nocente , prélude au trépas qui
L ASSOMPTION.
Prœludit Insons victlma funeri :
Crescet, profuso vir cruoro
Omne scelus moriens expiabit.
Ameu.
07
l'attend parvenn a l'âgo -viril ;
c'est dans les flots de son sang
et par sa mort qu'il expiera tous
les crimes.
Ainsi soit-il.
A Magnificat, Ant.
Sanctificati per oblationem corpus Jesu-Cbristi,
accedamus , et ipsi domus
spiritualis,
sacerdolium
sanctum, olîerrc spirituales
hostias, acceptabiles Deo
per Jesum Cbristum.
Nous qui avons été sanctifies
par l'oblation du corps de JésusChrist, approchons-nous de lui ,
et soyons posés sur lui pour
former un édifice spirituel, et
un ordre de saints prêtres, afin
d'offrir à Dieu des sacrifices spi
rituels, qui lui soient agréables
par Jésus-Christ.
L'ASSOMPTION.
(15 août.)
Quelle est celle qui s'élève du désert, remplie
de délices, et appuyée sur son bien-aimé ?
(Cant., vin, 5.)
Quœ est ista qua; ascendit de deserto, deliciis
affluons , innixa super dileetum suum i
Lorsque la sainte Mère de Dieu rendit le dernier
soupir, sur la terre, cette mort fut considérée, sui
vant les expressions de ce temps-là , comme une dorrnition, un sommeil, une déposition, un repos. Ces qua
lifications naïves furent empruntées à la croyance ré
pandue parmi les premiers chrétiens que la sainteVierge
C
98
CULTE DE MARIE.
s'était doucement endormie dans la tombe , plutôt
qu'elle n'avait cessé de vivre. Le nom d'Assomption ,
qui signifie littéralement l'action d'assumer, d'enlever ,
d'attirer en haut , vint plus tard réunir les éléments de
la même croyance , et permettre aux fidèles serviteurs
de Marie de tenir pour certain que son corps même ,
ravi à la terre dans le sein de laquelle il avait été dé
posé , avait été réellement transporté au Ciel. — Saint
Jérôme examinant la question de savoir si Marie fut
enlevée, en corps et en âme, ou si son corps ne
quitta point la terre, répond avec une simplicité
pleine de prudence et qui devrait souvent se re
trouver sur nos lèvres : « Dieu le sait; moi, je l'i« gnore. » Malgré cette incertitude, une pieuse tradi
tion a persuadé à quelques-uns des successeurs de ce
savant Père de l'Église , que l'Assomption avait été
complète , bien que l'âme eût d'abord été rappelée à
Dieu et le corps enseveli. Nous regrettons de ne pou
voir reproduire ici, à cause de son étendue, l'histoire
des imposantes funérailles décrites à ce sujet par Euthymius : il;y retrace avec les détails les plus saisis
sants d'émotion , ce qui se passa lorsque la sainte
Vierge, qui était morte non à Jérusalem, mais à Éphèse,
fut, suivant l'opinion commune, ensevelie par les Apô
tres à Gethsémani , village au pied de la montagne des
Oliviers, d'où la vallée de Josaphat s'étend jusqu'à
Jérusalem.
Marie termina sa carrière mortelle dans la demeure
obscure de Jean, le disciple que Jésus aimait, et le seul
des apôtres qui l'eût accompagné avec elle jusqu'à la
croix. Elle était, comme nous l'avons expliqué déjà,
dans sa soixantième ou sa soixante-treizième année.
l'assomption.
99
Quel que fût précisément son âge, dans un événement
d'une si haute importance la date rigoureuse est d'un
médiocre intérêt, et l'esprit du Chrétien doit être
préoccupé de plus sérieuses méditations... Pour nous ,
en réfléchissant quelquefois sur les liens intimes qui
unirent le Fils à la Mère et sur les circonstances de leur
mort, nous avons toujours éprouvé les plus douces émo
tions de tristesse et d'espérance. A l'heure suprême où le
Sauveur du monde , parti de la crèche de Bethléem et
arrivé à la croix du Golgotha, entendit le criminel qui
s'écriait : « Seigneur, souvenez-vous de moi, quand vous
« serez dans votre royaume , l'homme-Dicu lui répon« dit : Je vous le dis, en vérité, aujourd'hui même
a vous serez avec moi dans le Paradis. » Ah! que notre
confiance redouble, à ce souvenir! Supplions aussi
Marie do nous venir en aide à son tour; que notre
âme s'attache à son âme , et du pied de cette Croix
qui la vit autrefois si désolée , tâchons de faire mon
ter les accents du repentir jusqu'au trône de gloire et
de béatitude, où , par le triomphe de l'Assomption , ré
side éternellement la Reine de tous les Saints. Alors,
sans nul doute, de ses lèvres jusqu'à nos cœurs viendra
résonner l'écho de ces paroles si précieuses à tout pé
cheur : « Vous serez avec moi dans le Paradis!... »
L'Assomption est la plus solennelle des fêtes que
l'Église célèbre en l'honneur de la sainte Vierge. L'in
stitution n'en remonte cependant pas, comme quelques
auteurs l'ont prétendu , au concile d'Éphese, tenu en
l'année 420 ; elle n'est pas non plus l'œuvre du pape
Célestin , ainsi que d'autres l'ont avancé. Ce n'est
guère qu'au sixième siècle que l'on commença à dis
tinguer la fête de l'Assomption des diverses solennités
100
CULTE DE MARIE.
pratiquées jusqu'alors en l'honneur de la sainte Vierge.
A cette époque , sous l'empereur Maurice , elle fut fixée
au quinzième jour du mois d'août, par un édit spécial.
Plus tard , Charlemagne en fit mention dans ses Capitulaires, et son fils, Louis-le-Pieux , en recommanda
la célébration aux Pères du concile d'Aix-la-Chapelle.
Cette fête était donc , depuis un temps plus ou moins
long , établie dans un grand nombre d'églises , lorsque
le pape Léon IV, qui mourut en 855 , institua l'Octave
de l'Assomption : et depuis , elle n'a pas cessé d'être
observée avec une grande ferveur dans tous les pays ca
tholiques.
La messe de l'Assomption et les prières ou chants
particuliers de cette fête et de son octave , se trouvent
dans tous les livres d'heures. Les hymnes qui leur sont
propres , dans l'usage de Rome et dans celui de Paris ,
auront une place dans cet ouvrage sous leur titre spécial.
Parmi les exemples de grâces obtenues par les invo
cations adressées à Marie en un jour si solennel, il en
est deux surtout , bien propres à frapper même les in
crédules.
Le premier est ainsi rapporté dans plusieurs ouvra
ges : Saint Stanislas Kostka avait pris, dès l'âge le plus
tendre, la sainte Vierge pour mère; il ne se lassait
point de l'invoquer et de parler d'elle , et il avait
presque toujours entre les mains ou son image ou le
chapelet, ou quelque livre composé en son honneur.
11 l'avait souvent priée de lui obtenir la grâce de mou
rir le jour de sa glorieuse Assomption. 11 lui avait
même écrit pour cela , avec une admirable candeur,
une lettre qu'il porta sur son cœur, en allant à la
sainte communion : il fut exaucé. Étant tombé ma
l'assomptioît.
101
lade le même jour, il entra dans l'agonie le matin
de la fête de l'Assomption , et, tenant encore en ses
mains les gages de sa dévotion, il mourut ainsi, déjà
grand saint, avant l'âge de dix-neuf ans.
Le second fait occupe une place authentique dans
les pages de notre histoire , et recevra de plus amples
explications dans une autre partie de cet ouvrage.
Bornons-nous à rappeler ici que Louis Xlll, par son
édit du 10 février 1038, avait mis sa personne et son
royaume sous la protection de la sainte Vierge, et
qu'en même temps il avait ordonné qu'il fût fait tous
les ans , le l rô août , une procession à Notre-Dame de
Paris. 11 déclara alors , en termes formels, que ce dou
ble hommage lui avait été inspiré par sa confiance en
Marie, à qui il avait demandé deux choses : l'une, que
par sa puissante intercession le trône eût enfin un
héritier, et l'autre, « que le royaume de France ne
« sortit jamais des voies de la grâce, qui conduisent à
« celles de la gloire. » Or, il arriva que sept mois
après , le 5 septembre de la même année , naquit
Louis XIV! — A son tour, Louis-le-Grand prescrivit,
le 31 août 1082, que la procession instituée pour Paris
seulement , par son prédécesseur, eût lieu, à l'avenir,
dans toutes lés provinces ; et c'est ce qui fut observé
sous Louis XV, Louis XVI, Louis XV1I1 et Charles X. La
Révolution de 1830 supprima cette imposante solennité,
que toutefois le peuple parut regretter.
ÉLÉVATION.
« Aujourd'hui, s'écrie saint Bernard dans ses Ilo
te mélies sur l'Assomption , aujourd'hui la glorieuse
6.
102
CULTE DE MARIE.
« Vierge , montant au ciel, ajoute une joie infinie à la
« joie de ses habitants!
Quelle a dû être l'allégresse
« des esprits bienheureux , lorsqu'ils ont pu entendre
« sa voix, voir son visage , jouir de sa présence!
« Mais , tandis que là-haut doit retentir l'hymne d'ac« tions de grâces et de louanges , notre terre qui a
« perdu Marie, ne devrait-elle pas s'attrister de toute
« la félicité de ceux qui vont la posséder auprès d'eux?
« Cessons de nous plaindre toutefois ; car, pour nous ,
« non plus , la *cite d'ici-bas n'est point une demeure
« permanente et nous aspirons tous à l'autre cité où
« notre Mère est parvenue. Si nous sommes inscrits
« parmi ses concitoyens , nous devons , même dans
« l'exil , sur les bords des fleuves de Babylone , nous
a rappeler sa mémoire, communier à ses joies, parti« ciper au torrent de délices qui l'enivrent en ce jour,
« avec une abondance telle qu'il en descend jusqu'à
« nous comme des gouttes précieuses. Notre Reine
« nous a précédés ; sa réception a été si glorieuse que
« ses serviteurs peuvent la suivre avec confiance, en
« s'écriant : Attirez-nous à vous, nous courrons à Vo~
« deurdevos parfums...
« Mais qui pourra concevoir avec quelle pompe s'est
« avancée la Reine du monde , avec quelle pieuse affec« tion la multitude des légions célestes est venue à sa
« rencontre, avec quels cantiques Elle a été conduite au
« trône de la royauté , avec quelle bienveillance, quelle
« sérénité de visage , quels embrassements Elle a été
« accueillie par le Fils , et comment Elle a été exaltée
« sur les créatures avec l'honneur qui convenait à une
« telle Mère, et l'éclat qui convenait à un tel Fils !...
« Qui pourra jamais retracer dignement la naissance
L ASSOMPTION.
«
«
«
«
«c
«
«
«
«
«
«
«
103
du Christ et l'Assomption de Marie? Plus les grâces
dont Elle avait été comblée sur la terre étaient abondantes, plus sa grandeur au Ciel est privilégiée! Si
l'oeil n'a pas vu, si l'oreille n'a pas entendu , s'il n'est
pas permis à l'esprit de l'homme de comprendre ce
que Dieu a préparc pour ceux qui l'adorent, qui fera
connaître ce qu'il a destiné à sa Mère qui l'aima plus
que tous les enfants des hommes ! Vraiment heureuse , mille fois heureuse est Marie , et lorsqu'elle
reçoit le Sauveur et lorsque le Sauveur la reçoit !
Partout admirable dignité de la Mère ; partout admirable condescendance de la majesté suprême ! »
PROPRE DE LA MESSE DE L'ASSOMPTION.
INTROiT.
Rome.
Gaudeamu omnes in Do
Réjouissons-nous tous dans le
mino, diem festum cele Seigneur, en célébrant ce jour
brantes sub honore beatœ de fête en l'honneur de la bien
Maria Virginis, de cujus heureuse Vierge Marie. Les an
assumptione gaudent angeli ges se réjouissent de son aset collaudant Filium Dei. somption, et ils louent ensemble
Ps. Eructavit cor meum le Fils de Dieu. Ps. Mon cœur
verbum bonum; dico ego ne peut plus contenir la parole
opera mea regi. Gloria. heureuse ; c'est au roi que j'a
Gaudeamus.
dresse mes chants. Gloire.
Paris.
Astitit regina a dextris
La reine s'est placée à votre
tuis, Deus, in vestitis de droite , ô Dieu , revêtue d'une
aurato, circum data varieta- robe d'or où brille une merveil
te ; afferentur tibi virgines leuse variété. A sa suite paraî
post eam in Uetitia et exul- tront une multitude de vierges
tatione. Ps. Eructavit cor pleines de joie et d'allégresse.
meum verbum bonum ; dico Ps, Mon cœur ne peut plns con-
101
CULTE DE MARIE.
tenir la parole heureuse; c'est ego opera mea regi. Gloau roi que j'adresse mes chants. ria. Gaudeamus.
Gloire.
COLLECTE.
Rome.
Daignez, Seigneur, pardon
Famulorum tuorum, qiinener les fautes de vos serviteurs, sumus , Domine , dehetis
afin que si nous ne pouvons ignosce; ut qui tibi plavous plaire par nos propres ac ccre de actihus nostris non
tions, nous soyons du moins valemus , Genitricis Filii
sauvés par l'intercession de la tui Domini nostri intercesMère de votre Fils , notre Sei sionc salvemus. Qui tecum
gneur, qui vit et qui règne, ete. vivit et regnat.
Paris.
Faites, Seigneur, que nous re
Veneranda nobis, Domi
cevions une assistance salutaire ne, hujus diei festivitas opem
de la vénérable solennité de ce conferat salutarem , in qua
jour auquel la sainte Vierge, sancta Dei Genitrix mortem
Mère de Dieu, a souffert la subiit temporalem , nec
mort temporelle, sans que la tamen mortis nexibus demort ait pu retenir dans ses primi potuit : quœ Flium
liens celle qui a enfanté dans tuum Dominum nostrum Jeune chair formée d'elfe Notre- sum Christum de se genuit
Seigneur Jésus-Christ.
incarnatum.
Él'ÎTHE.
Rome.
Lecture du livre de l'Ecclésiastique. (Chap. 14.)
Parmi toutes ces choses, j'ai
... In omnibus requiem
cherché un lieu de repos , et je quœsivi, et in ha;reditate
me suis choisi une demeure Domini morabor. Tune
dans l'héritage du Seigneur. prœcepit et dixit mihi Crea
Alors le créateur de l'univers tor omnium : et qui cream'a fait connaître sa volonté. vit me requievit in taberCelui qui m'a créée a reposé naculo meo , et dixit mihi :
dans un tabernacle, et il m'a In Jacob inhabita, et in
dit : Habitez dans Jacob, éten Israel hœreditare , et in
dez vos racines dans l'héritage electis mois mitte radices.
d'Israël au milieu de mes élus. Et sic in Sion lirmata sunt;
Et j'ai été ainsi affermie en Sion. et in civitate sanctificata siEt j'ai trouvé mon repos dans la militer requievi, et in Jeru
cité sainte , et ma puissance est salem potestas mea. Et ra
L ASSOMPTION.
ior»
dicavi in populo honorificato, et in parte Dei mei
hœreditas illius, et in plenitudinc sanctorum detentio mca. Quare cedrus exaltata simi in Libano , et
quarc cypressus in monte
Sion ; quasi palma exaltata
sunt in Cades, et quasi plantatio rosœ in Jericho. Quare
oliva spcciosa in campis, et
quasi platanus exaltata sum
juxta aquam in plateis. Sicut
cinnamomum et balsamum
aromatizans , odorem dedi ;
quasi myrrha clecta dedi
suavitatemodoris.
établie dans Jérusalem. Et j'a
pris racine dans le peuple que
le Seigneur a honoré, dont l'hé
ritage est la part de mon Dieu ;
et j'ai flxé ma demeure dans
l'assemblée de tous les saints. Je
me suis élevée comme les cèdres
du Liban et comme les cyprès
de la montagne de Sion. J'ai
poussé mes branches en haut
comme les palmiers de Cades et
les plants de rosiers d« Jéricho.
J'ai grandi comme un bel olivier
dans la campagne et comme le
platane planté sur un chemin
au bord des eaux. J'ai répandu
la douce odeur du cinnamomo
et du baume le plus précieux ,
et une odeur agréable comme celle de la myrrhe la plus ex
cellente.
Paris.
Lecture du livre de l'Apocalypse. (Chap. 11 et 12.)
...Et apertum est templum Dei in cœlo : et visa
est arca testamenti ejus in
templo ejus, et facta sunt
fulgura et voces, et terra;
motus et grandi) magna.
Et signum magnum npparuit in cœlo , mulier aurata sole, et hma sub ejus
pedibus, et in capite ejus
corona stellarum duode-
En ce jour-là le temple de
Dieu fut ouvert dans le ciel , et
l'arche de son alliance apparut
dans son temple , et il se lit des
éclairs, des voix, un tremble
ment de terre et une grêle trèsforte. 11 parut aussi dans le ciel
un grand prodige, une femmé
revêtue du soleil, ayant la lune
sous ses pieds , et portant sur sa
tête une couronne de douze
étoiles.
GRADUEL.
Home.
Propter veritatem , et
mansuctudinem, et justitiam
deducet te mirabiliter dextera tua. „v Audi, lilia, et
vide, et inclina aurem tuam,
quia concupivit rex speciem
tuam. Alléluia, alleluia. jv
A cause de votre vérité, de
votre douceur, de votre justice
(régnez) ; votre droite vous con
duira de merveille en merveille.
Ecoutez, ma fille , voyez et
prêtez une oreille attentive,
car le roi s'est épris de votre
CULTE I)E MARIE.
i06
beanté. Louez Dieu, louez Dieu. Assumpta est Maria in cœji Mario a été portée dans le lum; gaudet exercitus anciel; le chœur des anges est gclorum. Alleluia.
dans l'allégresse. Louez Dieu.
Paris.
Voici que mon bien-aimé
m'appelle. Levez-vous , hâtezvous , ma bien-aimée , ma co
lombe, vous qui êtes toute belle,
venez. j> Venez du Liban , mon
épouse , venez , vous serez cou
ronnée. Louez Dieu, louez Dieu.
& Le roi a posé sur son front la
couronne royale. Louez Dieu.
En dilectus meus loquitur mihi : Surge , propera ,
amica mca* columba mea ,
formosa mea, et veni. jt
Veni de Libano, sponsa
mca , veni , coronaberis.
Alleluia, alleluia. i Posuit
rex diadema regni in capite
ejus. Alleluia.
PHOSE.
Qu'ils se revêtent de justice ,
qu'ils se livrent à l'allégresse,
les ministres du Très-Haut.
Induant justitiam ,
Prœdicent betitiam ,
Qui ministrant Numini.
It in suam requiem ,
L'arche vivante du Seigneur
entre dans son repos , elle appa Infert cœlo faciem
Arca viva Domini.
raît aux lieux.
Christum cum hue venerot
Lorsque le Christ descendit
sur la terre, c'est dans le sein Quo Mater susceperat ,
de Marie qu'il voulut habiter : il Non est venter purior.
u'en était point de plus pur.
In quo dum hinc revocat,
Au jour où il la rappelle à lui,
il la fait asseoir sur un trône : Matrem Christus collocat,
c'est le plus élevé dans les cieux. Thronus non est celsior.
Quœ te , Christe , genuit ,
Celle qui vous a enfanté, ô
Jésus, celle dont le sein vous Qure lactentem aluit ,
allaita , nous l'appelons aujour Nu ne beatam dicimus.
d'hui bienheureuse.
Mais c'est surtout à cause de
1 1110 , quod crediderit ,
sa foi et de son humilité que nous Quodsibi viluerit,
la reconnaissons bienheureuse. Hinc beatam novimus.
O Vierge bénie entre toutes
O prœ mulieribus ,
les femmes , bénie par-dessus Quin et prne cœlitibus
tous les anges !
Benedicta lilia!
L'ASSOMPTION.
107
Hauris unde plenior,
Hoc e fonte crebrior
Stillet in nos gratia.
De cette source où vous pui
sez et qui vous remplit sans ces
se , que sans cesse la grâce dis
tille dans nos âmes.
Ad Deum ut adeant ,
Per te vota transeant :
Non fas malraii rejici.
Que par vous passent nos vœux,
aûn qu'ils arrivent jusqu'à Dieu :
une mère peut-elle essuyer un
refus ?
Amet tuam Galliam ;
Regi det justitiam ,
Plebi pacem supplici.
Qu'il aime la France qui vous
est consacrée ; qu'il donne au
roi la justice , la paix au peuple
qui l'implore.
Ainsi soit-il.
Amen.
EVANGILE.
Suite du saint Evangile
In illo tompore , Jesus intravit in quodrlam castcllom ; et mulicr qux-dum ,
Martha nomine, excepit illum in domum suam ; et
huic erat soror nomine Ma
ria, quœ etiam sedens secus pedes Domini, audiebat verbum illius; Martha
autem satagebat circa frequens ministerium ; quœ
stetit , et ait : Domine , non
est tibi curœ quod soror
mea reliquit me solam ministrare ? Die ergo illi ut me
adjuvet. Et respondens dixit
illi Dominus : Martha, Mar
tha , sollicita es , et turbaris
erga plurima. Porro unum
est necessarium , Maria optimam partem clegit , quœ
non aui'eretur ab ea.
selon saint Luc. (Chap. 10.)
En ce temps -là Jésus entra
dans un bourg, et une femme
nommée Marthe le reçut dans
sa maison. Elle avait une sœur
nommée Marie, qui, se tenant
assise au pied du Seigneur, écou
tait sa parole; mais Marthe
était fort occupée à préparer
ce qu'il fallait , et s'arrètant ,
elle dit : Seigneur, ne considé
rez-vous point que ma sœur me
laisse servir toute seule? diteslui donc qu'elle m'aide. Mais le
Seigneur lui répondit : Marthe ,
Marthe , vous vous empressez et
vousvous troublez dans le soin de
beaucoup de choses ; cependant
une seule chose est nécessaire ,
Marie a choisie la meilleure
part, qui ne lui sera point ùtéc.
OFFERTOIRE.
Rome.
Assnmpla est Maria in
Marie a été enlevée au
ccelum ; gaudent angeli , ciel. Les anges , pleins de joie ,
108
CULTE DE MARIE.
louent et bénissent le Sei- laudantes benedicunt Domigneur.
mim.
Paris.
Tous le* siècles m'appelleront
Beatam mc dicent omnes
bienheureuse , parce qu'il a fait generationes, quia fecit mihi
en moi de grandes choses , lui magna qui potens est, et
qui est tout-puissant et de qui le sanctum nomen ejus.
nom est saint.
SECRÈTE.
Rome.
Seigneur, que la prière de la
Mère de Dieu soit en aide à votre
peuple : uliu que si, selon la
condition de la chair, nous sa
vons qu'elle a quitté cette vie ,
nous puissions éprouver les effets
de son intercession auprès de
vous dans la gloire céleste. Par le
même, etc.
Subveniat, Domine, plebi
tuse Dei Genitricis oratio :
quam etsi pro conditione
carnis migrasse cognoscimus, in cœleste gloria apud
te pro nobis intercedere sentiamus. Per cumdem Dominum nostrum Jesum Cbristum Filium Cuum.
Paris.
Quo les présents que nous
vous offrons, Seigneur, soient
rendus agréables à votre clé
mence par la prière de la Mère
de Dieu, de cette vierge sainte
qui, après être passée de cette
vie selon la condition de la
chair, a reçu de vous un inesti
mable don de gloire , et le pou
voir de nous secourir en inter
cédant pour nous. Par, etc.
Munera nostra, Domine,
apud tuam clementiam Dei
Genitricis rommendat ora
tio : quam de prresenti sav
culo pro conditione carnis
migrantem insestimabili glo
ria coronasti, et potenti intercessione apud te tribuis
subvenire. Per eumdem Dominum nostrum....
PREFACE.
Home et Paris.
Vcre dignum et justum
Il est véritablement juste et
raisonnable , il est équitable et est, œquum et salutare, nos
salutaire de vous rendre grâces tibi semper et u bique gratias
en tout temps, en tout lieu, ô ngere, Domine, sancte Pater,
Seigneur, Dieu tout-puissant et omnipotens, sterne Deus;
éternel, et de vous louer, de et te in
(assumptionc)
vous bénir et de vous glorifier beatœ Marise semper Virgi
I. ASSOMPTION.
109
nis, oollaudare, henediccre,
et prïedicare, qua; et Unigenitum tiiiim, sancti Spù'itus
obumbrattonc concepit, et
virginitatis gloria perma
nente, lumen a^ternum
mundo eifudit Jesum Christum Dominum nostrum. Per
quem majestatem tuam laudant angeli, adorant dominationes, tremunt potestates, crcli , cœlorumque virtutes , ac beata seraphim ,
socia exultationc concele
brant, cum quibus et nostras
voces , ut admitti jubeas deprecamur supplici confessione dicentes : Sanctus, ete.
en honorant... (l'assomption) do
la bienheureuse Marie, toujours
vierge, qui, après avoir conçu
votre Fils unique par l'opéra
tion du Saint-Esprit, a mis au
monde , en conservant toujours
sa virginité pure et sans tache ,
la lumière éternelle, JésusChrist Notre-Seigneur. C'est par
Jésus-Christ Notre-Seigneur que
les anges louent votre majesté ,
que les dominations l'adorent ,
que les puissances la craignent
et la révèrent , que les cieux et
les vertus des cieux et les bien
heureux séraphins célèbrent
tous ensemble votre gloire avec
des transports de joie. Nous vous
prions de permettre que nous
unissions nos voix à colles de ces esprits bienheureux pour
chanter avec eux humblement : Saint ete.
./-
COMMUNION.
Rome.
Oplimam partem elegit
Marie a choisi la meilleure
sibi Maria, quœ non aufere- part , et elle ne lui sera jamais
Inr ab ea in ïeternum.
enlevée.
Bonedicta es tu, Filia , a
Domino Deo excelso, prœ
omnibus mulieribus super
terram ; quia hodie nomen
tuum magnificavit , ut non
recedat laus tua de ore ho-
Paris.
Vous êtes bénie, ô Vierge,
par le Seigneur Dieu très-haut,
au-dessus de toutes les femmes ;
car il a aujourd'hui glorifié vo
tre nom , afin que vos louanges
soient toujours dans la bouche
des hommes.
POSTCOMMCNION.
Rome.
Mens» cœlestis participes
Admis à prendre place au
effecti imploramus clemen- banquet céleste, nous implo
tiam tuam, Domine, Deus rons votre clémence, ô Dieu,
noster; ut qui assumptio- Notre-Seigneur ; faites que dans
nem Dei Genitricis colimus, ce jour, ou nous célébrons l'as7
110
CULTE DE MARIE.
somption de la Mère de Dieu, a cunctis nialis imminenlinous puissions être, par son in bus, ejus intercessione litercession, délivrés de tous les beremur. Per eumdem Domaux qui nous menacent. Par minum nostrum.
le même , etc.
Paris.
O Dieu , qui donnez la gloire
Deus, glorificator humiaux humbles , et qui avez élevé lium , qui beatam Maau-dessus des anges la vierge riam semper virginem hoMarie , faites qu'après nous dierna die super angelos
être nourris dans cette solennité extulisti, da nobis cœlesti
du pain céleste , nous méritions pane in hac solennitate nuà notre tour d'être élevés, en tritis, ut ejus imitatione
suivant les exemples d'humilité nosmet ipsos in omnibus hu
qu'elle nous a donnés. Par Jésus- miliantes, a te ex altari moChrist Notre-Seigncur.
veatur. Per Nostrum Domimun Jesum Christ um.
VÊPRES.
Rome.
Ant. i. Marie a été élevée
Ant. 1. Assumpta est Ma
dans le ciel , les anges s'en ré ria in cœlum , gaudent anjouissent , ils en louent et bénis geli , laudantes benedicunt
sent le Seigneur.
Dominum.
2. Marie vierge a été élevée
2. Maria virgo assumpta
au palais du ciel, où le Roi des est ad a-thcreum thalamum,
rois est assis sur un trône semé in quo Rex regum stellato
d'étoiles.
sedet solio.
3. Nous courons après l'odeur
3. In odorem unguentode vos parfums ; les jeunes filles rum currimus : adolescenvous aiment avec passion.
tuLc dilexerunt te nimis.
4. Fille sainte, vous êtes bé
4. Benedicta tu, filia, a
nie du Seigneur, parce que nous Domino , quia per te frucavons reçu par vous le fruit de tum vite communicavimus.
la vie.
5. Vous êtes belle et majes
5. Pulehra es, et decora,
tueuse, fille de Jérusalem; vous filia Jerusalem ; terribilis Ut
êtes terrible comme une armée castrorum acies ordinata.
rangée en bataille.
L'ASSOMPTION.
111
A Magnificat, Ant.
Hodie Maria virgo cœlos
La sainte vierge Marie est
ascendit : gaudete quia cum montée aujourd'hui au ciel: réChristo regnat in seternum. jouissez-vous parce qu'eue règne
éternellement avec Jésus-Christ.
Paris.
Ant. 1. Prœcepit Rex iis
Ant. 1. Le Roi commanda à
qui in conspectu ejus minis- ses officiers de faire venir devant
trabant, ut introducerent lui la Reine, portant le diadème
Reginam coram se, posito sur sa tête.
super caput ejus diademate.
2. Surrexit Rex in occur2. Le Roi se leva et vint au
sum ejus : positusque est devant d'elle; et on mit un
thronus Matri Regis, quœ trône pour la Mère du Roi, qui
sedit ad dexleram ejus.
s'assit à sa main droite.
3. Habuit gratiam et mise8. Elle s'acquit dans le cœur
ricerdiam coram Rege super et dans l'esprit du Roi une con
omnes muliercs; fecitque sidération plus grande que tou
eam regnare.
tes les autres femmes; et il la fit
Reine.
4. Rex dedit Reginœ om4. Le Roi donna à la Reine
nia quœ voluit et petivit ab tout ce qu'elle désira, et ce
eo.
qu'elle lui demanda.
5. Benedixerunt eam om
5. Tous d'une voix la bénirent)
nes una voce, dicentes : Tu et lui dirent : Vous êtes la gloire
gloriam Jerusalem , tu ho- de Jérusalem , vous êtes 1 hon
norificentia populi nostri.
neur de votre peuple.
HYMNE.
O vossetherei, plaudite,
cives :
Hœc est illa dies clara triumpho,
Qua matrem placida morte
solutam
Natus siderca suscipit aula.
Quœ non, Virgo , tibi dona rependit !
Cœli divitias explicat om
nes :
Verbum vestieras carne; vicissim
Te Verbum proprio lumine
vestit.
Habitants des cieux , applau
dissez, voici le jour d'un triom
phe éclatant. La mort a douce
ment rompu les liens qui enchaî
nsient Marie, son Fils la reçoit
dans l'immortel séjour.
O Vierge, quels dons ne ré
pand-il pas sur vous ! et il dé
ploie devant vous toute la ri
chesse du ciel. Le Verbe que
vous aviez revêtu de la chair
vous revêt aujourd'hui de sa
propre lumière.
112
CULTE DE MARIE.
Le Dieu qui se cacha sons le
Qui velo lntuit carnis,
voile de la chair se dévoile ù vos
aperti
jeux, l'être divin vous rassasie Pleno te saliat numinis
de sa plénitude. Vous l'avez
haustu ;
nourri de votre lait virginal, il Et quem virginco lacte cidevient lui-même votre immor
basti ,
telle nourriture.
In jugem tibi dat se Dcusescam.
Oh ! quelle puissance vous est
O concessa tibi quanta
donnée ! que de grâces vous ré
potestas !
pandez sur la terre ! Votre trône Per te quanta venit gratia
élevé au-dessus de tous les bien
terris !
heureux, ne voit au-dessus de Cunctis cœlitibus celsior
lui que l'Éternel.
una,
Solo facta minor, Virgo, Te
nante.
Quœ Regina sedes proxiO Reine , assise a la droite de
inii Christo,
Jésus, de ce trône sublime exau
cez les vœux de ceux qui vous Alto de solio vota tuorum
implorent. Vous pouvez fléchir Audi ; namque potes flectere
votre Fils , ô Vierge Mère ! vous
Natum ,
nous aimez aussi, nous qui som Virgo Mater : amas nos quomes vos enfants.
que natos.
Divinœ soboli, qui dare maGloire au Père qui a voulu
donner ici-bas une Mère à son
trem
Fils unique ; gloire à ce Fils In terris voluit, gloria Patri :
d'une Vierge , gloire à l'Esprit Cujus Virgo parens, gloria
divin qui l'a rendue féconde.
Nato:
Quo fsecunda tibi gloria Flainen.
Ainsi soit-il.
Amen.
A Magnificat, Ant.
Respect Dcus humilitatem ancillœ sna- : ecce ex
hoc beatam me dicent omnes generationes ; quia fecit
mihi magna qui potens est.
Dieu a regardé la bassesse
de sa servante : car désor
mais tous les siècles m'appel
leront bienheureuse pour les
grandes choses que le Tout-Puis
sant a faites en ma faveur.
FÊTES DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE.
DEUXIEME SERIE.
Notre-Dame du Monl-Carmel ;
le Irès-sainl Nom de Marie ; Noire-Dame des Sept Douleurs ;
. la Fêle du Rosaire ;
le très-saint et immaculé Cœur de Marie ;
Notre-Dame des Anges ; Notre-Dame des Neiges ;
Notre-Dame de la Merci; Notre-Dame de la Pitié;
Fêtes des Fiançailles, de la Maternitè,
de rE\pcclation. »
Celte seconde série des l'êtes de la sainte Vierge
peut se diviser elle-même en deux classes; sa
voir : les l'êtes qui sont célébrées dans presque
toutes les Églises du royaume, surtout quand on
y observe le rit romain , et celles qui ne le sont
que dans un très-petit nombre de localités. Les
principales sont Notre-Dame du Mont-Carmel, la
fête du très-saint Nom de Marie , les Sept Dou
leurs de la sainte Vierge, la fêle du saint Ro
saire , celle du très-saint et immaculé Cœur de
Marie, etc. Pour toutes ces fêtes, indépendam
ment d'une indication d'origine, ou trouvera ici
le propre de lu messe de chacune d'elles. Il
il*
CULTE DE MARIE.
existe enfin des solennités en l'honneur de la
Mère de Dieu, telles que la Pureté de la sainte
Vierge, Notre-Dame des Agonisants et plusieurs
encore propres à certaines communautés reli
gieuses, ou à des chapelles dont on fête le titre
spécial; mais il aurait été impossible, ou du moins
trop long, de présenter une énumération com
plète de ces dévotions et de leur origine.
FETE DE NOTRE-DAME DD 10NT-CARMEL
OU DU SCAPULAIRE.
(16 juillet.)
Laissez-moi Marie, de peur que Marie
ne me laisse.
(Clément VIII.)
Oesiue Mariam, ne Maria me desinal.
On peut voir en cet ouvrage, au titre spécial des Con
fréries , ce qui est relatif à l'origine des solennités du
culte de Marie pour la dévotion du Carmel ou du Scapulaire. 11 n'y a donc à s'occuper ici que de la fête.
Une tradition qui repose sur le témoignage de Joseph
d'Antioche, auteur du deuxième siècle, et de Jean XL1V,
patriarche de Jérusalem , au quatrième , porterait à
croire que la première chapelle où le nom de Marie
NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL.
U5
commença d'être invoqué, aurait été fondée sur le
Mont-Carmel. Trois célèbres cardinaux de la congréga
tion des Rits, Bellarmin, Pinelli et de Torrès, ayant été
chargés de l'examen du point de savoir quels étaient les
droits des anciens religieux du Mont-Carmel au titre de
premiers enfants adoptifs de la sainte Vierge , les souve
rains Pontifes, s'appuyant sur un avis favorable, ont
introduit la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel dans
le Bréviaire romain. La célébration en a été fixée au
16 juillet, date de la lettre qu'écrivit d'Angleterre Si
mon Stock aux religieux de son ordre, pour leur faire
part de la vision dans laquelle il avait reçu de Marie le
don du Scapulaire. Aussi la même fête porte-t-elle plus
souvent le nom de fête de la Confrérie du Saint-Scapurlaire. Rien n'est plus touchant que cette cérémonie qui
réveille dans l'âme des Chrétiens le souvenir de la mon
tagne sainte où l'holocauste d'Élic fit éclater la gloire du
Dieu d'Israël ; celui du saint personnage qui plus tard
habita ces lieux, reçut la révélation du Scapulaire, et
mourut dans notre patrie; celui du roi saint Louis, de
sainte Thérèse , et de ces dignes filles qui, sous le nom
de Carmélites , ont donné au monde l'exemple des plus
attendrissantes vertus. Il semble que l'Office du jour
s'est identifié avec ces grandes et gracieuses images , en
empruntant à l'Écriture des textes d'une poésie ravis
sante : tel est le passage du Livre de la Sagesse, ch. 4,
qu'on lit pour épître à la Messe :
« J'ai porté des fleurs d'une agréable odeur, comme
« la vigne ; et mes fleurs produisent des fruits de gloire
« et d'abondance. Je suis la mère de l'amour sacré, de
« la crainte pieuse, de la science et de l'espérance
« sainte. En moi est la grâce de toute voie qui mène à
116
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
CULTE DE MARIE.
la vie et de toute vérité ; en moi toute l'espérance du
bonheur et de la vertu. Venez à moi, vous tous qui
me désirez avec ardeur, et remplissez-vous des fruits
que je porte ; car mon esprit est plus doux que le
miel , et mon héritage surpasse en douceur le miel le
plus exquis. Ma mémoire vivra dans la suite des générations ; ceux qui me mangent auront encore faim,
et ceux qui me boivent auront encore soif. Celui qui
m'écoute ne sera point confondu, et ceux qui agissent
par moi ne pécheront point , et ceux qui me feront
connaître aux autres auront la vie éternelle. »
Non-seulement les rois et les reines , mais encore les
archevêques, les évêques, les cardinaux et les souverains
pontifes se sont honorés, en grand nombre, de porter le
scapulaire. On raconte qu'après l'exaltation de Clé
mentVHI sur le saint-siége, l'officier qui le dépouillait de
ses habits de cardinal voulut lui ôter son scapulaire ; sur
un mouvement de résistance, il lui représenta que l'ha
bit de pape renfermait évidemment la vertu de tous les
autres habits ; mais le pieux pontife l'arrêta en lui di
sant : « Laissez-moi Marie , de peur que Marie ne me
« laisse. Desine iMariv.i, ne Maria me desinat. »
ÉLÉVATION.
Aucune fête ne rappelle à un plus haut degré que
celle du Carmel tous les fruits de sainteté que peut
produire la solitude ; c'est que dans la solitude, comme
le dit le prophète Osée , Dieu s'unit aux âmes par la
foi. En effet, l'avarice est facilement vaincue dans la
NOTRE-DAME I)L MOM-CARMEL.
117
solitude , parce que les biens de la terre y sont inuti
les ; la volupté y est éteinte , parce qu'on n'y cherche
qu'à souffrir ; la vanité y est inconnue , parce que le
monde n'y fait point entendre ses louanges ; l'orgueil
y est dompté , parce qu'on s'y étudie à renoncer à soimême ; la paresse y est surmontée, parce qu'on y prie à
toute heure; la médisance n'y pénètre point, parce
que le silence et la charité y régnent ; on n'y con
naît pas la colère, parce que c'est le trône de la paix;
on n'y craint rien , parce qu'on y honore la Croix et
qu'elle vous délivre rie toutes les craintes ; on n'y
éprouve aucun ennui , parce qu'on y aime ; car une
solitude sans amour serait une véritable prison. C'est
au désert que se retira Jésus-Christ, avant de boire le
calice rempli de toutes les douleurs de l'humanité.
C'est enfin dans la solitude qu'on trouve surtout les
inspirations agréables à Marie. Ou n'entend point, en
etret , le gémissement de la tourterelle au milieu des
villes ; ce n'est que dans les forêts -. elle ne chante que
dans la solitude ; c'est de ses plaintes que se forme le
chant mélancolique qui ne laisse pas de réjouir les
Anges et leur Mère : inais il n'y a rien qui les tarisse
comme l'air du monde.
PROPRE DE LA MESSE DE NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL.
Gaudeamus omnes in DoRéjouissons-nous tous dsns le
niino diem festum celebnm- Seigneur eu célebrant ce jour
les sub honore beatœ Ma- solennel consacré à honorer la
rise Yirginis, de cujus so- bienheureuse Vierge Marie,
CULTE DE
118
de la fête de laquelle les anges
se réjouissent et louent ensemble le Fils de Dieu. Ps. Mon
cœur a proféré avec joie une
heureuse parole : c'est au Roi
que s'adressent «nes chants.
Gloire.
MARIE.
lemnitatc gaudent angeli,
et collaudant Filium Dei.
Ps. Eructavit cor meum
verbum bonum : dico ego
npera mea regi. Gloria. Gaudeamus.
COLLECTE.
O Dieu qui avez accordé à
l'Ordre du Carmel l'honneur
insigne de porter le nom de la
bienheureuse Marie toujours
Vierge et votre Mère, accor
dez-nous, dans votre miséri
corde, qu'environnés de la pro
tection de celle dont nous ho
norons aujourd'hui solennel
lement la mémoire, nous méri
tions de parvenir au bonheur
éternel; vêtis qui, étant Dieu.
Deus qui beatissima- semper Virginis, et Genitricis
tuse Mariœ singulari titulo
Carmeli ordinem decorasti,
concede prnpitius, ut cujus
hodie
commemorationem
solemni celebramus nfticio,
ejus muniti prœsidiis, ad
gaudia sempiterna pervenire mereamur. Qui vivis et
regnas.
Lecture du livre de la Sagesse. (Ecchis., 24.)
J'ai porté des fleurs d'une
agréable odeur comme la vi
gne; et mes fleurs portent des
fruits de gloire et d'abondance.
Je suis la mère du saint amour,
de la crainte pieuse, de la
science et de l'espéranco sain
te. En moi est toute la grâce
de la voie et de la vérite ; en
moi est toute l'espérance de la
vie et de la vertu. Venez à moi,
vous tous qui me désirez avec
ardeur, et vous serez comblés
des fruits que je porte, car mon
esprit est plus doux que le miel,
et mon héritage surpasse en
douceur le miel le plus excel
lent. Ma mémoire subsistera
dans la suite de tous les siè
cles; ceux qui me mangent au
ront encore fuim, et ceux qui
Ego quasi vitis fructilicavi suavitatem odoris: et
flores mei fructus honoris et
honestatis. Ego mater pulchrœ dilectionis, et timoris,
et agnitionis , et sancta:
spei; in me gratia omnis
viœ et veritatis, in me omnis
spes vitœ et virtutis. Trans
ite ad me omnes quicumque
cupiscitis me, et a generationibus meis implemini : spiritus enim meus super mel
duleis, et hsereditas mea
super mel et favum. Memoria mea in generationes
sœculorum qui edunt me,
adhuc esurient: et qui bibiiut me , adhuc sitienl.
Qui audit me, non confun»
detur: et qui operautur in
NOTRE-DAMS DU MONT-CARMEL.
119
me non peccabunt; qui elu me boivent auront encore soif;
cidant me vitam sternam celui qui m'écoute ne sera pas
confondu, et ceux qui agissent
habebunt.
eu moi ne pécheront point:
ceux qui me font connaître aux autres auront la vie éternelle.
GRAIRF.I .
Benedicta et venerabilis
es, Virgo Maria, quœ sine
tsctu pudoris, inventa es
Mater Salvatoris. i Virgo
Dei Genitrix , quem totus
non capit orbis, in tua so
clausit vïseera factus homo.
Alleluia. Alleluia. Per te,
Dei Genitrix, nobis est vita
perdita data : quse de cœlo
suscepisti prolem , et num»
do genuisti Salvatorem. Al
leluia.
Vous êtes bénie et digne de
toute vénération, ô Vierge Ma
rie , qui , sans que votre vir
ginité ait reçu aucune atteinte,
otes devenue la Me'?re du Sau
veur. î Vierge Mère de Dieu,
celui que le monde entier ne
peut contenir, a bien voulu en
se taisant homme se renfermer
dans votre seiu. Alleluis. La
vie que nous avions perdue
nous a été rendue par vous, ô
Mère de Dieu, qui avez reçu du
ciel l'Enfant que vous avez
conçu, et qui avez mis au mon
de le Sauveur. Alleluia.
EVANGILE.
Commo à la Messe de la Présentation, p. 92.
OFFERTOIRE.
Recordare, Virgo Mater,
in conspectu Dei, ut loquaris pro nobis bona et ut
avertas indignatioucm suam
a nobis.
Souvenez-vous, o Vierge Ma
rie, d'intercéder pour nous
auprès de Dieu, et de nous
soustraire à son indignation.
SECRÈTE.
Sanctifica, Domine, quœsumus, oblata sacrilicia, et
beatœ Dei Genitricis Ma
rise gloriosa intercessionc
nobis salutaria fore, con
cede. Per eumdem Dominum...
Sanctiliez, nous vous en
prions, Seigneur, les dons que
nous vous offrons, et faites par
l'intercession salutaire de la
bienheureuse Marie Mère de
Dieu, qu'ils soient utiles à nos
âmes. Nous vous le demandons
par Notre - Seigneur JésusChrist.
PREFACE.
Comme à la Messe de l'Assomption , p. 108.
120
CULTE DE MARIE.
COMMUXION.
O Marie, très-digne reine
du monde, et toujours Vierge,
intercédez pour notre paix et
notre salut, vous qui avez mis
au monde Jésus-Christ le Sei
gneur et le Sauveur de tous.
Regina mundi , dignissima Maria, Virgo perpe
tua, intercede pro nostra
pace et salute, qua; genuisti
Christum Dominum Salvatorem omnium.
POSTCOMMCNION.
Que la vénérable intercession
de Marie, votre glorieuse Mère
et toujours Vierge, nous sou
tienne, Seigneur, et qu'après
nous avoir comblés de ses fa
veurs et arrachés à tous les
dangers, elle nous rende imita
teurs de ses vertus. Par notre
Seigneur Jésus-Christ.
Adjuvet nos, qua;sumus,
Domine, gloriosae tua; Genitricis sempcrque Virginis
Maria; intercessio veneranda : ut quos perpetuis
eumulavi beneficiis, a cunctis periculis absolutos, tua
faciat pietate concordas.
Qui vivis...
FÊTE DU TRÈS-SAINT NOM DE MARIE.
(Le dimanche daus l'Octave de la Nativité, septembre.)
Votre nom est comme un parfum répandu.
(Cantique des Cantiques.)
Oleum effusum nomen tuum.
On a déjà vu que chez les Israélites , c'était huit jours
après sa naissance que chaque enfant recevait un nom.
Ce fut en se conformant à cet usage que Joachim et
Anne avaient appelé Marie la fille que Dieu leur avait
donnée. Ce nom qui n'avait encore élé porté que par la
sœur de Moïse, laquelle mourut obscurément au dé
TRÈS-SAINT NOM DE MARIE.
121
sert de Sin , devait , cette fois , briller d'un éclat inouï,
et traverser les siècles sans rien perdre de son charme
et de sa vertu. Et depuis , en effet , comme toujours il
le sera, il a été invoqué avec confiance par les plus
humbles fidèles , de même que par les plus grands rois
et les plus vaillants capitaines. L'histoire atteste que
plus d'une fois il a ramené la victoire sous les étendards
d'une armée ou d'une ville que le sort des combats
était près de livrer à ses ennemis. La fête de ce trèssaint Nom en offre une preuve éclatante de plus.
En l'année 1683, le 2 janvier, anniversaire du jour
où les Anglais furent expulsés du royaume de France ,
à la suite des exploits de Jeanne d'Arc (1450), et de
cet autre jour, non moins mémorable , où les Maures
furent aussi entièrement chassés de l'Espagne par des
troupes catholiques (1492), Vienne, capitale de l'Au
triche, fut assiégée par deux cent mille Turcs. Les Infi
dèles avaient alors pour sultan Mahomet IV. L'em
pereur appela tous les princes chrétiens pour l'aider à
combattre l'entreprise avouée de porter le fer et le feu
par toute l'Allemagne. Bientôt après on vit accourir et
se mettre en ordre sur les hauteurs voisines de Vienne
une armée à la tête de laquelle marchaient les intré
pides soldats de Jean Sobieski , roi de Pologne, et ceux
du pape Innocent XI. Le jour où devait être livrée la
bataille, le roi de Pologne entendit, de grand matin,
la messe, à laquelle assistèrent ses généraux, dans la
chapelle de Saint-Lcopold. 11 y communia, et il tint ses
bras étendus en croix pendant la plus grande partie du
saint Sacrifice. la messe achevée, il se leva, en s'écriant : « Marchons à l'ennemi avec confiance, sous la
« protection du Ciel et sous l'assistance de la sainte
132
CULTE DE MARIE.
« Vierge. » Cette confiance ne fut point vaine. Les
Turcs et Mustapha, leur chef, furent taillés en pièces.
Ils laissèrent sur le lieu du combat, parmi les dé
pouilles, le grand étendard ottoman. C'était une ban
nière insigne , dont le tissu , en crin de cheval marin ,
était enrichi de fleurs brodées à l'aiguille en fil d'ar
gent , et couvert de caractères arabes mystérieux. Plus
tard , l'empereur fit suspendre ce trophée magnifique
dans la principale église de Vienne , et il envoya au
pape Innocent XI un autre étendard , celui de Maho
met même , également conquis. Ce dernier était bro
ché d'or sur un fond rouge , avec un bord vert et ar
gent, pareillement surchargé de caractères arabes.
11 parut évident pour tout le monde , à cette époque,
qu'une si éclatante victoire était duc à Dieu et ù Marie.
On dut être d'autant plus disposé à le croire , que ce
succès fut accompagné d'un autre événement non
moins extraordinaire , arrivé à Vienne dans le même
temps. L'ancienne et riche église des Écossais fut la
proie d'un incendie ; le feu allait immédiatement ga
gner l'arsenal , où étaient renfermées la poudre et les
autres munitions. Si l'arsenal eût sauté , rapportent les
historiens, il s'en serait suivi une brèche aux remparts,
et c'en eût été fait de la ville entière. C'était le jour de
l'Assomption , et précisément alors que les armées al
liées imploraient la protection de la sainte Vierge con
tre les ennemis du Catholicisme. La flamme s'arrêta
tout à coup ; on eut le temps de transporter la poudre
en lieu de sûreté. Des lors le triomphe contre les Turcs
ne fut plus douteux. Ce fut principalement en recon
naissance de cette victoire , que la fête du saint Nom de
Marie fut restaurée , car anciennement sa célébration
TRÈS-SAINT NOM DE MARIE.
123
avait été observée par quelques églises d'Espagne;
mais ce fut à la fin du dix-septième siècle seulement
que le pape Innocent XI la recommanda à toute la
Chrétienté. Depuis, elle a eu lieu en France dans l'Oc
tave de la Nativité de la sainte Vierge , qui elle-même
est fixée au 8 septembre.
ÉLÉVATION.
Le nom de Marie porte bonheur et fait des miracles :
il est l'auréole du berceau , la grâce des vierges , l'ap
pui des mères, le bouclier des soldats sans peur et
sans reproche, l'amour des peintres et des poetes , le
plus mystérieux et le plus universel des enchante
ments. 11 est inscrit au sommet du portail de l'impo
sante basilique; à la voûte du porche couvert de
lierre , de la petite église de village ; sur les bannières
des processions ; au pied de la statue placée au bord
de la route pour guider le voyageur; sur la porte
des couvents ; au fond de la niche que le temps a respeclée dans les vieux manoirs ; partout , enfin , où l'on
aime et où l'on est inquiet. Quand ce nom si doux
résonna pour la première fois devant la hutte des sau
vages du Canada et de la Louisiane, il y répandit un
parfum qui leur fit oublier celui du magnolia. Si les
marins ont pris soin d'en décorer la proue de leur na
vire, le pilote n'est jamais troublé des mugissements de
la mer, ni de l'épaisseur des nuages à travers lesquels
il voit toujours une étoile ; et les pauvres enfants de
la Savoie et de l'Auvergne qui l'ont prononcé, à ge
noux , avant de s'éloigner de leur cabane , sont pres
que toujours sûrs de retrouver, l'année suivante,
IM
CULTE DE MARIE.
leur grand'mère rajeunie et le grenier chargé du fro
ment de la dernière récolte. Enfin, tout ce qui res
pire sur la terre a foi dans le nom de Marie , et dans
ce qui s'y rattache plus ou moins intimement. C'est
ainsi qu'on aime à attribuer aux couleurs de la sainte
Vierge la protection du jeune âge ; à ses rubans con
sacrés la conservation de la pureté; à ses bras dé
ployés en signe d'oraison une vertu secrète qui sèche
les larmes ; à ses médailles bénites le salut de l'âme et
du corps : livre charmant qui se compose d'un mot
unique , dans lequel semblent avoir élé écrites toutes
les révolutions du cœur de l'homme, et où sont déposés
les remèdes à tous nos maux , depuis l'instant où le
premier rayon de jour pénètre sous notre paupière
jusqu'à l'heure solennelle où s'ouvre devant nous le
rideau de l'éternité.
PROPRE DE LA MESSE DU TRÈS-SAINT NOM DE MARIE.
INTKOÏT.
Comme à la Messe de l'Annonciation , page 66.
COLLECTE.
Faites, nous vous en prions,
Dieu tout-puissant, que vos fidèles, qui mettent leur joie
dans le nom et dans la protection de la très-sainte Vierge
Marie, soient délivrés ici-bas
de tous les maux par son intercession, et méritent d'arriver
daus le ciel au bonheur éternel. Par Noire-Seigneur JésusChrist.
Concede, quœsumus, omnipotens Deus, ut fideles
tui, qui sub sanctissimœ
Virginis Maria; nomine, et
protectione lœtantur : ejus
pia intercessione, a cunctis
malis liberentur in terris,
et ad gaudia a;terna pervenire mereantur in cœlis.
Per Dominuui...
THÉS-SAINT MMI DE MARIE.
12b
ÉPÎTRE.
Comme à la Messe de Notre-Dame du Mont-Curmel , p. 118.
GRADUEL.
Comme à la Messe de la Présentation , p. 57.
ÉVANGILE.
Comme à la Messe de l'Annonciation, p. 70.
OFFERTOIRE.
Comme à la Messe de la Présentation , p. 58.
SECRÈTE.
Tua, Domine, propitiatione et beata; Maria; semper Virginis intercessione,
ad perpetuam atque pra;sentem hu;c oblatio nobis
proficiat prosperitatem et
pacem. Per Dominum...
Faites, Seigneur, par l'intercession de la bienheureuse
Marie toujours Vierge , que
cette oblation nous obtienne la
paix en cette vie et la gloire
éternelle eu l'autre. Par notre
Seigneur Jésus-Christ.
PRÉFACE.
Comme à la Messe de l'Assomption , p. 108.
COMMUNION.
Comme à la Messe de la Présentation , p. 59.
POSTCOMMUNION.
Suuiplis, Domine, salutis
nostrœ subsidiis: da, qua>
sumus , beatœ Maria' semper Virginis patrociniis nos
ubique protegi : in cujus
veneratione ha;c tua; obtulimus Majestati. Per Dominum...
Seigneur, qui nous avez fait
recevoir dans ce sacrement le
gage du salut éternel, ne cessez
point de nous accorder votre
protection par l'intercession et
par les prières de la bienheureuse Marie toujours Vierge,
eu mémoire de laquelle nous
avons offert ce sacrifice à votre
souveraine Majesté. Par notre Seigneur Jésus-Christ.
126
CULTE DE MARIE.
FÊTE DES SEPT DOULEURS DE LA SAINTE VIERGE.
(Le 3e dimanche de septembre ou dans la semaine
de la Passion.)
Ne me nommez plus Noémi (c'est-à-dire
belle), mais appelez-moi Marie (c'est-à-dire
affligée) , car le Tout-Puissant m'a remplie
d'affliction.
(Ruth , chap. i .)
Ne vocetis me Noemi (id est pulehraml ,
*sed vocate me Maiiiaji (id est amarum) ,
quia amaritudine valde me. replevit Omuipotens,
Saint Luc, en son évangile, raconte ainsi la prédic
tion du vieillard Siméon ; « Quand les jours de la Pu« riflcation furent accomplis , selon la loi de Moïse ,
« Joseph et Marie portèrent l'Enfant à Jérusalem, pour
» le présenter au Seigneur
Et voilà qu'un homme
« était en Jérusalem qui avait nom Siméon; et cet
« homme était juste et craignant Dieu , attendant la
« consolation d'Israël, et le Saint-Esprit était en lui.
« Et il avait été averti par le Saint-Esprit qu'il ne ver
te rait point la mort qu'il n'eût vu le Christ du Sei« gneur. Conduit par l'Esprit, il vint dans le Temple...
« Il prit Jésus entre ses bras; il loua Dieu, et il dit :
« Seigneur , laissez aller maintenant votre serviteur
« en paix , selon votre parole , car mes yeux ont vu
« votre salut
Et Siméon dit à Marie : Voilà celui
« qui est établi pour la ruine et pour la résurrection
LES SEPT DOULEURS.
127
« de plusieurs en Israël , et comme un signe de con« tradiction. Et le glaive percera voire âme, afin que
« les pensées de plusieurs soient révélées!
»
On sait comment se réalisa dans la suite sur le Cal
vaire la parole prophétique du saint vieillard Siméon.
Marie eut à subir le déchirant aspect de son divin Fils,
attaché à la croix ; ce qui fait dire à saint Bernard
qu'elle fut, en ce moment, plus que martyre. Suivant
une pieuse tradition appuyée sur le témoignage de
graves historiens , il paraîtrait que la sainte Vierge
s'étant trouvée en présence de Jésus gravissant péni
blement le Calvaire, elle était tombée, comme frap
pée d'un coup mortel, et que dans la suite sainte Hé
lène avait fait bâtir une chapelle au même lieu, sous
l'invocation de sainte Marie du Spasme. Une fête avait
été instituée à ce sujet , et elle fut longtemps célébrée
avec ferveur, surtout en Allemagne. Mais au com
mencement du quinzième siècle et après le concile
provincial de Cologne , elle fut remplacée par celle de.
la Compassion, à laquelle ce concile rattacha la com
mémoration des Douleurs de la bienheureuse Vierge:
Marie. Pourquoi plus tard, à Rome , l'a-t-on constam
ment désignée sous le titre de fête des Sept Douleurs de
la sainte Vierge? et pourquoi représente-t-on souvent
la Mère du Christ avec sept glaives qui percent sa poi
trine? On en donne l'explication suivante dans une en
cyclopédie théologique, publiée de nos jours. i Saxius,
« cité par Benoît XIV , rapporte qu'il y eut sept fonda« teurs de l'Ordre des Servîtes ou serviteurs de Marie,
« qui, méditant sur les motifs des douleurs de leur
« auguste Patronne , en découvrirent sept, dont quel« ques-uncs se trouvent dans l'Évangile , et les autres
128
CULTE DE MARIE.
« sont fondées sur des raisons , sinon positives , du
« moins vraisemblables. L'histoire des ordres religieux
« nous apprend, en effet, qu'en l'année 1232, sept
« marchands de Florence , dont le principal était Bon« Fils , de Monaldis , se retirèrent au mont Sénère ,
« près de la même ville , pour y jeter les fondements
« de cet ordre qui reconnaît pour fondateur saint Phi« lippe Béniti ou Bénizi. Ce fut le pape Grégoire X qui
« en confirma l'établissement. Ce serait donc cette
« édifiante association en l'honneur de la sainte Vierge
« qui aurait fait imposer par l'Église romaine à la
« fête de la Compassion le titre des Sept Douleurs. »
Cependant, bien que rapprochées par le sujet, ces deux
fêtes sont séparées par la célébration et par l'office,
comme on va le voir bientôt.
Les Sept Douleurs éprouvées par la sainte Vierge sont
ainsi caractérisées : 1° la prédiction que lui fit enten
dre , au Temple , le vieillard Siméon , en lui disant :
« Un glaive percera votre âme; — 2° la fuite en Egypte
avec saint Joseph et Jésus enfant , pour se sous
traire aux persécutions d'Hcrode ; — 3° la disparition
de son divin Fils pendant trois jours , à son retour de
Jérusalem ; — 4° la rencontre de ce même Fils chargé
de l'instrument de son supplice ; — o" la vue du divin
Crucifié et de son sang ; — 6° les blessures qu'il reçut
et la descente de croix ; — 7° le placement dans le sé
pulere du corps qui lui était si cher. Saint Bernard
avait une si vive affection pour les douleurs de Ma
rie qu'il ne pouvait retenir ses larmes , toutes les fois
qu'il en faisait le sujet de ses méditations. Ces souve
nirs des angoisses de Marie étaient anciennement solennisés, en même temps dans l'église de Paris et
LES SEPT DOULEURS.
1-2'J
dans quelques antres , le vendredi qui précédait le di
manche des Rameaux.—Benoît Xlll, par un bref du 13
août 1725, établit authentiquement la fête spéciale de
la Compassion dans toute l'Église , et en fixa l'office à
la sixième férie de la semaine de la Passion ; après quoi
le pape Pie VII , durant sa captivité et après son retour
à Rome, au commencement du siècle où nous vivons,
avait pris un tel intérêt à la mémoire des Sept Dou
leurs, qu'il rendit un décret pour ordonner qu'à l'a
venir on célébrerait solennellement une fête particu
lière des Sept Douleurs de la sainte Vierge , le troi
sième dimanche de septembre. Ainsi se trouvent dis
tinguées les deux fêtes de la Compassion et des Sept
Douleurs.
ÉLÉVATION.
Ces deux dévolions, bien que moins imposantes dans
leur célébration que les grandes fêtes de la sainte
Vierge , n'en sont pas moins propres à entretenir la
piété par les plus touchantes pensées.
Quelle femme , quelle mère peut se retracer le su
jet de cette solennité , sans que son cœur s'ouvre tout
entier à l'amour de Celle qui lui montra l'exemple de
tous les courages et de toutes les soumissions? Com
ment , dans une telle méditation, pourrait-elle ne pas
s'écrier de ses lèvres tremblantes , ou du fond de son
âme déchirée :
« Sainte Marie , Mère de Dieu , priez pour nous ,
maintenant et à l'heure de notre mort ! »
130
culte de Marie.
PROPRE DE LA MESSE DES SEPT DOULEURS.
ISTR01T.
La Mère de Jésus, et MarieMadeleine et une autre Marie,
sœur de la Mère de Jésus et
femme de Cléophas, se tenaient
auprès de sa croix. Ps. Femme,
voilà votre Fils, dit Jésus à sa
Mère; puis il dit au disciple:
Voilà votre Mère. Gloire.
Stabant juxta crucera
Jesu Mater ejus, et soror
Matris ejus, Maria Cleophu;, et Sidome, et Maria
Magdalene. Ps. Mulier, ecce
Filius tuus, dixit Jesus; ad
discipulum autem : Ecce
Mater tua. Gloria.
O Dieu, dans la Passion du
quel un glaive de douleur, sui
vant la prophétie du vieillard
Siméon, a percé le cœur ai
mant de la glorieuse Vierge
Marie votre Mère, faites que,
célébrant avec respect cette
blessure profonde, nous obte
nions l'heureux effet de votre
Passion; vous qui, étant Dieu,
vivez et régnez.
Deus, in cujus Passione,
secundum Simeonis propheliam, duleissimam animam
gloriosœ Virginis, et Matris
Marise doloris gladius pertransivit : concede propitius, ut qui transfixionem
ejus recolimus, Passionis
tuœ elfectum felicem consequamur.
Lecture du livre de Judith. (Chap. 13.)
Benedixit te Dominus in
virtute sua, quia per te ad
nihilum redegit inimicos
nostros. Benedicta es tu filia a Domino Dco excclso
prœ omnibus mulieribus su
per terram. Behedictus
liens qui creavit cœlum et
terram, quia hodie nomen
tuum ita magnificavit, ut
non recedat laus tua de ore
hominum, qui memores fuerint virtutis Domini in
Le Seigneur vous a bénie,
vous a fortifiée, et a renversé
par vous tous nos ennemis :
vous êtes celle que le Seigneur,
le Dieu Très-Haut a bénie audessus de toutes les femmes
qui sont sur la terre. Béni soit
le Seigneur qui a créé le ciel et
la terre, qui a conduit votre
main pour trancher la tète du
chef de nos ennemis, car il a
rendu aujourd'hui votre nom si
célèbre, que les hommes se
LES SEPT DOULEURS.
431
souvenant éternellement de ta
puissance du Seigneur, ne ces
seront jamais de tous louer,
parce que tous n'avez pas craint
d'exposer Totre vie en voyant
l'affliction extrême de votre
peuple, mais que vous vous êtes
présentée devant Dieu pour empêcher sa ruine.
a-ternum: prn quibus non
pepercisti animœ tuœ propter angustias, et tribulationes gencris tui, sed subvenisti ruinœ ante conspeetum Oei nostri.
GRADUEL.
Dolorosa et lncrymabilis
es, Virgo Maria", stans
juxta crucem Domini Jesu,
Filii tui, Redemptoris. AU
Irlniu, alleluia. Virgo Dei
Genitrix, queiu tutus non
capit orbis, hoc crucis fert
supplicium vitat Cactus homo. Alleluia.
Debout auprès de la croix
du Seigneur Jésus votre Fils,
notre Rédempteur, vous êtes
accablée de douleur, et vous
répandez des larmes amères,
sainte Vierge Marie. Louer. Dieu,
louez Dieu. Vierge Mère du
Dieu que tout l'univers ne peut
contenir, le Verbe fait chair,
principe de la vie, endure le sup
plice Je la Croix. Louez Dieu.
Stabat Mater dolorosa
La Vierge, mère des douleurs,
Juxta crucem lacrymosa ,
Près de la Croix était en pleurs,
Dum pendebat Filins.
Devant son Fils suspendu.
Cnj us animam gementem,
Dans son âme qui gémissait
Contristantem et dolentem, Et que la tristesse oppressait ,
Pertransivit gladius.
Descendit un glaire aigu.
O quam tristis et afflicta
Oh ! qu'elle éprouva de tour
Fuit illa benedicta
ments
Mater Unigeniti!
La Mère bénie en tout temps
Du Fils unique de Dieu !
Quse mœrebat et dolebat,
Et tremebat, cum videbat
N.ili pœnas incljti.
Tremblante et dans le déses
poir,
Elle se désolait de voir
Son Fils soutirant en ce lieu !
Quis est homo qui non
fleret ,
Quel homme verrait sans pleu
rer
Le chant du texte latin peut s'appliquer à la traduction.
CUL1E DE
132
La Mère du Christ endurer
Un supplice , hélas ! si grand.
Qui pourrait ne pas s'attendrir
De voir cette mère gémir
Avec son Fils expirant ?
Pour les péchés du genre hu
main
Elle vit Jésus sous la main ,
Qui , sanglant , le flagella !
Elle vit son Fils bien-aimé
Agonisant, seul, abîmé,
Quand son âme s'exhala.
MARIE.
Christi Matrem si videret
In tante supplicio ?
Quis posset non contristari ,
Piam matrem contemplnri
Dolentem cum Filio?
Pro peccatis soa; gentis
Vidit Jesum in tormentis,
Et flagellis subditum.
Vidit suum duleem Natum,
Morientem , desolatum ,
Dum emisit spiritum.
Eia Mater. fons amoris,
Pauvre Mère, source d'amour,
Ah! faites du moins qu'à mon tour Me sentire vim doloris,
Fac
ut tecum lugeam.
Je souffre et pleure avec vous.
Fac ut ardeat cor meum ,
Faites que du fond de mon
In amando Christum Deum,
cœur,
Ut sibi complaceam.
En aimant le divin Sauveur,
Pour lui mon amour.soit doux.
Sancta Mater, istud agns ,
Daignez, Mère sainte, à ja
Crucifixi fige plagas
mais
Fixer sur mon cœur seul les traits Cordi meo valide.
Qu'il reçut crucifié.
Tui Nati vidnerati,
A votre Fils blessé pour nous,
Permettez que de tant de coups .Tam dignati pro me pati ,
Prenas merum divide.
Je prenne au moins la moitié.
Fac me vere tecum flere,
Qu'à vos chagrins associé
Crucifîxo condolere,
Je pleure un Dieu crucifié ,
Jusqu'à mon dernier soupir.
Doncc ego vixero.
Plus de vous, au pied de la
Juxfa crucem tecum stare.
croix,
Te libenter sociarc
A votre lamentable voix ,
In planctu desidero.
Ma triste voix veut s'unir.
Vierge des vierges du Seigneur,
Virgo virginum prœclara,
Montrez-vous pour moi sans ri Mini jam non sis amara :
gueur,
Fac me tecum plangerc.
Et que je pleure avec vous.
Que la mort du Christ soit ma
Fac ut portem Christi
mort,
mortem ,
Que sa Passion soit mon sort,
Passionis ejus sortem ,
Que je recueille ses coups.
Et plagas recolere.
LES SEPT DOULEURS.
133
Fac me plagis vulncrari ,
Faites que je sois déchiré,
Et de cette croit enivré ,
Cruce hac menriari ,
Pour l'aimer plus dignement.
Ob amorem Filii.
O Vierge , que dans mu fer
Inflammatus et accensus ,
Per te , Virgo , sim defensus
veur,
Je trouve en vous un défenseur
In die judicii.
Au grand jour du jugement.
Que sa croix protège mes pas ,
Fac me cruce custodiri ,
Que ma force soit son trépas ,
Morte Christi prœmuuiri ,
Que sa grâce soit mon prix.
Confoveri gratia.
A l'heure où mon corps doit
Quando corpus morietur,
Fac ut anima- donctmmourir.
Faites à mon ame obtenir
Parndisi gloria.
La gloire du Paradis.
Amen.
Ainsi soit-il.
ÉVANGILE.
Suite du saint Evangile selon saint Jean. (Chap. 19.)
In illo tempore : stabant
En ce temps-là, la Mère de
juxta criicem Jesu Mater Jésus et Marie Madeleine, et
ejus, et soror Matris ejus, une autre Marie, sieur de la
Maria Cleopbœ, et Maria Mère de Jésus et femme de
Magdalene. Cum vidisset Cléophas, se tenaient auprès de
ergo Jesus Matrem, et dis- sa croix. Jésus donc, ayant
cipulum stautem, quem di- aperçu sa Mère, et auprès d'elle
ligebat, dicit Matri suœ : le disciple qu'il aimait, dit à sa
Mulier, eccc Filius tuus. Mère : Femme, voilà votre Fils.
Deinde dicit discipulo : Eccc Puis il dit au disciple: Voilà
Mater tua. Et ex illa hora votre Mère. Et depuis ce mo
accepit eam discipulus in ment le disciple la recueillit
dans sa maison.
sua.
OFFERTOIRE.
Recordare, Virgo Mater
Dci, dum steteris in conspectu Dei, ut loquaris pro
nobis bona, et ut avortas indignationem suam a nobis.
Souvenez-vous, Vierge Mère
de Dieu, lorsque vous êtes en
présence du Seigneur, de lui
demander pour nous les vrais
biens, et de détourner de nous
son indignation.
SECRETE.
Offerimus tibi preces, et
Nous vous offrons, Seigneur
bostias, Domine Jesu Chris- Jésus-Christ, nos supplications
te, humiliter supplicantes et ces hosties sacrées, et nous
8
M
CULTE DE MARTE.
vous demandons humblement
que, rappelant dans nos prières
la blessure cruelle dont fut pé
nétré le très-doux Cœur de vo
tre glorieuse Mère, et aidés de
sa pieuse intercession et de celle
des saints qui l'accompagnent
sur le Calvaire, nous possédions,
par les mérites de votre mort,
l'héritage des saints , vous qui ,
étant Dieu, vivez et régnez.
ut qui transflxioncm dulcissimi spiritus beata; Ma
ria; Matris tua; precibus
recensemus : sua;, suorumque sub cruce sanctorum
consortium multiplicato piissimo interventu , meritis
mortis tua; meritum cum
beatis habeamus. Qui vivis
et regnas, ete.
PREFACE.
Comme à la Messe de l'Assomption , p. 108.
COMMUNION.
Felices sensus beata; Ma
O heureux les sens de la trèssainte Vierge Marie, qui, sans ria; Virginis, qui sine morte
souffrir la mort, ont mérité la merucrunlmartyrii palmam
palme du martyre sous la croix sub cruce Domini.
du Seigneur.
POSTCOMMUNION.
Que les mystères que nous
venons de recevoir, Seigneur
Jésus-Christ, en célébrant la
mémoire des douleurs de votre
Mère la bienheureuse Vierge
Marie, nous obtiennent de
votre miséricorde l'effet de tout
bien salutaire. Vous qui, étant
Dieu, vivez et régnez.
Sacrificia quai sumpsimus, Domine Jesu Christe,
transfixionem Matris tua; et
Virginis, devote celebran
tes, nobis impetrent apud
clementiam tuam omnis bo
ni salutaris effectum. Qui
vivis... ete.
NOTRE-DAME DU ROSAIRE.
13»
FÊTE DE NOTRE-DAME DU ROSAIRE.
(Le 1" dimanche d'octobre.)
Ce que Dieu fait par sa puissance , vous
l'obtouez par la prière, ô sainte Vierge!
(Un Père de l'Eglise.)
Quod Deus imperio, tu , prece, Virgo,
potes.
Ainsi que pour la fète de Notre-Dame du Scapulaire, il ne s'agit ici que de la fête du Rosaire, et non
du Rosaire lui-même , dont il sera spécialement traité
au titre des Dévotions à la sainte Vierge.
Durant le quatorzième siècle, une peste terrible ra
vagea l'Europe et y occasionna l'interruption des exer
cices du Rosaire; mais, dans le siècle suivant, ces
exercices furent repris par un Dominicain breton,
nommé Alain de la Roche. En 1371, la victoire de
Lcpante ayant été remportée sur les Tures par les
Chrétiens, le premier dimanche d'octobre, le pape
Pie V, qui avait aussi fait partie de l'ordre de SaintDominique et dont la flotte avait concouru à ce triom
phe avec les troupes du roi d'Espagne, voulut perpé
tuer la mémoire d'un si grand événement, dont il
attribua le succès à la protection de la sainte Vierge.
11 ordonna en conséquence, pour la même époque,
qu'on célébrât à Rome l'anniversaire ou la fète de
Sainte-Marie de la Victoire. Deux années plus tard, son
13(5
CULTE DE MARIE.
successeur, Grégoire XIII, institua ou plutôt maintint
la même solennité , mais sous le titre de Notre-Dame
du Rosaire. Elle fut dès lors célébrée dans les églises
d'Espagne. Enfin, en 1676, les Turcs ayant éprouvé
une nouvelle défaite, le S août, jour de la fête de NotreDame des Neiges, le même Clément X rendit univer
selle , dans l'Église , la célébration de Notre-Dame du
Rosaire, toujours fixée au premier dimanche d'octobre,
comme elle l'est encore de nos jours.
Voici le souvenir particulier qui se rattache à l'insti
tution primitive de la même fête ; on rapporte, dans le
procès de la canonisation de Pie V, que ce saint pape,
étant à délibérer sur les afl'aircs des États romains avec
les cardinaux, se leva subitement, comme inspiré par
une secrète révélation ; il ouvrit devant eux sa croisée,
éleva ses yeux vers le ciel et s'écria que l'armée chré
tienne était victorieuse , et qu'il fallait cesser de s'oc
cuper de tout autre soin que de rendre grâces à Dieu
d'avoir été favorable à l'intercession de la sainte
Vierge. C'était le 7 octobre 1571. Ce qu'il avait an
noncé s' étant réalisé, il institua la fête du Rosaire, et de
plus il fit insérer dans les Litanies de la Mère de Dieu
le verset : Auxilium Christianorum, ora pro nobis ; Se
cours des Chrétiens, priez pour nous.
>OTRE-DAJlfc DL ROSAIRE.
137
PROPRE DE LA MESSE OU SAINT-ROSA RE.
INTROiT.
Comme à la Messe de la Conception , p. 26.
Deus, cujus linigenitus ,
per vitam, mortem et resurrectionnem suam , nobis salutis sternœ praemia comparavit : concede, qmesumus,
ut hœc mysteria sanctissimo
heatip Mario; Virginia Rosario recoleutes, et imitemur
quod continent, et quod
promittunt ussequsumr. Per
eumdem.
O Dieu, dont le Fils unique
nous a mérité la vie éternelle
par sa vie, par sa mort et par
sa résurrection, faites, nous
vous en prions , qu'honorant
dans ces prières le suint Rosaire
de la bienheureuse vierge Ma
rie, nous imitions ce epi'ils renferment, et nous obtenions ee
qu'ils promettent. Par le même
N.-S. J.-C.
ÉPîTRE.
Comme ù. la Messe de la Présentation , p. 5(i.
GRADUEL.
Comme à la Messe de la Présentation , p. 57.
ÉVANGILE.
Comme à la Messe de la Présentation, p. 57.
OFFERTOIRE.
Comme à la Messe de la Présentation , p. 'M.
SECRETE.
Fac nos, quœsumus, DoDisposez-nous, nous vous en
mine , lus muneribus offe- prions , Seigneur, à vous ollrh*
rendis coiivenienter aptari, ces dons, et à honorer par les
et per sanctissimi Rosarii mystères iln saint Rosaire, la
mysteria sic vitam, possio- vie, la passion et la gloire de
nem, et gloriam Ûnigenili votre Fils unique, de telle sorte
tui recoleie, ut ejus digni que nous soyons dignes de reccpromissionibus efliciamur. voir l'effet "de ses promesses.
Per eumdem.
Par le même N.-S. J.-C.
PRÉFACE.
Connue a la ilesse de l'Assomption, p. 108.
8.
138
CLXTE DE MAR1E.
COMMUNION.
Comme à la Messe de la Présentation , p. 59.
POSTCOMMITNION.
POSTCOMMUNION.
Puissions-nous,
Seigneur,
être aidés par les prières de
votre très-sainte Mère , dont
nous célébrons le Rosaire ; et
afin que nous recevions les graces attachées aux saints mystères que nous vénérons, accordez-nous reffet des sacrements
que nous recevons; vous qui,
etant Dieu, vivez et régnez, etc.
Sanctissimœ
Genitricis
tuœ cujus Rosarium celebramus , qufesumus , Domine , precibus adjuvemur :
ut et mysteriorum quse recolimus , virtus percipiatur,
et sacramentorum qua
sumpsimus , obtineatur effectus. Qui vivis.
FETE DU TRÈS-SAINT ET IMMACULÉ CŒUR DE MARIE.
(Le dimanche qui précède la Septuagésime.)
Le cœur est là où est l'amour.
(S. Bernard.)
Ubi amor, ibi cor.
Le sacré Cœur de Jésus a toujours été l'objet de la
dévotion des âmes pieuses. A ce culte devait s'unir
naturellement la dévotion au cœur de Marie. Le fon
dateur de cet hommage à la Mère de Dieu fut, suivant
une opinion commune, le père Jean Eudes, chef d'une
congrégation de prêtres appelés Eudistes, à la fin du
dix-septième siècle. 11 existe, en effet, de lui deux ou
vrages qui eurent dans le temps une grande réputa
tion , et dont le sujet principal était le culte du très
LE SAINT ET IMMACULE COEUR DE MARIE.
139
saint Cœur de Marie. Toujours est-il certain que sur
les sollicitations de ce pieux missionnaire, frère du
célebro historien Mézeray, un office spécial, composé
par lui, fut approuvé par le pape Clément X, en 1674.
Le pape Pic VI fixa la célébration de la fête du sacré
Cœur de Marie au 8 février. Avant et après cette fixa
tion, quelques églises ne séparèrent point cette fête de
celle du sacré Cœur de Jésus ; elles les célébrèrent
donc l'une et l'autre le 12 juillet. Pie VII, par un rescrit
du 20 septembre 1817, accorda trois indulgences plénières aux jours de la Nativité, de l'Assomption et du
sacré Cœur de Marie ; enfin, Léon XII a, en l'année
1 829, confirmé l'œuvre de ses prédécesseurs et rehaussé
davantage encore l'éclat de cette fête ; mais c'est sur
tout dans des jours plus récents qu'elle a pris une ex
tension vraiment miraculeuse. C'est ce que vont ex
pliquer de courts n-agments extraits du Guide des
Associés à V Archiconfrérie du Très-Saint et Immaculé
Cœur de Marie, ouvrage publié récemment par M. l'abbé
Quétier et rempli d'intérêt :
« Le 3 décembre 1836, dit ce pieux écrivain, Marie
a suggéra à M. l'abbé Dufriche-Desgenettes , curé de
« Notre-Dame-des-Victoires , la pensée de consacrer
« cette église au Très-Saint et Immaculé Cœur de
« Marie, pour obtenir la conversion des pécheurs ; et,
« dès ce jour, la fontaine de pitié , dont parle saint
« Bernard, répandit ses eaux de salut sur Paris
« Il se mit donc à l'œuvre ; ses statuts furent dressés;
« en décembre, il les soumit à l'approbation archiépi« scopale , et le H du même mois , les exercices com« mencèrent. Ce même jour fut marqué par des grâces
« évidentes. Bientôt l'Archiconfrérie fut érigée cano
140
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
CIXTE DE MARIE.
niquement ; de nombreuses conversions eurent lieu ;
la charité des fidèles grandit chaque jour; leurs
prières devinrent plus ferventes , et le Très-Saint et
Immaculé Cœur de Marie s'ouvrit largement et répandit ses immenses trésors
Une Supplique fut
adressée, en mai 1837, au Vicaire de Jésus-Christ.
En attendant la décision du Saint-Père , l'Archiconfrérie se propagea dans plusieurs diocèses de France
et dans plusieurs autres parties du monde. Elle fut
confirmée par un Bref apostolique , donné à Rome
le 24 avril 1838, et délivré par Mgr l'Archevêque de
Paris le 24 juin suivant ; et depuis , la chapelle du
Très-Saint et Immaculé Cœur de Marie a le bonheur d'être fréquentée à toute heure du jour par un
concours immense de fidèles. Notre-Damc-des-Victoires est aujourd'hui un lieu de pèlerinage des plus
célèbres ; de nombreux Pontifes s'y montrent souvent pour y prier et y donner leur bénédiction. Le
nombre des associés à l'Archiconfrérie a déjà dépassé
onze millions, et les diocèses, paroisses et confréries
agrégées s'élèvent à près de huit mille. Tous les samedis, le saint sacrifice est offert spécialement pour
la conversion des pécheurs, et presque tous les soirs
de l'année, les voùles du Temple saint retentissent
des plus mélodieux cantiques. »
LE SAINT ET IMMACULÉ COEUR DE MARIE.
141
MESSE SOLENNELLE OE LA FETE DU TRÊS-SAINT
ET IMMACULÉ CŒUR DE MARIE.
A LA PROCESSION.
ii. Filia Jerusalem, quare
muerorc contraheris ? Numquid rex non est tibi , quia
romprehendit te dolor ? * Fi
lia Sion , liberaberis ; rediluet te Domiims. y Nonne
oportuit pati Christum , et
ita intrare in gloriam suam ?
Fille de Jerusalem , pourquoi
te laisses -tu entraîner par la
tristesse? Pourquoi cet abatte
ment de douleur, lorsque ton
roi s'approche? * Fille de Sion ,
tu seras delivrée; le Seigneur te
rachètera. y. Ne fallait-il pas
que le Christ souffrit tout cela
et qu'il entrât ainsi dans sa
gloire ?
* Filia Sion. Gloris. *Filia
* Fille de Sion. Gloire. * Fille
Sion.
de Sion.
y Sou cœur est toujours prêt
jfr Paratum cor ejits speà espérer dans le Seigneur.
rare in Domino.
n- Confirmatum est cor
n- Il est affermi en Dieu ; ou
ejus; non commovebitur.
ne le verra point chanceler.
Da, qua-siimus, Domine,
cordilnis nostris intiiuum
verœ pietalis affectum , ut
in commemoratione Passionis Filii tui, sancti?sim;e Matri ejus digne compatientes,
salutaris mysterii fructum
percipere mereamur. Per
eumdem Dominum', etc.
Seigneur, daignez répandre
dans nos âmes le sentiment in
time d'une piété sincère, alin
qu'en mémoire de la Passion
de votre Fils . et prenant part
aux souffrances de sa très-sainte
Mère, nous soyons dignes de
recueillir les fruits du saint
mystère de ce jour. Par le
même Seigneur, etc.
Ornais gloria ejus Filise
Regis ab intus , in fimbriis
aureis cireumamicta varietatibus : adducentur Regi
virgines post eam ; proxiime
ejus afferentur tibi. Ps. Eructavit cor meum verbum bo-
Toute la gloire de la Fille du
Roi est intérieure , quoique au
dehors elle soit chargée de
franges d'or et de broderies ; à
sa suite des vierges seront pré
sentées au Roi, et les compagnes
seront présentées à l'époux, Ps.
142
CULTE DE MARIE.
Mon cœur a proféré avec trans num : Dico ego opera raea
port la parole heureuse ; mes Regi. Gloria. Omnis gloria.
chants sont adressés à un Roi.
Gloire.
COLLECTE.
Dieu qui avez comblé des
dons spirituels de votre grâce le
très-saint Cœur de la bienheu
reuse Marie toujours vierge , et
qui avez voulu que ce Cœur
fût plein de charité et de misé
ricorde, à l'image du divin Cœur
de Jésus-Christ , faites que lors
que nous célébrons la solennité
de ce Cœur bien-aimé , nous
puissions exprimer par nousmêmes et retracer fidèlement
toutes les vertus du Christ lui-
Deus qui beatœ Maria;
semper virginis Cor sanctissimum spiritualibus gratia;
demis cumulasti , et ad ima
ginem divini Cordis Filii
ejus Jesu Christi caritate et
misericordia plenum esse
voluisti , concede ut qui ejus
duleissimi Cordis memoriam
agimus, fideli virtutum ipsius imitatione Christum in
nobis exprimera valeamus.
Qui tecum vivit , ete.
Lecture du Cantique des Cantiques. (Ch. 8.)
Mets-moi sur ton cœur com
me un sceau , comme un sceau
sur ton bras ; car l'amour est
fort comme la mort, l'amour
est inébranlable comme l'enfer;
il brûle comme le feu , il dévore
comme la flamme. Les grandes
eaux n'ont pu l'éteindre, les
lleuves n'ont pu l'entraîner.
L'homme donnera tout ce qu'il
possède pour l'amour, et il
croira n'avoir rien donné.
Pone me ut signaculuro
super Cor tuum , ut signaculum brachium tuum, quia
fortis est ut mors dilectio,
dura sicut infernus œmulatio: lampades ejus, lani pa
cles ignis atque flammarum.
Aquœ multœ non potuerunt
extinguere caritatem, nec
flumina obruent illam. Si
dederit homo omnem substantiam domus suœ pro dilectione, quasi nibil despiciet eam.
GRADUEL.
Mon cœur est préparé, ô
Dieu, mon cœur est préparé. Je
suis à mon bien-aimé , et mon
bien-aimé est à moi ; il repose
parmi les lis. Louez Dieu, louez
Parntum cor meum ,
Deus, paratum cor meum.
Ego dilecto meo, et dilectus
meus mihi, qui pascitur inter lilia. Alleluia, alleluia.
LE SAINT ET IMMACULÉ COEUR DE MARIE.
143
* Ordinavit in me carita- Dion. jfr Il m'a enivré d'amour.
tem. Fuleite me floribus, Couronnez-moi de tleurs, envistipate me malis, quia amo- ronnez-moi de fruits , car je
re langueo.
languis d'amour.
Terra lœtis sonet
Ubique Tocibus :
Cœlum nos admonet
Efferre laudibus
Cor sacrum Virginis.
Cor grande speculum
Omnipotentiœ ,
Cor tabernaculum
Cœlestis gratise ,
Cor templum Numinis.
O quis tanti canat
Cordis s II nui decus '!
Vix spiritus queat
I II ml angelicus ,
Ut decet, pangcre.
Gemmœ nitidius
Candore niveo ,
Solis splendidius,
Ardore roseo
Dcbet effulgere.
Hujus castissima
Cordis integritas,
Hujus sanctissima
Cordis hnmilitas
Cœlo Verbum rapit.
Que la terre retentisse par
tout de chants d'allégresse; le
ciel nous invite à publier la
gloire du sacré Cœur de Marie.
Cœur admirable, où sont
empreints les plus nobles traits
de la toute-puissance, auguste
sanctuaire de la grâce, temole
vivant de la Divimté.
Oh ! qui pourra célébrer di
gnement les sublimes grandeurs
de ce cœur sacré? Un ange y
suflirait à peine.
Ni le soleil , cet œil si majes
tueux de la nature, ni les perles
brillantes dont la beauté sans
tache ravit nos yeux , ne peu
vent approcher de sa splendeur.
Sa parfaite pureté , jointe à
son humilité profonde, lui prê
tent des charmes assez puissants
pour faire descendre sur la
terre le Verbe qui règne dans
les cieux.
Cordis virginci
Attiré par le mérite d'un
Attractum gloria ,
cœur où brille toutes les vertus,
Servi formam rei
le Verbe divin choisit, ô Marie,
In tuo , Maria ,
votre sein virginal, pour pren
dre la forme d'un esclave, et se
Si nu Verbum capit.
charger de nos péchés.
Proh ! quam miris calet
Vierge sainte, quelles célestes
Virgo fervoribus
ardeurs embrasent votre Cœur,
Divini cum latet
tandis qu'il est comme abîmé
Amoris ignibus
dans les feux dont le divin
amour l'environne et le pénè
Immersum Cor tmim !
tre !
144
CULTE DE MARIE.
Marie possède la source
Fonlem lœtitiamême de la joie et des délices : Maria possidet :
son cœur innocent pourra-t-il Telo mœstitiœ
être en butte aux traits acca
Lsedi num accidet
blants de la tristesse ?
Pectus iunocuum.
Hélas! il en ressent les plus
cruelles atteintes : une lance
meurtrière perce le cœur du
Fils ; en même temps, un glaive
de douleur déchire le cœur de
la Mère.
Qui pourrait exprimer la
grandeur de ses peines ? Cœur
le plus tendre et le plus affligé ,
il est comme une vaste mer que
soulèvent les vents déchaînés.
Ah! cher objet de sa ten
dresse, hâtez-vous de quitter la
sombre région des morts , ren
dez la vie, ô Jésus, à votre
sainte Mère , en vous montrant
à elle chargée des dépouilles de
l'enfer.
Que cet espoir vous soutienne,
ô Mère désolée ! vous n'atten
drez pas longtemps un sort
plus heureux : déjà votre Fils
s'élève du tombeau plein de vie
et de gloire.
Vainqueur de la mort , JésusChrist met le comble aux joies
du Cœur de Marie; et quels
brasiers d'amour n'y allume-t-il
pas!
Elle le voit monter au ciel
glorieux et triomphant : son
Cœur se livre aux soupirs, brûle
du désir de le suivre.
Elle ne voit plus désormais
que le ciel ; son Cœur, ù divin
amour, se consume dans tes
flammes dévorantes : enlin, cé
dant à la violence de ses trans-
Accidit , proh ! scelus
Et dum cor Filio
Ensis lui n rit malus ,
Doloris gladio
Cor ejus rumpitur.
Quis luctus intimi
Sensum possit darc ?
Cordis tenerrimi
Dolor est ut mare
Quod ventis tunditur.
Ah ! surge protinus
E portis inferi ;
Te , Christe , cominus
Victorem Tartari
La-ta cernat parens.
Ev.pecta melius
Factum, Deipara :
En sede Filius
Surgit ab infera,
Omni damno careus.
O quale gaudium
Cor Virginis fovet !
Quantum incendium
Amoris commovet
Christi Victoria!
Matris intus salit
Pectus impatiens ;
Scqui Natum velit|
Qui cœlum gestiens
Intrat cum gloria.
lllum spectans, face
Colliquescit sacra
Donec blauda nece
Functum volet supra
Quidquid non est Deus.
LE SAINT ET IMMACULÉ COEUR DE MARIE.
1 43
ports , il meurt et vu prendre sa place au-dessus de tout ce
qui n'est pas Dieu.
Cor spes fidelium ,
O Cœur sacré , qui êtes l'es
Cor beans sidera ,
poir de la terre et les délices du
Fac ut mortalium
ciel , faites qu'une ardeur toute
Incendat pectora
divine embrase les cœurs de
Fervor ssthereus.
tous les mortels.
Amen.
Ainsi soit-il.
ÉVANGILE.
Suite du saint Evangile selon saint Luc. (Ch. 2.)
En ce temps-là les parents de
In illo tempore , invenerunt puerum Jesum paren Jésus le trouvèrent dans le tem
tes ejus in templo , seden- ple, assis au milieu des doc
tem in medio doctorum, au- teurs , les écoutant et les inter
dientem illos et interrogan- rogeant. Or tous ceux qui l'en
tem eos. Stupebant autem tendaient admiraient sa pru
omnes qui eum audiebant, dence et ses réponses. Et le
super prudentia et respon- voyant , ils s'étonnèrent. Et sa
sis ejus. Et videntes, admi- Mère lui dit : Mon enfant, pour
rati sunt. Et dixit Mater quoi avez-vous fait ainsi ? Voici
ejus ad ilhim. Fili , quid fe- votre père et moi qui vous cher
eisti nobis sic? Ecce pater chions, étant fort tristes. Et il
tuns et ego dolentes qua;re- leur dit : Pourquoi est-ce que
bamus te. Et ail ad illos : vous me cherchiez? Ne savezQuid est quod me quœreba- vous pas qu'il faut que je sois
tis? Nesciebatis quia in his occupé de ce qui regarde mon
qua; Patris mei sunt oportet Père. Et ils n'entendirent point
me esse ? Et ipsi non intel- la parole qu'il leur dit. Et il
lexerunt verbum quod lo- descendit avec eux , et il vint
cutus est ad eos. Et descendit en Nazareth, et il leur était
cum eis , et venit Nazareth ; soumis; et sa Mère gardait
et erat subditus illis. Et Ma toutes ses paroles en son cœur.
ter ejus conservabat omnia
verba hœc in corde suo.
OFFEnTOIRE.
Je vous conjure , filles de Jé
Adjuro vos , filia' Jerusa
lem , si inveneritis dilectum rusalem , si vous trouvez mon
meum ut nuntietis ei quia bien-aimé, dites-lui que je lan
amore langueo.
guis d'amour.
SECRÈTE.
Deus, cujus majestati
Dieu , à la majesté duquel la
beatissima virgo Maria im- bienheureuse vierge Marie of
9
146
CULTE DE MARIE.
frit dans sa pureté une victi
me immaculée , allume en nos
cœurs le feu de charité qui en
flammait le sien , afin que pu
rifiés pareillement , nous soyons
dignes de t'offrir la même hos
tie. D. N. S. J.-C.
maculatam hostiam immaculata prœsentavit, eum
qui in corde ipsius ardebat,
in nostris cordibus accende
caritatis ignem , quo pariter
mundati eamdem tibi hos
tiam offerre digni babeamur.
D. N. J. C.
PRÉFACE.
Comme à la Messe de l'Assomption , p. 108.
Et te in veneratione sancEt toi dans la -vénération du
très-saint et immaculé Cœur de tissimi et immaculati Cordis
beatseMari8e,etc.
Marie, etc.
COMMUNION.
Sub umbra illius quem
J'ai désiré me reposer à son
ombre ; ses fruits sont doux à desideraveram sedi , et fructus ejus duleis gutturi meo.
ma bouche.
Cant. 2.
VOSTCOJtMC'IUON.
Seigneur Jésus-Christ , qui
êtes le fruit du sein de la virgi
nité , et qui avez toujours re
posé avec tendresse dans le cœur
de cette même Vierge sans ta
che , nous vous prions , qu'après
l'accomplissement des mystères
de votre corps et de votre sang,
vous daigniez toujours habiter
dans nos cœurs , vous qui, etc.
Domine Jesu Christe, qui
de virginitatis uteri thalamis procedens , in ejusdem
intemeratse Virginis corde
suaviter ac perpetue quievisti ; qusasumus , ut peractis corporis et sanguinis tui
mysteriis , jugiter in cordi
bus nostris habitare digneris, qui vivis, etc.
NOTRE-DAMS DES ANGES.
147
FÊTE DE NOTRE-DAME DES ANGES.
(9 août.)
Reine des Anges , par quel excès de bonté
descendez-vous du haut des cieux dans cette
chapelle si pauvre et si petite ?
(Oraison de S. Erançois d'Assise.)
11 y a dans les États romains une ville nommée
Assise ; c'est la patrie de saint François , de sainte
Claire et du poëte Métastase. Elle est voisine de l'Ombrie, et fut, au milieu du quatrième siècle, le siège
d'un établissement religieux dont la fondation est ainsi
décrite par l'évêque Ottavio :
« En l'année 352, après qu'eut paru dans le ciel, en
« plein jour, le 7 mai , sur la ville de Jérusalem , de« puis la montagne du Calvaire jusqu'à celle des Oli« viers, une croix lumineuse plus brillante que le so« leil, comme saint Cyrille, évèque de cette ville, et
a un des témoins oculaires le rapportent, dans une
« lettre à l'empereur Constance, quatre saints ermites
« vinrent de Palestine en Italie et obtinrent du pape
« Libère la permission de demeurer dans la vallée de
« Spolette. Bientôt après, ils se fixèrent près d'Assise.
« Là ils bâtirent une chapelle qui fut nommée par eux
a Sainte-Marie-de-Josaphat, parce qu'ils y déposèrent
« une relique du sépulcre de la sainte Vierge , et que
148
CULTE DE MARIE.
« l'autel était consacré sous le titre Je sa glorieuse
« Assomption. »
Cette chapelle fut longtemps desservie par un seul
religieux. On venait la visiter en pèlerinage , lorsque ,
dans le sixième siècle , elle attira l'attention de saint
Benoît, l'un des premiers instituteurs de la vie monas
tique en Occident ; il en obtint la concession , l'agran
dit et y établit un monastère. Six cents ans après, elle
avait acquis et conservé une grande célébrité, quand
elle devint enfin le berceau de l'Ordre de saint Fran
çois d'Assise. Un berger ayant rencontré ee Saint dans
une de ses courses évangéliques, lui raconta qu'il avait
naguère entendu des voix d'anges exécuter de mélodieux
concerts dans l'intérieur de cette chapelle. Dès lors,
le Saint rapprochant ce récit de la tradition ancienne,
résolut d'y fonder un monument plus imposant qui fut
en effet élevé par lui. Cette église prit le nom de NotreDame des Anges. Toutefois le Saint l'avait appelée d'a
bord Portioncule (petite portion), par allusion à l'hum
ble état de la congrégation naissante des Frères-Mineurs.
— En 1223, le pape Honorius III accorda une indulgence
plénière à ceux qui visiteraient cette église le jour de
la fête de saint Pierre ès-liens , jour où elle avait été
consacrée, c'est-à-dire le 1er août. Les mêmes faveurs
furent maintenues , dans les siècles suivants , par les
papes Innocent XII, Alexandre IV, Martin IV, Clément V,
Paul III et Urbain VIII. L'indulgence plénière accordée
aux fidèles qui visitaient le sanctuaire de Notre-Dame
des-Anges a été étendue à toutes les communautés de
l'Ordre des Franciscains et même à d'autres églises.
Elle est d'ailleurs applicable aux âmes du Purgatoire.
Cette fête est célébrée , le 2 août , non-seulement en
NOTRE-DAME MES ANGES.
li't
Italie , mais aussi dans plusieurs églises de France ; et
elle est tout à fait distincte de celle des Saints-AngesGardiens qui est fixée au 2 octobre.
PROPRE DE LA MESSE DE NOTRE-DAME DES ANGES.
A LA PROCESSION.
Loeutus est ineeum ange
lus, dicens: Veni, ostendam
tihi novsm Sponsam, uxorem Agni, et ostendit mihi
civitatem sanctam Jerusa
lem , descendentem de cnelo
a Deo, habentem claritatem
Dei. * Snstulit me in spiritu in montem magnum et
altum, etc. Gloria, etc.
y Lauda, Jerusalem, Dnminum. n- Lauda Deum
tuum, Sion.
L'ange me parla et me dit :
Venez , je vous montrerai la
nouvelle Épouse , l'Épouse de
l'Agneau ; et il me montra la
ville sainte de Jérusalem, des
cendant du ciel et resplendis
sant des clartés de Dieu. * Il
m'emporta en esprit sur une
montagne grande et élevée.
Gloire.
* Jérusalem , louez le Sei
gneur. h- Sion , loue ton Dieu.
Terribilis est loous iste;
hic domus Dei est , et porta
crcli, et vocabilur aula Dei.
P.i. Quam dilecta tabernacula tua, Domine virtutum !
Concupiscet et deficit anima
mea in atria Domini. Glo
ria. Terribilis.
Ce lieu est redoutable ; c'est
la demeure do Dieu et la porte
du ciel, et il sera appelé la
maison de Dieu. Ps. Que vos
tabernacles sont aimables , Sei
gneur , Dieu des armées ! Mon
ume a aspiré aux parvis du Sei
gneur ; elle a défailli de désir.
Gloire.
COLLECTE.
Deus , qui nobis per singulos annos hujus sancti
templi tui consecrationis re
paras diem , et saeris sempermysteriis représentas incolutnes , exaurli preces populi tui , et prœsta ut quis-
O Dieu, qui chaque année re
nouvelez en notre faveur le jour
de la dédicace de cette Eglise
qui vous est consacrée, et qui
permettez que, pleins de santé,
nous assistions à ces sacrés mys
tères, exaucez les prières de
ibo
CULTE DE MARIE.
votre peuple , et faites que tous
ceux qui entreront dans ce tem
ple pour vous adresser leurs
vœux, se réjouissent d'avoir ob
tenu ce qu'ils vous auront de
mandé. Par notre Seigneur.
quis hoc templum beneficia
peliturus ingredetur, cuncta
se impetrasse lsctetur. Per
Dominum Nostrum.
ÉPîTRE.
Lecture de l'Apocalypse de saint Jean. (Ch. 21.)
In diebus il lis, vidi sancEn ces jours-là je vis la ville
sainte, la nouvelle Jérusalem tam civitatem Jerusalem
qui, venant de Dieu, descen novum, descendentem de
dait du ciel , étant parée comme cœlo à Deo paratam sicut
une épouse qui se parc pour son sponsam ornatam viro suo.
époux. Et j'entendis une grande Et audivi voeem magnamvoix qui venait du trône, et de throno dicentem : Ecca
qui disait : Voici le tabernacle tabernaculum Dei cum hode Dieu avec les hommes, et il minibus, et habitavit cum
demeurera avec eux , et ils se eis. Et ipsi populus ejus
ront son peuple ; et Dieu , de erunt , et ipse Deus cum eis
meurant avec eux, sera leur erit eorum Deus ; et absterDieu. Dieu essuiera toutes les get Deus omnem lacrymam
larmes de leurs yeux , et la mort ab oculis eorum , et mors
ne sera plus ; les pleurs, les cris ultra non erit, ncque luctus,
et les travaux cesseront , parce neque clamor, neque dolor
que ce qui a précédé sera passé. erit ultra, quia prima abieEl celui qui était assis sur le runt. Et dixit qui sedebat in
trône dit : Je m'en vais faire throno : Ecce nova facio
toutes choses nouvelles.
omnia.
Ce lieu a été fait par Dieu
même une demeure sacrée et
inappréciable ; il est exempt de
toute impureté. jt Seigneur,
qu'accompagne le chœur des
anges, écoutez les prières de
vos serviteurs. Louez Dieu ,
louez Dieu. jfr Je vous adorerai
dans votre saint temple , et je
rendrai témoignage à votre nom.
Louez Dieu. jp Le Seigneur est
béni dans le temple saint de sa
gloire, et il est au-dessus de
toute louange et de toute gloire
dans tous les siècles des siècles.
Locus iste a Deo factus est
inœstimabile sacramentum,
irreprehensibilis est. jf Deus,
cui astat angelorum cho
rus, exaudi preces servorum
tuorum. Alleluia, alleluia.
jt Adorabo ad templum
sanctum tuum, et confitabor nomini tuo. Alleluia.
v Benedictus es, Domine,
in temphi sancto gloriœ tuse,
et superlaudabilis, et supergloriosus in ssecula. Alle
luia.
NOTRE-DAME DES ANGES.
loi
PROSE.
Jerusalem et Sion liliœ,
Cœtus munis fulelis curia;,
Melos pangant jugisla;titia;.
Alleluia.
Filles de Jérusalem et de Sion,
suinte assemblée des fidèles, que
les voûtas sacrées retentissent de
vos chants d'allégresse. Louez
Dieu.
Christ us enim, norma jus
Le Christ, le Soleil de justice,
tifia;,
reçoit aujourd'hui pour épouse
Matrem nostram desponsat l'Eglise notre mère , l'Église
lu h lie ,
qu'il a tirée de l'abîme de ses
Quam de lacu traxit miseriœ,
Ecclesiam.
Hanc sanguinis et aqua; muncre ,
Dum panderet in crucis ar
bore,
De proprio produxit latere
Deus homo.
Formaretur ut sic Ecclesia ;
Figuratur in prima femina,
Qua; de costis Adae est edita
Mater Eva.
Eva fuit noverca posteris ;
Ha;c est mater electa; generis,
Vitœportus, asylummiseris,
Et tutela.
Hœc est cymba qua tuti vehimur;
Hoc ovile quo tecti condimur;
Itoc columna, qua firmi
nitimur,
Veritatis.
O solemnis festum lœtitiae ,
Quo unitur Christus Ecclesia;,
In quo nostra; salutis nuptiœ
Celebrantur !
Ce Dieu homme, suspendu à
l'arbre de la croix, l'a enfantée
lui-même du sang et de l'cuu
qui sortirent de son côté.
Ainsi fut formée la première
femme, Eve notre mère, d'une
des côtes d'Adam , figure de la
formation future de l'Eglise.
Les enfants d'Eve trouvèrent
en elle une marâtre ; l'Eglise est
la mère d'une race choisie , le
port du salut, le refuge et la
protectrice pour les malheu
reux.
C'est la barque sur laquelle
nous voguons avec sécurité , le
bércail où nous sommes à cou
vert, la colonne de vérité sur
laquelle nous trouvons un ferme
appui.
O saintes et joyeuses solen
nités, où le Christ s'unit à son
Eglise, où sont célébrées ces
noces sacrées qui font notre sa
lut!
CULTE DE MARIE.
loi
Par elles les justes obtiennent Justis inde solvuntur pra>
mia,
I;urs récompenses, les pécheurs
le pardon de leurs crimes, et la Lapsis autem donatur venia,
joie des saints Anges en est aug Et sanctorum augentur gaudia
mentée.
Angelorum.
Ainsi la source de toute sa Ab œterno fons sapientis ,
gesse, par un regard de sa mi Intuitu solius grattse ,
séricorde sur tous, a disposé Sic prœvidit in rerum serie
Hsee futura.
dans la suite des temps l'accom
plissement de ces merveilles.
Que le Seigneur daigne nous Christus jungens nos suis
admettre à ses noces saintes, et
nuptiis ,
nous associer aux joies vérita Recreatos veris deliciis
Interesse faciat gaudiis
bles et éternelles des élus.
Electorum.
Ainsi soit-il.
Amen.
Depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques, au lieu de l'Alleluia,
on dit :
Qui confidunt in Domino ,
Ceux qui se confient dans le
Seigneur seront comme la mon sicut mons Sion ; non comtagne de Sion ; il ne sera point movebiturin œternum, qui
ébranlé celui qui habite dans habitat in Jerusalem. a- Mon
Jérusalem. a- Des montagnes tes in circuitu ejus, Domit'environnent; le Seigneur en nus in circuitu populi sui ,
toure son peuple aujourd'hui ex hoc nunc et in sœculum.
dans l'étermté.
Au temps de Pâques, au lieu du Graduel , on dit :
Je vous adorerai dans votre
saint temple , et je rendrai té
moignage à votre nom. Louez
Dieu, louez Dieu. La maison du
Seigneur est établie sur une
pi rre inébranlable. Louez Dieu.
Adorabo ad templum sanctum timm, et coniitebor nomini tuo. Alleluia , alleluia.
Benc fundata est domus Domini supra tirmam petnun.
Alleluia.
ÉVANGILE.
Suite du saint Evangile selon saint Luc. (Ch. 19.)
En ce temps-là, Jésus étant
In illo tempore : ingressus
entré dans Jericho , parcourait Jesus perambulabat Jericho.
la ville. Et voilà un homme ri Et ecce vir nominc Zache nommé Zachéc , chef des chseus, et hic erat princeps
publicains, qui cherchait à voir publicanorum, et ipse dives :
NOTRE-DAME I)KS ANGES.
et .|ii riél;at viderc .lesum
quis essct , et non poterat
prœ turba , quia statura pusillus crat. Et pra;eurrens
ascemlit in arborem sycomonim ut videret eum, quia
inde crat transiturus. Et
cum venisset ad locum, suspiciens Jesus vtdit illum, et
dixit ad eum : Zacha;e, festinans descende.quia hodic iu
domo tua oportet me mnncre. Et festinans descendit,
et exeppit illum gaudens. Et
cum viderent omnes, murmurabaut, dicentes quod ad
homiiiem pcccatorem divertisset.Stans autcmZacha;um,
dixit adDominum: Ecce dimidium bonorum mcorum ,
Domine, de pauperibus ; et
si quid aliquem defraudavi,
reddo quadruplum. Ait Je
sus ad eum : <„)uia hodie salus doiiuii hic facta est , eo
quod et ipse sit lilius Abraha;. Vemt enim Filius homiuis quœrcre, et salvum
facere quod perierat. Credo.
153
Jésus pour le conuailre. Et il ne
le pouvait à cause de la foule ,
parce qu'il était fort petit. Il
courut en avant et monta sur
un sycomore pour voir Jésus,
parce qu'il devait passer. Et
lorsque Jésus arriva dans cet
endroit, il leva les yeux, et
l'ayant vu, il lui dit : Zachée,
hàtez-vous de descendre, parce
qu'il faut que je m'arrête au
jourd'hui dans votre demeure.
Et Zachée descendit à la hâte ,
et le reçut avcc joie. Et tous
ceux qui le virent dirent , en
murmurant : Il est entré chez
un pécheur. Or, Zachée se pré
sentant devant le Seigneur, lui
dit : Seigneur, je donne la moi
tié de mes biens aux pauvres ;
et si j'ai fait tort à quelqu'un en
quoi que ce soit , je lui rendrai
quatre fois autant. Jésus lui dit :
Cette maison a reçu aujourd'hui
le salut, parce que celui-ci aussi
est enfant d-Abraham. Car le
Fils de l'homme est venu pour
chercher et pour sauver ce qui
était perdu. Je crois.
OFFERTOIRE.
Domine Deus , in simplicitate cordis mei hetus obtuli uiiiversa , et populum
tiuim qui reperius est , vidi
cum ingenti gaudio. Deus
Israel , custodi tibi offerre
donaria in œternum hane
voluntatem cordis eorum, et
semper in venerationem tui
mens ista permaneat.
Seigneur , je vous ai offert
dans la simplicité de mon cœur
toutes ces choses , et j'ai vu ici
votre peuple avec une grande
joie. Dieu d'Israël, conservez
éternellement en eux cette vo
lonté de venir vous apporter
leurs dons , et que ce sentiment
religieux demeure toujours en
eux.
SECRÈTE.
Accordez à nos prières, nous
Annue, qusesumus, Do
mine, precihus nostris, nt vous en prions, Seigneur, que
dumhd'c vota pnesentia red- pendant que nous vous offrons
9.
154
CULTE DE SIAUIE.
ce sacrifice actuel, nous méri- dimus, ad œterna prœmia,
tions, par votre secours, de par- te adjuvante, pervenire mevenir a des récompenses éter- reamur. Pcr, etc.
nelles. Par Jésus-Cbrist NotreScigneur, etc.
PRÉFACE.
Comme à la Messe de l'Assomption , p. 108.
COMMUNION.
Ma maison sera appelée une
Domus mea, domus oramaison de prière , a dit le Sei tionis vocabitur, dicit Domigneur. Quiconque y demande , nus. In ea omnis qui petit ,
reçoit ; celui qui cherche trouve, accipit, et qui quserit inveet il est ouvert à celui qui a nit, et pulsanti aperictur.
frappé.
POSTCOMMUNION.
O Dieu, qui avez préparé à
votre Majesté un temple de
prières vivantes et choisies pour
en faire éternellement votre de
meure , accordez à votre peuple
le secours qu'il vous demande ,
afin qu'en même temps que votre
Église matérielle prend de l'ac
croissement, elle puisse aussi
s'avancer de plus en plus dans
les biens spirituels.
Deus , qui de vivis et electis lapidibus, œternum Majestati tu:u prœparas 'habitaculum, auxiliare populo
tuo supplicanti, ut quod Ecclesia) tuœ corporalibus proficit spatiis , spiritualibus
amplificeturaugmentis. Per.
NOTRE-DAME DES NEIGES.
15a
FETE DE NOTRE-DAME DES NEIGES.
(5 août.)
0 miracle !.... D'un ciel d'été
La neiffe se détacbo , tombe ,
Et pour la pudique colombe
Prcpare un nid de pureté.
Voici ce qu'une antique tradition nous raconte do la
fête de Notre-Dame des Neiges :
« Sous le pontificat du pape Lilù1rc , Jean , patrice
romain, et son épouse, qui était d'une noblesse égale
à la sienne , se trouvant en possession d'une grande
fortune et n'ayant point d'enfants, firent ensemble le
vœu de consacrer tous leurs biens à la très-sainte
Vierge Marie. Ils lui adressèrent donc, avec con
stance , de ferventes prières , atin qu'elle daignât leur
faire connaître par quelque signe, à quelle fonda
tion pieuse devait être employé un patrimoine qui
lui était désormais dévolu. La bienheureuse Mère de
Dieu fut touchée de ce vœu et des supplications qui
l'accompagnèrent; et bientôt après, les deux époux,
animés d'un zèle si pieux et si pur, furent avertis par
un songe qu'il serait agréable à la Reine des Anges
d'avoir un temple sur l'emplacement qu'ils verraient
le lendemain couvert de neige. Or, il arriva que le
a du mois d'août, en l'année 367, dans la saison où les
1S6
CULTE DE MARIE.
chaleurs sont les plus grandes, une neige abondante
couvrit, pendant la nuit, une partie du mont Esquilin ,
l'une des sept collines de Rome. Le pape Libère avait
eu , à la même époque , également en songe , une sem
blable indication ; et , sans aucun délai , il alla solen
nellement en procession, avec le clergé et le peuple, à
la colline couverte de neige ; il y désigna le lieu où de
vait s'élever l'église, qui fut construite magnifique
ment, aux frais du seigneur romain et de sa pieuse
épouse. Cette église fut d'abord nommée la Basilique
de Libère , à cause du souverain pontife qui en avait
jeté les fondements, puis Sainte-Marie-de-la-Crèehe ,
parce que là fut transportée et bien conservée depuis
la crèche où le Sauveur du monde était né : c'est tout
simplement l'assemblage de plusieurs pièces de bois
assez informes , placées dans une châsse d'argent. En
432 , le pape Sixte III fit restaurer le monument qui
prit , vers la même époque , le nom de Sainte-MarieMajeure. Ses successeurs, Sixte V, Paul V et Benoît XIV,
s'occupèrent de l'agrandir et de le décorer. C'est dans la
même basilique que fut déposé, selon la tradition, le
tableau de la Mère de Dieu , peint par saint Luc , dont
les traits n'ont pas été entièrement effacés par le temps.
Tout près de la crèche se trouvent encore les restes
mortels de saint Jérôme. Quelles délicieuses émotions
doivent remplir l'âme du pèlerin qui parcourt ces
lieux et qui y contemple réunis tant d'objets précieux
sous le triple rapport de la religion , des beaux-arts et
des souvenirs ! »
Le peuple de Rome visite avec une grande dévotion
ce sanctuaire , et dans les temps de calamité , il s'y
précipite en foule, espérant en obtenir une protection
NOTRE-DAME DES NEIGES.
157
qui plus d'une fois s'est signalée envers ses ancêtres.
Sainte - Marie - Majeure est d'ailleurs l'une des trois
églises patriarcales où le Pape officie à certaines fêtes ;
les deux autres sont Saint-Jean-de-Latran et SaintPierre-du-Vatican. Enfin , la liturgie a des solennités
pour une fête de la Dédicace de Notre-Dame des Neiges,
qui est célébrée tous les ans le 5 août. Les prières et
les chants propres à la messe du jour sont les mêmes
que ceux des messes ordinaires de la sainte Vierge. —
En nous dispensant, pour ce motif, de les reproduire,
nous croyons cependant devoir citer l'Antienne des
Vêpres. Elle fut composée par saint Augustin, et intro
duite dans le Bréviaire romain par l'autorité des papes
Pie V et Clément Vlll. Elle est textuellement extraite
d'une magnifique prédication du célèbre évêque d'Hipponc , sur la fête de l'Annonciation :
Sancta Maria, succurre miseris, juva pusillanimes, refove
flebiles , ora pro populo , interveni pro clero ; intercede pro
devoto femineo sexu ; sentianl omnes tecum juvamen , quicumque celebrant tuuiii sanctam solemnitatem.
Sainte Vierge Marie , espoir du malheureux ,
Encouragez le faible, aidez le souffreteux ,
Priez pour votre peuple et protégez l'Eglise ;
Favorisez la femme à votre voix soumise ,
Et qu'au pied des autels, les chrétiens aujourd'hui
Ressentent les effets de votre heureux appui.
PROPRE DE LA MESSE DE NOTRE-DAME DES NEIGES.
Ce Propre est le même que celui de la Messe ordinaire de la
sainte Vierge.
158
CULTE DE MARIE.
FÊTE DE NOTRE-DAME DE LA MERCI.
(24 septembre.)
Plus d'un infortuné martyr,
Dans ses ennuis ,
Se consumait au souvenir
De son pays.
(Edmond Géraud.)
Ijouis IX, qui a laissé une mémoire si chère à la
France , comme monarque et comme saint , eut pour
ami intime saint Pierre Nolasque , né dans le Lauraguais , autrefois au diocèse de Saint-Papoul , non loin
de Toulouse. Après s'être fait distinguer par son amour
pour les pauvres, ce pieux Nolasque devint un reli
gieux très-vénéré de son temps. Un jour de l'année
1218 , il était en oraison et fondait on larmes , lorsque
la sainte Vierge lui apparut et lui inspira la pensée de
se consacrer à délivrer d'infortunés chrétiens du joug
des infidèles. 11 obéit , et il fonda , pour la rédemption
des captifs , un ordre nouveau , dont il fut le premier
supérieur général , et qu'il plaça sous la protection de
Notre-Dame de la Merci. 11 fut par conséquent le chef
de ces soldats priants , qui , plus tard , devaient prolé
ger l'Europe entière contre la barbarie musulmane , et
ramener dans leur patrie des captifs délivrés de leurs
chaînes au prix du martyre. Saint Pierre Nolasque fut
secondé dans cette généreuse entreprise par ses con
temporains , saint Raymond de Pennafort , et Jacques ,
NOTRE-DAME DE IA MERCI.
159
roi d'Aragon. Bientôt après il obtint l'approbation du
Saint-Siège, et la fête de la sainte Vierge , sous la
titre de Notre-Dame de la Merci, fut instituée par Gré
goire IX , dans l'Église universelle , en reconnaissance
de la miséricorde spéciale de Marie pour les pauvres
captifs.
Des auteurs dignes de foi ont admis la croyance que
non-seulement Pierre Nolasque avait eu une vision de
la Mère de Dieu , mais que la même faveur avait été
accordée à son directeur, Raymond de Pennafort, et au
prince Jacques d'Aragon : de telle sorte qu'en réalité ,
il y aurait eu trois fondateurs au lieu d'un seul. Au
reste , chacun d'eux prit réellement part à l'institution ,
car Pierre Nolasque , en se dépouillant de tous ses
biens pour cette œuvre , reçut l'habit de la congréga
tion des mains de saint Raymond , en fut créé le pre
mier général , alla plusieurs fois en Afrique pour ra
cheter des esclaves , et fui lui-même chargé de fers à
Alger ; — Raymond de Pennafort médita et dressa, pour
les religieux de l'Ordre , les règles auxquelles ils de
vaient être soumis; — et le roi Jacques, en souvenir
d'une éclatante victoire remportée dans le même temps
par les chrétiens contre les infidèles, fit bâtir tout près
de Valence une église consacrée à la sainte Vierge ; il y
joignit un monastère, et ce fut là le chef-lieu de l'Or
dre. Depuis , le sanctuaire est devenu célèbre par le
concours de pèlerins qui viennent y prier, même des
royaumes étrangers. — L'Église a établi à perpétuité
une fête particulière pour rendre grâces à Marie de
la protection qu'elle a accordée à une institution si
féconde en ses bienfaits. Cette fête a été fixée au 24
septembre.
160
CULTE DE MARIE.
Après avoir consumé son existence à ramener au
pays natal de nombreux captifs qui gémissaient depuis
un temps plus ou moins long sur les côtes d'Afrique ,
Pierre Nolasque, presque septuagénaire, mourut sain
tement la nuit de Noël de l'année 1256 , en récitant le
verset du psaume 110 : < Le Seigneur a envoyé un
Rédempteur à son peuple , et il a fait avec lui une al
liance éternelle. » Ses dépouilles mortelles reposent à
Barcelone.
Ainsi, partout où se portent les regards, on ne voit
que des monuments de l'assistance de Marie, si juste
ment nommée la Consolatrice des affligés. Ici, elle ac
compagne la sœur grise qui monte à un cinquième étage
pour porter des remèdes à un pauvre agonisant; là ,
elle aide la fille du Bon-Pasteur à endormir les remords
et les douleurs du prisonnier livré , dans sa cellule ,
à toutes les tristesses de l'isolement ; plus loin, elle at
tend , sur le seuil de la porte d'un couvent , la misérable
créature qui arrive , défigurée par le vice et meurtrie
par les mépris du monde ; et, comme si l'univers entier
devait être à jamais le domaine de sa miséricorde , elle
bénit le bréviaire et le bâton du Père de la Merci , lors
qu'il s'embarque pour aller réclamer, dans des contrées
lointaines et sauvages, des captifs qui croyaient ne
plus revoir la douce patrie! Si vous demandez à ces
saintes filles et à ces vieillards quelle est la récom
pense dont l'espoir leur inspire un si extraordinaire dévoùment , ils baisseront les yeux par humilité ; mais
vous verrez suspendue à leur ceinture une médaille
de la sainte Vierge qui répondra pour eux.
NOTRE-DAME OE LA MERCI.
Mil
PROPRE DE LA MESSE DE NOTRE-DAME DE LA MERCI.
INTROÏT.
Comme à la Messe de la Conception , p. 26.
COLLECTE.
Dcus qui, per gloriosissimam Filii lui Matrem, ad
liberandos Christi fideles a
potestate paganorum, nova
Ecclesiam tuam proie amplificare dignatus es: prsesta, qusesumus, ut quam
pie veneramur tanti operis
Institutricem, ejus pari ter
meritis et intercessionc, a
peccatis omnibus et captivitate damonis liberemur.
Per eumdem Dominum.
Seigneur, qui, par la Mère
très-glorieuse de votre Fils, avez
daigné enrichir votre Eglise
d'une nouvelle et sainte milice
dévouée à délivrer les chrétiens
du joug des infidèles , faites en
core que celle que nous honorons
comme la fondatrice d'une mis
sion si imposante, puisse par ses
mérites et son intercession nous
affranchir à notre tour des
liens du péché et de la captivité
du démon. Par le même JésusChrist.
ÉPîTRE.
Lecture du livre de la Sagesse , comme à la Messe de la
Présentation, p. 56.
GRADUEL, ÉVANGILE ET OFFERTOIRE.
Comme à la Messe de la Présentation , p. 57.
SECRÈTE.
Tua, Domine, propitiatione, et beatœ Mariœ semper Virginis intercessionc,
ad perpétuam et présentem
h.rc oblatio nobis proticiat
prosperitatem et pacem. Per
Dominum nostrum.
Faites, Seigneur, que par
l'intercession de la bienheureu
se Marie toujours Vierge , cette
oblation nous obtienne la paix
en cette vie et la gloire éter
nelle en l'autre. Par le même
Jésus-Christ.
PRÉFACE.
Comme à la Messe de l'Assomption , p. 108.
COMMUNION ET POSTCOMMUNION.
Comme à la Messe de la Présentation , p. 59.
102
CULTE DE MARIE.
FÊTE DE NOTRE-DAME DE PITIÉ
ou ni; LA COMPASSION.
(Le Vendredi après le dimanche de la Passion.)
Marie fut martyre dans I'àme.
(S. l!iîit> vimii.)
Maria martyr in anima fuit.
Chateaubriand l'a dit quelque part avec le bonheur
d'expression qui lui est familier : « Il y a plus d'en« chantement dans une de ces larmes divines que le
« Christianisme fait répandre, que dans toutes les
« riantes erreurs de la mythologie. Avec une Notre« Dame des Douleurs, une Mère de Pitié, quelque saint
« obscur, patron de l'aveugle, de l'orphelin, du misé« rable, un auteur peut écrire une page plus atten« drissante qu'avec tous les dieux du Panthéon. C'est
« bien là aussi de la poésie ! c'est bien là du mer« veilleux !
Nous osons le prédire ; un temps
« viendra que l'on sera tout étonné d'avoir pu mé« connaître les beautés admirables qui existent dans
« les seuls noms, dans les seules expressions du Chrisce tianisme, et l'on aura de la peine à comprendre
« comment on a pu se moquer de cette religion cé« leste de la raison et du malheur ! »
NOTRE-DAME DE PITIÉ.
163
Rien n'est plus vrai : parmi les divinités du Paga
nisme, il n'y avait place ni pour la charité, ni pour
la pilié. Celui qui s'appela le Fils de l'homme, en
renversant les autels des faux dieux , put seul ouvrir
un monde nouveau à toutes les âmes tendres et élevées
qui s'étaient égarées jusqu'alors, et ce fut lui qui fit
réellement à l'humanité le don sacré des larmes
Indépendamment de la fête qui est célébrée dans
quelques églises, le vendredi avant-veille du diman
che des Rameaux, et dont nous parlerons bientôt,
il existe une dévotion fort touchante qui s'y rattache.
Le père Messir, de la compagnie de Jésus, qui mourut,
le 4 janvier 1732, dans la ville de Lima, établit dans
ces lieux une solennité destinée à rappeler l'agonie de
Jésus-Christ et les angoisses de la Vierge-Mère. Il com
mençait la cérémonie à midi , le Vendredi-Saint , et il
la continuait pendant trois heures, jusqu'au moment
où l'on est dans l'usage d'honorer la mort du Sauveur.
En 1788, cette attendrissante dévotion s'introduisit à
Home ; puis, elle fut mise en pratique dans un grand
nombre d'églises , et elle s'est répandue dans tout l'uni
vers ; car tout l'univers souffre, et demande à Dieu de
sanctifier ses larmes. Depuis lors l'ancienne fête de
Notre-Dame de Pitié est devenue comme la préparation
aux trois heures d'agonie du Vendredi-Saint. C'est à
Cologne que cette fête prit naissance au quinzième
siècle. Un concile voulant réparer les injures faites à
Marie par un hérétique, nommé Jean Hus, et ses sec
taires, ordonna de célébrer chaque année, en Carême,
la fêle des Douleurs ou de la Compassion de la sainte
Vierge. Cette célébration, conservée dans plusieurs
diocèses , suit le cours des fêtes mobiles , et est fixée ,
164
CULTE DE MARIE.
comme nous l'avons dit, au vendredi qui précède le
dimanche des Rameaux. Les noms de Notre-Dame de
Pitié et de Notre-Dame des Sept-Douleurs lui ont eté
souvent appliqués , mais généralement aujourd'hui on
ne l'appelle plus que la Pitié ou la Compassion.
Rien n'est plus simple à la fois et plus véhément que
l'offiee du jour. Quels sont, en effet, les gémissements
et les invocations que l'âme chrétienne y exhale ? Elle
s'écrie dans l'Introït : « Seigneur, mon Dieu , qui êtes
« mon Sauveur, je crie vers vous le jour et la nuit ! »
Dans le Graduel : « 0 vous tous qui passez par le che« min, ne vous intéressez-vous point à mes maux?
« Considérez et voyez s'il est une douleur semblable à
« ma douleur ? » Enfin, dans l'Évangile : « La Mère de
« Jésus et la sœur de sa mère , Marie , femme de Cléo« phas , et Marie Madeleine , étaient debout près de sa
« croix ; stabant juxta crucem. » C est sans nul doute
à ces dernières paroles qu'a été emprunté le début de
la prose : Stabat Mater dolorosa, juxta crucem lacrymosa..., cri éternel qui va frapper l'âme de toutes les
mères à qui la mort enlève un enfant et qui ne veulent
plus être consolées!...
LES FIANÇAILLES ET LE MARIAGE.
165
LES FIANÇAILLES ET LE MARIAGE. - LA MATERNITÉ.
L'EXPECTATM.
O Jérusalem, ville du Dieu très-haut,
lève autour de toi tes regards, et vois ton
Seigneur qui va venir pour te dégager de
tes liens.
(Ancienne antienne du rit romain.)
O Hierosolyma, civitas Dei simimi, leva
in circuitu oculos tuos, et vide Dominum
tuum , quia jam veniet solvere te a vinculis.
LES FIANÇAILLES ET LE MARIAGE.
(23 janvier.)
D'après la coutume des Juifs, depuis le moment des
fiançailles jusqu'au jour du mariage, Marie fut confiée à
son époux. Les fîançailles se célébrèrent suivant l'usage
des temps antiques : les futurs époux se donnaient la
main ; le fiancé mettait un anneau au doigt de sa fian
cée, et la bénédiction du Pontife donnait le sceau spi
rituel à la promesse réciproque de vivre ensemble.
Quelques mois après, les noces de la sainte Vierge
eurent lieu à Jérusalem ; les fêtes durèrent sept jours,
après lesquels les époux rentrèrent à Nazareth.
166
CULTE DE MARIE.
Le mariage même , d'après une ancienne tradition ,
ayant été célébré le 23 janvier, les premiers Chrétiens
avaient attaché à cette époque une solennité en l'hon
neur de la sainte Vierge ; mais ce ne fut que vers le
seizième siècle que l'Église permit de la considérer
comme une de ses fêtes. Cette solennité est mentionnée
dans le traité de la Béatification et de la Canonisation
des Saints, par Benoît XIV. Quelques églises de Flandre
seulement l'ont conservée ; mais elle est tombée en
France dans une sorte de désuétude qui nous autorise
à ne pas nous étendre sur ce sujet. 11 en sera de même
des deux suivantes, par des motifs analogues.
LA MATERNITE DE LA SAINTE VIERGE.
(Le deuxième dimanche d'octobre.)
« Marie est dans le saisissement , s'écrie saint Augustin, en traitant ce sujet, elle est dans l'admiration de se voir mère ; elle est transportée de joie
d'avoir eu un fils par l'opération du Saint-Esprit ;
elle n'est point troublée de cette maternité, et elle
la contemple au contraire avec un vif sentiment de
bonheur. »
C'est en souvenir de cet événement miraculeux et
des sentiments qu'elle fit naître dans l'âme si pure de
la Vierge Marie, que, dans les temps anciens, on célé
bra dans quelques églises, le deuxième dimanche d'oc
tobre, la fête de la Maternité.
«
«
«
«
«
«
l'expfxtation.
187
i.'expectation.
(18 décembre.)
La fête de l'Expectation ou de l'Attente indique, par
son nom seul, son origine et son objet ; aussi suffit-il
d'en rappeler les traits principaux.
Sans nul doute, Joseph et Marie, dans leur modeste
habitation de Nazareth, partageaient toutes leurs jour
nées entre la prière et le travail. Ils étaient d'ailleurs
inséparables, car l'Évangile ne fait mention que d'un
court voyage de Marie, celui où elle alla vers les mon
tagnes, en la ville de Juda, voir sa cousine Elisabeth,
et où elle s'entendit appeler des doux noms de Bien
heureuse et Bénie entre toutes les femmes. Ce fut dans
cette touchante visite que, suivant les expressions d'un
saint Père : « Elisabeth , la première , écouta la voix ,
« mais Jean , le premier, sentit la grâce ; elle aper« çut l'arrivée de Marie, et il pressentit l'avènement
« de Jésus. » Alors fut entonné l'immortel cantique
Magnificat. Trois mois après, la chaste épouse rentra
sous le toit conjugal pour y reprendre ses travaux ac
coutumés auprès de Joseph. Dieu ne tarda pas à envoyer
à cet homme juste un ange qui lui révéla le mystère de
la sainte Maternité, en lui disant : « Joseph, fils de
« David, ne craignez pas de prendre avec vous Marie,
« votre épouse ; car ce qui est né en elle est du Saint« Esprit. » Le Patriarche ému comprit l'immensité de
l'honneur qui lui était fait , combien il devait s'estimer
heureux d'être appelé à tenir lieu de père sur la terre
au Fils de Dieu , au Fils d'une Vierge ; et dès ce mo
168
CULTE DE MARIE.
ment, Marie et Joseph furent dans Yattente de l'enfan
tement prédit par Isaïe, jusqu'au jour où le Messie, fils
de David , dut quitter Nazareth pour naître , selon les
prophéties , dans Bethléem , humble patrie de David.
C'est en mémoire de cette expectation, où la figure de la
sainte Vierge apparaît environnée d'une triple auréole
de pudeur, d'inspiration et de joie, que l'Église a voulu
instituer une fête particulière. Quelques auteurs, et
notamment Bérgier, n'ont fait qu'une seule solennité
de cette fête et de celle de l'Annonciation ; mais ce sont
deux solennités distinctes. 11 est vrai qu'à Tolède et
dans plusieurs autres lieux de l'Espagne les églises cé
lèbrent, le 18 décembre, à la place de l'Annonciation,
la fête de l'Attente des couches de Marir. On y honore
pendant huit jours la sainte Vierge par une Messe par
ticulière , à laquelle assistent surtout les femmes en
ceintes. En Italie, on célèbre aussi, à la même époque,
une Messe de l'Expectation de l'Enfantement. On la dit
également en France dans quelques églises ; au sur
plus elle ne diffère nullement de celle que l'on dit en
l'honneur de la sainte Vierge, pendant le temps de
l'Avent.
Si l'on veut avoir de plus amples détails sur les trois
fêtes dont il vient d'être fait mention, on peut consulter
le traité de la Béatification et de la Canonisation de
Saints par le pape Benoit XIV.
L EXPECTATION.
109
PROPRE DE LA MESSE DE L'EXPECTATION.
INTROlT.
Rorate cœli desnpcr, et
nubes pluant justiim : aperiatur terra et germinct
Salvatorem. Ps. Cœli enarrant gloriam Dei et opera
mamuon ejus annuntiat tirmamentum. i Gloria Patri.
Cieux, versez votre rosée
nuées , répandez la justice. Que
la terre s'ouvre et enfante son
Sauveur. Ps. Les cieux racontent la gloire de l'Eternel et
le firmament publie les œuvres
de ses mains.
COLLFXTE.
Deus, qui de beata; Ma
ria; Virginis utero , verbum
Imiiii, Angelo nuntiante,
carnem suscipere voluisti :
prœsta supplicibus tuis, ut
qui vere eam Genitricem
Dei credimus, ejus apud te
intercessionibus adjuvemur.
Per eumdem Dominum.
Dieu, qui, sur la parole de
l'Ange, avez voulu que votre
Verbe revêtît un corps mortel
du sein de la bienheureuseVierge Marie , soyez propice à
nos supplications, afin que nous
soyons assistés de l'intercession
de celle que nous regardons
comme la véritable Mère de
Dieu.
ÉPÎTIIE.
Lecture du prophète Isaïe. (Cb. 7.)
Alors le Seigneur parla à
In diebus illis locutus est
Dominos ad Achaz, dicens : Achaz et lui dit: Demande un
Pete tibi signum a Domino prodige au Seigneur ton Dieu
Deo tuo, in profundum in- au plus profond de l'abîme ou
ferni, sive in excelsum su au plus haut des cieux. Achaz
pra; et dixit Achaz: Non répondit: Je me tairai; je ne
petam, et non tentabo Do tenterai pas le Seigneur. Le pro
minum. Et dixit: Andite phète s'ecria : Ecoutez, maison
ergo domus David. Num- de David : N'est-ce donc pas
quid parum vobis est, mo- assez pour vous de lasser la pa
lestos esse hominibus, quia tience des hommes ? Faut-il
molesti estis et Deo meo? que vous lassiez encore celle de
Propter hoc dabit Dominos mon Dieu? C'est pourquoi le
ipse vobis signum. Ecce, Seigneur vous donnera luiVirgo concipiet, et pariet même le signe de votre durée.
10
170
CULTE DE
Voilà que la Vierge concevra et
enfantera un fils, et il sera ap
pelé Emmanuel. Il se nourrira
de lait et de miel, jusqu'à ce
qu'il sache rejeter le mal et
choisir le bien.
Princes de la terre, ouvrez
vos portiques; portes éternel
les, abaissez-vous ; le Roi d'éter
nelle gloire s'avance. vf Qui
gravira la montagne du Sei
gneur, ou qui pénétrera dans
son sanctuaire? Celui-là seul
dont les mains sont innocentes
et le cœur pur. Louez Dieu,
louez Dieu. jfr Voilà qu'une
Vierge concevra et enfantera
Jésus-Christ. Louez Dieu.
MARIE.
filium , et vocabitur nomen
ejus Emmanuel. Butyrum et
mcl comedet ; ut sciat reprobarc mnlum et eligere
bonum.
Attollite portas, princi
pes, vestras, et elevamini
portse a-tcrnales, et introibit
Rex gloriœ. i Quis ascendet
in montem Domini, aut quis
stabit in loco sancto ejus:1
Innocens manibus et mundo
corde. Alleluia , alleluia.
f Ecce Virgo concipiet , et
pariet Filium Jesum Christum. Alleluia.
EVAXGILE.
Suite du saint Evangile selon saint Luc. (Ch. 1.
Dans ce temps-li), l'ange Ga
In illo tempore missus est
briel fut envoyé par Dieu en ançelus Gabriel a Dm in
une ville de Galilee, qui avait civitatem Gulilœas , cui nonom Nazareth, à une vierge, men Nazareth, ad virginem
mariée à un homme nommé Jo desponsatam viro , cui noseph, de la maison de David, et men erat Joseph , de domo
le nom de la vierge était Ma David, et nomen virginis
rie. Et l'ange étant entré vers Marise. Et ingressus ange
elle, dit : Je vous salue, Marie, lus ad eam, dixit : Ave, grapleine de grâce, le Seigneur est t ia plena , Dominus tecum ,
avec vous; vous êtes bénie en benedicta tu in mulicribus.
tre toutes les femmes. Marie Qus cum audisset, turbata
entendant fut troublée par ces est in sermone ejus, et coparoles, et elle pensait à ce que gitabat qualis esset ista satouvait être cette salutation. lutatio. Et ait angelus ei :
t l'ange lui dit : Marie, ne Ne timeas , Maria , invecraignez rien , car vous avez nisti enim gratiam apud
trouvé grâce devant Dieu. Voi Deum : ecce concipies in
là que vous concevrez en votre utero, et paries tilium, et
sein et vous enfanterez un Fils, vocabis noinen ejus Jesum.
et vous l'appellerez du nom de Hic erit magnus, et Filius
Jésus. 11 sera grand et s'appel aUissuni vocabitur, et dabil
lera le Fils du Très-Haut et le illi Dominus Dens sedem
L EXPECTATION.
David patiis ejus : ut regnabit in domo Jacobui ;i;ternnm , et regni ejus non erit
finis. Dixit antem Maria ad
angelum : Quomodo liet istml : quoniam virum non
cognosco ? Et respondens
angelus dixit ci : Spiritus
sanctus superveniet in te,
et virtus Altissimi obrumbabit tibi. Ideoquc et qnnd
nascetur ex te Sanctum, vocabitur Filins Dei. Et ecce
Elisabeth cognata tua, et
ipsa concepit lilium in senectute sua : et hic mensis,
sextus est il Ii , quse vocatur
stcrilis. Quia non erit impossibile apud ' Dcum omne
verbum. Dixit autem Ma
ria : Ecce ancilla Domini,
fiat mihi secundum verbum
tuum. Credo.
171
Seigneur Dieu lui donnera le
trône de David son père; et il
régnera sur la maison de Jacob
éternellement, et son règne
n'aura pas de fin. Or, Marie
dit à l'ange : Comment se fera
ceci, puisque je ne connais point
d'homme: Et l'ange répondant
lui dit: Le Saint-Esprit viendra
en vous, et la vertu vous cou
vrira de son ombre; c'est pour
quoi le Saint qui naitra de vous
s'appellera le Fils de Dieu. Et
voila qu'Elisabeth, votre paren
te, a aussi conçu un fils en sa
vieillesse, et ce mois est lo
sixième pour celle qui était ap
pelée stérile. Car rien ne sera
impossible à Dieu. Or, Marie
dit: Voici la servante du Sei
gneur; qu'il me soit lait selon
votre parole. Je crois.
OFFERTOIIU:.
Ave, Maria, gratia plena,
Je vous salue, Marie, pleine
Dominus tecum ; benedicta de grâce, que le Seigneur soit
tu in mulieribus , et bene- avec vous; vous êtes bénie entre
dictus ventris tui.
toutes les femmes, et le fruit de
votre sein est béni.
SECnÈTE.
In mentibus nostris, qussumus , Domine , verœ fidei
sacramenta confirma , ut
qui conceptum de Virgine
Deum verum et hominem
contitemur : per ejus salutiferœ resurrectionis potentiam, ad œtcrnam mercamur pervenire lœtitiam. Per
eumdem Dominum.
Daignez, Seigneur, confirmer
dans nos esprits le sacrement
de la foi, afin que par celui que
nous reconnaissons être Dieu et
homme, conçu dans le sein
d'une Vierge, et par l'clTct de
sa résurrection, gage de notre
salut, nous puissions obtenir les
bienfaits de la joie éternelle .
Comme à la Messe de l'Assomption , p. 108.
172
CULTE DE MARIE.
COMMUNION.
Eccc Virgo concipiet, et
Voilà que la Vierge concevra
et enfantera un Fils, et son nom pariet Filium , et vocabitur
nomen
ejus Emmanuel.
sera Emmanuel.
POSTCOMMUNION.
Seigneur, répandez, s'il vous
plaît, votre grâce dans nos
ames, afm qu'ayant connu par
le ministère de l'ange l'incar
nation de Jésus-Christ votre
Fils, nous puissions par les mé
rites de sa Passion et de sa
Croix parvenir à la gloire de sa
résurrection. Par le même Jé
sus-Christ notre Seigneur.
Gratiam tuam, quœsumus.
Domine , mentibus nostris
infunde , ut qui , angelo
nuntiante , Christi Filii tui
incarnationem cognovimus;
per Passionem ejus et Crucem ad resurrectionis gloriam perducamur. Percumdem Dominum.
MESSES VOTIVES
OU A DÉVOTION
Ei\ L'HONNEUR DE LA SAINTE VIERGE,
III
Le Samedi ( sMxitum , jour i/u repos )
est convenablement destine à honorer la
sainte Vierge; car la Ssgesse se reposa en
elle, comme dans nu lit sacre, par le
mystère de l'Incarnation du Verbe.
(S. Pierre Da.mien. i
L'Église a institué particulièrement des messes qu'on
désigne sous le nom de messes votives ou à dévotion.
Ces messes se disent ordinairement pour quelque inten
tion spéciale, en dehors de l'office du jour. — Le mot
votive vient de votum, vœu, promesse faite à Dieu. L'u
sage des messes votives remonte aux premiers siècles du
Christianisme, puisque saint Augustin et saint Prospcr,
entre autres , en font mention , le cardinal Bona cite
également et rapporte au huitième siècle l'existence du
saeramenlaire d'une reine de Suède, lequel contenait
un grand nombre de messes votives pour le salut des
fidèles, pour les voyageurs et pour divers anniversaires.
in.
174
CULTE DE MARIE.
Ordinairement la messe doit concorder avec l'office
du jour ; il existe à cette règle quelques exceptions in
diquées par les rubriques (on appelle rubriques , de r«ber (rouge), les remarques écrites en encre rouge, qui
tracent le cérémonial de la messe) . Parmi ces excep
tions , le rit romain place en première ligne les messes
votives en l'honneur de Marie. Toutefois lorsque le sa
medi n'est pas occupé par une fête semi-double , ou
n'appartient pas aux féries privilégiées, on célèbre ce
jour-là l'office et la messe en l'honneur de la sainte
Vierge.
Le bienheureux Pierre Damien écrivait, en traitant
ce sujet , dans le onzième siècle , au cardinal Didier ,
abbé du Mont-Cassin, depuis pape sous le nom de
Victor 111 :
« 11 s'est établi en quelques églises une belle cou
rt tume , celle de célébrer les samedis une fête parti« culière de la sainte Vierge. Le lundi est consacré
« aux anges et le vendredi à la croix. Ce jour-là , nos
« frères jeûnent au pain et à l'eau , puis ils célèbrent
« la messe de la Croix pour obtenir sa protection.
« Quant au samedi, qui est le jour où il est écrit que
« Dieu se reposa , il était très-convenable de le dédier
« à la sainte Vierge , puisque la Sagesse s'est reposée
« en elle par le mystère de l'Incarnation. Et il ne faut
« pas douter que les fidèles qui lui rendent cet hom« mage ne s'attirent son secours. »
On trouve dans le Missel romain cinq messes vo
tives de la Vierge, pour divers temps de l'année : la
première pour l'Avent, dont l'Introït est Rorate, avec
l'Évangile Missus est angelus ; la seconde , pour le
temps de la Nativité de Notre-Seigneur jusqu'à la
MESSES VOTIVES.
175
Purification, dont l'Introït est Vullum tuum et l'É
vangile Pastores loquebantur ; la troisième , propre au
temps qui s'écoule depuis cette dernière fête jusqu'à
Pâques, avec l'Introït Salve, sancta Parens et l'Évangile
Loquente Jesu ad turbas ; la quatrième , depuis Pâques
jusqu'à la Pentecôte , ayant le même Introït et l'Évan
gile Stabant juxta crucem; enfin la cinquième, depuis
la Pentecôte jusqu'à l'Avent , semblable à la troisième
pour l'Introït et l'Évangile, excepté au verset de l'Alleluia et à l'Offertoire. — Pour Paris, le Missel de Noailles a six messes votives de la sainte Vierge , en y com
prenant celle de la Compassion qui n'est pas dans celui
de Rome, et en outre] la messe Salve, sancta Parens;
le Missel de Vintimille a fait quelque changement dans
les premières et a supprimé la dernière. Sans nous
occuper de ces variations qui se sont étendues à divers
diocèses, remarquons, en terminant, que toutes ces
messes sont également sous le titre de Beata (de la
Bienheureuse), soit pour désigner la béatitude excellente
de la sainte Vierge , soit à cause de la qualité que s'at
tribue Marie elle-même , lorsque dans le" Magnificat
elle s'écrie : « Beatam me dicent omnes generationes :
« Toutes les nations me nommeront Bienheureuse. »
Après avoir donné le propre des Messes dans les fêtes
plus ou moins solennelles de la sainte Vierge , nous
croyons devoir y ajouter celui des messes à dévotion.
C'est aussi pourquoi, dans le but de répondre au désir.
des personnes pieuses qui aimeraient à se faire accom
pagner de ce livre jusque dans l'église , nous repro
duirons ailleurs, indépendamment du texte de la messe
ordinaire, qui se trouve à la fin de cet ouvrage, l'Of
fice entier de la sainte Vierge, avec des explications.
i-r-
CULTE DE MARIE.
MESSE DE BEATA.
Le Seigneur a regardé l'humité de sa servante ; c'est là ce
qui me fera appeler Bienheu
reuse dans la suite de tous les
siècles. Ps. Chantez au Seigneur
un cantique nouveau, parce qu'il
a fait des prodiges. Gloire.
Respexit Dominus humilitatem ancilhe suœ : cece ex
hoc beatam me dicent om
nes generationes. Ps. Can
tate Domino cauticum novum; quia mirabilia fecit.
Gloria. Respexit.
COLLECTE.
Daignez, Seigneur, accorder
à nous qui sommes vos servi
teurs la santé de l'âme et du
corps ; et faites , par l'interces
sion de la bienheureuse Marie,
toujours vierge, que nous soyons
délivrés des maux de la vie "pré
sente, et que nous jouissions
dans le ciel de la félicité éter
nelle. Par Notre-Seigneur.
Concede nos famulos tuos,
quœsumus, Domine Deus,
perpetua mentis et corporis
sanitate gaudere; et gloriosji
heatœ Maria; semper virginis intercessionc , a prœsenti liberari tristitia , et
œterna perfrui la;titia. Per
Dominum.
Memoire du SaiHt-Espril.
OREMUS.
O Dieu qui avez instruit les
cœurs des fidèles par la lumière
du Saint-Esprit , donnez-nous
par le même Esprit la connais
sance et l'amour de la justice, et
faites qu'il nous remplisse tou
jours de ses divines consolations.
Par Notre-Seigneur.
Deus qui corda fidelium
sancti Spiritus illustratione
docuisti, da nobis in eodem
Spiritu recta sapere et de
cjus semper consolatione
gaudere. Per Dominum.
Quand on célèbre la fête du saint Rosaire , on dit l'Oraison :
O Dieu dont le Fils unique
Deus cujus Unigenitus per
nous a acquis les récompenses vitam , mortem et resurrecdu salul éternel, par sa vie, sa tioncm suam, n»bis salutis
SES VOTIVES.
œtenue pnemia comparait,
concede, quœsumus, ut ha;c
mysteria sanctissimo beat;»
Maria; virginis Rosario rccolentes, et imitemur quod
continent et quod promittunt assequamur. Per cumdem Jesum Christum.
177
mort et sa résurrcction, nous
vous prions de nous accorder,
en célébrant ces mystères en
l'honneur du très-saint Rosaire
de la bienheureuse vierge Ma
rie, d'imiter ce qu'ils renfer
ment et d'acquérir ce qu'ils pro
mettent. Par le même JésusChrist.
ÉI'ÎTKE.
Lecture de l'épitre de saint Paul aux Galates. (Ch. 4.)
Mes frères, lorsque nous riions
Fratres, cum essemus parvuli , sub elementis mundi encore enfams, nous étions aseramus servientes. At ubi sujétis aux premières instruc
venit plenitude temporis , tions que Dieu a données au
misit Deus Filium suum, monde ; mais lorsque les temps
factum ex muliere, factum ont été accomplis, Dieu a envoyé
sub lege, ut ces qui sub son Fils, formé d'une femme et
loge erant redimerct ; ut assujéti à la loi, pour racheter
adoptionem filiorum recipe- ceux qui étaient sous la loi, atin
remus. Quoniam autem estis que nous devinssions des enfants
lilii , misit Deus spiritum d'adoption. Et pane que vous
Filii sui in corda vestra, cla- êtes enfants, Dieu a envoyé dans
vos cœurs l'esprit de son Fils,
mantem : Afibo, Pater !
qui crie : Mon Père ! mon Pcrr !
Fecit mihi magna qui potens, est, et sanctum nomen ejus. y Et misericordia ejus a progenie in progenies timentibus cum. Al
leluia, alleluia. y Benedicla
tu in mulieribus, et bçnedictus fructus ventris tui.
Alleluia.
Le Tout-Puissant a fait en
moi de grandes choses , et son
nom est saint. y Sa miséricorde
se répand de race en race sur
«eux qui le craignent. Alleluia,
alleluia. j> Vous êtes bénie en
tre les femmes, et le fruit de
votre sein est béni. Alleluia.
Suite du saint Evangile
In illo tempore , loquente
Jesu ad turbas, extollens
vocem qux-dam mulier de
turba dixit illi : Beatus ven-
selon saint Luc. (Ch. 11.)
En ce temps-là Jésus parlait
à un grand nombre de person
nes, lorsqu'une femme, élevant
sa voix au milieu du peuple, lui
178
CILTE DE MARIE.
dit : Heureuses les entrailles qui
vous ont porté, et les mamelles
qui vous ont allaité! Jésus lui dit:
Mais plutôt heureux ceux qui
entendent la parole de Dieu et
qui la pratiquent.
ter qui le ports ut, et ubera
quœ suxisti ! Al ille dixit :
Quinimo beati qui audiunt
verbum Dei et custodiunt
illud.
OFFERTOIRE.
Les filles de Tyr viendront
Filise Tyri in mulieribus ;
avec leurs présents ; tous les vultum tuum deprecabunriches d'entre les peuples vous tur omnes divites plebis.
adresseront leurs prières.
SECRÈTE.
Faites, Seigneur, par votre
miséricorde et par l'intercession
de la bienheureuse Marie tou
jours vierge , quo cette oblation
nous serve pour obtenir la paix
en cette vie et la gloire éternelle
en l'autre ; par Notre-Seigneur.
Tua, Domine, propitiatione , et beatœ Mariœ semper virginis intercessione ,
ad perpetuam atque prœsentem hœc oblatio nobis
proticiat prosperitatem et
pacem : per Dominum.
Du Saint-Esprit.
Daignez , Seigneur, sanctifier
ces dons que nous vous offrons ,
et purifiez nos cœurs par la lu
miere du Saint-Esprit ; nous
vous en supplions par N.-S.
Muncra, qu.Tsumus, Do
mine, oblata sanctifica; et
corda nostra sancti Spiritus
illustratione emunda ; per
Dominum.
Le jour de la fête du saint Rosaire , on dit l'Oraison
qui suit :
Faites, nous vous en sup
plions, Seigneur, que nous
soyons dans les dispositions con
venables pour vous présenter
cette offrande; et que nous mé
ditions si bien , en récitant le
saint Rosaire, les mystères de
la vie, de la passion et de la
gloire de votre Fils unique, que
nous méritions d'obtenir l'effet
de ses promesses. Par, etc.
Fac nos , quœsumus , Do
mine, his muneribus offerendis convenienter aptari;
et per sanctissimi Rosarii
mysteria , sic vitam , passionem et gloriam Unigeniti
tui rccolere, ut ejus digni
promissionibus efliciamur.
Per cumdem Dominum, etc.
PREFACE.
Comme à la Messe de l'Assomption , p. 108
MESSES VOTIVES.
179
COMMUNION.
Qui creavil me , requievit
Celui qui m'a crée , a reposé
dans mon tabernacle.
in labernaculo meo.
POSTCOMMIMON.
Sumptis, Domine, salutis
nostra; subsidiis : da , quœsumus, beata; Maria; semper
virginis patrociniis nos nbique protegi, in cujus veneratione ba;c tua' oblutimus
Majestati : per Dominum.
Seigneur, qui nous avez fait
recevoir dans ce sacrement le
gage du salut éternel, ne cessez
point de nous accorder votre
protection , par l'intercession et
les prières de la vierge Marie ,
en mémoire de laquelle nous
avons offert ce sacrilico & votre
souveraine Majesté.
Du Saint-Esprit.
Sancti Spiritus, Domine,
Que votre Saint-Esprit, Sei
corda nostra mundet infu- gneur , se répande dans nos
sio , et sui roris intima as- cœurs, qu'il les pénètre de la
persione fœcundet : per Do céleste rosée , et qu'il les rende
féconds en bonnes œuvres; par
minum.
Notre-Seigneur.
A la fête du saint Rosaire , on dit :
Sanctissimœ
Genitricis
tuœ, cujus Rosarium celebramus, qua;sumus, Domine,
precibus adjuvemur : ut et
mysteriorum quœ recolimus,
virtus prœcipiatur, et sacramentorum quœ sumpsimus
obtineatur effectus. Qui vivis
et regnas.
Faites, Seigneur, que nous
soyons secourus par les prières
de votre sainte Mere , dont nous
célébrons le Rosaire en ce jour;
alin que nous éprouvions la
vertu des mystères dont nous ré
vérons la mémoire , et que nous
ressentions les effets du sacre
ment que nous avons reçu.
ISO
CULTE DE MAIUE.
AITRE MESSE DE LA SAINTE VIERGE,
A DÉVOTION.
Dans quelques églises , on chante à la procession le Répons
qui suit :
h- O Vierge sainte et imma
culée , je ne sais par quels élo
ges vous célébrer, parce que
vous avez porté dans votre sein
celui que les cicux ne peuvent
contenir.
J Vous êtes bénie entre tou
tes les femmes, et le fruit de
vos entrailles est béni. Parce
que vous, etc.
h- Sancta et immaculata
virginitasquibus te lsudibus
cfferam nescio ; quia quem
ciili capere non potuerunt ,
tuo gremio contulisti.
>' Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus
ventris lui. Quia quem cieli,
etc.
IKTROlT.
Salut, ô ssinte Mère, qui,
vierge , avez enfanté le Roi des
rois, celui qui gouverne le ciel
et la terre dans les siècles des
siècles. Ps. Mon cour a produit
une excellente psrole : c'est au
Roi que j'adresse mes canti
ques. Gloire au Père.
Salve , sancta Parens ,
enixa puerpera Regem : qui
ccelum , lerramque regit in
sœcula sœculorum. Ps.Kructavit cor meum verbum bonum : dieu ego opera mea
Regi. filoria Patri.
Daignez , Seigneur, accorder
à vos serviteurs la santé de l'âme
et du corps; et faites, par l'in
tercession de la bienheureuse
Marie , toujours vierge , que
nous soyons délivrés des maux
de la vie présente, et que nous
jouissions dans le ciel de la féli
cité éternelle. Par Notre-Seigneur.
Concede nos famulos tuos,
qussumus , Domine Deus,
p ?rpetua mentis et corporis
sanitate gaudere; ctgloriosa
beatse Mariœ semper virginis intercessione, a prsesenti
liberari tristitia, et œterna
perfrui hetitia. Per Dominum.
1S1
MFSSES VOTIVES.
ÉPÎTRE.
Lecture du livre de l'Ecclésiastique. (Ch. 24.)
Ab initie- et ante saccula
creata simi , et usque ad fuliiniin sa'culum non desinam , et in habitatinne
sancta coram ipso ministravi. Et sic in Sion firmata
su h » , et in civitate sanctificata similiter requievi , et
in Jerusalem potestas mea.
Et radicavi in populo honorificato et in parte Dei mei
ha1reditas illius, et in plenitudine sanctorum detentio
mea.
J'ai été créée dès le commen
cement et avant les siècles, je
ne cesserai point d'être dans la
suite de tous les âges. J'ai exer
cé devant Dieu mon ministère
dans la maison sainte, j'ai été
affermie dans Sion , j'ai trouvé
mon repos dans la cité sainte ,
et ma puissance est établie dans
Jérusalem. J'ai pris racine dans
le peuple honoré et dont l'hé
ritage est le partage de mon
Dieu , et j'ai établi ma demeure
dans l'assemblée de tous les
saints.
Benedicta et venerabilis es,
virgo Maria, quœ sine tac
tu pudoris inventa es Ma
ter Salvatoris. * Virgo Dei
Genitrix , quem totus non
capit orbis, in tua se clausit
viscera, factus homo. Alle
luia, alleluia. V Post parIiiiii virgo inviolata permansisti. DeiGenitrix, intercede
pro nobis. Alleluia.
Vous êtes bénie et digne de
vénération , ô vierge Marie ,
qui, sans avoir rien perdu de
votre virginité , êtes devenue la
Mère du Sauveur. i O Vierge ,
Mère de Dieu, celui que l'uni
vers entier ne peut contenir, a
voulu , en se faisant homme, se
renfermer dans votre chaste
sein. Alleluia, alleluia. O Marie,
vous êtes demeurée parfaite
ment vierge après l'enfantement. Mère de Dieu, intercédez pour nous. Alleluia.
ÉVANGILE.
Le même Evangile qu'à la Messe précédente.
OFFERTOIRE.
Ave , Maria , gratis plena , Dominus tecum ; bene
dicta tu in mulicribus, et
benedictus fructus ventris
tui.
Je vous salue , Marie , pleine
de grâce, le Seigneur est avec
vous ; vous êtes bénie entre
toutes les femmes, et le fruil de
votre sein est béni.
11
482
CtiLÎE DE MARIE.
SBCBÈTB.
Comme à la Messe précédente.
COMMUNION.
Bienheureuses les entrailles
Beata viscera Mariœ virde la vierge Marie qui ont porté ginis qum portavemnt œterle fils du Père éternel.
ni Patris Filium.
POSTCOMMUNION.
Comme à la Messe précédente.
OFFICE DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE.
Matines et Landes.
Prime. — Tierce. — Sexte. — Noue. — Vêpres. — Complies.
IV
A Matines, le Chrtst, qui des liens du crime
Dégage le pécheur, est lui-même lié ;
Des plus sanglants allronts il est couvert à Prime ;
Sous un arrêt de mort à Tierce humilié ;
A Sexte , sur la croix , l'amour le sacrifie ;
A None , de sou sang , un fer est arrosé ;
A Vêpres , de la croix , son corps est déposé ;
Au sepulere il descend à l'heure de Complie.
Matutina ligat Christum qui crimina solvit ;
Prima replet sputis ; causam dat Tertia mortis ;
Sexta cruci nectit; latus ejus Nona bipartit;
Vespera deponit ; tumulo Completa reponit.
Dans les livres d'église, aux premiers siècles du
Christianisme , on se servait des mêmes noms que les
païens pour désigner les jours de la semaine ; et même
les vingt-quatre heures de la journée étaient distribuées
comme chez les Romains. Ainsi on appelait le lundi
jour de la lune, le mardi jour de Mars, le mercredi
jour de Mercure, le jeudi jour de Jupiter, le vendredi
184
CULTE DE MARIE.
jour de Vénus, le samedi jour de Saturne. Cependant
le premier jour de la semaine avait été appelé par les
Chrétiens feria Dominica, la férie du Seigneur, ou
simplement Dominica. Ce dernier mot, tiré de feriari
qui, en latin, a successivement signifié frapper une
victime, faire fête, se reposer, fut adopté pour désigner
les jours consacrés au culte; de telle sorte que, dès
l'origine , férie fut synonyme de fête ; il paraît d'ailleurs
que c'est de Dominica que s'est formé le mot Dimanche.
L'empereur Constantin, et même selon quelques au
teurs, avant lui, Tertullien et plusieurs évêques,
introduisirent l'usage liturgique de donner le nom
de férie à chaque jour de la semaine , le samedi ex
cepté , en entendant par là, au lieu de fête, le jour où
l'on ne célébrait au contraire la mémoire d'aucun
saint. Le dimanche devint par là première férie , le
lundi deuxième férie, et ainsi de suite jusqu'au ven
dredi inclusivement qui est la sixième férie ; le samedi
conserva son antique nom de Sabbatum, jour du Sab
bat, qui signifiait aussi chez les Juifs le jour du repos ;
cette septième férie, ou Sabbatum, a été consacrée par
ticulièrement à honorer la sainte Vierge , et l'on fait
son office ce jour-là, quand il n'est pas occupé par
une fête ou par une férie privilégiée. 11 paraît cer
tain que primitivement l'empereur Constantin avait
réglé de cette sorte les féries, parce que la fête prin
cipale des Chrétiens, celle de Pâques, était alors appe
lée férie pascale , et qu'il avait cru devoir ordonner que
toute la semaine pascale fût chômée , comme le jour
même , en laissant aux jours suivants le nom de se
conde, troisième férie, etc. Quant à la fixation de la
férie du samedi ; voici le fait miraculeux qui y aurait
OFFICE.
185
donné naissance, suivant le récit de Durand, auteur
d'un Rational des Offices divins rempli de recherches
curieuses : « 11 y avait , raconte cet écrivain , dans la
« ville de Constantinople , une image de la sainte
« Vierge devant laquelle un voile était habituellement
« tiré ; mais au soir de la sixième férie , après vêpres ,
a ce voile s'élevait miraculeusement, comme s'il s'en« volait vers le ciel, et découvrait totalement l'image.
« Après les vêpres du samedi ou septième férie , le
« voile descendait pour couvrir encore l'image , et y
« restait jusqu'à la sixième férie de la semaine sui« vante. Ce miracle ayant été bien constaté, continue le
« même auteur, il fut arrêté que désormais la septième
« férie serait consacrée à honorer spécialement la
« sainte Vierge. » Quoi qu'il en soit de ce miracle et de
l'époque à laquelle il serait arrivé , il est certain que ,
depuis les premiers siècles , la septième férie ou le sa
medi a été constamment le jour de dévotion particu
lière à Marie.
Avant de terminer cet article et à propos de l'office
de la sainte Vierge, il est peut-être convenable d'expli
quer ce qu'on entend en général par office. VOffice
proprement dit se compose de prières qui se font à cer
taines heures, soit de la nuit, soit du jour, et qui sont
désignées par les noms de : 1° Matines et Laudes,
2° Prime, 3» Tierce, 4° Sexte, 5° None , 6° Vêpres,
7° Complies. 11 est facile d'expliquer l'origine de cha
cune de ces dénominations.
Le mot office, suivant une étymologie évidente, con
sacrée par l'autorité de saint Ambroise , vient du latin
officiant, qui lui-même est tiré du verbe efficio, je fais ;
c'est donc ce que l'homme doit faire, son devoir de
186
CULTE DE MARIE.
religion par rapport à Dieu. « Comme dans les louanges
« divines , dit à ce sujet le cardinal Bona , se trouve
« contenu tout ce que nous devons faire à l'égard de
« Dieu, et qu'en les récitant à des heures réglées,
« nous payons à la majesté suprême la dette du ser« vice qui lui est dû', c'est en vue de ce double but
« que les anciens imposèrent le nom d'offices aux
« louanges du Seigneur. » Ainsi , d'une manière géné
rale , on entend communément par cette dénomina
tion d'offices l'ensemble des heures canoniales, ou
déterminées par les Canons, qui sont les décisions de
l'Église. C'est l'économie ou la distribution des psau
mes, antiennes, hymnes et autres prières dont se
composent les heures de Matines , Laudes , etc. Quoique
le sens usuel de ce mot paraisse ainsi restreint, néan
moins on peut comprendre quelquefois la messe comme
faisant partie de ce qu'on appelle les offices. Les heures
de l'office canonial sont au nombre de sept, en sou
venir de ces paroles du Psalmiste :
Seigneur, sept fois par jour j'ai chanté vos louanges.
Or, chez les Romains , le jour comme la nuit était di
visé en quatre parties de trois heures chacune , savoir :
pour le jour , prime qui commençait à ce qui est pour
nous six heures du matin ; tierce qui correspondait à
neuf heures , sexte à douze ou midi , et none à trois
heures après-midi ; — puis , à six heures du soir com
mençaient les heures de la nuit , qui se composaient
de quatre semblables divisions appelées veilles ou noc
turnes, de trois heures chacune.
La première partie de l'office, appelée Matines et
OFFICE.
187
Laudes, se divisait elle-même en deux : l'office de
Matines (matutinœ, heures matinales) était plus pro
prement qualifié nocturnes, taudis que Laudes signi
fiait les louanges du point du jour. Dans la primi
tive Église , sous le saint pape Uamase ou le pape
Grégoire-le-Grand , car c'est à ces deux pontifes que
remonte l'ordre de l'office divin , Ici qu'il se récite ou
à peu près, les Matines se disaient en trois reprises;
savoir, un premier nocturne à l'heure où tout le
monde allait se coucher; puis un autre vers le milieu
de la nuit , et le dernier un peu avant l'aube du jour ,
moment où l'on commençait à entonner les Laudes.
Plus tard , la discipline a permis de dire les unes et
les autres la veille , mais de telle sorte que le soleil
soit plus loin de midi que de son couchant ; et si ,
comme cela est encore permis , les matines sont réci
tées le lendemain , elles doivent toujours l'être avant
midi. Chaque nocturne est composé de trois psaumes ,
de trois Leçons ou Homélies, dont chacune est suivie
d'un Répons.
La seconde partie de l'office , celle du jour, commen
çait par les Prime, au moment où le soleil s'élevait
sur l'horizon; ce qui , à l'époque des équinoxes, ré
pond à six heures du matin ; -*- celle qui se disait
trois heures après le lever du soleil , ou à neuf heures
du matin , avait le nom de Tierce : c'était , selon les liturgistes , la plus solennelle de toutes les petites
heures, et ils l'appelaient quelquefois heure sacrée,
parce que c'est immédiatement après Tierce que com
mence la messe ; — puis venait Sexte , office de la
sixième heure, qui est celle de midi : dans les églises
où l'oflice entier des petites heures est célébré , Sexte
188
CULTE DE MARIE.
se chante après la grand'messe ; — à trois heures après
midi, ou à la neuvième heure du jour, se place None,
moment où dans les anciens temps on rompait le jeune
et on disait la messe ; — et le jour ainsi fini , l'office de
nuit était repris par les Vêpres qui faisaient partie des
heures majeures , car les sept heures ou sept parties de
l'office se divisaient en grandes et petites , ou majeures
et mineures ; les majeures étant la première, la sixième
et la septième (Matines et Laudes, Vêpres 'et Com
piles), et les mineures, la deuxième, la troisième, la
quatrième et la cinquième (Prime, Tierce, Sexte et
None). — Vêpres (d'après l'étymologie hesper ou vesper, soir) était donc l'office du soir (six heures au
temps des équinoxes). On nommait anciennement cette
heure, duodecima, la douzième, ce qui ramène tou
jours à la fin de la journée. Du reste , on était trèsponctuel à réciter chaque partie de l'office divin à
l'heure qui y répondait. Saint Germain et saint Loup
furent , à ce qu'il paraît , à la fin du cinquième siè
cle, les premiers à introduire une dérogation, aimant
mieux retarder None et Vêpres, pour les pouvoir dire
dans une église , que de les réciter en chemin à leur
véritable heure. L'usage actuel est de réciter Vêpres à
toute heure , depuis midi jusqu'à minuit , excepté en
Carême, où on peut les dire avant le repas, s'il a lieu
à midi même.'
Enfin, l'heure des Complies (Completorium, complé
ment) forme le complément ou la fin de l'office.
Suivant les éditeurs de l'Encyclopédie théologique,
« on ne peut faire remonter Complies au delà du temps
« de saint Benoit (cinquième et sixième siècles). Ce
« saint, l'un des premiers instituteurs dela vie mo
OFFICE.
189
«
«
«
«
«
«
«
nastique ù l'Occident, s'c'tant retiré avec d'autres religieux au Mont-Cassin , il leur ordonna de s'assembler les jours de jeûne après Vêpres, et les autres
jours après souper, pour faire ensemble une lecture
de piété ; après cette lecture , les moines récitaient
trois psaumes et rentraient en silence dans leurs celIules pour le repos de la nuit. »
Par suite de l'usage de réciter les heures canoniales
instituées pour honorer la sainte Trinité , l'Eglise a mis
en pratique d'autres offices particuliers qui, sans être
obligatoires, procurent des grâces abondantes. Tel est
notamment l'office de la sainte Vierge, qui fut institué
par Urbain 11, au concile de Clermont, en lOcJo. Ce
grand pape voulut par là rendre plus efficaces les priè
res adressées à Marie , patronne des croisades de son
siècle , et il prescrivit aux clercs séculiers de réciter cet
office. qui jusqu'alors n'était dit que dans certains or
dres monastiques. Mais l'institution primitive doit être
reportée plus haut, et tout au moins à saint Pierre
Damien, et peut-être même à saint Jean Damascène ou
au pape Grégoire 11 , qui vivaient dans le huitième et le
septième siècle.
Plus tard cette récitation fut adoptée par les commu
nautés et même par les laïques. Enfin, l'office de la
sainte Vierge fut réformé, en 1571 , par Pie V, et il est
resté tel qu'on peut le lire dans tous les livres d'heures.
Toutefois il ne faut pas confondre ce petit office avec
l'office proprement dit de la Vierge au samedi qui est
compris dans le Bréviaire. Ce dernier n'entre pas dans
notre plan , il est réservé aux ecclésiastiques.
11.
190
CULTE WE MARIE.
OFFICE
DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE.
PRIÈRE AVANT LA RÉCITATION DE L'OFFICE.
Ouvrez iua bouche, Seigneur,
pour que je puisse bénir votre
saint nom, purilier en même
temps mon cœur de toute pen
sée vaine, coupable ou étran
gère ; éclairez mon intelligence,
enflammez mon cœur, afin que
je puisse réciter dignement , at
tentivement et avec dévotion cet
office , et que je mérite d'être
exaucé en présence de votre di
vine majesté. Par Jésus-Christ
Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.
Seigneur Jésus, je m'unis à
l'intention divine qui accompa
gnait les louanges que vous of
friez à votre Père pour vous of
frir moi-même ces heures.
Aperi, Domine, os meum
ad benedicendum nomeu
sanctum tuum : munda quoque cor meum ab omnibus
vanis, perversis, et alienis
cogitationibus : intellectum
illumina, affectum inflamma , ut digue , attente ac
devote hoc officium recitare
valeam , et exaudiri merear
ante conspectum divins majestatis tuœ. Per Christum
Dominum nostrum. Amen.
Domine Jesu , in unione
illius divins» iutentionis, qua
ipse in terris laudes Deo
persolvisti, has tibi bonis
persolvo.
A voix basse.
Ave, Maria, gratia pleJe vous salue , Marie , pleine
de grâce , le Seigneur est avec na, Dominus tecum ; benevous; vous êtes bénie entre toutes dicta tu in mulieribus, et
les femmes, et Jésus, le fruit de benedictus fructus ventris
tui, Jesu.
voire sein, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Sancta Maria, Mater Dei,
priez pour nous, pauvres pé ora pro nobis peccatoricheurs, maintenant et à l'heure bus, nunc et in hora mortis
de notre mort. Ainsi soit-il.
'.iostrœ. Amen.
Pater. Ave. Credo.
OFFICE,
MATINES.
101
A MATINES.
v Domine , lubia mea
aperies.
n Et os iiii'iiiu annunliabit ls ml cm tuam,
jr Deus , in adjutorimn
meum intende.
a- Domine, ad juvandum
me festina.
Gloria Patri, et Filio, et
Spiritui sancto.
Sicut crat in principio, et
nunc, et scmper, et in saccula ssrnliiruin.
Amen.
» Seigneur, ouvrez mes lè
vres.
n- Et ma bouche annoncera
vos louanges.
À O Dieu , venez à mon aide.
n- Seigneur, hâtez-vous de me
secourir.
Gloire soit au Père, au Fils,
et au Saint-Esprit.
Et qu'elle s»it telle aujour
d'hui, et toujours, et dans les
siècles des siecles, qu'elle a été
dès le commencement , et dans
toute l'éternité. Ainsi soit-il.
Alleluia, ou Laus tibi,
Louez le Seigneur, ou Louan
Domine, Rex avenue glo- ges à vous , Seigneur, Roi d'é
riœ.
ternelle gloire.
On dit Alleluia pendant l'année, excepté depuis le diman
che de la Septnagésime jusqu'au Samedi- Saint exclusirernent, et l'un dit : Laus tibi , Domine, Rex teterme gloria?.
On ajoute Alleluia h la fin des Antiennes et Répons, depuis
le Samedi-Saint jusqu'au samedi veille de ta Trinité.
I>'YITATOIKE.
Ave, Maria, gratia pleJe vous salue , Marie , pleine
na : Dominus tecum.
de grâce : le Seigneur est avec
vous.
l'SAl MK 94.
(David exhorte tous les hommes à chanter les louanges du
Seigneur et à écouter sa voix.)
Venite, exultemus Domi
no ; jubilemus Deo salutari
nostro ; praeoccupemus faciem ejus in confessionc , et
in psalmis jubilemus ei.
Venez , louons le Seigneur
avec allégresse ; chantons hau
tement la gloire de Dieu, qui
est notre salut ; allons nous pré
senter devant sa face en célé
brant ses louanges ; faisons re
tentir dans nuire joie uos hymnes et nos cantiques.
CULTE DE
192
Je vous salue, etc.
Car le Seigneur est le grand
Roi , élevé au-dessus de tous les
dieux ; il ne rejettera point son
peuple : il tient en sa main les
lieux les plus profonds de la
terre, et les plus hautes monta
gnes sont à lui.
Le Seigneur est avec vous.
La mer lui appartient, car il
l'a faite ; et ses mains ont aussi
formé la terre. Venez donc,
adorons - le , prosternons - nous
devant lui , fléchissons les ge
noux devant le Seigneur qui
nous a créés ; il est notre Dieu ,
et nous sommes le peuple qu'il
regarde comme son troupeau
particulier, et les brebis qu'il
conduit lui-même.
Je vous salue , etc.
Si vous entendez aujourd'hui
sa voix , n'endurcissez pas vos
cœurs comme au jour du mur
mure et de la tentation qui ar
riva dans le désert, où vos pères
me tentèrent , où ils voulurent
éprouver ma puissance, et où
ils virent ensuite les miracles
que je fis.
Le Seigneur, etc.
J'ai supporté ce peuple avec
peine et avec dégoût durant
quarante ans, et j'ai dit en moimême : Ce peuple se laisse tou
jours emporter à l'égarement de
son cœur, il ne connaît point
mes voies et ma conduite ; aussi
je leur ai juré dans ma colère
qu'ils n'entreront point dans le
Je vous salue, etc.
Gloire soit, etc.
Le Seigneur, etc.
Je vous salue, etc.
MARIE.
Ave, Maria, etc.
Quoniam Deus magnus
Dominus, et Rex magnus
super omnes deos ; quoniam
non repellet Dominus plebem suam, quia in manu
ejus sunt omnes fines terrœ,
et altitudines montium ipse
conspicit.
Dominus tecum.
Quoniam ipsius est marc ,
et ipse fecit illud ; et aridam
fundaverunt manus ejus.
Venite, adoremus, et procidamus ante Deum; ploremus roran i Domino , qui fe
cit nos ; quia ipse est Domi
nus Deus noster ; nos autem
populus ejus, et oves pascuœ
ejus.
Ave, Maria, etc.
Hodic si vocem ejus audieritis , nolite obdurare
corda vestra sicut in exacerbatione , secundum diem
tentationis in deserto, ubi
tentaverunt me patres vestri, probaverunt et viderunt
opera mea.
Dominus tecum , etc.
Quadraginta annis proximus fui generationi huie, et
dixi : Semper hi errant cor
de, ipsi vero non cognoverunt vias meas ; quibus juravi in ira mea , si introibunt in requiem meam.
lieu de mon repos.
Ave, Maria, etc.
Gloria Patri, etc.
Dominus tecum , etc.
Ave, Maria, etc.
OFFICE. — MATINES.
l'I.'l
HYMNE.
Quem terra, pontus, si
dera,
Colunt, adorant, praedicsnt,
Trinam regentem machinam
Claustrum Mariœ bsjulnt.
Cui lmi.i , sol et omiiia
Deserviunt per tempora,
Perfusa cœli gratia
Gestant puellœ visccra.
Celui que la terre , la mer et
les cieux révèrent, adorent et
célèbrent , le Roi de l'univers
entier est porté dans le sein de
de Marie ;
Les flancs' de cette Vierge
comblée des faveurs. du ciel re
cèlent Celui à qui le soleil . la
lune et le reste du monde sont
soumis dans l'éternité.
Beata Mater munerc ,
Mère illustre et bienheureuse,
Cujiis supernus Artifex ,
dans la simple demeure de la
Mundum pugillo conlinens, quelle s'est renferme le suprême
Ventris sub arca clausus est. Régulateur du monde obéissant
à sa main.
Bienhcureusc Mère qui , à la
Beata cœli nuntio ,
Fœeunda sancto Spiritu,
voix de l'ange, et par la puis
sante communication du SaintDesideratus gentibus,
Cujus per alvum fusus est. Esprit , a confondu avec sa pro
pre vie celle du désiré des na
tions.
Jesu, tibi sit gloria,
Gloire à vous, ô mon Dieu,
qui êtes né d'une Vierge, gloire
Qui natus es de Virgine,
Cum Patre et almo !<pintu, à vous avec le Père et le SaintEsprit dans les siècles éternels.
In sempiterna ssecula.
Amen.
Ainsi soit-il.
I. NOCTURNE.
Les trois psaumes suiunls se disent le Dimanche ,
le Lundi et le Jeudi.
Ant. Benedicta tu.
Ant. Vous êtes bénie.
PSAUME 8.
(Ce psaume , dans le sens littéral , peut se rapporter au do
maine de l'homme sur les créatures ; et dans le sens prophé
tique, il a trait au domsine suprême donné à Jesus-Christ
par son Père.)
Domine, Dominns nnstcr,
O Dieu , noire souverain Sei
quam admirabile est nomen gneur, que votre nom est grand
tuum in universa terra !
et admirable dans toute la terre !
194
CILTE J)6 WAItlE.
Votre magnificence et votre
Quoniam elevata est magloire sont élevées au-dessus des gnilicentia tua super cœlos.
cieux.
Vous établisses! votre souve
Ex ore infantium et lacrain pouvoir par la bouche des tentium perfecisti laudem
enfants , et de ceux même qui propter inimicos tuos : ut
sont encore à la mamelle , pour destruas inimicum et ultoconfondre vos ennemis , et pour rem.
réprimer ceux qui sont animés
contre vous de haine et de désir de vengeance
Lorsque je contemple les cieux
Quoniam videbo cœlos
qui sont l'ouvrage de vos mains, tuos, opera digitorum tuolorsque je regarde la lune et les rum : lunam et slellas, qu;r
étoiles que vous avez formées , tu fundasti.
Je dis en moi-même : Qu'estQuid est homo quod mece que l'homme pour être l'ob mor es ejus? aut lilius hojet de vos soins et de votre sou minis, quoniam visitas eum?
venir ? et qu'est-ce que le fils de
l'homme pour être honoré do votre bienveillance particulière?
Car vous ne l'avez rendu
Minuisti eum paulo minus
qu'un peu inférieur aux anges : ab angelis : gloria et honore
vous l'avez couronné d'honneur coronasti eum : et constiet de gloire, vous lui avez don tuisti eum super opera mané l'empire et la domination sur nuum tuarum.
tous les ouvrages de vos mains.
Vous avez mis toutes choses
Omnia subjecisti sub pesous ses pieds : les brebis, les dibus ejus : oves et boves
bœufs , toutes les bêtes domesti universas, insuper et pecora
ques et celles qui sont sauvages. campi.
Volucres cœli, et pisces
Les oiseaux du ciel, et les pois
sons de la mer, qui se promè maris, qui perambulant senent dans l'étendue de ses eaux. mitas maris.
O Dieu , notre souverain Sei
Domine, Dominus noster:
gneur, que votre nom est grand qusnt admirabile est uomen
et admirable dans toute la terre! tuum in universa terra !
Gloria Patri.
Gloire.
Ant. Benedicta te in innAnt. Vous êtes bénie par-des
sus toutes les femmes, et le fruit lieribus, et benedictus fructus ventris tui.
de vos entrailles est béni.
Ant. Comme une myrrhe.
Ant. Sicut myrrha.
PSAUME 18.
(Magnifique éloge des œuvres du Créateur et de la loi qu'il
a donnée aux hommes.)
Les cieux racontent la gloire
Cœli enarranl gloriani
de Dieu, et le firmament publie Dei : et opera iiianuuni
OFFICK. — MAT1SKS.
ejus aununtiat lirmamentum.
Dies diei eructat verbum :
et nox nocti indicat scientiam.
Non sunt loquelœ nequc
sermones : quorum non audiautur voces eorum.
lu omnem terram exivit
sonus corum : et in lines orbis terra; verba eorum.
In sole posuit tahcrnaculum suum : et ipse tanquam
sponsus, procedens de thalamo suo.
Exultavit ut gigas ad currendam viam : a summo
cœlo egressio ejus.
Et occursus ejus usque ad
summum ejus : nec est qui
se abscondat a calore ejus.
Lex Domini immaculata
convertens animas : testimonium Domini lidele sapientiaui prœstans parvulis.
Justitiœ Domini rectœ ,
lœtilicantes corda : prœceptum Domini lucidum , illuminans oculos.
198
l'excellence des ouvrages du ses
mains.
Chaque jour annonce sa gran
deur au jour qui le suit, et cha
que nuit apprend à le louer à la
nuit suivante.
11 n'y a point de nation, quel
que langue qu'elle parle , qui
n'entende leur langage et leur
voix.
Car le bruit de leur voix re
tentit par toute la terre, et leur
parole se fait entendre jusqu'aux
extrémités du monde.
C'est dans les cieux que Dieu
a établi la demeure du soleil ,
qui se montre en son aurore
aussi paré qu'un époux qui sort
de sa chambre nuptiale.
Il parait comme un géant qui
va plein d'ardeur commencer sa
course ; il part de l'un des bouts
des cieux,
Et continue son vaste tour
jusqu'à l'autre bout, sans qu'il y
ait aucune créature qui ne sente
sa chaleur.
La loi du Seigneur est toute
pure et toute parfaite ; elle con
duit les âmes à Dieu : les paroles
du Seigneur sont fidèles et véri
tables; elles rendent sages les
simples et les ignorants.
Les règles du Seigneur sont
toutes ju>tes ; elles remplissent
le cœur de délices et de joie :
ses commandements sont purs ,
et ils éclairent nos veux obscur-
La crainte du Seigneur est
Timor Domini sanctus,
permanens in sœculum sœ- sainte ; elle demeure éternelle
culi : judicia Domini vera , ment : les commandements du
Seigneur sont véritables, ils sont
justilicata in semetipsa.
justes par eux-mêmes.
Ils sont plus désirables que l'or
Desiderabilia super au- et que toutes les pierres précieu
rum et lapidem pretiosum ses : ils sont plus doux que le
190
CLLTE DE MARIE.
miel , et même que le miel le
plus excellent.
Aussi voire serviteur les ob
serve, et ceux qui les gardent y
trouvent une grande récom
pense.
Qui peut connaître toutes ses
fautes? Purifiez-moi, Seigneur,
de celles qui me sont cachées,
et pardonnez à votre serviteur
les péchés étrangers.
S'ils ne me dominent point,
je serai sans tache , et je serai
pur du plus grand des crimes.
multum : et duleiora super
mcl cl favum.
Etenim servus tuus custodit ea : in custodiendis illis
retributio multa.
Delicta quis intelligit? Ab
occultis mois munda me : et
ab alieuis parce servo tuo.
Si mei non fuerint dominati : tune immaculatus
ero : et emundabor a delicto maximo.
Et erunt ut complaceant
eloquia oris mei : et meditatio cordis mei in conspectu
tuo semper.
Domine, adjutormeus : et
Redemplor meus.
Les paroles de ma bouche
vous seront alors agréables, et
les pensées de mon cœur seront
toujours en votre présence.
Seigneur, vous êtes mon se
cours : vous êtes mon Rédemteur.
Gloire.
Gloria Palri.
Ant. Comme une myrrhe ex
Ant. Sicut myrrha electa
cellente, vous avez répandu une odorem dedisti suavitatis,
odeur douce et agréable , ô sancta Dei Genitrix.
sainte Mère de Dieu.
Ant. Devant le lit.
Ant. Ante thorum.
PSAUME 23.
(Domaine de Dieu sur les créatures ; Jésus-Chi ist et son
ascension.)
La terre et tout ce qu'elle
contient est au Seigneur : le
monde et tous ceux qui l'habi
tent sont à lui.
Car c'est lui qui a fondé la
terre au-dessus des mers, et qui
l'a affermie le long des fleuves.
Qui montera sur la montagne
du Seigneur ? ou qui se présen
tera dans son sanctuaire 1
Celui qui a les mains nettes et
le cœur pur, qui n'a point reçu
son àme en vain, et qui ne
Domini est terra , et plenitudo ejus : orbis terrarum,
et universi qui habitant in
eo.
Quia ipse super maria
fundavit eum : et super flumina prœparavit eum.
Quis ascendet in montem
Domini? aut quis stabit in
loco sancto ejus ?
Innocens manibus et mundo corde, qui non accepit
in vano animam suam : uec
OFFICE.
MATINES.
197
juravit iu dolo proximo suo. trompe point son prochain par
un faux serment.
Celui-là recevra du Seigneur
Hic accipiet benedictionem a Domino : et miseri- la bénédiction et la miséricorde
cordiam a Deo salutari suo. de Dieu son Sauveur.
C'est là la race de ceux qui le
Hœc est generatio quœrentium eum; qua;rentium cherchent , qui cherchent le vi
sage du Dieu de Jacob.
faciem Dei Jacob.
O princes , ouvrez vos portes :
Attollite portas, principes,
vestras , et elevamini porto; portes éternelles, ouvrez-vous,
œternales, et introibit Rex et le Roi de gloire fera son en
glori;e.
trée.
Qui est ceRoi de gloire? C'est
Quis est iste Rex gloria;?
Dominus fortis et potens, le Seigneur, le fort et le puis
sant , c'est le Seigneur invinci
Dominus potens in pra;lio.
ble dans les combats.
Attollite portas, principes,
O princes, ouvrez vos portes :
vestras , et elevamini porte portes éternelles, ouvrez-vous,
œternales : et introibit Rex et le Roi de gloire entrera.
gloriir.
Quis est iste Rex gloria; ?
Qui est ce Roi de gloire? Le
Dominus virtutum ipse est Roi de gloire est le Seigneur des
Rex gloria;.
armées .
Gloria Patri.
Gloire.
Ant. Devant le lit sacré de
Ant. Ante thorum hujus
Virginis frequentate nobis cette Vierge sans tache, chantez
des cantiques doux et agréables.
duleia cantica dramatis.
y Diffusa est gratia in la* La grâce est répandue sur
biis tuis.
vos lèvres.
n- C'est pourquoi Dieu a versé
n- Propterea benedixit te
sur vous ses bénédictions pour
Deus in œternum.
toute l'éternité.
Pater noster, ete., tout bas.
(L'absolution Precibus et meritis, les trois Leçons et les
trois Répons propres au temps sont à la fin du troisième
Nocturne.)
198
CULTE DE MARIE.
II. NOCTURNE.
Les trois psaumes suivants se disent le Mardi et le Vendredi.
Ant. Par votre beauté.
Ant. Specie tua.
psaume 44.
(Ce psaume est une figure de l'union de Jésus-Christ
et de son Eglise.)
Mon cœur pousse avec ardeur
la sainte parole; c'est pour le
Roi que je compose mes ou
vrages.
Ma langue est comme la plu
me d'un très-habile écrivain.
Votre beauté surpasse celle
de tous les enfants des hommes :
la grâce est répandue sur vos
lèvres; c'est pourquoi Dieu vous
comblera de bénédictions pour
toute l'éternité.
Mettez votre épée sur votre
cuisse, 6 fort invincible!
Dans l'éclat de votre beauté,
allez, poussez plus loin vos con
quêtes, et régnez.
Par la vérité , par la douceur
et par la justice ; et votre droite
vous fera faire des actions mira
culeuses.
Vos flèches , ô Roi , sont pé
nétrantes', elles perceront le
cœur de vos ennemis : les peu
ples tomberont à vos pieds.
Votre trône , ô Dieu , sera un
trône éternel : le sceptre de vo
tre royaume sera un sceptre de
droiture et de justice.
Vous avez aimé la justice et
vous avez haï l'iniquité; c'est
pourquoi votre Dieu vous a oint
Eructavit cor meum verbum bonum : dico ego opera
mea Regi.
Lingua mea calamus scrlbœ : velociter scribentis.
Speciosus forma pras liliis
hominum : diffusa est gratia
in labiis tuis ; propterea benedixit te Deus in ieternum.
Accingcre gladio tuo su
per femur tuum, potentissime.
Specie tua et pulehritudinc tua : intende , prospere
procede , et regna.
Propter veritatem , et
mansuetudinem , et justitiam : et deducet te mirabiliter dextera tua.
SagittiB tuœ acutœ, pojiuli sub te cadent : in corda
mimicorum Regis.
Sedes tua , Deus , in sœculum sœculi : virga directionis, virga regni tui.
Dilexisti justitiam , et
odisti iniquitatem : propter
ea unxit te Deus, Deus tuus,
l'J'J
OFFICE.
MATINES.
oleo l.rtitiœ prsu consorlibus d'une huile de joie plus que tous
ceux qui participeront a votre
tuis.
gloire.
Vos habillements, tirés de vos
Myrrha , et gutta , et casia a vi si i mentis tuis, a do- cabinets d'ivoire, sont parfumés
miluis eburneis : ex quibus de myrrhe , d'aloès et d'ambre ;
delectaverunt te filiœ regum c'est pourquoi les filles des rois
vous ont plu dans l'éclat dont
in honore tuo.
vous les avez honorées.
La Reine s'est tenue à votre
Astitit Regina a dextris
tuis in vestitu deaurato, cir- droite avec une robe couverte
d'or cl psrée avec une admira
cumdata varietate.
ble variété.
Ecoutez, ma tille, voyez et
Audi, filia, et vide, et
inclina aurem tuam : et prêtez l'oreille; oubliez votre
obliviscere populum tuum , peuple, et la maison de votro
et domum patris tui.
père.
Et le Roi concevra de l'amour
Et concupiscct Rex decorem tuum : quoniam ipse est pour votre beauté; car c'est lui
Dominus Deus tuus , et ado- qui est le Seigneur votre Dieu, et
il sera adoré de tous les peuples.
rabunt cum.
Les lilles de Tyr vous feront
Et filia- Tyri in muneribus : vultum tuum depre- leurs présents; tous les riches
cabuntur omnes divites ple- d'entre le peuple viendront de
vant vous pour vous offrir leurs
bis.
prières.
Oinnis gloria ejns filiœ
Toute la gloire de la tille du
Regis ab intus : in limhriis Roi lui vient du dedans; sa robe
aureis , circumamicta varie- a des franges d'or, et elle est se
mée de diverses fleurs.
tatibus.
Adducentur Regi virgines
On amènera au Roi des vier
pnst eam : proximœ ejus af- ges qui la suivront ; ses plus
proches compagnes vous seront
ferentur tibi.
amenées.
Afferentur in lœtitia et
On vous les amènera avec joie
exultatione : adducentur in et allégresse ; on les fera entrer
templum Regis.
dans le temple.
Pro patribustuisnati sunt
Des enfants vous sont nés
tibi filii : constitues eos prin pour tenir la place de vos pères :
cipes super omnem terram. vous les établirez princes sur
toute la terre.
Memores erunt nominis
Ils se souviendront de votre
tui , in omni generatione et nom dans la succession de tous
generationem.
les âges.
Proptcrca pnpuli eonlitcC'est pourquoi les peuples
buntur tibi in asternum : et vous loueront éternellement, et
in sasculum ssuculi.
dans les siècles des siècles.
200
r.ILTE DE MAH1E.
Gloria Patri , et Filio , et
Gloire soit au Père, et au Fils,
Spiritui sancto , ete.
et au Saint-Esprit , ete.
Ant. Dans votre beauté et
Ant. Specie tua, et puldans l'éclat qui vous environne , chritudine tua , intende ,
prospere
procede, et regna.
allez, marchez heureusement,
et régnez.
Ant. Adjuvabit.
Ant. Elle sera aidée.
PSAUME 45.
( Israël, figure de l'Église, inébranlable au milieu des
tempêtes.)
Dieu est notre refuge et notre
force : il est notre secours dans
les afflictions qui sont venues eu
foule fondre sur nous.
C'est pourquoi nous ne crain
drons point , quand la terre se
rait ébranlée, et quand les mon
tagnes seraient transportées jus
qu'au milieu de la mer.
Ses eaux ont été agitées avec
un grand bruit ; sa force a fait
trembler les montagnes.
Un fleuve impétueux comble
de joie la cité de Dieu : le TrèsHaut l'a sanctifiée comme son
tabernacle.
Dieu est au milieu d'elle,
elle ne sera point ébranlée ;
Dieu la secourra dès le point
du jour.
Les nations ont été émues,
les royaumes ont été ébranlés ;
et Dieu a fait retentir sa voix ,
la terre a tremblé.
Le Seigneur des armées est
avec nous ; le Dieu de Jacob est
notre protecteur.
Venez , et voyez les ouvrages
du Seigneur, et les prodiges qu'il
a faits sur la terre ; il a fait ces
ser les guerres jusqu'aux extré
mités du monde.
11 brisera les ares, il rompra
Deus noster refugium et
virtus : adjutor in tribulationibus , quœ invenerunt
nos nimis.
Propterea non timebimus,
dum turbabitur terra : et
transferentur montes in cor
maris.
Sonucrunt , et turbata;
sunt aqua; connu : et conturbati sunt montes in fortitudinc ejus.
Fluminis impetus Uetificat
civitatem Dei : sauctificavit
tabernaculum suum Altissimiis.
Deus in medio ejus, non
commovebitur : adjuvabit
eam Deus mane diluculo.
Conturbatœ sunt gentes,
et inclinata sunt regna : dedit vocem suam , mota est
terra.
Donnons virtutum nobiscum : susceptor noster Deus
Jacob.
Venite , et videte opera
Domini, quœ posuit prodigia super terram : auferens
bella usque ad finem terra.
Arcum conteret , et cou-
OFFICE.
fringet arma : et scuta comburct igni.
Vacate , et videte quoniam ego sum Deus : exaltabor in gentibus, et exaltabor in terra.
- Dominus virtutum nobiscum : susceptor noster Deus
Jacob.
Gloria Patri.
Ant. Adjuvabit eam Deus
v h 11 n suo : Deus in medio
ejus, non commovebitur.
Ant. Sicut iu-taiitiimi.
MATINES.
201
les armes, il jettera les boucliers
dans le feu.
Tenez-vous en repos, et sa
chez que je suis Dieu ; je serai
glorifié dans les nations, et je le
serai dans toute la terre.
Le Seigneur des armées est
avec nous ; le Dieu de Jacob est
notre protecteur.
Gloire soit , ete.
Ant. Elle sera aidée des re
gards favorables de Dieu ; il est
au milieu d'elle , elle ne sera
point ébranlée.
Ant. Vous êtes.
psaume 86.
(Prédiction des gloires de l'Église.)
Fundamentaejus in montibus sanctis : diligit Domi
nus portas Sion super omnia tabernacula Jacob.
Gloriosa dicta sunt de te,
civitas Dei.
Memor ero Rahab, et Babylonis: scientium me.
Ecce alienigenœ, et Tyrus, et populus .-Klhiopiiui :
hi fuerunt illic.
Numquid Sion dicet : Ho
mo , et homo natus est in
ea ? et ipse fundavit eam
Altissimus.
Dominus narrabit in scripturis populorum et principum, horum qui fuerunt in
ea.
Sicut la;tantium omnium,
habitatio est in te.
Gloria Patri.
Sion a été fondée sur les mon
tagnes saintes ; le Seigneur aime
plus ses portes que toutes les
tentes de Jacob.
On a dit de vous des choses
vraiment glorieuses, ô cité de
Dieu.
Je me souviendrai de Raab et
de Babylone , qui me connais
sent.
On dira des étrangers, de Tyr,
et du peuple d'Ethiopie : Tels
serviteurs de Dieu sont nés dans
cette ville ou cctle province.
Mais Sion dira-t-elle comme
cesauires provinces, qu'un tel
homme, ou un tel homme est né
dans elle? Aussi est-ce le TrèsHaut lui-même qui l'a fondée.
Le Seigneur parlera dans le
dénombrement des peuples et
des princes , de ceux qui ont été
dans elle.
Tous ceux qui demeurent
dans vous, sont comme des
personnes ravies de joie.
Gloire soit, ete.
202
CL'LTE DÉ MAIUE.
Ant. Vous êtes, ô sainte Mère
Ant. Sicut ketantium om
de Dieu, la cité glorieuse, où nium nostrûm habitatio est
tous ceux qui demeurent sont in te , sancta Dei Genitrix.
comblés de joie et de délices.
jfr La grâce est répandue sur
jfr Diffusa est gratia in lavos lèvres.
biis tuis.
n) C'est pourquoi Dieu a ver
n- Propterea benedixit te
sé sur vous ses bénédictions Deus in œternum.
pour toute l'éternité.
Pater noster, etc., tout bas.
(L'absolution Precibus et meritis , les trois Leçons et les trois
Répons propres au temps sont à la fin du troisième Noc
turne.)
III. NOCTURNE.
Les trois psaumes suivants se disent le Mercredi et le Samedi.
Ant. Réjouissez-vous , Marie
Ant. Gaude, Maria virgo.
vierge .
Psàuhe 95.
(Le Prophète annonce clairement dans ce Psaume le salut
prêché aux nations.)
Chantez au Seigneur un nou
veau cantique; chantez des hym
nes au Seigneur, vous tous qui
habitez la terre.
Chantez des cantiques au Sei
gneur, et bénissez son saint
nom; annoncez tous les jours
le salut qu'il nous a donné.
Publiez sa gloire parmi les
nations, et ses merveilles parmi
tous les peuples.
Car le Seigneur est grand et
infiniment louable : il est plus
redoutable que tous les dieux.
Tous les dieux des peuples ne
sont que des démons; c'est le
Seigneur qui a fait les cieux.
II est environné do gloire et
de majesté ; la sainteté et la
Cantate Domino canlicum
novum : cantate Domino,
omnis terra.
Cantate Domino , et be
nedicite nomini ejus : annuntiate de die in diem salutare ejus.
Annuntiate inter gentes
gloriam ejus : in omnibus
populis mirabilia ejus.
Quoniam magnus Dominus , et laudabilis nimis :
terribilis est super omnes
deos.
Quoniam omnes dii gentiiini dii'iuonia : Dominus
autem cœlos fecit.
Confessio et pulehritudo
in conspectu ejus : sanctimo-
OFFICE. — MATINES.
nia et magnificentia in
sanctilicatioue ejus.
Afferte Domino , pat™
gentium , afferte Domino
gloriam et honorem : aflérte
Domino gloriam nomini
ejus.
Tollite hostias , et introite
in atria ejus : adorate Dominum in atrio sancto ejus.
Commoveatur a facie ejus
universa terra : dicite in
gentibus, quia Dominus rcgnavit.
Etenim correxit orbem
terra;, qui non commovehilur : judicabit populos in
requitate.
La'tentur cœli , et exultel
terra; commoveatur mare,
et plenitudo ejus : gaudebunt campi , et omnia quœ
in eis sunt.
Tune exultabunt omnia
ligna silvarum a facie Domini , quia venit : quoniam
venit judicare terram.
Judicabit orbem terra; in
œquitate, et populos in veritate sua.
Gloria Patri.
Ant. Gaude, Maria Virgo :
cunctas hœreses sola interemisti in universo mnndo.
Ant. Dignare.
20:i
magnificence reluisent dans son
sanctuaire.
Peuples, venez en foule offrir
vos dous au Seigneur : offrez au
Seigneur l'honneur et la gloire
qui est due à son saint nom.
Apportez dos hosties, et en
trez dans Bon temple ; adorez le
Seigneur dans son sanctuaire.
Que toute la terre tremble
devant sa face : publiez parmi
les nations que le Seigneur est
entré dans son royaume.
Car il a redresse et renouvelé
le monde, qui ne sera plus trou
blé comme il était ; il jugera les
peuples selon sa justice.
Que les deux se réjouissent ;
quo la ferre tressaille de joie ;
que la mer et tout ce qu'elle
renferme soient dans des trans
ports d'allégresse ; que les cam
pagnes et tout ce qu'elles con
tiennent soient dans la joie.
Alors tous les arbres des fo
rêts se réjouiront à la vue du
Seigneur, parce qu'il est venu ;
parce qu'il est venu pour juger
la terre.
Il jugera le monde dans la
justice , et les peuples dans sa
vérité.
Gloire soit , ete.
Ant. Réjouissez-vous , Ma
rie, Vierge sainte, vous avez
vous seule détruit toutes les hé
résies dans le monde.
Ant. Agréez.
PSACME 96.
(Chant triomphal du double avènement de Jésus.)
Dominus regnavit , exulLe Seigneur rèçne, que la
tet terra : lœtentur insuhe terre tressaille de joie ; que les
îles s'en réjouissent.
uiulta\
204
CULTE DE MARIE.
Il est environné de nuages et
d'une sombre obscurité; la jus
tice et l'équité sont les bases de
son trône.
Le feu marchera devant lui ,
et embrasera ses ennemis qui
l'environnent.
Ses éclairs ont brillé dans
toute la terre ; elle les a vus, et
elle a frémi de crainte.
Les montagnes se sont fondues
comme la cire, à la vue du Sei
gneur ; toute la terre a tremblé
en sa présence.
Les cicux ont annoncé sa jus
tice , et tous les peuples ont vu
sa gloire.
Que tous ceux qui adorent les
idoles soient confondus; que
ceux qui se glorilient dans leurs
faux dieux soient couverts de
honte.
Anges, adorez tous le Sei
gneur; Sion a entendu sa pa
role, et elle s'en est réjouie.
Et les filles de Juda ont tres
sailli de joie , à cause de vos ju
gements, ô Seigneur.
Car vous êtes le Seigneur, le
Très-Haut qui règne sur toute la
terre ; vous êtes infmiment élevé
au-dessus de tous les dieux.
Vous qui aimez le Seigneur,
haïssez le mal ; le Seigneur con
serve les âmes de ses saints , il
les délivrera des mains des mé
chants.
La lumière s'est levée sur le
juste , et la joie sur ceux qui ont
le cœur droit.
Réjouissez-vous, justes, dans
le Seigneur; bénissez-le, en
vous souvenant que c'est lui
seul qui sanctifie.
Gloire.
Ant. Agréez que je vous loue,
Vierge sacrée, et donnez-moi
Nulles et caligo in circuitu ejus : justifia et judicium
correctio sedis ejus.
Ignis ante ipsum prœcedet : et inflammabit in circuitu inimicos ejus.
Illuxerunt fulgura ejus
orbi terrœ : vidit , et commota est terra.
Montes sicut cera fluxerum a facie Domini : a facie Domini omnis terra.
Annuntiaverunt cœli justitiam ejus : et viderunt omnes populi gloriam ejus.
Confundantur omnes qui
adorant sculptilia : et qui
gloriantur in simulacrissuis.
Adorate eum , omnes angcli ejus : audivit, et hetata
est Sion.
Et exultaverunt liliœ Ju
dœ : propter judicia tua ,
Domine.
Quoniam tu Dominus Altissimus super omnem ter
ram : nimis exaltatus es su
per omnes deos.
Qui diligitis Dominum,
odite malum : custodit Do
minus animas sanctorum
suorum, de manu peccatoris liberabit eos.
Lux orta est justo : et rectis corde lœtitia.
Lii'tamini , justi , in Do
mino : et confitemini me
morise sanctiticationis ejus.
Gloria Patri.
Ant. Dignare me laudare te , Virgo sacrata : da
OFFICE. — MATINES.
205
mihi virtutem contra hostes de la force pour combattre vos
tuos.
ennemis.
Ant. Post partum.
Ant. Après votre enfante
ment.
Pendant l'Avent.
Ant. Angelus Domini.
Ant. L'Ange du Seigneur.
psaume 97.
(Chant de reconnaissance pour le bienfait de la
Hédemption.)
Cantate Domino enntiChantez au seigneur un can
cum novum, quia mirabi- tique nouveau : car il a fait des
lia fecit.
choses miraculeuses.
Salvavit sibi dextera ejus,
Il a sauvé Israël par la force
et brachium sanctum ejus. de sa droite , et de son bras
saint.
Notum fecit Dominus saLe Seigneur a fait connaître
lutare suum : in conspectu le salut qu'il a envoyé au mon
gentium revelavit justitiam de ; il a révélé sa justice et sa
grâce aux nations.
suam.
Recordatus est misericor11 s'est souvenu de sa miséri
dia;suœ, et veritatis suœ corde, et de la vérité des pro
domui Israel.
messes qu'il avait faites à la
maison d'Israël.
Viderunt omnes termini
Toute l'étendue de la terre a
terra;, salutare Dei nostri. vu le salut que Dieu a envoyé.
Jubilate Deo , omnis ter
Louez Dieu avec un trans
ra : cantate , et exullate , et port de joie, vous tous qui ha
bitez la terre ; poussez des cris
psallite.
de réjouissance , et chantez des
hymnes en son honneur.
Chantez sur la harpe les
Psallite Domino in eithara, in cithara et voce psal- louanges du Seigneur, et joignez
mi : in turbis ductilibus, et vos voix à vos harpes ; sonnez
des clairons et des trompettes.
voce tuba; corneœ.
Célébrez avec allégresse la
Jubilate in conspectu Re
gis Domini ; moveatur ma venue du Seigneur, qui est no
re, et plenitudo ejus; orbis tre Roi ; que la mer en soit
terrarum, et qui habitant in émue, avec tout ce qu'elle ren
ferme ; le monde , et tous ceux
eo.
qui y habitent.
Les fleuves feront retentir
Flumina plaudent manu,
simul montes exultabunt a leur applaudissement, lesmon12
206
CULTE DE MARIE.
tagnes tressailleront de joie en
la présence du Seigneur ; parce
qu'il vient juger la terreIl jugera la terre selon la jus
tice, et les peuples selon l'é
quité.
Gloire soit , ete.
Ant. Après votre enfantement
vous êtes demeurée toute Vierge
et toute pure ; ô Mère de Dieu ,
intercédez pour nous.
conspectu Domini : quoniam
venit judicare terram.
Judicabit orbem terrarum in justitia : et populos
in œquitate.
Gloria Patri.
Ant. Post partum, Virgo,
inviolata permansisti : Dei
Genitrh , intercede pro nobis.
Pendant l'Avent.
Ant. Angelus Domini nuntiavit Mari» , et concepit de
Spiritu sancto.
Ant. L'Ange du Seigneur a
annoncé à Marie qu'elle serait
la Mère du Sauveur, et elle l'a
conçu par l'opération du SaintEsprit.
y La grâce est répandue sur
vos lèvres.
a- C'est pourquoi Dieu a ver
sé sur vous ses bénédictions pour
toute l'éternité.
y Diffusa est gratia in
labiis tuis.
i$ Propterea benedixit te
Deus in œternum
Pater noster, etc., tout bas.
} Ne permettez pas que nous
y Et ne nos inducas in
succombions à la tentation.
tentationem.
h- Sed libera nos a main.
b- Mais délivrez-nous du mal.
ABSOLUTION.
Que par les prières et les mé
rites de la bienheureuse Marie
toujours Vierçe , et de tous les
saints, le Seigneur nous con
duise au royaume des cieux.
n- Ainsi soit-il.
J> Donnez-moi votre bénédic
tion.
Precibus et meritis beatœ
Maria; semper Virginis, et
omnium sanctorum , perducat nos Dominus ad re
gna cœlnrum.
a-. Amen.
y Jube, domne, benedicere.
RÉNÉDICTION.
Que la Vierge Marie nous bé
Disse avec son divin Fils.
h Ainsi soit-il.
Nos cum proie pia benedicat Virgo Maria.
n Amen.
On dit les trois Leçons mirantes avec leurs Répons. depuis
OFFICE. — MATINES.
207
Snél jusqu'à t'A mit ; et pendant l'Avent, on dit les trois Le
vons qui sont après le Te Deum , page 411.
I. LEÇON.
(Ecclésiast., 44, v. 11.)
J'ai cherché partout le repos,
In omnibus requiem qua>
sivi, et in ha;reditate Domi- et je demeurerai dans l'heri
ui morabor. Tune pra'cepit, tage du Seigneur. Alors le Créa
et dixit mihi Creator om teur de toutes choses m'a donné
nium; et qui creavit me, ses «mires et m'a parle ; et ce
requievit in tabernaculo lui qui m'a créée s'est reposé
mi'o et dixit mihi : In Jacob dans mou tabernacle, et il m'a
inhabita, et in Israel herc- dit: Habitez dans Jacob, pos
ditare, et in electis meis sédez Israël comme votre héri
mitte radiees. Tu autem, tage, et jetez de profondes ra
cines dans mes élus. Et vous,
Domine, miserere nostri.
Seigneur, ayez pitié de nous.
n- Deo gratias.
n- Rendons grâces à Dieu.
h Sancta et immaculata
n- Vierge sainte et sans tache,
Virginitas, quibus le laudi- je ne sais par quelles louanges
bus elTeram, nescio. * Quia je pourrai honorer votre gran
quem cœli capere non po- deur. * Car vous avez porté
terant, tuo gremio contu- dans votre sein celui que les
cieux ne pouvaient contenir.
listi.
* Benedicta tu in muliei Vous êtes bénie entre tou
ribus, et benedictus Inictus tes les femmes, et Jésus le fruit
ventristui. "Quia.
de vos entrailles est béni : *
Car.
y Jube, domne, benedi;* Donnez-moi votre bénédic
cere.
tion.
RENEDICTION.
Ipsa Virgo virginum in
Que la Vierge des vierges in
tercedat pro nobis ad Domi- tercède pour nous auprès du
iuim.
Seigneur.
n- Amen.
n Ainsi soit-il.
II. LEÇON.
Et sic in Sion lirmata
sum, et in civitate sanctiflcata similiter requievi, et
in Jerusalem potestas mea.
Et radicax i in populo honorificato, et in parte Dei
mei ha;redilas illuis, et in
J'ai été ainsi affermie dans
Sion; j'ai fixé le lieu de mon
repos dans la cité sainte, et ma
puissance a été établie dans Jé
rusalem. J'ai pris racine dans
le peuple que mon Dieu a établi
en honneur, et qu'il a pris pour
208
CULTE DE MARIE.
sa portion et pour son héritage, plenitudinc sanctorum de
et j'ai arrêté ma demeure dans tentio mea. Tu autem, Do
l'assemblée de tous les saints. mine, miserere nostri.
Et vous, Seigneur, ayez pitié
dé nous.
ni Dco gratias.
n- Rendons grâces à Dieu.
n- Vous êtes bienheureuse, ô
n- Beata es, Virgo Maria,
Marie Vierge sainte, qui avez qufe Dominum portasti,
porté dans votre sein celui qui Creatorem mundi. * Ge
est le Seigneur et le Créateur nuisti qui te fecit, et in
de l'univers. * Vous avez en œternum permanes virgo.
fanté celui qui vous a formée,
et vous êtes demeurée vierge pour toute l'éternité.
.* Je vous salue, Marie, pleine
v Ave, Maria, gralia
de grâce ; le Seigneur est avec plena, Dominus tecum. *
vous. * Vous.
Genuisti.
Quand on doit dire le Te Deum, on dit à la fin de ce
Répons :
Gloria Patri, et Filio et
Gloire soit au Père, au Fils,
Spiritui sancto. * Genuisti.
au Saint-Esprit. * Vous.
y Donnez-moi votre bénédic
ni Jube, domne, benedition.
cere.
BÉNÉDICTION.
Que le Seigneur nous accorde
Per Virginem Matrem
le salut et la paix par la Vierge concedat nobis Dominus saMère. n- Ainsi soit-il.
lutem et pacem. n) Amen.
III LEÇON.
Je me suis élevée en haut
comme un cèdre sur le Liban,
et comme un cyprès sur la
montagne de Sion. Je suis crue,
comme un palmier croît dans
Cadès, et comme les rosiers
plantés à Jéricho. Je me suis éle
vée comme un bel olivier au mi
lieu d'une campagne, et comme
un platane qui est planté dans
un grand chemin sur le bord
des eaux. J'ai répandu une sen
teur de parfum comme la can
nelle et le baume, et une odeur
douce et agréable comme la
Quasi cedrus exaltata
smu in Libano, et quasi
cypressus in monte Sion.
Quasi palma exaltata sum
in Cades, et quasi plantatio
rosœ in Jericho. Quasi
oliva speciosa in campis, et
quasi platanus exaltata sum
juxta aquas in plateis. Sicut cinnamomum et balsaimiiii aromatizans odorem
dedi ; qunsi myrrha electa
dedi suavitatem odoris. Tu
autem, Domine, miserere
nostri.
OFFICE. — MAT13ES.
209
myrrhe la plus exquise. £1 vous, Seigneur, ayez pitié de
nous.
n- Deo gratias.
n- Rendons grâces à Dieu.
On ne dit point le Répons suivant quand on dit le Te Demu.
n- Felix pamque es, sacra
7^ Vous êtes bienheureuse, ô
Virgo Maria ! et omni laude Marie Vierge sacrée ! et vous
dignissima. * Quia ex te êtes digne de toute louange ; "
ortus est sol justitise, Chri- Parce que c'est de vous qu'est
sorti le soleil de justice, Jesus stus Dcus noster.
Christ notre Dieu.
y Ora pro populo, inter.v Priez pour le peuple, sup
veni pro clero, intercede pliez pour le clergé, intercéder
pro devoto femineo sexu : pour les femmes, ce scve pieux
si'iili.-uit omnes tuum juva- et fidèle: et faites sentir votro
iiicii, quicumque celebrant assistance à ceux qui célèbrent
twun sanctam commemo- la mémoire de votre saint nom ;
ratiouem. * Quia. Gloria " Parce que. Gloire. * Parce
Patri. * Quia.
que.
On ne dit point le Te Deum pendant l'Avent, ni depuis In
Septuagésime jusqu'à Pâques, excepté aux /Mes de la sainte
Vierge.
HYMNE DE SAINT AMRR0lSF. ET IIE SAINT ATGUST1N.
Te Deum laudamus, te
Nous vous louons, ô grand
Dominum contitemur.
Dieu , et nous vous reconnais
sons pour notre souversin Sei
gneur.
Te seternum Patrem omToute la terre vous révère
uis terra veneratur.
comme le Père et la source éter
nelle de tout être.
Tibi omnes angeli, tibi
Tous les anges, les cieux et
rœli , et universae potes- toutes les puissances ,
tates ,
Tibi cherubim et seraLes chérubins et les séraphins
phim , incessabili voce pro vous proclament sans cesse, à
clamant :
haute voix :
Sanctus, Sanctus, SaneSaint, Saint, Saiut, est le
tus, Dominus Deus sabaoth. Seigneur, le Dieu des armées.
Pleni sunt cœli et terra
Les cieux et la terre sont remmajestatis glorise tuœ.
plis de la grandeur et de l'éclat
de votre gloire.
Te gloriosus Apostolorum
Le chœur glorieux des Apô
chorus ,
tres,
Te Prophetarum laudabiLa troupe vénérable des Pro
lis numerus ,
phètes ,
12.
210
CULTE DE MARIE.
Te Martyrum candidatus
Et les escadrons de Martyrs
vêtus de blanc célébreront éter laudat exercitus.
nellement vos louanges.
La sainte Eglise confesse votre
Te per orbem terrarum
nom par toute la terre ,
sancta conlitetur Ecclesia ,
Patrem immense majesO Père d'infinie majesté,
tatis ,
Et le nom adorable de votre
Venerandum tuum veFils véritable et unique,
rum et unicum Filium,
Avec celui du Saint-Esprit
Sanctum quoque paracletum Spiritum.
consolateur.
Vous êtes le roi de gloire , ô
Tu Rex gloriœ, Christe.
Jésus ;
Vous êtes le Fils éternel du
Tu Patris sempiternus es
Filius.
Père,
Tu ad liberandum susEt cependant pour vous re
vêtir de la nature humaine, afin cepturus hominem , non
de la sauver, vous n'avez pas horruisti Virginis ulerum.
dédaigné d'être conçu et enfer
mé dans le sein d'une Vierge.
Tu, devicto mortisaculeo,
Vous avez rompu l'aiguillon
de la mort , et vous avez ouvert aperuisti credentibus regna
aux fidèles le royaume du ciel.
cœlorum.
Tu ad dexteram Dei seVous êtes assis à la droite de
Dieu , dans la gloire de votre des , in gloria Patri.
Père.
Judex crederis esse veuNous croyons que vous êtes
le juge qui doit venir juger l'u turus.
nivers.
Te ergo , qua;sumus , faNous vous supplions donc de
nous protéger, comme étant vos mulis tuis subveni , quns
serviteurs, que vous avez ra pretioso sanguine redemisti.
chetés par votre précieux sang.
Mlernu fac cum sanctis
Mettez-nous au nombre de
vos saints , pour jouir avec eux tuis, in gloria numerari.
de la gloire éternelle.
Seigneur, sauvez votre peu
Salvum fac populum
ple , et bénissez ceux que vous tuum, Domine, et benedic
avez choisis pour votre héri hœreditati tua;.
tage.
Conduisez-les, et elevez-les
Et rege cos , et extolle
jusque dans l'éternité.
illos usque in œternum.
Per singulos dies benediNous vous bénissons chaque
cimus te.
jour.
Et laudamus nomen tuum
Et nous louons votre nom A ja
mais et daus la suite de tous les in sœculum, et in scculum
siècles.
ScECuli.
211
Seigneur, daignez en ce jour
nous garder de tout péché.
Ayez pitié de nous, Seigneur,
ayez pitié de nous.
Et répandez sur nous, Sei
gneur, vos miséricordes, selon
que nous avons espéré en vous.
Car c'est en vous, Seigneur,
que j'ai mis mon espérance; ne
permettez pas que je sois jamais
confondu.
On dit tes Leçons suivantes pendant l'Avent et le jour de
l'Annonciation.
Absolution et première Bénédiction, page 206.
OFFICE. — MATINES.
Dignare, Domine, die isto
sine peccato nos custndire.
Miserere nostri, Domine,
miserere nostri.
Fiat misericordia tua ,
Domine, super nos, quemadmodum speravimus in te.
In te, Domine, speravi ;
non confundar in œternum.
I. LEÇON.
L'ange Gabriel fut envoyé de
Dieu dans une ville de Galilée,
appelée Nazareth, à une vierge,
qu'un homme de la maison de
David, nommé Joseph, avait
épousée ; et cette vierge s'appe
lait Marie. L'ange étant entré
où elle était, lm dit : Je vous
salue, ô pleine de grâce, le Sei
gneur est avec vous : vous êtes
bénie entre toutes les femmes.
Et vous, Seigneur, ayez pitié de
nous.
»' Rendons grâces à Dieu.
y L'ange Gabriel fut envoyé
à la Vierge Marie, épouse de
Joseph, et il lui annonça ce que
Dieu lui avait ordonné de lui
dire. La Vierge étant surprise
de l'éclat de sa lumière, il lui
dit : Ne craignez point, Marie,
vous avez trouvé grâce devant
le Seigneur. Vous concevrez et
enfanterez un fils, qui sera ap
pelé le Fils du Très-Haut.
'^ Dabit ei Dominus Deus
v Le Seigneur Dieu lui don
sedem David patris ejus, et nera le trône de David son
regnabit in domo Jacob in père, et il régnera éternelle
leteriium. * Ecce conci ment dans la maison de Jacob.
' Vous concevrez.
pies.
M issus est angelus Ga
briel a Deo in civitatem
Galileœ, cui nomen Naza
reth, ad virginem desponsatam viro cui nomen erat
Joseph, de domo David ; et
nomen virginis Maria. Et
ingressus angelus ad eam,
di\it : Ave, gratia plena:
Dominus tecum: benedicta
tu in mulieribus. Tu autem, Domine, miserere nos
tri.
B- Deo gratias.
y Missus est Gabriel an
gelus ad Mariam Virginem
despousatam Joseph, nuntians ei verbum : et expavescit Virgo de lumiue : Ne timeas, Maria, invenisti gratiam apud Dominum. * Ecce concipies, et paries Filium, et vocabitur Altissimi
Filius.
212
CULTE DE MARIE.
II. LEÇON.
Seconde Bénédiction, page 207.
Marie ayant entendu le dis
cours de l'ange, en fut trou
blée, et elle pensait en ellemême quelle pouvait être cette
salutation. L'ange lui dit : Ne
craignez point, Marie, car vous
avez trouvé grâce devant Dieu.
Vous concevrez dans votre sein,
et vous enfanterez un Fils, à
qui vous donnerez le nom de
Jésus. Il sera grand, et sera ap
pelé le Fils du Très-Haut. Le
Seigneur Dieu lui donnera le
trône de David son père, il ré
gnera éternellement sur la mai
son de Jacob, et son règne
n'aura point de fin. Et vous,
Seigneur, ayez pitié de nous.
a- Rendons grâces à Dieu.
F Je vous salue, Marie, pleine
de grâce, le Seigneur est avec
vous. * Le Saint-Esprit survien
dra en vous, et la vertu du
Très-Haut vous couvrira de son
ombre; car le fruit saint qui
naîtra de vous, sera appelé le
Fils de Dieu.
ji Comment cela se fera-t-il,
car je ne connais point d'hom
me? L'ange lui répondit. * Le
Saint-Esprit.
Quse cum audisset, turbata est in sermone ejus, et
cogitabat qualis essèt ista
sslutatio. Et ait angelus ei :
Ne timeas, Maria, invenisti gratiam apud Deum.
Ecce concipies in utero, et
paries Filium, et vocabis
nomen ejus Jesum. Hic erit
magnus, et Filius Altissimi
vocabitur. Et dabit illi Dominus Deus sedem patris
ejus, et regnabit in domo
Jacob in œtcrnum, et regni
ejus non erit finis. Tu autem, Domine, miserere nostri.
n- Deo gratias.
a- Ave, Maria, gratia
plena, Dominus tecum. "
Spiritus sanctus superveniet in te, et virtus Altis
simi obumbrabit tibi : quod
enim ex te nascctur sanctum, vocabitur Filius Dei.
i Quomodo fiet istud,
quoniam virum non cognosco? Et respondens an
gelus dixit ei: * Spiritus
sanctus.
III. LEÇON.
Troisième Bénédiction , page 208.
Alors Marie dit à l'ange :
Comment cela se fera-t-il, puis
que je ne connais point d'hom
me? L'ange lui répondit: le
Saint-Esprit surviendra en vous,
et la vertu du Très-Haut vous
couvrira de son ombre ; c'est
Dixit autem Maria ad angelum : Quomodo fiet is
tud, quoniam virum non
cognosco ? Et respondens
angelus, dixit ei : Spiritus
sanctus superveniet in te ,
et virtus Altissimi obum-
OFFICE.
brabil tibi; ideoquc et quud
nascctur ex te sanctum, vocabitur Filius Dei. Et ecce
Elisabeth cognata tua, et
ipsa concepit filium in sencctute sua : et hic mensis
est sextus illi qua; vocatur
sterilis; quia non erit impossibile apud Deum omne verbum. Dixit autem Maria :
Ecce ancilla Domini: liat
mihi sccundum verbum
tuum. Tu autem, Domine,
miserere nostri.
n- Deo gratias.
n- Suscipe verbum, Virgo
Maria, quod tibi a Domino
per angelum transmissum
est. Concipies Dcum pariter
et hominem : * Ut benedicta dicaris inter omnes
mulieres.
LAUDES.
213
pourquoile fruit saintqui naîtra
de vous , sera appelé le Fils de
Dieu. Vous saurez aussi qu'Elisa
beth, votre cousine, a conçu un
fils dans sa vieillesse. C'est ici le
sixième mois de la grossesse de
celle qui était appelée stérile;
parce qu'il n'y a rien d'impos
sible à Dieu. Marie dit alors:
Voici la servante du Seigneur :
qu'il me soit fait selon votre pa
role. Et vous, Seigneur, ayez
pitié de nous.
n- Rendons grâces à Dieu.
b) Recevez, ô Vierge Marie,
la parole que le Seigneur vous
a fait annoncer par un auge.
Vous enfanterez un fils qui sera
Dieu et homme tout ensemble ;
* En sorîe que vous serez appe
lée la Vierge bénie entre toutes
les femmes.
y Paries guidem Filium,
j> Vous enfanterez un Fils
et virginitatis non paticris sans rien perdre de votre virgi
detrimentum : cfticierisgra- nité ; vous serez enceinte , et
vida, et cris mater semper vous deviendrez mère suns ces
ser jamais d'être vierge. * En
intacta. * Ut benedicta.
sorle.
Gloire. * En sorte.
Gloria Patri. Ut hencdicta.
A LAUDES.
Ave, Maria.
Deus, in adjutorium
O Dieu , venez à mon aide.
uieum intende.
Domine, ad adjuvandum
Seigneur, hâtez-vous de me
me festina.
secourir.
Gloria Patri.
Gloire.
De la Purification à l'Averti. 1 . Office.
Artt. Assumpla est Maria.
Ant. Marie a été élevée.
214
CULTE DE MARIE.
Pendant l'Avent. 2. Office,
Ant. Missus est Gabriel.
Ant. L'ange Gabriel a été en
voyé.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. O commerce admirable !
Ant. O admirabile commercium !
psaume !)5.
(Chant de louanges en l'honneur du Dieu créateur et
conservateur de l'univers.)
Le Seigneur a régné , il s'est
Dominus regnavit , decorevêtu de gloire ; le Seigneur rem indutus est : indutus est
s'est revêtu de force, et il a Dominus fortitudinem , et
pris ses armes.
prœcinxit se.
Il a affermi la terre, et elle
Etenim flrmavit orbem
ne sera point ébranlée.
terra; : qui non commovebitur.
Votre trône , Seigneur , est
Parata sedes tua ex tune :
établi dès l'éternité ; vous êtes a sœculo tu es.
avant tous les temps.
Les fleuves, Seigneur, se sont
Elevaverunt flumina, Doélevés, les fleuves se sont élevés mine ; elevaverunt flumina
avec un grand bruit.
vocem suam.
Les fleuves ont élevé leurs
Elevaverunt flumina tluevagues parmi le bruit et le re- tus suos, a vocibus aquarum
tentissement des grandes eaux. multarum.
Les soulèvements de la mer
Mirabileselationes maris:
sont grands et admirables; mais mirabilis in altis Dominus.
le Seigneur qui est dans le ciel
est encore plus admirable et plus grand.
Vos oracles sont très-fidèles
Testimonia tua credibilia
et très-croyables ; la sainteté , facta sunt nimis : domum
ô Seigneur, sera l'ornement de tuam decet sanctitudo, Dovotre maison dans la suite de mine , in longitudinem dic
tons les siècles.
rum.
Gloire.
Gloria Patri.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Marie a été enlevée dans
Ant. Assumpta est Maria
le ciel, les anges se réjouissent in cœlum, gaudent angeli,
de sa gloire , et ils en bénissent laudantes benedicunt Domile Seigneur par leurs louanges, num.
Ant. La vierge Marie.
Ant. Maria Virgo.
OFFICE. — LAIDES.
ws
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Missus est Gabriel
Ant. L'ange Gabriel a été
angelus ad Mariam Virgi envoyé à la vierge Marie, que
nom desponsatam Joseph.
Joseph avait épousée.
Ant. Ave, Maria.
Ant. Je vous salue, Marie.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. O admirabile commercium! Creator generis
humani , animatum corpus
sumens, de Virgine nasci
dignatus est ; et procedens
hiiiiui siiii- semine, largitus
est nobis suam deitatem.
Ant. Quando natus es.
Ant. O commerce admirable !
le Créateur du genre humain
prenant un corps animé , a dai
gné naitre d'une vierge; et se
faisant homme sans l'opération
de l'homme, il nous a rendus
participants de sa divinité.
Ant. Lorsque vous êtes né.
psaumb 99.
(Chant d'actions de grâces. Ce Psaume est appliqué par les
Pères à la résurrection de Jésus-Christ et de l'ame con
vertie.)
Jubilate Deo , omnis ter
ra : servite Domino in lœtitia.
Introite in conspectu ejus :
in exultatione.
Seitote quoniam Dominus
ipse est bons : ipse fecit
nos , et non ipsi nos.
Populus ejus, et ovespascu;c ejus : introite portas
ejus in confessione, atria
ejus in hvmnis : confitemini
illi.
Laudate nomen ejus, quo
niam suavis est Dominus : in
tPternum misericordia ejus,
et usque in generationem et
generationem veritas ejus.
Gloria Patri.
Peuples de toute la terre, louet
Dieu avec des transports dé joie ;
servez le Seigneur avec allé
gresse.
Présentez-vous devant sa face
avec un tressaillement de joie.
Reconnaissez que le Seigneur
est Dieu ; c'est lui qui nous a
faits , et nous ne nous sommes
pas faits nous-mêmes.
Nous sommes son peuple , et
les brebis de son pâturage : en
trez dans ses portes avec des
cantiques de louanges, entrez
dans son temple avec des hym
nes; rendez-lui de publiques ac
tions de grâces.
Glorifiez son nom , parce que
le Seigneur est doux : sa misé
ricorde est éternelle, et sa vérité
subsistera dans tous les siècles.
Gloire.
218
CULTE DE MARIE.
De la Purification à
Ant. La vierge Marie a été
élevée dans la céleste demeure,
où le Roi des rois est assis sur
un trône semé d'étoiles.
Ant. Attirés par l'odeur.
l'Avent. 1. Office.
Ant. Maria Virgo assumpta est ad œthereum thalamum , in quo Rex regum
stellato sedet solio.
Ant. In odorem.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Je vous salue, Marie,
Ant. Ave, Maria, gralia
pleine de grâce , le Seigncur.est plena, Dominus tecum : beavec vous : vous êtes bénie entre uedicta tu in mulicribus
toutes les femmes; louez Dieu. alleluia.
Ant. Ne craignez point.
Ant. Ne timeas.
De Noël à la Punfication. 3. Office.
Ant. Lorsque vous êtes né
Ant. Quando natus es
d'une vierge par un mystère in inellabiliter ex Virgine ,
effable, les Ecritures ont été ac tune impletœ sunt Scriptu
complies; vou9 êtes descendu ra; : sicut pluvia in vellus
comme la pluie sur une toison , descendisti, ut salvum faceet vous êtes venu pour sauver le res genus humanum : te
genre humain : nous vous en laudamus, Dcus noster.
louons et bénissons, ô notre
Dieu.
Ant. Dans le buisson.
Ant. Rubum quem viderat.
PSAUME 62.
(David , réfugié dans le désert , gémit devant le Seigneur sur
son exil , et se console par l'attente de la céleste ;patrie.)
Deus , Deus meus : ad te
O Dieu, vous êtes mon Dieu,
je veille et je vous cherche dès de luce vigilo.
le point du jour.
Sitivit in te anima mea :
Mou ame soupire vers vous
comme pressée d'une grande quam multipliciter tibi caro
soif : et ma chair se sèche dans mea!
l'ardeur do ce désir.
In terra deserta, et invia,
Dans cette terre déserte, sans
route et sans eau , je me suis et inaquosa : sic in sancto
présenté devant vous comme si apparui tibi , ut viderem
j'eusse été dans votre sanctuaire virtutem tuam , et gloriam
pour y considérer votre puis tuam.
sance et votre gloire.
Parce que votre miséricorde
Quoniam melior est mivaut mieux que toutes les vies : scricordia tua super vilas :
OFFICE. — LAIDES.
labia mea laudabunt te.
Sic benedicam te in vita
mea : et in nomine tuo levabo manus meas.
Sicut adipe et pinguedine
repleatur anima mea : et
labiis exultationis laudabit
os meum.
Si iiK'mor fui tui super
st ratum meum : in matutinis meditabor in te, quia
fuisti adjutor meus.
Et in velamentu alarum
tuarum exaltabo : adhnesit
anima mea pnst te ; me suscepit dextera tua.
il:
mes lèvres chanteront vos louan
ges.
Je vous bénirai ainsi tant que
je vivrai, et j'aurai les mains
élevées pour invoquer votre
nom.
Que mon âme soit rassasiée et
comme engraissée des viandes
délicieuses; et ma bouche pu
bliera vos louanges avec des
transports de joie.
Si je me suis souvenu de vous
étant sur mon lit : je méditerai
et penserai à vous dès le matin,
parce que vous m'avez secouru.
Jo tressaillerai de joie sous
l'ombre de vos ailes : mon âme
s'est fortement attachée à vous;
votre droite m'a soutenu.
Ipsi vero in vanum qusesierunt animam meam , introibunt in inferiora terrœ:
tradentur in manus gladii,
partes vulpium erunt.
Pour eux , c'est en vain qu'ils
ont cherché à m'ôter la vie ; ils
descendront au plus profond de
la terre; ils seront livrés à l'épée ; ils seront le partage des
renards.
Rex vero ketabitur in
Mais le roi trouvera sa joie en
Den , laudabuntur omnes Dieu : tous ceux qui jurent par
qui jurant in eo: quia ob- le Seigneur se glorifieront en
structum est os loquentium lui , parce qu'il a fermé la bou
iniqua.
che à ceux qui publiaient des
mensonges.
On ne dit point Gloria Patri.
PSAUME 66.
(Le Psalmiste conjure le Très-Haut de faire connaître ses
voies aux hommes et son salut à toutes les nations, il voit
en esprit le Messie.)
Dcus misereatur nostri,
Que Dieu ait pitié de nous, et
qu'il nous bénisse : qu'il fasse
et benedicat nobis : illumi
ne! vultum suum saper nos, luire sur nous la lumière de
son visage, et qu'il exerce sur
et misereatur nostri.
nous sa miséricorde.
Afm que nous connaissions
Ut cognoscamus in terra
13
CLLTE DE MARIE.
218
sur la terre votre voie et votre viam tuam : in omnibus
conduite, et le salut que vous gentibus salutare tuum.
donnez à toutes les nations.
Conliteantur tibi populi,
O Dieu , que les peuples vous
louent : que tous les peuples Deus : confiteantur tibi po
puli omnes.
vous rendent hommage.
La;tentur, et exultent gen
Que les nations soient dans la
joie et dans l'allégresse; parce ies : quoniam judicas popu
que vous jugez les peuples dans los in a;quitate, et gentes
la justice , et que véus con in terra dirigis.
duisez toutes les nations sur la
terre.
O Dieu , que les peuples vous
Confiteantur tibi populi ,
louent : que tous les peuples Deus; confiteantur tibi po
vous rendent hommage ; parce puli omnes : terra dedit
que la terre a donné son fruit. fructum suum.
Que Dieu nous comble de ses
Benedicat nos Deus, Deus
bénédictions; que Dieu nous noster ; benedicat nos Deus :
bénisse ; que Dieu nous comble et metuant eum omnes fines
de ses benédictions, et qu'il terra;.
soit craint jusqu'aux extrémités
de la terre.
Gloire.
Gloria.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Attirés par l'odeur de
Ant. In odorem unguenvos parfums, nous courons après torum tuorum currimus :
vous : les jeunes lilles vous ai- adolescentulœ dilexcrunt te
nient passionnément.
nimis.
Ant. Vous êtes la fille.
Ant. Benedicta filia.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Ne craignez point , MaAnt. Ne timeas, Maria,
rie, vous avez trouvé grâce de invenisti gratiam apud Dovant le Seigneur : vous conce mi num : ecce concipies, et
vrez un Fils : louez Dieu.
paries Filium : alleluia.
Ant. Le Seigneur lui donnera.
Ant. Dabit ei Dominus.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Dans le buisson ardent
Ant. Rubum quem vide
que Moïse vit qui se conservait rat Moyses iucombustum ,
sans brûler, nous reconnaissons conservatam
agnovimus
la ligure de votre admirable tuam laudabilem virginitavirginité , que votre fécondité tem : Dei Genitrix , inter
n'a point blessée : Mère de Dieu, cede pro m ibis.
intercédez pour nous.
Ant. Il est sorti.
Ant. flerminavit.
OFFICE. — LAIDES.
210
CANTIQUE DES TROIS ENFANTS DANS LA FOURNAISE.
(Daniel, 3.)
(Us invitent toutes les créatures à louer Dieu.)
Benedicite omnia opera
Créatures, qui êtes les ou
Domini Domino : laudate , vrages du Seigneur, bénissez
et supcrexaltate eum in s»- toutes celui qui vous a créées ,
cula.
et célébrez ses louanges et sa
gloire éternellement.
Benedicite angeli Domini
Anges du Seigneur, bénissez
Domino : benedicite cœli son nom ; deux , bén Usez le
Domino.
Seigneur.
Eaux, qui êtes au-dessus des
Benedicite aquœ omnes
i|iia; super cœlos sunt Do airs, bénissez toutes le Seigneur ;
mino : benedicite omnes puissances et vertus du Seigneur,
virtutes Domini Domino.
bénissez sa Majesté.
Benedicite sol et lu nu
Soleil et lune, bénissez le
Domino : benedicite Stella- Seigneur ; étoiles du ciel , bé
cœli Domino.
nissez le Seigneur.
Benedicito omnis imber
Pluies et rosées, bénissez
et ros Domino : benedicite toutes le Seigneur ; vents impé
mimes spiritus Dei Domino. tueux, bénissez tous le Seigneur.
Benedicite ignis et aestus
Feux et chaleurs de l'été, bé
Domino : benedicite frigus nissez le Seignenr ; froidures et
et ii-stiis Domino.
rigueurs de l'hiver, bénissez le
Seigneur.
Benedicite rores et pruina
Brouillards humides et brui
Domino : benedicite gelu et nes, bénissez le Seigneur ; ge
frigus Domino.
lées et frimas , bénissez le Sei
gneur.
Benedicite glacies et nives
Glaces et neiges, bénissez le
Domino : benedicite noctes Seigneur; nuits et jours, bé
et dies Domino.
nissez le Seigneur.
Benedicite lux et tencbra;
Lumière et ténèbres , bénis
Domino : benedicite fulgnra sez le Seigneur ; éclairs et nua
et nubes Domino.
ges , bénissez le Seigneur.
Benedicat terra DomiQue la terre bénisse le Sei
num ; laudet et superexaltet gneur ; qu'elle célèbre ses louan
eum in sœcula.
ges et sa gloire éternellement.
Benedicite montes et col
Montagnes et collines, bé
les Domino : benedicite uni- nissez le Seigneur; herbes et
versa germinantia in terra plantes qui naissez de la terre ,
Domino.
bénissez le Seigneur.
Benedicite fontes Domi
Fontaines, bénissez le Sei
no : benedicte maria et flu- gneur; mers et fleuves, bénissez
mina Domino.
le Seigneur.
CULTE DE MARIE.
Grandes baleines, et tous les
animaux qui vivez dans l'eau ,
bénissez le Seigneur ; oiseaux de
l'air, bénissez le Seigneur.
Bêtes douces et sauvages , bé
nissez le Seigneur; enfants des
hommes, bénissez le Seigneur.
Benedicite cete et omnia
quo; moventur in aquis Do
mino : benedicite omnes
volucres cœli Domino.
Benedicite omnes bestia;
et pecora Domino : benedidicite filii hominum Domi
no.
Benedicat Israel Dominum : laudet et supcrexaltet eumin sœcula.
Benedicite sacerdotes Domini Domino : benedicite
servi Domini Domino.
Benedicite spiritus et animœ justorum Domino : be
nedicite sancti et humiles
corde Domino.
Benedicite Anania , Azaria , Misael Domino : laudate et superexaltate eum
in sœcula.
Benedicamus Patrem et
Filium, cum sanctoSpiritu:
laudemus et supcrexaltemus eum in saecula.
Benedictus es, Domine,
in firmamento cœli : et laudabilis , et gloriosus , et superexaltatus in sœcula.
Qu'Israël bénisse le Seigneur,
qu'il célèbre ses louanges et sa
gloire éternellement.
Prêtres du Seigneur, chantez
ses louanges ; serviteurs du Sei
gneur, benissez son nom.
Esprits et âmes des justes, bé
nissez le Seigneur ; saints et
humbles de cœur, bénissez sa
Majesté.
Ananie, Azarie et Misaël,
bénissez le Seigneur; célébrez
ses louauges et sa gloire éter
nellement.
Bénissons le Père et le Fils,
avec le Saint-Esprit ; célébrons
ses louanges et la gloire de Dieu
éternellement.
Seigneur, vous êtes digne d'ê
tre loué, d'être glorifié et honoré
de toute splendeur et de toute
magnificence dans l'éternité.
On ne dit point Gloria Patri.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Vous êtes bénie du SeiAnt. Benedicta Filia tu a
gneur, ô Fille sainte; car c'est Doniino ; quia per te frucpar vous que nous avons reçu le tum vita; communicavimus.
fruit de vie.
Ant. Vous êtes belle.
Ant. Pulehra es.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Le Seigneur lui donnera
Ant. Dabit et Dominus
le trône de David son père , et sedem David patris ejus, et
regnabit in œternum.
il régnera éternellement.
Ant. Ecce ancilla.
Ant. Voici la servante.
De Noël à la Purification. 3 Office.
Ant. Il est sorti un rejeton de
Ant. Germinavit radix
OrPICE. — LAUDES.
22I
Jessé; il a paru une étoile de la
maison de Jacob; une Vierge a
enfanté le Sauveur; nous vous
en louons et bénissons , 6 notre
Dieu.
Ant. Marie.
Ant. Eccc Maria.
Jesse ; orta est Stella ex
Jacob ; Virgo peperit Salvatorem ; te laudamus , Deus
noster.
PSAUME 148.
(Louanges de Dieu.)
Louez le Seigneur, vous qui
Laudate Dominum de rée
lis: laudate eumin excclsis. êtes dans les cieux , loin v- le au
plus haut du firmament.
Vous, anges du Seigneur,
Laudate cum omnes angeli ejus : laudate eum louez-le tous ; puissances et ar
mées du Seigneur, louez-le
omnes virtutesejus.
toutes.
Soleil et lune, louez le Sei
I.audate eum sol et luna :
laudate eum omnes stella; gneur ; étoiles et lumière, louezle toutes.
et lumen.
Laudate eum eœli cœloCieux des cieux , bénissez le
rum : et aqua; omnes qua; Seigneur; et que les eaux qui
super i vins sunt , laudent sont au-dessus des airs , louent
le nom du Seigneur.
nomen Domini.
Quia ipse dixit , et facta
Car il a parlé, et toutes choses
sunt : ipse mandavit, et ont été faites : il a commandé,
et toutes choses ont été créées.
creata sunt.
Il les a établies pour durer
Statuit ca in a;ternum ,
cl in s.i-c iilini! Sa;culi : pra> dans tous les siècles ; il leur a
ceptum poMiil , et non prœ- prescrit son ordre, et il demeure
teribit.
mviolable.
Laudate Dominum de
Louez le Seigneur, créatures
terra ; dracones et omnes de la terre , dragons et baleines.
abyssi.
ignis , grando , nix , glaQue le feu , la grêle , la neige,
cies, spiritus procellarum , la glace , les vents et les tour
qua; faciunl verbum ejus.
billons qui exécutent sa pa
role;
Montes et omnes colles :
Que les montagnes et toutes
ligna fructifera, et omnes les collines , les arbres fruitiers
cedri.
et tous les cèdres ;
Bestia; et universa pecoQue les bêtes sauvages et tous
ra : serpentes et volucres les animaux doux et domesti
pennata'.
ques, les reptiles et les oiseaux
qui volent;
Reges terra; et omnes poQue les rois de la terre , et
222
CULTE DE MARIE.
tous les peuples ; les princes et
tous les juges de la terre ;
Que les jeunes hommes et les
filles, les vieillards et les enfants,
louent le nom du Seigneur;
parce qu'il est le seul dont le
nom est souverainement grand.
Ses louanges se font entendre
dans le ciel et sur la terre, et il
a relevé la puissance de son
peuple.
Que les hymnes et les can
tiques soient dans la bouche de
tous ses saints : des enfants
d'Israël , du peuple qui est uni
à lui.
On ne dit point Gloria Patri.
puli : principes et omnes
judices terne.
Juvenes et virgines, senes
cum junioribus, laudent
nomen Domini : quia exaltatum est nomen ejus solius.
Confessio ejus super ccelum et terram : et exaltavit cornu populi sui.
Hymnus omnibus sanclis
ejus : liliis Israol, populo
appropinquanti sibi.
psaume 149.
(Louanges de Dieu. Ses Saints jugeront le monde.)
Chantez un nouveau cantique
à la gloire du Seigneur ; qu'il
soit loué dans l'assemblée des
saints.
Qu'Israël se réjouisse en son
Créateur ; que les enfants de
Sion se réjouissent en leur Roi.
Qu'ils louent son nom dans
les concerts de musique ; qu'ils
chantent ses louanges sur les
tambours et sur la harpe.
Parce que le Seigneur a mis
toute son affection dans son
peuple, et il glorifiera et sau
vera ceux qui sont doux.
Les saints seront comblés
d'allégresse dans leur gloire,
ils tressailleront de joie sur leurs
lits.
Ils auront les louanges de
Dieu dans leur bouche, et des
épées tranchantes dans leurs
mains.
Pour exercer la vengeance
Cantate Domino canticum novum ; laus ejus in
ecclesia sanctorum.
Lœtetur Israel in eo qui
fecit eum : et nlii Sion
exultent in Rege suo.
Laudent nomen ejus in
choro : in tympano et psalterio psallant ei.
Quia beneplacitum est
Domino in populo suo : et
cxaltabit mansuetos in salutem.
Exultabunt sancti in gloria : uetabuntur in cubilibus suis.
Exultationes Dei in gutture eorum : et gladii ancipites in manibus eorum.
Ad faciendam vindictam
OFFICE. — LAUDES.
223
iii nutionihus : increpatio- sur les nations , pour punir et
châtier les peuples.
nes in populis.
Ad alligandos rcges coPour mettre leurs rois à la
chaîne
, et les plus nobles d'en
rum in compedibus : et nobiles eorum in manicis fe tre eux dans les fers.
reis.
Pour exécuter sur eux l'arrêt
Ut faciant in eis jndicium roriscriptum : gloria qui eu a été ordonné; c'est là
ha;c est omnibus sanctis la gloire qui est réservée à tous
ejus.
les saints.
On ne dit point Gloria Patri.
PSAUME 150.
(Invitation à célébrer le nom du Seigneur dans toutes les
circonstances.)
Louez Dieu dans son sanc
tuaire; louez-le dans le lirmament , où éclate sa puissance.
Louez-le dans les merveilles
qu'il a faites; louez-le selon sa
grandeur, qui n'a point de
bornes.
Louez-le au son des trom
pettes, chantez ses louanges sur
la harpe et sur la lyre.
Louez-le avec des tambours
et des concerts de musique ;
louez-le sur la viole et sur le
luth.
Laudate eum in cymbalis
Louez-le sur les tymbales
benesonantibus ,
laudate harmonieuses , louez-le sur les
eum in cymbalis jubilatio- tymbales claires et résonnantes;
nis : omnis spiritus laudet que tout ce qui respire loue le
Dominum.
Seigneur.
Gloria.
Gloire.
De la Purification àl'Avent. 1. Office.
Ant. Pulebra es et deAnt. Vous êtes belle et toute
eora , filia Jerusalem : ter- éclatante de gloire , lille de Jéribilis ut castrorum acies rusalem ; vous êtes terrible
ordinata.
comme une armée rangée en
bataille.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Ecce ancilla DoAnt. Voici la servante du
Laudate Dominum in
sunctis ejus : laudate eum
in lirmamento virtulis ejus.
Laudate enm in virtutibus ejus : laudate eum secuiiduii) multitudinem magnitudiuis ejus.
Laudate eum in sono
tubœ : laudate eum in psalterio et citharà.
Laudate eum in lympano
et choro : laudate eum in
chordis et organo.
224
CULTE DE MARIE.
Seigneur ; qa'il me soit fait se- mini : fiat mihi sccundum
Ion votre parole.
verbum tuum.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Ecce Maria genuit
Ant. Marie nous a enfanté le
Sauveur, duquel saint Jean s'é nobis Salvatorem quem
cria, lorsqu'il le vit : Voilà Joannes videns exclamavit ,
l'Agneau de Dieu, voilà celui dicens : Ecce Agnus Dei ,
qui efface les péchés du monde : ecce qui tollit peccata mundi : alleluia.
louez Dieu.
De Noël à l'Avent. 1. et 3. O ce.
chapitre. (Cant.. 6.)
Les filles de Sion l'ont vue ,
Viderunt eam filise Sion :
et l'ont publiée bienheureuse ; et beatissimam prœdicaveles reines lui ont donné des runt, et reginœ laudaverunt
louanges.
eam.
h- Rendons grâces à Dieu.
n) Deo gratias.
Pendant l'Avent. 2. Office.
chapitre. (Isaïe, 11.)
Il sortira un rejeton de la tige
Egredietur virga de ra
de Jessé , et il naîtra de sa ra dice Jesse , et flos de radice
cine une fleur, sur laquelle l'es ejus ascendet, et requiescet
prit du Seigneur se reposera.
super eum spiritus Domini.
a-. Rendons grâces à Dieu.
t^ Deo gratias.
O la plus glorieuse des Vier
ges, qui êtes élevée au-dessus de
tous les astres, vous avez nourri
de vos mamelles sacrées celui qui
vous avait créée dans sa bonté.
Votre heureuse fécondité
nous a rendu ce que la mal
heureuse Eve nous avait fait
perdre ; et vous ouvrez la porte
du ciel à ceux qui pleurent.
Vous êtes le sanctuaire du
Très-Haut et la porte éclatante
du jour; applaudissez donc,
nations, dont la vie a été ra
chetée par une Vierge.
Gloire à vous , Seigneur , qui
êtes né d'une Vierge, gloire à
O gloriosa Virginum,
Sublimis inter sidera,
Qui te creavit provide ,
Lactente nutris ubere.
Quod Kva tristis abstulit ,
Tu reddis almo germiiie :
Intrent ut astra flebiles ,
Cœli recludis cardines.
Tu Regis alti janua ,
Et aula lucis fulgida ;
Vitam datam per Virginem,
Gentes redemptse , plaudite.
Jesu , tibi sit gloria ,
Qui natus es de Virgine ,
OFFICE. — LAlDliS.
22o
Ciun Patre et almo Spiritu vous avec le Père et le SaintIn sempiterna sœcula.
Esprit dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Amen.
y Vous êtes bénie entre
y Benedicta tu in mulieribus.
toutes les femmes.
ii- Et benedictus fructus
ri Et le fruit de vos entrailles
ventris tui.
est béni.
De la Purification à l'A vent. 1. Office.
Ant. Beata Dei Genitrix.
Ant. Bienheureuse Mère de
Dieu.
De Pâques au samedi de la Trinité on ne dit point cette
antienne , mais la suivante :
Regina cœli , lsatare. Al
Reine du ciel, réjouissez leluia.
vous : louez Dieu.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Spiritus sanctus.
Ant. Le Saint-Esprit.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Mirabile mysterium.
Ant. Un mystère admirable.
CANTIQUE DE ZAr.H.VIIll:. (S. Luc, 1.)
(Actions de grâces pour l'avènement de Jésus-Christ.)
Benedictus Dominus ,
Deus Israel : quia visitavit
et fecit redemptionem plebis suœ.
Et erexit cornu salutis
nobis , in domo David pueri
sui.
Sicut locutus est per os
sanctorum : qui a sœculo
Miut Prophctarum ejus.
Béni soit le Seigneur, le Dieu
d'Israël , de ce qu'il a visité et
racheté son peuple.
De ce qu'il a suscité un puis
sant Sauveur dans la maison de
son serviteur David.
Selon qu'il a promis par la
bouche de ses saints Prophètes,
qui ont été dans tous les siècles
passés.
De nous délivrer de nos en
nemis, et des mains de tous
ceux qui nous haïssent.
Pour exercer sa miséricorde
envers nos pères , et se souvenir
de son alliance sainte.
Salutem ex inimicis nostris : et de manu omnium
qui oderunt nos.
Ad faciendam misericordiam cum patribus nostris :
et memorari testamenti sui
sancti.
Selon le serment, par lequel
Jusjurandum quod juravit ad Abraham patrem il a juré à Abraham , notre
nostrum : daturumse nobis. père , qu'il nous ferait cette
I.!.
226
CULTE DE MARIE.
Ut sine timore, de manu
Qu'étant délivrés des mains
de nos ennemis, nous le servi inimicorum nostrorum lirons sans crainte.
berati : serviamus illi.
Dans la sainteté et dans la
In sanctitatc et justifia
justice , nous tenant en sa pré coram ipso : omnibus diesence tous les jours de notre vie. bus nostris.
Et vous, petit enfant, vous
Et tu , puer , Propheta
serez appelé le Prophète du Altissimi vocaberis : prseibis
Très-Haut : car vous marcherez enim ante faciem Domini
devant le Seigneur pour lui pré pararc vias ejus.
parer ses voies.
Pour donner à son peuple la
Ad duudam scientiam saconnaissance du salut, ulin qu'il lutis plebi ejus : in remisobtienne la rémission de ses pé sionem peccatorum eorum.
chés.
Per viscera misericordiœ
Par les entrailles de la misé
ricorde de notre Dieu , par les Dei nostri : in quibus visiquelles ce Soleil levant nous est tavit nos Oriens ex alto.
venu visiter d'en haut.
Pour éclsirer ceux qui sont
Illuminare his, qui in
ensevelis dans les ténèbres de la tenebris, et in tunbra mormort , et pour conduire nos tis sedent : ad dirigendos
pieds dans le chemin de la paix. pedes nostros in viam pacis.
Gloria Patri.
Gloire.
De la Purification à l'Avent. 1 . Office.
Ant. Bienheureuse Mère de
Ant. Beata Dei Genitrix
Dieu, Marie toujours vierge, Maria , virgo perpetua ,
temple du Saint-Esprit ; vous templum Domini , sacraseule avez plu à Jésus-Christ rium Spiritus sancti : sola
Notrc-Seigneur d'une manière sine exemplo placuisti Do
qui n'a point d'exemple : priez mino nostro Jesu Christo :
pour le peuple, suppliez pour ora pro populo, interveni
le cierge, et intercedez pour pro clero , intercede pro
les femmes, ce sexe pieux et devoto femineo sexo.
fidèle.
De Pâques au samedi avant la Trinité.
Reine du ciel, réjouissez-vous,
Regina cœli, lsctare, al
louez Dieu ; parce que celui que leluia : quia quem mevous avez eu le bonheur de por ruisti portaro , alleluia : reter dans votre sein , louez Dieu , surrexit sicut dixit , alle
est ressuscité comme il l'avait luia : ora pro nobis Deum ,
prédit , louez Dieu ; priez Dieu alleluia.
pour nous, louez le Seigneur.
y Seigneur , exaucez ma
jfr Domine, exaudi oraprière.
tionem mcam.
OFFICE. — LAUDES.
227
s- Et clamor meus ad te
it- Et que mes cris s'élèvent
veniat.
jusqu'à vous.
Pendant ï Avent. ï. Office.
Ant. Spiritus sanctus in
Ant. Le Saint-Esprit descen
te desceiidet, Maria : ne dra sur vous , Marie : ne crai
timeas , habebis in utero gnez point , vous porterez le Fils
Filium Dei, alleluia.
de Dieu dans votre sein; louez
Dieu.
Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christe, eleison.
Christ , ayez pitié de nous.
Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
'f Domine, exaudi oray Seigneur , écoutez ma
tionem meam.
prière.
n- Et clamor meus ad te
n- Et que mes cris s'élèvent
veniat.
jusqu'à vous.
on EMUS.
PRIONS.
Deus, qui de beat»: Maris Virginis utero Verbum
tuum, angelo nuntiante,
carnem suscipere voluisti ;
prsesta supplicibus tuis, ut
. qui vere cam Genitricem
Dei credimus , ejus apud te
iiilercessionibus adj uvemur :
per eumdem Domfnum nostrum Jesum Christum , etc.
O Dieu , qui avez voulu que
votre Verbe prit chair dans le
sein de la bienheureuse Vierge
Marie , après lui avoir fait an
noncer ce mystère par un ange ;
nous vous supplions humble
ment que , comme nous la
croyons véritablement mère de
Dieu , nous soyons aidés auprès
de vous par ses prières. Par le
même Jésus-Christ Notre-Seigncur, etc.
De Noël à lu. Purification. 3. Office.
Ant. Mirabile mystcrium
Ant. Un mystère admirable
declaratur hodie ; innovan- éclate en ce jour ; il se fait un
tur naturae : Deus homo nouveau changement dans la
factus est : id quod fuit nature humaine ; Dieu est fait
pennansit , et quod non homme ; il demeure ce qu'il
erat assumpsit, non com- était , et il prend ce qu'il n'ctait
mixtionem passus nequc di- pas , sans souffrir ni mélange ni
visionem.
division.
Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
y Domine , exaudi oray Seigneur , exaucez ma
tionem meam.
prière.
n- Et clamor meus ad te
a- Et que mes cris s'élèvent
veniat.
jusqu'à vous.
OREMUS.
Deus, quisalutis œtcrna?,
PRIONS.
O Dieu, qui avez donné aux
"228
CULTE DE MARIE.
hommes le salut éternel par la
virginité féconde de la bienheu
reuse Marie , accordez-nous ,
s'il vous plaît , que nous ressen
tions les effets de l'intercession
de celle pur qui nous avons eu
le bonheur de recevoir l'Auteur
de la vie, Notre-Seigueur JésusChrist, qui, étant Dieu, vit et
règne avec vous dans l'unité du
Saint-Esprit, etc.
beatœ Marise virginitate fœcunds, humano generi prœmia prœstitisti : tribue, quœsumus , ut ipsam pro nobis
intercedere sentiamus, per
quam meruimus Auctorem
vitœ suscipere Dominum
nostrum Jesum Christum
Filium tuum, qui tccum
vivit et regnat in unitate
Spiritus sancti, etc.
ANTIENNE A SAINT JOSEPH.
Fidelis servuset prudens,
quem constituit Dominus
suœ matris solatium, suœ
carnis nutritium , et solum
in terris magni consilii coadjutorem fidelissimum.
} Ecce homo sine que^ Voilà l'homme sans repro
che, véritable serviteur de Dieu. rela , verus Dei cultor ;
n- Qui ne commet point d'in
h- Abstinens se ab omni
justice et qui conserve son in opere malo , et permanens .
in innocentia sua.
nocence.
Voilà le serviteur fidèle et
prudent que le Seigneur a éta
bli le maître de sa maison , le
conseil , le soutien et le consola
teur de sa mère.
PRIONS.
OREMUS.
Assistez-nous , Seigneur , par
les mérites de l'Epoux de votre
très-sainte Mère, afin que nous
obtenions par son intercession
les grâces que nous ne pouvons
obtenir de nous-mêmes ; vous
qui vivez et régnez avec Dieu le
Père , en l'unité du Saint-Esprit
dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Sanctissimœ Genitricis
tuœ Sponsi, qusesumus, Do
mine, meritis adjuvemur,
ut quod possibilitas nostra
non obtinet, ejus nobis intercessione donetur : qui
vivis et regnas cum Deo
Patre in unitate Spiritus
sancti Deus , per omnia
sœcula ssaculorum. Amen.
ANTIENNE A TOCS LES SAINTS.
Durant l'année jusqu'à l'Avent. 1. et 3. Office.
Ant. Sancli Dei omnes,
Ant. Saints de Dieu , daignez
tous intercéder pour notre salut intercedere dignemini pro
et pour celui de tout le monde. nostra omniumque salute.
v L«etamini in Domino,
jfr Réjouissez - vous , justes,
dans le Seigneur, et tressaillez et exultate justi.
de joie.
223
OFFICE. — LAUDES.
n Et gloriliez-vous en lui ,
n Et gloriamini onmes
vous tous qui avez le cœur droit.
rccti corde.
PRIONS.
Protege, Domine, popuSeigneur, protégez votre peu
lum tuum , et Apostolorum ple , et conservez-le par le se
tuorum Petri et Pauli , et cours d'une assistance conti
aliorum Apostolorum tuo nuelle , qu'il vous demande avec
rum patrocinio confiden- confiance par l'intercession de
tem, perpetua defensione, saint Pierre et de saint Paul , et
des autres Apôtres.
conserva.
Omnes sancti tui , quœNous vous supplions, Sei
sumus, Domine, nos uni gneur, que tous vos saints nous
que adjuvent ; ut dum co - assistent en toutes rencontres;
rum merita recolimus , pa- afin qu'en honorant leurs méri
trociniasentiamus: etpacem tes nous ressentions les effets de
tuam nostris concede tem- leur intercession : donnez-nous
poribus; et ab Ecclesia tua la pain en nos jours; éloignez
cunctam repelle nequitiam ; de votre Eglise toute méchan
iter, actus et voluntates nos- ceté; conduisez nos pas, nos
tras et omnium famulorum actions et nos volontés et celles
tuorum in saint is fuse pros- de tous vos serviteurs , dans le
peritate disponc; benefae- chemin heureux du salut ; ré
toribus nostris sempiterna compensez par les biens du ciel
bona retribue, et omnibus ceux que nos bienfaiteurs nous
lidelibus defunctis requiem font sur la terre , et accordez le
œternam concede. Per Do- repos éternel aux fidèles qui
sont morts. Par Notre-Seigneur.
iuinum.
jfr Domine, exaudi ora$ Seigneur , exaucez ma
f in m -m meam.
prière.
n- Et clamor meus ad te
ni Et que mes cris s'élèvent
jusqu'à vous.
veniat.
jfr Benedicamus Domino.
.v Bénissons le Seigneur.
n- Deo gratias.
h- Rendons grâces à Dieu.
v (Jue les ames des Hdèles
y Fidelium animre per
iuisericordiam Dei requies- reposent en paix par la miséri
cant in pace.
corde de Dieu.
u- Ainsi soit-il.
11! Amen.
Pendant l'Avent. ï. Office.
Ant. Ecce Dominus veAnt. Le Seigneur viendra
niet, et omnes sancti ejus accompagne de tous ses saints :
iimi co : et erit in die illa et on verra éclater en ce jourlux magna, alleluia.
là une grande lumière : louez
Dieu.
* Le Seigneur apparaîtra sur
J Ecce apparebit Domi
nus super nubem candidum une nuée blanche.
230
CULTE DE MARIE.
ii Et mille et mille saints
n- Et cum eo sanctorum
millia.
paraîtront avec lui.
PRIONS.
ORBMCS.
Seigneur, nous vous sup
Conscientias nostras, qua;plions de purilier nos conscien sumus, Domine, visitandn
ces, en les visitant par votre purifica, ut veniens Jesus
grâce ; afm que Notre -Seigneur Christus Filius tuus, DomiJésus-Christ votre Fils, venant nus noster, cum omnibus
avec tous ses saints, trouve en sanctis suis, paratam sibi
nous une demeure préparée in nobis inventat mansiopour le recevoir. Lui qui étant nem : Qui tecuui.
Dieu.
n- Ainsi soit-il.
«I Amen.
jri Seigneur, exaucez, ete.
.v Domine, exaudi, ete.
» Que Dieu nous donne sa
jr Deus det nobis suant
paix.
pacem.
n- Et la vie éternelle. Ainsi
9- Et vitam a;ternam.
soit-il.
Amen.
On dit ensuite une des antiennes de la sainte Vierge selon
le temps, comme à la fin des Compiles.
y Que le secours divin de* Divinum auxilium mameurc toujours avec nous.
neat scmper nobiscum.
n- Ainsi soit-il.
n- Amen.
A PRIME.
Ave , Maria.
Deus, in adjuloriummeum
O Dieu, venez à mon aide.
in tende.
Domine, ad adjuvandum
Seigneur, hâtez-vous do me
me festina.
secounr.
Gloria Patri.
Gloire.
Memento , rerum CondiSouvenez-vous, ô Créateur de
tor,
l'univers, que pour opérer notre
salut, vous avez bien voulu pren Nostri corporis, quod olim,
Sacrata
ab alvo Virginis ,
dre un corps comme le nôtre en
naissant d'une Vierge toute pure Nascendo formam sumpet sans tache.
seris.
Maria , Mater gratia; ,
O Marie , Mère de grâce, Mère
OFFICE. — PRIME.
231
Duleis Pareils dementise,
Tu nos ab hoste protege ,
Et mortis hora suscipe.
de miséricorde , défendez-nous
contre nos ennemis, et receveznous sous votre protection à
l'heure de notre mort.
Gloire à vous , Seigneur, qui
Jesu, tibi sit gloria ,
êtes né d'une Vierge, et soyez
Qui natus es de Virgiue,
Cum Patre et almo Spiritu , glorilié avec le Père et le SaintEsprit , dans les siècles éter
In sempiterna saxula.
nels.
Ainsi soit-ii.
Amen.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Assumpta est MaAnt. Marie a été élevée.
ria.
Pendant l'Avent. ï. Office.
Ant. Missus est Gabriel.
Ant. I.'angc Gabriel a été en
voyé.
De Koèl à la Purification. 3. Office.
Ant. O admirabile comAnt. O commerce admiramercium!
ble!
"PSAUME 53.
(Cris de l'âme vers Dieu pour implorer son secours.)
Deus, in nomine tuo salO Dieu, sauvez-moi par v«vum me fac : et in virtute tre nom, et soutenez par votre
puissance la justice de ma
tua judica me.
cause.
Deus, exaudi orationem
O Dieu, écoutez ma prière ;
meam : auribus percipe ver- prêtez l'oreille aux paroles de
ma bourbe.
ba oris mei.
Quoniam alieni insurCar les étrangers se sont éle
rexerunt adversum me : et vés contre moi ; et les forts ont
fortes quœsierunt animam cherché à me perdre ; et ils
meam: et non proposue- n'ont point eu Dieu devant leurs
runt Deum ante conspec- yeux.
tum suum.
Mais voici Dieu qui vient à
Ecce enim Dcus adjuvat
me : et Dominus susceptor mon secours; le Seigneur est le
protecteur de mon âme.
est animœ mese.
Rejetez sur mes ennemis les
Averte mala inimicis
meis: et in veritaie tua dis maux qu'ils veulent me faire;
exterminez-les dans votre vé
perde illos.
rité.
Je vous oifrirai des sacritices
Voluntarie sacrilicabo li-
23-2
CULTE DE MARIE.
avec une pleine volonté ; et je
rendrai grâces, Seigneur, à vo
tre nom, parce qu'il est bon.
Car vous m'avez délivré de
toutes mes afflictions; et mou
œil a regardé avec mépris mes
ennemis.
Gloire.
bi : et conlitebor nomini
tuo, Domine, quoniam boiiiim est.
Quoniam ex onmi tribulationc eripuisti me : et su
per inimicos meos despexit
oculuj meus.
Gloria Patri.
psaume 84.
(Le Psalmiste rend grâces de la fin de la captivité ; il soupire
après l'avènement de Jésus-Christ.)
Seigneur, vous avez béni vo
Benedixisti, Domine, ter
tre terre; vous avez fait cesser ram tuam : avertisti captivitatem Jacob.
la captivité de Jacob.
Vous avez remis l'iniquité de
Remisisti iniquitatem pievotre peuple ; vous avez cou bis tuœ : operuisti omuia
peccata
eorum.
vert tous ses péchés.
Vous avez apaisé toute vo
Mitigasti omnem iram
tre indignation; vous avez cal tuam : avertisti ab ira indimé tous les mouvements de vo gnationis tua;.
tre colère.
Convertissez-nous, ô Dieu,
Converte nos, Deus, saluqui êtes notre Sauveur ; et dé taris noster ; et averte iram
tournez votre indignation de tuam a nobis.
dessus nous.
Serez-vous toujours irrité con
Numquid in œlermim
tre nous? ferez-vous durer votre irascaris nobis? aut extencolère dans la suite de tous les des iram tuam a generatiouc iu generationem ?
âges?
Deus, tu conversus viviliO Dieu, vous vous réconci
lierez avec nous; et vous nous cabis nos : et plebs tua la>
donnerez une vie nouvelle, et tabitur in te.
votre peuple se réjouira en
vous.
Faites-nous sentir les effets
Osteude nobis, Domine,
de votre miséricorde, et don miscricordiam tuam : et sanez-nous le Sauveur que vous lutare tuum da nobis.
voulez envoyer.
J'écouterai ce que le Seigneur
Audiam quid loquatur in
dira en moi; car il annoncera me Dominus Deus: quo
la paix à son peuple.
niam loquetur pacem iu
plebem suam.
Il l'annoncera à ses saints, et
Et super sanctos suos : et
à ceux qui rentrent au fond de in eos qui couvertuntur ad
leur cœur.
cor.
OFFICE. — l'RIMK.
Verumtamen prope timentes in m salutaris ipsius: ut inhabitet gloria in
terra iiostra.
Miscricordia et veritas
obviaverunt sibi : justitia et
pax osculatœ surit.
Veritas de terra orta est :
et justitia de cœlo prospexit.
Etenim Dominus dabit
benegnitatem : et terra nnstra dabit fractum siuim.
Justitia aule cum ambulabit : et ponet in via gressus suos.
Gloria Patri.
2:1:1
Certes, le salut qu'il doit don
ner, arrivera bientôt à ceux qui
le craignent, atin que sa gloire
babite dans notie terre.
La miséricorde et la vérité se
sont rencontrées; la justice et
la paix se sont entrebaisées.
La vérité est sortie de la ter
re; et la justice nous a regar
dés favorablement du ciel.
Car le Seigneur donnera ses
douces inlluences, et notre terre
produira son fruit.
La justice marchera devant
lui, et il conduira ses pas dans
la droite voie.
Gloire.
PSAUME 116.
(Tous les peuples sont invités à louer Dieu.)
Laudate Dominum om
ites gentes : laudate eum
omnes populi.
Quoniam conlirmala est
super nos misericordia ejus :
et veritas Domini manet in
a'trnllim.
Gloria Patri, ete.
Nations, louez toutes le Sei
gneur ; peuples, louez-le tous.
Parce qu'il a signalé envers
nous la grandeur de sa miséri
corde ; et que la vérité du Sei
gneur demeure éternellement.
Gloire soit, ete.
De la Purification à l'Avent. t. Office.
Ant. Assuinpta est Maria
Ant. Marie a été élevée dans
in cœlum : gaudent angeli, le ciel; les anges se réjouissent
laudantes benedicunt Do- de sa gloire, et ils en bénissent
mitniiM.
le Seigneur par leurs louanges.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Missus est Gabriel
Ant. L'ange Gabriel a été enangclus ad Mariam Virgi- voyé à la Vierge Marie, que Jonem desponsatam Joseph.
seph avait épousée.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. O admirabile comAnt. O commerce admirable !
mercium ! Creator generis le Créateur du genre humain,
humani animatimi corpus prenant un corps animé, a dai
sumens, de Virgiuc nasci gné naître d'une Vierge, et se
234
CILTE DE MARIE.
faisant homme sans l'opération dignatus est ; et procedons
de l'homme, il nous a rendus homo sine semine, largitus
participants de sa divinité.
est nobis suam deitatem.
De Noël à l'Avent. 1. et 3. Office
chapitre. (Cant. 6.)
Qui est celle-ci qui s'avance
Qua; est ista qua; progre
semblable à l'aurore qui se ditur quasi aurora consurlève, belle comme la lune, écla gens, pulehra ut luna,
tante comme le soleil, et terri electa ut sol, terribilis ut
ble comme une armée rangée castrorum acies ordinata ?
en bataille ?
b) Rendons grâces à Dieu.
A Deo gratias.
Pendant l'Avent. ï. Office.
chapitre. (Isaïe,7.)
Une Vierge concevra et en
Ecce Virgo concipiet , et
fantera un Fils, qui sera appelé pariet Filium , et vocabitur
Emmanuel, c'est-à-dire, Dieu nomen ejus Emmanuel. Buavec nous. Il mangera le beurre tyrum et mel comedet, ut
et le miel, en sorte qu'il sache sciat reprobare malum, et
rejeter le mal et choisir le cligere bonum.
bien.
n- Deo gratias.
n- Rendons grâces à Dieu.
v Dignare me laudare te,
j> Agréez que je vous loue, ô
Virgo sacrata.
Vierge sacrée.
n- Et donnez-moi de la force
n- Da mihi virtutem con
tra bostes Ums.
contre vos ennemis.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Kyrie, eleison.
Christ, ayez pitié de nous.
Christe, eleison.
Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
* Domine, exaudi orav Seigneur, écoutez ma
tionem meam.
prière.
n- Et clamor meus ad te
n- Et que mes cris s'élèvent
veniat.
jusqu'à vous.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
PRIONS.
OHE Ml S.
O Dieu , qui avez daigné choi
sir le sein virginal de la bien
heureuse et chaste Marie, pour
y faire votre demeure : accor
dez-nous, s'il vous plait, qu'é
tant appuyés du secours de son
intercession, nous honorions
sa mémoire avec une joie toute
Deus, qui virginalem aulam beata; Maria; Virginis,
in qua habitares, eligere di
gnatus es : da , qua;sumus,
ut sua nos defensionc munitos, jucundos facias sua;
interesse commemorationi :
Qui vivis. u- Amen.
235
OFFICE.
PRIME.
pure. C'est ce que nous vous demandons, ô Sauveur, qui étant
Dieu, vivez. h- Ainsi soit-il.
jfr Domine, exaudi orav Seigneur, exaucez ma
tionem meam.
prière.
n- Et clamor meus ad te
n- Et que mes cris s'élèvent
veniat.
jusqu'à vous.
y Benedicamus Domino.
v Bénissons le Seigneur.
n- Deo gratias.
n- Rendons grâces à Dieu.
y Fidelium animœ per
y Que les âmes des fidèles
misericordiam Dci requies- reposent en paix par la miséri
cant in pacc.
corde de Dieu.
n- Amen.
\\ Ainsi soit-il.
Pendant l'Aient. ï. Office.
OREMCS.
PRIONS.
Deus, qui de beatœ Mariœ Virginis utero Verbum
tuum , angelo nuntiante ,
carnem suscipere voluisti ;
prassta supplicibus tuis, ut
qui vere eam Genitricem
Dei credimus, ejus ad te intercessionibus adjuvemur :
Per eumdem.
O Dieu, qui avez voulu que
votre Verbe prit chair dans le
sein de la bienheureuse Vierge
Marie, après lui avoir fait an
noncer ce mystère par un ange ;
nous vous supplions humblement
que, comme nous la croyons vé
ritablement Mère de Dieu, nous
soyons aidés auprès de vous par
ses prières: Par le même.
y Seigneur, exaucez, etc.
y Domine, exaudi, etc.
De Noël à la Purification. 3. Office.
OREMI'S.
PRIONS.
Deus, qui salutis seterna-,
beatœ Marise virginitate
fœcunda, humano gencri
pra-mia prœstitisti : tribue,
qusesumus, ut ipsam pro
nobis intercedere sentiamus , per quam meruimus
Auctorem vitœ suscipere
Dominum nostrum Jesum
Christum Filium tuum, qui
tecum vivit.
y Domine, exaudi, etc.
O Dieu, qui avez donné aux
hommes le salut éternel, par la
virginité féconde de la bienheu
reuse Marie ; accordez-nous,
s'il vous plaît, que nous ressen
tions les effets de l'intercession
de celle par qui nous avons eu
le bonheur de recevoir l'Auteur
de la vie, Notre-Seigneur Jé
sus-Christ, qui, étant Dieu, vit.
y Seigneur, exaucez, etc.
230
r.ILTE DE MARIE.
A TIERCE.
Ave , Maria.
Deus, in adjutorium, etc.
Souvenez-vous, ô Créateur de
Memento , rcrum Conditor,
l'univers, que pour opérer notre
salut, vous avez bien voulu Nostri coiporis, quod olim,
prendre un corps comme le nô Sacrata ab alvo Virginis,
tre, en naissant d'une Vierge Nascendo formam sumpseris.
toute pure et sans tache.
O Marie, Mère de grâce, Mère
Maria Mater gratia* ,
de miséricorde , défendez-nous Duleis Parens clementiec,
contre nos ennemis , et recevez- Tu nos ab hoste protege ,
nous sous votre protection à Et morlis hora suscipe.
l'heure de notre mort.
Gloire à vous , Seigneur, qui
Jesu , tibi sit gloria ,
êtes né d'une Vierge, et' soyez Qui natus es de Virgine,
glorifié avec le Père et le Saint- Cum Patre et almo Spiritu,
Esprit, dans les siècles éternels. In sempiterna ssecula.
Ainsi-soit-il.
Amen.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Marie Vierge.
Ant. Maria Virgo.
Pendant l'Avent. ï. Office.
Ant. Je vous salue, Marie.
Ant. Ave, Maria.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Lorsque vous êtes ne.
Ant. Quando nalus es.
PSAUME 119.
(Prière d'une âme qui déplore les misères de cette vie et
demande la lin de son exil.)
Ad Dominum, cum triJ'ai crié au Seigneur dans
mon extrême affliction, et il bularer, clamavi : et exaudivil
me.
m'a exaucé.
Domine, libera animam
Seigneur, délivrez mon âme
des lèvres injustes, et de la lan meam a labiis iniquis; et
a lingua dolosa.
gue trompeuse.
OFFICE. — TIERCE.
231
Quid detur tibi, uut quid
Que te donnera-t-on, quelle
npponntur tibi : ad linguam récompense te donnera- 1- on
pour ta langue trompeuse ?
dolosam ?
Sagitlœ potentis acutœ :
Sinon que tu verras tomber
cum carbonibus desolato- sur toi des flèches aiguës tirées
par un puissant bras, accompa
gnées de charbons ardents et
consumants.
Heu mihi quia incolatus
Hélas ! que mon exil est long !
meus prolongatus est ! ha- je vis ici parmi les habitants de
bitavi cum habitantibus Ce- Cédar ; et il y a longtemps que
dur : multum incola fuit mon âme est étrangère.
anima mea.
Cum his qui oderunt paJe gardais un esprit de paix
cem, eram pacificus : cum avec ceux qui haïssent la paix ;
loquebar illis, impugnabant et lorsque je parlais à eux, ils
me gratis.
me persécutaient sans aucun
sujet.
Gloria Patri.
Gloire.
PSAUME 120.
(C'est de Dieu seul qu'il faut attendre son secours.)
Levavi oculos meos in
montes: unde veniet auxilium mihi.
Auxilium meum a Domi
no : qui fecit cœlum et ter
ram.
Non det in commotionem
pedem tuum : neque dormitet qui custodit te.
Ecce non dormitabit , neque dormiet : qui custodit
Israel.
Dominus custodit te , Dominus protectio tua : super
manum dexteram tuam.
Per diem sol non uret te :
neque luna per noctem.
Dominus custodit te ab
J'ai levé mes yeux vers les
montagnes , pour voir d'où me
viendra du secours.
Mon secours vient du Sei
gneur, qui a fait le ciel et la
terre.
Qu'il ne permette point que
votre pied soit ébranlé , et que
celui qui vous garde ne s'en
dorme point.
Certes , celui qui garde Israël
veillera toujours, et il ne sera
point surpris du sommeil.
Le Seigneur est celui qui vous
garde, le Seigneur est votre
protecteur, celui qui vous tient
par la main droite.
Le soleil ne vous brûlera
point pendant le jour, ni la lune
ne vous nuira point pendant la
nuit.
Le Seigneur vous délivrera de
238
CULTE DE MARIE.
tout mal : que le Seigneur prenne omni malo : custodiat ani votre âme en sa garde.
msin tuam Dominus.
Que le Seigneur vous garde à
Dominus custodiat introivotre entrée et à votre sortie , tum tuum, et exitum tuum :
depuis ce temps jusqu'à jamais. ex hoc nunc et usque in
sseculum.
Gloire.
Gloria Patri.
PSAUME 121.
(Union et charité qui règne dans l'Église , ligure du
ciel.)
Je me suis réjoui , lorsqu'on
Lœtatus sum in his , quœ
m'a dit : Nous irons en la mai dicta sunt mihi : In domum
son du Seigneur.
Domini ibimus.
Nos pieds étaient fermes dans
Stantes crant pedes nostri :
in atriistuis, Jerusalem.
votre enceinte , ô Jérusalem.
Jérusalem est bâtie comme
Jerusalem , quse sedificaune ville dont tous les habitants tur ut civitas : cujus participatio ejus in idipsum.
sont unis ensemble.
Car c'est dans elle que sont
Illuc enim ascenderunt
venues toutes les tribus , toutes tribus, tribus Domini : tesles tribus du Seigneur, selon timonium Israel ad conlil'ordre qu'il en avait donné à tendum nomiui Domini.
Israël , pour y célébrer son nom.
C'est là que sont établis les
Quia illic sederunt sedes
trônes de justice : les trônes sur in judicio : sedes super dola maison de David.
miiin David.
Demandez ce qui regarde la
Rogate quœ ad pacem
paix de Jérusalem : ô Cité sunt Jerusalem : et abunsainte, que ceux qui vous ai dantia diligentibus te.
ment soient dans l'abondance.
Que la paix soit dans vos for
Fiat pax in virtute tua :
teresses, et que l'abondance et abundantia in turribus
règne dans vos tours.
tuis.
Je parlais de ce qui regarde
Propter fratres meos, et
votre paix , ô Jérusalem , à proximos meos : loquebar
cause que mes frères et mes pacem de te.
proches sont vos habitants.
J"ai cherché à vous procurer
Propter domum Domini
du bien , à cause que la maison Dei nostri : quœsivi bona
du Seigneur notre Dieu est dans tibi.
votre enceinte.
Gloria Patri.
Gloire.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. La Vierge Marie a été
Ant. Maria Virgo as-
OFFICE. — TIEBCE.
2:«)
sumpta est ad a-thereum élevée dans la céleste demeure ,
thalamum, in quo Rex re- où le Roi des rois est assis sur
gum stellato sedet solio.
un trône semé d'étoiles.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Ave, Maria, gratia
Ant. Je vous salue, Marie,
plena, Dnmiims ter um : be- pleine de grâce , le Seigneur est
nedicta tu in mulieribns, avec vous : vous êtes bénie entre
alleluia.
toutes les femmes : louez Dieu.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Quando natus es iuAnt. Lorsque vous êtes né
effabiliter ex Virgine , tune d'une Vierge par un mystère
impletœ sunt Scripturse : ineffable, les Ecritures ont été
sicut pluvia in vellus descen- accomplies ; vous êtes descendu
tlisti, ut salvum faceres ge comme la pluie sur une toison ,
mis hiunanum : te lauda- et vous êtes venu pour sauver le
mus, Deus noster.
genre humain : nous vous en
louons et bénissons, ô notre
Dieu.
De Noël à l'Avent. 1. et 3. Office.
CHAPITRE. (Eccl., 24.)
Et sic in Sioii Qrmata
J'ai été ainsi affermie dans
sum, et in civitate sancti- Sion, j'ai fixé le lieu de mon
ficata similiter requievi , et repos dans la Cité sainte , et ma
in Jerusalem potestas mea. puissance a été établie dans Jé
rusalem.
n- Deogratias.
a- Rendons grâces à Dieu.
Pendant l'Avent. 2. Office.
chapitre. (Isaïe, 11.)
Egredietur virga de raIl sortira un rejeton de la tige
clice Jesse : et flos de radice de Jessé , et il naîtra de sa rarinu
ejus ascendet , et requiescet une fleur sur laquelle l'Esprit
super emii Spiritus Domiui. du Seigneur se reposera.
.i Dco gratias.
n- Rendons grâces à Dieu.
v La grâce est répandue sur
y Diffusa est gratia in lavos lèvres.
biis tuis.
n- Propterca benedixit te
a- C'est pourquoi Dieu a versé
Deus in œternum.
sur vous ses bénédictions pour
toute l'éternité.
Seigneur , ayez pitié de nous.
Kyrie , eleison.
Christe , eleison.
Christ , ayez pitié de nous.
Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
y Seigneur, exaucez ma
y Domine, exaudi orationem meam.
prière.
240
CULTE DE MARIE.
»' Et que mes cris s'élèvent
n Et clamor mous ad te
jusqu'à vous.
veuiat.
De Noël à l'A vent. 1. et S. Office.
puions.
oiîEJirs.
O Dieu, qui avez donné aux
hommes le salut éternel par la
virginité féconde de la bienheu
reuse Marie ; accordez-nous ,
s'il vous plaît , que nous ressen
tions les effets de l'intercession
de celle par qui nous avons eu
le bonheur de recevoir l'Auteur
de la vie , Notre-Seigneur JésusChrist , qui , étant Dieu , vit.
Dcus , qui salutis seternœ ,
beatse Marise virginitate fœcunda , humano gencri prsèmia prœstitisti ; tribue ,
qusesumus , ut ipsam pro
nobis intercedere sentiamus, per quaui meruimus
Auctorem vite suscipere
Dominum nostrum Jesum
Christum Filium tuum , qui
tecum vivit.
jfr Seigneur, exaucez ma
y Domine , exaudi oraprière.
tionem meam.
(h Et que mes cris s'élèvent
n) Et clamor meus ad te
jusqu'à vous.
veniat.
jfr Benedicamus Domino.
ji Bénissons le Seigneur.
» Rendons grâces à Dieu.
u- Deo gratias.
jfr Que les âmes des fidèles re
# Fidelium anima» per
posent en paix par la miséricorde misericordiam Dei requiesde Dieu.
cant in pace.
n) Ainsi soit-il.
n- Amen.
Pendant l'Avent. 2. Office.
puions.
OREMUS.
Deus, qui de beat:e Marte
O Dieu, qui avez voulu que
votre Verbe prît chair dans le Virginis utero Verbum
sein de la bienheureuse Vierge tuum , angelo nuntiante ,
Marie , après lui avoir fait an carnem suscipere voluisti :
noncer ce mystère par un ange ; prsesta supplicibus luis , ut
nous vous supplions humble qui vere eam Genitricem
ment que , comme nous la Dei credimus , ejus apud
croyons véritablement Mère de te intercessionibus adjuveDieu , nous soyons aidés auprès mur : Per eumdem.
de vous par ses prières : Par le
même.
')r Domine, exaudi, etc.
* Seigneur, exaucez, etc.
OFFICE. — SEXTF.
Hi
A SEXTE.
Ave, Maria.
Deus in adjutorium , ete.
HYMNE.
Memento , rcrum CondiSouvenez-vous, ô Créateur de
tor,
l'univers, que pour opérer notre
Nostri corporis, quod olim, salut, vous avez bien voulu prenSarrata ab alvo Virginis,
dre un corps comme le nôtre, en
Nascendo formam sumpse- naissant d'une Vierge toute pure
ris.
et sans tache.
Maria , Mater gratis1 ,
O Marie , Mère de grâce, Mère
Duleis Parens dementia; ,
de miséricorde , défendez-nous
Tu nos ab hoste protege ,
contre nos ennemis , et recevezEt mortis hora suscipe.
nous sous votre protection à
l'heure de notre mort.
Jesu, tibisitgloria,
Gloire à vous, Seigneur, qui
Qui natus es de Virginc,
êtes né d'une Vierge, et soyez
Cum Patre et almo Spiritu , glorifié avec le Père et le Saintln sempiterna sx'cula.
Esprit, dans les siècles éternels.
Amen.
Ainsi soit-il.
De la Purification ùl'Avent. 1. Office.
Ant. In odorem.
Ant. Attirés par l'odeur.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Ne timeas.
Ant. Ne craignez point.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Rubum quem videAnt. Dans le buisson.
rat.
PSAUME 122.
(Abandon d'une ûme à Dieu dans les temps de
tribulations.)
Ad te levavi oculos meos,
J'ai élevé mes yeux vers vous,
qui habitas in cœlis.
ô Dieu, qui habitez dans les
oieux.
Ecce sicut oculi servoComme les veux des serviteurs
"
14
242
CULTE DE MARIE.
sont sur les mains de leurs
maîtres ;
Et comme les yeux de la ser
vante sont sur les mains de sa
maîtresse ; ainsi nous tenons nos
yeux arrêtés sur le Seigneur
notre Dieu , jusqu'à ce qu'il ait
pitié de nous.
Ayez pitié de nous , Seigneur,
ayez pitié de nous, nous sommes
étrangement accablés de mépris.
rum , in manibus dominorum suorum.
Sicut oculi ancillœ in ma
nibus domina; sua; : ita oculi
nostri ad Dominum Deum
nostrum , doncc misereatur
nostri.
Miserere nostri, Domine,
miserere nostri : quia multum repleti sumus despectione.
Notre âme est étrangement
Quia multum repleta est
accablée; elle est devenue un anima nostra : opprobrium
sujet de raillerie aux riches et abundantibus , et despectio
de mépris aux superbes.
super bis.
Gloire.
Gloria Patri.
psaume 123.
(David remercie Dieu de l'avoir sauvé , ainsi que son peuple ,
de la rage de se!s ennemis.)
Nisi quia Dominus erat in
Qu'Israël dise maintenant :
Si le Seigneur n'eût été avec nobis , dicat nunc Israël :
nous; si le Seigneur, di-sje), nisi quia Dominus erat in
n'eût été avec nous.
nobis.
Cum exurgcrent homines
Lorsque les hommes s'éle
vaient contre nous, ils nous au in nos : forte vivos deglu
raient dévorés tout vifs.
tissent in nos.
Cum irasceretur furor
Lorsque leur fureur était ani
mée contre nous avec violence, eorum in nos : forsitan aqua
les eaux nous auraient submer- absorbuisset nos.
Notre âme a passé au travers
d'un torrent ; notre âme aurait
passé au travers d'une eau à la
quelle on n'aurait pas pu résis
ter.
Béni soit le Seigneur, qui ne
nous a pas livrés en proie pour
être déchirés de leurs dents.
Notre âme s'est sauvée com
me un oiseau qui s'échappe du
filet des oiseleurs.
Le filet a été brisé , et nous
nous sommes échappés.
Notre secours est au nom du
Torrentem pertransivit
anima nostra : forsitan pertransisset anima nostra
aquam intolerabilem.
Benedictus Dominus : qui
non dedit nos in captionem
dentibus eorum.
Anima nostra sicut passer
erepta est : de laqueo ve
nait tium.
Laqueus contritus est : et
nos liberati sumus.
Adjutorium nostrum in
OFFICE. — SF.XTE.
2*3
nomiue Domini : qui fécit Seigneur, qui a créé le ciel et
cœlum et terram.
la terre.
Gloria.
Gloire.
psaume 124.
(La protection de Dieu est assurée à ceux qui mettent en
lui leur conliance.)
Ceux qui mettent leur con
Qui conlidunt in Domi
no, sicut nions Sion : non fiance au Seigneur, sont comme
commovebitur in œternum la montagne de Sion : celui qui
habite en Jérusalem ne sera ja
qui habitat in Jerusalem.
mais ébranle.
Montes in circuitu ejus ,
Les montagnes l'environnent
et Dominus in circuitu po- de toutes parts, et le Seigneur
puli sui : cx hoc , nunc , et environnera sou peuple depuis
usque in sœculum.
ce temps jusqu'à jamais.
Quia non relinquet Do
Car le Seigneur ne laissera
minus virgam peccatorum pas toujours la verge des mé
super sortem justorum : ut chants s'appesantir sur les jus
non extendaist justi ad ini- tes : do peur que les justes ne
quitatem mmms suas.
portent leurs mains à l'iniquité.
Henefae, Domine, bonis :
Seigneur, faites du bien aux
et rectis corde.
bons et ù ceux qui ont le cœur
droit.
Declinantes autem in
Mais Dieu traitera ceux qui
obligationes , adducet Do se détournent et s'engagent
minus cum operantibus ini- dans des voies obliques, comme
quitatem : pax super Israël. ceux qui commettent l'iniquité :
que la paix soit dans Israël.
Gloria Patri.
Gloire.
De la Purification à l'Aient. 1. Office.
Ant. In odorem unguenAnt. Attirés par l'odeur de
lorum tuorum currimus : vos parfums , nous courons
adolescentulse dilexerunt te après vous : les jeunes filles
niiuis.
vous ont beaucoup aimé.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Ne timeas, Maria,
Ant. Ne craignez point , Mainvenisti gratiam apud Do- rie, vous avez trouvé grâce deminum : ecce concipies , et vant le Seigneur : vous conceparies Filium. Alleluia.
vrez , et vous enfanterez un
Fils. Alleluia.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Rubum quem videAnt. Dans le buisson ardent
2*4
CULTE DE MARIE.
que Moïse vit qui se conservait
sans brûler, nous reconnaissons
la figure de votre admirable
virginité, que votre fécondité
n'a point blessée : Mère de Dieu,
intercédez pour nous.
rat Mojses iucombustum ,
conservatam
agnovimus
tuam laudabilem virginitatem : Dei Genitrix , interce
de pro nobis.
De Noël à Vivent. . et 3. Office.
chapitre. (Eccl. 24.)
lit radicavi in populo hoJ'ai pris racine dans le peu
ple que mon Dieu a élevé en norificato, et in parte Dei
honneur, et qu'il a choisi pour mei hsreditas illius :?et in
sa portion et son héritage ; et pleuitudine sanctorum dej'ai arrêté ma demeure dans tentio mea.
l'assemblée de tous les saints.
n- Deo gratias.
h- Rendons grâces à Dieu.
Petulant l'Avent. 2. Office.
CHAPITRE. (LUC , 1.)
Le Seigneur Dieu lui donnera
le trône de David son père , et
il régnera éternellement dans
la maison de Jacob , et son rè
gne n'aura point de fin.
h- Rendons grâces à Dieu.
y Vous êtes bénie entre tou
tes les femmes.
n- Et le fruit de vos entrailles
est béni.
Seigneur, ayez pilié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur," ayez pitié de nous.
y Seigneur, exaucez, etc.
Dabit ci Dominus Deus
sedem David patris ejus , et
regnabit in domo Jacob in
œternum, et regni ejus non
erit finis.
n- Deo gratias.
y Benedicta tu in mulieribus.
n- Et benedictus fructus
ventris tui.
Kyrie, eleison.
Christc , eleison.
Kyrie , eleison.
y Domine , exaudi , etc.
De la Purification à l Avent. 1. Office.
oui: Mrs.
PRIONS.
O Dieu , plein de miséricorde,
Concede, misericors Deus,
accordez à notre faiblesse le se fragilitati nostrse prœsi
cours dont elle a besoin ; et fai dium : ut qui sanctsn Dei
tes qu'étant aidés par l'inter Genitricis memoriam agicession de la sainte Mère de mus , intercessionis ejus
Dieu dont nous célébrons la auxilio , a nostris iniquitatimémoire , nous nous relevions bus resurgamus : Per eumde nos iniquités : Par le même. dem.
y Domine , exaudi orai Seigneur, exaucez ma
prière.
tionem meam.
OFFICE.
-:\:.
SEME.
h- I .! que mes cris s'élèvent
n Et clumui- meus ad te
veniat.
jusqu'à vous.
v Benedicamus Domino.
.t Bénissons le Seigneur.
ij Deo gratias.
H- Rendons çràccs à Dieu.
v Fideluim anima'. per
y Que les ames des fidèles
misericordiam Dei requies- reposent eu paix par la miséri
«.ant in pace.
corde de Dieu.
n- Amen.
r Ainsi soit-il.
Pendant l'Avent. i. Office.
puions.
Deus, qui de beata; Maria;
O Dieu, qui avez voulu que
Virginis utero Verbum votre Verbe prit chair dans le
tuum , angelo nuntiante , sein de la bienheureuse Vierge
carnem suscipere voluisti; Marie , après lui avoir fait an
pra-sta supplicibus tuis, ut noncer ce mystère par un ange ;
qui vere eam Genitricem nous vous supplions humble
Dei credimus , ejus apud te ment que, comme nous la
intercessionibus
adjuve- croyons véritablement Mère de
Dieu , nous soyons aidés auprès
mur : Per eumdem.
de vous par ses prières : Par le
même.
y Seigneur, écoutez, elc.
y Domine, evaudi , ete.
OREMIS.
De Noël à la Purification. 3. Office.
OHEMIS.
pnioMS.
Deus, qui salutis a'terua;,
beata; Maria; virginitate
feecunda , humano generi
prœmia prœstitisti : tribue ,
qua;sumus, ut ipsam pro
nobis iutercedere sentiamus, per quam meruimus
Auctorem vita; suscipere
Douiinum nostrum Jesum
Christum Filium tuum, qui
tecum vivit.
y Domine, exaudi, ete.
O Dieu, qui avez donné aux
hommes le salut éternel par la
virginité féconde de la bienheu
reuse Marie; accordez-nous,
s'il vous plait, que nous ressen
tions les effets cle l'intercession
de celle par qui nous avons eu
le bonheur de recevoir l'Auteur
de la vie, Notre-Seigneur Jésus-Chrit, qui, étant Dieu , vit.
* Seigneur, exaucez, ete.
li.
216
CULTE DE MARIE.
A NONE.
Ave, Maria.
Deus , in adjulorium , etc.
Souvenez-vous, ô Créateur de
l'univers, que pour opérer notre
salut, vous avez bien voulu prendre un corps comme le nôtre,
en naissant d'une Vierge toute
purc et sans tache.
O Marie, Mère de grâce,
Mère de miséricorde, défendeznous contre nos ennemis, et recevez-nous sous votre protection
à l'heure de notre mort.
Gloire à vous , Seigneur, qui
êtes né d'une Vierge, et soyez
glorifié avec le Père et le SaintEsprit dans les siècles éternels.
Ainsi soit-il.
Memento , rerum Conditor,
Nostri corporis , quod olim ,
Sacrata ab alvo Yirginis,
Nascendo formam sumpseris.
Maria , Mater gratiœ ,
Duleis Parens clementise,
Tu nos ab hoste protege ,
Et mortis hora suscipe.
Jesu , tibi sit gloria ,
Qui natus es de Virginc,
Cum Patre et almo Spiritu,
In sempiterna ssecula.
Amen.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Vous êtes belle.
Ant. Pulehra es.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Voici la servante.
Ant. Ecce ancilla.
De Noël à la Purification. 3, Office.
Ant. Marie.
Ant. Ecce Maria.
PSAUME 125.
(Joie de l'âme délivrée du joug du péché.)
Lorsque le Seigneur délivra
In convertendo Dominus
Sion de captivité, la joie que captivitatem Sion : facti sunous eûmes, nous mit comme mus sicut consolat i.
hors de nous-mêmes.
OFFICE. — tfOHI.
Tune rcpletum est gaudio
os nostrum : et lingua nostra exultatione.
Tune dicent inter gentes :
Magnifïcavit Dominus faccre cum eis.
Magnificavit Dominus facere nobiscum : facti sumus
la;tantes.
Concerte , Domine , eaplivitatem nostram : sicut
torrens in austro.
Qui seminant in lacrymis , in exultatione metent.
Euntes ibant et flebant :
mittentes semina sua.
Venientes autem venient
cum exultatione : portantes
manipules suos.
Gloria Patri.
247
Notre bouche a poussé des
cris de réjouissance, et notre
langue des chants d'allégresse.
Alors on dit de nous parmi
les nations : Le Seigneur a fait
de grandes choses pour eux.
Le Seigneur a fait de grandes
choses pour nous : il nous a
comblés de joie.
Seigneur, achevez de nous ti
rer de captivité , et de nous
faire revenir en foule , comme
des torrents qui se fondent au
vent du midi.
Ceux qui sèment avec larmes,
recueilleront avec joie.
Ils marchaient en pleurant,
lorsqu'ils jetaient la semence
sur la terre.
Mais ils reviendront pleins
d'allégresse , portant le» gerbes
qu'ils auront recueillies.
Gloire.
PSAUME 126.
(Vanité des efforts de l'homme qui ne réclame pas le
secours du Seigneur.)
Nisi Dominus œdilicaverit
Si le Seigneur n'édifie luidomum : in vanum lahora- même une maison , en vain tra
vaillent ceux qui s'efforcent de
verunt qui sedificant eam.
l'édifier.
Nisi Dominus custodierit
Si le Seigneur ne garde luicivitatem : frustra vigilat qui même une ville, c'est en vain
custodit eam.
que veille celui qui la garde.
Vanum est vobis ante luEn vain vous vous lèverez
cem surgere : surgite post- avant le jour; levez -vous après
quam sederitis, qui mandu- être demeurés assis , vous qui
mangez le pain de douleur.
catis panem doloris.
Cum dederit dilectis suis
Lorsque Dieu aura fait reposer
somnum : ecce hœreditas ses bien- aimes, on reconnaîtra
Domini, filii ; merces, fruc- que les enfants sont un héritage
tus ventris. *
qui vient du Seigneur, et que le
fruit des entrailles est une ré
compense.
Sicut sagittœ in manu poLes enfants de ceux qui ont
248
CULTE LE MARIE.
été rejetés seront comme des tentis : ita tilii excussorum.
flèches en la main d'un homme
fort.
Beatus vir qui implevit
Heureux celui qui en a rempli
son désir ; il ne sera point confus desiderium suum ex ipsis :
lorsqu'il parlera à ses ennemis nou confundetur, cum lodevant les tribunaux des juges. quetur inimicis suis in porta.
Gloria Patri.
Gloire.
psaume 127.
(Les bénédictions de Dieu ne manqueront pas à ceux qui
observeront sa loi.)
Heureux tous ceux qui craiBeati omnes qui timent
gnent le Seigneur, et qui mar Dominum : qui ambulant
in viis ejus.
chent dans ses voies.
Labores manuum tuarum
Vous vous nourrissez du tra
vail de vos mains ; vous serez quia manducabis : beatus
es , et bene tibi erit.
heureux et comblé de biens.
Uxor tua sicut vitis abunVotre femme sera comme
une vigne féconde au fond de dans : in lateribus domus
tuœ.
votre maison.
Filii tui sicut novellœ oliVos enfants seront comme de
nouveaux plants d'oliviers au varum : in circuitu mensse
tuse.
tour de votre table.
Ecce sic benedicetur hoC'est ainsi que sera béni
l'homme qui craint le Seigneur. mo qui timet Dominum.
Benedicat tibi Dominus
Que le Seigneur vous comble
des bénédictions de Sion, et ex Sion : et videas bona Je
qu'il vous fasse voir les biens de rusalem omnibus diebus viJérusalem tous les jours de vo ta; tuse.
tre vie.
Et videas filios filiorum
Qu'il vous fasse voir les en
fants de vos enfants, et la paix tuorum : pacem super Israël.
en Israël.
Gloria Patri.
Gloire.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Vous êtes belle et tout
Ant. Pulehra es et decoéclatante de gloire, fille de Jé ra , filia Jerusalem : terrirusalem : vous êtes terrible bilis ut castrorum acies orcomme une armée rangée en dinala.
bataille.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Voici la servante du
Ant. Ecce ancilla DomiSeigncur ; qu'il me soit fait se- ni : Hat mihi secundum
Ion votre parole.
verbum tuum.
OFFICE. — NOME.
2i9
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Ecce Maria genuit
Ant. Marie nous a enfanté le
nobis Salvatorem , quem Sauveur, duquel saint Jean s'é
Jnannes videns, exclamavit, cria, lorsqu'il le vit : Voilà
dicens : Ecce Agnus Dei , l'Agneau de Dieu , voilà celui
ecce qui tollit peccata mun- qui efface les péchés du monde :
di : alleluia.
louez Dieu.
De Noël à l'Avent. i . et 3. Office.
chapitre. (Eccl., 24.)
In plateis, sicut cinnamomum et balsamum aromatizans , odorem dedi ; quasi
myrrha electa dedi suavitatem odoris.
J'ai répandu dans les grands
chemins une senteur de par
fum, comme la cannelle et le
baume, et une odeur douce et
agréable , comme la myrrhe la
plus exquise.
n- Deo gralias.
n- Rendons grâces à Dieu.
♦ Post partum Virgn inje Vous êtes demeurée toute
violata permansisti.
Vierge et toute pure après l'en
fante ment.
h- Dei Genitrix, intercede
j) Mère de Dieu, intercède/.
pro nobis.
pour nous.
Pendant l'Avent. 2. Office.
chapitre. (Isaîe, 7.)
Eccc Virgo concipict, et
parict Filium , et vocabitur
uomen ejus Emmanuel. Butyrum et mel eoiuedet, ut
sciat reprobare malum, et
eligere bonum.
n- Deo gratias.
y Angelus Domini nuntiavit Marise.
Une Vierge concevra et en
fantera un Fils qui sera appelé
Emmanuel, c'esl-à-dirc Dieu
avec nous. Il mangera le lieurrc
et le miel , en sorte qu'il sache
rejeter le mal et choisir le bien.
n- Rendons grâces à Dieu.
y L'ange du Seigneur a an
noncé à Marie qu'elle serait la
Mère du Sauveur.
n- Et concepit de Spiritu
n- Elle l'a conçu par l'opéra
tion du Saint-Esprit.
sancto.
Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christe , eleison.
Christ , ayez pitié de nous.
Kyrie , eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
y Domine, exaudi oraje Seigneur, exaucez ma
tionem meam.
prière.
n Et clamor meus ad
h- Et que mes cris s'élèvent
te veniat.
jusqu'à vous.
2b-0
CULTE DE MARIF.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Pardonnez, Seigneur, s'il vous
plaît, les péchés de vos servi
teurs , afin que ne pouvant pas
vous plaire par nos actions,
nous soyons sauvés par l'inter
cession de la sainte Mère de
votre Fils, Notre-Seigneur Jé
sus-Christ, qui, étant Dieu, ete.
Famulorum tuorum, qu;esunuis, Domine, delictis
ignosce, ut qui tibi pla
cere de actibus nostris non
valemus , Genitricis Filii
tui Domini nostri intercessione salvemur. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum , ete.
y Domine, exaudi oratio> Seigneur, exaucez ma
nem meam.
prière.
s- Et que mes cris s'élèvent
n- Et clamor meus ad te
jusqu'à vous.
veniat.
i Bénissons le Seigneur.
y Benedicamus Domino.
n- Deo gratias.
& Rendons grâces à Dieu.
jr Que les ames des fidèles
j> Fidelium anima; per
reposent en paix, par la miséri misericonliam Dei requiescant in pace.
corde de Dieu.
i\- Amen.
ij Ainsi soit-il.
Pendant l'Avent. 2. Office.
PRIONS.
OHEMUS.
0 Dieu , qui avez voulu que
Deus , qui de beatœ Ma
votre Verbe prît chair dans le ria; Virginis utero Verbum
sein de la bienheureuse Vierge tuum , angelo nuntiante ,
Marie, après lui avoir fait an carnem suscipere voluisti :
noncer ce mystère par un ange ; pni-sta supplicibus tuis , ut
nous vous supplions humble Sui vere eam Gcuitricem
ci credimus, ejus apud
ment que, comme nous la
croyons véritablement Mère de te intercessionibus adjuveDieu , nous soyons aidés auprès mup : Per eumdem Domi
de vous par ses prières : Par le num nostrum Jesum Chris
même Jesus-Christ , ete.
tum , ete.
jr Domine , exaudi , ete.
y Seigneur, exaucez , ete.
De Noël à la Purification. 3. Office.
OREMDS.
O Dieu , qui avez donné aux
hommes le salut éternel par la
virginité féconde de la bien
heureuse vierge Marie; accor
dez-nous, s'il vous plaît, que
nous ressentions les effets de
Deus, qui salutis œtermc,
beata; Maria; virginitate
fœcunda , humano generi
pni-mia prœstilisti : tribue,
qiia*simuis, ut ipsam pro nobis intercederc seiitiamus,
OFFICE. — VÊPRES.
perquam meruimus Auctorem vitse suscipere Dominum nostrum Jesum Christ mi Filium tuum, qui tr
aim vivit et regnat in unitate Spiritus sancti , etc.
>' Domine, exuudi, etc.
'ru
l'intercession de celle par qui
nous avons eu le bonheur de
recevoir l'Auteur de la vie, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui ,
étant Dieu, vit et règne avec voua
dans l'unité du Saint-Esprit, etc.
j» SeigncUV, exaucez , etc.
A VÊPRES.
Ave, Maria.
O Dieu , venez à mon aide.
Deus, In adjutorium
meum intende.
Domine , ad adjuvandum
Seigneur, hâtez-vous de me
me festina.
secourir.
Gloire.
Gloria Patri.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Dum esset Rex.
Ant. Lorsque le Roi était.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Missus est Gabriel.
Ant. L'ange Gabriel a été en
voyé.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. 0 admirabile comAnt. O commerce admirable !
PSAUME 109.
(David célèbre dans Jésus-Christ le Roi , le Pontife et le
Juge suprême.)
Le Seigneur a dit à mon Sei
Dixit dominus Domino
gneur : Asseyez - vous 4 ma
meo : Sede a dextris meis ,
droite,
Jusqu'à ce que je réduise Vos
Donec ponam inimicos
tuos : scabellum pedum luo- ennemis à vous servir de mar
chepied.
rutn.
Le Seigneur fera sortir de
Virgamvirtutis tuœ emitSion
le sceptre de votre règne :
tet Dominus ex Sion ; dominare in medio inimico- dominez au milieu de vos enne
rum tuorum.
252
CILTE DE MARIE.
On reconnaîtra votre princi
Tecum principium in die
pauté au jour de votre force virtutis tua-, in splendoridans la splendeur des saints; bus sanctorum : ex utero
je vous ai engendré de mon ante luciferum genuit te.
sein avant l'aurore.
Le Seigneur a juré , et il ne
Juravit Dominus, et non
rétractera pas son serment : pœnitebit cum : tu es saVous êtes le Prêtre éternel, se cerdos in œternum secunlon l'ordre de Melehisedech.
dum ordinem Melehisedech.
Le Seigneur est à votre droite :
Dominus a dextris tuis :
il brisera les rois au jour de sa confregit in die irœ suœ recolère.
ges.
Il jugera les nations , il fera
Judicabit in nationibus,
une ruine pleine et entière ; il implevit ruinas : conquassabrisera sur la terre la tète de bit in terra capita multoplusieurs.
rum.
Il boira dans le chemin de
De torrenle in via bibet :
l'eau du torrent, et il s'élèvera propterea exaltahit caput.
par là dans la gloire.
Gloire.
Gloria Patri.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Lorsque le Roi était as
Ant. Dum esset rex in
sis sur son lit , mon nard a ré accubitu suo , nardus mea
pandu une odeur douce et dedit odorem suavitatis.
agrésble.
Ant. Ss main gauche.
Ant. Lseva ejus.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. L'ange Gabriel a été
Ant. Missus est Gabriel
envoyé à la Vierge Marie, que angelus ad Mariam VirgiJoseph avait épousée.
nom desponsatam Joseph.
Ant. Je vous salue, Marie.
Ant. Ave, Maria.
De Noé'l à la Purification. 3. Office.
Anl. O commerce admirable !
Ant. O admirabile comle Créateur du genre humain, mercium ! Creator generis
prenant un corps animé, a humani snimstion corpus
daigné naître d'une Vierge ; et sumens, de Virginc nasci
se faisant homme sans l'opéra dignatus est ; et procedens
tion de l'homme, il nous a linino sine seminc , largitus
rendus participants de ai divi est nobis suam deitatem.
nité.
Ant. Lorsque vous êtes né.
Ant. Quando natus es.
OFFICE.
\EPREh.
253
PSAUME 112.
(Grandeurs et bienfaits de Dieu.)
Laudate, pueri, Dominum : laudate noiuen Domiui.
Sit nomeu Domini bencdictum : ex hoc nunc et
usque in ss ru lu ni.
A solis or'.ii usque ad occasum , laudabile nomen
Domini.
Excclsus super omnes
gentes Dominus : et super
cœlos gloriu ejus.
Quis sicut Dominus Deus
noster, qui in altis habitat :
et humilia respicit in cœlo
et iu terra ?
Louez le Seigneur, vous qui
êtes ses serviteurs ; louez le nom
du Seigneur.
Que le nom du Seigneur soit
béni, depuis maintenant jusque
dans l'éternité.
Le nom du Seigneur mérito
d'être loué , depuis l'Orient jus
qu'à l'Occident.
Le Seigneur est élevé au-des
sus de toutes les nations,- sa
gloire est élevée au-dessus des
cieux.
Qui est semblable au Seigneur
notre Dieu, qui habite dans les
cieux les plus élevés, et qui
jette ses regards sur ce qu'il y a
d'humble dans le ciel et sur" la
terre.
Qui tire le faible de la pous
sière, et relève le pauvre de
dessus le fumier.
Pour le faire asseoir avec les
princes de son peuple.
Suscitansa terra inopem,
et de stercorc erigens pauperem.
Ut collocct eum cum
principibus, cum principibus populi sut.
Qui habitarc facit ateriQui fait que celle qui était
lem in domo, matrem filio- stérile dans la maison , a la
joie de se voir mère de plusieurs
rum Ueiantcm.
enfants.
Gloria Patri.
Gloire.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. I.rcva ejus sub euAnt. Sa main gauche est
pite meo, et dextera illius dessous ma tête, et sa droite
amplexabitur me.
m'embrassera.
Ant. Nigra sum.
Ant. Je suis noire.
Fendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Je vous salue , Marie ,
Ant. Ave, Maria, gratia
plena . Dominus tecum : pleine de grâce , le Seigneur est
benedicta tu inmulieribus; avec vous : vous êtes bénie entre
toutes les femmes : louez Dieu.
alleluia.
Ant. Ne timeas.
Ant. Ne craignez point.
15
254
CULTE DE MARIE.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Lorsque vous êtes né
d'une Vierge par un mystère
ineffable , les Ecritures ont été
accomplies ; vous êtes descendu
comme la pluie sur une toison ,
et vous êtes venu pour sauver le
genre humain : nous vous en
louons et bénissons, ô notre
Dieu.
Ant. Dans le buisson.
Ant. Quando natus es
inelfabiliter ex Virgine ,
tune impletse sunt Scripturœ : sicut pluvia in vellus
descendisti, ut salvum la
ceres genus bumanum : te
laudamus . Deus noster.
Ant. Rubum quem ri
derai.
PSAUME 121.
(Union et charité qui règne dans l'Église, figure du ciel.)
Je me suis réjouie lorsqu'on
I.irtatus sum in his qure
m'a dit : Nous irons en la mai dicta sunt mihi : In domum
Domini ibimus.
son du Seigneur.
Stantes erant pedes nosNos pieds étaient fermes dans tri : in atriis tuis , Jerusa
votre enceinte , ô Jérusalem.
lem.
Jérusalem est bâtie comme
Jerusalem , quœ œdificaune ville dont tous les habitants tur ut civitas : cujus participatio ejus in idipsum.
sont unis ensemble.
Car c'est dans elle que sont
Illuc enim ascenderunt
venues toutes les tribus, toutes tribus , tribus Domini :
les tri bus du Seigneur , selon testimonium Israel ad conl'ordre qu'il en avait donné à titendum nomini Domini.
Israël, pour y célébrer son nom.
Quia illic sederunt sedes
C'est là que sont établis les
trônes de la justice : les trônes in judicio : sedes super do
de la maison de David.
mum David.
Demandez ce qui regarde la
Rogate quœ ad pacem
sunt Jerusalem : et abunpaix de Jérusalem : ô cité sain
te ! que ceux qui vous aiment dantia diligentibus te.
soient dans l'abondance.
Que la paix soit dans vos for
Fiat pax in virtute tua :
teresses, et que l'abondance et abundantia in turribus
tuis.
règne dans vos tours.
Je parlais de ce qui regarde
Propter fratres mcos, et
votre paix, ô Jérusalem! à proximos meos : loquebar
cause que mes frères et mes pacem de te.
proches sont vos habitants.
J'ai cherché â vous procurer
Propter domum Domini
OFFICB. — VÊPRES.
255
Dei nostri : qiucsivi bona du bien , à cause que la maison
tibi.
du Seigneur notre Dieu est dans
votre enceinte.
Gloria Patri.
Gloire.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Nigra sum , scd formosa , filiœ Jerusalem : ideo
dilexit me Rex , et introduxit me in cubiculum
suum.
Ant. Jam hiems transiit.
Ant. Je suis noire, mais je
suis belle, til le de Jérusalem:
c'est pourquoi le souverain Roi
m'a aimée, et m'a fait entrer
dans sa chambre.
Ant, L'hiver est déjà passé.
Pendant l'Avent. ï. Office.
Ant. Ne timeas, Maria,
Ant. Ne crsignez point, Ma
invenisti gratiam apud Do- rie, vous avez trouve grâce de
minum : ecce conoipies, et vant le Seigneur : vous conce
vrez et vous enfanterez un Fils:
paries Filium : alleluia.
louez Dieu.
Ant. Le Seigneur lui don
Ant. Dabit ei Dominus.
nera.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Rubum quem videAnt. Dans le buisson ardent
rat Moyses iucombustum , que Moïse vit qui se conservait
cpnservatam
agnovimus sans brûler, nous reconnaissons
tuam laudahilem virginita- la ligure de votre admirable vir
tem : Dei Gonitrlx , inter ginité, que votre fécondité n'a
point blessée: Mère de Dieu,
cede pro nobis.
intercédez pour nous.
Ant. Germinavit.
Ant. II est sorti.
PSAUME 126.
(Vanité des efforts de l'homme qui ne réclame pas le secours
du Seigneur.)
Nisi Dominus œdificaverit domum : in vanum laboraverunt qui œdificant
eam.
Nisi Dominus custodierit
civitatem : frustra vigilat
qui custodit eam.
Vanum est vobis ante
lucem surgere : surgite
Si le Seigneur n'édifie luimême une maison, en vain tra
vaillent ceux qui s'efforcent de
l'édifier.
Si le Seigneur ne garde luimême une ville , c'est en vain
que veille celui qui la garde.
En vain vous vous lèverez
avant le jour; levez-vous après
CLLTE DE MARIE.
256
être demeurés assis , vous 'qui postquam sederitis , qui
manducatis panem doloris.
mangez le pain de douleur.
Cum dederit dileclis suis
Lorsque Dieu aura fait repo
sonmum
: ecce hœreditas
ser ses bien-aimés, on recon
naîtra que les enfants sont un Domini , filii ; merces, fruchéritage qui vient du Seigneur, tus ventris.
et que le fruit des entrailles est
une récompense.
Sicut sagittœ in manu
Les enfants de ceux qui ont
été rejetés, seront comme des potentis : ita lilii excussoflèches en la main d'un homme rum.
fort.
Heureux celui qui en a rem
Beatus vir qui implevit
pli son désir; il ne sera point desiderium suum ex ipsis :
confondu, lorsqu'il parlera à non confundetur, cum loses ennemis devant les tribu quetur inimicis suis in
porta.
naux des juges.
Gloria Patri.
Gloire.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. L'hiver est déjà passé,
Ant. Jam hiems transiit,
et les pluies se sont écoulées : imber abiit, et recessif :
levez-vous, ma chère épouse, et surge, amica mea, et veni.
venez.
Ant. Vous êtes belle.
Ant. Spcciosa.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Le Seigneur lui donnera
Ant. Dabit ei Dominus
le trône de David son père, et sedem David patrisejus; et
il régnera éternellement.
regnabit in œternum.
Ant. Voici la servante.
Ant. Ecce ancilla.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Il est sorti un rejeton
Ant. Germinavit radix
de Jessé; il a paru une étoile Jesse ; orta est stella ex Ja
de la maison de Jacob ; une cob ; Virgo peperit SalvatoVierge a enfanté le Sauveur ; rem ; te laudamus , Deus
nous vous en louons et bénissons, noster.
ô notre Dieu.
Ant. Marie nous a enfanté.
Ant. Ecce Maria.
psaume 147.
(Invitation à l'Église de louer Dieu qui l'a comblée de
bienfaits.)
Jérusalem , chantez les louanLauda, Jerusalem, Domi
nes du Seigneur : Sion , chantez num : lauda Deum tuum ,
les louanges de votre Dieu.
Sion.
OFFICE.
Quoniam confortavit se
ras portarum tuarum : benedixit liliis luis in te.
Qui posuit fines tuos pacem : et adipe frumenti
satiat te.
Qui emittit eloquium
suum terrœ : velociter currit sermo ejus.
Qui dat nivem sicut lanam : nebulam sicut cinerem spargit.
Mittit crystallum suam
sicut buccellas : ante faciem
frigorisejus quis sustinebit?
Emittet verbum suum, et
liquefaciet ea : flabit spiritus ejus, et Huent aquse.
Qui annuntiat verbum
suum Jacob : justitias et judicia sua Israel.
Non fecit taliter omni
nationi : et judicia sua non
manifestavit eis.
Gloria Patri.
VEPRES.
257
C'est lui qui a fortifié les
barrières de vos portes : il a béni
vos enfants au milieu de vous.
Il a établi la paix dans votre
enceinte : il vous rassasie du
plus pur froment.
Il envoie sa parole à la terre :
et sa parole court avec vitesse.
Il a fait tomber la neige
comme de la laine ; il répand la
gelée blanche comme de la cen
dre.
Il envoie la glace en divers
petits morceaux : qui pourra
subsister devant la rigueur de
sa froidure ?
Il envoie ensuite sa parole, et
il fait fondre les glaçons : son
esprit souffle, et il fait couler
les eaux.
C'est lui qui annonce la pa
role à Jacob : les lois de sa
justice et sesjugements à Israël.
Il n'a fait cette grâce à aucun
des peuples, et il ne leur a
point découvert ses jugements.
Gloire.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Speciosa facta es , et
Ant. Vous êtes toute belle et
suavis indeliciis tuis, sancta toute charmante dans vos chastes
Dei Genitrix.
délices , ô sainte Mère de Dieu.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Ecce ancilla DomiAnt. Voici la servante du
ni : fiat mihi secundum Seigneur ; qu'il me soit fait severbum tuum.
Ion votre parole.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. Ecce Maria genuit
nobis Salvntorem , quem
Joannes videns, exclamavit, dicens : Ecce Agnus'
Dei , ecce qui tollit peccata
mundi : alleluia.
Ant. Marie nous a enfanté le
Sauveur, duquel saint Jean s'écria, lorsqu'il le vit : Voilà l'Agneau de Dieu , voilà celui qui
efface les péchés du monde :
louez Dieu.
238
CUTI DE MARIE.
De Noèt à l'Agent. 1. et 3. Office.
CHAPITRE. (Eccl., 24.)
J'ai été créée dès le commen
cement et avant les siècles ; je
ne cesserai point d'être dans la
suite de tous les âges; et j'ai
exercé devant Dieu mon minis
tère dans la maison sainte.
R- Rendons grâces â Dieu.
Ab initio , et an te specula
creata sum : et usque ad
fiilurum sœculum non desiiiam : et in habitations
sancta coram ipso ministravi.
n- Dco gratias.
Pendant l'Avetit. ï Office.
CHAPITRE. (Isaïé, 11.)
Il sortira un rejeton de la tige
Egredietur virga de ra
de Jessé , et il naîtra de sa ra diee Jesse : et flos de radice
cine une fleur sur laquelle l'Es ejus ascendet , et requiescet
prit du Seigneur se reposera.
super eum Spiritus Domini.
n- Rendons grâces a Dieu.
n- Deo gratias.
HYMNE.
Salut, étoile de la mer, Mère
Ave, maris stella,
féconde de Dieu et toujours Dei Mater alma ,
vierge, porte fortunée du ciel. Atque semper Virgo ,
Felix cœli porta.
Sumens illud ave
Puisque vous avez agréé le
salut de l'archange, veuillez, en Gabrielis ore,
changeant le nom d'Eve , nous Funda nos in pacc ,
Mutans F.va' nomen.
établir dans la paix.
Brisez les fers des coupables,
Solve vincla reis ,
présentez la lumière aux aveu Profer lumen cœcis,
gles, chassez loin de nous tous Mala nostra pelle ,
les maux, implorez pour nous Bona cuncta posce.
tous les biens.
Montrez que vous êtes notre
Mnnstra te esse matrem :
mère , et qu'il reçoive par vous Sumat per te preces,
nos prières, celui qui étant né Qui pro nobis natus
pour nous n'a pas dédaigné d'ê Tulit esse tuus.
tre votre fils.
Vierge choisie entre toutes les
Virgo singularis,
vierges , la plus douce des vier Inter oui nes mitis,
ges, obtenez-nous, avec le par Nos culpis solutos
don de nos crimes, la douceur Mites fac et castos.
et la chasteté.
OFFICE. — VEPRES.
2.'i9
Que par tous notre cœur soit
pur, notre faute exempte de
danger, afin qu'admis à contem
pler Jésus, nous goûtions les
joies éternelles.
Gloire à Dieu le Père , hon
Sit laus Doo Patri ,
neur au suprême Rédempteur,
Summo Christo decus,
louange à l'Esprit saint, hom
Spiritui sancto ,
mage unique à la Trinité.
Tribus honor unus.
Ainsi soit-il.
Amen.
} La grâce est répandue sur
jfr Diffusa est gratia in lavos lèvres.
biis tuis.
n- C'est pour cela que Dieu
H Propterea benedhùt te
vous
a bénie dans l'éternité.
Dcus in œternuro.
De la Purification à l'Avent. 1. Office.
Ant. Beata Mater.
Ant. Bienheureuse Mère.
Au temps de Pâques.
Ant. Regina cœli.
Ant. Reine du ciel.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Spiritus sanctus.
Ant. Le Saint-Esprit.
De'Noèl à la Purification. 3. Office.
Ant. Magnum hsereditatis.
Ant. O grand mystère.
Vitam prrcsta puram,
Iter para tutum ,
Ut videntes Jesum ,
Sempcr collsetemur.
CAHTIQUE A LA SAINTE VIERGE. (LUC , 1.)
(Marie célèbre les louanges de Dieu et les richesses de
sa bonté.)
Magnificat anima mea
Mon âme glorifie le Seigneur,
Dominum.
Et exultavit spiritus
Et mon esprit a tressailli d'al
meus, in Dco salutari meo. légresse devant le Dieu qui est
mon salut.
Parce qu'il a laissé tomber
Quia respexit humilitatem
ancillffi suœ : eccc enim ex ses regards sur l'humble état de
hoc beatam me dicent om- sa servante ; car, dès ce moment
toutes les nations m'appelleront
nes generationes.
bienheureuse.
Parce que le Seigneur a fait
Quia fecit mihi magna
qui potens est , et sanctum en moi de grandes choses , lui
qui est le Tout-Puissant, lui
nomen ejus.
dont le nom est le Dieu saint.
Sa miséricorde s'étend d'âge
Et misericordia ejus a
progenie in progenies : ti- en âge , et de race en race , sur
ceux qui le craignent.
meniibus eum.
CULTE DE
200
Il a déployé la force de sod
bras ; il a dissipé les orgueilleux
qui s'élevaient dans le secret de
leur cœur.
Il a renversé de leurs trônes
ceux dont la puissance parais
sait inébranlable, et il a élevé
les petits.
Il a rempli de biens ceux qui
étaient affamés, et il a renvoyé
sans nourriture ceux qui étaient
dans l'abondance.
Il a pris sous sa garde Israël
son serviteur, parce qu'il s'est
souvenu de son ancienne miséricorde.
Il a accompli les promesses
qu'il avait faites à nos pères, à
Abraham et à tous ses descen
dants de siècle en siècle.
Gloire.
MARIE.
Fecit potentiam in brachio suo ; dispersil superbes
mente cordis sui.
Deposuit potentesdesede,
et exaltavit humiles.
Escurientes implevit bo
nis, et divitesdimisit inanes.
Suscepit Israel puerum
suiiiii, recordatus miscri-cordiœ sua;.
Sicut locutus est ad pa
tres nostros, Abraham et
semini ejus in sa'cula.
Gloria Patri.
De la Purification à l'Avent. I. Office.
Ant. Bienheureuse Mère,
Ant. Beata Mater et inVierge toujours pure et sans tacta Virgo , gloriosa Rcgina.
tache, glorieuse Reine du mon immdi , mtercede pro nobU
de, intercédez pour nous au ad Dominum.
près du Seigneur.
Depuis Pâques jusqu'au Samedi avant la Trinité", on dit
l'antienne :
Regina cœli , la;tarc, alle
Reine du ciel, réjouissez-vous,
que Dieu soit loué , parce que luia; quia quem meruisti
celui que vous avez mérité de portare, alleluia, resurrexit
porter dans votre sein, louez sicut dixit, alleluia. Ora pro
Dieu, est ressuscité comme il nobis, Deum, alleluia.
l'a dit , louez Dien , priez Dieu
pour nous , louez Dieu.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Kyrie, eleison.
Christ , ayez pitié de nous.
Christe , eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Kyrie, eleison.
t Domine, exaudi oraf iot Seigneur, exaucez ma
prière.
nem meam.
n- Et que mes cris s'élèvent
b- Et clamor meus ad te
jusqu'à vous.
veniat.
OFFICE.
261
VÊfRES.
OREMIS.
PRIONS.
Concede nos famulos
tuos, quœsumus, Domine
Deus, perpetua mentis et
corporis sanitate gaudere,
et gloriosa beatœ Mariœ
semper Virginis intercessione, a prœsenti liberari
tristitia, et œterna perfrui
lœtitia : Per Dominum nostrum.
Nous vous supplions, Seigneur
notre Dieu , de nous accorder à
nous qui sommes vos serviteurs,
une santé perpétuelle de l'âme
et du corps , et que par l'inter
cession glorieuse de la bienheu
reuse Marie toujours Vierge ,
nous soyons délivrés ici - bas
des afflictions présentes , et que
nous jouissions dans le ciel de
la béatitude éternelle. Par Notre-Seigncur.
Pendant PAvent. 2. Office.
Ant. Le Saint-Esprit descen
Ant. Spirilus sanctus in
te descendet , Maria : ne ti- dra sur vous, Marie : ne crai
mess, habebis in utero Fi- gnez point, vous porterez le
ï'ils de Dieu dans votre sein :
lium Dei : alleluia.
louez Dieu.
Seigneur, etc.
Kyrie , eleison , etc.
OREMIS.
PRIONS.
O Dieu , qui avez voulu que
votre Verbe prit chair dans le
sein de la bienheureuse Vierge
Marie, après lui avoir fait an
noncer ce mystère par un ange,
nous vous supplions humble
ment que , comme nous la
croyons véritablement Mère de
Dieu , nous soyons aidés auprès
de vous par ses prières : Par le
même.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant. O grand mystère qui
Ant. Magnum hœreditatis mysterium ! templum nous appelle à l'héritage du
Dei factus est uterus nesciens Ciel! le sein d'une Vierge est
virum : non est pollutus, ex devenu le temple de Dieu ; car
ea carnem assumens : omnes Dieu ne s'est point souillé en
gentes venient, dicentes : prenant chair dans ses chastes
entrailles : toutes les nations
Gloria tibi , Domine.
viendront , et diront : Gloire à
vous, o Seigneur!
Seigneur, etc.
Kyrie, eleison, etc.
io.
Deus , qui de beatse Mariaj Virginis utero Verbum
tuum , angelo nuntiante ,
carnem suscipere voluisti ;
pra-sta supplicibus tuis , ut
qui vere cam Genitricem
Dei credimus, ejus apud
te iutercessionibus adjuvemur : Per eumdem.
262
CULTE DE MARIE.
PRIONS.
OREMUS.
O Dieu , qui avez donné aux
hommes le salut éternel , par la
virginité féconde de la bienheu
reuse Marie ; accordez-nous, s'il
vous plaît, que nous ressentions
les effets de l'intercession de
celle par qui nous avons eu le
bonheur de recevoir l'Auteur de
la vie, Noire-Seigneur Jésus Christ , votre Fils , qui , étant
Dieu , vit.
Deus, qui salutis reternsG,
beatœ Marise virginitate
fœcunda , humano generi
prœmia prœstitisti : tribue,
qussumus, ut ipsam pro
nobis intercedere sentiamus, per quam meruimus
Auctorem vitœ suscipere
Dominum nostrum Jesum
Christum Filium tuum , qui
tecum vivit.
On dit ici les Antiennes et les Prières pour saint Joseph et
les Saints, comme à Laudes , p. 227.
Si l'on doit terminer ici l'Office, on dit ensuite une des
Antiennes de la Vierge, selon le Temps , comme à Complies ,
p. 269.
A COMPLIES.
Ave, Maria.
Converte nos , Deus saluConvertissez-nous , ô Dieu ,
qui êtes notre Sauveur.
taris noster.
Et détournez votre colère de
Et averte iram tuam a
dessus nous.
nobis.
O Dieu, venez à mon aide.
Deus , in adjutorium
meum intende.
Domine, ad adjuvandum
Seigneur, hâtez-vous de me
me festina.
secourir.
Gloria Patri.
Gloire.
PSAUME 128.
(Le Psalmiste rend grâces à Dieu de l'avoir fait triompher
de ses ennemis.)
Qu'Israël dise maintenant :
Sœpe expugnaverunt me
Ils m'ont attaqué souvent de- a juventute ntea : dicat
puis ma jeunesse.
mme Israel.
Ils m'ont attaqué souvent deScène expugnaverunt nie
OFFICE. — COHPLIES.
263
a juventute mea : etenim puis ma jeunesse; mais ils n'ont
pu avoir l'avantage au-dessus de
non potuerunt mihi.
moi.
Les méchants m'ont imprimé
Supra dorsum meum fabricaverunt
peccatores : des coups sur le dos ; ils ont
prolongaverunt iniquitatem continué leur iniquité.
suam.
Le Seigneur, qui est juste , a
Dominus justus concidit
cervices peccatorum : con coupé la tète des méchants : que
fondante- et convertantur tous ceux qui haïssent Sion
retrorsum omnes qui ode- soient confus , et qu'ils retour
nent en arrière.
runt Sion.
Qu'ils soient semblables à
Fiant sicut fœnum teetorum : quod priusquam evel- l'herbe qui croît sur les toits ,
qui sèche avant qu'on l'arrache.
latur, cxaruit.
Qui ne remplit jamais ni la
De quo non implevit manum suam qui metit : et si- main du moissonneur, ni le sein
iium suum, qui manipulos de celui qui recueille les ger
colligit.
bes.
Ceux qui passaient n'ont point
Et non dixerunt qui prseteribant : Benedictio Domi- dit : Que le Seigneur vous bé
ni super vos : benediximus nisse; nous vous bénissons au
vobis in nomine Domini.
nom du Seigneur.
Gloire.
Gloria Patri.
psaume 1Î9.
(Prière d'un cœur contrit qui gémit et qui espère en la
miséricorde divine.)
De profundis clamavi ad
te, Domine; Domine, exaudi
vocem meam.
Fiant aures tuœ intendentes: in vocem deprecationis
meœ.
Si iniquitates observaveris, Domine : Domine, quis
sustinebit?
Quia apud te propitiatio
est : et prnpter legem tuam
sustinui te, Domine.
Seigneur, j'ai crié vers vous
du sein de l'abîme : Seigneur,
écoutez ma voix.
Que vos oreilles soient atten
tives à la prière que je vous fais.
Seigneur, si vous examinez
nos péchés, qui pourra, Sei
gneur, subsister devant vous?
Mais vous vous laissez fléchir
à la clémence : et je vous ai at
tendu , Seigneur, à cause de
votre loi , qui promet le pardon
aux pénitents.
Mon àme a attendu le Sei
Sustinuit anima mea in
verbo ejus: speravit anima gneur, à cause de sa promesse ;
mon âme a espéré au Seigneur.
mea in Domino.
264
CULTE DE MARIE.
Que depuis le point du jour
jusqu'à la nuit, Israël espère au
Seigneur.
Car le Seigneur est plein de
miséricorde, et la rédemption
que nous trouvons en lui est
très-abondante.
11 rachètera lui même Israël
de tous ses péchés.
Gloire.
A custodia maintins usque ad noctem : speret Is
raël in Domino.
Quia apud Dominum misericordia : et copiosa apud
eum redemptio.
Et ipse redimet Israël : ex
omnibus iniquitatibus ejus.
Gloria Patri.
psaume 130.
(David professe l'humilité et réprouve l'orgueil.)
Seigneur, mon cœur ne s'est
point enflé , et mes yeux ne se
sont point élevés.
Je ne me suis point porté de
moi-même à ce qui est grand ,
ni à des choses éclatantes qui
fussent au-dessus de moi.
Si je n'ai point eu des senti
ments humbles de moi-même,
et si mon âme s'est élevée.
Que mon âme tombe dans le
même état qu'un petit enfant
que l'on sèvre , lorsqu'il est en
core entre les bras de sa mère.
Qu'Israël espère au Seigneur,
depuis ce temps jusqu'à jamais.
Gloire.
Domine, non est exaltatum cor meum : neque elali
sunt oculi mei.
Neque ambulavi in magnis: neque in mirabilibus
super me.
Si non humiliter sentiebam : sed exaltavi animam
meam.
Sicut ablactatus est super
matre sua : ita retributio in
anima mca.
Speret Israël in Domino :
ex hoc nuuc et usque in
sœculum.
Gloria Patri.
HYMNE.
Souvenez-vous, ô Créateur de
l'univers, que pour opérer notre
salut, vous avez bien voulu
prendre un corps comme le nô
tre, en naissant d'une Vierge
toute pure et sans tache.
O Marie, Mère de grâce, Mère
de miséricorde , défendez-nous
contre nos ennemis , et receveznous sous votre protection à
l'heure de notre mort.
Gloire à vous , Seigneur, qui
Memento , rerum Conditor,
Nostri corporis, quod olim,
Sacrata ab alvo Virginis ,
Nascendo formant sumpseris.
Maria, Mater gratiœ,
Duleis Parens clementiœ,
Tu nos ab hoste protege ,
Et mortis hora suscipe.
Jesu , tibi sit gloria ,
OFFICE. — COMPLIES.
265
êtes né d'une Vierge , et soyez Qui natus es de Virginc,
glorifié avec le Père et le Saint- Cum Patre et silmo Spiritu,
Esprit, dans les siècles éternels. In sempiterna ssccula.
Ainsi-soit-il.
Amen.
De Noël à l'Avent. 1 . et 3. Office.
chapitre. (Eccl., 24.)
Je suis la Mère du"pur amour,
de la crainte, de la grandeur,
et de la sainte espérance.
h- Rendons grâces à Dieu.
y Priez pour nous, ô sainto
Mère de Dieu.
u- Aliu que nous soyons ren
dus dignes des biens que JésusChrist nous a promis.
Pendant l'Avent. 2. Office.
chapitre. (Isaïe, 7.)
Eccc Virgo concipiet, et
Une Vierge concevra et en
pariet Filium, et vocabitur fsntera un Fils, qui sera appelé
nomen ejus Emmanuel. Bu- Emmanuel , c'est-à-dire Dieu
tyrum et mel comedet, ut avec nous. 11 mangera le beurre
sciat reprobarc malum, et et le miel , en sorte qu'il sache
eligerc bonum.
rejeter le mal et choisir le hien.
n- Deo gratias.
n- Rendons grâces à Dieu.
y Angelus Domini nuny L'ange du Seigneur a an
tiavit Marise.
noncé à Marie qu'elle serait la
Mère du Sauveur.
i\) Elle l'a conçu par l'opéra
iv Et concepit de Spiritu
tion du Saint-Esprit.
sancto.
Ego Mater pulehrœ dilectionis, et timoris, et magnitudinis, et sanctœ spei.
n- Dec gratias.
y Ora pro nobis, sancta
Dei Geniirix.
n} Ut digni efliciamur
promissionibus Cbristi.
De la Purification à l'Aient. 1. Office.
Ant. Sub tuum prœsiAnt. C'est à votre assistance.
dium.
De Pâques à la Trinité.
Ant. Regina cœli.
Ant. Reine du ciel.
Pendant l'Aient. 2. Office.
Ant. Spiritus sanctus.
Ant. Le Saint-Esprit.
De Noël à la Purification. 3. Office.
Ant.
tatis.
Magnum bseredi-
Ant. O grand mystère.
266
CULTE DE MARIE.
CANTIQUE DE SAINT SIMÉON. (LUC , 2.)
(Action de grâces à Dieu pour l'avènement du Sauveur.)
C'est maintenant, Seigneur,
Nunc dimittis servum
que vous laissez mourir en paix tuum, Domine : secundum
votre serviteur, selon votre pa verbum tuum in pace.
role.
Puisque mes yeux ont vu le
Quia viderunt oculi mei :
Sauveur que vous nous donnez. salutare tuum.
Et que vous destinez pour être
Quod parasti: antefaciem
expose à la vue de tous les peu omnium populorum.
ples.
Comme la lumière qui éclai
Lumen ad rcvelationem
rera les nations , et la gloire de gentium : et gloriam plebis
votre peuple d'Israël.
tua; Israël.
Gloire.
Gloria Patri.
De la Purification à l'Avent. i. Office.
Ant. Sub tuum prœsidium
Ant. C'est à votre assislance
que nous avons recours, ô sainte confugimus, sancta Dei GeMère de Dieu : ne rejetez pas nitrix : nostras deprecationos prières dans nos besoins, nes ne despicias in necessimais délivrez-nous toujours de tatibus nostris, sed a peritous dangers, ô Vierge glorieuse culis cunctis libera nos semper, Virgo gloriosa et beneet digne de toute louange.
dicta.
De Pâques à la Trinité.
Ant. Regina cœli , lscAnt. Reine du ciel , réjouis
sez-vous.
tare.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Kyrie, eleison.
Christ, ayez pitié de nous.
Christe , eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Kyrie, eleison.
y Seigneur , exaucez ma
j> Domine, exaudi orationem meam.
prière.
n- Et que mes cris s'élèvent
n Et clamor meus ad te
jusqu'à vous.
veniat.
PRIONS.
OREMUS.
Nous vous supplions, Seigeur, que la gloneuse interces
sion de la bienheureuse et vé
nérable Marie toujours vierge ,
nous protège ici-bas, et nous
conduise enlin à la gloire éter
nelle. Par Noire-Seigneur, ete.
y Seigneur, exaucez , ete.
Beatœ et gloriosa; semperque Virginis Mariœ, qua;sumus, Domine, intercessio
gloriosa nos protegat, et ad
vitam perducat œternam.
Per Dominum nostrum ,
ete.
j> Domine, exaudi, etc.
OFFICE. — COMPLIKS.
567
BFTȃDICTIOH.
Benedicat et custodiat
Que le Seigneur lout-puissant
nos omnipotens et miscri- et miséricordieux, le Père, le
cors Dominus, Pater, et Fi- Fils et le Saint-Esprit nous bé
lius , et Spiritus sanctus.
nisse et nous garde.
ii Ainsi soit-il.
îv Amen.
Pendant l'Avent. 2. Office.
Ant. Spiritus sanctus in
Ant. Le Saint-Esprit descen
te descendet, Maria : ne ti- dra en vous, Marie : ne craignez
meas, habebis in utero Fi- point , vous porterez le Fils dé
Dieu dans votre sein : louez
lium Dei, alleluia.
Dieu.
Kyrie, eleison.
Seigneur, etc.
OREMl'S.
PRIOIS.
Dcus, qui de beatfc Marin
Virginis utero Yerb'un
timm , angelo nuntiante ,
carnem suscipere voluisti ;
prœsta supplicibus tuis , ut
qui vere eam Genitricem
Dei credimus, ejus apud te
intercesssionibns adjuvemur. Per cumdcm.
O Dieu , qui avez voulu que
votre Verbe prit chair dans le
sein de la bienheureuse Vierge
Marie , après lui avoir fait an
noncer ce mystère par un ange ;
nous vous supplions humblement
que , comme nous la croyons
véritablement Mère de Dieu ,
nous soyons aidés auprès de vous
par ses prières : Par le même
Jésus-Christ , etc.
Seigneur, etc.
Kyrie, eleison.
OBEMl s.
Deus, qui salutis seter
nœ, beatœ Mariœ virginitate
fœcunda , humano generi
praemia prœstitisti : tribue ,
qusesumus, ut ipsam pro
nobis intercedere sentiamus , per quam meruimus
Auctorem vitre suscipere,
Dominum nostrum Jesum
Christum Filium tuum, qui
tecum vivit.
O Dieu, qui avez donné aux
hommes le salut éternel par là.
virginité féconde de la bienheu
reuse vierge Marie, accordeznous , s'il vous plaît , que nous
ressentions les effets de l'inter
cession de celle par qui nous
avons eu le bonheur de recevoir
l'Auteur de la vie , Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, étant
Dieu, vit et règne avec vous dans
l'unité du Saint-Esprit, etc.
'f Domine, exaudi, etc.
ï Seigneur, exaucez-nous.
268
CLLTE DE MARIE.
On dit ensuite , selon les temps , vue des Antiennes à la
Vierge.
De l'Avent à la Purification.
ANTIENNE.
Aima Redemptoris Mater,
quœ pervia cœli
Porta manes , et stella
maris, succurre cadenti ,
Surgere qui curat populo :
tu quir genuisti ,
Natura mirante , tu uni
sanctum Genitorem ;
Virgo prius ac posterius ,
Gabrielis ab orc ,
Sumens illud Ave, peccatorum miserere.
Pendant l'Avent.
jr L'ange du Seigneur annonj> Angelus Domini nuntiavit Maria;.
ça à Marie.
n- Et elle conçut de l'Esprit
«. Et concepit de Spiritu
sancto.
saint.
OREMCS.
puions.
Répandez , nous vous en con
Gratiamtuam, qua;sumus.
jurons, Seigneur, votre grâce Domine, mentibus nostris
dans nos âmes, afin qu'ayant infunde ; ut qui, angelo nunconnu, par le message de l'ange, tiante, Christi Filii tui incarl'incarnation de Jésus-Christ, nationem cognovimus, per
votre Fils, nous soyons conduits, passionem ejus et crucem
par sa passion et par sa croix, à ad resurrectionis gloriam
la gloire de sa résurrection. Par perducamur. Per eumdem.
le même.
n- Ainsi soit-il.
n- Amen.
De Noël à la Purification.
j> Après l'enfantement , ô
jJ Post partum, Virgo, inVierge, vous êtes restée sans violata permansisti.
tache.
n- Mère de Dieu, intercédez
n Dei Genitrix, intercede
pro nobis.
pour nous.
Mère auguste du Rédempteur,
porte du ciel toujours ouverte ,
étoile de la mer, secourez uu
peuple qui succombe , mais qui
désire de se relever. Vous qui ,
par un prodige qui étonne la
nature, avez, à la parole de
l'ange Gabriel , et demeurant
toujours vierge, enfante le Dieu
saint, qui vous donna l'être,
ayez pitié des pécheurs.
PRIONS.
oitr.Mi-s.
O Dieu qui, par la virginité
Deus, qui salutis œternœ
féconde de la bienheureuse Ma beatœ Mario; virginitate fœrie , avez accordé au genre hu cunda, humano generi praemain le prix du salut éternel, ac- mia pra;stitisti : tribue, quœ
OFFICE. — COMPL1F.S.
sumus , ut ipsam pro nobis
intercedera sentiamus, per
quam meruimus Auctorem
vitct suscipere, Dominum
nostrum Jesum Christum
Filium tuum, qui tccum vi
nt.
209
cordez-nous, nous vous en con
jurons, la grâce de ressentir l'ef
fet de l'intercession de celle par
qui nous avons reçu l'Auteur do
la vie, Jésus-Christ, votre lils,
qui vit.
s- Ainsi soit-il.
il- Amen.
De la Purification au Jeudi-Saint.
ANTIENNE.
Je vous salue, Reine des cieux ;
Ave , Regina cœlorum ,
Ave , Domina angclorum ; je vous salue , Reine des anges ;
Salve, radix; salve, porta, je vous salue , tige sacrée ; je
Ex ijua mundo lux est orta. vous salue , ô porte de laquelle
la lumière est sortie pour eclai
rer le monde.
Réjouissez-vous, Reine glo
Gaude , Virgo gloriosa ,
Super omnets speciosa ;
rieuse, belle au-dessus de toutes
Vale , o valde decora ,
les vierges; salut, ô vous qui
Et pro nobis Cbristum exora. êtes vraiment ravissante; dai
gnez prier pour nous JésusChrist.
v- Dignare me laudarc te,
jt Daignez agréer mes louan
ges , Vierge sainte.
Virgo sacrata.
o- Donnez-moi la force contre
»' Da mihi virtutem con
vos ennemis.
tra hostes tuos.
OnEMUS.
Accordez , ô Dieu de miséri
corde , un rempart à notre fai
blesse , afin qu'honorant la mé
moire de la sainte Mère de Dieu,
nous puissions, par le secours
de son intercession , nous rele
ver de nos iniquités. Par NotreScigneur.
n- Ainsi soit-il.
Ds raques à la Trinite'.
Concede, miscricors Deus,
fragilitati nostra» prsesidmm,
ut qui sanctcB Dci Genitricis
memoriam agimus, intercessionis ejus auxilio a nostris iniquitatibus resurgamus. Per cumdem.
n- Amen.
ANTIENNE.
Reine du ciel, réjouissez-vous,
Regina cœli lœtarc ,
que Dieu soit loué ,
Alleluia ;
Parce que celui que vous avez
Quia quem meruisti portare,
mérité de porter dans votre sein,
Alleluia.
louez Dieu ,
270
CULTE DE MARIE.
Est ressuscité, comme il l'a Resurrexit sicut diîit ,
dit , louez Dieu ;
Alleluia.
Priez Dieu pour nous, louez Ora pro nobis Deum ,
Dieu.
Alleluia.
jfr Réjouissez-vous et triom
jfr Gaude et lœtare, virgo
phez, 'vierge Marie, louez Dieu. Maria , alleluia.
8- Parce que le Seigneur est
n- Quia surrexit Dominus
vraiment ressuscité, louez Dieu. vere , alleluia.
prions.
OREHIJS.
O Dieu, qui, par la résur
Deus , qui per resurrecrection de votre Fils Notre-Sei- tionem Fini tm Domini nosgneur Jésus-Christ , avez dai tri Jesu Christi mundum lav
gné remplir de joie l'univers, tifleare dignatus es : prœsta,
faites , nous vous en supplions , qusesumus, ut per ejus Geque par sa Mère , la vierge Ma nitricem virginem Mariam
rie, nous obtenions les délices perpetuse capiamus gaudia
de la vie éternelle. Par le même. vilœ. Per eumdem.
n- Ainsi soit-il.
n- Amen.
De la Trinité à l'Avent.
AINTIENNE.
Salut, ô Reine, Mère de mi
séricorde, notre vie, notre dou
ceur, notre espérance, Salut.
Enfants d'Eve, malheureux exi
lés, nous élevons nos cris vers
vous. Nous soupirons vers vous,
gémissants et pleurants dans
cette vallée de larmes. De grâce,
ô notre avocate , laissez tomber
sur nous vos regards miséricor
dieux , et après cet exil , mon
trez-nous Jésus , le fruit béni de
vos entrailles , ô clémente , ô
charitable , ô douce vierge Ma
rie !
* Priez pour nous, sainte
Mère de Dieu.
h- Afin que nous devenions
dignes des promesses de JésusChrist.
Salve, Regina, Mater misericordiœ , vita , duleedo ,
et spes nostra, salve. Ad te
clamamus, exules filii Evœ.
Ad te suspiramus, gementes
et fientes in hac lacrymarum valle. Eia ergo , advocata nostra, illos tuos mise
ricordes oculos ad nos converte : et Jesum benedictum
fructum ventris tui nobis
post hoc exilium ostende :
o clemens , o pia , o duleis
virgo Maria !
jfr Ora pro nobis, sancta
Dei Genitrix.
B- Ut digni efficiamur
promissionibus Christi.
PRIONS.
Dieu tout-puissant et éternel,
Omnipotens sempiterné
qui, par la coopération du Saint- Deus , qui gloriosse virginis
Esprit, avez préparé le corps et matris Marise corpus et ani-
OFFIf.B. — COMPLIES.
mam, ut dignum Filii tui habitaculum eftici mercrctur,
Spiritu sancto cooperante ,
prœparasti : da ut cuj us commemorationc helamur, ejus
pia intercessione ab iiistantibus malis et a morte per
petua liberemur. Pcr eumdem.
n- Amen.
.v Divinum auxilium maneat semper nobiscum.
n- Amen.
"27 f
l'âme de la glorieuse vierge
Mère, pour en faire une de
meure digne de votre Fils ; faites
que celle dont nous célébrons
avec joie la mémoire nous déli
vre par son intercession sainte
des maux qui nous accablent et
de la mort éternelle. Par le
même.
n- Ainsi soit-il.
v Que le secours de Dieu de
meure toujours avec nous.
n- Ainsi soit-il.
PRIÈRE Al'ltfeS LA BÉCITATION DE L'OFFICE.
Sacrosanctœ et indivi
dus; Trinitati, crucilixi Domini nostri Jesu Christi humanitati , beatissimœ et gloriosissimaj semperque Virginis Maria; fœcundœ integritati , et omnium sanctorum universitati, sit sempiterna laus, honor, virtus et
gloria ab omni creatura,
nobisque remissio omnium
peccatorum per infinita sœcula sa;culorum. Amen.
i Beata viscera Maria
Virginis, qua; portaverunt
œterni Patris Filium.
Que toute créature publie
éternellement la louange, l'honneur, la vertu et la gloire de la
très-sainte et indivisible Trinité,
de l'humanité de Notre-Scigneur
Jésus-Christ crucifié , de la vir
ginité féconde de la bienheu
reuse et très-glorieuse Mario,
toujours vierge, et de tous les
saints en général ; et que Dieu
nous accorde la rémission do
tous nos péchés pendant tous les
siècles des siècles. Ainsi soit-il.
-(r Bienheureuses sont les en
trailles de Marie , toujours vier
ge, qui ont porté le Fils du
Père eternel.
n- Et beata ubera quœ
n- Et bienheureuses sont les
lactaverunt Cbristum Do- mamelles qui ont allaité Notretniuum nostrum.
Seigneur Jésus-Christ.
Pater. Ave. Credo.
Le pape Léon X a accordé à ceux qui réciteront dévotement
cette prière la rémission de toutes les fautes et négligences
commises involontairement pendant l'Office.
272
CULTE DE MARIE.
PETIT OFFICE DE L'IMMACULEE CONCEPTION
DE LA SAINTE VIERGE.
Indépendamment de l'Office ordinaire de la sainte
Vierge, qui précède, il y en a un autre qu'on désigne
ordinairement sous le nom de Petit Office de la trèspure et immaculée Conception de la sainte Vierge. Ce
petit Office, approuvé par N. S. P. le Pape Innocent XI ,
est très-propre à augmenter la ferveur des âmes pieu
ses , et peut être pour elles la source de beaucoup de
grâces. Il est fort touchant dans sa simplicité ; il se
compose principalement d'hymnes très-courtes dont
l'auteur nous est inconnu.
A MATINES.
Ouvrez-vous , mes lèvres , ouvrez-vous pour chanter les
louanges et les grandeurs de la
bienheureuse Vierge Marie.
.* Venez à mon secours ,
puissante Reine.
n- Délivrez-moi des maius de
mes ennemis.
Gloire!
Eia , labia riiea , nunc
annuntiate * Laudes et
prœconia Virginis beatse.
jfr Domina , in adjutorium
meum intende.
a- Me de manu hostium
potenter defende.
Gloria Patri.
OFFICE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION.
273
HYMNE.
Salve, miimli Domina,
Cœlorum Regina;
Salve , Virgo Virginum ,
Stella matutina ;
Salve, plena gratia,
Clara lux divina,
Mundi in auxilium ,
Domina, festina.
Ab œterno Dominus
Te praeordinavit
Matrem Unigeniti
Verbi , quo creavit
Terram, pontum , œthera ;
Te pulehram ornavit
Sibi sponsam , in qua
Adam non peccavit.
^ Elegit eam Deus et
prœelegit eam.
n- In tabernaculo suo habitare facit eam.
.v Domina, protege orationem meam.
R- Et clamor meus ad te
veniat.
Salut, souveraine de l'uni
vers, Reine des cieux; salut,
Vierge des Vierges , Etoile du
matin ; salut , pleine de grâce ,
brillante lumière divine, hâtezvous de faire jouir le monde de
votre protection, ô puissante
reine.
De toute éternité, le Seigneur
vous a prédestinée à devenir la
Mère de son Fils unique , de ce
Verbe qui a créé la terre , la
mer et les cieux ; il vous a or
née de tous ses dons ; il vous a
choisie pour son épouse, et vous
a affranchie du péché d'Adam.
jfr Dieu l'a choisie et prédes
tinée.
n- Il lui a préparé une de
meure dans sou tabernacle.
jfr Exaucez ma prière , divine
Reine.
n- Et que mes vœux parvien
nent jusqu'à vous.
OREMCS.
puions.
Sancta Maria , Regina
cœlorum , Mater Domini
nostri .lesu Christi , et
mundi Domina, quœ nullum
derelinquis et nullum despicis , respice me , Domina ,
clementer oculo pietatis , et
impetra mihi apud tuum
dilectum Filium cunctorum
veniam peccatorum, ut qui
nunc tuam sanctam et Immaculatam Conceptionem
devoto affectu recolo, œternœ in futurum beatitudinis
bravium capiam, ipso, quem
Virgo peperisti, donante Do
mino nostro Jesu Christo ,
qui cum Pâtre et sancto Spi-
Sainte Marie, Reine des cieux,
Mère de notre Seigneur JésusChrist, et Souveraine de l'uni
vers, qui n'abandonnez jamais
et ne refusez d'écouter per
sonne , daignez laisser tomber
sur moi un doux regard de
bonté; faites-moi obtenir, par
votre intercession auprès de
votre Fils bien-aimé, le pardon
de tous mes péchés, afin que,
dans ce jour où je célèbre avec
ferveur votre sainte Conception,
j'obtienne le prix de l'éternelle
félicité , avec la grâce de notre
Seigneur Jésus-Christ , que vous
avez mis au monde , sans ces
ser d'être Vierge , et qui vit et
règne en parfaite union avec le
Père et le Saint-Esprit, dans
les siècles des sièles.
»' Ainsi soit-il.
> Exaucez ma prière , divine
Reine.
ij) Et que mes vœux parvien
nent jusqu'à vous.
jfr Bénissons le Seigneur.
ç- Grâces immortelles lui soient
rendues.
y Que les âmes des fidèles tré
passés reposent en paix par la
miséricorde de Dieu.
a- Ainsi soit-il.
UARIE.
ritu vivit et regnat in unitate
perfecta Deus, in sœcula sœculorum.
ty' Amen.
y Domina, exaudi orationem mram.
n- Et clamor meus ad te
veniat.
i Benedicamus Domino.
n- Deo gratias.
jfr Fidelium animse per
misericordiam Dei requiescant in pace.
a- Amen.
A PRIME.
y. Domina, in adjutorium, etc. Le reste comme à Matines,
à l'exception de l'hymne, gui est différente à toutes les heures.
Salut, Vierge remplie de la
sagesse divine , digue du temple
du Dieu vivant , enrichi de tous
les ornements dont ceux du tem
ple de Salomon ne furent que
de faibles figures. Vous avez été
sainte avant que de naître , et
préservée de la corruption com
mune au reste des hommes,
Vous êtes la Mère des vi
vants, la porte du ciel, la Reine
des Anges, la nouvelle Etoile
de Jacob qui annonce le salut
du monde. Vous êtes la terreur
des Démons , notre défense dans
les combats qu'ils nous livrent,
le refuge et le port assuré des
chrétiens.
Ainsi soi^-il.
y Dieu l'a créée et remplie
de son esprit.
ii- Et l'a élevée au-dessus de
«es ouvrages.
Salve, Virgo sapiens,
Domus Deo dicata ,
Columna septemplici,
Mensaque exornata,
Ab omni contagio
Mundi prœservata ,
Auto sancta in utero
Parentis, quam uata.
Tu Mater viventium ,
Et porta es Sanctorum,
Nova Stella Jacob ,
Domina Angelorum ,
Zamilo terribilis,
Acies castrorum ,
Portus et refugium
Sis Christianorum.
Amen;
y Ipse creavit illam in
Spiritu sancto.
a- Et etfudit illam super
omnia opéra sua.
OFFICE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION.
m
A TIERCE.
j> Domina , in adjutorium , ete.
HYMNE.
Salve , Arca fœderis ,
Thronus Salomonis ,
Arcus puleher aHheris,
Kuhiis visionis,
Virga frondens germinis,
Vellus Gedeonis ,
Porta clausa NuminU ,
Favusquc Samsonis.
Deccbat tam nobilem
Natum prœcavere
Ab origmali
Labe matris Evœ,
Animam quam clegerat
Genitricem , vere
Nulli prorsus sinens
Culpii- subjacerc.
Amen.
$ Ego in altissimis ha
bite
n- Et thronus meus in columna nubis.
Salut, Arche d'alliance, Trône
de Salomon, Arc-en-cicI magni
fique , Buisson ardent qui ap
parûtes à Moïse , Tige ver
doyante et fleurie , Toison de
Gédéon , Sanctuaire mystérieux
de la Divinité, rayon de miel
de Samson.
L'âme que le divin Sauveur
avait choisie pour sa mère de
vait être préservée de la tache
originelle de notre mère Eve ;
H ne voulut pas permettre
qu'elle eût été atteinte de la
moindre souillure du péché.
Ainsi soit-il.
y Je fais ma demeure au
plus haut des deux.
n- Et une colonne de nuées
environne mon trône.
A SEXTE.
# Domina , in adjutorium , etc.
HYMNE.
Salve, Virgo puerpera,
Templum Trinitatis,
Angelorum gaudium ,
Ce lia puritatis,
Solamen mœrentium ,
Hortus voluptatis ,
Palma patientiœ ,
Cedrus castitatis.
Terra es benedicta ,
Et sacerdotalis,
Sancta et immunis
Culpa; origiualis :
1
Salut , Vierge Mère , temple
de la sainte Trinité, joie des
anges , vase de pureté , consola
tion des affligés, jardin de dé
lices , palme de patience , cèdre
de chasteté.
Vous êtes la terre de bénédic
tion et la force des prêtres du
Seigneur; vous êtes sainte et
exempte du péché originel; la
276
CULTE DE MARIE.
Civitas Altissimi,
demeure du Très-Haut, la porte
mystérieuse de l'Orient ; c'est en
Porta Orientalis,
In te est omnis gratia ,
vous, Vierge unique, que réside
Virgo singularis.
toute grâce.
Amen.
Ainsi soit-il.
> Comme le lis entre les épi
jp Sicut lilium inter spines.
nas.
n- Ainsi est ma bien-aimée
n- Sic amica mea inter
filias Adic.
entre les enfants d'Adam.
A NONE.
Jr Domina, in adjutorium , etc.
Salut, cité de refuge, tour
fortifiée , qui servîtes miracu
leusement à protéger les armes
de David ; grâce à votre ardente
charité dans le mystère de la
conception, la puissance du dé
mon a été anéantie par vous!
Salve , urbs refugii ,
Turrisque munita ,
David propugnaculis
Armisque insignita;
In conceptione
Charitate ignita ,
Draconis potestas
Est a te contrita.
O mulier fortis ,
Et invicta Judith,
Pulehra Abigail virgo ,
Verum fovens David :
Rachcl curatorem
jEgypti gestavit,
Salvatorem mundi
Maria portavit.
O femme véritablement forte
et nouvelle Judith toujours in
vincible, belle Abigaïl qui, sans
cesser d'être vierge , avez porté
dans votre sein le vrai David ; si
Bachel autrefois donna le jour
au protecteur de l'Egypte, Ma
rie a enfanté le Seigneur du
monde.
Ainsi soit-il.
Amen.
} Tota pulchra es, amica
f Vous êtes toute belle , ma
bien-aimée.
mes.
n- Et macula originalis
n- La tache originelle n'a ja
mais terni votre beauté.
nunquam fuit in te.
A VEPRES.
j& Domina, in adjutorium, etc.
HYMNE.
Salut , ô vous devant qui le
Salve, horologium ,
soleil de justice a semblé inter Quo retrograditur
OFFICE DE L'iMMACCLEE CONCEPTION.
->"
rompre sa course , vous en qui
Sol in decem lineis,
le Verbe s'est incarné; par vous
Verbum incarnatur.
l'homme a pu s'élever des enfers
Homo ut ab inferis
jusqu'aux cieux, et dans sa
Ad summa attollatur,
grandeur devenir presque l'égal
Immensus ab angelis
des anges.
Paulo minoratur.
Marie est environnée de tout
Solis hujus radiis
l'éclat des rayons de ce soleil;
Maria coruscat:
elle est brillante comme l'au
Consurgens aurora ,
rore à son lever ; c'est le lis en
In conceptu mirat;
tre les épines ; elle a écrasé la
Lilium inter spinas,
tête du serpent, et, belle comme
Que serpentis conterai
la lune , elle guide les mortels
Caput : pulrbra ut luna,
égarés.
Errantes eollustrat.
Ainsi soit-il.
Amen.
v C'est moi qui a fait naître
> Ego feci in cœlis ut
orirctur lumen indeficiens. dans le ciel une lumière qui ne
s'éteint jamais.
n Et j'ai couvert toute la terre
A- Et quasi ncbula texi
comme une huit bienfaisante.
omnem terram.
A COMPMES.
jf Convertissez-nous, divine
j> Convertit nos, Domi
na, tuis precibus placatus Marie , par vos prières ; apaiseï
la juste colère de votre Fils Jé
Jesus Christus Filius tuus.
sus-Christ.
n- Et avertat iram suam a
n- Et rendez-nous-le favora
ble.
BOWs,
.v Domina , in adjutorium , ete.
Salve, Virgo florens,
Mater illibata ,
Regina clementia;,
Stellis coronata.
Supra omnes angelos
Pura immaculata ,
Atque ad Regis dexteram
Stans veste deaurata.
Per te, Mater gratia;,
Duleis spes reorum ,
Fulgens stella maris,
Portus naufragorum ,
Patenscœlijanua,
Salut , Vierge incomparable ,
ornée des fleurs de toutes les
vertus et de tous les dons de
la grâce. Mère toujours vierge,
Reine de miséricorde, couronnée
d'étoiles. Plus pure et plus sainte
que tous les anges, vous êtes
dans le ciel à la droite du Roi de
gloire, revêtue de ce qu'il a dans
ses trésors de plus précieux. —
O Mère de grâce , ô douce es
pérance des pécheurs , étoile de
la mer, port assuré de ceux qui
16
278
CULTE DE ÏUUE.
ont fait naufrage , porte du ciel
toujours ouverte, le salut des
pauvres malades, faites que, par
votre intercession, nous jouis
sions un jour de la vue du Roi
bienheureux.
Ainsi suit-il.
j Votre nom , divine Marie ,
est comme un baume répandu.
tt Vos serviteurs trouvent
leurs délices dans le tendre
amour qu'ils ont pour vous.
Sains intirmorum ,
Videamus Regem
lu aula sancturum.
de gloire dans le séjour des
Amen.
y Oleum effusum, Maria,
nomen tuum.
n- Servi tui dilixerunt te
nimis.
RECOMMANDATION.
O pieuse vierge Marie,
Nous vous prcsentons, à genoux,
Ces heures où l'àme attendrie
Invoque l'Eglise avec vous,
Qu'à travers cette vie amère ,
Votre étoile nous mène au port,
Et que votre appui, tendre Mère,
Nous procure une bonne mort !
Ainsi suit-il.
9- Rendons grâces à Dieu.
Ant. Voici la branche sacrée
en qui ne se trouve le nœud du
péché originel, ni l'écorce de la
faute actuelle.
t O Vierge, votre conception
a été immaculée.
n- Après avoir mis au monde
le Fils, priez pour nous le Père.
Supplices offerimus
Tibi , Virgo pia ,
Has horas canonicas :
Fac nos ut in via
Uucas cursu prospero,
Et in agonia
Tu nobis assiste ,
O duleis Maria !
Amen.
b- Deo gratias.
Ânt. Hsec est virga, in
qua nec nodus originalis,
nec cortex actualis culpœ
fuit.
y In conceptione tua,
Virgo, immaculata l'uisti.
h- Ora pro nobis Patrem,
cujus Filium peperisti.
O Dieu qui , par l'immaculée
conception d'une Vierge , avez
voulu préparer une sainte de
meure à votre Fils, nous vous
supplions, afin que, de même
que dans vos desseins vous avez
voulu que la mort de ce Fils di
vin fût sans tache ; il nous soit
accordé par sa pmssante inter
cession d'arriver devant vous
dégagé de toute souillure. Par
le même. Ainsi soit-il.
Deus , qui per immaculatam Virginis conceptionetn
dignum Filio tuo habitaeu lu m prœparasti : qnsssumus, ut sicut ex morte ejusdem Filii tui prœvisa , eam
ab omni labe prœservasti ,
ita nos quoque mundos ejus
intercessinne ad te perveuire
concedas. Per eumdem.
OREMUS.
Amen.
PRIÈRES.
La Salutation angélique. — L'Angelus.
Prières diverses.
Dans les périls, dans les angoisses , dans
les perplexités, songez à Marie, invoque»
et priez Marie.
(S. Bernard , Hotnél. II.)
In periculis, in angustiis, in rcbus elubus, Mariam cogita, Mariam invoca.
En général , la prière est l'invocation ou l'acte qu'on
adresse à Dieu , pour lui demander des faveurs spiri
tuelles ou temporelles , ou pour faire monter vers lui
les accents de l'amour et de la reconnaissance. Les
prières sont privées ou publiques , secrètes ou solen
nelles, réglées par telle ou telle prescription liturgique,
ou sans fixation de temps et de lieu. Dans tous les
cas , leur effieacité est un point hors de doute ; elle est
garantie par la parole de Dieu lui-même , puisqu'il a
dit dans l'Évangile : « Quiconque demande , reçoit ; qui
« cherche, trouve; et, on ouvre à celui qui frappe.
280
«
«
«
«
CULTE DE MARIE.
Quel est l'homme parmi vous qui donne une pierre
à son fils, lorsqu'il lui demande du pain? ou, s'il
lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent?
Si donc, vous qui êtes mauvais , vous savez donner
de bonnes choses à vos enfans , combien plus votre
« Père, qui est dans les cieux, donnera-t-il de bonnes
« choses à ceux qui les lui demandent. » Après cette
autorité , la première de toutes , les Pères de l'Église
n'ont pu avoir qu'un sentiment. Saint Augustin, en
particulier, a dit avec autant de charme dans l'expres
sion que de force dans la pensée : « La prière est la clef
« du Ciel ; elle élève jusqu'à Dieu, et, par elle, la misé« ricorde divine descend sur la terre. » Tout cela ne
fait que confirmer les paroles du prophète royal :
« Dixiy confitebor adversum me injustitiam meam Do
« mino, et tu remisisti impietatem peccati mei. » Je
l'ai dit, je confesserai contre moi au Seigneur mon
iniquité, et vous , ô mon Dieu, avez usé envers moi de
miséricorde.
L'un des principaux motifs de la prière a dû être par
conséquent le péché ; il semble , en effet , que le pre
mier homme, placé dans le paradis terrestre, n'avait
qu'à glorifier Dieu, et que sa bouche ne devait s'ouvrir
que pour célébrer les louanges et les bontés de son
Créateur. Mais après la chute d'Adam, Caïn, jaloux de
son frère , le tua, et il dit au Seigneur : « Mon iniquité
« est trop grande pour que je puisse mériter le pardon.
« Voilà que vous me rejetez de la face de la terre, et je
« fuirai de votre présence , et je serai errant et fugitif
« sur la terre, et quiconque nie trouvera me tuera. »
Ce terrible cri du remords fut entendu, car le Sei
gneur répondit : « Il n'en sera pas ainsi ; mais quicon
PRIÈRES.
281
« que tuera Caïn sera puni sept fois. » Et il mit un
signe en Caïn , afin que quiconque le trouverait ne le
tuât point.
Ainsi le repentir et la prière sont inséparables. L'É
glise, alarmée du grand nombre de nos crimes, a dû
multiplier les expiations, supplications et postulations,
c'est-à-dire les prières. Il semble même que, n'y pou
vant en quelque sorte plus suffire , elle a eu plus sou
vent recours à la Médiatrice du Médiateur ; de même
que la justice humaine, chez les nations civilisées,
donne aux criminels des défenseurs chargés de porter
pour eux la parole aux pieds des juges. Par là pourrait
s'expliquer, entre autres causes , le développement im
mense que reçoit de nos jours le culte de la sainte
Vierge, justement nommée la puissante Avocate des
pécheurs.
On conçoit aisément qu'il ne peut être question ici
de présenter une énumération complète , ni même fort
étendue, des prières diverses que l'Église a instituées,
modifiées ou approuvées, en l'honneur de la sainte
Vierge, soit pour les cérémonies publiques, soit pour
l'usage particulier des fidèles ; cela dépasserait les li
mites dans lesquelles doit se renfermer cet ouvrage.
Après avoir expliqué YAve Maria et YAngelus, qui
tiennent le premier rang , nous nous bornerons à re
produire quelques-unes des plus ferventes prières ins
pirées par la devotion à la Reine des cieux , préférant
celles qui, plus usuelles, portent un nom d'auteur
célèbre ; du reste, on pourra suppléer à cette omission
en recourant aux livres de piété. Enfin, comme le
langage du cœur n'est assujetti à aucune forme rigou
reuse, chacun pourra aussi, à son tour, ajouter une
16.
282
CULTE DE MARIE.
page à celles que nous allons écrire sous ce titre. Il suf
fira pour cela de se rappeler la première invocation que,
les mains jointes et le front appuyé sur les genoux dé
sa mère , on adressait , soir et matin , dans son enfance ,
à la bonne sainte Vierge , après s'être fait réciter l'his
toire du petit Jésus et de sa crèche.
I;A SALUTATION ANGELIQUE.
La Reine de toutes les prière?.
(Alaix de La Roche.)
Regina omnium orationum.
Je vous salue, Marie, pleine
de grâce , le Seigneur est avec
vous ; vous êtes benie entre toutes les femmes , et Jésus le fruit
de vos entrailles est béni.
Sainte Marie , Mère de Dieu ,
priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure
de notre mort. Ainsi soit-il.
Ave, Maria, gratiaplena,
Dominus tecum ; benedicta
tu in mutieribus, et bencdictus fructus ventris tui,
Jesus.
Sancta Maria, Mater Dei,
ora pro nobis, peccatoribus
mine et in hora mortis nostrœ. Amen.
Sous le règne d'Hérode, il y avait, en Judée, un
prêtre nommé Zacharie ; sa femme descendait des
fils d'Aaron , et elle s'appelait Élisabeth. Or, Gabriel ,
l'ange du Seigneur, tandis que Zacharie remplissait
les fonctions du sacerdoce, lui apparut debout à la
droite de l'autel des parfums
Il lui dit : « Zacha« rie, ne crains point, parce que ta prière est exau
LA SALUTATION ANGÉLIQUE.
283
« cce; et (a femme Élisabeth enfantera un fils, et
« tu l'appelleras du nom de Jean... » Au sixième mois
de la grossesse d'Élisabeth , l'ange Gabriel fut envoyé
de Dieu en une ville de Galilée , qui avait nom Naza
reth, à une vierge, qu'un homme appelé Joseph, de
la maison de David, avait épousée ; le nom de la vierge
était Marie. L'Ange étant entré , se présenta à Marie ,
dans le sanctuaire de sa chambre virginale , où , les
portes fermées , elle priait Dieu dans le secret ; et il
lui dit :
« Je vous salue , pleine de grâce , le Seigneur est
« avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes ' .»
Telle est l'origine des premières paroles de la Salu
tation angélique et l'annonce de l'Incarnation du Verbe.
Les saints Docteurs disent que l'ange Gabriel ne pro
nonça pas le mot Marie, qui ne se trouve pas, en effet,
dans l'Évangile selon saint Luc , afin de marquer un
respect plus profond pour celle qui allait devenir mère
de Dieu. C'est l'Église qui a voulu ajouter, dans la
prière, ce nom de Marie.
Les paroles de l'ange Gabriel signifient d'abord que
la sainte Vierge est la seule personne à laquelle les
mots pleine de grâce puissent convenir ; que, n'ayant pas
connu le péché, elle a toujours été la demeure de Dieu,
non-seulement pendant les neuf mois qu'elle l'a porté
dans son sein, mais encore pendant sa vie, et qu'enfin
elle a été bénie par sa conception, bénie par l'opération
du Saint-Esprit, et bénie par Jésus-Christ qui l'a choisie
pour mère.
Mais poursuivons le récit des faits. Quelques mois
1 Saint Lac, chap. 1.
284
CULTE DE MARIE.
s'étant écoulés, Elisabeth devint mère et mit au monde
un fils. Zacbarie , son père , prit cet enfant dans ses
bras, et rempli du Saint-Esprit, il prophétisa en disant :
«
Et toi, petit enfant, tu seras appelé le Prophète
« du Très-Haut , car tu marcheras devant la face du
« Seigneur pour préparer ses voies
»
Cet enfant était Jean-Baptiste.
Quelques jours avant la naissance de Jean-Baptiste ,
Marie, qui avait eu déjà la visite de l'Ange, s'était ren
due auprès de sa cousine Elisabeth, pour l'assister dans
ce temps critique. Jean avait tressailli dans le sein ma
ternel, dès que Marie, qui portait déjà Jésus dans ses
chastes flanes, s'était approchée de sa mère, etËlisabeth,
remplie de l'esprit de Dieu, s'était écriée à haute voix,
en s'adressant à Marie : Vous êtes bénie entre toutes les
femmes, et le fruit de vos entrailles est béni.
Ce sont , comme on voit , les dernières paroles de
l'ange Gabriel que répète Elisabeth , en y ajoutant que
le fruit du sein de Marie est béni, comme Marie ellemême.
Nous expliquerons en un autre lieu le chant sublime
du Magnificat, que fit, au même instant, entendre la
Mère du Désiré de toutes les nations.
D'abord la Salutation angélique ne s'étendit pas au
delà de ce qui vient d'être dit ; mais dès les premiers
jours du Christianisme , les âmes pieuses , après avoir
prononcé les paroles de l'ange Gabriel et d'Elisabeth ,
éprouvèrent le besoin d'adresser en même temps une
courte invocation directe à la sainte Vierge. Un fameux
hérésiarque, nommé Nestorius, ayant osé, au com
mencement du cinquième siècle, soutenir qu'on ne
devait point appeler la sainte Vierge Mère de Dieu, le
LÀ. SALUTATION ANGÉLIQUE.
285
Concile général d'Éphèse prononça la condamnation
de cette erreur, en l'année 431, et il ajouta dès lors à
la Salutation angélique la seconde partie : Sancta
Maria, Mater Dei... Depuis la proclamation de la Ma
ternité divine, cette heureuse croyance se maintint
avec plus de force dans les âmes chrétiennes. Toutefois
la récitation de YAve Maria ne devint pas alors même
d'un usage général. On retrouve le type de cette
prière dans un livre d'Oraisons de Sévère, patriarche
d'Alexandrie en 647, oxi les cérémonies du Baptême se
terminent ainsi : « Paix à vous, Marie pleine de grâce,
« le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre
« toutes les femmes, et béni est le fruit de vos entrail« les, Jésus-Christ. Sainte Marie, mère de Dieu, priez
« pour nous, pour nous, dis-je, qui sommes pécheurs.
« Amen. » — Cette invocation existait donc au septième
siècle. Elle fut insérée dans le Bréviaire réformé par le
pape Pie V, au seizième siècle. Et depuis elle suit
l'Oraison dominicale, formant ainsi avec elle les deux
prières par excellence.
Les termes qui accompagnent la Salutation angélique
sont aussi simples que touchants, et le sens en est facile
à pénétrer. — Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour
nous. Sans doute , comme le dit saint Bernard , nous
prions notre Seigneur Jésus-Christ , avec la confiance
que l'intercession du Fils est toute-puissante auprès du
Père : il est donc bien naturel d'espérer, que si la Mère
du Sauveur présente et recommande elle-même notre
prière, elle obtiendra tout dans le Ciel , de celui qui la
respecta et l'aima si tendrement devant les hommes...
Pauvres pécheurs!
Cet aveu de notre faiblesse et de
nos fautes est très-propre à nous mériter la protection
288
CUL1B DE MAHI*.
de la sainte Vierge ; il doit d'ailleurs s'échapper du
cœur de l'homme à tout âge ; car « personne n'est pur
« de péché devant Dieu , pas même l'enfant dont la
« vie sur la terre est d'un jour
» Maintenant et à
l'heure de notre mort. Si les prières et la médiation
de la Mère du Sauveur nous sont précieuses , tandis
que, suivant les belles expressions de saint Augustin ,
« nous traînons ici-bas la fin de notre nuit, en ce
« corps que le péché a fait mourir, » combien plus
ardemment nous devons les réclamer pour l'heure où
nous toucherons à l'aube qui doit dissiper toutes les
ombres !
Ainsi soit-il : que notre prière s'accomplisse donc!
Fragment d'une homélie de saint Bernard sur la
Salutation Angélique.
Le nom de Bernard tient un rang si distingué parmi
tous ceux qui ont illustré le culte de la sainte Vierge ,
que nous ne sortirons point de notre sujet en disant ici
quelques mots de la personne même de ce Saint, que
les historiens appellent la grande merveille du dou
zième siècle et la lumière de l'Église.
« Né au château des Fontaines , près de Dijon , en
l'année 1091 , et comptant parmi ses aïeux les ducs de
Bourgogne et des rois de Portugal , offert à Dieu dès
son enfance par ses parents qui le consacrèrent à l'É
glise , Bernard s'éloigna très-jeune du monde où il au
rait fait une vive sensation par son esprit brillant et ses
avantages extérieurs, et il dévoua de bonne heure toute
son intelligence aux choses du Ciel. A l'âge de vingt
ans , après avoir perdu sa mère , il se retira dans l'ab
LA SALUTATION ANUÊLIyLE.
287
baye de Citeaux : il y composa des ouvrages qui firent,
dès leur apparition, pressentir son génie, bientôt après,
il traversa les mers pour aller combattre l'hérésie en
Angleterre, en Italie et dans plusieurs parties de la
France. « Cet homme extraordinaire , a dit l'auteur de
« la Gaule poétique , n'avait encore que trente ans, et
« il n'y avait pas, en Europe, une seule église qui n'eût
« recours à ses lumières , pas une seule nation qui ne
« l'eût choisi pour médiateur, pas une seule puissance
« qui n'eût imploré son suffrage et son autorité. » Sorti
de Citeaux avec quelques autres religieux , il se fixa
dans la vallée de Clairvaux , qu'on nommait alors la
vallée de l'Absinthe. Ce fut de là qu'il partit pour aller
parcourir l'Allemagne, prêcher la Croisade et électriser
les populations entraînées sur ses pas par l'ascendant
de son génie et de son éloquence ; puis , après avoir
fondé cent soixante monastères , il revint dans cette
retraite se préparer à bien mourir. Il y composa de
nombreux ouvrages , sublimes inspirations , parmi les
quelles on a distingué l'éloge funèbre de son frère ;
mais ce qui lui assure la prééminence sur tous ceux
qui ont écrit en l'honneur de Marie , ce sont des ho
mélies', dos sermons et des traités où la Reine des
cieux reçoit les plus éclatants hommages , avec une
abondance, une pureté et un charme d'expressions
dont il est impossible de se faire une idée sans les avoir
lus. — Or, selon le récit du pieux auteur de la légende
dorée, il arriva que par une silencieuse nuit de Noël,
J Homélie, qui vient du grec, veut dire conférence, entre
tien, et s'appliquait autrefois aux explications des Évangiles
que les saints Pères adressaient au peuple dans le temple.
288
CULTE DE MARIE.
dans le monastère de Clairvaux , Bernard attendait de
puis longtemps, avec une secrète itnpatience , la célé
bration de l'office de cette belle solennité. Comme il
éprouvait dans son âme méditative un vif désir de
connaître l'heure juste à laquelle s'était accompli le
mystère , le pieux cénobite crut voir s'approcher de lui
le Messie, sous les traits d'un enfant qui vient de
naître. 11 se sentit transporté par cette vision, et il
écrivit tout de suite après un petit ouvrage rempli
d'intérêt sur le passage de l'Évangile qui contient le
récit de YAnnonciation ; il le divisa en quatre homélies ,
et c'est à la troisième qu'est empruntée la méditation
dont on va lire un fragment.
« L'Ange s'étant présenté à Marie , lui dit: Salut,
« pleine de grdoe, le Seigneur est avec vous. Dans
« quel lieu se présenta-t-il à Elle ? Ce fut dans la mo« deste cellule de sa demeure , où peut-être la Vierge
« pudique , après avoir fermé sa porte , priait humblece ment Dieu le Père et répandait , pour ainsi dire , son
« âme devant lui . Les Anges passent ainsi quelquefois
« sur la terre , ils y visitent ceux qui prient , les con« soient et sourient de joie en les voyant se plonger
« dans l'oraison mentale. Ils semblent être ravis de
« pouvoir offrir à Dieu l'holocauste d'une sainte piété ,
« exhalant de doux parfums. Ici l'Ange fit bien com« prendre par sa salutation respectueuse, combien la
« prière de Marie dut être agréable au Seigneur!
« Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous.
« Le Père est avec vous , il vous donne son Fils. Le
« Fils est avec vous , car afin de créer l'ineffable sa« crement , il ouvre pour lui les secrets de la vie , et il
« conserve pour vous le sceau virginal. Le Saint Esprit
LA SALUTATION ANGÉLIQUE.
289
« est avec vous , car il sanctifie votre sein avec le Père
« et le Fils : le Seigneur est donc avec vous.
« Vous êtes bénie entre toutes les femmes. Qu'il m'est
« agréable d'ajouter ces autres paroles d'Elisabeth :
« Le fruit de vos entrailles est béni! Ce n'est point parce
« que vous êtes bénie , que le fruit de vos entrailles
« est béni , mais c'est bien plutôt parce que le Seigneur
« vous a comblée de ses trésors avant les siècles. Le
a fruit de vos entrailles est béni. Il est béni en parfum ,
« béni dans une douceur infinie, béni dans la beauté.
« Celui qui disait : Voilà que l'odeur qu'exhalent les
« vêlements de mon fils est comme l'odeur d'un champ
« plein de fleurs que Dieu a béni', celui-là respirait le
« parfum de ce fruit odoriférant. Sa délicieuse saveur
« non plus n'était pas inconnue à celui qui s'écriait :
« Goûtez, voyez combien le Seigneur est bon"! —
« Quelle grande et abondante douceur vous avez ca« chée , ô Dieu , pour ceux qui vous craignent* ! et le
« Fils de vos entrailles nous invitant à aller à lui , n'a« t-il pas dit de lui-même : Celui qui me mange aura
« encore faim, celui qui me boit encore soif? C'est
« un; bon fruit que le fruit qui est la nourriture et
« le breuvage des âmes qui ont faim et soif de la
« justice! »
Nous avons fait remarquer que YAve Maria se com
pose et des paroles dont l'ange Gabriel se servit lors
qu'il annonça à Marie le mystère de l'Incarnation , et
de celles que prononça sainte Elisabeth, quand elle
1 Genèse, xxvii.
s Psalm. xxxiil.
3 Ibid., xxx.
* Eccl., xxiv.
1-
200
CJLTE DE MARIE.
reçut la visite de Marie, et enfin, de la prière que
fit toute l'Église assemblée à Ëphèse, au jour du
triomphe de la Mère de Dieu ; c'est donc proprement le
Saint-Esprit qui est l'auteur de cette prière , par la
quelle se commencent et se terminent un grand nombre
d'offices divins. Aussi a-t-elle été la prière favorite de
tous les Saints; elle a inspiré le plus entraînant en
thousiasme au pieux Thomas-A-Kempis , à saint Athanase , à saint Ephrem , à saint Jean de Damas et à saint
François , qui a écrit ces lignes touchantes dans ses
opuscules : « Lorsque je récite YAve Maria , les Anges
« et les Saints se réjouissent dans le Ciel, et les justes
« sur la terre; l'enfer frémit et les démons prennent
« la fuite : comme la cire fond devant le feu , et comme
« la poussière est dissipée par le vent, ainsi, à l'invo« cation du nom de Marie , toute l'armée des esprits
« du mal est mise en déroute. »
De nos jours , la même prière a conservé la prédi
lection des âmes tendres et courageuses. On raconte
qu'en l'année 1804, le chef vendéen George Cadoudal, arrêté et condamné à mort, la récitait souvent
dans sa prison. Après avoir entendu lire sa condam
nation , il se tourna vers ses compagnons d'infortune
et de captivité, et leur dit : Faisons la prière; et à
l'instant même qui précéda le supplice, on l'enten
dit murmurer d'une voix émue avec l'abbé de Keravenant qui l'assistait : « Je vous salue , Marie , pleine de
« grâce, le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie
m entre toutes les femmes , et Jésus , le fruit de vos en« trailles, est béni. —Sainte Marie, Mère de Dieu, priez
«pour nous | maintenant
» George Cadoudal
s'arrêta. — Vous n'achevez pas, lui dit son confesseur.
L'ANGELLS.
291
Et le héros vendéen reprit : « Mais non , c'est mainte« nant , c'est l'heure de la mort. »
Ainsi , les plus attendrissants souvenirs , comme les
plus vives émotions, se mêlent à YAve Maria. Cette Sa
lutation angélique doit être surtout bien chère au sexe
qui a vu s'accomplir par Marie une véritable régénéra
tion. Hélas! dan« le vague pressentiment des orages qui
l'attendaient au sein d'un monde prêt à s'ouvrir de
vant elle, plus d'une jeune fille peut-être, pleurant et
souriant tout ensemble , a élevé d'une main timide la
première fleur qu'elle avait cueillie, pour l'abriter sur
les genoux de Marie, en bégayant avec le soupir mysté
rieux de son innocence : O vous qui êtes bénie entre toutes
les femmes, priez pour une faible jeune fille!
liMNCiKIillM.
Je préconise le vrai Dieu. . . .
(Un ancien poète sur les
cloches.)
Laudo verum Deum. . . .
Angclus Domini nuntiaL'ange du Seigneur annonça
vit Maria; , et concepit de à Marie (qu'elle enfanterait le
Spiritu sancto.
Sauveur), et elle conçut par l'o
pération du Saint-Esprit.
Ave, Maria, gratia plena.
Je vous salue , Marie , etc.
Ecce ancilla Domini, fiat
Voici la servante du Sei-
292
CULTE DE MARIE.
gneur ; qu'il me soit fait selon mini secundum verbum
votre parole.
tuum.
Je vous salue , Marie , ete.
Ave, Maria, gratia plena.
Et le Verbe a été fait chair,
Et Verbum caro factum
et il a habité parmi nous.
est, et habitavit in nobis.
Je vous salue, Marie, ete.
Ave, Maria, gratia plena.
L'usage d'une triple prière faite chaque jour remonte
à la plus haute antiquité; le Psalmiste lui-même avait
dit ' : « Le Seigneur me sauvera ; — Au commence« ment, à la fin et au milieu du jour, je lui raconterai
« mes maux, et il entendra ma voix. »
Vers la fin du onzième siècle , au concile de Clermont , présidé par Urbain H , et dans lequel furent éta
blies les Heures de la sainte Vierge, l'Église introduisit
la coutume de sonner la cloche le matin , à midi et le
soir, pour saluer la Mère de Dieu et faire mémoire de
l'Incarnation du Verbe ; et le concile de Cologne , en
1243, décida que tous les vendredis , à midi, la cloche
serait sonnée en mémoire de la Passion de Jésus-Christ,
en ajoutant que cela devait être pratiqué, selon la cou
tume observée tous les jours, soir et matin, en mémoire
de la Compassion de la sainte Vierge. Quant à l'origine
même de YAngelus, suivant quelques auteurs, elle de
vrait être attribuée à saint Bonaventure, et l'usage s'en
serait établi au commencement du quatorzième siècle ,
dans l'église cathédrale de Saintes, en Saintonge ; sui
vant quelques autres, cette origine semble indiquée par
le chapitre XIII du concile provincial de Sens , en 1 346 ,
où il est dit : « Nous ordonnons qu'on observe strictement
« la coutume de réciter la prière ou oraison faite par le
» Psalm. tiv, 18.
L ANGELUS.
293
« Pape de sainte mémoire , Jean XXil , laquelle con« siste à dire trois Ave, Maria, à l'heure du couvre« feu. » Ce serait aussi ce Pontife qui aurait fait sui
vre chacun de ces versets: Angelus Domini.... Ecce
ancilla... Et Verbum caro, ainsi disposés. Cette dévo
tion ne fut pas d'abord générale ; mais le Pape Calixte 111,
au quinzième siècle , afin de combattre le succès des
armes de Mahomet II , prescrivit d'implorer le secours
de Dieu par cette triple invocation de la sainte Vierge.
— Ce souverain Pontife, puis ses successeurs, Alexan
dre Vil et Clément X, recommandèrent de plus en plus
la même dévotion aux fidèles , et ils y attachèrent des
indulgences. Benoît XIII en a accordé de particulières
à tous ceux qui , lorsque YAngelus sonne , récitent à
genoux la Salutation angélique. Enfin , Louis XI , qui
avait une grande dévotion à la sainte Vierge , ordonna ,
en 1 472 , que dans tout le royaume de France on son
nât la cloche le matin , à midi et le soir, pour avertir
les chrétiens de réciter YAngelus; et cette touchante
habitude s'est conservée jusqu'à nous.
Dans un mandement écrit avec autant ' d'élégance
que d'onction, Mgr Donnet, Archevêque de Bordeaux,
a dit à ce sujet : « Placée entre le ciel et la terre , la
« cloche annonce les premières clartés du jour, appelle
te l'homme au travail , et l'engage à louer Dieu , qui va
« verser aux vallées et aux collines ou l'onde rafraî« chissante des nuées, ou les feux vivifiants du soleil.
« Trois fois le jour, elle l'invite à bénir, par l'entre« mise de la Reine des Anges , celui qui donne aux
« champs leur parure, aux fruits leur maturité. »
VAngelus, ainsi qu'on l'a vu par le texte , se com
pose d'un triple verset, dont le sujet est, d'abord, l'An
294
CULTE DB MARIE.
nonciation de l'ange Gabriel , — puis la réponse de
Marie , — enfin , le mystère de l'Incarnation.
Le premier des versets énonce purement et simple
ment le fait dont l'Église a voulu consacrer et per
pétuer la mémoire ; il résume ce que constate l'Evan
gile selon saint Luc , chap. Ier, vers. 28 et suiv.
Le second verset est le trente-huitième du chapitre 1"
de l'Evangile selon saint Luc.
Le troisième appartient à l'Evangile selon saint Jean
(v. 14, chap. I).
Pour essayer de faire comprendre ce qu'il y a de su
blime et d'attendrissant dans un tel sujet, nous croyons
ne pouvoir faire mieux que d'emprunter à l'aigle de
Meaux quelques-uns de ses magnifiques accents dans
ses Élévations sur la Conception du Verbe :
Salut de l'ange.
Angelus Doinini.
«
«
«
«
«
«
«
«
«
a
«
«
1. « L'ange saint Gabriel commence par ces mots
d'une humble salutation : « Je vous salue, pleine de
grâce, très-agréable à Dieu, remplie de ses dons;
le Seigneur est avec vous , et vous êtes bénie pardessus toutes les femmes. » Ce discours est d'un ton
beaucoup plus haut que celui qui fut adressé à Zacharie. On commence par lui dire : Ne craignez
point, et vos prières, ajoute-t-on, sont exaucées.
Mais ce qu'on annonce à Marie , elle ne pouvait pas
même l'avoir demandé , tant il y avait de sublimité
et d'excellence. Marie, humble, retirée, petite à ses
yeux , ne pensait pas seulement qu'un ange la pût
saluer, et surtout par de si hautes paroles ; et c'est
L'ANGELUS.
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
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«
«
«
«
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«
«
«
29o
son humilité qui la jeta dans le trouble. Mais l'ange
reprit aussitôt : Ne craignez point , Marie. Il n'avait
point commencé par là , comme on a vu qu'il fit à
Zacharie ; mais quand Marie eut montré son trouble, il fallut hien lui répondre : Ne craignez point,
Marie , vous avez trouvé grâce devant le Seigneur ;
vous concevrez dans votre sein , et vous enfanterez
un Fils ; votre conception miraculeuse sera suivie
d'un enfantement aussi admirable. 11 y en a qui
conçoivent , mais qui n'enfantent jamais , qui n'ont
que de stériles et infructueuses pensées. Mon Dieu !
à l'exemple de Marie , faites que je conçoive et que
j'enfante. Et que dois-je enfanter, sinon Jésus-Christ?
Je vous enfante, disait saint Paul, jusqu'à ce que
Jésus-Christ soit formé dans vous. Tant que JésusChrist, c'est-à-dire une vertu consommée, n'est pas
en nous , ce n'est encore qu'une faible et imparfaite
conception ; il faut que Jésus-Christ naisse dans nos
âmes par de véritables vertus , et accomplies selon
la règle de l'Évangile.... »
Je suis la servante du Seigneur.
Ecce ancilla Domini.
«
«
«
«
p
«
«
II. « Dieu n'avait pas besoin du consentement et de
l'obéissance de la sainte Vierge pour faire d'elle ce
qu'il voulait, ni pour en faire naître Jésus-Christ et
en former dans ses entrailles le corps qu'il voulait
unir à la personne de son Fils ; mais il voulait donncr au monde de grands exemples , et que le grand
mystère de l'Incarnation fût accompagné de toutes
sortes de vertus dans tous ceux qui y avaient part.
206
CILTE DE MARIE.
« C'est ce qui a mis dans la sainte Vierge et dans saint
« Joseph , son chaste époux , les vertus que l'Évangile
« nous fait admirer.
« Il y a encore ici un plus haut mystère. La déso« béissance d'Eve, notre mère, son incrédulité en« vers Dieu , sa malheureuse crédulité à l'ange trom« peur, étaient entrées dans l'ouvrage de notre perte,
« et Dieu a voulu aussi, par une sainte opposition,
« que l'obéissance de Marie et son humble foi entras« sent dans l'ouvrage de notre rédemption, en sorte
« que notre nature fût réparée par tout ce qui avait
« concouru à sa perte, et que nous eussions une nouvelle
« Eve en Marie , comme nous avons eu en Jésus-Christ
« un nouvel Adam , afin que nous puissions dire à
« cette Vierge avec de saints gémissements : Nous crions
« à vous , misérables bannis , enfants d'Eve , en gémis« sant et en pleurant dans cette vallée de larmes ; of« frez-les à votre cher Fils, et nous montrez à la fin
« ce béni fruit de vos entrailles , que nous avons reçu
« par votre moyen.
« C'est ici le solide fondement de la grande dévotion
« que l'Église a toujours eue pour la sainte Vierge.
« Elle a la même part à notre salut qu'Eve a eue à
« notre perte. C'est une doctrine reçue dans toute l'É« glise catholique par une tradition qui remonte jus« qu'à l'origine du Christianisme ; elle se développera
« dans toute la suite des mystères de l'Évangile. En« Irons donc dans la profondeur de ce dessein, imitons
« l'obéissance de Marie ; c'est par elle que le genre
« humain est sauvé et que, selon l'ancienne promesse,
« la tète du serpent est écrasée. »
l'angelis.
297
Le Verbe a été fait chair.
Et Verbum caro factum est.
« Après avoir propose toutes les grâces des nouveaux
« enfants que la foi en Jésus-Christ donne à Dieu ,
« saint Jean retourne à la source d'un si grand bience fait : Et le Verbe a été fait chair, et il a habité parmi
« nous , et y a fait sa demeure ; et nous avons vu sa
« gloire comme la gloire du Fils unique du Père, plein
« de grâce et de vérité. Pour nous faire devenir enfants
« de Dieu , il a fallu que son Fils unique se fit homme.
« C'est par le Fils unique et naturel que nous devions
« recevoir l'esprit d'adoption. Cette nouvelle filiation
« qui nous est venue n'a pu être qu'un écoulement et
« une participalion de la filiation véritable et naturelle.
« Le Fils est venu à nous , et nous avons vu sa gloire. Il
« était la lumière, et c'est par l'éclat et le rejaillisse« ment de cette lumière que nous avons été régénérés.
« 11 était la lumière qui éclaire tout homme qui vient
« au monde ; il éclaire jusqu'aux enfants qui viennent
« au monde en leur communiquant la raison , qui , tout
« offusquée qu'elle est , est néaumoins une lumière ,
« et se développera avec le temps.
« Mais voici une autre lumière par laquelle il vient
« encore éclairer le monde : c'est celle de son Évangile,
« qu'il offre à tout le monde , et jusqu'aux enfants ,
« qu'il éclaire par le baptême ; et quand il nous régé« nère et nous fait enfants de Dieu , que fait-il autre
« chose que de faire naître sa lumière dans nos cœurs,
« par laquelle nous le voyons plein de grâce et de
« vérité ; de grâce par ses miracles , de vérité par sa
17.
298
CULTE DE MARIE.
« parole ; do grâce et de vérité par l'un et par l'autre :
« car sa grâce , qui nous ouvre les yeux , précède en
« nous la vérité qui les contente. Dieu , qui, par son
« commandement, a fait sortir la lumière des ténèbres,
« a rayonné dans nos cœurs pour nous faire voir la
« clarté de la science de Dieu sur la face de Jésus« Christ. Nous sommes donc enfants de Dieu, parce que
« nous sommes enfants de lumière. Marchons comme
« enfants de lumière. Ne désirons point la vaine gloire ,
« ni la pompe trompeusede la grandeur humaine ; tout
« y est faux , tout y est ténèbres. Le monde qui nous
« veut plaire n'a point de grâce ; Jésus-Christ seul, plein
« de grâce et de vérité , sait remplir les cœurs , et seul
« les doit attirer. La grâce est répandue sur ses lèvres
« et sur ses paroles. Tout plaît en lui jusqu'à la croix ;
« car c'est là qu'éclatent son obéissance, sa libéralité,
« sa grâce, sa rédemption, son salut. Tout le reste est
« moins que rien. Jésus-Christ seul est plein de grâce
« et de vérité ; c'est pour nous qu'il en est plein ; nous
« recevons tout de sa plénitude. »
ORAISON APRÈS L'ANGELUS.
V Priez pour nous , sainte
jfr Ora pro nobis , sancla
Mère de Dieu.
Dci Genitrix.
^ Afin de nous rendre dignos
n- Ut digni cfliciamurprodes promesses de Jésus-Christ. missionibus Christi.
PRIONS.
OREMl'S.
Daignez , Seigneur, nous vous
en prions, répandre votre grâce
dans nos cœurs , afin qu'après
avoir connu l'incarnation de
Jésus -Christ votre Fils par l'annonce de l'Ange, nous puissions
arriver à la gloire de la résur-
Gratiam tuam , qusosumus, Domine, mentibus
nostris infunde ; ut qui, Angelo nuntiante , Christi Filii
tui incarnationem cognovimus, per passionem ejus et
crucem ad resurrection»
TRIÈRES DIVERSES.
299
gloriam perducamur. Per rection par les mérites de sa pss
cumdem Christum Domi- sion et de sa croix. Par le meme
iiiim nostrum.
Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Ainsi soit-il.
Amen.
B'ISIKHKS DIVERSES.
O Marie , nom sous lequel personne ne doit
désespérer de son salut !
(S. Augustin.)
Maria, o nomen sub quo nemini despersndum !
Memorare. — Souvenez-vous.
Memorare , ô piissima
Virgo Maria, non esse auililiun a sœculo quemquam
ad tua currentem prœsidia ,
tua implorantem auxilia ,
tua petentem suffragia, esse
derelictum. Eçotali animatus confidentia , ad te ,
Virgo Virginum, Mater curro , ad te venio , coram te
gemens peccator assisto ;
noli, Mater Verbi , despicere verba mea , sed audi ,
propitia, et exaudi. Amen.
Souvenez-vous, ô Vierge toute
pleine de bonté , que jusqu'à ce
jour on n'a point entendu dire
qu'aucun de ceux qui se sont
mis sous votre protection , qui
ont réclamé votre intercession
et imploré votre secours, ait ja
mais été abandonné. Animé de
la même confiance , ô Vierge
des Vierges, ô ma mère, moi
aussi , tout pécheur que je suis,
j'accours me réfugier auprès de
vous ; je viens en gémissant me
prosterner à vos pieds. O mère
de mon Dieu , ne dédaignez pas
ma prière, mais soyez-moi propice, et daignez l'exaucer. Ainsi
soit-il.
L'origine do cette prière se retrouve dans une homé
lie de saint Bernard sur l'Assomption ; elle n'y est pas
textuellement et en entier, mais elle en a été extraite
et elle a été composée telle que nous la récitons au
jourd'hui, après la mort du saint abbé de Clairvaux.
300
CULTE DE MARIE.
Elle présente dans son ensemble la réunion de plu
sieurs phrases éparses dans ce sermon, véritable chefd'œuvre d'enthousiasme et de charité, où l'on re
marque notamment la phrase suivante : « Qu'on ne
« parle plus de votre bonté miséricordieuse, 6 Marie,
« si un seul homme peut se souvenir de vous avoir in« voquée dans ses nécessités sans avoir été exaucé. »
Depuis que le Memorarè a été établi et approuvé
dans l'Église, il a constamment obtenu les grâces les
plus précieuses à tous ceux qui l'ont récité avec con
fiance : nous en citerons, entre autres, deux exemples
fort touchants :
Le premier est raconté dans la vie de Claude Ber
nard, surnommé le pauvre prêtre, qui, après avoir pas
sionnément aimé le monde , le quitta tout à coup ,
et répara largement par les austérités de sa vie nou
velle les égarements de son jeune âge. Son humilité
était telle qu'il refusa constamment les dignilés
qui lui furent offertes. C'est de lui qu'est le trait
suivant, d'une bien attendrissante simplicité. Un jour,
le cardinal de Richelieu dit au P. Bernard qu'il vou
lait absolument qu'il lui demandât quelque chose,
et il le laissa seul quelques instants pour y pen
ser. Le Cardinal étant revenu : « Monseigneur, lui
« dit le pauvre prêtre, après avoir bien rêvé, j'ai
« enfin trouvé une grâce à vous demander : lorsque
« je vais conduire les patients au supplice, pour les
a assister à la mort, les planches de la charrette sur
« laquelle on nous mène sont si mauvaises que nous
« courons risque à chaque instant de tomber à terre.
« Ordonnez donc, je vous prie, Monseigneur, que l'on
« mette de meilleures planches à la charrette. » Le
PRIÈRES DIVERSES.
301
Cardinal ne pouvait pas faire moins que d'exaucer au
plus tôt un vœu si charitable et si désintéressé.
Dans une circonstance où le même P. Bernard
accomplissait sa triste mission, il avait fait de vains
efforts pour convertir un malheureux qui allait être li
vré à la torture ; tout à coup il lui vint en idée de lui
faire réciter le Memorare, et aussitôt que cette prière
fut achevée, il vit le pénitent incliner sa tête, faire
l'aveu de son crime, demander l'absolution, et montrer
jusqu'à la fin un visage plein de résignation et de sé
rénité.
La seconde occasion dans laquelle la prière de saint
Bernard opéra un efl'et miraculeux est également ra
contée par les historiens de saint François de Sales.
Le jeune comte de Sales , ayant à peine fini ses étu
des , conçut le dessein de faire le vœu d'une chasteté
perpétuelle. 11 exécuta ce dessein dans l'église de SaintËtienne-des-Grès, à Paris, où il se mit sous la protec
tion particulière de la sainte Vierge. 11 la pria d'être
son avocate auprès de Dieu, et de lui obtenir les grâces
sans lesquelles il avait appris des divines Écritures
qu'on ferait de vains efforts pour garder la continence.
Depuis qu'il eut fait un tel vœu, il prit la résolution de
communier tous les huit jours , espérant que le pain
céleste serait sa force et le protégerait contre les efforts
de ses ennemis. Mais la tentation lui vint du côté où il
ne l'attendait pas. Le jeune comte se crut tout à coup
en proie à la réprobation d'un damné, et, durant tout
un mois, il fut tourmenté de la pensée que Dieu l'avait
repoussé à jamais ; toutefois ce même Dieu qui avait
permis une si désolante tentation, lui inspira la pensée
d'aller prier dans l'église de Saint-Élienne-des-Grès
302
CULTE DE MARIE.
où il avait fait son vœu; il y courut aussitôt. Le pre
mier objet qui frappa ses regards fut un tableau de la
sainte Vierge. Alors, à l'instant même, il se prostenia
contre terre , et ses lèvres tremblantes articulèrent en
quelque sorte d'elles-mêmes la prière de saint Bernard.
Dès le moment où il l'eut récitée, il recouvra la tran
quillité de l'esprit et la paix du cœur. Le jeune de Sales
n'avait alors que seize ans, et, durant le reste de sa vie,
il aima à raconter avec émotion cette miraculeuse guérison de son âme.
Acte de Consécration à Marie , prière de saint Louis de
Gonzague.
Louis de Gonzague naquit de parents d'une illustre
noblesse au château de Châtillon , dans le diocèse de
Bresce, le 9 mars 1568. Dès sa plus tendre enfance, sa
mère, femme très-vertueuse, l'exerça à prononcer dé
votement les doux noms de Jésus et de Marie. Il fit
avec distinction ses études à Florence ; plus tard, il fut
conduit à la cour d'Espagne : puis, ayant résolu d'em
brasser la vie religieuse, il entra dans la compagnie de
Jésus ; il fit son noviciat , à Rome , de la manière la
plus édifiante; enfin, il mourut à l'âge de vingt-trois
ans, fut déclaré bienheureux en 1605, et canonisé en
1726. Le pape Benoit XII donna saint Louis de Gonzague
pour protecteur spécial à la jeunesse par une bulle du
22 novembre 1729. Après sa mort, on trouva dans les
papiers de ce Saint un grand nombre d'oraisons écrites
de sa main ; celle qu'on va lire avait été composée par
lui-même, et il la récitait habituellement.
PRIÈRES DIVERSES.
O Domina mca, sancta
Maria, me in tuam bencdictam tidem ac singularem
custodiam , et in sinum mi—
scricordia/ tuœ hodic et quotidie, et in hora exitus mei,
animam meam et corpus
meum tibi commendo, omnciii spem et consolationem
meam , omnes argutias et
miserias meas, vitam et
Jinem vitœ mea- tibi commendo et committo, ut per
tuam sanctissimam intereessionem , et per tua me
rita , omnia mea dirigantur
opera , secundum tuam I ni
que Fitii voluutatem.
Amen.
303
O Marie, Vierge sainte et ma
souveraine, je viens me jeter
avec abandon dans le sein de
votre miséricorde , et mettre ,
des ce moment et pour toujours,
mon àme et mou corps sous
votre sauvegarde et sous votre
protection spéciale : je vous
confie et je remets en vos mains
toutes mes espérances et mes
consolations , toutes mes peines
et mes misères, ainsi que le
cours et les derniers instants
de ma vie , alin que par votre
sainte intercession et par vos mé
rites, toutes mes œuvres soient
faites selon votre volonté et en
vue de plaire à votre divin Fils.
Ainsi soit-il.
Prière à la suinte Vierge après les exercices de piété, le lra\ail,
le chant des antiennes , etc.
Sub luum prœsidium confugimus, sancta Dei Genitrix ; nostra depicrationes
ne despicias in necessitatibus, sed a periculis cunctis
libera nos semper, Virgo
gloriosaetbenedicta. Amen.
Nous nous mettons sous votre
protection, sainte mère de Dieu;
ne méprise! pas les prières que
nous vous adressons dans nos
besoins , mais délivrez-nous sans
cesse de tous les périls , è Vierge
glorieuse et bénie. Ainsi soit-il.
Le nom de l'auteur de cette prière aussi simple que
touchante n'est point connu: il y a plusieurs siècles que
l'Église l'adresse à la sainte Vierge, dans ses nécessités.
La pratique d'invoquer Marie comme l'espérance et le
soutien de tous les malheureux fut particulièrement
chère, dans tous les temps, aux pieux serviteurs de
Marie : on en retrouve les preuves multipliées dans les
ouvrages de saint Augustin, saint Jean Damascèiie,
saint Bonaventure, saint Dominique, saint Bernard, etc.
304
CULTE DE MARIE.
Prière de saint Pierre Damien à la sainte Vierge.
0 Reine des cicux, venez au
Subveni , Domina , clasecours de ceux qui vous crient mantibus ad te jugiter; re
sans cesse : Revenez , revenez , vertere, revertere SunamiSunamite, afin que nous con tis ; revertere , revertere ,
templions les perfections qui ut intuamur te. Tu benesont en vous. (Cant. 6, 12.) dicta et super benedicta,
Vous que le ciel a comblée des revertere primo per natubénédictions les plus abon ram. Numquid quia ita deidantes , revenez et secourez- ficata , ideo nostrœ humilinous. Souvenez-vous d'abord de tatis oblita es ? Nequaquam,
votre nature. Parce que vous Domina , scis in quo dis
avez été déifiée, avez-vous ou crimine nos reliqueris , ubi
blié votre humanité ? Non , sans jaceant , quantum delindoute, ô souveraine. Vous sa- quant servi tui. Non enim
vez en quels dangers vous nous coiivcnit tanta; misencoravez laissés; vous savez à quel dia; tantam miseriam oblipeint nous sommes abattus , visci : quia , et si subtrahit
combien nos chutes sont fré gloria , revocata natura.
quentes. 11 ne convient pas à Non enim ita memoraris
une si grande miséricorde d'ou justifia; Dei solus ut miseblier une si grande misère. Si ricordiam non habeas, nela gloire dont vous êtes revêtue que ita et impassibilis , ut
vous éloigne de nous, la nature si incompassibilis naturam
vous y ramène. Vous n'êtes nostram habes , non aliam :
point tellement absorbée dans et justum est ut de rore
la contemplation de la justice tanta; pietatis diffusais inde Dieu seul, que vous ayez fundamur.
oublié la miséricorde. Quoique
étrangère à la douleur, vous ne l'êtes pas à la compassion. Ce
n'est point la nature angélique, c'est la nôtre que nous voyons
en vous, et il est juste que nous sentions couler sur nous avec
abondance la rosée d'une si grande miséricorde.
Revenez par votre puissance.
Revertere secundo per
Le Tout-Puissant a fait en vous potentiam. Fecit in te made grandes choses : toute puis gna qui poteus, et data est
sance vous a été donnée dans tibi omnis potestas in cœlo
le ciel et sur la terre. Pouvez- et in terra. Quid tibi negavous essuyer un refus , vous bitur, cui negatum non est
à qui il a eté donné de rappeler Theophilum de ipsis perdiThéophile des portes de la dam tionis faucibus revocare?
nation? Ce pécheur infortuné, Infelicem animatam , toi nut
qui , par un écrit de sa main , ill ml quod in te factum est
désavouait tout ce que Dieu a proprio charactere denefait en vous , vous l'avez tiré de gantem , de luto fecis et mila fange du péché et d'un abîme seriœ sublevasti. Nil tibi im-
PRIÈRES DIVERSES.
possibile cui possibile est
desperalos in spem beatitudinis relevare. Quomodo
enim illa potestas tuœ potentiœ poterit obviare qua
de carne tua carnis suscepit originem ? Accedis enim
ante iliud aureum humanœ
reconciliationis altarc , non
solum rogans, sed hnperans; domina, non ancilla.
Moveat te natura , potentia
moncat ; quia quanto poteutior tanto misericordior
esse debebis. Potestati enim
cedit ad gloriam, injurias
uleisci nolle cum possit.
Revertere tertio per amorem. Sein, Domina, quia
benignissima es et amas nos
nmnre invincibili quos in te
et per te Filius tuus et Dcus
tuus summa dilectione dilexit. Quis scit quoties re
frigeras irœ judicis , cum
justitise virtus eo prœsentia
deitatis egreditur?
Revertere quarto per singularitatem. In manibus
fuis sunt thesauri miserationum Domini ; et sola
electa es cui gratia tanta
conceditur. Absit ut cesset
manus tua, cran occasionem quœras salvandi miseros et misericordiam effundendi. Neque enim tuo da
gloria minuitur sed augetur
cum pœnitentes ad veniam ,
justificati ad gloriam assumuntur.
305
de misères. Rien d'impossible à
celle qui peut changer le déses
poir en espérance de l'éternelle
béatitude. Et comment oppose
rait-il son pouvoir au vôtre,
celui qui tira sa chair de votre
chair ? Vous approchez du trône
d'or de la réconciliation , nonseulement la prière , mais l'or
dre encore à la bouebe , en
qualité de souveraine , et non
plus de servante. Que votre na
ture vous incline vers nous, que
votre puissance vous avertisse
de nous aider. Plus vous êtes
puissante, plus vous devez être
miséricordieuse. Il est glorieux
à celui qui peut venger ses in
jures de ne pas le faire.
Revenez , en nous faisant sen
tir votre amour. Je sais, ô Reine
des cieux, que vous êtes pleine
de bonté , et que vous aimez
d'un amour que rien ne peut
éteindre ceux que votre Fils et
votre Dieu a aimés en vous et par
vous d'un amour extrême. Qui
sait combien de fois vous calmez
le juge irrité lorsque la justice
fait entendre sa voix au trône
de Dieu ?
Revenez en déployant les
privilèges dont vous êtes ornée.
En vos mains sont les trésors de
la miséricorde divine , et à vous
seule, parmi les élus, il est ainsi
permis d'en disposer. Votre
main ne se donne point de re
pos, puisque vous cherchez par
tout l'occasion de sauver des
malheureux, de répandre les
dons de la miséricorde. Votre
gloire, loin de s'obscurcir, prend
un nouvel éclat, lorsque les pé
cheurs contrits obtiennent le
pardon , et les justes la récom
pense.
306
COLÎE DE MARIE.
Revenez donc, A Sunamite,
Revertere ergo, Sunamitis,
c'est-à-dire vous qui , aux jours id est despecta , cujus anide votre vie mortelle , avez été mam pertransivit gladius ,
abreuvée de mépris ; vous qu'a qua; fabri uxor appellata
percée le glaive de la douleur, fuisti. Ad quid? ut intueavous qu'on appelait l'épouse mur te. Summa gloria est
d'un artisan : revenez , afin que post Deum te videre, adbœnos yeux s'arrêtent sur vous ! rere tibi , et in tiiic protecLe comble du bonheur est , tionis munimine demorari.
après la vue de Dieu , de vous Audi nos. Nam et Filius
contempler vous-même, de s'at- nihil negans bonorate, qui
tacher à vous, et d'habiter à ja- est Deus benedictus in sa;mais à l'ombre de votre protec- cula sa;culorum. Amen,
tion. Écoutez-nous donc ; car
il vous honore lui-même en ne vous refusant rien, votre Fils,
qui est le Dieu béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il.
Cette prière, où respire d'un bout à l'autre une dévo
tion si tendre, est tirée d'un sermon du B. Pierre Damien sur la nativité de la sainte Vierge: ce pieux
et savant cardinal vivait dans le onzième siècle et com
posa des ouvrages du plus grand mérite, qui lui
attirèrent les témoignages de la confiance du pape
Etienne IX. Le saint docteur fait allusion, vers le mi
lieu de cette prière, à l'histoire d'un pénitent fameux,
nommé Théophile, qui ayant eu le malheur d'abjurer
la foi de Jésus-Christ, obtint le pardon de son crime et
recouvra sa signature , par la médiation de la Mère
de Dieu.
Rien ne serait plus facile que de continuer la série
des prières par lesquelles les Pères de l'Église, les Doc
teurs, les Saints et les Saintes firent éclater leur dévo
tion envers Marie; on entendrait successivement les
invocations les plus touchantes, telles que celles de
saint Origène : Ad te recurrimus, o Benedicta! Nous
avons recours à vous, 6 Bénie entre toutes les femmes!
PRIÈRES DIVERSES.
307
— celle de saint Athanase : « Intercede, Hcva, Domina
« et Regina et Mater Dei, pro nobis; intercédez pour
« nous, 6 sainte Maîtresse, Dame, Reine, Mère de Dieu!
« — celle de saint Jean Chrysostome : Supplica Dco ut
« animas nostras salvet; demandez à Dieu qu'il sauve
« nos âmes! — celle de saint Basile : Aspice nos, de
« cœlo, oculo propitio ; laissez du haut des deux tom« ber sur nous un regard propice ! — celle de saint Au« gustin : Sancla Maria, succurre miseris ; sainte Ma« ne, secourez-nous, pauvres pécheurs !
Au lieu de poursuivre cette énumération, il parait
convenable et utile pour le plus grand nombre des
fidèles de donner encore ici , en français seulement ,
quelques autres prières célèbres, appliquées au culte
de la sainte Vierge, pour les principales fêtes ou prati
ques de dévotion.
A LA CONCEPTION.
Prière de saint Ëphrem.
O Marie , pleine de grâce , éclairez mon entendement ,
dénouez ma langue, ouvrez mes lèvres pour que je chante
vos louanges , et surtout cette Salutation angélique , si digne
de vous. Je vous salue, ô Miracle, le plus grand qui ait ja
mais existé dans le monde! O paradis de délices! port de
salut! fontaine de grâces! médiatrice emre Dieu et les
hommes ! je vous salue !
Ainsi soit-il.
A LA NATIVITÉ.
Prière de saint Thomas.
O Marie, vous êtes bénie au-dessus de toutes les créatures
de votre sexe, parce que vous êtes la seule qui avez éloigné
la malédiction, qui avez attire la bénédiction et ouvert la
porte du ciel !
308
CULTE DE MARIE.
Daignez donc nous faire part des biens que vous avez pro
curés à la terre, afin que nous en profitions, et que nous
puissions, par le secours de vos mérites, arriver au ciel.
Ainsi soit-il.
A LA PRÉSENTATION.
Prière de sainl Anselme.
Vous êtes bienheureuse , ô Marie, et vous avez la plénitude
de tous les biens! Vous êtes vraiment cette Vierge admirable
et digne de toutes sortes d'honneurs! Vous êtes vraiment
cette femme bénie au-dessus de toutes les autres femmes, car
vous avez réparé la perte de nos premiers parents , et vivilié
leur postérité ! Daignez nous faire part de vos biens et nous
introduire dans le ciel , dont vous êtes la bienheureuse porte.
Ainsi soit-il.
A L'ANNQDCIATION.
Prière de saint Germain , patriarche de Cunstantinople.
O divine Marie, mon unique souveraine, et, après Dieu, ma
véritable consolation en ce monde; vous êtes cette céleste
rosée qui seule adoucit mes peines ; vous êtes cette lumière
qui éclaire les ténèbres dont mon âme est environnée; vous
êtes mon guide dans mes voyages , ma force dans mes fai
blesses , mon trésor dans ma pauvreté , l'appareil à mes
blessures, ma consolation dans mes larmes, mon refuge dans
mes mibères et l'espérance de mon salut ; ô Marie , ayez pitié
de moi, vous, la mère de Dieu , qui avez tant d'amour pour
les hommes, accordez-moi tout ce que je vous demande;
vous, qui êtes notre défense et notre joie, rendez-moi digne
de jouir avec vous de cette grande félicité dont vous jouissez
dans le ciel.
Ainsi soit-il.
A LA VISITATION.
Prière du Père Gallifct.
Mère de Dieu, n'oubliez pas que vous êtes la nôtre! Metteznous toujours au nombre de vos enfants ! Reine du ciel et de
la terre, jetez des regards de compassion sur vos lidèles sujets,
qui réclament votre protection ! En possession d'un bonheur
inaltérable et sans bornes dans la céleste patrie, soyez tou
chée des maux sous le poids desquels nous gémissons dans ce
lieu d'exil !
Ainsi soit-il.
PRIÈRES DIVERSES.
309
A LA PURIFICATION.
Prière de saint Udephonse.
O Mère de mon Sauveur, vous êtes Bienheureuse entre
toutes les femmes ! pure entre toutes les vierges ! reine de
toutes les créatures ! Voilà que toutes les nations vous appel
lent Bienheureuse par excellence ; faites que je publie vos gran
deurs, tant que je pourrai les publier; que je vous aime, tant
qu'il me sera possible de vous aimer; que je vous invoque,
tant que je serai en état de vous invoquer, et que je contribue
à vous faire honorer, autant que mon zèle et mes forces pour
ront me le permettre ! Ainsi soit-il.
A L'ASSOMPTION.
Prière de saint Augustin.
0 bienheureuse Vierge, en offrant vous-même nos vœux au
Seigneur, rendez-les moins indignes de lui être présentés, afin
que nous obtenions par votre intercession ce que nous deman
dons avec confiance.
C'est sur votre puissante médiation que nous comptons ,
pour obtenir le pardon de nos péchés , et ensuite la récom
pense éternelle , afin d'avoir le bonheur de vous louer, et
d'exalter à jamais les miséricordes du Seigneur ! Ainsi soit-il.
Prière à Notre-Dame des sept Douleurs , de S. Liguori.
O Vierge affligée , ô âme grande en vertus comme en dou
leurs ! les unes et les autres naissent de ce grand incendie
d'amour dont vous êtes embrasée pour Dieu, le seul amour de
votre cœur. Ah ! ma Mère , ayez pitié de moi , qui n'ai pas
aimé Dieu et qui l'ai tant orienté ! Vos douleurs , il est vrai ,
m'assurent le pardon , mais ce n'est pas assez ; je veux aimer
mon Dieu. Qui pourrait m'obtenir cette grâce , si ce n'est vous
qui êtes la mère du saint Amour? Ah ! Marie, vous consolez
tout le monde , veuillez donc aussi me consoler ! Ainsi soit-il.
POUR LA FÊTE DU SAINT SCAPULAIRE.
Prière du P. Chaix , carme de l'ancienne observance.
Vierge sainte , Reine des anges et des hommes , vous qui ,
étant la mère de mon Dieu , avez voulu devenir la mienne ,
en m'agrégeant au nombre^de vos enfants les plus chéris , ne
' 110
r.l LTK DE MARIE.
permettez pas que je dégénère jamais d'un titre qui m'est si
glorieux. En me donnant votre habit, vous m'avez donné le
gage le plus précieux de votre amour. Faites qu'en le portant
dignement , je vous donne la marque la plus assurée de ma
reconnaissance ! Ainsi soit-il.
POUR U FÊTE DU SAINT ROSAIRE.
Prière du B. Alain de La Roche.
Vierge sainte, dont la grandeur est incompréhensible, après
celle de Dieu, la plus sainte entre les saints, puissante Dis
pensatrice de la grâce, par qui nos péchés nous sont pardon
nés, Mère de salut et de tous les biens ! bienheureux sont ceux
qui vous aiment et vous honorent et qui vous servent dévote
ment par le Rosaire ! Je recommande à votre bonté mon âme
et mon corps ; instruisez-moi, protégez-moi à toutes les heures
et à tous les moments , et ne m'abandonnez jamais , vous qui
êtes ma défense et ma vie ! Ainsi soit-il.
Prière au saint Cœur de la Bienheureuse vierge Marie '.
O Cœur de Marie , mère do Dieu et la nôtre ! Cœur trèsdigne de notre amour, dans lequel la sainte Trinité a mis
toutes ses complaisances! Cœur que les anges et les hommes
doivent aimer et honorer! Cœur en tout semblable au Cœur
sacré de Jésus, dont vous êtes la plus parfaite image ! Cœur
de Marie , trône de clémence , rempli de la plus tendre com
passion envers nous , misérables pécheurs , nous vous en con
jurons, veuillez réchauffer les cœurs glacés de vos enfants.
Faites que désormais le Cœur de Jésus-Christ soit l'unique
objet de toutes leurs pensées, de tous leurs désirs et de toutes
leurs affections. Faites naître dans nos cœurs l'amour de vos
vertus et allumez en eux la flamme de votre ardente Charité.
Veillez toujours sur l'Eglise , protégez-la ; soyez le doux re
fuge des chrétiens ; soyez pour eux une tour inexpugnable
dans laquelle ils n'aient rien à craindre des attaques de leurs
ennemis. Par vous , ô Cœur de Marie , nous avons un accès
facile auprès de votre Fils; par vous, nous pouvons obtenir
les grâces nécessaires à notre salut éternel. Aidez-nous dans
nos angoisses et nos misères ; consolez-nous dans nos chagrins ;
fortifiez-nous dans nos tentations ; voyez notre refuge dans
i Par des rescrits du S. P. Pie VII, en date des 31 août 1805,
18 août 1807, 1« février 1816 et 26 décembre 1817, d'abon
dantes indulgences ont été attachées à la récitation de cette
admirable prière , composée en Italie.
PMK»KS DIVERSES.
311
les persécutions et notre sccours dans les daugers ; mais sur
tout à l'heure de notre mort, à cette dernière lutte de la vie,
lorsque les puissances de l'enfer viendront fondre sur nous pour
ravir notre âme , dans ce terrible jour , à cette heure redou
table d'où dépend notre éternité. Alors, ô Vierge très-misé
ricordieuse , faites que vos serviteurs ressentent toute la ten
dresse de votre Cœur maternel ; alors, souvenez-vous, nous
vous en conjurons, de la puissance que vous a donnée le Sau
veur du monde , votre divin Fils. Faites-nous trouver dans
la miséricorde divine un refuge assuré , afin qu'un jour
nous méritions de louer avec vous, dans le ciel, le Cœur
adorable de votre Fils, pendant tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
Cœur sacré de Jésus, Cœur Immaculé de Marie, soyez
toujours et partout connus, loués, bénis, honorés et glorifiés.
Amen.
Acte de Consécration à la sainte Vierge , de saint François
de Sales.
Je vous salue, très-douce vierge Marie, Mère de Dieu, et
je vous choisis pour ma très-chère mère ; je vous supplie de
m'accepter pour votre lils et serviteur ; je ne veux plus avoir
d'autre mère et maîtresse que vous. Je vous prie donc, ma
bonne , gracieuse et douce Mère , qu'il vous plaise vous sou
venir que je suis votre fils, que vous êtes très-puissante, et
que je suis une pauvre créature, vile et faible. Je vous sup
plie aussi, très-douce et chère Mère, de me gouverner et
défendre en toutes mes actions ; car, hélas ! je suis un pauvre
nécessiteux et mendiant qui ai besoin de votre sainte assistance
et protection. Eh bien! donc, très-sainte Vierge, ma douce
Mère , de grâce , faites-moi participant de vos biens et de vos
vertus, principalement de votre sainte humilité, de votre
excellente pureté et fervente charité ; mais accordez-moi sur
tout (indication de la grâce demandée). Ne me dites pas,
gracieuse Vierge , que vous ne pouvez pas , car votre bienaimé Fils vous a donné toute puissance , tant au ciel que sur
la terre ; vous n'alléguerez pas non plus que vous ne devez
pas, ear vous êtes la mère commune de tous les pauvres en
fants d'Adam , et singulièrement la mienne. Puis donc , trèsdouce Vierge , que vous êtes ma mère , et que vous êtes trèspuissante, qui est-ce qui pourrait vous excuser, si vous ne
me prêtiez votre assistance ? Voyez , ma mère , et voyez que
vous êtes contrainte de m'accorder ce que je vous demande et
d'acquiescer à mes gémissements. Soyez donc exaltée sous les
cicux , et , par votre intercession , faites-moi présent de tous
312
CULTE DE MARIE.
les biens et de tontes les grâces qui plaisent à la très-sainte
Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, l'objet de tout mon
amour pour le temps présent, et pour que Jésus, Marie et
Joseph soient loués et imités. Ainsi soit-il.
LES CINQ PSAUMES.
Parmi les prières ou pratiques de dévotion en l'hon
neur de Marie , il en est une qui remonte à la plus
haute antiquité : elle se répandit en Italie , en France ,
et dans d'autres royaumes , vers le douzième siècle.
Elle consiste à réciter en latin le Cantique de la sainte
Vierge et les quatre psaumes de David, 119, 118, 125
et 122, dont les lettres initiales forment ainsi le saint
nom de Marie.
g
S>
B8
>-.
>
agnificat anima mea Dominum
d Dominum, cnm tribularcr
etribue servo tuo
n convertendo Dominus
d te levavi oculos
Prière de S. Liguori à la sainte Vierge , pour obtenir
une bonne mort.
O Marie , ô refuge des malheureux pécheurs , quand mon
âme sera sur le point de sortir de ce monde, daignez, je vous
en supplie , par les douleurs que vous avez éprouvées en as
sistant à la mort de votre Fils, daignez étendre sur moi votre
miséricorde. Repoussez loin de moi les ennemis infernaux, et
prenez mon âme pour la conduire au trône du Souverain Juge.
O ma Reine , ne m'abandonnez pas ! Soyez , après Jésus , tout
mon soutien, dans ce moment terrible ; priez votre Fils de
m' accorder la grâce de mourir en embrassant vos pieds, et
d'exhaler mon âme dans ses plaies saintes! Puisse mon dernier
soupir s'adresser à vous ! Puissé-je expirer, en vous disant :
« Jésus et Marie , je vous donne mon cœur et mon âme ! »
CANTIQUES.
VI
Elisabeth adresse à Marie de magnifiques
louanges; mais la bienheureuse Vierge, dans
sa pieuse humilité , ne retient rien de cet
éloge pour elle-même ; elle le rapporte tout
entier à celui qui l'a comblée de tous les dons
pour lesquels on la loue.
(S. Bernard , serm. sur la Nativité.)
Magna quidem Elisabeth de Maria virgine
prœconia profert : sed et beatse Virginis devota humililas nihil sibi passa retinere in eiim
magis universa refudit cujus in se beneficia
laudabantur.
Le mot de cantique, comme tout le monde le sait,
signifie chant (cantus) ; mais sa signification générale a
été restreinte par l'Église. Elle l'a d'abord appliqué
spécialement à sept chants tirés de l'Ancien Testament,
et qui font partie de l'office de Laudes ; ce sont :
Le cantique de Moïse : Audile, cœli, quœ loquor;
deux, écoutez ma voix, tiré du Deutéronome , ch. 32 :
c'est celui que Moïse, âgé de cent vingt ans, écrivit et
18
314
CLLTE DE MARIE.
enseigna aux enfants d'iraël, en la 2553e année du
monde ;
Un second cantique de Moïse après le passage de la
mer Rouge : Cantemus Domino; Chantons le Seigneur
(Exode, ch. 15);
Le cantique d'Anne , qu'elle composa lorsque Dieu ,
ayant exaucé sa prière , lui eut accordé la naissance de
son fils Samuel (Liv. des Rois, 1,2): Exultavit cor
meum in Domino... Mon cœur a tressailli dans le Sei
gneur ;
Le cantique d'Isaïe : Confitebor tibi, Domine, quoniam iratus es mihi... Je vous louerai, Seigneur, car
vous vous êtes irrité contre moi. Isaïe y célèbre la venue
du Messie , qui devait changer la face de la terre (Isaïe ,
chap. 12);
Le cantique du roi Ëzéchias sur sa maladie et sa con
valescence : Ego dixi : In dimidio dierum, meorum : vadam ad portas inferi : J'ai dit : Au midi de mes jour
nées, je descendrai au tombeau (Isaïe, chap. 38, v. 10);
Le cantique d'Habacuc : Domine, audivi auditionem
tuam et timui : Seigneur, j'ai entendu votre parole, et
j'ai pâli de crainte (Habacuc, ch. 3) ;
Enfin le cantique des trois Enfants dans la fournaise :
Benedicite omnia opera Domini, Domino : Créatures ,
qui êtes les œuvres du Seigneur, bénissez toutes le Sei
gneur (Daniel, ch. 3).
Le rit romain a adopté ces sept cantiques de l'Ancien
Testament, et l'Eglise a voulu que, pour les sept jours
de la semaine , chacun d'eux , à son tour, fût chanté à
Laudes, entre le troisième et le cinquième psaume.
Il y a encore trois cantiques nommés évangéliques ,
parce qu'ils sont tirés de l'Évangile : ceux-ci font cons
CANTIQUES.
31 5
tamment partie de l'office de chaque jour , savoir : à
Laudes, après l'hymne, le cantique de Zacharie : Benedictus Dominus , Deus Israel : Béni soit le Seigneur,
Dieu d'Israël (S. Luc, chap. 1er, 68); puis, à Vêpres,
le Magnificat (S. Luc, chap. 1 , 46), dont nous parle
rons bientôt ; et enfin , à Compiles , le Cantique de
saint Siméon : Nunc dimittis servum tuum, Domine :
Maintenant, Seigneur, grâces à vous, votre serviteur
peut mourir en paix (S. Luc, ch. 2 — 29). 11 n'y a lieu
de s'occuper ici que du second , et nullement du pre
mier ni du troisième de ces cantiques, qui n'ont pas
d'application directe au culte de la sainte Vierge. 11
suffit de mentionner simplement, par le même motif,
le Cantique des Cantiques, chant d'amour tiré de la
Bible, qui, suivant la définition de Fénelon, « exprime
« avec grâce et tendresse l'union mystérieuse de Dieu
« époux avec l'âme de l'homme, qui devient son
« épouse. »
En dehors de notre sujet proprement dit, se trou
vent d'autres cantiques ou chants poétiques, qui, pour
n'être pas sanctionnés par la Liturgie, n'en ont pas
moins un but louable. Aussi les pasteurs de chaque
église permettent-ils de les mêler à certaines solenni
tés , et particulièrement au Mois de Marie. C'est égale
ment ainsi que , dans le midi de la France surtout, le
peuple aime à chanter, à l'occasion de la nuit de Noël ,
des cantiques connus sous le nom même de Noëls.
Quelques-unes de ces compositions portent un cachet
de naïveté charmante, et rappellent d'une manière
fort intéressante les particularités de la naissance du
Sauveur du monde racontées par nos bons aïeux à
la lueur des brasiers.
310
CULTE DE MARIE.
Arrivons au Cantique par excellence , et voyons d'a
bord comment son origine est expliquée dans l'Évan
gile:
« Or, en ce jour-là, dit saint Luc (chap. 1, v. 39 et
« suiv.), Marie se levant, s'en alla en hâte vers les
« montagnes et en la ville de Juda ; — et elle entra dans
« la maison de Zacharie (prêtre du sang d'Abia), et elle
« salua Elisabeth. — Et il arriva que quand Elisabeth
« eut ouï la salutation de Marie , l'enfant tressaillit en
« son sein, et Elisabeth fut remplie du Saint-Esprit; —
« et elle s'écria à haute voix , et dit : Vous êtes bénie
« entre toutes les femmes , et le fruit de vos entrailles
« est béni. — Et d'où me vient que la mère de mon Sei« gneur s'approche de moi? car voici que dès que la
« voix de votre salutation est parvenue à mes oreilles ,
« l'enfant a tressailli de joie en mon sein. — Et bience heureuse, vous, qui avez cru, car les choses qui
« vous ont été dites par le Seigneur seront accomplies.
« — Et Marie dit : Mon âme rend gloire au Seigneur :
« Magnificat anima mea Dominum , etc. »
Le début de ce chant sublime a été , dès les premiers
siècles du christianisme , comme le signal de la résur
rection glorieuse du genre humain tout entier ; aussi
l'a-t-on toujours dit, dans l'Église, debout et avec un
cérémonial particulier, tel que le son des cloches , le
salut du célébrant à l'autel qu'il baise et encense , et
diverses autres marques de respect, selon les diocèses.
Suivant la tradition, bien que le Magnificat fût en
tonné depuis un temps immémorial, il paraît certain
que c'est saint Césaire , evêque d'Arles , qui , vers le
commencement du sixième siècle, avait fait aux moines
un devoir de chanter ce cantique évangélique chaque
CANTIQUES.
317
jour, à l'Office , tandis que les cantiques de l'Ancien
Testament n'ont jamais eu que la prérogative d'un jour
par semaine.
CANTIQUE DE LA SAINTE VIERGE.
(Magnificat, ete. Voir p. 259.)
ÉLÉVATION.
« Que dirai-je sur ce divin cantique , s'écrie Bossuet
« (Élévation 5e, 14e semaine)? Sa simplicité, sa hau« teur, qui passent mon intelligence, m'invitent plutôt
« au silence qu'à parler. Si vous voulez que je parle ,
« ô Dieu , formez vous-même mes paroles ! »
« Quand l'âme , entièrement sortie d'elle, ne glorifie
« plus que Dieu , et met en lui toute sa joie , elle est
« en paix , puisque rien ne lui peut ôter celui qu'elle
« chante. Mon âme glorifie, mon âme exalte le Sci« gneur. Après qu'elle s'est épuisée à célébrer ses gran« deurs, quoi qu'elle ait pensé , elle l'exalte toujours,
« le perdant de vue , et s'élevant de plus en plus au« dessus de tout.
« Mon esprit est ravi de joie en Dieu , mon Sauveur.
« Au seul nom de Sauveur, mes sens sont ravis ; et ce
« que je ne puis trouver en moi, je le trouve en lui
« avec une inébranlable fermeté.
« Parce qu'il a regardé la bassesse de sa servante. Si
« je croyais pouvoir de moi-même attirer ses regards ,
« ma bassesse et mon néant m'ôteraient le repos avec
« l'espérance ; mais puisque , de lui-même , par pure
« bonté, il a tourné vers moi ses regards, j'ai un appui
« que je ne puis perdre, qui est sa miséricorde, par
18.
318
CULTE DE MARIE.
« laquelle il m'a regardée à cause qu'il est bon et libéral .
« Elle ne craint pas, après cela, de reconnaître ses
« avantages , dont elle a vu la source en Dieu, et qu'elle
« ne peut plus voir que dans ce principe : « Et voilà ,
« dit-elle < que tous les siècles me reconnaîtront bien« heureuse ! »
« Ici étant élevée à une plus haute contemplation ,
a elle commence à joindre son bonheur à celui de tous
« les peuples rachetés....
« Celui qui seul est puissant a fait en moi de grandes
« choses, et son nom est saint , et sa miséricorde s'étend
« d'âge en âge et de race en race sur ceux qui le crai« gnent.... Celui qui est seul puissant a fait en moi un
« ouvrage seul digne de sa puissance, un Dieu homme,
« une Mère vierge, un pauvre dépouillé de tout, et
« néanmoins Sauveur du monde, dompteur des na« tions et destructeur des superbes.
« Et son nom est saint : Dien est la sainteté même ,
« il est saint et sanctifiant ; et quand est-ce qu'il le
« le paraît davantage que lorsque son Fils, qui est aussi
« celui de Marie , répand la miséricorde , la grâce et la
« sainteté d'âge en âge sur ceux qui le craignent?
« 11 a, dit Marie, déployé la puissance de son bras;
« il a dissipé ceux qui étaient entlés d'orgueil dans les
« pensées de leur cœur. 11 a renversé les puissants de
« dessus le trône, et il a élevé les humbles. Quand
« est-ce qu'il a fait toutes ces merveilles, si ce n'est
« quand il a envoyé son Fils au monde , qui confondit
v les rois et les superbes empires par la prédication de
« son Évangile ? Cet ouvrage de sa puissance a paru
« d'autant plus admirable , qu'il s'est servi de la fai« blesse pour anéantir la force , et de ce qui n'était pas
CANTIQUES.
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
(<
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
319
pour détruire ce qui était, afin que nul homme ne
se glorifie devant lui , et que , ne paraissant rien du
côté de l'homme, on attribuât tout à la puissance de
son bras. C'est pourquoi il a paru au milieu des
hommes comme n'étant rien. Et lorsqu'il a dit : « Je
vous loue, mon Père, Seigneur du ciel et de la terre,
de ce que vous avez caché ces mystères aux sages et
aux prudents , et de ce que vous les avez révélés aux
petits : n'a-t-il pas véritablement confondu les superbes , élevé ceux qui étaient vils à leurs yeux et à
ceux des autres?
« Marie elle-même en est un exemple ; il l'a élevée
au-dessus de tout , parce qu'elle s'est déclarée la
plus basse des créatures....
« H a rassasié les affames , et il a renvoyé les riches
avec les mains vides ; et quand? si ce n'est lorsqu'il
a dit : « Heureux ceux qui ont faim , car ils seront
rassasiés. Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous
aurez faim....
« Les palais et les trônes sont à bas; les cabanes
sont relevées; toute fausse grandeur est anéantie;
c'est un effet général de l'enfantement de Marie dans
toute la terre. Mais ne dira-t-elle rien de la Rédemption de son peuple et de ces brebis perdues de la maison d'Israël , pour lesquelles son Fils a dit qu'il était
venu? Écoutons la fin du divin Cantique : « Il a pris
en sa possession Israël , son serviteur, et il a protégé
les Israélites qui mettaient leur confiance , non en
eux-mêmes , mais en sa grande miséricorde. 11 s'est
souvenu des promesses qu'il avait faites à Abraham
et à sa postérité , qui doit subsister aux siècles des
siècles.
320
CULTE DE MARIE.
« Nous sommes ceux que voyait Marie quand elle
voyait la postérité d'Abraham ; nous sommes ceux au
salut de qui elle a consenti quand elle a dit : « Qu'il
me soit fait selon votre parole. Elle nous a tous
portés dans son sein avec Jésus-Christ, en qui nous
étions.
« Chantons donc sa béatitude avec la nôtre ; publions
« qu'elle est bienheureuse , et réunissons-nous à ceux
« qui la regardent comme leur Mère. Prions cette nou« velle Eve, quia guéri la plaie de la première , au
« lieu du fruit défendu dont nous sommes morts , de
« nous montrer le fruit béni de ses entrailles. Unissonsce nous au saint Cantique où Marie a chanté notre déli
ce vrance future. Disons avec saint Ambroise : « Que
« l'âme de Marie soit en nous , pour être ravis de joie
« en Dieu, notre Sauveur. Comme Marie, mettons
« notre paix à voir tomber toute la gloire du monde ,
« et le seul règne de Dieu exalté , et sa volonté accom« plie. >>
«
«
«
«
«
ANTIENNES.
VIF
Je ne connais pas de paroles plus chastes
et plus capables d'engager 'mon cœur à un
service d'amour envers vous.
(S. Augustin, Confessions.)
Non novi alia tam casta cloquia qua; sic
me invitarent colere te gratis.
Antienne vient du mot grec untiphdnon, qui signifie
écho ; aussi l'appliqua-t-on d'abord dans l'Église à tout
chant qui s'exécutait par deux chœurs alternatifs. Cette
manière de chanter, alternative ou antiphonale , fut
mise en usage dès les temps primitifs pour les psaumes
et les cantiques , soit afin de ménager des repos à la
voix des exécutants , soit parce qu'il y a quelque chose
de plus solennel et de plus touchant dans cette sorte
de dialogue. Quoi qu'il en soit, on l'attribue ordinaire
ment à saint Ignace qui l'institua au premier siècle dans
son église d'Antiochc, en Orient, tandis que saint
Ambroise passe pour l'avoir introduite dans l'église occi
322
CULTE DE MARIE.
dentale. Le pape saint Damase , au quatrième siècle ,
confirma cette institution par un décret apostolique.
Aujourd'hui le nom d'Antienne a reçu d'autres sens
qui s'éloignent de sa signification primitive : tantôt c'est
un passage tiré de l'Écriture ou d'écrivains ecclésias
tiques, qui est chanté par tout le chœur ; on peut re
marquer à ce sujet que le rit romain a conservé le ca
ractère antiphonal, dans l'usage de chanter une an
tienne au commencement et à la fin de chaque psaume,
ce qui n'a pas lieu en général dans d'autres rits particu
liers. Tantôt encore les Antiennes sont des pièces de
chant plus ou moins longues en l'honneur de quelque.
mystère de Notre-Seigneur ou de la sainte Vierge. Ou
les chante aux stations des processions et dans quel
ques autres solennités de l'Église.
Tout le monde connaît les quatres célèbres antiennes
en l'honneur de la sainte Vierge qu'on chante après les
Compiles , selon les divers temps de l'année ecclésias
tique.
Chacune de ces antiennes est suivie d'un verset et
d'une oraison propres. On a déjà vu ailleurs ce qu'il
faut entendre , en général, par le verset ; il est le plus
souvent tiré de l'Écriture sainte, et se chante d'une
voix plus éclatante , afin d'exciter plus vivement les
affections du cœur. Cependant les versets spéciaux qui
accompagnaient dès l'origine les quatre grandes anTiennes de la sainte Vierge , sont formés de paroles hu
maines ; ils sont arrivés jusqu'à nous par la tradition ;
«onservés dans les églises qui suivent le rit romain , ils
ont été remplacés dans la plupart des autres églises de
France par des textes bibliques dont le sens est heureu
sement approprié au texte même des antiennes.
ANTIENNES.
323
Les quatre grandes antiennes, Aima Redemptoris Ma
ter. — Ave, Regina cœlorum, — Regina cœli, lœtare, —
et Salve, Regina, ne sont ni de la même époque ni du
même auteur. Chacune d'elles a eu son origine parti
culière, et ce n'est que successivement que l'Église les
a introduites dans la liturgie. 11 existe sur cette matière
une telle diversité d'opinions , que nous avons cru de
voir nous arrêter à celles qui sont le plus généralement
répandues et adoptées , sans toutefois garantir leur au
thenticité d'une manière absolue.
Au surplus , on a fait la remarque qu'il règne beau
coup d'incertitude ou d'obscurité sur l'origine de la
plupart des antiennes, des hymnes et des autres chants
de l'Église consacrés à Marie ; c'est un signe de l'esprit
des premiers siècles du Christianisme ; l'humilité sin
cère des auteurs les portait à cacher leur nom et à n'a
voir en vue d'autre but que la gloire de Dieu ; il est
d'ailleurs vraisemblable que toutes ces compositions se
communiquaient d'une église à une autre avec une ra
pidité telle que la trace de leur origine ne tardait pas à
être effacée par leur propagation et par l'adoption uni
verselle. Enfin , ne pourrait-on pas appliquer à l'ori
gine plus ou moins obscure , ainsi qu'à l'idiome des
antiennes et d'autres chants de l'Église romaine, ce que
Chateaubriand dit de la langue des Césars consacrée
aux prières que toutes les nations catholiques adressent
au Roi des rois? « C'est une chose remarquable , les
a. oraisons en langue latine semblent redoubler le sen
ci timent religieux de la foule. Ne serait-ce point un
« effet naturel de notre penchant au secret? Dans le
« tumulte de ses pensées et des misères qui assiègent
« sa vie , l'homme , en prononçant des mots peu fami
324
CULTE DE MARIE.
« liers ou même inconnus, croit demander les choses
« qui lui manquent et qu'il ignore ; le vague de sa
« prière en fait le charme , et son âme inquiète , qui
« sait peu ce qu'elle désire , aime à former des vœux
« aussi mystérieux que ses besoins. » Paroles admi
rables d'un homme qui avait beaucoup souffert, et dont
les pressentiments douloureux semblèrent si souvent
soulever la poitrine , comme pour en sortir avec les
ailes de la prière !
AI-MA HEDEMPTORIS MATER.
(Voyez page 268.)
Ile graves autorités attribuent la composition de l'an
tienne Aima Redemptoris Mater', à Herman Contract,
comte de Vcringhen, issu d'une famille noble de Suède.
Ce fut un moine bénédictin, connu sous le nom d'ifermanus Contractus (Herman le Raccourci) , parce que
dès son enfance il avait eu les membres contractés. Il
était né en l'an 1013 et mourut en 1054. 11 passait pour
être très-versé dans l'étude des langues orientales.
Parmi ceux qui l'ont considéré comme l'auteur de
YAima Redemptoris Mater et de la prose Veni Sancte
Spiritus, on distingue l'historien Trithème , Durand,
qui lui attribue également l'invention de Yastrolabe,
et le savant Gerbert,dans son traité, en latin, de la Mu
sique sacrée. Quoi qu'il en soit de ces opinions sur les
quelles on ne saurait se prononcer d'une manière ab
solue , à cause de l'obscurité qui. règne encore dans les
documents littéraires du moyen âge , on ne peut refuser
ANTIEXNES.
325
à l'antienne Aima Redemptoris un caractère saisissant
d'inspiration religieuse. Cette louange de la sainte
Vierge est composée en vers hexamètres.
Voici au surplus quelle paraît avoir été l'origine de
l'introduction des quatre grandes Antiennes dans les
chants de l'Église.
L'ancien usage était de chanter, à la Messe, avant
l'Évangile , des psaumes, proses ou séquences, que nous
aurons plus tard l'occasion de faire mieux connaître,
au titre des Proses. Notker, abbé de Saint-Gall, en écri
vit plusieurs, et Hermann contract composa pour cet
usage YAima Redemptoris. Dans les siècles suivants, ce
chant et quelques autres furent adoptés par des ordres
monastiques pour faire suite aux Complies. De là,
cette coutume s'introduisit dans l'Office romain avec un
verset et une oraison propres, selon les époques de
l'année ecclésiastique.
Vers le temps de l'Avent , il y a encore d'autres
grandes antiennes qu'on commence à chanter le 17 dé
cembre. On les appelle antiennes O, parce qu'elles
débutent par cette exclamation. Le rit romain en a
sept et le rit parisien neuf. D'après un ancien usage,
on en chante une à chacun des jours de l'octave qui
précède la fête de Noël. Elles se disent trois fois cha
cune à Paris et dans plusieurs autres diocèses , savoir :
avant le Magnificat , avant le Gloria Patri et après le
Sicut erat. Ces antiennes dont l'origine se perd dans la
nuit des temps , exprimaient les vœux des anciens Pa
triarches et des Prophètes pour la venue du Messie.
Guillaume Durand rapporte qu'autrefois les antiennes 0
du rit romain étaient aussi au nombre de neuf; les
deux qu'on a supprimées dans les bréviaires modernes
19
328
CULTE DE MARIE.
étaient, Tune en l'honneur de la sainte Vierge, l'autre
en l'honneur de l'archange Gabriel. Comme elles sont
rarement indiquées dans les ouvrages de piété , le lec
teur chrétien aimera à les retrouver ici :
A LA SAINTE VIERGE.
O Vierge des Vierges! comment cela se fera-t-il? car vous
n'avez point eu votre pareille,
et vous n'en aurez jamais de
semblable à vous ! — (La Vierge
répond : ) 0 filles de Jérusalem,
pourquoi ètes-vous dans l'étonnement à mon égard? Ce que
vous voyez est un mystère divin.
O Virgo Virginum! quomodo fiet istud? quia nec
primam similem nec habere sequentem. Filiœ Jerusalem , qui me admiramini !
Divinum est mysterium hoc
quod cernitis.
A L'ARCHANGE.
O Gabriel, messager des cienx,
qui es entré vers moi les portes
étant fermées , et m'as annoncé
ainsi le Verbe : Vous concevrez
et enfanterez, il sera nommé
Emmanuel.
O Gabriel , nuntius cœlorum, qui januis clausis ad
me intrasti et Verbum nuntiasti, concipies et paries,
Emmanuel vocabitur.
AVE, REGIXA CCELORUM.
(Voyez page 269.)
L'antienne Ave, Regina cœlorum, est fort ancienne :
Suivant la tradition et le sentiment de plusieurs his
toriens sacrés , elle n'aurait eu d'autre auteur que les
Apôtres eux-mêmes. Elle porte un cachet de simplicité
tel que c'est une invocation plutôt qu'une composition
proprement dite. Au lieu d'insister sur son origine , il
nous paraît plus utile de répondre brièvement à une
attaque dont son texte a été l'objet de la part des enne
mis de la religion. — L'Église catholique, en donnant
à Marie le titre de Reine des deux, n'a nullement en
ANTIENNES.
327
tendu porter atteinte au privilège absolu qui appar
tient à Dieu seul , d'être le Roi des cieux , le Dieu du
Ciel et de la terre, le Créateur éternel, tout -puissant,
infini , qui n'a point d'égal. Mais , suivant la judicieuse
remarque du savant abbé Thibaud, dans ses Lettres sur
le Protestantisme , c'est à raison des grâces qui doivent
découler de la médiation de la Mère de Jésus-Christ ,
non moins qu'à raison de la gloire dont elle est envi
ronnée dans les Cieux , qu'il est tout naturel de dire de
Marie qu'elle est la Reine des Cieux. D'ailleurs, ces
expressions , aussi bien que celles de Reine des Anges ,
Tige sacrée. Porte du Paradis, Refuge des pécheurs,
Arche d'Alliance, doivent toutes être prises dans un
sens spirituel et figuré. Les fidèles , ne consultant que
leur cœur, les ont adoptées , afin de mieux faire com
prendre le pouvoir accordé à Marie, ses glorieuses
prérogatives et la confiance qu'on doit placer dans la
Vierge auguste qui a donné naissance au Roi immortel
des siècles. 11 est sans doute bien permis, sans blesser
la majesté suprême , disons mieux , avec l'espoir fondé
de lui être agréable, de croire que, puisque Marie
règne au-dessus des Saints et des Anges , elle participe
à la faveur accordée aux Saints et aux Anges. N'est-ce
pas notre divin Maître qui a dit : « Prenez bien garde
« de mépriser aucun de ces petits , car je vous déclare
« que dans le Ciel , leurs anges voient sans cesse la
« face de mon Père, qui est dans les Cieux (Matth.,
« 18, 10)?»
Enfin , il importe de remarquer que les prières qui
s'adressent directement à Dieu , sont conçues en cette
forme : Écoutez-nous, Ayez pitié de nous, et autres sem
blables ; tandis qu'en invoquant la sainte Vierge ou les
328
CULTE DE MAKIE.
Saints, l'Église ou ses enfants s'écrient seulement : Inter
cédez pour nous, et, comme dans l'antienne qui nous oc
cupe en ce moment , Daignez prier pour nous JésusChrist. C'est ce qui faisait dire à saint Jean Chrysostome,
dans une prière qui lui était familière : « Seigneur, ayez
« pitié de nous et conservez-nous par l'intercession de
« cette Vierge Marie qui vous a engendré. > C'est égale
ment en considération des mérites et de la puissance de
la sainte Vierge que saint Bernard a tracé ces paroles
empreintes de la foi la plus vive : « Si vous suivez Marie,
« vous ne vous égarerez point ; si vous la priez, vous ne
« serez jamais sans espoir; en pensant à elle, vous ne
« sauriez errer; avec elle, pas de chute à redouter; si
« elle vous protège , vous n'avez rien à craindre ; sous
« sa conduite, point de fatigue; et sous ses auspices,
« vous arriverez sûrement au port '. »
Oui , pouvons-nous ajouter à notre tour, le pécheur
entraîné dans les plus profonds abîmes de l'iniquité ,
doit implorer avec confiance la main si tendre qui guida
l'enfance de Jésus ; car Marie aime toujours à relever
le coupable pour le guider vers la miséricorde inépui
sable de son Fils.
REGINA CŒXI LjETARE.
(Voyez page 269.)
Voici, touchant l'origine du Reyina cœli, ce que
nous apprend une pieuse tradition , qui toutefois n'est
pas formellement sanctionnée par l'Église.
Vers la fin du sixième siècle, après la mort du pape
1 Homél. de Aquœ ductu.
ANTIENNES.
329
Pelage , la ville de Rome fut ravagée par une peste af
freuse. Ses habitants , croyant reconnaître dans ce fléau
une punition du Ciel , supplièrent Grégoire , qui avait
été autrefois préfet de Rome , d'accepter le gouvernail
de l'Église. Grégoire résista vivement, et fut cependant
contraint de devenir le souverain Pasteur du monde ca
tholique. Dès qu'il eut été revêtu de cet imposant ca
ractère , il exhorta le peuple désolé à invoquer Marie ,
et , à cet effet , il prescrivit de former sept processions ,
qui , venant de sept églises différentes , se réuniraient
dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure. La première
de ces processions devait se composer du clergé ; la
seconde , de tous les ordres religieux ; la troisième ,
des religieuses; la quatrième, des enfants; la cin
quième , des hommes laïques ; la sixième , des femmes
veuves , et la septième , des femmes mariées. La pro
cession se mit en marche au jour fixé, unissant de
lamentables cris à des prières ferventes ; et cependant
ses rangs étaient décimés par la peste. Grégoire résolut,
le troisième jour, de redoublerde constance à demander
la protection de la sainte Vierge. 11 se plaça donc à la
tète des processions réunies , portant dans ses bras la
précieuse image de la Mère de Dieu , que l'on révérait
comme une de celles qui avaient été peintes par saint
Luc. Lorsque le cortège fut arrivé à une courte dis
tance de la sépulture de l'empereur, tout près d'un lieu
où se trouvait une sorte d'autel formé par une masse
de pierres , tout à coup il fut arrêté par une vision mi
raculeuse : au sommet de ce monticule qui existe en
core à Rome , et sur lequel a été bâti le château SaintAnge , on vit apparaître un ange , qui , tenant à la main
droite une épée nue , la remit dans le fourreau , et dis
330
CULTE DE MARIE.
parut aussitôt après. Le peuple crut voir dans ce fait le
présage de la clémence divine; et, comme il était sous
l'impression de ce prodige , on entendit dans l'air un
concert de voix célestes qui chantaient en chœur :
Hegina cœli lœtare ,
Alleluia ,
Quia quem meruisti portare ,
Alleluia ,
Resurrexit sicut dixit,
Alleluia.
Le motet s'arrêta là ; mais , transporté d'amour et de
gratitude , le pape Grégoire ajouta d'une voix forte et
émue :
Ora pro nobis Deum,
Alleluia.
La peste cessa aussitôt. Et depuis ce temps, l'antienne
comprit ces deux parties distinctes du chant primitif.
On dit que les Cordeliers d'^lra Cœli , monastère près
du Capitole , conservent la pierre sur laquelle l'ange
laissa imprimée la trace de ses pieds , aussi bien que
l'image de la sainte Vierge , qui était, à cette époque,
portée par saint Grégoire. Toutes les fois que ces reli
gieux passent en procession sur le pont , ils interrom
pent les Litanies ou leurs autres prières pour chanter
l'antienne Regina cœli lœtare en mémoire de ce mi
racle. — Enfin , saint Grégoire-le-Grand l'a adoptée
dans les Liturgies qu'il composa durant son pontificat.
L'Église n'a plus cessé, depuis lors, de la chanter au
temps de Pâques , où se célèbre la glorieuse résurrec
tion de Jésus-Christ. Soit qu'un ange l'ait réellement
fait entendre à l'oreille des hommes , soit qu'il doive
ANTIENNES.
33i
son origine à l'inspiration de l'un des plus illustres
Pontifes qui aient gouverné le monde chrétien, ce chant
restera toujours comme un solennel hommage rendu à
la sainte Vierge, en mémoire de l'un de ses innombra
bles bienfaits.
SALVE, REGINA.
(Voyez p. 270.)
Origine.
De vieilles chroniques rapportent qu'à Ronceaux , au
bord d'une fontaine , portant le nom de fontaine des
Anges , des bergers entendirent pour la première fois
un chœur d'anges chanter mystérieusement cette prière
en l'honneur de la sainte Vierge ; et elles ajoutent que
depuis on l'entendit encore longtemps tous les same
dis '. Cette pieuse tradition n'ayant d'autre fondement
que la croyance accordée par nos pères à des récits
naïfs , où l'imagination avait une grande part , on ne
s'y est point arrêté.
Ce qu'il y a de certain , c'est que cette célèbre an
tienne est chantée dans l'Église depuis plus de six
cents ans. Quelques historiens l'ont attribuée à Pierre,
évêque de Compostelle, qui vivait dans le douzième
siècle. D'autres , parmi lesquels se trouvent Trithème
et l'illustre cardinal Bona, ont dit qu'elle fut composée
par Hermann contract, moine bénédictin, issu d'une
famille noble de Suède, dont nous avons déjà parlé,
et qui s'était retiré dans le monastère de Saint-Gall, en
1 Voyez le P. Paul de Barry, Astolli.
332
CULTE DE MARIE.
Suisse , un siècle auparavant. Enfin , d'autres encore
ont pensé qu'elle eut pour auteur Adhémar, évêque du
Puy, mort aussi à la fin du onzième siècle ; aussi l'at-on souvent appelée, par ce motif, Antienne du Puy.
Saint Bernard ayant été réveillé, une nuit, par des
chants qui semblaient venir de l'église de son abbaye ,
se rendit en hâte dans le sanctuaire, et , dès qu'il y fut
entré, il entendit des voix angéliques entonner ce chaut
consacré à Marie. Il fut si vivement frappé de ce fait
extraordinaire , qu'il écrivit sur-le-champ au pape Eu
gène III , pour qu'à l'avenir la même antienne se chan
tât solennellement dans toutes les églises de la Chré
tienté; ce qui fut ordonné par le souverain Pontife , et
n'a pas cessé depuis , c'est-à-dire à partir du milieu du
douzième siècle.
Dans le principe , l'antienne s'arrêtait à ces mots :
Post hoc exilium ostende. L'exclamation qui la suit a
été ajoutée à l'occasion d'un événement si propre à in
téresser les âmes pieuses, que nous croyons devoir le
reproduire ici , en empruntant les paroles de l'abbé
de Ratisbonne , dans son histoire de saint Bernard ' '
« Saint Bernard , légat apostolique en Allemagne ,
« dit le pieux écrivain , quitta la ville de Constance ; . . .
« il arriva à Strasbourg la veille du quatrième diman« che de l'Avent, 22 décembre H46
Les miracles
« ne discontinuèrent pas pendant ce mémorable voyage.
« Cependant , le jour de la Nativité de Notre-Seigneur
« approchait, et cette solennité avait été fixée par l'em« pereur Conrad III pour la tenue d'une diète générale
« dans la ville de Spire. Saint Bernard avait promis du
1 Tome II, ch. xxxvii.
ANTIENNES.
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
333
se rendre à cette assemblée. 11 quitta donc Strasbourg
dans la soirée du dimanche 22 décembre , et arriva
à Spire le mardi suivant, veille de Noël. Les habitants des villes et des villages se tenaient sur les rives
du fleuve, et attendaient avec impatience le passage
du navire pour recevoir la bénédiction de l'homme
de Dieu et lui présenter leurs malades. Tous participèrent à la grâce extraordinaire que Dieu attachait à
chaque parole et à chaque action de son serviteur.
— Son entrée dans la ville impériale de Spire a été
décrite par un grand nombre de chroniqueurs contemporains : « L'évêque , le clergé et les bourgeois
vinrent solennellement au devant de lui , croix et
bannières déployées , chaque corps de métier portant
les insignes de sa profession. On le conduisit au son
des cloches et des cantiques sacrés à travers la ville ,
jusqu'au portail de la cathédrale , où l'empereur et
les princes germaniques le reçurent avec tous les
honneurs dus à l'envoyé du Pape. Le concours de la
multitude était immense ; on était accouru des lieux
les plus éloignés pour voir, pour entendre le Saint,
pour contempler les traits du Thaumaturge.
« Le cortège s'avança depuis la grande porte de la
cathédrale jusqu'au chœur, chantant avec force et
avec joie l'hymne de la Reine des Cieux, Salve, Regina.... Bernard , conduit par l'empereur lui-même,
marchait au milieu du cortège , entouré des flots du
peuple et profondément ému à l'aspect de la majestueuse basilique. Mais lorsque les derniers accents de
l'hymne de la Vierge eurent cessé de retentir sous
les voûtes sacrées , après ces mots : Filium tuum nobis post hoc exilium ostende! (Faites-nous voir voire
19.
334
CULTE DE MARIE.
« Fils après notre exil .') le saint abbé , transporté d'un
« élan d'enthousiasme, ajouta cette triple exclamation:
a 0 clemens ! o pia! o dulcis Yirgo Maria!
« Ces paroles si suaves et si tendres , jaillies sponta« nément du cœur de saint Bernard , demeurèrent de« puis lors attachées à l'hymne du Salve, Regina, et
« elles en complétèrent la sublime poésie. Elles conti« nuèrent à être chantées dans toutes les églises de la
« Catholicité , selon les temps marqués ; mais , à la ca« thédrale de Spire, le Salve, Regina, se chanta soa lennellement tous les jours de l'année en l'honneur
« de saint Bernard ; et cet usage subsiste aujourd'hui
« encore. Des plaques d'airain, scellées dans le pavé
« de l'Église , désignèrent à la postérité les traces de
« l'homme de Dieu , et les endroits où il implora d'une
« manière si pénétrante la clémence, la piété, la dou« ceur de la Vierge Marie. »
Après que, par l'autorité du saint Siège apostolique ,
comme on l'a vu, le Salve, Regina, eut été introduit
dans toutes les églises du monde chrétien , les Domini
cains , vers le milieu du treizième siècle , adoptèrent
cette antienne dans leur ordre , où elle se chanta tous
les jours; et plus tard elle fut fixée par le pape
Pie V dans l'Offie romain et dans la plupart des autres
rites , où elle figure pour les fêtes de la Trinité à l'Avent. On attribue particulièrement aux Trappistes une
musique admirable de cette antienne. Nous eûmes, en
l'année 1828, le bonheur de l'entendre à la Trappe de
la Meilleraie, près de Nantes , et il nous serait impos
sible de décrire l'effet qu'elle produisit sur nous. Une
voix grave et solennelle , s'élevant du fond du sanc
tuaire, entonnait le commencement des versets, et
ANTIENNES.
336
soudain tous les Frères , s'inclinant , continuaient le
chant avec des accents si tendres , si mélancoliques ,
que l'âme se trouvait remplie des plus vives émo
tions. Chaque fois, d'ailleurs, que revenait le nom de
la Vierge Marie , tous les fronts se courbaient vers la
terre, des soupirs s'échappaient de toutes les poitrines,
les têtes ne se relevaient que pour faire retentir les
voûtes silencieuses et sombres de nouveaux chants
d'invocation, et tous les visages étaient remplis de
cette mélancolie surnaturelle , que font naître toujours
les entretiens avec le Ciel.
Il y a dans les paroles et le chant du Salve, Regina,
un caractère si pénétrant de tristesse et de sensibilité ,
qu'il est impossible de les avoir entendus une fois sans
se les rappeler toute la vie. Plusieurs faits historiques
tendent à le prouver. L'un des plus touchants se rap
porte à la mort de Cinq-Mars : « Ce jeune seigneur, dit
« une relation de son supplice , après avoir été con
ce damné à avoir la tête tranchée , fut conduit au lieu
« de l'exécution le 12 septembre 1642, et, chemin fai« sant , il dit avec les prêtres qui l'accompagnaient les
« Litanies de la sainte Vierge et le Miserere. Enfin , au
« moment d'être décapité , il se mit à genoux , et réce cita à haute voix le Salve, Regina... » Et sa voix était
forte , parce que son âme était consolée !
Indépendamment des grandes Antiennes , dont l'ori
gine vient d'être expliquée , il en est d'autres qui , éga
lement chantées dans l'Église avec plus ou moins de
solennité, sont dignes de captiver l'attention des fidè
les ; elles rentrent dans la classe des hymnes ou des
prières qui n'ont pas une dénomination propre et fixe.
Aussi ont-elles dû trouver leur place sous d'autres
336
CULTE DE MARIE.
titres que celui-ci , et à l'occasion des fêtes auxquelles
elles se rattachent. Il a paru également convenable de
faire figurer parmi les Proses le chant Inviolata, inte
gra et casta es Maria, qui souvent a été mis à la suite
des quatre grandes antiennes , mais qui , en réalité ,
en doit être détaché.
PROSES.
vin
Prières aux sons doux.
(Prose Inviolata.)
Prccata duleisona. . . .
On entend par proses, dans la langue de l'Église, une
sorte de chants ou cantiques liturgiques, en prose rimée
ou non rimée, qui se disent aux fêtes solennelles, avant
l'Évangile de la Messe, et quelquefois aussi à Vêpres, au
Salut qui les suit, ou dans certaines cérémonies parti
culières. Le nom véritable et primitif de ces composi
tions chantées avant l'Évangile était séquence : quel
ques explications à ce sujet pourront intéresser.
Depuis les temps les plus reculés, YAlleluia qui, à la
Messe , se disait entre l'Épître et l'Évangile , se termi
nait par une suite de notes de plain-chant sur la der
nière syllabe ou lettre a. C'était là, suivarit la pensée
de saint Augustin, comme un aveu de l'impuissance où
338
CULTE DE MARIE.
est la créature de chanter dignement le Créateur. Et ce
son ou cri unique était appelé pneume ou neume, d'un
mot grec qui veut dire air, souffle. 11 paraît certain
que vers le commencement du 9e siècle, on substitua
au neume des chants qui furent nommés séquence ou
sequentia, ce qui en latin signifie suite , et qui sui
vaient également la récitation de l'Épître. Dès lors les
manuscrits du moyen âge présentèrent , en marge des
missels , soit des notes perpendiculaires indiquant le
chant de la voyelle finale de YAlleluia, soit le cantique
ou chant substitué auquel on donnait pour titre les
deux mots pro sequentia , c'est-à-dire pour la suite ou
la séquence. Or, comme dans ces anciens manuscrits la
marge était souvent étroite au point de rendre néces
saires les abréviations , on écrivit successivement , en
retranchant quelques lettres, pro sequentia, pro sequa,
prosa, ce qui amena naturellement le mot français prose.
Ce mot n'avait donc pas là, comme on voit, son accep
tion ordinaire ; il voulait dire , pour la séquence. Cette
étymologie de prosa paraît être la vraie ; cependant
elle a été contredite par des auteurs qui ont prétendu
que les proses avaient eu ce nom , parce , que quoique
limées , elles n'avaient ni la mesure ni la quantité des
vers.
En tout cas, la substitution des Proses à YAlleluia est
attribuée au pape Nicolas 1er, qui, vers le milieu du
neuvième siècle, la permit et approuva plusieurs
chants de cette nature. En l'année 880, le moine
nommé Notker, abbé de Saint-Gall en Suisse, composa
diverses proses et en répandit l'usage. Après lui, dans
le dixième et le onzieme siècle , deux autres moines ,
l'un du même nom de Notker, et l'autre, Heimaiin
PROSES.
339
contract, firent des proses nouvelles. Enfin , ce genre
de cantiques se multiplia jusqu'à l'abus, mais le missel
du pape Pic V n'en conserva que quatre pour le rit ro
main, savoir : la prose de Pâques, Victimee pasdmli,
d'Hermann contract; — celle de la Pentecôte, lent,
Sancte Spiritus , du pape Innocent 111 , et qu'il ne faut
pas confondre avec celle de Robert, roi de France, pour
la même fête , et commençant ainsi : Sancti Spiritus
adsit nobis gratia; — celle de la Fête-Dieu, Lauda,
Sion, Salvatorem, de saint Thomas d'Aquin; — enfin
celle du jour des morts, Dies irae , dies Ma, qui n'a
point d'auteur certain , et qu'on a attribuée entre au
tres à saint Bernard , au cardinal Malabranca , à saint
Bonaventurc et à Grégoire-le-Grand. — L'usage a in
troduit de nouveau dans le lit romain un petit nombre
d'autres proses , par exemple pour la messe du jour de
Noël , Lœtabundus exultet fidelis chorus, etc.
Dans tous les temps , comme de nos jours , le rit pa
risien a conservé ou adoplé un plus grand nombre de
proses, soit pour les fêtes de la sainte Vierge, soit pour
les autres solennités. Ces compositions sont en général
de divers auteurs du moyen âge ou du dix-septième
siècle, parmi lesquels se distinguent le roi Robert,
Adam de Saint-Victor, Abailard, J.-B. de Contes, et
J.-B. Santeuil. On a fait observer avec raison que plu
sieurs, surtout celles qui sont rimées , auraient plus
convenablement pris place parmi les hymnes avec les
quelles on les confond quelquefois ; cela serait vrai par
ticulièrement à l'égard de la magnifique prose de l'An
nonciation :
Hmmiiii generis
Cessent suspiria , etc.,
340
CULTE DE MARIE.
et de quelques autres adoptées pour les fêtes de Marie.
Nôtre dessein n'est pas de nous en occuper ici d'une
manière fort étendue ; nous nous bornerons à l'examen
de la prose par excellence , connue sous le nom de
Stabat, et à la reproduction des proses à dévotion les
plus usuelles de Rome et de Paris.
LE STABAT,
Prose en l'honneur de la sainte Vierge , au pied de la Croix.
(Voyez page 131.)
On a déjà vu l'étymologie et le sens des mots sé
quence et prose ; cette double qualification fut, dès les
temps anciens , appliquée à la complainte du Stabat ,
si justement nommée par M. le comte de Montalembert,
le plus beau chant qu'ait inspiré la plus pure et la plus
touchante des douleurs. Il paraît certain que cette prose
fut composée pour la Messe de la Compassion de la
sainte Vierge ou des Sept Douleurs de Marie. La liturgie
romaine l'y plaça par un sentiment de convenance qui
ne fut pas généralement adopté ; mais , du moins , en
étendant son application , on s'accorda à la chanter ,
tous les vendredis du Carême , aux Saluts du soir ; et
partout on la fit entendre le soir du Jeudi-Saint , sur le
tombeau , par anticipation du Vendredi-Saint : rigou
reusement , ce devrait être ce dernier jour, vers trois
heures après-midi, et simplement au pied d'une croix.
Suivant quelques historiens, c'est le pape Innocent III,
aussi distingué comme poète que comme orateur, qui
fut, au douzième siècle, l'auteur de cette sublime élégie.
Selon quelques autres, elle fut composée par le B. Jaco-
PROSES.
341
pone, moine de l'ordre des Frères Mineurs Franciscains,
au quatorzième siècle. Suivant d'autres encore , elle est
de saint Grégoire-le-Grand ou de saint Bonaventure ;
d'où il suit qu'il n'y a rien de positif sur son origine.
On l'a chantée jusqu'à nos jours le plus communé
ment sur le mode hypo-lydien * , dont les notes mélaucoliques et lentes s'unissent d'une manière si touchante
aux paroles. Cela n'a pas empêché qu'elle ait été mise
en musique par les plus célèbres compositeurs, tels
que Palestrina, Haydn, Gluck, Haëndel. Rien de plus
suave surtout que le Stabat de Pergolèse : un souvenir
plein d'émotion s'y rattache. L'auteur de ce chefd'œuvre mourut à l'âge de vingt-deux ans , en 1 733 ,
dans une petite ville , sur le bord de la mer, au pied
du Vésuve, à l'instant même où il venait d'écrire le
dernier verset de son Stabat : c'était l'adieu de son
âme à la terre.
Au point de vue de la musique, Chateaubriand fait
sur ce sujet des remarques pleines de vérité : « Pergo« lèse, dit-il, a déployé dans le Stabat Mater la ri« chesse de son art, mais a-t-il surpassé le simple
« chant de l'Église? 11 a varié la musique sur chaque
« strophe ; et pourtant le caractère essentiel de la tris« tesse consiste dans la répétition du même sentiment,
« et , pour ainsi dire , dans la monotonie de la dou
ce leur
Ce chant pareil qui revient à chaque cou« plet, sur des paroles variées, imite parfaitement la
1 Les tons du plain-chant romain ont emprunté leurs noms
aux modes grees, ainsi qu'il est expliqué dans le livre du car
dinal Bona, delà divine Psalmodie, ch. xvil. 11 place au
même rang le ton hypo-lydien qu'il signale comme pieux,
humain et attendrissant.
342
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
CULTE DU MARIE.
nature : l'homme qui souffre promène ainsi ses pensées sur différentes images , tandis que le fond de ses
chagrins reste le même. Pergolèse a donc méconnu
cette vérité qui tient à la théorie des passions , lorsqu'il a voulu que pas un soupir de l'âme ne ressemblât au soupir qui l'avait précédé. Partout où il y a
variété il y a distraction , et partout où il y a distraction il n'y a plus de tristesse , tant l'unité est nécessaire au sentiment ! tant l'homme est faible dans cette
partie même où gît toute sa force , nous voulons dire
dans la douleur ! »
La Prose du Stabat Mater porte un cachet remarqua
ble de naïveté pieuse ; sa latinité , on peut en convenir,
laisse à désirer, à cause du siècle où elle fut composée.
Les deux premiers vers de chaque stance riment en
semble , et le troisième rime avec le troisième de la
stance suivante. On y reconnaît une exacte peinture de
ce qui se passa au moment où Jésus-Christ fut crucifié
sous les yeux de sa Mère, et il est impossible, en la
méditant , de ne pas se croire transporté au Calvaire
de Jérusalem , et surtout de ne pas comprendre cette
douleur, immense comme la mer, magna sicut mare
contritio. La Vierge-Mère semble alors apparaître à
l'âme recueillie , telle que le grand peintre , Philippe
de Champagne , l'a représentée dans son magnifique
tableau de la descente de croix , et comme on l'a dit
après lui, « pâle, les yeux éteints, enveloppée de cette
« large robe bleue que portaient les femmes de Jéru« salem , et laissant à deviner, dans ses traits, si c'était
« la douleur ou la résignation qui dominait dans cette
« âme céleste. »
PK06ES.
343
PROSE A LA VIERGE, A DEVOTION'.
AU SALUT.
Inviolata, integra et casta
es , Maria ,
Quœ es effecta fulgida cœli
porta.
O Mater alma Christi,
carissima ,
Suscipe pia laudum praxonia.
Te nunc flagitant corda
et ora,
Nostra ut pura pectora sint
et corpora.
Tuaper precata duleisona,
Nobis concedas veniam per
secula.
O benigna, ô Maria, ô
Virgo pia ,
Quœ sola inviolata permansisti.
Vous êtes sans tache , votre
virginité est entière , à Marie ,
vous qui êtes devenue la porte
éclatante du ciel.
O puissante Mère du Christ,
Mère très-chérie, recevez les
louanges pieuses que nous vous
adressons.
Que nos cœurs et nos corps
demeurent purs; c'est mainte
nant ce que vous demandent et
nos vœux et nos chants.
Par vos prières si douces et si
aimables obtenez-nous grâce
pour l'éternité.
O bénigne , ô tendre , ô com
patissante Mère , qui seule êtes
demeurée sans tacne.
PME H ES.
Sancta et immaculata virginitas, quibus te laudibus
efferam nescio. Quia quem
cœli capere non poterant ,
suo prsemio contulisti.
y Benedicta tu in mnlicribus , et benedictus fructus
ventris tui. * Quia.
n- Felix namque es, sacra
Virgo Maria, et omni laude
djgnissima. Quia ex te ortus
est Soljustitiœ,Christus Dcus
noster.
y Ora pro populo , interveni pro clero, intercede pro
devote femins sexu; sentiant omnes Luum juvamen,
Sainte et immaculée virgini
té , par quelles louanges vous
célébrer? je ne le sais. Celui
que les cieux ne peuvent conte
nir, vous l'avez renfermé dans
votre sein.
y Vous êtes bénie entre toutes
les femmes , et béni est le fruit
de votre ventre. Celui.
n- Vous êtes vraiment heu
reuse, ô Vierge Marie , et digne
de toute louange; c'est de votre
sein qu'est sorti le Soleil de juslice , Jésus-Christ notre Dieu.
y Priez pour le peuple, in
tervenez pour le clergé , inter
cédez pour le sexe qui vous est
dévoué, et que tous ceux qui
344
CULTE DE MARIE.
célèbrent votre sainte mémoire quicumquetuamsanclamceressentent l'effet de votre pro- lebrant commemorationem.
tection.
Quia ex.
Sub tuum prœsidium. (Voyez page 303.)
PRIONS.
OREMIS.
Accordez à vos serviteurs,
nous vous en supplions, Seigneur, de jouir toujours de la
santé du corps et de l'esprit ,
et par la glorieuse intercession
de ia bienheureuse Marie toujours Vierge, d'être délivrés de
la tristesse du temps, et de goùter la joie de l'éternité , parle
même Jésus-Christ.
Concede nos famulos tuos,
qusesumus, Domine Deus,
perpetua mentis et corporis sanitate gauderc, et gloriosa beata? Mariœ semper
Virginisintercessioneapra-senti liberari tristitia , et
œterna perfrui Uetitia. Per
Dominum nostrum Jesum
Christum Filium tuum, etc.
La prose Inviolata ne doit pas avoir une origine fort
ancienne, si l'on en juge par sa latinité. L'auteur n'en
est pas, du reste , positivement connu. Quelques-uns
pensent que ce fut saint Thomas d'Aquin. Pour nous ,
nous serions tenté de supposer que, comme le Memorare, cette prose a été faite, sinon par saint Bernard
telle qu'elle est , du moins à l'aide de fragments tirés
de ses ouvrages où nous avons lu tout entière cette
première phrase : Inviolata, integra et casta es, Maria.
Quoi qu'il en soit , elle appartenait dès le principe à la
liturgie romaine; elle est magnifique, et l'on doit re
gretter que son texte ait été plus d'une fois altéré par
des changements plus ou moins hasardés. Ainsi , par
exemple , dans le vers charmant , tua per precata dulcisona (par vos prières aux sons doux) , le dernier mot
qui est harmonieux a, dans quelques diocèses, été rem
placé par assidua qui manque de mélodie, et par luimême et par son rapprochement de precata. A Paris ,
au lieu de : 0 benigna! 6 Maria! 6 Virgo pia! on
PROSES.
343
chante trois fois : O benigna ! C'est peut-être aussi
bien , mais pourquoi changer?
PROSE A LA SAINTE VIERGE POUR LES AMES
DU PURGATOIRE.
Languentibus in Purgatorio
Qui purgantur ardore nimio,
Et torquentur gravi supplicio
Subveniat tua compassio,
0 Maria!
Fons es patens qui culpas
abluis,
Omnes lavas et nnllum respuis;
Manum tuam extende mortuis,
Qui sub pœnis tanguent
continuis,
O Maria !
Ad te pie suspirant mortui,
Cupientes de pœnis erui
Et adesse tuo conspectui
jEternisque gaudiis perfrui,
O Maria !
Gementibus, Mater, ac
celera ,
Pietatis ostende viscera,
lllos Jesus per sua vuinera,
Ut sanare dignetur impetra ;
O Maria !
Daignez venir en aide par
votre compassion aux âmes qui
languissent dans le Purgatoire ,
qui expient lerus fautes dans
les flammes et sont en proie à
un affreux supplice , ô Marie.
Vous êtes la source où s'effa
cent les souillures du péché,
vous les purifiez toutes et n'en
rejetez aucune ; étendez donc
votre main sur les trépassés qui
languissent dans des tourments
continuels , 6 Marie !
Les trépassés élèvent vers vous
de pieux soupirs ; ils aspirent
à voir cesser les peines qui leur
sont infligées, à se trouver en
votre présence et à jouir de l'é
ternelle félicité , ô Marie !
O Mère puissante, entendez
leurs gémissements ; montrezleur la tendresse maternelle de
vos entrailles, afin que Jésus
daigne racheter leurs fautes par
les propres blessures qu'il a re
çues, ô Marie!
Tu , vera spes , ad te claLa troupe fidèle de vos servi
teurs vous adresse ses supplica
mantium ,
Ad te clamat turba soda- tions, ù vous qui êtes leur so
lium
lide espérance ; elle vous im-
346
CULTE DE MARIE.
plore pour ses frères , afm que Pro fratribus, ut places
vous apaisiez votre Fils, et
Filium ,
qu'il leur accorde la récom Et cœlestes det eis prsepense du ciel , ô Marie !
mium,
O Maria !
Faites que les larmes que
Fac lacrymre quas, bona,
nous répandons aux pieds du
respicis,
souverain juge et sur lesquelles Quas l'uni liions ad pedes juvous laissez tomber un regard
dicis ,
de bonté, puissent bientôt étein Mox extinguant vim flamme
dre l'ardeur des flammes venge
vindicis ,
resses, et qu'elles se mêlent aux Ut jungautur choris angechœurs des anges , ô Marie !
lie is ,
O Maria !
Et quand arrivera l'heure
Et cum fiel stricta disensterrible, au jour du jugement
sio,
de Dieu, suppliez votre Fils, qui In tremendo Dei judicio,
aura à prononcer la redoutable Judicanti supplica Filio
sentence, afin qu'il nous accorde Ut cum sanctis sit nobis
une petite place parmi les saints,
portio ,
ô Marie !
O Maria!
y Ora pro defunctis et
>' Priez pour les morts et
pour nous, très-sainte Mère de pro nobis, sanctissima Dei
Dieu.
Genitrix.
a- Ut digni efficiamur pron- Afin que nous puissions être
digues des promesses du Christ. missionibus Christi.
Imitation en vers de la même prose, pour les âmes
du Purgatoire.
Sur les chrétiens dont l'âme languissant ,
En Purgatoire , éprouve un feu brûlant ,
Et que tourmente un supplice accablant,
Laissez descendre un œil compatissant ,
Mère de Dieu !
O vous , d'un roi mère et fille , effacez
Des pénitents tous les crimes passés ;
Par votre Fils vos vœux sont exaucés ;
Soyez propice aux pauvres trépassés ,
Mère de Dieu !
Voyez ces morts par un pieux soupir
De leurs tourments aspirant & sortir;
PROSES.
347
Sous vos regards heureux de revenir :
Du Paradis ils ont soif de jouir,
Mère de Dieu !
Mère , écoutez leur gémissante voix,
Près du Seigneur faites valoir vos droits ,
Et que Jésus couvre encor de sa Croix
Ceux que sa mort a sauvés autrefois ,
Mère de Dieu !
Unique espoir des pécheurs repentants ,
Prêtez l'oreille à nos gémissements ,
Et que touché de nos pieux accents
Dieu fasse paix à vos pauvres enfants ,
Mère de Dieu !
Que tant de pleurs puissent nous protéger
Près de Celui qui doit tous nous juger ;
Et par la flamme au lieu de se venger,
. Aux chœurs divins qu'il nous fasse agréger,
Mère de Dieu !
Et lorsqu'enfin viendront les jours prédits,
Où séparant les justes des maudits
Dieu jugera , suppliez votre Fils
De nous admettre en son saint Paradis ,
Mère de Dieu !
OREMUS.
PBIONS.
Deus, vita viventium,
spes morieutium , salus in
te sperantium, pra;sta, quœsumus , ut anima; omnium
fidelium defunctorum, nostrœ mortalitatis tenebris
absolutœ , beata Maria semper Virgine intercedente ,
cum omnibus sanctis tuis in
perpetua luce et pace lœtentur : Per Dominum nostrum
Jesum Christum.
Dieu, qui êtes la vie des vivants, l'espoir des mourants, le
salut de tous ceux qui ont eu
confiance en vous, daignez faire,
nous vous en prions, que les âmes
de tous les fideles défunts qui ont
été délivrées des ténèbres de
notre existence mortelle , soient
appelées par l'intercession de la
bienheureuse Marie, toujours
Vierge , à goûter avec tous vos
saints les délices d'éternelle lu
mière et de paix : Par NotreSeigneur Jésus-Christ.
Cette prose qui ne se chante pas ordinairement dans
le diocèse de Paris fut composée par J. Langoeznovensis , Anglais de naissance. C'est tout ce qu'on sait de
348
CULTE DE MAttlE.
cette invocation à Marie pour les morts. Pour racheter
ce laconisme de la tradition, nous dirons quelques mots
du fond du sujet.
Tout le monde sait que le Purgatoire est le lieu , ou
pour mieux dire Yétat de peine, dans lequel les âmes
des justes , sorties de ce monde sans avoir suffisam
ment satisfait à la justice divine pour leurs péchés,
achèvent de les expier, avant que d'être admises à la
jouissance du bonheur éternel. C'est par là qu'elles
sont purifiées ou purgées. La source ou la tradition de
ce dogme se retrouve non-seulement dans l'enseigne
ment des apôtres et dans celui de Jésus-Christ, mais
encore dans l'Ancien Testament : il est même certain
que la croyance d'une expiation à subir dans l'autre
monde a existé chez les païens et chez tous les peuples
idolâtres. 11 serait superflu d'en dérouler ici les preuves
multipliées. Il paraît plus convenable d'entrer dans
de courtes explications sur la destination du Purga
toire , sur ses peines et leur durée , et sur le3 moyens
indiqués par l'Eglise pour soulager les âmes du Purga
toire. Les personnes curieuses de connaître plus parti
culièrement ce qui se rattache à ce sujet , pourront
d'ailleurs consulter le Traité historique, dogmatique et
moral sur le Purgatoire, de l'abbé Théodore Perrin.
Ce n'est pas un article de foi que le Purgatoire soit
par le feu; c'est seulement une croyance universelle
ment reçue dans l'Église catholique , après avoir été
une opinion fort commune parmi les saints Pères. Le
Purgatoire a pour objet l'expiation des péchés des jus
tes. Ceux qui ont accompli cette expiation sur la terre
en sont exempts, car, s'ils n'ont pas de fautes à expier{
ils entrent aussitôt dans lesCieux : ainsi l'Eglise chante
proses.
349
en l'honneur de saint Etienne : « Etienne vit les deux
« ouverts et y entra. Heureux Fhomme à qui les portes
« du Ciel seront ouvertes. » — Il n'y a point non plus
de Purgatoire pour ceux qui meurent en état de péché
mortel , puisque , suivant la parole de l'apôtre saint
Mathieu, « ceux-là seront jetés dans les ténèbres exté« rieures, et là, il n'y aura pour eux que des pleurs et
« des grincements de dents pendant toute l'éternité. »
Donc , cette sorte de peine est pour le rachat des fautes
légères ou des péchés véniels des justes que n'a souillés
aucun péché mortel, ou bien des pécheurs pénitents
qui ont rendu leur âme à Dieu , sans avoir fait payer à
leur corps toute la satisfaction due pour leurs fautes.
11 est aisé de comprendre qu'aucun péché ne doit être
exempt des réparations , à moins que Dieu ne se man
que à lui-même , et en outre qu'il est naturel que des
âmes souillées au sortir de leur corps de péchés vé
niels ne soient pas glorifiées aussitôt et aussi complète
ment que celles dont la conscience fut sans tache. 11
faut d'ailleurs remarquer que les pécheurs qui se sont
convertis, ne sont pas toujours, par la confession, en
tièrement délivrés de la peine , et qu'ils peuvent avoir
à expier encore en purgatoire la peine due à de graves
péchés mortels, de telle sorte que c'est alors un supplé
ment de pénitence. — On ne peut dire combien de
temps les âmes des justes imparfaites demeureront
dans le Purgatoire : c'est pourquoi l'Église permet les
anniversaires perpétuels pour les morts. Après le juge
ment universel , le Purgatoire n'existera plus ; mais à
l'approche de ce moment terrible la rigueur des peines
pourra être proportionnée à leur durée moins longue. i
« 11 ne faut pas douter, dit saint Augustin, que
20
350
CULTB DE MARIE.
« les âmes du Purgatoire ne reçoivent un secours des
« prières et des sacrifices que l'Église offre pour elles :
« c'est là une vérité qui nous a été enseignée par la
« tradition des Pères. » Donc les suffrages des vivants
profitent aux morts; non qu'ils procurent de nouveaux
mérites à ces derniers , mais ils engagent Dieu à leur
pardonner leurs fautes et à couronner leurs mérites.
Ces remèdes aux maux de nos frères défunts sont prin
cipalement le saint Sacrifice de l'autel , les indulgen
ces, les prières, le jeûne et l'aumône. — Parmi les
prières, si la plus parfaite est sans contredit l'Oraison
Dominicale , comme il n'y en a point de plus sublime,
après elle, que la Salutation Angélique, on peut dire
encore qu'il n'y en a pas de plus attendrissante que la
prose adressée à Marie par Langoeznovensis : « Aucune
« autre ne saurait mieux , pour parler comme saint
« Jérôme en un autre sujet, procurer du soulagement
« à l'âme de ceux que nous avons aimés et qui ne sont
« plus, en arrosant leur cendre pieuse et leurs osse« ments vénérables avec les parfums sacrés des élans
« du cœur. »
Après les trois proses solennelles du Stabat, de Ylnviolata et du Languentibus , on lira sans doute encore
avec intérêt quelques proses particulières au rit pari
sien, qui se chantent à la messe de quatre grandes fêtes
de la sainte Vierge. Il n'y en a point ordinairement pour
la fête de la Visitation ni pour celle de la Présentation
de la sainte Vierge au Temple , non plus que pour
celle de la Conception, où l'on dit l'hymne Debitant
morti sobolem. Cette dernière se trouve sous son titre
spécial, ci-après, avec les antres chants du même genre
qui , à Paris , font partie des Vêpres. Dans l'usage de
PROSES.
3S1
Rome, c'est YAve, maris Stella, qui remplace presque
toujours ces hymnes à Vêpres.
Nous n'avons pu résister au désir d'enrichir cet ou
vrage de compositions si remarquables par l'élévation
des pensées et la beauté de l'expression. Leur lecture
d'ailleurs ne peut qu'intéresser vivement les serviteurs
de Marie , jaloux de préserver de l'oubli , sur la terre ,
tous les accents des poètes inspirés par Celle qui entend
perpétuellement retentir dans le ciel les concerts angéliques.
PROSES DU RIT PARISIEN
POUR LES FÊTES DE LA SAINTE VIERGE.
FÊTE DE LA NATIVITÉ.
Gaudii primordium , etc. (Voyez page 46.)
FÊTE DE L'ANNONCIATION.
Il mus ni gencris, etc. (Voyez page 69.)
FÊTE DE LA PRÉSENTATION DE NOTRE-SEIGNEUR ET DE LA
PURIFICATION DE LA SAINTE VIERGE.
Ave, plena gratia, etc. (Voyez page 91.)
FÊTE DE L'ASSOMPTION.
Induant justitiam , etc. (Voyez page 106.)
HYMNES.
IX
Exhortez-vous les uns les autres par des
psaumes , des hymnes et des cantiques spi
rituels
(Épltre de S. Paul aux Corinth., ch. 3.)
Commonentes vos metipsos in psulmis,
hymnis et canticis spiritualibus.
Le mot hymne vient du grec, et il veut dire chant ;
aussi chez tous les peuples, dont la langue a été puisée
à cette source, a-t-il signifié, en général, ce qu'on
chante en l'honneur de la divinité. Les Saliens, prêtres
de Mars, chantaient des hymnes composés, dit-on, par
Numa Pompilius ; la plupart des poètes païens en fai
saient également pour célébrer leurs dieux; enfin, aux
premiers temps du Christianisme , l'apôtre saint Paul
recommanda de louer le Seigneur par des psaumes, des
cantiques et des hymnes; et, dès la même époque, dans
une acception plus restreinte ou plus propre, ce terme
20
354
CULTE DE MARIE.
s'applique principalement à tout chant poétique in
troduit dans les offiees consacrés par l'Église. Au
sujet des psaumes, des cantiques et des hymnes, Guil
laume Durand dit que la différence entre ces trois
choses, est que les psaumes sont destinés à célébrer les
œuvres de Dieu, que les cantiques expriment les mou
vements passionnés de l'âme, et que les hymnes s'en
tendent surtout des louanges divines. Peut-être n'est-il
pas tout à fait inutile de faire observer que dans la
signification ancienne et générale, le genre grammatical
des hymnes est masculin ; il est resté tel, sous le Chris
tianisme, pour des chants de triomphe ou d'enthou
siasme, comme le Te Deum, le Gloria in excelsis Deo ;
mais dans le sens plus spécial que lui a donné l'Église,
le genre de ce mot a toujours été féminin. Cette sorte
de composition, rimée ou non, fut introduite dans
l'office décrit par saint Ambroise ; mais il s'écoula un
long temps avant qu'elle fût adoptée universellement;
trop souvent , en effet , la doctrine des auteurs de ces
chants , peu en harmonie avec celle de l'Église , avait
donné lieu à des abus qu'il avait fallu prévenir ou pros
crire. Il n'y avait donc rien de fixe dans l'adoption ou
l'exclusion des hymnes par les diverses liturgies de la
Chrétienté. Deux grandes époques peuvent cependant
être signalées, le dixième siècle à partir duquel la li
turgie romaine admit les hymnes dans l'office public,
et l'année 1736 où fut publié le bréviaire de Charles
de Vintimille , archevêque de Paris. Ces deux rites se
sont partagés en quelque sorte l'adhésion des églises de
France : ainsi , entr'autres , Bordeaux a conservé à peu
près entièrement les hymnes anciennes de la liturgie
romaine, et Lyon a adopté, à la fin du siècle dernier.
iivmms.
355
les hymnes du bréviaire de Paris. 11 n'y a pas, au reste,
plus d'uniformité dans la manière de placer ces chants :
dans l'ordre des offices, notamment à Vêpres et à Com
piles, tantôt ils précèdent et tantôt ils suivent les psau
mes, selon les lieux et les cérémonies. Bien que tout
cela soit inditlérent, par rapport au culte en lui-même,
il est à souhaiter que l'unité, qui est le caractère propre
de l'Église catholique, vienne effacer ces disparates,
d'où il ne peut résulter pour les fidèles que des em
barras et des troubles , surtout quand ils passent d'un
diocèse dans un autre.
Il existe un grand nombre d'auteurs, anciens ou
modernes , qui ont composé des hymnes ; les plus
renommés sont Prudence, appelé le prince des poètes
chrétiens, saint Fortunat et saint Hilairc de Poitiers,
saint Ambroise de Milan , saint Éphrem , en Orient ,
saint Paulin , évêque de Noie , en Occident , Joseph Siculus , pour la liturgie grecque , saint Thomas d'Aquin, saint Bernard, Abailard, deux rois de France,
Charleinagne et Robert, Commire, jésuite, Charles
Coffln, Jean-Baptiste et Claude de Santeuil, Sébastien,
Bernault , Charles Quiet , jésuite , Simon Gourdan ,
prêtre de Paris, De La Brunetière, vicaire-général,
également de Paris, Habert, Muret de Limoges, Nicolas
LcTourneux, le P. Petau, etc. C'est J.-B. Santeuil
qui, dans le dix-septième siècle, a fourni au bré
viaire de Paris le plus grand nombre des hymnes dont
il se compose: ce poète, qui naquit à Paris en 1050,
fut chanoine régulier de Saint-Victor et mourut à Di
jon en 1097. 11 excita, sous le règne de Louis XIV, un
tel enthousiasme qu'il fut soupçonné par La Bruyère
d'avoir cédé à des mouvements de vanité qui auraient
356
CULTE DE MARIE.
diminué le mérite de ses chefs-d'œuvre. 11 est certain
qu'il existe de Santeuil des lettres intimes dans lesquelles
il écrivait à un de ses amis ces lignes significatives :
« Que je crains bien d'avoir reçu toute ma récompense,
« en recherchant trop les applaudissements des hom« mes ! » Et plus tard à un autre chanoine de SaintQuentin : « Hélas ! peut-être que les plus grands tour« ments que votre saint martyr aura soufferts, ce
« seront les hymnes faites par un pécheur comme moi,
« et vous auriez plus réjoui le martyr, si vous eussiez
« voulu entreprendre son panégyrique. Les Saints
« doivent écrire pour les Saints ; imitant leurs vertus,
« on les loue mieux que par des paroles et de belles
« hymnes. » Coffin, qui, dans un rang inférieur, par
tage avec Santeuil le privilège d'avoir le plus contribué
à enrichir de mélodieuses hymnes le bréviaire de
Paris, était un recteur de l'Université qui vivait de
1676 à 1749.
11 ne peut entrer dans le cadre de cet ouvrage de
reproduire ici toutes les hymnes recueillies par la piété
des serviteurs de Marie et adoptées par les Églises
de France dans leurs hymnaires particuliers. Nous ne
citerons que les plus connues par leur usage, leur va
leur littéraire, et la célébrité de leurs auteurs. Nous
nous bornerons d'ailleurs à accompagner le texte et la
traduction de la simple indication de ces auteurs et
quelquefois de courtes réflexions. Un commentaire
complet eût entraîné trop de détails.
En exprimant toute notre admiration pour le ca
ractère poétique des hymnes qu'on chante à Paris ,
nous manifesterons encore une fois le vœu déjà émis
par quelques évêques , que toute bigarrure cesse enfin
HYMNES.
3j7
dans le culte catholique , cl que tous les rites se con
fondent dans l'unité romaine.
TE OKI 191.
A Matines de l'Office de la sainte Vierge. (Voyez- page 209.)
Le Te Deum passe pour être l'œuvre de saint Ambroise et de saint Augustin. 11 ne fait pas essentielle
ment partie des hymnes dépendant du culte de Marik;
cependant comme on le récite toujours dans son Office,
à Matines , nous avons cm devoir lui donner place
ici. Ce chant est sans contredit l'un des plus beaux de
l'Église ; consacré pour l'office matutinal , de même
que le Gloria in excelsis l'est pour la Messe, il se mêle
à un grand nombre de ses solennités, comme cantique
d'actions de grâces ou chant de triomphe. On ne le dit
jamais durant l'Avent , ni depuis la Septuagésimc jus
qu'à Pâques, pour l'Office du temps. Si, comme la
plupart des historiens l'ont pensé, ce chef-d'œuvre,
inspiré par un enthousiasme divin , est dû tout à la
fois à saint Augustin et à saint Ambroise , jamais il
n'y eut d'union littéraire et religieuse plus édifiante
et plus digne d'être conservée dans la mémoire des
hommes.
Au reste, deux auteurs graves se sont occupés de
l'origine du Te Deum; le premier, saint Dace, évêque
de Milan, s'est exprimé ainsi: « Augustin fut baptisé et
« confirmé au nom de la sainte et indivisible Trinité ,
« par le bienheureux Ambroise, en présence de tous les
« fidèles de Milan. Sur les fonts mêmes du baptême, ils
358
«
«
«
«
«
CULTK DB MARIE.
chantèrent, par une inspiration de l'Esprit saint, Te
Deum laudamus , ayant pour témoins les mêmes
fidèles qui écou taient ce nouveau cantique , et , depuis ce temps , l'Église universelle l'a conservé et
chanté religieusement. »
Dans les Soirées de Saint-Pétersbourg, M. de Maistre
dit à son tour : « Cette prière est née en Italie , à
« ce qui paraît, et le titre d'Hymne ambrosienne pour« rait faire croire qu'elle appartient exclusivement à
« saint Ambroise ; cependant on croit généralement, à
« la vérité, sur la foi d'une simple tradition, que le Te
« Deum fut, s'il est permis de s'exprimer ainsi, impro« visé à Milan par les deux grands et saints doc« teurs Ambroise et Augustin , dans un transport de
« ferveur religieuse: opinion qui n'a rien que de très« probable. En effet, ce cantique inimitable, conserve
« par l'Église et les communions protestantes, ne pré« sente pas la plus légère trace de travail et de médita« tion, et n'est point une composition ; c'est une effu« sion; c'est une poésie brûlante, affranchie de tout
« mètre ; c'est un dithyrambe divin où l'enthousiasme,
« volant de ses propres ailes, méprise toutes les res« sources de l'art. Je doute que la foi, l'amour et la re« connaissance aient parlé jamais un langage plus vrai
« et plus pénétrant. »
HYMNES.
359
AUTRE HYMNE.
A MATINES.
Quem terra, pontus, sidera, ete. (Voyez page 193.)
Cette hymne est attribuée par quelques auteurs à
saint Grégoire, et selon le sentiment de quelques au
tres, elle serait de Fortunat. Le premier, pape et doc
teur de l'Église & la fin du sixième siècle , fut célèbre
et mérita le surnom de Grégoire-le- Grand , par sa
science, ses vertus, ses prédications et ses écrits; le se
cond, évêque de Poitiers, fut le contemporain et l'ami
de saint Grégoire, ce qui a pu faire naître de l'in
certitude sur le point de savoir à qui des deux appar
tient l'hymne magnifique qui ouvre l'office de la sainte
Vierge.
A LAUDES.
0 gloriosa Virginum, ete. (Voyez page 224.)
Cette hymne se chante , dans le rit romain , à la
fête de l'Assomption. A Paris, on lui a substitué la
prose Incluant justitiam et celle du Stabat. 11 existe
encore sur son auteur la même incertitude historique
que pour l'hymne, Quem terra, pontus, œthera
Les uns l'attribuent à saint Grégoire, d'autres à Fortu
nat. Toujours est-il certain que rarement la poésie fit
entendre des accords plus doux ou présenta des images
plus étincelantes de beauté.
360
CULTE DE MARIE.
A PRIME, TIERCE, SEXTE ET NOUE.
Memenlo, rcrum Conditor, etc. (Voyez page 230.)
Saint Ambroise, célèbre docteur de l'Église, vivait
dans le quatrième siècle. Sa douceur, dit l'auteur de la
Gaule poétique, fut annoncée par un miracle : « Des
« abeilles, descendues des cieux sur son berceau, se
« reposèrent en essaim sur les lèvres de ce Platon de
« la chrétienté. » C'est peut-être en souvenir de ce fait
raconté par plusieurs historiens du temps, et qui put
n'être qu'une allégorie, ou bien à cause de la suavité
d'expression qui caractérisait les paroles et les ou
vrages d'Ambroise, que fut décerné à ce grand saint le
surnom de Doctor mellifluus (docteur d'où coule le
miel). Ce fut lui qui eut la gloire de convertir saint Au
gustin : il mourut la veille de Pâques, en 397. L'hymne
Memento qui fait partie de ses œuvres, est donc récitée
par les Chrétiens depuis près de quinze cents ans. Un
pieux historien raconte qu'un jeune homme, placé
dans une situation difficile et sur le point de com
mettre une mauvaise action , récita la deuxième stro
phe de cette hymne, en invoquant du coeur l'interces
sion de la Mère de Dieu, et que sur-le-champ il fut dé
livré de cet assaut.
Hymne pour toutes les fêles de la sainte Vierge ,
dans l'usage de Rome.
A VÊPRES.
Ave , maris Stella , etc. (Voyez page 258.)
VAve, maris Stella a souvent été publié sous le titre
d'hymne de saint Bernard ; mais cette hymne n'est
HYMNES.
361
point de lui. D'abord on ne la trouve point dans ses œu
vres, et, d'une autre part, Gerbert, auteur d'un traité
fort estimé sur le chant et la musique de l'Église , as
sure l'avoir lue dans un manuscrit de l'abbaye de SaintGall , antérieur à saint Bernard d'environ deux cents
ans. Après tout, que nous importent le nom de l'auteur
et le secret des lèvres inspirées d'où s'échappa ce chant
délicieux et sublime qui ne périra point dans la mé
moire des hommes? Bien à plaindre est celui qui n'a
pas ressenti une indicible mélancolie et l'avant-goût
d'une divine espérance, en prenant part ou en prêtant
l'oreille à ces ravissantes aspirations vers la Mère
de Dieu ! Les historiens racontent que cette hymne était
particulièrement chère à saint Dominique, et que sou
vent, voyageant à pied, un bâton à la main, un paquet
de hardes sur les épaules, il traversait les villages, en
récitant YAve, maris Stella.
Hymnes pour les fêtes de la Sainte Vierge.
LA CONCEPTION.
A VÊPRES.
Debitam morti sobolem creârat, ete. (Voyez page 35.)
Dans l'usage de Rome, on chante YAve, maris Stella,
tant pour la Conception que pâur les autres fêtes de la
sainte Vierge ; mais l'hymne qui précède et dont l'au
teur est Coflïn, se chante à Paris aux premières vêpres ;
elle est remplacée aux deuxièmes vêpres, soit par
l'hymne qui se dit pour la fête de la Nativité , soit par
cette autre que nous croyons devoir donner encore ici.
21
3C2
CULTE DE MARIE.
Comme le soleil qui brille
d'uu vif éclat, sans être obscurci
par l'ombre la plus légère ,
ainsi, Vierge sainte, aucupc
trace de péché no se peut trou
ver dans votre sein.
Comme la lune qui réjouit
les cieux en dissipant de sa
clarté les ténèbres, ainsi, vous
éclairez le monde de toutes
parts, et la nuit ne porte au
cune atteinte à votre lumière.
Comme le lis, honneur des
jardins, déploie ses pétales d'une
inaltérable pureté , ainsi , Heur
des vierges , votre blancheur est
éternelle.
Comme l'onde, plus pure que
le cristal , réfléchit avec fidélité
les traits du visage, ainsi, Vierge
sainte, votre âme retrace l'i
mage même de Dieu.
Louange au Père, louange au
Fils, et toujours aussi louange
à vous, Saint-Esprit, qui, par
l'immaculée conception , avez
formé une Vierge digne de Dieu.
Ainsi soit-il.
Ut sol decoro sidere
Splendescit, umbrœ nescius,
Sic , Virgo , nullam pectore
Admittis umbram criminis.
Ct luna, cœlos recreans,
Vincit tenebras lumine ,
Sic tota fulges , et tuum
Sic nulla nox lœdit decus.
Ut floret , horti gloria ,
Candore puro , lilium ,
Color tibi, flos virgiimm,
Sic purus œternum manet.
Ut unda, vitro purior,
Vultum fidelis exhibet ,
Sic mente sinceram Dei ,
Virgo, refers imaginem.
Sit laus Patri, laus Filio,
Sit par tibi laus, Spiritus,
Dignam Deo qui Virginem
Formans ab ortu pra-paras.
Amen.
LA NATIVITÉ.
A VEPRES.
Unns bonorum fons, Deus, omnium , etc. (Voyez p. 48.)
C'est aux deuxièmes vêpres de la Nativité que se
chante, à Paris, l'hymne qu'on vient de lire et qui est
de Coffin. On y dit, en outre, à l'office nocturne, l'hymne
Lœtis terra sonet plausibus , et à Laudes, Mortale , cœli
toile, yenus, caput : toutes deux du même auteur.
HYMNES.
363
LA PRÉSENTATION DE LA SAINTE VIERGE.
A VÊPRES.
Davidis soboles, gratia virginum , ete. (Voyez page 60.)
Jamais l'inspiration religieuse n'inspira un chant
plus pur et plus sublime! L'auteur en est inconnu;
mais il s'est assuré une place brillante à côté de Santeuil et de Coffin.
L'ANNONCIATION.
AUX I. ET AUX II. VÊPRES.
Hœc illa solemiiis (lies, ete. (Voyez page 74.)
Cette hymne est de J.-B. Santeuil ; c'est un modèle
d'élévation, de pureté et d'élégance. Le poëte y sonde
les profondeurs des principaux mystères; et jamais
peut-être l'expression latine n'a été plus heureuse et
plus juste dans sa concision. C'est ce qui a fait dire
avec raison à l'auteur de la littérature des offices di
vins : « Quelles pensées plus propres à exciter notre
« admiration, à entretenir notre piété, à nous pénétrer
« de reconnaissance ! L'habitude nous familiarise avec
« ces belles productions; elle en détourne notre atten« tion, et nous en dérobe le mérite. Mais lorsque nous
« les examinons avec plus de soin, que nous arrêtons
« nos regards sur les richesses qu'elles renferment,
« nous sentons alors combien ces livres d'offices que
« nous traitons avec indifférence sont précieux, non
364
CULTE DE MARIE.
« seulement pour les sentiments religieux qu'ils nous
« inspirent, mais encore pour le génie, le goût et l'élé« gance! »
LA VISITATION.
A VÊPRES.
Csctcri nunquam nisi vagiendo , etc. (Voyez page 83.)
Indépendamment de cette hymne dont l'auteur nous
est inconnu, et qui se chante aux deuxièmes vêpres, il
y en a une autre pour les premières vêpres, qui est de
J.-B. Santeuil; celle-ci, pour être d'un ton plus simple
que la plupart de ses inspirations poétiques, n'en est
pas moins attendrissante. La voici :
Quo te sanctus ardor raQuelle sainte ardeur vous en
flamme, Vierge sainte, l'hon
neur et l'ornement des vierges? O Virgo, flos ô Virginum ?
Où portez-vous vos pas ?
Quo tendis, et cito gradu
Quel saint devoir vous en Conscendis alla montium ?
gage à franchir ces montagnes?
C'est l'Esprit saint qui anime Urget sacer te Spiritus
Marie ; c'est l'Esprit de Dieu Toto rcpletam Numine :
qu'elle renferme dans son sein. Matris Dei jam dignitas
Elle a le sentiment de sa gran Nil caritati detrahit.
deur ; mais sa grandeur ne dé
robe rien à sa douce charité.
Vous allez , jeune et aimable Tibi propinquam sanguine
Vierge, féliciter votre parente Matrem puella visitas ,
des faveurs dont le ciel l'a com Con cessa cui divinitus
Grataris alvi munera.
blée dans un âge avancé.
Remplies l'une et l'autre de O quanta matrum gaudia,
joie , vous admirez l'une et l'au Stupente natura gravem
tre le double prodige dont la Anum stupes, qus virginem
nature elle-même s'étonne : une Fœtam Deo te praedicat.
femme féconde en ses vieux
ans , une vierge féconde en sa virginité.
HYMNES.
363
Absconditum sub intimo
Ceu nube portabas sinu
Solem, suo qui protinus
Lustrabit orbem linninc.
Ton chaste sein , ô Marie ,
couvre, comme d'un nuage mys
térieux , le Soleil immortel qui
doit bientôt éclairer l'univers!
Gloire à vous, le Fils, rédemp
Mundo redemptor qui \ cuis,
Fili , tibi laus ma vi ma ,
teur du monde, gloire à vous
Cum Patre : nec tibi mincir avec le Père, gloire égale au
Saint-Esprit.
Laus, utriusque Spiritus.
Ainsi soit-il.
Amen.
LA PURIFICATION.
AUX I. VÊPRES.
Templi sacratas, pande,
Sion , fores ,
Christus sacerdos intrat et
hostia :
Cedant inanes veritati
Quœseanimisaperit, figurœ.
Ouvre, Sion, les portes sacrées
du Temple , le Christ s'avance ,
prêtre et victime ; que les figu
res s'évanouissent devant la vé
rité qui se dévoile aux âmes.
Non immolandi jam pecudum greges;
Fumabit ater non cruor amplius :
En ipse placando Parenti ,
Ipse suis Deus astat aris.
Virgo latentis conscia Numiiiis
Demissa vultus, quem peperit Deum ;
Hune gestat ulnis pauperumque
Munera fert, teneras volucres.
Hic omnis setas, omnis et
astitit
Sexus, propinquo Numine
plenior :
Omnes anhelantis tot annos
Nunc fidei pretium repor
tant.
N'immolez plus vos troupeaux
de victimes ; que la vapeur de
leur sang n'obscurcisse plus les
airs : voici que pour apaiser son
Père Dieu lui-même se présente
à ses autels.
Confidente des divins secrets,
une jeune vierge porte entre ses
bras le Dieu qu'elle a enfanté, et
les yeux baissés présente l'of
frande des pauvres, deux jeunes
tourterelles.
Là se trouvent rassemblés et
tout sexe et tout âge, tous pleins
du Dieu dont ils sentent la pré
sence, tous remportent le prix
d'une foi qui, si longtemps, ap
pela sa venue.
368
CULTE DE MARIE.
Parmi tant de témoins, fi Dieu,
Testes tiit inter magnala Mère du Verbe, gardant comnimo, Drus ,
me lui le silence devant l'autel, Tibi litabat lirma silentio,
vous offrait son sacrilice et ren- Verbi silentis muta mater :
fermait tout dans son cœur.
Cuncta animo penitus premebat.
Gloire au Père, gloire au Fils,
Sit summa Patri , sumgloire égale à l'Esprit divin. Ofmaque Filio,
Irons à la sainte Trinité le sa- Sanctoque compar gloria
critice perpétuel d'un cœur reliFlaroini :
gieux.
SaneUe litemus Trinitati
Perpetuo pia corda cultu.
Ainsi soit-il.
Amen.
Cette hymne est de J.-B. Santeuil : on y trouve ,
comme dans toutes les autres , un cachet très-remar
quable d'inspiration religieuse et de brillante poésie.
AUX II. VÊPRES.
Stupete, gentes! fit Deus hostia, etc. (Voyez page 96.)
Cette hymne fut composée comme la précédente par
J.-B. Santeuil, pour la fête de la Purification de la sainle
Vierge : toutes les deux sont regardées comme les
chefs-d'œuvre de l'illustre chanoine de Saint-Victor.
« Que de verve! que de brillantes images! s'écrie
« à ce sujet M. Egron, dans ses études sur le culte de
« la sainle Vierge. Quelle énergie dans la pensée !
« quelle noblesse dans l'expression ! Et quel est donc
« ce grand sujet qui doit frapper les peuples d'étonne« ment? C'est un Dieu qui se dévoue, comme le moin« dre des mortels : c'est le Législateur des cieux qui se
« soumet aux lois des hommes; c'est le Rédempteur
« de l'univers qui offre le prix de notre rédemption :
« c'est une vierge pure, une mère sans tache qui vient
« se purifier!
HYMNES.
367
« Eh quoi ! cette mère admirable s'abstient de l'en« trée du temple, comme une femme vulgaire! Que
« crains-tu, fille du Ciel? ton chaste sein n'est-il pas le
« temple le plus pur de l'Éternel?
« Le poète voit dans cet acte légal trois sacrifices ad« mirables : une vierge, un enfant, un vieillard : une
« vierge renonçant aux honneurs de la pureté virgi« nale ; un enfant offrant à Dieu ses membres tendres
« et délicats ; un vieillard consacrant à Dieu ses der« niers jours. Dans l'inspiration dont il est animé, il
« entrevoit encore des sacrifices plus douloureux qui
« attendent l'enfant divin; les traits déchirants qui
« perceront son cœur, les souffrances qui sont réser« vées à sa tendre et chaste mère, et la sanglante
« expiation qu'il accomplira sur la Croix ! »
L'ASSOMPTION.
O vos, œtherei', plaudite, cives, etc. (Voyez page 111.)
C'est encore*à la lyre de J.-B. Santeuil que l'Église
doit ce chant de gloire et de triomphe , inspiré par
un saint enthousiasme. Jamais assurément les accords
n'en avaient été plus suaves et plus animés : quelle que
soit la réserve que nous nous soyons imposée en ce qui
touche les jugements à porter en semblable matière ,
il nous est impossible de ne pas reconnaître que la poé
sie en est supérieure, sinon à celle de YAve, maris
Stella, qui se chante dans l'usage de Rome, du moins
à l'hymne suivante adoptée aussi par le rit parisien et
le rit romain , et qui toutefois n'est pas sans beautés :
celle-ci est de C. Coffin.
CILTE DE MARIE.
Vierge , Mère de Dieu , celui Virgo Dei Genitrix ,
que l'univers entier ne peut con
Quem totus non capit
tenir, en se faisant homme, s'est
orbis ,
renfermé dans vos entrailles.
In tua se clausit viscera
Factus homo.
C'est donc justement que tous Hinc merito dicent te
les siècles vous appelleront bien
Sœcula cuncta beatam ;
heureuse ; voila pourquoi les Hinc populi Matrem te
peuples vous honorent comme
Dominamque colunt.
mère et souveraine.
Recevez les honneurs que vous Suscipe quos pia plebs tibi
rend à l'envi la piété des peu
Pendere certat honores :
ples ; accordez les secours qu'im Annue sollicita quam
plore leur ardente prière.
Prece poscit opem.
Gloire éclatante au Père, Gloria magna Patri, compar
gloire égale au Fils , gloire égale
Sit gloria Nato :
a l'Esprit saint, l'honneur du Amborum tibi par,
Père et du Fils.
Spiritus aime decus.
Ainsi soit-il.
Amen.
FÊTE DE LA COMPASSION DE LA VIERGE MARIE DANS LA
SEMAINE DE LA PASSION.
A VÊPEES.
Hymne de Habert , e"véque de Vabres.
Tandis que Jésus , victime du
salut, arrose l'autel de son sang,
Marie immole son propre cœur,
jaloux de partager une douleur
si grande.
Dum spargit aram sanguine
Jesus, salutis hostia ,
Prœsens doloris :rmulum
Maria pectus immolat.
La tête ensanglantée du Fils
sert en quelque sorte de cou
ronne au front de la Mère; et
les mêmes clous ont attaché le
Christ à la croix , et la mère au
Christ.
Capite cruentum Filii
Matris coronat verticem :
Clavis iisdem figitur
Christus cruci , Christo parens.
O Jésus et Marie , qui êtes O Passionis mutuœ ,
associés à votre passion mu- Jesu, Maria, conscii!
HYMNES.
Alterna vobis vulnera
Inferre tandem parcite.
369
tuelle, cessez de faire que les
blessures de l'un retombent sur
l'autre.
Quem vos doletis, noster est
Ce que tous deux vous souf
Èrror, furorque criminum : frez est le fruit de nos erreurs,
Totum scelus fatentibus
et le terrible effet de nos crimes ;
Partem doloris reddite.
faites donc supporter une partie
de vos souffrances à ceux qui se
reconnaissent coupables de tant de forfaits.
Qui natus es de virginc ,
Jesu, tibi sit gloria,
Cum Patre, clmique Spiritu ,
In sempiterna sa;cula.
Amen.
.* Anima mea turbata est
valde.
n- Sed tu, Domine, usquequo?
Gloire soit à vous, ô Jésus,
qui êtes né d'une vierge , gloire
à vous avec le Père et le SaintEsprit.
Ainsi soit-il.
y Mon âme a été vivement
troublée.
n Et vous , Seigneur, jusques
à quand ?
Isaac Habert, savant et célèbre docteur de la Société
de Sorbonne, chanoine et théologal de Paris, puis
évêque de Vabres, en 1645, mort en 1668, fut très-dis
tingué par ses prédications et ses ouvrages. Il y eut un
grand nombre de personnes éminentes par la science
et la piété dans sa famille. On a surtout conservé le
souvenir de sa tante Suzanne Habert, épouse de Charles-du-Jardin, officier du roi Henri III, veuve à l'âge de
vingt-quatre ans, et qui passa le reste de sa vie dans le
monastère de N-otre-Dame-de-Grâce , à la Ville-i'Évêque, près de Paris. Elle savait l'hébreu, le grec, le la
tin , l'italien , l'espagnol , la philosophie et même la
théologie. Elle laissa, en mourant, un grand nombre
d'oeuvres manuscrites entre les mains de son oncle
Isaac Habert. En lisant l'hymne Dum spargit aram san
guine, on serait tenté de l'attribuer à cette femme cé
lèbre elle-même, car chaque pensée semble y révéler
21.
370
CULTE DE MARIE.
ces clans de 1 amc, cette touche delicate et ces rêveuses
images , qui sont le partage presque exclusif du sexe
dont le nom de Marie est devenu le symbole impé
rissable !
Hymne qui se chante , à Paris , à Complies , après les Vêpres
du très-saint et immaculé Cœur de Marie.
O vous, qui unissez les hon
neurs de la Mère aux préroga
tives de la virginité , soyez, à la
lin de ce jour, propice 4 vos
enfants fidèles.
Brillante étoile de la met,
lorsque nous sommes près d'ê
tre submergés par les flots du
siècle , soyez notre lumière dans
les ténèbres, et devenez notre
port de salut.
O Mère du chaste amour,' si
notre ferveur s'amortit, faites
que notre cœur se réveille et
respire tout entier pour l'amour
de Dieu.
O Reine puissante, daignez
protéger nos entreprises et pren
dre soin de l'existence et du sa
lut de votre peuple.
Gloire éternelle au Père,
gloire égale à son Fils, gloire
au Saint-Esprit , parce que la
Vierge a enfanté. Ainsi soit-il.
Virgineis tilulis Matris quie
jungis honores ,
Hac natos foveas nocte benigna tuos.
Fulgida stella maris, sœcli
dum mergimur undis,
Sis lux in tenebris et bene
fida quies.
Si sopor obrepit , casti , fac ,
Mater amoris,
Cor vigilans uno spiret
amore Dei.
O Regina potens, propius
res aspice nostras,
Dicaris populi vita salusque
tui.
Gloria summa Patri, compar sit gloria Nato;
Quo peperit Virgo gloria
Spiritui.
Amen.
L'auteur de cette hymne nous est inconnu.
HYMNES.
371
Hymne de saint Casimir.
Omni die ,
Die Mariœ
Mea laudes anima ;
Ejus lesta ,
Ejus gesta
Cole devotissima.
Ne passe aucun jour, mon
âme, sans rendre tes hommages
à Marie; solemnise avec dévo
tion ses fêtes ; célèbre toutes ses
éclatantes vertus.
Contemplarc,
Et mirare
Ejus celsitudinem ;
Die felicem
Genitricem ,
Die beatam Virginem.
Admire sa grandeur et son
élévation sur toutes les créatu
res, et ne cesse de publier le
bonheur qu'elle a d'être mère
de Dieu , sans- cesser d'être
vierge.
Ipsam cole ,
Ut de mole
Criminum se liberet ;
Hanc appella,
Ne procella
Vitiorum superet.
Honore-la comme ta souve
raine, afin qu'elle t'obtienne le
pardon de tous tes péchés ; in
voque-la comme ta bonne mère ,
et elle ne pormettra pas que tu
sois entraînée par le torrent de
tes passions.
Quamvis sciam
Quod Mariam
Nemo digne prœdicet ,
Tamen vanus
Et insanus
Est qui eam reticet.
Quoique je n'ignore pas que
Marie est au-dessus de toutes
nos louanges, c'est cependant
impiété, c'est folie de ne pas la
louer.
Hœc amanda
Et laudanda
Cunctis specialiter,
Venerari ,
Et precari
Decet il lam jugiter.
Elle doit être singulièrement
aimée et exaltée par tous les
hommes , et nous ne devons ja
mais cesser de l'honorer et de
la prier.
O cunctarum
Feminarum
Decus, atque gloria,
Quam probatam
Et elatam
Scimus super omnia.
Vierge sainte, l'ornement et
la gloire de votre sexe , vous
que toute la terre révère, et
qui êtes si élevée dans le ciel ,
Daignez exaucer les vœux de
Clemens, audi,
ceux qui se font un devoir de
Tua: laudi
Quos instantes conspiçis , chanter vos louanges ; obteaez
372
CULTE SB MARIE.
nous le pardon de nos crimes,
et rendez-nous dignes du bon
heur éternel.
Je vous salue , Vierge sainte ;
c'est par vous que le ciel est
ouvert aux malheureux, vous
que l'ancien serpent n'a jamais
pu séduire.
La part que vous avez à notre
rédemption fait qu'après Dieu,
nous mettons en vous toute no
tre confiance , et nous espérons
que par votre puissante inter
cession nous n'aurons pas le sort
des réprouvés.
Préservez-moi de cet étang
de feu où tous les tourments se
trouvent, et faites par vos priè
res que j'aie une place dans le
séjour des bienheureux.
Munda reos ,
Et fac eos
Bonis dignos cœlicis.
Virgo, salve,
Per quam valvœ
Cœli patent miseris ,
Quam non flexit ,
Nec allexit
Fraus serpentis veteris.
Reparatrix ,
Consolatrix
Desperantis animx,
A pressura
Quœ ventura
Malis est, nos redime.
Pro me pete,
Ut quiete
Sempiterna perfruar,
Ne tormentis
Comburentis
Stagni miser obruar.
Ut sim castus
Et modestus,
Duleis, blandus, sobrius,
Pius, rectus,
Circumspectus ,
Simulatis nescius.
Fac me mitem ,
Pelle litem ,
Compelle lasciviam ,
Contra crimen
Da munimen,
Et mentis constantiam.
Obtenez-moi une pureté in
altérable, une modestie édi
fiante, une douceur univer
selle , une piété persévérante ,
une vraie sagesse , un cœur sans
dissimulation , un esprit droit.
Eloignez de mon cœur tout
senliment de froideur ou d'a
version ; allumez-y une charité
parfaite , éloignez-y tout senti
ment de plaisir criminel et de
mollesse; obtenez- moi la per
sévérance finale, et que je trouve
en vous les secours dont j'ai besoin contre les ennemis de mon
salut.
Saint Casimir, né à Cracovie, le 5 octobre i 438, était
fils de Casimir III, roi de Pologne, et d'Elisabeth d'Au
triche, fille de l'empereur Albert II, roi de Hongrie et
de Bohême.
Doué d'un heureux naturel et formé par les soins
HYMNES.
373
d'une excellente mère, il montra dès son jeune âge une
grande piété, et surtout une dévotion très-fervente à la
sainte Vierge. Il composa, étant encore fort jeune,
la prose qui porte son nom et qui est pleine des plus
tendres extases de son cœur. Non-seulement il la réci
tait tous les jours en forme d'oraison, mais encore
il voulut être enterré avec elle , et on la trouva cent
vingt ans après sa mort sous sa tête, dans son tombeau.
L'acte authentique de cette découverte, dressé en 1604,
en présence de l'évêque de Wilna, porte que son corps
fut reconnu tout entier et sans corruption : les riches
étoffes avec lesquelles ce saint corps avait été enseveli
n'avaient subi aucune altération, et les historiens de ce
fait miraculeux ajoutent qu'une odeur suave embauma
durant trois jours l'église où il fut transporté, et que
l'hymne dont il s'agit, tout écrite de sa main, fut con
servée comme une précieuse relique. Canonisé sous
le pontificat de Léon X, saint Casimir fut proclamé le
protecteur de la Lithuanie et de la Pologne où il est tou
jours en grande vénération.
L'hymme ou prose Omni die se chante à dévotion
dans l'usage de Paris .
LITANIES DE LA SAINTE VIERGE.
X
Vierge, Mère de Dieu,
Abime de grâce !
(S. DAMASCfeNE.)
Abîme d'humilité !
(S. ll.riEI'IIONSE.)
Ahimp de sagesse !
(S. Bernard.)
Virgo Deipara,....
Abyssumgratiœ!....
Humilitatis abyssum !
Abyssum sapientiœ !
Les Litanies sont la le"gende des titres d'honneur, de
vénération et d'amour que l'Église a décernés à son
éternelle protectrice ; elles sont comme la brillante cou
ronne où s'entrelacent , pour ravir l'âme et les sens ,
toutes les fleurs de la terre et du Ciel.
En grec, litania veut dire invocation, prière; aussi
emploie-t-on le plus souvent ce mot pour désigner
376
CULTE DE MARIE.
une suite d'invocations adressées à Dieu , à la sainte
Vierge et aux Saints. Il règne toutefois une sorte d'ob
scurité sur l'application qui en fut faite dans les pre
miers siècles ; car il est certain que ce nom servit tour
à tour à qualifier, dans l'Église orientale , l'invocation
plusieurs fois répétée : Kyrie, eleison, par laquelle
commençait la Messe des Catéchumènes , et dans l'é
glise latine , une suite d'invocations qui se chantaient
quelquefois à la Messe, avant la Collecte. C'étaient,
dans ces temps anciens , des prières comme celles qui
se font aujourd'hui après l'Évangile , et qui , plus tard ,
furent désignées sous le nom de Prône. — On a encore
appelé Litanies majeures ou mineures les processions
de saint Marc et des Rogations. Mais , quelles qu'aient
été les variations en cette matière, quelles que soient
les traces qu'on en trouve dans les siècles de Charlemagne , de Charles-le-Chauve et du moyen âge , le sens
du mot litanies, nous le répétons, est clairement fixé de
puis cinq cents ans et plus. Grégoire de Tours rapporte
que saint Grégoire , encore diacre , fut le premier qui
institua les Litanies dans un temps de peste. « Ayant
« convoqué, dit-il, tous les ordres du Clergé, il leur or« donna de chanter pendant trois jours, et d'implorer la
« miséricorde du Seigneur ; et dès l'heure de Tierce tous
« les chœurs se rendaient à l'église en chantant par les
« rues : Kyrie, eleison. » Il y a plusieurs sortes de li
tanies. 11 en a été établi par les Papes et par les Évêques sous les titres de Litanies du Saint-Sacrement,
du Saint-Esprit, de Jésus, des Saints et des Saintes, etc.
Plusieurs diocèses en ont même eu qui leur étaient pro
pres. Toutes commencent par Kyrie, eleison; Christe,
eleison; Kyrie, eleison, qui s'adressent à la sainte Tri
LITANIES.
377
nité. Puis on y invoque chaque personne divine avec
la supplication : Miserere nobis, Ayez pitié de nous. Si
on invoque Marie ou les Saints, cette supplication est :
Ora pro nobis; Priez pour nous , ce qui établit nette
ment la distinction observée par l'Église catholique
entre Dieu et Marie.
11 paraît certain que les Litanies de la sainte Vierge
prirent naissance dans la petite ville de Laurette ou
Lorette , en Italie , à une lieue du golfe de Venise. De
temps immémorial, les habitants de ce territoire, dont
l'évêché relevait du Pape, s'étaient distingués par leur
dévotion à la Mère de Dieu , et il n'est pas étonnant
qu'ils aient eu la pieuse idée de cette invocation.
Au reste, avant comme après la venue de JésusChrist , YAurore du salut fut l'objet des plus tendres et
des plus éclatants hommages. Écoutez, en effet, les
Prophètes : c'est le rejeton précieux de la tige de Jessé,
d'où sortira la divine fleur ; c'est la verge d'amandier,
qui doit fleurir sans racines et produire un fruit mira
culeux; c'est le parfum du nard odoriférant, qui doit
s'exhaler autour du trône de l'Éternel ; c'est la toison
blanche, imprégnée de la rosée du ciel; le buisson in
combustible, où Dieu viendra se manifester au sein
des flammes ; la nuée qui va répandre sur la terre al
térée une pluie féconde ; la glorieuse Reine saluée par
les Princes de la milice céleste, et mille autres figures
imposantes ou gracieuses sous lesquelles se voile , avec
plus ou moins de mystère , la Mère de la beauté et de la
vérité éternelles.
Les prérogatives , les vertus , les louanges de Marie
ont pris encore plus de splendeur et de développement
sous la nouvelle loi ; les saints Pères , et surtout saint
378
CULTE DE MARIE.
Bernard, en ont présenté au monde une nomenclature
nombreuse comme les étoiles, parmi lesquelles la
plus brillante est Y étoile du matin. Les Litanies n'en
sont qu'un abrégé ; elles se mêlent à toutes les prières
du Chrétien , à toutes les cérémonies de l'Église , où
Marie est honorée. Ces Litanies sont reproduites ici
telles qu'elles existaient depuis longtemps. Deux addi
tions seulement y ont été faites, savoir : Auxilium
Christianorum et Regina sinelabe concepta. La première
est de 1572. A cette époque, la Chrétienté ayant été
délivrée des armes des infidèles par la contiance du
pape Pie V en Marie , ce grand Pontife voulut perpé
tuer le souvenir d'un événement si glorieux pour l'É
glise : ce fut la première fois qu'il fit, de sa voix re
connaissante, retentir ce cri d'enthousiasme sous les
voûtes du Vatican : Auxilium Christianorum , ora pro
nobis; Secours des Chrétiens, priez pour nous. De là
cette invocation passa dans les Litanies. Quant à l'ad
dition Regina sine labe concepta, elle est très-récente,
et se trouve expliquée ci-avant , au titre de la Fête dé
la Conception.
Le nombre des Litanies diverses s'étant accru consi
dérablement , et avec excès sans doute , Clément V11I ,
souverain Pontife en 1601, défenditqu'on en publiât, ré
citât ou chantât dans les processions ou ailleurs d'autres
que celles que lui et ses successeurs avaient approuvées.
11 permit seulement alors de réciter celles du Missel et
du Bréviaire romain, et celles qui se disaient à Lorette
en l'honneur de la sainte Vierge. Après ce Pape, Paul V
recommanda la même dévotion aux fidèles pour le sa
medi , jour consacré à Marie ; et depuis , ces Litanies
sont devenues l'une des prières favorites de la Chré
LITANIES.
379
lientc tout entière. Plus on les médite, plus on y
retrouve l'immense océan de gloire et de bonté où
l'âme fidèle aime à se plonger avec délices. Cette ma
tière est si féconde , qu'il existe deux volumes in-folio
de 1200 pages, où chaque verset des litanies est le sujet
d'un commentaire rempli d'intérêt et de charme. Cet
ouvrage , d'une érudition et d'une piété vraiment pro
digieuses , est d'un écrivain nommé Justin Miechovensis , et devrait être consulté par les prédicateurs et les
chrétiens, jaloux de bien connaître les gloires de la
Mère de Dieu. Pour nous, qui sommes forcés de nous
restreindre en cet inépuisable sujet , nous nous borne
rons à donner ici les Litanies les plus célèbres et en
même temps les plus propres à nourrir la piété.
LITANIES DE LA SAINTE VIERGE,
DITES LITANIES DE LORETTE.
Kyrie , eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christe, eleison.
Christ, ayez pitié de nous.
Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christe, audi nos.
Christ, écoutez-nous.
Christe , exaudi nos.
Christ , exaucez-nous.
Pater de cœlis , Deus , mi- Père céleste , qui êtes Dieu ,
serere nobis.
ayez pitié de nous.
Fili , Redemptor mundi , Fils , Rédempteur du monde ,
Deus, miserere nobis.
qui êtes Dieu, ayez pitié de
nous.
Spiritus Sancte , Deus, mi- Saint-Esprit, qui êtes Dieu,
serere nobis.
ayez pitié de nous.
Sancta Trinitas, unus Deus, Trinité sainte , qui êtes un seul
miserere nobis.
Dieu, ayez pitié de nous.
Sancta Maria, ora pro no- Sainte Marie, priez pour nous.
bis.
CULTE DE
380
Sainte Mère de Dieu, priez pour
nous.
Sainte Vierge des Vierges,
Mère du Christ,
Mère de la divine grâce,
Mère très-pure,
Mère très-chaste,
-^
Mère sans tache,
2.
Mère sans corruption,
S
Mère aimable,
,
*g
Mère admirable,
£j
Mère du Créateur,
3
Mère du Sauveur,
g
Vierge très-prudente,
¥
Vierge digne de révérence,
Vierge célèbre,
Vierge puissante,
Vierge clémente,
Vierge fidèle,
Miroir de justice,
Siège de la sagesse,
Cause de Aotre joie,
Vaisseau spirituel,
Vaisseau honorable,
Vaisseau insigne de la dévo
tion,
Rose mystique,
Tour de David,
Tour d'ivoire,
Maison d'or.
Arche d'Alliance,
Porte du ciel,
Etoile du matin,
Santé des infirmes,
Refuge des pécheurs,
Consolatrice des affligés,
?
Secours des chrétiens,
g'
Reine des Anges,
,o
Reine des Patriarches,
2
Reine des Prophètes,
J
Reine des Apotres,
S
Reine des Martyrs,
"
Reine des Confesseurs,
Reine des Vierges,
Reine de tous les saints,
Reine conçue sans péché,
MARIE.
Sancta D«i Genitrix , ora
pro nobis.
Sancta Virgo Virginum,
Mater Christi,
Mater divinœ gratiœ,
Mater purissima,
Mater castissima,
Mater inviolata,
çi
Mater intemerata,
°>
Mater amabilis,
"3
Mater admirabilis,
°
Mater Creatoris,
§
Mater Salvatoris,
§£
Virgo prudentissima,
Virgo veneranda,
Virgo praedicanda,
Virgo potens,
Virgo clemens,
Virgo fldelis,
Speculum justifiée,
Sedes sapientiœ,
Causa nostraE lœtitise,
Vas spirituale,
Vas honorabile,
Vas insigne devotionis,
Rosa mystica,
Turris Davidica,
Turris eburnea,
Domus aurea,
Fœderis arca,
Janua cœli,
Stella matutina,
Salus intirmorum,
Refugium peccatorum,
Consolatrix alflictorum, _
Auxilium Christ ianorum, g
Regina Angelorum,
_
Regina Patriarcharum, g
Regina Prophetarum,
3
Regina Apostolorum,
§Regina Martyrum,
«*
Regina Confessorum,
Regina Virginum,
Regina Sanctorum om
nium,
Regina sine labe concept»,
LITANIES.
381
Agnus Dei, qui tollis pecAgneau de Dieu , qui effacez
cata mundi , parce nobis , les péchés du monde, pardon
Domine.
nez-nous , Seigneur.
Agnus Dei, qui tollis
Agneau de Dieu , qui effacez
percuta mundi, exaudi nos, les péchés du monde , exauceznous , Seigneur.
Domine.
Agnus Dei, qui tollis pecAgneau de Dieu , qui effacez
cata mundi, miserere nobis. les péchés du monde , ayez pitié
de nous.
Christe, audi nos.
Christ , écoutez-nous.
Christe, exaudi nos.
Christ , exaucez-nous.
y Ora pro nobis , sancta
j> Sainte Mère de Dieu, priez
Dei Genitrix.
pour nous.
V Ut digni efficiamur pron Afin que nous nous ren
missionibus Cbristi.
dions dignes des promesses du
Christ.
OREMUS.
Gratiam tuam, qua;sumus , Domine , mentibus
nostris infunde, ut qui, angelo nuntiante , Christi filii
lui Incarnationem cognovimus, per passionem ejus
et crucem, ad resurrcctionis
gloriam perducamur. Per
eumdem Cbristum Dominum nostrum. Amen.
Seigneur, daignez répandre
votre grâce dans nos âmes , alin
qu'après avoir connu le mystère
de l'incarnation de votre Fils,
d'après la parole de l'ange ,
nous puissions participer par sa
passion et sa croix à la gloire
de sa résurrection. Par le même
Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Ainsi soit-il.
LITANIES DE L'IMMACULEE CONCEPTION.
Kyrie , eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Pater de cœlis, Deus, elei Père céleste, qui êtes Dieu, ayez
pitié de nous.
son.
Sancta Maria immaculata, Sainte Marie immaculée, priez
ora pro nobis.
pour nous.
Sancta Virgo virginum im Samte Vierge des vierges, im
maculée , priez pour nous.
maculata, ora pro no
bis.
Sancta Virgo , immaculata Sainte Vierge, immaculée dans
in conceptione, ora pro
votre conception , priez pour
nobis.
nous.
382
CULTE DE MARIE.
Fille immaculée de Dieu le
père, priez pour nous.
Mère immaculée de Jesus ,
Epouse immaculée du SaiulEsprit ,
Demeure immaculée de la
très-sainte Trinité ,
Image immaculée de la sa-^
gesse de Dieu,
3.
Aurore immaculée du Soleil S
de justice ,
"g
Arche vivante et immaculée E;
du corps de Jésus-Christ, 3
Fille immaculée de David , S
Filia Dei Patris immaculata , ora pro nobis.
Mater Jesu immaculata,
Sponsa Spiritus sancti im
maculata,
Sedes sanctissimœ Trinitatis immaculata ,
Imago sapientise Dei im- 0
maculata ,
g
Aurora solis Justitiœ im-^3
maculata ,
g
Arca vivens corporis Jesu 3
Christi immaculata , §'
Proies Davidica immacu- F"
B
lata,
Voie immaculée , qui conduit
Via quœ ducis ad Jesum
Christum immaculata,
à Jésus ,
Virgo quœ triumphasti de
Vierge immaculée, qui avez
triomphé du péché originel,
peccato originali im
maculata ,
Virgo quœ contrivisti caVierge immaculée, qui avez
écrasé la tête du serpent ,
put serpentis immacu
lata,
Reine immaculée de la terre
Regina cœli et terrœ im
et du ciel ,
maculata ,
Porte immaculée de la céleste
Porta cœlestis Jesusalem
Jérusalem ,
immaculata,
Dispensatrice immaculée des
Dispensatrix gratiarum
immaculata ,
grâces de Dieu ,
Epouse immaculée de saint
Sponsa sancti Joseph im
Joseph ,
maculata ,
Etoile immaculée du monde,
Stella mundi immaculata,
Tour inexpugnable et imma
Turris fortissima ecclesiœ
culée de l'Église militante,
militantis immaculata ,
Rose immaculée au milieu des
Rosa inter spinas imma- _
culata ,
a
épines,
3.
Olivier immaculé de la val- g Oliva campi immaculata,^,
-s
lée,
ts
O
Exemple immaculé de toutes Exemplar tntius perfec- 3
perfection ,
^
tionis immaculatum, g.
Cause immaculée de notre foi, © Causa nostrœ fidei imma- j»
culata ,
Source immaculée de l'amour
Fons divinis amoris imdivin ,
maculatus ,
Signe immaculé et le plus
Signum certissimum nostrœ salutis immacula
certain de notre salut ,
tum,
LITANIES.
313
Regula perfectissimœ obe- Règle immaculée de la plus par
dientia- immaculata , ora
faite obéissance , priez pour
pro nobis.
nous.
Domus pudicœ castitatis
Demeure immaculée de la
immaculata ,
0
sainte chasteté ,
„
Anchora nostrœ salutis g Ancre immaculée de notres.
immaculata ,
_
salut ,
S
Lumen Angelorum imma- 3 Lumière immaculée des An-'o
culatum ,
s
ges,
s
Coroua
Patriarcharum g. Couniime immaculée des Pa- s
immaculata ,
S:
triarches,
g
Gloria Prophetarum im
Gloire immaculée des Pro-!»
maculata ,
phètes ,
Magistra Apostolorum im
Souveraine immaculée des
maculata,
Apôtres ,
Fortitudo Martyrum im
Force immaculée des Mar
maculata ,
tyrs >
Virtus Confessorum im
Soutien immaculé des Confes
maculata ,
seurs,
Puritas Virginum imma
Pureté immaculée des Vier
culata ,
ges ,
Gaudium in te speranJoie immaculée de ceux qui _
tium immaculatum , _
espèrent en tous,
2.
Salus infirmorum imma- 3 Salut immaculé des infirmes, S
culata ,
^
,5o
Advocata omnium pecca- g Avocate unmaculée de tous s
tormu immaculata, p
les pécheurs ,
3
Bellatrix terror hœretico- g. Puissance immaculée et re-g
ruin immaculata ,
S'
doutable contre l'hérésie , ?
Tutela nostrœ congrega
Protectrice immaculée de no
tions immaculata ,
tre congrégation ,
Agnus Dei , qui tollis pec- Agneau de Dieu , qui effacez les
cata mundi, parce nobis,
péchés du monde, pardonnezDomine.
nous, Seigneur.
Agnus Dei , etc.
Agneau de Dieu, pardonneznous, Seigneur.
jfr Sancta Maria, Mater
jfr Sainte Marie , mère imma
Dei immaculata, ora pro culée de Dieu , priez pour nous.
nobis.
9- Ut digni effleiamur pron- Afin que nous nous ren
missionibus Christi.
dions dignes des promesses de
Jésus-Christ.
ANTIENNE.
Ave, virgo Maria, Dei
Je vous salue, vierge Marie,
genitrix immaculata, qmc a mère immaculée de Dieu, qui,
CULTE DE
384
dès le premier instant de votre
conception , avez écrasé la tête
du serpent. Je vous salue, ô vous
qui êtes bénie entre toutes les
femmes! qui , effaçant la malé
diction d'Eve, nous avez rendus
la bénédiction, et qui, plus forte
que la mort, avez enfanté JésusChrist Notre-Seigneur. Je vous
salue , gloire de Jérusalem , joie
d'Israël, honneur de notre na
tion, Reine puissante , notre re
fuge et notre salut , nos soupirs
s'élèvent vers Dieu ; nous nous
jetons à vos pieds ; sauvez-nous,
nous vous en supplions , et que
votre fils Jésus nous soit propice
à l'heure de la mort, tandis que
vous-même nous prêterez alors
votre appui.
* O Vierge immaculée dans vo
tre conception, priez pour nous.
n- Afin que nous devenions
dignes des promesses du Christ.
MARIE.
primo conceptionis instanti
serpentis caput contrivisti.
Ave , o benedicta inter mulieres ! quœ solvens Evœ
maledictionem , dedisti benedictionem, et confundens
mortem , genuisti Jesum
Christum Dominum nostrum. Ave , gloria Jerusa
lem , Uetitia Israel , honorificeutia populi nostri, Regina, refugium et salus
nostra , ad te suspiramus ,
ad te confugimus ; salva
nos, qusesumus, ut Filius
tuus Jesus sit nobis propitius in hora mortis nostrse ,
et ipsa assistas auxiliatrix.
PRIONS.
OllEMl'S.
Seigneur, Dieu tout-puissant,
qui avez permis à votre Eglise
de célébrer la solennité de l'Im
maculée Conception de la Mère
de votre Fils; nous vous sup
plions de faire jouir un jour des
joies éternelles dans le ciel ceux
qui en auront rempli dévotement
les devoirs sur la terre. Par No
tre-Seigneur Jésus-Christ.
Omnipotens sempiterne
Deus, qui Ecclesiam tuam
concedis solemnitatem Im
maculatœ Conceptionis Genitricis Filii tui colere, da,
quœsumus , ut qui illam devote celebrabunt in terris ,
gaudiis in cœlo perfruantur
a; ternis. Per Dominum.
.y O Virgo immaculata in
conceptione , ora pro nobis.
n- Ul digni efficiamur promissionibus Christi.
LITANIES DU SAINT NOM DE MARIE.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ , écoutez-nous.
Christ, exaucez-nous.
Kyrie, eleison.
Curiste, eleison.
Kyrie, eleison.
Cbriste, audi nos.
Cbriste , exaudi nos.
LITANIES.
385
Pater de cœlis, Deus, mise Père céleste, qui êtes Dieu, ayez
rere nobis.
pitié de nous.
Fili , Redemptor mmidi , Fils, Rédempteur du monde,
Deus , miserere nobis.
qui êtes Dieu, ayez pitié de
nous.
Spiritus sancte, Deus, mi Esprit saint, qui êtes Dieu, ayez
serere nobis.
pitié de nous.
Sancta Trinitas, unus Deus, Samte Trinité , qui êtes un seul
miserere nobis.
Dieu , ayez pitié de nous.
Cor Marise , ab origine im- Cœur de Marie , immaculé dès
maculatum , ora pro no
le commencement, priez pour
bis.
nous.
Cor Mariœ, gratia ple
Cœur de Marie , plein de
num,
grâce ,
Cor Marise, inter omniaO Cœur de Marie, béni entree
corda benedictum,
3
tous les cœurs,
S'
Cor Marise, sanctissimœ'^ Cœur de Marie, sanctuaire de^
Trinitatis sacrarium , °
la très-sainte Trinité,
3
Cor Mariœ , cordi Jesu § Cœur de Marie, le plus sem-->
sunillimum ,
2t
blable à celui de Jésus ,g
Cor Mariœ , in quo Jesu ' Cœur de Marie , dans lequel =
sibi bene complacuisse,
Jésus a mis toutes ses com- "
plaisances,
Cor Mariae , humililatis
Cœur de Marie , abîme d'hu
abyssus ,
milité,
Cor Mariœ , sedes miseriCœur de Marie , le siège de 1
cordiœ ,
miséricorde ,
Cor Mariœ, divini amoris
Cœur de Marie , embrasé de
incendium ,
l'amour divin,
Cor Mariœ, bonitatis oceCœur de Marie, océan de
anus ,
bonté ,
Cor Mariœ, puritatis et
Cœur de Marie, prodige de
innocentiœ
miracupureté et d'innocence ,
lum,
Cor Marise, speculum om
Cœur de Marie, miroir de
nium divinarum pertoutes les perfections di
fectionum ,
vines ,
Cor Mariœ, de cujus san
Cœur de Marie où s'est formé „
guine , sanguis Jesu , _
le sang de Jésus, prix des.
prœmium redemptionis 3
notre rédemption,
S
nostrœ formatus est, ^
'o
Cor Mariœ , desideriis tuis 3 Cœur de Marie , qui , par vos c
mundi salutem accele- 3
prières, accélérez le salut Jj
rans ,
g.
du monde ,
g
Cor Mariœ, gratiam pec- 5" Cœur de Marie, qui obtenez?»
catoribus impetrans,
grâce pour les pécheurs ,
Cor Marise, verba Jesu
Cœur de Marie, qui conservez
22
386
CULTE DE MARIE.
fidèlement le dépôt de la
parole de Jésus ,
Cœur de Marie , transpercé *3
d'un glaive de douleur,
5'
Cœur de Marie , abreuvé de™
douleur dans la passion de g
Jésus-Christ,
-s
Cœur de Marie , attaché à la g
croix avec Jésus,
c
Cœur de Marie, enseveli par™
la douleur avec Jésus ,
Cœur de Marie, enivré de
joie par la résurrection de
Jésus ,
Cœur de Marie, plein d'une
joie ineffable à l'ascension
de Jésus ,
Cœur de Marie , comblé de
nouvelles grâces à la des
cente du Saint-Esprit ,
Cœur de Marie, consolation
des affligés ,
Cœur de Marie, refuge des
pécheurs,
^
Cœur de Marie , l'espoir et le 3.
refuge chéri de vos servi- S
teurs ,
,o
Cœur de Marie , secours des §
agonisants ,
"2
Cœur de Marie, joie des an- g
ges et de tous les saints , «■
Agneau de Dieu, qui effacez les
péchés du monde , pardon
nez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, etc.
.v Marie, Vierge sans tache,
douce et humble de cœur.
n- Rendez mon cœur sembla
ble à celui de Jésus.
PRIONS.
ac gesta fldelissime eonservans,
Cor Marise , doloris gladio ©
transfixum ,
s»
Cor Mariœ, in passione^
Christi afflictissimum , °
Cor Mariœ, Christo cru- s!
cilixo conflxum,
Cor Mariœ , mortuo Jesu
dolore consepultum,
Cor Marise, Jesu resur
gente , gaudio redivivum ,
Cor Mariœ , in ascensione Jesu , ineffabili
duleedine delibatum,
Cor Mariœ, in descensu
Spiritus sancti nova gratiarum plenitudine cu
mulai u m,
Cor Mariœ, consolatio afflictorum ,
Cor Mariœ, peccatorum
refugium ,
0
Cor Mariœ, cultorum tuo- 3
rum spes ac dulee prœ-^g
sidium,
3
Cor Mariœ, agonizantium 3
auxilium,
gCor Mariœ , Angelorum K"
ac Sanctornm omnium
jubilus ,
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, parce nobis,
Domine.
Agnus Dei, etc.
'ir Maria immaculata, mitis et humilis.
n- Fac cor meum secundum cor Jesus.
OBEMCS.
Dieu très-clément , qui , pour
Clementissime Deus , qui
le salut des pécheurs et pour ad peccatorum salutem mil'appul des infortunés, avez per- serorumque refugium, cor
LITANIES.
sanctissimum et immaculatum Marise divinn rordi Filii
sut Jesu Christi rhnritate
et misericordia simillimum
esse voluisti. Concode ut
qui luijiis ilnh'issinii et
amantissimi cordis memoriam agimus, secundum cor
Jesu inveniri mercamus :
per eumdem Dominum nostrimi Jesum Christum, etc.
387
mis une parfaite ressemblance de
charité et do miséricorde entre
le très-saint et immaculé Cœur
de Marie et le Cœur divin de son
Fils , Jésus-Christ ; faites qu'en
célébrant la mémoire du Cœur
très-doux et très-aimant de la
Mère, nous puissions être trouvés dignes du Cœur de son Fils.
Par Jésus-Christ Notre-Scigneur.
LITANIES FËMVIEN1S DE LA SAM VIERGE,
APPROUVÉES PAR LE PAPE PAUL V.
Ce n'est pas dans l'ancien continent seul que le culte
de Marir et ses chants inspirés par l'Esprit saint ont
trouvé des échos , opéré des miracles , sauvé des âmes.
Lorsque les Européens abordèrent dans l'Amérique mé
ridionale , les missionnaires ne tardèrent pas à y venir
planter, d'une main, la croix à la place des bûchers,
et à y élever, de l'autre, des autels sous l'invocation de
la Reine des Anges. Bientôt après les Péruviens, qui,
de même que les peuples de la Floride et de la Loui
siane, adoraient presque tous le soleil, purent dire à
leur tour : la vraie lumière a lui pour nous. Plus tard,
enfin, dès le commencement du dix-septième siècle, le
pape Paul V approuva , pour les Églises du Pérou , des
litanies touchantes, que nous croyons devoir reproduire
ici. Ces prières, peu connues et propres à intéresser
les âmes pieuses, semblent tenir tout à la fois des
parfums et de la naïveté des forêts vierges où ont re
tenti les louanges de Marie.
388
CILTE DE MARIE.
LITANIES PERUVIENNES DE LA VIERGE.
Je vous salue, Marie.
Je vous salue , fille de Dieu le
Père.
Je vous salue , Mère de Dieu le
Fils.
Je vous salue , épouse du SaintEsprit.
Je vous salue, temple de la
Trinité.
Sainte Marie, priez pour '.nous.
Sainte Mère de Dieu ,
Sainte Vierge des vierges.
Sainte Mère de Jésus-Christ , J-f
que vous avez mis au monde, Z'
Mère très-pure ,
Mère très-chaste,
S
Mère d'une virginité inviola- 1
ble,
g
Mere d'une vertu sans tache, s
Mère de la charité ,
™
Mère de la vérité,
Mère tout aimable ,
Mère tout admirable ,
Mère de la grâce divine ,
Mère de la sainte espérance ,
Mère de la sainte dileclion ,
Mère de la beauté ,
Mère des vivants ,
Fille du Père des lumières ,
Vierge fidèle ,
Plus douce que le rayon de
miel,
Vierge très-prudente ,
Vierge pleine de clémence, -,
Vierge incomparable ,
3.
Etoile de la mer,
S
Vierge sainte,
-g
Plante chargée de fruits ,
a
Vierge toute belle ,
_
Belle comme la rose ,
g
Miroir de justice ,
»
Source de notre joie ,
Gloire de Jérusalem ,
Ave , Maria.
Ave, filia Dei Patris.
Ave, Mater Dei Fini.
Ave , sponsa Spiritus sancti.
Ave, templum Trinitatis.
Sancta Maria, ora pro nobis.
Sancta Dei Genitnx ,
Sancta Virgo virginum,
Sancta Mater Christi , ©
quem tu peperisti,
»
Mater purissima,
%
Mater castissima ,
3
Mater inviolata ,
g
g;
Mater intemerata ,
*"
Mater caritatis,
Mater veritatis ,
Mater amabilis ,
Mater admirabilis ,
Mater divina; gratia; ,
Mater sancta; spei ,
Mater dilectioms ,
Mater pulchritudinis ,
Mater viventium,
Filia Patris luminum,
Virgo fidelis,
Duleior favo mellis,
Virgo prudentissima,
Virgo clementissima ,
Virgo singularis,
Stella maris,
Virgo sancta,
Fructifera planta,
Virgo speeiosa,
Pulehra velut rosa ,
Speculum justifia; ,
Causa nostrœ betitia;,
Gloria Jerusalem ,
©
g
3
b
§.
3-
LITANIES.
Altare thymiamatis ,
Civitas Dei,
Luminare cœli ,
Vas spirituale,
Vas honorabile,
Vas insigne devotionis ,
Thronus Salomonis,
Favus Samsonis ,
Vellus Gedeonis,
Pulehra ut luna ,
Inter omnesuna,
©
"
^
°
g
g;
'"
Ut sol electa,
Deo dilecta,
Stella matutina ,
Jîgris medicina,
Cœlorum regina,
Rosa sine spma,
Rutilans aurora ,
Valde decora ,
Lux meridiana ,
Flos virginitatis ,
Lilium castitatis,
Rosa puritatis,
Vena sanctitatis,
Cedrus fragrans ,
Myrrha conservans,
Balsamum distillant ,
Terebinthus gloriïc ,
Palma virens gratiœ ,
Virga florens,
Gemma refulgens ,
Oliva speciosa,
Columba formosa ,
Vitis fructificans ,
Navis abundans,
Navis institoris,
Mater Redemptoris ,
Hortus conelusus,
Rubus incombustus,
Gloria sœculi ,
Nutrix parvuli ,
Radix gratiarum ,
Levamen molestiarum ,
0
g
v
3
3
g.
5'
389
Autel des parfums,
Cité de Dieu ,
Lumière du ciel,
Vase rempli des dons du SaintEsprit ,
Vase d'honneur et de gloire , tj
Vase précieux de la dévotion, S'
Trône de Salomon ,
.^
Rayon de miel de Samson, "o
Toison de Gédéon ,
S
Belle comme la lune ,
a
Privilégiée entre toutes les g
créatures ,
™
Distinguée comme le soleil ,
Chérie de Dieu ,
Etoile du matin ,
Guérison des malades ,
Reine des cieux ,
Rose sans épines,
Aurore brillante ,
Chef-d'œuvre de beauté ,
Clarté du midi ,
Fleur de virginité ,
Lis de chasteté ,
Rose de pureté,
Source de sainteté ,
Cèdre odorant ,
Myrrhe conservatrice ,
Arbrisseau d'où découle le
baume ,
Térébinthe de gloire ,
Palmier verdoyant de grâce ,
Branche fleurie ,
Bouton brillant ,
Olivier gracieux,
~,
Colombe pleine de charmes , 3.
Vigne féconde,
S
Vaisseau chargé de richesses,^
Vaisseau salut du navigateur, g
Mère du Rédempteur,
Z
Jardin mystérieux ,
o
Buisson toujours ardent ,
S
Gloire du siècle,
Nourrice du nouveau-né ,
Racine des grâces,
Soulagement dans les tribula
tions,
22.
390
CULTE DE MARIE.
Puteus viventium aquarum,
Mater orphanorum ,
Mère des orphelins ,
Auxilium
christianorum ,
Secours des chrétiens ,
Salus i ni i n non i m ,
Santé des infirmes ,
Refuge des pécheurs ,
>t) Refugium peccatorum ,
Consolatrice des affliges,
g- Consolatiïx afflictorum, ?
Tendre Mère des petits en-~ Mater pia minorum ,
-s
fants,
"g
Heine des anges,
S Regina angelorum,
°
Reine des séraphins ,
B Regina seraphim ,
S
Reine des chérubins ,
g Regina cherubim,
§£
Reine des patriarches ,
? Regina patriarcharum , *
Regina prophetarum,
Reine des prophètes,
Regina apostolorum,
Reine des apôtres ,
Regina martyruui ,
Reine des martyrs ,
Reine des confesseurs ,
Regina confessorum,
Reine des vierges,
Regina virginum ,
Reine de tous les saints ,
Regina sanctorum om
Puits des eaux vives ,
Délivrez-nous du mal et du pé
ché, Notre-Dame.
De tous dangers , maintenant
et à l'heure de notre mort,
Par votre immaculée concep
tion,
Par votre sainte nativite,
g
<
Par votre présentation ,
3
Par votre vie toute céleste , g
Par votre admirable annon- S
dation,
*
Par votre visitation ,
g*
Par votre heureuse déli-g
vrance ,
•
Par votre purification ,
£?
Par votre douleur de la pas- 3
sion de Jésus-Christ,
Par votre joie de sa résurrec
tion,
Par votre glorieuse assomption,
Par votre couronnement ,
Pécheurs, nous vous prions,
écoutez-nous.
Pour que vous daigniez laisser
nium,
Ab omni malo et peccato ,
libera nos , Domina ,
A cunctis periculis , mme
et in horamortis nostrœ,
Per immaculatam conceptionem tuam ,
Per sanctam nativitatem
tuam,
£
Per
pra;sentationemgtuam ,
S
Per cœlestem vitam tuam, s
Per admirabilem annun- 3
tiationem tuam ,
"^
Per visitationem tuam , 5
Per fclicem partum tuum, 2
=Per purificationem tuam, Per dolorem de Christi
passione ,
Per gaudium de illius resurrectione ,
Per gloriosam assumptinnem tuam ,
Per coronationem tuam ,
Peccatores, te rogamus, audi nos.
Ut illos tuos misericordes
LITANIES.
oculos ad nos convertere digneris,
Ut veram pœnitentiam
nobis impetrare digneris,
Ut cuncto populo christiano pacem et salu-H
tem impetrare digneris, .,
Ut omnibus lïdelibus de-(g
functis requiem œter-S
nam impetrare digne- §
ris,
Ut nos exaudire digneris, »
Mater Dei ,
S
Genitrix Dei,
Ave, de cœlis aima, suc-o
curre nobis, Domina, .
Ave , de cœlis pia , fer
opem nobis , Domina ,
Ave , de cœlis duleis , in
tercede pro nobis, Do
mina,
Ant. Recordare , virgo
Mater, dum steteris in conspectu Filii , ut loquaris pro
nobis, et ut avertas indignationem suam à nobis.
$ Ora pro nobis, sancta
Dei Genitrix.
b) Ut digni efficiamur
promissionibus Christi.
Preces nostras, quœsumus,
Domine, apud tuam sanctissimam clementiam Dei Genitricis semperque virginis
Maria; commendet oratio ,
quam ideirco de prœsenti
sœculo transtulisti , ut pro
peccatis nostris apud te fiducialiter intercedat , per
Christum, ete.
391
tomber sur nous vos re
gards pleins de miséricorde,
Pour que vous daigniez nous
obtenir le véritable esprit z
de repentir,
g
Pour que vous daigniez faire »
obtenir à tout le peuple §
chrétien la paix et le salut, S
Pour que vous daigniez obte-^
nir à tous les fidèles défunts gle repos éternel ,
S
Afin que vous nous exauciez, g
Mère de Dieu ,
g.
Mère du Tout-Puissant,
S
Salut, reine auguste des a
cieux , daignez nous secou- c
rir,
Salut, tendre reine des cieux,
daignez nous assister,
Salut , douce reine des cieux,
intercédez pour nous.
Ant. Souvenez-vous, ô vierge
Mère, d'intercéder pour nous
auprès de votre Fils dont vous
contemplez la présence, et de
détourner de nous sa colère.
D Priez pour nous, sainte
Mère de Dieu.
h- Afin que nous puissions
être dignes des promesses de
Jésus-Christ.
puions.
Seigneur, que la prière de
Marie, Mère de Dieu et tou
jours Vierge, seconde nos pro
pres prières auprès de votre
clémence infinie, puisque vous
l'avez fait monter de ce monde
jusqu'à vous, afin qu'elle ne
cessât d'attirer votre miséricorde
sur nous , pauvres pécheurs.
Par Jésus-Christ.
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
xi
Jetez vos regards de tous les côtés, et
voyez combien est grande la multitude de
ceux qui s'assemblent pour vous rendre
hommage.
(S. Paul à Timoth., W ép. 4, 19.)
Leva in circuitu oculos tuos, et vide ; omnes isti congregati sunt, venerunt tibi.
(Isaïe, c. lx.)
Sous le titre do Dévotions à la sainte Vierge, il nous
a paru convenable de comprendre d'abord les associa
tions ou les pratiques les plus usuelles , telles que les
Congrégations ou Confréries , le Scapulaire , le Rosaire,
les Confréries de Notre-Dame de Bon-Secours, de
Notre-Dame-Auxiliatrice et autres , l'Immaculée Con
ception , les Pèlerinages , les Vœux et les Neuvaines, les
Processions et le Mois de Marie ; à la suite viendra ce qui
est relatif aux médailles , images , etc. — Enfin , nous
avons cru devoir reproduire sommairement quelques
pratiques de dévotion qui , sans avoir un titre particu
lier, doivent cependant trouver place dans le culte de
la Mère de Dieu.
CONGRÉGATIONS. — CONFRÉRIES.
Partout où seront deux ou trois personnes
assemblées en mon nom , je serai au milieu
d'elles.
(Evang. selon S. Matthieu , c. 18, v. 20.)
l'iii sunt duo , vel tres congregati , in
nomine meo , ibi sum in medio connu.
On confond souvent les deux dénominations de Con
grégations et de Confréries , et réellement il n'y a pas
une grande différence entre elles. L'une comme l'autre
s'entend de la société ou assemblée de plusieurs per
sonnes réunies pour quelque fm pieuse. Les plus célè
bres Confréries furent , à diverses époques , établies à
Home sous ces titres : de la Rédemption des captifs, des
Agonisants, du Crucifix, du Saint-Sacrement , du Scapulaire, du Rosaire, de la Résurrection de Notre-Seigneur, de la bienheureuse Vierge, de la Miséricorde, de
l'Ange gardien et de Saint-Sauveur en l'église de SaintJean-de-Latran; on en distinguait quelques-unes sous
le nom de Confalon ou Gonfalon, mot italien qui
signifie étendard, bannière, à cause de la bannière
représentant la sainte Vierge, qui était portée dans
les processions de ces confréries. Ce n'est guères qu'à
compter du treizième siècle qu'elles s'organisèrent
successivement et qu'elles furent enrichies des dons
spirituels des Papes.
DÉVOTIONS À LA VIERGE.
395
Au reste, les Confréries-mères constituées à Rome ou
dans d'autres villes par des bulles spéciales des souve
rains Pontifes portent le nom d'Archiconfréries, parce
que plusieurs s'y font affilier pour avoir part aux
prières et aux indulgences. Enfin , dans la capitale du
monde chrétien, il y a des Confréries d'arts et métiers,
c'est-à-dire des corporations d'ouvriers qu'unit un lien
religieux ; comme il y a des Congrégations de cardi
naux instituées pour l'expédition de certaines affaires.
Henri 111, roi de France, établit en 1583, à Paris,
une Confrérie sous le nom de Confrérie de l'Annoncia
tion ; ses membres portaient le titre de Pénitents. Ce
titre est aussi, dans les provinces méridionales du
royaume, celui qu'on donne à diverses corporations
qui ont adopté des aubes ou vêtements de diverses cou
leurs pour la célébration des cérémonies religieuses, et
qu'on appelle pour ce motif, Pénitents blanes , gris ,
bleus, etc.
Nous n'avons à nous occuper ici que des Congréga
tions ou Confréries dont l'institution se lie au culte de
la sainte Vierge.
CONGRÉGATIONS DE NOTRE-DAME.
Mère de Dieu , souveraine Dame du monde.
(S. Bernard.)
Genitrix Dei , Domina mundi
En l'année 1 563 , il y avait à Rome un jeune religieux
qui se nommait le Père Léon , de la Congrégation de
Jésus, qui enseignait la jeunesse fort avide de recueillir
396
CULTE DE MARIE.
les fruits de sa science et de sa piété. 11 proposa à quel
ques-uns de ses disciples des conférences particulières,
dans l'objet de pratiquer en commun la dévotion à la
sainte Vierge. Cet appel fut entendu , et bientôt la cel
lule du pauvre religieux se trouva trop petite pour
contenir les amis chrétiens de Marie ; ils se réunirent
dans un lieu spécial , ils y élevèrent un simple oratoire
dont une image de la Mère de Dieu , dans un cadre de
fleurs, faisait le plus bel ornement. Là, par la prière,
la méditation et les lectures édifiantes , la réunion du
maître et de sa compagnie ou de son troupeau (grex) ,
attira sur elle les grâces du Ciel; elle prit dès lors
le titre de Congrégation; et comme il arrive toujours,
ces semences de vertu ne tardèrent pas à se répandre
au loin. Ses pratiques furent surtout adoptées avec
empressement et ferveur par les maisons de la Com
pagnie de Jésus, et notamment par celle de Paris,
que saint François de Sales illustra par ses vertus, à la
fin du seizième siècle. Ce fut dans le même siècle que
le pape Grégoire XIII publia une bulle , par laquelle il
érigea, dans l'église du Collège romain, une Congréga
tion sous le titre de YAnnonciation de la bienheureuse
Vierge Marie ; elle a été considérée comme la plus éminente de toutes. Les successeurs de ce pape continuèrent
de répandre leurs faveurs sur les Congrégations de
Notre-Dame qui se firent agréger à celles que nous ve
nons de mentionner ; et Sixte V permit d'en établir dans
les collèges et les maisons religieuses. Clément VIII, en
1602, étendit l'autorisation aux lieux où il y a seule
ment résidence de la Compagnie ; enfin , Benoît XIV
donna à ces Confréries de Notre-Dame des marques
spéciales de sa protection , par une bulle du 27 sep
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
397
Umibre 1748, appelée la Bulle eTor, dans laquelle il
recueillit toutes celles de ses prédécesseurs. 11 y re
commande particulièrement la dévotion à la sainte
Vierge : il y donne des éloges à la Compagnie de Jésus
pour son zèle à étendre dans toutes les parties du
monde la gloire du Fils et de la Mère ; il y témoigne
en même temps le respect et l'amour qu'il a toujours
eus pour cette Reine du Ciel, et confirme de nouveau
toutes les grâces et les indulgences accordées par les
souverains Pontifes et par lui-même. — Depuis cette
époque, les Congrégations de Notre-Dame sont devenues
communes non-seulement aux ecclésiastiques, mais
encore à toutes les classes de la société. Parmi elles on
connaît principalement de nos jours celles de Paris, de
Bordeaux , de Lyon et de quelques autres villes , les
quelles se sont vouées à l'éducation des jeunes filles.
Ainsi ont été fécondées ces semences salutaires , des
cendues du Ciel pour nourrir les âmes d'élite qui veu
lent également retourner au Ciel, pour y célébrer éter
nellement les bienfaits de Marie.
Du reste, les souverains Pontifes ne furent pas les
seuls qui encouragèrent ces associations vouées au culte
de Celle qui est tout à la fois la Fille de Dieu , la Mère
de Jésus-Christ et l'Épouse du Saint-Esprit. Le titre de
Membre associé des confréries fut recherché et porté par
«les empereurs, des rois, des cardinaux et un grand
nombre de prélats français ; mais l'une de leurs plus
grandes gloires, celle de la Congrégation de NotreDame, de Paris, est d'avoir donné naissance au sémi
naire des Missions étrangères , admirable milice , rivale
des premiers apôtres, qui tous les jours, sous nos yeux,
abandonne avec joie les délices de la patrie , pour aller
23
398
ClîLTB DE MARIE.
cueillir, au prix de son sang, les palmes de la propa
gation de la foi.
11 existe des Heures à l'usage des Congrégations de
Notre-Dame où se trouvent expliquées au long les
indulgences, les règles et les pratiques de cette tou
chante institution, qui reçoit d'ailleurs, suivant les
lieux, des modifications facultatives, mais toujours
soumises à l'approbation ecclésiastique.
Dans le nombre infini de Congrégations ou de Con
fréries inspirées par le culte de la sainte Vierge , on
doit placer au premier rang celles du Scapulaire ou du
Mont-Carmel , du Rosaire , de Notre-Dame de Bon Se
cours, de Notre-Dame Auxiliatrice, de Notre-Dame des
Sept Douleurs et du Très-Saint et Immaculé Cœur de
Marie.
LE SCAPULAIRE
ET LA CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DO MONT CARMEL.
Elle leur a donné un babit de sainteté.
(EccL, ch. 50.)
Dedit sanctitatis amictum.
Le mont Carmel est situé dans la Terre sainte, entre
la Méditerranée, Samarie et Nazareth: il est célèbre
par le séjour qu'y firent le prophète Élie et Elisée son
disciple. C'est là même que le premier défia et confon
dit les prêtres de Baal: plus tard, il se transporta
an mont Horeb, ayant marché quarante jours et qua
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
399
rante nuits, sans avoir pris d'autre nourriture que celle
d'un pain cuit sous la cendre qu'un ange lui apporta
avec un verre d'eau, tandis qu'il dormait au pied d'un
genevrier. 11 revint enfin se fixer au mont Carmel dont
les solitudes demeurèrent après lui longtemps désertes.
Cependant il parait certain que des religieux venus de
Nazareth et des contrées voisines , s'y montrèrent de
loin en loin , mais ils y vivaient séparés : compatriotes
de la bienheureuse Vierge Marie, il n'est pas surpre
nant qu'ils lui eussent voué la plus tendre ferveur;
aussi , d'après quelques chroniques , ce fut en ce lieu
et par eux que fut bâtie la première chapelle pla
cée sous l'invocation de la fille de Nazareth. Ils se
réunirent, formèrent une communauté et prirent le
nom de Frères du Carmel, Carmélites ou Carmes.
Us étaient soumis à une règle très-austère tracée par
le bienheureux Albert, patriarche de Jérusalem, lors
que dans le douzième et le treizième siècle , cette re
traite leur fut disputée par les Sarrasins; ils furent
alors forcés de s'expatrier et de chercher un asile en
Europe. Ce fut vers la même époque qu'ils eurent
pour sixième général ou supérieur un saint person
nage nommé Simon , anglais d'origine , surnommé
Stock, parce qu'un tronc d'arbre lui avait longtemps
servi d'habitation. En proie au regret des solitudes du
mont Carmel et aux anxiétés de la persécution et
de l'exil, il conjura Marie de donner des marques de
sa protection pour un Ordre qui lui était si tendrement
dévoué; sa prière fut exaucée, ainsi que le prouve
la lettre suivante qui se trouve rapportée par les histo
riens anglais :
400
CULTE DI MARII.
« Mes 1rès-chers Frères,
« Béni soit Dieu qui n'abandonne jamais ceux qui
« espèrent en lui, et ne méprise pas la prière de ses
« serviteurs; bénie soit aussi la très-sainte Vierge,
« Mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, se ressou« venant de ses anciennes miséricordes en faveur de
« son peuple, s'empresse de nous secourir au milieu
« des tribulations extrêmes qui nous environnent de
« toutes parts, et qui, pour relever le courage de ceux
« d'entre vous que la tentation semble affaiblir, parce
« qu'ils ne font pas assez d'attention que quiconque
« veut vivre en piélé avec Jésus-Christ, souffrira des
« persécutions, m'envoie vers vous, pour vous appren« dre une nouvelle consolante, que vous devez rece« voir dans la joie de l'Esprit saint. Je prie cet Esprit
« de vérité qu'il dirige ma langue, afin que je vous
« informe , d'une manière convenable , d'une écla« tante faveur du ciel... Moi, qui ne suis que cendre et
« poussière, lorsque je répandais mon âme en pré« sence de Dieu, et que je priais en toute confiance la
« sainte Vierge, ma divine maîtresse, afin que, puis« qu'elle avait permis à notre Ordre de s'honorer du
« titre glorieux de Frères de la bienheureuse Vierge
« Marie, elle voulût bien aussi se montrer notre mère
« et protectrice par quelque signe sensible de sa
« bienveillance , qui nous servît de défense contre
« ceux qui nous persécutent; quand tous les jours,
« dis-je, je lui adressais, au milieu des soupirs, cette
«prière: Fleur du Carme), vigne toujours fleurie,
« splendeur du ciel, étoile mystérieuse de la mer,
« mère toujours vierge, daignez favoriser les enfants
DÉVOTIONS À LA SAINTE VIERGE.
401
« du Carmel d'un privilège spécial de votre pro« tection; enfin la bienheureuse Vierge Marie m'est
« apparue, accompagnée d'une troupe céleste et tenant
« en main un scapulaire miraculeux. Elle m'a dit :
« Reçois, mon fils, ce scapulaire de ton Ordre, désor« mais le signe de ma Confrérie; ce sera pour toi
« et tous les Carmes un excellent privilège ; et qui« conque mourra revêtu de ce saint habit, ne souf« frira jamais les flammes éternelles , c'est le signe
« du salut , une sauvegarde dans les dangers , et le
« gage d'une alliance éternelle. »
Dès que cette lettre écrite à Cambridge , en An
gleterre, le jour de cette vision, 16 juillet 1251, fut
parvenue aux membres de la confrérie de Notre-Dame
du mont Carmel , ils ajoutèrent à leur titre celui de
religieux de l'Ordre du Scapulaire, et Simon Stock
porta le reste de sa vie cet insigne pieux avec un grand
sentiment de vénération. Il mourut, presque cente
naire, à Bordeaux, en 1263, le 16 juillet, précisément
jour anniversaire de la vision mémorable. 11 fut inhumé
dans le couvent des Carmes de cette ville. Aujour
d'hui ses reliques reposent dans l'église primatiale.
La tradition rapporte que cinquante ans plus tard, la
sainte Vierge apparut encore au pape Jean XX11, et
qu'elle lui révéla des indulgences obtenues par Elle
de son divin Fils en faveur de tous les membres de
l'Ordre du mont Carmel. Ce pape publia ces indul
gences le 3 mars 1322. Les fidèles appelés à les
gagner devaient porter un scapulaire semblable à ce
lui de Simon Stock. Tout le monde en connaît la
forme; il n'est cependant peut-être pas inutile de rap
peler que, dans l'origine, le scapulaire était un vè
iU2
CULTE DE JUME.
tcmcnt pour les épaules, car ce mot vient du latin scapulœ qui signifie épaules ; il consistait en deux boute
de drap tombant sur la poitrine et sur le dos, comme
le portent encore certains religieux ; mais l'orne
ment sacré qui a retenu ce nom depuis Simon Stock,
est forme de deux petites pièces d'étoffe carrée sur
chacune desquelles est gravée ou brodée l'image de la
sainte Vierge ; chacun des bouts est attaché à un ruban,
et on le porte ainsi suspendu au cou.
AU reste, l'institution de la Confrérie du mont Carmel
remonte, dans l'Orient, à des temps fort reculés, puis
qu'elle fut l'objet d'indulgences accordées par plu
sieurs papes dans le neuvième siècle. En se répandant
en Europe et particulièrement en France , vers l'an
1264, elle y mérita par ses vertus la confirmation des
souverains pontifes qui ne lui a pas manqué depuis ;
et en effet, si une controverse peu sérieuse fut soule
vée à son sujet par quelques théologiens, la dévotion du
scapulaire a été successivement approuvée dans les
termes les plus favorables, d'abord, comme on vient de
le voir, par Jean XXII, cinquante ans après la mort
de son fondateur, puis par les bulles authentiques
d'Alexandre V, de Clément VII , de Paul III et IV, de
Pie V et de Grégoire XIII. Depuis six cents ans le sca
pulaire est l'objet non-seulement de la piété des fidèles,
mais encore de celle des personnes les plus éminentes
par leur rang , leurs dignités ou leurs lumières , telles
que les Rois et les Reines de France les plus illustres.
L'histoire rapporte un grand nombre de miracles
qu'ont obtenus de Dieu les Chrétiens qui l'ont porté
pieusement. Parmi les indulgences plénières qui ont été
accordées aux membres de la Confrérie, les principales
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
403
sont pour le jour de la fête de Notre-Dame du mont Carmel (le 16 juillet), et tous les jours de l'octave, enfln
pour toutes les fêtes de la très-sainte Vierge dans le
cours de l'année , et lorsque l'Église célèbre quelqu'un
de ses mystères.
Depuis les croisades jusqu'au commencement du dixneuvième siècle , il y avait toujours eu un monastère
sur le mont Carmel ; il fut saccagé parles Turcsaprès la
bataille des Pyramides gagnée par Napoléon; en 1826
le frère Jean-Baptiste obtint de Mahmoud un flrman ,
par suite duquel il a entrepris la reconstruction de ce
monument : le temps n'est peut-être pas éloigné où
Notre-Dame du mont Carmel y retrouvera son église.
L'Ordre des Carmes n'existait plus en France, lorsqu'en 18 il , quelques religieux espagnols chassés de
leur patrie par les révolutions, fondèrent un petit
couvent à Riom, près de Bordeaux, en un lieu ap
pelé les Broussays ; cet établissement canoniquement
approuvé s'est augmenté d'un noviciat, et de là sont
nées deux autres fondations à Agen, et à Montigny,
près de Vesoul. L'Ordre des Carmélites compte aussi
en France environ soixante couvents; les religieuses
de cet Ordre sont cloîtrées, et ont un vêtement qui
rappelle le scapulaire primitif: les membres de la Con
frérie de l'un ou l'autre sexe doivent porter un sca
pulaire imitant la matière , la couleur et la forme de
l'habit des religieux du mont Carmel, c'est-à-dire de
laine et non de soie, entièrement de couleur noire ou
brune, et sans autre ornement que les deux rubans de
laine.
En parlant du Carmel , il est impossible de ne pas
citer la pieuse femme qui en fut l'un des plus illustres
40 t
CULTE DE MARIE.
soutiens. Sainte Thérèse, âgée de vingt-et-un ans seu
lement, prit l'habit de cet Ordre, à Avila, en Espa
gne, le 2 novembre 1536. Elle y introduisit plus tard
une réforme , non-seulement pour les filles , mais
encore pour les religieux et particulièrement pour les
Carmes-Déchaussés.
Il existe un ouvrage du R. P. Panetier, intitulé In
structions pour l'association de Notre-Dame du mont
Carmel, où sont expliqués au long les statuts, les règle
ments, les conditions, les grâces et toutes les autres
particularités concernant la Confrérie du Scapulaire.
La philosophie de ces derniers siècles, corrompus par
l'excès de la civilisation, a plus d'une fois souri, en lais
sant tomber un de ses regards sur les institutions monas
tiques ou des dévotions telles que celle du scapulaire :
mais des hommes supérieurs l'ont aussi plus d'une fois
confondue par la force de leurs arguments et l'entraîne
ment de leur éloquence. Qui ne serait de l'avis de l'il
lustre auteur du Génie du Christianisme, lorsqu'il a dit,
en traitant ces sujets :
« S'il est vrai, comme on pourrait le croire, qu'une
« chose soit poétiquement belle , en raison de l'anti« quité de son origine , il faut convenir que la vie rao« nastique a quelques droits à notre admiration. Elle
« remonte aux premiers âges du monde. Le prophète
« Élie, fuyant la corruption d'Israël, se retira le long
« du Jourdain, où il vécut d'herbes et de racines,
« avec quelques disciples. Sans avoir besoin de fouiller
« plus avant dans l'histoire, cette source des ordres re« ligieux nous semble assez merveilleuse. Que n'eus« sent point dit les poëtes de la Grèce , s'ils avaient
a trouvé pour fondateur des collèges sacrés un homme
DÉVOTIONS A IA SAINTE VIERGE.
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
a
403
ravi au ciel dans un char de feu, et qui doit reparaître sur la terre au jour de la consommation des
siècles? De là, la vie monastique, par un héritage
admirable , descend à travers les Prophètes et saint
Jean-Baptiste jusqu'à Jésus-Christ , qui se dérobait
souvent au monde pour aller prier sur les montagnes
Enfm, sous Paul, Antoine et Pacôme, paraissent ces saints de la Thébaïde, qui remplirent le
Carmel et le Liban des chefs-d'œuvre de la péniteiice
Et que de choses non moins admirables
l'Occident ne nous montre-t-il pas à son tour dans
les fondations des communautés, monuments de nos
antiquités gauloises, lieux consacrés par d'intéressantes aventures ou par des actes d'humanité!
De même que les fontaines découlent des lieux élevés pour fertiliser les vallées , ainsi les premiers
anachorètes descendirent de leurs hauteurs pour
porter aux barbares la parole de I >ieu et les douceurs
de la vie
»
Nous pourrions , à l'appui d'une autorité si impo
sante, citer un grand nombre de ces hommes de la
beur opiniâtre et de foi sublime, parmi lesquels brilla
saint Gérard consacrant à la sainte Vierge l'abbaye de
la Sauve, en Guienne, retirée des ruines, en 1840,
par l'Archevêque de Bordeaux ; mais afin de ne point
nous écarter de notre sujet, nous nous bornerons à
quelques souvenirs historiques sur les Carmes et les
Carmélites, trop souvent traités de nos jours avec un
étrange dédain.
Le vaisseau qui portail Louis IX revenant de la terre
sainte, eu 1254, avant été assailli par une horrible
tempête, le saint roi lit à Notre-Dame du mont Car
23.
iOli
CILTF. 1)B MARIE.
mel un vœu à la suite duquel les éléments se calmè
rent comme par miracle; aussi, dès qu'il fut de retour
à Paris, s'empressa-t-il d'y établir six religieux de l'Or
dre du même nom.
En 1622, Louis XIII, témoin d'un fait prodigieux qu'il
attribua à la vertu du scapulaire, se revêtit de cet in
signe de la protection de Marie, et ne le quitta plus
jusqu'à la fin de ses jours.
Louis XIV voulut également recevoir le saint scapu
laire des mains du R. P. Léon, religieux carme, son
prédicateur ; ce fut, suivant les Mémoires du temps, au
retour de la procession solennelle instituée par Louis XIII
pour la fête de l'Assomption.
Enfin Louis XV, encore enfant, étant tombé dange
reusement malade, fut voué par sa gouvernante à
Notre-Dame du mont Carmel, et il fut guéri presque
aussitôt après qu'il eut porté sur lui le signe révéré de
ses aïeux.
Et maintenant, esprits forts du dix-neuvième siècle,
adorez-vous vous-mêmes , dans votre raison hautaine
et dans votre orgueil du progrès ; déistes, athées, sec
taires, qui que vous soyez, écriez-vous avec fureur, en
présence des enfants ou des frères de Marie , décorés
de l'humble signe du scapulaire, non serviam, je
n'obMrai point. A vous permis ; mais puisque vous
faites profession de tolérance, souffrez que le Chrétien
obéisse et croie à l'exemple de ses pères, sur le témoi
gnage de tant de millions d'autres Chrétiens, et en res
souvenir de plus de six cents ans de bonheur, dû à la
pieuse fondation de Simon Stock. Vous qui vous êtes
arrogé la mission de régénérer l'antique royaume de
saint Louis , puissiez-vous n'avoir pas substitué , dans
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
407
la main des Français, les enseignements du suicide au
petit livre des prières du Carmel , et ne jamais décou
vrir, avec remords, sur des poitrines ensanglantées par
une mort violente, au lieu du ruban consacré du scapulaire, les marques d'un désespoir que vous auriez
causé!
En lisant ce chapitre manuscrit, Madame Marceline
Desbordes Valmore , dont les poésies ont obtenu une
juste célébrité, ajouta à la suite ces lignes de sa main :
« Laissez aller où l'envoie une humble femme, cette
prière pour les prisonniers qui n'ont d'autre soleil que
le regard de la sainte Vierge :
Si, porteuse d'ailes,
Je pouvais monter
Où les hirondelles
Volent s'abriter ;
Si l'ardent cantique
Sorti de mon cœur,
Du Carmel antique
Allait au Seigneur,
Je n'y porterais pas une superbe aumone ;
Je n'ai rien ! mais aux pieds de ce Roi qui pardonne ,
Je laisserais tomber les larmes de mes yeux ,
Pour qu'il vint consoler ses enfants malheureux.
408
CULTE DE MARIE.
LE ROSAIRE.
Il s'en alhict pria pour la troisième foi»,
en disant les memes paroles.
(Evang. S. Matth., XXVI, 44.)
Abiit et oravit tertio , eumdem senuoiinn dicens.
Le Chapelet , le Rosaire et le Rosaire vivant , bien
que formant trois pratiques de dévotion distinctes , ont
cependant des relations si intimes qu'il paraît conve
nable de réunir tout ce qui concerne ce triple sujet.
L'usage de réciter plusieurs fois de suite la même
prière ne se rattache ni à une époque fixe, ni à des
lieux certains. On le retrouve chez les Juifs , les In
diens et les Mahométans; mais c'est surtout en An
gleterre qu'il paraîtrait avoir pris commencement
avec l'objet pieux qu'il a parmi nous. En effet , un
concile tenu dans ce royaume, au septième siècle,
prescrivit au clergé de réciter , pour le repos de l'âme
de chaque évêque défunt , un certain nombre de Pa
ter noster. Plus tard , dans le même pays , Guillaume
de Malmesbury, bénédictin et historien célèbre , rap
porta que Godire, femme du comte Losric, récitait
tous les jours autant de prières qu'il y avait de perles
dans son collier , et qu'elle avait ordonné qu'après sa
mort ce collier fût consacré à la sainte Vierge , en
l'honneur de laquelle elle se livrait à cet exercice de
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
409
piété. On pourrait citer d'autres exemples analogues ,
mais ils ne constateraient qu'une chose, la répétition
des prières , c'est-à-dire la disposition des âmes occu
pées de l'amour de Dieu à s'arrêter et revenir sur le
même sujet. — Le chapelet semble avoir une origine
plus directe, et elle se tire d'un fait qui remonte à l'é
poque des premières croisades. — Lorsqu'à la fin du on
zième siècle, l'ermite français , nommé Pierre, fut allé
visiter le tombeau de Jésus-Christ, et qu'enflammé par
la vue des lieux saints, il eut entrepris d'arracher la Pa
lestine à la domination des Musulmans , il s'empressa
d'exposer son projet à Urbain II , qui occupait alors à
Rome la chaire pontificale. Le pape ayant accordé son
approbation , Pierre l'Ermite prit une croix qu'il em
brassa avec transport, et courut dans les villes et les
campagnes prêcher la conquête de la Terre-Sainte. Les
populations se précipitèrent sur ses pas , et l'histoire a
constaté l'élan sublime dont la France donna le signal ,
en s'écriant de toutes parts : Dieu le veut ! Dieu le veut !
Cependant les guerriers-pèlerins présentaient une foule
d'hommes grossiers et ignorants ; Pierre consentit à se
mettre à leur tête et à les diriger, tandis que des corps
plus susceptibles de discipline seraient conduits par
des gentilshommes. Lorsqu'il arriva sous les murs de
Conslantinople , il remarqua parmi les Turcs l'habi
tude de rouler dans leurs doigts soixante grains aux
quels étaient attachées des prières. Il comprit le parti
qu'il pouvait tirer de cette coutume des Infidèles , en
la conseillant aux siens , dont le plus grand nombre ne
savaient ni écrire, ni lire, et qui ne portaient avec eux
que le bourdon, la panetière et l'escarcelle. Or, comme
durant la roule, les uns balançaient dans leurs mains
410
CULTE Dfe MARIE.
des rameaux et des tiges de fleurs ; et que d'autres
plaçaient sur leur tête un chapel ou chapelet de roses,
il est vraisemblable que par imitation, Pierre inventa le
mode de prier que les pèlerins nommèrent couronne,
psautier de la Vierge, ou rosaire. Toutes les chroniques
attribuent à la Croisade et à celui qui y prit une si
grande part l'usage de ce moyen propre à favoriser la
piété de gens qui ne pouvaient guère prier autrement.
C'est donc dès cette époque que les Chrétiens, substi
tuant des grains ou de petites boules rondes à des roses,
et formant ainsi des couronnes ou chapelets , contrac
tèrent l'habitude de tourner leur attention et leur cœur
vers Jésus et Marie. Toutefois , il n'y eut d'abord dans
cette sorte d'oraisons rien de réglé ni d'obligatoire, et
chacun ne suivait , en l'employant , que les inspirations
de son âme. C'est la remarque qu'a faite à ce sujet le
R. P. Lacordaire, de l'Ordre des Frères Prêcheurs,
dans son intéressante Vie de saint Dominique. — Le
même écrivain va nous expliquer comment , au trei
zième siècle, le fondateur de son Ordre devint, en
perfectionnant le chapelet, l'instituteur du Rosaire, tel
qu'il existe aujourd'hui :
« La guerre des Albigeois , par sa durée et ses chan« ces diverses, semblait mettre un obstacle presque
« invincible au dessein constant de Dominique, qui
« était de fonder un ordre religieux consacré au mi« nistère de la prédication. Aussi ne cessait-il de de« mander à Dieu l'établissement de la paix , et ce fut
k dans le but de l'obtenir et de hâter le triomphe de
« la foi , qu'il institua , non sans une secrète inspira« tion , cette manière de prier qui s'est depuis répan« duc dans l'Église universelle sous le nom de Rosaire.
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
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4 il
Lorsque l'archange Gabriel fut envoyé de Dieu à la
bienheureuse vierge Marie, pour lui annoncer le
mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu dans son
chaste sein , il la salua en ces termes : « Je vous
salue , pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ;
vous êtes bénie entre les femmes. » Ces paroles ; les
plus heureuses qu'aucune créature ait entendues, se
sont répétées d'âge en âge sur les lèvres des Chrétiens , et du fond de cette vallée de larmes , ils ne
cessent de redire à la Mère de leur Sauveur : « Je
liras salue, Marie. » Les hiérarchies du Ciel avaient
député un de leurs chefs à l'humble fille de David ,
pour lui adresser cette glorieuse Salutation ; et maintenant qu'elle est assise au-dessus des Anges et de
tous les chœurs célestes , le genre humain qui l'eut
pour tille et pour sœur, lui renvoie d'ici-bas la Salutation angélique : « Je vous salue , Marie. » Quand
elle l'entendit pour la première fois de la bouche de
Gabriel, elle conçut aussitôt dans ses flancs trèspurs le Verbe de Dieu ; et maintenant chaque fois
qu'une bouche humaine lui répète ces mots, qui furent le signal de sa maternité , ses entrailles s'émeuvent au souvenir d'un moment qui n'eut point
de semblable au ciel et sur la terre , et toute l'éternité se remplit du bonheur qu'elle en ressent.
« Or , quoique les Chrétiens eussent coutume de
tourner ainsi leur cœur vers Marie , cependant l'usage immémorial de cette Salutation n'avait rien de
réglé et de solennel. Les fidèles ne se réunissaient
pas pour l'adresser à leur bien-aimée Protectrice ;
chacun suivait pour Elle l'élan privé de son amour.
Dominique , qui n'ignorait pas la puissance de l'as
il 2
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CULTE DE MARIE.
sociation dans la prière , crut qu'il serait utile de
l'appliquer à la Salutation angélique , et que cette
clameur commune de tout un peuple assemblé monterait jusqu'au Ciel avec un grand empire. La brièveté même des paroles de l'Ange exigeait qu'elles
fussent répétées un certain nombre de fois , comme
ces acclamations uniformes que la reconnaissance
des nations jette sur le passage des souverains. Mais
la répétition pouvait engendrer la distraction de l'es—
prit. Dominique y pourvut , en distribuant les salutations orales en plusieurs séries , à chacune desquelles il attacha la pensée d'un des mystères de
notre rédemption, qui furent tour à tour pour la
bienheureuse Vierge un sujet de joie , de douleur et
de triomphe. De cette manière , la méditation intime
s'unissait à la prière publique , et le peuple , en saluant sa Mère et sa Reine , la suivait au fond du
cœur en chacun des événements principaux de sa
vie. Dominique forma une confrérie pour mieux assurer la durée et la solennité de ce mode de suppli
cation.
« Sa pieuse pensée fut bénie par le plus grand de
tous les succès , par un succès populaire. Le peuple
chrétien s'y est attaché de siècle en siècle avec une
incroyable fidélité. Les confréries du Rosaire se sont
multipliées à l'infini. 11 n'est presque pas de chrétien au monde qui ne possède , sous le nom de chapelet, une fraction du Rosaire. Qui n'a entendu , le
soir, dans les églises de campagne, la voix grave des
paysans récitant à deux chœurs la Salutation angelique? Qui n'a rencontré des processions de pèlerins,
roulant dans leurs doigts les grains du Rosaire, et
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERQE.
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413
charmant la longueur de la route par la répétition
alternative du nom de Marie? Toutes les fois qu'une
chose arrive à la perpétuité et à l'universalité , elle
renferme nécessairement une mystérieuse harmonie
avec les besoins et les destinées de l'homme. Le rationaliste sourit en voyant passer des files de gens
qui redisent une même parole : celui qui est éclairé
d'une meilleure lumière comprend que l'amour n'a
qu'un mot , et qu'en le disant toujours il ne le répète
jamais. »
Cette ravissante explication se trouve justifiée par les
plus imposantes autorités. Dans l'Ancien Testament ,
rien n'est plus fréquent que la répétition des mêmes
versets de psaumes ou de cantiques. Jésus-Christ ,
comme l'atteste l'Évangile selon saint Matthieu, répéta
plusieurs fois, dans le jardin des Olives, la même prière
qu'il adressait à son Père. Paul , abbé , qui vivait du
temps de saint Antoine , faisait trois cents fois par jour
la même prière , et comptait les récitations avec de
petites pierres tirées de ses vêtements. Qui de nous en
fin , en reposant sa tête sur le sein ou les genoux de sa
mère , n'a trouvé une douceur infinie à lui dire vingt
fois de suite : « Pauvre Mère, bonne Mère, Mère bienaimée , que je vous aime , que je vous respecte , que je
m'attache à vous! » Or, la récitation faite avec les grains
du Rosaire n'est pas autre chose. La fatigue ou l'ennui
seraient- ils donc inséparables uniquement des hom
mages rendus à Dieu et à sa sainte Mère? Oh ! que notre
pauvre nature est inexplicable, et parfois désolante !
On vient de voir que le Chapelet et le Rosaire ont
une origine commune, et que leur institution propre
avait seule une source différente. Ils se distinguent en
414
COLTE DE MARIE.
core par le fait. — Le Chapelet, qu'on appelle aussi
quelquefois Patenôtre, à cause de l'Oraison dominicale,
Pater noster, qui en a toujours été la base , se compose
d'abord d'une petite croix attachée au bout d'un fil ou
ruban fixé à la couronne de grains. Aux grains de ce
fragment , se rattachent un Pater, trois Ave et un Glo
ria Patri. Puis vient la couronne formée de cinq Pater
et de cinq dizaines d'Ave entremêlées. Quant au Ro
saire, le Bréviaire romain, dans les leçons du deuxième
nocturne de la fête qui porte ce nom , donne l'explica
tion suivante : « Le Rosaire est une certaine formule de
« prières , dans laquelle nous distinguons quinze di« zaines de Salutations angéliques entremêlées d'Orai« sons dominicales, et à chacune de ces dizaines ou dé« câdes nous faisons la mémoire des mystères de la
« Rédemption par une méditation religieuse. »
Ces mystères sont au nombre de quinze ; savoir :
cinq mystères joyeux, qui sont l'Annonciation ou l'In
carnation du Verbe et la Maternité divine , la Visitation
de la sainte Vierge , la Nativité de Jésus , sa Présen
tation , et son recouvrement dans le Temple ; — cinq
mystères douloureux, l'Agonie de Jésus, sa Flagel
lation, le Couronnement d'Épines, le Portement de
Croix et le Crucifiement; — et cinq mystères glorieux,
la Résurrection de Jésus-Christ , l'Ascension , la Des
cente du Saint-Esprit sur les Apôtres , l'Assomption de
la sainte Vierge par son Fils et le Couronnement de
Marie. Quinze vertus correspondent à ces mystères ;
ce sont , dans le même ordre , l'Humilité , la Charité ,
le Détachement, la Pureté , l'Obéissance, la Contrition,
la Mortification , la Patience, la Résignation , la Persé
vérance , la Foi , le Désir du Ciel , le Recueillement ,
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
415
la Grâce d'une bonne mort et l'Union avec Jésus et
Marie.
Ces pieuses pratiques, familières aux Chrétiens des
conditions les plus humbles, ont également été obser
vées par des personnages éminents. Ainsi Louis XIV
récitait tous les jours son Chapelet , suivant en cela
l'exemple que lui avait donné sa mère. — Et près de
cinq siècles auparavant, Blanche de Castille avait at
tribué à la fervente dévotion que lui avait inspirée saint
Dominique, la naissance de Louis IX, qui fut la tige des
Bourbons , et l'un des plus grands des Rois de France.
De précieuses indulgences ont été attachées à diverses
époques , tant à la dévotion du Chapelet qu'à celle du
Rosaire. L'une et l'autre , sans cesser de conserver leur
forme propre, ont cependant reçu, en l'année 1826, un
accroissement , ou plutôt une sorte d'animation déve
loppée par l'institution du Rosaire vivant. Une pauvre
fille de Lyon, nommée Marie Jaricot, en conçut la
première pensée , qui devint plus tard l'objet d'un rap
port favorable du cardinal Lambruschini, nonce du
Saint-Siège , et le pape Grégoire XVI a bien voulu si
gnaler à tous les fidèles , non précisément une dévo
tion nouvelle , mais l'antique dévotion de saint Domi
nique , en quelque sorte régénérée. Tels ont été l'objet
et le fruit du Bref pontifical , donné à Rome le 27 jan
vier 1 832 , lequel accorde à l'association du Rosaire de
nouvelles et nombreuses indulgences.
Le but de cette pieuse association est de fléchir la
colère de Dieu, par l'entremise de Notre-Dame-du-Rosaire , de fortifier dans la foi les âmes ferventes et de
hâter la conversion des pécheurs , en même temps que
d'assurer l'exaltation de la sainte Église.
416
CULTE DE MARIE.
Le Rosaire vivant s'appelle ainsi à cause de sa con
stitution : il représente en effet une union ou assem
blée de personnes dont l'arrangement est l'image du
Rosaire de saint Dominique. — Le bureau central,
composé de cinq personnes , rappelle la croix et les
quatre grains de l'introduction du Chapelet. Chaque
division , formée de onze quinzaines , offre dans son
ensemble un total de cent soixante-quinze personnes
auxquelles se rapportent les quinze Pater et les cent
cinquante Ave. Chaque section ou quinzaine est ellemême un Rosaire vivant , chargé d'honorer les quinze
mystères. Enfin, la Conseillère de chaque division re
présente la médaille ou le petit lien qui sert à unir les
deux extrémités du Rosaire , de manière à ce qu'il
forme une couronne.
t
Les bornes de cet ouvrage ne nous permettant pas
d'étendre ces notions générales , nous renvoyons.à l'ex
cellent livre qui a pour titre : Manuel du Rosaire vi
vant , par M. Bétemps , chanoine de Lyon ; on y trou
vera tout ce qui concerne les règles , les exercices, les
prières, les indulgences, etc., de cette association émi
nemment catholique.
Nous conseillons aussi de recourir au Manuel du bon
Paroissien, de l'abbé Thibaud de la Rochelle, afin de
connaître particulièrement les offices du Rosaire et des
autres fêtes de la sainte Vierge qui se célèbrent sous
différents titres dans les églises de France.
Indépendamment des chapelets et des rosaires dont
il vient d'être parlé , il y a encore le rosaire ou le cha
pelet de sainte Brigitte. Celui-ci est composé de six
dizaines , ce qui fait en tout , y compris le Pater et les
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
417
trois Ave de la croix, soixante-trois Ave Maria, et
sept Pater. Il porte le nom de sainte Brigitte , parce
que ce fut elle qui en eut l'idée , et qui le fit connaî
tre , au quatorzième siècle , dans le dessein d'honorer
les années que , d'après une opinion conforme à celle
de Nicéphore , la sainte Vierge aurait passées sur la
terre.
Au surplus , on trouvera ci-après , sous le titre de
Pratiques diverses, les quinze mystères, ainsi que les
sept Douleurs et les sept Allégresses.
CONFRERIE DE LA PIRETÉ DE LA VIERGE ,
OU NOTRE-DAME DE BON-SECOURS.
Les larmes du repentir sont le vin qui
réjouit le cœur des Anges.
(S. Bernard.)
Pœnitentium lacryma;vinum Angelorum.
Qui ne connaît Notre-Dame de Bon-Secours? Com
bien de fois n'a-t-elle pas été invoquée par les mariniers
en péril , par les mères veillant auprès du berceau de
leurs enfants, par les jeunes filles, les vieillards, les
pauvres, par tous ceux enfin qui ont souffert des
maux du corps , des adversités de la vie humaine et
des épreuves de l'àme ? Ce nom si doux et si rempli
de consolations ne résonne-t-il pas encore fréquem
ment à notre oreille , et nous-mêmes , ne cédons-nous
pas à l'entraînement qu'il provoque? Et cependant , la
418
CULTE DE MARIE.
confrérie à laquelle il était attaché n'existe peut-être
plus , en France du moins.
C'est en l'année 1658 que Jean-François de Gondy,
le premier archevêque de Paris, avait accordé aux
Pères Minimes, dont l'église était à la place Royale, la
permission d'établir dans leur couvent la Confrérie de
la Pureté de la Vierge ou de Notre-Dame de Bon-Se
cours. Quelques années auparavant, le pape Innocent X,
qui mourut en 1655 , y avait attaché à perpétuité des
pardons et des indulgences en faveur des frères et des
sœurs de la même Confrérie , qui s'appelait en France ,
dans l'origine, la Sainte Union des Imitateurs de la
pureté de la bienheureuse Vierge Marie. Jean-François
de Gondy, en permettant dans son diocèse ce qui était
déjà autorisé dans ceux d'Aix et de Toulon , régla les
obligations de cette Association de la manière suivante :
Les Pères Minimes et leurs affiliés devaient avoir
spécialement pour objet la pureté virginale que Marie
avait eue avant , pendant et après son état d'enfante
ment : ils avaient à réciter tous les jours la petite cou
ronne de Pureté , qui consistait seulement à dire trois
fois la Salutation angélique. La célébration d'une triple
fête était fixée à l'Annonciation, à Noël et à la Purifi
cation ; de plus, il y avait devoir d'assister, autant que
possible , à la récitation des litanies de la sainte Vierge,
récitées ou chantées après les Complies tous les same
dis de l'année , ainsi qu'aux autres solennités de la
sainte Vierge. Enfin, les reltgieux étaient autorisés à
faire la procession et à exposer le saint Sacrement de
l'Eucharistie , depuis le lever jusqu'au coucher du so
leil , durant les trois jours de#fêtes annuelles.
Cette Confrérie et ses exercices publics ont disparu
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
419
dans les tempêtes civiles du dernier siècle ; mais le nom
en est toujours resté cher aux fidèles , et plus d'une
fois il a suffi pour électriser les âmes pieuses. Chateau
briand raconte quelque part qu'il s'était autrefois formé
une association de femmes , dont la fondatrice était une
grande dame de Barcelone , laquelle distribua tout son
bien aux personnes de son sexe pauvres et étrangères.
Il ajoute que le nom de famille de cette dame s'est
perdu , et qu'elle n'est plus connue aujourd'hui que
par celui de Marie du Secours , qui lui avait été donne
par les indigents et les exilés. 11 est impossible, ici, de
ne pas se rappeler avec quelle ingénieuse charité la Re
ligion a toujours prodigué ou plutôt inventé les noms
les plus doux pour jeter un chaste voile sur les erreurs
de ses enfants. Quel étrange et attendrissant contraste
présentent la plupart des asiles où se réfugient tant de
misérables créatures , que le désordre des passions a
douloureusement initiées aux tourments d'une longue
vie ! C'est ordinairement sous l'invocation du Bon Pas
teur, de Notre-Dame de Bon-Secours, de la Magdeleine,
de la Miséricorde, que sont fondées les retraites qui
leur sont incessamment ouvertes. C'est là que , par un
de ces miracles qui confondent l'orgueil humain, l'hos
pitalité la plus empressée est accordée jour et nuit à ces
victimes de l'inexpérience qui n'ont pu traverser les
flots du monde sans en contracter l'amertume. Repré
sentez-vous , comme cela a dû arriver plus d'une fois,
représentez-vous cette jeune fille qui, les vêtements en
désordre et le visage baigné de larmes, va, d'une main
tremblante , à l'entrée de la nuit , frapper à la porte
d'une de ces saintes maisons. A peine a-t-elle franchi
le seuil redouté , qu'une de ces admirables femmes que
420
CULTE DE MARIE.
la Communauté appelle tout simplement la Botnie mère,
accueille la pécheresse couverte de confusion , et l'em
brasse ; puis elle lui prodigue les plus tendres consola
tions : « Venez , ma pauvre enfant , lui dit-elle , Dieu
« vous a déjà pardonné!
» Paroles touchantes qui
nous rappellent ces vers d'un poète israélite , entraîné
par son cœur aimant à rendre hommage à Marie :
Vierge sainte, espoir du pécheur,
A cette âme du Ciel bannie
Rends le vêtement de blancheur:
Ses remords l'ont assez punie.
Entendez-vous alors cette autre Madeleine laisser
échapper de sa poitrine cette exclamation déchirante :
« 0 mon Dieu, malgré votre toute-puissance, vous ne
« pourrez jamais faire que je ne vous aie point of~
« fensé'.... » Devant un tel spectacle, quelle créature,
si coupable qu'elle soit, ne croirait pas sentir une larme
rafraîchissante couler sur son cœur flétri , mais non
tout à fait mort à la foi et à l'espérance?...
CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME AUXILIATRICE.
A elle sont suspendus mille boucliers,
armure des forts.
(Cant. des Cant., ch. iv, v. 4.)
Mille clypei pendent ex ea, ennuis armatura fortium.
Lorsqu'à la fin du dix-septième siècle, comme on l'a
déjà vu, la ville de Vienne était assiégée par les Turcs,
un fit dans toute l'Allemagne des prières pour le trions
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
12 1
phe des armes chrétiennes. Un capucin prêchait alors
à Munich ; il exhorta ses auditeurs à implorer le se
cours de la sainte Vierge, déjà honorée sous le titre de
Notre-Dame-Auxiliatrice , dans l'église où cet orateur
annonçait la parole de Dieu. Bientôt on s'empressa
de faire des prières publiques ; et l'armée chrétienne
ayant battu celle des Infidèles , le siège de Vienne fut
levé. Le peuple et les soldats reconnurent dans cet évé
nement l'heureux effet de l'intercession de Marie, et,
pour en perpétuer la mémoire , Maximilien , électeur
de Bavière, obtint du pape Innocent XI l'institution
d'une confrérie , destinée à honorer Notre-Dame Auxiliatrice. Le même Pape enriehit cette confrérie de nom
breuses indulgences. Il y avait, entre autres, soixante
jours d'indulgences chaque fois que les associés fai
saient une œuvre pie. Nous avons lu qu'on célébrait, en
France, avant la révolution de 1789, plus de quarante
mille messes par an , dans le même but de dévotion , et
qu'on disait plus de deux millions de chapelets pour
les personnes affiliées. — Cette pratique touchante
n'existe plus , nous le croyons du moins ; ou peutêtre se cache-t-elle dans quelque coin de terre fidèle
aux traditions pieuses , comme une fleur timide , qui
n'a pas besoin du grand jour pour vivre et se perpétuer
dans un doux et mystérieux parfum.
?4
422
CI.LTE m MARIE.
CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS.
Au captif baigné de fleurs,
A l'infirme , au miserable ,
Notre-Dame des Douleurs
Prête une main secourable.
(Edmond Géraud.)
Qui pourrait se faire une juste idée des douleurs de
Maris, si bien nommée, suivant une interprétation
de son nom, mer arrière? Entre autres circonstances
mémorables de cette existence placée par la volonté
divine entre les plus grandes épreuves et la destinée
la plus digne d'envie , qui de nous ne se sent attiré vers
des scènes si touchantes? A Nazareth, dans l'humble
demeure de ses parents , pratiquée sous des rochers,
l'ange Gabriel lui révèle tout à coup le mystère de l'In
carnation. Elle se trouble , incline sa tète et obéit à
la parole du Seigneur; — à Bethléem, c'est sur un
peu de paille, dans une froide étable , qu'elle enfante le
Maître de la terre et des cieux ; — dans le Temple , le
glaive de douleur prédit par Siméon , lui perce le cœur
par avance; — à Jérusalem, elle suit, dans le silence
du désespoir , son divin Fils couvert de sang , le front
ceint d'une couronne d'épines et vêtu de quelques
lambeaux de pourpre; — au pied de la croix, elle tombe
en défaillance entre les bras du disciple bien-aimé :
elle ne reprend ses esprits que pour voir déposer dans
le sépulere le corps adorable du Sauveur du monde , et
DÉVOTIONS A I.A SAINTE VIERGE.
423
depuis ce jour de funeste mémoire, elle ne voulut pas ,
elle aussi , être consolée, parce que son Fils n'était plus !
Il n'était pas difficile, dans cette longue série de
scènes déchirantes , de trouver à choisir sept douleurs
pour en faire le sujet d'une dévotion particulière et
indépendante de la fête solennelle qui a été décrite
ailleurs. Vers le milieu du treizième siècle , sept per
sonnes pieuses, résidant à Florence, se retirèrent en
semble dans la forêt du mont Sénart. Ce fut là que,
cédant à des inspirations de la sainte Vierge, elles
instituèrent l'Ordre religieux des Serviteurs de Marie,
dont le but était de s'appliquer à la méditation de ses
souffrances. Bientôt après cette dévotion se répandit
dans toute l'Église , et elle y fut pratiquée sous le titre
de Couronne des Sept Douleurs.
Le Chapelet des Sept Douleurs de la sainte Vierge
est divisé en sept septaines, dont chacune se compose
d'un Pater et de sept Ave Maria. A la fin , on ajoute
trois Ave Maria: le premier, en mémoire des larmes
répandues par la Mère assistant à la Passion de son di
vin Fils ; le second , afin d'obtenir une sincère contri
tion des péchés qu'on a commis ; le troisième , pour
obtenir les Indulgences attachées à cette dévotion , qui
fut singulièrement chère au pape Pie VII , pendant sa
captivité dans l'exil. Ces indulgences avaient été prin
cipalement accordées à perpétuité par Benoît XIII , le
26 septembre 1724, et par Clément XII, dix ans après,
et le 12 décembre. Leur étendue et le mode propre à
les obtenir sont expliqués dans une autre partie de cet
ouvrage. Deux conditions essentielles sont d'ailleurs
imposées : l'une d'avoir fait bénir la Couronne des Sept
Douleurs, et l'autre de réfléchir sérieusement sur
424
CULTE DE MARIE.
chacune de ces douleurs, en récitant le Pater efles
sept Ave Maria. Les pensées suivantes auxquelles on
n'est pas tenu de s'astreindre , quant à la forme ,
peuvent fournir le sujet de chaque méditation ou élé
vation.
1. Si Marie entendit la prophétie du vieillard Siméon , sans murmurer et sans être abattue , courbonsnous avec confiance sous la main de Dieu , quand elle
nous frappe ou même seulement nous avertit.
2. Puisque Marie abandonna tout à coup la retraite
chérie de Bethléem pour les rigueurs d'un exil en
Egypte , obéissons à la voix de la Providence , quand
elle s'est prononcée , en disant : « Allez ! vous marche
rez toujours sous mon regard. »
3. Durant trois jours , Marie pleura son Fils qu'elle
croyait égaré et perdu, et ne cessa pourtant pas de le
chercher. Si Jésus s'éloigne de nous , pleurons et cou
rons à lui.
4. Si Dieu fait descendre la croix sur nous ou sur
nos proches , exerçons- nous à la porter avec cou
rage; et si les forces nous manquent un moment,
efforçons-nous, pour les recouvrer, de remercier Celui
qui règle toutes choses en vue du salut de ceux qu'il
aime.
5. Quelle que soit l'immensité de nos douleurs, ou
la gravité de nos blessures , la main d'un Père est tou
jours étendue pour montrer dans l'avenir la récompense
des unes , et pour verser, même ici-bas , un baume sur
les autres. Le crucifiement est l'image de la mortifi
cation.
6. En nous souvenant de la descente de Croix,
appliquons-nous à la pénitence , aux bonnes œuvres ,
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
42;i
au fruit (précieux [des mérites de la mort du Christ.
7. Que la sépulture de Jésus nous enseigne à faire
tout pour Dieu seul , même quand le désespoir a saisi
notre âme.
Cette seule récitation du Chapelet , accompagnée de
méditations et de prières inspirées par un cœur péné
tré de l'amour de Dieu, assure cent jours d'indul
gence , de même que la Salutation Angélique , récitée
devant l'image de Notre-Dame des Sept Douleurs, en
fait obtenir mille quatre-vingts à tous les fidèles.
Le nombre sept a également inspiré deux sortes de
prières ou de méditations en usage dans les commu
nautés : ce sont les sept mystères joyeux de la sainte
Vierge, communément appelées les Sept Allégresses,
— et les sept mystères glorieux. Il ne sera pas sans in
térêt de retrouver ci-après les uns et les autres.
Quant à l'institution de la Confrérie, elle doit être
rapportée à la reine Anne d'Autriche , épouse de
Louis XIII : Notre-Dame des Sept Douleurs étant la |iatronne spéciale des Augustins , cette reine avait tou
jours témoigné pour elle la plus fervente dévotion.
Elle voulut établir, sous cette invocation, un Ordre
pour les princesses et autres dames de haute qualité,
et une confrérie pour le reste des iidèles. Sur la de
mande qu'elle en fit faire au souverain Pontife , cette
confrérie fut solennellement établie dans l'église de
Notre-Dame-des-Victoires, le 24 mars 1657, jour même
de la fête. La chapelle décorée de ce nom existe encore
aujourd'hui.
24.
426
CULTE DE MARIE.
CONFRÉRIE
ET
MÉDAILLE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION.
L'Évangile ne dit point si la Conception de la sainte
Vierge fut immaculée , c'est-à-dire sans tache comme
sa vie. Les Docteurs et les Théologiens n'ont pas tou
jours été parfaitement d'accord à ce sujet. Cependant
saint Grégoire , évêque de Néocésarée , saint Basile ,
saint Ambroisc, saint Jérôme, saint Jean Chrysostome,
saint Augustin et d'autres encore, avaient donné à
Marie le titre d'Immaculée ou des titres équivalents.
Le 1er mars 1476, François d'Albescola dela Rovère,
fils d'un pêcheur et devenu le pape Sixte IV, rendit
une bulle par laquelle il accorda des indulgences à
ceux qui célébreraient la fête de la Conception de la
sainte Vierge. Ce fut là le premier décret de l'Église
Romaine touchant cette solennité. Ce souverain Pon
tife fut imité par Clément VII, Paul V, Grégoire XV,
Pie V, Alexandre VII , Clément XI , etc.
Dans ces derniers temps, les souverains Pontifes ont
été plus explicites encore ; et Grégoire XVI a autorisé
l'insertion du mot Immaculata dans l'office même de
la Conception.
Les plus graves autorités sont donc en faveur de cette
opinion , et c'est à tort ou inconsidérément qu'on a
tenté d'élever des doutes sur sa solidité en invoquant
celle de saint Thomas , de saint Bonaventure et de
saint Bernard. Les écrits des deux premiers saints pro
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
427
testent contre cette assertion, et le troisième n'a pu
donner sujet de le citer en ce sens , qu'à cause d'une
lettre que ce grand homme écrivit aux chanoines de
Lyon , pour leur reprocher d'avoir fait l'office de cette
fête de leur propre autorité et sans avoir consulté le
Saint-Siège. Nous avons cité déjà les belles paroles de
Bossuet sur cette pieuse croyance. 11 est vrai que
l'Église de Rome, mère et maîtresse de toutes les
Églises, n'a pas proclamé cette vérité comme un ar
ticle de foi ; mais cette circonspection même doit prou
ver aux incrédules avec quelle sagesse et quelle len
teur elle procède dans ses décisions. Elle a d'ailleurs,
en laissant toute liberté à ses enfants, témoigné plus
d'une fois sa joie de les voir disposés de cœur aux
saintes pratiques instituées pour l'Immaculée Con
ception.
Vers la fin du onzième siècle, Erbert, abbé de Ramèse, ayant été envoyé en Danemarckpar Guillaumele-Conquérant, roi d'Angleterre, pour y conclure un
traité , fut assailli à son retour par une violente tem
pête. 11 implora Marie et promit d'honorer d'un vœu
particulier sa Conception immaculée, s'il échappait à
ce danger. La tempête se calma, et de retour, il obtint
de Guillaume que celui-ci écrivît aux évêques de Nor
mandie , qui , bientôt après , fondèrent une Confrérie
sous le titre de l'Immaculée Conception.
D'autres confréries se sont formées sur cette base
dans plusieurs parties de la France ; nous ne nous oc
cuperons ici que des deux faits récents qui ont donné
à cette dévotion une consécration éclatante parmi
nous.
Vers la fin de l'année 1830, une religieuse, novice
428
CCLTE DE MARIE.
dans une des communautés qui se dévouent au soula
gement des pauvres , à Paris , crut voir, dans une mé
ditation , un tableau représentant la sainte Vierge, telle
qu'elle est ordinairement figurée sous le titre d'immaculée Conception, en pied et les bras ouverts. Elle crut
également lire dans la même vision cette inscription,
tracée en caractères d'or, autour du tableau : « O Ma
rie , conçue sans péché , priez pour nous qui avons re
cours à vous! » Enfin, il lui sembla distinguer sur le
revers la lettre M surmontée d'une petite croix, et au
bas les sacrés Cœurs de Jésus et de Marie. En même
temps , elle entendit une secrète inspiration et comme
les sons d'une voix céleste qui la pressait de faire frap
per une médaille, avec de semblables effigies, en l'hon
neur de la sainte Vierge. Cette fille s'empressa de con
sulter des personnes pieuses et son directeur , qui , à
leur tour, s'entretinrent de ce fait extraordinaire avec
Mgr de Quélen, archevêque de Paris. Le vénérable
prélat , après avoir recueilli des informations , ne crut
point devoir s'opposer à ce qu'on réalisât le vœu ma
nifesté par un grand nombre de fidèles de voir frapper
la médaille. Elle avait été le sujet de visions réité
rées, suivant le témoignage constant d'une bouche qui
n'avait jamais été soupçonnée de mensonge. 11 n'y avait
en cela rien d'opposé à la foi de l'Église , tout y était
au contraire favorable au [culte que le vrai chrétien
doit à la sainte Vierge. La médaille fut donc frappée en
i 832. La première fut donnée à Mgr de Quélen , qui
l'avait demandée , et bientôt après elle se répandit avec
une incroyable profusion parmi les filles de charité de
Saint-Vincent-de-Paul, dans les autres communautés,
et dans tous les rangs du sexe qui rend en hommages
DÉVOTIONS A LA SALNTE VIERGE.
129
à la sainte Vierge ce qu'elle lui doit en grandeur
et en indépendance. Vers la même époque , le choléra
qui exerçait ses ravages , offrit naturellement l'oc
casion de recourir à cette médaille miraculeuse , et
il fut avéré qu'un très-grand nombre de ceux qui la
portèrent furent préservés du fléau. Un ouvrage , pu
blié en 1834 par la Société des Bons Livres, rapporte
un nombre infini de guérisons ou de conversions cer
tifiées par des témoignages authentiques. Enfin , tout
le monde connaît l'éclatante conversion de M. Alphonse
Ratisbonne , israélite de Strasbourg , devenu chrétien
aux pieds de Marie , dans une des églises de Rome ,
après avoir porté quelque temps sur lui la médaille
de l'Immaculée Conception. 11 n'est donc pas étonnant
qu'aujourd'hui cette médaille soit restée singulière
ment chère au peuple et à la portion la plus saine
comme la plus éclairée de la société. A la vérité , les
demi-savants et les esprits forts taxent cette pratique de
superstition ; mais on peut leur opposer des autorités
plus graves que la leur. Nous nous bornerons à en ci
ter seulement deux , que les Catholiques d'une part et
la France entière de l'autre se plaisent à honorer.
Dans les lettres sur le Protestantisme du savant abbé
Thibaud , archiprètre curé de la cathédrale de La Ro
chelle , au milieu de nombreux arguments tendant à
venger les Catholiques du reproche de superstition,
on remarque le passage suivant, tout à fait conforme à
la doctrine de l'Église :
« Les pratiques de dévotion dont il s'agit ne sont pas
« attachées à l'objet seul, mais bien aux prières de
« l'Église et aux sentiments de foi du Chrétien. H con« vient de voir dans ces pratiques approuvées ou siin
Î30
CULTE DE -.IvniK.
« plement tolérées, la sage tolérance de l'Église catho« lique romaine qui prévient les abus et les corrige, en
« montrant l'esprit de foi dont on doit être animé, en
« attendant toujours de Dieu seul la grâce et le secours
« opportun. Si l'on se sent porté à demander une
« grâce au Seigneur à l'occasion d'un signe, d'un em« blême ou symbole que l'on a sur soi , et qui réveille
« un sentiment religieux, où voyez-vous une supersti« tion , lorsque cet objet surtout est devenu respecta« ble par les bénédictions de l'Église ou par le mérite
« de la personne de qui on l'a reçu? Alors , il faudrait
* interdire tout signe extérieur de dévotion , ce qui est
« contre l'usage de plusieurs sectes protestantes, et
« contre l'Écriture autant que contre la raison. Il fau« drait condamner la foi de ces hommes , qui , ne
« pouvant approcher du Sauveur, le priaient qu'rt leur
et permit seulement , comme une grâce, de toucher la
« frange de son vêtement. Le Seigneur cependant ré« compensait leur foi, en les guérissant tous. » (Matth.,
14,36.)
Notre seconde autorité émane d'un des hommes les
plus éclairés de ce siècle, si jaloux du progrès, qui fut
ambassadeur, ministre , et peut-être le premier écri
vain de son temps , de l'illustre auteur du Génie du
Christianisme.
« Heureux , trois et quatre fois heureux ceux qui
« croient ! Ils ne peuvent sourire sans compter qu'ils
« souriront toujours ; ils ne peuvent pleurer sans pen« ser qu'ils touchent à la fin de leurs larmes
Les
« pas du vrai croyant ne sont jamais solitaires ; un bon
« ange veille à ses côtés ; il lui donne des conseils
« dans ses songes ; il le défend contre le mauvais ange.
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
«
«
«
«
«
«
«
«
«
o
«
431
Ce céleste ami lui est si dévoué qu'il consent pour
lui à s'exiler sur la terre
Nous ne dirons point
comment, dans les calamités publiques, les grands et
les petits s'en allaient pieds nus d'église en église
pou.- tâcher de désarmer la colère de Dieu. Le pasteur marchait à leur tète, la corde au cou, humble
victime dévouée pour le salut du troupeau. Mais le
peuple ne nourrissait point la crainte de ces fléaux,
quand il avait sous son toit le Christ d'ébène, le
laurier béni , Yimage du Saint protecteur de la famille. »
Prière à l'usage des personnes qui portent la Médaille de l'Inimaculée Conception de Marie, dite Médaille miraculeuse.
O Marie , nom sous lequel personne ne doit désespérer, et
qui remplit de consolations tous ceux qui le prononcent avec
amour ! Vierge sans tache et toute belle , faites , je vous prie ,
par les mérites de votre conception immaculée , que mon âme
soit purifiée des souillures du péché , et que le serpent infer
nal , dont vous écrasez la tête , ne me tienne plus enchaînée
sous son odieux empire. Je me jette, ma bonne mère, avec
une conliance toute liliale, dans vos bras maternels, que vous
ne m'ouvrez que parce que vous voulez me presser amoureu
sement sur votre sein miséricordieux. Faites que ces raycyis
de pure et céleste lumière, qui s'échappent de vos mams
bénies et bienheureuses, m'éclairent dans la voie de leur sanc
tification , et que leur clarté me fasse éviter les écucils qui
m'empêcheraient d'arriver au ciel dont vous êtes la porte.
Que la croix qui brille à mes yeux devienne pour moi un gage
assuré de salut , et que, par votre intercession , j'obtienne la
grâce de supporter avec résignation toutes les peines qu'il
plaira à Dieu de m'envoyer dans cette vallée de larmes. Que
la vue du cœur sacré de votre divin Fils m'apprenne , par les
épines dont il est couronné, quel bonheur c'est de souffrir
pour Jésus-Christ , et de souffrir d'une manière digne de lui.
Que votre propre cœur, ô Marie immaculée, soit pour moi
un avertissement, par la lance dont il est percé, que le mien
doit être enflammé de l'amour des choses du ciel et détaché
de celles de la terre. Enfin, que ces deux cœurs réunis soient
mon refuge. et mon asile pendant la vie , ma défense et ma
432
CILTE DU MARIE.
force au moment de la mort, mon honneur et ma gloire
durant toute l'éternité.
O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons
recours à vous '. Ainsi soil-il.
En terminant ici ce qui concerne l'Immaculée Con
ception, nous croyons pouvoir nous abstenir de trai
ter plus longuement des Confréries, Archiconfréries
ou Congrégations, ayant pour objet le culte de la
sainte Vierge. 11 y avait autrefois un grand nombre
d'autres associations de ce genre , surtout avant la ré
volution de 1789. Les plus célèbres furent, au trei
zième siècle , la Confrérie de la Bienheureuse Marie , à
Paris, et celle des Pénitents blancs ou des Recommandés
de la sainte Vierge, à Rome; — au quatorzième, celle
ue Notre-Dame-du-Puy , enVelay: — au quinzième,
celle do Notre-Danw-dm-Blanc-Ménil, à Paris; — au
seizième, la Congrégation des Pénitents de l'Annon
ciation; — au dix-septième et au dix-huitième, celles
de Notre-Dame-de-Liesse, des Aveugles, etc. Quelquesunes de ces Confréries se sont maintenues et se livrent
encore à divers actes de piété , particulièrement dans
le Midi de la France.
1 Annuaire de Marie , p. 324.
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
433
PÈLERINAGES.
Vos Gis viendront de loin pour vous
offrir leurs hommages, et vos filles s'é
lèveront à vos côtés.
(Isaïe, en. 60.)
Filii tui de longe venient, et filis
tuse de latere surgent.
Les Païens , comme tout le monde le sait , avaient
des temples élevés à leurs idoles. Les premiers Chré
tiens , craignant d'avoir rien de commun avec eux ,
aimaient au contraire à répéter : « Nous consacrons à
« Dieu un sanctuaire , non dans des temples , mais
« dans nos cœurs. » Cependant, après que JésusChrist eut fait la dernière Cène et institué l'Eucharis
tie, ses disciples revinrent fréquemment prier ensemble
dans cet imposant Cénacle, qui devint par là comme
la première de toutes les églises. Il est même certain
qu'après la Pentecôte , ils eurent des lieux d'assem
blées auxquels aurait pu s'appliquer cette qualification.
Mais bientôt dispersés par les persécutions, ils furent
obligés de se cacher dans ces sombres Cryptes, plus
connues sous le nom de Catacombes ou Catatombes.
C'était là qu'ils célébraient le saint Sacrifice et qu'ils
déposaient les corps des martyrs. On désignait ces
Cryptes par les termes de confessions , ou tombeaux
des confesseurs, d'apostolea , martyria, memoria. Puis
ils élevèrent des autels ou des oratoires , d'abord sur
ces tombeaux, et plus tard, sous les voûtes souterraines
25
434
CULTE DE VARIE.
'
des églises. Ainsi s'explique, suivant la tradition, l'é
rection des deux basiliques de Saint-Pierre et de SaintPaul de Rome, dans le champ où avaient été enterrés
les corps de ces deux Apôtres. Plus tard encore, les
églises se multiplièrent et portèrent le nom des Saints
et des reliques qui leur étaient accordées. Tel est, vrai
semblablement, le motif pour lequel les églises, cha
pelles ou oratoires édifiés sous le titre de la SainteVierge , ne parurent peut-être pas dans les premiers
siècles du Christianisme , parce que les restes mortels
de Marie ne s'étant trouvés nulle part , ou son corps
ayant été enlevé dans le Ciel , la base spéciale semblait
manquer à une semblable institution. Ce ne serait
donc guère qu'à compter de l'époque où ;la paix fut
rendue à l'Église par l'empereur Constantin, que se se
raient établies les chapelles sous le vocable de la sainte
Vierge. On a déjà vu comment elles s'étaient propagées
dans l'univers catholique , et on comprend aisément
pourquoi dans les siècles de foi et de ferveur, de nom
breux fidèles entreprenaient des voyages plus ou moins
longs , afin d'aller recueillir, sur les lieux , leur part
des grâces attachées à quelques-unes de ces fondations.
On appela d'abord ces voyageurs, Pérégrins du mot
latin peregrinus, qui veut dire étranger, et ensuite par
altération ou par euphonie , pèlegrin et pèlerin. Dans
les temps de barbarie, ces pèlerinages avaient la dou
ble utilité de servir à l'expiation de crimes ou de fautes,
et de contribuer au progrès de la civilisation ; car, sui
vant la remarque qui en a été faite, il n'y avait point
de pèlerin qui ne revînt dans ses foyers avec quelque
désir de rentrer en paix avec Dieu , quelques préjugés
de moins et quelques vérités de plus. Ils inspiraient
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
43S
par cela même un si vif intérêt, qu'on vit s'établir pour
leur utilité , des chevaliers qui les escortaient , des re
ligieux qui leur donnaient l'hospitalité, et même des
dames de haut parage qui leur accordaient un gra
cieux accueil dans les châteaux. 11 était difficile alors
de parcourir un chemin public sans en rencontrer. En
l'année 1600, célèbre par le grand Jubilé , l'hôpital de
Saint-Philippe-de-Néri , à Rome , reçut , d'après les
histoires contemporaines , quatre cent quarante mille
cinq cents pèlerins, qui furent nourris, logés et dé
frayés entièrement pendant trois jours.
Les pèlerinages étaient surtout très-communs en
France sous les premiers rois de la troisième race.
Dans les onzième et douzième siècles , ils prirent de
nouveaux développements. Ils eurent un grand attrait
pour quelques-uns de nos Rois , et particulièrement
pour Louis XI. Avant lui et sous son règne, on vit, à
Paris , des pèlerins revenir de la Terre-Sainte et d'au
tres lieux, chanter dans les rues le récit de leurs
voyages et des cantiques spirituels, et distribuer à
leurs amis des reliques ou d'autres objets provenant
de leurs pieuses expéditions. Ce sujet a fourni à l'il
lustre auteur du Génie du Christianisme l'un des plus
intéressants tableaux de son ouvrage, si fécond en ce
genre de beautés, lorsqu'il a dit : « L'homme a-t-il
« besoin de revoir un parent? il fait un vœu, prend
« le bâton et le bourdon du pèlerin ; il franchit les
« Alpes ou les Pyrénées , visite Notre-Dame-de-Lorette
a ou Saint-Jacques-de-Galice ; il se prosterne , il prie
« le saint de lui rendre un fils (pauvre matelot peut« être errant sur les mers) , de prolonger les jours
tt d'un père, de sauver une sage épouse. Son cœur se
436
«
«
«
«
«
«
«
«
a
«
CULTE DE MARIE.
trouve allégé ; il part pour retourner à sa chaumière,
tout chargé de coquillages. 11 fait retentir les hameaux du son de sa conque, et chante, dans une
complainte naïve, la bonté de Marie , Mère de Dieu.
Chacun veut avoir quelque chose qui ait appartenu
au pèlerin. Que de maux guéris par un seul ruban
consacré ! Le pèlerin arrive aux environs de sa demeure ; la première personne qui vient au devant de
lui, c'est sa femme relevée de couches, c'est son
fils retrouvé, c'est son vieux père rajeuni!
»
De nos jours , les pèlerinages sont devenus moins
fréquents, et peut-être ne doit-on pas le regretter;
car ils avaient engendré des abus qui sont inséparables
des longs voyages. Toutefois, le Chrétien aime encore
parfois à visiter quelqu'une des chapelles consacrées
à Marie, à une distance plus ou moins rapprochée des
lieux qu'il habite. Ces actes de dévotion, quand ils
s'accomplissent avec prudence et recueillement , ne
peuvent qu'avoir des fruits précieux. Us créent, en
effet, une sorte de pieuse diversion qui rend plus vive
la prière et retrempe l'âme toujours si disposée à s'en
gourdir.
On a écrit des volumes sur les sanctuaires innom
brables où , depuis dix-huit siècles, les peuples vont
invoquer Marie, sous le titre de Notre-Dame. Il nous
serait impossible , à notre tour, même d'indiquer sim
plement par leur nom , tous les monuments de ce
genre devenus chers aux pèlerins par les miracles
qui s'y sont accomplis, tels que Notre-Dame de la
Guadeloupe , au Mexique ; Notre-Dame d'Arauco, dans
le Chili; Notre-Dame du Carmel, en Palestine; NotreDame de Passaw, en Bavière; Notre-Dame d'Albe
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
437
Royale, en Hongrie; Notre-Dame de Savone, en Pié
mont; Notre-Dame-des-Ermites, en Suisse; Notre-Damedes-Halles, en Belgique, etc., etc. Sans poursuivre
cette nomenclature , nous nous bornerons à quelques
lignes rapides sur les lieux principaux dans lesquels ,
suivant l'opinion commune , les Chrétiens ont pensé
qu'il était plus agréable à la sainte Vierge de recevoir
leurs hommages , soit dans les contrées voisines de la
France où la Religion a été le plus florissante, soit
dans la France elle-même.
En Italie, on compte d'abord à Rome , comme autant
de sanctuaires privilégiés pour les pèlerinages, soixantesept églises consacrées en l'honneur de la Mère de Dieu ;
l'une d'elles, Sainte-Marie-Majeure, est célèbre par
son origine , à raison d'une neige miraculeuse qui , le
5 août 367 , à l'époque des grandes chaleurs , tomba
sur l'une des sept collines de Rome où elle est fondée.
Le souverain Pontife l'a classée au nombre des grandes
basiliques que l'on appelle patriarchales. Elle fut élevée
par Jean, patrice romain, et | rebâtie par le pape
Sixte 111 au commencement du cinquième siècle. C'est
là qu'a été conservée et se voit encore la crèche du
Sauveur; les pieux pèlerins ont toujours aimé à visiter
près d'Ancône, Notre-Dame de Lorette, enrichie par
plusieurs Papes de précieuses indulgences ; — près de
Bologne , Notre-Dame de la Colombe; — près de la ville
d'Assise , Notre-Dame des Anges , qui fut le berceau de
l'ordre des Frères Mineurs fondé par saint François ; —
à Aquilée, Notre-Dame de l'Étoile, ainsi nommée parce
qu'en plein jour, durant une prédication de saint Ber
nardin, une brillante étoile frappa les regardsde ses au
diteurs au moment où il citait un passage de l'Apoca
438
CULTE DE MARIE.
lypse et où il l'appliquait à la sainte Vierge ; — à
Lucques, Noire-Dame de la Rose, par allusion à trois
roses trouvées au milieu de l'hiver, suivant une vieille
tradition , entre les mains d'une image de la Vierge.
Certains pèlerinages , en Espagne , ont dans tous les
temps eu également une grande célébrité. Sur les
frontières de France , en Catalogne , près de Barcelone ,
depuis mille ans et plus , cinquante lampes d'argent
brûlent sans cesse aux pieds de Notre-Dame de Montserrat. On y raconte qu'en l'année 809, des bergers, en
gardant leurs troupeaux , virent plusieurs fois , avec
surprise , une lumière éclairer une grotte sur une col
line nommée Montserrat , en même temps qu'ils en
tendirent des chants mystérieux. L'évêque de Barcelone
fut averti , vérifia le fait , et fit bâtir en ce lieu une
chapelle où fut placée, dans une niche mystérieuse, la
petite statue de Marie , objet d'une dévotion lointaine.
Plus loin , selon un document historique approuvé le
7 août 1723, dans une assemblée dela Congrégation
des Rites , de tous les lieux qui sont pour l'Espagne un
objet spécial de dévotion , le plus renommé est le sanc
tuaire consacré à Dieu sous l'invocation de Notre-Dame
de Saragosse, et qu'on appelle del Pilar (du Pilier).
C'est là que, d'après la tradition , saint Jacques-le-Majeur
aurait été favorisé d'une apparition de la sainte Vierge.
Dans un grand nombre d'autres parties de l'Espagne,
il existe des fondations analogues ; presque toutes
étaient, avant les dernières révolutions de ce pays, d'une
grande richesse qu'avait successivement augmentée la
visite des pieux pèlerins.
Dans notre France enfin, qui s'est si longtemps
enorgueillie du titre de royaume très-chrétien , il est
DÉTOTIOÎW A LA SAINTE VIERGE.
439
certain qu'à la fin du dix-huitième siècle , sur cent qua
rante cathédrales dépendant d'un nombre égal de dio
cèses, il y en avait plus du tiers sous l'invocation de
Marie ; aujourd'hui , sur quatre-vingt-une , il y en a
trente et une de placées sous le même vocable , sans y
comprendre un très-grand nombre d'églises paroissiales
qui ont adopté ce saint patronage. Paris seul, sur
trente-six paroisses, en a sept , et notamment sa métro
pole ; enfin il n'est pas d'église dans laquelle ne s'élève
au moins un autel de la sainte Vierge.
Quant aux monuments plus modestes , tels que les
saints oratoires ou chapelles, le nombre en est infini.
Parmi les fondations spéciales de ce genre, nous indi
querons brièvement ici celles qui ont le plus de répu
tation et que visitent avec plus de foi les pèlerins, pour
acquitter leurs dettes envers la justice divine et avoir
une part plus abondante aux trésors de l'Église. Courses
attendrissantes et sublimes, qui fîtes le bonheur de nos
pères , vous n'avez jamais coûté une larme à l'inno
cence, un tourment à l'amour-propre, une humiliation
à la pauvreté !
Au premier rang des pèlerinages se présente NotreDame de Fourvières qui, dans le quatrième siècle, suc
céda au Forum de Trajan, et qui a toujours été depuis
renommée par ses miracles. Peu de Chrétiens passent
à Lyon sans aller visiter ce sanctuaire particulièrement
chéri de Marie. Ce fut là qu'en l'année 1815, le maré
chal de France , Suchet , adressa à l'un des chapelains
ces paroles religieuses : « Ma mère m'amena souvent
« ici aux pieds de Notre-Dame. C'est un bien doux sou
te venir d'enfance que je n'ai jamais perdu. Veuillez
« bien faire dire quelques messes à mon intention. »]
itO
CULTE DE MARIE.
Quels matelots n'ont entendu parler de la chapelle de
Notre-Dame-d'Auray, l'un des trois pèlerinages les plus
révérés de la Bretagne. Combien de fois on en a vu ,
le capitaine en tète , s'y rendre en procession pour faire
célébrer la messe des naufragés !
Notre-Dame de la Garde , à Marseille , est aussi en
grande confiance , et voit presque chaque jour, depuis
des siècles , les marins venir suspendre avec dévotion à
ses voûtes les ex-voto, éclatants témoignages de leur
reconnaissance pour l'Étoile des mers.
Près de Rouen , Notre-Dame de Bon-Secours n'est pas
moins célèbre au loin par ses nombreuses guérisons.
Dans une solitude escarpée et sauvage du Quercy
existe , depuis des siècles , le pèlerinage de Roc-Amadour, vieux sanctuaire dédié à la bienheureuse Vierge ,
et que visitèrent dévotement, en se rendant de Toulouse
à Paris, saint Dominique et Bertrand de Garrigue , son
disciple fidèle.
Chartres , qui depuis longtemps porte avec orgueil
le nom de ville de Marie , possède également un sanc
tuaire de la sainte Vierge , où saint Louis fit des fon
dations dignes de sa royale munificence.
Notre-Dame du Puy, en Velay, est de temps immé
morial une source de salut, devant laquelle tour à
tour vinrent s'incliner Charlemagnc , Louis-le-Débonnaire , Philippe-Auguste et d'autres Rois de France.
Les peuples de cette province n'ont pas oublié que ce
lieu fut le centre des missions de saint François Régis.
En Picardie, Notre-Dame de Liesse (lœtitia, joie) fut
également un des pèlerinages les plus fréquentés de
nos Rois. On en rapporte l'origine à la dévotion de
trois gentilshommes du pays qui , étant tombés entre
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
441
les mains des infidèles, au temps des croisades, jetèrent
les premiers fondements de cette chapelle en mémoire
de leur délivrance.
A La Rochelle, Notre-Dame de Belle-Fontaine, que
les paysans appellent naïvement la. bonne Marie des bois,
est probablement celle qui a inspiré à Chateaubriand
les lignes suivantes : « Qui ne connaît Notre-Dame des
« Bois , cette habitante du creux de la vieille épine ou
« du tronc moussu de la fontaine? Elle est célèbre
« dans tout le hameau par ses miracles
Les co« lombes qui boivent des eaux de sa fontaine ont tou« jours des œufs dans leurs nids , et les ileurs qui
« croissent sur ses bords, toujours des boutons sur
« leur tige. 11 était convenable que cette sainte des
« forêts fit des miracles doux comme les mousses
« qu'elle habite, charmants comme les eaux qui la
« voilent. »
Dans la Normandie , Notre-Dame de la Délivrande , à
trois lieues de Caen , sur le bord de la mer, est encore
le but d'un pèlerinage très-vénéré des fidèles. Au mois
de septembre 1 832 , on y vit Mgr de Quélen, archevêque
de Paris, se prosterner devant la sainte image et lui
offrir une statue de bronze en reconnaissance d'une
grâce signalée à laquelle il aspirait depuis longtemps.
Tous les ans, pour la fêle de la Nativité, le 8 sep
tembre, de nombreuses processions de pèlerins se
rendent , de vingt lieues à la ronde , près de Pau , au
pied de Notre-Dame de Bétharram , dont le Béarnais
chante les louanges dans sa langue aux éclats vifs et
mélancoliques , tandis qu'il gravit à genoux les flanes
d'une colline pittoresque.
Enfin , sur cent autres points du royaume très-chré25
442
CULTE DE MARIE.
tien, un nombre infini de monuments que la piété de
nos pères plaça sous l'invocation de Marie , ou qui ont
été restaurés de nos jours , attestent que le culte de la
Mère est désormais impérissable comme celui de son
divin Fils. Il est au surplus digne de remarque, que
les plus renommées de ces fondations ont été établies
loin des cités bruyantes , tantôt dans la solitude des
bois, tantôt sur les bords dela mer, partout en un
mot où l'homme semble se trouver plus près de Dieu
et plus sûr d'être entendu de Marie. Ne serait-ce point
parce que le mystère plaît éternellement à la Vierge
mère, de laquelle saint Bernard a]dit : « Où a-t-elle
« paru présomptueuse ? Elle a entendu son Fils parler
« à la foule en paraboles , révéler à ses disciples les
« secrets du royaume de Dieu. Elle l'a vu faire des
« miracles , elle l'a vu attaché à la croix , expirant ; elle
« l'a vu ressusciter et monter à son Père ; [eh bien !
« dites combien de fois vous avez entendu la voix de la
« Vierge, de la tourterelle pudique?
Quatre fois
« seulement, suivant le texte entier des Évangiles, la
« première à l'ange, après qu'il lui eût lui-même
« adressé la parole ; la seconde à Elisabeth , pour ré« pondre à sa salutation ; la troisième à son divin Fils,
« lorsqu'avec Joseph elle le retrouva dans le temple, à
« l'âge de douze ans ; et la quatrième aux noces de
« Cana, à Jésus et à ses serviteurs. »
En terminant ici, non sans regret, ce qui est relatif
aux pèlerinages, nous ne pouvons résister au désir de
faire connaître , avec une mention toute particulière,
les trois célèbres chapelles situées à une petite distance
de Bordeaux. Les visites que nous y avons faites plus
d'une fois au sanctuaire de Marie sont restées singuliè
DÉVOTIONS À LA SAINTE VIERGE.
443
rcment chères à notre mémoire , soit à cause des grâces
que nous y avons obtenues , soit par le charme qui se
rattache aux naïves traditions répandues dans la con
trée. Nous espérons que le lecteur pieux nous par
donnera cette digression et qu'elle ne sera peut-être
pas même pour lui sans intérêt.
A partir des côtes de l'Océan et en se dirigeant vers
le Levant , on trouve dans le département de laGironde,
d'abord sur la lisière d'une forêt de pins et près du ri
vage d'un bassin immense , Notre-Dame d'Arcachon ,
que les mariniers saluent et prient toujours avant de
franchir une passe remplie d'écueils : élan du cœur
bien naturel de la part de ceux qui aiment à se ressou
venir que ce fut parmi des pêcheurs que le Fils de Marie
choisit ses premiers Apôtres et le chef de son Église ;
puis , à une lieue de Bordeaux , au milieu des plus
riantes campagnes , Notre-Dame de Talence » où se re
nouvellent constamment , depuis des siècles, les plus
attendrissantes guérisons des maux du corps et de
l'âme. Enfin , peu de monuments de ce genre ont
obtenu plus de renom que Notre-Dame de Verdelais ,
située à dix lieues de la même ville et sur la rive droite
de la Garonne. C'est là que dans le douzième siècle fut
érigé un monastère consacré à Marie, lequel eut à souf
frir de la guerre contre les Anglais. Relevé en 1384 par
Isabelle , comtesse de Foix , à la suite d'une rencontre
miraculeuse, il reçut un autel sur lequel fut placée
l'image vénérée de la sainte Vierge portant l'enfant
Jésus dans ses bras. Depuis cette époque reculée , la
statue de Marie eut à subir successivement les outrages
réunis du temps, des ennemis de la France et des
Huguenots; mais le saint autel sortit toujours plus
444
CULTE SB MARIE.
rayonnant de ses ruines, et l'église de Vcrdelais est au
jourd'hui l'une des plus riches et des plus gracieuses
fondations consacrées à la Reine des Cieux. Elle est
desservie par les Pères Maiïstes. On y arrive par un
vallon charmant bordé d'églantiers et de haies d'aca
cias et d'aubépine. Dès l'instant où le voyageur aperçoit
Je clocher élégant, couvert d'ardoises et surmonté de
la Croix autour de laquelle s'enlace un serpent, il
éprouve je ne sais quel doux isolement de l'âme qui
détache de cette vie où , comme l'a si bien dit saint Au
gustin, « les choses sont pleines de misères et l'espérance
« vide de bonheur. » Cette sorte d'extase commence aus
sitôt qu'il met le pied sur cette terre de bénédictions ,
mais il se sent surtout entraîné par une sensation ravis
sante lorsqu'arrivant vers le soir, il voit de loin scintiller
au fond du sanctuaire la flamme mystérieuse de la lampe
qui brûle nuit et jour devant l'autel de Marie. 11 lui est
bien difficile alors de ne pas hâter sa marche ; et dès
qu'il se trouve près du Saint des Saints , à peine a-t-il
fléchi les genoux qu'il se sent comme absorbé dans la
rêverie et la prière. 11 y remarque ou il y apprend bientôt
que la reconnaissance des pécheurs relevés , des ma
lades guéris, des marins échappés au naufrage, des
peintres ou des poètes saisis d'un religieux enthou
siasme , a laissé des marques touchantes de leur pas
sage sous les voûtes de la chapelle consacrée à la sainte
Vierge. Leur main a en effet , dans ce lieu , suspendu
des lampes d'argent ou de petits bâtiments élégamment
pavoisés , décoré les niches de tableaux charmants ou
déposé aux pieds de Marie l'hommage d'étincelantes
inspirations. Telle est l'influence de tout ce qui envi
ronne alors le pèlerin, que bientôt, au milieu delà
DËVOTKMS A LA SAINTE TIERCE.
445
foule que Verdelais attire à chaque solennité , il se croit
au milieu de ses parents et de ses amis. C'est que la
Religion , quand elle n'est point altérée par le contact
des passions , tend à faire une seule famille du genre
humain pacifié. Là tous les rangs sont confondus,
toutes les conditions égales , tous les voeux sincères ;
en un mot, le Ciel y est ouvert pour tous. Nous vîmes
en l'année 1823 la fille du roi Louis XVI , si célèbre par
ses infortunes , priant et pleurant aux pieds de NotreDame de Verdelais, à côté d'une pauvre paysanne,
priant et pleurant comme elle. l'une demandait sans
doute le repos éternel pour le fils de saint Louis , tandis
que l'autre implorait aussi la miséricorde de Dieu pour
son époux, obscur laboureur chrétien, sur la tombe du
quel elle venait renouveler la simple croix de bois.
Plus de vingt ans après , dans une de ces mélancoliques
journées d'automne, saison des cœurs malades pour
lesquels il n'est plus d'affections ici-bas , ou qui n'ont
plus que peu de temps à y demeurer , nous aperçûmes
au fond du même sanctuaire deux sœurs, ensemble, en
vêtements de deuil , saintement agenouillées devant la
bonne Vierge noircie par le temps et les flammes : elles
étaient arrivées la veille de Bordeaux , dans l'intention
de prier Notre-Dame de Verdelais pour le repos de l'âme
de leur malheureux frère, enseveli vivant, hélas! en
moins d'une minute, sous les décombres d'un incendie,
après une laborieuse nuit de dévouement et de charité.
Nous osions à peine nous approcher d'elles , et il nous
semblait les entendre l'une et l'autre réciter ces paroles
du chant funèbre de David sur la mort de Saûl : Je
pleure sur toi, mon frère;
comme. une mère aime
son (ils unique, ainsi je t'aimais!
440
CULTE DE MARIE.
Il est donc vrai que, par un attendrissant privilège,
Marie est toujours et partout la Reine des martyrs , la
Porte du ciel , le Soulagement des infirmes , la Consola
trice des affligés! Qui pourra jamais savoir ce qui a dû
se passer mille et mille fois , cœur à cœur, entre cette
sainte Vierge des vierges et les pèlerins de tout âge ,
de toute condition , qui viennent se prosterner devant
ses autels? Mystérieux entretiens du ciel et dela terre,
prières timides et pourtant assez fortes pour percer les
nues, qui peut vous pénétrer ou même vous comprendre,
si ce n'est le Dieu qui entend la fleur s'ouvrir et qui
distingue dans les bois le dernier souffle de l'oiseau?
Qui sait surtout les vœux qui ont été exaucés par une si
puissante intercession? Le secret en est resté sans doute
dans un livre où ne saurait pénétrer encore le regard
de l'homme, parce qu'il n'est, ici-bas du moins, jamais
assez pur pour cela.
Telle est l'indication, abrégée malgré son étendue, de
ce qui se rapporte au sujet des pèlerinages. Puisset-elle augmenter ou du moins entretenir la ferveur
des Chrétiens pour un genre de dévotion dont l'origine
remonte aux premiers temps de l'Église et dont l'effi
cacité est désormais incontestable. Nous renvoyons les
personnes qui souhaiteraient en faire l'objet d'une
étude spéciale à la lecture de l'ouvrage intitulé ; Les
Pèlerinages aux Sanctuaires de la Mère de Pieu.
ÉLÉVATION.
0 bienheureuse Vierge qui avez donné au monde
l'exemple de toutes les vertus , n'avez-vous pas vousmême été la pèlerine par excellence? N'était-ce point
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
447
l'inspiration de l'amour divin qui, envous retirantaprès
dix ans du temple où votre pureté s'était abritée, vous
fit, tour à tour, aller, en gravissant les montagnes de
la Judée, saluer Elisabeth, dans la maison de Zacharie,
parcourir, sur le commandement de l'ange, l'Egypte et
la Palestine, et visiter pieusement la ville sacrée, aux
fêtes de Pâques, de la Pentecôte et des Tabernacles?
N'était-ce pas le même sentiment qui remplissait votre
âme, lorsque vous allâtes vous prosterner à Nazareth,
sous le toit où le Sauveur du monde avait été conçu, à
Bethléem , près de son berceau , et plus tard dans ce
jardin des Oliviers où tant de larmes devaient couler
de vos yeux? Ce sont là sans nul doute autant de pèle
rinages que rien ne doit effacer de la mémoire des
hommes, hélas! aussi tous étrangers et pèlerins dans
leur trajet sur la terre! Puissions-nous donc toujours,
ô Marie, dans les courses inspirées par nos espérances,
nos vœux ou nos regrets, avoir votre image pour com
pagne, votre humilité pour modèle, et votre grâce
pour soutien et pour consolation!
446
CULTE DR MARIE.
VOEUX. — MITAMES. — RETRAITES.
Faites des vœux au Seigneur votre Dieu,
et accomplissez-les.
(Ps. 75.)
Vovete et reddite Domino Deo vestro.
La joie sera dans la solitude.
(Isaîe, 34, 1.)
Exultabit solitudo.
Chateaubriand , dans le Génie du Christianisme , au
chapitre des Saints, a tracé un tableau saisissant de vé
rité et de charme, lorsqu'il a dit:
« Un vaisseau est prêt à périr ; l'aumônier, par des
« paroles qui délient les âmes, remet à chacun la
« peine de ses fautes ; il adresse au ciel la prière qui,
« dans un tourbillon, envoie l'esprit du naufragé au
« Dieu des orages. Déjà l'Océan se creuse pour englou« tir les matelots ; déjà les vagues, élevant leur triste
« voix entre les rochers, semblent commencer les
« chants funèbres ; tout à coup un trait de lumière
« perce la tempête ; l'étoile des mers, Marie, patronne
« des mariniers, paraît au milieu de la nue. Elle
« tient son enfant dans ses bras et calme les flots par
« un sourire: charmante religion qui oppose à ce que
« la nature a do plus terrible ce que le Ciel a de plus
v doux, aux tempêtes de l'Océan, un petit enfant et
« une tendre mère ! »
Cette scène touchante n'est pas la seule de ce genre
où le nom de Marie est béni et glorifié. Un soldat, déjà
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
449
couvert de nobles cicatrices , a-t-il été sur le point
de recevoir la dernière blessure de la main de ses
ennemis au milieu desquels il s'était laissé emporter
par l'ardeur des combats? nouveau Bayard, il tourne
ses yeux vers la croix de son épée , et implore la
Mère du Dieu des batailles ; et, comme par enchante
ment, il est sauvé et il ne tarde pas à revoir ses foyers !
Combien de fois , près de devenir mère , une jeune
épouse a-t-elle promis d'aller se prosterner, après sa
délivrance, au pied des autels de Marie, et d'y vouer
au blanc l'enfant que Dieu va lui donner ! En un mot,
tout être qui a souffert et pleuré n'a jamais vaine
ment invoqué Marie.
On appelle Vœu la promesse que, dans des circon
stances analogues, on a faite de quelque bonne œuvre,
d'un acte public ou secret de piété, ou d'une course
entreprise pour aller visiter une chapelle lointaine,
mais renommée par les ex-voto appendus à ses voûtes.
C'est ce qui a fait dire encore à l'auteur du Génie
du Christianisme, qu'on ne se lasse point de citer :
« La foule des serviteurs de Marie dans nos églises se
« compose de pauvres matelots qu'elle a sauvés du
« naufrage, de vieux invalides qu'elle a arrachés à la
« mort , sous le fer des ennemis de la France , et de
« jeunes femmes dont elle a calmé les douleurs. »
Les théologiens enseignent que pour être valide, un
vœu doit être fait librement, d'une chose possible,
bonne et plus agréable à Dieu que son contraire : cet
acte a une analogie toute naturelle avec les Neuvaines.
Tout le monde sait qu'on donne ce nom à des exercices
de piété observés durant neuf jours. On croit que ce
nombre neuf a été choisi pour honorer les neuf chœurs
450
CULTE SE MARIE.
des anges , qui sont : les Anges , les Archanges , les
Vertus, les Puissances, les Principautés, les Domina
tions, les Trônes, les Chérubins et les Séraphins. Peutêtre serait-il mieux d'y voir le nombre Trois qui est
celui de la Trinité, multiplié par lui-même.
L'un des vœux les plus mémorables , formé en
France , est celui de Louis XIII : bien qu'il en ait déjà
été fait mention, il ne sera peut-être pas sans intérêt
de revenir sur quelques-unes des circonstances qui
l'accompagnèrent, d'autant plus qu'elles se rattachent
à la fondation de l'une des plus célèbres églises du
royaume, et qu'elles rappellent des neuvaines solen
nelles et historiques.
La ville de La Rochelle s'était révoltée pour la troi
sième fois contre Louis XIII, et son ardeur était excitée
par les séditieux et les hérétiques, lorsque ce roi fit le
vœu, s'il triomphait, de consacrer en ce souvenir
une église à la sainte Vierge. La soumission des re
belles eut lieu, le 28 octobre 1 628 ; le roi fit son entrée
dans la ville le 1er novembre ; et le deuxième dimanche
de l'Avent, étant de retour dans la capitale, accompa
gné de sa cour, il accomplit son vœu, et posa la pre
mière pierre de l'église de Notre-Dame-des-Victoires.
Cette cérémonie , à laquelle présida l'archevêque de
Paris, fut le sujet d'un tableau qui existe encore dans
l'une des chapelles de ce magnifique monument consa
cré à la gloire de la Mère de Dieu,
Ce ne fut pas tout.
Dix ans plus tard, le même Louis XIII mit son
royaume sous la protection de la sainte Vierge ; et afin
d'obtenir, par son intercession, que la France eût,
après une longue attente, à se réjouir de la naissance
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
451
d'un héritier de la couronne, il résolut l'accomplisse
ment de trois neuvaines. En conséquence, il ordonna
au frère Fiacre, religieux augustin, de les faire cé
lébrer toutes les trois : l'une, à Notre-Dame-des-Grâces,
en Provence ; la seconde , à Notre-Dame de Paris ; et
la dernière , à Notre-Dame-des-Yictoires : ce qui fut
fait. A la même époque parut la célèbre déclaration du
10 février 1638, connue sous le nom de vœu de
Louis XHI ; le monarque reconnaissant donna ses pro
pres armes au couvent de Notre-Dame-des-Victoires ;
et le 5 septembre de la même année, à onze heures du
matin, après vingt-trois ans de stérilité de la Reine,
naquit Louis XIV, que l'Europe salua du nom de Dieudonné.
Dans ces temps où la civilisation était déjà assuré
ment fort avancée, le Roi de France et les souverains à
qui il annonça ce joyeux événement, ne craignirent
point de reconnaître , dans une correspondance au
thentique et conservée jusqu'à nous , qu'il était juste
avant tout de rendre grâces à Dieu et à la sainte Vierge ;
l'exemple en fut donné par Anne d'Autriche , qui , à
peine relevée de ses couches, alla remercier Marie au
pied des autels de Notre-Dame-des-Victoires.
Il est donc évident que nos pères avaient foi dans
l'efficacité des vœux et des neuvaines: quel esprit
assez orgueilleux , même en ce siècle de progrès , ose
rait les taxer de faiblesse ou de crédulité? Au reste,
l'Église, cette éternelle institutrice des nations chré
tiennes, compte depuis des siècles et célèbre encore
cinq principales neuvaines de la Mère de Dieu, qui sont
celles de l'Immaculée Conception, de la Nativité, de
l'Annonciation, de la Purification et de l'Assomption.
452
CULTE DK MARIE.
Telles sont les neuvaines qui , au surplus , s'entendent
de messes , stations devant un autel , ou prières parti
culières.
Enfin, pour ce qui est des retraites, ce mot indique
par lui-même qu'il s'agit d'une séparation plus ou
moins prolongée du commerce du monde , par prin
cipe de piété. Il y a un passage célèbre sur la solitude
dans le prophète Osée , qui peut mieux faire compren
dre encore ce que c'est : « Je la mènerai dans la solitude,
« dit-il , et je lui parlerai dans le fond du cœur :
« Ducam eam in solitudinem et loquar ad cor ejus : » ce
qui signifie que Dieu mène lui-même une âme dans la
solitude. Cette communication sainte est de cœur à
cœur, c'est-à-dire, de l'époux seul avec l'épouse seule,
comme dit saint Bernard, solus cum sola. Ces exercices
de pénitence ont des formes et des règles qui sont aussi
différentes que les besoins spirituels de ceux qui les
pratiquent: leur fin est de pourvoir efficacement à
l'affaire de son salut, par une parfaite réformation de
sa vie et de ses mœurs. Parmi les moyens d'atteindre
ce but, on peut indiquer principalement l'application à
éclairer son entendement et sa foi, un examen de con
science approfondi, une étude de soi-même, de son état
et de ses habitudes, la recherche ou la connaissance de
ses obligations générales ou particulières, une revue
de ses actions de chaque jour, une préparation à bien
mourir, et la fixation d'un règlement de vie conforme
à sa position.
Voilà la fin et l'emploi ordinaires des retraites;
on peut les accomplir, en l'honneur et en vue de la
sainte Vierge : on ne tardera pas alors à ressentir les
effets de la divine miséricorde et de. la grâce; car
DÉVOTIONS A LA SAINTS VIERGE.
453
la Mère de Dieu est toujours prête à dire à chacun de
nous ce que le Seigneur lui-même dit autrefois à Abra
ham: « Sors de ta maison, sépare-toi, pour un peu de
« temps, de la compagnie des hommes , et de l'em
ic barras des affaires ; retire-toi dans ce lieu solitaire ;
« là, je te ferai entendre tout ce que tu dois faire,
« je t'enseignerai le chemin que tu dois suivre , et je te
« bénirai. »
NEUVAINES DE PRIERES
EN L'HONNEUR DE LA TRES-SAINTE VIERGE ».
Un grand nombre de personnes pieuses étant dans
l'usage de se préparer aux fêtes de la sainte Vierge par
une neuvaine, nous avons cru répondre à leur désir en
plaçant ici une prière pour chaque jour de cette neu
vaine. Ces prières , tirées pour la plupart des Œuvres
de saint Liguori , sont pleines d'onction et très-propres
à exciter la piété envers Marie.
I« JOUR.
Après avoir invoqué l'Esprit saint par le Veni Sancte, il sera
bon de réciter quelques prières, telles que le Chapelet, /'Of
fice de l'Immaculée Conception , /'Ave , maris Stella , ete.
Pour obtenir sa Conversion.
O Marie, votre serviteur saint Bernard vous appelle Reine
de miséricorde ; mais qui sont les sujets de la miséricorde ?
évidemment les misérables! Vous êtes la Reine de miséri
corde, je suis le plus misérable des pécheurs, et par consé
quent le plus véritablement votre sujet. A ce titre , plus que
personne , j'ai droit à votre compassion particulière. Rétablis1 Les personnes qui désireraient des neuvaines, des médi
tations et des prières pour chacune des fêtes de la sainte
Vierge, en trouveront un excellent recueil intitulé : Neuvaines
à Marie et Livre complet de Prières, par M. l'abbé C.-M. Le
Ouillou.
454
CULTE DE MARIE.
sea-moi dans la grâce de votre Fils ; je vous en supplie , dis
sipez les ténèbres de mon esprit , bannissez les affections dé
reglées de mon cœur, réprimez les tentations de mes ennemis,
et réglez tellement ma vie que je marche avec fermeté et avec
constance dans les sentiers de la justice que j'ai délaissés jus
qu'ici. O Mère de miséricorde, priez pour votre pauvre ser
viteur.
n« jour.
Pour obtenir le Pardon de ses péchés.
Voici , ô Mère de Dieu , un misérable pécheur qui se jette
à vos pieds et met en vous sa confiance. Je ne suis pas digne
d'attirer un seul de vos regards ; mais je sais que votre Fils
est mort pour sauver les pécheurs, ô Mère de miséricorde,
prenez pitié de moi ! Partout on vous appelle le refuge des
pécheurs, l'espérance des désespérés, le secours des aban
donnés , soyez aussi mon refuge , mon espérance et mon se
cours. Vous me sauverez par votre intercession. Secourez-moi
pour l'amour de Jésus-Christ. Tendez votre main à un misé
rable qui a recours à vous. J'ai perdu par mon péché la grâce
divine et mon âme. Je me réfugie dans le sein de votre misé
ricorde; inspirez-moi ce que je dois faire pour rentrer dans la
grâce de mon Dieu ; il m'envoie à vous pour que vous me
sauviez. Vous priez pour tant d'autres, daignez prier aussi
Jésus pour moi ; dites-lui de me pardonner, il me pardon
nera. Dites-lui que vous désirez mon salut , et il me sauvera.
Ainsi je l'espère.
Ute JOUR.
Pour obtenir une bonne Mort.
;(Voyez p. 312.)
IV JOUR.
Pour obtenir un Jugement favorable.
O Marie , je dois paraître un jour devant un juge redou
table; il scrutera les replis les plus cachés de mon âme ; son
inexorable justice pumra toutes les faiblesses de ma vie , et
j'ai été si coupable ! qui apaisera sa colère ? personne mieux
que vous qui l'avez tant aimé et qui en avez été si tendrement
aimée ! Ouvrez, je vous en supplie , les oreilles de votre cœur
à mes soupirs et à mes prières; la crainte me saisit, la vue
de ce trLbuuai m'épouvante, calmez l'indignation. de votre
DÉVOTIONS A LA SAINTS VIERGE.
45S
Fils ; couvrez-moi du manteau de votre toute-puissance , et
par un mot de votre bouche , qui ne s'ouvre que pour par
donner, réconciliez-moi avec mon souverain juge.
V« JOUR.
Pour obtenir d'être préservé de l'Enfer.
0 Mère pleine de bonté , je vous rends grâces de ce que
vous m'avez préservé de l'enfer, autant de fois que j'ai mé
rité d'y tomber. Continuez , je vous en conjure , d'arrêter le
bras vengeur de votre Fils irrité par mes fautes. Ne souffrez
pas que je sois réduit au malheur de vous haïr et de vous
maudire éternellement dans l'enfer? Soufiïirez-vous de voir
damné un de vos serviteurs qui vous aime ! Comment pourrais-je vous abandonner, vous , notre vie , notre espoir, notre
amour! O ma Mère, puisque vous avez déjà tant fait pour mon
salut, achevez votre ouvrage. Si vous m'avez tant favorisé
lors même que je vous oubliais, que ne dois-je pas espérer
maintenant que je vous aime et que je vous invoque? Sauvezmoi de l'enfer, et d'abord du péché , qui peut seul me con
duire & l'enfer.
VI« JOUR.
Pour obtenir le Ciel.
Reine du ciel , rendez-moi digne de jouir avec vous de la
vision béatifique ; faites que j'obtienne place avec vous au Pa
radis. Je vous aime et je soupire après le bonheur de vous voir
et de chanter éternellement avec vous les louanges de votre
divin Fils. Ah ! Marie , quand viendra le jour mille fois béni
où j'entrerai en possession de la gloire céleste ? Quand est-ce
que je baiserai cette main bienfaisante qui m'a tant de fois
préservé de l'enfer? Mon âme tressaille d'allégresse à la seule
pensée de la félicité des élus ; elle gémit, elle soupire dans la
terre d'exil. Un signe de votre part, ô ma souveraine, et elle
brisera ses chaînes, et s'envolera dans le sein de son Dieu
pour le voir, l'adorer, l'aimer, sans crainte d'être arrachée a
son bonheur. Faites , ô Reine du ciel , que je meure de la
mort des justes !
VII» JOUR.
Pour demander la Pureté.
O Vierge immaculée , je ne puis être chaste si vous ne
m'obtenez cette gr4ce.de votre divia Fils, l-époux glorieux
456
tl-LTE DE MARIE.
des âmes pures. Je viens avec une entière confiance me ré
fugier dans les bras de votre puissante protection pour me ga
rantir des assauts de la concupiscence. O ma Mère , obtenezmoi la chasteté , obtenez-moi un cœur innocent ! Faites-moi
souvenir sans cesse que mon corps est fait à l'image de Dieu ,
que mes membres sont les membres de Jésus-Christ ; que je
suis le temple du Saint-Esprit ; que j'ai été souvent sanctifie
par la réception du sacrement qui fait les vierges ; ne per
mettez pas que la moindre souillure profane un corps , une
ame , un cœur qui vous sont consacrés. Faites , ô ma bonne
Mère, que je puisse un jour m'asseoir avec vous au festin
éternel des noces de l'agneau !
Par votre sainte virginité et votre immaculée Conception ,
purifiez mon cœur et mon corps.
VIII» JOUR.
Pour obtenir la Persévérante.
O ma divine Mère, j'ai mis en vous toutes mes espérances;
c'est de vous que j'attends toutes les grâces. J'espère avoir ob
tenu le pardon de mes péchés par le secours de vos prières ;
cependant je puis de nouveau perdre l'amour de mon Dieu.
Mes ennemis veillent sans cesse, combien de tentations ne me
reste-t-il pas à vaincre ? Ah ! ma bonne Mère, protégez - moi ,
assistez-moi toujours. Je remporterai la victoire avec votre
secours, si je ne cesse de l'invoquer avec conliance; mais
c'est là l'objet de mes appréhensions. Je crains de manquer
de recourir à vous lorsque le danger me pressera. O MaYie ,
obtenez-moi la grâce des grâces, celle qui ouvre les portes
du ciel , le don de la persévérance. Que je sois toujours uni
de cœur à Dieu et à vous , toujours tidèle à servir votre Fils
et vous, votre Fils comme mon Dieu, et «tous comme Mère de
mon Dieu.
IX« JOUR.
Consécration à la sainte Vierge.
(Prière de saint François de Sales, p. 311.)
Ces prières peuvent aussi servir pour choque jour de la
semaine.
UETOTIOM A LA SAINTE VIERGE.
457
PROCESSIONS.
Marchons en paix.
(Ant. à la Procession de
la Purification.)
Procedamus in pace.
Nous ne croyons pas qu'en aucune langue le ta
bleau d'une procession à la campagne ait pu être tracé
avec plus de concision , de simplicité biblique et de
fraîcheur qu'il ne l'a été par l'auteur du Génie du
Christianisme, lorsqu'il a dit, en parlant des Roga
tions :
« Les cloches du hameau se font entendre , les vil« lageois quittent leurs travaux ; le vigneron descend
« de la colline, le laboureur accourt de la plaine, le
« bûcheron sort de la forêt ; les mères , fermant leurs
« cabanes , arrivent avec leurs enfants , et les jeunes
« filles laissent leurs fuseaux , leurs brebis et les fon« laines pour assister à la fête
On s'assemble dans
« le cimetière de la paroisse , sur les tombes verdoyan« tes des aïeux. Bientôt on voit paraître tout le clergé
« destiné à la cérémonie; c'est un vieux pasteur qui
« n'est connu que sous le nom de Curé
L'étendard
« des saints, antique bannière des temps chevaleresa. ques, ouvre la carrière au troupeau, qui suit pêle« mêle avec son pasteur. On entre dans des chemins
« ombragés et coupés profondément par la roue des
26
498
«
ce
«
«
«
«
ci
«
«
«
«
CULTE SE MARIE.
chars rustiques; on franchit de hautes barrières for
mées d'un seul tronc de chêne ; on voyage le long
d'une haie d'aubépine, où bourdonne l'abeille, et
où sifflent les bouvreuils et les merles. Les arbres
sont couverts de leurs fleurs et parés d'un naissant
feuillage. Les bois, les vallons, les rivières, les rô
chers entendent tour à tour les hymnes des laboureurs. Étonnés de ces cantiques, les hôtes des champs
sortent des blés nouveaux, et s'arrêtent à quelque
distance pour voir passer la pompe villageoise. La
procession rentre enfin au hameau
»
Personne n'ignore le sens du mot procession , qui
vient du latin procedere, marcher. D'après une an
cienne rubrique de l'Église romaine , le Diacre chantait
ordinairement, avant qu'un cortège religieux se mît
en marche : Procedamus in pace : Procédons en paix.
La première procession chrétienne , suivant l'opinion
de Durand , dut être une commémoration de celle des
saintes femmes au tombeau de Jésus-Christ ; mais il est
certain que l'usage de ces marches solennelles remonte
à la plus haute antiquité.
11 y a dans un grand nombre de diocèses une pro
cession qui se fait avant la messe de paroisse, dans la
quelle, en retournant à l'Église, on chante YAve,maris
Stella. — Parmi les autres processions plus solennelles ,
à l'occasion d'une grande fête, il en est une surtout qui
reçut la consécration la plus glorieuse d'un roi de
France ; c'est celle du vœu de Louis XIII dont nous avons
déjà parlé. On sait que, par sa déclaration donnée à
Saint-Germain-en-Laye le 10 février 1638, il écrivit ces
paroles mémorables : « Nous admonestons le Sieur
« archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoiguant
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIKRG1!.
459
« que , tous les ans , les jour et fête de l'Assomption , il
« fasse faire commémoration de notre présente décla« ration à la grand'messe , qui se dira en son église
« cathédrale , et qu'après les vêpres dudit jour il soit
« fait une procession en ladite église , à laquelle as« sisteront toutes les compagnies souveraines et les
« corps de ville , avec pareilles cérémonies que celles
« qui s'observent aux processions générales les plus
« solennelles. » La même injonction fut envoyée , par
cet acte , à tous les prélats du royaume , afin que dans
toute la France il fût fait une procession semblable.
La Révolution française de 1789 avait interrompu le
cours des processions religieuses; il y eut même un
décret spécial du 14 août 1792 qui abolit celle du vœu
de Louis XIII ; mais l'empereur Napoléon la rétablit en
y rattachant le souvenir de sa naissance et celui de son
patron. Louis XVIII, au mois d'août 1814, renouvela la
déclaration de son illustre aïeul , et la procession , dé
diée à la sainte Vierge , fut continuée jusqu'en 1830,
époque depuis laquelle elle n'a plus eu lieu.
Les processions se sont toujours liées d'une manière
intime aux actes les plus solennels et les plus touchants
de la Religion : c'est qu'elles sont une partie véritable
ment essentielle du cérémonial si magnifique de l'É
glise ; leur salutaire effet sur les âmes est désormais
hors de doute. Les ennemis de la foi le savent bien
eux-mêmes , et ils ont été , malgré eux , entraînés à
en convenus Sir Thomas Brown , ministre protestant
et anglais , n'a ni craint ni rougi d'avancer que la vue
des processions catholiques lui avait souvent arraché
des larmes; et Diderot, l'un des philosophes dont s'est
honoré le plus, en France, l'école de Voltaire, n'a-t-il
4C0
T.ULTK D1? MARIE.
pas laissd échapper de son cœur et de sa plume ces
lignes admirables :
« Les absurdes rigoristes en religion ne connaissent
« pas l'effet des cérémonies extérieures sur le peuple.
« Ils n'ont jamais vu notre adoration de la Croix le
« Vendredi-saint, l'enthousiasme de la multitude à la
« procession de la Fête-Dieu, enthousiasme qui me
« gagne moi-même quelquefois. Je n'ai vu jamais cette
« longue file de prêtres en habits sacerdotaux, ces
« jeunes acolytes vêtus de leurs aubes blanches, ceints
« de leurs larges ceintures bleues , et jetant des fleurs
« devant le Saint-Sacrement; cette foule qui les pré« cède et qui les suit dans un silence religieux, tant
« d'hommes, le front prosterné contre la terre : je
« n'ai jamais entendu ce chant grave et pathétique ,
« entonné par les prêtres , et répondu affectueusement
« par une infinité de voix d'hommes, de femmes, de
« jeunes filles et d'enfants , sans que mes entrailles ne
« s'en soient émues , n'en aient tressailli , et que les
« larmes ne m'en soient venues aux yeux. Il y a là-de« dans je ne sais quoi de sombre et de mélancolique
« Supprimez tous les symboles sensibles , et le reste se
« réduira bientôt à un galimatias métaphysique , qui
« prendra autant de formes et de tournures bizarres
« qu'il y aura de têtes. »
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
4Ci1
LE MOIS DE MARIE.
Je suis la fleur des champs et le lis des
vallées.
(Cant., ch. u, v. I.)
Ego flos campi et lilium convallium.
' Accourez, enfants de Marie,
Aux marches de l'autel ;
Venez dans l'Église fleurie
Vers la Reine du ciel.
Déjà, dans les jardins, de leur corolle humide,
La rose et le lilas au loin parfument l'air ;
Déjà d'un cri plaintif la colombe timide
Annonce au fond des bois le départ de l'hiver.
Accourez, enfants de Marie, etc.
Le pieux pèlerin va se remettre en route
Pour voir avant sa mort l'heureuse Bethléem ,
Tandis que mille voix font retentir la voûte
Du temple où tout à coup renaît Jérusalem.
Accourez, enfants de Marie, etc.
O des desseins de Dieu mystère impénétrable !
Sous nos crimes , hélas ! nous allions périr tous :
La tige de Jessé porte une fleur aimable ,
Et le Verbe fait chair habite parmi nous !
Accourez, enfants de Marie, etc.
Vierge sainte , aux accents de la cloche sonore ,
Sous la nouvelle loi, comme aux jours d'Abraham,
26.
'
CULTE DE MARIE.
L'univers vous attend , on bien il vous implore ;
Prenez donc en pitié le sort des fils d'Adam.
Accourez , enfants de Marie , etc.
Lorsque le Roi des rois veut châtier nos âmes ,
Calmez de votre Fils le trop juste courroux;
Éteignez de vos pleurs les dévorantes flammes,
Et que nos fronts courbés échappent à ses coups.
Accourez, enfants de Marie, etc.
Mais quel rayon a lui ! c'est celui d'une autre Eve :
Il repousse aux enfers les ombres de la mort ;
La terre a tressailli , le roseau se relève ,
L'oiseau reprend ses chants et l'orage s'endort.
Accourez , enfants de Marie ,
Aux marches de l'autel ;
Venez dans l'église fleurie
Vers la Reine du ciel,
« Les solennités du Christianisme, suivant une
« juste remarque, sont coordonnées d'une manière
« admirable aux scènes de la nature; et si, entre
« autres exemples, la chute des feuilles amène la
« fête des Morts pour l'homme qui tombe comme
« les feuilles des bois , » c'est naturellement dans la
saison des fleurs , et comme en plein printemps , que
l'Église a dû placer le mois de Marie. Marie , en effet,
n'a-t-elle pas été dans tous les siècles la rose mysti
que, lecinnamome odoriférant, le lis des vallées, le
myrte choisi, le vase des parfums? Il est donc trèsprésumable que , depuis plus de dix-huit cents ans, le
cœur des Chrétiens s'est souvent épanoui au moment
où la lerre semble éprouver un tressaillement de ré
DÉVOTIONS A IA SAINTE VIERGE.
463
surrection ; et parmi les émotions qui Font fait palpi
ter, plus d'une, sans doute , a été accompagnée d'un
tendre élan vers la Mère de Dieu. La fête du Mois de
Marie n'existait cependant pas encore ; son institution
ne paraît pas devoir remonter au delà du seizième
siècle. Suivant l'opinion de l'abbé de Sambucy et de
quelques autres, l'honneur en doit revenir à saint Phi
lippe de Néri, qui mourut à Rome en 1895. D'autres
encore attribuent la même dévotion à un missionnaire
nommé Lalomia , qui vivait plus tard , également en
Italie. Si ce dernier n'en fut pas l'auteur, il en fut du
le moins promoteur zélé. 11 composa en italien, sur ce
sujet , un délicieux petit volume intitulé : Le Mois de
Marie ou le Mois de Mai. Cet ouvrage fut , pour la pre
mière fois , publié en français sous les auspices de ma
dame Louise de France, prieure des Carmélites de
Saint-Denis. 11 fut, plus près de nous, encore traduit
dans notre langue, vers l'année 1814, par le R. P.
Doré, dela compagnie de Jésus, lequel, en même
temps , introduisit dans quelques communautés la cé
lébration du Mois de Marie. Telle est l'origine récente,
parmi nous, de l'une des plus gracieuses solennités de
l'année chrétienne. On sait avec quelle rapidité elle
s'est répandue par toute la France ; il n'y a pas de ha
meau qui n'ait aujourd'hui , au printemps , son autel
dont la nature seule fait tous les frais ; on pourrait
même citer un grand nombre de pensions de jeunes
filles ou de maisons particulières qui célèbrent, chaque
soir, durant trente-un jours, cette véritable fête de
famille. Afin d'encourager une pratique si édifiante,
Pie VII , par un rescrit de la sacrée Congrégation des
Mémoriaux, en date du 21 mars 1815, a accordé trois
464
CULTE DE MARIE.
cents jours d'indulgence par jour à tous les fidèles
de toutes les églises du monde, qui, soit en public,
soit en particulier, honoreront la sainte Vierge d'un
culte spécial, pendant le mois de mai , par de pieuses
prières ou d'autres actes de vertu. Ce rescrit a, en outre,
accordé l'indulgence plénière une fois pendant le cours
de ce mois, pour le jour où, s'étant confessés et ayant
communié , ils prieront pour les besoins de l'Église et
selon les pieuses intentions de S. S. Ces indulgences
sont applicables aux âmes du purgatoire. Le même
souverain Pontife les a confirmées à perpétuité, par
l'organe de la sacrée Congrégation des Indulgences , le
18 juin 1822.
La pratique de cette dévotion est d'une touchante
simplicité : dans l'église imposante ou la simple cha
pelle illuminée et parée de fleurs, on voit d'abord ar
river la multitude recueillie des enfants de la Maison
d'or; puis, on récite les litanies de la sainte Vierge; on
chante des cantiques , on écoute la parole de quelque
missionnaire, d'un vieux pasteur ou d'un jeune lévite
qui fait timidement ses premiers pas dans la chaire de
vérité ; on recommande aux prières de l'assemblée la
guérison d'un père mourant, la conversion d'un frère
éloigné de l'Église par les orages du siècle , ou quelque
autre vœu inspiré par l'ardente charité ; tous les ge
noux fléchissent encore une fois , tous les fronts s'in
clinent, toutes les lèvres répètent mystérieusement
YAve, Maria, et chacun rentre sous le toit accoutumé
avec des inquiétudes de moins et des espérances de
plus !
Qu'est-ce donc que les plus brillantes fêtes du monde
pourraient offrir en échange de ces jouissances si pures,
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
465
si naïves, si délicieuses! et'quelle prière pourrait plus
sûrement arriver jusqu'au cœur de Marie que ces quel
ques lignes empruntées à l'intéressant ouvrage inti
tulé : La Femme et la Famille dans le Catholicisme :
« Mère spirituelle de l'Église , soyez bénie entre toutes
« les créatures ! Écoutez nos prières , recueillez nos
« soupirs ! Obtenez-nous , pour le mois que nous con« sacrons à votre culte , les grâces de courage et de
« vigilance sur nous-mêmes qui font la sainteté ! »
STATUES, IMAGES, MÉDAILLES, CHAPELETS, etc.
Ce qu'aucuns ont sottement cru que toutes
peintures ou images taillées fussent ici défen
dues, n'a jà besoin d'être réfuté, vu que
l'intention de Moïse n'a été que de mainte
nir la gloire de Dieu pure de toutes fictions
et déguisements qui tendent à la corrompre.
(Calvin , liv. i de son Institution sur le
chap. 80 de l'Exode.)
Il pourrait paraître au moins étrange de trouver en
tête de ce chapitre la prétendue autorité de l'un des
plus grands adversaires du Catholicisme , si l'on ne
comprenait d'abord tout le poids de cette autorité,
précisément parce qu'elle ruine de fond en comble les
déclamations des disciples de cet hérésiarque , soit parce
qu'en réalité l'Église n'a jamais pensé autrement. Voici,
en effet, comment s'est expliqué le concile de Trente
(sess. XXV) :
« Les images de Jésus-Christ et de la Vierge, Mèro
JG6
CTLTE DE MARIE.
« de Dieu, ainsi que des autres Saints, doivenlêtre con« servées principalement dans les églises, et il leur faut
« rendre l'honneur et la vénération qui leur est due ,
« non qu'on y croie quelque divinité ou quelque vertu
« pour laquelle elles soient honorées , ou qu'il leur
« faille demanderquelque chose, ou qu'il faille attacher
« «a confiance aux images, comme les païens , qui met« taient leurs espérances dans les idoles, mais parce
« que l'honneur qui leur est rendu se rapporte aux
« originaux qu'elles représentent; de sorte que, par le
« moyen des images que nous baisons, devant lesquelles
« nous découvrons notre tête et nous nous mettons à
« genoux , nous adorons Jésus-Christ et honorons les
« Saints , dont elles sont la ressemblance , comme il a
« été expliqué par les décrets des Conciles, et princi« paiement par ceux du second concile de Nicée, contre
« ceux qui attaquaient les images. »
« Il faut, continue le saint Concile, que les évêques
«e enseignent avec soin qu'en représentant les histoires
« de notre Rédemption par des peintures et autres sor« tes de ressemblance , le peuple est instruit et invité à
« penser continuellement aux articles de notre foi. On
« reçoit aussi beaucoup de fruit de toutes les saintes
« images , parce qu'on est averti par là des bienfaits
« divins et des grâces que Jésus- Christ a faites à son
« Église , et aussi parce que les miracles et les bons
« exemples des Saints sont mis devant les yeux des
« fidèles , afin qu'ils rendent grâces à Dieu pour eux ,
« qu'ils forment leur vie et leurs mœurs suivant leur
« exemple , et qu'enfin ils soient excités à adorer et à
« pratiquer les exercices de piété. »
Là est toute la loi.
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
407
Rien ne serait plus facile que d'établir qu'elle a été
ainsi comprise et expliquée , tant sous l'Ancien que
sous le Nouveau Testament. Tous les Pères de l'Église
sont unanimes à cet égard. Tout ce qui vient d'être dit
s'applique, à plus forte raison, aux reliques. Tout le
monde sait qu'on entend par ce mot la dépouille mor
telle des Saints, ainsi que les vêtements et les objets
qui leur ont appartenu , les linges sur lesquels ils ont
reposé après leur mort, le bois de leur sépulcre, la
terre même qui les a couverts. La vénération pour les
saintes reliques remonte au temps même des Apôtres ;
et c'est depuis la même époque que les Chrétiens en
placèrent sur leurs autels, puis dans des châsses. De
même que les reliques , qui , dans tous les temps , ont
eu droit à une vénération religieuse , les statues , ima
ges, médailles et autres signes semblables de piété
autorisés par l'Église , ne peuvent qu'être précieux
pour les fidèles. Sans nous étendre plus longuement à
ce sujet, et au point de vue de la doctrine, nous choi
sirons pour exemples , à l'appui de ce qui vient d'être
dit, deux faits mémorables, qui l'un et l'autre se lient
au culte de Marie d'une manière spéciale.
Le premier est relatif à la ceinture de la très-sainte
Vierge. — Chez les Juifs , avant l'ère du Sauveur, une
ceinture était portée par les jeunes filles, qui, à leur ma
riage, allaient la déposer dans le temple; puis, en deve
nant mères, elles la reprenaient et elles devaient égale
ment respecter cet emblème de pudeur. Cette ceinture
était toujours enterrée avec elles ; c'est ainsi que celle
de la sainte Vierge fut, d'après une pieuse tradition,
trouvée, en 450, dans son tombeau par Juvénal, pa
triarche de Jérusalem. La translation de cette relique ù
468
CULTE DB MARIE.
Constanlinople y fit établir deux fêtes particulières, pour
être célébrées le 2 juillet et le 31 août, l'une en souvenir
du jour de la translation même, l'autre en commémo
ration de celui où Marie était allée momentanément dé
poser sa ceinture dans le temple. Au commencement
du 1 3e siècle , la conservation d'un dépôt si précieux
passa dans l'église de Notre-Dame-du-Puy, en Velay.
On lit dans la Vie de sainte Monique que la sainte
Vierge lui apparut vêtue de noir avec une ceinture
de la même couleur. C'est par suite de cette mysté
rieuse apparition que fut établie , dans l'ordre de SaintAugustin , la Confrérie de la Ceinture de la Mère de
Dieu. A ce titre fut ajouté celui de Notre-Dame-deConsolation, l'an 1446 , sous le pontifieat d'Eugène IV.
De là, sans nul doute, est venu pour les religieux et
les religieuses l'usage de porter des ceintures et des
cordons en l'honneur de Marie.
Le second fait se rapporte au tableau peint par saint
Luc. Tout le monde sait que, suivant une tradition
respectable , cet évangéliste peignit plusieurs portraits
de la sainte Vierge, et qu'il en fit don aux premiers
chrétiens. Les originaux n'en furent point conservés,
mais il en fut fait des copies , et l'un de ces tableaux
est encore exposé à Rome dans l'église de Sainte-Ma
rie. Un ancien auteur raconte que cette image ayant
été portée en procession par le pape saint Grégoire
dans un temps de peste, le fléau cessa sur-le-champ,
et que des voix angéliques furent entendues durant
cette cérémonie.
Après ces exemples , qui pourrait trouver un sujet
de blâme , ou même de scrupule , dans le pieux usage
des fidèles, qui consiste à placer des statues et des ta
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
469
bleaux de Jésus-Christ, de la bienheureuse Vierge
ou des Saints, soit dans les opulentes basiliques, soit
dans les pauvres églises de campagne? Qui n'éprouverait pas une secrète et réelle consolation à avoir de
semblables images dans sa demeure , dans sa chambre ,
dans le petit oratoire où tout doit aider à la médita
tion? On a déjà vu que Calvin admettait toutes ces
choses au moyen d'une distinction fort simple et adop
tée par les saints Pères. Luther , qui partage avec lui
le triste privilège d'avoir été l'implacable ennemi de
l'Église catholique, ne trouvait point d'idolâtrie dans
la doctrine sur les images et les croix ; il les défendit ,
au contraire, avec chaleur contre Carlostad et ses as
sociés qui les avaient détruites dans les temples de
Wittenberg; et Mélanchthon, autre chef protestant, qui
publia les ouvrages de Luther, fit placer, au frontis
pice, l'image de ce dernier, représenté à genoux devant
un crucifix. C'en est assez, sans doute, pour éta
blir que la dévotion des statues ou statuettes , tableaux
et images de la sainte Vierge , est à l'abri de toute con
troverse sérieuse. 11 en est de même des médailles des
tinées à nous retracer le souvenir de Marie , comme
les objets qui ont appartenu à une personne aimée et
qui n'est plus avec nous, servent encore à nous retracer
ses traits et à nourrir l'attachement que nous lui avons
voué.
La pratique de porter des médailles a été celle
des plus grands Saints et des princes les plus illustres :
ainsi Stanislas Kotska couvrait souvent de ses chastes
baisers une médaille de la sainte Vierge , en répétant
que c'était pour ne pas oublier sa bonne Mère. Charlemagne avait toujours une médaille de Notre-Dame at
27
470
CULTE DE MARIE.
tachée à son cou avec une chaîne d'or , et ne voulut
point en être séparé , même dans son tombeau. Louisle-Débonnaire, Empereur d'Occident et Roi de France,
portait toujours sur lui une image semblable , et il ar
rivait souvent qu'étant à la chasse, il s'éloignait de ceux
qui lui servaient d'escorte, se mettait à genoux, et
priait Marie qui le protégea dans plusieurs rencontres
périlleuses. C'est donc depuis plusieurs siècles, et dans
diverses contrées , que les Chrétiens ont aimé à porter
sur eux des médailles à effigies pieuses. Des monnaies
des États romains et du Bas-Empire présentent sur une
face la tête du prince régnant , et sur le revers l'image
de la sainte Vierge. 11 y a même eu très-souvent des
médailles exclusivement consacrées à Marie. La der
nière, créée par "ordre royal, fut celle que fit frapper
Charles X lors de son avènement à la couronne. Le
chiffre de Marie y était grave, au milieu de rayons
lumineux , avec ces mots à l'entour : Deiparœ primum
publice invocatœ. 24 septemb. 1824.
,
Au surplus, des indulgences, dont nous aurons plus
tard l'occasion de faire connaître l'étendue , sont atta
chées aux statuettes , rosaires, chapelets, croix, crucifix
et médailles, qui ont reçu la bénédiction de notre saint
Père le Pape , des Évêques ou des autres ministres de
l'Église autorisés à cet effet.
Sa Sainteté veut que les images de la sainte Vierge ,
ainsi que celles des Saints, pour être indulgenciées ,
soient de métal et nullement des gravures et des peintu
res ; elle défend que les croix, crucifix, statuettes et mé
dailles soient de fer, d'é tain, de plomb, de bois ou d'autre
matière facile à se détériorer : ces objets doivent être
d'or, d'argent, de cuivre ou d'un autre métal très-solide.
dévotions A là sainte vierge.
471
Seulement les chapelets de bois peuvent être indulgenciés ; ceux de verre pourraient l'être également , si les
grains en étaient compactes et solides ; mais les chape
lets à bague rie sont pas susceptibles d'indulgences.
Enfin les indulgences attachées à ces objets bénis ne
peuvent être gagnées que par les personnes auxquelles
ils auront été concédés, ou par celles à qui ces mêmes
personnes les auront distribués pour la première fois.
On peut, après tout, invoquer, de nos jours, des autori
tés imposantes sur un tel sujet. L'une des principales est
celle du Docteur Wise.mah , professeur non moins cé
lèbre en France qu'en Angleterre et en Italie. 11 s'ex
prime ainsi dans ses Conférences sur les Cérémonies de
la Semaine-Sainte , à Rome : « On ne comprend pas
« Comment , dans les systèmes de religions modernes ,
« a pu prévaloir quelquefois ce principe ,q ue les for« mes extérieures nuisent à l'esprit intérieur. La seule
« connaissance do la double nature de l'homme suffit ,
« ce me semble , à réfuter cette erreur. L'expérience
ft prouve chaque jour coiribien aisément on oublie les
k devoirs de la vie intérieure , quand l'obligation n'en
« est pas sans cesse rappelée par le moyen des sens. On
« voudrait qu'à l'ouïe seule appartint de nous trans« mettre les leçons de la morale religieuse , tandis que
« l'action de la vue , le plus noble et le plus vif de nos
« sens, serait entièrement bannie de l'enseignement
« chrétien. Mais pourquoi donc? N'est-ce pas la même
« main qui les créa tous les deux? et tous les deux ne
a peuvent-ils pas rendre hommage à celui qui les a
« faits? Si la pompe de nos cérémonies peut distraire
« et faire perdre de vue leur objet , on en peut , certes ,
472
«
«
«
«
«
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«
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«
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«
«
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«
«
«
«
«
«
«
«
CULTE DE MARTE.
dire tout autant du débit et de l'art d'un orateur.
Appliquons ces idées à notre sujet. Si la méditation
de la Passion de Jésus-Christ doit être la plus noble
occupation d'un vrai Chrétien, qui nous empêche, en
assistant à ces offices , d'ouvrir notre âme à tous les
pieux sentiments d'une intime union avec le Sauveur? Tout nous y porte , au contraire , et nous aide.
Quand l'infortunée Marie Stuart fut sur l'échafaud ,
elle pria pour son implacable persécutrice Elisabeth ;
puis, soulevant le crucifix qu'elle portait, elle s'écria : Seigneur, vous dont les bras ont été étendus sur
la croix, recevez-moi dans les bras de votre miséricorde, et pardonnez-moi mes péchés. Et comme le
comte de Kent lui disait avec dureté ' Madame, vous
feriez mieux de laisser là vos momeries papistes, et de
porter Dieu dans votre cœur; elle répondit (remarquez ces douces et justes paroles) : Je ne puis tenir
dans mes mains l'image de ses souffrances, sans l'avoir
en même temps dans mon cœur. Qui des deux parlait
le véritable langage de la nature? et quels sentiments
voudrions-nous adopter pour les nôtres, ceux du
fanatique exécuteur de la sentence , ou ceux de la
royale victime? »
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
473
PRATIQUES OU PRIÈRES DIVERSES
EN L'HONNEUR DE LA SAINTE VIERGE.
LES CINQ PSAUMES DU SAINT NOM DE MARIE.
La dévotion envers Marie a depuis longtemps porté
les fidèles à honorer son saint Nom par la récitation de
cinq psaumes particuliers , dont les lettres initiales for
ment précisément ce nom, Maria. Cette pieuse pratique
était déjà connue au milieu du douzième siècle en Italie
et en France ; elle s'y est propagée depuis que le véné
rable Innocent XI, en 1684, et ses successeurs ont ac
cordé des indulgences aux associés qui récitent habi
tuellement les cinq psaumes du nom de l'auguste
Vierge. Nous en avons déjà donné l'indication , mais la
voici complète :
Ant. Marin- nomen.
Ant. Le nom de Marie.
I. — CANTIQUE DE LA SAINTE VIERGE.
Magnificat anima mea Dominum, ete. (Voyez page 259.)
Ant. Maria- nomen cuncAnt. Le nom de Marie Tait la
tas illustrat Ecclesias : eni gloire de toutes les églises de
fecit magna, qui potens est, l'univers : en elle le Tout-Puiset sanctum nomen ejus.
sant a fait de grandes choses, et
son nom est saint.
Ant. A solis ortu.
Ant. De l'Orient.
11. — PSAUME 119.
Ad Dominum , cum tribularer, ete. (Voyez page 119.)
Ant. A solis ortu usque
Ant. De l'Orient jusqu'à l'Ocad uccusum laudabile no- rident le nom du Seigneur est
men Domini, et Maria; Ma- digne de louanges, et celui de
tris ejus.
Marie, sa Mère, l'est également.
Ant. Refugium est.
Ant. C'est un refuge.
47 I
CULTE DE MARIE.
111.
PSAUME 118.
Répandez votre grâce sur moi,
Seigneur ; donnez-moi l'esprit
de vie , et je garderai vos paro
les. Otez-moi le voile qui couvre
mes yeux, afin que je contemple
les merveilles de votre loi.
Je suis voyageur dans une
terre étrangère; ne me cachez
pas vos commandements.
Mon âme se consume de jour
en jour du désir de voir vos ju
gements.
Vous avez châtié les superbes,
et ceux qui s'écartent de votre
loi sont l'objet de vos malédic
tions.
Eloignez de moi le mépris et
l'opprobre, parce que j'observe
vos oracles.
Les princes se sont assis pour
me juger ; ils ont parlé contre
moi , et votre serviteur ne s'oc
cupe qu'à réfléchir sur votre
justice.
Car vos oracles sont mes dé
lices et mes guides.
Retribue servo tuo, vivifica me : et custodiam sermones tuos.
Revela oculos meos, et
considerabo mirabilia de lege tua.
Incola ego sum in terra :
non abscondas a me man
data tua.
Concupivit anima mea desiderare justilicationestuas,
in omni tempore.
Increpasti superbos; maledicti qui declinant a niandatis tms.
Aufer a me opprobrium
et contemptum , quia testimonia tua exquisivi.
Etenim sederunt princi
pes, et adversum me loquebantur ; servus autem
tuus exercebatur in justificationibus tuis.
Nam et testimonia tua
meditatio mea est, et consilium meum justilicationes
tuœ.
Adhsesit pavimento anima
Mon cœur est attaché à la
poussière ; rendez-moi la vie se mea ; vivifica me secundum
verbum tuiuu.
lon votre parole.
Je vous ai déclaré mes voies,
Vias meas enuntiavi , et
et vous m'avez exaucé ; décou
vrez-moi le terme de vos dé exaudisti me; doce mejusticrets.
ficationes tuas.
Donnez-moi l'intelligence de
Viam j ustilicat ionum tuavos préceptes; je méditerai vos rum instrue me ; et exercemerveilles.
bor in mirabilibus tuis.
Mon âme se consume dans sa
Dormitavit anima mea
douleur ; fortifiez-moi selon vo prœ tœdio ; confirma me in.
tre promesse.
verbis tuis.
Détournez de moi la voix de
Viam iniquitatis amove a
l'iniquité ; manifestez votre loi. me ; et de lege tua miserere
mei.
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
Viam veritatis elegi ; juJ'ai choisi la route de la vé
dicia tua non sum oblitus. rité; vos jugements sont pré
sents a mes yeux.
Adhœsi testimoniis tuis,
Je me suis attaché à vos or
Domine; noli me confun- donnances ; ne trompez pas mon
dere.
attente.
J'ai couru dans la voie de vos
Viam mandatorum tuorum cucurri, cum dilatasti commandements, quand vous
avez
dilaté mon cœur.
cor meum.
Ant. Refugium est in triAnt. Le nom de Marie est un
bulationibus Marise nomen refuge dans l'adversité pour tous
omnibus illiid invocantibus. ceux qui l'invoquent.
Ant. In universa terra.
Ant. Dans le monde entier.
IV. — PSAUME 125.
In convertendo Dominus
sicut consolati. (Voyez page
Ant. In universa terra
admirabile est nomen tuum,
ô Maria.
Ant. Annuntiaverunt.
captivitatem Sion, facti sumus
246.)
Ant. Dans le monde entier
votro nom est admirable , ô
Marie.
Ant. Ils annoncèrent.
V. — PSAUME 122.
Ad te levavi oculos meos, qui habitas in cœlis. (Voyez
page 241.)
Ant. Les cieux ont proclamé
Ant. Annuntiaverunt cœli
nomen Mari», et videront le nom de Marie, et tous les
omnes populi gloriam ejus. peuples ont vu sa gloire.
jfr Sit nomen Virgipis Ma
9r Que le nom de la Vierge
rise benedictum.
Marie soit béni.
i\- Dès maintenant et jusque
n) Ex hoc nunc et usque
dans les siècles des siècles.
in sœculum.
OREMUS.
PRIONS.
Concede, qusesumus, omnipotens Deus, ut fideles
tm, qui sub sanctissimœ
Virginis Marisa nomine et
protectione lœtantur, ejus
pia intercessione a cunctis
malis liberantur in terris,
et ad gaudia seterna pervenire mereantur in coulis.
Per.
Accordez-nous , nous vous en
prions, Dieu tout-puissant , que
vos fidèles qui se réjouissent
sous le nom et la protection de
la très-sainte Vierge Marie,
soient par sa pieuse intercession
délivrés de tous les maux sur la
terre , et en possession des joies
éternelles dans le ciel. Par.
476
CULTE DE MARIE.
PRIÈRES POUR LES QUINZE MYSTÈRES.
l'f Ordre. — Mystères Joyeux.
I. — L'ANNONCIATION.
Fruit du Mystère : l'Humilité.
0 Jésus, regardez mon âme, et qu'un abîme d'humilité at
tire en moi l'abîme de vos miséricordes.
II. — LA VISITATION.
Finit du Mystère : la Charite-.
O Marie , qui avez apporté dans la maison d'Elisabeth de
plus abondantes bénédictions que l'Arche sainte chez Obédédon , visiter ma pauvre âme , et que par votre intercession
el!e soit sanctifiée comme saint Jean-Baptiste.
III. — LA NATIVITÉ DE JÉSUS.
Fruit du Mystère : la Pauvrete'.
0 Marie , notre Mère , obtenez-nous le détachement des
biens de la terre , afin que , riches de nos privations , nous
puissions contribuer au soulagement spirituel et temporel du
prochain.
IV. — LA PRÉSENTATION DE JÉSUS AU TEMPLE.
Fruit du Mystère : l'Obéissance.
0 Marie, mourir mille fois plutôt que de jamais me séparer
de l'obéissance due à Dieu et au vicaire de Jésus-Christ.
V. — JÉSUS RETKOUVÉ DANS LE TEMPLE.
Fruit du Mystère : la Recherche de Jésus.
O Jésus, qui m'avez recherché lorsque je vous fuyais, vous
éloigneriez-vous de moi , maintenant que je vous cherche ?
II» Ordre. — Mystères Douloureux.
I. — L'AGONIE DE JÉSUS.
Fruit du Mystère : la Contrition.
0 Jésus , qui avez pleuré mes péchés avec des larmes de
sang, accordez-moi cette contrition intérieure , surnaturelle
et souveraine, sans laquelle il n'y a pas de conversion véritable.
II. — LA FLAGELLATION.
Fruit du Mystère : l'Amour de la Pénitence.
Notre amour pour vous . ô Jésus , ne serait point véritable ,
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE
477
si nous ne nous unissions à vos- douleurs, lorsque tant d'in
fortunés vous méconnaissent et vous outragent.
III. — LE COURONNEMENT D'ÉPINES.
Fruit du mystère : la Mortification de l'amour-propre.
Que votre volonté sainte, ô mon Dieu, me détermine dans
toutes mes actions , afin que jamais la crainte de déplaire aux
hommes, ni le désir d'en être estimé ne me fasse agir.
IV. — LE PORTEMENT DE CROIX.
Fruit du Mystère : le Svpport des tribulations.
J'accepte, ô mon Dieu, les peines de mon état, comme des
croix choisies par votre miséricorde pour me sanctifier.
V. — LE CRUCIFIEMENT.
Fruit du Mystère : l'Amour de Jésus et de Marie.
O Jésus, ô Marie, vos noms prononcés avec foi raniment
l'espérance dans les cœurs les plus coupables ; souffrez que
nous opposions ces noms chéris à la justice éternelle pour ar
rêter ses coups.
IIIe Ordre. — Mystères Glorieux.
I. — LA RÉSURRECTION.
Fruit du Mystère : la Conversion.
O Jésus , frappez d'une lumière vive et puissante les persé
cuteurs de la vérité, comme vous terrassâtes saint Paul sur le
champ de Damas.
II. — l'ascension.
Fruit du Mystère : le Désir du Ciel.
Courage, âme fidèle, encore quelques combats, encore
quelques sacrifices , et la couronne est a vous.
III. — LA PENTECOTE.
Fruit du Mystère : le Recueillement et la Pureté.
Esprit de force et de douceur, donnez-moi ces deux vertus,
afin que je m'oppose efficacement au mal et que je fasse ai
mer le bien.
IV. — L'ASSOMPTION.
Fruit du Mystère : la Grâce d'une bonne mort.
Vierge sainte , aidez-moi par votre intercession à briser les
27.
478
CULTE DE MARIE.
liens qui m'attachent au péché , afin que le moment de ma
mort soit le commencement de mon bonheur.
V. — LE COURONNEMENT DE MARIE.
Fruit du Mystère : la Confiance en la sainte Vierge.
Reine du ciel , sauvez par votre intercession notre patrie de
ses propres excès, et conservez-nous le précieux dépôt de la
foi catholique , apostolique et romaine.
LES SEPT MYSTÈRES JOYEUX DE LA SAINTE VIERGE,
COMMUNÉMENT APPELÉS LES SEPT ALLÉGRESSES
QU'ELLE A RESSENTIES SUR LA TERRE.
I.
Réjouissez-vous, Marie, de ce qu'étant saluée par l'Ange,
vous avez conçu le Verbe divin en vos sacrées entrailles, avec
un contentement infini de votre âme très-sainte.
Ave, Maria.
II.
Réjouissez-vous, Marie, de ce que, brûlant du divin
amour et animée du Saint-Esprit, vous avez surmonté la
hauteur et les difficultés des montagnes de Judée pour aller
trouver votre cousine Elisabeth, où vous ouïtes les louanges
qu'elle vous donna, et où , élevée en esprit, vous magnifiâtes
votre Seigneur et Dieu.
Avb, Maria.
III.
Réjouissez-vous , Marie , de ce qu'au bout de neuf mois ce
divin Messie que vous aviez tant désiré pour notre salut na
quit brillant d'une céleste lumière , et fut adoré par toutes les
troupes des esprits bienheureux.
Ave, Maria.
IV,
Réjouissez-vous, Marie, de ce que vous l'avez vu adorer et
reconnaître pour vrai Dieu, pour Roi et Sauveur du monde
par trois rois venus d'Orient, parce que, ô Mère bienheu
reuse , ce vous devait être un grand contentement de voir de
si bonne heure des marques de sa grandeur, et de si assurés
présages de la conversion des Gentils.
Ave, Maria,
DÉVOTIONS A LA SAINTE VIERGE.
479
Réjouissez-vous, Marie, de ce qu'après l'avoir cherché
trois jours avec une inquiétude et une peine non pareilles ,
vous le trouvâtes enfin dans le Temple , au milieu des doc
teurs, tous étonnés de sa prodigieuse doctrine et de sa facilité
à résoudre leurs plus subtils arguments , et à expliquer les
points les plus cachés de la sainte Ecriture.
Ave , Maria.
VI.
Réjouissez-vous , Marie , de ce qu'après avoir été plongée le
vendredi et le samedi dans un océan de douleurs , vous en
fûtes miraculeusement tirée et ranimée d'une joie égale &
cette douleur, le dimanche au point du jour, lorsque vous
vîtes votre cher Fils, l'âme de vos désirs et de vos plus chères
pensées, ressuscité ; lors, dis-je, que vous le vîtes accompagné
de tous les saints Pères , triomphant de la mort, chargé des
glorieuses dépouilles de l'enfer, et enfin autant plein de gloire
et de majesté que vous l'aviez vu deux jours auparavant rem
pli de douleurs et d'afflictions.
Ave, Maria.
VII.
Réjouissez-vous, Marie, de ce qu'étant parvenue à l'heure
de votre heureux trépas, et de ce qu'ayant rendu l'âme, vous
fûtes trois jours après élevée au ciel , couronnée et établie
par la sainte Trinité Reine des anges et de tout l'univers.
Ave, Maria.
LES SEPT MYSTÈRES GLORIEUX
QUI FONT LA FÉLICITÉ DE LA SAINTE VIERGE
DANS LE CIEL.
I.
Réjouissez-vous , ô Epouse du Saint-Esprit , pour le con
tentement que vous recevez maintenant dans le ciel, parce
qu'à cause de votre pureté et virginité vous êtes élevée audessus des chœurs des anges.
Ave, Maria.
H.
Réjouissez-vous, ô Vierge, Mère de Dieu, pour le plaisir
que vous ressentez dans le ciel, parce que, comme le soleil
ici-bas en terre éclaire tout le monde , de même la splendeur
de vos vertus et de votre gloire embellit le Paradis.
Ave, Maria.
480
CULTE DE MARIE.
III.
Réjouissez-vous, ô Fille de Dieu, pour le bien que vous
possédez en Paradis , d'autant que tous les chœurs des anges
et archanges , trônes , dominations , et tous les esprits bien
heureux vous honorent , révèrent et reconnaissent pour Mère
de leur Créateur.
Ave, Mahia.
IV.
Réjouissez-vous , ô Mère glorieuse, pour cette grande joie
que vous sentez et possédez eu Paradis , de ce que toutes les
grâces que vous demandez à votre Fils vous sont aussitôt ac
cordées, et que vous êtes comme le canal par où elles coulent
du sein de Dieu dans nos âmes.
Ave, Maria.
Réjouissez-vous , ô espérance des pécheurs , refuge des af
fligés , pour cette grande joie que vous possédez en Paradis ,
parce que le Père éternel récompensera tous ceux qui vous
louent saintement par leurs prières et qui vous honorent vé
ritablement par l'imitation de vos vertus, en leur donnant sa
grâce en ce monde , et en l'autre sa très-sainte gloire.
Ave, Makia.
VI.
Réjouissez-vous, ô Vierge glorieuse, parce que vous avez
mérité d'être aussi assise proche de Jésus-Christ , votre Fils ,
qui est à la droite du Père éternel.
Ave, Maria.
VII.
Réjouissez-vous, ô Mère, Fille et Epouse de Dieu, parce
que toutes les joies , les grâces , les privilèges et faveurs dont
vous jouissez dans le ciel ne se diminueront jamais, mais
plutôt s'augmenteront jusqu'au jour du jugement et dureront
dans l'étendue de tous les siècles.
Ave, Maria.
Nous croyons pouvoir nous dispenser de poursuivre la série
des pratiques ou oraisons analogues en l'honneur de Marie ;
elles sont fort multipliées ; chaque diocèse et même chaque
église en a d'ailleurs de particulières , telles que les oraisons
jaculatoires de l'Immaculée Conception, les quarante Ave,
Maria du saint enfantement, le chapelet des sept Douleurs, etc.
INDULGENCES
ACCORDÉES
EN L'HONNEUR DE LA SAINTE VIERCE.
XII
Il faut que tout le monde comprenne bien
que ces trésors célestes de l'Eglise sont dis
pensés pour l'entretien de la piété.
(Concile de Trente.)
Ut tandem cœlestes nos Ecclesiœ thesauros ad pietatem exerceri omnes intelligant.
Après avoir considéré le culte de Marie comme un
arbre magnifique dont les racines ont pénétré la pro
fondeur des siècles , et sur la tige duquel s'élèvent tous
les jours de nouveaux et brillants rejetons, il ne reste
plus au Chrétien qu'à savourer les fruits délicieux qui
sont suspendus à chacun de ses rameaux.
Ces fruits sont ce que l'Église a décorés du nom
d'Indulgences.
Nul catholique ne peut ignorer que l'on entend par
Indulgences, la rémission des peines temporelles encou
482
CULTE DE MARIE.
rues par le péché. Le pécheur, après avoir obtenu de
Dieu la rémission de la peine éternelle , par le sacre
ment de pénitence , doit encore satisfaire par une peine
temporelle à la justice divine : c'est cette satisfaction
qui est l'objet des Indulgences. Le péché produit, en
effet , dans l'âme deux fruits amers , savoir, la coulpe
qui fait perdre la grâce et l'amitié de Dieu , et la peine
qui prive du bonheur de le posséder dans le Ciel. Cette
peine est éternelle ou temporelle. Pour ce qui est de
la peine éternelle , la coulpe et la peine sont entière
ment remises par le moyen des mérites de Jésus-Christ
dans le sacrement de pénitence , pourvu qu'on le re
çoive avec les dispositions requises. Mais une telle re
mise ne peut avoir lieu qu'au prix de pénitences ou
satisfactions proportionnées à la nature des fautes en
ce qui touche la peine temporelle à subir sur la terre :
car cette dernière peine n'est pas toujours entièrement
remise dans le sacrement , et elle s'acquitte ici-bas par
les bonnes œuvres et la pénitence , ou dans l'autre vie
par le Purgatoire. Or, comme le Chrétien ne peut pas
savoir s'il a obtenu en ce monde la rémission entière
ou partielle de ses iniquités , il n'a pu y avoir d'autre
moyen de suppléer à l'insuffisance des satisfactions,
que de le faire participer pour cela aux saintes Indul
gences. En trois mots , les péchés nous sont remis ,
quant à la coulpe et à la peine éternelle , par le sacre
ment de pénitence ; — mais il reste à acquitter une
peine temporelle , peine qui , si elle n'a pas été suffi
sante en ce monde, sera complétée dans l'autre; —
c'est ce complément qui peut s'obtenir par les Indul
gences ; et grâce au merveilleux effet de la communion
des biens spirituels entre tous les membres de l'Église,
INDULGENCES.
483
vivants ou défunts, ces Indulgences sont applicables ,
soit aux pécheurs convertis , soit aux âmes du Purga
toire.
Le Concile de Trente appelle les Indulgences, Trésors
célestes, et Clément VI, de glorieuse mémoire, s'expli
que ainsi sur ce sujet : « Jésus-Christ, par les mérites
« surabondants de sa Passion , laissa à l'Église mili« tante sur la terre un trésor infini , qui n'est pas en« veloppé dans un linceul ni caché dans un champ ,
« mais qu'il a confié , pour le dispenser d'une manière
« salutaire aux fidèles , à l'apôtre saint Pierre qui a les
« clefs du Ciel, et à ses successeurs, vicaires de Jésus« Christ sur la terre. A l'abondance de ce trésor, on
« ajoute les secours , c'est-à-dire les mérites de la bien« heureuse Marie, Mère de Dieu et de tous les élus,
« depuis le premier jusqu'au dernier. » Ainsi, les mé
rites de Jésus-Christ sont le trésor de miséricorde;
l'Église ouvre ce trésor , et les bienfaits en sont répan
dus et distribués par les Indulgences.
On divise communément les Indulgences en deux
classes : les unes sont partielles, c'est-à-dire de jours,
de quarantaines , d'années , en rémission d'une partie
de la peine temporelle à subir en ce monde ou en
l'autre. Cette rémission est égale à celle qu'on obtien
drait, en s'asujétissant aux pénitences que les anciens
canons avaient prescrites pour le même nombre de
jours, de quarantaines ou d'années.—Les autres se nom
ment plénières ou en forme de jubilé , et procurent la
rémission pleine et entière de la peine temporelle dont
nous sommes débiteurs envers Dieu pour nos péchés ,
bien qu'ils nous soient pardonnés; en sorte que, si nous
venions à mourir, après avoir dignement rempli les
484
CULTE DE MARIE.
conditions pour obtenir une Indulgence plénière , les
théologiens assurent que nous irions droit 'au Ciel.
Le premier exemple d'Indulgences semble résulter
d'une lettre de saint Paul aux Corinthiens. Il fut ap
pliqué à un coupable que l'Apôtre voulut préserver du
désespoir. Jusqu'aux troisième et quatrième siècles, ce
relâchement ou cette promesse de pardon faits par les
pasteurs de l'Église furent fréquents ; plus tard , on
dressa des canons pénitentiaux , contenant des condi
tions sévères ; et dans le même temps , on vit souvent
les martyrs ou les confesseurs persécutés intercéder
auprès des évêques en faveur de pénitents dignes d'in
dulgence. Enfin, il est à remarquer qu'en ayant égard
à cette intercession des martyrs , l'Eglise avait à sa
disposition , comme source inépuisable de pardons, les
mérites infinis de Jésus-Christ, de la bienheureuse
Vierge Marie et des Saints.
Le plus ancien souvenu- des Indulgences accordées
par écrit remonte au pape Nicolas Ier , qui vivait au
milieu du neuvième siècle, et la plus ancienne Indul
gence pour les morts, marquée dans l'histoire de
l'Église, est celle que le pape Pascal Ier attacha, vers
l'an 817, à l'église de Sainte-Praxède. Dans le quin
zième siècle , Sixte IV déclara, par une bulle , que les
Indulgences étaient utiles aux morts. Son successeur ,
Innocent VIII , accorda des Indulgences en faveur des
morts à ceux qui visiteraient l'église de Sainte-Marie.
Clément VII , Jules III et Grégoire XIII étendirent aux
âmes du Purgatoire les Indulgences des Jubilés accordés
par eux.
Pour gagner les Indulgences , il faut d'abord avoir
l'intention de les gagner; puis être en état de grâce;
INDULGENCES.
485
enfui, accomplir les œuvres et les conditions indiquées
par la bulle qui les contient, quant au temps, à la
manière, au but, etc. Les principales de ces conditions
sont ordinairement la confession, la communion et
certaines prières.
11 a paru convenable de présenter à la fin de cet ou
vrage la série, ayant eu lieu jusqu'à ce jour, des Indul
gences particulières ou plénières attachées spéciale
ment par les souverains Pontifes aux dévotions en l'hon
neur de la très-sainte Vierge. Le relevé en a été presque
entièrement emprunté à un recueil fort intéressant ,
traduit de l'italien de Marini, par l'abbé T"*, sous le
titre de Recueil officiel de toutes les Indulgences accor
dées jusqu'à nos jours.
INDULGENCES EN L'HONNEUR DE MARIE.
Invocation du saint Nom de Marie.
Animé du désir que les fidèles aient habituellement
présents à l'esprit et sur les lèvres les saints noms de
Jésus et de Marie, surtout à l'article de la mort,
Sixte V, par une bulle du 15 juillet 1587, accorde à
perpétuité 25 jours d'Indulgences à ceux qui invoque
ront dévotement ces saints noms , et l'Indulgence plénière à l'article de la mort , à ceux qui auront eu , pen
dant leur vie , la pieuse coutume de se saluer et de
répondre ainsi en quelque langue que ce soit : Jésus et
Marie soient loués. — Ainsi soit-il ou dans tous les
siècles.
486
CULTE DE MARIE.
Benoît XIII , par un décret de la sacrée Congrégation
des Indulgences, du 12 janvier 1728, a confirmé les
mêmes Indulgences.
Les trois Oraisons jaculatoires '.
Pour accroître la dévotion qu'ont les fidèles à invo
quer les saints noms de Jésus, de Marie et de Joseph ,
et pour obtenir leur protection à l'heure de la mort ,
Pie VII a accordé à perpétuité trois cents jours d'Indul
gences chaque fois qu'on récitera avec un cœur contrit
ces trois oraisons jaculatoires :
Jésus, Joseph et Marie, je vous donne mon cœur et mon
âme.
Jésus, Joseph et Marie, assistez-moi dans mes derniers
moments.
Jésus, Joseph et Marie, que je meure en paix avec vous.
La récitation d'une de ces trois oraisons procure en
core cent jours d'Indulgences applicables , comme les
autres , aux âmes des défunts.
Par ses bulles du 9 juillet 1568 et du 5 avril 1571,
Pie V accorde à tous les fidèles qui sont obligés à la ré
citation de l'office cent jours d'Indulgences chaque fois
qu'ils récitent celui de la sainte Vierge les jours pres
crits par les rubriques du Bréviaire romain ; — et en
1 On entend par oraison jaculatoire une prière faite du fond
du cœur, par laquelle on s'élève à Dieu avec une fervente dé
votion. Ce mot vient du latin jaculum, qui veut dire trait ,
dard, parce que les oraisons courtes et ferventes sont des
élancements de l'âme vers Dieu, qui s'élèvent vers lui comme
un trait.
INDULGENCES.
487
outre , cinquante jours d'Indulgences à ceux qui , par
dévotion , récitent le même office.
Le Scapulaire.
Les Indulgences attachées à la Confrérie du SaintScapulaire sont pléniôres ou partielles.
Indulgences plénières.
1° Le jour de l'entrée dans l'association, aux condi
tions ordinaires ; 2° le jour de la fête de Notre-Dame
du Mont-Carmel, ou l'un des jours de l'octave, après
confession , communion et prière ; 3° à l'article de la
mort pour les associés qui se confessent et communient ;
4° pour l'assistance à une procession à un des diman
ches du mois , avec la permission de l'évêque , en se
confessant et communiant ce jour-là ; 5° à ceux qui ,
par maladie ou infirmité , ne pouvant assister à la pro
cession , visitent la chapelle de la Confrérie ; — à ceux
qui , ne pouvant faire cette visite , récitent l'office de la
sainte Vierge , ou bien cinq Pater et cinq Ave ; et aux
religieux et religieuses qui récitent en commun ou en
particulier les litanies des Saints et font les autres pra
tiques de la Confrérie.
Indulgences partielles.
1° Cinq ans et cinq quarantaines , une fois par mois,
à ceux qui, portant le scapulaire, communient et prient
Dieu pour les intentions ordinaires ; 2° trois ans et trois
quarantaines à ceux qui font les mêmes choses le jour
de la fête de la sainte Vierge ; 3° cinq ans et cinq qua
rantaines à ceux qui accompagnent le saint Viatique en
488
CULTE DE MARIE.
priant pour les malades; 4° trois cents jours à ceux qui
s'abstiennent de viande le mercredi ; 5° quarante jours
une fois par jour à ceux qui récitent sept fois le Pa
ter et YAve en l'honneur de la sainte Vierge ; 6° cent
jours à ceux qui suivent le corps d'un défunt au cime
tière ; 7° cent jours à ceux qui récitent l'office de la
sainte Vierge avec piété ; 8° cent jours pour assistance
à la Messe ou aux offices de la Confrérie , ou pour des
œuvres pies. Toutes ces Indulgences, accordées par
Benoit XIV, ont été confirmées et étendues aux âmes
des défunts par Clément X, le 2 janvier 1672.
L'Ave , Maria. — Le Rosaire.
Benoit XIII , par le bref du 13 avril 1726 , accorde à
tous les fidèles qui réciteront dévotement le Rosaire
cent jours d'Indulgences pour chaque Pater noster, ou
Ave, Maria, soit pour les quinze dizaines, soit pour le
tiers seulement ; et de plus , Indulgence plénière , une
fois par an , le jour qu'il aura choisi , à celui qui aura
récité tous les jours au moins le tiers du Rosaire,
pourvu qu'il se confesse et communie le jour où il vou
dra la gagner. Un autre bref d'Innocent XI, du 31 juil
let 1769, et un de Pie VI , du 16 février 1808, font jouir
de beaucoup d'autres Indulgences , moyennant pareille
récitation ou quelques autres oeuvres pies , tous ceux
qui sont inscrits dans la Confrérie du Rosaire, en quel
que partie du monde que ce soit. Il faut, d'ailleurs,
remarquer que, pour gagner les indulgences, le Ro
saire ou chapelet doit avoir été indulgcncié par un
prêtre en ayant le pouvoir, et que celui qui récite l'un
INDULGENCES.
489
ou l'autre doit réfléchir, à chaque dizaine, sur l'un des
mystères.
Par des bulles de Léon X , de Clément XI et de Be
noît XIV, de nombreuses Indulgences ont été accordées
à ceux qui récitent ou portent sur eux le chapelet de
sainte Brigitte. Ces Indulgences se gagnent en récitant
quinze dizaines, ou cinq seulement, comme pour le
Rosaire.
L'Angclus Domini , ou Regina coeli.
I-a dévotion de YAngelus ayant été approuvée par une
bulle de Jean XXII, du 13 octobre 1318, ce Pape avait
accordé quelques jours d'Indulgences à ceux qui s'en
acquitteraient avec un cœur contrit. — De plus grandes
Indulgences y furent attachées par Benoît XIII, le 14 sep
tembre 1724, lequel accorda cent jours d'Indulgences
pour chaque fois , et l'Indulgence plénière une fois par
mois à ceux qui , une fois par jour pendant le cours
d'un mois, auront récité, le matin , ou à midi, ou le
soir, YAngelus et trois Ave, Maria. — Benoît XIV a
confirmé, le 17 avril 1742, les mêmes Indulgences, et
déclaré que YAngelus, qui se dit ordinairement à ge
noux , doit cependant être récité debout tous les di
manches de l'année , à commencer des premières vê
pres, c'est-à-dire du samedi soir; que pendant le
temps pascal on dira debout, au lieu de YAngelus, le
Regina cSli, avec le verset et l'oraison qui suivent ; et
que ceux qui ne savent pas le Regina cali gagneront
l'Indulgence en récitant YAngelus.
490
ÇUXTE DE MARIE.
.Le Salve , Regina, et le Sub t;ium praesidium.
Par le décret de la sacrée Congrégation du S avril 1 786,
Pie VI, en approuvant la prière Salve, Regina, accorde
à perpétuité une Indulgence de cent jours, pour chaque
jour, et le dimanche une Indulgence de sept ans et sept
quarantaines à tous les fidèles qui réciteront le matin
cette prière avec les versets , et le soir celle du Sub
tuum praesidium. Il accorde encore à perpétuité à ceux
qui les réciteront l'une et l'autre tous les jours ,
pendant tin mois, deux Indulgences plénières à gagner
deux dimanches de ce mois, au choix, moyennant con
fession , communion et prière , suivant l'intention du
souverain Pontife. 11 permet encore de gagner les mê
mes Indulgences aux mêmes conditions, tons les jours
des fêtes de la sainte Vierge et le jour de la Toussaint.
Enfin il accorde l'Indulgence plénière, à l'article de la
mort, à ceux qui, ayant récité cette prière, durant leur
vie, auront rempli leurs autres devoirs religieux, ou
auront été repentants.
L'Oraison Jaculatoire pour l'Immaculée Conception.
Par un rescrit du 21 novembre 1793 , PieJVI, sur la
demande de l'Ordre séraphique des Fraiciscains ,
accorde à perpétuité cent jours d'Indulgences à tous
ceux qui feront avec contrition l'une des prières sui
vantes.
Que la très-sainte et immaculée Conception de la bienheu
reuse Vierge Marie soit bénie !
INDULGENCES.
491
Ou:
Vierge sainte, votre conception a été sans tache; priez pour
nous le Père dont vous avez enfanté le Fils Jésus, après l'avoir
conçu du Saint-Esprit.
Les cinq Psaumes.
Depuis que la pieuse coutume de réciter les Cinq
Psaumes de Marie s'est propagée dans la chrétienté, In
nocent XI et plusieurs autres souverains Pontifes ont
accordé des Indulgences aux membres des Confréries
du saint nom de Marie qui récitent les cinq psaumes.
Pie VII notamment, par un décret du 13 juin 1813,
accorde à perpétuité , comme applicables aux âmes du
purgatoire :
1° Une Indulgence de sept ans et sept quarantaines,
chaque fois qu'on récite ces psaumes ;
2° Une Indulgence plénière, chaque mois, à ceux qui
les réciteront tous les jours, pourvu que le jour qu'ils
auront choisi, ils se confessent, communient et prient
selon l'intention du saint Père ;
3° Une Indulgence plénière, le dimanche dans l'oc
tave de la Nativité, jour destiné à honorer le saint nom
de Marie , et à ceux qui l'auront souvent invoqué
pendant le cours de l'année, aux mêmes conditions.
,
Les Quarante Ave , Maria.
Les quarante Ave, Maria sont un exercice institué et
constamment pratiqué par sainte Catherine de Bologne,
afin d'honorer, pendant l'Avent, l'enfantement de la
bienheureuse Vierge Marie. Cet exercice doil com
mencer le 29 novembre et finir le 23 décembre.
+92
CULTE DE MARIE.
Pie VII, par un rescrit du 14 novembre 181 S, accorde
à perpétuité pour chaque jour, cent jours d'Indul
gences à tous ceux qui accompliront dignement cette
dévotion. Il accorde encore une Indulgence plénière ,
applicable aux âmes du Purgatoire , à ceux qui auront
pratiqué le même exercice au moins pendant vingt
jours, pourvu qu'ils aient rempli les conditions ordi
naires et visité une église.
Les Litanies.
Afin d'engager les fidèles à réclamer avec insistance
l'intercession de Marie auprès de Dieu , et en même
temps afin de l'honorer elle-même , Sixte V , par une
Constitution du 11 juillet 1587, accorde deux cents
jours d'Indulgences à quiconque récitera les litanies de
la sainte Vierge avec dévotion. Benoît XIII à son tour,
le 12 janvier 1728, confirme les mêmes Indulgences, et
Pie VII , en les sanctionnant de nouveau , le 30 sep
tembre 1817 , y attache à perpétuité trois cents jours
d'Indulgences ; et de plus , il accorde encore à perpé
tuité, à ceux qui les récitent tous les jours, une Indul
gence plénière, aux cinq fêtes de précepte de la sainte
Vierge, qui sont, la Conception, la Nativité , l'Annon
ciation, la Purification et l'Assomption, avec les condi
tions accoutumées. Ces Indulgences sont applicables
aux âmes du Purgatoire.
Prière an sacré Cœur de Marie.
Cette prière se trouve à la suite de la fête du trèssaint et immaculé cœur de Marie. Pie VH , par un dé
INDULGENCES.
493
cret de la sacrée Congrégation des Rites, du 31 août
1805, approuva la dévotion au Cœur de Marie, et par
des rescrits des années 1807 , 1816 et 1817 , il accorda
à perpétuité une Indulgence de soixante jours , qu'on
pourrait gagner une fois par jour, à ceux qui récite
raient dévotement la prière au Cœur de Marie , et de
plus l'Indulgence plénière à ceux qui la réciteraient
tous les jours de l'année, aux conditions prescrites. Les
mêmes Indulgences sont étendues à l'article de la mort
et aux âmes des défunts.
Le Mois de Marie.
Afin d'encourager les fidèles à la dévotion du Mois
de Marie, Pie VII a accordé, le 21 mars 1815, trois cents
jours d'Indulgences, par jour, à tous les chrétiens de
toutes les Églises du monde, qui, soit en public, soit en
particulier, honoreront la sainte Vierge par un culte
spécial , durant le même mois , soit en faisant de
bonnes œuvres ou des prières ferventes. Le même rescrit leur a accorde une Indulgence plénière perpé
tuelle , une fois dans le mois de mai , au jour de
la communion faite à leur choix. Ces Indulgences appli
cables aux âmes du Purgatoire ont été confirmées le 18
juin 1822.
Le Slabat Mater.
Par un bref du 1" septembre 1681, le vénérable In
nocent XI accorde à perpétuité cent jours d'Indulgences,
chaque fois qu'on récitera dévotement , pour honorer
les douleurs de Marie , la prose du Stabat.
28
494
CULTE DE MARIE.
La Conronne des sept Donlenrl
Benoît XIII par un bref perpétuel et universel; du 23
septembre 1724, a accordé deux cents jours d'Indul
gences , par chaque Pater et chaque Ave , à ceux qui ,
vraiment repentants, auront récité cette couronne, les
vendredis, tous les jours pendant le carême, à la fête
des sept Douleurs de la Vierge, et pendant l'octave ;
cent jours pour tous les autres jours de l'année ; enfin;
sept ans et sept quarantaines à quiconque la récite chez
soi.
Clément XII, après avoir confirmé ces Indulgences,
en a accordé de nouvelles, par sa bulle du 12 décembre
1734. Les nouvelles sont, 1° l'Indulgence plénière atta
chée à la récitation faite tous les jours pendant un
Iftois, à condition de se confesser, de communier et de
prier pour l'Église ; 2° cent ans d'Indulgences à ceux
qui, vraiment repentants, se confesseraient ou en au
raient l'intention et réciteraient la même couronne;
3° cent cinquante ans à ceux qui la réciteraient les
lundi, mercredi ou vendredi, ou aux fêtes de précepte,
et qui Se confesseraient ; 4° l'Indulgence plénière, une
fois par an, le jour qu'on choisira; à celui qui la réci
tera quatre fois par semaine, pourvu qu'il se confesse;
communie et la récite le jour même ; 5° enfin, dix ans
d'Indulgences, à ceux qui réciteront souvent cette cou
ronne, et la porteront sur eux, en y ajoutant une
œuvre spirituelle.
Toutes ces Indulgences sont applicables aux âmes des
défunts, suivant deux décrets du 16 janvier 1747 et du
15 mars 1703. fi faut observer que les couronnés ou
IMH MiKNCl-v
49o
chapelets 4oivent être bénis par un .prêtre de l'ordre des
Serviteurs de Marie ou spécialement autorisé par Sa
Sainteté, et qu'en aucun cas, ils ne peuvent être ni
vendus ni cédés,
Neuvaines en l'honneur de Marie , pour chacune de ses Iêtes.
Pie VJI , par plusieurs rescrits donnés par Son Excel
lence le cardinal pro-vicaire , le 4 août et le 24 no
vembre 1808, et le 11 juin 1809 , a accordé trois cents
jours d'Indulgences par jour à tous les fidèles qui , soit
en commun , soit en particulier, soit dans une église
ou dans leurs demeures , feront quelqu'une des cinq
neuvaines préparatoires aux cinq fêtes principales de
Marie. Il a accordé également l'Indulgence plénière à
perpétuité à ceux qui l'auront faite tous les jours,
pourvu qu'ils se confessent et communient ou le jour
. de la fête ou l'un des jours de l'octave , et qu'ils prient
le Seigneur et la très-sainte Vierge , selon la pieuse in
tention du souverain Pontife. Ces Indulgences sont ap
plicables aux âmes du Purgatoire.
Pour se préparer à la fête de l'Immaculée Conception,
on commence la neuvaine le 29 novembre ; pour la
Nativité, le 30 août; pour l'Annonciation, le 16 mars;
pour la Purification , le 24 janvier ; et pour l'Assomp
tion, le 6 août. Les exercices et les prières de chaque
jour sont expliqués dans les livres spéciaux.
Aumônes en l'honneur de Jésus , Marie et Joseph.
Par un rescrit de la sacrée Congrégation des Indul
gences, du 13 juin 1815 , Pic VII a confirméà perpétuité
496
CULTE DE MARIE.
les Indulgences suivantes déjà accordées à ceux qui
donnent la nourriture à trois pauvres , pour honorer
d'une manière particulière Jésus , Marie et Joseph :
1° Chaque fois qu'on le fait avec un cœur repen
tant de ses fautes , on gagnera une Indulgence de sept
ans et sept quarantaines.
2" Indulgence plénière si , le même jour , on se con
fesse, on communie et on prie selon l'intention du
souverain Pontife.
3" Indulgence de cent jours pour les membres de la
famille ou pour les domestiques de celui qui fera la
charité, s'ils y coopèrent en quelque façon.
Ces Indulgences sont applicables aux âmes des dé
funts.
Sommaire des Indulgences
Accordées par N. S. P. le Pape Grégoire XIV aux fidèles qui
posséderont des Chapelets, Rosaires, ete., bénis par lui ou
par ceux à qui il en a donné le pouvoir, pourvu qu'on fasse
les œuvres pies prescrites , et en ce qui concerne le culte
de la sainte Vierge seulement.
Indépendamment de l'obligation d'avoir avec soi ou
dans sa chambre ou dansquelqu'autre lieu convenable,
les chapelets , images ou autres objets indulgencies , il
faut accomplir les conditions ci-après :
Réciter au moins une fois par semaine la Couronne
de la bienheureuse Vierge ou le Rosaire , ou la troisième
partie du Rosaire, ou l'Office de la Vierge. On gagnera
l'Indulgence plénière , si on se confesse et si on com
munie, entr'autres, l'un des jours suivants; savoir : le
jour de la Conception de Marie, de la Nativité, de
l'Annonciation, de la Purification , de l'Assomption, de
INDULGENCES.
497
saint Joseph , époux do la sainte Vierge. — Celui qui
pratiquera les mêmes œuvres les autres jours de fêtes
de Marie, gagnera chaque fois une Indulgence de sept
ans et sept quarantaines ; et en les faisant les dimanches
et fêtes , on gagnera chaque fois cinq ans et cinq qua
rantaines d'Indulgences, et cent jours seulement les
jours ordinaires de l'année.
Celui qui sera dans l'usage, au moins une fois la
semaine, de réciter le Chapelet ou le Rosaire , ou l'of
fice de la sainte Vierge avec les litanies et leurs prières,
gagnera chaque fois cent jours d'Indulgences.
Celui qui fera quelque oraison préparatoire avant la
récitation de l'office de la sainte Vierge gagnera chaque
fois cinquante jours d'Indulgences.
Celui qui , au son de la cloche de quelque église,
récitera le matin ou à midi , ou le soir , les prières ac
coutumées Angelus, etc., ou s'il ne sait pas cette prière,
un Pater noster et un Ave, Maria, gagnera cent jours
d'Indulgences.
Enfin , Sa Sainteté permet de gagner ces Indulgences
pour soi ou de les appliquer aux âmes du Purgatoire.
Tel est l'ensemble des indulgences principales atta
chées par les souverains Pontifes aux divers actes de
dévotion en l'honneur de la très-sainte Vierge ; c'est un
extrait fidèle du recueil d'Indulgences dont nous avons
déjà parlé , publié avec l'autorisation ecclésiastique ,
sans laquelle aucune impression de cette nature ne
peut avoir lieu.
On ne saurait trop se pénétrer, à ce sujet, de la pen
sée que , ni le Chef suprême de l'Église , ni les Prélats
28.
498
CULTE DE MARIE.
soumis à son autorité, ne peuvent accorder des Indul
gences sans de graves et légitimes motifs. Ces motifs
sont la gloire de Dieu, le bien de la religion et
l'aveugle obéissance aux intentions de Jésus-Christ, de
la très-sainte yierge et des Saints, dont les mérites sont
incessamment répandus sur les fidèles. De son côté, le
peuple chrétien ne peut se flatter de l'espérance de
recueillir des avantages si précieux qu'autant qu'il ac
complira rigoureusement les conditions prescrites par
ses pasteurs , et que les inspirations de son âme fécon
deront la semence apostolique. Enfin, pour ce qui re
garde spécialement la Mère de miséricorde, quiconque
s'appliquera à la faire aimer dans ce monde gagnera les
Indulgences promises en son nom et aura droit aux ré
compenses célestes ; car, ainsi que l'a dit saint Bonaventure : Honorer Marie, c'est thésauriser pour la vie
éternelle.
Pour la dernière fois en ce livre où votre nom est
inscrit à peu près sur toutes les pages : Je vous salue,
Marie!
Recevez mes adieux, pleins de mélancolie,
comme la fin de toutes (les joies de la terre. Depuis
l'époque, si chère à mon souvenir, où je rentrai dans
le sanctuaire , à la clarté mystérieuse de votre étoile,
j'ai dérobé pour vous , sans regret, quelques heures à
mon sommeil, à mes loisirs, aux distractions du
monde , et peut-être aux devoirs de mon état. Daignez
faire , Vierge sainte , que ces heures n'aient pas été
tout à fait stériles pour mon salut , au terme d'une vie
qui n'aura laissé aucune trace dans la mémoire des
hommes!
Mon cœur a été inquiet jusqu'à ce qu'il
se soit reposé en vous ; et maintenant aussi , comme le
demandait autrefois au Seigneur le vieillard Siméon :
« Vous pouvez renvoyer en paix votre serviteur, »
mais que ce soit avec l'humilité qui convient à mon
œuvre périssable, et avec votre bénédiction qui porte
en elle le germe de fruits précieux pour l'éternité. 0
Mère puissante et fidèle, gardez-moi de moi, et que mes
actions désormais présentent comme un reflet de cet
écrit devant le miroir de justice. Hélas ! je n'aurai pas
eu la consolation, à l'exemple d'un grand Saint, de
soo
faire oublier les égarements de mon jeune âge par
l'austérité de mes vieux jours , mais , comme lui, du
moins , durant la tâche que je viens d'accomplir, en
votre honneur, je n'ai cessé de répéter, avec confiance,
ces paroles que j'aime encore à lui emprunter aujour
d'hui : « O Marie, c'est de vous que j'attends la réoom« pense de mes travaux ' .' »
1 Maria, in le nostrorum est expectalio premiorum. (Saint
Augustin.)
FIN DO CULTE DE MARIE.
ORDINAIRE DE LA MESSE.
L'origine de la Messe a été écrite par les Évangélistes et par saint Paul dans ces simples lignes : « Jésus,
« après avoir soupe avec ses Apôtres, se leva pour leur
« laver les pieds. 11 se remit ensuite à table ; et comme
« ils mangeaient, il prit du pain, rendit grâces à Dieu,
« le bénit , le rompit , et le distribua à ses disciples ,
« disant : Prenez et mangez; ceci est mon corps qui
« sera livré pour vous; faites ceci en mémoire de moi.
« Tout de même après le souper, il prit le Calice, et
« ayant rendu grâces , il le bénit et le leur donna , di« sant : Buvez tous de ceci, car ceci est mon sang, le
« sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour
« vous et pour plusieurs en rémission des péchés. Faites
« ceci en mémoire de moi. » — Ainsi c'est Jésus-Christ
lui-même qui , avant de quitter la terre , institua l'Eu
charistie , où , sous les espèces visibles du pain et du
vin , il cacha l'offrande invisible de son Sang et de nos
cœurs.
Les limites naturelles de cet ouvrage ne permettent
pas de traiter ici longuement de ce qui est relatif à
chacune des parties de la Messe ; l'auteur a publié der
502
LA MESSE.
nièrement sur ce sujet un opuscule intitulé la Messe
expliquée. Un rapide aperçu peut toutefois faire saisir
l'ensemble de cette auguste cérémonie.
Le moment solennel, annoncé par le son des cloches,
est arrivé, où l'Agneau mystique, dévoué pour le salut
universel, va descendre sur l'autel qui renferme les
reliques des saints martyrs. Le prêtre s'avance à pas
lents , précédé du servant qui doit l'assister. Tous ses
vêtements ont un sens fixé par l'Église. Ce sont : Yamict, linge blanc qui couvre son cou et ses épaules , et
qui se mettait autrefois sur la tête , comme un casque
de salut ; — Yaube, tunique ou robe de lin qui remonte
à la plus haute antiquité, et retrace tout à la fois le le
ver du jour et la pureté sans tache ; — la ceinture , qui
sert à serrer l'aube , et qui représente un lien de chas
teté ; — le manipule, petite bande d'étoffe suspendue
au bras gauche , et qui rappelle le mouchoir dont se
servait le célébrant aux premiers jours du Christia
nisme , pour essuyer la sueur ou ses larmes , ou bien
encore , la gerbe de blé , qui a fait dire au Psalmiste :
« Les justes après avoir semé dans les pleurs viendront
« avec des transports de joie, portant les gerbes de la
« moisson; » — Yétole, ornement desÉvêques et des
prêtres, consistant en une double bande d'étoffe mise
sur le cou , et dont chaque extrémité est assortie d'une
croix ; elle revêt, pour ainsi dire, de la robe d'immorta
lité perdue par le péché du premier homme ; — la cha
suble, habit sacré et symbole du joug de Jésus-Christ,
exprimé par la croix, dont il est orné par derrière.
Si de la personne du prêtre, le Chrétien détourne ses
regards vers l'autel, il peut y remarquer les vases
sacrés proprement dits, et les autres objets servant à
LA MESSE.
503
la Messe , savoir : — le calice, qui a la forme de la
coupe en usage dans les festins juifs et dont se servit
Notre-Seigneur Jésus-Christ ; — la patène , autrefois
platène, petit plat de forme ronde destiné à recevoir
l'hostie et à être placé sur le Calice ; — les burettes que
tout le monde connaît , et dont le nom dérive du vieux
mot buirette, de buye, ou buis, parce qu'anciennement
ces coupes étaient faites du même bois ;— le corporal ,
linge étendu sur l'autel pour supporter le corps de Jé
sus-Christ ; — le purificatoire , autre linge destiné a
purifier, c'est-à-dire à essuyer le calice, et qui le re
couvre en pendant des deux côtés ; — la patte, corporal
plus étroit que l'autre, et soutenu d'un petit carton,
avec des bords de lin , pour couvrir le calice; — le
voile, pièce d'étoffe carrée , portant au milieu une
croix brodée en soie, or et argent ; — la bourse, dans
laquelle est renfermée le corporal.
La Messe commence par le signe de la croix et par
un dialogue entre le prêtre et le servant, qui rappelle
les soupirs et les espérances des Prophètes et des Pa
triarches; ou plutôt, c'est un cantique par lequel le
prêtre et le peuple s'excitent à entrer dans le sanc
tuaire de Dieu. Puis l'un et l'autre récitent le Confiteor, admirable prière où la pureté de l'âme s'acquiert
par le mouvement d'un cœur qui se penclie vers un
autre pour y verser un secret ' . Le prêtre qui s'était
arrêté au premier degré duTabernacle, monte à l'autel,
et baise avec respect la pierre qui couvrait autrefois les
os des martyrs , et quand les psaumes d'introduction
> Bossuet,
504
LA MESSE.
ont été récités par lui ou entonnés par le chantre, il
passe à l'hymne angéliqtie du Gloria, souvenir des
premières paroles qui se firent entendre sur le berceau
du Sauveur du monde ; — viennent ensuite la Collecte
qui signale la fête du jour, la lecture de YÉpitre, em
pruntée à l'Ancien ou au Nouveau Testament, la réci
tation du Graduel, ainsi nommée parce qu'il rappelle
les chants des Hébreux sur les degrés du Temple.
Tout à coup l'assemblée se lève pour écouter YEvan
gile, sublime et touchante révélation de celui qui nous
a dit qu'il était la voie, la vérité et la vie. — La parole
de Dieu est naturellement suivie du Symbole de la Foi,
monument éternel de la mission des apôtres.
Cependant le prêtre ôte le corporal, le voile et la
palle qui couvre le calice , il prend la patène sur la
quelle est l'hostie ; il l'élève en mémoire de l'oblation
que fit Jésus-Christ au Père Éternel; il bénit le pain
et le vin , il lave ses mains avec ceux qui vivent dans
'innocence, fait une seconde offrande au Seigneur, et
se sépare spirituellement de l'assemblée par la Secrète,
comme dans les anciens jours on fermait les portes
du sanctuaire et on tirait le rideau du tabernacle entre
le sacrificateur et les catéchumènes.
Après avoir dit la Préface propre , et s'être écrié,
comme autrefois les habitants de Jérusalem : « Béni
« soit celui qui vient au nom du Seigneur, » le prêtre
aborde enfin le Canon , où commence véritablement la
partie essentielle et la plus auguste du saint Sacrifice.
— 11 supplie le Père des miséricordes d'intervenir du
haut des Cieux et de se souvenir des Chrétiens fidèles;
il invoque la mémoire des Saints et des Martyrs, et il
arrive, avec ce magnifique cortège , à l'instant où Dieu
LA MFSSE.
505
lui-même va s'anéantir pour arrêter les foudres et
amortir le feu de la justice divine. — La consécra
tion de l'hostie s'opère, le prêtre a disparu ; c'est JésusChrist seul qui devient véritable sacrificateur ; ce qui
semble pain n'est plus pain , ce qui semble vin n'est
plus vin ; c'est le Corps et le Sang de Dieu ; une der
nière oraison s'élève vers lui pour les morts; enfin
l'homme communique réellement avec Jésus-Christ.
La victime offerte est changée : le mystère va s'ac
complir ; il est précédé de l'Oraison dominicale , tom
bée des lèvres mêmes du Sauveur du monde. Le pain
eucharistique est rompu ; le Saint-Sacrement est adoré ;
l'Agneau de Dieu se présente , il est immolé ; le prêtre
et les fidèles font la sainte Communion , et des actions
de grâces s'élèvent bientôt après de toutes parts vers
le trône de l'Éternel. De nouveaux chants ou de pieuses
récitations terminent l'imposante cérémonie que cou
ronne la Bénédiction , donnée au nom de la Sainte
Trinité; et cependant, comme dans les anciens jours ,
l'assemblée attendrie veut encore entendre avant de
s'éloigner du saint lieu les accents de l'aigle des Évangélistes, du bien-aimé parmi les disciples, d'un autre
Jean que Jean-Baptiste , de Jean, l'enfant du tonnerre.
Telle est la Messe, c'est-à-dire le céleste banquet,
où l'homme, faible et voyageur d'un jour sur cette
terre , peut entrer en société avec le Dieu fort et éter
nel. Mystère ineffable, où sont les cœurs assez grands
et surtout assez purs pour vous comprendre!
29
Sut;
l.lï.TE T)E MARIE.
ORDINAIRE DE LA MESSE.
COMMENCEMENT OU PRÉPARATION AC SAINT SACRIFICE.
Le prêtre au pied de l'autel.
Au nom du Père , du Fils , et
In nomine Patris, et Filii,
et Spiritus sancti. Amen.
du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
Sacerdos. jt Introibo ad
Le Prêtre. } Je m'appro
altare Dei,
cherai de l'autel de Dieu,
Le Servant. n- Du Dieu qui
Minister. H- Ad Deum
remplit de joie ma jeunesse.
qui lœtificat juventutem
meam.
y Judica me, Deus, et
jt O mon Dieu , jugez-moi et
séparez ma cause de celle d'un discerne causam meam de
peuple impie; arrachez-moi à gente non sancta; ab homine iniquo et doloso erue
l'homme inique et trompeur.
me.
S- Puisque vous êtes ma force,
a- Quia tu es, Deus, forô mon Dieu , pourquoi m'avez- titudo mea , quare me revous repoussé? pourquoi me pulisti , et quare tristis inlaissez -vous marcher dans la cedo , dum affligit me initristesse, sous l'oppression de
mon ennemi ?
i Faites paraître votre lu
jfr Emitte lucem tuam et
mière et votre vérité ; elles me veritatem tuam ; ipsa me
guideront, m'introduiront sur deduxerunt et adduxerunt
votre montagne sainte , et dans in montem sanctum tuum
et in tabernacula tua.
vos tabernacles.
it Et introibo ad altare
a- Et je m'approcherai de
l'autel de Dieu, du Dieu qui Dei , ad Deum qui hetifical
remplit de joie ma jeunesse.
juventutem meam.
.v Conlitebor tibi in ciy Et je chanterai vos louan
ges sur la harpe , ô Dieu, ô mon thara, Deus, Deus meus;
Dieu ! Pourquoi êtes-vous triste , quare tristis es, anima mea,
ô mon âme, et pourquoi me et quare conturbasme?
troublez-vous ?
iv Espérez en Dieu, car je
B- Spera in Deo quoniam
ORDINAIRE DR LA HESSE.
501
adhuc conlîtebor illi — sa- le louerai encore , et mes re
lutarc vultus mei, et Deus gards seront tournés vers lui,
comme vers le Dieu de mou sa
meus.
lut.
j> Gloria Patri, et Filio,
? Gloire au Père, et au Fils,
et Spiritui sancto.
et au Saint-Esprit.
n- Sicut erat in principio ,
b) Comme c'était dès le com
et nunc et semper, et in mencement, maintenant et tou
secula seculorum. Amen.
jours dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.
;r Introibo ad altare Dei,
* Je m'approcherai de l'autel
de Dieu,
b- Ad Deum qui lœtificat
n- Du Dieu qui remplit de joie
juventutem meam.
ma jeunesse.
j> Adjutorium nostrum in
jr Notre secours est dans le
nomine Domini ,
nom du Seigneur,
b- Qui a fait le ciel et la
s- Qui fccit cœlum et terram.
terre.
Le prêtre dit le Conflteor.
j> Conflteor Deo omnipo
jt Je confesse à Dieu touttent i, beatœ Maria; semper puissant , à la bienheureuse Ma
virgini , beato Michaele ar- rie toujours vierge, à saint Mi
changelo, beato Joanni Bap chel archange, à saint Jeantiste, sauctis apostolis Pe- Baptiste , aux apôtres saint
tro et Paulo, omnibus Pierre et saint Paul , à tous les
sanctis, et vobis, fratres, saints , et à vous , mes frères ,
quia peccavi nimis cogita- parce que j'ai beaucoup péché,
tione, verbo et opere; mea par pensées, par paroles, et par
culpa , mea culpa , mea actions. C'est par ma faute, par
maxima culpa. Ideo precor ma faute, par ma très-grande
beatam Mariam semper vir- faute. C'est pourquoi je supplie
ginem, beatum Miehaclem la bienheureuse Marie toujours
archangelum, heatum Joan- vierge, saint Michel archange,
nem Baptistam , sanctos saint Jean-Baptiste , les apôtres
apostolos Petrum et Pau- saint Pierre et saint Paul, tous
lum, omnes sanctos, et vos, les saints , et vous , mes frères,
fratres, orare pro me ad de prier pour moi le Seigneur
Dominum Deum nostrum. notre Dieu ;
b) Que le Dieu tout-puissant
n- Misereatur tui omnipotens Deus , et dimissis vous fasse miséricorde , et qu'a
peccatis tuis , perducat te près vous avoir pardonné vos
péchés , il vous conduise à la vie
ad vitam œternam.
éternelle.
Ainsi soit-il.
Amen.
bus
culte de marie.
Le servant.
Confiteor, elc. (et tibi»
Je confesse, etc (et à vous,
pater).
mon père).
Le prêtre.
jt Que le Dieu tout-puissant
vous fasse miséricorde, et qu'a
près vous avoir pardonné vos
péchés, il vous conduise à la vie
éternelle.
h- Ainsi soit-il.
jfr Que le Seigneur tout-puis
sant et miséricordieux nous ac
corde l'indulgence , l'absolution
et la rémission de nos péchés.
jt Misereatur vestri omnipotens Deus, et dimissis
peccatis vestris, perducat
vos ad vitam seternam.
i>- Amen.
> Indulgentiam , absolutionem , et remissionem peccatorum nostrorum tribuat
nobis , omnipotens et misericors Dominus.
R- Ainsi soit-il.
n- Amen.
jfr Deus , tu convenais ,
y O Dieu , vous vous tour
nerez vers nous , et vous nous vivifîcabis nos.
donnerez la vie.
n- Et votre peuple se réjouira
n- Et plebs tua kelabitnr
in te.
v
en vous.
fl Ostende nobis, Domine,
jfr Faites paraître sur nous,
misericordiam tuam ;
Seigneur, votre miséricorde ,
h Et donnez-nous votre as
n- Et salutare tuum da
nobis.
sistance salutaire.
jfr Domine, exaudi oraft Seigneur , exaucez ma
prière ;
tionem meam ;
n- Et clamor meus ad te
$ Et que mes cris s'élèvent
jusqu'à vous.
veniat.
y Dominus vobiscutn ,
* Qne le Seigneur soit avec
vous,
r^ Et oum spiritu tuo.
tt Qu'il soit aussi avec votre
esprit.
Le prêtre montant à l'autel dit :
PRIONS.
Seigneur, effacez , s'il vous
plaît , nos péchés , afin que
nous approchions du Saint des
saints avec une entière pureté
de cœur.
P«r Jésus-Christ notre Soi
gneur, etc.
Ainsi soit-il.
Aufer a nobis, qusesumus.
Domine, iniquitates nostras,
ut ad Sancta sanctorum puris mereamur mentibus introire.
Per Christum , etc.
Amen.
0RDI5A1RI DE LA MESSE.
.'i09
Prière du baiser de l'autel.
Oramus te , Domine , per
merita sanctorum tuorum
quorum reliquia hic sunt,
et omnium sanctorum, ut
indulgere digneris omnia
peccata mea. Amen.
Ici le prêtre
Nous vous prions, Seigneur,
par les mérites de vos saints
dont les reliques sont ici, et par
les mérites de tous les saints, de
daigner me pardonner tous mes
péchés. Ainsi soit- il.
récite l'Introït.
KYRIE ELEISON.
Kyrie , eleison ;
h- Kyrie , eleison ;
Kyrie , eleison ;
tj Christe , eleison ;
Christe , eleison ;
u- Christe , eleison ;
Kyrie , eleison ;
n Kyrie , eleison ;
Kyrie, eleison.
Seigneur, ayez pitié de nous ;
»' Seigneur, ayez pitié de nous ;
Seigneur, ayez pitié de nous;
e- Christ, ayez pitié de nous;
Christ, ayez pitié de nous;
n- Christ , ayez pitié de nous ;
Seigneur, ayez pitié de nous ;
h- Seigneur, ayez pitié de nous;
Seigneur, ayez pitié de nous.
Les caractères italiques indiquent les inclinaisons
de tête.
Gloria in excclsis Deo , et
in terra pax hominibus bon.x- voluntatis. Laudamus te.
Benedicimus te. Adoramus
te. Glorificamus te. Gratias
agimus tibi, propter ma
gnum gloriam tuam ; Do
mine Deus, Rex cœlestis,
Deus pater omnipotens ;
Domine , Fili unigenite ,
Jesu Christe ; Domine Deus,
agnus Dei , filius Patris. Qui
tollis peccata mundi , mise
rere nobis. Qui tollis pec
cata mundi, suscipe deprecationem nostram. Qui sedes ad dexteram Patris, mi
serere nobis. Quoniam tu
solus sanctus, tu solus Dominus , tu solus Allissimus ,
Gloire à Dieu au plus haut
des cieux , et paix sur la terre
aux hommes de bonne volonté.
Nous vous louons. Nous vous
bénissons. Nous vous adorons.
Nous vous glorifions. Nous vous
rendons graces à cause de votre
grande gloire; Seigneur Dieu,
roi du ciel , Dieu père tout-puis
sant; Seigneur Jésus-Christ, Fils
unique, Seigneur Dieu, agneau
de Dieu , fils du Père. Vous qui
ôtez les péchés du monde , ayez
pitié de nous. Vous qui ôtez les
péchés du monde , recevez notre
très -humble prière. Vous qui
êtes assis à la droite du Père,
ayez pitié de nous. Car vous
êtes le seul saint, vous êtes le
seul Seigueur, vous êtes le seul
510
CULTE DU MARIE.
Très-Haut, ô Jésus-Christ, avec Jesu Christe , cum sancto
le Saint-Esprit , dans la gloire Spiritu, in gloria Dei Patris.
de Dieu le Père.
Ainsi soit-il.
Amen.
> Que le Seigneur soit avec
jt Dominus vobiscum,
vous;
n- Qu'il soit aussi avec votre
4 Et cum spiritu tuo.
esprit.
Le prêtre dit les Oraisons ou Collectes ; il lit ensuite ou chante
l'Epître propre ; il récite enfin le Graduel , et il continue :
Dieu tout-puissant, purifiez
mon cœur et mes lèvres, vous
qui avez purifié les lèvres du
prophète Isaïe avec un charbon
ardent ; daignez me purifier par
votre pure miséricorde, afin que
je puisse annoncer dignement
votre saint Evangile ; par JésusChrist, ete.
(Bénissez-moi , Seigneur. Que
le Seigneur soit dans mon cœur
et sur mes lèvres, afin que j'an
nonce dignement et comme il
faut son saint Evangile. Ainsi
soit-il.)
Munda cor meum et labia
mea, omnipotens Deus, qui
labia Isaia; propheta; cal
cule) mundasti ignito ; ita
me tua grata miseratione
dignare mundare, ut sanctum Evangelium tuum di
gne valeam nuntiare; per
Christum
(Jube, Domine, benedicere. Dominus sit in corde
J| meô
tuo et
et in
ln lahiU
lamis lmeis'
jtuis,
ut digne et competenter
Iannuntiem
n
,.
annunties
Evangehum
suum. Amen.)
j> Que le Seigneur soit avec
jt Dominus vobiscum ,
vous,
B- Et qu'il soit avec votre es
b} Et cum spiritu tuo.
prit.
ÉVANGILE.
Suite du saint Evangile selon N.
n- Louange à vous, ô Christ.
n Laus tibi, Christe.
j> Que nos péchés soient effa
% Per Evangelica dicta
cés par les paroles du saint deleantur nostra delicta.
Evangile.
CREDO.
Je crois en un seul Dieu , le
Père tout-puissant, qui a fait
le ciel et la terre , et toutes les
choses visibles et invisibles ; et
m un seul Seigneur, Jésus-
Credo in unum Deum,
Patrem omnipotentem, factorem cœli et terrrœ , visibilium omnium et invisibilium. Et in unum Domi-
ORDINAIRE DE LA MESSE.
num, Jesum Christum,
Filium Dei unigenitum , et
ex Patre natum ante omnia ssecula, Deuin de Deo,
lumen de lumine , Deum
verum de Deo vero ; genitum non factum , cousubstantialem Patri , per quem
omnia facta sunt. Qui propter nos homines, et propter
nostram salutem descendit
de rœlis. Et incarnatus est
de Spiritu sancto ex Maria
Virgme ; et homo factus est.
Cruxifixus etiam pro nobis;
suh Pontio Pilato passus et
sepultus est ; et resurrexit
tertia die, secundum Scripturas. Et ascendit in cœlum ; sedet ad dexteram Patris, et iterum venturus
est, e'um gloria, judicare
vivos et mortuos ; cujus regni non crit fmis. Et in Spiritum sa net um, Dominum,
et vivifieantem, qui ex Patre
Filioque procedit. Qui cum
Patre et Filio simul sdoratur, et conglorilicatur ; qui
locutus est per Prophetas.
Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam. ConQteor mimu baptisma in remissionem peccatorum, et expecto resurreetionem mortuorum , et vitam venturi sœculi. Amen.
y Dominus vobiscum,
a- Et cum spiritu tuo.
bU
Christ , Fils unique de Dieu,
qui est né du Père avant tous les
siècles, Dieu de Dieu, lumière
de lumière , vrai Dieu de vrai
Dieu; qui n'a pas été fait, mais
engendré , consubstantiel au
Père , par qui toutes choses ont
été faites ; qui est descendu des
cieux , pour nous autres hom
mes , et pour notre salut ; qui a
été pris chair de la Vierge Ma
rie par l'opération du SaintEsprit ; et a été fait homme. Qui
a été crucifié aussi pour nous ,
sous Ponce-Pilate ; qui a souf
fert , et qui a été mis dans le
sépulere ; qui est ressuscité le
troisième jour, selon les Ecri
tures ; qui est monté au ciel ,
qui est assis à la droite du Père,
et qui viendra encore , avec
gloire, pour juger les vivants
et les morts ; et dont le règne
n'aura point de lin. Je crois au
Saint-Esprit, Seigneur, et vivi
fiant, qui procède du Père et
du Fils. Qm est adoré et glorifié
conjointement avec le Père et
le Fils ; qui a parlé par les Pro
phètes. Je crois l'Eglise qui est
une , sainte , catholique et apos
tolique. Je confesse qu'il y a un
baptême pour la rémission des
péchés, et j'attends la résurrec
tion des morts et la vie du siècle
à venir. Ainsi soit -il.
v Que le Seigneur soit avec
vous
vous,
i. Et qu'il soit avec votre
esprit.
OFFERTOIRE.
OBLATlO>.
Suscipe , sancte Pater,
omnipotent aeterne Deus,
Recevez, ô Père saint, Dieu
tout-puissant et éternel , cette
512
CCLTE DE MAR1E.
hostie sans tache que je vous
oifre, moi qui suis votre indigne
serviteur, à vous qui êtes mon
Dieu vivant et véritable , pour
mes péchés, mes offenses et mes
négligences qui sont sans nom
bre, et pour tous les assistants,
et pour tous les fidèles chrétiens,
vivants et morts, afin qu'elle me
profite et à eux pour le salut et
la vie éternelle. Ainsi soit-il.
hanc immaculatam hostiam, quam ego indignus
famulus offero tibi Deo meo
vivo et vero pro innumerabilibus peccatis, et offensionibus et negligentiis meis,
et pro omnibus circumstantibus, sed et pro omnibus
fidelibus christianis vivis
atque defunctis, ut mihi et
illis proficiat ad salutem in
vitam seternam. Amen.
O Dieu , qui avez admirable
ment formé l'homme dans un
état si noble , et qui l'avez réta
bli d'une manière encore plus
admirable, faites que*, par le
mystère de cette eau et de ce
vin , nous ayons part à la divi
nité de celui qui a daigné se
faire participant de notre hu
manité , Jésus-Christ votre Fils ,
notre Seigneur, qui, étant Dieu,
vit et règne avec vous en l'unité
du Saint-Esprit, dans tous les
siècles des siècles.
Deus , qui humauœ substantise dignitatem condidisti mirabiliter, et mirabilius reformasti, da nobis,
per bujus aquœ atque vini
mysterium, ejus divinitatis
esse consortes, qui humanitatis nostrœ fieri dignatus
est particeps, Jesus Christus Filius tuus , Dominus
noster, qui tecum vivit et
regnat , etc.
Seigneur, nous vous offrons
Offerimus tibi, Domine,
le calice du salut, et nous sup calicem salutis, tuam deplions votre bonté de le faire precantes clementiam ut in
monter en odeur de sainteté en conspectu divinse majestaprésence de votre divine ma
tis tuœ, pro nostra et totius
jesté , pour notre salut et celui mundi salute cum odore
de tout le monde. Ainsi soit-il. suavitatis ascendat. Amen.
Nous nous présentons devant
vous , Seigneur, avec un esprit
humilié et un cœur contrit ; re
cevez-nous et faites que votre
sacrifice s'accotaplisse aujour
d'hui devant vous d'une manière
qui vous le rende agréable, ô
Seigneur notre Dieu.
In spiritu humilitatis et
in animo contrito suscipiamur a te , Domine ; et sic
liat sacrificium nostrum in
conspectu tuo hodie, ut
placent tibi , Domine Deus.
Venez, Sanctificateur toutpuissant , Dieu éternel , et bé-
Veni, Saiictilicator omnipotens, seterne Deus, et bc
ORDINAIRE DE LA MESSE.
513
nedic hoc sacrificium tuo nissez ce sacrifice préparé pour
sancto nomini prœparatum. la gloire de votre saint nom.
Bénédiction de l'encens
Per intercessionem beati
Michaëlis archangeli stantis
a dextrisaltarisiucensi, et
omnium electorum suorum,
incensum istud dignetur
Dominus benedicere , et in
odorem suavitatis accipcrc.
Per Christum Dommum
nostrum. Amen.
Incensum istud a te benedictum ascendat ad te , Do
mine, et descendat super
nos misericordia tua.
Dirigatur, Domine, oratio mea , sicut incensum in
conspectu tuo , elevatio manuum mearum sacrificium
vespertinum. Pone, Domi
ne , custodiam ori meo , et
ostium circumstantiœ labiis
mi'is. Non declines cor
meum in verba malitiœ , ad
excusandas excusntiones in
peccatis.
Ascendat in nobis Dominus ignem sui amoris et
Hammam aiternse charitatis. Amen.
Que le Seigneur daigne bénir
cet encens comme uu doux par
fum , par l'intercession du bien
heureux archange saint Michel,
qui est debout à la droite de
l'autel des parfums , et de tous
ses élus. Par le Christ , NotreSeigneur. Ainsi soit-il.
Que cet encens, que vous avei
béni, monte vers vous, Seigneur,
et que votre miséricorde des
cende sur nous.
Que ma prière, Seigneur, s'é
lève vers vous comme la fumée
de l'encens; que l'élévation de
mes mains vous soit agréable
comme le sacrifice du soir. Met
tez, Seigneur, une garde à ma
bouche , et la circonspection à
mes lèvres ; que mon cœur ne
cherche jamais des détours, des
ruses, pour excuser mes péchés.
Que le Seigneur allume en
nous le feu de son amour, et
qu'il nous enflamme d'une cha
rité éternelle. Ainsi soit-il.
Lavement des doigts.
Je laverai mes mains avec
Lavabo inter innocentes
manus meas, et circumdabo ceux qui vivent dans l'inno
altare tuum. Domine; ut cence, et j'environnerai, Sei
audiam vocem laudis tme , gneur, votre autel, afin d'ouïr
et enarrem universa mira- la voix qui annoncera vos louan
bilia tua. Domine , dilexi ges, et pour raconter toutes
decorem domus tuœ , et vos merveilles. Seigneur, j'ai
locum babitationis gloriœ aimé la beauté de votre maison,
tuœ. Ne perdas cum im- et le lieu où réside votre gloire.
piis, Deus, animam meam, O Dieu, ne perdez pas mon âme
et cum viris sanguinum avec les impies, et ma vie avec
vitam meum. lu quorum les hommes de sang qui ont les
20.
su
CLLTE DE MARIE.
mains remplies d'iniquités, et la
droite chargée de présents. Pour
moi, je suis entré avec mou
innocence , rachetez-moi , et
ayez pitié de moi. Mon pied est
demeuré ferme dans la voie
droite; je vous bénirai, Sei
gneur, dans les assemblées.
Gloire au Père.
manibus iniquitates sunt,
dextera eorum repleta est
muneribus. Ego autem in
innocentia mea ingressus
sum, redime me, et misere
re mei. Pes meus stetit in
directo ; in ecclesias benedictam te , Domine.
Gloria Patri.
NOUVELLE ORLATIOH.
Recevez , sainte Trinité , cette
oblation que nous vous offrons
en mémoire de la passion, de
la résurrection et de l'ascension
de Jésus-Christ, Notre-Seigneur,
et en l'honneur de la bienheu
reuse Marie toujours Vierge, de
saint Jean-Baptiste, des apôtres
saint Pierre et saint Paul, de
ceux-ci et de tous les autres
saints , atin qu'elle serve à leur
honneur et à notre salut, et que
ceux dont nous faisons mémoire
sur la terre daignent intercéder
pour nous dans le ciel. Par le
même Jésus-Christ Notre-Sei
gneur. Ainsi soit-il.
jb Priez , mes frères , afin que
mon sacrifice, qui est aussi le
vôtre , soit agréable à Dieu , le
Père tout-puissant.
a- Que le Seigneur reçoive de
vos mains ce sacrifice pour la
gloire et l'honneur de son nom,
pour notre utilité et pour celle
de toute sa sainte Eglise.
Suscipe, sancta Trinitas,
hanc oblationem, quam tibi
offerimus ob memoriampassionis , resurrectionis et ascensionis Jesu Christi Domini nostri, et in honore
beatœ Maria; semper Virginis , et beati Joannis
Baptista; , et sanctorum
apostolorum Petri et Pauli,
et istorum , et omnium
sanctorum , ut illis proficiat
ad honorem, nobis autem
ad salutem , et illi pro nobis
intercedere dignentur in
cœlis, quorum memoriam
agimus in terris. Per eumdem Christum Dominum
nostrum. Amen.
jt Orate, fratres, ut meum
ac vestrum sacrificium acceptabile fiat apud Deum
Patrem omnipotentem.
a- Suscipiat Dominus sa
crificium de manibus tuis
ad laudem et gloriam nominis sui, ad utilitatem quoque nostram, totiusque Eeclesiœ s n ;<- sancta;.
SECRÈTE.
Dans tous les siècles des siè
Per omnia sœcula sœculocles.
rum.
n- Ainsi soit-il.
a- Amen.
y Dominus vobiscum ,
j> Que le Seigneur soit avec
vous ,
ORDINAIRE DE LA MKSSK.
b- Et cum Spiritu tuu.
i Sursum corda.
ii) HabemusadDominum.
> Gratias agamus Domi
no Deo nostro.
a- Dignum et justum est.
51.S
tt Et qu'il soit avec votre
Esprit.
y Elevez vos cœurs.
i{ Nous les tenons élevés vers
le Seigneur.
j> Rendons grâces au Seigneur
notre Dieu.
nj Cela est digne et juste.
PRÉFACE.
(Voir les Préfaces propres, aux Messes de la sainte Vierge.)
PRÉFACE COMMUNE.
Vere dignum et justum
est, irqtmiii et salutare, nos
tibi semper et uhique gra
tias agere, Domine sanete,
Pater omnipotens, a;terne
Deus, per Christuui Dominum nostrum : per quvni
majestatem tuam laudant
angcli , adorant dominationes , tremunt potestates ,
cceli eœlorumque virtutes
ac beata scraphim socia
exultatione concelebrant.
Cum quibus et nostras voces , ut admitti jubeas deprecamur, supplici confessione dicentes :
Véritablement il est juste et
raisonnable , il est équitable et
salutaire de vous rendre grâces
en tout temps et en tous lieux ,
ô Seigneur, Père saint, Dieu
tout-puissant et éternel ; c'est
par Jésus-Christ, Noire-Sei
gneur, que les anges louent vo
tre majesté , que les domina
tions l'adorent, que les puissan
ces la craignent et la revèrent ,
cl que les cieux, et les vertus
des cieux, et les bietiheureux sé
raphins célèbrent ensemble vo
tre gloire avec des transports de
joie. Nous vous prions de per
mettre que nous unissions nos
voix à celles de ces esprits bien
heureux, pour chanter avec eux humblement prosternés :
Saint , saint , saint est le Sei
Sanctus, sanctus, sanctus, Dominus, Deus sa- gneur, le Dieu desarmées. Votre
baoth. Pleni sunt cœli et gloire remplit le ciel et la terre.
terra gloria tua. Hosanna in Hosanna, salut et gloire au plus
haut des cieux.
excclsis.
Béni soit celui qui vient au
Benedictus qui venit in
Domine nomini. Hosanna in nom du Seigneur. Hosanna ,
salut et gloire au plus haut des
excelsis.
cieux.
CANON.
Te igitur, clementissime
Nous vous supplions donc,
Pater, per Jesuin Christum Père très-miséricordieux , et
Filiuui tuum Domiuum nos- nous vous demandons, par Jé-
51 fi
CULTE DE MARIE.
sus-Christ Notre-Seigneur, vo
tre Fils , d'agréer et de bénir
ces dons, ces présents, ce saint
sacrifice sans tache , que nous
vous offrons pour votre sainte
Eglise catholique, afin qu'il vous
plaise de lui donner la paix, de
la garder, de la maintenir dans
l'union , et de la gouverner par
toute la terre avec N. notre
Pape , votre serviteur, N. notre
Prclat , et tous les orthodoxes
et observateurs de la foi catho
lique et apostolique.
trum, supplices rogamus,
ac petimus , uti accepta habeas , et benedicas , hœc
dona, ha;c munera, bœc
sancta sacrificia illibata,
imprimis quœ tibi offerimus
pro Ecclesia tua sancta catholica , quam pacificare ,
custodire, adunare, et regere digneris toto orbe terrarum, u na emii famulo tuo
Papa nostro N., et antistite nostro N., et omnibus
orthodoxis, atque catholica; et apostolica; fidei cultoribus.
Commémoration
Souvenez-vous, Seigneur, de
vos serviteurs et de vos servan
tes N. N., et de tous ceux qui
assistent à ce sacrifice, dont vous
connaissez la foi et la piété;
pour qui nous offrons ou qui
vous offren^ ce sacrifice de
louanges pour eux-mêmes et
pour tous ceux qui leur appar
tiennent, pour la Rédemption
de leurs âmes , pour l'espérance
de leur salut et de leur conser
vation, et qui vous rendent
leurs vœux, à vous qui êtes Dieu
éternel , vivant et véritable.
des vivants.
Memento, Domine, famulorum famularumque tuarum N. N., et omnium circumstantium quorum tibi
fides cognita est , ac nota
devotio ; pro quibus tibi
offerimus , vel qui tibi offerunt hoc sacrificium laudis,
pro se suisque omnibus,
pro redemptione animarum
suarum prope salutis et incolumitatis su;c , tibi qua;
reddunt vota sua œterno
Deo vivo ac vero.
Communion et Mémoire des Saints.
Participant à une même com
munion, et honorant en pre
mier lieu la mémoire de la
glorieuse Marie toujours Vier
ge, Mère de Jésus-Christ, notre
Dieu et notre Seigneur, et aussi
de vous, bienheureux apôtres et
martyrs, Pierre et Paul, André,
Jacques, Jean, Thomas, Jac
ques , Philippe . Barthélemy,
Communicantes et memoriam venerantes impri
mis gloriosœ semper Virginis Maria;, Genitricis Dei et
Domini nostri Jesu Christi ,
sed et beatorum apostolorum et martyrum tuorum
Petri et Panli,. Andreœ,
Jacobi , Joannis , Thoma; ,
Jacobi , Philippi , Bartholo
0RD1IUIRE DE LA MESSE.
m;i' i , Matthœi i Simonis et
Thadœi, Lini, Cleti , Cle
mentis, Xisti, Cornelii, Cypriani, Laurentii, Chrysogoni, Joannis et Pauli, Cosmœ et Damiani, et omnium
sanctorum quorum meritis
precibus quse concedas , ut
in omnibus protectionis
lii.r muniamur auxilio. Per
Christum Dominum nostr um. Amen.
Hanc igitur oblationem
servitutis nostrœ, sed cunctœ familis tuœ, quœsumus,
Domine , ut placatus accipias , diesque nostros iu
tua pace disponas, atque ab
seterna damnatione nos eripias, et in electorum luorum jubeas grege numerari.
Per Christum Dominum
nostrum. Amen.
Quam oblationem tu ,
Deus, in omnibus, quœsumus , benedictam , -j- adscriptam, 'f ratam , '{' rationabilem, acceptabilem que
facere digneris, ut nobis
corpus "j" et sanguis -J- fiat
dilectissimi Filii tui Domini,
nostri Jesu Cbristi.
«17
Matthieu , Simon et Thadée ,
Lin, Clet, Clément, Xiste, Cor
neille, Cyprien, Laurent, Chrysogone, Jean et Paul, Côme et
Damien , et de tous vos autres
saints, aux mérites et aux priè
res desquels accordez , s'il vous
plait , qu'en toutes choses nous
soyons munis du secours de vo
tre protection , par Notre-Seigneur Jesus-Christ. Ainsi soitil.
Nous vous prions done, Sei
gneur, de recevoir favorable
ment cette offrande de notre
servitude, qui est aussi l'oifrande
de toute votre famille, d'établir
nos jours en votre paix, de nous
préserver de la damnation éter
nelle, et de nous accorder d'être
comptés au nombre de vos élus.
Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.
Nous vous prions, ô Dieu,
qu'il vous plaise de faire que
cette oblation soit en toutes
choses bénie, admise, ratifiée,
raisonnable , agréable , afin
qu'elle devienne pour nous le
corps et le sang de Jésus-Christ,
votre cher Fils, Notre-Seigueur.
Consécration de l'hostie.
Qui pridie quam pateretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus
suas, et elevatis oculis in
cœlum, ad te Deum Patrem
suum omnipotentem , tibi
gratias agens , benedixit ,
fregit , deditquc discipulis
suis dicens : Accipite et
mnnducate ex hoc omnes :
Qui la veille de sa passion
prit le pain dans ses mains sain
tes et vénérables , et ayant levé
ses yeux au ciel, vers vous,
Dieu, son Père tout-puissant,
vous rendant grâces , le bénit ,
le rompit, et le donna à ses dis
ciples en leur disant : Prenez et
mangez tous de ceci :
918
CULTE DE MARIE.
Adoration et Élévation de l'hostie.
Car ceci est mon corps.
Hoc est enim corpus
raeum.
Consécration du Calice.
Semblablement après qu'il
Simili modo postquam
eut soupe, prenant aussi cet ex cœnatum est, accipiens et
cellent calice entre ses mains hune prœclarum calicem in
saintes et vénérables, et vous sanctas ac venerabiles marendant pareillement grâces, il nus suas, item tibi gratias
le bénit , et le donna à ses dis agens benedixit 'f deditque
ciples, disant : Prenez et buvez- discipulis suis , dicens : A .'en tous ;
cipite et bibite ex hoc omnes:
Adoration et élévation du Calice.
Car c'est le calice de mon
Sang , du nouveau et éternel
testament (mystère de la foi),
qui sera répandu pour vous et
pour plusieurs en la rémission
des péchés. Toutes les fois que
vous ferez ces choses , vous les
ferez en mémoire de moi.
Hic est enim calix sanguinis mei , novi et œterni testamenti (mysterium
ficlei), qui pro vobis et pro
multis effundetur in remissionem peccatorum. H»c
quotiescumque feceritis, in
mei memoria facictis.
Mémoire des Mystères de Jésus-Christ.
C'est pourquoi , Seigneur,
Unde et memores, Do
nous qui sommes vos serviteurs, mine, nos servi tui, sed et
et avec nous votre peuple saint, plebs tua sancta, ejusdem
en mémoire de la très-heureuse Christi Filii tui Domini nospassion de votre même Fils, tri, tam bealse passionis,
Jésus-Chrit notre Seigneur, et nec non et ab inferis resurde sa résurrection des enfers, rectionis, sed et in cœlos
comme aussi de son ascension gloriosœ ascensionis , offeglorieuse au ciel , nous oifrons rimus praeclarœ majestati
à votre suprême majesté de vos tuœ, de tuis donis ac datis,
dons et de vos bienfaits l'hostie "f- hostiam puram, f hospure , l'hostie sainte , l'hostie tiam sanctam, -[- hostiam
sans tache , le pain saint de la immaculatam, panem sancvie éternelle , et celui du salut tum \ vitœ a; ternse, et ca
licem f salutis perpetuœ .
perpétuel.
Sur lesquels daignez jeter un
Supra quae propitio ac seregard favorable et propice , et reno vultu respicere digneles avoir agréables, comme il ris , et accepta haltere divous a plu d'agréer les dons du gnatus es munera pueri
ORDINAIRE DE LA. MESSE.
tui justi Abel, et sacrifiliimi patriarcha; uostri
Abraha;, et quod tibi obtulit summus sacerdos tuus
Melehisedecb , sauctum sacrilicium ,
immaculatam
hostiam.
Supplices te rogamus ,
omnipotens Deus, jube ha;e
perferri per manus sancti
angcli tui in sublime altare
tuum , in conspectu divinœ
maje