L`indignité des religions - Université Populaire de Philosophie

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CONFÉRENCE PHILOSOPHIQUE
“Plus l’être humain sera éclairé, plus il sera libre.”
Voltaire
L’INDIGNITÉ DES RELIGIONS
Respect des personnes croyantes,
indignité des religions
CONFÉRENCE PAR ÉRIC LOWEN
Association ALDÉRAN Toulouse
pour la promotion de la Philosophie
MAISON DE LA PHILOSOPHIE
29 rue de la digue, 31300 Toulouse
Tél : 05.61.42.14.40
Email : philo@alderan-philo.org
Site : www.alderan-philo.org
conférence N°1600-052
L’INDIGNITÉ DES RELIGIONS
Respect des personnes croyantes, indignité des religions
conférence d’Éric Lowen donnée le 14/06/2010
à la Maison de la philosophie à Toulouse
Les religions n’aiment pas la discussion. Dès qu’on remet en cause leurs superstitions
fondatrices et que l’on montre les racines psychologiques de l’adhésion religieuse, elles
s’écrient qu’il faut les “respecter”, qu’on leur manque de respect. Or, aucune croyance n’est
respectable en soi, une croyance est toujours une injure faite à l’esprit humain. Il n’y a donc
aucun mal à s’attaquer aux religions, c’est même un devoir en raison de leur indignité. Cette
conférence présentera les raisons de l’indignité structurelle des religions
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L’INDIGNITÉ DES RELIGIONS
Respect des personnes croyantes, indignité des religions
PLAN DE LA CONFÉRENCE PAR ÉRIC LOWEN
Celui qui impose sa religion par la force est indigne de Dieu.
Omar Wadi
Tradition des onze livres sapientiaux
I
LE MYTHE DU RESPECT DES RELIGIONS
1 - L’invocation du manque de respect envers les religions dès qu’on les conteste
2 - Une double offuscation pieuse : la respectabilité de la religion et la respectabilité des croyants
3 - Critiquer, discuter, contester les religions est considéré comme leur manquer de respect
4 - Des critiques perçues comme un manque de respect à l’égard des croyants
5 - Une posture de défense et non une posture de réponse ou de dialogue
6 - Une manière de mettre un terme ou d'empêcher toute discussion
7 - Une manière de considérer sa religion comme supérieure à tout et au-dessus de tout
8 - Une volonté de faire de la religion une chose sacrée et tabou
9 - Une attitude commune à toutes les religions et non à une religion en particulier
II
LA CONTESTATION DE CETTE CROYANCE : L’INDIGNITÉ RADICALE DES RELIGIONS
1 - La contestation radicale de cette affirmation, une réalité diamétralement inverse
2 - Mais que veut dire cette notion d’indignité ?
3 - Respectabilité et dignité ne sont pas des principes ontologiques, liées à un en-soi
4 - Respect et dignité se méritent, ils résultent de ce qui est fait et acté
5 - Or, les religions ne respectent pas ce principe de respectabilité et de dignité
6 - Et ensuite, leur nature et leur fonctionnement sont indignes en eux mêmes
7 - L’indignité de toutes les religions, l’indignité de la religion comme principe
8 - L’objectivité et la sérénité de cette affirmation de l’indignité des religions
9 - Mais un principe d'indignité qui n’a de sens qu’aujourd’hui, il n’est pas rétroactif
III
LES ÉLÉMENTS OBJECTIFS DE CETTE INDIGNITÉ
1 - Les éléments intrareligieux : la structure même des religions est problématique
- L’infondation des religions
- La nature illusoire et fausse des religions
- L’imposture des religions
- La relativité des religions
- La pensée magique au lieu de la pensée rationnelle
- Le ritualisme
- Elles sont des reliquats des âges primitifs et ignorants de l’Humanité
- ... etc.
2 - Les éléments anthropologiques : des anti-humanismes
- Les religions sont toutes des non-humanismes et souvent des anti-humanismes
- Leur finalité n’est jamais l’Homme, elles ne servent pas l’Homme mais leurs dieux
- Généralement, une conception négative de l’homme, de l’existence et du monde
- Il n’y a d’autres voies de vivre correctement que celle qu’elles prônent
- Leur opposition à l’épanouissement humain
- Leur déni et dévalorisation du corps - combien de religions ont fait du corps un problème
- Leur dévalorisation ou rejet du désir, du plaisir, de la joie et des bonheurs terrestres
- Leur rejet de l’émancipation humaine et de liberté individuelle
- Leur volonté de soumettre les hommes aux autorités religieuses, de commander leur vie
- La religion n’est pas un élément nécessaire ou vital à l’Être Humain
- Leur détournement de l’esprit humain, de la véritable spiritualité humaine
- ... etc.
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3 - Les éléments cognitifs : démission de la raison et voies de la déraison, les joies de l’apensance
- Elles favorisent la démission de la raison et de la pensée critique, autonome et libre
- Les religions reposent sur la croyance
- Les religions génèrent de la superstition
- Les religions sont des obscurantismes
- Les religions sont ennemies de la vérité
- Elles reposent sur des vérités posées dogmatiquement, donc incontestables
- Les détournent des chemins de la connaissance
- Elles maintiennent dans l’ignorance et l’inculture pour mieux maintenir leur emprise
- ... etc.
4 - Les éléments sociologiques : la nuisance historique des religions
- Des forces d’immobilistes
- Le refus du progrès
- Elles détournent de l’action réelle au profit de chimères métaphysiques et post-mortem
- Elles cultivent l’autoritarisme et la soumission aux élites religieuses
- Elles sont facteur d’immobilisme social, la sacralisation de l’ordre social établi
- L’irreligiosité des religions
- L’intégrisme et le fanatisme
- Sources de violences et de conflits
- ... etc.
5 - Les éléments existentiels : l’infantilisation de l’Être Humain
- Au lieu d’aider l’homme à grandir, elles le maintiennent dans l’immaturité existentielle
- Les religions sont des béquilles existentielles, qui très vite rendent impotents
- La foi est un auto-aveuglement
- La déresponabilisation historique et destinale de l’homme
- Le maintien dans l’illusion et les mentalités magiques
- La religion est principe d’aliénation à ces illusions
- ... etc.
IV
CONCLUSION
1 - La triste réalité des religions et des croyants : leur absolue indignité
2 - L’appel à la dignité des religions, un argument pseudo-rationnel manipulatoire
3 - Ils sont indignes de la nature humaine et du monde, et ne sont donc pas respectables
4 - Le croyant est respectable en tant qu’Être Humain, pas en tant que croyant
5 - Le respect de la liberté de conscience n’est pas le respect des croyances
6 - La légitimité et le devoir de la contestation des religions au nom de la dignité humaine
ORA ET LABORA
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Document 1 : Beaucoup de créants parlent du respect de la religion d’autrui, ils invitent à reconnaître la
dignité des autres religions. Le texte suivant de Gandhi l’illustre bien. Mais en réfléchissant au-delà des
apparences de tolérance (chose toujours appréciable en soi), cet appel au respect et à la dignité des autres
religions souffre d’une grave problématique. Ce respect est proposé de l’intérieur même de la sphère
religieuse et en vertu de la croyance religieuse, non en vertu d’une objectivité de la dignité des religions. En
fait, dans ce système de références morales, respecter la religion de l’autre ne se fait pas parce que la
religion de l’autre est respectable en soi, mais parce qu’elle repose sur les mêmes fondements de croyance
que la sienne. La remettre en cause, la critiquer, reviendrait alors à rendre sa propre religion vulnérable à la
critique.
Je n’aime pas le mot tolérance, mais je n’en trouve pas de meilleur. La tolérance peut
impliquer la supposition, toute gratuite d’ailleurs, que la foi d’un autre est inférieure à la
nôtre, tandis que l’AHIMSA nous enseigne à conserver, pour la foi religieuse d’autrui, le
même respect que nous accordons à la nôtre - dont nous reconnaissons ainsi
l’imperfection. Cette admission sera facile pour celui qui cherche la vérité, pour celui qui
obéit à la loi de l’amour. Si nous étions parvenus à la pleine vision de la vérité, nous ne
serions plus des chercheurs, nous serions devenus un avec dieu, car la vérité est dieu.
Mais puisque nous n’en sommes encore qu’à chercher, nous poursuivons notre
recherche et nous sommes conscients de notre imperfection. Or, si nous sommes nousmêmes imparfaits, la religion telle que nous la concevons doit être imparfaite aussi. Nous
n’avons pas réalisé la religion dans sa perfection, de même que nous n’avons pas réalisé
dieu. Puisque la religion telle que nous la concevons est imparfaite, elle est toujours
susceptible d’évolution et de réinterprétation. Le progrès vers la vérité, vers dieu, n’est
possible qu’en raison de cette évolution. Toutes les croyances constituent des révélations
de la vérité, mais toutes sont imparfaites et faillibles... le fait d’accepter la doctrine de
l’égalité des religions ne fait pas disparaître la distinction entre religion et irréligion. Nous
n’avons pas l’intention d’encourager l’intolérance envers l’irréligion. Il incombe alors à
chacun de décider pour soi ce qui est religion et ce qui est irréligion. Si nous obéissons à
la loi de l’amour, nous ne ressentirons aucune haine pour notre frère irréligieux. Nous
l’aimerons au contraire et, par conséquent, ou bien nous l'amènerons a voir son erreur,
ou bien il nous fera comprendre la nôtre, ou bien chacun tolérera l’opinion différente de
l’autre.
Gandhi (1869-1948)
Paroles de tolérance
Document 2 : Toutes les religions sont des anti-humanismes. En voici un exemple concernant les religions
chrétiennes.
Toutes les passions ont une période où elles sont seulement néfastes, où elles
rabaissent leur victime de tout le poids de la bêtise, - et plus tard, une autre, beaucoup
plus tardive, où elles se marient à l'esprit, se «spiritualisent». Autrefois, à cause de la
bêtise de la passion, on faisait la guerre à la passion elle-même : on jurait sa perte, - tous
les monstres moraux anciens sont là-dessus d'accord : «il faut tuer les passions ». La
plus fameuse maxime de ce genre se trouve dans le Nouveau Testament, dans ce
Sermon sur la montagne où, soit dit entre parenthèses, l'élévation de la vue fait
totalement défaut. C'est là qu'il est dit par exemple, avec application à la sexualité : «si
ton œil entraîne ta chute, arrache-le (1)» ; par bonheur aucun chrétien ne suit ce
précepte. Anéantir les passions et les désirs à seule fin de prévenir leur bêtise et les
conséquences désagréables de leur bêtise, voilà qui ne nous paraît aujourd'hui qu'une
forme aiguë de bêtise. Nous n'admirons plus les dentistes qui arrachent les dents pour
qu'elles cessent de faire mal... Reconnaissons d'ailleurs en toute justice que l'idée de
«spiritualisation de la passion» ne pouvait absolument pas être conçue sur le terrain qui a
donné naissance au christianisme. Car l'Église primitive luttait, on le sait, contre les
«intelligents» au bénéfice des “pauvres en esprit” : comment attendre d'elle une guerre
intelligente contre la passion ?
- L'Église combat la passion par l'excision : sa pratique, son «traitement» c'est le
castratisme. Jamais elle ne demande : «comment spiritualiser, embellir, diviniser, un
désir ?» - de tout temps elle a insisté, dans sa discipline, sur l'extirpation (de la
sensualité, de l'orgueil, de la passion de dominer, de posséder et de se venger). Or
attaquer les passions à la racine, c'est attaquer la vie à la racine : la pratique de l'Église
est hostile à la vie.
Friedrich Nietzsche (1844-1900)
Crépuscule des Idoles (1888)
(1) Évangile de Marc, 9: 47
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Document 3 : Un des éléments de l’indignité des religions est leur fondement dogmatique.
En religion, dogmatisme désigne la disposition à croire des dogmes, c’est-à-dire des
vérités religieuses dont les titres de créance ne relèvent pas d’une appréciation
subjective, mais d’une autorité transcendante (celle du dieu qui se révèle ; celle de la
société religieuse qui confesse, proclame, atteste que la tradition dont elle vit prend ses
garanties dans une objectivité sui generis, dans une expérience du sacré qu’elle regarde
comme un a priori fondateur). C’est le christianisme hellénistique et, plus précisément,
byzantin qui a forgé le vocabulaire d’une dogmatique de foi relative aux Écritures et aux
traditions issues de la communauté apostolique. À partir du premier concile œcuménique
(Nicée, 325), on a appelé « dogme » toute définition d’une croyance par voie conciliaire,
c’est-à-dire délibérée et décrétée en assemblée plénière (représentant l’Église
universelle), puis érigée en orthodoxie officielle, en loi d’État par un édit impérial. De nos
jours, le pouvoir de l’Église catholique s’étant concentré entre les mains d’un pontife
suprême et s’étant émancipé par rapport au pouvoir civil, l’apparition d’un dogme ne
requiert que la promulgation par le pape (à l’occasion d’un concile ou à la suite d’une
consultation de l’épiscopat).
Henry Duméry
professeur de philosophie à l’université de Paris X-Nanterre
Document 4 : Les religions ne sont pas simplement basées sur des croyances, elles refusent ensuite les
voies de la raison. Sous couvert d’élever l’homme, c’est en fait lui ôter tout ce qui fait son humanité et sa
dignité. En lui refusant le libre exercice de son esprit et de la raison, les religions le rabaissent au rang de
l’huître et du mouton - elle l’animalisent en le castrant de son essence particulière : la pensée libre et
objective.
Un credo religieux diffère d'une théorie scientifique en ce qu'il prétend exprimer la vérité
éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire :
elle s'attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard
nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d'arriver à
une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les
changements nécessaires ne servent généralement qu'à obtenir une exactitude
légèrement plus grande ; les vieilles théories restent utilisables quand il s'agit
d'approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus
minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles
théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité
pratique, si l'on peut dire. La science nous incite à abandonner la recherche de la vérité
absolue, et à y substituer ce qu'on peut appeler la vérité “technique”, qui est le propre de
toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l'avenir. La vérité “
technique “ est une affaire de degré : une théorie est d'autant plus vraie qu'elle donne
naissance à un plus grand nombre d'inventions utiles et de prévisions exactes. La
«connaissance» cesse d'être un miroir mental de l'univers, pour devenir un simple
instrument à manipuler la matière. Mais ces implications de la méthode scientifique
n'apparaissaient pas aux pionniers de la science : ceux-ci, tout en utilisant une méthode
nouvelle pour rechercher la vérité, continuaient à se faire de la vérité elle-même une idée
aussi absolue que leurs adversaires théologiens. Une différence importante entre le point
de vue médiéval et celui de la science moderne concerne la question de l'autorité. Pour
les scolastiques, la Bible, les dogmes de la foi chrétienne, et (presque au même degré)
les doctrines d'Aristote, étaient indiscutables : la pensée originale, et même l'étude des
faits, ne devaient pas franchir les limites fixées par ces frontières immuables de l'audace
intellectuelle. Les antipodes sont-ils habités ? La planète Jupiter a-t-elle des satellites ?
Les corps tombent-ils à une vitesse proportionnelle à leur masse ?
Ces problèmes devaient être résolus, non par l'observation, mais par déduction à partir
d'Aristote ou des Écritures. Le conflit entre la théologie et la science a été en même
temps un conflit entre l'autorité et l'observation. Les hommes de science ne voulaient pas
qu'on crût à une proposition parce que telle autorité importante avait affirmé qu'elle était
vraie : au contraire, ils faisaient appel au témoignage des sens, et soutenaient
uniquement les doctrines qui leur paraissaient reposer sur des faits évidents pour tous
ceux qui voudraient bien faire les observations nécessaires. La nouvelle méthode obtint
de tels succès, tant pratiques que théologiques que la théologie fut peu à peu forcée de
s'adapter à la science. Les textes bibliques gênants furent interprétés d'une manière
allégorique ou figurative ; les protestants transférèrent le siège de l'autorité en matière de
religion, d'abord de l'Église et de la Bible à la Bible seule, puis à l'âme individuelle. On en
vint peu à peu à reconnaître que la vie religieuse ne dépend pas de prises de position sur
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des questions de fait, comme par exemple l'existence historique d'Adam et d'Ève. Ainsi,
la religion, en abandonnant les bastions, a cherché à garder la citadelle intacte : il reste à
voir si elle y a réussi.
Il existe cependant un aspect de la vie religieuse, le plus précieux peut-être, qui est
indépendant des découvertes de la science, et qui pourra survivre quelles que soient nos
convictions futures au sujet de la nature de l'univers. La religion a été liée dans le passé,
non seulement aux credos et aux Églises, mais à la vie personnelle de ceux qui
ressentaient son importance. Chez les meilleurs parmi les saints et les mystiques, on
trouve à la fois une croyance à certains dogmes et un certain état d'esprit au sujet des
buts de la vie humaine. L'homme qui ressent profondément les problèmes de la destinée
humaine, le désir de diminuer les souffrances de l'humanité, et l'espoir que l'avenir
réalisera les meilleures possibilités de notre espèce, passe souvent aujourd'hui pour
avoir «une tournure d'esprit religieuse», même s'il n'admet qu'une faible partie du
christianisme traditionnel. Dans la mesure où la religion consiste en un état d'esprit, et
non en un ensemble de croyances, la science ne peut l'atteindre. Peut-être le déclin des
dogmes rend-il temporairement plus difficile l'existence d'un tel état d'esprit, tant celui-ci a
été intimement lié jusqu'ici aux croyances théologiques. Mais il n'y a aucune raison pour
que cette difficulté soit éternelle : en fait, bien des libres penseurs ont montré par leur vie
que cet état d'esprit n'est pas forcément lié à un credo. Aucun mérite réel ne peut être
indissolublement lié à des croyances sans fondement; et, si les croyances théologiques
sont sans fondement, elles ne peuvent être nécessaires à la conservation de ce qu'il y a
de bon dans l'état d'esprit religieux.
Bertrand Russell (1872-1970)
Science et religion
Document 5 : L’invention des dieux ou de dieu, sous couvert d’aider l’humanité est en fait un désastre pour
elle. Ce n’est pas une idée neuve, elle date déjà de l’antiquité.
La piété, ce n'est point se montrer à tout instant couvert d'un voile et tourné vers une
pierre, et s'approcher de tous les autels ; ce n'est point se pencher jusqu'à terre en se
prosternant, et tenir la paume de ses mains ouvertes en face des sanctuaires divins ; ce
n'est point inonder les autels du sang des animaux, ou lier sans cesse des vœux à
d'autres vœux ; mais c'est plutôt pouvoir tout regarder d'un esprit que rien ne trouble. Car
lorsque, levant la tête, nous contemplons les espaces célestes de ce vaste monde, et les
étoiles scintillantes fixées dans les hauteurs de l'éther, et que notre pensée se porte sur
les cours du soleil et de la lune, alors une angoisse, jusque-là étouffée en notre cœur
sous d'autres maux, s'éveille et commence à relever la tête : n'y aurait-il pas en face de
nous des dieux dont la puissance infinie entraîne d'un mouvement varié les astres à la
blanche lumière ? Livré au doute par l'ignorance des causes, l'esprit se demande s'il y a
eu vraiment un commencement, une naissance du monde, S'il doit y avoir une fin, et
jusques à quand les remparts du monde pourront supporter la fatigue de ce mouvement
inquiet ; ou bien si, doués par les dieux d'une existence éternelle, ils pourront prolonger
leur course dans l'infini du temps, et braver les forces puissantes de l'éternité !
Lucrèce ( -94, -54 av J.-C.)
De la Nature, probablement vers -55 av. J.-C
Document 6 : Au plan social et historique, le bilan de la religion est encore une fois particulièrement négatif.
Personne n’est capable de dire combien de gens sont morts à cause de la religion,
depuis les débuts de l’humanité. Les défenseurs de la religion se gardent bien de
répondre à la question de savoir si c’est la religion qui est faite pour l’être humain ou si
c’est l’être humain qui est fait pour la religion.
Nous aimerions pouvoir dire que la religion est au service de l’être humain.
Mais de partout le comportement des adeptes des religions tend à nous montrer que
c’est l’homme qui est au service de la religion.
Est-ce donc pour cet ensemble de règles et de pratiques nommé religion, qui fut inventé
à un moment de notre histoire, que nous devons sacrifier notre vie ?
Nous faut-il, pour le bien de la religion, accepter de faire tout le mal qu’elle exige de
nous ?
Taslima Nasreen
Une jeune femme en colère
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Document 7 : La religion est-elle une forme de psychopathologie ? Si ce n’est pas le cas, cela y ressemble
beaucoup. En tout cas, la question doit être posée sérieusement.
Mon champ de recherche, c'est la psychopathologie nommée religion.
- Psychopathologie ? C'est un jugement bien dur.
- Amplement justifié par l'histoire. Imaginez que vous êtes extraterrestre intelligent
intéressé uniquement par les vérités vérifiables. Vous découvrez une espèce divisée en
milliers, non en millions de groupes tribaux professant une incroyable variété de
croyances à propos de l'origine de l'univers et de la manière de s'y conduire. Même
lorsqu'ils sont d'accord à quatre-vingt-dix-neuf pour cent, il suffit justement de ce un pour
cent qui reste pour qu'ils se massacrent et se torturent les uns les autres à propos
d'obscurs points de doctrine totalement incompréhensibles au reste des mortels.
Comment expliquer une telle conduite irrationnelle ? Lucrèce a vu juste en déclarant que
la religion était le fruit de la peur, une réaction à un univers mystérieux et souvent hostile.
Pendant la plus grande partie de la préhistoire, c'était peut-être un mal nécessaire, mais
pourquoi fallait-il que ce soit plus mauvais que nécessaire? Et pourquoi a-t-elle survécu
alors qu'elle n'était plus nécessaire ?
J'ai parlé de mal, et je crois que c'est le terme approprié parce que la peur mène à la
cruauté. La simple évocation de ce qu'a été l'Inquisition suffit à rendre honteux le fait
d'appartenir à l'espèce humaine... L'un des livres les plus révoltants jamais publié a pour
titre Le Marteau des sorcières. Écrit par un couple de sadiques, il décrit les tortures
autorisées et encouragées par l'Église pour obtenir les aveux de milliers de vieilles
femmes inoffensives, avant de les brûler vives... Le pape lui-même a écrit une préface à
cet ouvrage !
La plupart des autres religions, à quelques honorables exceptions près, étaient aussi
mauvaises que le christianisme... Même au cours de votre siècle, des petits garçons
étaient encore enchaînés et fouettés jusqu’à ce qu’ils aient appris par cœur les volumes
entiers de sottises pieuses. Et on leur volait leur enfance et leur virilité pour en faire des
moines...
L’aspect peut-être le plus sidérant de cette affaire, c'est le fait que, pendant des siècles,
des gens qui visiblement étaient fous à lier proclamaient avoir reçu, et eux seuls des
messages de Dieu.
Si tous ces messages avaient proclamé la même chose, l'affaire aurait été entendue,
évidemment ils étaient parfaitement contradictoires ! Cela n'empêchait pas ces messies
autoproclamés de rassembler des centaines, voire des millions de gens qui combattaient
jusqu'à la mort des adeptes d’une autre foi ne différant de la première que par quelque
détail infime.
Arthur Charles Clarke (1917-2008)
paroles du professeur Khan, in “2001-3001 les odyssées de l’espace”
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- Qu’est-ce que l’athéisme ?
- De l’athéisme à l’athéologie, le nouveau statut de l’athéisme
- Pour des philosophies post-théistes
- Les quatre morts de dieu
- Le défi de Monaghan
- L’athéisme religieux, l’athéisme comme alter-religiosité
- Pour une éthique sans dieu(x), introduction aux éthiques post-théistes
- Pourquoi dieu n’est-il plus un sujet philosophique ?
- L’asymétrie théiste, De l’inégalité structurelle de la confrontation théisme / athéisme
- Le test de Russell
- Le paradoxe de Clarke, Si dieu existe, toutes les religions ont tord et sont des trahisons
- Dieu ou l’effet paravant, Dieu n’explique rien
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Association ALDÉRAN © - Conférence 1600-052 : “L’Indignité des religions” - 06/03/2006 - page 10
Conférences de critique de la religion
- La critique des religions
- La déchristianisation du fait religieux
- L’origine de la religion
- La religion comme mythologie
- L’invention du dieu “Dieu”, création des hommes
- L’obsolescence de dieu, le dépassement de l’idée de dieu
- L’infondation des religions
- La relativité des religions
- De l’irréligiosité des religions
- L’imposture des religions
- L’amoralité des religions
- La nuisibilité des religions
- Croyance et foi, ou de l’aveuglement volontaire
- Les religions sont-elles des sectes qui ont réussi ?
- Les religions sont-elles les ennemies de la vérité ?
- L’effet paravent de dieu : dieu n’explique rien
- Dieu, le salaud universel
- Pourquoi la religion aujourd’hui ?
- La crise spirituelle de l’Occident au 20ème siècle
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Autres conférences sur ce sujet
- La dignité humaine, une qualité à conquérir
- L’Être Humain et le besoin de sens
- Les interdits alimentaires, approches anthropologiques, par Fleury Laurence
- Croyance, superstition, obscurantisme
- La pensée magique dans la condition humaine
- L’obscurantisme, les idéologies de l’ignorance
- La libération de l’Humanité
- La conquête des libertés
- Ignorance et servitude, connaissance et liberté
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Quelques livres sur le sujet
- L'esprit de l'athéisme - Introduction à une spiritualité athée, André Comte-Sponville, Albin Michel, 2006
- Traité d'athéologie, Michel Onfray, Grasset, 2005
- Traité des trois imposteurs, l’art de ne croire en rien, présentation de Raoul Vaneigem, Rivages/poches,
2004
- Toute religion peut devenir criminelle, entretien avec Elie Barnavi, in L’histoire N°262, février 2002
- Histoire de l’athéisme, de Georges Minos, Fayard, 1998
- Dieu face à la science, Claude Allègre, Fayard, 1997
- Art de jouir, Michel Onfray, Lgf, 1994
- Les raisons de l’athéisme, G. Fau, Cercle Renan, 1990
- Science et religion, Bertrand Russell (1971), Folio, 1990
- L’Homme révolté, Albert Camus (1951), Gallimard, 1988
- Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (1885), Livre de Poche, 1974
- L’Essence du christianisme, Ludwig Feuerbach (1841)
- Examen critique des apologistes de la religion chrétienne, D’Holbac (1766)
- De l’esprit, Helvétius (1758)
Association ALDÉRAN © - Conférence 1600-052 : “L’Indignité des religions” - 06/03/2006 - page 11
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