Prestation de conseil praticien: allergie chat ATCHOUM n°5_FE

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ATCHOUM ! – LE JOURNAL DE L'ALLERGIE
N° 5 – JUIN 2001
ALLERGIE AU CHAT
Allergie au chat : l’essentiel
-En France, un foyer sur 2 possède un animal domestique, et parmi ceux-ci, 25% possèdent un chat, animal connu pour être
sensibilisant.
-Les allergènes du chat, extrêmement puissants, sont dominés par Fel d1 qui est bien identifié et dont la structure moléculaire
est connue. Il est déposé par la salive sur le poil, mais il est surtout synthétisé par la peau et plus particulièrement par les glandes
sébacées.
-Le diagnostic, évoqué par l’interrogatoire, est confirmé par les tests cutanés (prick-tests) qui sont en règle générale
nettement positifs et par un dosage des IgE spécifiques e1.
-Il est possible de diminuer les concentrations de Fel d1 dans une habitation qui abrite un chat, en appliquant des méthodes
d’éviction. La désensibilisation vis à vis des allergènes du chat permet d’obtenir une diminution de la réactivité bronchique sans
amélioration clinique évidente ; elle est dangereuse et réservée aux professionnels (éleveurs, vétérinaires…).
Epidémiologie
L’exposition vis à vis des allergènes du chat est très fréquente. Différentes études ont montré que 24% des enfants, 31% des
collégiens et 11% des adultes seraient exposés au chat. La prévalence de la sensibilisation au chat évalué sur des tests cutanés
positifs varie de 14% chez des enfants asthmatiques à 25% dans une consultation d’allergologie et dans la population générale.
L’école est le lieu principal d’exposition aux allergènes du chat qui y sont transportés par les détenteurs d’animaux…et importés
chez eux par ceux qui n’en possèdent pas.
Les signes cliniques
Les allergènes du chat sont essentiellement responsables de manifestations allergiques respiratoires, en particulier rhinite
allergique, mais aussi asthme. Il peut également y avoir des signes accompagnateurs comme des conjonctivites ou des urticaires
de contact. L’allergie clinique au chat peut être d’une grande violence par la rapidité d’apparition des symptômes et la gravité de
l’asthme.
Ces signes peuvent parfois être déclenchés en l’absence de l’animal qui n’a fait que passer dans le lieu ou au contact d’une
personne qui a un chat chez elle. Le Fel d1 est un allergène facilement véhiculé par les vêtements, les chaussures, ce qui
explique qu’une personne fortement sensibilisée puisse déclencher une poussée d’allergie alors que le contact avec un chat n’est
pas retrouvé à l’interrogatoire. Ce phénomène peut expliquer des sensibilisations chez des enfants atopiques qui n’ont jamais eu
de chat à la maison. Parfois habitué à « son » chat, un patient sensibilisé peut réagir au contact d’autres chats alors qu’il « tolère »
le sien. Le délai pour acquérir une sensibilisation au chat est plus faible que pour le chien.
Les allergènes du chat
Plusieurs fractions protéiniques du chat sont impliquées dans l’allergie. Les allergènes les plus puissants du chat sont une
glycoprotéine acide et l’albumine. La glycoprotéine appelée Fel d1 (Felis domesticus) est l’allergène majeur du chat. Il a été
rapporté que plus de 80% des sujets allergiques au chat présenteraient des IgE dirigées contre cette molécule Fel d1.
Cette protéine est présente dans les glandes sébacées de la peau et les glandes salivaires. Le Fel d1 n’est donc pas uniquement
déposé par la salive sur le poil, mais il est synthétisé par la peau et plus particulièrement par les glandes sébacées.
Contrairement aux antigènes acariens qui sont relativement lourds, les antigènes du chat sont portés par de fines particules, dont
certaines ont un diamètre aérodynamique < 5 µm. Cette association leur permet de rester en permanence en suspension dans
l’air et de pénétrer dans les voies aériennes périphériques.
Ces allergènes sont ubiquitaires en raison du grand nombre d’animaux et sont parfois présents dans les maisons qui n’ont jamais
eu de chat. L’antigène « chat » est devenu l’un des constituants de la poussière de maison.
Les chats mâles seraient plus allergisants que les chats castrés ou les chats femelles mais des études contradictoires ont été
publiées. L’allergie au chat serait indépendante de la race de l’animal.
SELARL Fleurquin-Bouilloux-Albouy-Bosc-Bringer BP 108 12001 RODEZ CEDEX
Le diagnostic
Le diagnostic, évoqué par l’interrogatoire, est confirmé par les tests cutanés (prick-tests) qui sont en règle générale nettement
positifs et par un dosage des IgE spécifiques e1.
Les IgE spécifiques : e1
Il existe en général une bonne corrélation entre le résultat des dosages d’IgE et les tests cutanés.
Les variations de réponse entre le dosage des IgE sériques et les tests cutanés sont en rapport avec les différences existant entre
les extraits allergéniques utilisés.
Les allergies croisées
Les individus allergiques au chat ou au chien ont un très fort risque de développer une allergie aux animaux de laboratoire tels que
rats et souris. Certains patients allergiques au chat, sont allergiques aux allergènes du chien et quelquefois à d’autres animaux.
Il faut signaler la possibilité de sensibilisations et d’allergies aux puces de chat, cet allergène pouvant contribuer à l’allerginicité de
la poussière de maison dans les endroits très infestés.
On a montré que l’allergie au chat et à la viande de porc, également appelé « syndrome porc-chat », était médié par les IgE
capables de reconnaître la sérumalbumine du chat et du porc.
Le traitement
Éviction
L’éviction de l’animal est souvent recommandée aux patients sensibilisés. Il faut souligner les difficultés psychologiques que
soulève l’éradication d’un animal familier. Il faut donc obtenir la certitude que l’animal est bien la cause des symptômes avant
d’imposer cette séparation. Après éviction du chat, une réduction du niveau de Fel d1 dans la poussière comparable à celle d’une
maison sans chat, n’est obtenue qu’après 6 mois !
Quelques mesures d’éviction sont à suggérer si l’éradication de la source elle-même est impossible :
-pose d’une housse en polyuréthane dans le matelas
-lavage hebdomadaire du chat (s’il est d’accord), qui réduit son allerginicité
-utilisation d’un purificateur d’air et d’aspirateur munis d’un filtre HEPA (Haute Efficacité pour les Particules Aériennes)
-élimination des moquettes
Il n’existe pas de seuil de risque de Fel d1 dans la poussière, que cela soit pour la sensibilisation ou pour le développement des
symptômes. En revanche, il a été trouvé une relation entre l’exposition aérienne à Fel d1 et le développement d’une sensibilisation
vis-à-vis des allergènes du chat. Cependant si un enfant atopique nait dans une famille possédant déjà un chat, il est préférable
de garder l’animal. Il y a peu de risque de réactions mais établissement d’une tolérance (par inondation antigénique)
Traitement pharmacologique
Les thérapeutiques médicamenteuses sont incomplètement efficaces si le contact avec le chat persiste.
Désensibilisation
La désensibilisation spécifique à l’allergène du chat n’a qu’une efficacité partielle : diminution des symptômes ou retard de leur
apparition et diminution de la sensibilité bronchique spécifique aux allergènes du chat.
Toutefois, actuellement, aucun travail n’a pu véritablement montrer que la désensibilisation spécifique pouvait diminuer de façon
constante et prolongée les signes, si l’animal restait dans la maison. Elle est dangereuse et réservée aux professionnels (éleveurs,
vétérinaires…).
SELARL Fleurquin-Bouilloux-Albouy-Bosc-Bringer BP 108 12001 RODEZ CEDEX
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