Les trousses de voyage - Christine Caminade Conseil

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n°39
Cahier II du n° 2731 du 24 mai 2008 Ne peut être vendu séparément
ORDONNANCE
CONSEIL
IATROGÉNIE
Les trousses
de voyage
SOMMAIRE
2
EN PRATIQUE
Par Geneviève Grison, pharmacienne
La trousse de base . . . . . . . . . . . . . . .2
« Je voudrais une trousse de voyage »
Le séjour à la mer . . . . . . . . . . . . . . .4
« Je vais passer quinze jours à la mer »
Le séjour à la campagne . . . . . . . . .5
11
15
16
COMMUNIQUEZ !
Par Aude Berra et Sylviane Le Craz
DOCUMENTEZ-VOUS
À RETENIR
« J’ai peur d’attraper des tiques »
Le séjour à la montagne . . . . . . . . .6
« Il me faudrait des médicaments pour
ma randonnée dans les Alpes »
Le séjour en pays tropicaux . . . . . .8
« Nous partons dans un mois au Vietnam »
Cahier coordonné par Sylviane Le Craz et Florence Bontemps, pharmaciennes.
Pour une formation complète
e Testez vos connaissances sur
r Lisez le cahier
t Validez votre formation avec le test sur
conseil
en pratique la trousse de base
au comptoir
« Je voudrais une trousse de voyage »
trousse de voyage pour soigner mes petits maux. »
VOTRE
RÉPONSE
« Nous allons voir ensemble ce
dont vous avez besoin. Une fois
votre trousse constituée, laissezla dans votre valise, en surveillant
toutefois régulièrement les dates
de péremption et en renouvelant
les médicaments si nécessaire. »
La trousse à pharmacie, destinée à
prendre en charge les petits problèmes de santé lors d’un voyage,
doit être pratique et contenir l’indispensable. Son contenu est personnalisé en fonction de l’âge et de l’état
de santé du voyageur et est adapté
à la destination, à la durée du séjour
et aux activités pratiquées.
CHOISIR
DES
PRÉSENTATIONS
ADAPTÉES
Les formes retenues doivent être pratiques et peu encombrantes : pas de
suppositoires qui fondent à la chaleur, pas de sirops, lourds et volumineux, qui se contaminent après
ouverture. On privilégie les formes
orales solides : comprimés, gélules,
sachets, lyophilisats, ces derniers
autorisant une prise sans eau.
Pour les topiques, les formes unidoses
permettent de plus petits volumes et
une meilleure conservation.
Les médicaments doivent être
emportés dans leur emballage avec
leur notice pour éviter tout risque
d’erreur.
QUE
DOIT-ELLE
CONTENIR ?
Les médicaments de base
Tenir compte de l’état physiopathologique du patient et des traitements
en cours pour proposer les médicaments les mieux adaptés.
Antalgiques
Proposer paracétamol, ibuprofène
ou aspirine selon le profil du patient.
Médicaments de la sphère
digestive
Changements d’alimentation et de
rythme de vie sont souvent responsables de troubles digestifs.
u Laxatif : stimulant en usage ponctuel ou microlavement.
u Antidiarrhéique : le lopéramide
a l’avantage d’être efficace immédiatement. Il est contre-indiqué en
cas de diarrhée glairosanglante car
il peut provoquer la rétention des
germes dans l’intestin.
Le lopéramide peut être associé à
des absorbants gastro-intestinaux à
base d’argile.
u Antispasmodique : le phloroglucinol est indiqué à la fois pour les
douleurs spasmodiques digestives
et gynécologiques.
Documents médicaux à emporter
Un certain nombre de documents sont
à emporter lors de déplacements. Ils ne
doivent pas être placés dans
les bagages (perte possible). La liste
est fonction des traitements et du type
de voyage :
u photocopie de l’ordonnance du trai-
2
tement actuel avec nom des DC et liste
des médicaments contre-indiqués ou
auxquels le patient est allergique ;
u carte de groupe sanguin ;
u carnet de vaccination ;
u carte européenne de santé ;
u justificatif d’assurance.
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
c
epuis que je suis retraité,
D
je m’absente souvent. Je
voudrais me constituer une
Infos clés
u Confectionner une trousse
de voyage selon l’âge, l’état
de santé du patient et
la destination des vacances.
u Privilégier les formes
orales solides, les unidoses
accompagnées des notices.
u Vérifier de temps à autre
la péremption des médicaments de la trousse.
u Antiémétique : la métopimazine
est disponible en conseil.
u Antiacides : utiles en cas de plats
épicés.
Antinaupathiques
u Les antihistaminiques H1 sont à
éviter en cas de conduite car ils
entraînent de la somnolence.
u L’homéopathie peut être une alternative.
Antiallergiques
Les piqûres d’insectes peuvent provoquer des réactions allergiques
plus ou moins sévères. Pour les
réactions locales peu importantes,
un topique peut suffire.
Certains peuvent contenir un anesthésique local utile en cas de
démangeaisons importantes.
L’hydrocortisone peut être conseillée
pour une réaction plus importante
si la lésion n’est pas infectée.
Les patients sensibles aux pollens
et aux acariens doivent emporter des
antiallergiques sous forme de comprimés (cétirizine), de collyre (cromoglycate de sodium, lodoxamide...)
et de spray nasal (béclométasone,
cromoglycate de sodium).
Pour les personnes sujettes aux
allergies graves, emporter un kit
d’adrénaline.
Soins des plaies
Les plaies doivent être nettoyées,
désinfectées et protégées pour éviter toute infection.
u Sérum physiologique : en unidose pour nettoyer la plaie.
u Antiseptiques : le choix se fait
parmi la chlorhexidine, l’hypochlorite de sodium (Dakin) et les dérivés
iodés pour leur spectre étendu.
La chlorhexidine, bien tolérée chez
l’enfant, ne doit pas être utilisée
dans le conduit auditif. Les dérivés
iodés ne doivent pas être utilisés
chez le nourrisson et chez la femme
enceinte et s’emploient avec prudence chez les enfants. Le Dakin
doit s’utiliser seul.
Eviter les antiseptiques colorés sur
les plaies car ils empêchent de
visualiser leur évolution. Préférer les
formes aqueuses aux formes alcooliques chez les enfants. Privilégier
les pulvérisateurs, les unidoses, les
compresses imprégnées, les gels.
L’alcool à 90° est réservé à la désinfection du petit matériel.
u Topiques cicatrisants : ils permettent une régénération de la peau
plus rapide.
Soins antibrûlures
C’est l’occasion de rappeler qu’il
faut appliquer la règle des trois 15
(faire couler de l’eau à 15 °C, 15 cm
en amont de la zone brûlée, pendant
15 minutes). Un topique cicatrisant
et calmant peut ensuite être appliqué.
Topiques antalgiques
u Contre les coups : arnica en pommade, gel ou compresses.
u Contre les traumatismes :
e
conseil
la trousse de base
en pratique
Les trousses de secours préremplies
Il existe différents modèles de trousses à pharmacie de voyage préremplies. Rigides (voiture, résidence secondaire) ou souples (déplacements), elles contiennent le matériel nécessaire pour les premiers
soins (pansements compresses, ciseaux, adhésifs...) et un guide des
premiers secours.
Certaines trousses sont adaptées aux besoins spécifiques d’un type
de voyage : pays à risque sanitaire, pratique sportive, sortie en mer
(étanchéité), jeunes enfants…
Il existe aussi des modèles vides à remplir avec les médicaments de
son choix.
topiques anti-inflammatoires à base
de diclofénac ou d’ibuprofène.
Collyres
Lors d’une conjonctivite, procéder à
un lavage oculaire avant d’instiller
un collyre antiseptique.
Médicaments de la sphère ORL
u Pastilles ou collutoires : ils sont
aussi efficaces contre les maux de
la bouche.
u Sérum physiologique ou eau de
mer associé à un décongestionnant
et/ou un antihistaminique (rhinorrhée).
Les accessoires
u Tampons hémostatiques.
u Compresses stériles pour nettoyer
et protéger une plaie (éviter le coton,
qui peut s’effilocher dans la plaie).
u Sparadrap adhésif.
u Bandes de gaze extensible,
bandes de crêpe.
u Pansements adhésifs.
u Pansements hydrocolloïdes pour
les ampoules.
u Pansements gras contre les brûlures et les égratignures.
u Bandelettes de suture.
u Désinfectants sans rinçage pour
les mains : gel en flacon, lingettes.
Ils sont antibactériens, antifongiques et actifs sur de nombreux
virus.
Le petit matériel
u Thermomètre incassable.
u Paire de gants en vinyle.
u Paire de ciseaux.
u Pince à épiler ou plate pour retirer échardes, dards d’insectes,
débris végétaux ou minéraux d’une
plaie.
u Epingles de sûreté pour faire tenir
les bandes.
u Pompe aspirante de venin. ■
pour approfondir
Précautions particulières en cas de traitement chronique
u Avoir sur soi son ordonnance médicale en cas de perte ou
certificat médical attestant du traitement en cours.
de vol des médicaments avec le nom des médicaments en DC
en cas de voyage à l’étranger.
u Ne pas transporter les médicaments dans la soute de
l’avion ou de l’autobus (risque de perte ou de vol des valises).
u Prévoir une quantité suffisante de médicaments pour
la durée prévue du séjour. Un certain nombre d’entre eux ne
peuvent être obtenus à l’étranger. De même pour les dispositifs médicaux (seringues, aiguilles…).
u Pour les seringues, prévoir, au passage des frontières, un
u Pour les médicaments à conserver au froid (+ 2 à 8 °C), prévoir une trousse isotherme avec pack réfrigérant ou une glacière. S’assurer de la présence d’un réfrigérateur à l’arrivée.
u En cas de traitement par pompe (insuline...), le signaler au
passage des portiques d’aéroport car des dysfonctionnements peuvent être occasionnés par les champs magnétiques.
u Adapter la prise de certains médicaments en fonction du
décalage horaire (pilule contraceptive, insulinothérapie…).
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
3
conseil
en pratique le séjour à la mer
au comptoir
« Je vais passer quinze jours à la mer »
mettre dans ma trousse à
pharmacie ? »
VOTRE RÉPONSE
« Nous allons vous constituer une
trousse avec des médicaments
essentiels et quelques produits de
soins adaptés au bord de mer. »
La trousse à pharmacie de voyage
pour les séjours à la mer doit contenir des produits spécifiques aux
pathologies liées aux activités de
plage et nautiques.
PRODUITS SOLAIRES
Protection solaire
Sur l’eau et le sable, la réverbération
est importante. La protection solaire
doit donc être renforcée, les indices de
protection élevés, surtout chez les
enfants et en cas de peaux claires. Les
soins doivent également résister à
l’eau.
Ne pas oublier de conseiller le port de
chapeau, de lunettes de soleil et d’un
tee-shirt de couleur foncée (enfants de
moins de trois ans). Se méfier des
parasols car ils protègent peu des UV
et éviter l’exposition entre 12 et
16 heures.
e
Réparateurs cutanés
c
e pars 15 jours au bord de
J
la mer avec mes deux
enfants de 2 et 4 ans. Que
Lors d’exposition prolongée, une
application de soins après-soleil réhydrate et apaise la peau. En cas de
coups de soleil, l’utilisation d’un soin
réparateur est indispensable pour
favoriser la cicatrisation de la peau.
u Emporter une protection
solaire waterproof d’indice
élevé.
u Prévoir un antiseptique et
des pansements résistants à
l’eau ou un pansement spray.
u Prévoir un antihistaminique en cas de piqûre
(méduses).
SOINS DES PLAIES
Antiseptiques locaux
Les blessures sont fréquentes notamment au niveau des pieds : coupures
sur un coquillage, piqûres d’oursins
ou de vives... Les plaies ont du mal à
cicatriser si elles sont périodiquement
remises en contact avec de l’eau de
mer. Elles doivent donc être soigneusement désinfectées.
u En cas de piqûres d’oursin, la pince
à écharde permet de retirer les débris.
u Les vives, poissons très communs
des côtes, possèdent des épines venimeuses dorsales qui, par contact, peuvent déclencher une douleur aiguë.
Avant désinfection locale, l’exposition
de la piqûre à une source de chaleur
(cigarette ou allume-cigare à quelques
centimètres, bain prolongé d’eau
chaude...) permet de détruire le venin,
thermolabile à 50 °C.
u Lors d’une piqûre de méduse, la
lésion doit être rincée à l’eau de mer
sans frotter pour minimiser la brûlure,
qui est douloureuse. Appliquer alors
une lotion antiseptique.
Infos clés
Pansements protecteurs
Les pansements protecteurs utilisés
à la plage doivent résister à l’eau. Des
pansements sprays peuvent les remplacer. Ils forment un film transparent
imperméable qui protège la plaie tout
en laissant les tissus respirer.
MÉDICAMENTS DIVERS
Antihistaminiques
Il peut être utile de prévoir un antihistaminique H1 en cas de piqûre de
méduse, qui provoque un prurit
important.
Antinaupathiques
Emporter un médicament contre le
mal de mer : antihistaminique H1 ou
homéopathie. ■
pour approfondir
Scopoderm TTS, un patch contre le mal de mer
La scopolamine (liste I) en système adhésif transdermique
est utilisée en cas de nausées et de vomissements dus au
mal de mer.
Scopoderm TTS s’applique derrière l’oreille à un endroit sec,
sain et dépourvu de cheveux, idéalement la veille au soir
pour un départ matinal ou le jour même (entre 6 à 12 heures
avant le départ). Le dispositif est retiré dès la fin du voyage.
4
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
Un patch assure une protection de 72 heures. En cas de
voyage plus long, au bout de 72 heures, il faut retirer le dispositif et mettre en place un nouveau, derrière l’autre oreille.
Scopoderm TTS est contre-indiqué chez l’enfant de moins de
15 ans et chez les personnes souffrant de glaucome par fermeture de l’angle et de troubles urétroprostatiques, à cause
de ses propriétés anticholinergiques.
conseil
le séjour à la campagne
en pratique
au comptoir
« J’ai peur d’attraper des tiques ! »
recommandez-vous ? »
VOTRE RÉPONSE
« Utilisez ce répulsif et inspectez
votre corps au retour de promenade.
Ayez aussi dans votre trousse un
tire-tique au cas où. »
A la campagne, les risques sont
essentiellement des piqûres ou des
morsures d’insectes, des traumatismes et des réactions allergiques.
RÉPULSIFS
Destinés à éloigner les moustiques,
les tiques ou encore les aoûtats, les
répulsifs (spray, lotion, gel, crème...)
s’appliquent sur les parties découvertes du corps et sur les vêtements
(spray).
Les actifs utilisés sur la peau qui sont
reconnus efficaces par l’Afssaps sont
l’icaridine (ou KBR 3023), le DEET,
l’IR 35/35 (molécules de synthèse) et
le citriodiol (molécule naturelle). L’imprégnation des vêtements par la perméthrine renforce l’action répulsive.
Les répulsifs existent aussi sous
forme de diffuseurs à usage interne
et/ou externe.
Chez les nourrissons, la protection
peut être assurée par une moustiquaire.
e
TIRE-TIQUE
Pour éviter le risque de transmission
d’agents pathogènes par des tiques,
le parasite doit être enlevé dans les
24 heures à l’aide d’un tire-tique : placer le crochet sous le corps de la tique
et effectuer 2 à 3 rotations.
Ne pas utiliser d’éther ni d’huile pour
asphyxier la tique, car celle-ci peut
régurgiter des parasites lorsqu’elle se
sent agressée. De même avec les
pinces à épiler qui risquent de laisser
le rostre de la tique en place (risque
infectieux).
La plaie est ensuite désinfectée et surveillée. L’apparition d’un érythème
implique une consultation médicale.
SOINS DES PLAIES
Antiseptiques cutanés
Ils sont indispensables en cas de blessure (jardinage, bricolage, promenade
en forêt…), de morsure ou de griffure
par un animal. Il faut aussi penser à
s’enquérir de la validité de la vaccination antitétanique.
c
a région où se trouve ma
L
maison de campagne est
infestée de tiques. Que me
Infos clés
u Dans une région infestée de
tiques, prévoir des répulsifs,
un antihistaminique, un tiretique, un antiseptique, un
topique cicatrisant et des pansements.
u Penser également à un collyre, un spray nasal et à des
comprimés d’antihistaminique
en cas d’allergie aux pollens.
EN CAS D’ALLERGIES
Antihistaminiques
Utilisés par voie cutanée en cas d’urticaire, de prurit, de piqûre d’insecte
pour éviter le grattage, lequel est suivi
parfois de surinfection, ils se présentent sous forme de crème ou de gel.
Rhinite allergique
Lors de coupures ou de brûlures, ils
accélèrent la cicatrisation.
Les sujets allergiques aux pollens
et/ou aux acariens doivent prévoir un
collyre, un spray nasal, voire des antihistaminiques par voie générale à
base de cétirizine par exemple.
Pansements
Adrénaline
Prévoir des pansements prédécoupés
et une bande à découper soi-même
pour protéger les différentes tailles et
localisations des lésions (doigts,
coude…).
Les sujets allergiques aux piqûres
d’hyménoptères doivent toujours avoir
sur eux de l’adrénaline injectable
(Anahelp, Anapen), traitement d’urgence du choc anaphylactique. ■
Topiques cicatrisants
pour approfondir
La prévention du tétanos : un rappel tous les 10 ans
Un séjour à la campagne est l’occasion de faire le point sur
la vaccination antitétanique. L’entretien d’un jardin peut être
à l’origine d’une plaie qui, contaminée par les spores de Clostridium tetani, risque de provoquer le tétanos, potentiellement mortel sans immunisation préalable.
Après une première vaccination complète, les rappels de
vaccin antitétanique doivent être effectués tous les 10 ans.
Même en cas de plaie minime et propre, si le dernier rappel
date de plus de 10 ans, il faut pratiquer une injection de
sérum antitétanique et un rappel antitétanique.
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
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conseil
en pratique le séjour à la montagne
au comptoir
« Il me faudrait des médicaments
pour ma randonnée dans les Alpes »
de deux semaines. Y a-t-il
certains médicaments que
je dois emporter avec
moi ? »
VOTRE
RÉPONSE
« Marcher sur une longue période
peut occasionner quelques problèmes traumatiques et musculaires, surtout si vous n’êtes pas
entraîné. Appliquez cette crème
pour chauffer vos muscles et
emportez ces pansements spécifiques pour les ampoules aux
pieds. »
En été, les activités de montagne
comportent certains risques dermatologiques (ampoules, mycoses...)
et traumatiques (entorses, crampes
musculaires, douleurs tendineuses...).
L’hiver apporte également son lot de
soucis, en particulier dus au froid :
lèvres gercées par exemple.
Dans les deux cas, il est également
nécessaire de se protéger du soleil.
Les trousses à pharmacie à emporter avec soi lors des randonnées doivent être souples pour se glisser
plus facilement dans le sac à dos.
SOINS
DES AMPOULES
La marche met le pied du randonneur à rude épreuve : 2 000 à 3 000
pas à l’heure peuvent provoquer différentes lésions qui, mal ou non traitées, rendront pénible voire impossible la poursuite de la randonnée.
Les ampoules sont traitées de deux
façons différentes :
u L’ampoule n’est pas percée : laisser le lambeau de peau protecteur et
protéger par un pansement.
u La phlyctène est percée : retirer la
peau superficielle à l’aide de ciseaux
nettoyés à l’alcool à 90°C, puis
désinfecter et appliquer un pansement de type hydrocolloïde. L’hydrocolloïde se gélifie au contact de
l’ampoule, soulage la douleur et
favorise la cicatrisation.
SOINS
DES DOULEURS
TENDINEUSES ET
MUSCULAIRES
Décontracturants
Une marche sur des muscles mal
préparés peut entraîner des courbatures. Elles peuvent être prises en
charge par l’application cutanée
deux à trois fois par jour d’un décontracturant.
Pour préparer le muscle à l’effort, il
est possible d’utiliser une crème
thermoactive.
Les couvertures de survie isothermiques
C’est un accessoire de premier secours, à usage unique, qui vise à protéger des
intempéries et de la chaleur. La couverture de survie isothermique est utilisée
pour préserver un blessé des variations de températures qui peuvent entraîner
détresse et état de choc, en réduisant les échanges thermiques avec l’extérieur
et en maintenant la température physiologique du sujet.
Si la face dorée de la couverture est placée à l’extérieur, elle protège du froid. Si
sa face argentée est placée à l’extérieur, elle protège du chaud.
6
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
c
et été, je pars pour la
C
première fois en montagne faire une randonnée
Infos clés
u Les pathologies les plus fréquentes en montagne sont
d’ordre traumatique (ampoules,
douleurs tendineuses...) : emporter antiseptiques, pansements
spécifiques, anti-inflammatoires,
décontracturants.
u Altitude et ensoleillement
maximal sont sources de brûlures
cutanées et oculaires : penser aux
crèmes solaires très haute protection, aux lunettes de soleil, aux
topiques et aux collyres apaisants.
Anti-inflammatoires
En randonnée, les lésions tendineuses sont les pathologies les plus
fréquentes après les ampoules. Leur
traitement fait appel aux AINS qui
soulagent la douleur dans l’attente
d’une consultation médicale.
En traitement local, une application
trois fois par jour de pommade antiinflammatoire ou d’une compresse
imprégnée de diclofénac peut être
complétée par de l’ibuprofène à la
dose de 400 mg par prise, sans
dépasser, pour les adultes,
1 200 mg/jour.
Attention, les topiques AINS sont
photosensibilisants !
Le froid sous forme de compresse
ou bombe peut y être associé pour
aider à calmer la douleur tendineuse.
La cryothérapie est aussi utilisée
lors d’entorse pour soulager la douleur. Elle est associée à une contention réalisée à l’aide de bandes de
crêpe ou de bandes auto-adhésives
afin de limiter la formation d’un
œdème.
SOINS CORPORELS
Les pieds
Soins hydratants
La température ambiante et la
déshydratation peuvent entraîner
une sécheresse cutanée qui fissure
le talon. Dans ce cas, une crème
hydratante et assouplissante peut
régénérer la peau.
Le massage régulier des pieds avec
des crèmes hydratantes, dans les
semaines qui précèdent la randonnée, constitue la meilleure prévention.
Soins antitranspirants
La transpiration excessive des pieds
dans des chaussures de randonnée
peut être à l’origine de mycoses
cutanées. Pour prévenir ce risque, il
est conseillé de lutter contre la
transpiration à l’aide d’un soin antiperspirant.
Les mains
Une crème hydratante peut prévenir
les crevasses des mains occasionnées par le soleil, l’altitude et le
froid... Quand la crevasse fissure la
peau, une solution filmogène ou une
crème anticrevasse aide à la régénérer.
Les lèvres
Les lèvres gercées par le froid et/ou
le soleil de haute altitude sont trai-
e
tées à l’aide d’un baume hydratant
et réparateur contenant un filtre
solaire si besoin.
PROTECTION
SOLAIRE
Cutanée
En altitude, la réverbération est augmentée et l’épaisseur de l’atmosphère qui filtre les rayons du soleil
est réduite. L’index UV augmente de
10 % pour 1 000 mètres d’élévation
(il peut dépasser 12 % à partir de
3 000 mètres même en été lors de
température basse).
La neige réfléchit 40 à 90 % du
rayonnement UV. L’indice de protection des produits solaires doit
donc être très élevé.
Sur le visage, il convient de privilégier les crèmes.
En cas de coups de soleil, l’utilisation d’une crème ou d’un gel cicatrisant aide la peau à se régénérer
plus rapidement.
Ophtalmique
Sans port de lunettes, le soleil à
haute altitude peut occasionner une
irritation oculaire, voire une ophtalmie des neiges. Cette affection est
soulagée par l’instillation de collyre
anti-irritation et l’application d’un
pansement occlusif.
La meilleure prévention reste le port
conseil
le séjour à la montagne
en pratique
de lunettes de soleil, de préférence
fermées sur les côtés.
AUTRES PRODUITS
Lingettes
antibactériennes
Les lingettes antibactériennes sont
très pratiques pour conserver une
bonne hygiène des mains.
Lingettes pour toilette
intime
Lors de randonnées avec des nuits
hors des refuges, les bains ou
douches sont impossibles. La toilette intime peut être réalisée avec
des lingettes imprégnées nettoyantes.
Bouchons d’oreille
Lors d’une nuit en refuge, les ronflements des voisins de chambrée
peuvent perturber le sommeil ! Il est
donc conseillé d’emporter des bouchons d’oreilles pour obtenir un
sommeil réparateur.
Sucre
Au cours d’un effort physique
intense, la consommation de sucres
rapides associée à celle de sucres
lents (fruits secs par exemple) permet d’éviter d’éventuels malaises
par hypoglycémie. ■
pour approfondir
Le « mal aigu des montagnes »
u Le « mal aigu des montagnes » est dû à un défaut d'oxygénation du cerveau consécutif à une mauvaise acclimatation à l’altitude.
u Il peut entraîner une réduction des performances physiques, une ventilation accrue, des céphalées, des signes
digestifs (anorexie, nausées, vomissements), des gonflements du visage et des mains, une fatigue et une insomnie.
Ces symptômes apparaissent après un délai de 4 à 8 heures
et persistent 2 à 3 jours.
u Le mal aigu des montagnes se traite par une réoxygénation rapide associée à de l’aspirine.
u Ses complications – graves – peuvent être un œdème pulmonaire et un œdème cérébral si le sujet monte trop vite.
Le traitement de ces deux œdèmes repose sur des corticoïdes associés si nécessaire à un inhibiteur calcique.
u La prévention du mal aigu des montagnes consiste à monter progressivement en altitude (moins de 400 m par jour
au-delà de 3 000 m).
Il est parfois prescrit 125 à 250 mg de Diamox en deux prises
quotidiennes jusqu’à deux jours après avoir atteint le point
culminant.
u Les pathologies cardiaques (angor et HTA mal équilibrés,
insuffisance cardiaque, troubles majeurs du rythme), l’insuffisance respiratoire chronique et les affections psychiatriques graves sont des contre-indications absolues à un
séjour en altitude au-delà de 2 500 m.
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
7
conseil
en pratique le séjour en pays tropicaux
au comptoir
«Nous partons dans un mois au Vietnam»
terons pour visiter le pays
pendant quinze jours.
Je voudrais prendre dans
mes bagages tout ce qu’il
faut pour nous soigner si
jamais nous tombons
malades là-bas. »
Le séjour doit donc être préparé
minutieusement, particulièrement
les médicaments qui devront être
sélectionnés pour la trousse de
voyage.
Les lyophylisats sont à préférer pour
les formes orales car ils peuvent être
administrés sans eau.
PROPHYLAXIE
ANTIPALUDIQUE
VOTRE
RÉPONSE
« Commencez par les vaccinations. Votre médecin vous prescrira également un antipaludéen.
Revenez me voir ensuite, nous
choisirons ensemble les médicaments, le matériel et les produits
d’hygiène nécessaires pour que
votre voyage se déroule en toute
sérénité. »
Les touristes qui choisissent des
destinations tropicales ont un risque
accru de contracter une maladie
(paludisme, diarrhée du voyageur...).
Le paludisme est une maladie potentiellement mortelle transmise par les
anophèles, moustiques très répandus dans les pays situés en zone tropicale. La forme la plus grave de la
maladie est due à Plasmodium falciparum qui parasite les hématies.
La prévention antipaludique, primordiale, passe par l’éviction des
piqûres de moustiques grâce à l’application de répulsifs sur la peau et
sur les vêtements. Une moustiquaire
imprégnée d’insecticide complète la
protection la nuit.
Concentration
20-35 %
Remarques
– Peut être utilisé chez la femme enceinte
– Utilisé chez l’enfant à partir de 6 mois à des
concentrations plus faible (12,5 %)
Icaridine ou
KBR 3023
20-30 %
– Utilisation consécutive limitée à un mois
– Contre-indiqué chez la femme enceinte
Citriodiol
20-50 %
– Contre-indiqué en cas d’antécédent de
convulsions
DEET
(diéthyltoluamide)
– Enfants de 30 mois
à 12 ans : 20-35 %
– Adultes et enfants
de plus de 12 ans :
jusqu’à 50 %
– Contre-indiqué en cas d’antécédent de
convulsions
– Les répulsifs de référence contiennent
du DEET à une concentration de 50 %
– Attention ! le DEET dissout les verres
de montre et de lunettes, les plastiques,
les vernis, les filtres solaires…
En cas d’utilisation conjointe avec des produits
solaires, il s’applique en second. L’indice de
protection solaire doit être élevé car le DEET
le diminue d’environ d’un tiers
* Chez l’adulte et l’enfant de plus de 30 mois.
Source : groupe d’experts de l’Afssaps (2007)
8
Infos clés
u Insister sur l’importance
d’une prévention antipaludéenne pour les zones à
risque associant chimioprophylaxie et répulsifs pour
le corps et les vêtements.
u Prévoir un désinfectant
pour l’eau lors de voyages
dans des conditions précaires.
u Emporter un antidiarrhéique associé à un soluté
de réhydratation oral pour
traiter la turista.
u Préférer les lyophilisats qui
s’administrent sans eau.
Produits antimoustiques
RÉPULSIFS CUTANÉS RECOMMANDÉS *
Molécule
IR 3535
c
ous partons assister au
N
mariage de notre cousin
au Vietnam. Nous en profi-
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
Répulsifs cutanés
Les répulsifs cutanés doivent être
appliqués sur toutes les parties
découvertes du corps, visage compris, en évitant les plaies ainsi que
les muqueuses oculaires et buccales
(risque de toxicité).
La durée de protection varie entre
deux à douze heures. Celle-ci
dépend de la concentration en principe actif du produit, de la température extérieure, de l’humidité
ambiante, de la sudation…
Répulsifs pour vêtements
Il est conseillé de porter des vêtements à manches longues et des
pantalons le soir et la nuit, période
d’activité des anophèles. Les vêtements portés doivent être imprégnés
de perméthrine (insecticide et répulsif) car 40 % des piqûres de moustiques se font au travers de ceux-ci.
La perméthrine sous forme de spray
protège des piqûres pendant 1 mois
et/ou 6-8 lavages. La concentration
du spray varie de 4 % à 6 %.
Il est aussi possible d’imprégner les
vêtements et les tissus par trempage
avec de la perméthrine à 8 %. Le
séchage s’effectue à plat et non sur
un fil pour une bonne répartition du
produit. La protection reste alors
active de deux à six mois.
Moustiquaire imprégnée
La moustiquaire imprégnée de deltaméthrine ou perméthrine assure
la meilleure protection contre les
piqûres de moustiques nocturnes.
Elle doit être en bon état (pas de
déchirure) et utilisée correctement
(soit bordée sous le matelas, soit
touchant le sol).
Les moustiquaires peuvent être déjà
imprégnées ou à imprégner soimême avec des kits.
Les moustiquaires imprégnées de
perméthrine sont efficaces pendant
6 mois après ouverture de l’emballage, 12 mois en général pour la deltaméthrine.
Les pyréthrinoïdes sont les seuls
insecticides recommandés par
l’OMS pour l’imprégnation des
moustiquaires en raison de la rapidité de leur mode d’action, de leur
effet excitorépulsif et de leur innocuité chez l’homme. Cependant des
résistances à ces produits se développent chez certains moustiques.
Une stratégie pour contrer cette
résistance serait d’associer plusieurs
principes actifs d’action complémentaire.
Antipaludéens
La chimioprophylaxie antipaludéenne tient compte du pays de destination mais également de la durée
du voyage et du statut particulier de
la personne (femme enceinte,
enfants…).
Les pays à risque paludéen sont
classés en trois groupes selon la fré-
en pratique
CHIMIOPROPHYLAXIE ANTIPALUDIQUE
Produits
Posologie
Conseils de prise
Pays du groupe 1 : pas de chloroquinorésistance
Chloroquine (Nivaquine 100,
Nivaquine sirop 25 mg/5 ml)
– Adulte : 100 mg/j
– Enfant : 1,5 mg/kg/j
Pays du groupe 2 : zone de chloroquinorésistance
Chloroquine + proguanil
– Adulte : 100 mg/j de chloroquine
(Nivaquine : chloroquine 100 mg
+ 200 mg/j de proguanil
+ Paludrine : proguanil 100 mg), – Enfant : 1,5 mg/kg/jour de chloroquine
(Savarine : chloroquine 100 mg
+ 3 mg/kg/jour de proguanil
+ proguanil 200 mg)
(arrondir au 1/2 comprimé supérieur)
Atovaquone + proguanil (Malarone
et Malarone enfant)
Le traitement doit être commencé
la veille ou le jour du départ et être
poursuivi 4 semaines après le retour
Le traitement doit être commencé
la veille ou le jour du départ et
poursuivi 4 semaines après le retour
– Adulte et enfant ≥ 40 kg : 1 cp/j
Le traitement doit être commencé
(250 mg atovaquone + 100 mg proguanil) la veille ou le jour du départ et être
– Enfant : ≥ 11 kg et < 40 kg :
poursuivi une semaine après le retour
1 cp enfant/10 kg/j (62,5 mg
atovaquone + 25 mg proguanil)
Pays du groupe 3 : zone de prévalence élevée de chloroquinorésistance ou de multirésistance
Méfloquine
(Lariam 250 mg)
– Adulte ≥ 45 kg : 1 cp/semaine
– Enfant ≥ 15 kg : 5 mg/kg/semaine
Le traitement doit être commencé
de préférence 10 jours avant
le départ et poursuivi 3 semaines
après le retour
Atovaquone + proguanil
(Malarone et Malarone enfant)
– Adulte et enfant ≥ 40 kg : 1 cp/j
(250 mg atovaquone + 100 mg proguanil)
– Enfant ≥ 11 kg et < 40 kg : 1 cp
enfant/10 kg/j (62,5 mg atovaquone
+ 25 mg proguanil)
Le traitement doit être commencé
la veille ou le jour du départ et
poursuivi une semaine après
le retour
Doxycycline
(Doxypalu)
– Adulte et enfant > 40 kg : 100 mg/j
– Enfant ≥ 8 ans et < 40 kg : 50 mg/j
Le traitement doit être commencé
la veille du départ et poursuivi
4 semaines après le retour.
Attention, la doxycycline est :
– photosensibilisante
– contre-indiquée en cas de grossesse
et chez les enfants de moins de 8 ans !
Diffuseurs électriques
Il existe d’autres moyens de protection qui peuvent compléter l’arsenal
de lutte antimoustique : les diffuseurs électriques d’insecticide à
base d’esbiothrine sur secteur ou à
pile, les bombes d’insecticide (transport en cabine dans l’avion), les tortillons fumigènes…
Attention ! La climatisation réduit
l’agressivité des moustiques mais
elle ne les empêche pas de piquer :
les insecticides restent indispensables.
conseil
le séjour en pays tropicaux
Source : «BEH» n° 24 du 12 juin 2007, OCP.
quence de la résistance aux antipaludiques.
Il est déconseillé d’emmener des
jeunes enfants dans des zones
impaludées, en particulier dans les
pays du groupe 3.
DÉSINFECTION
DE L’EAU
En fonction de la destination du
séjour, et donc des conditions d’hygiène locale, du mode d’hébergement (hôtel ou voyage itinérant), il
faut parfois envisager de traiter l’eau
avant de la boire.
u Une minute d’ébullition à gros
bouillon suffit pour rendre l’eau
potable. Il faut compter trois minutes
à une altitude supérieure à 2 000
mètres. Une ébullition de cinq
minutes est nécessaire si on sou-
haite inactiver le virus de l’hépatite
A, plus résistant à la chaleur.
S’il est impossible de faire bouillir
l’eau, procéder à une désinfection
chimique. Celle-ci se fait sur une
eau claire ; sinon, il faut préalablement la filtrer.
u Les différents produits désinfectants ont chacun un temps de
contact propre (entre 30 minutes et
2 heures) : Aquatabs (dichloro-Striazinetrione de sodium), Hydroclonazone (tosylchloramide de
sodium), Micropur Forte cp
(dichloro-isocyanurate de sodium et
ions argent), Opure solution (peroxyde d’hydrogène, ion argent)…
Les ions d’argent utilisés (Micropur)
seuls ne suffisent pas pour une
désinfection de l’eau efficace. Ils
s’emploient en revanche pour la
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
9
conseil
en pratique le séjour en pays tropicaux
au comptoir
conservation d’une eau qui aura été
préalablement décontaminée.
PROTECTION
SOLAIRE
Lors de voyage dans des pays tropicaux, l’indice de protection solaire
doit être élevé, surtout pour les
enfants et les personnes à peau
claire.
Préférer les crèmes pour le visage et
les laits pour le corps. Choisir un
produit résistant à l’eau en cas d’activités nautiques.
Les soins antisolaires doivent être
associés à un T-shirt de couleur foncée.
Prévoir également des lunettes de
soleil et un chapeau bien couvrant.
ANTIDIARRHÉIQUES
Les épisodes de diarrhée sont fréquents en pays tropicaux.
u Le lopéramide, ralentisseur de
transit, est contre-indiqué en cas de
sang et de glaires dans les selles. Le
racécadotril (Tiorfan, liste I), antisécrétoire, est à préférer car il n’entraîne pas la rétention des germes
dans le tube digestif. Il est à associer à des sachets pour solution de
réhydratation, en particulier chez
l’enfant, et à un absorbant intestinal
à base d’argile, voire un antispasmodique.
u Selon la Haute Autorité de santé
(HAS), le nifuroxazide, antiseptique
e
Pour un voyage serein en avion
u Chaussettes de contention : leur utilisation est préconisée dans
la prévention d’un accident veineux pouvant aller jusqu’à l’embolie
pulmonaire. Associer une hydratation suffisante et des déplacements dans l’avion ou des flexions du pied en cas de turbulences.
u Bouchons d’oreilles : en avion, ils peuvent atténuer les douleurs
auriculaires dues aux variations de pression.
u Anxiolytique : pour les personnes dont le voyage en avion peut
provoquer une anxiété importante, un anxiolytique léger à base de
phytothérapie peut être proposé.
u Hypnotique : il peut être conseillé lors d’un décalage horaire
important.
intestinal, n’est pas recommandé
dans les diarrhées aiguës présumées infectieuses.
En prévention, les probiotiques peuvent renforcer l’équilibre et les
défenses de la flore intestinale.
SOINS
DES PLAIES
Les coraux, souvent présents dans
les mers du Sud (caraïbes, Polynésie...), sont très coupants. La cicatrisation en zone tropicale étant difficile en raison du taux d’humidité
important, il est indispensable de
prévoir de quoi désinfecter et protéger une plaie pour éviter toute surinfection.
Penser aux bandelettes de suture car
les plaies dues au corail sont souvent franches et profondes.
DIVERS
Antibiotique
En cas de voyage dans des contrées
isolées (centres médicaux difficiles
d’accès), il est préférable d’emporter
un antibiotique. Son choix est défini
par le médecin en fonction des risques
liés aux conditions de voyage et du
profil du voyageur.
Petit matériel
En cas d’hospitalisation ou de soins
médicaux (injection, incision, soins
dentaires...) dans des pays aux
structures sanitaires insuffisantes,
du matériel à usage unique comme
des seringues, des aiguilles, du
matériel de suture évitent les risques
de contamination par l’hépatite B,
l’hépatite C, le sida... ■
pour approfondir
Les principaux symptômes des voyageurs dans les pays tropicaux
Le réseau international GeoSentinel surveille les pathologies ramenées des pays en voie de développement lors de
voyages touristiques.
Moins d’un voyageur sur dix consulte dans le pays même
ou au retour. Les motifs de consultation concernent
la fièvre (Afrique subsaharienne, Asie du sud-Est), les dermatoses (Amérique centrale, du Sud et Caraïbes) et
les diarrhées aiguës (Asie centrale).
10
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
Le paludisme est globalement plus fréquent que
la dengue et la rickettsiose, parasitose transmise par
la tique brune du chien et responsable de la fièvre boutonneuse méditerranéenne (maladie urbaine et périurbaine
endémique dans le pourtour méditerranéen et en Afrique).
Au retour d’un voyage, en cas de signes cliniques tels que
fièvres, diarrhées ou éruptions cutanées, la consultation
médicale s’impose rapidement.
conseil
communiquez !
réalisez votre vitrine
Adaptez la trousse
de voyage à la destination
Le concept
u L’événement : La conception d’une trousse à pharmacie de voyage
u Le message : Choisir les médicaments et accessoires en fonction
de la destination
u Les produits : Différents modèles de trousses, un antiseptique,
un répulsif antimoustiques, une crème antalgique…
u La couleur : Bleu et rouge
Les slogans
u « Trousse de voyage : partez bien équipé ! »
u « Adaptez votre trousse de voyage à votre destination »
u « A chaque destination sa trousse de voyage »
Les fournitures
uDeux panneaux de polystyrène
extrudé
u Adhésif toilé (largeur 40 mm)
u Deux baguettes de bois
u Bombe de peinture bleu clair
u Une carte de France
u Lettres adhésives ou pochoirs
u Fil de nylon ou tiges métalliques
u Trois tabourets de camping
u Serviette de toilette, lunettes
de soleil, panier en osier, paire
de chaussures de marche
u Feuille A4 transparente adhésive
pour imprimante
u Colle en bombe
u Papier journal ou papier de soie
Malin !
Plan de la vitrine
Créer un panneau de fond en accolant deux panneaux
de polystyrène extrudé à l’aide d’adhésif toilé et de
baguettes de bois. Le peindre en bleu. Coller les lettres
du slogan ou les peindre à l’aide des lettres pochoir.
Ajouter la carte de France. Accrocher le panneau au
plafond à l’aide de fil de nylon ou de tiges métalliques.
Disposer les trois tabourets avec les produits et
les trousses dessus.
12
Détail d’un élément du décor
La fiche de prix des produits est imprimée depuis un
ordinateur sur une feuille transparente A4 adhésive.
Attention de choisir les feuilles selon l’imprimante (jet
d’encre ou laser) !
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
Utiliser du papier journal ou du papier de soie plié
ou froissé pour assurer une bonne tenue des
produits dans la trousse souple ou dans la banane.
Cela permet aussi de surélever les packagings afin
qu'ils soient bien vus. Si la trousse souple a
tendance à s'affaisser, placer un carton rigide pour
la rigidifier. Si besoin, lester la base du sac banane
avec un objet plat.
conseil
communiquez !
des conseils pour votre rayon
Créez une ambiance de vacances
Les trousses à pharmacie de voyage
peuvent être un bon prétexte pour
parler de prévention dans la bonne
humeur. Eté comme hiver, sachez les
mettre en avant durant les périodes
de vacances.
Utilisez le meuble
d’animation
Installez dans l’étagère réservée aux
animations les trousses à pharmacie entourées des produits de base
nécessaires pour partir en voyage :
pansements, antiseptique, protection solaire, tire-tique...
Ajoutez un slogan comme « Avezvous constitué votre trousse à pharmacie ? » afin d’interpeller les
patients.
Créez une ambiance
Utilisez tous les sens pour créer une
ambiance de vacances. Par exemple,
pour évoquer la plage, faites
entendre des bruits de mer à proximité du meuble présentant les
trousses, diffusez de l’huile essentielle de pin, installez un poster
représentant une plage au fond du
meuble d’animation. Ajoutez aussi
des lunettes de soleil, un chapeau ;
leur mise en avant rappelle également l’importance de ces accessoires pour se protéger du soleil.
Adaptez le thème aux destinations
possibles de vos patients en fonction de la saison (les stations de ski
en hiver, les bords de mer en été, la
campagne au printemps, les pays
tropicaux à Noël...).
Créez également des trousses spécifiques pour les enfants ou les
femmes enceintes.
Mettez une check-list
à disposition
Pensez aux patients qui ont déjà une
trousse à pharmacie. Une petite
fiche mise à leur disposition listant
les médicaments et les accessoires
de base d’une trousse à pharmacie
de voyage permet de vérifier ce
qu’ils ont déjà et ce qui leur manque.
Ajoutez en dessous une ligne pour
proposer à vos clients vos conseils
afin de totalement personnaliser leur
trousse.
Rappelez également l’importance de
vérifier au minimum une fois par an
les dates de péremptions des produits contenus dans la trousse, et de
renouveler le stock au fur et à
mesure de son utilisation.
Balisez les rayons
Il est difficile de placer exhaustivement tous les médicaments et
accessoires indispensables dans
une trousse à pharmacie au niveau
du meuble d’animation. Apposez
des stop-rayons au niveau des produits qui doivent faire partie de la
trousse, notamment les produits
OTC présentés derrière le comptoir.
Les patients, pendant leur attente,
peuvent ainsi s’interroger sur la présence ou non de ces produits dans
leur trousse à pharmacie. ■
les mots pour convaincre
Osez poser des questions
Lors de la constitution d’une trousse
à pharmacie, il est important de
découvrir dans quel contexte part
votre patient. Pour cela, commencez
par poser des questions ouvertes
afin d’instaurer le dialogue.
Adaptez le contenu
Pour anticiper au mieux les pathologies pouvant survenir pendant le
voyage, la trousse à pharmacie doit
être personnalisée selon l’âge et
l’état de santé du patient. Il est donc
nécessaire de recenser avec lui les
pathologies auxquelles il est sensible et les traitements utilisés cou-
ramment : « Lors de vos précédents
voyages, quels étaient les désagréments rencontrés : constipation,
rhume… ? », « Quels médicaments
prenez-vous habituellement ou de
façon occasionnelle ? »…
Le contenu de la trousse doit être
également adapté aux activités pratiquées (voile, randonnées…) : « Lors
de votre séjour sur la Côte d’Azur, pensez-vous pratiquer des activités nautiques ? »… Le transport doit être
aussi pris en compte (avion,
bateau…) : « Quel moyen de transport
avez-vous choisi pour vous rendre en
Corse ? »…
Tenez compte des
pathologies chroniques
L’élaboration de la trousse de voyage
d’un patient atteint d’une pathologie chronique doit, en plus du traitement, prendre en compte les
risques liés à sa maladie : « Comme
vous êtes diabétique, pendant votre
randonnée vous devez avoir sur vous
de quoi soigner des blessures occasionnées lors de la marche »…
Expliquez les modes
d’emploi
Les patients ne connaissent pas forcément tous les médicaments qui
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
13
conseil
communiquez !
constituent leur trousse à pharmacie. Pensez donc à expliquer leur
mode d’administration et à le
réécrire sur la boîte (« Pour le lopéramide, vous devez prendre deux lyophilisats la première fois, puis un
après chaque selle liquide sans
dépasser huit lyophilisats par
jour »…). Rappelez également
quelques règles hygiénodiététiques
et signes de gravité qui peuvent être
reformulés dans une fiche conseil.
Proposez un rendez-vous
Pour les voyages à risque sanitaire
élevé comme les pays tropicaux, proposez un rendez-vous pour constituer
une trousse adaptée à la destination
et faire le point sur les règles hygiénodiététiques. Cela vous laisse le
temps de faire des recherches sur les
vaccinations obligatoires et le traitement contre le paludisme. Des fiches,
élaborées en amont avec l’équipe, peuvent accompagner la trousse (« Voici
la fiche récapitulative en cas de diarrhée de votre enfant »…). ■
En collaboration avec Christine Caminade, docteur en pharmacie, responsable de Christine
Caminade Conseil.
documentez-vous
INTERNET
Ministère de la santé
www.sante.gouv.fr
La rubrique «Thèmes - accédez à tous
les dossiers », sous rubrique « Voyageurs », du
site du ministère de la Santé regroupe toutes les dernières
recommandations concernant les voyageurs comme
le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire.
Centre médical de l’Institut Pasteur
http://cmip.pasteur.fr.
Le site du centre médical de l’Institut Pasteur détaille toutes
les recommandations essentielles aux voyageurs selon
les types de personnes (enfants, femmes enceintes...) et
le pays de destination. Tous les vaccins ainsi que leur schéma
d’administration sont disponibles. Un rappel sur les maladies
tropicales aide à mieux comprendre leur mode de
transmission.
LIVRES
Le guide de la santé en voyage
Collectif supervisé par le Pr Olivier Bouchaud,
Editions Vidal, 2007
Ce livre grand public, conçu sous forme de
fiches, propose en cas de problème des conseils pratiques
judicieux selon le pays visité. Une liste de médicaments utiles
avant et pendant le voyage, quelques expressions médicales
en anglais et en espagnol ainsi qu’un code permettant un
accès au site Internet www.vidalvoyage.fr le complètent.
Retrouvez sur WK-Pharma
u La bibliographie complète du cahier
u Le Cahier Conseil n° 2586 « L’enfant en voyage »
du 11 juin 2005
www.wk-Pharma.fr (onglet Formation)
Chaque Cahier « Le Moniteur Formation » est systématiquement relu
avant parution par un membre du comité scientifique du « Moniteur des
pharmacies ».
COMITÉ SCIENTIFIQUE : Jean-Luc Audhoui, pharmacien d’officine (Versailles) et
membre de l’Académie nationale de pharmacie; Geneviève Chamba, professeur de
pharmacologie (Lyon) ; Jean-Pierre Dupeyron, ex-maître de conférences en
pharmacie clinique, praticien hospitalier (Paris-V); Thérèse Dupin-Spriet, maître de
conférences en pharmacie clinique (Lille) ; Jeanne Elie, pharmacienne adjointe
(Verneuil-sur-Seine); Jean-Marie Gazengel, secrétaire général du Collège français
des pharmaciens et conseillers maîtres de stage, maître de conférences en chimie
thérapeutique (Caen); Jacques Labescat, médecin généraliste(Nogent-sur-Marne);
Arnaud Lecerf, pharmacien adjoint (Sucy-en-Brie); Robert Pujol, pharmacien
d’officine (Saint-Béat), président de la formation continue de Midi-Pyrénées; Denis
Richard, praticien hospitalier (Poitiers) ; Claire Sevin, pharmacienne
d’officine(Clamart); Michel Vaubourdolle, pharmacien biologiste des hôpitaux
(Paris); Vivien Veyrat, pharmacien adjoint (Gargenville), professeur associé (ParisXI) ; Patrick Wierre, pharmacien d’officine ( Jeumont), professeur associé (Lille).
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349€ - DOM TOM par avion : 283 € - Abonnement étudiants sur justificatif (46 numéros –
durée de 45 à 50 semaines) : 99 € TTC TVA 2.1%.
Le Moniteur des pharmacies I n° 2731 I cahier II I 24 mai 2008
15
conseil
à retenir
les trousses de voyage
POUR NE RIEN OUBLIER…
CATÉGORIES
Douleur et fièvre
PRODUITS
OK
Antalgique et antipyrétique oral
Thermomètre
Traumatisme
Antalgique (crème, pommade, spray…)
Cryothérapie
Bande auto-adhésive
Décontracturant
Plaie cutanée
Sérum physiologique
Antiseptique local (chlorhexidine, dérivés iodés, Dakin…)
Compresses stériles
Cicatrisant local
Bandelettes de sutures
Pansements Classiques sous emballage individuel
Résistants à l’eau
Contre les ampoules (hydrocolloïde)
Contre les brûlures
Tire-tiques
Protection solaire
Indice de protection élevé, produit résistant à l’eau,
Allergies
Crème ou pommade pour les piqûres
crème pour le visage, stick pour les lèvres,
Comprimés antihistaminiques
Collyre antiallergique
Spray nasal antiallergique
Conjonctivite
Solution de lavage oculaire
Collyre antiseptique
Rhume
Pastilles ou collutoire pour les maux de gorge
Eau de mer ou sérum physiologique
Décongestionnant nasal et/ou antihistaminique
Mal des transports
Antihistaminique H1 ou homéopathie
Laxatifs
Oral et/ou local
Diarrhée
Ralentisseur du transit ou antisécrétoire
Soluté de réhydratation
Antispasmodique
Pansement gastro-intestinal
Traitement de l’eau
Comprimés pour désinfecter l’eau
Filtres
Désinfectants
Désinfectant pour les mains
Désinfectant pour le matériel
Répulsifs
Adaptés aux zones de paludisme + moustiquaire
Adaptés aux pays tempérés (moustiques, tiques, aoûtat…)
Prophylaxie antipaludique
Adaptée au pays
Voyage en avion
Chaussettes ou bas de contention
Bouchons d’oreilles
Anxiolytique, hypnotique
Petit matériel
Paires de gants en vinyle
Paire de ciseaux
Pince à épiler
Matériel pour pays à risque sanitaire (seringue, aiguilles, matériel de suture…)
Vérification générale
Dates de péremption
Blisters entiers avec notices
Formes pratiques (unidoses, forme orale solide…)
Formée adaptés aux patients (enfant, femme enceinte…)
16
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