
1. Définir et diffuser des messages clés. La rage transmise par
les chiens est une maladie au pronostic fatal qui peut néanmoins
faire l’objet d’une prévention efficace. Le contrôle de la rage chez
les chiens dans les pays d’Asie et d’Afrique où elle est endémique
permet de prévenir la maladie chez l’homme, les animaux sauvages
et le bétail. L’application de programmes de lutte efficaces permet
de réduire significativement le nombre de morsures de chien devant
faire l’objet d’une prophylaxie post-exposition.
2. Collecter les données de la surveillance. La collecte de
données par le biais de la surveillance clinique et des tests de
laboratoire est une condition de la réussite des programmes
d’élimination de la rage canine, car il s’agit d’informations cruciales
pour étayer l’action des gouvernements et des ONG, pour canaliser
les activités d’initiative locale et pour orienter les interventions. Il
faut disposer de données sur les populations de chiens et leur
démographie ainsi que sur la prévalence de la maladie.
La rage étant une maladie inscrite sur la Liste de l’OIE, il est
recommandé d’utiliser le système mondial d’information sanitaire de
l’OIE (WAHIS) pour notifier les cas.
3. Faire preuve de cohérence dans les méthodes de lutte.
Les informations scientifiques disponibles montrent avec une
relative certitude que l’efficacité de la lutte contre la rage canine
repose principalement sur le maintien d’une couverture vaccinale
d’au moins 70 % de la population canine, ainsi que sur la
responsabilisation des propriétaires de chiens. L’abattage des chiens
ne constitue pas une méthode de lutte efficace contre la rage;
néanmoins, si la vaccination antirabique est assortie d’un contrôle
des populations de chiens, celui-ci devra respecter les normes de
l’OIE.
Le Livre blanc pour le contrôle et la prévention de la rage
propose une «boîte à outils» pour l’élimination de la rage, y
compris des banques de vaccins antirabiques destinées aux pays en
développement (www.rabiesblueprint.com).
4. Soutien et adhésion des responsables politiques. Le
contrôle de la rage permet de sauver des vies humaines et animales
et d’économiser de l’argent. L’élimination de la rage canine doit
figurer parmi les priorités des ministres et des chefs des Services
vétérinaires et de santé publique ainsi que des départements
chargés de la santé animale et humaine opérant sous leur tutelle.
Cet engagement doit intégrer les principes de bonne gouvernance,
en conformité avec les normes de l’OMS et de l’OIE. Les Services
vétérinaires accorderont à l’élimination de la rage la même
importance et la même priorité qu’à la lutte contre les maladies
infectieuses chez les animaux de rente.
5. Participation de tous aux activités de contrôle de la rage. La
participation des communautés locales et de leurs dirigeants est une
condition importante pour atteindre l’objectif d’élimination de la rage;
elle doit reposer sur la sensibilisation du public au bien-être animal,
sur l’intervention des vétérinaires de terrain et sur la prévention et les
soins liés aux morsures de chiens, en particulier chez les enfants.
Toutes ces dispositions doivent se conformer aux normes de l’OIE.
Les gouvernements — et, si besoin est, les ONG — soutiendront cet
objectif. Les vétérinaires praticiens spécialisés dans les petits animaux
ont un rôle crucial à jouer dans ces programmes d’initiative locale.
6. Mobilisation des ressources. L’élimination de la rage canine
comporte des enjeux financiers. Les ONG peuvent utilement s’occuper
de la mise en place des programmes de contrôle, mais il incombe aux
gouvernements d’en assurer la pérennité. La vaccination préventive
des chiens se traduit par un moindre recours à la prophylaxie
humaine post-exposition; ceci représente une économie considérable
de fonds publics mais requiert la participation active et efficace des
professionnels de la santé.
7. Suivi de l’efficacité. Le succès des programmes d’élimination
de la rage doit être évalué et faire l’objet d’un suivi dans le cadre
d’une surveillance effective de la rage. La conduite de dépistages sous
forme décentralisée permet d’obtenir davantage d’échantillons de cas
suspects.
Ces sept mesures portent essentiellement sur le contrôle
de la rage dans les populations de chiens errants des pays en
développement d’Afrique et d’Asie. Néanmoins, des cas sporadiques
de rage canine associés à des ventes de chiots ou à des adoptions
de chiens provenant de zones endémiques sont récemment apparus
dans des pays où la rage n’est pas endémique, ce qui démontre
l’importance de ne pas relâcher la vigilance, y compris dans les pays
non endémiques, et confirme que la stratégie d’élimination de la rage
canine dans les pays en développement est pertinente et bénéfique à
l’échelle mondiale.
La WSAVA représente près de 180 000 vétérinaires praticiens
spécialistes des animaux de compagnie dans près de 75 pays. L’OIE
et la WSAVA invitent les gouvernements à mobiliser l’expertise des
vétérinaires d’animaux de compagnie et leurs capacités d’intervention
sur le terrain afin qu’ils participent pleinement à l’objectif essentiel de
l’élimination de la rage canine. L’objectif du contrôle de la rage canine
offre aux vétérinaires spécialistes des petits animaux une occasion
importante de s’impliquer davantage dans les soins préventifs aux
populations canines.
L’OIE et la WSAVA soutiennent l’objectif d’éliminer complètement
la rage canine au niveau mondial en 2030.
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2014 • 1
l’OIE et ses partenaires