Université de Sherbrooke
Faculté des lettres et sciences humaines
Département de philosophie et d’éthique appliquée
Folie et modernité selon Michel Foucault et Marcel Gauchet
Olivier Lecomte
Sous la supervision de
Sébastien Charles
Octobre 2014
Olivier Lecomte
1
TABLE DES MATIÈRES
Introduction ....................................................................................................................…….p. 3
Chapitre 1 : La modernité et le rapport à l’altérité ......................................................…......p. 10
1. Le rapport à l’autre : entre processus d’inclusion ou d’exclusion des formes de
marginalité .........................................................................................................…...p. 11
2. La Révolution moderne et le traitement de la folie …………………………………p. 21
2.1. La folie à l’époque prémoderne .........................................................…...p. 22
2.2. L’origine de la psychiatrie …………………………………………………p. 27
3. Le revirement de pensée de Foucault sur la question de l’exclusion …………………p. 34
Chapitre 2 : La modernité et le pouvoir …………………………………………………p. 38
1. Une nouvelle forme de pouvoir : La norme, le savoir et la discipline ………...p. 39
2. Une nouvelle forme de pouvoir : l’autonomie et l’État ................................…...p. 44
3. La naissance de l’institution asilaire ....................................................................…...p. 47
4. Le revirement de pensée de Foucault sur la question du pouvoir et de l’asile ...p. 53
Chapitre 3 : La modernité et le sujet ................................................................................…...p. 59
1. Les deux parcours d’un même sujet …………………………………………………p. 62
2. L’apparition du sujet moderne ………………………………………………....p. 66
2.1. L’asservissement du sujet .....................................................................…...p. 66
2.2. L’autonomisation du sujet …………………………………………………p. 70
3. Le sujet de la folie en tant que miroir du sujet moderne …………………………p. 72
2
4. La nature du sujet ........................................................................................….......p. 77
4.1. Le sujet aliéné ………………………………………………..……….p. 77
4.2. Le sujet dépossédé …………………...……………………………………p. 80
Chapitre 4 : Les problèmes contemporains …………………………………………………p. 85
1. Nécessité du langage psychologique dans la constitution de soi comme sujet …p. 86
1.1. L’éthique antique de Foucault en tant que critique de la forme contemporaine du
sujet …………………………………………………………………………...…….p. 86
1.2. L’exigence de connaissance de soi à partir des principes psychologiques chez
Gauchet …………………………………………………………………...…….p. 92
2. La réforme des pratiques thérapeutiques ………………………………………...……….p. 96
2.1. Critique de la psychanalyse chez Foucault .............................................…...p. 96
2.2. Réforme de la psychanalyse chez Gauchet .............................................…...p. 98
2.2.1. Repenser les individus en fonction des nouvelles réalités ……..….p. 98
2.2.2. Repenser les pathologies ………………………………………..p. 103
2.2.3. Repenser la psychanalyse ……………………….……………….p. 106
Conclusion ………………………………………………………………………….…….p. 111
3
INTRODUCTION
La folie en tant que questionnement philosophique est frappante par son originalité.
Provoquant à la fois inquiétude et fascination, elle ne semble laisser personne indifférent. Très
tôt dans mon parcours universitaire, j’ai été intrigué par les réflexions autour du traitement de la
folie. J’ai commencé par m’interroger sur le caractère philosophique des idées freudiennes et de
la psychanalyse en général. Par le biais de ces recherches, j’ai découvert que les œuvres de
Michel Foucault et de Marcel Gauchet permettaient une réflexion pertinente et approfondie de
l’avènement de la psychanalyse. Au lieu de réfléchir sur la pratique psychanalytique en elle-
même, j’ai préféré observer le long parcours historique et philosophique du traitement de la folie
dans lequel s’intègre le mouvement freudien. J’ai alors découvert un paysage intellectuel d’une
richesse qui m’était totalement insoupçonnée. J’ai été étonné par la prose envoûtante de
Foucault, par le lien qu’il a fait entre l’art et la folie ainsi que par l’ancrage historique de ses
idées philosophiques. J’ai tout autant apprécié la lucidité de la critique de Gauchet et ses
réflexions sur la contemporanéité du phénomène de la folie.
Ce projet a été enrichi par les deux principales difficultés rencontrées lors de mes
recherches, soit l’absence d’un dialogue entre les auteurs, puisque Foucault n’a jamais répondu
directement à la critique de Gauchet et Swain, ainsi que l’absence d’un débat au sein de la
littérature secondaire. Les foucaldiens n’ont répliqué que très sommairement aux œuvres de
Gauchet. Ceci est d’ailleurs souligné lorsque ce dernier, en parlant de La pratique de l’esprit
humain qui s’en prend indirectement à Foucault, affirme que : « L’ouvrage a bénéficié d’un
accueil honorable, il a fait l’objet d’excellents comptes rendus, il a eu de bons lecteurs. Il ne
s’agit donc aucunement de se plaindre d’on ne sait quel passage sous silence organisé.
4
Simplement, il n’a pas fait débat »
1
. Ce sont des difficultés qui ont définitivement rendu ce
projet intéressant, puisque rien ne semblait faire débat dans la littérature secondaire alors même
que leurs positions sont radicalement opposées. Compte tenu de cela, j’ai dû formuler moi-même
les problèmes et les enjeux. Mon objectif n’a pas été de défendre les idées de l’un ou de l’autre,
mais d’ouvrir la possibilité d’un nouveau débat. Pour ce faire, j’ai tenté de répondre à trois
enjeux que j’ai jugés pertinents. J’ai d’abord remarqué que l’ensemble des commentaires
secondaires présentait les divergences entre Foucault et Gauchet comme une opposition traitant
de l’histoire de la folie pour évoquer l’essence de la modernité, sans toutefois décrire
adéquatement ce qu’est la modernité selon ces auteurs. La modernité ne peut se résumer à un
simple processus d’exclusion ou d’inclusion des formes de marginalités humaines, mais
concerne aussi l’apparition d’une nouvelle forme de pouvoir et d’un nouveau rapport à soi. Dans
cette recherche, je développerai alors une lecture approfondie du concept de modernité chez
Foucault et Gauchet qui s’explique à travers trois objets d’études : le rapport à l’autre, le pouvoir
et le sujet. Cette façon de concevoir la modernité permettra, entre autres, de mieux comprendre
les rapprochements possibles et les divergences profondes entre la pensée de ces auteurs et
d’avoir ainsi une meilleure compréhension de leurs analyses. À travers mes lectures des auteurs
secondaires, j’ai rencontré un second problème concernant, cette fois, la réduction du débat aux
deux œuvres principales traitant de la folie, soit l’Histoire de la folie de Foucault et La pratique
de l’esprit humain de Swain et Gauchet. Bien que ces œuvres demeurent au centre de mes
recherches, je crois important d’élargir l’analyse à l’ensemble des ouvrages de ces auteurs. En
procédant ainsi, il nous sera maintenant possible de découvrir tout le potentiel d’une lecture
comparative de ces auteurs, puisque leurs réflexions à propos du phénomène de la folie gagnent à
1
Marcel Gauchet, « La folie à l’âge mocratique », préface de Marcel Gauchet et Gladys Swain, La pratique de
l’esprit humain, Paris, Gallimard, 1980, (préface 2007), p. I.
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