Anaïs Plazanet
DCEM2 Lyon Est
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Rapport de stage hospitalier à l’étranger
Service Médecine C (urgences infectieuses)
Hôpital Amitié Khméro-Soviétique
Phnom Penh, Cambodge
du 16 juillet au 31 août 2012.
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C’est avec enthousiasme que j’ai effectué mon stage médical de six semaines à Phnom Penh, au sein
de l’hôpital Amitié Khméro-Soviétique, en fin de 5ème année de médecine.
J’ai voyagé et habité avec trois amies de ma promotion ; nous étions réparties dans des hôpitaux
différents pour le stage.
I) Vie pratique
Logement
Nous avons opté dès le début pour une chambre dans une « guest house » « low cost », qui serait à
peu près équidistante de notre lieu de stage pour chacune d’entre nous.
Après avoir beaucoup arpenté les petites rues dans le centre et marchandé les prix pour quatre
personnes pour un long séjour (6 semaines), nous avons fini par trouver Narin 2 Guest House, proche
de l’Orussey Market. Ils nous faisaient la chambre pour 4 pour une modique somme de 8 dollars par
nuit (soit 2$/pers/nuit) à condition que nous restions plus d’un mois. Elle comprenait un grand lit
pour 2 personnes, 2 petits lits individuels, un ventilateur et une télé. La chambre était relativement
spacieuse, au 4e étage et nous avions accès à une terrasse. L’hôtel comprenait aussi deux ordinateurs
avec un accès à internet gratuit.
Nous nous sommes arrêtées à cette chambre pour 6 semaines mais il y a une multitude d’hôtels à
Phnom Penh, donc pas de problème il est très facile de trouver rapidement un toit pas cher.
La moyenne des prix pour ce genre de logement est de 10$/4 pers/nuit, il faut bien sûr toujours
négocier le prix. La climatisation est toujours proposée, plus chère que le ventilateur et il y a
minimum un poste internet gratuit dans quasiment chaque hôtel ou « guest house ». En revanche,
attention aux lits « 2 places » qui ne contiennent en fait que 1.5 personnes !
Nous avons au début regardé brièvement s’il était possible de louer un appartement mais les offres
abordables étaient rares ou peu rentables par rapport à une « guest house » et les visites (passant
par de multiples interlocuteurs ne parlant pas toujours anglais ou français) risquaient de prendre
beaucoup de temps. Cela dit, 6 amis on réussi à louer un appartement vers le quai Sisowath, donc
très bien situé, pour un prix très intéressant.
Un autre avantage à rester dans la même « guest house » : nous partions tous les week-end en visite
dans une autre ville, pendant 2 voire 3 jours parfois et nos affaires restaient dans une salle de l’hôtel,
fermée à clé. Nous retrouvions la même chambre à la fin du week-end, propre et tout en ayant fait
des économies…
Argent
La devise cambodgienne est le riel. Cependant il est tout aussi facile de payer avec des dollars et dans
ce cas la monnaie est rendue en riels, sachant que.1 dollar = 4000 riels environ. Il faut essayer d’avoir
un maximum de petites coupures (1 ou 5$) pour les petites transactions quotidiennes comme l’achat
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de nourriture ou pour payer les tuk-tuks, sinon ça devient problématique pour se faire rendre la
monnaie.
Il y a de nombreuses banques à Phnom Penh où il est facile de changer des euros, sinon il y a
quelques distributeurs automatiques délivrant des dollars.
Il est rare de pouvoir payer avec sa carte bancaire, seulement pour de gros montants et dans des
endroits plutôt chics.
Pour avoir une idée du coût de la vie : une bouteille d’eau coûte environ 2000-2500 riels, une
cannette de coca 3000 riels, une soupe de pâtes avec légumes ou poulet achetée au bord de la route
4000-5000 riels, un repas complet dans un restaurant « cheap » 3-4 dollars, une course en tuk-tuk
6000-7000 riels pour traverser la ville pour une personne seule …
Encore une fois là-bas, tant que le prix n’est pas clairement écrit sur la chose à acheter (et encore…),
tout se marchande ! Et le mieux est alors de proposer des prix en riels. Certains demandent aux
touristes des prix exorbitant comparés à ceux proposés aux khmers, il n’en tient ensuite qu’à chacun
de poursuivre plus ou moins le marchandage, tout en se rappelant qu’on reste des touristes…
Santé
S’il arrive le moindre pépin le mieux est d’aller se faire soigner à l’hôpital Calmette à PP, c’est l’un des
hôpitaux les plus riches de PP et les urgences sont assez bien prises en charge. Mais la qualité des
soins reste quand même sommaire, bien inférieure à nos hôpitaux européens donc le mot d’ordre
reste la prudence. Sinon suivant la gravité et les lieux où l’on se trouve, les autres options sont soit
d’aller se faire soigner à Bangkok, soit de se faire rapatrier… Le Vietnam propose aussi de bons
hôpitaux dans les grandes villes.
En tout cas, il faut partir avec une bonne assistance rapatriement et bien communiquer le numéro
d’urgence à ses compagnons de voyage.
Au Cambodge, les accidents de moto sont fréquents à cause du nombre de véhicules et de la
mauvaise qualité de route dans certains coins du pays. Donc si vous choisissez de louer une moto, il
faut minimum porter un casque (demandez–en un aussi au moto-taxi qui vous conduit) et des
vêtements longs protecteurs, les chutes sont très fréquentes…
Il est conseillé sinon d’être à jour dans le calendrier vaccinal classique, et de se faire vacciner en plus
contre : l’hépatite A, la typhoïde (et l’hépatite B suivant la longueur du séjour et les conditions de vie).
Il convient de prendre en plus une prophylaxie orale antipaludéenne de zone 3 et des mesures
préventives contre les piqûres de moustiques (vêtements longs, sprays répulsifs…) notamment dans
les petites villes et en zones rurales.
Il est sinon difficile d’acheter des médicaments efficaces là-bas, beaucoup sont falsifiés dans des
pharmacies semblant tout à fait correctes, donc il vaut mieux prévoir le nécessaire de base avant de
partir.
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Télécommunication
L’accès internet est facile à Phnom Penh, c’est le meilleur moyen de communiquer jusqu’à chez nous.
Skype est toujours installé sur les ordinateurs des « guest house ». Il est possible d’acheter sinon des
cartes téléphoniques vers l’Europe.
Il est facile de s’acheter une carte SIM prépayée dans de nombreuses boutiques de téléphonie à
Phnom Penh notamment proche de l’Orussey market pour des prix défiant toute concurrence (4-5$
pour un petit forfait de communication), les portables eux restent à peu près aussi chers que chez
nous.
Vie universitaire – Stage
Un stage de 6 ou 8 semaines est obligatoire en fin de 5e année de médecine. Notre faculté nous
permet de partir de partir dans n’importe quelle faculté dans le monde à condition que nous
obtenions un accord de principe de l’université étrangère et notre stage est validé suivant une
évaluation pendant le stage. Nous dépendions de l’Université des Sciences de la Santé à Phnom Penh.
Un lien entre cette université et la notre existe depuis maintenant quelques années, ce qui a
grandement facilité l’obtention de l’accord (de plus la correspondante cambodgienne, Mlle Thaï,
parle parfaitement français).
Je n’ai pas eu de cours, j’étais en stage à temps plein pendant 6 semaines à l’hôpital Amitié KhméroSoviétique.
C’est l’un des plus gros hôpitaux publics de Phnom Penh, il y est célèbre pour sa multitude de
services et spécialités présentés, ainsi que son accès aux soins particulièrement facile pour les plus
démunis. En effet l’hôpital reçoit un grand nombre d’aides financières d’ONG internationales et du
district. La qualité des soins reste en revanche contrastée avec celle des établissements privés pour
faute de moyens financiers.
J’ai effectué mon stage dans le service des urgences infectieuses. Les pathologies les plus
rencontrées dans le service étaient la dengue, la fièvre typhoïde, le paludisme, l’hépatite B et les
abcès hépatiques parasitaires.
Ce qui m’a le plus marqué pendant mon stage était premièrement le manque de moyens
diagnostiques et thérapeutiques des médecins, surtout face à des patients très pauvres.
Deuxièmement, les antibiotiques à large spectre étaient presque utilisés en routine, ce qui favorise la
survenue de souches résistantes aux antibiotiques. Celles-ci sont donc particulièrement fréquentes
et condamnent une multitude de cambodgiens, laissant les médecins khmers démunis face à la
situation. En effet ces procédures sont bien trop ancrées et l’arsenal thérapeutique est trop limité
pour changer la prise en charge.
De plus les conditions d’hospitalisation du patient à l’hôpital ne facilitent pas la protection des
malades : les patients sont installés à 2 ou 3 dans une même chambre (l’isolement est quasi
impossible lors de risque infectieux sévère) et c’est la famille qui s’occupe de nourrir, laver, changer
et lever le malade. Un ou deux membres de la famille sont donc constamment présents aux côtés du
malade et vivent avec lui car il n’y a pas d’infrastructures proposées proche de l’hôpital et les
patients viennent souvent de loin. Le peu d’intimité du patient est ainsi flagrant d’autant plus lors du
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tour du médecin, celui-ci étant suivi par les internes et externes, qui tour à tour pratiquent l’examen
clinique sur le malade.
Les patients hospitalisés étaient pour la plupart assez pauvres. Les frais d’hospitalisation
comprennent le prix d’une place dans la chambre (25 dollars la première journée puis 10 dollars
chaque jour suivant) et ensuite chaque geste avec le matériel utilisé est décompté. Des ONG
permettent de financer une partie des frais pour beaucoup de patients.
Mon rôle pendant ce stage a été celui d’une externe : j’ai suivi les médecins pendant leur tour, rédigé
des observations avec les internes, examiné les patients avec les internes et externes khmers.
Vie quotidienne
Le mieux pour s’imprégner de la vie cambodgienne est de se balader dans les rue et d’observer…Il y a
par exemple toujours une masse de motocyclistes qui s’agglutinent dans les rues ; il y a tous ces
vendeurs sur le bord de la route qui proposent des plats de toutes sortes ; il y a les marchés aux
allées interminables, dans lesquelles on peut trouver vraiment de tout ; il y a les petits restaurants,
les magasins de toutes formes… Cette capitale de 1.5 millions grouille vraiment de vie ! Les vendeurs
s’activent très tôt entre 6 et 7h le matin et s’arrêtent la plupart vers 19h peu de temps après la
tombée de la nuit pendant l’été.
La saison des pluies est de mai à octobre environ les journées y sont très chaudes et surtout très
humides, il y a des pluies violentes et courtes particulièrement en fin de journée, ce qui ne
monopolise pas un jour entier. Mais mieux vaut-il avoir un bon poncho pour protéger son sac à dos !
Les trajets en tuk-tuk sont incontournables ! Déjà ils sont souvent assez confortables, ils sont abrités
du soleil et permettent de profiter de l’air en roulant. Ils nous amènent voir de près cette fameuse
circulation chaotique qui ne respecte qu’une règle : la priorité est laissée à celui qui possède le plus
gros véhicule et/ou qui klaxonne le plus… Sinon dans tout le pays, le plus simple est de se déplacer en
car et de passer par des compagnies comme Sorya, Capitol Tours et Paramount Angkor Express
Compagny. Elles desservent les grandes villes et principaux sites touristiques du Cambodge et
permettent de voyager pas cher.
Du point de vue nourritures, je conseille d’essayer un maximum de petit plats sur le bord de la route,
à condition que ça paraisse bien cuit, c’est très bon marché et typique, on y trouve beaucoup de riz,
de nouilles, agrémentés de multiple façons, des brochettes de porc, des « srpingrolls »…et sinon il
faut tester au restaurant l’Amok, le Loc Lac, les différents poissons grillés, etc.
II) Bilan et suggestions
J’ai pu découvrir pendant ces six semaines un pays superbe qu’il n’est pas facile de quitter, des gens
très attachants et chaleureux malgré la misère quotidienne.
Leur culture est un mélange épatant de contrastes, elle mêle en effet le pire : un passé tourmenté
par les Khmers Rouges, encore tout récent, presque palpable ; et des trésors architecturaux
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grandioses comme Angkor. On ressent en visitant le Cambodge, une forte volonté des Khmers pour
s’en sortir, pour tourner la page des drames historiques afin au contraire d’exposer au monde les
trésors que regorge ce pays, tout en préservant leur patrimoine et leur culture.
De plus mon stage aura été une expérience inoubliable. Il m’a permis d’appréhender la médecine
dans un autre contexte, de prendre conscience du poids du manque de moyens financiers autant au
niveau des conséquences pour le patients que pour les décisions thérapeutiques des médecins.
Cette triste réalité financière. « Si vous n’avez pas d’argent, vous ne pouvez pas vous faire
correctement soigner » était parfois très dure à accepter. Mais j’ai adoré mon stage car j’y ai trouvé
des médecins et étudiants bien conscients de toutes ces difficultés, et qui ne baissaient pas les bras,
ils étaient toujours aussi motivés à exercer ou à continuer d’apprendre pour être meilleurs soignants
avec les moyens dont ils disposaient.
En outre à cause de la barrière de la langue, de leurs habitudes thérapeutiques, de leur caractère
plutôt réservé et de leurs maigres moyens financiers, j’ai appris à être plus autonome et à aller plus
rapidement à l’essentiel.
J’aimerais vraiment exercer dans ce type d’établissement plus tard et même dans ce type de service
de médecine, à titre humanitaire, et ce stage m’a permis d’en prendre conscience pleinement.
Trouver notre stage a été plutôt facile : notre faculté nous a permis d’établir facilement contact avec
l’établissement d’accueil, par l’intermédiaire de Mlle Thaï.
A notre arrivée nous avons été accueillie par celle-ci ainsi que par le Dr Thomas Fassier qui nous a
décrit le fonctionnement des différents hôpitaux, les difficultés qu’on serait susceptible de
rencontrer dans le service de médecine, il a un mieux défini notre rôle et affiné nos objectifs de
stage… Ce « briefing » d’accueil a été très pertinent car ce médecin français vivait depuis plus d’un an
à Phnom Penh, il avait donc assez de recul et pouvait nous faire part de ses propres expériences.
De plus nous avons participé à des ateliers francophones organisés par ce médecin et destinés aux
internes cambodgiens qui viendraient exercer par la suite quelques semestres en France. Cet
échange a été très bénéfique des deux côtés, nous avons pu confronter nos différentes cultures,
comparer les prises en charges des patients dans des cas classiques… On a pu ensuite s’intégrer plus
facilement dans les services hospitaliers.
Nous n’avons donc jamais été seuls, nous savions que si besoin nous pouvions nous adresser
facilement et rapidement à toutes ces personnes.
Il me semble qu’il faudrait développer autant que possible ce concept d’atelier d’échange entre
étudiants de nationalités différentes, avant ou pendant le séjour à l’étranger, si des étudiants
étrangers sont motivés. Il est important en effet d’avoir dès le début des possibilités de contact avec
des étudiants étrangers originaires du lieux du stage car il n’est pas toujours facile d’en connaître
rapidement là-bas et c’est très enrichissant de pouvoir comparer certaines spécificités culturelles
avec eux, dès les premiers jours, ou d’avoir une personne qui puisse nous conseiller et nous aider à
l’arrivée pour s’installer.
Je n’ai pas eu de contact avec les étudiants français partis précédemment avant mon séjour au
Cambodge mais avec du recul je pense c’était un tort. J’aurais peut-être mieux appréhendé mon
stage et m’y serais pleinement investie plus rapidement. En effet il faut se donner une période
d’adaptation face à cet environnement totalement nouveau mais c’est un temps précieux car 6
semaines passent à une vitesse folle !
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Je n’ai pas de suggestion nouvelle à apporter concernant la bourse Explo’ra sup. Elle m’a été d’une
aide très précieuse, je n’aurais pas pu envisager de partir sans l’aide de la Région Rhône Alpes. Je lui
en suis donc très reconnaissante. Mon séjour au Cambodge et mon stage particulièrement m’ont
effectivement apporté bien plus que ce que j’en attendais.
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Rapport - Région Rhône