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L’INSUFFISANCE
Compte-rendu du colloque de cardiologie
L’association ACMPC a organisé
dans le cadre du programme de FMC
« Jeudi médical de Chlef » un collo-
que de cardiologie consacré à l’insuf-
fisance cardiaque le 22 décembre
2005 au musée régional Abdelmadjid
Meziane à Chlef.
C’est pour la première fois que notre
association tient son colloque dans
l’enceinte de cette belle réalisation
architecturale qui abrite la mémoire
de la région. Disons tout de suite que
ce « joyau » - dont la salle de confé-
rence qui s’y trouve offre le confort et
la fonctionnalité technique de qualité -
est apte à accueillir des manifesta-
tions culturelles et scientifiques de
haute facture. Il mérite d’être bien
entretenu et préservé comme le sont
les objets et vestiges des temps pas-
sés qui s’y trouvent exposer.
C’est le professeur KARA chef de
clinique de cardiologie à Oran qui a
animé cette rencontre médicale. Celle
-ci s’est déroulée en fait sous forme
de conférence unique suivie d’un ri-
che débat. La forte « présence magis-
trale » du Pr KARA, son aura et son
sens de la communication acquis sui-
te à une longue expérience ont vite
fait polariser l’attention de l’assistance
aux propos du maître.
Ce dernier a commencé son inter-
vention en précisant que cette ren-
contre serait l’entame d’une tournée
qu’il compte organiser dans plusieurs
villes de l’ouest du pays pour causer
avec ses pairs du thème de l’insuffi-
sance cardiaque (IC).
Son exposé sur la question à l’ordre
du jour débute par un tour d’horizon
épidémiologique d’où se dégage une
prévalence de plus en plus forte d’IC
notamment dans les pays avancés.
Selon les statistiques européennes,
cette prévalence serait comprise en-
tre 0,4 à 2% dans la population géné-
rale du vieux continent.
En Algérie, cette pathologie serait
également en progression, à l’allure
de l’émergence des maladies non
transmissibles constatée dans le
contexte de transition épidémiologi-
que que connaît actuellement le pays
et en raison de l’accroissement de
l’espérance de vie des algériens.
L’orateur aborde ensuite le chapitre
de la physiopathologie, essentiel pour
comprendre le développement de
l’IC, l’évolution ultérieure des symptô-
mes et envisager des conduites thé-
rapeutiques raisonnables et efficaces.
Lorsque le cœur devient défaillant,
l'organisme essaie alors de s'adapter
pour compenser le déficit du pompa-
ge cardiaque (y arrive dans un pre-
mier temps puis se voit déborder et
impuissant ultérieurement) :
►réajustements opérés par le systè-
me neurovégétatif tant sur la fréquen-
ce des contractions du muscle cardia-
que (accélération du pouls) que sur la
redistribution du lit vasculaire
(vasoconstriction en périphérie) ;
►stimulation du système rénine-
angiotensine-aldostérone.
DIAGNOSTIC CLINIQUE
D’INSUFFISANCE
CARDIAQUE
Lorsque le muscle cardiaque devient
défaillant, le retentissement se fait
d'abord en amont :
• ainsi, quand le ventricule gauche
n'éjecte plus suffisamment de sang,
il se produit un engorgement dans
les poumons qui se traduit d'abord
par un essoufflement (dyspnée) puis
par un passage d'eau dans les al-
véoles pulmonaires (OAP) ;
• de même, quand le ventricule droit
à son tour ne fonctionne plus correc-
tement, le sang veineux stagne dans
les tissus, d'où un gros foie doulou-
reux, reflux hépato-jugulaire et des
œdèmes des membres inférieurs.
• Un cœur insuffisant ne parvient
plus à éliminer l'eau et le sel : la
diurèse baisse et il y a une surcharge
hydrosodée.
Ce n'est que quand le débit de sang
éjecté par le VG est très diminué que
la tension artérielle commence à bais-
ser, avec même apparition de signes
de choc, lorsque les tissus ne reçoi-
vent plus de sang oxygéné.
Ces
signes
cliniques
d’IC
doivent
être
recherchés et évalués au cours d’un
examen clinique soigneux du patient.
La dyspnée, les OMI et la fatigue sont
des symptômes caractéristiques d’IC
mais peuvent être difficiles à interpré-
ter mais quand un troisième bruit car-
diaque est ausculté, on peut affirmer
le diagnostic d’IC en toute confiance.
SYMPTÔMES ET
SÉVÉRITÉ DE L’INSUFFI-
SANCE CARDIAQUE
Une fois le diagnostic d’IC établi, on
peut utiliser les symptômes pour juger
de la sévérité de l’IC et pour appré-
cier la réponse de l’organisme au
traitement.
On distingue selon la classification
internationalement
admise
de
la
NYHA
quatre degrés de gravité d’une IC :
Classe
I
: l’activité physique ordinaire
n’entraîne ni fatigue, ni dyspnée. Il y a
maladie cardiaque mais sans consé-
quence sur la résistance physique.
Classe II : le patient est à l’aise au
repos, mais l’activité ordinaire entraî-
ne chez lui une fatigue, des palpita-
tions ou une dyspnée et impose. Limi-
tation modeste de l’activité physique
du malade.
Classe III : Réduction marquée de
l’activité physique : à l’aise au repos,
mais une activité moindre qu’à