Cours du 12-01-2012
I.
VUE INFERIEURE DU CERVEAU APRES SECTION DU MESENCEPHALE
Schéma : On voit les noyaux du III en arrière ainsi que l'aqueduc du mésencéphale qui réunit le V3 et le
V4. La section du mésencéphale permet de voir les pédoncules cérébraux en fuite, et dans l'écartement de
ces derniers se trouvent les tubercules mamillaires (= centre de la mémoire). On voit aussi la tige hypophysaire, et également la limite morphologique supérieure du tronc cérébral càd les formations optiques avec
les bandelettes optiques. L'union de ces bandelettes forme le chiasma optique, prolongé en avant par le
nerf optique. Les rapports tige hypophysaire/chiasma permettent d’expliquer que certaines tumeurs hypophysaires se manifestent par des troubles visuels. Les voies optiques se terminent en arrière par des formations mésencéphaliques nommées les colliculus supérieurs et inférieurs et les corps géniculés latéraux et
médiaux.
Cette vue est nécessaire pour représenter la face inférieure du cortex cérébral. On identifie en
avant les deux lobes frontaux droit et gauche. Latéralement, on a les lobes temporaux qui se poursuivent
en arrière par les lobes occipitaux. On reconnaît aussi les formations inter-hémisphériques, en particulier le
corps calleux qui unit les deux hémisphères et qui a une forme particulière.
1. LE LOBE FRONTAL
Au niveau du lobe frontal, on trouve des sillons avec des formes caractéristiques à savoir le sillon
médial (ou olfactif) du lobe frontal, recouvert par les formations olfactives. Plus en dehors, entre les circonvolutions, se trouve un sillon particulier ayant une forme de H = le sillon cruciforme (dit encore latéral ou
orbitaire). L'ensemble de ces sillons permet de définir des circonvolutions frontales : F1, F2 et F3. On reconnaît le bulbe olfactif (= partie dilatée des formations olfactives), puis les bandelettes olfactives qui vont
se terminer en avant du mésencéphale par des stries olfactives (latérale et médiale). Donc les formations
olfactives sont au niveau du sillon médial, en dedans de la première circonvolution frontale. Entre les stries
olfactives se trouvent des petits trous qui voient le passage des artères issues du polygone de Willis (destinées à l’irrigation de la partie centrale du cerveau et surtout de la capsule interne) nommé l’espace perforé
antérieur. L'espace perforé postérieur consiste en des trous au niveau mésencéphalique, entre les pédoncules cérébraux.
2. LE LOBE TEMPORAL
Au niveau du lobe temporal on trouve plusieurs circonvolutions. Ces dernières sont au nombre de 5
avec T5 qui se poursuit en arrière par la 5ème circonvolution occipitale. En dehors, on a T4 – O4, encore
plus en dehors T3-O3. Le gyrus occipito-temporal médial (= T5-O5) va constituer le rhinencéphale qui va
jouer à la fois des rôles importants dans le sens de l'olfaction, mais aussi dans les processus de mémorisation. En avant, cette cinquième circonvolution temporale présente un gyrus para-hippocampal qui se recourbe en avant pour donner un crochet ou uncus de l'hippocampe qui se termine non loin de la strie olfactive latérale.
Cette vue inférieure permet aussi de voir la deuxième paire de nerf crânien, càd les formations
optiques (nerf qui va donner le chiasma optique). On avait quitté le nerf dans l’œil et la cavité orbitaire, on
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le retrouve dans cette région mésencéphalique qui constitue la limite inférieure. On voit donc sur cette vue
le nerf II et également le I. Ces deux nerfs ne sont rien d’autres que des évaginations du cerveau, tout
comme l’œil.
Pour mieux représenter cette circonvolution particulière inter-calleuse qu’est T5-O5, il faut faire une
coupe sagittale du cerveau.
II.
COUPE SAGITTALE DU CERVEAU
1. LES FORMATIONS INTER-HEMISPHERIQUES
On voit le corps calleux (= formation de substance blanche qui réunit les hémisphères droit et gauche)
avec son rostrum (= bec du corps calleux) qui va précéder le genou, puis le corps, puis le splénium (= partie
postérieure du corps calleux). Il existe une autre formation inter-hémisphérique : la commissure antérieure.
En dessous, on a une formation de substance blanche que l’on appelle la lame terminale. Elle surplombe
les formations optiques réunies càd le chiasma optique qui lui-même surplombe l'axe hypothalamohypophysaire, qui est une formation diencéphalique avec ses deux hypophyses : l'anté-hypophyse (à
l’avant) et la post-hypophyse. On voit aussi les tubercules mamillaires (qui rentrent en jeu dans le circuit de
la mémoire), puis le mésencéphale avec le pont et le métencéphale. La fente de Bichat ou fissure transverse du cerveau est limitée en avant par le fornix (qui lui aussi est une connexion inter-hémisphérique, au
même titre que le corps calleux et la commissure antérieure). Entre le fornix et le corps calleux, on observe
un voile. Il s’agit d’une formation épendymaire appelée septum lucidum. En dessous et en arrière de tout
ça se trouve le toit du V3 qui est disposé lui-même en avant de l'épiphyse, puis on trouve les colliculus et
les corps géniculés, puis les pédoncules cérébelleux qui soutiennent en arrière le cerveau. Les trous de Monro réunissent les ventricules latéraux et le 3ème ventricule. Ce dernier est limité latéralement par le thalamus (centre de toutes les sensibilités)
2. LE SYSTEME LIMBIQUE
Les formations limbiques correspondent à l’ensemble des formations qui font le tour du corps calleux.
Le gyrus cingulaire, qui entoure le corps calleux, se prolonge par la 5ème circonvolution temporale avec le
crochet ou incus de la cinquième circonvolution temporale nommé crochet para-hippocampal.
Au niveau de l’archicortex, il y a une continuité de couches corticales à cellules grises à trois
couches alors que dans le cortex c’est six couches. L’archicortex (le plus ancien) est formé par l’indusium
gris (= formation de substance grise), strictement péri-calleuse qui précède la fasciola cinerea puis ensuite
le gyrus dontatus (ou dentelé) qui est dilaté. En avant du gyrus dentelé il y a la bandelette de l'incus de
Giacomini qui se termine par la bandelette diagonale de Broca qui va rejoindre l'indusium gris.
L’association de l’archicortex avec le paléocortex (formé surtout par le gyrus cingulaire ou péri-calleux)
donne le système limbique rhinencéphalique.
Les aires olfactives sont en avant de tout ça et se terminent très près de l’incus de l’hippocampe. On
a le bulbe olfactif avec en dessous la lame criblée de l’ethmoïde (= toit des fosses nasales), le filet olfactif,
les bandelettes olfactives, et enfin les stries olfactives. Il y a 3 aires olfactives, dont : une aire olfactive
latérale ou l’aire 34 de Boldmann qui est donc un centre olfactif, et une aire olfactive médiale ou aire septale ou aire 25 de Boldmann, très près des commissures.
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Le sens de l’olfaction se différencie des autres sens car tout d’abord elle n’a pas d’organisation en 3
neurones (d’où une plus grande complexité), mais aussi ce sens n’est pas filtré par le thalamus (c’est le seul
sens ayant cette particularité).
Il y a une loi générale qui dit que toutes voies sensitives, sensibles ou sensorielles ont trois neurones : un protoneurone sensitif avec un corps cellulaire qui se trouve toujours dans un ganglion, un deutoneurone qui se termine forcément dans le thalamus, et enfin il y a un troisième neurone qui est en projection corticale vers l’aire de la sensibilité. Sauf l’olfaction qui d’une part n’a pas trois neurones mais des
cellules particulières ciliées. D’autre part, le sens n’est pas filtré par le thalamus, puisque les centres sont
pré-thalamiques et entrent aussi en jeu par rapport au mécanisme de la mémorisation (qui se fait dans le
circuit de Papez ou péri-limbique).
Il faut savoir aussi que la tache jaune (= portion de muqueuse) est au niveau du toit des fosses nasales et plus précisément au niveau du cornet supérieur. Au niveau d'elle se trouve la terminaison des cellules de l'olfaction. Elle mesure environ 10cm² et involue avec l'âge (d’où le fait que les personnes âgées
mangent très salé ou très sucré).
(Petit rappel : les cornets ont pour vocation de brasser l’air inspiré pour créer des turbulences afin
qu’un maximum de cellules odorifères qui puissent entrer en contact avec la tache jaune. Un humain normal peut distinguer entre 2000 et 4000 particules odorifères, malgré le fait que son olfaction ait régressé
par rapport aux autres mammifères).
III. SYSTEMATISATION DES VOIES VISUELLES (+++).
C’est un schéma très important car il explique beaucoup de cliniques.
Schéma : On voit les globes oculaires, prolongés par les nerfs optiques qui se réunissent pour former les
chiasmas optiques, qui se poursuivent en arrière par les bandelettes optiques qui se terminent au niveau
des coliculus supérieurs. Ensuite on représente le cortex occipital avec le lobe occipital avec le sillon calcarin. L’organisation se fait en trois neurones. Le premier neurone est strictement intra-rétinien : les cellules
en cône et en bâtonnets vont donner l'information. Ensuite, ce protoneurone va s'articuler avec le deuxième neurone qui va traverser le nerf optique, le chiasma et les bandelettes jusqu'au coliculus qui correspond à la fin du deutoneurone de la voie visuelle. En fonction de la topographie des fibres, la décussation
n’est pas la même. Càd que les deutoneurones provenant du champ rétinien temporal ne croisent pas la
ligne médiale et vont se terminer au niveau de la lame tectale = le tectum du toit du mésencéphale. Au
contraire, les deutoneurones qui proviennent de la rétine nasale vont décusser, càd croiser la ligne médiale.
Le champ visuel temporal va se projeter sur le champ rétinien nasal, alors que le champ visuel nasal va se
projeter sur le champ rétinien temporal (++). Le troisième neurone emprunte les stries optiques (ou radiations optiques) en contact avec les ventricules et va se terminer au niveau du cortex occipital.
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Sémiologie des voies visuelles :
Section traumatique du nerf optique dans les plaies avec ablation du globe oculaire, ou thrombose
de l'artère ophtalmique → cécité monoculaire qui peut être transitoire ou définitive.
Interruption des fibres des champs visuels (ex : tumeurs de l’hypophyse (cranium pharyngium) qui
comprime le chiasma) → hémianopsie bitemporale.
Interruption des bandelettes optiques càd interruption des voies provenant des champs temporaux  hémianopsie latérale homonyme.
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IV.
VUE SUP DE LA BASE DU CRANE ++
Schéma : On voit sur ce schéma un ovoïde à grosse extrémité post où on y met le foramen magnum qui
est limité en avant par la partie basilaire de l’os occipital, latéralement par les parties latérales, l’échancrure
ici va donner le foramen jugulaire et on voit aussi la partie squameuse de l’os occipital. Latéralement on a
l'os temporal. Au centre on a le sphénoïde, les processus clinoïdes post qui délimitent la selle turcique, et
antérieur, le bec ou rostrum du sphénoïde qui s'articule en avant avec l'éthmoïde. Le sphénoïde d’ailleurs
posséde des petites et des grandes ailes où entre, se trouve la fissure orbitaire supérieure. La pyramide
pétreuse va s’articuler avec l’os occipital. Il y a un trou principal : le pore acoustique interne.
Dans la fosse cérébrale post se trouve le cervelet (tenu en avant par le tronc cérébral). La tente du cervelet est une lame dure-mérienne dont l’insertion osseuse est appelée grande circonférence. On représente aussi la section mésencéphalique où sont sectionnés en bas la protubérance annulaire et le pont qui
se prolonge en arrière par les pédoncules cérébelleux moyens avec le V4. Nous sommes donc au niveau du
pont càd pas loin du sillon bulbo-pontique. On peut donc voir les nerfs sous-jacents càd le VI abducens, le
VII facial, le VII bis (intermédiaire de Wrisberg) et le VIII cochléo-vestibulaire. Ce dernier se trouve dans
l'angle ponto-cérébelleux (= l’angle entre le pont et le cervelet). C’est dans cet angle que naissent les nerfs
les plus latéraux, à savoir le VII et le VIII qui vont se diriger ensemble, dans un plan transversal, vers le pore
acoustique interne. Ces deux nerfs, VII et VIII, vont entrer dans le rocher via le pore acoustique interne. Par
conséquent cette disposition explique leur sémiologie commune càd qu’un neurinome du VIII se révèle par
des acouphènes chez le sujet jeune et peut donner des paralysies faciales puisqu’au niveau de l’angle ponto-cérébelleux, ces deux nerfs sont côte à côte au même niveau et rejoignent le même trou. Au sein du
rocher on a la caisse du tympan et l'appareil de l'audition et de l'équilibre.
La cochlée = appareil de l'audition, reliée à la caisse du tympan, elle-même reliée à l'extérieur.
V.
SYSTEMATISATION DES VOIES ACOUSTIQUES
Sur une vue postérieure du tronc cérébral suite à la section des pédoncules cérébelleux (inférieurs,
moyens et supérieurs), on reconnaît la lame tectale ou toit du mésencéphale constituée par les coliculus et
les corps géniculés. On est au niveau du V4 dont le plancher possède un sillon médian et deux sillons de
chaque côté nommés sulcus limitant. L'organisation des noyaux des nerfs crâniens se fait en fonction de ce
sulcus limitant. En dedans, il y a trois colonnes motrices : une colonne branchiale, une colonne somitique et
une colonne viscéro-motrice (la dernière n’étant pas à retenir). En dehors, il y a trois colonnes sensitives :
viscéroceptive, proprioceptive, extéroceptive.
L’organisation se fait toujours en trois neurones : un protoneurone qui vient de la cochlée et qui va
rejoindre ces noyaux via le nerf acoustique VIII en passant via le trou acoustique interne, en arrivant dans le
tronc du VIII puis en arrivant au niveau des pédoncules cérébelleux moyens. Dans les organes de Corti se
trouve le corps cellulaire du protoneurone (il s’agit d’un ganglion). A partir de ce noyau du VIII de la 6ème
colonne (extéroceptive), il va y avoir deux possibilités de voie avec passage dans tous les cas de la ligne
médiale.
- Soit le deutoneurone emprunte les stries acoustiques que l'on voit à la surface du plancher du V4 (=
barbe du canalus tritorius ?), il n’y a pas de décussation
- Soit il va passer via des faisceaux nommés corps trapézoïde (il y a alors décussation) qui vont remonter vers le tectum et se terminer au niveau du colliculus terminal = fin du deutoneurone.
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Ensuite vient le 3ème neurone = stries acoustiques qui vont aller pas loin du sillon sylvien pour atteindre les
aires acoustiques (41 et 42 de Brodmann) qui vont permettre d’identifier les sons du cortex.
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