PROBLEMES ECONOMIQUES CONTEMPORAINS
Chap 1 : Partage de la VA
Chap 2 : Inégalités et pauvreté
Chap 3 : Problèmes liés à l'environnement
(20/01/12)
CHAPITRE 1 : PARTAGE DE LA VALEUR AJOUTEE (VA)
INTRO :
Le problème du partage de la VA, est un problème où sont mis en exergue le rôle des agents
économiques et surtout leurs rapports de force précisément nous étudierons les rapports de
force entre 3 types d'acteurs : apporteurs de capital (AC) ou capitalistes, les dirigeants, et les
exécutants. La lutte pour le partage de la VA va nous permettre de concevoir un mécanisme
de détermination du montant des rémunérations des agents économiques (pas de rémunération
à la productivité marginale). Nous aboutirons à un constat : les rémunérations dépendent des
rapports de force entre les acteurs. D'autres éléments rentreront en ligne de compte, le
fonctionnement du marché financier, le rôle de la BCE, l’état de crise d'un pays, tous ces
éléments peuvent modifier les inégalités de partage de la VA.
I. La richesse
Le PIB est l'indicateur le plus utilisé pour mesurer la richesse d'un pays. Il existe plusieurs
méthodes (méthodes de production (Y), revenu...)
Parfois le PIB augmente pour des causes négatives = externalités négatives
A) Définitions
*VP (valeur de la Y d'un pays) : il s'agit du montant de ce qui a été effectivement produit (en
valeur monétaire) durant 1 année (incluant les variations de stock)
*Ci (consommations intermédiaires) : il s'agit du montant des b&s (biens et services) achetés
au cours d'une année (par les sociétés et quasi-sociétés) qui entrent dans la Y de marchandises
ou qui sont totalement détruits lors du processus de Y
*Valeur ajoutée (brute)) : VA(B) = VP – Ci
*Valeur ajoutée (nette) : pour obtenir la VA nette il faut enlever les amortissements ( VA(N)
= VA(B) – Am ). Les amortissements impliquent un problème de comparaison entre les pays
*PIB = VA(B) + TVA : il s'agit des valeurs ajoutées brutes et de la TVA collectée sur le
territoire nationale
*La réelle mesure du PIB = VA(B) + TVA + ddd – subventions intérieures + subventions
extérieures
*Produit intérieur net : PIN = PIB – Am
B) PIB nominal/PIB réel
Le PIB en 2010 est de l'ordre de 1933 milliards d'Euros
Périodes
Q1
Q2
P1
P2
Ci
TVA
Ddd/subv
t
4
5
2
4
0
0
0
t+1
3
4
4
5
0
0
0
→ PIBNominal t = 4*2 + 5*4 = 28
→ PIBNominal t = 3*4+ 4*5 = 32
→ PIBRéel t = valeur de prix de base en t (2,4) = 28
→ PIBRéel t+1 = 22
Pour éviter l'illusion monétaire le calcul du PIB doit se faire à prix constants (PIB à prix
constants = PIB réel)
Un déflateur est une technique qui permet de corriger les effets de l'inflation
→ Déflateur t+1 = (indice du niveau général des prix en t+1) INGP t+1 = PIBN t+1 PIBR t+1
= 32
22
= 1,45 (inflation de 45%)
Le PIBR est un volume ou une quantité de Y
Le PIBN est une valeur de Y
L'INGP est un prix moyen
PIBN t+1 = INGP t+1 . PIBR t+1
II. Le rôle des agents économiques
En économie, il existe 2 types d'économies :
→ Économie marchande
→ Économie marchande capitaliste
A) Les économies marchandes (EM) et économies marchandes capitalistes (EMC)
*Une EM est une économie dans laquelle aucun agent n'est contraint à vendre sa force de
travail (W) dans la mesure ou chacun est propriétaire de moyens de Y. Il s'agit d'une
économie avec une seule classe sociale, celles des travailleurs/producteurs indépendants (ex :
économies début XIX°)
*Les EMC sont des économies dans lesquelles on trouve des propriétaires de moyens de Y
face à d'autres agents qui sont contraints à vendre leur force de W. Découpage entre 2 classes
sociales.
B) Les acteurs de EMC
3 acteurs :
Apporteurs de K (AC)
Dirigeants Exécutants
Les EMC sont caractérisées par 3 types d'agents dont les rôles sont clairement définis :
-Les AC permettent aux dirigeants et aux exécutants de disposer de moyens de Y dont ils ont
besoin pour travailler
-Les dirigeants : ce sont les agents capables d'organiser la Y
-Les exécutants mettent en œuvre les stratégies de Y élaborées par les dirigeants au nom des
intérêts des AC
On suppose que la propriété privée existe et que celle-ci accroît l’intérêt des agents pour leurs
propres performances, donc cette grille de lecture (schéma) n'est pas incompatible avec le
concept d'efficacité économique.
Il existe des ponts entre l'orthodoxie et l'hétérodoxie.
C) Exemple : TVA sociale et partage de la VA
TVA fiscale : 19,6%
TVA sociale : c'est l'affectation d'une partie du produit de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
au financement de la protection sociale
diminution des cotisations patronales (35 milliards)
points de TVA supplémentaires (pour une augmentation de 1 point de % = gain de 7 milliards,
donc pour contrebalancer la suppression des cotisations patronales, augmentation de 5 points
de %)
3 impacts sur le partage de la VA :
*Implication directe :
Impact de compétitivité extérieure: permet d'augmenter la compétitivité (face à l'Allemagne
par exemple) = exportations (X) moins chères car baisse du prix de revient
Ex : avant la reforme : un bien vaut 100€ HT
après la réforme : un bien revient à 80€ HT
gain de 20€ soit 0,25% (20/80)
Impact à l'import (même effet que l'augmentation des ddd) : augmentation du PIB
Exemple : Import
avant la reforme : 100€
après la reforme : 100*1,25*119,6 (TVA fiscale) = 149,5
Perte contrebalancée par le prix des importations. Incite les AC à investir = augmentation de
la rémunération = répercussions possibles sur la rémunération des dirigeants et exécutants
*Implication indirecte :
Les prix devraient rester les mêmes à l’intérieur du pays : si les charges patronales diminuent,
le prix des biens va diminuer aussi. Ce qui permet aux biens de conserver le même prix
malgré la hausse de la TVA sociale
Limites : il n'est pas certain que les prix à l’intérieur du territoire restent les mêmes
notamment si ces biens nécessitent des importations de Ci
De plus, si c'est un outil pour concurrencer les autres pays à l’intérieur de l'UE les effets
seront neutralisés si les autres pays européens adoptent la même stratégie. Si les effets se
neutralisent il n'y aurait alors pas d'impact sur le partage de la VA. Cet effet de neutralité
s'appelle : concurrence fiscale
D) Problème
Processus de rapport de force entre dirigeants, AC et exécutants.
Comme les AC ne sont pas rémunérés à la productivité marginale du capital (K), comment les
rémunérations sont-elles fixées ?
Dans les EM le problème ne se pose pas
Dans les EMC en adoptant une démarche positive (non normative) il faut recourir à la notion
de rapport de force
Les partages de VA ne sont pas forcement inéquitables
III. Rémunération et productivité Marginale (Pm)
-Pm du W : Pm(L) : chaque dirigeant et exécutant pourrait être rémunéré à hauteur de sa Pm
(augmentation de la Y due à une heure de W supplémentaire)
Le W : c'est l'ensemble des heures fournies par les dirigeants et exécutants dans le cadre du
processus de Y
-Pm du K : on suppose que le K est l'ensemble des moyens de Y mis à la disposition des
dirigeants et exécutants. Les AC pourraient être rémunérés à hauteur de leur Pm(K)
(augmentation de Y liée à l'utilisation d'une unité supplémentaire de stock de K)
-Résultat : la loi de l'offre et de la demande, la concurrence pure et parfaite (CPP) permettent
d'aboutir à ces 2 types de rémunérations. Il s'agit du point de vue normatif (orthodoxe)
-Doutes : en adoptant un pt de vue hétérodoxe, il est permis de douter concernant ces 2 types
de rémunération marginale.
Les travaux de Arrow et Debreu (article sur l'optimum par modélisation : théorie des jeux
c'est-à-dire interactions des comportements des individus concernant leur rémunération)
montrent que les conditions pour parvenir à un équilibre concurrentiel sont restrictives :
→ absence de coûts fixes (lorsqu'on confronte offre/demande, offre de Y considérée sans
coûts fixes)
→ rendements constants (si on multiplie par 2 le stock de K, on multiplie par 2 la Y) : à
nuancer
→ incertitude des agents (lorsque les agents ne savent pas quel choix ils doivent faire,
difficulté à atteindre ce résultat)
Ces doutes nous conduisent à abandonner dans le cadre de ce chapitre le concept de
rémunération à la Pm (nous reviendrons sur ce concept au chapitre 3 pour trouver des normes
optimales de Y qui permettent de diminuer la pollution)
PROBLEMES ECONOMIQUES CONTEMPORAINS
(27/01/12)
IV. Rémunérations et rapports de force
Les rémunérations vont être régies par les rapports de force entre 3 types d'acteurs. Cette
notion de rapport de force peut d'abord être évoquée en faisant référence au système féodal.
Nous constaterons que ces rapports de force peuvent être mis en parallèle avec ceux que l'on
rencontre dans les EMC.
A) L'exemple féodal
Le système féodal reposait sur un société composée de 3 acteurs :
*La noblesse : elle ne travaillait pas mais elle permettait le travail dans la mesure où elle
protégeait le Tiers état et mettait des terres à sa disposition
*Le clergé : il permettait lui aussi le travail, puisqu'il garantissait un avenir meilleur
*Le tiers-état : il travaillait
→ Hypothèse : le Tiers état est capable de produire une valeur supérieure que celle qui permet
de satisfaire ses propres besoins
Par exemple dans une EM cela signifie que le Tiers état peut produire plus de blé que ce dont
il a besoin
Est-ce que cette aptitude peut être utilisée par la noblesse et le clergé ? Oui dans la mesure où
des prélèvements existaient.
La dîme (dixme) : qui était prélevée par le clergé et qui correspondait à 1/10 de la récolte.
La noblesse pouvait imposer des corvées au Tiers état, à titre gratuit.
→ Corvée, dîme et rapports de force : le montant des impôts (dîme, taille) ou le temps
consacré aux corvées ne pouvaient être d'un montant infini sinon le Tiers état ne parviendrait
plus à subvenir à ses besoins. Mais en dehors de cette limite, les rémunérations de la noblesse
et du clergé dépendaient de l'intensité avec laquelle ils usaient de leur pouvoir
B) EMC
→ Hypothèse : afin de recourir à la notion de rapports de force il est nécessaire de supposer
que dirigeants et exécutants sont capables de créer un VA supérieure à celle dont ils ont
besoin pour vivre.
Est-ce que les AC peuvent bénéficier de cette aptitude ? Oui, car le processus de
détermination des prix (loi de l'offre et de la demande) permet de jouer le même rôle que celui
des impôts dans la société féodale.
→ Rôle de la détermination des prix :
1) EM :
t T t+1
S P, Q* B Temps
(1) P.Q*= Ci + Am + Salaires
Comment se partage la VA ?
Pour répondre a cette question utilisons l'expression de la VA nette :
(2) VA(N) = P.Q* - Ci - Am
(3) VA(N) = Salaires
Le partage de la VA concerne au final que 2 acteurs, les dirigeants et les exécutants,
autrement dit , la classe des travailleurs
Les dirigeants sont capables de prélever une part de VA plus importante puisqu'ils ont la
capacité d'organiser la Y (et de fixer les salaires)
2) Les EMC :
Dans les EMC, les dirigeants vont fixer les prix de manière à pouvoir dégager un salaire
(même chose que dans les EM) mais aussi de garantir une rémunération pour les AC. En
d'autres termes, la recette espérée en début de période doit couvrir les salaires (exigés par les
travailleurs) et un bénéfice espère imposé par les AC aux dirigeants
1. PQ* = Ci + Am + Salaires + B* où B* est l'objectif fixé par les AC
2. VA(N) = PQ* - Ci - Am
3. VA(N) = Salaires + B*
Commentaire : dans les EMC la VA créée se partage entre 2 classes sociales : les travailleurs
(dirigeants + exécutants) qui perçoivent les salaires et les AC qui perçoivent B (et non B* ils
touchent le bénéfice qui s'est réellement créé à l'instant t+1)
Salaires (S) est fixé en début de période
Grèves et MS peuvent faire évoluer les salaires
3 implications générales :
Si B*=B alors les contrats entre les différents acteurs ont été respectés → stabilité du partage
de la VA
Le taux de marge ne représente pas directement dans les poches des AC mais parfois il est
nécessaire de jongler entre B et I
B*=B n'implique pas toujours une stabilité du partage de la VA
Si B*<B alors le bénéfice a été dépassé : ce qui implique une transformation inévitable du
partage de ma VA. Les AC peuvent partager ou non la VA gagnée.
Exemple : cela peut se traduire par une augmentation des rémunérations des AC, il est
possible que les AC décident de récompenser les dirigeants puis exécutants (primes et stock
option), ou partage du bénéfice imposé dans le contrat (ex : Auchan, LeClerc)
Cas des entreprises Leclerc : la politique stratégique de Leclerc est de faire un profit de 1,85%
càd que les AC ne touchent qu'1,85% . Cela bénéficie aux exécutants et dirigeants, afin que
les travailleurs et les consommateurs bénéficient d'un meilleur pouvoir d'achat.
Carrefour a décidé d'adopter la même stratégie de manière à pouvoir capter une demande
supplémentaire
Leclerc / Carrefour détermine le rôle de la fixation des prix
Si B*>B alors les AC peuvent menacer les dirigeants et les dirigeants peuvent à leur tour
menacer les exécutants car les objectifs n'ont pas été atteints. Cette menace qui pèse soit sur
les dirigeants soit sur les exécutants est le licenciement. Donc on constate que les AC tout
comme la noblesse et le clergé sont capables de contraindre dirigeants et exécutants, il y a
bien un rapport de force, dirigeants et exécutants doivent fournir une VA plus importante que
celle qui permet de subvenir à leurs besoins
→ Taux de marge (TXM) et rapports de force : pour définir le TXM commençons par définir
l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE)
L'EBE est le montant de VA qui revient aux AC après avoir payé les salaires :
EBE= VA- Salaires
Le TXM : est la part de VA qui revient aux AC après avoir payé les salaires :
TXM = EBE = VA – Salaires = 1 - Salaires
VA VA VA
(1) On a : S= s . N où s = taux de salaire nominal horaire (s/horaire) et N= nombre d'heures
travaillées
(2) On a : VA= P.Q(*) - Ci - Am où Ci=0 et Am =0
Avec (1) et (2) → TXM = 1 – Salaires = 1 – s. N
VA PQ
(3) Produit Moyen réelle du travail* (PMRT) = Q <=> Q = PMRT . N
N
d'où TXM = 1 – sN = sN . N = 1 - s
PQ PMRT P. PMRT
(*Exemple : nombre de téléphones produit en 1h de W)
TXM = f(p,PMRT,s)
Analyser la décomposition du TXM c'est s’intéresser au partage primaire de la VA
AC
D PMRT E
s
1) Variable p :
-Si p augmente alors le TXM augmente, les AC augmentent leurs rémunérations (toute chose
étant égale par ailleurs càd que les 2 autres variables sont fixes)
Pour atteindre les objectifs fixés par les AC, les dirigeants peuvent miser sur la variations des
prix
Remarque = La variation des prix dépend de la structure du marché (CPP, oligopole,
monopole, duopole)
-Si p diminue alors le TXM diminue
Exemple 1: marché du pétrole : pouvoir de modifier les rapports de force
Exemple 2 : téléphonie mobile Free : diminution des prix
2) PMRT :
Afin de modifier la part de la valeur ajoutée, les dirigeants peuvent compter sur une main
d’œuvre efficace afin de répondre aux exigences des AC
On peut demander plus d'effort de la part de salariés pour augmenter la PMRT
Ou délocaliser une partie du système de Y (Chine, Pays émergents)
3) s :
Les revendications salariales par l’intermédiaire des syndicats qui permet d’accroître s et donc
diminue TXM
Remarque : les augmentations simultanées de s et PMRT peuvent se neutraliser
(03/02/12)
Exercice :
s=2,55 PMRT=1,25
p=3 VA=150
S=102
1) Calculer le Taux de marge de 2 manières différentes
2) s=2,55 → s=2,8125 calculer à nouveau le TXM et expliquez la variation du TXM obtenue
Les faits : neutralité s, p ?
L'évolution du TXM diffère en fonction des pays et dépend aussi de l'aspect juridique
Loi 1982 : indexation des salaires sur les prix : il faut que les salaires soient indexés sur
l'inflation (gouvernement Mitterrand)
1983 : politique d'austérité
Entre 1961 et 2000, les TXM des USA, de l'Allemagne, du RU, de la Fr et de l'Italie ont
progressé. L'explication principale réside dans le « pouvoir de mark-up» (le fait d'être pricemaker : poids suffisant sur le marché pour impose les prix)
Entre 1963 et 1982, l'influence exercée par p est légèrement supérieure à celle de s. Mais entre
82 et 2000, l'influence de p (pouvoir de mark-up) est très largement supérieure à celle de s.
Cette tendance (après 1982) peut être mise en parallèle avec la politique d'austérité qui débuta
en 1983 (politique de Jacques Delors) . Ceci montre que les aspects juridiques et politiques
transforment le partage de la VA.
TXM
30% 33%
31%
25% 29,8%
60 82 89 2008 2009 années
Entre 60 et 2000 on observe une relative stabilité du TXM pour le RU (autour de 26%)
L'impact du pouvoir du mark-up est aussi important que le pouvoir de la revendication
TXM en 1961 et 2000
USA
All
RU
Fr
Ita
1961
0,29
0,28
2,61
0,25
0,25
2000
0,34
0,34
2,61
0,3
0,33
TXM et taux d'investissement :
TXM
TXM
FBCF/VA
82 89 08 09
TXM → bénéfice (aux apporteurs de capitaux)
→ impôts
→ FBCF (réinvestissement)
A partir de 1986 on assiste à la désintermédiation financière ( plus besoin de passer par un
intermédiaire financier, et coûts de transaction faibles) et a la création de nouveaux marchés et
de nouveaux produits financiers (actifs dérivés : option d'achat/vente).
Ce changement a permis aux apporteurs de capitaux d'augmenter leurs rémunérations en
plaçant sur les marchés financiers = explosion de la finance
V. Partage de la VA et fonctionnement des marchés financiers
Comment sur les marchés financiers les apporteurs de capitaux peuvent contraindre les
dirigeants et inversement ?
Depuis l'essor des marchés financiers on se sert des cours (bourses) pour connaître
« Wall Street Walk » : vendre une grande quantité d'actions (baisse du prix de l'action), donc
les apporteurs demandent des comptes aux dirigeants, ils peuvent précipiter le cours des titres
vers le bas. Les dirigeants étant menacés (si le dividende demandé n'est pas versé) ils peuvent
alors les menacer. Les dirigeants menacent à leur tour les exécutants (licenciement …)
Taxe Tobin : introduction d'un contrôle sur les marchés financiers
Émissions de nouveaux titres sur le marché : marché primaire
Émissions de titres d'occasion : marché secondaire (cela précipite l'achat, la vente et la revente)
1) Actions et dividendes
Certaines entreprises sont cotées sur les marchés financiers par exemple le CAC 40, permet de
coter les 40 premières entreprises industrielles de France (Dow Jones aux USA)
Il existe d'autres marchés, celui des valeurs technologiques (Nasdaq). Lorsque les entreprises
sont cotées sur les marchés financiers il est possible d'en acquérir une partie (part de capital) ;
Cette part de capital est cotée, on l'appelle « action » ou plus généralement « titre ». Ces titres
peuvent être achetés par les 3 types d'acteurs : AC, dirigeants et exécutants.
Les détenteurs de titres peuvent prétendre à une rémunération qu'on appelle dividende. La
valeur des dividendes versés dépend du statut d'actionnaire (actionnaire simple ou majoritaire).
Ces rémunérations sont décidées en conseil d'administration et peuvent se verser sous 3
formes essentiellement : titres, liquide (monnaie) ou par acompte (avant d'attendre l'échéance,
il est possible d'avoir des rétributions)
2) Liquidité, pulsions acquisitives, et pulsions de domination
Holding : grandes entreprises qui ont la capacité de racheter des petites entreprises (Microsoft,
Bill Gate …)
→ Liquidité : d'un marché est fonction de 3 choses principales :
*des coûts de transactions très faibles
*rapidité des ordres
*existence de marchés secondaires (augmente la liquidité)
(« Théorie générale » de Keynes)
1929 : USA : le progrès technique a explosé 2 types d'entreprises se sont affrontées, donc
diminution des prix en dessous de la courbe de cours moyen, donc les petites entreprises se
sont retrouvées en difficulté
Grèce : état en faillite
Il est nécessaire de s’intéresser aux sources pour étudier une crise, car les répercussions se
font de façon équivalente mais l'origine de la crise diffère.
Sans l'existence de marchés secondaires, l'économie ne serait pas viable, car il serait
impossible de ré-allouer efficacement l'épargne.
→ Les pulsions :
Les AC ont un avantage, ils peuvent acquérir une important quantité de titres, afin de devenir
actionnaire majoritaire. Ceci permet d'augmenter leurs richesses et cette augmentation peut ne
pas avoir de limites : il s'agit de la pulsion acquisitive.
Dans les EMC, l'aptitude à créer de nouveaux projets, de nouveaux produits, à diriger, peut
permettre de créer des empires (Apple, Microsoft...). Cette volonté peut être nommée pulsion
de domination, il faut alors remarquer que la liquidité du marché favorise la manifestation de
ces deux pulsions et par conséquent une modification du partage de la VA.
Taxe sur les transactions financières permet de diminuer la liquidité et par conséquent
maîtriser la manifestation des 2 pulsions et contribuer à avoir une stabilité du partage de la
VA.
Pour éviter les phénomènes d'arbitrage, il faut que cette taxe soit appliquer partout.
Comparaison : L'idée de Keynes lui ait venue en comparant Wall Street et Throgmorton Street
(rue principale à Londres où se situe la place financière) : il constate que déjà dans les années
20-30 les coûts de transactions étaient faibles et les transactions étaient plus rapide qu'a
Throgmorton.
Donc marché financier Américain est plus liquide que celui du RU.
Si les marchés étaient moins liquides, (coûts de transaction), les crises seraient plus rares.
3) Croissance interne, croissance externe : rapport de force dirigeants/exécutants
(mes notes) Croissance externe : OPA (offre publique d'achat) : l'entreprise qui souhaite
acheter une part d'une autre entreprise va faire une offre publique càd qu'elle met des titres de
son entreprise sur les marchés pour pouvoir les échanger contre d'autres titres.
Condition nécessaire à un échange : il faut que les titres soient cotés et qu'ils valent au moins
la valeur des titres échangés.
DOCUMENT A LIRE (KEYNES)
Les 2 pulsions qui sont liées à la liquidité du marché, impliquent la construction de grandes
entreprises (Holding) qui suivent des objectifs de croissance (interne et externe)
→ croissance interne : processus d'accumulation des parts de marché d'une entreprise par la
mise au point et la diffusion de produits innovants.
→ croissance externe : processus d'acquisition d'entreprises concurrentes de manière à créer
des groupes. Ceci peut se faire de 2 manières avec de la liquidité ou avec des titres.
Exemple d'une OPE : 2 entreprises A et B.
Lorsque A ne dispose pas suffisamment de liquidité ou de fonds suffisants pour acheter
l'entreprise B, elle peut recourir à une OPE. Pour acquérir l'entreprise B, A doit racheter le K
de B, on suppose que celui-ci est de 5 actions qui valent chacune 2€. L'entreprise A peut alors
proposer d'émettre 5 nouvelles actions (sur le marché primaire). Supposons que les nouvelles
actions de A soient cotées à 2,5€. L'entreprise A va donc proposer d'échanger 5 de ses actions
contre 5 actions de l'entreprise B. Ceci est rendu possible dans la mesure où les actions de A
valent plus que celles de B. Ceci nous permet de comprendre que les dirigeants sont très
sensibles à l'évolution du cours des titres de leurs entreprises. En effet, le cours d'un titre
reflète les signaux et les infos relatives à une entreprise : bonne gestion, qualité des projets,
montant des bénéfices, … etc.
Si les signaux sont bons, alors le cours des titres augmente (il faut que la demande de titres >
offre de titres). Si les signaux sont mauvais, cela précipite la baisse du cours du titre. On
comprend donc pourquoi ces signaux peuvent influencer le statut d'un dirigeant en faisant de
son groupe, soit une proie, soit un prédateur.
Par ailleurs, la pratique de rémunération par les stock options, que les AC peuvent décider de
distribuer aux dirigeants et exécutants, accroît la sensibilité des dirigeants et exécutants à
l'évolution du cours des titres.
Il est très facile pour les AC de faire pression sur les D avec une forte liquidité de marché en
demandant des dividendes élevés
On voit bien que le cours des titres dans une économie à forte liquidité, est devenu un signal
important.
4) Rapports de force AC/D : Wall Street Walk
L'expression Wall Street Walk est utilisée pour désigner la procédure de sanction que les AC
peuvent utiliser contre un dirigeant lorsque ses stratégies de gestion ne permettent pas
d'atteindre les résultats qui ont été fixés en début de période.
Le WSW, consiste à vendre les actions qui n'ont pas permis de fournir les dividendes que les
AC espéraient. En vendant leurs actions, les AC précipitent la baisse du cours des titres,
permettant la diffusion d'un signal négatif qui permet d'exercer une menace de sanction sur le
dirigeant. Cette menace est d'autant plus facile à mettre en œuvre que la liquidité et la
diversité des titres sont importantes. Si le marché est fortement liquide, les AC peuvent
vendre rapidement et à moindre coûts, les actions qui vont permettre de sanctionner le
dirigeant. Si la diversité des titres est importante, alors les AC pourront en permanence choisir
d'investir dans d'autres actions.
VI. Partage de la VA et taux de chômage
On va démontrer que cette conception de l'économie perçue avec 3 acteurs, n'est pas
incompatible avec le chômage volontaire et involontaire.
1) La thèse néoclassique
Les conditions restrictives (section 3) énoncées par Arrow et Debreu permettent d'aboutir à la
conclusion que le chômage est nul. Au mieux lorsque celui-ci est positif, la théorie orthodoxe
permet de le concevoir comme volontaire. Il s'agit d'une volonté des syndicats d'augmenter le
salaire réel impliquant l'existence d'un chômage volontaire.
S/p
O
s/p*
D
W
S/P* : permet de maintenir un chômage nul
Lorsque le syndicat souhaite augmenter le salaire réel (s/p)
Notre analyse ne termes de rapport de force entre nos 3 agents n'est pas incompatible avec
cette théorie puisque nous avons vu que les syndicats pouvaient demander aux dirigeants une
revalorisation des salaires. Nous verrons par la suite que notre théorie n'est pas incompatible
avec la thèse Keynésienne du chômage involontaire
2) Le pouvoir des AC
TXM = f (s,p,PMRT)
La décomposition du TXM nous a permis d'aboutir à la relation suivante. Les 2 pulsions
(acquisitive et de domination) nous conduisent à penser que les AC peuvent faire augmenter
les montant des dividendes versé de plusieurs manières :
-ils peuvent essayer d'agir sur la PMRT : le problème est que la main d’œuvre à forte PMRT
est plus onéreuse
-ils peuvent donc essayer d'agir sur p : les hausses de TXM vont alors dépendre de la structure
concurrentielle du marché et de la position de l'entreprise au sein de ce marché
-ils peuvent enfin essayer de baisser le taux de salaire nominal (s) par l'intermédiaire des
dirigeants, mais les syndicats peuvent essayer de contrer cette stratégie
D'autres possibilités existent : celles de diminuer les coûts de Y, en délocalisant une partie de
l'appareil productif. Les menaces de délocalisations, permettent d’œuvrer pour une PMRT
plus importante de la part des dirigeants qui se répercute ensuite sur une demande de PMRT
plus élevée de la part des exécutants. Ce processus a permis d'aboutir à une baisse de s
(exemple en Allemagne où les syndicats ont accepté de travailler plus de 39h rémunérées à
35h)
10/02/12
3) La thèse de Keynes : marchés financiers et chômage involontaire
(Mes notes) : 2 types de comportements dans la théorie de KEYNES :
Il compare 2 classes : Throgmorton Street et Wall Street
Il constate que ce phénomène de liquidité, engendre l'esprit de spéculation
D'où le terme de chômage « involontaire »
A Londres, le marché est moins liquide, cela favorise l'esprit d'entreprise, d'autres types
d'investissement
Commentaire : la forte liquidité des marchés engendre une propagation rapide de la crise.
Le fonctionnement des marchés financiers est lui même générateur de chômage
En 1936, Keynes montre dans la « théorie générale » que l'accroissement de la liquidité, peut
être à l'origine de crise de confiance, elle-même à la base de Krach financier. Selon l'auteur, il
existe 2 types d'investissements sur les marchés financiers, qui résultent de 2 types de
comportements, l'esprit d'entreprise et l'esprit de spéculation.
Esprit d'entreprise : les intervenants sur les marchés choisissent d'acheter un titre car le projet
de l'entreprise (nouveau produit, stratégie d'investissement), va permettre l'obtention de
dividendes élevés. Il s'agit d'une sélection des investissements qui se basent sur un futur
lointain. (voir texte de KEYNES concernant la place financière de Londres Throgmorton
Street)
Cet esprit d'entreprise peut être obtenu si on freine la liquidité des marchés (taxe Tobin :
freiner la liquidité en taxant les transactions financières)
Esprit de spéculation : les intervenants sur les marchés financiers choisissent d'investir d ans
un titre à l'instant t car ils estiment que la valeur t+1 est supérieure à celle de t (les instants t et
t+1 sont très rapprochés : quelques minutes ou heures)
Il s'agit d'une sélection des I basée sur le futur immédiat. (section VI polycop)
Comportements mimétiques : pour Keynes , dès lors que les marchés sont fortement liquides,
l'esprit de spéculation l'emporte sur l'esprit d'entreprise. De ce fait, les prévisions à court
terme ne résultent pas de calculs scientifiques mais simplement de la psychologie de masse.
Les intervenants essaient de prévoir ce que la majorité des intervenants pensent.
Par exemple : si une mauvaise info est annoncée (choc pétrolier), les intervenants vont prévoir
que la majorité des détenteurs de titres souhaitent vendre leurs titres afin d'effectuer des
placements sur des places financières plus sûres. Les intervenants vont donc vendre leurs
titres. (on les appelle les baissiés)
Si l'offre de titres est supérieure à la demande, le prix des titres diminue.
Cette diminution peut elle-même contribuer à précipiter la vente de titres impliquant à son
tour une nouvelle baisse. Ce comportement s'appelle mimétique.
Dans la théorie générale de Keynes, les rapports de force entre les agents ne sont pas
explicites.
Or nous savons que les AC, exercent un pouvoir décisif sur les marchés financiers. La thèse
du partage de la VA n'est donc pas incompatible avec la thèse de Keynes, selon laquelle le
chômage est involontaire.
4) Crises monétaires, financières et bancaires
→ Crise mexicaine de 1994: dès 1992, le Mexique signe les accords de l'ALENA (qui rentre
réellement en vigueur en 1994)
Au même moment, se créer un marché des capitaux unifié, celui-ci absorbe entre 90 et 94
180M de dollars (60M pour les IDE et 120M de placements à court terme)
Par ailleurs, l'inflation reste forte car le Peso (monnaie mexicaine) est indexé sur le dollar.
Cette inflation diminue la compétitivité mexicaine (les producteurs sont obligés d'augmenter
leurs prix pour faire face à l'inflation). La compétitivité est d'autant plus touchée que le Peso
s'apprécie de 60% entre 1988 et 1994 (déficit de la balance courante de 8M de dollars).
La crainte d'une dévaluation du Peso (attaque spéculative) a incité les détenteurs de titres à
court terme de revendre rapidement et de miser sur des places financières sûres.
Les intervenants ont anticipé une baisse puis la liquidité a contribué à un effondrement des
marchés financiers mexicains impliquant une forte contraction de la masse monétaire,
aboutissant à un taux de chômage à la fin de l'année 1995 de l'ordre de 25% (il était publié à
5,2%)
→ Crise des Subprimes (2007) : contrairement à la crise mexicaine, la crise des SP, est à la
base une crise bancaire qui a été précipité par une crise immobilière. La crise immobilière a
été engendrée par une politique monétaire expansionniste (taux directeur de la Réserve
Fédérale (FED) étaient de 1%)
Les créances immobilières qui ont été titrisées ont subi des attaques spéculatives car les
créances
immobilières détenues par les banques étaient de moins en moins honorées. La liquidité des
marchés a précipité des ventes massives de titres et des faillites bancaires en cascade (c'est le
phénomène de « risque lié »)
→ Crise de la Grèce : on assiste à des dégradations successives de la note de l'état grec AAA
→ BB+ entre oct et décembre 2009.
L'ancien premier ministre avait falsifié les chiffres du déficit (6% du PIB). Puis Papandréou
arrive au pouvoir le 4 octobre 2009, et rétablit la vérité (déficit = 12,7% du PIB)
Les obligations de l’État grec sont alors revendues en masse sur les marchés secondaires.
L'offre de titres étant supérieure à la demande, le prix du titre diminue et le taux d’intérêt
augmente jusqu'à atteindre 18%. Ces reventes massives ont été là encore permises du fait de
la forte liquidité des marchés financiers.
Concernant ces 3 crises nous pouvons conclure que les causes sont multiples mais que les
conséquences se traduisent toujours par une hausse du chômage involontaire et donc d'une
répartition de la valeur ajoutée au détriment des dirigeants et exécutants.
VII. Partage de la VA et Autorité monétaire
1) Banque Centrale
Les Banques Centrales ont occupé une place de plus en plus importante, au cours du XXème
siècle. Devenues indépendantes pour la plupart elles remplissent des fonctions multiples :
émetteurs de billets, prêteurs en dernier ressors, mais surtout responsable de la politique
monétaire
En tant que responsable de cette politique, la Banque Centrale poursuit plusieurs objectifs :
-objectif principal de stabilité monétaire : elle maîtrise l'inflation et permet le bon
fonctionnement des marchés financiers
-objectif secondaire de croissance économique
2) Politique monétaire et partage de la VA
A qui bénéficie la hausse des taux d'intérêt directeur ?
→ AC et dirigeants: bénéficiaire de la hausse des taux
Banque centrale Banques commerciales
i
OO
i1 i2
iiD
D
Marché des B&S
O
p*
p1 D
D'
En augmentant ses taux directeur la BC augmente le coût d'obtention de la monnaie que les
banques de 2nd rang peuvent emprunter. Comme il devient plus coûteux pour les banques de
2nd rang d'emprunter de la monnaie, elles répercutent cette hausse sur les taux auxquels elles
prêtent aux agents non financiers. Autrement dit, les ménages pourront obtenir des crédits à
un taux plus onéreux. Si l'augmentation des taux est trop brutale, les ménages freineront
automatiquement le montant de leurs dépenses effectuées à crédit. Il s'ensuit une baisse de la
demande globale qui s'accompagne d'une baisse du niveau général des prix. Ainsi la BC
maîtrise l'inflation.
Pour les AC, rémunérés essentiellement par les dividendes des actions qu'ils détiennent,
l'inflation est une menace réelle. Ainsi, en pratiquant une politique monétaire de rigueur, la
BC contribue à modifier le partage de la VA en faveur des AC.
Même raisonnement pour les dirigeants dont la rémunération principale repose sur les stock
options.
17/02/12
Banque centrale Banques commerciales
i
OO
ii
i1 i2 D
D
Marché des B&S
O
p1
p* D
D'
→ Exécutants bénéficiaires de la baisse des taux
Courbes :
(1) taux d’intérêt américain pendant la crise des Subprimes (environ 1%)
(2) taux d’intérêt bas donc crédit donc relance de la demande → inflation
(3) augmentation de la demande global car taux d’intérêt bas donc augmentation des prix
(1) La banque centrale diminue ses taux directeurs c-à-d qu’elle va mettre à disposition des
banques de 2nd rang plus de monnaie
(2) Si les banques de 2nd rang peuvent emprunter à un taux plus faibles alors elles peuvent
répercuter la baisse de ces taux sur ce qu’elle pratique avec les agents non financiers. Les taux
d’intérêt étant plus faibles, consommation et investissement augmentent, la demande globale
devient supérieure à l’offre globale de B&S. Le niveau général des prix augmente.
(3) L’implication de la hausse du niveau général des prix s’accompagne d’une hausse du
salaire nominal. Par ailleurs la croissance permet la création de nouveaux emplois, qui vont
directement bénéficier aux exécutants
Donc en conclusion si la BC baisse ses taux directeurs elle transforme le partage de la VA aux
bénéfices des exécutants
VIII. Partage de la VA en France depuis 1970
1) Les déséquilibres salariaux (1970-1982)
Remarque globale :
-Entre 1970 et 2000 le taux de marge diminue pour atteindre un minimum en 1982 puis le
taux de marge augmente à nouveau. Cette analyse n’est pas valable pour tous les secteurs de
l’économie. Par exemple les industries de biens de consommation courante ont connu un taux
de marge stable.
-Entre 1970 et 1982 le taux de chômage augmente mais reste relativement faible en faisant
référence à la relation de Philips lorsque le taux de chômage est faible les prix sont élevés. En
réponse à l’accroissement des prix les salariés n’hésitent pas à revendiquer des hausses de
salaires. Il en résulte alors une rémunération du W plus importante que celle du K (l’élasticité
de substitution capital/travail < 1). Par conséquent le taux de marge décroit fortement entre
1970 et 1982. En fait les entreprises ont continué à substituer du K au W alors que les
déséquilibres salariaux augmentaient. Au contraire les entreprises auraient dû embaucher une
main d’œuvre peu coûteuse (augmentation du taux de chômage)
2) Progrès technique (1982-2000)
De nouvelles techniques de Y apparaissent au début des années 80. La substitution K/W
progresse avec une main d’œuvre de plus en plus qualifiée. Ceci contribue à améliorer
l’efficacité du K ainsi que son rendement (élasticité de substitution capital/ travail > 1). Il
s’ensuit une forte progression du taux de marge. Ceci va de pair avec un taux
d’investissement faible mais aussi une volonté de désendettement de la part des entreprises.
Ceci s’est fait au détriment des ouvriers qualifiés, dont les rémunérations décroissent après
1982.
IX. Partage de la VA : solution d’après crédit ?
Les politiques économiques conjoncturelles restent stériles, la politique monétaire semble
inefficace pour augmenter la croissance économique. De même la politique budgétaire est
limitée depuis le traité de Maastricht. Avant de concevoir le partage de la VA comme solution
structurelle, il est nécessaire de revenir sur les enjeux liés à l’économie chinoise. Mais aussi
de tirer des conclusions du cercle déflationniste japonais.
1) L’économie chinoise
On assiste depuis de nombreuses années à des délocalisations des techniques de Y vers les
pays émergents notamment la Chine du fait de ses faibles coûts salariaux. Ceci à notamment
permis de doter de l’économie chinoise de nouvelles techniques de Y, favorisant les
exportations (X chinoise = environ 9% des X mondiale).
Les techniques de Y se développent notamment avec la création d’un nouveau marché des
valeurs technologiques : le Chinext. Qlq jours après son ouverture, celui-ci absorba 15,5 M de
dollars.
Analysons maintenant les conséquences des X chinoises sur les pays européens. Rappelons
que pour les échanges internationaux, il existe une parité fixe entre le dollar et le Yuan
(Renminbi= c'est le nom qu'on donne à la partie de la monnaie chinoise qui reste fixe lors des
échanges internationaux)
La majeur partie des X chinoises se fait en direction des EU. Les firmes chinoises
exportatrices reçoivent des dollars. Afin de garantir la fixité du taux de change, la Banque
Centrale Chinoise créait de la monnaie (elle créait des Yuan). On dit qu'elle constitue des
réserves de change.
Certains économistes comme J-C Trichet prônent un régime de change flottant entre les EU et
la Chine. Les prévisions montrent que le dollar se déprécierait par rapport au Yuan. On estime
que l'euro gagnerait ou s’apprécierait de l'ordre de 2,18% par rapport au dollar. Par
conséquent, certains pays européens comme la France seraient davantage pénalisés même en
adoptant une TVA sociale qui augmenterait les X. En rappelant :
Ut (taux de chô) = f ( It-1 – St-1 ; Xt-1 – Mt-1 ; Revenu reçut-1 – Revenu versét-1 )
PIBt-2 PIBt-2 PIBt-2
Il s'agit en réalité d'une fonction à 14 variables.
I créait de la monnaie, Si X on reçoit de la monnaie, si on reçoit de la monnaie de l'étranger =
création de monnaie
On s'aperçoit que ce qui fait diminuer le chômage est la création monétaire.
Remarque en faisant référence à cette équation on prouve que la faiblesse des X peut entraîner
une augmentation du taux de chômage.
Par ailleurs, l'autre possibilité pour maintenir la parité dollar/yuan et l'achat de bons du Trésor
américain.
En passant à un régime de change flexible, on estime que les taux d’intérêt (taux d'i)
américain monterait à plus de 4,5%. On aurait le même effet en Europe, ce qui impliquerait
une charge supplémentaire de remboursement des i d'emprunts
2) L'économie japonaise : le cercle déflationniste
Jusqu'à la fin des années 80, l'éco japonaise était extrêmement riche (très bonne politique
industrielle, flambée des marchés financiers, indice Nickel 40 000 points, et l'immobilier était
aussi cher qu'a Manhattan)
Avec la crise des années 80, le Japon est sous une emprise déflationnistes producteurs ne
cessent de baisser les prix pour augmenter leur part de marché. De plus, les capacités de Y
sont extrêmement fortes. Ceci implique une baisse du niveau général des prix. Pour sortir de
ce cercle déflationniste, le Japon, met en œuvre uniquement des politiques de relance
budgétaire (ex : fin 2009 injection de 7200M de Yen dans l'économie. Le passage de plan de
relance à plan de relance a contribué à la dette d'atteindre 200% du PIB)
La BC décide d'augmenter brutalement les taux d'i pour contrer notamment la flambée du
pétrole. Ce changement de politique monétaire a mené les banques de 2nd rang à la faillite. La
demande globale reste stable mais les entreprises tentent de diminuer les coûts de Y, c'est le
début du désendettement et de la baisse des salaire (4% de diminution des salaires entre 20092010)
Entre 1990 et 2000, les actionnaires devenaient toujours de plus en plus exigeants malgré la
faiblesse et la stabilité de la demande globale. Le partage de la VA se fait donc en défaveur
des exécutants. En diminuant ses taux d'i, la BC ne parvient pas suffisamment à relancer la
demande globale(taux directeur voisin de 0%, taux d'inflation -1,5%). La volonté de
désendettement provoque une augmentation de la capacité d'autofinancement de 60% à 110%
du PIB entre 97 et 2007. Au lieu d’œuvrer pour un partage favorable aux exécutants
permettant de relancer la croissance, les entreprises ont inutilement conserver les actifs
financiers (essentiellement de la dette publique et capacité d'autofinancement trop élevée)
Résultat, croissance molle (1%), avec 20% de perte d'emploi depuis 98 et un PIB estimé pour
2020 à uniquement 5% de la richesse mondiale (càd 5 fois moins qu'aujourd'hui)
→ Baisse des salaires = diminue la demande globale
→ Pour contrer les baisses de la demande globale, l’État injecte de la monnaie et s'endette
→ Cet endettement à des répercussions au niveau international : les flux financiers
s’intéressent à la dette japonaise, donc au lieu de soutenir l'offre, tout l'investissement se
dirige vers la dette (flux financiers => dette)
→ Donc moins d'I privés
→ Taux de change s'apprécie = diminution des X = moins de compétitivité donc pour
augmenter la capacité d'autofinancement il y a diminution des salaire
Le cercle déflationniste est un cercle vicieux, parce que ça aboutit à une augmentation du taux
de chômage.
(02/03/12)
3) Partage de la VA : antidote d'après crise
Ne serait-il pas nécessaire d'avoir un partage favorable entre D et E ?
En 2009, en pleine crise, les entreprises du CAC 40, réalisent environ 50Mds d'euros de
bénéfice, dont 35,5 pour les actionnaires. On constate alors que le cercle déflationniste peut se
mettre en œuvre. En effet, il est possible d'estimer que la part des bénéfices qui revient aux
AC est trop importante (bénéfice se découpe en 2 parties, une qui revient aux AC et l'autre
aux E, I affaibli)
Lorsqu'une chambre de commerce et d'industrie se charge du pilotage d'une entreprise, le taux
de rentabilité est fixé à 7% environ, afin de pouvoir garantir un taux d'I élevé. On peut alors se
demander pourquoi les actionnaires du CAC 40 ne se contentent pas d'un taux de rentabilité
équivalent. En effet, en pleine crise les CA ont fortement diminué, -14% pour Lafarge par
exemple, -27% pour Total en 2009.
Malgré la baisse du CA, les actionnaires ont exigé un taux de rentabilité constant largement
supérieur à ceux que recommandent les chambres de commerce et d'industrie. Pour maintenir
un taux de rentabilité aussi élevé, les D d'entreprise agissent sur la seule variable d'ajustement :
le salaire (baisse des salaires → baisse du niveau de l'emploi → taux de chômage voisin de
10%)
→ Solution 1 : ne faudrait-il pas soutenir la demande globale en agissant sur les salaires, en
diminuant les cotisations sociales, qui pèsent sur les salaires ? En agissant de la sorte, la
consommation pourrait augmenter faisant croître la demande globale et diminuer le taux de
chômage. Rappelons que la demande globale :
DG = C + I + G
(conso + I + dépenses publiques)
La solution 1 consisterait à booster la consommation. Impact immédiat. Si on allège les CS,
on est en faveur des E. (solution prônée par la gauche)
→ Solution 2 : TVA sociale, on cherche à transformer le partage de la VA, de manière à ce
que l'I augmente et donc que le taux de chômage diminue. (solution prônée par la droite)
→ Solution 3 : consiste à coupler aux S1 ou S2, une réelle politique de maîtrise du niveau
général des prix. Cela passe aussi par des contrôles permettant de diminuer l'influence des
oligopoles
(En effet, depuis le début de la crise, on constate un phénomène d'inflation, qui peut provenir
du « Mark up » : pouvoir des oligopoles, et donc une baisse du pouvoir d'achat des
consommateurs)
→ Solution 4 : il est nécessaire de renforcer les réglementations, en ce qui concerne les
délocalisations. Faut-il taxer une partie des bénéfices non investis ? Ceci permettrait de
réfléchir à une réelle politique en faveur de l'emploi.
En somme, les solutions 1 à 4 doivent être accompagnées d'un nouveau fonctionnement des
marchés financiers et notamment un contrôle accru des phénomènes de titrisation.
X. Éléments de réflexions critiques : limites des indicateurs de richesse
Dans les sections précédentes, nous avons considéré que le PIB ou la VA, était le seul
indicateur de richesse. En fait, les PIB tiennent compte essentiellement de la Y. Ainsi,
lorsqu'on parle de croissance écoq, on regarde uniquement la capacité de Y de ce pays. On
peut alors se demander s'il s'agit de la seule manière de mesurer la richesse. La réponse est
négative. En effet, un taux de croissance du PIB de l'ordre de 10%, n'implique pas
l'enrichissement de tous les agents écoq. Cela n'implique pas l'enrichissement des AC et D, ni
celui des E. Il est peut-être nécessaire d'incorporer aux indicateurs de richesse la dimension du
bien-être.
On peut donc en conclure que les indicateurs de type PIB sont critiquables.
1) La non comptabilisation des dégâts
→ Les accidents de la route
Prenons le cas de 2 économies : A et B. Supposons que le PIB A soit égal au PIB B.
Considérons que A, il y ait beaucoup d'accidents de la route, alors que dans B, il n'y en ait pas.
Le pays A, aura tendance à avoir à terme un PIB plus important que celui de B. Ceci vient du
fait que A va dépenser en soins médicaux, services d'urgence, en réparation et à chaque
voiture et va donc augmenter ses ressources et ses activités pour réparer les dégâts sans
nécessairement orienter ses ressources pour améliorer le bien-être des habitants. En
poursuivant le raisonnement, on pourrait imaginer que le pays A embauche 10% de la
population afin de casser les routes et les voitures et embaucherait 10% de la population pour
réparer les dégâts. L'économie A aura un PIB > à celui de B, même si B embauche 20% de la
population destiné à améliorer le bien être des individus.
→ Les dégâts environnementaux
Partons du fait que la destruction des forêts (Amazonienne) permet de faire progresser la
richesse mondiale (PIB), néanmoins cette augmentation de richesse, ne tient pas compte du
patrimoine naturel, ni des conséquences sur le changement climatique. Les activités
polluantes de certaines entreprises s'accompagnent d'une augmentation du PIB. Cependant la
pollution peut engendrer des pertes de bien-être pour les personnes qui subissent ces
externalités (sur les zones côtières : Erika qui s'est échoué par exemple). Les dégâts
environnementaux ne sont pas inclus dans les comptes de la nation.
Selon les écologistes, la meilleure façon de mesurer le bien-être consiste à mesurer la vraie
richesse ou richesse nette. L'idée consiste à ne pas prendre en compte toutes les activités et
création de richesse, si celles-ci s'accompagnent d'activités dédiées aux réparations des dégâts.
Si les dégâts environnementaux impliquent une perte de bien-être qui doit être compensé par
une nouvelle activité écoq alors la création de richesse doit tenir compte d'une richesse
négative qui est égale aux montants de la 2ème activité écoq.
2) La non comptabilisation des contributions positives
→ Les loisirs
Aux USA, le temps de W annuel a augmenté de 5 semaines de 1980 à nos jours, au contraire,
dans certains pays européens comme la France, le temps de W hebdo a diminué. Par
conséquent, l'augmentation du temps disponible pour les individus, ou l'augmentation des
loisirs s'accompagne d'une augmentation de bien-être, évidemment, l'augmentation n'apparaît
nulle part dans les comptes de la nation.
→ L'activité bénévole
Toutes les activités bénévoles sont ignorées pourtant ces activités sont créatrices de richesses
et de bien-être.
→ L'activité domestique
Il s'agit de l'activité invisible par excellence. En France, l'INSEE estime que dans les pays
développés le temps de W domestique est équivalent au temps de W rémunéré, on pourrait
avoir une mesure du PIB multipliée par 2, si cette activité était prise en compte comme une
contribution positive à la richesse.
CHAPITRE 2 : INEGALITES, PAUVRETE
Dans le premier chapitre consacré au partage de la VA, nous avons vu que les rapports de
force, entre les agents permettaient de modifier les inégalités de richesse qui existent entre ces
agents. Nous avons utilisé une grandeur macroécoq (le taux de marge) afin d'aboutir à ce
résultat. Nous allons au contraire dans ce chapitre 2 nous intéresser aux inégalités et la
pauvreté sous l'angle microécoq. Nous aborderons notamment le problème de la mesure. Nous
verrons aussi que les théories écoq ne permettent pas d'aboutir à un consensus, en ce qui
concerne la définition des inégalités et de la pauvreté.
I. L'économie des inégalités
C'est un courant de pensée qui est apparu en 1966 suite à la publication des travaux de Serge
Christophe KOLM (français). Ce courant de pensée ne peut pas s'affranchir des jugements de
valeur qui sous-tendent la théorie des inégalités. Par définition, les jugements de valeur sont
subjectifs. Par conséquent, on retrouve dans la théorie de la mesure des inégalités, les courants
de pensée politiques traditionnels, soit de gauche, soit de droite. La position libérale de droite
prône l’allègement des taxes des entreprises, afin de favoriser la croissance écoq, et de
diminuer les inégalités de rémunération. La position sociale de gauche prône quant à elle, une
intervention des pouvoirs publics permettant une meilleure régulation des marchés, et une
politique de redistribution qui passe par la mise en place d'une politique fiscale sévère à
l'égard des plus riches
→ Quelques statistiques en Languedoc Roussillon
Rémunérations Hommes/Femmes 2002
Hérault
Gard
PyrénéesOrientales
Aude
Lozère
Hommes
1 006,00 € 1 043,00 € 931,00 €
943,00 €
943,00 €
Femmes
800,00 €
729,00 €
772,00 €
791,00 €
744,00 €
(ces données inclues les temps partiels)
(09/03/12)
→ Les comparaisons internationales
Rapport inter-décile (RID) = D9 / D1
0 10% 10% ….... 10% 10% Revenu
D9 = dernière personne du 9eme décile, le D10 peut fausser le résultat car les données se
réduisent à la personne ayant le revenu le plus élevé
Quelques statistiques : pour les salariés à temps plein, le RID9,1 donne les résultats suivants,
4,5 pour les USA, 4,4 pour le Canada, 3,4 pour le RU, 3,1 pour la France, 2,5 pour
l'Allemagne, 2,4 pour l'Italie, 2,3 pour la Belgique, 2,1 pour la Suède et 2 pour la Norvège.
Rmq : si on ajoute les travailleurs à temps partiel, on obtient un RID de 5,5 pour les USA. On
constate qu'il y a donc de fortes disparités au sein des pays anglo-saxons, des valeurs
intermédiaires pour les pays latins, et des valeurs très faibles pour les pays nordiques. Nous
verrons par la suite que les RID ne permettent pas de mesurer correctement les inégalités de
revenu
→ Évolution historique
Entre 1870 et 2000, le pouvoir d'achat d'un ouvrier français a été multiplié par 8, celui des
cadres supérieurs par 4,8. Lorsqu'on établit des comparaisons de niveau de vie dans le temps,
le pouvoir d'achat constitue une variable qui permet de neutraliser en partie l'influence
qu'exerce le niveau général des prix.
2) Inégalités et théories économiques
4 pts essentiels : ils correspondent à 4 auteurs qui ont marqué ce courant qui s’intéresse à la
mesure des inégalités
Marx (1818-1883) : selon Marx il existe 2 catégories (concept de polarisation)
Les écarts de rémunération entre les propriétaires de moyens de Y et les non-propriétaires de
moyens de Y s'explique par le fait qu'à travers le système capitaliste, les propriétaires de
moyens de Y peuvent prélever un revenu qu'on appelle « surplus », les inégalités résultent
essentiellement d'un rapport de force qui prévaut entre ces 2 classes sociales
Simon KUZNETS (1901-1985) : KUZNETS essaie de faire une analyse sectorielle. Il observe
notamment qu'on peut établir un lien entre l'augmentation des inégalités et l'augmentation du
revenu par tête. Il constate qu'il y a de plus en plus de personne qui partent travailler en ville
et acquièrent des rémunérations plus importantes
Lorsque plus de 50% de la population s'est dirigée vers l'industrie, cet écart de revenu tend à
se réduire.
Inégalités 1 2
PIB/hab
Pour KUZNETS, il existe une relation en U inversé qui permet de lier le PIB/hab et le
montant des inégalités de revenus. Cette relation s'explique par le succession de 2 phases. L a
1ère phase est une phase d'industrialisation au détriment du secteur agricole. Cette phase étant
étroitement liée à l'exode rural. Durant cette phase, les individus arrivent à percevoir des
rémunérations plus importantes que celles obtenues dans le secteur agricole. Ces
rémunérations ne bénéficient qu'à ne petite partie de la population. Ces individus vont donc
créer des inégalités de revenu plus importantes avec les individus restés dans le secteur
agricole.
Lorsque plus de 50% de la population a migré vers le secteur industriel, la phase 2 est
amorcée. Cette 2ème se caractérise par des inégalités de revenus décroissants. Ce phénomène
apparaît lorsque les individus bénéficient d'un revenu qui converge vers une tendance centrale.
(Cas de la Chine par exemple)
→ Gary BECKER (1930-...)
Notes : Selon G. B la nature des inégalités dépend des choix qui vont être fait par les agents.
Cela réside dans un problème de maximisation sous contrainte inter-temporelle : soit l'agent
choisi d'augmenter Son utilité en investissant tout de suite mais en courant le risque d'avoir un
revenu stagnant et donc une utilité qui va être plus faible les années suivantes, soit il peut
choisir de ne pas utiliser toutes les ressources (I), et augmenter son utilité dans un futur
lointain
Selon G. B, si on observe les inégalités de revenus, certains ont fait les choix d'investir en K
humain et d'autres non. Ces inégalités résultent d'un choix, elles pourraient paraître justes.
Mais certains individus n'ont pas le choix.
Selon BECKER, les inégalités de salaires résultent de différences de Yté marginale. Selon la
théorie orthodoxe, le W est rémunéré à hauteur de sa Yté marginale, la rémunération du W se
fait à hauteur de la Yté marginale. La Yté marginale du W est elle-même induite par la K
humain (éducation, formation, connaissances). BECKER suggère alors qu'il faut investir en K
humain afin d'augmenter son revenu. L'individu fait donc face à un choix, consommer ses
ressources tout de suite ou alors les investir en K humain. L'individu maximise son utilité
inter-temporelle en tenant compte de ce choix. Ainsi les différences de salaires sont
considérées comme justes puisqu'elles reflètent les décisions individuelles d'I .
3) Mesurer les inégalités (à revoir pour l'exam)
→ Pigou-Dalton
On peut se demander pourquoi il est nécessaire de mesurer les inégalités avec de bons outils ?
Pour effectuer des politiques de redistribution qui soient adéquates, il faut que les données
soient les plus justes possible.
(2010) XA = 1, 2, 10, 15
+1
(2011) XB = 2, 2, 10, 14 Cela n'est pas une situation d'optimum de Pareto : on ne peut
pas améliorer la situation économique d'un individu sans diminuer celle d'au moins un autre
individu (= principe de Pigou Dalton)
(2010) XA = 1, 2, 10, 15
(2011) XB = 1, 2, 11, 16 Optimum de Pareto : on ne peut pas améliorer la situation d'un
individu sans détériorer la situation d'au moins un autre individu
Selon le principe de Pigou-Dalton, un transfert effectué d'une personne riche vers une
personne pauvre permet de diminuer les inégalités. Ce principe est équivalent à la concavité
de la fonction d'utilité
Rmq : ne pas confondre le principe de Pigou-Dalton avec le principe de Pareto. Le principe de
Pareto étant plus restrictif que le principe de P-Dalton (dès qu'on procède à un transfert, on
détériore la situation d'un autre individu)
→ Normalisation
Afin de mesurer les inégalités, en se fixant une norme égalitaire on dit qu'un indice est
normalisé lorsqu'il donne une valeur nulle à une distribution purement égalitaire
Soit I une mesure d'inégalité, en faisant I (a, a, …. , a) = 0 quelque soit a appartenant à R. Le
RID ne satisfait pas cette propriété
→ Changement d'échelle relatif
I ( λ x) = I (x) le rapport inter-décile satisfait cette propriété
(λ x) = D9 (λ x) = λ D9 (x) = D9 (x)
D1 (λ x) λ D1 (x) D1 (x)
→ Principe d'anonymat (indice)
Le RID ne respecte pas cette propriété
I(x) = I (x1, x, x3 ) = I (x2, x3, x1)
→ Le principe de population (indice)
Permet de comparer des populations de tailles hétérogènes I (xk) = I (x)
Ex : x=(x1,x2)
x2 = [x1, x2, x1, x2]
La population croit mais à mesure que la taille augmente, l'indice reste le même, il permet
donc de comparer des populations de tailles hétérogènes
→ THEIL (1967)
T = 1/N Σ (xi / x ) Ln xi / x
Selon la théorie de l'information, un événement certain ne délivre aucune information, au
contraire, un événement rare va donner beaucoup d'information
La mesure de THEIL est notamment conçue sur ce principe, on accorde très peu d'importance
aux individus dont le revenu est proche ou égal à la moyenne. Par conséquent plus les revenus
sont dispersés autour de la moyenne et plus l'indice de THEIL augmente. Cet indice satisfait
les 5 axiomes mentionnés précédemment.
Ex : x = (1, 2, 3, 4) x = 2,5
T = 1 1 Ln 1 + 2 Ln 2 + 3 Ln 3 + 4 Ln 4
4 2,5 2,5 2,5 2,5 2,5 2,5 2,5 2,5
= 0,106
→ Exemple : l'indice de GINI satisfait les 5 axiomes précédents
On peut aussi le réécrire de manière à faire ressortir les inégalités entre chaque paire
d'individus
En effet, il s'exprime de la manière suivante
G = ΣΣ | xi – xj |
2N2
Comparé à l'indice de THEIL, l'indice de GINI est compris entre 0 et 1.
Ex : x = (1, 2, 3)
G = | 1-1 | + | 1-2 | + | 1-3 | + | 2-1 | + | 2-2 | + | 2-3 | + | 3-1 | + | 3-2 | + | 3-3 |
2 . 3² . 2
LB
LA
Comparé à THEIL il permet de comparer 2 distributions à l'aide de la courbe de Lorenz.
Lorsque la courbe de Lorenz de la distribution B domine la courbe de Lorenz de la
distribution A, sans croisement alors la situation B est préférée à la situation A car elle
renvoie à une situation moins inégalitaire
Autre propriété : en multipliant l'indice de GINI par 2 . x on obtient une interprétation simple
de l'intensité des inégalité au sein de la population. Il s'agit de l'écart esperé entre 2 personnes
prisent au hasard dans la population
Ex : G = 0,5 x = 1000
G= G . 2 x = 1000
I. L'économie de la pauvreté
1) Problème de définition
→ Critique de l'utilitarisme
Lorsqu'on s’intéresse à la pauvreté, on s'intéresse à des niveaux de vie standards. Le niveau de
vie standard, s'appelle aussi « seuil de pauvreté ». Une personne en dessous de ce seuil fait
fasse à un manque par exemple manque de revenu, éducation, santé. On trouve alors une
insuffisance, par rapport à un niveau de vie minimal ou standard. Pour le définir certains
optent pour « l'utilitarisme ». Le problème est que l'utilitarisme qui fait appelle au plaisir et
aux peines est un concept purement subjectif. Ce concept subjectif est rattaché à la notion de
préférence individuelle . Celles ci ne sont pas déterminées à la naissance, on dit qu'elles sont
cognitives. Càd que les préférences peuvent varier en fonction du cadre socio-économique
dans lequel l'individu évolue. Par conséquent, une personne provenant d'un milieu défavorisé
peut apprendre à se satisfaire de moins, au contraire, une personne née dans un milieu plus
riche aura tendance à bien fonctionner socialement en ayant plus de ressources à sa
disposition.
En définitive, de par sa nature subjective, l'utilitarisme n'est pas un concept pertinent pour
définir et mesurer un niveau de vie standard ou « seuil de pauvreté »
(23/03/12)
→ Les capabilités de A. SEN
Pour A. SEN, on ne doit pas tenir compte des différence entre les préférences des individus,
on doit tenir compte des différences de « capabilités ». Le terme capabilité permet de désigner
les personnes qui arrivent à saisir les opportunités et à bien fonctionner socialement
Ex : une personne handicapé aura besoin de plus de ressources pour bien fonctionner
socialement.
Prenons la capabilité « se déplacer ». Pour une personne handicapé, il est nécessaire d'avoir
plus de ressources pour satisfaire cette capabilité. SEN va ajouter que la capabilité peut
procurer une certaine satisfaction. Autrement dit le concept d'utilité n'est pas entièrement
rejeté par SEN
2) Problème d'identification
Le problème d'identification n'est pas totalement cloisonné du problème vu précédemment.
Une fois que le problème de définition est fixé, on peut alors identifier les ménages pauvres.
Ceci nécessite le calcul d'un niveau de vie standard (ou ligne de pauvreté). En France l'INSEE,
considère que la ligne de pauvreté doit être mesurée en prenant 50% du revenu médian. En
2000, le seuil de pauvreté était égal à 560€ net par mois pour un individu.
Pour l'UE, ce seuil de pauvreté équivaut à 60% du revenu médian (670€ net par mois/
individu). Avec la première ligne de pauvreté, on a 1 million d'enfants vivant dans des
ménages pauvres). En prenant la seconde ligne de pauvreté (calculée par l'UE) on a 2 millions
d'enfants pauvres en France.
Exemple : Identification et capabilité (ici respect de soi)
Prenons la capabilité « respect de soi » : quelqu'un qui vit à Toronto et qui cherche du travail
aura besoin de plus de ressources pour satisfaire cette capabilité, qu'une personne vivant dans
une tribu au Zimbabwe.
Conséquence : la ligne de pauvreté sera plus élevée à Toronto que dans la petite tribu du
Zimbabwe.
Cela implique aussi, que le calcul d'une ligne de pauvreté ne peut pas être basé uniquement
sur une seule capabilité (problème multidimensionnel)
3) Problème d'agrégation
Le problème d'agrégation consiste à s'intéresser à la pauvreté individuelle et de faire la somme
de ces pauvretés individuelles afin de concevoir un indicateur synthétique
→ L'indice numérique de pauvreté : H = q / N
Ex : q = 20 pauvres
N = 100 : population totale
H = 20%
Imaginons que N soit multiplié par 2 et que q reste constant, on va donc estimer un nouvel
indice H= 10%
En se basant sur cette diminution on pourrait croire que les redistributions en faveur des plus
pauvres sont de fait moins importantes. On a bien un problème d'agrégation car le nombre de
pauvres reste constant. Autre critique l'indicateur H, est insensible à la profondeur de la
pauvreté
Ex : X1 = (7, 8, 11, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 20)
z (ligne de pauvreté) = 10
H1 = 2 / 10 = 0,2 = 20%
X2 = (6,5 ; 7,5 ; 11 …. 20)
H2 = 2/10 = H1
En X2 la profondeur de la pauvreté est plus importante, pourtant, H reste inchangé.
H reste insensible à la profondeur de la pauvreté, cependant, l'indice de déficit normalisé de
pauvreté tient compte de ce phénomène. L'indice individuel de déficit normalisé de pauvreté
s'écrit de la manière suivante :
Pi (pauvreté individuelle) = z – xi / z , quelque soit xi < z
0, sinon (uniquement pour les personnes pauvres)
L'indice global de déficit normalisé de pauvreté est la moyenne arithmétique des pauvreté
individuelles
P = 1/N Σ (de i = 1 à q)
Pi = 1/N Σ (de i=1 à q) z – xi / z
Ex :
Pi = 0,5 = 10 – 5 / 10 signifie qu'il manque 50% de z à l'individu pour atteindre le niveau de
vie standard
P = 0,5 signifie qu'il faut en moyenne 50% de z pour atteindre le niveau de vie standard
Le passage de X1 à X2 laisse l'indice P inchangé. L'indice P ne tient pas compte des inégalités
entre les individus pauvres. Afin de capter ces inégalités, et de considérer une augmentation
de la pauvreté (X1 → X2) il faut recourir à la famille des indices Foster-Greer-Thorbecke (84) :
FGTα = 1/N Σ (de i=1 à q) (z – xi / z)α
Si α > 1 on arrive à capter les inégalités entre les individus pauvres. Ceci s'appelle un indice
de sévérité (FGT)
Si α = 0 → FGT = H = q/N
Si α = 1 → FGT = P = 1/N Σ (de i=1 à q) (z – xi / z)
Il s'agit d'une famille d'indice. Le α Qui vaut au moins 2, l'indice satisfait le principe de
Pigou-Dalton
4) Problème de comparaison
Lorsqu'on mesure la pauvreté les ménages sont tous hétérogènes (âge, revenu, personnes)
A COMPLETER
Pour parvenir à ajuster les revenus par région, il est possible d'identifier un panier de
consommation de base. Ensuite, on tient compte des différences de prix entre chaque région
(application d'un indice de prix). Finalement, les revenus sont mis sur une même échelle, on
calcule alors un revenu par unité de consommation. Il s'agit du revenu mensuel disponible
avant impôt divisé par le nombre d'unités de consommation à l'intérieur d'un ménage. Chaque
membre adulte compte pour 1 unité de consommation. Les personnes âgées et les personnes
de plus de 14 ans comptent pour 0,5 unité de consommation. Les enfants à charge de moins de
14 ans compte pour 0,3 unité de consommation et enfin on ajoute 0,2 unité de consommation
s'il s'agit d'un ménage monoparental.
RUC (revenu par unité de conso) = Revenu Dispo Avant impôts
Nombre d'unité de conso
III. Éléments de réflexions critiques
1) Inégalités
→ Marx : dans la théorie de Marx, les inégalités reflètent un rapport de force unidirectionnel
entre les AC et les E. Or, nous avons vu dans le chapitre 1 que les rapports de force entre les
agents étaient des rapports de force avec la notion de réciprocité. Les AC peuvent contraindre
les E mais à contrario les E par l’intermédiaire des syndicats rentrer en conflit avec les AC
→ Kuznets : les inégalités sont dues à l'exode rural cf chapitre 1. La courbe de Kuznets
permet d'expliquer les inégalités que l'on observait à la fin du 19° siècle cette courbe n'est
donc plus d'actualité (contre-exemple : Chine).
→ Becker : selon Becker les inégalités de salaires existent car elles reflètent des différences
de choix entre les individus. Ceux qui choisissent d'investir en K humain ( rémunération
future élevée) et ceux qui décident de consommer tout de suite (rémunération future faible).
Cependant les choix d'I ne sont pas tous contrôlés par les individus eux-mêmes. Cela signifie
que Becker parle d'inégalités que l'on appelle « inégalités injustes ». On parle d'inégalités
juste lorsqu'à compétence égale, les efforts des individus sont différents.
En définitive, afin de mesurer correctement les inégalités, nous devons prendre en compte les
2 composantes que sont : les inégalités justes et les inégalités injustes.
→ Gini : l'indice de Gini est une mesure régulière (il satisfait les 5 axiomes) mais il reste
passible de critiques. En effet, il semble difficile à priori de capter à l'aide de l'indice de Gini
une composante d'inégalité juste et une composante d'inégalité injuste. D'autre part les
inégalités relèvent d'un concept multidimensionnel (voir capabilités). On peut alors se
demander s'il existe des indices de Gini multidimensionnels fiables. L'indice de Gini et
l'indice de Theil sont en majeure partie fondés sur le principe de Pigou-Dalton. Or ce principe
n'est pas validé de manière expérimentale
2) La pauvreté
→ H : on rappelle que H est insensible à la profondeur de la pauvreté
→ P : il ne tient pas compte des inégalités entre les pauvres
→ FGT (avec z) : l'indice FGT est sensible à la variation de la ligne de pauvreté z
Ex : mesurons la pauvreté avec un FGT dont le α = 2. On procède à cette mesure :
1° : sur l'Europe des 15
2° : sur l'Europe des 21
En ajoutant des pays pauvres, l'indice FGT devrait augmenter, or celui-ci diminue. Ceci
provient du fait qu'en incluant les pays pauvres dans l'analyse, la médiane diminue donc la
ligne de pauvreté z diminue aussi. Les individus qui étaient considérés comme pauvres dans
l'Europe des 15 vont devenir riches dans l'Europe des 21. L'indice diminue.
→ FGT (taux de mortalité) : comparons 2 pays A et B dont l'indice FGT est le même.
Supposons qu'aux périodes suivantes, le taux de mortalité soit plus important dans le pays A.
Si la mortalité touche uniquement les individus pauvres, alors la pauvreté va diminuer dans le
pays A, or nous pouvons considérer que mortalité et pauvreté ne sont pas indépendants. La
mortalité peut être la conséquence de la pauvreté. Il s'agit du paradoxe de la mortalité.
3) Exercice
X = (10, 20, 30)
Question 1 : calculer l'indice de Gini ? L'indice de Theil ?
2 : rappeler les propriétés de Gini ?
3 : z = 25 → calculer H ? P ? FGT (α=2)
4 : Critique H, P, FGT
(Réponse sur l'ENT)
30/03/12
CHAPITRE 3 : L'ECONOMIE DE L'ENVIRONNEMENT
Dans le chapitre 1, afin de décrire le fonctionnement des économies marchandes capitalistes,
nous avons privilégié le point de vue positif (grille de lecture hétérodoxe). Au contraire dans
ce chapitre, nous allons utiliser le point de vue normatif (orthodoxe). En effet, lorsqu'on
s'intéresse à des normes de pollution, donc à des quotas de Y, il est possible d'utiliser les
outils orthodoxes (rémunérations à la Yté marginale) afin de corriger des situations avec
externalités négatives. Cela signifie que nous devons prendre en considération les coûts
engendrés par les activités de Y. Les politiques environnementales, auxquelles nous allons
nous intéresser, permettent de palier la présence d'externalités. On dit qu'elles permettent
d'internaliser les effets externes. Les politiques publiques ne sont pas les seules solutions de
correction des effets externes. Nous verrons aussi que les solutions privées permettent aussi
de corriger les effets externes.
I. Le cadre théorique de référence
1) L'optimum privé
Soit une économie composée d'une seule firme nommée « TEPCO » qui fait face à tous les
habitants de Fukushima « H ». On va considérer que la firme TEPCO a une activité de Y
polluante.
Si les agents sont libres, dans ce cas il est possible de déduire l'optimum privé relatif au
comportement de TEPCO .
Elle cherche à maximiser son bénéfice « B » :
Max B → B' = 0 → Rm = Cm
B = RT – CT
De leur côté, les habitants H maximisent leur satisfaction. Mais ils ne peuvent le faire qu'en
tenant compte de la pollution engendrée par l'activité économique de TEPCO. En effet, plus
TEPCO produit, et plus la pollution augmente. Nous dirons que plus TEPCO produit, et plus
les habitants subissent des pertes marginales de bien-être (on peut aussi analyser ces pertes
marginales comme si elles étaient équivalentes au coût
Bénéfice marginal (Bm) = B' = Rm – Cm (quel est le B supplémentaire que je retire si je
produis 1 unité supplémentaire)
Graphique :
Bm Pm
M Bm
BN
L Pm
Q
O
N' Qc* Qt*
: (Qt*) correspond à l'optimum privé
Pertes marginales (Pm) :
Soit perte marginale de bien-être càd qu'a chaque fois que qqun produit cela engendre de la
pollution qui réduit le bien-être
Soit coût marginal de dépollution
Le bénéfice maximal (l'optimum privé est l'aire OMQt*
NOQt* représente toutes les pertes marginales de bien-être
Π* = Profit de la collectivité = OMQt* - ONQt = OMBN' (trapèze)
Lorsque le décideur n'intervient pas le Π de la collectivité est égal à l'aire du trapèze OMBN'.
Le décideur peut alors se demander s'il n'existe pas une situation sociale meilleure que la
précédente. Pour cela le décideur maximise le Π de la collectivité.
Lorsque le décideur maximise le Π collectif nous sommes en situation d'optimum social, le
profit Π* est égal à l'aire OML.
On constate alors que le profit de la collectivité optimale est supérieur au profit collectif
OMBN'.
En définitive, le bien-être est maximal pour l'ensemble des agents de la collectivité, on appelle
cette situation l'intérêt collectif. Si le décideur n'intervient pas, l'intérêt individuel devient la
règle de maximisation. Dans ce cas, le Π de la collectivité est inférieur à celui de l'optimum
social
Remarque : la solution de Y nulle n'est pas intéressante car elle ne procure aucune utilité d'un
point de vue collectif (Y nulle = salaire nul = pas de bénéfice ou négatif = pas de satisfaction
individuelle = situation collectif déplorable)
Lorsqu'on pas de l'optimum privé à l'optimum social, 2 types de solutions sont envisageables :
- soit l’État intervient
- soit on décide de laisser TEPCO et H se coordonner
II. Les solutions privées
1) Négociation directe pollueur-pollué
L'économiste COASE a montré en 1960 que lorsque le nombre d'agent est faible et qu'il existe
des droits de propriété, alors la négociation pollueur-pollué aboutie à l'optimum social ( =
Qc* )
1er cas → : (la négoc se fait de gauche à droite)
Supposons que ce sont les habitants H qui détiennent les droits de propriété. Ils décident de la
qualité de l'être et donc par conséquent, du montant de la Y.
Dans ces conditions l'entreprise TEPCO n'a pas d'autre choix que de demander à H une
autorisation pour produire une qté précise. La qté produite autorisée par H, est possible
lorsque l'entreprise peut verser un dédommagement qui doit être supérieur à la perte
marginale (le dédommagement ne peut pas être inférieur à Pm car H refusera)
De plus, le dédommagement ne peut pas excéder le bénéfice marginal sinon l'entreprise
TEPCO refuse de négocier (elle ne peut pas payer). La négociation avance jusqu'au point
critique Qc*, à ce moment là la négociation s'arrête. Au delà de Qc* le dédommagement
demandé par H est supérieur au bénéfice marginal (Bm), ce n'est pas possible.
2ème cas ← : (la négoc se fait de droite à gauche)
La négoc débute au point Qt*. Les habitants H peuvent dissuader TEPCO de produire si H
propose un dédommagement supérieur au bénéfice marginal (Bm). Mais le dédommagement
ne peut pas excéder la perte marginale. La négociation recule jusqu'à atteindre le point Qc*.
Au delà de ce point H ne peut plus proposer un dédommagement supérieur au Bm car celui-ci
excède le montant de la perte marginale. On dit aussi que H n'a plus d'incitation à négocier.
Conclusion : le théorème de COASE indique que quelque soit la répartition des droits de
propriétés, l'optimum social est garantit dès lors que la négociation se fait entre un petit
nombre d'agents.
2) La fusion des parties concernées
Une autre solution d'ordre privé concerne le rachat de l'entreprise par les exécutants. Dans ce
contexte il existe une seule et même personne qui joue le rôle d'AC, de D et d'E.
Ex : Cela arrive lorsque les E ne souhaitent pas que la délocalisation se produise = rachat de
l'entreprise pour éviter la délocalisation
L'agent unique ne va pas maximiser le profit de l'entreprise mais va maximiser inévitablement
le profit collectif. Nous retrouverons donc les mêmes conditions de maximisation
Πmax <=> Π ' = 0 <=> [ RT – CT – P ] = 0 où P = perte
<=> Rm – Cm = Pm
<=> Bm = Pm → Qc*
Nous retrouvons la qté Qc* qui garantit l'optimum social
III. Les solutions publiques
L'Etat peut essayer de trouver les bonnes incitations afin de garantir la norme de
production Qc* qui implique l'optimum social.
1) Les normes
Le gouvernement peut demander aux économistes de calculer la qté Qc*. Afin de respecter
cette norme, le gouvernement va se servir des mécanismes incitatifs simples. Dès qu'une
entreprise dépassera la norme Qc* elle sera soumise à des pénalités. Le montant de la pénalité
sera égal à la perte marginale.
2) La taxation Pigouvienne (le principe pollueur-payeur)
En 1932, un des économistes les plus reconnus du Cambridge anglais Arthur Cécil Pigou,
propose le principe pollueur-payeur. Ce principe consiste à faire payer une taxe qui est
proportionnelle au montant de la Y. Cette taxe étant supportée par l'entreprise TEPCO. On
appelle aussi cette taxe, taxe optimale car elle permet d'atteindre l'optimum social. Le montant
de la taxe doit être précisément égale au montant de la perte de bien-être subit par H.
P = Perte de bien-être ou coût de dépollution
t = taux de taxe
P=t.Q
Π = RT – CT – P
Π ' = O <=> Rm – Cm – P = 0
<=> Bm = t = Pm → Qc*
Il est à nouveau possible de calculer l'optimum social
En définitive le gouvernement incite l'entreprise TEPCO à prendre en compte dans sa
maximisation la taxe pigouvienne. L'optimum social est atteint, il faut pour cela que le
gouvernement calcule précisément un montant de taxe égale à la perte marginale Pm (t = Pm).