Energie-bois Suisse
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Communiqué de presse
Date: 22 janvier 2015
La branche de l’énergie-bois confrontée à l’abandon du cours
plancher de conversion franc/euro
L‘annonce a été soudaine: le 15 janvier dernier, la Banque nationale suisse (BNS) a de façon
inattendue abandonné le cours plancher de 1,20 franc par rapport à l’euro en vigueur depuis
plus de trois années. Les opinions divergent sur le bien-fondé de la décision de la BNS ainsi
que sur ses conséquences pour l’économie suisse. Mais une chose est désormais claire pour
les acteurs situés en amont de la chaîne du bois: la pression de la concurrence déjà forte en
provenance de la zone euro va encore être renforcée par la libération du taux de change.
Premières tentatives d‘explication
«Une fin effrayante mais logique», titrait la NZZ peu après l’annonce. Logique en ce sens
que, au regard des difficultés structurelles persistantes dans la zone euro, la décision
d’abandonner le «cours plancher» qualifié de temporaire aurait été encore plus coûteuse si
elle avait été différée. Les analystes considèrent que, du fait de sa décision, la banque
nationale a dû se résoudre à accepter 50 à 60 milliards de francs de perte pour
empêcher le franc de devenir un quasi euro et revenir à une politique monétaire
indépendante avec des taux de change plus flexibles. Les producteurs de bois suisses et
les fabricants suisses de produits tirés du bois sont maintenant confrontés à un défi de
taille.
Si on se place du point de vue de l’économie nationale et de la politique monétaire, la
décision de la banque nationale est compréhensible, déclare Philipp Lüscher, PDG du
Schmid Group. L’environnement économique est très difficile et ne peut être influencé que
de façon limitée par la BNS. Au cours des années de crise écoulées, la banque a
apporté un soutien efficace avec la couverture des risques de change. Selon Philipp
Lüscher, la raison pour laquelle la BNS a franchi le pas précisément maintenant s’explique
par le cours actuel du dollar ainsi que par le faible prix du pétrole combiné aux taux
d’intérêt négatifs qui ont été relevés. Cela a offert à la BNS une occasion unique
d’abandonner le cours plancher d’une façon encore relativement «maîtrisée». Mais les
perspectives dans la zone euro et leurs effets futurs sur le taux de change laissent
présager de gros soucis: «C’est la raison pour laquelle les opérations de couverture seront
une nécessité absolue à l’avenir».
Une chaîne de valeur ajoutée sous pression
Pour les scieries, les usines à papier ainsi que pour les producteurs de matériaux tirés du
bois et de granulés de bois suisses, qui avaient déjà dû, à cause du franc fort, supporter
un recul spectaculaire de leur volume de production au cours des années 2010 à 2013, la
décision de la BNS constitue maintenant une très mauvaise nouvelle supplémentaire. En
effet, non seulement leur très forte proportion de coûts de matières premières s’exprime en
francs suisses, mais cela est également vrai pour les coûts salariaux, les coûts d’électricité
et de transport. Avec l’abandon du cours plancher, les coûts d’exportation sont devenus
nettement plus élevés pour les clients étrangers. Selon l’association Economie forestière
Suisse, différentes scieries ont, en plus des premières commandes destinées à l’export,
déjà
perdu
des
commandes
en
provenance de
Suisse
ou
bien
ont
suspendu
des
commandes au motif que les recettes ne couvraient plus les coûts. «Si le franc ne
retombe pas, il n’y aura plus d’industrie suisse du bois d’ici un à deux ans», craint
Markus Lädrach, patron de l’entreprise OLWO.
La forêt souffre aussi
Parallèlement au recul de la production dans l’industrie du bois lié à la monnaie, la récolte
de grumes a également diminué d’environ 12% entre 2009 et 2013. Cette sous-exploitation
croissante de la forêt suisse aggrave le problème du vieillissement dont pâtissent la forêt
protectrice ainsi que la résistance et la stabilité de la forêt, comme l’écrit le groupe de
travail Bois + forêt + énergie dans son communiqué: «C’est précisément au moment où il
faudrait investir beaucoup plus dans le rajeunissement de la forêt que les vendeurs de bois
sont obligés de baisser les prix du bois». De ce fait, l’abattage du bois qui rajeunirait
notre forêt et la préparerait mieux aux changements climatiques devient toujours moins
lucratif pour les entreprises forestières. Par la suite, un recul supplémentaire de la récolte
de bois ne menacerait pas seulement l’approvisionnement de l’industrie de transformation du
bois mais remettrait en question l’importante contribution de l’énergie-bois à la stratégie
énergétique 2050.
Prendre les bonnes mesures
Ceux qui pensent résoudre le problème par la conquête de nouveaux marchés en dehors
de la zone euro apportent une réponse un peu courte. En effet, «la production de la
matière première qu’est le bois dans la forêt de nos régions ne peut pas tout simplement
être
transposée
à
l’étranger»,
comme
le
souligne
Lignum,
l’organisation
faîtière
de
l’économie des forêts et du bois. L’attention se tourne ici vers les propriétaires forestiers.
Avec la révision prévue de la loi sur les forêts, la Confédération a déjà la possibilité
d’investir davantage de moyens financiers au profit de l’infrastructure forestière et de faire
baisser ainsi les coûts de la récolte. Il importe maintenant d’analyser la situation calmement
et de façon réfléchie et d’attendre la suite des événements avant de pouvoir prendre des
décisions adaptées. Mais il y a une chose que nous pouvons d’ores et déjà faire: miser
avec persévérance sur la matière première nationale que constitue le bois.
A propos de l’association Energie-bois Suisse
Depuis plus de 35 ans, Energie-bois Suisse encourage une utilisation du bois raisonnable,
respectueuse de l’environnement, moderne et efficace au plan énergétique; en Suisse, le
bois représente en importance la deuxième source d’énergie renouvelable et nationale. Nous
proposons une multiplicité de prestations intéressantes et modernes qui font de nous un
interlocuteur important et compétent dans le domaine de l’énergie-bois au service des
spécialistes, maîtres d’ouvrage, politiciens, entreprises et personnes privées intéressées.
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