Paediatr Child Health Vol 4 No 1 January/February 1999 83
Les infections streptococciques envahissantes et la
«maladie mangeuse de chair»
Cette feuille communique aux parents des faits sur les infections streptococciques envahissan-
tes, et surtout sur la maladie qu’on appelle «maladie mangeuse de chair». Bien que cette mala-
die ne soit pas nouvelle et qu’elle soit en fait très rare, elle a récemment retenu l’attention du public
et captivé son imagination, en grande partie en raison de l’intérêt manifesté par les journaux, les
magazines et les émissions-débats envers l’infection dont a souffert Lucien Bouchard, Premier
ministre du Québec. Voici les questions les plus souvent posées au sujet de la maladie mangeuse
de chair.
Qu’est-ce que la maladie mangeuse de chair?
La maladie mangeuse de chair désigne une maladie du nom de «fasciite nécrosante» qui infecte les
tissus sous la peau et atteint les tissus adipeux, le fascia (l’enrobage des muscles et des tendons) et les
muscles. Les tissus peuvent mourir rapidement en raison d’un mauvais apport sanguin, et parfois en-
traîner le décès du patient.
Quelle est la cause de la maladie mangeuse de chair?
Elle est causée par une bactérie connue sous le nom de streptocoque de groupe A.
Est-ce le même streptocoque qui est responsable de l’infection streptococcique de la gorge?
Oui, c’est le même. On observe des streptocoques dans la gorge ou sur la peau de jusqu’à 10 % des en-
fants et 1 % des adultes. Cependant, il arrive parfois que ces streptocoques déjouent les mécanismes de
défense normaux de l’organisme et pénètrent dans le sang ou d’autres tissus où les bactéries ne vivent
généralement pas. C’est ce qu’on appelle une infection streptococcique envahissante, une maladie qui
peut donner lieu à une pneumonie, à une infection des os et des articulations ou, rarement, à une fascii-
te nécrosante ou à un «syndrome de choc toxique streptococcique». Ce syndrome se produit lorsque les
bactéries streptococciques se répandent rapidement dans l’organisme et libèrent des toxines qui provo-
quent un choc et une insuffisance de nombreux organes et tissus. La fasciite nécrosante et le syndrome
de choc toxique streptococcique peuvent se manifester séparément ou ensemble. Ce n’est que lorsque la
fasciite nécrosante entre en jeu que l’on parle de maladie mangeuse de chair. Par ailleurs, rien n’indique
que le risque de maladie mangeuse de chair soit plus élevé chez les personnes qui possèdent ce germe
dans la gorge.
Dans ce cas, si mon enfant souffre d’une infection streptococcique de la gorge, devrais-je
craindre qu’il développe la maladie mangeuse de chair?
Non. La plupart des cas de maladie mangeuse de chair proviennent d’une maladie de la peau et des
tissus mous, et non de la pharyngite streptococcique ou infection streptococcique de la gorge. Des mil-
lions d’enfants nord-américains souffrent d’une telle infection chaque année, mais moins d’un enfant
sur un million contracte la maladie mangeuse de chair. Pour remettre les choses en perspective, le ris-
que de mourir d’un accident d’automobile est 100 fois supérieur à celui de mourir de la maladie man-
geuse de chair chaque année en Amérique du Nord, et celui d’être frappé par la foudre est 50 % plus
élevé. Ainsi, il est très rare que l’infection streptococcique de la gorge se détériore au point de devenir la
maladie mangeuse de chair.
L’AVIS DU MÉDECIN :
CONSEILS À L’INTENTION DES PARENTS ET DES SOIGNANTS
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Comment puis-je savoir si mon enfant souffre de la maladie mangeuse de chair ou du syn-
drome de choc toxique streptococcique?
Il faut surtout se rappeler que ces deux maladies sont rares et qu’elles sont différentes de l’infection
streptococcique de la gorge. Lorsqu’elles se développent, aucun signe particulier ne permet de les recon-
naître. Souvent, les enfants atteints peuvent se plaindre d’«une grippe accompagnée de fièvre, de malai-
ses, de douleurs et de frissons». Certains enfants peuvent présenter des signes de pneumonie,
d’essoufflement et de toux. Cependant, la plupart de ces signes demeurent non spécifiques, et la majori-
té des enfants qui présentent ces symptômes souffrent probablement d’une grippe ou d’une autre mala-
die que le syndrome de choc toxique streptococcique. Dans le cas de la maladie mangeuse de chair,
l’enfant se plaint souvent d’une douleur grave disproportionnée par rapport aux observations pendant
l’examen de la région du corps atteinte, et cette région peut être extrêmement sensible au toucher. Quoi
qu’il en soit, si vous vous inquiétez au sujet de votre enfant, il est préférable de le faire examiner par vo-
tre pédiatre ou votre médecin de famille.
J’ai entendu dire que les enfants atteints de varicelle ou de troubles cutanés sont plus suscep-
tibles de contracter la maladie mangeuse de chair. Que dois-je faire si mon enfant attrape la
varicelle?
Oui, il est vrai que les enfants qui souffrent de la varicelle risquent plus de souffrir de fasciite nécro-
sante. Cependant, par rapport au nombre d’enfants qui contractent la varicelle chaque année, la fasciite
nécrosante demeure très rare, et il n’est pas nécessaire de prendre des mesures particulières chez un
enfant atteint de varicelle, à moins qu’il ne développe les signes énumérés plus haut, une forte fièvre le
troisième jour après l’éruption ou de la fièvre à compter du quatrième jour.
Si un membre de ma famille souffre de la maladie mangeuse de chair ou du syndrome de
choc toxique streptococcique, les autres membres de ma famille risquent-ils de développer
aussi ces maladies?
Certaines données laissent supposer que l’entourage immédiat d’une personne atteinte (en général,
des personnes qui sont en contact avec elle plus de quatre heures par jour) présentent un risque plus
élevé de développer ces maladies que celles qui ne sont pas en contact étroit avec elle. Bien que ce risque
demeure faible, la plupart des autorités canadiennes en matière de santé publique suggèrent de traiter
les membres de la famille afin de réduire les risques. Votre médecin vous conseillera le meilleur
traitement à adopter.
L’AVIS DU MÉDECIN :
CONSEILS À L’INTENTION DES PARENTS ET DES SOIGNANTS
Ces renseignements ne devraient pas remplacer les soins et les conseils médicaux de votre médecin. Ce dernier
peut recommander des variations au traitement tenant compte de la situation et de l’état de votre enfant.
Cette information peut être reproduite sans permission et partagée avec les patients et leur famille.
Elle est aussi disponible sur Internet, au www.cps.ca.
(Révisée par le conseil d’administration de la Société canadienne de pédiatrie.)
Société canadienne de pédiatrie, 2204, chemin Walkley, bureau 100, Ottawa (Ontario) K1G 4G8,
téléphone 613-526-9397, télécopieur 613-526-3332, http://www.cps.ca
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