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NOTES
Depuis la nuit des temps, les hommes se racontent des histoires, pour partager leurs expériences du monde,
explorer les différentes façons d’appréhender les problèmes et les aventures de la vie, et essayer de comprendre
la signification profonde qui se dissimule derrière le quotidien. Certaines de ces histoires ont pris, peu à peu, la
dimension de mythe, avec le pouvoir d’inspirer et de guider, génération après génération, ceux qui veulent bien
les entendre.
Il me semble que cette inquiète lueur d’espoir et de désespoir, ces interrogations sur le destin de l’homme, son
histoire, ses contradictions, sa part d’ombre, peuvent, aujourd’hui encore, remuer profondément le public.
Tempête de l’âme et de l’esprit,
Tempête des éléments,
Tempête d’émotions et de passions,
Tempête de sentiments sombres,
Tempête de rage et de colère,
Tempête d’injustices et de trahisons,
Tempête d’espoirs et de désespoirs,
Tempête humaine et sauvage,
Tempête d’amour et de haine,
Tempête des peurs et des interdits,
Tempête de pouvoirs et d’innocences,
Tempête de mots et de notes poétiques,
Tempête de l’imaginaire et de la folie.
Prendre le temps, se l’octroyer, le provoquer comme Prospero qui délègue ses pouvoirs à son frère et lui laisse
la porte ouverte afin que celui-ci lui usurpe son duché et l’exile. Cet exil, comme le dit Prospero, est un mauvais
tour et une bénédiction.
Ce voyage n’est pas seulement une aventure physique qui transporte Prospero d’un lieu vers un autre ; il s’agit
d’un voyage spirituel, au cours duquel Prospero passe de l’innocence et de l’ignorance à l’expérience et à la
connaissance. Il s’agit d’un voyage à la découverte de soi-même, une expédition dont le but véritable n’est autre
que notre royaume intérieur, là où se concentrent toutes nos forces et nos faiblesses.
Mais prenons-nous ce temps ? Et pourquoi ? Pour nous réfugier dans un monde de rêves et d'émerveillement,
échappant ainsi à une réalité humaine que nous avons nous-même fabriquée ?
Contradictions ? Oui bien sûr, car au-delà des bienfaits de cette quête, l’homme veut toujours plus, plus loin,
plus extrême, … Pour arriver à quel but ? Avoir un contrôle absolu sur la nature et les éléments, quitte à vendre
son âme pour y parvenir ? ...
Et c'est également à travers les yeux émerveillés et innocents de Miranda, que Shakespeare nous impose une
vision de l’homme, la vision subite de l’humanité des premiers jours… L’homme est beau… Le réel est beau en
profondeur à chaque fois qu’on l’aperçoit.
Le nouveau Monde de Shakespeare, c’est sans doute le possible de l’homme et de la terre dans un univers
capable de se renouveler. Cette réalité humaine peut aider véritablement l’homme à prendre le monde dans ses
mains, mais non, comme il en a coutume, pour le détruire et l’avilir.