Physiologie repro. et dev. animal
Mr Richard
Semestre 5
Physiologie de la reproduction et du
développement animal
Introduction
La fonction de reproduction met en œuvre des
mécanismes à la fois extrêmement communs chez
tous les vertébrés, et à la fois différentiée par des
adaptations surprenantes, résultat de l’évolution
des espèces. Elles sont destinées à faire que
l’espèce se maintienne, dans des environnements
qui auront changé au cours du temps.
L’appartenance à un sexe d’un individu vertébré
est due à la présence de gènes spécifiques, qui
induisent la différenciation sexuelle. Chez
l’humain, la femme a XX, l’homme a XY.
On note la présence du gène SRY, responsable de la différenciation testiculaire. Le chromosome Y va
porter un nombre relativement restreint de ces gènes qui mènent à la différenciation.
Homme et femme ont l’X, et donc il doit porter des gènes codant pour des protéines qui doivent
servir aux deux. Chez la femelle on trouve de plus un deuxième X, alors on se demande ce qu’il va
apporter. En fait ce X « surnuméraire » ne sert pas à grand-chose, et la plupart du temps, il va se
retrouver sous forme de chromatine extra-condensée, inutile.
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On a dénommé cette chromatine corpuscule de Baar. Ca a été pendant longtemps un moyen de
déterminer le sexe d’un embryon, d’observer la présence du corpuscule de Baar. Il est possible de
trouver une femme portant 3 chromosomes X, c’est viable, et l’on observe alors 2 corpuscules de
Baar.
Les fonctions de reproduction sont assez similaires chez tous les vertébrés, et particulièrement chez
le mâle. On va trouver des différences structurales, aussi bien au niveau localisation
qu’anatomique, mais beaucoup de similitudes de fonctionnement.
La spermatogenèse est encore très conservée entre les espèces, que ce soit au niveau temporel ou
quantitatif.
Chez les femelles, on va trouver plus de différences, morphologiques et fonctionnelles.
L’ovogenèse, et son schéma de méiose, pour la constitution de l’ovocyte est similaire, suivant les
espèces. Le niveau temporel est par contre très différent suivant les espèces. Autour de l’ovocyte,
les réserves alimentaires sont très différentes. On aura parfois la constitution d’un vitellus, plus ou
moins présent, plus ou moins abondant. L’ovulation, en termes de quantité émise sera très variable.
1 chez l’homme, à une vingtaine chez les rongeurs. Derrière ça, si l’on a une quinzaine d’ovocytes
émis, et fécondés, il faudra pouvoir les accueillir, et donc il y aura des différenciations structurales,
morphologiques et fonctionnelles suivant les espèces. On a parfois des possibilités d’activation,
dans certaines espèces peu évoluées, par parthénogenèse, c'est-à-dire sans fécondation.
Il y aura différenciation de production des hormones.
Si l’on prend des espèces comme le lapin, le chat, il n’y aura pas d’ovulation tant qu’il n’y a pas de
fécondation (post-coïtal). Chez la chauve-souris, il y aura un décalage extraordinaire entre
fécondation et ovulation, jusqu’à 3 mois. La femelle peut stocker de la semence mâle jusqu’à ce que
les conditions soient suffisantes pour la gestation.
Le contrôle central est quelque chose qui réunit les espèces, le cerveau, au travers de son système
hypotalamo-hypophysaire va être au cœur de la régulation de la fécondation. Les productions
hormonales, GnRH (hypothalamus) et LH/FSH (hypophyse, sur ordre de GnRH), régulent le testicule.
La reproduction met classiquement en jeu 2 partenaires, un male et une femelle. Cependant
techniquement, on peut reproduire un seul individu.
Reproduction veut dire reproduire quelque chose. Chez les êtres inférieurs, on parle de
reproduction, la bactérie se reproduit à l’identique. On peut nuancer en disant reproduction non
sexuée. Mais elles peuvent aussi échanger des informations génétiques par la reproduction sexuée.
Donc se pose un problème dans l’emploi du terme reproduction chez nous. On n’est pas identique à
nos 2 parents, donc il faut se demander si ce terme est bon à employer chez nous. Evidemment non,
grâce à la méiose, on aura moitié du père, moitié de la mère, il y a aussi brassage génétique (crossing
over). Compte tenu du nombre de gène et du nombre d’échanges possibles, on considère que
statistiquement, on n’aura jamais 2 gamètes identiques. Chez la femme, c’est pareil, jamais un
ovocyte sera identique à l’autre. Le cas des jumeaux est très différent. Le meilleur terme à employer
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en ce qui nous concerne est « procréation » : création d’une nouvelle entité à partir de structures
existantes.
I.
Physiologie féminines
A.
Relation structure-fonction de l’ovaire
C’est un organe pair, plein, constitué
d’une région médullaire et d’une région
corticale. L’ovaire est, chez la femme,
systématiquement coiffé du pavillon de
l’oviducte, mais il n’y a pas de vrai contact
anatomique entre l’oviducte et l’ovaire. Du
coup on se demande comment l’ovaire
tient. On a un certain nombre de petits
ligaments qui vont l’accrocher dans la
cavité intra-péritonéale, et qui fait que
l’ovaire est bien maintenu en place. Cet
ovaire possède 2 fonctions, 1 fonction
exocrine, c’est la production de gamètes,
et une fonction endocrine, fabrication de
substances qui vont se retrouver dans la
circulation, ce sont les hormones, les plus
connues étant œstrogène et progestérone, mais il y a d’autres productions. L’ovaire dans son
fonctionnement, chez toutes les espèces, possède son cycle de fonctionnement. Chez tous les
organismes ce fonctionnement cyclique se réalise sur 2 périodes de la vie, à la puberté et jusqu’à un
arrêt de fonctionnement cyclique (différence entre humain et animal), la ménopause, qui est l’arrêt
de ce fonctionnement ovarien, et donc l’arrêt de la possibilité de procréation. Elle arrive à 35-40
ans, mais avec une très grosse variabilité.
La production de spermatozoïdes ne s’arrête normalement jamais. Potentiellement, il y a encore
production à 100 ans.
On trouve chez les vertébrés des animaux où l’on va trouver des organes creux. C’est le cas par
exemple chez les grenouilles. Le cas humain n’est pas le seul.
La région corticale, chez l’espèce humaine, est la région superficielle, à épaisseur variable, elle fait
de 2 à 10 mm, elle contient les follicules, et les dérivés folliculaires, que sont toutes les structures
après l’ovulation. C’est ce que l’on appelle corps jaune, corps blanc. Il reste toujours une trace, une
structure toute petite. L’épithélium de l’ovaire, constituant la périphérie, est en continuité avec
l’épithélium péritonéal, qui va former ce que l’on va appeler le ligament large, qui va s’accrocher au
péritoine, qui va être l’un des ligaments accrochant et reliant l’ovaire à la cavité péritonéale.
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La médula, partie centrale, est aussi
appelée hile, avec une bonne zone de
parenchyme, qui remplie cette structure,
et ce parenchyme va contenir les follicules
qui vont être ramenés à l’extérieur en fin
de vie, et on va aussi y trouver la
vascularisation. Dans chaque ovaire on
aura une grosse artère pénétrante, qui va
se scinder en petites artérioles qui vont
venir alimenter l’intégralité du tissu. On
aura un tissu veineux à l’autre bout
extrêmement
présent.
Cette
vascularisation va évoluer dans le temps, à
chaque cycle on aura modification de la
vascularisation. A chaque fois que l’on
aura le développement d’un follicule, on
aura développement cellulaire très
considérable, et donc il y aura nécessité
d’alimenter les cellules, et à chaque fois
que l’on aura un développement de ce
type, la vascularisation va suivre. Tout un
réseau vasculaire complet se met en
place. Il disparaitra quand le follicule va
régresser. Pour l’expliquer, il y a
fabrication par le follicule en croissance de
facteurs
de croissance. Le plus
caractéristique est le VEGF (vascular
endothélium growth factor). Il induit la
fabrication de l’endothélium (capillaire). Le deuxième plus important est le TGF et ces systèmes de
croissance, produits par le follicule, attirent les capillaires, et autour de follicules le réseau vasculaire
se met en place. C’est typiquement un effet paracrine.
On a découvert cela en faisant des greffes d’ovaires, un peu partout, la greffe d’ovaire est très facile.
Cependant, il n’y a pas de développement ailleurs que dans l’utérus. La vascularisation se met en
place très rapidement, et la greffe prend aussi rapidement que la production de follicules est rapide.
Ces facteurs de croissance sont très largement aidés, en termes de production, par le couple LH/FSH.
L’activation génique se fait directement par la FSH.
On trouve aussi du tissu nerveux, il y a une vraie innervation de l’ovaire, on trouve en particulier des
nerfs du système orthosympathique. Dans l’ovaire, on trouve de la noradrénaline, de la dopamine,
du VIP, du NO. Le système est donc très particulier.
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1.
Evolution du follicule
On trouve d’abord les follicules primordiaux qui donnent follicule primaire, secondaire, tertiaire,
etc. Tous les follicules sont présents dès le début de la vie de l’individu. Dès 6 mois de gestation, il y
a déjà tout de prêt, et déjà certains follicules dégénèrent. On considère qu’à la naissance il y a 250 à
500 000 follicules primordiaux par ovaire. Les ovocytes, dans cette situation, ont démarré leur
méiose, au stade fœtal, mais ils sont bloqués en prophase 1, c'est-à-dire au tout départ de la division
méiotique. Ce stock, à la naissance, ne grossira plus, et il va s’épuiser progressivement jusqu’à la
ménopause. On n’a jamais vu de rupture de stock avant la ménopause. Seuls 300 à 400 iront au
bout du développement. Le reste développe alors et va se nécroser, ou alors ils développent des
mécanismes d’apoptose, avant de démarrer le développement.
Le démarrage est le passage du follicule primordial au follicule primaire. D’une morphologie
aplatie, les cellules folliculaires prennent une forme cubique, pour organiser le follicule. Le follicule
primaire entraine une multiplication considérable des cellules folliculaires, qui vont s’assembler les
unes aux autres pour former une granulosa. A partir de là, l’ovocyte commence à croitre un petit
peu lui-même, prend le diamètre du follicule, qui atteint lui 180µm de diamètre. On atteint ensuite
le stade préantral, à 180µm, une petite couche cellulaire se forme autour de l’ovocyte, c’est la zone
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pellucide. Le stade préantral préfigure la formation d’une cavité, antrum, remplie de liquide, c’est le
follicule cavitaire, de de Graaf, quand on a présence de la cavité à l’intérieur. On est à une taille de
200µm, et à la surface de la granulosa se forme une 2ème couche cellulaire, la thèque, interne et
externe, et l’on est alors dans la forme de follicule tertiaire, la vascularisation est alors très
abondante. On voit alors se développer une épaisseur de cellules folliculaires, et arrivé quasiment à
l’ovulation, on retrouve notre ovocyte avec ses 2 couches cellulaires.
Au stade de thèque, les stéroïdes se mettent en place, produits par la thèque interne (œstrogènes,
progestérone), qui va les déverser dans la circulation. Les cellules de la thèque interne sont
essentiellement destinées à la production des stéroïdes. Elles ont un réticulum endoplasmique lisse,
beaucoup de mitochondries. La thèque externe est plus épaisse que l’interne, elle contient
beaucoup de collagène, avec des cellules fusiformes, très allongées, et on trouve également des
fibroblastes, appelés ici myofibroblastes. On définit alors une possibilité de mouvement, de
contraction, servant à l’expulsion de l’ovocyte.
Quand on arrive au moment de l’ovulation, on a environ 50 millions de cellules, et l’ensemble du
follicule fait alors 2 cm, et vient pousser l’épithélium ovarien, et le fragiliser.
2.
L’ovulation
Elle ne se fera que si on aura eu une explosion de la production et de la libération de LH/FSH. 36h
avant l’ovulation chez la femme, il y aura décharge ovulante, de LH/FSH. A partir du moment où l’on
a cette augmentation, on lance un mécanisme irrémédiable. La première chose que l’on a pu lier est
l’augmentation du second messager : l’AMPc. Il conduit à de très profondes modifications, que ce
soit dans la granulosa, dans les thèques, et dans le follicule en lui-même. On avait avant de
nombreuses jonctions perméables (GAP) que l’on perd, ce qui va isoler l’ovocyte du reste du
follicule, ce qui va désorganiser la structure complète. Elle va perdre en unicité. On voit alors
rapidement une vasodilatation de la partie externe de la thèque. Tous les capillaires et vaisseaux
sanguins vont augmenter de diamètre. Le débit sanguin va augmenter, et au niveau des petits
vaisseaux capillaires, la vasodilatation engendre des espaces entre les cellules de l’endothélium, et
donc elle va créer un œdème, de l’eau arrive, va créer un œdème dans la thèque, donc dans la
granulosa, et dans la cavité. Donc l’œdème entre dans la cavité et crée de la pression, ce qui pousse
l’épithélium ovarien.
L’ovocyte se détache de la granulosa, et baigne dans la cavité. Les cellules de l’épithélium sont
écrasées, les vaisseaux sanguins se retirent, et les cellules se nécrosent alors, et la membrane n’est
plus efficace. La granulosa fait de même dans cette zone. Pendant ce temps, il se passe des choses
dans l’ovocyte, sous l’influence de LH/FSH, l’ovocyte finit sa méiose. On se retrouve alors en fin de
2ème partie de méiose, expulsion d’un globule polaire. On est alors en métaphase de 2ème division.
Les cellules folliculaires feront alors production d’acide hyaluronique, de prostaglandine (F2α),
d’activateurs de plasminogène, et ces molécules vont favoriser la dissociation des cellules, produire
des enzymes, des molécules qui vont casser le collagène, les cellules en phase de nécrose.
L’ensemble de ces mécanismes fragilise l’épithélium et fait monter la pression dans le follicule, et au
final l’épithélium ovarien se rompt, et l’ovocyte passe d’une zone à forte pression vers une zone à
faible pression. Il est envoyé très loin. La pression permet d’envoyer l’ovocyte dans l’oviducte, mais
de temps en temps, il ratte la cible. C’est certaines fois un facteur de stérilité.
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Derrière, le follicule reste en place et l’explosion conduit à une petite hémorragie, éteinte au bout
de quelques minutes. Le follicule devient alors le corps jaune, quasiment dans les heures qui suivent.
Il ne va pas disparaître tout de suite, il va progressivement régresser, et il va passer donc par cette
étape de corps jaune, qui va se maintenir pendant une dizaine de jours après l’ovulation. Il produit
encore plus de stéroïdes qu’avant, en particulier de la progestérone en abondance. C’est la
lutéinisation du follicule, les cellules sont lutéales, sous l’influence de la LH, elles ne produisent plus
que des stéroïdes. Au bout des 10 jours, 2 situations peuvent se mettre en place. Le corps jaune
régresse encore, et devient corps blanc, ne produit plus, dans le cas de non-fécondation. Dans le cas
d’une fécondation, le corps jaune reste corps jaune, et produit encore plus de progestérone. C’est
l’embryon qui envoie les informations au corps jaune pour la continuation de la production. La
progestérone empêche mise en place du cycle menstruel. Le corps jaune reste en place 3 à 4 mois,
et permet le développement embryonnaire. Le corps jaune produit aussi un certain nombre de
petits peptides qui vont l’auto-inhiber dans le cas de non-fécondation. Cette production est mise en
cause dans le cas de stérilités.
Pour chaque nouveau cycle, environ 500 follicules démarrent la maturation, et la sélection se fait
dans les 15 derniers jours. C’est ce qu’on appelle la dominance. Dans le cas humain, il n’y en a qu’un,
et c’est celui qui ira au bout.
Chez d’autres espèces, un nombre important de follicules peut être émis. Chez les brebis, certaines
races faisaient systématiquement un nombre donné de petits. Certaines races ont plus ou moins de
follicules qui ont bien démarré leur développement. Au niveau de l’utérus (ovulation), plus ou moins
de follicules dominent.
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Un follicule peut dominer les autres, qui entrent en atrésie. 3 follicules peuvent en dominer 1 seul. Il
y a des familles dans lesquelles il y a des faux-jumeaux (chez l’homme) : les gènes pour lesquels il y a
systématiquement 2 follicules émis.
L’atrésie est un phénomène proche de l’apoptose. Des facteurs de croissance de molécules qui vont
agir de façon paracrines vont être mises en jeu.
Chez la vache, on constate qu’il y a plus de récepteurs pour les récepteurs à FSH et LH dans les
structures saines. La capacité de liaison diminue pour la FSH et explose pour la LH. On a donc marqué
l’hormone, et l’on obtient la liaison par follicule. Au niveau de la quantité totale des follicules, on a
une baisse. Il faut alors se rappeler un certain nombre de points. La vascularisation est très
importante pour le follicule dominant. Si un follicule est bien vascularisé, il sera bien approvisionné,
mais celui qui dégénère est moins bien vascularisé. Donc la quantité de FSH relative est supérieure
pour le sain, et donc il est plus stimulé que les autres. Au final, ce n’est pas surprenant d’avoir cette
diminution de liaisons.
Dans les facteurs qui influencent les follicules sains sont produits par lui-même. Ils ont un effet sur
l’atrésie des autres.
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3 cycles avant, tout un paquet de follicules, stimulés par les variations de taux d’hormones, va
démarrer. Chez l’humain, il y en a de 400 à 500. On est 80 à 90 jours avant l’ovulation.
Progressivement, une grosse partie continue son développement, forme l’antrum, et on recrute alors
les follicules susceptibles d’ovuler. On passe de 50 à une dizaine. Ensuite vient le cycle qui concerne
cette série, et un follicule marque sa dominance, se développe considérablement, et va inhiber les
autres, dans les 5 premiers jours du cycle.
3.
Productions hormonales mises en cause
Les œstrogènes sont libérés dans la circulation et produits localement, et auto-stimulent le follicule
le plus performant. Le follicule va de plus induire la formation d’un certain nombre de facteurs de
croissance, qui vont inhiber les autres follicules.
On trouve l’inhibine, l’activine, et la follistatine. Ce sont des glycoprotéines, qui appartiennent à la
superfamille des TGF. Ce qui est caractéristique est que la plupart du temps, inhibine et activine ont
des effets opposés. La follistatine bloque systématiquement les effets de l’une ou de l’autre. On a
donc 1 molécule qui agit et 2 qui réduisent son action. Ces 3 facteurs sont très importants pour
inhiber les follicules dominés.
Les actions les plus connues de ces molécules, in-vitro :
-
l’activine fait augmenter la division de la granulosa.
L’inhibine est un activateur de la production des androgènes des cellules de la thèque. Elle a
un effet inhibiteur de la sécrétion de FSH par le cerveau.
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On l’a montré en opérant un ovaire en cours de développement, on l’enlève, et on constate
automatiquement une augmentation de la FSH. Cette diminution est faite car il y a grande
vascularisation, et qu’il a démarré. Cela contribue à éliminer les derniers follicules dominés. Pour
fabriquer de l’inhibine, on n’a besoin que de 3 gènes. 2 molécules à effet différent sont
structuralement très voisines. On a 2 formes d’inhibine chez la femelle, et une seule forme chez le
mâle. L’inhibine a de l’intérêt car c’est un vrai test clinique en dosage pour l’état de l’ovaire, et pour
l’état de son développement. On va doser les stéroïdes, FSH/LH, et l’inhibine pour doser ce
développement. Quand le souci n’est pas l’ovocyte mais le spermatozoïde, généralement, on va,
avant de faire le prélèvement, on va faire des mesures d’inhibine.
On s’en sert aussi comme élément diagnostique du cancer ovarien. Au cours du cycle on a une chute
très importante, en fin de cycle. En cas de cancer, on conserve un taux d’inhibine permanent très
fort, non diminué. Ca fait aussi parti d’un indice intéressant d’une grossesse d’un fœtus trisomique.
4.
Les IGF
Insuline-like growth facto = facteur de croissance. Ils ressemblent à l’insuline.
C’est une molécule qui sert en beaucoup de points, elle a une action qui ressemble à l’insuline, c’est
une voie intéressante pour les diabétiques. Il y a 2 grands types d’IGF : IGF 1 et IGF 2. L’ovaire
fabrique de l’IGF. La thèque et la granulosa en fabriquent une chacune, et donc l’ovaire fabrique les
2.
Dans ce modèle, on a clairement une
activité de mitose avec l’IGF.
La FSH, à partir d’un seuil permet de faire
fonctionner des cellules qui fabriquent la
progestérone. Il faut arriver à un seuil pour
que l’on ait cette réponse. Quand on met
de l’IGF, à la base on a un effet plus
important, et le seuil se déclenche ensuite
plus tôt, la réponse est plus importante.
L’IGF favorise donc l’effet de la FSH. L’IGF a
de plus un léger effet seul.
L’IGF va jouer un rôle de type insuline (facilitateur d’entrée de glucose), cette IGF favorise la
pénétration de glucose, et donc c’est bien que l’on apporte des nutriments.
B.
L’utérus
1.
Anatomie
Elle est variable suivant les espèces. Chez la femme le modèle est assez simple. On trouve un utérus
en forme de cône, prolongé par un oviducte, les trompes de Fallope, où se font des transits de
gamètes. Il a la forme d’un cône aplatis à sa base. Sa taille varie en fonction de la morphologie de la
personne, et en fonction du nombre d’enfants déjà eu : nullipare = femme qui n’a jamais eu
d’enfants ; multipare = femme qui a déjà eu des enfants. On peut obtenir 1/3 de volume en plus.
Avant la première grossesse, en moyenne, il fait 6 cm de long pour 4 cm de large. Ce n’est pas
immense en comparaison de la grossesse qui va suivre. Il est en liaison par l’intermédiaire du col
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utérin, partie la plus étroite de cet ensemble, et d’un point de vue de protection, il empêche les
infections de passer, pour mettre à l’abri les structures utérines. La paroi est constituée d’une
muqueuse, l’endomètre, d’une musculeuse et d’un adventis.
Les trompes utérines sont relativement fines, il n’y a pas d’endomètre. Elles sont remplies de liquide
en permanence, et la fécondation a lieu dans les trompes. Donc le spermatozoïde qui est déposé
dans le vagin a tout ce chemin à faire.
L’utérus lui-même produit un liquide, un fluide, le fluide tubaire, qui est plus ou moins abondant
selon le moment du cycle. Ce liquide est issu du péritoine. On trouve du liquide folliculaire, propulsé
à l’intérieur des trompes. Des substances d’origine plasmatique se retrouvent aussi dans ce fluide.
On a enfin des substances spécifiques à l’utérus, ce sont des glycoprotéines qui ne sont fabriqués
qu’ici, par l’endomètre et sécrétées dans la cavité.
2.
Cycle endométrial et menstruation
Ce cycle est une physiologie propre aux primates. L’endomètre tapisse la paroi de l’utérus, il est
constitué d’un épithélium et d’un chorion. L’épithélium est simple, avec une couche cellulaire, avec
de temps en temps des cellules ciliées. Le chorion est extrêmement riche en fibroblastes, c'est-à-dire
en ces structures capables de se démultiplier quasiment de façon illimitée. Il est extrêmement
vascularisé, on trouve un réseau complet, et en perpétuelle évolution au cours du cycle. On trouve
aussi des invaginations épithéliales, et c’est nommé glandes utérines. C’est une structure
momentanée.
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Ovulation
Le cycle menstruel est divisé en 5 phases.
a)
Première phase
Le jour 1 du cycle menstruelle est le déclenchement des règles. C’est la phase de desquamation.
C’est l’évacuation d’un endomètre hémorragique, nécrosé, ce qui fait qu’au bout de cette phase, au
4ème jour, il ne reste que la zone résiduelle, très fine, appelée mince couche de chorion abrasé. On
trouve des cellules chorioniques et des petits bouts d’épithélium. L’épithélium est incomplet. Cette
menstruation qui s’effectue au maximum pendant ces 4 jours.
Ce qui surprend c’est qu’il n’y a pas de production de structure coagulée. L’endomètre produit des
structures anticoagulantes, de type héparine, et donc le sang ne coagule pas. On trouve donc du
sang, de l’anticoagulant, des structures éliminées… Le volume perdu peut être assez important pour
produire des anémies, des problèmes de tension (perte de volume sanguin  chute de tension). Cet
épisode est dû à la chute violente des taux d’œstrogènes et de progestérone, qui ont lieu à la fin du
cycle précédant. Cette diminution hormonale conduit à la déshydratation de l’endomètre, qui
produit un tassement du tissu, et à la nécrose d’un grand nombre de cellules. Il y a un stress
important des cellules, et on aura une réponse impressionnante des artérioles qui produisent
d’importants spasmes, qui conduisent à la fermeture des vaisseaux, ce qui conduit à une ischémie :
les cellules ne sont plus alimentées en sang et meurent. L’ensemble du chorion est déstabilisé, une
grande partie meure.
La pression sanguine qui s’exerce doit alors aller dans d’autres zones, qui vont gonfler des artérioles,
et les faire exploser, ce qui produit l’hémorragie. On a alors envahissement sanguin du chorion, ce
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qui stresse les cellules encore restantes, et les cellules produisent alors en grande quantité de la
prostaglandine, PGF F2α, et donc mise en route des contractions de l’utérus, entrainant l’élimination.
b)
2ème phase
Assez rapidement, l’épithélium se reconstruit, et dans le chorion on aura des phénomènes
d’hémostase, fermant les vaisseaux refermés, qui reforment une vascularisation. Du coup, durant
cette phase, les vaisseaux se resserrent, et les cellules se reconstruisent, régénération de
l’endomètre par arrivée des œstrogènes venant du nouveau follicule. C’est la phase de régénération,
on reforme l’épithélium par mitose. Le chorion va commencer à s’épaissir, les fibroblastes
reprennent leur activité blastique. La vascularisation se refait, et l’œstradiol permet la fabrication
importante de récepteurs aux stéroïdes, c'est-à-dire œstrogènes et progestérone.
A partir du 9ème jour du cycle, on change de phase
c)
3ème phase
C’est la phase de prolifération, de j8 à j14, il y a épaississement. Il y a production de glandes utérines
par prolifération de l’épithélium. De petits vaisseaux se démultiplient et augmentent la zone
d’échange.
A j14, c’est l’ovulation.
d)
4ème phase
On a alors une modification du taux d’œstrogène/progestérone, et donc on a des transformations
glandulaires, les glandes deviennent plus longues, on a sécrétion de mucus, production de glycogène,
libéré dans la cavité de l’utérus.
A j21 ou j22, on est au maximum des productions hormonales, tout ça se joue sur la vascularisation,
des vasodilatations, et on a un chorion œdémateux. Les conditions sont optimales pour une
implantation et la nidation. Evidemment, c’est à ce moment, 5 à 6 jours après l’ovulation, que le
zygote a besoin d’un support pour s’accrocher.
e)
5ème phase
Phase de sécrétion, les glandes fonctionnent à plein régime, et si un embryon s’est implanté, il se
nourrit encore de l’extérieur, et donc on lui fournit ce dont il a besoin, de 21ème au 28ème jour.
Après spiralisation, si l’on déroule les vaisseaux sanguins, on a 10 fois la longueur et 10 fois
l’épaisseur de l’endomètre.
S’il n’y a pas eu de nidation, au 28ème jour, les taux d’hormones diminuent, et donc on recommence
le cycle.
S’il y a nidation, le corps jaune est maintenu, les sécrétions hormonales continuent et augmentent, et
donc le zygote peut se développer. Il peut arriver que même avec un petit embryon, un peu faible, le
déclenchement se fait, moins nettement.
3.
Col de l’utérus
L’endomètre est très différent de celui de la paroi utérine. C’est une structure dont la paroi va
évoluer suivant la proximité de l’utérus ou du vagin, et donc on parle d’endocol (proche de l’utérus)
et d’exocol (proche du vagin). Il fait la transition. Cette partie de l’utérus, moins sujette à l’évolution
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cyclique produit un liquide visqueux, le mucus cervical, ou glaire cervicale, et cette glaire obstrue en
permanence le canal.
Le mucus a une évolution au cours du cycle, il sera plus ou moins dense, plus ou moins visqueux. Il
obstrue, en conditions normales, le col. Quelques heures avant l’ovulation, il devient moins visqueux,
plus filant, et permet le passage des spermatozoïdes. Sinon, ils ne passent pas. Ce mucus est un
hydrogel, c’est une constitution qui contient beaucoup d’eau, pas mal de protéines, mais aussi
beaucoup de nutriments, et un certain nombre d’enzymes, qui vont participer au fait que les
spermatozoïdes soient efficaces ou non. La quantité de cet hydrogel est très variable, du jour 1 à 4 on
est à 20 mg/jour, et à 500 au moment de l’ovulation. Les 500 mg sont essentiellement de l’eau,
l’hydratation est maximale au moment de l’ovulation. C’est un facteur de stérilité.
4.
Myomètre
Sous l’endomètre, on trouve une épaisse couche musculeuse, qui est en place. C’est de la
musculature particulière, c’est du muscle lisse. En terme d’organisation cellulaire, la striation est
différente, on a de l’actine, de la myosine, mais en vrac. C’est moins bien structuré qu’un muscle
strié, et donc moins puissant. Mais en termes d’évènement protéique, c’est la même chose.
Dans le muscle lisse, il n’y a pas de jonctions neuromusculaires. Le SNC donne l’ordre au muscle strié.
Dans le cadre de l’utérus, les contractions sont involontaires, comme l’intestin, parce qu’il n’y a pas
d’ordre de contraction musculaire. A l’intérieur de ce myomètre, il y a des petits groupes de cellules
(plexus), qui ressemblent à des cellules musculaire peu différenciées, ou des neurones peu
différenciés, qui permettent d’induire des contractions. L’utérus a la capacité remarquable de
fabriquer des contractions homogènes. C’est possible grâce aux GAP-jonctions.
Le tissu musculaire en fin de grossesse est supérieur à celui du début. On a une homogénéité parfaite
des contractions de l’utérus, et donc on a démultiplication de la force des contractions.
L’accouchement est pourtant chez nous le plus compliqué, surtout la première fois.
Si l’on n’avait pas eu notre intelligence, l’espèce aurait disparu.
On a une innervation de l’utérus qui est non-négligeable, et qui vient au niveau du myomètre. Ce
sont des fibres du système orthosympathique, des fibres adrénergiques, qui lors de la libération de la
noradrénaline entrainent la libération de prostaglandine. Les stéroïdes jouent également sur les
contractions, les œstrogènes les favorisent, la progestérone les inhibent. L’ocytocine est importante,
c’est une molécule produite par le cerveau, et c’est un puissant stimulateur des contractions de
l’utérus.
Ce qu’il faut comprendre c’est que l’utérus a des contractions spontanément tout au long du cycle.
Elles ne sont pas forcément régulières, et elles dépendent étroitement des teneurs hormonales.
1ère partie de cycle
2ème partie de cycle
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Pendant la gestation, le taux d’œstrogènes et de progestérone augmentent, l’œstrogène entraine le
développement du tissu musculaire lisse. Les coups ressentis au début ne sont que des mouvements
de l’utérus.
5.
Relation entre structure et fonction de l’utérus
Le vagin est un conduit musculo-membraneux, à paroi extensible. Il est constitué de 3 couches : une
muqueuse, une musculeuse, et une adventice. Le tout fait 3 à 4 mm au total. La muqueuse est un
épithélium pavimenteux, pluristratifié. Les cellules sont non-kératinisées.
Cette muqueuse ira jusqu’au col utérin, elle formera l’exocol. Cette paroi vaginale est extrêmement
vascularisée, avec une vascularisation constante. L’épithélium vaginal subit lui aussi des variations
cycliques, des variations d’épaisseur sous l’influence des stéroïdes ovariens, de la même façon que
l’utérus.
En première partie de cycle, dans les 10-15 premiers jours, on a une activité de prolifération qui fait
augmenter l’épaisseur de l’épithélium, qui double en passant de 150 µm à 300 µm. Parallèlement,
cet épithélium va être secrétant, notamment avec le glycogène.
En deuxième partie de cycle, en phase lutéale, on aura une perte de l’épithélium, des cellules
desquament, l’épaisseur de l’épithélium diminue.
Ensuite, on recommence. Un moyen simple de suivre le cycle consiste à faire un frotti vaginal, pour
déterminer en quelle période on se trouve. On peut repérer si tout se passe convenablement. On
trouve les cellules éosinophiles, qui évoluent parallèlement au développement de l’épithélium. Elles
ont un petit noyau, et donc on a l’habitude de les appeler cellules pycnotiques, cellules à petits
noyaux. En phase folliculaire, on a un nombre important de ces cellules, et en en voyant la
proportion, on se situera dans cette phase. En phase lutéale, ces cellules auront été éliminées, et
donc on en verra beaucoup moins.
La sécrétion de glycogène ne se fait pas seule, il y a production permanente par le vagin, c’est un
liquide épais, peu abondant, mais qui suffira à générer une acidité, car les bactéries de la flore
vaginale, en utilisant le glycogène, en anaérobiose, vont produire de l’acide lactique. Le glycogène est
utile quand les spermatozoïdes ont été déposés, ils l’utiliseront lors de leur transit dans la cavité
vaginale.
6.
Cycle du tractus génital
Développement des cycles en une régularité, jusqu’à la ménopause, à partir de la puberté. Le rôle de
ces cycles est de préparer le tractus à une éventuelle gestation, la plupart du temps la fécondation
n’a pas lieu, et donc le cycle recommence. Par contre, si l’on a début de nidation, le cycle s’arrête, et
reprend après libération du nouveau-né, 8 à 9 mois plus tard. En cas de nidation, une réorganisation
a lieu, notamment au niveau de l’endomètre utérin.
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Le cycle est classiquement de 28 jours. On a des
variations individuelles, plus courts, plus longs,
moins réguliers… Cette durée de cycle varie en
fonction des espèces. Chez nous, c’est ça, avec
la spécificité que l’ovulation est au milieu.
Chez les rongeurs, le cycle dure 4 jours, 2
phases de 2 jours.
C’est au cours de chaque cycle que démarrent
les cycles folliculaires des follicules qui serviront
3 à 4 cycles après. Seuls ceux qui démarrent en
phase folliculaire ont une chance d’aller au
bout. Ceux qui démarrent en phase lutéale
dégénèreront tout de suite.
Le follicule est profondément modifié. Le corps jaune est utile pendant une 15aine de jours, et
mettra un certain temps à dégénérer. Une question qui se pose est en rapport aux 2 ovaires, pour un
seul ovocyte. On sait que ce corps jaune qui va dégénérer, par se productions hormonales, stéroïdes
ou peptides, sera inhibiteur du développement correct d’un follicule pour le cycle d’après. Donc au
cycle suivant, cet ovaire est au repos. Par contre, durant tout le cycle suivant, le corps jaune
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dégénère, et du coup, tous les 2 cycles, un ovaire sera effectif. Dans le cas de faux-jumeaux, 2
ovocytes sont produits. La plupart du temps, les 2 ovaires vont ovuler. Il peut aussi arriver qu’un
ovaire génère 2 ovocytes. Les deux situations existent.
Cet ovaire est durant tout le cycle une glande endocrine extrêmement performante, et donc on a
l’habitude de dire qu’en première partie de cycle, l’ovaire est producteur d’œstrogènes. En deuxième
partie de cycle, l’ovaire est producteur de progestérone. Il faut cependant nuancer, il y a encore
beaucoup d’œstrogènes en deuxième partie.
C’est le follicule en développement qui est essentiellement ce producteur. Les œstrogènes sont aussi
produits en 2ème partie de cycle par le corps jaune. On parle de corps « jaune » à cause de sa couleur
jaune, due au fait que les cellules folliculaires se transforment en cellules lutéales. Elles vont
accumuler des gouttelettes lipidiques. Ce sont ces lipides accumulés qui donneront cette couleur
jaunâtre aux cellules. Le corps jaune a un maximum de fonctionnement à 4 à 5 jours, c’est le pic
d’activité. Le pic des hormones est légèrement décalé.
7.
Hormones stéroïdes sexuelles
Tout dérive du cholestérol.
On
synthétise
alors
des
groupements hydroxyles. On enlève
ensuite des carbones.
La progestérone reste au stade
Pregnane à 21 atomes de carbone.
Ensuite, on atteint un stade 19
carbones, l’Androstane. La plupart
des stéroïdes masculins en sont
dérivés. La testostérone en fait
partie.
Pour atteindre les hormones
féminines, on retire encore un
carbone, et on atteint le noyau
Œstrane à 18 carbones. Les
œstrogènes sont des molécules à 18
carbones. On a par exemple les
œstrones et œstradiols. Ce qui est
important à voir au niveau
structurel, c’est qu’outre le carbone
en moins, on a surtout un cycle
aromatisé, uniquement pour les
œstrogènes.
Ces molécules posent problème :
elles ne sont pas solubles. Elles ne
feront que s’assembler dans de l’eau. Or former des agrégats lipidiques dans le sang n’est pas
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intéressant. Donc on ne peut pas les maintenir libres dans la circulation sanguine. Elles auront besoin
de protéines de transport, des binding proteins, pour se balader dans le sang. On prend des
protéines qui permettront de transporter une ou plusieurs hormones. On obtient alors des
complexes. L’essentiel des hormones sera sous cette forme. Les protéines de transport sont
spécifiques, en fonction des hormones.
ABP : androgen binding protein : ne prend que les androgènes
SBP : Steroïd binding protein : prend tous les stéroïdes
SSBP : Sex steroïd protein : elles ne prendront pas les corticoïdes
Albumine : universelle, transporte tout.
Ces protéines ont une origine hépatique, en ABP, SBP et SSBP représentent à peu près 3 mg/L de
plasma. Petite particularité chez les rongeurs : on ne trouve pas de SBP, mais de l’α-fœtoprotéine.
Ces hormones vont tourner dans le sang. Si elles ne sont pas utilisées, elles seront dégradées, par un
catabolisme de réductions et d’hydroxylations, qui vont s’effectuer, et au final on aura une
conjugaison au niveau des carbones 3 avec des sels biliaires. On trouvera par exemple l’acide
glucuronique. Il vient se fixer sur le carbone 3, décroche de la protéine, solubilise l’ensemble, et
passe la barrière rénale. On retrouve donc l’essentiel des catabolites stéroïdiens dans les urines. C’est
ainsi que l’on détecte un dopage.
Comment l’hormone va-t-elle agir ?
L’hormone doit être liée. Le problème est qu’une
protéine et son hormone ne pourront pas
forcément atteindre leur cible. De plus, les
protéines lipophiles n’ont pas de récepteurs
membranaires, les récepteurs sont à l’intérieur de
la cellule, dans le cytoplasme, et la structure
cytoplasmique viendra se fixer sur les récepteurs
nucléaires. Sa fixation sur le gène se fait
directement grâce au récepteur cytonucléaire.
C’est très particulier. L’hormone seule entre dans la
cellule, et pas l’ensemble stéroïde + protéine
porteuse. L’essentiel des stéroïdes est accroché à la
protéine, mais pas tout. Un équilibre s’établit entre
la fraction liée et la fraction libre. L’équilibre est
très en faveur de la liaison. La toute petite partie
libre peut entrer dans la cellule.
On aura toujours la même quantité d’hormones
libres dans la circulation.
Les hormones libres traversent les capillaires
sanguins et entrent dans la cellule, mais dans n’importe laquelle. Le bain hormonal sanguin alimente
toutes les cellules de l’organisme, sans difficultés.
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Sites de production :
Au niveau ovarien, plusieurs sites de production. Tout d’abord la glande thécale. Elle est représentée
par les cellules des thèques, thèque interne principalement, qui va produire essentiellement des
androgènes. On a ensuite la glande interstitielle, ce sont toutes les structures qui ne sont pas le
follicule en cours de développement, mais des petits follicules immature, qui sont légèrement
producteur. La plupart de ces structures fabrique essentiellement des androgènes. Ensuite on trouve
la glande folliculaire, essentiellement composée des cellules de la granulosa, et seulement au stade
préantral. On touche du doigt la partie très féminine du développement, l’aromatisation, et donc la
transformation des œstrogènes.
Ensuite on a tout ce qui se produit en deuxième partie de cycle. On a alors 2 épisodes, l’épisode
précoce, ou les cellules sont dites petites, elles vont essentiellement fabriquer des œstrogènes.
Certaines de ces cellules deviennent grandes, et s’arrêtent à la progestérone.
Dans les différentes structures qui fabriquent, il y en a une dernière, la glande hilaire, le hile de
l’ovaire, et on aura des cellules de Leydig, productrices de stéroïdes, et qui ont très peu différencié.
On a essentiellement production d’androgènes.
On est capables de fabriquer du cholestérol spontanément à partir d’acétate. On a des structures
enzymatiques qui permettent de fabriquer cette structure. Ces cellules là comme n’importe quelle
cellule. Mais c’est insuffisant. Il va donc falloir récupérer du cholestérol autrement, on capte le
cholestérol circulant. Il est alors sous forme de lipoprotéines, et essentiellement sous forme de LDL.
On va internaliser l’ensemble, et on a alors trie entre cholestérol et acides gras. Le cholestérol entre
dans la mitochondrie. Au niveau d la mitochondrie, on aura démarrage de la dégradation pour
former les hormones. A partir de là, on re-sort de la mitochondrie, subit des transformations
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différentes, qui vont conduire à la fabrication d’androgènes. Les cellules de la thèque interne
fabriquent ces androgènes. Elles seront libérées de la cellule thécale, et partir dans l’antrum, dans les
cellules de la granulosa pour la plupart qui poursuit le travail, ou dans la circulation. La granulosa est
capable de tout faire.
On associe des cytochromes, dans les cellules stéroïdiennes, avec par exemple la P450 aromatase,
qui permet d’aromatiser le cycle. D’autres choses sont présentées, les hormones LH, FSH, VIP,
prolactine. L’activité de ces enzymes se fait sous influence hormonale. Au niveau de la thèque c’est
principalement la LH qui est mise en jeu, elle fonctionne avec le système de transduction du message
avec l’adénylate cyclase et l’AMPc, qui active la PKA, qui phosphoryle les protéines et les active. On
voit alors clairement que la LH, qui aura un pic tout au long du cycle est un stimulateur profond pour
faire tout ceci.
LH et FSH ont aussi une activité de stimulation dans la granulosa. On a la même chose, avec en plus
activation et production des protéines d’aromatisation. La quantité de stéroïde augmente.
La prolactine a une action inhibitrice. On a blocage des cycles ovariens lors de l’allaitement.
a)
Les récepteurs aux stéroïdes
Les récepteurs sont particuliers, cytoplasmiques et nucléaires. On les trouve aussi pour d’autres
hormones, thyroïdiennes par exemple. Au niveau du gène, on a un site d’accueil du récepteur et le
stéroïde correspondant : SRE = steroid respons element. C’est quand ils sont activés que l’on a
expression, réponse précise des stéroïdes. On a une activité directe au niveau du gène.
On a identifié 2 récepteurs pour la progestérone : PRA et PRB. Elles sont codées par le même gène,
avec des récepteurs correspondants. Au début, c’était flou, mais on a compris beaucoup de chose :
quand PRA est activé par la progestérone, il va bloquer la transcription des gènes que PRB allait
induire. PRB est donc un activateur. Il se fixe et va induire. Si PRA est activé, il vient tout bloquer. C’est
un profond inhibiteur de transcription. Il bloque aussi l’action des corticoïdes. Dans une cellule qui
exprimerait les 2, c’est le rapport d’expression des deux qui explique les effets extrêmement
variables.
C’est le taux d’hormones lui-même qui va entrainer la proportion de tel ou tel récepteur. Par
exemple, quand les œstrogènes sont produits, s’ils trouvent des récepteurs, ils induisent la synthèse
de ces récepteurs. Les œstrogènes vont également stimuler la synthèse de la progestérone. Alors que
la progestérone inhibe, essentiellement par PRA, la synthèse de tous les types de récepteurs. C’est
intéressant, car il y a une vraie synergie d’action des œstrogènes. A partir du moment où les
œstrogènes sont produits, on va jusqu’au bout, dû au fait qu’ils vont tout préparer.
b)
Nature des molécules produites in vivo au niveau des
œstrogènes
L’œstradiol, ou 17-β-œstradiol (E2) est la molécule qui a l’activité biologique la plus importante. Elle
est 10 fois plus active que (E1) l’œstrone. L’œstriol est un catabolite des autres, il possède peu
d’activité biologique.
Les œstrogènes libérés par la cellule vont pouvoir se répandre dans l’environnement, activité
paracrine, et ils seront pris en charge par la circulation et sortiront de l’ovaire par la veine ovarienne.
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Pourquoi a-t-on si peu de progestérone en début de cycle ? Il n’y en a pas beaucoup de produite,
mais aussi les zones comme la granulosa, qui sont potentiellement plus productrices que les autres,
sont en début de cycle peu vascularisées. Donc il n’y aura pas de déversement dans la
vascularisation.
Au niveau de la phase lutéale, la vascularisation du corps jaune, ex-granulosa est immense, et les
vaisseaux restent là, donc le corps jaune est très vascularisé, et la libération va être intense.
Sécrétion (mg/24h)
PFP : 0,07
Œstradiol
PFT : 0,4/0,8
PL : 0,25
PFP : 0,08
Œstrone
PFT : 0,25/0,5
PL : 0,16
PF : 1,5
Progestérone
PL : 25
PFP/T = phase folliculaire précoce/tardive
Taux circulant (pg/mL de sang)
50
120
PPO = 220
120
40
65
80
200
13000
PL = phase lutéale
PPO = pic préovulatoire
Attention, les deux échelles sont différentes ici :
La demi-vie, quand on prend une unité d’hormone, c’est le temps pour que la moitié soit dégradée.
La demi-vie de l’œstradiol est de 90 minutes, pour la progestérone c’est 20 minutes. C’est
relativement long, pour les autres hormones, c’est plus rapide, mais œstradiol et progestérone sont
complexées, et donc protégées. Les quantités de sécrétion tiennent compte de ces demi-vies.
c)
Ovariectomie
Quand on retire les ovaires, on peut ensuite réimplanter ou injecter des ovaires. Quand on fait les
ovariectomies à différents stades, on a des différences :
-
Chez l’impubert, on obtient un défaut de développement des caractères sexuels primaires et
secondaires, le tractus génital restera de type infantile. Chez une jeune fille ovariectomisée,
21
Physiologie repro. et dev. animal
-
-
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on note une absence de pilosité corporelle et un défaut de développement des glandes
mammaires.
Chez l’adulte non gestante, on a rapidement une atrophie de l’utérus, disparition des
contractions du myomètre utérin, les cycles utérins, vaginaux sont stoppés et on aura une
régression par atrophie des glandes mammaires. Pour énormément d’espèces, l’acceptation
du male lors du rapport sexuel disparaît. Ca n’est pas vrai chez la femme, c’est une des
caractéristiques de notre espèce. Chez la femme, on note l’apparition de signes
d’ostéoporose, chez la femme ovariectomisée, même jeune.
Chez la gestante, ça dépend énormément de l’espèce, et on n’a pas toujours d’explication. Si
on le fait chez le rongeur, il y a généralement arrêt de la gestation, dégénérescence des
fœtus, quelque soit la maturité des fœtus. L’intérêt est en cas de cancer fulgurant. Au-delà
de 6 semaines, chez la femme, l’ovariectomie ne porte par de conséquences.
d)
Les effets normaux des hormones ovariennes
Les œstrogènes permettent le développement de la muqueuse tout au long du cycle utérin, à la fois
dans l’endomètre, mais aussi dans l’activation de l’activité du myomètre. Ils permettent la sécrétion
de glaire cervicale, et permettent une ouverture du col de l’utérus. Ils sensibilisent l’utérus à
l’ocytocine, ils induisent le développement des récepteurs à cette hormone. Ils permettent la
prolifération des cellules du vagin, favorisent la dégénérescence, et chez les rongeurs ils entrainent la
kératinisation des cellules vaginales.
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Structure masculine
I.
Aspects anatomiques
A.
Testicules et épididyme
L’épididyme va se poursuivre en faisant le tour du testicule, il va faire environ 5 cm de long, et se
poursuit par le canal déférent, qui n’a pas de contact direct avec le testicule. L’albuginé est un tissu
conjonctif essentiellement constituée de faisceaux de collagène. Il s’épaissit dans une structure
appelée corps de Highmore, définissant ainsi des lobules testiculaires, en formant des cloisons. On
trouve de 200 à 300 lobules. Chaque lobule ainsi organisé va contenir 2 à 3 tubes séminifères, dont la
longueur est relativement variable, de 30 cm à 1,5 m. Le diamètre de ces tubes varie entre 150 et
300 microns. Dans le lobule, entre les tubes séminifères, on trouve un tissu conjonctif lâche, riche en
capillaires sanguins, et contenant également un gros réseau lymphatique. Ces tubes séminifères,
quand on les observe en coupe, ils contiennent essentiellement les cellules de la lignée germinale,
que l’on trouve en périphérie, et les cellules formant les spéermatozoides, en approchant de
l’intérieure. Ils contiennent aussi les cellules de Sertoli. Les tubes séminifères sont constitués de
cellules de Sertoli et germinales. Ces tubes sont le siège de la fonction exocrine (formation des
spermatozoïdes), et d’un premier liquide qui sera contenu dans le sperme : le liquide séminal
primitif.
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Semestre 5
Au-delà des tubes séminifères, dans le tissu interstitiel des lobules, au contact des capillaires, on
trouve des ilôts de Leydig, cellules qui sont le siège de la fonction endocrine du testicule. Ce sont eux
qui vont élaborer l’essentiel des hormones testiculaires, les stéroïdes, la testostérone…
Les tubes séminifères vont tous aboutir au niveau du corps de Highmore, dans le tube droit, et le
regroupement des tubes droits s’organise autour du rete testis.
Au dessus du testicule, on voit que le réseau de tubes droit entre dans l’épididyme, il est constitué de
3 parties, la première accolée au testicule, et contenant une douzaine de canaux efférents, qui
aboutissent à un seul et même canal, le canal épididymère. Le corps de l’épididyme contient
essentiellement l’épididymère, qui se torsade. Le canal vient ensuite se raccrocher au testicule, et
devient le canal déférent au moment où le canal se détache du testicule. Tous ces canaux sont
enveloppés dans un tuyau, qui participera aux échanges du canal avec la vascularisation.
La vascularisation est assurée par l’artère spermatique, qui va se subdiviser en 2 artères, une qui ira
vers l’épididyme, et une vers le testicule. Il y a une grosse présence capillaire. Ensuite, on trouve un
réseau veineux, qui recueillera le sang en sortie de ces différentes structures. Le scrotum est
vascularisé par un système totalement différent.
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Spermatogenèse
C’est l’ensemble des phénomènes qui permet l’évolution des cellules germinales (souches) en
spermatozoïdes. Elle se fait dans la paroi du tube séminifère, et ça démarre à la puberté, et finit à la
mort.
On démarre par la spermatogonie, qui peut se diviser par mitose, ou se spécialiser en spermatocyte
de type 1 par méiose, puis de type 2, ou se termine la 2 ème division de méiose, pour donner la
spermatide, qui va subir la maturation.
Elle conduit à la formation de spermatozoïdes libres dans la lumière des tubes séminifères, où ces
cellules ne sont pas mobiles, et ne sont pas fécondantes.
A l’issue de la maturation, les cellules gagnent la forme ovoïde, et le développement du flagelle, qui
part d’un centriole. Il y a formation d’un acrosome, et perte d’une partie de cytoplasme. Ce
développement est appelé spermiogenèse. Elle va durer une vingtaine de jours (23 chez l’homme).
C’est une cellule qui va faire environ 60 µm de long.
La tête est bien aplatie, et mesure 4 à 5 microns sur
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Chez l’humaine, la capacité maximale de production se trouve entre 20 et 30 ans, au niveau
quantitatif et qualitatif. Il existe des variations saisonnières chez de nombreux mammifères, mais
elles sont moins évidentes chez l’humain.
La durée totale d’évolution de la spermatogenèse dure 64 jours. La production est continue. Comme
les cycles ne démarrent pas tous en même temps, le spermatozoïde est capable de fournir tout le
temps. Les facteurs qui agissent sur la spermatogenèse sont les facteurs endocriniens, mais aussi la
nutrition : certains acides aminés sont indispensables pour une bonne spermatogenèse. 3 vitamines
sont essentielles : les vitamines A, C et E. Il peut y avoir des épisodes ischémiques, qui peuvent être
ravageurs sur la production post-traumatique, mais aussi avec destruction des cellules souches. La
température à l’intérieur du scrotum est de 34°C. Si on l’amène à 37°C, on observe un très fort
ralentissement, et des perturbations de la méiose.
Pendant l’hibernation, on note l’entrée abdominale des testicules amène un ralentissement de la
spermatogenèse. Les radiations, les rayonnements de type X ou γ peuvent arrêter transitoirement ou
définitivement la spermatogenèse. La chimiothérapie arrête classiquement la spermatogenèse.
Les traitements immunodépresseurs peuvent aussi entrainer des problèmes. Enfin, certaines
pathologies peuvent entrainer des stérilités. Principalement on parlera des oreillons, qui entrainent
une orchite, une inflammation des testicules, qui cause la stérilité.
C.
Cellules de Sertoli
Dans le tube séminifère, les cellules de la lignée germinale ne sont pas toutes seules, elles sont
accrochées aux cellules de Sertoli, qui occupent l’essentiel de la paroi du tube séminifère, et qui sont
extrêmement contournées, dans l’allure cellulaire sont enchâssées ces cellules. Ce sont des cellules
très irrégulières, qui vont de la lame basale à la surface. On trouve un golgi très développé, de
nombreux lysosomes, du réticulum endoplasmique. Ca signifie de no
On note aussi de nombreuses jonctions serrées (tight, desmosome), pour que les cellules soient bien
collées, pour empêcher le passage de molécules entre les cellules de Sertoli. Seules les cellules
souches et les cellules en développement peuvent passer. L’étanchéité est très forte.
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Dans la membrane, on trouve du collagène, mais aussi des cellules myo-fibroblastiques.
D.
Voies spermatiques
1.
Intratesticulaires
Quand les spermatosoides ont terminé leur maturation, qu’ils se retrouvent dans la lumière, ils vont
pouvoir se détacher de la paroi et se retrouver totalement libres dans cette lumière. Ils vont baigner
dans le liquide séminal primitif, qui est une production des cellules de Sertoli. Ca ne va pas rester
comme ça, il y a en permanence des contraction exercées par les muscles et par l’augmentation du
liquide, on aura un écoulement du liquide séminal primitif avec les spermatozoïdes. Ce qui sort entre
dans les canaux défférents de l’épididyme.
2.
Epididyme
C’est le lieu de maturation des spermatozoïdes.
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Le canal épididymère est bien organisé, et va commencer à ce pelotonner, faire des circuits très
complèxes, ce qui va multiplier la longueur du canal. Tout au long de l’épididyme auront lieu des
sécrétions, qui vont libérer des substances permettant la maturation des spermatozoïdes. En finalité,
le stockage se fera en queue de spermatozoïde. On a donc libération lente par le testicule,
maturation dans l’épididyme, et stockage au niveau de la queue de l’épididyme.
On reprend :
La canal déférent fait environ 20cm de long, 0,2 mm de diamètre. L’épithélium est simple, avec des
cellules ciliées et des cellules sécrétrices. Le canal épididymaire est constitué d’un épithélium plus
régulier, toutes les cellules sont ciliées, et toutes les cellules sont sécrétrices. Il fait 5 à 7 m de long,
avec un diamètre d’½ mm. On comprend bien pourquoi on le représente très contourné.
L’innervation du système nerveux végétatif, orthosympathique, est présente. Le SNV agit sur le
fonctionnement. La structure de l’épithélium est telle qu’on a une vraie barrière, une barrière
hémato-épididymaire. Le contenu du liquide dans le canal épididymaire est parfaitement isolé. Il y a
donc un rôle de filtre, un rôle de sécrétion, mais aussi un rôle d’absorption.
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Physiologie repro. et dev. animal
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Semestre 5
Au niveau de la tête, les cellules épithéliales vont résorber à peu près 90% du liquide séminal primitif,
essentiellement proche du liquide lymphatique, ce qui permet de récupérer de l’eau et des
androgènes et de la progestérone, stimulant les cellules épithéliales.
Les spermatozoïdes sont alors concentrés, à l’intérieur du canal épididymaire. Au niveau du corps de
l’épididyme, on a beaucoup d’activité de synthèse et de sécrétions, et il faudra pour cela récupérer
des substrats de la circulation sanguine, glucose et carnitine. L’activité métabolique est très
importante.
La SEP (specific epididymal protein) participera à la maturation des spermatozoïdes, l’accumulation
de leur pouvoir fécondant. De nombreuses enzymes agissent sur la tête du spermatozoïde, comme
l’α-glucosidase, qui fera évoluer des glycoprotéines de la tête, faisant évoluer le cell-coat.
Au niveau de la queue du canal épididymaire, la capacité de concentration est la plus visible, les
spermatozoïdes ne peuvent plus bouger, ils sont incapables de se déplacer, de par la concentration.
On a ici une formation de lipides, intéressants pour l’alimentation des spermatozoïdes.
Le pH va diminuer, on va voir une concentration d’ions impressionnante, le potatium augmente, le
chlorure de sodium chute.
Les spermatozoïdes sont alors transportés par vagues très irrégulières, dues à 2 choses : la pression
issue des testicules, et les cils présents vont battre et permettre de brasser les sécrétions et de faire
se déplacer les spermatozoïdes. Le rôle principal des cils est un brassage des sécrétions.
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Physiologie repro. et dev. animal
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Semestre 5
S’il y a éjaculation, les spermatozoïdes seront expulsés, sinon, ils seront dégradés par les
macrophages. On a donc un renouvellement permanent des spermatozoïdes.
Il faut 1 à 12 jours pour acquérir la maturité et transiter les spermatozoïdes. On trouve des
spermatozoïdes dans les urines, à cause de la poussée régulière.
A l’issue du transit épididymaire, les spermatozoïdes ont acquis le pouvoir fécondant. Elle va se faire
en plusieurs étapes. Tout d’abord, la mobilité est importante, un spermatozoïde peu mobile n’est pas
fécondant. On a tout un nombre de facteurs qui fera augmenter et activer l’AMPc. Le FMP (forward
mobility protein), produit par l’épididyme y contribue. L’achèvement de la condensation du matériel
nucléaire, qui est alors inutilisable, permet la protection du génome, car tout au long du trajet, on
peut être attaqués par des nucléases, qui peuvent s’infiltrer, en cas de mauvaise protection.
Une vraie transformation membranaire de la tête du spermatozoïde, dans son revêtement, dans son
cell-coat, met en place un certain nombre de protéines qui permettent la mise en place et la fusion
de la zone pellucide avec la membrane de l’ovocyte.
II.
Aspects endocriniens et neuroendocriniens
A.
Cellules de Leydig
Elles vont sécréter 99% de toute la testostérone qu’on trouvera dans le plasma. Ce sont des cellules
relativement petites, de 10 à 15 microns de diamètre, avec un cytoplasme très dense, un réticulum
endoplasmique lisse trsè abondant, des golgi, des lysosomes, et on note des goutelettes lipidiques, et
des formations cristalloides.
Dans une cellule de Leydig, on a captation du cholestérol sous forme de LDL.
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Semestre 5
Les enzymes qui permettent la stéroïdogenèse sont sous l’influence de l’AMPc (LH).
L’œstradiol est fabriqué par une activité aromatase. Dans le sang on trouve 2% de cholestérol sous
forme libre, le reste étant lié. Il faut une partie de libre pour entrer dans les cellules…
30% de la testostérone est liée à l’albumine, 5% lié à la corticosurénale (transcortine) et 65% aux
protéines spécifiques du transport de protéines sexuelles, la SBP, la TEBG. Synthèse dans la journée
3.10 mg/mL.
On note des variations saisonnières selon les espèces. L’âge influence sur la production et la
concentration de testostérone. A 40 ans, la fraction libre baisse, parce qu’essentiellement, le taux de
TEBG augmente, ce qui déséquilibre le système.
A partir de 60 ans, on note une diminution progressive.
La testostérone agit a plusieurs niveaux, pas forcément sous forme de testostérone, mais bien
souvent sous forme de DHT (dihydro-testostérone). L’enzyme qui permet la conversion est une 5-αréductase, et les cellules cibles possèdent souvent les récepteurs et les enzymes.
Le catabolisme de la testostérone est essentiellement hépatique, c’est le foie qui va dégrader le
cholestérol, avec des phénomènes de conjugaison, et élimination au niveau du rein. On a trouvé des
résultats surprenants où certains tissus cibles transforment la testostérone en œstrogènes, rendant
derrière l’efficacité de la molécule. Ca ne se fait cependant pas dans les cibles principales.
La synthèse chimique permet de mimer parfaitement bien l’activité des stéroïdes masculins. Ces
produits ont d’abord été employés dans des problèmes d’hypo-gonadite, retards de développement.
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Au niveau du contrôle central, la LH est très importante. On voit des pulses de LH, qui se suivent par
une sécrétion de testostérone. Si l’on effectue une castration, le taux de testostérone arrive à 0.
L’allure de la LH n’a rien à voir avec la précédente.
La pulsatilité se retrouve dans la situation du male castré. Quand on implante de la testostérone chez
l’animal castré, en fonction de la quantité dans l’implant, on peut réduire la fréquence des pulses et
revenir à une situation normale.
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Beaucoup d’actions endocrines sont en place, mais aussi beaucoup d’actions autocrines, voir
paracrines. Beaucoup de facteurs de croissance interviennent aussi. Les cellules de Sertoli produisent
un certain nombre de molécules, on a trouve des LH-like et des GNRH-like.
B.
Cellules péritubulaires
Elles vont former la membrane basale. Ce sont les myo-fibroblastes, ils ont une capacité à se
mouvoir, pour faciliter l’écoulement du liquide séminale primaire. La testostérone sera libérée dans
l’environnement et ira agir, et des hormones comme l’ocytocine et vasopressine viendront stimuler
les cellules pour favoriser leurs contractions.
Les cellules fibroblastiques synthétisent une hormone PMods, qui a une action de modulation des
cellules de Sertoli. En son absence, il n’y a pas de spermatogenèse.
C.
Cellules de Sertoli
Elle est essentiellement contrôlée par la testostérone et la FSH. La fixation de FSH conduit a une
augmentation de l’AMPc, et sous l’influence de la testostérone, de la FSH et de la PMods, la cellule
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de Sertoli va fabriquer de l’activine, de l’inhibine A et B, des transporteurs ABP. Ce qui sera libéré
dans la lumière c’est de la fraction liée et un peu de fraction libre.
Un activateur de plasminogène sera produit, on l’avait aussi du côté féminin, au moment de
l’ovulation, mais ici, on aura présence pour la mise en place du flagelle, et pour l’élimination d’un
certain nombre de composés du spermatozoïde. On trouve également des facteurs de croissance.
III.
Voies excrétrices
A.
Canal déférent
Il a une longueur d’environ 40 cm, 0,2 mm de diamètre. Il se termine par une dilatation, l’ampoule du
déférent. Anatomiquement, c’est l’équivalent de l’utérus. Il est exactement structuré comme l’utérus
chez la femme. C’est une voie vectrice. Il permet un transport très rapide par contraction
péristaltique et donc ce n’est pas pour rien que c’est l’équivalent de l’utérus, il y a une grosse
capacité contractile. C’est un bout de canal éjaculateur, qui fera rejoindre la tubulure commune :
l’urètre.
B.
Vésicule séminale
A partir de cette zone d’arrivée de l’ampoule du déférent, on trouve un grand nombre de glandes
annexes, qui vont modifier le contenu spermatique. Les plus spécifiques sont les vésicules séminales,
variables suivant les espèces. Elles aboutissent par un canal excréteur à la jonction, la structure d’une
vésicule séminale est une structure épithéliale, avec de nombreux replis. Ces vésicules vont élaborer
le plasma séminal, de pH alcalin, qui contient pas mal de fructose, pas mal de protéines (lactoférine
en particulier, elle revête les spermatozoïdes pour masquer leurs antigènes de surface), le facteur de
capacitation des spermatozoïdes. Chez l’homme, est aussi produit le facteur de coagulation du
sperme, d’immunodépression, et de prostaglandine.
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Chaque vésicule séminale contient environ 2,5 mL de plasma séminal. Elles sont très sensibles à la
testostérone, et en cas de castration, on note une régression significative de ces vésicules.
L’ampoule différencielle a une structure similaire à la vésicule séminale, on retrouve au creux de
cette ampoule une structure glandulaire qui est comme une 2ème vésicule séminale.
C.
Prostate
La prostate est un organe glandulaire traversé par l’urètre, c’est à ce niveau que l’on reçoit les 2
canaux éjaculateurs, la prostate contient à ses 2 extrémités des sphincters, zones capables de
boucher ou de libérer le tuyau, ils participent à la miction et à l’éjaculation. La prostate, chez
l’humain, est une organisation compliquée d’une 50 aine de petites glandes, avec un rôle secrétoire
très important, on constate la formation de granules de sécrétions à la surface de cellules
prostatique, qu’on appelle sympections. On observe des granules qui peuvent faire jusqu’à 1 µm de
diamètre. Avec l’âge, ils peuvent former des calculs, formant la lithiase prostatique, qui vient
boucher les canaux prostatiques ou l’urètre.
Ces glandes prostatiques entrainent la production de liquide séminal, où on va trouver des sels
minéraux, le magnésium qu’on trouve dans le sperme, le zinc (rôle bactéricide et de maintient de la
condensation du matériel nucléaire), de l’acide citrique, de la spermine et de la spermidine, et un
certain nombre d’enzymes.
D.
Les glandes de Mery Cowper
Fabriquent également un liquide qui entre dans la sécrétion du sperme, mais qui s’écoulera au
moment de l’érection du pénis.
La coagulation du sperme est très importante, surtout chez les rongeurs, crée un bouchon vaginal,
structure solide
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Physiologie de la gestation
I.
Transfert des gamètes
L’expulsion de l’ovule va se réaliser dans le pavillon de la trompe utérine. L’embryon commence à s’y
déplacer. Pour faciliter le transfert, l’épithélium cilié brasse et favorise le déplacement de l’ovule. On
observe un vrai péristaltisme, notamment autour des dates d’ovulation, ce qui va entrainer un débit
régulier du liquide tubaire, des vagues. Pour assurer le péristaltisme, le rapport
œstradiol/progestérone est très important. Un déséquilibre entraine un blocage de l’ovule.
Selon les espèces, la progression de l’ovule est régulière (rongeurs, cochons…) dans le cas d’ovulation
multiple, ou alors de façon discontinue, comme chez l’homme. On considère même chez l’humain
qu’une contraction utérine peut amener l’ovule en position de rencontre avec le spermatozoïde. Il
est possible que l’ovule et le
spermatozoïde favorisent par des
productions ces mouvements tubaires.
L’ovule n’est alors plus alimenté, il va
puiser des éléments nutritifs dans le
liquide utérin, et prélèvera les
nutriments pour ne pas épuiser ses
réserves. Dans l’espèce humaine, à
partir de l’ovulation, il faut que la
fécondation se fasse dans les 24h. Au
delà, il se désagrège et sera éliminé. Les
spermatozoïdes ont une durée de vie de
48h dans les voies féminines. Il y a une
sorte de fenêtre de lancement des
fusées, avant, pendant ou après
l’ovulation.
Les spermatozoïdes ont été déposés au
niveau vaginal. Comment vont-ils alors
réussir à atteindre les zones de
fécondation ? La fécondation a lieu dans
l’oviducte. Ils doivent traverser le canal
cervical, le col utérin. La glaire cervicale
va se fluidifier, et près de 30 minutes
après le dépôt des spermatozoïdes, on
constate leur présence jusqu’au bout de
la
trompe.
C’est
totalement
incompatible avec les capacités de
mobilité du spermatozoïde. Ce qui va lui facilité la tache, c’est la fluidification de la glaire cervicale,
permettant la glisse. C’est le pic d’œstrogènes qui rend cette glaire fluide. De plus, on a un
relâchement du col de l’utérus, le diamètre va légèrement augmenter, c’est essentiellement dû à des
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informations myorelaxantes, par l’intermédiaire de l’oxyde nitrique (NO). C’est une réponse
nerveuse, liée à l’ovulation. Ce canal est perméable pendant 2 à 3 jours. C’est encore une fenêtre
pour la fécondation.
Pour passer le col de l’utérus, les flagelles des spermatozoïdes sont suffisants. Ensuite, par contre, le
déplacement dans le reste de la cavité utérine est permis par l’utérus. Ce qui est intéressant, c’est la
dispersion des spermatozoïdes, et le brassage, le volume où on les retrouve. A bout de plusieurs
heures, quelques milliers de spermatozoïdes se retrouvent dans cette zone. Les œstrogènes sont en
cause dans la contraction, les éléments du sperme le sont aussi, comme la prostaglandine du
sperme. Une vraie attraction, par chimiotactisme se fait entre l’ovule et les spermatozoïdes. Il faut
une quantité très importante de spermatozoïdes pour pouvoir faire une fécondation.
La question du sexe de l’enfant est important aussi, et des études ont été faites. On aura plus de
spermatozoïdes Y après le col de l’utérus, ils sont plus mobiles, plus forts. Mais le sexe ratio est de 1.
Le X est plus résistant, et c’est pour ça que l’on a un équilibre. Si le sperme est émis avant l’ovulation,
on a plus de chances que le X gagne que le Y. Si c’est au milieu, ou en fin d’ovulation, c’est le Y qui
gagne.
Les spermatozoïdes émis dans le vagin, si on les mettait directement au contact de l’ovule, ils ne
pourraient pas féconder, ils ont encore besoin de choses. Il faut qu’ils traversent les voies féminines
pour être fécondants. C’est la capacitation du spermatozoïde. Elle va s’effectuer dans les voies
féminines exclusivement, ou in vitro. La glaire cervicale va filtrer le sperme, seuls les spermatozoïdes
passent. Le sperme reste dans le vagin. C’est important car dans le sperme, les substances de
protection du spermatozoïde empêcheraient la fécondation. Au niveau du mucus cervical, on voit
une modification de la membrane du spermatozoïde, ce qui rend le spermatozoïde efficace.
Les mouvements de protéines dans la tête du spermatozoïde sont très importants pour la fusion des
membranes. De plus, au niveau de la membrane elle-même, on voit une évolution :
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Des accepteurs vont décrocher le cholestérol de la membrane, le récupérer, et former des chaines de
fluidité membranaire plus importante. Ca permet de plus des passages calciques plus importants, et
enfin, le déplacement des protéines.
Le calcium va accélérer au fur-et-à-mesure les capacités de déplacement flagellaire.
II.
Fécondation
Il faut qu’il y ait une reconnaissance entre spermatozoïdes et ovules. Il faut qu’il y ait activation de
l’ovocyte, qui achève sa méiose. Il faut de plus que la matériel nucléaire mâle soit décondensé.
Ensuite, pour que ça marche, il faut qu’on réplique l’ADN, que la première mitose ait lieu rapidement
après la fusion des matériels nucléaires. Le métabolisme calcique de l’ovule va être profondément
modifié. Si un élément ne marche pas bien, ça rate. C’est fréquent.
Il y a une barrière d’espèces. C’est une reconnaissance entre protéines de l’un et les protéines de
l’autre. Des mélanges existent : Etalon cheval + ânesse = bardot. Etalon Âne + jument = mulet. Ces
enfants sont cependant stériles.
Les protéines de la zone pellucide, les ZP 1/2/3, et les récepteurs à ZP 1/2/3 vont interagir les unes
avec les autres. Ces protéines membranaires ont été mises en place sur la membrane de l’acrosome,
durant le transit épididymaire. Si l’on récupère des spermatozoïdes en sortie de testicule, ils n’ont
pas ces éléments.
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Quand il y a reconnaissance entre ces éléments, il y aura libération de hyaluronidase, enzyme qui
détruit l’acide hyaluronique de la zone pellucide.
Ensuite, une vraie libération des contenus acrosomiques se fait. L’acrosome est un gros grain de
sécrétion, il contient beaucoup de systèmes enzymatiques, et il sera libéré au moment de l’accroche
avec la zone pellucide. Ensuite un certain nombre d’échanges moléculaires se font, entre ZP1 et ZP2,
qui vont permettre le maintient de l’accrochage, la réaction acrosomique, et on aura alors de
nouveau activation du flagelle par activation calcique. Le spermatozoïde le plus vigoureux entre alors
par forage de la membrane. Quand le spermatozoïde entre en contact avec la membrane, on se
retrouve avec la membrane, le noyau en dessous, et l’autre membrane. Il y a alors endocytose,
fusion des deux membranes.
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Le noyau est alors en contact avec la membrane de l’ovocyte.
Il faut ensuite empêcher les autres spermatozoïdes d’entrer aussi. La plupart des espèces
fonctionnent en monospermie. Il y a alors la « réaction corticale » qui se fait par l’ovocyte, il y a
expulsion d’un certain nombre de cortex ovocytaires, qui libèrent un certain nombre d’enzymes, qui
rend la zone pellucide totalement impénétrable, ce qui va l’empêcher d’être attaquée par les autres
spermatozoïdes. En cas d’erreur, et que plusieurs entrent, on a quelques divisions, et rapidement des
problèmes arrivent et le tout s’arrête.
L’arrivée du noyau dans l’ovocyte conduit à ce réveil, à l’activation de l’ovocyte. A partir du moment
où la fécondation a lieu, on a des pics calciques réguliers qui activent l’ovocyte.
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Une vague énorme de calcium se répand tout le long de l’ovocyte et permet l’activation. Elle va
jusqu’à entrainer les premiers épisodes de division.
Un certain nombre de molécules du noyau entre. On peut imaginer que tout le contenu entre, en
particulier les mitochondries. Or on sait que seules les maternelles sont transmises. Les paternelles
qui entrent son immédiatement dégradées. Les autres organites du spermatozoïde subissent le
même sort, ou alors ne rentrent pas, par resserrement de la membrane après passage du noyau.
III.
Implantation/Nidation
Comment l’embryon qui se développe va-t-il se fixer ? Pour
pouvoir s’attacher, il faut encore des reconnaissances. Pour ça, il
va être produit, progressivement, au niveau du blastocyste, de la
membrane, un certain nombre de facteurs complètement
complémentaires de ceux de l’utérus. En particulier, 2 paires de
molécules sont très importantes pour l’approche de l’embryon.
On va trouver ici des récepteurs à un facteur de croissance
embryonnaire. On trouvera ici un récepteur EGF, côté utérin. On
trouve du côté fœtal des molécules du sulfarate d’héparane, et
du côté maternel le complémentaire, un HB EGF (heparan
binding EGF). La production du côté maternel va se faire de façon
très rapide au moment où l’embryon arrive. On imagine que des
facteurs produits par le blastocyte déclenchent l’apparition de
cette protéine du côté endomètre utérin. A partir de 4, 5, 6 jours,
les contractions se calment. A partir de là, manifestement, 1 ou
plusieurs signaux permettent l’approche. Une fois approchés, il
faut que l’accrochage se fasse.
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A partir de là, l’embryon en contact avec ce tissu mixte commencera à échanger.
IV.
Maintien de l’embryon
Il s’implante 5-6 jours après la fécondation, et donc 7 à 10 jours après, il y a théoriquement
menstruation, dont la préparation de fait 3 à 4 jours plus tard. Ce qui est important, c’est
l’imprégnation en progestérone. Elle doit se maintenir. Elle est fabriquée par le corps jaune. Elle est
sous influence de la LH. On n’a pas d’information que le cerveau soit au courant de ce qui se passe
ici. Donc ce n’est pas l’hypophyse qui est en cause dans le maintien, par libération de LH. C’est donc
le petit organisme qui va produire une hormone LH-like, l’HCG (human chorionicgonadotropin). Cette
protéine a beaucoup de similitudes avec la LH, et fonctionne à peu près de la même façon. Elle est
fabriquée en même temps que le syncitio-trophoblaste se met en place, c’est au moment de
l’accroche mixte. On va la détecter 8 à 9 jours après la fécondation, c'est-à-dire 3 à 4 jours avant le
démarrage de la menstruation prévue. Un peu avant la menstruation, on la voit apparaître dans les
urines, et donc elle est détectable par le test d’urine.
La HCG va maintenir le corps jaune en place pendant 3 mois environ.
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Ensuite, le corps jaune dégénère et le placenta se met à produire la progestérone et prend le pas sur
la production du corps jaune.
Immunotolérance
On pourrait penser que du fait de la part d’information de la mère dans le génome de l’embryon, il
est normal que la mère ne réagisse pas, mais il y a bien reconnaissance par la mère, et rejet d’une
greffe par exemple. Une autre hypothèse était que la barrière placentaire était suffisante, mais c’est
impossible, car les Ig maternels passent la barrière placentaire. On considère que les globules blancs
peuvent aussi passer, et les globules rouges aussi. On a aussi dit que dans cette zone il n’y avait pas
de réponse immunitaire, ce qui serait problématique, puisque c’est une zone d’infections. Alors, on a
dit que l’embryon n’exprimait pas tous les gènes du complexe majeur histocompatibilité. Il y a une
partie de réponse là dedans, tout n’est pas encore bien exprimé, et donc pas bien reconnu. On a
parlé également du bain hormonal, qui serait immunosuppresseur. Effectivement, les taux de
progestérone et d’œstrogènes ont tendance à entrainer des réactions d’immuno-protection, mais
pas au point de tout arrêter. Il semble aujourd’hui qu’autour du placenta il y a une zone déprimée
qui permet une reconnaissance minime, une réponse minime, et donc une réaction moins forte.
On a donc découvert par exemple que les Ig traversent la membrane. On se demandait si les Ig que
l’on détectait à la naissance en grande quantité étaient produit par l’enfant ou par la mère. C’étaient
des anticorps maternels, qui confèrent au fœtus pendant 6 à 9 mois une protection très importante
contre les principales molécules de l’environnement maternel. Ensuite, ça s’épuise et il fait sa propre
éducation lymphocytaire, se sensibilise, et au bout de 9 mois à 1 an il est capable de se défendre.
C’est important car la vaccination avant 9 mois ou 1 an est inutile, l’antigène du vaccin sera pris par
les anticorps de la mère.
Ce passage d’Ig maternels est un problème dans un cas : c’est le problème de la maladie hémolytique
du nouveau né, c’est le problème du Rhésus. Les enfants, à la naissance, son anémiés, leurs globules
rouges sont détruits, et quand la maladie est importante, les enfants sont morts-nés, à 5-6 mois de
grossesse. Quand une femme est enceinte d’un enfant de rhésus opposé, à la première grossesse il
n’y a pas de problème majeur, elle va se sensibiliser au moment de l’accouchement, du fait de la
transmission du sang du fœtus à la mère. Il y a donc problème quand le rhésus est opposé. A la
grossesse suivante, si le même schéma réapparait, les Ig présentes vont trouver leur cible dans le
fœtus, et viendront accrocher l’enfant. L’attaque des globules rouges fœtaux par son propre système
immunitaire va commencer à dégrader, et l’enfant sera un peu anémié à la naissance. A
l’accouchement, de nouveau transfusion, et donc rappel de vaccin. A la grossesse suivante, si le
même schéma se fait de nouveau, l’enfant ne survivra pas. Aujourd’hui on regarde les potentialités
de risque rhésus, et on lui dit : attention. Si on le sait déjà, au moment de l’accouchement, on
empêche la transfusion de se faire.
V.
Modifications maternelles pendant la grossesse
A.
Modifications hormonales
Certaines sont vraiment liées au fœtus, en particulier le taux d’œstrogènes multiplié par 300, c’est
une production placentaire, et en particulier il y aura une production importante d’œstriol. Les
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surrénales du fœtus participent aussi à la production d’androgènes, et transformés en œstriol par le
placenta. C’est œstrogènes augmentent le volume de l’utérus, au gonflement des glandes
mammaires, et au ramollissement des voies génitales en vue de l’accouchement, mais aussi la
distension du tissu osseux de la symphyse pubienne et du bassin. A partir du moment où une femme
a enfanté une fois, son bassin est marqué pour toute sa vie.
La progestérone est produite par le corps jaune, et le placenta. La production est énorme, en fin de
grossesse, on est à 1 g/jour de progestérone. Les rôles sont nombreux, le développement des cellules
de l’endomètre utérin, pour permettre l’approvisionnement. Il y a aussi diminution des contractions
de l’utérus. La progestérone est là pour inhiber au maximum les contractions. Elle est aussi favorable
au développement embyonnaire, et donc une préparation des tissus producteurs de lait des glandes
mammaires pour la lactation.
Il y a d’autres produits intéressants : l’HCS (human chorionic somatomammotrophine) ou hormone
lactogène placentaire. C’est un gros peptide de 191 acides aminés, fabriqué par le syncytiotrophoblaste chorionique, qui croise avec plusieurs hormones, l’hormone de croissance GH et la
prolactine PrL. A partir de la 5ème semaine de gestation.
La HCS a un effet lutéotrope (activation du corps jaune), sur un tissu entrain de dégénérer. Elle a
aussi un effet mammotrophique et lactogénique, l’effet principal à retenir est la participation dans le
développement des glandes mammaires. Il y a enfin un effet de croissance, un effet GH-like, qui
permet à la mère de produire plus, et sur le développement du fœtus. Il doit y avoir progression
toute le long de la grossesse du taux de HCS fœtal.
Une autre hormone, human chorionic thyreotropine (HCT), qui a un effet sur la thyroïde de la mère,
et accélération très nette du métabolisme de la mère, le métabolisme basal augmente.
B.
Autres modifications hormonales
L’ensemble du système endocrine est profondément remanié au cours de lgestation, d’abord à cause
des hormones placentaires, mais aussi des modifications métabliques maternelles directement ou
indirectement liées aux hormones. Elles sont là pour le maintient de l’embryon et son
développement, et sont assez profondes, et induisent donc un état surprenant chez la mère.
L’ante hypophyse devient extrêmement productrice. Toutes les hormones fabriquées augmentent en
quantité de sécrétion et de libération, avec notamment la TRH, qui entraine la TSH, le CRH, qui
entraine l’ACTH, e le GRH, qui entraine la GH. Elles augmentent donc très profondément. Seul le
GNRH est diminué, ce qui entraine une diminution de LH/FSH, à cause de l’influence du rétrocontrôle négatif des œstrogènes et progestérone.
Ces modifications hypophysaires entrainent des modifications thyroïdes. Les hormones
thyroidiennes T3, T4, augmentent le métabolisme maternel. Même si on retire l’activité du fœtus,
l’activité de la mère est augmentée. Ca peut induire la création de goître thyroidien, augmentation
de volume de la glande, classique. A partir de la naissance, ça va régresser, mais c’est une indication
classique de futurs troubles de la thyroide.
La parathyroïde va également être stimulée, le gros intérêt est qu’elle est impliquée dans le
métabolisme du calcium, et la régulation vers le haut de la calcémie (calcium sanguin). Donc
l’augmentation de son action entraine un retrait du calcium osseux, tout simplement car un
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déséquilibre se fait, le fœtus pompe, et par pur équilibre, la thyroïde doit ramener le taux normal. On
a donc un appauvrissement classique de la calcémie maternelle. On va donc apporter du calcium par
l’alimentation, ainsi que de la vitamine D. On peut arriver à une déplétion calcique telle qu’on peut
avoir des problèmes tout de suite, ou plus tard.
La CTH entraine une activité des glandes surrénales, avec en particulier les corticoïdes, et les
minéralocorticoïdes, comme le cortisol et l’aldostérone. Ils permettent une mobilisation glucidique
maternelle et une mobilisation des acides aminés, le but étant d’amener des acides aminés pour
faire augmenter le taux nécessaire à l’approvisionnement fœtal.
Tout ceci dans la but d’alimenter le fœtus.
Les minéralocorticoïdes induisent une modification de l’équilibre, augmentant la rétention
hydrosodée, c'est-à-dire que la femme va garder un peu plus de sodium qu’avant, et donc un peu
plus d’eau, ce qui peut être à l’origine d’œdèmes, quand le système est mal re-réglé.
L’hormone de croissance agit sur l’ensemble du corps maternel et fœtal, donc elle sert au
développement du fœtus, mais l’effet est relativement limité de par la difficulté de passage. Donc
l’effet GH principal se fait sur le métabolisme maternel, ce qui fait qu’avec la T3 et la T4, on arrive à
une augmentation de 20% du métabolisme basal. En plus de ce métabolisme basal, le fœtus pesant
son poids, un effort physique rajoute à la dépense physique de la mère. Donc il est nécessaire d’avoir
un gros apport calorique.
L’activité ovarienne n’est pas arrêtée, le corps jaune reste très actif pendant 3 mois, l’ovaire va
également produire un nouveau peptide, la relaxine, qui a un effet sur les contractions de l’utérus.
C.
Autres modifications
Le comportement, le psychisme est très modifié.
On note une augmentation du volume des glandes mammaires, des seins, durant la grossesse :
progressivement, la glande mammaire se modifie. L’acné peut apparaitre ou réapparaitre. L’œdème
peut être plus problématique, en parallèle de la rétention hydrosodée, le volume sanguin augmente,
sera très présent, l’augmentation peut être de 30% durant le dernier trimestre, ce qui fait 1 à 2L de
sang en plus. On a donc augmentation du débit sanguin, la fréquence cardiaque va augmenter, avec
pas loin de 10%, et aussi pour certaines une augmentation de la tension, qui peut être
problématique.
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La proportion de globules rouges dans le sang va d’abord diminuer, mais l’apport en oxygène ne sera
pas diminué, et plus tard dans la grossesse, le volume sanguin augmentant, l’apport en oxygène
augmente. On s’est demandé à quoi ça servait. Notre hypothèse est que l’enfant du primate, et de
l’humain en particulier, ne peut se débrouiller seul avant longtemps. Donc il semblerait que la mère
soit très protégée pour la naissance, et comme au moment de la mise bas, il y a hémorragie, le
volume sanguin augmenté permettrait de limiter l’affaiblissement dû à la parturition.
Dans les deux premiers mois, on peut perdre 2 à 3 kg, ce qui est normal. Ensuite, cependant, la prise
de poids est régulière, contre laquelle on ne peut pas faire grand-chose. Le placenta, le fœtus, le
liquide amniotique, augmentent en masse, et vont représenter à la naissance entre 3 et 4 kg. Du
poids est dû aussi à l’augmentation tissulaire, l’utérus grossit, les seins grossissent aussi, le volume
sanguin, et les liquides tissulaires, qui s’accumulent dument à la rétention hydrosodée, et du tissu
graisseux, s’accumulent. En moyenne, la prise de poids est de 10 à 12 kg. Ce n’est pas toujours facile
ensuite de perdre le tout. Il n’y a pas de raison d’augmenter la prise alimentaire au cours de la
grossesse. Ca ne sera pas vrai pour la lactation.
Le fœtus grandit régulièrement en taille, mais tardivement en poids. En gros, durant le dernier
trimestre, et particulièrement durant le dernier mois, l’enfant prend quasiment tout son poids, ce qui
participe à la prise de poids exponentielle de la mère. Quand l’accouchement est prématuré, c’est
pour cela que les enfants ne sont pas lourds.
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L’absorption d’un certain nombre d’ions est maximale durant la fin de grossesse, et ces absorptions
accélèrent de façon monstrueuse à la fin, tellement que la mère n’est logiquement pas capable d’en
fournir autant. Cependant, les stocks de la mère et du placenta permettent de remédier à ce
manque.
Les troubles associés à la grossesse :
Le vomissement gravidique est subi par environ 80% des femmes, en début de grossesse. La
production de l’HCG qui fait des pics durant la journée serait la cause du déclenchement des
mécanismes nauséeux, par le tronc cérébral. Ces nausées sont brutales, incontrôlables, violentes et
rapides. Le placenta et le fœtus digèrent aussi de l’endomètre utérin, et un certain nombre de
déchets métaboliques seraient digérés et libérés dans la circulation, et ces déchets métaboliques
seraient aussi en cause. Quand on a des problèmes de difficulté de digestion, c’est le même système.
Quand les femmes prennent un traitement hormonal, elles peuvent retrouver, à cause des
œstrogènes, les mêmes sensations nauséeuses.
VI.
Physiologie fœtale
A.
Le placenta
Il a un rôle multiple, un rôle respiratoire, nutritionnel, dans l’excrétion et un rôle hormonal.
1.
Rôle respiratoire
Il est là pour faciliter les échanges, grâces aux villosités choriales, dont la surface est énorme, et un
réseau capillaire et vasculaire de plus d’1 km. C’est une surface d’échange considérable qui permet
de pomper et filtrer des éléments indispensables du sang de la mère, en particulier l’oxygène. Il n’y a
pas de contact direct entre la circulation du fœtus et de la mère. Il n’y a mélange sanguin qu’au
moment de la parturition, de la transfusion sanguine.
C’est un simple déplacement d’équilibre qui s’effectue, il n’y a pas de mécanisme favorisant un sens.
Donc pour que le fœtus puisse récupérer suffisamment d’oxygène, il faut une astuce, de
l’hémoglobine fœtale, plus affine que l’adulte.
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2.
Rôle nutritionnel
Passent au travers du placenta l’eau, les électrolytes, et notamment le calcium, tellement important
qu’il a une diffusion facilité, normale côté mère, et ATP-dépendant côté fœtus. Pour le fer, des
mécanismes d’endocytose, grâce à des transporteurs comme la ferritine, entrainent des quantités
importantes de fer de la mère au fœtus. On a parfois des tendances à un affaiblissement ferreux du
coté maternel, et donc on fait attention à ça. Le glucose, du coté placenta, a des transporteurs, les
Glut, notamment les Glut 1 et 3, très abondantes coté placenta. Pour les acides aminés, un certain
nombre de transports sont mis en place, de façon à ce que les acides aminés passent très bien, de
façon à ce que le fœtus soit rarement en difficulté niveau protéines. Au niveau des lipides, les
triglycérides qui se déplacent associés aux VLDL vont être cassés en morceaux par le placenta, par la
triglycéride-lipase, et le fœtus va récupérer des acides gras, avant de pouvoir re-fabriquer des
triglycérides. Le cholestérol passe la barrière placentaire, mais étant gros producteur de glycérol, le
placenta fournit le cholestérol au fœtus. Toutes les vitamines hydrosolubles passent, et les
liposolubles passent par des protéines de transport, mais on peut avoir des carences en vitamine E et
K. La diffusion n’est pas passive. Enfin coté hormonal, le placenta est producteur de progestérone,
qui ira des deux cotés. D’autres peptides sont fabriqués par le placenta, mais on aura des filtres
suivant les hormones. Des molécules comme l’adrénaline passent sans problème. T3 et T4 font de
même. Par contre, les molécules peptidiques comme l’insuline ont des problèmes pour passer. Les
IgG passent partiellement, mais les IgM ne passent pas.
B.
Le fœtus
1.
Circulation
Du coté fœtal, au niveau respiratoire, le cœur commence à battre à 4 semaines, le rythme va
progressivement augmenter, de 65 à 140 battements par minutes. Les globules rouges produits par
le fœtus apparaissent 3 à 4 semaines après, avec une production d’abord placentaire, puis
hépatique, puis ce sera le foie, la rate, et à partir du 3ème mois, la moelle osseuse. A la naissance, c’est
essentiellement la moelle osseuse qui est responsable de la production des cellules sanguines.
L’hémoglobine est de type fœtal et devient de type
adulte à la naissance. Au niveau du système cardiocirculatoire, la circulation est particulière. Du liquide
provient de la mère, par l’intermédiaire de la veine
ombilicale. Les poumons du fœtus ne fonctionnent pas.
Durant toute la vie fœtale, les poumons son collapsés. Les
petits vaisseaux sanguins le sont aussi. Donc très peu de
liquide passe. Ceci pose un problème pour tout ce qui est
circulation, le circuit étant fermé. Du coup, le cœur, avec
sa circulation droite et gauche n’a pas vraiment d’intérêt,
le même sang circulant dans tout le fœtus. Des valvules
relient oreillette droite et oreillette gauche. Le sang
circule entre les deux cotés sans passer par les poumons.
La valvule s’appelle le foramen ovale. Après la naissance,
avec la pression, il ne s’ouvre plus, sauf pathologie, et
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étant toujours fermé, il va se souder. De plus, on a des canaux qui sont en place et détournent le
sang du foie fœtal. Ils ne serviront plus dès la naissance, et vont se collapser, et disparaitre. C’est le
canal d’Arantius.
2.
Respiration
On voit le fœtus donner des mouvements de respiration, qui disparaissent 3 à 4 mois avant la
naissance. Les muscles sont en place très tôt et sont stimulés à la naissance. Les alvéoles sont en
place très tôt, et bien humidifiées.
3.
Système nerveux
Les réflexes périphériques sont en place très tôt, mais la plupart des développement nerveux se fait
de façon tardive, après la naissance. La myélinisation centrale et périphérique ne sera complètement
terminée qu’un an après la naissance, de façon à accélérer les systèmes de conduction. Il a donc
besoin d’un développement post fœtal très important.
4.
Système digestif
Dès 3à 4 mois il est en place, le fœtus est apte à boire, le système digestif fonctionne, ainsi que la
production de déchets. Il fabrique alors par son colon, appelé méconium, des déchets, durant les 3
derniers mois. Ca sera libéré dans le liquide amniotique, qui va se salir, bien qu’il soit filtré. Ce
méconium fait des déchets très liquides, dès la naissance, même avant d’avoir mangé.
Dès la deuxième moitié de la grossesse la production d’urine fonctionne, mais le juste équilibre ne
sera effectif qu’un mois après la naissance.
VII. Parturition
C’est l’ensemble des mécanismes qui conduisent à la libération du nouveau né et du placenta. Ce qui
est remarquable c’est qu’autant pendant la grossesse, l’utérus est très calme, autant en fin, les
contractions se font, elles se mettent en place, préparent l’accouchement, l’orientation du bébé.
Cette mise en place est due à l’augmentation du taux progestérone/œstrogènes. A partir du 7ème
mois, le taux d’œstrogènes augmente, et donc le rapport progestérone/œstrogènes diminue, jusqu’à
être en faveur des œstrogènes, et donc les contractions se font, excitabilité du myomètre utérin. Il y
aura de plus activation des jonctions GAP, activation des gènes de connexine, et progressivement, le
myomètre peut synchroniser ses contractions.
On a repéré des zones pacemaker, comme pour le cœur, ou l’intestin, des zones où démarrent
l’excitation.
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On atteint en fin, le tétanos, contractions très importantes, qui permettent l’expulsion de l’enfant.
C’est à ce moment qu’on demande à la femme de pousser, et en 2 à 3 contractions, l’expulsion se
fait. On a tendance à accoucher à l’hôpital, et dans beaucoup de populations humaines, les femmes
accouchent seules.
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Dans ces mécanismes, on a une bonne raison de penser que l’axe surrénalien aurait un rôle
important. Chez la brebis, on voit apparaitre avant la mise-bas une valeur de cortisol très importante.
On a pu le repérer aussi chez l’humain, les taux d’hormones surrénaliennes augmentent, et on pense
que certes les hormones déclenchent le mécanisme final. Elles ont de plus de l’intérêt dans la
préparation du fœtus, et notamment dans la préparation du surfactant pulmonaire. Pour certaines
espèces, on considère que le cortisol est très important.
L’ocytocine, est produite par l’hypophyse postérieure, hormone, peptide, produite essentiellement
par la maman, et un peu par le fœtus, est un puissant stimulateur de la contraction de l’utérus.
D’ailleurs, cliniquement, c’est de ça qu’on se sert pour favoriser les choses. Dans certains cas,
l’ocytocine n’est pas produite par la femme, dans le cas de tumeurs, mais elles accouchent comme
les autres. Donc on est très partagés sur son rôle sur la fin du travail. Il y a cependant un fort lien. Il
semblerait que l’appuie du fœtus sur le col de l’utérus induise la libération de l’ocytocine. Donc le
facteur mécanique joue très bien sur les contractions.
L’appuie de la tête sur le col de l’utérus induit la dilatation. Dans le cas où le bébé est mal placé, la
sortie de la tête en fin de parturition peut induire la mort de l’enfant. Ensuite, il faut évacuer le
placenta. La médicalisation facilite le tout.
Deux mois avant la naissance, les prostaglandines on ramolli le col, la symphyse pubienne, de façon à
ce que le passage se fasse bien. D’ailleurs, elles sont aussi impliquées dans l’avortement, notamment
dans les avortements tardifs médicalisés.
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La relaxine est une hormone polypeptidique fabriquée par le corps jaune, le placenta, proche de
l’insuline, et qui peut être un relaxant puissant de l’utérus, chez certaines espèces, mais pas chez
l’humain. La relaxine placentaire semble favoriser l’entrée du glucose dans les cellules fœtales. On
voit des modifications de la relaxine au moment de l’accouchement. Le rôle de la relaxine est un peu
flou.
VIII. Le nouveau né
A.
Système circulatoire
L’évènement le plus considérable est le déclenchement de la respiration, qui se fait au moment de la
naissance. L’accouchement est le stress le plus considérable vécu dans notre vie. La décharge
d’adrénaline est telle que si on le rencontrait aujourd’hui, on mourrait. C’est un déclencheur profond
pour bronches, bronchioles et alvéoles qui s’ouvrent, accélération du rythme cardiaque,
augmentation de la pression, et respiration. Un deuxième facteur est l’asphyxie à la naissance, il aura
une circulation réduite puis arrêtée, et donc s’asphyxiera, son taux d’oxygène diminuera, ce qui
stimulera l’activité respiratoire, les mouvements seront très forts. En plus, il passe de 37°C à 20-23°C,
refroidissement cutané brutal, ce qui entraine une respiration accélérée. Les premières respirations
ne sont pas efficaces, et au bout de quelques minutes, elles sont efficaces, vraie entrée d’air, et
rapidement les paramètres de pression et de volume seront adaptés. Tout ceci dans le cas
d’accouchement naturel
Dans le cas de la césarienne, peut-être à cause de l’anesthésie, on a un retard de la respiration,
surveillé par les médecins.
Les alvéoles sont emplies de liquide, qui devra être expulsé, et les premiers mouvements
respiratoires et les cris expulseront ce liquide. Les canaux qui ne sont plus utilisés se fermeront et
vont dégénérer.
B.
Alimentation
Il utilisait les essentiellement les glucides maternel. Il va ensuite pouvoir dégrader du glycogène, mais
la glycémie va rapidement chuter, jusqu’à 0,3g/L, et il basculera alors sur des stocks lipidiques voir il
entamera les protéines. Dans les 2 à 3 premiers jours, il vivra sur ses réserves. Le lait maternel est en
faible quantité, et le système digestif n’est pas encore adapté et efficace. Il va alors perdre environ
20% de son poids. Cette perte de poids est essentiellement liquide, il va se déshydrater, perdre du
liquide, et au bout de 2 à 3 jours, ça repart.
C.
Autres
La pression artérielle est d’environ 5-7 mm Hg, et va monter progressivement à 8-9. La respiration
est d’environ 40 cycles par minutes, et diminuera. LE volume sanguin est de 300 mL, et la formule
sanguin est compliquée, beaucoup de globules rouges et blancs, ce taux diminuera par augmentation
du liquide plasmatique. Il aura des difficultés à éliminer les globules rouges en fin de vie,
l’hémoglobine aura du mal à être éliminée, mal transformé en bilirubine, il deviendra jaunâtre. Le
foie prendra progressivement son rythme. Des difficultés enzymatiques, notamment pas d’amylase,
difficultés d’absorption des composés gras, ce qui fait qu’on ne peut donner de lait de vache à
l’enfant. Les laits maternisés sont des laits de vache, mais dégraissés. Le métabolisme de base est
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relativement élevé, mais les capacités de régulation de la température, qui se font grâce à du tissu
adipeux brun chez le nouveau né, se régulent mal, il y a des risque d’hypothermie.
IX.
La lactation
Durant la grossesse, les glandes mammaires se sont profondément transformées, notamment avec
des structures capables de produire des sécrétions qui iront dans les canaux galactophores.
Le lait est un mélange d’eau (80%), de lactose, de protéines, de graisses, et de taux bien régulés de
différents ions, et du calcium en quantité très importante.
Les acini sécréteurs fabriquent ces composés à partir du sang, et quelques fois elle se fait par
libération membranaire.
Le mode de contrôle de la lactation se fait suivant 2 mode :
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Production par les acini
Transfert par tétée
A chaque tétée, il y a transfert de prolactine, qui n’e cependant que pour seul effet la production du
lait. Il y a également des libérations pulsatiles d’ocytocine. Elle a comme rôle les contractions
musculaires de la glande mammaire, qui vont permettre l’expulsion de ces glandes lactées.
L’ocytocine est produite au moment et avant la tétée pour l’expulsion du lait. C’est une réaction
psychologique, quand elle entend l’enfant pleurer, du lait commence à couler du sein, et l’enfant
trouve alors facilement le mamelon.
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