LES OBJETS DELICIEUX
DU
CHOCOLAT
PLANETE MUSEE CHOCOLAT offre également un témoignage de ce qu’était ce moment sensuel
où le chocolat était dégusté à la Cour. Des objets élégants, fabriqués dans des matériaux
nobles, se devant d’exalter le gout du breuvage :
LE METATL OU PIERRE A CHOCOLAT
Chez les aztèques, les fèves de cacao sont à la base d’une boisson très épicée et
particulièrement énergétique : Le Xocoalt.
grillées et concassées, elles étaient broyées à l’aide d’un rouleau de pierre ou de métal
(le METLAPILI) sur une pierre volcanique appelée METATL ou METATE.
La pate obtenue était ensuite mêlée à de l’eau chaude et assortie d’épices (vanille,
cannelle, musc) avant d’être déversée sur de la purée de maïs. Cette mousse était très
appréciée par les indiens de l’époque, un peu comme la mousse ou la crème fouettée qui
forme le col d’un cappuccino de nos jours.
Cette pierre à chocolat fut longtemps utilisée y compris en Europe par les premiers
chocolatiers.
L’ART DE LA CHOCOLATIERE
A produit d’exception, il fallait un écrin prestigieux : la chocolatière…
Au 17ième siècle, au Mexique, les carmélites d’Oaxaca préparent le chocolat dans des
vases en terre préfigurant les futures chocolatières.
Puis à Versailles, le chocolat devient la boisson à la mode sous la houlette de Madame de
Maintenon. La chocolatière est l’objet tendance du moment et le poste de « chocolatier
du roi » est l’objet de toutes les convoitises. La boisson chocolatée devient un produit
gourmand et son heure, un moment sensuel et amoureux. Pour être dégustée, elle
s’entoure de divers ustensiles, du plus simple au plus raffiné, tous ayant pour objectif
d’exalter le gout du breuvage.
Dés lors, pour répondre à l’engouement de l’aristocratie pour le chocolat chaud, ces
objets deviennent élégants et fabriqués dans des matériaux plus nobles : argent, vermeil,
porcelaine ou cuivre. Les toiles de maitre des XVIIe et XVIIIe siècles témoignent de la
préciosité de cet objet pour les gourmands qui n'oublient jamais de l'emporter dans leur
valise lors de leurs voyages.
En 1686, l’ambassadeur de Siam offre à Louis XIV une chocolatière en argent qui inspira la
production des meilleurs orfèvres et des plus grandes manufactures de France.
Dés lors, la chocolatière devient l’apanage de l’aristocratie. Son usage devient
incontournable à la Cour de France. On la surnomme d’ailleurs à l’époque « commodité
de conversation » car elle préside dans toutes les réunions aristocratiques. Madame de
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Planète Musée Chocolat
©Stéphanie ROUDIER
Sévigné qui confesse ne pas savoir vivre sans, écrit à sa fille le 11 février 1671, « mais
vous n’avez pas de chocolatière, j’y ai pensé mille fois, comment ferez-vous ? »
La préparation du chocolat réclame un long bouillonnement et une constante agitation du
liquide. Ces longs préparatifs, destinés à faire fondre toutes les parcelles du chocolat et à
faire mousser la boisson, sont à l’époque, souvent dévolus à des serviteurs noirs. Ils
impliquent, plus encore que pour la théière ou la cafetière, une matière solide comme
l’argent, garant de la chaleur.
Ce type de verseuse est muni d’un manche horizontal en bois précieux pour éviter de se
brûler les doigts.
Elancée, la chocolatière se distingue par son orifice placé au centre du couvercle
permettant le passage çà un bâtonnet nommé moussoir ou moulinet, avec lequel on agite
le mélange d’eau, de lait bouillant ou de pâte de chocolat.
La chocolatière est montée jusqu’au 19 ième siècle sur un trépied lui
assurant stabilité et qui permet à un petit réchaud d’être glissé
dessous afin de garder le chocolat au chaud et d’éviter le dépôt de
graisse. L’apparition de la poudre de cacao soluble en 1828, inventée
par Van Houten fait disparaître cette obligation et les pieds
demeurent aujourd’hui pour des raisons esthétiques. Le bec verseur
situé très haut retenait les résidus de nombreuses épices composant la
recette du chocolat au 18ième.
Avec le moussoir, masse de buis à la tête ciselée, on bat le liquide pour obtenir un
chocolat mousseux, parfumé et chaud.
La préparation obtenue, le comble du raffinement était alors de la servir dans des tasses
appropriées permettant d’en développer l’arôme et de le maintenir à bonne
température.
LE SERVICE A CHOCOLAT : MANCERINAS, TREMBLEUSES ET TASSES A LA REINE
Les premiers ustensiles utilisés pour la fabrication du chocolat furent créés par les
aztèques qui buvaient le Xocoalt dans des coquilles de noix de coco, des demi-courges
séchées richement décorées. Le roi Moctezuma, quant à lui, buvait son chocolat dans une
tasse en or.
Il faut attendre le 17 ième siècle pour voir apparaître des tasses adaptées à cette nouvelle
boisson à la mode, aux côtés des chocolatières. Leur usage est rapporté par la comtesse
D’AULNOY: « le chocolat est servi dans une tasse appropriée, soit haute et étroite à fond
épais, soit plus ouverte avec un fond qui s’incruste dans l’assiette »
Cette soucoupe stabilise la tasse et porte le nom de MANCERINA, venant du marquis de
Mancerina (1664) qui l’a conçue afin d’éviter les taches de chocolat sur les robes des
dames participant à ses fêtes galantes.
La soucoupe sert alors également à faire refroidir le chocolat trop brûlant. Il était
d’usage, lorsque la boisson était trop chaude, d’en verser un peu dans la soucoupe pour
qu’elle tiédisse, puis de la boire dans cette assiette.
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Depuis le 18ième siècle, ces mancerinas espagnoles s’appellent en France les TREMBLEUSES,
devant leur nom aux tremblements produits par la crème de lait à la surface du liquide.
La tasse à chocolat généralement recouverte d’un couvercle est plus haute et plus grande
que la tasse à café.
La porcelaine de Chine demeure un modèle de raffinement sans rival jusqu’à ce que la
manufacture de Meissen, en Saxe, crée une tasse haute sans anse, en 1710. Le
perfectionnement des techniques porcelainières au 18 ième siècle permet l’élaboration de
somptueux services à chocolat, dont la manufacture de Sèvres devint la référence la plus
prestigieuse.
LES MOUSSOIRS
Depuis l’époque aztèque, le chocolat se boit mousseux. C’est dans ce but qu’on le battait
avec une tige de bois travaillé, à base cannelée, appelée « moussoir ».
En 1722, le père missionnaire Jean-Baptiste Labat le décrit dans ses
carnets de voyages : « un bâton qui est environ dix pouces plus haut
que la chocolatière, afin de pouvoir être librement agité entre deux
mains ouvertes »
Cet ustensile était utilisé par les domestiques pour délayer le cacao
dans l’eau ou le lait : Anne d’Autriche ira même jusqu’à surnommer
Molina une camériste experte dans l’art de mouliner le chocolat !
LES MOULES CATALOGUES
Dés 1830, avec l’apparition des machines hydrauliques, on commence à affiner la texture
du chocolat et à le solidifier. La tradition des ouvrages moulés en chocolat est en train de
naître.
Les ferblantiers commercialisent leurs collections en présentant des moules catalogues :
Seul le recto est figuré, révélant des formes variées, et en dessous de chacun est inscrit
un numéro faisant office de référence afin de passer commande.
Parmi les ferblantiers les plus connus en France, on note les sociétés Pinat, Cadot et
Létang qui subsiste encore aujourd’hui.
L’évolution des techniques de fabrication des moules permet de créer une multitude de
représentations s’inspirant à la fois du quotidien, des fêtes traditionnelles et de l’art :
des chocolats de Pâques, œufs, lapins, poules, poissons, coquillages, sujets humoristiques
etc.… aux cœurs de la Saint Valentin et autres représentations fantaisistes… les graveurs
réalisent de véritables chefs d’œuvre et ces moules, parfois réalisés par des orfèvres,
sont alors appelés « moules bijoux » en raison de la finesse de leur exécution.
Si petits et grands écarquillent des yeux gourmands devant les vitrines des chocolatiers où
s’étalent des ménageries, des pères noël, des cloches, œufs… les collectionneurs sont eux
aussi fascinés par ces objets et y voient une véritable encyclopédie par l’image, à partir
de matériaux aussi divers que l’argent, l’étain, le cuivre, le fer blanc, le plastique…
rythmant l’évolution de nos progrès techniques.
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