Appel à candidature :
Allocataire de recherche – Doctorat en Sociologie
Les nouveaux marchés de la pauvreté énergétique : politiques,
régulation et globalisation
Résumé du projet
Le contrat doctoral s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche porté par C. Cholez et Pascale
Trompette (PACTE) sur les interactions entre politiques de développement, globalisation et marchés
au bas de la pyramide.
Ce programme engage des collaborations interdisciplinaires entre plusieurs laboratoires de
l’Université de Grenoble Alpes (PACTE, CREG et GSCOP), avec l’objectif d’asseoir l’existence d’un
consortium SPI/SHS grenoblois sur l’analyse de la transformation des marchés aux bas de la
pyramide. Le champ d’investigation concerne l’accès à l’énergie et se déploie sur différents terrains,
en particulier en Afrique, dans des territoires au sein desquels les problématiques d’électrification en
milieu rural sont importantes.
Au sein de ce programme, la recherche doctorale portera plus directement sur l’analyse des référentiels
politiques, des cadres institutionnels et des instruments de régulation mis en œuvre par les institutions
de développement (bailleurs et agences) et les Etats, dans le développement de solutions de marché
comme instrument de lutte contre la pauvreté énergétique. La recherche s’intéressera également à leurs
impacts sur l’organisation des différents segments/filières des marchés de la pauvreté énergétique.
Contexte et projet scientifique
Au cours des dernières décennies, l’économie du développement et les politiques de lutte contre la
pauvreté ont fait l’objet d’un profond renouvellement des référentiels d’action (Sen, 1999 ; Duflo,
2010). Ces approches, tout en confirmant leur croyance dans l’efficience du marché, accordent une
place beaucoup plus centrale à la société civile et au secteur privé dans la lutte contre la pauvreté.
A partir du début des années 2000, des chercheurs en management issus des Business School ont
rejoint l’arène des réflexions et débats sur les questions de développement, en invoquant le rôle des
grandes entreprises dans la lutte contre la pauvreté (Hart & Prahalad 2002). Le concept controversé de
« marchés BoP » (Bottom of the Pyramid) (Prahalad, 2010) défend l’argument d’un pari gagnantgagnant conjuguant la recherche de profit des multinationales au potentiel de consommation et
d’entrepreneuriat des pauvres des pays en développement.
Les programmes de développement en faveur de l’accès à l’énergie dans les pays en voie de
développement constituent un chantier privilégié pour examiner cette transformation profonde des
référentiels des politiques de développement. Au cours de la période récente, le développement de
solutions d’accès à l’énergie pour les populations hors-réseau1 a fait place à de nouvelles approches,
qui diffèrent des précédentes par leur caractère plus « libéral »: s’adressant aux populations dont les
revenus sont très faibles, elles peuvent notamment s’appuyer sur la distribution et la commercialisation
de petits systèmes autonomes et multifonctionnels, caractérisés par leur autonomie et leur portabilité,
donnant accès à des services basiques (éclairage solaire, recharge de téléphone).
La promotion de telles solutions fait aujourd’hui l’objet de programmes soutenus par les bailleurs de
fond internationaux, en particulier et parmi d’autres, le programme IFC-World Bank Lighting Global,
et ses programmes régionaux en Afrique et en Asie (Lighting Africa, Lighting Asia). Ces programmes
contribuent largement à soutenir des partenariats public-privés (ONG-multinationales et entreprises
locales) et à ouvrir des opportunités aux entreprises sociales pour développer des offres de produits et
services innovants d’accès à l’énergie auprès des populations locales. Mais on peut également les
considérer comme des tentatives d’institutionnalisation et de régulation des marchés de la pauvreté
énergétique, qui sont par ailleurs frontalement investis par des offres de produits ultra low cost de
moindre qualité issus des marchés asiatiques via des circuits d’importation internationaux pour partie
informels.
La recherche doctorale portera sur l’analyse des institutions formelles contribuant au développement, à
l’organisation et la régulation de ces marchés de solutions/innovations d’accès à l’énergie pour les
populations hors réseau. La thèse s’intéressera d’une part aux actions initiées par les acteurs bi/multilatéraux dans le champ du développement (BM, banques régionales, agences de développement,
ONG), aux échelles internationales et locales ; d’autre part, aux actions émanant des gouvernements
locaux et opérateurs d’Etat (ministère, agences d’électrification). L’analyse portera sur l’identification
des référentiels dominants et des instruments d’action mis en œuvre, à leur cohérence ou potentielles
contradictions, ainsi qu’à leurs impacts sur l’organisation des différentes filières des marchés de la
pauvreté énergétique. En lien avec le programme de recherche global, les terrains d’investigation
privilégié seront : le Burkina Faso, le Sénégal et Madagascar.
Conditions d’encadrement et inscription institutionnelle
Le candidat bénéficiera d’une allocation doctorale AGIR-POLE de l’Université Grenoble Alpes2. Le
programme AGIR-POLE vise à soutenir des projets scientifiques ou technologiques innovants, des
idées novatrices, le développement de collaborations approfondies entre laboratoires ou entre équipes,
etc., en contribuant notamment aux axes stratégiques intra-pôles.
La thèse apportera sa contribution au programme de recherche interdisciplinaire SPI-SHS associant
plusieurs chercheurs des laboratoires PACTE, CREG et GSCOP de l’Université de Grenoble Alpes.
Le jeune chercheur intégrera donc un collectif de recherche et pourra bénéficier de l’appui des
compétences et réseaux variés qui le constituent, ainsi que des coopérations internationales déjà
établies.
Un comité de thèse associant des collègues experts du domaine sera constitué et interviendra dès la
première année de thèse.
Le candidat bénéficiera d’un financement d’appui de 3000 euros en lien avec son contrat doctoral.
85% de la population n’ayant pas accès à l’énergie vit dans des zones rurales isolées.
http://www.univ-grenoble-alpes.fr/fr/uga/annonces-officielles/appels-a-projets-agir-alpes-grenoble-innovationrecherche-annee-2015-633817.htm
1
2
Laboratoires de rattachement : UMR PACTE, http://www.pacte-grenoble.fr/
Ecole doctorale : Ecole Doctorale SHPT, Sciences de l’Homme, du Politique et du Territoires,
http://edshpt.upmf-grenoble.fr/
Direction et encadrement de la thèse
Pascale Trompette, DR CNRS, Sociologie économique
Céline Cholez, MCF, Grenoble INP, Sociologie du travail
Profil du candidat
Le/la candidat/e : devra être titulaire d’un master 2 Recherche avec des compétences dominantes en
sociologie (sociologie économique, sociologie des sciences et techniques, sociologie de l’innovation)
et/ou Sciences Politiques (analyse des politiques publiques) et/ou anthropologie (anthropologie
politique, anthropologie économique).
Maitrise de l’anglais
Recommandé : intérêt pour l'enquête de terrain et pour les méthodologies d'analyse qualitative
(entretiens, ethnographie) et quali-quanti (analyse de réseau, analyse textuelle)
Mobilité (déplacements à prévoir en Afrique).
Le candidat enverra avant le 10 juillet 2015 :
- un CV
- une lettre de motivation
- son mémoire de master 2 (ou autre document permettant d’évaluer son aptitude au travail de
recherche)
- éventuellement 1 ou 2 lettres de recommandation (non obligatoire).
Aux deux adresses suivantes : [email protected]; [email protected]
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Appel à candidature : Allocataire de recherche - pacte