Dans quelle mesure la construction européenne a-t-elle favorisé la croissance
des pays membres ?
I/La construction européenne peut stimuler la croissance des pays européens.
A/La construction européenne a permis aux Etats membres de profiter d’un grand marché
unifié et d’une monnaie commune ce qui a stimulé la croissance économique.
1/Les échanges intra-européens ont progressé entraînant l’augmentation de la production.
->Elimination des barrières douanières-> chaque pays sert de débouchés aux autres->uniformisation du marché
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-> l’augmentation des échanges intra-communautaires -> hausse de la production.
Document 2
2/La concurrence créée par l’augmentation de la taille du marché et par l’introduction de l’euro, a obligé les entreprises a
accroître leur compétitivité-prix.
->Baisse des coûts de fabrication de transports, de change, de créations de nouvelles entreprises : augmentation de la taille
des marchés, recherche de gains de productivité économies d’échelle, suppression des droits de douanes et de diverses
réglementations, fin de la spéculation.
->développement des IDE dans les pays les plus pauvres -> croissance dans ces pays.
3/La concurrence les a aussi poussées à augmenter leur compétitivité hors prix, par la modernisation de leurs structures
de productions industrielles.
->D&R, innovations, investissement, productivité.
->Hausse des IDE intra-européens -> hausse de la concentration -> hausse de la taille des entreprises européennes, capacité
à mieux affronter le marché mondial.
->développement de stratégies communes : agriculture avec la PAC, aéronautique avec Ariane Airbus face aux Etats-Unis
4/L’intégration économique a stimulé la demande de consommation des consommateurs européens.
->variété et choix plus grands
->transparence des prix et concurrence -> baisse de prix et hausse de du pouvoir d’achat
Ex : la téléphonie mobile en Europe document 1
->hausse de la demande
5/Enfin, la construction européenne a permis la réduction des écarts entre les pays de l’Union européenne, favorisant les
échanges et la croissance économique.
->Pays comme l’Irlande, ou le Portugal aidés par les fonds structurels européens -> développement industriel et rattrapage.
B/la construction européenne a favorisé l’assainissement des économies, ce qui a créé les
conditions de la croissance économique.
1/L’Union européenne a créé une zone de stabilité monétaire.
->fin des effets négatifs des variations de change, fin de la spéculation sur les monnaies, amélioration du climat des
affaires.
2/Elle a permis de stabiliser les prix à un niveau bas.
->stabilisation autour de 2% : convergence des taux d’inflation des différents pays qui répond à l’objectif de la BCE
Document 3
3/Elle a imposé l’assainissement budgétaire pour stimuler la croissance économique.
->PSC : déficit public = 3% du PIB et dette publique =60% du PIB
II/Mais, la construction européenne réalisée essentiellement sur une base
monétaire, génère des contraintes qui limitent la croissance économique.
A/Les résultats économiques restent décevants.
1/La croissance économique n’est pas très forte sur la période 2000-2012.
Document 1
2/Elle ne permet pas de résorber le chômage.
->l’intégration européenne n’a pas réussi à assurer le plein emploi ni la convergence des taux de chômage des différents
pays.
Document 4
->Au sein de l’Union les pays divergent sur les analyses et les remèdes.
Le Royaume-Uni a adopté une politique libérale fondée sur toujours plus de flexibilité et sur la baisse du coût salarial.
Les Pays-Bas ont eu recours au temps partiel.
Le Danemark et la Suède ont développé la formation professionnelle.
La France a préféré baisser le temps de travail par voie légale.
L’Allemagne a favorisé la modération salariale et a eu recours au chômage partiel.
B/La politique économique fondée sur un policy mix restrictif et asymétrique réduit
l’action des Etats en faveur de la croissance économique.
1/La politique monétaire échappe aux Etats.
->la politique monétaire est décidée par la BCE dont l’objectif prioritaire est la stabilité des prix.
->les 17 Etats membres de la zone euro ne disposent plus de l’arme de change pour mener des politiques de désinflation
compétitives.
->les Etats membres ont perdu leur autonomie en matière monétaire.
2/ L’Union européenne limite l’action des Etats sur le plan budgétaire sans développer des possibilités de favoriser la
croissance économique.
->Les Etats membres de l’Union doivent respecter le PSC ce qui les contraint en matière budgétaire.
-> Ils ne peuvent plus conduire de politiques de relance budgétaire en cas de crise économiques sans dépasser les critères
de déficit et de dette.
-> Or, le budget européen ne peut relancer l’économie européenne ; il est trop faible et ne représente qu’environ 1% du
PIB européen alors que les budgets des Etats membres représentent plus de 40% de leur pays respectif et que le budget
fédéral américain représente 20% du PIB américain.
->la coordination des politiques budgétaires semble aujourd’hui très difficile à l’échelle européenne pour mener une
relance commune
C/ L’absence de convergence en matière fiscale et sociale peut être un frein à la croissance
économique.
1/La concurrence fiscale a un coût social important qui freine la croissance économique.
->Les taux d’imposition sur les bénéfices sont différents dans l’Union.
Ex : 12.5% en Irlande et 33% en France.
->dumping fiscal.
->Ils entraînent des délocalisations vers les pays les moins-disant en la matière.
->Coût social en termes de chômage.
2/ La concurrence sociale peut affaiblir le modèle social.
->Les écarts de coûts horaires dans l’industrie sont très élevés.
Alternatives économiques novembre 2012 :
Selon le Bureau of Labor Statistics (BSL), une heure de travail dans le secteur manufacturier coûtait 40,6 $ en moyenne en
France en 2010 contre 40,4 $ dans la zone euro et 43,8 $ en Allemagne .
En Irlande, le coût du travail moyen est passé de 107% du coût français à 92% entre 2008 et 2012.
En Grèce, ce coût est passé de 59% à 49% du coût français sur la même période.
La tendance est la même mais moins forte en Italie ou en Espagne.
Cet écart s’est surtout creusé avec les pays hors zone euro les PECO.
->risques de délocalisation de la production vers les pays à faibles coûts salariaux.
->dumping social : les travailleurs des pays comme la France sont mis en concurrence avec les salariés les plus mal protégés
et les plus mal payés de l’Union.
->nécessité de lutter contre cette perte de compétitivité pour des pays comme la France et tentation de baisser les salaires
ou de réduire la protection sociale pour s’aligner sur le moins-disant social puisqu’il n’existe pas de norme minimale sociale
dans l’Union-> dégradation des conditions sociales pour les travailleurs sans pour autant améliorer la situation des pays à
bas salaires.
->limite les perspectives de croissance économiques : une dégradation des conditions sociales peut se traduire par des
anticipations plus faibles de la part des chefs d’entreprises en matière de demande aboutissant à un ralentissement de la
croissance économique.
3/la coordination des politiques économiques souffre de la difficulté de la prise de décision politique dans une Europe à
27.
->La prise de décision pour les questions fiscales repose toujours sur l’unanimité et non sur la majorité qualifiée comme
initiée dans le traité de Lisbonne, ce qui rend l’adoption de mesures quasi impossible.
-> Les Etats membres sont très réticents à l’idée d’abandonner la prérogative fiscale, qui correspondrait à un abandon
majeur de souveraineté.
->Enfin une harmonisation fiscale impliquerait des transferts plus importants entre Etats afin de compenser les différences
de rentrées fiscales, ce que les Etats membres, notamment les plus riches accepteraient difficilement.
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