Le protectionnisme a-t-il de l’avenir dans une économie de
plus en plus internationalisée ?
Proposition de plan détaillé, corrigé et commenté
—Le protectionnisme a de l’avenir dans une économie de + en + internationalisée si :
# Il devient ou reste efficace avec l’augmentation de l’internationalisation = s’il crée de la croissance
# A côté du critère d’efficacité économique, il peut contribuer à atteindre certains objectifs liés au
développement
# Il est le fruit d’un processus de décision politique permettant de favoriser certains intérêts particuliers,
indépendamment de l’intérêt général donc, notamment, de l’efficacité économique
—Concernant l’internationalisation croissante des économies : l’analyse alternera tantôt une situation hypothétique
d’économie de plus en plus internationalisée, tantôt une considération de l’économie actuelle car on peut considérer
qu’elle correspond à la situation décrite.
I. Avec l’internalisation croissante des économies, l’efficacité économique du
protectionnisme se trouve réduite.
Le protectionnisme ne semble plus vecteur de croissance (Clemens & Williamson qui ont contré les arguments de
Bairoch pour la période à partir de 1914) alors que les économies s’internationalisent. Néanmoins, le protectionnisme
peut potentiellement rester facteur d’efficacité économique dans quelques cas à étudier :
# En temps de crise
# Pour favoriser les termes de l’échange d’un grand pays
A) D’un côté, le protectionnisme, qui peut paraître nécessaire pour sortir d’une crise et
permettre à l’économie de rejoindre son trend de croissance à long terme, ne trouve
plus sa place dans les sorties de crises propres aux économies internationalisées
— Keynes a pu voir dans le protectionnisme un instrument accompagnant la sortie de la dépression des années
1930.
Or, protectionnisme utile pour répondre à une crise keynésienne. Mais les crises d’économies internationalisées
s’annoncent différentes, et la méthode keynésienne ne semble plus très adaptée à celles-ci
—On remarque que l’internationalisation croissante des éco va de pair avec :
# Interdépendance des économies : dans le cadre d’une relance, il est peu probable que le protectionnisme
ne limite pas la capacité des entreprises domestiques à répondre efficacement à l’augmentation de la demande.
# Financiarisation ++ des économies : en supposant que, dans le cadre d’une relance, le protectionnisme ne
concerne pas seulement les barrières douanières mais également les mouvements de capitaux, le financement par
emprunt des déficits publics risque d’être rendu difficile.
B) Le protectionnisme peut accroître l’efficacité économique des grands pays grâce à
l’amélioration des termes de l’échange. Or l’internationalisation croissante des économies
limite le poids de chaque pays dans le commerce mondial.
—Simplement, plus il y a de pays qui s’ouvrent aux marchés étrangers, plus la demande mondiale croît et ainsi le
poids des gros pays diminue. Donc leur possibilité d’influer sur le prix mondial d’un bien en augmentant les droits de
douane se réduit de plus en plus à mesure que l’internationalisation des pays aura lieu.
—> Donc pour ces pays, l’augmentation des termes de l’échange étant limitée, le droit de douane optimal tend vers
zéro. Il n’y a donc plus intérêt à être protectionniste dans une certaine mesure. (autrement dit, le protectionnisme ne
se trouve plus en mesure d’être un des leviers sur lesquels jouer pour accélérer la croissance d’un gros pays)
II. Toutefois, il pourrait constituer une réponse aux menaces que
l’internationalisation de l’économie fait peser sur le développement humain et
durable
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A) L’internationalisation des économies peut être porteuse d’un accroissement des
inégalités internes et justifier certaines mesures protectionnistes
—L’internationalisation des firmes peut augmenter les inégalités entre travail qualifié et non qualifié (StolperSamuelson + rôle des délocalisations)
—Statistiquement, l’ouverture sur l’extérieur s’accompagne d’une hausse des inégalités internes (tant pour les PD que
pour les PED)
# croissance des inégalités de revenus et de salaires depuis les années 1980 dans la plupart des pays de
l’OCDE
# Asie : seul pays qui a eu une croissance sans augmentation d’inégalités : Corée du Sud
B) L’internationalisation des économies accentue voire génère certaines menaces pensant
sur le développement durable, ce qui peut donner un avenir au protectionnisme
III. Finalement, le protectionnisme peut avoir un avenir dans une économie de + en +
internationalisée dans la mesure où sa mise en œuvre n’est pas uniquement
guidée par l’intérêt général
A) Le processus d’internationalisation des économies implique nécessairement une
modification de la répartition des revenus et des richesses : elle suscite des réactions
de la part des différentes catégories d’agents économiques touchés qui peuvent
déboucher sur des mesures protectionnistes, selon le degré d’influence des agents
économiques à l’œuvre.
B) Nombreux sont les exemples de mesures protectionnistes qui s’avèrent favoriser
certains intérêts particuliers, bien que reposant sur des discours faisant appel à l’efficacité
économique ou au progrès social
Conclusion
Cas où la logique empirique diverge de la théorie. Pourquoi ?
—Les agents ne sont pas omniscients, ni rationnels.
—Sujet grandement politisé. Or, la logique politique est plus perméable aux intérêts particuliers (Public Choice)
Donc crée des possibilités où un protectionnisme, qui pourtant dessert à la globalité est amené à se reproduire.
Finalement, seul le protectionnisme de List peut avoir de l’avenir, mais cela demeure un protectionnisme temporaire
et local, dont le recours est amené à se réduire avec l’ouverture croissante des économies à l’international.
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