Architecture moderne du 17e s.

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Architecture moderne du 17e s.
Peu de rois règnent au 17e s, on ne retiendra que Louis 13 et Louis 14.
I) L'architecture sous Louis 13
– la place des Vosges à Paris
– Salomon de Brosse (palais du Luxembourg et parlement de Bretagne)
– l'usage de la polychromie
– Le Mercier : architecte du roi. Il joue un rôle dans le classicisme
– F.Mansart
II) Le règne de Louis 14
– Louvre : projet de la colonnade
– Vaux-le-Vicomte
– Versailles
– Réalisations
Introduction.
Bilan du 16e siècle.
Sous Henri II est construit le château d'Anet. Le roi meurt prématurément dans un tournoi amical en 1559.
Catherine de Médicis règne à travers ses fils : François II, Charles IX et Henri III. Cette période est
caractérisée par les guerres de religion. La reine joue un rôle dans le massacre de la saint Barthélémy.
Henri IV est le roi successeur. Il règne de 1589 à 1610. Il décide de construire une nouvelle place à
l'extérieur des fortifications. Cela ouvre la voie à toutes les constructions à l'extérieur. De nombreux
chantiers suivent alors. Cela donne aujourd'hui le quartier du marais. Henri IV propose un nouveau modèle
d'architecture : une synthèse du style français traditionnel et d'une forme italienne. Ce n'est pas nouveau
mais cela avait été abandonné depuis le Louvre. L'architecture baroque apparue pendant les guerres de
religion est désormais rejetée. La place fut achevée par Louis 13 après l'assassinat d'Henri IV. C'est
pourquoi la polychromie des bâtiments est appelé style Louis 13 alors que sa réintroduction fut à l'initiative
d'Henri IV. Les bâtiments de la place des Vosges alternent brique rouge et pierre blanche dans une
polychromie à la française. Ce n'est pas nouveau. Cela existe depuis le Moyen-Âge. La polychromie puise
son influence dans l'architecture italienne.
Les bâtiments respectent un rythme régulier qui rappelle l'architecture italienne. C'est une architecture très
classique. Chaque module a sa propre toiture comme à Vaux-le-Vicomte. C'est différent du Louvre qui
porte un toit plat.
Le modèle de la place des Vosges est novateur. Il abandonne le style maniériste et revient aux valeurs
originelles du quattrocento. Les éléments de décor sont limités : alternance de frontons comme au château
d'Anet par Philibert de L'Orme. On abandonne les grands décors baroques désormais vus comme superflus.
La mort d'Henri IV pose des problèmes de succession. Louis 13 étant trop jeune, c'est Marie de Médicis qui
prend la régence. Elle décide de quitter le Louvre où ses goûts italiens ne se sont jamais plus. Elle organise
la construction d'un nouveau palais : le palais du Luxembourg. C'est un nouveau modèle à la française très
différent du modèle de la place des Vosges.
Ce sont deux écoles qui naissent en même temps, évoluant parallèlement. Toutes deux puisent dans l'Italie
du Quattrocento mais d'une façon différente. Les architectes choisiront entre l'un ou l'autre.
Salomon de Brosse est l'architecte du palais du Luxembourg. Il appartient à une grande famille
d'architectes. Il refuse la polychromie. Les façades s'inspirent fortement de celles du Louvre.
Marie de Médicis a des goûts très différents d'Henri IV. Elle désire que son château se trouve à l'intérieur
des fortifications et cela pose des problèmes de place. Il faut assez d'espace pour construire le château et
son jardin. La Reine saisit les terrains du couvent des Cordeliers et des terrains privés. Ces acquisitions se
font dans la douleur. Les religieux et les propriétaires s'y opposent. La Reine n'arrive pas à acquérir toutes
les parcelles qu'elle désirait ce qui explique la forme irrégulière du jardin. Il devait être dans l'axe
symétrique du château selon les règles de l'époque mais se retrouve désaxé vers l'est. Une gravure idéalisé
présente le château et le jardin dans un axe parfait, entouré d'une forêt.
Le palais est une oeuvre originale alliant l'influence florentine et l'architecture française. Salomon est un
architecte expérimenté. Salomon s'inspire entre autre du palais Pitti. Il reprend un bossage similaire dans ce
palais mais aussi dans le parlement de Bretagne. Il reprend également la dissociation par différents
matériaux des étages. Le plan traditionnel du château français est conservé avec une cour et des pavillons
d'angle. Cependant, les pavillons d'angle sont rectangulaires, ce qui est synonyme de modernité.
Les ailes de la cour forment des galeries de circulation. C'est ce que l'on avait déjà vu dans le châtelet
d'entrée d'Anet mais en moins poussé. C'est aussi moderne. Cela crée un seul espace d'habitation au fond
de la cour.
Tous les décors intérieurs ont été refaits pendant le 19e mais l'extérieur a été peu modifié.
• Le Parlement de Bretagne.
Le décor intérieur est réalisé sous Louis XIV vers 1670. 30 ou 40 années s'écoulent entre la construction et
le décor. Le style Louis 13 prévu à l'origine est donc démodé. Cependant, les plafonds ne peuvent supporter
les décors trop lourds d'un style Louis XIV. Il faut donc faire des travaux d'aménagement du bâtiment. Les
plafonds sont réalisés à Paris et acheminés jusqu'à Rennes. Ce transport posa de nombreux problèmes. Il se
fit par voie maritime.
La tapisserie d'Anne de Bretagne et de Charles VIII ont souffert pendant l'incendie. Elle est restaurée dans
un atelier de Paris qui prend aussi feu détruisant l'oeuvre.
Widevile, Yvelines, 1580-1584.
On y trouve presque tous les éléments qui caractérisent le 17e même si on est encore au 16e.
• Beaumesnil Eure, 1633-1640.
Exagération des toitures dissociées. L'ensemble est disgracieux.
• Brissac, Maine et Loire, 1614-1620.
A l'origine, c'est un château médiéval. L'ensemble est composite : des éléments classiques et baroques.
Rien n'est totalement défini à cette époque. Les architectes sont dans une période pleine de recherches.
La grande galerie ; le plafond est peint en 1625 dans la tradition française (poutres). L'attachement à la
tradition française perdure encore pendant longtemps. Au sol, des tommettes à cabochon noir et blanc.
Les cuisines sont plusieurs car il y a une cuisine par spécialité. Les annexes ; stockage et cave.
Possède également un théâtre à l'italienne datant du 19e.
• Balleroy
L'utilisation de la polychromie est tout à fait habituelle au début du 17e mais les architectes hésitet encore
quant au choix ; Le Vau et Mansart.
Balleroy est un château type Louis 13 réalisé par Mansart. Une polychromie à la française, des pavillons et
des toits dissociés. Il y a des douves autour.
Le rythme ternaire de Salomon de Brosse est largement utilisé. C'est un essai de jeunesse de F.Mansart.
Très rapidement, il va abandonner la polychromie pour des constructions toutes en pierre.
Dans le vestibule, des carreaux noir et blanc. C'est le cas sous Louis 13 et 14 que ce soit dans les hôtels ou
dans les châteaux.
Un escalier à la française ; Mansart lui donne une place prépondérante. Il est suspendu, sans pilier porteur.
Le vide donne un effet extraordinaire de l'espace. Versailles reprendra ce type de composition mais en
marbre.
• Berny
C'est un château en rupture. La polychromie est définitivement abandonnée par F.Mansart à ce moment.
Des éléments en courbe permettent un effet de trompe l'oeil. Ils évitent l'écrasement de la façade. Mansart
réutilisera cet effet à Blois. Cela permet une lecture continue de la façade sans angles. C'est novateur.
Mansart avait réellement une approche de l'espace extraordinaire.
• Blois, aile Gaston d'Orléans, Mansart.
Le frère de Louis 13 avait prévu de raser tout le château pour sa nouvelle demeure.
Le projet de la façade d'entrée (ne sera pas réalisée) rappelle fortement celle du Luxembourg.
La façade de l'aile Gaston d'Orléans reprend les parties en courbes qui font oublier les angles droits. C'est
très bien ordonné. Mansart aurait voulu appliqué un rythme ternaire mais c'est impossible sur cet éperon
rocheux. On est proche de l'architecture classique ; façade dépouillée, toits traditionnels, faible hauteur.
Il y a des différences entre la façade sur cour et la façade arrière. Les différences sont rattrapées habilement
par la toiture. Si on regarde sur le plan, les corps centrales des deux façades sont décalés. La toiture donne
l'illusion d'une parfait symétrie.
La façade arrière possède un rythme ternaire comme Salomon de Brosse le proposait.
L'escalier se situe dans le pavillon central. Mansart est le roi des escaliers en pierre. Il est couvert d'une
coupole intérieure en trompe-l'oeil. Les décors sont inachevés mais ils ont peu d'intérêt.
Les hôtels particuliers à Paris.
Il n'y a plus de terrains libres à Paris. Or, un hôtel particulier demande beaucoup de places pour y caser
toutes les pièces de service (cuisines, écuries, emplacement des carrioles, logement des palefreniers...).
Les hôtels ont une triple lecture ; de la ville par les passants, côté cour et côté jardin.
• L'hôtel de la Vrillière par exemple est sobre à l'extérieur par son mur et sa porte monumentale
donnant sur la rue. Côté cour, l'impression diffère totalement. Un espace assez réduit avec un corps de logis
petit mais harmonieux. Cinq travées de fenêtres. La façade côté jardin est la plus harmonieuse et la plus
décorée. Elle peut se développée car il n'y a pas d'autres bâtiments gênants. 10 travées de fenêtres. C'est la
façade la plus importante dans un hôtel particulier. Beaucoup d'argent est investi dans le traitement des
jardins. Au moins la moitié de la parcelle est réservée aux jardins. Plus le commanditaire est riche et plus
cet espace est grand.
Construit entre 1635 et 1650, il est l'œuvre de l'architecte François Mansart.
façade côté jardin
et
façade côté cour
Comme souvent, sur le plan et les gravures, les annexes et les bâtiments voisins ne sont pas représentés.
Cela permet de d'isoler le bâtiment et de le mettre en avant.
L'hôtel de la Vrillière possède un nombre d'écuries tout à fait important. La parcelle est vaste donc cela
pose peu de problèmes. La rue est l'unique accès. Les écuries doivent donc se trouver sur la façade sur rue.
Cela réduit la taille du corps de logis.
Mansart utilise un effet de trompe-l'oil entre la façade sur cour et la façade sur jardin. Le corps central n'est
pas au milieu mais apparaît comme symétrique de chaque côté.
La galerie dorée (1635-1646) est très proche de ce qui se fera à Versailles.
De très nombreuses commandes pour F. Mansart. Il fait aussi des modifications sur des bâtiments déjà
existants. Il eut une carrière très longue.
• Hôtel Guénégaud du plessis, après 1648-1660, Mansart.
Là encore, l'hôtel est représenté presque seul pour le mettre en valeur. Une grande parcelle. Le
développement de la façade sur le jardin est six ou sept fois plus grand que celui de la façade sur rue. Là
aussi, désaxement de l'avant-corps-central.
• Hôtel Guénégaud des brosses, 1651-53, Mansart.
C'est un tout petit parcellaire établi suite à la démolition de deux ou trois maisons médiévales. La
composition est beaucoup plus réduite. Symétrie cour et jardin dans ce cas. La façade n'est cependant pas
parfaite ; il n'y a pas le même nombre de fenêtres dans les deux pavillons. L'utilisation de la parcelle est
maximum.
• Hôtel de Jars, Mansart, 1648.
Tous les bâtiments de service sont regroupés. C'est une autre façon de faire. Es écuries sont en façades car
il n'y a qu'un seul accès.
Effet d'illusion dans la cour en créant des fausses arcades. Cela donne l'impression qu'il y a un autre
bâtiment derrière.
Une grande galerie à l'étage.
Le sous-sol est surélevé pour gagner de la place. On y loge souvent les cuisines. Quand il fait froid, la
chaleur monte mais aussi les odeurs.
Petit à petit, les architectes vont faire participer les façades des bâtiments annexes à la façade du logis
central dans un même style. De l'extérieur, on ne verra donc plus la différence entre un bâtiment de service
ou de logement. Harmonisation des façades. On pressent déjà cela dans la façade de l'hôtel de Jars. Il y les
mêmes fenêtres pour les écuries et les étages nobles (chambres à coucher).
• Hôtel Tubeuf, Mansart.
Un petit parcellaire. On retrouve les mêmes solutions.
Un escalier monumental se trouve dans l'aile latérale. On est obligé de la placer là car sinon il prendrait
toute la place dans le corps de logis central. Désaxement.
Les écuries sont toujours en façade pour les mêmes raisons.
Comme dans les châteaux, on retrouve une galerie à la française. C'est très important pour les hôtels
particuliers d'en avoir une.
• Hôtel d'Aumont, Mansart.
Les bâtiments annexes sont intégrés à la façade sur rue. Traités de la même façon. Harmonisation.
Décor plafond à la française très traditionnel, de type renaissance.
Mansart : Façade dépouillée. Peu de décors. Une pierre blanche, pas de polychromie dans les hôtels de
Mansart/ un pro de l'escalier à la française.
• Château de Gésures, Mansart, 1660.
Ce n'est pas une oeuvre magistrale mais on atelier doit bien vivre.
Un mur écran, une cour et un château dans la tradition. Peu d'évolution.
Le jardin est tout autour. Cela ne correspond pas à l'idéal classique du jardin dans l'axe.
Louis Le Vau est un autre architecte important. Il travaillera à Versailles. Sa carrière est parallèle à celle
de Mansart. Il y a de forts liens entre les deux. Ils savent ce que l'autre fait. Ils sont en compétition sur les
chantiers royaux.
Le Vau est également très habile dans l'occupation des parcelles. Il est très marqué par l'influence italienne
ce qui diffère avec Mansart. Il est attaché à des formules italiennes du 16e. Ce sera vraiment à Versailles où
il abandonnera ces formules du passé pour le classique.
• Hôtel particulier Tamboneau (détruit), Le Vau.
Esprit du grand avant corps est d'influence italienne.
• Hôtel de l'Yonne, Le Vau, avant 1647.
Une parcelle étroite. Les écuries sont en façade. Le Vau reprend la même recette que Mansart ; deux axes
(un pour l'entrée et un pour le jardin). Il n'y a pas vraiment de différences avec Mansart. Un traitement
semblable des parcelles.
Même si la parcelle est réduite, une partie est réservée au jardin.
Au sous-sol, on trouve les cuisines. Le rez de chaussée est donc légèrement surélevé.
• Hôtel Lambert, Le Vau, 1641-1642.
Façade sur cour : on a un escalier ouvert sur l'extérieur. C'est un escalier à l'italienne. Cela diffère de
Mansart qui produit des escaliers très beaux d'intérieur.
Galerie par Charles le Brun. Cette galerie prépare la galerie des glaces de Versailles. La forme de la
pièce est tout en longueur et très basse. Des proportions écrasées pas idéales. La composition est donc
étudiée pour atténuer cet effet.
Plafond du vestibule : le sol est en marbre noir et blanc. C'est le leitmotiv caractéristique du 17e.
Le cabinet des bains est décoré par Lesueur. Il y expérimente un plafond à caissons.
• Hôtel de Lauzun, Le Vau.
Sur l'île de St Louis.
La façade sur cour est très austère. Un très beau balcon avec des ferronneries typiques du 17e. C'est le
siècle des ferronneries.
Cet hôtel annonce ce qui se fera quelques années plus tard à Versailles.
Le mode de distribution est traditionnel, en enfilade. Il n'y a pas de couloirs.
Le Vau utilisera un couloir à Vau-le-Vicomte mais ce n'est pas quelque chose qu'il utilise beaucoup. Ce
n'est pas encore dans les moeurs.
Le salon : une loggia à l'italienne à demi-niveau ouverte sur le salon. On retrouve les mêmes décorateurs ;
Le Brun, Pacol et Lesueur.
→ Ces hôtels sont des laboratoires d'expérimentation pour préparer Versailles.
• Château Le Raincy, Le Vau, 1640, agrandi en 1769, détruit en 1819.
Un style classique dans l'esprit Louis 13. Le corps de logis ressemble à un salon à l'italienne.
Ce château prépare Vau-le-Vicomte.
Un grand jardin.
• Hôtel de Sully, Jacques Androuet du Cerceau, 1624-1630.
Un cadre plus traditionaliste. Le style des façades est issu du 16e dans l'esprit de Pierre Lescot. Pas
d'affirmation d'une nouvelle personnalité architecturale. Il répond cependant aux codes de l'époque : façade
sur rue, façade sur jardin. Il possède une orangerie ce qui est le top du jardin. L'Orangerie est imposante.
Cela signifie que le commanditaire était fortune. Le bâtiment est magnifique. Elle existe toujours.
La façade est désaxée : il n'y a pas même le nombre de fenêtres de chaque côté de la porte. Ce n'est pas
terrible. Il n'y a pas de symétrie. Le Vau et Mansart auraient fait mieux.
De fausses arcades et niches sont placées dans le mur aveugle de la parcelle voisine. Cela donne une
impression plus grande.
• Cheverny, J Bougier : maitre-maçon ou architecte, 1620-1630.
Sa composition est ambiguë. Les façades sont unies par une belle pierre blanche dans un style plutôt 16e :
soulignement des étages, multiplication des frontons et toitures dissociées dans des volumes différents.
C'est le château inspiré dans Tintin.
La chambre dite du roi possède de nombreuses dorures d'influence italienne.
Un escalier d'honneur
• Le Muet, manière de bien bâtir, 1623.
Plusieurs rééditions, c'est un réel succès.
Ces traités d'architecture jouent un rôle important encore au 17e.
Ce traité marque l'architecture. Il se démarque des autres car il aborde de nouveaux sujets : l'architecture en
pan de bois, les modestes maisons. L'architecture en pan de bois est en complète évolution. C'est plutôt un
mode de construction réservé aux moins riches de Paris. Louis 14 en avait horreur. Il tenta de le faire
disparaître.
Le Muet suggère une modernisation des villes médiévales dont Paris sans une totale transformation. Il
répond donc à une besoin de l'époque d'où son succès. Il propose des exemples de maisons réalisables sur
de petites parcelles. Il s'intéresse aussi à l'architecture plus noble. Cela nous donne donc une palette des
bâtiments de l'époque. Des propositions proches de Mansart et de Le Vau dans l'organisation des parcelles.
En province :
• Montpellier, hôtel du gouvernement (17e).Les prérogatives de Paris se diffusent partout en France. On
retrouve cela dans toutes le villes. La parcelle de cet hôtel est mal faite. L'architecte va donc s'efforcer de
retrouver une certaine symétrie. Ce sont les mêmes problèmes à Paris.
• Montpellier, hôtel des trésoriers.Il possède un escalier à l'italienne comme celui de Le Vau à l'hôtel
Lambert. On retrouve la même inspiration.
• Montpellier, hôtel Deydé.
LeMercier : trois fères qui travaillent ensemble. Le plus connu est Jacques LeMercier.
Ils ont travaillés sur le canal Richelieu. Ils ont aussi construit le pavillon de l'horloge au Louvre.
Château, Richelieu, Indre et Loire.
Le château est à peine achevé quand le cardinal Richelieu décède. Il a joué un rôle important dans ce que
sera Versailles. La ville de Richelieu est construite ex-nihilo au 17e sous l'impulsion du cardinal. Elle est
entièrement conçue par Le Mercier : Eglise, halles, habitations.
La Cour était logée à proximité du château. Richelieu a déjà inventé la relation Cour/château que Louis 14
développera à Versailles.
Importance de la basse-cour que l'on retrouvera aussi à Versailles.
Il y a de grandes ressemblances avec Versailles : on a une organisation des bâtiments très proches. C'est
quasiement une architecture royale.
Peu à peu, l'architecture s'oriente vers une organisation tripartite du château à la française.
Le château est peu novateur dans ses détails architecturaux. Il se place dans l'esprit décoratif italien du 16e.
Le Mercier n'est pas un novateur, c'est un continuateur.
Aujourd'hui, il ne reste plus grand chose.
La ville est restée tel quel. Elle a été construite pour y loger les nobles de la Cour. Il y eut peu de
modifications depuis. Elle est restée inachevée ; certains bâtiments sur rue ont été faits mais pas les
bâtiments sur cour. Le site est délaissé à la mort de Richelieu.
Vauban aussi a réalisé des villes neuves mais il a des conceptions très différentes.
Richelieu est entourée de fossés symboliques. On reste attaché aux valeurs nobles et aux traditions
féodales. L'entrée de la ville se fait donc par un pont-levis. La porte monumentale porte des canonières
purement esthétiques, sans fonctionnement militaire. Elle est traitée dans le style Louis 13 ; les toitures sont
dissociées mais il n'y a pas de polychromie.
On peut remarquer que les rues sont larges pour l'époque.
La réalisation de la ville suit le plan originellement conçu. C'est une architecture très répétitive. Le même
prinicpe que la place royale d'Henri IV est ici repris ; les hôtels particuliers sont tous semblables. On
retrouve les toits dissociés mais pas de polychromie. Chaque hôtel possède une porte d'entrée à panneaux.
Ce genre de porte apparaît fin 16e et connait un grand succès au 17e.
Sur les angles des murs, des chasse-roues empêchent les essieux d'abimer les bâtiments.
• Château de Chilly-Mazarin, LeMercier.
Le château est baroque dans sa conception. Il est très passéiste. LeMercier utilise toujours le même style.
Chapelle de la Sorbonne, (1635-1642).
Le dôme s'inscrit dans l'ensemble des dômes construits à Paris (Panthéon, Invalides...). C'est une oeuvre
majeure dans le domaine religieux.
• Château Maisons laffitte, François Mansart, 1642-1646.
On trouve des ressemblances avec Vaux-Le-Vicomte. En même temps, le château annonce quelques
éléments de Versailles. Aujourd'hui, le château se retrouve dans un site très urbanisé. A l'origine, il était
isolé dans un parc et dans un bois.
C'est un château ambiguë. Il est construit dans une époque pleine d'hésitations architecturales. Ce n'est pas
le château le plus novateur. Il reprend l'avant-corps central très important dans l'aile Gaston d'Orléans à
Blois, mais avec une certaine lourdeur. Les toitutes sont dissociées dans le style Louis 13.
On retrouve l'utilisation du marbre blanc et noir.
Les façades sont peu intéressantes par rapport à ce qu'il fit avant. Mais on reste dans l'esprit de Vaux-leVicomte dans la composition. Il n'y a pas de salon à l'italienne. François Mansart est en plein doute. Ce
qu'on croyait comme acquis chez lui est remis en cause.
Les écuries sont très bien réussies. Elles anticipent celles de Versailles dans leur concept ; elles sont traitées
comme un château. Les décors architecturaux sont les mêmes que sur le châteaux. C'est une idée nouvelle.
L'avant-corps est important et les ailes sont en retour : une conception similaire au château.
Un fossé entoure le château comme à Vaux le Vicomte.
Le cabinet des miroirs.
La voûte de la grotte.
• Vaux-le-Vicomte, Louis le Vau, 1656-1661 pour Nicolas Fouquet.
L'avant corps est très important mais les pavillons sont dédoublées. On est dans le style Louis 13. Un plan
massé et des fossés inutiles. Le plan global est pensé avec l'avant-cour et le jardin.
A l'origine, une polychromie était prévue mais elle ne sera pas réalisée. On ignore pourquoi.
Un salon à l'italienne ; écrasé par une coupole à l'italienne. Le Vau manque de maturité dans les
proportions. Cependant, le rajout d'un lanternon permet de rendre la structure moins tassée.
• Le Louvre sous Louis XIII
Louis 14 va accepter de l'agrandir, poussé Colbert mais avec des réserves.
La cour carrée est construite avec bien des difficultés. C'est censé être un projet innovant marqueur du
règne du roi soleil. Elle a une place importante dans la définition que l'on donne du style classique et elle
inspira Versailles.
Esthétiquement, Louis VIX a choisi le meilleur projet parmi des propositions très diverses : Mansart,
Lemercier, Houdin, Marot... proposent des projets.
C'est Mansart qui propose le plus de propositions pour le projet de la cour carrée mais aussi pour le Louvre
tout entier (sauf que financièrement c'est impossible). On sent un appauvrissement dans ses projets. Ils ne
sont pas innovants.
Houdin est un architecte passéiste qui ne propose rien d'innovant.
Marot est plus intéressant. Il propose des colonnes jumelées mais le reste est peu novateur.
projet jean marot
Le Vau, jusqu'à présent très attaché au style Louis 13, va pourtant faire des propositions très intéressantes.
Il propose des colonnes jumelées et des façades en retrait qui sont des innovations.
Le Brun a aussi fait des projets novateurs.
Des italiens comme Rainaldi proposent également. Mais ce concours d'architectes est un échec. Dans
l'ensemble, il est marqué par peu d'innovation alors que Louis XIV veut réellement une cour carré à l'égale
de son règne. Personne n'est retenu.
projetrainaldi
Le Bernin, grand architecte, est finalement appelé à la cour. Il propose de tout raser et de refaire. Il ne peut
pas se permettre que des vieux bâtiments viennent ternir son oeuvre. Il propose un projet d'inspiration
florentine. C'est trop italien pour la France. Louis XIV ne fera pas exécuter son projet.
projet Bernin
Le roi soleil va alors créer une commission pour trouver quelque chose de satisfaisant. Le Vau et Le Brun y
participent. Perrault aussi en tant qu'ingénieur. C'est finalement le projet de ce dernier qui sera retenu. La
colonnade de Perrault est une idée très novatrice. Néanmoins, il faut retenir le fait qu'il s'inspire beaucoup
de Le Vau pour les colonnes jumelées. Il reprend aussi le principe des façades en retrait. Cela crée des jeux
d'ombres et de lumières d'un grand esthétisme. Le bâtiment est très dépouillé. Il y a peu de décor, juste
quelques médaillons et le fronton. Une richesse plastique étonnante avec un minimum. Le toit terrasse est
également novateur.
Le bâtiment n'aurait pas pu être réalisé sans un ingénieur. Perrault y a amener toutes les
compétences techniques. Pour le fronton par exemple qui ne pourrait tenir sans les armatures conçues à
l'intérieur.
C'est la première grande oeuvre classique de cette époque. Elle annonce tous les éléments de Versailles.
Perrault a également réalisé l'observatoire de Paris. Mais il y eut tellement de modifications dessus depuis
que l'on en parle peu.
• Versailles
La basse-cour est à mettre en parallèle avec le château de Richelieu où elle était déjà importante. Dessinée
par Mansart, elle est imposante pour y inscrire les écuries royales.
A la mort de Louis XIV, l'enveloppe architecturale du château est quasi définitive (l'Opéra seulement sera
ajouté par la suite). Il y aura peu de modifications par la suite.
1664 – château primitif style Louis XIII : les toitures sont de différents volumes, les pavillons sont
dissociés et les façades sont polychromes.
Louis XIV se pose la question de la démolition de ce château déjà démodé. Son amour pour son père et le
coût financier que cela entraine le pousse à conserver le bâtiment. De plus, il sera pratique pour loger la
Cour pendant les travaux.
Sur le plan historique, Versailles est un bâtiment hétéroclite : de nombreux architectes ont travaillés dessus.
Pourtant, l'aspect final est homogène. Les architectes restent dans le style français (sauf pour la partie Louis
13 bien-sûr). Jules Hardouin Mansart voulait faire disparaître une partie de l'oeuvre de Le Vau pour
s'approprier toute la postérité du château.
L'agrandissement du château primitif de Louis XIII est commandé à Le Vau. Il propose un bâtiment qui
enveloppe la partie primitive sans la modifier. Il place des cours entre le bâtiment primitif et le neuf afin
qu'ils puissent respirer. À l'arrière du château de Louis XIII, il ne construit par de bâtiment mais une
terrasse afin que le bâtiment garde une lumière directe. Jules Hardouin Mansart proposera plus tard d'y
faire la galerie des glaces.
A la mort de Louis Le Vau, l'enveloppe est terminée.
Les toitues plates sont en plomb. Ce ne sont pas des toits terrasses même si cela semble être le cas vu d'en
bas. Des ouvertures dans les toitures permettent d'aérer les combles.
En 1680, les grandes ailes sont peu à peu ajoutées au gré du budget.
La chapelle est intégrée par J.H.Mansart au moment où le chantier est presque achevé. Il faut donc trouver
comme l'intégrer et c'est plutôt réussi, même si à Vaux-le-Vicomte, le résultat est plus satisfaisant. Il fallait
relier la chapele royale directement aux appartements royaux.
La cour de marbre. Les façades sont polychromes. Le sol est dallé de marbres noir et blanc. Les colonnes
sont aussi en marbre. J.H.Mansart a harmonisé les toitures pour homogénéiser l'ensemble. La cour est
ajoutée par Louis XIV pour que les carosses n'arrivent pas directement sous les fenêtres des appartements
royaux.
Les ferronneries existent déjà au 17e même si elles seront plus à la mode au 18e. Celles de la cour de
marbre donnent une idée de celles qui devaient exister à Vaux-le-Vicomte. Elles sont de très bonne qualité.
Dans le vieux château, au rez-de-chaussée, le vestibule sous l'appartement de Louis XIV : c'est une partie
assez austère que les visiteurs ne voient pas. Pourtant, elle est originale par son décor : profusion de
marbres aui n'existe dans aucun autre château. Il y a du marbre au sol et de colonnes de marbre.
Même si Versailles est beaucoup influencé par Vaux-le-Vicomte, on voit que ce n'est pas une copie servile.
Le budget de l'entretien est payé à la moitié par l'Etat et des ventes d'entrées et le reste par le mécénat privé.
La galerie des glaces est un ajout de J.H.Mansart. Il transforme totalement le bâtiment royal. C'est un lieu
obligé de rencontres qui change complétement la circulation dans le château. La galerie cache la façade sur
jardin de Louis 13. Cela permet une unité plus harmonieuse avec la construction de Le Vau.
La galerie exalte tout au long de ses soixante-treize mètres le succès politique, économique et artistique de
la France. Succès politique : les trente compositions de la voûte peinte par Le Brun illustrent l’histoire
glorieuse de Louis XIV depuis 1661 jusqu’à la paix de Nimègue. Prospérité économique : par leurs
dimensions et par leur nombre, les 347 miroirs qui ornent les 17 arcades faisant face aux fenêtres attestent
que la nouvelle manufacture française de glaces est capable de ravir à Venise le monopole des miroirs,
alors objets de grand luxe. Réussite artistique : les pilastres de marbre de Rance s’ornent de chapiteaux de
bronze doré d’un modèle nouveau dit de « l’ordre français » ; créé par Le Brun à la demande de Colbert, il
présente des emblèmes nationaux : une fleur de lys surmontée du soleil royal entre deux coqs français.
La
Grande Galerie servait quotidiennement de lieu de passage, d’attente et de rencontres, fréquenté par les
courtisans et le public des visiteurs. Elle ne fut le cadre de cérémonies qu’exceptionnellement, lorsque les
souverains voulurent donner le plus grand éclat à des réceptions diplomatiques ou à des divertissements
(bals ou jeux) offerts à l’occasion de mariages princiers.
Corps de logis avant la galerie des Glaces :
Le salon de la paix est une antichambre avant la galerie des glaces. Il présente le même décor de panneaux
de marbre et de trophées d’armes de bronzes dorés et ciselés que le salon de la Guerre qui lui est
symétrique. Toutefois, Le Brun a orné la coupole et les voussures des bienfaits de la paix donnée par la
France à l’Europe. De grands décors, du marbre à profusion et de tout type. Le salon a de grandes
proportions pour montrer la grandeur du roi. Pourtant, la cheminée est petite. Cela nous ramène à la réalité
de l'époque. La vie à Versailles n'était pas très confortable; il était impossible de chauffer ces pièces.
Le salon de la guerre (droite) est très semblable. C’est à partir de 1678 que Mansart entreprit la
construction du salon de la Guerre. La décoration, achevée par Le Brun en 1686, exalte les victoires
militaires qui aboutirent à la paix de Nimègue. Les murs sont revêtus de panneaux de marbre. Le mur du
côté du salon d’Apollon est occupé par un bas-relief ovale en stuc représentant Louis XIV à cheval foulant
aux pieds ses ennemis. Ce chef-d’œuvre de Coysevox est surmonté de deux Renommées dorées et soutenu
par deux captifs enchaînés.
Les marbres de Versailles viennent d'Italie et des Pyrénées : marbre de Carrare. Cela nécessitait des moyens
financiers extraordinaires. A la fin du règne de Louis 14, des marbres locaux, moins coûteux, sont
privilégiés.
La chambre du roi a été en partie reconstituée après la Révolution. Les
tentures ont été refaites à partir de cartons de la manufacture des Gobelins.
Exubérance des dorures dans une composition à l'italienne. C'est une
exception par rapport au traitement classique des autres pièces du château.
En 1701, Louis XIV transféra sa chambre dans le salon situé sur l’axe estouest du Château, face au soleil levant. On obtura les trois portes-fenêtres du
fond donnant sur la galerie des Glaces pour former l’alcôve. C’est dans cette chambre, devenue le
sanctuaire visible de la monarchie, que Louis XIV dînait au « petit couvert » et qu’avaient lieu chaque jour
les cérémonies du « lever » et du « coucher » du Roi. C’est également dans cette chambre que mourut
Louis XIV, le 1er septembre 1715, après soixante-douze ans de règne. Le fastueux décor de brocart d’or et
d’argent sur fond cramoisi de la chambre est agrémenté de tableaux, choisis par Louis XIV : Les quatre
évangélistes et le denier de César, par Le Valentin et Giovanni Lanfranco ; en dessus-de-porte, Saint JeanBaptiste par Giovanni Battista
Caracciolo ; Marie-Madeleine par Le Dominiquin ; et deux portraits de
Antoon Van Dyck. Sur les deux cheminées datant de Louis XV, sont placés un buste de Louis XIV par
Antoine Coysevox, une pendule-baromètre ainsi que quatre candélabres ayant appartenu au comte de
Provence, frère de Louis XVI.
Entièrement sculpté en marbre polychrome, l'escalier de la Reine est d'une grande finesse et habileté dans
sa sculpture en marbre. En effet, les balustres sont sculptées penchées en marbre. Construit en 1680, il
faisait pendant au Grand Degré du Roi, ou escalier des Ambassadeurs.
Dans l'aile du midi, on retrouve des escaliers en pierre comme l'escalier des princes. Le travail est plus
simple et plus rapide.
→ En dehors de Versailles, les chantiers de J.H.Mansart ne sont pas terribles. C'est sans rapport avec
l'originalité et la créativité de Versailles.
La place d'armes devant le château se diffuse en « patte d'oie » de Versailles.
En 1679, J.H.Mansart édifia de nouvelles écuries sur la place d'armes. Elles ont une forme de type baroque
(courbe) qui s'oppose au style purement classique du château. Pourtant, cela se complète sans choquer. Les
écuries sont d'un luxe extrême. Des arcades au rez-de chaussée crée une double façade. L'intérieur est aussi
luxueux. Elles sont appelées Grande écurie.
L'orangerie posait des problèmes techniques car elle ne devait pas être visible du château afin que ça ne le
défigure pas. J.H.Mansart décide alors de « l'enterrer » sous les grands bassins en utilisant le dénivellement
naturel. Du coup, du château, on ne perçoit pas l'orangerie. Elle se compose d'une galerie de 150 m et de
deux galeries latérales. On y accède par des escaliers « aux cent marches » de part et d'autres. Orangers,
citronniers, grenadiers, lauriers roses ou palmiers : l'Orangerie de Versailles abrite encore aujourd'hui des
arbres et arbustes rares.
La chapelle est unique au début du 18e. A cette époque, le gothique est encore très présent. C'est le style à
la mode et aucun architecte ne l'a encore remis en question. Pourtant, cette église aura peu de postérité. Elle
influencera la cathédrale St Pierre à Rennes.
→ J.H.Mansart a une capacité étonnante de maitrise des volumes. Les écuries, l'orangerie et la chapelle
sont toutes différentes. Pourtant, elles portent une unité architecturale. Dans la chapelle, on retrouve par
exemple la double façade comme sur la grande écurie. A l'intérieur cela forme un déambulatoire.
J.H.Mansart maitrise totalement la lumière et cette chapelle en est la preuve.
Louis XIV n’a connu cette chapelle que durant cinq ans puisqu’elle n’a été achevée qu’en 1710. Les
guerres avaient retardé le chantier de la grande chapelle, ouvert dès 1689 par Hardouin-Mansart.
L’architecte n’en vit d’ailleurs pas la fin puisqu’il mourut en 1708. À cette date, son beau-frère Robert de
Cotte lui succéda, mais les lignes générales de l’architecture et du décor avaient été arrêtées dès 1699 : un
plan avec nef, bas-côtés et déambulatoire, une élévation avec tribunes, une harmonie de blanc et or
contrastant avec la polychromie du pavement de marbres et des peintures de la voûte ; le tout aboutit à une
œuvre originale où se mêlent réminiscences de l’architecture gothique et esthétique baroque.
Dans la monarchie française, le roi est l’élu de Dieu et par son sacre il devient son « lieutenant » sur terre.
Les peintures et les sculptures de la chapelle de Versailles rappellent cette idée dans un cycle qui part de la
nef et aboutit à la tribune où se tenait le roi.
Les jardins ; Il y eu plusieurs jardins sous Louis XIV. Il y eut plusieurs modifications.
En 1661, Louis XIV charge André Le Nôtre de la création et de l’aménagement des jardins de Versailles
qui, à ses yeux, sont aussi importants que le Château. Les travaux sont entrepris en même temps que ceux
du palais et durent une quarantaine d’années. Mais André Le Nôtre ne travaille pas seul. Jean-Baptiste
Colbert, Surintendant des bâtiments du Roi, de 1664 à 1683, dirige le chantier ; Charles Le Brun, nommé
Premier Peintre du Roi en janvier 1664, donne les dessins d’un grand nombre de statues et fontaines ; un
peu plus tard, l’architecte Jules Hardouin-Mansart ordonne des décors de plus en plus sobres et construit
l’Orangerie. Enfin, le Roi lui-même se fait soumettre tous les projets et veut le « détail de tout ».
→ Le Nostre n'a pas laissé de documents sur sa conception des jardins classiques. Mais d'autres ont
retranscrits sa pensée. C'est le cas des gravures de Rigaud qui sont très précises. Tous les détails y sont.
C'est très précieux. Dezaillier d'Angeville reproduit dans des schémas la pensée de Le Nostre.
On connait tout des jardins de Versailles à la mort du roi car de nombreuses gravures et plans ont été faits à
l'époque. Aujourd'hui, le ministère a décidé de refaire les jardins selon ces plans.
On a découvert des traces d'installation de rampes pour que Louis 14, impotent, puisse faire le tour de ses
jardins.
C'était un lieu de fêtes ; bal, poésie, feux d'artifice...
Le jardin potager était organisé ; plaisir des aliments et des yeux. C'était un lieu de visite pour la Cour. C'est
intéressant de savoir ce que les gens mangeaient. Ils mangeaient beaucoup de viandes et de gâteaux. Pas
très équilibré.
La création des jardins demande un travail gigantesque. D’énormes charrois de terre sont nécessaires pour
aménager les parterres, l’Orangerie, les bassins, le Canal, là où n’existaient que des bois, des prairies et des
marécages. La terre est transportée dans des brouettes, les arbres sont acheminés grâce à des chariots de
toutes les provinces de France ; des milliers d’hommes, quelquefois des régiments entiers, participent à
cette vaste entreprise. De grands travaux hydrauliques sont organisés pour acheminer l'eau jusqu'à
Versailles. Des aqueducs détournent l'Eure, tentatives aussi de remonter les eaux de la Seine. L'aqueduc de
Maintenon a été inachevé faute de budget. Il est construit par l'armée. On fait venir des hollandais
spécialistes de l'eau pour remonter les eaux de la Seine. La machine de Marly est conçue pour l'occasion
mais c'est un échec. Sous le grand parterre, se trouvent des réservoirs d'eau construits par F.Orbay. Ils sont
sous les grands bassins. Ce sont de vraies architectures ; des salles voûtées en pierre. C'est un semi-échec
car il n'y a pas assez d'eau pour alimenter tous les bassins.
Pour le Nostre, son chef-d'oeuvre n'est pas Versailles mais Chantilly car il a pu développer sa créativité
avec de l'eau à volonté sur le site.
Pièce d’Eau des Suisses
Creusé pour embellir l’axe nord-sud des jardins, dont l’Orangerie dont il est
séparé par la route de Saint-Cyr, théâtre de fêtes nautiques sous l’Ancien Régime, ce grand bassin remplace
une zone marécageuse appelée « étang puant » qui causait de nombreuses maladies parmi les habitants de
Versailles. De forme octogonale à partir de 1665, il fut agrandi vers 1678 par les Gardes suisses puis à
nouveau en 1682 en le dotant de ses extrémités arrondies. Les terres retirées lors des travaux servirent à la
création du Potager du Roi. À son extrémité sud, on installa une statue équestre du Bernin représentant
Louis XIV, transformé en Marcus Curtius par François Girardon car le Roi ne se trouvait pas à son
avantage. Il pouvait d’ailleurs accéder à son potager par des allées de platanes maintenant bi-centenaires et
une « grille royale » qui donne toujours sur la pièce d’eau.. (photo à droite, au fond).
Le Grand Canal est la création la plus originale d’André Le Nôtre qui a transformé la perspective estouest en une longue trouée lumineuse. Les travaux durèrent onze ans, de 1668 à 1679. Le Grand Canal,
long de 1670 mètres fut le cadre de nombreuses fêtes nautiques et de nombreuses embarcations y
naviguaient. Dès 1669, Louis XIV fit venir des chaloupes et des vaisseaux en réduction. En 1674, la
République de Venise envoya au Roi deux gondoles et quatre gondoliers qui logeaient dans une suite de
bâtiments à la tête du Canal, appelés depuis Petite Venise. Si l’été voit la flotte du Roi s’y déployer, l’hiver,
patins et traineaux investissent les eaux gelées du Grand Canal.
La sculpture : Le château de Versailles reflète tous les arts. Il possède donc aussi un programme sculptural
à l'intérieur et à l'extérieur. La thématique de la mythologie touche 95% des oeuvres. Une seule exception ;
le Rémouleur (aiguiseur de couteaux) dont on ignore la fonction ou la raison de sa présence. Les fleuves :
Des statues en bronze, symbolisant les quatre grands fleuves et les quatre principales rivières de France
ornent le parterre d’Eau. Dans l’Antiquité, les Grecs puis les Romains représentaient les fleuves sous la
forme de vieillards barbus allongés, couronnés de roseaux, tenant un aviron ou une corne d’abondance,
symbole de l’eau source de richesse. Pour identifier le fleuve et la région qu’il fertilise, le sculpteur de La
Loire a modelé des asperges et des artichauts, légumes très appréciés de la Cour au XVIIe siècle et cultivés
dans la vallée de La Loire.
Bosquet de l'Obélisque
1671 : Conçu par Le Nôtre comme une île à quatre lobes entourée d'un canal qui comprenait 50 jets d’eau.
Une simple fontaine occupait chaque lobe de l’île ; l’accès à l’île était obtenu par deux petits ponts
tournants. Aux quatre points cardinaux il y avait quatre autres fontaines.
1706 : Sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, le bosquet fut remanié complètement. L’île centrale fut
remplacée par un grand bassin élevé sur une base à cinq gradins entourée d'un canal. La fontaine centrale
se composait de 230 jets d’eau qui, lors du jeu de la fontaine, formait un obélisque qui donna son nouveau
nom au bosquet : bosquet de l’Obélisque.
La Salle du Bal
Aménagée par Le Nôtre entre 1680 et 1683, la Salle du Bal s’appelle aussi Bosquet des Rocailles, en raison
des pierres de meulière et des coquillages rapportés des côtes africaines et malgaches sur lesquels l’eau
ruisselle en cascade. Au centre, une « île » en marbre, aisément accessible, servait à la danse, art dans
lequel s’illustrait Louis XIV. Les musiciens se tenaient au-dessus de la cascade et, en face, un amphithéâtre
aux gradins recouverts de gazon permettait aux spectateurs de s’asseoir.
La Colonnade
Construite à partir de 1685 par Jules Hardouin-Mansart, la Colonnade a remplacé un bosquet créé par Le
Nôtre en 1679 : le Bosquet des Sources. Un péristyle accompagne les 32 colonnes de marbre ioniques. Les
tympans triangulaires entre les arcades sont décorés de bas-reliefs représentant des enfants. Les claveaux
des arcs s’ornent de têtes de nymphes et de naïades. Au centre, un soubassement circulaire de marbre sert
de socle au fameux groupe exécuté entre 1678 et 1699 par Girardon : L’Enlèvement de Proserpine par
Pluton.
Le Grand Trianon a été élevé par Jules Hardouin Mansart en 1687 sur l’emplacement du « Trianon de
Porcelaine », que Louis XIV avait fait construire en 1670 pour y fuir les fastes de la Cour et y abriter ses
amours avec Mme de Montespan. Le Grand Trianon est sans doute l’ensemble de bâtiments le plus raffiné
de tout le domaine de Versailles.
« Petit palais de marbre rose et de porphyre avec des jardins délicieux » selon la description de Mansart qui
respecte à la lettre les indications de Louis XIV très impliqué dans cette construction. Très influencé par
l’architecture italienne, ce palais s’étend sur un seul niveau, placé entre cour et jardin, recouvert d’un toit
plat, dissimulé par une balustrade, autrefois agrémentée de groupes d’enfants, de vases, de figures
sculptées.
Renommé « Trianon de Marbre ». Une architecture ouverte sur les jardins.
Mansart reprend ce qui a été fait sur la façade des jardins par Le Vau et s'inspire de la colonnade du Louvre
; ici, des colonnes jumelées en marbre rose. Ce bâtiment représente au mieux la pensée de Louis XIV. C'est
un peu une synthèse de son règne.
Le mobilier originel de Trianon ayant été dispersé à la Révolution, l’aménagement actuel est, à quelques
exceptions près, celui du Premier Empire.
A Rennes, l'escalier de l'hôtel de Blossac et le vestibule de l'hôtel de ville reprennent ce principe des
colonnes jumelées en marbre rose.
Il y avait aussi des ménageries surtout sous le règne de Louis XV.
Art topiaire. On est très renseigné sur la forme et la taille des arbustes. Des planches nous les décrivent.
Beaucoup de formes circulaires. On faisait des colonnades dans les haies, des baies en plein cintre... grande
habileté.
• Château de Marly, J.H.Mansart, 1784.
Presque entièrement détruit à la Révolution. Un château un peu éloigné de Versailles pour s'éloigner de la
Cour. Le château avait un nombre limité de places et Louis XIV n'emmenait que les plus proches.
À partir de 1679 Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte travaillent à l'édification d'un château de
plaisance pour le Roi et quelques privilégiés. Ces travaux seront pratiquement terminés en 1684 lorsque
Louis XIV s'y rend pour la première fois.C'est un château neuf. La Cour et le roi ne sont pas logés dans les
mêmes bâtiments. La conception physique des bâtiments est différente. Les décors sont différents entre les
bâtiments du roi et ceux de sa Cour. A la fin de sa vie, Louis XIV s'affirme face à sa Cour.
Le jardin est conçu dans l'esprit de Chantilly ; beaucoup de bassins d'eau.
Le pavillon du roi : retour des décors sur la façade. Grand fronton triangulaire avec décors. Nouveau
registre d'architecture. On s'éloigne de l'esprit classique. Les grands décors des façades sont peints et non
sculptés. C'est moins coûteux. Tout en trompe l'oeil. Le plan est assez étonnant ; comme à Vaux le Vicomte,
en croix grecque autour d'une cour centrale. On change totalement de Versailles.
Le salon central ressemble à un salon à l'italienne comme à Vaux le Vicomte. Lassitude du classique ?
Retour en arrière ? En tout cas, on amorce vers quelque chose de nouveau.
→ On ne sait pas quelle est la part de Mansart et des commanditaires dans ses constructions. Beaucoup ont
été détruites.
Choisy le Roi (1680-1716), détruit. On es surpris que ce soit de Mansart car ne ressemble aucunement à ce
qu'on connait de lui. L'architecture est pauvre, le bâtiment est lourd et massif. On est loin de l'élégance des
écuries de Versailles.
Clagny, détruit. Il n'a rien d'original. Manque total de créativité. C'est une architecture maladroite qui
rappelle le début du règne de Louis XIV. On ne reconnaît pas le talent de Mansat.
Pratiquement tous les châteaux qu'il a construit sont pauvres et passéistes.
St Cloud, 1675, incendié en 1870. La conception est lourde, dans un style germanique, qui s'oppose au
style classique en vigueur à l'époque.
Meudon, château réalisé pour le dauphin. Les toitures sont dissociées. C'est passéiste. Cela nous montre
que le goût de Louis XIV était réellement avant-gardiste comparé à ses contemporains. Le plan est
intéressant par contre. Il emploie les couloirs, nouveau mode de distribution encore peu développé. Cela
montre une évolution des moeurs depuis Vaux le Vicomte où il est timidement présent.
Hôtel des Invalides, chef d'oeuvre religieux de Mansart.
Écuries de Chantilly également.
• Les influences qu'eut Versailles à l'étranger.
Versailles est un succès dans les Cours européennes et porte une grande influence. Les architectes
reprennent la grandeur du château ainsi que sa relation aux jardins. Beaucoup d'architectes français vont
travailler à l'étranger, diffusant ainsi le style classique français dans toute l'Europe.
Château de Schönbrunn, Vienne, 1692.
Ici, le principe de la toiture terrasse est repris de Versailles. Le traitement de la façade est germanique. Le
corps central est imposant dans le style versaillais. Les décors intérieurs s'inspirent aussi du palais français.
La Grande galerie de Schönbrunn reprend des éléments de la galerie des Glace ; miroirs et peintures dans le
même esprit. De plus, la galerie donne aussi sur les jardins.
Charlottenburg, Berlin. Jardin à la française. Axe de symétrie. Ré-interprétation de l'esprit à la française
dans un petit château. Là aussi, on trouve une galerie à la française qui donne sur le parc, la galerie d'or.
Robert de Cotte a beaucoup travaillé à l'étranger.
Palais de Thurn et Taxis, 1727-40, Francfort, en collaboration avec Harberat. C'est un hôtel particulier
dans le style parisien : entre cour et jardin, entrée monumentale et avant-corps classique. La façade arrière
fait penser à un jardin à l'italienne comme Vaux le Vicomte.
Château de Bruhl, Cotte et Schlaun. Architecte germanique. On est très éloigné du point de vu
conceptuel de la France mais le décor rocaille rappelle le style Louis XV.
Poppelsdorf, Robert de Cotte, détruit. Autour d'une cour circulaire. C'est plutôt original. Les façades
sont de style Louis XIII. L'esprit est versaillais.
Würzburg, 1728, Robert de Cotte. Toitures dissociées. On est loin de l'esprit versaillais classique. Le
style est déjà Louis XV.
Schleissheim, Robert de Cotte. Axe de symétrie. Insertion du château dans les jardins. Le jardinier est
français.
Château de ColyKeumlov se trouve sur une butte car c'est un château médiéval. Pourtant, on installe des
jardins à la française !
Hampton Court, Londres. Le Nostre y installe des jardins à la française dans les années 1660. Il fut
appelé Privygarden, car il s'étalait sous les fenêtres «privées».
→ L'influence française dure jusqu'au 18e.
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