Juillet 2010. Lycée Washington-Lycée Bellevue
Voyage en Avignon
Remerciements
Ce formidable séjour n’aurait jamais pu avoir lieu sans :
-La volonté conjointe de la région des Pays de Loire, de l’Action culturelle du Rectorat de
l’Académie de Nantes et des CEMEA. Remerciement tout particulier à Jean Bauné, JeanPaul Pacaud, Patrick Even, Jean-Noel Brugière et Sylvain Mathé.
-La patience et le dynamisme de nos animateurs CEMEA : Merci à Thomas, Servane, Marie,
et Maud.
-Le soutien et l’encouragement des Lycées Washington et Bellevue. Merci notamment à nos
chefs d’établissement et intendants : Colette Pierre, Christian Vergne, Joël Nougué, Patrick
Dobosz.
-Le soutien financier du Crédit Agricole. Merci à Jean-Marie Poirier de l’agence Le Mans
République.
-Merci également au Grenier à sel pour le formidable accueil qu’il nous a réservé.
***
Les professeurs encadrants : Cosme Bertrand, Evelyne d’Olier, Natacha Mouillé, Nicole
Sandillon.
Les élèves : Amandine, Anaïs, Arthur, Aurore, Baptiste, Camille (2), Candice, Charlène,
Charlotte, Clémence, Cloé, Emilie, Félicie, Héloïse, Juliette, Léo, Louise, Ludivine, Maéva,
Manon, Marion, Marie, Marine, Nadjet, Najma, Sandra, Scarlett, Sophie et Zakia.
Notre festival
d’Avignon
Par les élèves des Lycées Bellevue et Washington du Mans
ayant participé au festival d’Avignon. Eté 2010.
Ils sont trente lycéens Sarthois, provenant du Lycée Bellevue et du Lycée professionnel
Georges Washington, à avoir participé à l’opération « lycéens en Avignon ». Trente jeunes,
tous volontaires, certains déjà passionnés de théâtre, d’autres juste curieux ont su saisir
l’opportunité qui leur était offerte de découvrir le festival d’Avignon. Accompagnés de quatre
enseignants, ils ont voyagé toute une nuit en car, avant d’être accueillis par les animateurs du
« Centre de jeunes et de séjour du Festival d'Avignon » (C.E.M.E.A.) au lycée Saint-Joseph.
C’est dans l’enceinte du Lycée Saint-Joseph qu’ils ont dormi, mangé, échangé sur les
spectacles, travaillé en atelier. Ils ont également assisté à un spectacle dans l’enceinte du lycée
et c’est là, enfin qu’ils pouvaient se retrouver et se reposer entre deux activités ou spectacles.
Ce lieu, magnifique, chargé d’histoire, et totalement imprégné de l’ambiance du festival, leur
a fait forte impression.
Le cloitre de la cour du Lycée
Saint-Joseph
Le soir, une buvette accueille artistes et festivaliers dans la cour du lycée
La cour du Lycée St Joseph (feat Arthur Rimbaud's "Le dormeur du Val")
C'est une cour de culture où pleut la lumière,
Éclairant doucement les esprits spectateurs,
D'Avignon ; Où le soleil, du Vaucluse, fier,
Luit. Ce petit lycée nous abrite à toute heure.
Des spectateurs, jeunes, vieux, bouches ouvertes,
Et assis autour de grands cercles de " mutua' ",
Parlent, des spectacles qu'ils ont vécus, certes,
Mais aussi de la ville et de l'accueil des Cémeas.
Assis sur leurs chaises, ils se cultivent comme
Se cultiveraient, des bananes, ou des pommes.
Culture, berce-les fraichement, ils ont chaud.
Les affiches capturent leurs yeux et, très tôt,
Ils vont dans le soleil vers les salles obscures,
Excités par ce foisonnement de culture.
Léo
Notre arrivée à saint-Joseph
J'ai été agréablement surprise
quand je suis rentrée dans le
lycée St Joseph. Ses vieilles
pierres ocre, la grande cour
ombragée, la buvette, les
chaises
longues…
Une
invitation au farniente sous
les arbres, à écouter les
cigales en sirotant une
grenadine, en plein cœur de
l'intra-muros.
On
ne
demandait pas mieux avec la température!Rien à redire sur l'hébergement !
Bien que l'appétit ne fût pas grand, je me suis délectée des plats qu'on nous a proposés. Bien
présentés,variés et typiques. Peut être parfois aurais-je préféré des crudités plutôt que des plats
chauds. Enfin, on ne peut tout de même pas se plaindre. C’était très bon. Point !
L'ambiance était tout aussi satisfaisante, une équipe d'animateurs jeunes et dynamiques, des
temps de discussions et de jeux, qui nous ont permis de développer notre critique, échanger, et
vivre avec le groupe. Des encadrants qui ont su nous conseiller, et nous ont offert une grande
autonomie. Une vie sur le centre pleine de rencontres et de diversité ; un emploi du temps
modulable et très libre, avec des choix de spectacles intéressants pour leur variété, et que j'ai,
pour la majorité, beaucoup appréciés.
Ludivine Ricou
Mutualisation
Pendant le séjour au lycée St Joseph, les animateurs nous ont invités
à les rejoindre tous les matins pour la mutualisation, aux environs
de dix heures, après notre petit-déjeuner à ciel ouvert ou plutôt à
couvert des platanes titanesques. Des chaises disposées en cercle
sur la cour nous attendaient. La première fois, nous nous sommes
retrouvés entre lycéens, plus ou moins intimidés et les discussions restaient stériles, certains
bravaient le silence pour exposer leur avis mais il y avait rarement des rebonds ou des
échanges. Émettre une opinion n'est pas chose aisée. Comment mettre des mots sur l'émotion
ressentie, alors que parfois, on ne sait pas vraiment quoi dire ? Oui, la pièce nous a plu mais
pourquoi ?!
De ce fait, les animateurs ont décidé de mélanger les groupes, les âges et nous nous sommes
retrouvés semés parmi une faune composée essentiellement de femmes qui comptaient des
records de présence aux festivals et qui contrairement à nous, avaient un avis sur tout !
Les critiques acérées ou dithyrambiques pleuvaient et ces doyennes du festival
surenchérissaient pour avoir le dernier mot, quel spectacle ! Lorsque l'une déclamait tout haut
son amour pour une pièce, une autre démontait soigneusement les arguments, à voix basse à
sa voisine et se moquait de tant de passion. Ces spectatrices averties, bien que parfois
dédaigneuses, aimaient, durant la mutualisation, prendre le devant de la scène, et capter les
regards, ce qui avait le don d'enrager les autres. Les animateurs devenaient médiateurs, et
comme dans les talk-shows télévisés, ils s'empressaient de répartir le temps de paroles et de
tempérer les esprits.
La mutualisation était aussi un régal pour les yeux, et je ne me lassais pas d'admirer avec
curiosité, les quelques spectatrices à l'allure distinguée dès la matinée. Je me souviens
particulièrement de l'une d'entre elles qui portait une jupe à paillette, une grosse broche en or
sur la poitrine et qui était maquillée outrageusement, avec des cheveux argentés relevés en
chignon. Et pourtant, son attitude était discrète lors de la mutualisation et contrastait avec son
allure tape à l'œil.
Je me rappelle aussi une petite femme qui portait ce jour-là un chapeau sur sa coupe au carré
et qui était complètement ailleurs mais avec laquelle nous avons beaucoup échangé lors d'un
déjeuner. C'était une comédienne dans l'âme, désabusée par les pièces qu'elle avait vu et qui
préférait visiblement nous abreuver de paroles, plutôt que d'aller voir des représentations
qu'elle trouvait désolantes. Mais nous, nous voulions voir le plus de spectacles possibles, alors
nous avons mis, à regret, un terme à la discussion. Avignon est un lieu de personnages
étranges d'un autre monde et leur découverte me fut grisante...
Le plus important cependant, ce sont les avis que nous pouvions récolter. En effet, au début
du séjour, nous nous sommes vus distribués de véritables annuaires qui contenaient les
milliers de spectacles du OFF. Il y avait de quoi être perdu pour, nous, débutants et plutôt
ignorants, en ce qui concerne les grands noms et les noms prometteurs du monde du théâtre.
Grâce à ces dames excentriques, nous étions renseignés, à nous d'en prendre et d'en laisser !
Ce qu'elles ne manquaient pas de faire entre elles, en témoignaient les petits carnets qu'elles
tenaient serrés entre leurs mains et qui contenaient moult informations. D'ailleurs, leurs
critiques étaient souvent très poussées et on sentait un plaisir du décorticage théâtral. Une
aubaine pour mon oreille attentive !
Louise Cognard
Avignon
Durant le festival, à Avignon tout est spectacle. Le show ne s’arrête pas à la porte des
salles de théâtre. Le show est partout, à chaque instant.
Avignon. Une rue parmi tant d’autres
C'était un véritable plaisir de se promener dans les ruelles décorées par les accumulations
d'affiches qui recouvrent les murs, portes, poteaux… L'ambiance festive, alimentée par les
nombreux spectacles de rues et les démarcheurs aux costumes excentriques, apporte une
continuité au festival. Il règne cet esprit de fête qui ne m'a pas laissé indifférente. Mais j'ai
cependant été un peu déçue, car derrière ces animations, on sent un véritable marché, une
concurrence entre les troupes. On se bat pour attirer notre attention, parfois de manière assez
brutale et désagréable; les spectacles de rue sont courts, et ont plus particulièrement une visée
publicitaire. Il faut ensuite se rendre au théâtre dit, et acheter sa place. Assez chère dans la
plupart des cas. De vrais spectacles de rue, gratuits, il y en a en fait…peu. Ce côté lucratif et
peu accessible est ma seule déception.
Ludivine Ricou
Arthur Ribo. Le concert dont vous êtes l’auteur
Une élève verbalisée pour port de short trop court
Artiste anonyme
Avignon, en juillet, est une pièce époustouflante.
La ville revêt sa robe aux mille et une affiches.
Elle chante, danse, tourbillonne.
Avignon est une marionnette qui se met en marche aux applaudissements
des spectateurs.
Scarlett
Mais nos festivaliers étaient là avant tout pour voir le maximum de spectacles et ils ont été
servis.
Voici un échantillon de leurs coups de cœur …
Les spectacles
DICTIONNAIRE JEANNE PONGE de Fabienne Mounier. Coup de cœur.
C'est lors d'une mutualisation matinale que j'ai eu vent du spectacle Dictionnaire Jeanne
Ponge, écrit et dit par Fabienne Mounier. En effet, Mme Sandillon et Cloé Lastère avaient été
le voir la veille et, ravies, elles nous l'ont fortement recommandé.
Intriguée et plutôt confiante dans les choix de Mme Sandillon, professeure pointue et
éclectique et de Cloé Lastère, j'ai rejoint un petit groupe de curieux et nous sommes partis
pour Présence Pasteur.
Fabienne Mounier nous accueille dans une petite salle. Sur l'estrade recouverte d'un tapis
oriental trône une table d'écolière avec sa chaise. La comédienne s'assied, allume la petite
lampe de bureau d'un clic sonore et nous fixe de ses yeux bleus d'acier. "Quelqu'un veut-il
sentir ma grand-mère ?"
Au premier rang, nous perdons notre langue, peu habitués à ce que la frontière
scène/spectateur s'efface, mais je tente un faible oui. Le visage diaphane encadré d'un chapeau
s'approche de nous et nous tend un antique poudrier dont les effluves de poudre de riz et de
violette poudrée agissent comme un poison magique. Le voyage peut commencer. Il est
d'autant plus fort que je peux laisser libre court à mon imagination qui permet à la ville entière
de Nevers ainsi qu'à la Loire de tenir sur une petit estrade.
Très droite sur sa chaise, Fabienne Mounier récite, avec des regards furtifs sur l'abécédaire, la
relation qui la lie avec sa grand-mère durant toute son enfance. Elle part d'une lettre qui
commence par un mot, lui-même étant l'inspiration d'une anecdote sur un quotidien d'un autre
âge. Ce quotidien que je lisais avec délice dans les antiques romans d'enfance à l'odeur de
pages jaunis et d'une longue retraite au grenier. Je pense, par exemple, à La Garenne de
Jeanne Bourin. La lecture, la récitation à une voix, rappelle d'ailleurs celle des parents au coin
du lit.
Mais ce serait trop facile. Dictionnaire Jeanne Ponge n'est pas une madeleine de Proust
larmoyante. La voix fuse, sèche, et c'est la grand mère de Fabienne qui prend corps, avec une
distanciation sur le récit, comme une dictée d'institutrice. D'ailleurs, au détour d'une page de
l'abécédaire, Fabienne déplie délicatement et nous présente en silence des découpages
scolaires, universels. La comédienne porte un regard ironique et mordant sur sa grand-mère
qui exerçait alors une pleine autorité sur sa petite-fille qui n'avait qu'elle.
Malgré son corps et son vécu de femme, les incompréhensions enfantines sont livrées intactes,
proches de nous. Je citerai par exemple la métamorphose du corps, l'apparition des poils, que
je trouve très juste et très drôle.
L'absurde fait également son apparition lorsque la conteuse se lève et caracole sur la scène en
hennissant comme un cheval. Truculent!
Jamais nous ne perdons le fil de sa lecture et Fabienne, au fur et à mesure, grandit, tout
comme les projets de son ambitieuse grand-mère qui souhaite acheter puis rénover la maison
voisine... jusqu'à l'ironie tragique qui oblige la jeune fille à prendre son envol.
Drôle et cruel, ce sont effectivement les deux adjectifs adéquats pour résumer Dictionnaire
Jeanne Ponge. J'ai bien ri tout en ayant une sacrée chair de poule. A la fin j'ai eu très envie de
prendre la main de l'adolescente naissante et de fuir avec elle le long de la Loire, pour l'aider à
respirer sans l'oppressante mais rassurante gaine rose que pourtant elle ne portait pas.
Louise Cognard
JE ME SOUVIENS de Jérôme Rouger. Coup de cœur
Je voudrais tout d'abord faire un hommage à Philippe AVRON, décédé cet été quelques jours
après notre passage à Avignon ou nous l'avions vu dans son dernier spectacle "Montaigne,
Shakespeare, mon père et moi", puis parler d'un spectacle : "je me souviens" de Jérôme
ROUGER en rapport avec le livre du même nom de Georges PEREC.
Cette pièce de théâtre est une rétrospection de sa vie présentée de façon humoristique:il
alternait entre son monologue, un diaporama et quelques phrases écrites par ordinateur.Celuici est son seul outil sur la scène.
J'ai aimé dans ce spectacle le parallèle entre le texte et les images tantôt implicites tantôt très
explicites et drôle. J'ai particulièrement apprécié la partie où une musique de "Scorpion"
passait; son monologue s'intensifiait, son discours se trouvait écrit par l'ordinateur sur l'écran,
son débit de voix augmentait un peu comme si tout ses souvenirs jaillissaient en même temps,
un flot d'émotion le submergeait pour des souvenirs personnels mais aussi communs à chacun
de nous. Ces moments me donnèrent des frissons, et m'émurent. Ce spectacle s’est terminé
par ces dernières notes de musique, laissant une émotion palpable dans la salle, chacun se
rappelant sa propre enfance.
Candice PLUMARD.
PAPPERLAPAPP de Christopher Marthalehr. Coup de cœur.
Que dire de ce spectacle complètement abracadabrantesque ? Ayant d'abord vu la
scénographie de la fantastique Anna Viebrock à la Miroiterie, les questions fusaient dans nos
petites têtes de jeunes spectateurs inexpérimentés. Christopher Marthalehr allait-il réussir à
exploiter pertinemment la Cour d'Honneur, le plus beau et haut lieu de théâtre de cette ville
rayonnante et vivante en ce mois de juillet ? Qu'allait-il sortir de son imagination débordante
qui avait déjà fait ses preuves? Les Maquettes vues à l'exposition présentaient une utilisation
régulière de l'axe vertical sauf celle de Paperlappap : une simple esplanade écrasée par le
poids des murs du palais, pourquoi?
Les critiques qui grouillaient intra-muros se révèleraient-elles pertinentes ?
La pièce commence. Magie du théâtre, nous nous laissons porter par les propositions de
l'artiste. Et l'humour. Absurde. Omniprésent. Un aveugle retrouve la vue dans un Lavomatic,
des couples se forment et se déforment au gré de la musique. Des spectateurs s'enfuient,
effrayés par l'entracte sonore trop peu complaisant à leurs oreilles. Apocalypse dans la cour.
La verticalité entre en jeu. Dans une niche, un pianiste joue une douce mélodie avant d'être
rejoint par une cantatrice et un violoncelliste. Tous deux sont placés en hauteur, encastrés
dans le mur, prenant pleinement part au spectacle. A ce moment la musique prend un autre
tournant. Plus violent. Le sol tremble, le violoncelliste entre en transe, et l'esplanade explose
dans les oreilles des spectateurs. Puis la pièce repart laissant derrière les spectateurs effrayés.
De nouveau l'humour, la critique, aussi. Critique virulente de la papauté chuchotée à l'oreille
d'un pauvre homme honteux. Toujours des gens fuient, les acteurs semblent tirer une énergie
nouvelle de tous ces départs. La pièce se clôt doucement. Les acteurs quittent la scène comme
ils sont arrivés dans une choralité vivante et belle, à la fois en groupe mais avec une
individualité. Une évolution cependant, ils peinent à marcher, s'appuyant sur des cannes.
Ce spectacle nous rend incrédules. On en aurait redemandé.
Cependant chaque bonne chose a une fin et face aux réactions de beaucoup de spectateurs, il
était raisonnable de la part du metteur en scène d’arrêter là.
En voulant analyser la scénographie (puisque analyser la pièce aurait été suicidaire), on
s'aperçoit qu'elle produit un rapprochement entre la société de consommation et l'Eglise.
N'est-ce pas du déjà vu et revu et n'est-ce pas un peu facile de critiquer ainsi les deux ?
Sinon, ce fut un régal !
Léo Bahon et Héloïse le Moal
NATURE MORTE DANS UN FOSSE. Addition théâtre. Coup de cœur.
Un soir quelconque, un homme rentre de boite de nuit,
un accident, un mort. C’est par hasard que ce jeune
italien percute un arbre au bord de la route, par hasard
qu’il essaye de s’aventurer dans un fossé, par hasard
qu’il revient dans sa voiture pour trouver du sang sur
sa chaussure, et tous ces hasards font qu’il découvre le
corps d’une jeune fille assassinée. Un homme, un
policier, est chargé d’enquêter sur ce meurtre. La
victime semble être une jeune fille de bonne famille,
sérieuse, responsable. Mais avec l’évolution de son enquête qui l’emmène auprès d’une mère
en larme, d’un dealer minable, d’une étrangère forcée à se prostituer dans les boites glauques
où court la cocaïne, Saleti découvre que la victime avait une double vie.
Nature morte dans un fossé, c’est une enquête policière, un polar mis sur une scène de théâtre.
Dans ce récit de l’enquête sur le meurtre de Lisa Orlando, on découvre toute la violence
quotidienne, et pourtant cachée, la souffrance, la haine, la folie de notre société, où l’argent
règne en maître et pousse chacun à faire ce qu’il n’aurait jamais pensé faire. C’est une histoire
déjantée, où l’humour noir, les situations invraisemblables et les drames qui se produisent
chaque jour dans le monde se mélangent, pour donner corps à une pièce.
Dans cette pièce, il y a des comédiens, mais il y a aussi
un homme, une sorte de chef d’orchestre, qui organise le
déroulement des évènements, place le décor, mène les
comédiens, et nous transmet l’atmosphère de chaque
scène à l’aide de sa musique. Ici, la mise en scène
rapproche le théâtre du cinéma, en mettant la musique
comme facteur d’une ambiance, et mêlée au texte, elle
influence nos sensations, nous rend fous, nerveux, ou
nous pousse à rire dans ce récit où rien ne devrait
pousser à rire. La pièce consiste bien souvent en un
enchaînement de monologues, les dialogues étant rares,
et souvent reliant un des acteurs à une voix off venue
d’on ne sait où, et les quelques scènes d’action qui
ponctuent l’œuvre sont le fruit de l’imagination, car les
acteurs ne font que raconter les faits en jouant, sans jamais avoir de contact, ou du moins très
rarement. Pourtant, la pièce n’est pas longue, ni ennuyeuse. Malgré le fait que les monologues
puissent ralentir le rythme de la pièce, la musique vient le ranimer, l’accélérer pour donner à
l’ensemble un tempo effréné, comme une course endiablée qui ne peut presque jamais
s’arrêter, et le jeu des acteurs vient renforcer ce sentiment d’être emporté vers l’avant, dans
une voiture sans freins lancée à toute vitesse.
Finalement, Nature morte dans un fossé est un polar sombre et délirant, dans lequel un texte
remarquable de justesse et de force est superbement servi par un jeu dynamique et entraînant
et une mise en scène excentrique et explosive, qui plonge le spectateur dans le spectacle grâce
à une admirable utilisation du son et de la musique pour servir la pièce.
Arthur Guyau
LES LOUPIOTES DE LA VILLE. Antoine Guiraud et Kamel Isker. Coup de cœur
Ce spectacle est uniquement composé de deux hommes, deux chaises et deux chapeaux. Il n’y
a aucun véritable dialogue, les deux personnages communiquent par baragouinage. Ils sont à
la rue et cherchent un moyen d’échapper à leur cruelle réalité.
Par leurs échanges, ces deux personnages nous emmènent dans un univers magique et
féerique. Un bel exemple que, parfois, on peut se passer des mots pour faire passer des
émotions. Par leurs gestes, leurs mimiques et leurs voix, on se laisse emporter et on en ressort
des étoiles plein les yeux !
Baptiste Ereau
EST OU OUEST PROCES D’INTENTION de Philippe Fenwick. Coup de cœur
Un de nos coups de cœur de cette semaine théâtrale fut Est ou Ouest, interprété par la
compagnie Escale.
Cette pièce nous a marquées par son originalité, étant une pièce d'agit'prop' (agitation
propagande), ce qui permettait au public de prendre la parole, de réagir et de monter sur
scène. D'autant plus que la pièce se passait dans un cabaret, mélangeant théâtre, propagande,
acrobaties...
De plus, l'ambiance était très familiale, puisque la pièce était interprétée par une famille (le
père, la mère et le fils) et un de leurs amis, qu'elle était jouée en plein air (dans un parc) et que
les spectateurs étaient assis sur des gradins. Enfin, Est ou Ouest abordait le communisme et le
capitalisme, avec leurs qualités et leurs défauts, à travers les yeux d'une femme qui avait
habité l'ex RDA. Bien que le débat soit un sujet sérieux, le plaisir et le rire ont dominé tout au
long du "WahrscheinKabarett".
BOUGARD Maëva
LAUNAY Anaïs
TOUET Félicie
Et les coups de gueules ? Il y en a peu.
Le coup de gueule qui ne l’est pas.
Il m’est impossible d’écrire un coup de gueule car parmi les nombreux spectacles que j’ai eu
l’occasion de voir pendant cette merveilleuse semaine, je ne parviens pas à en critiquer un
seul! Même si certains m’ont plus touché que d’autres, je trouve toujours quelques choses de
bien. Donc mes coups de gueule sont plutôt des « j’ai bien aimé avec bémols à la clef » !
Paperlappap. Christophe Marthaler
La pièce de Christophe Marthaler nommée Paperlappap. Cette pièce m’a surtout plu pour sa
scénographie faite par Anna Viebrock. En effet, quand je ne comprenais rien à l’histoire, que
les comédiens m’énervaient… Je me raccrochais au décor, à la mise en scène et celle-ci était
vraiment captivante! Cette pièce se jouait dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Le lieu
a déjà toute une histoire, mais cette pièce créée pour cet endroit, l’a vraiment bien investit.
Tout d’abord il y avait les pianos cachés dans les renfoncements, les tombes qui servaient de
lits, à l’extrême gauche l’intérieur d’une église, au centre une machine à laver, vers la droite
un réfrigérateur Coca-Cola… Au sol il y avait plusieurs motifs de carrelages ou plancher…
Alors pas de quoi s’ennuyer ! Je n’ai que deux mots à dire : Merci Infiniment.
A story about being Free. Compagnie KLP
A story about being free. Je ne suis pas très réceptive à la danse contemporaine ce que j’ai
apprécié dans ce spectacle c’est le fait que les musiciens soient sur scène. Ça change d’une
bande son! De plus, les danseurs jouaient avec la musique et certaines images de leur
chorégraphie étaient vraiment jolies.
Scarlett
Et après ?
Dans ce voyage, nous avons vu différents spectacles, certains étaient mieux que d'autres.
Mon coup de cœur est Chouf ouchouf car j'ai bien aimé le style de danse, je trouvais que ça
bougeait bien.
Mon coup de gueule est Papperlapapp car j'ai trouvé que le spectacle ne bougeait pas assez, il
y avait trop de moments où c'était silencieux.
Le festival d'Avignon m'a donné une autre image du théâtre. Avant je pensais que le théâtre
n’était pas marrant mais qu’il était très long et je m’ennuyais quand je regardais une pièce.
Après être allée au festival d’Avignon, j’ai découvert qu’il pouvait y avoir des spectacles
humoristiques et qu’il pouvait y avoir différents styles de spectacle.
Marion HOUSSAIS
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