La vie politique en
Europe 1918 - 1939
Bibliographie : Georges Duby, Atlas historique mondial, Paris, Larousse, 1987.
Serge Berstein “La démocratie libérale”, Paris, PUF, 1998
Milza, “Les fascismes”, Paris, Seuil, 2ème édition, 2006.
Payne, “Civil War in Europe, 1905-1949”, Cambridge, Cambridge University.
Wahl, L’Allemagne de 1918 à 1945, Paris, Armand Colin, 3ème édition, 2008.
Collection : Que-Sais-Je.
Introduction
1918 : reconstruction de l’Europe sur des bases de collaborations entre certains Etats.
Grandes tendances montrant une évolution via des normes communes.
Période de nationalismes.
Annonce d’évolutions ultérieures.
Années un peu révolutionnaires avec des innovations (lutter contre la grande crise de 1929).
Dans la nouvelle Europe de 1918, on retrouve de nouveaux Etats comme la Finlande, l’Estonie,
la Lettonie, la Lituanie, la Pologne qui obtient un couloir en direction de la baltique qui va poser
de nombreux problèmes. L’Allemagne conserve la Prusse orientale, frontière de la Lituanie.
Plus au sud de l’Europe, la Tchécoslovaquie ressurgit, la Roumanie récupéré un territoire sur la
Russie et sur la Hongrie. Se constitue également la Yougoslavie.
Le Danemark récupère au sud des territoires, la France l’Alsace et la Lorraine, l’Italie des
territoires de l'ancienne Autriche-Hongrie.
Premier chapitre : Le chaos
apparent des sorties de
guerre (1918-1920)
Marguerite Yourcenar a écrit un magnifique roman historique : Le coût de grâce.
L’intrigue se situe en Livonie avec la création d’un chaos dans cette zone avec tout le
cortège des guerres. Ainsi, le roman montre ce qu’est le chaos. En fait dans toute
l’Europe, il existe des situations de ce cadre là marquée par des guerres civiles.
A l’exception des grands Etat vainqueurs, le vieux continent a beaucoup de peine pour
retrouver son équilibre. Il va falloir dans de nombreux pays attendre la fin de la crise
économique de 1921 pour réellement voir la situation se stabilisée. Les armistices de
l’automne 1918 ne marque pas la fin des combats et des armées ont circulées dans
l’Europe jusqu'en 1920.
On voit se heurter des forces politiques correspondantes à des forces sociales. Ainsi, on
retrouve une impression d’agitation débouchant sur des compromis. On va tenter de
comprendre les causes et la nature de ces violences.
A) L’écroulement des “Anciens Régimes”
Le phénomène est déclenché par la défaite sans appel des Empires Centraux, c’est à dire
l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne, la monarchie Bulgare, l’Empire Ottoman.. Cet
écroulement militaire entraîne celui des régimes politiques. En même temps que chute
ces dynasties, chute également les sociétés qui correspondaient à ces régimes. C’est à
dire qu’avant, la grande propriété foncière dominait, l’Allemagne par la grande
bourgeoisie conservatrice. Elle avait des intérêts à défendre au côté de la grande
propriété foncière et vivait de ces régimes.
Surtout, au moment de la crise, se manifeste de manière assez violente, des aspirations
populaires avec un fort engagement des européens. De même, des revendications
immédiates pour augmenter le niveau de vie.
1.La fin des Hohenzollern
Cette dynastie régnait sur la Prusse depuis le début du XVIIème et a étendue son
Empire au fil du temps. En Allemagne, on critiquait très fortement la politique de Berlin
sans pour autant que le régime s’affaiblisse. Il a fallut attendre l’été 1918 pour que le
régime connaisse sa chute.
Cependant des prémices étaient pressentis notamment par la création du parti USPD
en avril 1917 demandant la paix. De même, à la fin de l’été 1917, on retrouve une
coalition politique au parlement Allemand, le Reichstag. Ainsi, on trouve les sociaux
démocrates constituant le SPD, le Censtreu (chercher), un certain nombre de libéraux
qui s’allie. En conséquence, la majorité politique va demander l’ouverture de
négociations, notamment avec les Etats-Unis, récusent certaines annexions guerrières.
De plus, dès 1917, on retrouve de nombreuses grèves, des conseils ouvriers se mettant
en place en Sachsen. Bref, l’ouverture d’une éventuelle contestation.
Cet atmosphère entraine la démission du chancelier (Bethmann Hollbeg) et ainsi une
mise en cause de l’autorité de l’Empereur. En 1918, est votée au Reichstag, une
résolution sur la paix dans laquelle on demande au nouveau gouvernement Allemand
d’explorer les mieux possibles les conditions de paix. En effet, les élus sont conscients de
la méfiance des citoyens. Mais ceux qui gouvernent sont les deux généraux de l’armée
Allemande : Hundeburg et Ludendorff.
Cela ne suffit pas, en janvier 1918, éclate une grande grève politique à Berlin. Mais c’est
surtout la crise de l’été 1918 qui va propulser le changement dans le pays. Le 8 août
1918, l’armée Allemande va subir une défaite décisive reculant les lignes. Cette défait
ne peut plus être cachée par la propagande et septembre l’armistice est demandée par
les Turques et en octobre par l’Autriche.
En outre, l’autorité se montre très affectée, le nombre de déserteurs explose avec 100
000 hommes fin octobre qui traînent dans les dépôts ferroviaires. Ces soldats peuvent
aussi être tentés par d’autres discours politiques.
En fait, la défaite menace et Ludendorff tente un nouveau stratagème. En octobre, la
majorité politique du Reichstag obtient un changement de gouvernement avec à sa tête,
Max de Bade. Dans ce contexte, Ludendorff propose l’armistice. En réponse, le
gouvernement va ouvrir les négociations en particulier avec les Américains. Max de
Bade va endosser les responsabilités des négociations et Wilson se montre plus
autoritaire que prévu demandant une “capitulation” de l’armée Allemande.
Ludendorff comme chef d’armée rétorque l’armistice et rejette la faute du mauvais
armistice sur le gouvernement de Max de Bade. Cette grossière manouvre va entraîner
l’éviction de Ludendorff et l’élection de Groener.
Etant donné que la situation s’empire, certaines forces politiques commencent à
s’impatienter et souhaitent une paix rapide permettant de stopper les combats. Ainsi, le
28 octobre, Max de Bade propose un changement de constitution en établissant un
régime monarchique de type constitutionnel tel qu’en Angleterre. Ainsi, cela donnerait
beaucoup plus de pouvoir au Reichstag et moins à l’Empereur.
De même, des militaires fanatiques vont vouloir tenter un dernier assaut sur mer. Au
tout début novembre, l’amiral en chef conçoit la folie d’ouvrir une bataille navale. Dans
la principale base navale Allemande à Kiel, c’est la révolte. Des émissaires sont envoyés
dans toutes les grandes villes du nord allemand pour appeler au soulèvement.
Hamburg, Brème, la Bavière, la Sach et Berlin le 9 novembre se soulèvent. Max de Bade
est remplacé par un gouvernement composé pour moitié de sociaux-démocrates et pour
moitié de représentantes de l’USPD. Ainsi, périt la dynastie des Hohenzollern.
2. La chute des Habsbourg
C’est une famille qui occupait le trône d’Autriche puis d’Autriche-Hongrie depuis
plusieurs siècles. Dans ces territoires, l’armée était souvent battue par les Russes ou les
Serbes. En 1914, l’Empereur François-Joseph était monté sur le trône depuis 1848 et
meurt en 1916. Dans de nombreuses familles paysannes, il était populaire. Il est
remplacé par Charles Ier. Depuis son avènement, il ne songeait qu’à faire sortir de son
pays indemne de la guerre. Dès le début de 1917, il entame des pourparlers secrets avec
le gouvernement français au travers d’émissaires envoyés en Suisse. Il écrit aussi à
Guillaume II lui proposant une tentative de paix sans réponse favorable. Son beau frère
rencontre directement Point Carrée et le ministre des affaires étrangères est au courant
et va prévenir les Allemands. Ainsi, les négociations sont interrompues. Clemenceau,
président du conseil en 1917 va considérer l’Autriche-Hongrie comme des traitres
puisqu’ils changement souvent de comportements.
Les Allemands souhaitent l’Autriche-Hongrie comme un satellite de l’Allemagne. En
janvier 1918, Wilson ne prévoyait pas un effritement mais se montre influencé au fil du
temps. En septembre 1918, Wilson n’est pas défavorable à la “démantelation” de
l’Autriche-Hongrie. D’autre part, les productions vont également fortement diminuer. A
cette crise économique, s’ajoute une crise sociale et politique. On ne prévient même plus
les familles quand il y’a des morts, on ne retrouve pas d’indemnités de guerres, les
emplois chutent dans les usines et on a un retour des soldats prisonniers de Russie.
Beaucoup de ces prisonniers ont été influencés par les éléments de la Russie et
reviennent avec des idées socialistes révolutionnaires. Ces hommes développent leurs
nouvelles idées et se crée un nouveau climat. De même, dans le monde ouvrier, les
mécontentements explosent avec de nombreuses grèves. A partir de l’automne, se met
en place des gouvernements nationalistes plus ou moins improvisés. C’est le chaos
social, l’Autriche-Hongrie disparaît.
En été 1918, les Allemands pressent l’armée Austro-Hongroise d’attaquer le front Italien
sur la rivière la Piave. Mais, cette offensive échoue lamentablement et l’armée Italienne
riposte. Dans cette période, la Bulgarie échoue en premier. Le 18 octobre, l’armistice est
signée et c’est la victoire des troupes Italiennes. Le 24 octobre, la victoire de Vittorio
Veneto signifie la fin de l’armée Austro-Hongroise. Le 3 novembre, une armistice est
signée et le 12 novembre, l’Empereur Charles 1er est chassé de Vienne et les Habsbourg
sont en fuite.
C’est l’installation à Vienne, d’une république : la République Allemande d’Autriche
où les sociaux démocrates tiennent le front.
3. D’autres trônes chancelants
a) Le Nord de l’Europe
Dès décembre 1917, la Finlande devient indépendante. Mais éclate à la fin janvier 1918,
une guerre civile très dure en rouge et blanc durant 4 mois. Les vainqueurs, les blancs
exercent une des répressions les plus d’atroces d’Europe. Suite à cette victoire mené par
un général Tsariste Mammerheim, les vainqueurs décident de transformer le régime
politique en un régime monarchique. Pour monter sur le trône, les politiciens font appel
à un membre de la famille d’Hohenzollern, prince d’Hess. Mais finalement, les
Finlandais se rendent compte de la situation compliquée en Allemagne et vont rappeler
Mammerheim pour le transformer en régent. Dès octobre 1918, le prince Oskar de Hess
fait savoir qu’il ne viendra pas. Et dès 1919, les Républicains emportent haut la main les
élections.
En Suède, le souverain Gustave V était germanophile pendant la guerre. Bien que le
pays était resté neutre, la Suède avait souffert du blocus maritime imposé par la Grande
Bretagne. A partir de 1917, on commence à avoir des soucis d'approvisionnements en
matière agricole et ce début de disette met en place une paralysie dans certaines
industries. Ainsi, le chômage et la misère augmentent considérablement. On parle même
de créer des conseils d’ouvriers. L’agitation est telle que la souverain va faire appel à un
cabinet alliant les libéraux et les socialistes réformistes suédois. Ce gouvernement va
exiger du roi à une réforme constitutionnelle. Cette nouvelle constitution abaisse les
droits du souverain. Cette réforme ouvre la voie à une démocratisation du système
Suédois où l’on va adopter une réforme électorale donnant quasiment le suffrage
universel à l’ensemble du corps.
Dans les pays Baltes, en Livonie, les conservateurs locaux issus de la noblesse ou de la
grande bourgeoisie urbaine avait le 26 avril 1918 décidé de créer une assemblée intitulé
“conseil de province” composé de 35 allemands, 13 estoniens, 10 lettons. Constitué
essentiellement de nobles, le conseil avait demandé à l’unanimité une union personnelle
entre le “Baltikum” etc.. Ca voulait dire que l’Empereur d’Allemagne allait devenir le
souverain du “Baltikum”. En bref, une sorte d’annexion Allemande. En novembre 1918,
tout est remis en cause et on s’interrogeait sur le devenir du Baltikum. C’est à ce
moment là qu’un très aristocratique comité national germanobalte réfugiait
prudemment à Stockholm décrète une négociation avec les britanniques. Le deal est de
changer d’alliance et de combattre les bolchéviques. Ils voulaient conserver leurs terres
et ils reçoivent un grand soutien d’August Wining, un grand social-démocrate
Allemand.
Wining va défendre la présence militaire des allemands dans cette zone en expliquant
aux anglais, qu’elle provienne de la Finlande. Il négocie également avec les nationalistes
Lettons emmenés par Ulmanis. Ce jeux va permettre d’installer à la tête d’un
gouvernement Letton nationaliste, un pasteur local Niedra. Ce gouvernement est ultra
conservateur dans lequel Ulmanis ne se sent pas très à l’aise puisque c’est l’ami des
grands bourgeois germanophones. Le baltikum reste à l’ordre du jour jusque au début
de l’année 1919.
Globalement, les monarchies sont en échecs.
b) l’Europe central
Tous se liguent contre la monarchie. Elles disparaissent sauf dans les Balkans avec des
desseins très différents. Dans un certain nombre de cas, elle est en grand danger telle
qu’en Bulgarie. Stambolijski défie la monarchie Bulgare dont il demande la suppression.
Elle va s’appuyer essentiellement sur l’armée et sur un futur coup d’état.
Autre régime en difficulté, la Grèce. L’homme fort se nomme Vénizélos. Dans les deux
pays, ce qui est intéressant est que le souverain doit démissionner. C’est le signe d’une
fragilisation. En Bulgarie, le roi démissionne au profit de son fils Boris. En Grèce, le roi
Constantin doit laisser place à son fils Alexandre qui va décéder d’une morsure de
singe. ça se terminera par une terrible guerre civile après 1945.
En Yougoslavie, le roi de la dynastie Alexandre Karagorgevitch, profite de la victoire
sur la Bulgarie. Il est très malin puisqu’il fait semblant d’accepter la nouvelle. Il fait mine
d’accepter une nouvelle constitution pour endormir la méfiance de ses adversaires. En
réalité, il est très autoritaires et très hostile à la démocratie.
D’autre part, en Roumanie, le roi Ferdinand est Allemand mais il a pour lui d’avoir
choisi en 1916, l’alliance avec la Russie et les alliés et se retrouve battu par les allemands
mais il reçoit un gros morceau qui est la Transylvanie. Cette annexion lui donne un
territoire à gérer beaucoup plus important et il fait également mine d’accepter la
démocratie.
En Albanie, la République semble être choisie et provisoirement, ils ont un régime
plutôt démocratique.
On voit bien que les difficultés des monarchies européennes correspondent bien à ce
qu’évoquait l’historien américain Arnauld Mayer à la fin de l’ancien régime. Derrière les
souverains, c’est l’aristocratie et sa domination millénaire sur la vie politique qui sont
mises en cause et la conquête de droits nouveaux est considéré comme un but après les
épreuves redoutables de la guerre.
B) Les poussées révolutionnaires : une
forte poussée
A partir de la révolution Russe de 1917, un certain nombre de mouvements sociaux vont
se dessiner en Europe. En effet, on retrouve une lassitude de plus en plus grande par
rapport à la guerre et aux contraintes très forte qu’elle fait peser sur la vie quotidienne. Il
va s’ensuivre des mouvements sociaux, des grèves, des manifestations qui ne
débouchent pas forcément sur un changement politique mais qui ont néanmoins un
impact important sur les débats politiques et sur la vie politique. Les révolutions se
manifestent par des tentatives de prises de pouvoirs. On peut dire que les années 19171920 ressemblent par l’ampleur des mouvements à ce qui avait été au XIXème siècle, les
mouvements de 1848.
1. Des mouvements sociaux virulents
Ils sont particulièrement fort en Europe occidental.
 En France tout d’abord, en particulier en 1919 et 1920
. Ce qui va déclencher la colère d’un certain nombre de citoyen français, c’est en avril
1919, l’acquittement de l’assassin de Jean Jaures, Raul Villain. Il connaît un procès
clément et toutes ces lacunes vont entraîner de très importantes manifestations
d’hostilités qui sont organisées à la fois par le parti socialiste français et la CGT. C’est
surtout le premier mai 1919 qui va être l’occasion de grèves massives dans tous les
grands centres du pays.
Elles entrainent d’immenses cortège, en particulier à Paris. Pendant les six semaines qui
vont suivre ce premier mai 1919, un énorme mouvement de grèves démarre. La plus
spectaculaire est celle des métallurgistes parisiens durant de nombreuses semaines.
Officiellement, les grèves souhaitent l’amélioration des ravitaillements. Il y’a aussi la
question des salaires, les conditions de travail.. L’année 1919 ne voit pas le retour de
tous les soldats à la maison car la France intervenait dans les combats en Russie. De
même, des éléments plus politisés que la troupe considérant que le régime bolchéviques
ne sont pas si bien que ça.
C’est une période marquée par une énorme vague de syndicalisation. C’est ainsi que la
CGT va quadrupler ses effectifs en quelques mois. Surtout, d’autres syndicats vont se
créer, en particulier de syndicats chrétiens qui vont se regrouper, la CFTC.
Ce premier mouvement se heurter à l’intransigeance du gouvernement. Clémenceau se
nommant le premier policier de France.
Par ailleurs, la déception très forte des résultats des élections générales de l’automne 19
avec la victoire des partis gouvernementaux qui vont de la droite dure aux radicaux de
gouvernement. Le PS ne subit pas une défaite, au contraire, il progresse. Mais, les
socialistes espéraient recueillir beaucoup plus suite au grand mouvement social.
La chambre bleu horizon est satisfaite, l’année 1920 commence dans l’euphorie pour les
conservateurs.
Mais dès février-mars, un mouvement social plus radical reprend. En avril mai, le
nombre de grèves repart à la hausse et il y’a une profession qui entre dans une grève
extrêmement dure, c’est celle des chemineaux. L’idée d’une grève générale pour
soutenir les chemineaux est lancée. Elle se termine par une cuisante défaite et surtout
déçu par la direction syndicale, de nombreuses personnes vont partir.
 Ainsi, après le printemps 1920, les choses se calment mais surtout l’amertume est
grande.
En Grande-Bretagne, les mouvements sociaux sont même plus importants qu’en
France.
Entre 1917 et 1920, les effectifs passent de 4 à 8 millions de syndiqués. En 1917, la classe
ouvrière anglais a connue un très vif de sympathie pour la révolution Russe et pour les
deux révolutions Russes. Lorsqu’en 1919, la grande Bretagne s’est engagée dans une
croisade anti bolchévique, de nombreuses personnes ont refusées de prendre parti.
Surtout, ce sont crées des syndicats très radicaux appelés les Shop Stewards. Très actif
dans les principaux syndicats, vont créer des mouvements quelquefois
prérévolutionnaires, une chose populaire est la nationalisation des mines et des chemins
de fer.
Le premier ministre Britannique Lloyd Georges est très gêné par ce mouvement, il se
rend compte qu’il ne s’agit pas d’une petite manipulation. Il va faire mine de céder
pendant l’année 1919. Durant l’année 1920, le mouvement semble reprendre davantage
dirigé par les éléments les plus radicaux des TUC, des Shop Stewards. C’est aussi
pendant l’été 1920, qu’est créé un parti communiste de Grande-Bretagne et les leadeurs
ne sont pas intellectuels mais des syndicalistes de base, des ouvriers. A ce moment là,
Lloyd Georges est en pleine difficulté politique avec du mal à obtenir une majorité.
Ainsi, il est obligé de lâcher du lest et il choisit une politique de répression
accompagnée d’une campagne de propagande sur les communistes.
Ce mouvement social est un des plus virulents que la Grande Bretagne est connue.
Mais c’est sans doute en Italie que le mouvement social va être le plus spectaculaire.
Contrairement à la France et à l’Agl, en Italie, ce sont surtout les campagnes. En effet, à
partir de 1919, de nombreux paysans rentrent chez eux et veulent être payés de leurs
sacrifices et avoir une exploitation agricole digne de ce nom. Ainsi, on va trouver
d’importants mouvements paysans, d’occupation des terres.
Ces occupations sont encouragées par les sections locales du PSI et par un parti
démocrate chrétien s’appelant le PPI. Ce PPI est dirigé par Don Sturzo. Il va lui aussi
préconiser l’occupation des terres.
Le gouvernement italien dirigé par des libéraux de centre droit va défendre la
propriété privée. En tout cas, ce gouvernement va souvent légaliser certaines de ces
occupations à condition que les terres ne soient pas cultivées. Les paysans italiens sont
particulièrement motivés car la situation leur semble mauvaise. Des milices privées
vont être recrutés et on va retrouver parmi eux, des fascistes. L’Etat Italien va apparaître
comme impuissant alors que les fascistes vont apparaître comme des personnes très
dynamiques. Cette intrusion va servir le plan politique mais en ville la situation est tout
à fait explosive en particulier dans les grands centres industriels du nord Italien. Ce sont
des mouvements originaux contre la vie chère. Durant l’année 1919, se trouve aussi de
vastes mouvements prérévolutionnaires où les ouvriers s’emparent d’un certain nombre
de lieux de production pour y établir des sortes de conseils qui vont avoir comme
vocation de remettre en train la production. On est dans la contestation radicale d’un
modèle de société et ainsi, dans une phase beaucoup plus radicale.
Le mouvement en 1919 est très for et reprend de plus belle début 1920 et certaines
professions sont en pointes dans le mouvement en particulier les métallurgistes italiens.
En juillet et aout, ils vont se retrouver en grève avec occupation d’usines. A Turin, on
voit apparaître des gardes rouges qui ont décidé de suivre l’exemple de l’Europe de
l’est. En septembre 1920, éclate une grève générale mais la direction réformiste des
syndicats italien va signer le plus vite possible un accord au rabais sur la base d’un
chantage. Mais surtout, les fascistes vont devenir pour le patronnât italien et pour le
gouvernement italien des supplétifs utile dans la lutte contre les rouges. Les fascistes
vont peu à peu s’implanter dans le paysage politique.
On pourrait ajouter des mouvements du même type en Espagne même si l’économie à
moins souffert de la guerre. Ce mouvement est plus à chercher de profiter d’une bonne
conjoncture.
En Europe du nord, on va retrouver en Suède une situation tout à fait comparable
puisqu’elle est secouée par de très importants mouvements sociaux contre la vie chère
pour un ravitaillement de plus en plus insuffisant. Surtout, il existe une radicalisation
très nette d’une partie de sociaux-démocrates. On observe la création d’un parti
socialiste de gauche dirigé par des personnalités importantes du parti SAP. On est à la
fin de l’année 1917, on est au bord de la création de soviets et de gardes rouges. Ces
chefs syndicalistes essayent de saper la mouvement social en y réussissant tant bien que
mal.
La Norvège est entre 1917 et 1921, la théâtre d’une radicalisation intense du mouvement
ouvrier s’observant sur le plan politique. Le parti Norvégien s’appelant le DNA se
radicalisant de plus en plus. Il va éliminer des chefs réformistes. Dans toutes ces années,
se développent des grèves et des manifestations surtout en 1921 quand le patronat crée
lui même ses propres milices.
 Mais le pays qui va aller jusqu’à la révolution est la Finlande.
Entre 1809 et 1917, elle faisait partie de l’Empire Russe. En 1917, le désir
d’indépendance est très fort en particulier à gauche.
Le parti social démocrate radicalise sa position par rapport au gouvernement provisoire
Russe demandant officiellement l’indépendance pour toutes les questions intérieures.
Cela crée un conflit très important avec le gouvernement provisoire Russe dirigé par
l’essentiel par Karinsky refusant tout élargissement de l’autonomie Finlandaise.
Intervient un phénomène curieux qu’est la droite nationaliste finlandaise s’allie avec le
gouvernement provisoire Russe contre les socialistes. Se crée contre une garde rouge et
on se dirige vers l’affrontement. Ce qui va sonner le déclic est la prise de pouvoir des
bolchéviques en Russie. Ils soutenaient l’idée d’une indépendance Finlandaise. Par
ailleurs, ils se disaient que la droite Finlandaise serait canalisée.
C’est à ce moment là que les nationalistes de droite vont vouloir réclamer
l’indépendance dans les 3 jours. Ce retournement antibolchévique vient de la crainte de
voir se dessiner une Finlande rouge dirigée par les rouges. Cette grève débouche sur des
violences et elle n’est pas poursuivie au bout de 10 jours. Début décembre, les partis
politiques se mettent d’accord pour demander l’indépendance reconnue par la France,
l’Agl et l’All. Le problème est que les blancs ne veulent pas en rester là. En octobre,
l’organisation d’élections est issue d’une volonté de mettre en cause la majorité socialiste
aboutissant à une courte victoire de la droite. Du côté des rouges, on estime que ces
élections sont en faites une atteinte à la volonté démocratique. On considère que ces
élections n’ont pas de valeur. Surtout, ce qui va aussi déclencher le drame est que
désormais les blancs sont décider de créer une armée nationale formée des milices
constituées du côté blanc.
En décembre et janvier, se crée un mouvement qui éclate dans deux provinces
finlandaises. Les affrontements directs se font et les blancs attaquent les rouges, les
garnisons russes qui sont en train de se retirer progressivement du pays. Ces garnisons
défendent plus ou moins mollement et ils vont limiter les contacts avec les rouges et les
blancs Finlandais. A la fin du mois de janvier, face à une situation de plus en plus
incontrôlable, les rouges décident de prendre le pouvoir à Helsinki. Les blancs vont fuir
au nord et là bas, ils vont installés une sorte de contre pouvoir. Une guerre civile éclate
jusqu’à la mi mai 1918 marqué par des combats très vifs où vont tomber près de dix mils
combattants. Au début avril, les blancs font appel à l’armée Allemande débarquant en
Finlande, créant un déséquilibre et faisant gagner les blancs.
Aussitôt, ils déclenchent une sauvagerie d’une très grande cruauté avec près de 25 000
victimes supplémentaires. Cette erreur blanche se double d’un emprisonnement massif
dans des camps de concentration avec 80 000 personnes. Avec la défaite Allemande en
1919, le gouvernement Finlandais se trouve dans une situation dramatique et par
conséquent, on va rappeler le maréchal Mannerheim.
On retrouve des mouvements dans le sud de l’Europe, dans les Balkans, en Yougoslavie.
Cette poussée des votes d’extrême gauche montre un potentiel d’agitation. On le
retrouve en Hongrie, en Tchécoslovaquie, en Autriche.
2. La floraison des conseils
 Quand on pense à l’après guerre, on pense au mot au Conseil.
Le terme de conseil regroupe des réalités très diverses. Une erreur fondamentale serait
de les assimiler à des organismes bolchéviques ultra radicaux. E
En réalité, ce sont des organismes élus pour des périodes très courtes censés représenter à l’échelle
locale, un certain nombre d’organisations qui peuvent être syndicales, politiques ou représenter
des régiments de soldats.
Les délégués sont élus le plus souvent sur la base de réunions faites soit dans les
entreprises, soit dans les régiments et ces élus ne représentent souvent l’opinion des
entreprises à un moment donné. C’est une sorte de démocratie participative liée à des
luttes sociales particulière. Souvent, les conseils sont dominés par des éléments
modérés, réformistes y compris en Russie.
Les conseils ont surtout pour fonction de faire connaître des revendications immédiates,
des gens qui les élisent. Des revendications de soldats, d’ouvriers. On s’aperçoit qu’elles
sont plutôt structurées, convergentes et démontrant un grand désir de démocratie et
surtout une grande méfiance vis à vis des pouvoirs traditionnels. On essaie d’inventer
de nouvelles formes.
Ce sont les lieux de conflits perpétuels entre ceux qui veulent des réformes et ceux qui
veulent réellement changer le fonctionnement de la société. Et puis, ces luttes ont pour
but de contrôler le conseil. On a souvent vu la main des bolchéviques ou des
communistes à l’extérieur en oubliant une force totalement négligée, les anarchistes.
Ils sont très puissants partout et les bolchéviques se sont appuyés sur eux pour
prendre le pouvoir. Surtout, on trouve de nombreuses personnes qui ne sont pas
politisés comme des officiers. Ces organes de démocratie directs sont plutôt fluctuants
dans leurs décisions, se contredisant d’un jour à l’autre. Ces organismes de luttent
disparaissaient de même quand ils sentaient qu’ils n’avaient plus d’utilité. Ces conseils
peuvent être manipulés, trahis.
Peu d’entre eux parmi la France, évitait de recourir à cette forme d’action. On va
considérer deux exemples de l’activités des conseils : l’Allemagne et la Hongrie.
1. L’Allemagne : Ces conseils ont donné lieux à pas mal de travaux.
Pour Flechtheim, les conseils n’étaient pas une création partisane. On ne peut pas parler
des conseils en Allemagne comme dépendant de partis politiques particuliers. Pour lui,
c’était représentatif des masses décidées à passer à l’action directe contre les autorités
traditionnelles.
Elles voulaient du combat. On retrouve trois étapes : la révolte des marins de 1917, les
premiers conseils ouvriers de Berlin et la phase postrévolutionnaire. Dans cette
troisième phase, l’apparition des conseils se fait simultanément à Kiel, Berlin et à
Munich. On a souvent mis en avant la personnalité de Kurt Eisner faisant parti de ceux
qui considèrent que la guerre a un prix trop élevé par rapport à ses avantages. En 1917,
ce réformiste va adhérer à l’USPD. Quand il apprend qu’Kiel, des conseils vont être
créés, il organise avec l’USPD une gigantesque manifestation. Se met en place des
conseils d’ouvriers et de soldats demandant une paix immédiate et surtout le départ de
la dynastie locale. A Berlin, le mouvement intervient 5 jours après se manifestant par de
grandes manifestations antimonarchiques mais aussi une amélioration des conditions de
vie. La structure des conseils n’imite pas les soviets Russes.
Très vite, ces conseils vont avoir une réalité très différente. Dans certains cas, ce ne
sont que le reflet des rapports de force. Dans les ¾ des cas, le gouvernement reconnaît
une certaine légitimité à ces conseils. Le but du parti social démocrate n’est pas de
pérenniser les conseils mais comptaient de les utiliser pendant un temps très court
pour asseoir leur pouvoir en Allemagne, fidéliser une clientèle et s’en débarrasser
rapidement.
En fait, le PSD, souhaitait dès le départ désarmais ces conseils et organiser rapidement
des élections politiques en négociant ceci avec l’armée. Le 8 décembre, on a déjà des
prémisses des futures luttes (lettre de Hindenburg à Ebert). Ebert négocie avec l’armée
pour rendre impossible l’action des évolutionnaires et organiser des élections
législatives. Les commissaires du peuple sociaux-démocrates souhaitent liquider
rapidement les conseils. Le grand jeu toutefois, est à l’intérieur des conseils, faire le
maximum pour éviter tout débordement.
Par ailleurs, ils visent à désarmais les marins et les troupes de Berlin dans le but des les
remplacer par des troupes fidèle du général Grener. Il est clair que cette tactique ne peut
aboutir qu’avec violence. Il ne reste plus qu’à porter l’estocade par une série de
provocations que le gouvernement d’Ebert va mettre en œuvre comme renvoyer le
préfet de police de Berlin. Suite à la démission forcée d’Eichhorn, se met en place des
séries d’actions et des éléments du conseil pensent qu’il faut réagir violemment et
décide de s’armer. Erbert va envoyer sur place son ami Noske qui va monter une armée
propre. Noske fait la répression et dans la foulée. Dans les élections de février, les
sociaux démocrates obtiennent 38% des voix. Le résultat est que cette victoire aboutit
avec forces politiques centristes. Au mois de mars, Ebert envoie nettoyer Brème et
Hambourg et puis il y’a l’exemple Bavarois. En Bavière, les sociaux démocrates
participent au mouvement Kurt Eisner mais des élections vont avoir lieu. Ces élections
sont une défaite pour Kurt Eisner, très largement doublé par les sociaux-démocrates.
Puis, en Bavière, la situation se tend. Le mouvement des conseils apparaît comme
minoritaire et le parti social démocrate commence à prendre ses distances. Ils réclament
la tête du nouveau parlement bavarois pour mettre fin à la dictature des conseils. Se crée
un conflit entre les conseils et les sociaux-démocrates. Hoffmann se saisit de ces
éléments pour se retirer hors de Munich, à Wamberg et il va créer là bas, une sorte de
gouvernement concurrent de celui de Munich. Sur le modèle de Noske et assez
habilement Hoffmann va monter des corps francs.
Vont participer toute une série de personnes plutôt conservatrices considérant que les
conseils doivent se retirer. Hoffmann va se lancer dans une répression anti rouge. Les
troupes des conseils vont peu à peu être battus par les corps francs. La République des
conseils de Bavière prend fin et c’est plutôt le PSD qui a joué un rôle actif dans ce cadre
là. C’est ce qui a amené le journaliste et historien de S Haffner à écrire un livre très
intéressant.
2. La Hongrie : Les premiers conseils naissent en 1917 et vont à Budapest préparer
la grande grève de janvier 1918 débouchant sur la revendication de la paix
immédiate.
Cela rappelle la grande manifestation de 1905 pour réclamer la démocratie politique. Au
printemps 1918, ces conseils vont se multiplier par le retour des soldats prisonniers en
Russie au contact de la révolution Russe avec l’idée de faire quelque chose semblable à
cette révolution.
Ce qui alimente le mécontentement, c’est la situation alimentaire et matérielle des
Hongrois, encore plus dramatique que l’All. En début octobre, c’est la démission de
Charles 1er, le 31 octobre 1918 se met en place, un nouveau gouvernement, nationaliste
de coalition dans lequel on retrouve des élus de centre droit mais où participe quelques
élus syndicalistes proches des sociaux-démocrates dirigés par Károlyi.
Il prend le pouvoir sur une base nationaliste et sur une base d’agrandissement
territorial. Sur le plan politique, il est d’accord avec l’idée d’un système parlementaire. Il
est éventuellement d’accord sur des quelques progrès sociaux. Mais ce gouvernement
est soumis aux nationalismes voisins tels que les Roumains. Donc, c’est un
gouvernement dans un pays ruiné à la guerre, soumis à la fin et en conflit avec les
voisins. Surtout face à lui, une opposition radicale, bolchévisée autour de Bela Kun. Il se
trouve qu’il est en alliance avec le parti gauche du PS Hongrois. Cette opposition
s’appuie sur les conseils et naturellement jette le discrédit sur le gouvernement Károlyi.
Ce qui porte le coup de grâce n’est pas un soulèvement révolutionnaire.
Ce qui va tuer Károlyi est le traité de Paris. Il sent l’hostilité à son égard, il réagit en
emprisonnant Bela Kun et en mars 1919, il démissionne.
Ainsi, la Hongrie se retrouve sans gouvernement. C’est alors que les chefs sociauxdémocrates vont offrir une alliance politique au communiste pour une raison purement
nationaliste. Ils espèrent obtenir l’appui de la Russie rouge contre les Roumains et les
Tchécoslovaques. Ce gouvernement s’appelle conseil de la république. I
l va s’appuyer sur les conseils d’ouvriers et de soldats toujours existant pour
gouvernement et d’imposer des réformes en particulier une vaste réforma agraire. Le
grand drame est le fait d’avoir voulu mener la guerre jusqu’au bout. De nombreux
nationalistes Hongrois vont se rallier car la République des conseils a crée une armée
luttant contre les Tchèques et les Roumains remportant certains succès. De même, les
puissances étrangères telles que la France et l’Alg sont prêtes à faire un compromis. Et
fin avril 1919, la Fr et l’Alg proposent par la bouche d’un négociateur un redécoupage
des frontières Hongroises plutôt favorable. La sagesse eu été d’accepter ce compromis ce
qui aurait laisser de côté l’invasion étrangère.
Mais, les troupes refusèrent cette offre par rapport aux rapports de forces. Très
rapidement, les succès vont s’enchaîner en défaite et d’énormes distensions
apparaissent. En effet, des forces un coût de la Révolution brutale et anticléricale. On
trouve une troupe les gars de Lénine se spécialisant dans des raids contre des paysans à
la campagne leur confisquant le peu de nourriture. Le gouvernement n’approuve pas
mais n’a pas tellement moyen de réprimer. Cette république des conseils va en fait,
sombrer d’elle même et Budapest va être occupé en particulier par des troupes
Roumaines qui vont occuper dans la ville. Sur la fin, ils vont être rejoints par une armée
blanche Hongroie. L’amiral Hortky se nomme chef de l’armée blanche.
Cette expérience se marque aussi par les brutalités de l’armée blanche et 100 000
personnes vont quitter la Hongrie. Le régent Hortky va réapparaître courant Novembre
pour se mettre à la tête de l’Etat et tenir sans fameux discours qui revient à Budapest.
3. La division du mouvement ouvrier
Avant 1914, le mouvement tendait à regrouper les forces de contestations sociales et les
partis intitulés ouvriers, socialistes..
Ce mouvement vers l’unité s’est construit à l’échelle nationale et internationale. Il
n’existait qu’une internationale ouvrière sous le nom de IIème internationale car
Lénine avait trouvé bon de donner des numéros.
 Elle s’est unifiée vers 1900 et avait fait de son existence, un véritable combat.
Ce combat avait mobilisé des foules considérables et certains étaient allés jusqu’au
martyr (PS Serbe). Un certain nombre de chefs socialistes influencés par des idées
nationalistes ont cédés. Cette union sacrée a forcément donné des résultats désastreux
puisque nombreux de ces partis ont connus des doutes. Dès 1917, on a commencé à
assister à toute une série de scission à l’image de l’USPD en Allemagne. Cette scission
fut motivée par des expulsions des personnes n’acceptant pas l’union sacrée. Surtout, un
débat est né dans l’immense majorité des pays européens sur la nécessité ou non de
pouvoir se réunir après la guerre.
Ces scissions n’ont fait que s’accélérer à partir de 1918 sous l’effet en partie des
évènements Russes. En effet, a eu lieu une première révolution qui a abouti à la mise en
place d’un carnet de ministère dominé par un parti centriste les KD. Mais ce
gouvernement souhaitait poursuivre la guerre et était en décalage avec l’opinion
publique.
A ce moment là, un fort mécontentement est né et le parti bolchevik sous Lénine a lutté
pour un changement radical dans la société. Surtout Lénine, depuis le début de la
guerre, luttait pour la création d’une nouvelle unité nationale avec une forte
insistance sur la dictature du prolétariat. Au départ, ils étaient confrontés à une guerre
civile dans leur propre pays. Néanmoins, dans une dizaine de pays (All, Hongrie, Finl,
Aut), commence à apparaître dans l’été 1918, des partis prenant le nom de communiste.
C’est la création des partis communistes. Le mouvement se poursuit pendant plusieurs
années et l’essentiel des pays européens vont en disposer. Les plus importants vont
surtout être crées fin 1920. En France, c’est le congrès de Tour en décembre 1920, en
Allemagne en octobre (le KPD).
 En face, les personnes ayant soutenu la ligne de l’Union sacrée vont continuer à
s’intituler socialistes ou sociaux-démocrates restant majoritaires.
Toutefois, on trouve la naissance de la IIIème internationale. Au départ, les
scissionaires bolcheviks voulaient créer une internationale mais n’avaient pas les
moyens d’organiser un congrès. Toutefois, en mars 1919, Lénine décide de forcer le
destin et on va réunir à Moscou une sorte de mini congrès. Au départ, les délègues
allemands avaient comme mission de ne pas accepter la création d’une IIIème
internationale mais de la différer. Lénine souhaitait contrer l’offensive anti-bolchevik qui
s’était réuni à Bern en février 1919.
Un certain nombre de leadeurs présentent un programme d’action plutôt libéral et ce
discours est extrêmement dur contre les communistes. Cela va entraîner l’IOS,
l’internationale ouvrière socialiste mais de nombreuses personnes vont décider de
boycotter cette internationale. Ils vont fonder une internationale intermédiaire que
Lénine appellera II et demi. Elle aura son congrès fondateur à Vienne.
Donc trois internationales :
1. L’internationale de Vienne pour les socialistes
2. L’internationale communiste le Kominterm
3. L’international de Bern ou adhère essentiellement les partis d’Europe du nord
plutôt libéral.
Entre les trois internationales, on trouvera des reclassements et la tarification
s’effectuera en 1923.
Celle de Vienne va décider de se saboter et de rejoindre celle de Bern
. Ainsi, au milieu des années, plus que deux internationales en relation avec un déclin
des grands mouvements sociaux. Les partis socialistes qui étaient avant 1914 des partis
de contestation radicale vont peu à peu rentrer dans le jeu politique participant même à
des gouvernements bourgeois. Quant aux communistes, ils vont se retrouver face à de
nombreux conflits internes qui vont les paralysés.
Cette division du mouvement ouvrier est tout à fait importante pour comprendre la
recomposition politique de l’entre deux guerres.
C) Le surgissement de nouvelles droites
On a vu que la guerre a dopé les revendications sociales mais aussi pour les nationalités.
De nombreux pays s’étaient engagés dans la guerre pour recueillir des fruits territoriaux
ou économique supplémentaires. De plus, de nouveaux pays vont surgir et aimeraient
bien se développer.
Dans cette cacophonie de la conquête et de la haine mutuelle, des formations politiques
vont pouvoir en profiter et ainsi, des extrémistes vont surgir.
1. Le surgissement de nationalismes exacerbés
Tout commence avec la conférence de Paris avec les vainqueurs et chacun veut sa part
du gâteau. Chaque pays vaincu a droit à son traité particulier. Evidemment, ces traités
n’enchantent pas les vaincus et le fameux Traité de Versailles est considéré comme un
diktat.
En effet, aucune discussion n’est posée et elle se trouve amputée de territoires. Ce Traité
va donner lieu à l’extrême droite et dans la droite monarchiste à une surenchère
politique sur le thème de la trahison. Le gouvernement de la République de Weimar est
mis en accusation par un coup de poignard dans le dos.
 Les socialistes et leurs alliés auraient été les causes essentielles de la défaite. Le
comble réside dans le fait que les plaignants sont les militaires allemands défaits.
De nombreuses personnes cherchent des armes idéologiques et de nombreux anciens
combattants déçus vont être recrutés et vont radicaliser leurs attitudes politiques.
Autour de cette idéologie, on va retrouver des partis classiques mais aussi des
formations politiques davantage radicales et en particulier en 1919 va naître en Bavière
le parti nazi.
 En Autriche, c’est le Traité de Trianon qui va décider de son sort.
Une revendication nationaliste surgit par la création d’Etats indépendants sur le dos de
l’Autriche-Hongrie. Les germanophones set magyars se sentent lésés et les premiers
sont pour l’essentiel favorable à un rattachement à l’Allemagne.
Avec cette unité, les minorités germanophones pouvaient retrouver un ensemble
économique justifiant Vienne. En Hongrie, on est mécontent puisqu’on laisse en dehors
des frontières nationales plusieurs millions de Hongrois. En effet, de nombreux se
retrouvent de nationalités Roumaines, Yougoslaves.. Ce terrain est extrêmement
favorable à l’agitation nationaliste. Ces partis sont historiquement chrétiens,
conservateurs et antidémocrates.
Là aussi, on voit surgir très vite toute une série de mouvement ultra nationaliste dont
certains rappellent les fascistes Italiens ou les nazi allemands. Surtout, la droite dure et
l’extrême droite vont se rejoindre autour de milices armées particulièrement motivé.
 Cette vague nationaliste touche les pays vaincus. Mais il existe chez les vainqueurs,
un climat favorable à l’expression d’idées pouvant éventuellement favoriser le
nationalisme.
En 1919, tant en France qu’en Angleterre, les responsables gouvernementaux n’arrêtent
pas de chanter la gloire des armées, la grandeur coloniale et un discours patriotique
permettant en France le surgissement de la chambre bleu horizon (vague nationaliste).
En résumé, on agit en même temps la peur du rouge (l’ouvrier), en attisant la
grandeur nationale.
Concernant l’Italie, ce sont de faux vainqueurs recueillant moins que promis. L’ultra
droite va mettre en cause la droite libérale sur le thème de la trahison. Sur cette
argumentation, les fascistes italiens vont commencer à se développer à partir de 1919.
Ainsi, dès la fin de la guerre, Gabriele D’Ammunzio va se muer en chef ultra nationaliste
et aller avec plusieurs volontaires s’emparer de la ville de Fiume. Le gouvernement
Italien proteste mais de nombreuses personnes estiment que face à la marée rouge
inquiétante, l’alternative est intéressante.
D’autre part, dans les nouveaux petits pays, les nationalistes considèrent qu’ils sont
installés au pouvoir et ce n’est pas paisible (Tchécoslovaquie, Roumanie guerre)
2. Corps francs et armées blanches
C’est une réalité nouvelle de l’Europe de l’entre deux guerre, c’est la création d’une sorte
de milices qui ne soient pas privées dans le but est de maintenir la grandeur nationale et l’ordre
public. En réalité, ces bandes armées sont une réalité politique de toute l’entre deux
guerres.
Définition du corps francs : C’est une unité de volontaire levée avec l’autorisation des
autorités pour combattre un danger intérieur. Ce danger est souvent désigné comme rouge et
marxiste.
Le premier pays connaissant ceci est l’Allemagne pour écraser les rouges à Berlin et
dans les zones bientôt soumises à plébiscites. Le premier est créé par le général Mäcke.
C’est ce corps franc que utilise Noske. Ce sont des militants politiques qui y participent,
des soldats démobilisés encadrés par des officiers refusant la défaite.
De plus, ils se disent que s’ils combattent les rouges, ils montreront que l’armée
Allemande est puissante et les alliés ne leurs en voudront pas. (Ennemi commun).
On va retrouver les corps francs dans les pays Baltes. Frei Kops. Les ein
wohnerwehren.En Finlande, on trouve les gardes civiques.
Ces corps francs vont participer pendant toute l’année 1919 au nettoyage des zones
rouges et dès très nombreuses rebellions dans toute l’Allemagne. De même, dans les
coups d’Etats de Kapp.
On les retrouve également en Lettonie actuelle, combattant dans l’ancienne province de
Livonie souhaitant créer un Etat vassal de l’Allemagne. De même, en haute Silésie, des
tentatives en Prusse orientale mais chassée rapidement. En fait, on peut comparer ces
corps francs à ce que va naître en Italie les faci. Ce mouvement avait une connotation
militaire.
Définition des armées blanches : Ce sont des armées levées dans le cadre d’une guerre civile
pour faire face à une armée rouge de divers horizons.
Elles ont une légitimité plus forte car les gouvernements se jugent eux mêmes
légitimes. Les officiers sont des hommes droites durs. L’encadrement se situe à la droite
de l’échiquier politique. Ces armées blanches sont structurées sur un mode classique, en
régiment avec des officiers qui les encadrent avec une discipline militaire. Dans le cœur
de l’armée blanche, on trouve des militants politiques mais on retrouve beaucoup de
personnes levées de force.
Exemple : l’armée blanche Estonienne lance un immense appel. On trouve 400 volontaires alors à
ce moment là, le chef a décidé de rendre la participation obligatoire. Donc usage de la force.
Toutefois, la différence entre les armées blanche et les armées officielles se situe au
niveau de l’effort de propagande. Dans les armées blanches, à côté de l’officier
technique on a des commissaires politiques devant motiver la troupe. Cet encadrement
idéologique contribue à créer une mentalité d’anciens combattants qui adoptent les
thèmes nationalistes.
Elles sont généralement dissoutes après les guerres civiles. Mais, il ne faut pas oublier
que le corps des officiers est récupéré au service d’armées officielles et la plupart des
officiers sont récupérés à la tête des armées officielles et vont constituer l’essentiel de
l’encadrement militaires dans les pays où les blancs ont gagnés.
Par ailleurs, pour ne pas laisser retomber le soufflet des commissaires politiques, on va
tenter de les organiser en milices permanentes. C’est un moyen de conforter l’esprit
national dans les pays nouvellement indépendants.
Par exemple dans un pays comme en Autriche, va être mis en place, les Heimwehren.
Il ne s’agit pas d’un phénomène passager mais de durable caractérisant la vie
politique européenne pendant tout l’entre deux guerres.
Il existait avant 1914 des idéologies ou des mouvements de près fascistes ou de
typiquement fasciste. Cela existait en Autriche-Hongrie avec un mouvement
pangermaniste particulier, celui de Von Schonerer. Il existait des courants minoritaires.
Les fascismes n’arrivent pas comme une idéologie coupée du passée.
Souvent, on a émit l’idée que les fascismes sont d’abord nés dans les pays vaincus. En
observant les choses de plus près, ils touchent tout à fait les fameuses démocraties
libérales occidentales. Les idéologies ultra nationalistes n’ont pas de frontières. Ce qui
est intéressant dans le fascisme est qu’une partie de ses théoriciens viennent de
l’extrême gauche.
Exemple : Mussolini en Italie, de Georges Valoy et Sorel en France.
Ce sont des personnes venant du syndicalisme révolutionnaire. Dans des recherches
récentes faites par Thomas Weber, il signale des chances qu’Hitler était proche de
l’extrême gauche en 1919 en Bavière.
En fait, l’essentiel des premières troupes du fascisme viennent de personnes se sentant
proche de l’extrême droite. En Allemagne, les premiers nazis sont des catholiques
bavarois conservateurs autour du mouvement Völkisch. C’est un mélange d’idéologie
emprunté à l’anti libéralisme d’extrême gauche et d’extrême droite.
En fait, ce qui va souder les premiers groupes fascistes :
1. C’est à la fois la haine de la révolution et les mouvements sociaux
2. Mais également le sentiment que l’idée nationale est galvaudée par les autorités
et qu’un nettoyage est nécessaire.
Dans l’après guerre, on a eu une très forte demande populaire pour d’importantes
réforme sociales. Pour contrer l’ennemi, il faut puiser dans l’électorat et ainsi faire des
propositions sociales. Le congrès fasciste de 1921 est centré sur le thème sur la banalité
d’un parti politique.
Au départ, ces formations sont groupusculaires, les fascistes ce sont quelques milliers
d’homme dispersés dans toute l’Italie et ayant peu de contacts entre eux. Ils sont
commandés par des ras. Il faudra attendre l’année 1921.
On peut retenir de ces groupes qu’ils sont avant tout antidémocrates,
antiparlementaires, méprisent le syndicalisme et le socialisme et ont comme
fondement le pouvoir fort, le chef charismatique.
 Attention Mussolini n’a pas développé de thème antisémite en Italie.
 Par contre Hitler est armée d’une théorie raciste.
Anton Drexler avait fondé le parti nazi en Bavière. Hitler ne s’est emparé de la direction
du parti qu’à partir de la fin de l’année 1920 et il a joué un important rôle pour prendre
contact avec les groupes extérieurs à la Bavière et à la base de la création de la milice de
parti.
Ces SA vont devenir le fer de lance et il représente un moyen d’échapper à la misère.
Elle impressionne par la façon dont elle défile mais le parti reste essentiellement
Bavarois et on trouvera un putsch raté en novembre 1923.
 Ce qui distingue les partis fascistes d’autres partis d’extrêmes droites n’est pas
l’idéologie mais l’organisation. En effet, on a un chef et un seul.
Avec les fascistes, les milices jouent un rôle particulier puisqu’elles sont utilisée
systématiquement dans deux buts :
1. Tenir la rue terrorisant l’adversaire -> Recherche de la violence pour attirer
l’attention.
2. La parade. Ils adoptent une tenue règlementaire (chemise noire des Italiens). Le
but est de mettre en lumière et de fasciner les masses, le défilé comme un
symbole d’un bon pays.
Ces partis se veulent interclassisques, puisant dans toutes les couches de la population.
Etant donné que le public est différent, le discours s’adapte devenant démagogique. Peu
importe, l’essentiel est de mettre en avant les idées fortes du mouvement. Les
manifestations publiques font l’objet d’une intense préparation.
Surtout, la formation des militants, c’est à dire former des orateurs qui doivent tenir
des discours cohérents par rapport à la doctrine du mouvement. Aussi une thématique
autour de l’héroïsme du parti et des SA.
 Ces nouvelles droites jouent un rôle clé dans la vie politique de l’entre deux
guerres puisque les nazis vont devenir des forces importantes. D’autre part, les
gardes civiques, les anciens combattants vont vouloir jouer un rôle politique.
D) Les Etats vainqueurs dans la mêlée
Les grands Etats vainqueurs auraient du être en mesure de réorganiser l’Europe sur des
bases favorables et empêchant le chaos. En réalité, ils vont contribuer à entretenir le
chaos.
A l’origine, les fameux traités de paix vont devenir des éléments de déstabilisation.
1. Les traités de paix, éléments de déstabilisation
Le président Wilson en janvier 1918, a établi 14 points créant une paix de plusieurs
décennies sans guerre. On retrouve des points généraux mais plus concret comme la
création de la SDN. D’autres idées pouvaient être des éléments de déstabilisation
comme la recréation de la Pologne, qu’au détriment de l’Allemagne ou de la Russie. Par
ailleurs, il préconisait de droits supplémentaires pour l’Autriche-Hongrie. Surtout, il
prenait le contrepied en ce qui concerne le développement de l’Italie.
En été 1918, Wilson change d’option et il annonce la dislocation de l’Autriche-Hongrie.
Quand s’ouvre les négociations pour le Traité de Paris, les Anglo-Saxons ont des
divergences
 les Français sont favorable à châtier l’Allemagne
 Les Britanniques ne sont pas favorable. Ils veulent utiliser l’Allemagne comme
base économique.
Finalement, on va trouver un mauvais compromis acceptant plutôt vaguement la
position Française.
Surtout la conférence de Paris voit les slaves arriver à toute vitesse pour faire monter les
enchères territoriales et des revendications tchèques, roumaines ou hongroises. Les
grandes puissances ne peuvent se mêler à toutes ces guerres. D’où une déstabilisation
intense du centre de l’Europe.
En résumé, mal traité l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie.
2. Les effets à double tranchant de la lutte anti
soviétique
En fait cette lutte et d’après Arnaud Mayer est l’obsession à la fois de la diplomatie
Américaine (Wilson) est des franco-britanniques dans le fait qu’ils vont mourir d’eux
mêmes.
1. Les Russes n’aiment pas que les étrangers se mêlent de leurs affaires.
2. Les Bolcheviks s’organisent beaucoup plus vite que prévu dur le plan militaire.
Dans les pays Baltes et en Finlande, les grandes puissances veulent soutenir les Russes
blancs contre les Bolcheviks. Mais ces Russes ne veulent pas entendre parler
d’indépendance, ce sont des territoires appartenant à la Russie historique. Cette
politique contradictoire va créer un chaos dans la zone. Surtout, les puissances
occidentales vont se lancer en 1918-1918 dans des interventions militaire sur place
utilisant même des troupes Allemandes dans les pays Baltes.
Ces interventions en Sibérie ou en Ukraine se heurtent à un fait de base : le refus des
soldats de participer à ces aventures. Ainsi, au printemps 1919, les grandes puissances
laissent filer.
Conclusion
Le chaos des 18 mois qui suivirent l’armistice avait de causes multiples :
 La principale est l’écroulement des empires centraux créant une situation
d‘instabilité au cœur du continent.
Les forces favorables aux changements inspirés par la révolution Russe croient que
l’heure est arrivée. Mais les grandes puissances veillent et ils existent en face de
nouvelles droites disposées à combattre les mouvements révolutionnaires.
D’autre part, la montée de rancœurs diverses. Surtout, les vainqueurs se révèlent
absolument incapable de trouver des solutions et au contraire, ils multiplient des
traités et en intervenant un peu partout sans jouer au plus fin.
Paradoxe des grandes puissances : Ecraser l’Allemagne mais prisonnier d’intérêts
locaux et nationaux.
Mais de ces turbulences, va s’enchaîner des reconstructions de la vie politique et sociale.
Dans les années d’après guerre, toute une série de réformes qui vont transformer la vie
des gens et qui sont à mettre au crédit d’une époque intéressante.
Deuxième chapitre : Les
progrès fragiles de la
démocratie dans les années
d’après guerre
Après la guerre, on a une volonté de paix et chez de nombreux citoyens, un désir de
participer à la vie civique et politique et d’organiser la société sur des bases plus justes.
Prise de conscience que la guerre a aussi été causée par une organisation hiérarchique et
des systèmes politiques bloquées.
 L’idée démocratique semble émerger, élire des représentants à l’image de la
diversité de la population.
Comme les monarchies autoritaires ont été vaincues, on considère qu’elles ont fait
preuve de leur inadaptation au monde moderne.
Les démocraties libérales et parlementaires pensent être solides et capables de vaincre
les régimes totalitaires.
Rappelons aussi, qu’au début des années 20, Wilson est populaire et dans ses 14 points,
il avait fait de l’établissement de la démocratie un point fort d’un monde nouveau. Ce
qui va faciliter cette envie, c’est le fait qu’une partie de la sociale démocratie a
abandonné l’idée de la révolution.
 Constitutions d’allure démocratique et libérale sont adoptées.
 Des gouvernements de coalitions sont mis en place.
 Exception Hongrie : nostalgie du temps passé.
Mais tous les puissants ne se sont pas convertis à cette idée. On trouve des
réactionnaires, des conservateurs, le spectre d’un fascisme de gouvernement (Italie avec
la haine de la démocratie).
Les réformes démocratiques sont-elles illusoires ou pas ? Qui va l’emporter ? Jusque où
va ce renouvellement démocratique ?
A) Les éléments d’une démocratisation
politique
Les populations souhaitent une extension de leur droit politique à l’intérieur d’Etats
construit selon le principe des nationalités. Les dirigeants nationalistes comprennent
qu’il faut satisfaire ces exigences sous peine d’une contestation.
 Ainsi, ils vont établir des Constitutions.
Même dans les pays vainqueurs, des droits nouveaux vont être reconnus.
1. Le développement de la démocratie
parlementaire
Les nouveaux Etats européens adoptent de plus en plus des Constitutions inspirée du
parlementarisme occidental.
Exemple : La Finlande, la Lituanie, l’Estonie et la Lettonie.
En Europe orientale, on voit la démocratie s’installer en Pologne, en Roumanie et en
Bulgarie. Le Royaume Yougoslave, la Hongrie, l’Albanie et la Grèce.
Le régime Italien dès l’année 1919 paraît évolué vers une vraie reconnaissance du
suffrage universel.
L’Espagne et le Portugal sont dirigés par des régimes libéraux.
En Allemagne, la République de Weimar repose sur une Constitution garantissant des
droits nettement élargis pour les citoyens.
Cette vague d’adhésion est analysée comme une grande victoire politique de l’entente
et des valeurs qu’ils ont prétendues défendre.
Mais l’adoption ne signifie pas l’application des règles !
Exemple : En Hongrie, après le départ des troupes étrangères, le régent Horthy va pratiquer la
terreur contre la gauche et développe un antisémitisme violent par l’adoption d’une loi
interdisant l’inscription d’étudiant juif au delà d’un certain quota.
En 1921, arrive au pouvoir le comte Bethlen et va essayer de rétablir une situation permettant à
la gauche réformiste de revenir dans la vie politique.
Mais ce régime appuyé sur la grande noblesse Hongroise instaurant le vote public.
 La Hongrie n’a donc que pour nom la démocratie parlementaire
En Finlande, en 1919, on trouve une tentative de renouer avec les démocraties occidentales et la
gauche à une minorité. Suite aux élections, Stahlberg va faire adopter une Constitution
d’apparence démocratique. Mais, l’extrême gauche est traquée et l’armée blanche conserve une
influence bien au delà de la Constitution.
Au niveau constitutionnel, il faut distinguer les régimes en deux catégories :
1. L’exécutif détient de très forts pouvoirs.
Exemple : La Hongrie, la Finlande, les Royaumes de Yougoslavie, en Bulgarie, dans la
République de Weimar.
2. Les Parlements sont prépondérants.
Exemple : Les Etats Baltes, la Tchécoslovaquie, l’Autriche, la Pologne, le Portugal.
Les mentalités n’évoluent pas aussi rapidement et certains peuples n’ont pas
l’expérience de ces nouveautés.
2. L’élargissement du droit de suffrage
Dans l’Empire Allemand, on a accordé ce droit de suffrage en 1871 et en Italie, ce n’est
qu’avant la guerre de 1914 que 80% des Italiens ont pu voter.
Après la guerre, ce droit de suffrage va exploser concernant les hommes. Il est adopté
dans chaque pays d’Europe dans le principe. Il est même très élargi en Allemagne
dans toutes les élections provoquant de grands changements. De même, élargi en
Suède, toute la façade orientale et balte.
Tout les conservateurs et les réactionnaires considéraient que voter jeune n’était pas
sérieux et c’était un vrai enjeu. La gauche voulait au contraire un droit dès 20 ans avec la
reconnaissance des jeunes notamment dans leur rôle dans la guerre.
Concernant les femmes, des vastes campagnes ont eu lieux avant 1914 notamment au
Royaume-Uni par « Pankurt ». C’est aussi une vieille revendication du mouvement
ouvrier, de l’extrême gauche mais en Italie par exemple, le libéral de droite Salandra le
met au programme en juin 1919.
Même en France, le vote des femmes est mis sur la chambre des députés par les
socialistes et les communistes. Mais les radicaux et les conservateurs vont bloquer
l’opération.
Finalement, le droit de vote va être accordé aux pas protestants du nord de l’Europe :
Allemagne, Scandinavie, Pays Baltes, Royaume-Uni (1928).
Enfin, un suffrage qui est proposé dans de nombreux pays : la représentation
proportionnelle. En France, la chambre adopte une loi électorale introduisant de la
proportionnelle simplement pour les sièges qui ne sont pas attribués à la majorité
absolue. La République de Weimar, la Pologne, les Etats Baltes, la Pologne accordent
également la proportionnelle.
3. Les droits nouveaux pour les minorités
Les 14 points de Wilson posaient le problème du renforcement des droits des minorités
dans la nouvelle Europe.
 De nombreux Etats sont constitués de populations différentes.
Exemple : En Finlande, dans les pays Baltes, en Tchécoslovaquie.
Généralement, les libéraux démocrates et les gauches politiques sont favorables à la
garanti des droits des minorités. En revanche les nationalistes, les conservateurs sont
réticents voir hostiles à reconnaître ces droits considérant que la population majoritaire
doit pouvoir imposer sa loi aux autres.
De là, des luttes politiques et tout va dépendre des rapports de forces. A la sortie de la
guerre ce sont plutôt les gauches et libéraux qui sont en position de force. Ainsi,
l’Estonie et la Lettonie accordent en 1920 des droits culturels et politiques à leurs
minorités en particulier les Germano baltes.
En Tchécoslovaquie, la Constitution reconnaît à chaque citoyen des droits.
En Finlande, les guerriers blancs les plus farouches étaient embêtés car des minorités les
avaient aidées. Néanmoins, le président Stalberg va imposer un compromis dans une loi
de 1922 l’égalité linguistique et scolaire de manière absolue. A partir de là, les tensions
vont s’apaiser.
En Roumanie, la grosse minorité Magyar et la petite minorité bulgare restent
considérées comme un danger et on va tout faire pour les empêcher d’exercer des droits
constitutionnels.
En Pologne, un compromis est trouvé en mars 1921 favorable au parti national
démocrate qui va accepter des droits pour les minorités en garantissant une série de
préalable permettant une contestation de ces droits. Des plaintes vont se multiplier et
des accidents vont se créer.
Au Royaume de Yougoslavie, les rapports entre les communautés vont s’envenimer. A
plusieurs reprises, des députés serbes vont abattre un croate ou un Slovène.
Ainsi de vrais progrès entrainant de vrais problèmes.
4. La démocratisation du personnel politique
Avant 1914, il fallait être aristocrate ou bon bourgeois suffisamment fortuné.
 Vie politique dominée par les élites sociales.
Le fait que les sociaux-démocrates réformistes vont accepter de collaborer avec les
gouvernements issus des élections de 1919. Ces personnes ont une origine modeste
notamment en Allemagne et on voit donc arriver au pouvoir des petits fonctionnaires,
des ouvriers..
 Ainsi, le premier président de la République de Weimar, Friedrich Ebert est un
ancien ouvrier. Un ouvrier remplaçant l’Empereur, c’est fort.
En Grande Bretagne, le fils d’un épicier va devenir premier ministre en 1924 et en
Finlande, le fils de chemineaux va aussi devenir président. Lloyd Georges est né dans
une pauvre famille, un paysan gallois. Dans les pays Baltes, les hommes forts sont des
fils de paysans.
Tout ceci est nouveau et certains conservateurs parlent de l’avant 1914 comme la belle
époque.
B) Une vocation économique et sociale
mieux affirmée
Le modèle de la démocratie libérale renaît et l’historien Roussellier le montre bien. Elle
va souligner davantage de répondre aux impulsions sociaux-démocratiques mais ils
sont prêts à établir des compromis. Ils vont chercher à obtenir une meilleure
intégration des massages.
Les régimes les moins frileux sont les nouveaux régimes démocratiques ;
Exemple : l’Allemagne avec la République de Weimar a besoin des ouvriers et des classes
moyennes pour consolider son assise face à l’extrême gauche et aux nostalgiques de l’ancien
régimes.
En revanche, des pays comme la France ou le Royaume-Uni, on se préoccupe de revenir à l’âge
d’or plutôt que d’établir des réformes libérales.
On retrouve 4 réformes principales :
1. Les réformes agraires
2. La reconnaissance de droit nouveau pour les salariés
3. Redéfinition de l’impôt
4. Législation familiale.
De même, des progrès dans le domaine scolaire et sur la question du logement.
1. Les réformes agraires
Le niveau de vie des paysans est devenu une question bouillante avant guerre. Les
mouvements des paysans pauvres avaient pris une tournure révolutionnaire dans de
nombreux pays. Les aristocraties possédant un % de terre élevé. De plus, on avait le
souvenir de la répression atroce de 1905.
De là, arrive la guerre civile entre les blancs et les rouges. Les vainqueurs, la gauche
politique va décider de mesures. Et c’est dans les pays baltes que les mesures les plus
radicales vont être prises.
 Ainsi, des dizaines de milliers de personnes vont accéder à la petite propriété.
En Finlande, la droite a eu peur et a dû concéder des prêts et des terres aux ouvriers. En
Bulgarie, le régime fait d’importants efforts pour redistribuer la terre. De nombreux
paysans Bulgares vont accéder à la terre.
Des pays moins touchés mais intéressant comme en Pologne. En Hongrie, on va
essayer de réunir les personnes. En Italie, les paysans n’avaient pas attendus
d’autorisations officielles et les gouvernements vont s’efforcer d’intégrer les syndicats
paysans pour mieux les encadrer. Une loi de septembre 1919 autorisant les coopératives
paysannes à utiliser les champs récupérés pendant 4 années sur des terres non cultivées. Loi
d’octobre 1920 rendant l’occupation durable.
 Ainsi en Italie, en 1921, deux fois plus de paysans qu’en 1911.
Ces réformes vont être perturbées par un effondrement des prix.
Mais, a l’est de l’Elbe en Europe, la grande propriété reste majoritaire dans toute
l’Allemagne de l’est. En Hongrie, en Roumanie, elle reste absolument dominante, à la
tête de l’Etat. En Espagne, la réforme agraire est envisagée par les libéraux entre 1919 et
1923 mais on ne voit pas le jour en raison de l’opposition d’un grand propriétaire
terrien.
2. Les droits des salariés
Une des revendications les plus populaires avant 1914, c’était la limitation de la
journée de travail avec le mythique chiffre de 8 heures.
Ainsi, de nombreux Etats s’engagent à agir dans ce sens tels que la France, la
République de Weimar, l’Espagne. Mais la pression patronale est très forte et on revient
vite sur la loi des 8 heures.
 Le seul acquis important : une semaine de 54 heures -> 50 heures.
De même, l’espoir qu’avait formé de nombreux socialistes sur la création de conseils
d’entreprises où les syndicats pourraient préciser leurs revendications dans le cadre
d’accords négociés.
En Allemagne, des accords vont créer un premier organisme chargé de mettre en œuvre
des négociations collectives devenant la norme dans l’industrie. Les réformistes du SPD
renoncent aux nationalisations au nom de la création de la communauté de travail. De
même des conseils d’entreprises de plus de 50 ouvriers.
En Italie, les accords de 1920 établissent des conseils d’entreprises mais tout dépend de
la bonne volonté de négociation du patronat qui n’existe pas.
De fait que les textes législatifs restent le plus souvent vagues, partiels, les esprits ne
sont pas murs pour la négociation et les années 1920-1923 vont être marquées par des
conflits car l’idée même de négociation n’est pas acceptée par les deux parties.
 Un texte législatif fonctionne si les esprits sont murs.
Une avancée est la création au sein de la SDN, d’un bureau international du travail : le
BIT dirigé par un français : Albert Thomas. Il va multiplier les enquêtes sur la condition
ouvrière..
En revanche, ce qui progresse est la reconnaissance du fait syndical. De nombreux
pays reconnaissent juridiquement le droit de grève ce qui n’était pas le cas avant 1914.
Même, le droit de vote aux fonctionnaires.
Exemple : l’Allemagne 1919 et la Belgique en 1921.
De même, la syndicalisation de salariés autre qu’ouvriers. A partir de 1919, on voit
d’autres couches sociales entrer dans la syndicalisation comme des employés, des
ingénieurs et se féminisent davantage. Surtout, la disparition du syndicalisme jaune en
faveur des patrons.
Apparaissent des syndicats modérés, les syndicats chrétiens. Cela dit, dans la plupart
des pays européens, l’exercice reste difficile :
1. Le patronat est hostile à la présence de syndicat,
2. Chasse au syndicalisme dans une lutte anti rouge.
Enfin, l’immédiate après guerre est marquée par des progrès dans assurances sociales.
Bien qu’étant faible, elles se généralisent et la protection des femmes et des enfants
augmente. De même, on commence à parler d’indemnité chômage.
 La Constitution de Weimar exige une existence digne d’un être humain assuré à
chacun.
Face à ces évolutions, les conservateurs vont commencer à utiliser des formules
alambiquées.
3. D’autres avancées
Nous pouvons traiter le domaine du logement. C’est l’un des effets les plus désastreux
du malaise d’avant guerre. Pendant le conflit, l’Etat avait décrété la limitation des loyers
afin de lutter contre la vie chère et de permettre aux réfugiés de trouver un toit.
Quand la paix était retrouvée, Les libéraux et les conservateurs prônent pour
augmenter le prix du marché.
Pourtant, certains gouvernements sont conscients que le retard nécessite des mesures
sur le long terme et en Angleterre, des mesures sont prises pour financer la
construction de logement neuf. Ainsi, on va construire 930 000 logements nouveaux. En
France, des fonds importants sont investis dans des communes au bout de 3-4 ans. En
1928, une loi Loucheur va créer les HDM.
Autre effort, sur la législation familiale. En France, les allocations familiales sont
attendues à tous les fonctionnaires puis à tout les Français. On observe que les lois sur le
divorce ou l’héritage font que les femmes ont des conditions plus favorables. L’accès des
femmes à certains métiers se libéralise comme professeur d’université ou médecins.
Surtout, un gros effort sur la scolarisation des filles.
Au Royaume-Uni, la loi Fisher impose un enseignement obligatoire pour tous jusqu’à 14
ans. De même, on développe un système minimal de bourses. La loi de 1924 fait que les
filles vont suivre les mêmes programmes que les garçons. Et dans tous les pays
d’Europe, les universités s’ouvrent à la présence féminine.
Néanmoins, une énorme barrière de classe entre l’école primaire et le lycée restant
réservé par peu de gens. De même, des pays où l’analphabétisme reste présent comme
en Espagne ou au Portugal.
4) La question de la redistribution sociale
 La redistribution sociale a été condamnée par la masse des libéraux jusqu’en 1914.
A la vieille de la 1ère guerre mondiale, des tentatives ont eu lieu pour établir l’impôt sur
le revenu. Pendant la guerre, les entreprises ont réalisées des profits dans l’armement et
avaient indignés les citoyens. De plus, les Etats ont de nouvelles charges comme les
veuves, les orphelins, les estropiés, les handicapés, la reconstruction de territoires.
 Ainsi, il faut trouver des ressources supplémentaires.
Ces charges vont amener à poser la question de l’impôt sur le revenu appliqué dès
1916.
La République de Weimar va développer le principe de l’impôt progressif restant
modéré. Dans les pays du nord de l’Europe, cet impôt est aussi adopté en raison de la
poussée des sociales démocraties.
L’impôt sur le capital s’est développé pendant la guerre et va devenir une des
ressources des Etats européens.
Une partie de cette imposition doit aller à la redistribution sociale mais reste modeste.
Mais le principe est considéré comme une idée à creuser. En fait, les Etats vont préférer
fabriquer des billets pour résoudre leurs problèmes et le plus souvent, les
gouvernements vont hésiter devant les augmentations d’impôts. En 1924, Pointcarré va
augmenter les impôts de 20% et il va perdre les élections générales.
Les Etats restent finalement très frileux ne voulant pas créer un Etat social.
C) Des épées de Damoclès suspendues audessus du berceau
Une partie des européens sont hostiles à ce type de progrès soit atteignant leur intérêt,
soit par des profiteurs etc..
Le conservatisme assimile l’aide social au financement de la paresse. Pour certains, c’est
un projet démoniaque. De même, la peur à un Etat tentaculaire qui empêcherait les
citoyens d’être libre. Puis, dans la droite dure, une haine de la démocratie et de l’égalité.
Cette résistance va devenir de plus en plus forte avec l’incapacité ou l’inaction de la
gauche. Elle va fragiliser les réformes à la fois sur le plan politique en utilisant les
défauts du système parlementaire et à la fois sur le plan économique par les tensions.
Troisième chapitre : Les ambiguïtés
de la vie politique européennes
dans les années vingt
Quatrième chapitre : L’inquiétant tournant
du début des années 1930-1934
Cinquième chapitre : 1935-13939 : les
prodromes d’un désastre
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Dans la nouvelle Europe de 1918, on retrouve de nouveaux Etats