RAPPORT GENERAL DU COLLOQUE ATELIER SUR « CULTURE ET
DEVELOPPEMENT »
Organisé par la Sacrée Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples et le Conseil
Pontifical de la Culture
(Abidjan 27-30 septembre 2010)
Le 1er Colloque sur « Culture et Développement » organisé par la Sacrée Congrégation pour
l’Évangélisation des Peuples et le Conseil Pontifical de la Culture en vue de la constitution en
Afrique et en Diaspora Africaine d’un Forum « Église Catholique – Hommes et Femmes de
culture » s’est tenu du 27 au 30 septembre 2010 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, au Centre
CERAO de Pastorale et Mission (CCPM), sous la présidence de son Em. Théodore Adrien
Cardinal SARR, Vice-Président du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de
Madagascar (SCEAM).
Le contexte historique de cette rencontre est la double célébration du cinquantenaire de
l’accession à la souveraineté nationale de nombreux pays africains et du centenaire de la
naissance de l’un de ses fils, homme de culture,- Alioune Diop - qui s’est illustré dans la
défense et la reconnaissance de la culture africaine en face d’un déni historique de culture et
d’humanité pour l’Homme Noir.
Une trentaine de participants, constitués de personnes ressources (Évêques, théologiens,
hommes et femmes de culture) venues de diverses régions africaines et aussi de la Diaspora,
étaient présents.
En sa séance inaugurale, le Colloque-atelier a été solennellement accueilli par l’ÉgliseFamille de Dieu qui est en Côte d’Ivoire, par son Exc. Mgr Jean-Pierre KUTWÃ, Archevêque
d’Abidjan, son Exc. Mgr Joseph AKE, Président de la Conférence Épiscopale de Côte
d’Ivoire, son Exc. Mgr Ambrose MADTHA, Nonce Apostolique et son Em. Bernard Cardinal
AGRE, Archevêque Émérite d’Abidjan. La Nation Ivoirienne, pour sa part, était représentée
par le Ministère de la Culture et de la Francophonie. Soulignant le lien intrinsèque entre
Culture et Développement et l’opportunité historique de la rencontre, les uns et les autres ont
formulé leurs bons vœux et souhaits pour la réussite des travaux. C’est à son Em. Théodore
Adrien Cardinal SARR qu’il est revenu de procéder à l’ouverture officielle du Colloqueatelier
Les messages venant de son Exc. Mgr Gianfranco RAVASI, Président du Conseil Pontifical
de la Culture et de son Exc. Mgr Robert SARAH, Secrétaire de la Sacrée Congrégation pour
l’Évangélisation des Peuples – lus respectivement par le Rev. Père Theodore
MASCARENHAS et le Rev. Père Massimo CENCI – a donné l’orientation du Colloque en le
situant dans le Projet global de l’enseignement et l’engagement social de l’Eglise.
Mgr Barthélemy ADOUKONOU, Secrétaire du Conseil Pontifical de la Culture, a ensuite
présenté le programme du Colloque. Il s’agissait de quatre sujets traités en conférences et
approfondis en panel :
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-
Culture africaine et Développement
L’impact de la globalisation sur les cultures, la recherche scientifique et le
développement en Afrique subsaharienne
Raison autonome et responsable dans la théologie africaine
Quel concept de culture pour quel développement ?
I - MESSAGES
Le premier message émanait de son Excellence Monseigneur Robert SARAH,
Secrétaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples. Ce message a été présenté
par le Révérend Père Massimo CENCI. De ce message, on peut retenir cinq principales
affirmations :
1/ La notion de Culture est aujourd’hui centrale dans tous les discours qui se font sur
l’homme et intéresse au plus haut point l’Église et en particulier la Congrégation pour
l’Évangélisation des Peuples et le Conseil Pontifical de la Culture.
2/ La Culture est une réalité vaste et pluridimensionnelle. Selon Gaudium et Spes, elle
embrasse tout ce dont l’homme se sert pour affiner et développer ses capacités, pour dominer
et soumettre le monde, pour promouvoir les progrès des mœurs et des institutions et enfin
pour exprimer et conserver les grandes expériences et aspirations spirituelles.
3/ Nous vivons aujourd’hui dans un monde en grande crise spirituelle où la personne
humaine n’est plus reconnue dans sa dignité de fils de Dieu.
4/ Toute vraie culture et tout développement authentique conduisent à travers une
éducation approprié à libérer l’homme de diverses formes d’esclavage et d’aliénation afin de
donner à la destinée humaine toute son ampleur et son achèvement.
5/ Notre travail doit tenir compte de l’aujourd’hui de notre Afrique et faire de nous des
veilleurs de nuit. A la question peut-on parler de culture africaine, trois tendances se
dessinent : la première dit non, la deuxième estime que la modernité n’a pas dévoré
l’Africanité et la troisième propose le métissage. Notre mission est d’aider l’Afrique à éviter
le naufrage culturel.
Son Exc. Mgr Robert SARAH formule les trois choix délicats auxquels sont
confrontés les Africains :
-
Rejeter la culture occidentale pour se replier dans la culture africaine
-
Se diluer dans la culture occidentale sous prétexte que la modernité a phagocyté
l’africanité
-
Accepter le métissage dans un monde globalisé.
Face à ces choix, Mgr SARAH rappelle l’enseignement du Magistère et met en garde contre
les tendances hégémoniques de l’Occident tant en matière politique, économique, sociale,
culturelle qu’éthique. Quoique fragile, l’Afrique peut et doit résister à cette hégémonie, avec
la force de l’Évangile.
La deuxième contribution est celle de son Excellence Monseigneur Gianfranco
RAVASI, Président du Conseil Pontifical de la Culture, lue par le Révérend Père Theodore
MASCARENHAS. Mgr RAVASI souligne l’importance décisive de cet atelier en vue de
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réfléchir et de creuser la réponse de l’Église aux défis qui émanent de l’interaction entre
développement économique et culturel. Il avance trois observations :
1/ Que ce colloque stimule l’Afrique à préserver son identité culturelle et spirituelle.
2/ Il souligne la place centrale de la personne humaine dans la question du
développement.
3/ Il souligne le lien fondamental entre le développement et le message évangélique.
En conclusion, la tâche qui nous incombe est de discerner comment l’Église
catholique peut être un catalyseur et un moteur d’un développement humain intégral. Elle
doit montrer le chemin pour sortir des ténèbres.
II. L’ECHO DES TRAVAUX
La première conférence a été prononcée par son Excellence Monseigneur Anthony OBINNA,
Archevêque de Owerri : « African Cultures and Development. The rectifying Challenge ».
Monseigneur OBINNA, dans un effort d’innovation sémantique, invite, face à la décadence
Culturelle actuelle, à une nouvelle anthropologie qui puise dans la sagesse africaine et dans la
sagesse biblique. Il s’agit là d’une véritable Cosmophilie, une nouvelle sagesse d’habiter le
monde à travers la théofiliation, la Christofiliation et la Confiliation. On découvre une
nouvelle parenté avec Dieu, on est invité à nous accueillir les uns les autres. C’est le refus de
toutes les déconnexions, les disjonctions et l’émergence d’une riche pensée en harmonie, une
pensée théofiliale. N’est-ce pas là le chemin du développement authentique ?
Un panel à deux voix a aidé les participants à approfondir la thématique.
1. « A Study of the Biblical and African Creation Myths in View of Culture and
Development » par Sister Teresa OKURE, Professeur d’Ecriture Sainte à Catholic Institute of
West Africa, Port-Harcourt (CIWA).
Elle a plaidé pour une nouvelle anthropologie à partir des récits de la Création qui
soulignent. Ce lien avec la terre qui est le lieu à partir duquel tous les êtres sont créés. Elle
souligne une interaction entre les mythes africains et les mythes bibliques de la création.
A partir de cette interaction elle avance des perspectives pour le développement
humain. Pour elle, la personne humaine est biologiquement une créature paire : hommefemme.
Cet aspect souligne leur complémentarité. Il n’est pas possible de penser création dans
la Bible et les mythes africains sans penser complémentarité Homme-Femme. Ces deux sont
comme les deux ailes qui peuvent permettre à l’oiseau de prendre son envol, ou permettre à
notre humanité de réaliser sa destinée.
Ces mythes peuvent être un lieu de rencontre avec d’autres croyances. Notre mission
est de proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ qui est le fondement de la Nouvelle
Création et le Principe de l’accomplissement de la personne humaine dans la Relation
Homme-Femme.
2. Le Père Bénézet BUJO, Professeur de Théologie morale et d’éthique sociale
(Université de Fribourg), dans sa contribution « Ressources culturelles africaines contre
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l’exploitation totale et totalitaire de la nature » a, pour sa part, souligné le rôle du Cosmos
dans le processus de la constitution de la personne humaine. Pour lui, l’homme est une
relation (Cognatus sum, ergo sumus). N’ignorant pas le négatif dans les traditions africaines,
il s’appesantit plus sur les valeurs. Il y dégage une Éthique Écologique qui souligne le fait que
le sort de l’homme est lié à celui de la nature. L’homme n’est pas sauvé si la création tout
entière n’est pas sauvé peut-on dire. A la suite de ce panel quelques questions ont été posées
notamment sur le lien entre les mythes bibliques et les mythes africains, l’éclairage sur la
confiliation entre nous et toute la création dans le Christ.
La deuxième conférence du Père Joseph NDI-OKALLA, Professeur de Théologie et
de missiologie (Grand Séminaire de Nkolbisson / Université Catholique de l’Afrique
Centrale) a porté sur le thème suivant : « L’Impact de la Globalisation sur les cultures, la
Recherche scientifique et le développement en Afrique subsaharienne ». En quatre points,
l’orateur nous a donné l’essentiel de son message : Les prolégomènes herméneutiques, le
travail de repérages terminologiques, l’impact et les traces de la globalisation sur l’Afrique à
travers les récits et enfin les défis de la pensée et de l’action ecclésiale. L’interpellation du
Professeur NDI-OKALLA mérite d’être rappelée : « A quelle vie et à quel salut peut
prétendre la Conditio Humana Africana ». S’appuyant sur Fabien EBOUSSI BOULAGA et
Paul RICOEUR, il plaide pour une approche critique de la tradition. Celle-ci doit se situer
entre ces deux « topoi » : les espaces d’expérience et l’horizon d’attente. Dans l’effort de
l’innovation sémantique qui le caractérise, il appelle l’Afrique et tous les acteurs en présence,
hommes de culture, scientifiques, éducateurs, pasteurs à se mobiliser pour un profond
discernement et un dialogue avec les nouvelles cultures qui traversent la réalité africaine. Il
faut se reconcentrer pour cela sur la formation et l’éducation des personnes. Les ressources
d’une ecclésiologie sociale telle que mise en œuvre par le 2ème Synode Africain sont ici d’un
grand apport.
Le panel qui a suivi a donné lieu à deux exposés. Le Père Édouard ADE, Professeur de
Théologie dogmatique et de Sciences Humaines (Université catholique de l’Afrique de
l’Ouest / Centre de recherches en inculturation) « Globalisation, identité culturelle africaine et
bonne gouvernance » a attiré l’attention sur le caractère holistique de la culture qui devrait
l’ouvrir à une universalité articulant harmonieusement les différences. Mais si le phénomène
de la mondialisation procède inéluctablement au nivellement culturel, c’est parce qu’il s’est
opéré dans l’histoire des grandes cultures européennes l’oubli du sujet culturel dans sa texture
socio-historique réelle. L’Afrique doit rester attentive à cette question du sujet qui est à la fois
témoin du passé, du présent et de l’avenir.
Madame Agnès ADJAHO, Femme de culture et anciennement Consulteur du Conseil
Pontifical de la Culture, a d’abord attiré l’attention des participants sur l’adhésion facile et
rapide à des concepts sans un effort critique de leur contenu.
Elle a indiqué l’importance de l’Église dans la société civile comme une force de
construction des forces démocratiques, de conscientisation. L’Église selon Monseigneur
Albert Rouet, doit veiller sur la vision de l’homme qu’on nous propose.
Le rôle de la société civile devient celui de veilleur et d’éveilleur. Cela invite à veiller
sur la création et à s’engager dans le champ politique à la lumière de l’Évangile.
La troisième conférence est celle de son Exc. Mgr Jean MBARGA, Evêque d’Ebolowa
(Cameroun) et Consulteur du Conseil Pontifical de la Culture. C’est un appel à une théologie
africaine qui honore les exigences de la rationalité, et qui articule Africanité et universalité
En soulignant l’humanité de la théologie africaine, il nous rend attentif aux pièges qui guettent
le travail des théologiens africains. Il retient que la théologie africaine a une vocation
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africaine, elle a une vocation spirituelle et scientifique. Elle comporte également une vocation
à la rationalité et une vocation ecclésiale.
Elle pourrait apporter sa contribution à l’élaboration d’un Compendium des valeurs
africaines, à la réception et à l’inculturation des documents du Magistère, et trouver une
réponse aux grandes questions notamment celles de la gestion administrative et économique
des Eglises d’Afrique, de l’idéologie du Genre et de la Communauté Internationale. Elle doit
veiller à la synergie entre théologiens et pasteurs africains.
Le troisième panel nous a amené à revisiter la théologie de l’inculturation et celle de la
libération. Comment perçoivent-elles le développement ?
Le premier exposé donné par le Père Léonard SANTEDI, Secrétaire Général de la Conférence
Episcopale de la RD Congo et membre de la Commission Théologique Internationale, a
donné les fondements théologiques de l’inculturation qui est une nouvelle Pentecôte, porteuse
d’avenir. Elle invite à un travail rigoureux de rationalité, d’approche créatique du réel social,
d’inventivité poétique (au sens étymologique du terme) et d’orthopraxis. L’inculturation est
exigence de vie et don de soi, une véritable spiritualité. En somme, l’orateur nous a fait
percevoir l’inculturation comme une œuvre globale, au sens où l’entend Ecclésia in Africa.
Le Père Bede UKWUIJE, Professeur de Théologie et Responsable de Formation à la Spiritan
International School of Theology, ATTAKWU, ENUGU, a présenté les théologies africaines
de la libération dans ses diverses versions géographiques et thématiques ; libération de
l’apartheid, libération socio-politique, libération anthropologique, reconstruction. Pour les
théologiens de la libération, l’évangile invite à plus d’humanité. Alors, l’Église se doit d’être
aux fronts politiques, économiques, sociaux. Le combat culturel ici n’est pas quête d’identité,
mais créativité. L’orateur propose quatre voies pour approfondir cette perspective
théologique :
-une lecture éclairée de la Parole de Dieu qui mette à l’abri d’interprétations ésotériques et
démobilisatrices de la Bible ;
-une théologie de l’histoire, fondée sur une mémoire pascale, ouverte à l’histoire blessée
universelle et libératrice d’avenir ;
- une anthropologie renouvelée par l’évangile,
- une théologie politique qui préciserait bien ses fondements christologiques et la mission
prophétique de l’Église dans la société, particulièrement dans ses relations avec les instances
politiques.
La quatrième conférence prononcée par son Em. Théodore Adrien Cardinal SARR
(Archevêque de Dakar et Vice-Président du SCEAM) avait pour titre : « quels concepts de
culture pour quel développement » ? Cinq points essentiels se dégagent de cette conférence :
-le lien intrinsèque entre culture et développement. Il n’existe pas de développement sans
culture.
-un questionnement crucial : mais quelle culture pour quel développement ? Faut-il se
dissoudre dans la mondialité avec sa culture de la violence et son développement
déshumanisé ? Faut-il se replier sur soi-même dans une sorte de refus de l’altérité ?
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- dans le patrimoine culturel, il existe des éléments qui peuvent contribuer au développement
intégral de l’homme africain, personnel et communautaire (famille, solidarité..). Mais ces
éléments doivent être relus de manière critique, dans l’ouverture à la science et à la
technologie. Ce patrimoine ne doit pas être confondu avec des éléments de la culture mal
éclairés ou dévoyés que véhiculent par exemple les Nouvelles Religiosités ;
-le rôle important des lieux d’intelligence (comme les universités) et de gestion (décideurs
socio-politiques) dans l’émergence d’une culture de développement ;
- le lien entre l’intelligence et l’amour : un amour plein d’intelligence, une intelligence
pleine d’amour
Le quatrième panel a reçu les contributions du Professeur Honorat AGUESSY et du Père
Léon DIOUF
« Négritude et panafricanisme : quel impact sur le devenir socio-politique et économique
depuis 50 ans ? » Pour le Professeur (Directeur de l’Institut pour le Développement et les
Échanges Endogènes, Ouidah), l’Afrique est dotée d’immenses richesses humaines,
matérielles, économiques, culturelles, spirituelles. Comment les gérer ces immenses ? Par une
culture et un développement endogènes : on ne développe pas, on se développe (Ki zerbo).
Seules des « masses critiques » peuvent réussir ce développement endogène du continent.
Elles vivent de la dynamique de la négritude et du panafricanisme dont le Professeur nous a
montré de manière diachronique et synchronique, les immenses potentialités.
Le Père Léon DIOUF (Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest, Sénégal), dans sa
contribution, « Quelles cultures pour quel développement ? », a envisagé la culture comme
milieu, au sens écologique du terme. Ce qui ouvre la voie à la perspective d’un
développement durable auquel contribuent les religions comme source de civilisations,
comme le pensait déjà Alioune Diop. Elles seraient source d’un développement personnel,
intégral, solidaire, dans l’égale dignité humaine, homme et femme.
Le Père DIOUF a également rappelé que la crise économique a un soubassement politique,
social, ethico-religieux qu’il faut prendre en compte. N’est-ce pas l’occasion d’une solidarité
effective entre Églises d’Afrique ?
Tout au long du Colloque des travaux en ateliers et en carrefours ont permis aux participants
de débattre sur les différents points, de faire remonter le fruit de leur partage et de formuler
des propositions ; tout ceci sous la présidence de trois modérateurs : Cardinal SARR, Mgr
OBINNA et Mgr MBARGA. Le vœu a été émis de voir s’engager toutes les forces vives
(Gouvernement, Société Civile, Église) dans la réalisation de ce projet.
Trois autres contributions sont venues enrichir les travaux du Colloque-atelier : celles de Son
Exc. Mgr Augustine AKUBEZE, Évêque de Uromi (Nigeria), de Son Excellence, Monsieur
Théodore LOKO, ambassadeur du Bénin, près le Saint Siège, et du Père Paulin POUCOUTA,
Professeur d’Écriture Sainte à l’Université Catholique d’Afrique Centrale.
Le premier, dans « Culture and Development in Africa », montre la nécessité d’une culture
viable pour un développement significatif de nos peuples. Ce qui passe par une analyse
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rigoureuse du contexte historique et socio-culturel de nos milieux. Il faut allier la fierté de
notre culture à une analyse critique de cette culture. L’éducation est la clé de voute de ce
travail. L’Église ne devait-elle pas aider à l’engendrement de cette culture africaine de
développement ?
Pour Son excellence, Monsieur l’ambassadeur, « Culture, Développement et capital social »,
le Forum de 2011 devait s’atteler à former le capital social en Afrique, en ses divers liens :
-le lien entre le capital social et le développement à la base,
-le lien entre la classe sociale et la consolidation démocratique,
-le lien entre l’engagement social et la sainteté, comme nous y invite le témoignage de Robert
Schumann, Père de l’Union Européenne, ami d’Alioune Diop, et de l’Ancien Président
tanzanien Julius Nyerere.
Parlant de « Culture et développement à la lumière de la Parole de Dieu », le Père Paulin
POUCOUTA a indiqué que la Bible est un paradigme de l’articulation entre foi et
transformations socioculturelles. Israël a emprunté aux sagesses des peuples voisins. Mais la
relecture qu’il fait de cet emprunt à la lumière de l’Alliance crée une nouvelle dynamique, une
nouvelle culture. Le développement auquel aspire l’Afrique relève de mécanismes
socioéconomiques et culturels fort complexes. Et si la Parole de Dieu n’en donne pas les clés
tout faits, elle en révèle la dynamique qui est celle d’une double conversion personnelle et
communautaire. Si l’Afrique regorge de ressources naturelles, humaines et spirituelles, le
levier qui lui manque peut-être pour se soulever et se développer, est celui d’une spiritualité
libératrice d’une culture du développement. Et si l’Église en témoignait !
III. VERS LA CREATION DU FORUM
Choix des membres du comité de pilotage
A la suite des travaux, il a fallu procéder à une consultation de l’assemblée pour désigner et
établir un Comité de pilotage du Projet du Forum « Culture et Développement ». Mgr
Barthélémy ADOUKONOU a précisé auparavant les critères de choix des membres de
premier comité de gestion : ecclésialité, compétence, expertise, passion, représentativité
géoculturelle, base institutionnelle. Les sept membres de ce comité sont : Edouard ADE, Léon
DIOUF, Joseph NDI-OKALLA, Teresa OKURE, Paulin POUCOUTA, Léonard SANTEDI,
Bede UKWUIJE.
Objectif et Projet de Plan d’Action
Le dernier jour des travaux a été consacré à une vaste consultation des participants sur la
méthode et les moyens à mettre en œuvre pour élaborer un Plan d’Action jusqu’à la création
du Forum. Sous la Présidence du Cardinal SARR, Mgr ADOUKONOU et le Père
MASCARENHAS du Conseil Pontifical de la Culture ont aidé les participants à reformuler le
Projet et à mieux l’inscrire dans les dynamiques ecclésiales, sociales, culturelles locales.
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Tous ont convenu du principe de subsidiarité non sans compter sur la solidarité locale et
internationale pour la réalisation de ce Projet. Il faudra donc compter sur les contributions de
toute l’Afrique mais aussi trouver des mécènes, en partenariat. Un Plan d’Action reposant sur
des Commissions de travail (Organisation, Commission scientifique, Communication,
Secrétariat, Finances) et se donnant des rythmes et des délais d’exécution, devra être validé
dans les mois prochains.
LES PARTICIPANTS AU COLLOQUE-ATELIER
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