Ecole supérieure de commerce
Cours de macroéconomie
Première année Master
Document d’appui au cours
Préparé par
Pr ILMANE Mohamed-Chérif
Décembre 2011
Avant propos
Ce document comprend deux parties : une parie théorique et une partie appliquée.
La partie théorique consiste en un exposé concis sur l’équilibre macroéconomique.
L’exposé débute par l’étude des agrégats macroéconomiques à travers les principales
opérations (sur biens et services, financières et en capital) et les comptes des agents
économiques. Ces opérations sont ensuite traduites en termes de circuit macroéconomique
afin de visualiser les interdépendances entre agents économiques.
Après cette étude de nature comptable, vient l’exposé de la théorie économique : c’est-à-dire
l’étude des comportements des différents agents économiques.
L’approche privilégiée est l’approche keynésienne suivant le modèle IS–LM.
La démarche pédagogique adoptée consiste à évoluer étape par étape du plus simple : une
économie fermée, sans Etat et des prix constants, au plus complexe : introduction de l’agent
Etat via la politique économique, ouverture de l’économie aux échanges avec le reste du
monde, variation des prix, taux de change,…
La partie appliquée porte sur l’analyse de la réalité algérienne. Il s’agit plus précisément
d’un exposé sur l’équilibre ressources emplois. Un exemple détaillé pour l’année 2005 a été
fourni afin de permettre aux candidats de tester leurs connaissances, il est mis à leur
disposition la batterie complète de données relatives à la période 2006 -2010.
I – Agents et agrégats macroéconomiques
I – 1 – Opérations (sur biens et services, financières et en capital) et comptes d’agents
Opérations et comptes d’agents
Entreprises
Emplois
Salaires………………………W
Taxes et Impôts……………...Te
Dividendes…………………Dm
Intérêts versés……………...Rbe
Epargne :…………………….Se
Investissements……………...I
Monnaie………………....∆Me
Emplois
Ressources
Production (VA) : ………………Y
Epargne :……………………….Se
Crédits bancaires :………… ..∆Cre
Titres :……………………….∆Be
Ménages
Ressources
Consommation : ………………..C
Impôts et taxes :……………….Tm
Intérêt payés :………………..Rbm
Epargne………………………..Sm
Salaires :………………………..W
Traitements :……………………Tr
Dividendes :……………… ….Dm
Titres :………………………∆Bm
Monnaie :……………… …∆Mm
Epargne :………………………Sm
Crédits :…………………….∆Crm
Emplois
Système bancaire
Ressources
Réserves de change :…………∆FA
Intérêts reçus :………Re + Rm = Rb
Epargne………………………….Sb
Crédits :…∆Cre+∆Crm+∆Crg = ∆Cr
Titres :………………………….∆Bb
Monnaie :………∆Me + ∆Mm = ∆M
Emplois
Administrations
Dépenses publiques :……………G
Epargne :……………………….Sg
Ressources
Impôts et Taxes :…….Te+Tm = T
Epargne……………………….Sg
Titres :……………………….∆Bt
Crédits/ avances…………∆Crg
Emplois
Reste du monde
Exportations B&S :……………...EX
Ressources
Importations B&S :…………….IM
Excédent courant……………….Exc
I – 2 – Circuit macroéconomique : flux monétaires et financiers
Compte capital…………………∆Bk
Excédent courant………………..Exc
Réserves de change :…………..∆FA
CIRCUIT MACROECONOMIQUE : flux
RESTE
DU
MONDE
∆FA (-)
monétaires et financiers
EX
BIENS
&
SERVICES
IM
C
I
W+ DIVID.
M
E
N
A
G
E
S
Tm
∆Bm
Y
Te
Trait.
Marché
Financier
∆Bb
ETAT
∆Bg
∆Crm
∆Mm
G
∆Crg
Marché du
Crédit
∆Cre
∆Me
Marché
Monétaire
∆M
∆Be
∆Cr
Re
∆FA (+)
INSTITUTIONS FINANCIERES
E
N
T
R
E
P
R
I
S
E
S
II – De la comptabilité aux comportements
Contrairement au comptable qui raisonne ex post, l’économiste raisonne ex ante. Le comptable
travaille sur les données ou les faits réalisés. L’économiste travaille sur les mécanismes
d’ajustement des différentes variables économiques en recherchant les causes qui conduisent
aux résultats comptables. Pour cela, l’économiste considère les comportements des agents
économiques.
Mais alors que le comptable est exhaustif, l’économiste raisonne généralement en termes de
moyenne. Aussi, n’étant pas en mesure, voire qu’il n’est pas nécessaire, de capter la réalité dans
tous ses détails, l’économiste, en scientifique, recourt à la simplification, à l’abstraction : il
élabore une théorie. Pour revenir à la réalité et en faire l’analyse, l’économiste recourt à un
instrument opérationnel : le modèle.
L’élaboration d’une théorie et donc la construction d’un modèle, consiste à faire des
hypothèses sur les comportements des agents économiques.
Pour que le modèle soit le plus réaliste possible, il faut que les hypothèses sur lesquelles est
assis reflètent le mieux possible les comportements en question. Il est évident que plus les
hypothèses sont réalistes, c’est-à-dire plus on se rapproche de la réalité, plus le modèle devient
complexe. Il vient un moment où la complexification ne servirait à rien, car elle n’apporte pas,
ou pas suffisamment, d’informations supplémentaires qui amélioreraient de manière
pertinente la compréhension du phénomène étudié. Il n’est donc pas utile de compliquer le
modèle si le coût de cette complexification est supérieur au gain en informations qu’elle
permet.
Sur le plan pédagogique, il est impératif d’aborder le problème de manière la plus simple
possible, c’est-à-dire la plus abstraite possible, pour repérer, isoler le mécanisme de base. Il
s’agira, ensuite, d’accroître la complexité en procédant au "relâchement" des hypothèses.
A propos du sujet qui nous réunis ici : l’analyse macroéconomique, nous procéderons de la
manière suivante :
1. nous considérerons d’abord une économie fermée et sans l’agent Etat ;
2. nous introduirons ensuite l’Etat, tout en gardant l’hypothèse d’économie fermée ;
3. enfin, nous intégrerons les relations économiques avec le reste du monde.
Outre ces hypothèses d’ordre plutôt pédagogique, nous supposerons que les prix demeureront
constants. Cette hypothèse forte peut se justifier car nous raisonnerons dans l’hypothèse du
court terme. Nous y reviendrons lorsque nous aurons levé toutes les hypothèses simplificatrices.
Après l’exposé théorique soutenu par des exercices fictifs pour fixer les idées, nous
procéderons à une application au cas algérien. Cette application portera sur l’équilibre
macroéconomique pour les années 2004 – 2007 et les politiques monétaire et budgétaire durant
les mêmes années. La discussion sera précédée par un exposé succinct sur l’évolution
macroéconomique 1990-2006, en mettant l’accent sur la période de stabilisation 1994-1998.
Aussi, un exposé concis sera consacré au taux de change du DA.
II – 1 – Une économie monétaire fermée sans Etat
Partant du tableau économique d’ensemble et du circuit macroéconomique exposés
précédemment, notre économie comprendra deux agents et deux marchés.
Les deux agents sont :
– les entreprises qui produisent ou offrent les biens et services (Q) de valeur (YS)
qu’elles distribuent sous formes de revenu aux ménages, et investissent (I) ;
– les ménages qui affectent une partie de ce revenu à la consommation finale (C) et en
épargne le reste (S).
Les deux marchés sont :
– le marché des biens et services où l’offre globale (YS) rencontre la demande globale
(YD) constituée de la demande de consommation des ménages (C) et de la demande
d’investissement des entreprises (I) ;
– le marché monétaire où sont confrontées la demande totale de monnaie (MD ) qui
émane en partie des ménages (MDm) et en partie des entreprises (MDe) et l’offre de
monnaie (MS) émanant du système bancaire.
L’hypothèse supplémentaire faite ici est que le marché financier et le marché du crédit, de
même que les intermédiaires financiers (le système bancaire) sont confondus dans le marché
monétaire.
Dans le cadre de ces hypothèses, l’équilibre du marché des biens et services et l’équilibre du
marché monétaire sont les suivants.
Pour le marché des B & S, on aura :
– l’offre globale :
Ys = C + S ;
– la demande globale :   = C + I.
A l’équilibre, on aura:
Ys = 
 C+S=C+I

S = I.
Pour le marché monétaire, on aura :
– l’offre totale de monnaie : MS ;
d
– la demande totale de monnaie : M  = Mm
+ Med .
A l’équilibre, on aura :
 M  = MS
Considérons à présent les comportements de nos agents économiques.
Commençant par ceux des ménages quant à leur demande de biens et services.
Les ménages fondent leurs décisions de consommation sur la base essentiellement de leur
revenu. On peut dire donc que la consommation est fonction du revenu et écrire :
C = C(Y)
Mieux encore, on peut affirmer que les ménages augmentent leur consommation quand leur
revenu augmente. Cela veut dire que la consommation est liée positivement au revenu. Mais,
on comprendra que ces ménages n’affectent pas à la consommation toute l’augmentation du
revenu. Ainsi quand le revenu augmente de ∆Y, la consommation augmente de ∆C, avec :
∆C / ∆Y < 1
C’est ce rapport, appelé propension marginale à consommer, qui décrit le comportement
des ménages en matière de consommation et que nous symboliserons par la lettre (c) :
 0<c<1
Il s’agit de la proportion de leur revenu que les ménages consacrent à la consommation finale.
On peut supposer également qu’il y a un niveau minimum incompressible de consommation,
au dessous duquel les ménages n’accepteront pas de réduire leur consommation même si leur
revenu est nul. Ceci est valable à court terme dans la mesure où ce minimum peut être financé
par une désépargne ou un crédit qui n’est autre qu’une future désépargne. Nous appellerons ce
niveau minimum de consommation la consommation autonome (par rapport au revenu) que
nous symboliserons par la lettre (C0).
En réunissant les différentes informations, nous pouvons spécifier la fonction de
consommation comme suit :
C = C(Y) = cY + C0
L’on sait que l’autre part du revenu non consommée est affectée à l’épargne. A l’instar de la
décision de consommation, nous appellerons cette part : propension marginale à épargner
et nous la symboliserons par la lettre (s). On aura :
0 < s < 1, avec c + s = 1
 s = 1-c.
Nous pouvons formuler et spécifier la fonction d’épargne comme suit :
S = Y – C = Y – C(Y)  S = S(Y)  S = Y – cY – C0
 S = (1 - c)Y - C0
Voyons à présent ce qui en est des entreprises
Les entreprises prennent leurs décisions d’investissement fondamentalement en comparant
le loyer de l’argent, le taux d’intérêt (i), nécessaire pour financer cet investissement et le
rendement attendu (r) de ce dernier. On comprend que plus le taux d’intérêt est bas plus les
entreprises investissent. Mais plus l’investissement s’élève plus son rendement baisse. Il y a
donc un certain volume d’investissement pour lequel s’égalisent le taux d’intérêt et le taux de
rendement.
On comprend dès lors que si le taux d’intérêt s’élève et devient supérieur au taux de
rendement, le volume de l’investissement baissera de manière à obtenir un taux de rendement
qui soit au moins égal au nouveau taux d’intérêt. La baisse du taux d’intérêt conduira à un
processus inverse.
Nous déduisons de ce raisonnement que l’investissement dépend négativement du taux
d’intérêt.
Nous pouvons donc formuler la fonction d’investissement comme suit :
 I = I(i)
Comme pour les ménages, on peut accepter que les entreprises réalisent un minimum
d’investissement quel que soit le taux d’intérêt. Appelons ce minimum d’investissement :
investissement autonome (par rapport au taux d’intérêt) et symbolisons-le par (I0).
En réunissant les informations précédentes, on peut spécifier la fonction d’investissement
comme suit :
I = I(i) +(I0)  I = αi + I0, avec α <
L’équilibre du marché des biens et services
Nous savons déjà que l’équilibre du marché des biens et services est atteint lorsque s’égalisent
l’investissement et l’épargne :
S=I
En remplaçant ces deux variables par leurs fonctions respectives, on aura :
(1 - c)Y - C0 = I(i) +I0
En résolvant cette équation pour Y, on obtient:
Y=
 +  + 
–
C’est ce que l’on appelle l’équation IS.
La courbe correspondante à cette équation, appelée courbe IS, est de la forme :
i
IS
Y
La pente de la courbe IS est négative car (α) est négative.
L’équilibre du marché monétaire
La demande de monnaie émane à la fois des ménages et des entreprises, tandis que l’offre de
monnaie, elle, émane du système bancaire.
Commençons par la demande de monnaie.
La monnaie est demandée pour divers motifs, en particuliers pour le motif de règlement de
transactions courantes, mais également pour le motif de précaution, voire de spéculation. Il est
évident que la quantité de monnaie demandée est unique puisque les unités qui la composent
sont identiques et remplissent de la même manière toutes les fonctions : de mesure de valeurs,
de moyens de paiement et de réserve temporaire de valeurs.
Mais pour des raisons pédagogiques, nous ferons les hypothèses simplificatrices suivantes:
1. la première hypothèse consiste à considérer la demande globale de monnaie pour les
deux groupes d’agents ;
2. la deuxième consiste à considérer la forme additive de cette demande ;
3. la troisième consiste à mettre en avant les deux principaux motifs à savoir le motif de
transaction et celui de spéculation.
A partir de ces hypothèses, nous aurons :
– une demande de monnaie pour les transactions que nous symboliserons par (LT) ;
– une demande de monnaie pour la spéculation que nous symboliserons par (LS ).
NB : nous utiliserons dans le reste du texte la lettre « L » pour la demande de monnaie
= demande de liquidité ou encore préférence pour la liquidité.
Il reste maintenant à étudier les comportements relatifs à chacune de ces demandes de
liquidité et à en définir les variables explicatives.
Concernant la demande transactionnelle, l’on comprend facilement qu’il s’agit de la
somme de monnaie nécessaire aux règlements de différents achats de biens et services durant
une période donnée (une semaine, un mois,….). S’agissant donc de transactions courantes, la
variable principale sur laquelle les agents économiques peuvent fonder leur décision de
demande de monnaie pour y faire face est leur revenu. Or, nous savons déjà que plus le
revenu augmente, plus ces agents accroissent leur demande de biens et services. Mais, plus ils
augmentent leur demande de biens et services, plus ils auront besoins de monnaie pour leurs
règlements. Par conséquent, plus le revenu augmente, plus la demande de monnaie
transactionnelle augmente.
Nous pouvons donc formuler cette demande comme suit :
LT = f(Y)
Où LT dépend positivement de Y.
On peut aller plus loin dans la simplification en considérant que cette demande de monnaie
constitue une fraction (β) du revenu.
Cette fonction peut donc être spécifiée comme suit :
LT = βY, avec 0 < β < 1
Concernant la demande spéculative, l’on doit faire un petit détour pour mettre en évidence
les comportements des spéculateurs et les variables sur lesquelles ils fondent leurs décisions.
Considérons que la spéculation consiste à arbitrer entre le placement d’une somme de
monnaie : M =1000 DA sur le marché monétaire pour un taux d’intérêt (i) ou l’achat d’un
titre : une obligation, par exemple sur le marché financier, dont la valeur nominale est N =
1000 DA et le rendement (fixe) est (r). Il est clair que notre spéculateur prendra sa décision
en comparant les deux rendements.
Partons de la situation d’équilibre où :
M . i = N . r  M = (⁄)N
En fait, cette formule donne le cours (C) du titre sur le marché financier :
C = (⁄)N
Ainsi, quand le taux d’intérêt prévalent sur le marché monétaire est égal au rendement du titre
obligataire, le cours de ce dernier sera égal à sa valeur nominale ou faciale:
i=r  C=N
Dans ce cas, le spéculateur est indifférent quand à l’un ou l’autre placement.
Deux autres cas, plus intéressants, peuvent cependant se présenter à lui :
1. le cas où le taux d’intérêt s’élève :  i > r  C < N ;
2. et le cas où le taux d’intérêt baisse :  i < r  C > N ;
Dans le premier cas, le spéculateur achète le titre, qui lui coûte moins que sa valeur faciale;
dans le deuxième cas, il vent le titre et récupère la somme initiale de monnaie avec un gain.
Ce que l’on constate est que notre spéculateur réduit sa demande de monnaie quand le taux
d’intérêt s’élève ; il fait l’inverse quand ce taux baisse.
Nous déduisons de ce qui précède que la demande de monnaie pour la spéculation dépend
négativement du taux d’intérêt.
Comme pour la demande de monnaie pour les transactions, nous adoptons une spécification
simple pour la demande de monnaie pour la spéculation où nous considérons que cette
dernière est un multiple (γ) du taux d’intérêt. Par ailleurs, on peut envisager le fait que notre
spéculateur détienne par devers lui une somme de monnaie, indépendamment du taux
d’intérêt, que nous appellerons une demande autonome de liquidité et symboliserons par (L0).
Finalement, nous obtenons la fonction de demande de liquidité pour le motif de spéculation
suivante :
LS = γi + L0, avec γ < 0
La demande globale de liquidité et la somme des deux demandes que nous venons de définir
et de spécifier, soit :
LT + LS = L = βY + γi + L0
Voyons à présent ce qui en est de l’offre de monnaie.
L’offre de monnaie est le fait du système bancaire. Généralement, on fait l’hypothèse que
l’offre de monnaie est décidée par le système bancaire de manière autonome (par rapport
agents demandeurs de monnaie). On parle alors d’exogènéité de l’offre de monnaie. Bien que
cette hypothèse soit controversée, nous continuerons, pour la simplicité, à l’adopter. Par
conséquent, nous aurons une fonction d’offre de monnaie de la forme :
MS = M0
L’équilibre du marché monétaire
Maintenant que nous disposons de l’offre et de la demande de monnaie, nous pouvons établir
l’équilibre du marché monétaire. Cet équilibre est obtenu quand la demande de monnaie est
égale à son offre :
L = MS = βY + γi + L0 = M0
En résolvant cette équation pour le revenu Y, on aura :
Y=
 −  − 

A l’instar de l’équation IS, cette équation est appelée l’équation LM.
On constate que contrairement à la courbe IS, la relation entre le revenu et le taux d’intérêt
dans le cas de l’équation LM est positive (γ est négatif mais affecté d’un signe négatif).
Nous pouvons tracer la courbe de cette équation, que nous appellerons la courbe LM, comme
suit :
LM
i
Y
L’équilibre simultané des marché des biens et services et de la monnaie
Maintenant que nous avons obtenu les équilibres des marchés des biens et services et
monétaire de manière séparée, nous pouvons passer à l’étape suivante : l’équilibre
simultanée des deux marchés.
D’ailleurs, si vous avez bien remarqué, les équilibres séparés sont en fait indéterminés car il y
a une infinité de solutions. Or, on ne peut avoir, dans la réalité, qu’un seul équilibre à la fois :
c’est-à-dire une seule valeur pour les différents variables : Y, i, C, C0, S, I, I0, L, LS, LT, M0.
C’est justement la confrontation des deux équilibres précédents qui permettra d’obtenir cette
solution unique.
En reprenant les deux équations décrivant ces deux équilibres et en les égalisant, on aura :
 −  − 

=
 +  + 
–
En résolvant pour le taux d’intérêt, on aura :
i=
(−) ( −  ) −  ( +  )
(−) + 
Le taux d’intérêt est donc défini puisqu’il ne dépend maintenant que des constantes et des
paramètres. Une fois la valeur du taux d’intérêt est calculée, on peut calculer celle du revenu
en utilisant l’une ou l’autre équation IS ou LM.
Graphiquement, on peut représenter l’équilibre simultané des marchés monétaire et des biens
et services comme suit :
i
LM
IS
i*
Y*
Y
Exercices :
1. supposer un choc exogène consistant dans l’accroissement de l’investissement
autonome ;
2. supposer un autre choc exogène consistant dans la baisse de l’offre de monnaie.
II – 2 – Une économie fermée avec l’agent Etat
Parmi les deux hypothèses simplificatrices, à savoir l’absence de l’Etat et l’absence des
échanges internationaux, nous relâcherons la première. Ceci nous rapprochera davantage de la
réalité.
L’introduction de l’Etat aux côtés des ménages et des entreprises impliquera l’élargissement
de notre modèle qui inclura de nouvelles variables pour exprimer la présence de ce nouvel
agent économique.
Deux principales variables caractérisent l’intervention de l’Etat dans l’économie :
1. les dépenses publiques, que nous symboliserons par la lettre (G) ;
2. les impôts et taxes qu’il prélève pour financer ses dépenses et que nous
symboliserons par la lettre (T).
La question qui se pose maintenant est de savoir quelles hypothèses raisonnables peut-on
faire sur le comportement de l’Etat ?
Concernant les dépenses, nous pouvons considérer que le comportement de l’Etat est
autonome, du moins par rapport aux deux variables finales que sont le revenu et le taux
d’intérêt. Par conséquent, la fonction des dépenses publiques sera :
G = G0
Quant aux impôts et taxes, il est raisonnable de considérer qu’ils constituent un pourcentage
du revenu national. C’est d’ailleurs ce que l’on constate dans la pratique : le taux de TVA, de
l’IRG, du BIC,… Mais pour les besoins de notre modèle, nous nous simplifierons la tâche en
considérant un taux d’imposition moyen unique, soit (t), ce qui nous permet de formuler et
spécifier la fonction des impôts et taxes comme suit :
T = tY, avec 0 < t < 1
Avec l’intervention de l’Etat, la répartition du revenu national (l’offre) changera par rapport
à la situation précédente, car une partie sera allouée à cet agent. La nouvelle répartition sera :
Ys = C + S + T
De même, la demande globale des biens et services inclura la nouvelle demande émanent de
l’Etat, soit :
Yd = C + I + G
Le nouvel équilibre du marché des biens et services sera :
Ys = Yd 
C+S+T=C+I+G
 S+T=I+G
L’intervention de l’Etat aura une troisième modification importante. En effet, alors
qu’auparavant les ménages disposaient de tout le revenu national (sous forme de salaires et de
dividendes), ils se voient maintenant ponctionnés d’une bonne partie au profit de l’Etat.
Nous parlerons dans ce cas du revenu disponible que nous symboliserons par (Yd) :
Yd = Y – T = Y – tY = (1 – t)Y
De ce fait, aussi bien la consommation que l’épargne des ménages se modifieront comme
suit :
C = cYd + C0  C = c(1 – t)Y + C0
S = Yd – C  S = (1 – c)(1 – t)Y – C0
Nous pouvons maintenant spécifier ce nouvel équilibre comme suit :
S+T=I +G
 (1 – c)(1 – t)Y – C0 + tY = αi + I0 + G0
 +  +  + 
Y=
 –  + 
Il s’agit là de la nouvelle équation (IS) qui a la même forme que l’ancienne bien qu’elle
contienne un nouvel argument (G0) et un nouveau paramètre (t) liés à la présence de l’Etat.
Qu’en est-il du marché monétaire ?
La situation du marché monétaire ne change pas car la monnaie est offerte et demandée par
rapport à tous le revenu national quelque soit sa répartition entre agents économiques. Puisque
nous n’avons pas introduit de changements dans les comportements de ces agents, l’équation
(LM) décrivant l’équilibre de ce marché et donc la courbe qui la représente ne changeront pas.
Et l’équilibre simultané des deux marchés ?
L’équilibre simultané des marché des biens et services et de la monnaie est obtenu par la
résolution simultanée des deux équations décrivant leurs équilibres séparément, soit :
 +  +  + 
 –  + 
i=
=
 −  − 

( −  )( –  + ) – ( +  +  )
  + ( –  + )
Le taux d’intérêt est défini puisqu’il ne dépend que des constantes et des paramètres. Une fois
(i) est calculé, on peut calculer le revenu (Y) à l’aide de l’une ou l’autre équation (IS) ou
(LM).
Exercices
Soit une économie fermée caractérisée par les relations et les données suivantes :
C = 0,8Yd + 100 ; I = 150 – 600i ; LT = 0,2Y ; LS = 50 – 200i ; T = 0,25Y; M0 = 200; G0 =
100.
1) Formez les équations IS et LM et dessinez les courbes correspondantes.
2) Calculez Y*, i*, C*, S*, I*, LT * et LS *.
III – La politique économique
La politique économique est le fait de l’Etat. Celui-ci assure traditionnellement trois
principales fonctions :
– la fonction d’allocation (des ressources) à l’aide des dépenses d’équipement,
notamment en infrastructures, de subventions, de capitalisation d’entreprises
publiques…, ce qui lui permet d’orienter l’activité économique et donc d’orienter
l’allocation des ressources ;
– la fonction de redistribution (du revenu national) à l’aide de la fiscalité et des
transferts, notamment sociaux ;
– la fonction de stabilisation (macroéconomique) à l’aide de la dépense publique, du
déficit budgétaire et de son financement.
C’est cette dernière fonction que nous retiendrons dans le présent exposé. Cette fonction
consiste dans l’intervention de l’Etat notamment pour soutenir la croissance économique
(accroitre le PIB), l’emploi (ou réduire le chômage), contrôler le mouvement des prix
(combattre l’inflation). Il s’agit d’une politique économique conjoncturelle qui se décline
essentiellement en politique budgétaire et en politique monétaire.
La politique budgétaire agira à travers la dépense publique et/ou le taux d’imposition, tandis
que la politique monétaire agira à travers l’offre de monnaie.
Les hypothèses que nous avons faites quant à l’exogènéité de l’offre de monnaie, de la
dépense publique et du taux d’imposition nous permettront d’envisager facilement la conduite
de la politique économique. Comme d’habitude, nous procéderons par étape.
Dans un premier temps, nous aborderons la politique budgétaire, puis la politique monétaire et
ce, de manière séparée, c’est-à-dire sous l’hypothèse ceteris paribus (toutes choses égales par
ailleurs).
Dans un deuxième temps, nous considérerons les deux politiques à la fois : ce que l’on appelle
la Policy-mix.
III – 1 – La politique budgétaire
L’Etat peut influencer l’activité économique en faisant varier soit ses dépenses, soit le taux
d’imposition ou les deux à la fois.
Considérons les deux premiers cas en commençant par celui des dépenses publiques et ce, à
travers l’exemple chiffré étudié précédemment.
A – La variation des dépenses publiques
Considérons une augmentation des dépenses publiques : ∆G0 = 50.
1) Formez la nouvelle équation IS et déterminez graphiquement le nouveau point d’équilibre.
2) Calculez les nouvelles valeurs de Y*, i*, C*, S*, I*, LT * et LS *.
3) Commentez les résultats.
B – La variation du taux d’imposition
Supposons une réduction du taux d’imposition (t) de 5 points de pourcentage.
1) Formez la nouvelle équation IS et déterminez graphiquement le nouveau point d’équilibre.
2) Calculez les nouvelles valeurs de Y*, i*, C*, S*, I*, LT * et LS *.
3) Commentez les résultats et comparez-les aux résultats précédents.
III – 2 – La politique monétaire
Soit une politique monétaire expansive qui consiste à accroître l’offre de monnaie de :
∆ M0 = 50.
1) Formez la nouvelle équation LM et déterminez graphiquement le nouveau point
d’équilibre.
2) Calculez les nouvelles valeurs de Y*, i*, C*, S*, I*, LT * et LS *.
3) Commentez les résultats.
III – 3 – La policy-mix
Supposons une augmentation des dépenses publiques de ∆G0 = 20 unités et un accroissement
de l’offre de monnaie ∆ M0 = 25 unités.
1) Formez les nouvelles équations IS et LM et déterminez graphiquement le nouveau point
d’équilibre.
2) Calculez les nouvelles valeurs de Y*, i*, C*, S*, I*, LT * et LS *.
3) Commentez les résultats et comparez-les à ceux obtenus précédemment (III- 1 et en III- 2).
IV – Equilibre et politique économique en économie ouverte
IV – 1 – Introduction de nouvelles données
En économie fermée, on est obligé de ne dépenser que l’équivalent de ce que l’on a produit
pendant la période considérée : une année, par exemple. En économie ouverte, cette contrainte
peut être levée grâce à l’exportation et à l’importation.
Ainsi, on peut dépenser plus que ce que l’on a produit localement : en important la
différence, comme on peut en dépenser moins en exportant le surplus.
Nous avons donc deux variables supplémentaires qui s’ajoutent à celles de l’économie
fermée :
– les exportations : X = utilisation (demande) du PIB ;
– les importations : M = addition (offre) au PIB.
Ainsi l’offre globale sera :
YS = C + Sm + T + M
Et la demande globale :
YD = C + I + G + X
A l’équilibre, on aura :
C + Sm + T + M = C + I + G + X;
C + Sm = C + I + (G – T) + (X – M);
Sm + (T – G) – I = (X – M);
Finalement, on aura :
S – I = X–M.
Où (X–M) est la Balance (commerciale) des Biens et Services (flux réels).
On appellera (X–M) Exportations Nettes :
X–M = XN
Les XN mesurent l’écart des échanges effectifs de biens et services par rapport à la norme qui
est l’égalité entre X et M. On aura :
X–M = X N = Y – C + I + G.
Où (C + I + G) constitue la Dépense Intérieure (DI). Ainsi :
Si Y > DI  X N > 0 = excédent commercial ;
Si Y < DI  X N < 0 = déficit commercial.
Le terme (S–I) est l’écart entre l’Epargne et l’Investissement de l'économie considérée. Il est
également le solde entre ce que les résidents de ce pays prêtent aux étrangers et ce qu’ils leurs
empruntent.
On l’appellera Sorties Nettes de Capitaux :
S – I = XNK.
Ainsi :
Si XNK > 0  le pays prête à l’étranger.
Si XNK < 0  le pays emprunte à l’étranger.
XNK est le flux international net de capitaux pour financer l’investissement et donc
l’accumulation.
Finalement, on a toujours :
XNK = XN
Sorties Nettes de Capitaux = Exportations Nettes de Biens et Services.
Si XNK > 0 et XN > 0  excédent commercial.
Si XNK < 0 et XN < 0  déficit commercial.
IV – 2 – L’équilibre macroéconomique en économie ouverte
La question qui se pose maintenant est comment expliquer les identités comptables
précédentes ?
Considérons que notre économie est une "petite économie", c'est-à-dire qu’elle a une
influence négligeable sur l’économie mondiale.
Les capitaux sont mobiles ; cette mobilité est fonction du taux d’intérêt. Celui-ci est
déterminé par l’épargne et l’investissement à l’échelle mondiale.
Le fait que notre économie soit petite implique que le taux d’intérêt domestique est déterminé
par le taux d’intérêt mondial.
En économie fermée on a : I = I (i), où i est le taux d’intérêt domestique.
En économie ouverte, on aura : I = (i*), où i* est le taux d’intérêt mondial.
Quid de l’épargne ?
Reprenons la relation de base en économie ouverte :
XN = Y – (C + G + I).
S = Y – (C + G).
 S = Y – C (Y – T) –G
L’épargne est déterminée par la politique budgétaire, c’est-à-dire par la politique des
dépenses publiques (G) et la politique fiscale (T).
Or, nous avons:
XN = S – I (i*).
Par conséquent, les XN sont déterminées à la fois par la politique budgétaire et par le taux
d’intérêt mondial.
- Si i* > i

S>I
 on prête à l’étranger
- Si i* < i

S<I
 on emprunte à l’étranger  XN < 0.
Le schéma suivant décrit les résultats précédents.
 XN > 0 ;
Mais alors pourquoi est-ce que les XN sont toujours égal à S – I ?
C’est là justement où intervient le rôle du taux de change ; nous y reviendrons sous peu
sous peu.a sous peu.
Pour mieux nous préparer à la compréhension du rôle de taux de change, voyons les effets de
la politique économique, en particulier la politique budgétaire, sur la balance des biens et
services, c’est-à-dire sur les XN.
Partons de la situation d’équilibre :
S=I

M = X  XN = 0
Quel serait l’effet d’une politique budgétaire expansionniste sur la balance commerciale et
donc sur les XN et les XNK ?
Le Gouvernement décide d’accroître les dépenses publiques : ∆G > 0.
- Comme S = Y – C – (G + ∆G)  S diminuera.
- Si le taux d’intérêt mondial (i*) demeure fixe  l’investissement national (I) le sera
également.
- Par conséquent  S < I  l’emprunt à l’étranger augmente.
Or, nous savons que :
XN = S – I
 Lorsque S baisse  XN baissent également.
 Le pays encourt un déficit commercial
La politique budgétaire expansionniste conduit au déficit commercial et par conséquent à
l’endettement extérieur.
Le schéma ci-dessous décrit le mécanisme en question.
Exercices :
1) envisager la baisse des T.
2) Envisager la baisse de G ou la hausse de T.
Quel est l’effet sur l’équilibre de notre petite économie d’une politique budgétaire étrangère
expansionniste ?
– Si l’économie étrangère est une petite économie, il n’y aura aucun effet.
– Si l’économie étrangère est une grande économie (USA, UE, Chinoise….) alors :
 ∆G > 0  S mondiale diminue  i* augmente.
 Si i* augmente  l’investissement local I baisse.
 Mais l’épargne locale S ne dépend pas de i*  S demeure à son niveau.
Au total, on peut tirer les conclusions générales suivantes :
– les politiques économiques qui :
 accroissent (I) et abaisse (S) tendent à détériorer les XN,
 diminuent (I) et accroissent (S) tendent à améliorer les XN,
– en économie ouverte, le manque d’épargne (S) conduit à l’endettement extérieur ;
– en économie fermée, le manque d’épargne (S) implique moins d’investissement (I) donc
moins de croissance.
Dans les deux cas, ce sont les générations futures qui en paient le prix ; mais le déficit
commercial peut provoquer un développement.
IV – 3 – Le taux de change et l’équilibre en économie ouverte
Dans ce qui a précédé, nous avons vu comment se déterminent les quantités de biens et
services et de capitaux qui font l’objet de transactions internationales. Il convient à présent
d’examiner le prix auquel se font ces transactions, à savoir le taux de change.
Le taux de change est le prix de la monnaie d’un pays par rapport à la monnaie d’un autre
pays. Le taux de change met donc en relation aux moins deux monnaies et deux pays
différents.
Le problème du taux de change se pose parce qu’il y a transactions commerciales (sur biens
et services) et financières (mouvements de capitaux) entre pays différents, et parce que le
règlement de ces transactions se fait à l’intérieur de chaque pays où seule la monnaie locale a
cours légal et libératoire.
Nous disons que le taux de change entre deux monnaies de deux pays est le prix auquel se
font les échanges entre eux.
Avant d’aborder le rôle du taux de change, ses déterminants et les politiques y afférentes, il
convient de préciser ce que mesure exactement le taux de change.
IV – 3 – 1 – Ce que mesure le taux de change
L’on distingue généralement entre deux types de taux de change :

le Taux de Change Nominal : TCN ;

le Taux de Change Réel : TCR
Le TCN d’une monnaie par rapport à une autre est le prix relatif auquel s’échange ces deux
monnaies.
Exemples : 1 € = 1,3 $ ; 1 $ = 70 DA.
Généralement, quand on parle de taux de change, on vise le TCN.
Le TCR quant à lui est le prix relatif des biens échangés entre les deux pays. Il est appelé
également termes de l’échange.
Le TCR entre les monnaies de deux pays est une mesure synthétique des prix des biens et
services d’un pays par rapport à ceux des biens et services de l’autre pays.
Le TCR se définit en termes du TCN et des niveaux des prix des biens locaux et des biens
étrangers.
Prenons un exemple.
- Soit un panier de biens algériens dont le prix est P = 1000 DA.
- Soit le même panier de biens européens dont le prix est P* = 40 €.
- Soit le TCN dinar/euro est de 1 € = 100 DA.
Pour comparer les deux paniers, il faut convertir les prix dans une même monnaie :
TCNDA/€ est de 100 DA pour 1 € ou 1 DA = 1/100€.
TCRDA/€ = 1/100 x 1000 / 40 = 1 / 4.
TCRDA/€ = 4 paniers algériens pour 1 panier européen.
A ces prix P et P* et à ce TCN de 1 € = 100 DA, on obtient un quart du panier européen
pour un panier algérien ou quatre paniers algériens pour un panier européen.
IV – 3 – 2 – Le TCR : son rôle et ses déterminants et la politique économique
A – Le rôle macroéconomique du TCR
Comme tout prix d’un bien quelconque affecte la demande de ce bien, le TCR, qui est le un
prix relatif des biens locaux et étrangers échangés, affecte la demande de ces biens.
1) – Si le TCR d’un pays est faible, les biens et services qu’il produit seront relativement
bons marché. Par conséquent, les résidents de ce pays achèteront moins de biens et services
étrangers. Par contre et pour la même raison, les résidents des pays étrangers lui en
achèteront plus :
 les XN de ce pays tendront à augmenter  l’excédent commercial.
2) – Si le TCR est élevé, on sera en présence d’une situation inverse :
 Les XN tendront à baisser  le déficit commercial.
On découvre ainsi que les XN sont fonction du taux de change réel :
XN = f (TCR).
La relation entre ces deux variables est négative ; ce que montre le schéma ci-dessous.
B – Les déterminants du TCR
Nous venons de voir que les XN sont liées négativement au TCR :
 Plus le TCR est faible, moins chers sont les biens et services locaux par rapport aux
biens et services étrangers et plus sont élevées les XN ;
 Plus le TCR est fort, plus chers sont les biens et services locaux par rapport aux biens
et services étrangers et moins sont élevées les XN.
L’on sait également que :
XN = S – I.
Mais l’épargne (S) est déterminée par la politique budgétaire (G – T). L’investissement (I) est
déterminé par le taux d’intérêt qui prévaut sur les marchés financiers mondiaux i* :
I = I (i*).
 S et I sont indépendants du TCR.
A quoi vous fait penser ce graphe ?
Il fait penser à un graphe où se rencontrent l’offre et la demande. Mais offre de quoi et
demande de quoi ? Il s’agit de l’offre et de la demande de devises étrangères.
En effet, nous avons :
– la droite verticale S – I (l’excédent de S sur I) qui représente l’offre de dinars
pouvant être échangés en vue de placement à l’étranger ;
– la courbe décroissante XN qui représente la demande nette de dinars émanant des
étrangers qui souhaitent les acquérir pour acheter des biens et services locaux.
Au point E : il y’a équilibre entre l’offre de dinars en vue de XNK et la demande des dinars
par l’étranger en vue de XN.
 A ce point d’équilibre se détermine le TCRDA/devises d’équilibre.
C – L’action de la politique économique sur le TCR
Supposons que le gouvernement décide d’augmenter ses dépenses.
L’on sait que si ∆G > 0  S baisse.
Or, si S baisse  S – I baisse  XN baissent également : ce qui induit un déficit
commercial.
En effet, lorsque les XN baissent :
 le TCR augmente passant de TCR1 à TCR2 ;
 la valeur du dinar augmente : le DA s’apprécie ;
 les biens et services locaux deviennent plus chers ;
 les étrangers diminuent leurs achats de produits et services algériens.
 Déficit commercial.
Exercice :
Supposez une baisse des dépenses publiques. Quelle serait la conséquence de cette politique
restrictive sur le TCR ?
IV – 3 – 3 – Le TCN : détermination, évolution et polirique monétaire
A- La détermination du TCN
Revenons maintenant au taux de change nominal. Nous avons dit que le TCN est le prix
relatif auquel s’échange deux monnaies de deux pays différents. Nous savons, par ailleurs,
qu’il y a une relation entre le TCR et le TCN, puisque :
TCR = TCN x P/P*
En résolvant cette équation pour le TCN, on obtient :
TCN = TCR x P*/P
Le TCN est déterminé par le TCR et le rapport des niveaux des prix des deux pays P*/ P.
Pour une valeur de TCR donnée :
– si le niveau des prix domestique P augmente :
 le TCN (cotation au certain) diminue : c’est-à-dire chaque dinar permet
d’acheter moins d’euros qu’auparavant, ou, ce qui revient au même, un euro
achètera plus de dinars qu’auparavant (cotation à l’incertain).
Résultat : le dinar se déprécie
– à l’inverse, si le niveau des prix étranger P* augmente :
 le TCN augmente (au certain) ou diminue (à l’incertain) ; chaque dinar permet d’acquérir
plus d’euros (ou un euro achètera moins de dinars).
Résultat : le dinar s’apprécie
B – L’évolution du TCN
On peut préciser davantage le TCN et ses déterminants en suivant leurs évolutions dans le
temps, c'est-à-dire en considérant leurs variations.
Il faut donc transformer la relation précédente qui contient des valeurs absolues en relation
qui contiendra des valeurs relatives (en pourcentages).
Pour cela, on utilisera une astuce mathématique.
Les mathématiciens nous apprennent que la variation en pourcentage du produit de deux
variables est égale approximativement à la somme des variations en pourcentage de ces
deux variables :
Δ(x.y) = xΔy + yΔx
En divisant les deux cotés de l’équation par x.y, on aura :
Δ(x.y) / (x.y) = xΔy / (x.y) + yΔx / (x.y)
Δ(x.y) / (x.y) = Δy / y + Δx / x
De la même manière, la variation en pourcentage d’un rapport x / y est approximativement
égale à la différence entre la variation en % du numérateur et la variation en % du
dénominateur :
Δ(x / y) / (x / y) = Δx / x - Δy / y
Si on applique cette astuce à la relation qui définit le taux de change nominal, on aura :
∆TCN / TCN = ∆TCR/TCR + ∆P*/P* – ∆P/P
Or ∆P*/P* et ∆P/P ne sont autres que des mesures des taux d’inflation étrangère et
domestique.
Le taux de croissance du TCN = le taux de croissance du TCR + le différentiel d’inflation
Comment peut-on lire cette équation dans le temps ?
Si notre pays a un taux d’inflation supérieur à celui du pays étranger, notre monnaie tendra à
acheter de moins en moins de monnaie de ce pays étranger :
 Le dinar se déprécie
Si par contre, l’inflation du pays étranger est plus élevée que l’inflation dans notre pays, notre
monnaie tendra à acheter de plus en plus de monnaie de ce pays étranger.
 Le dinar s’apprécie.
C – L’effet de la politique monétaire et TCN
Pour donner une idée simple de l’effet de la politique monétaire sur le TCN, on peut recourir
à la théorie monétaire et plus précisément à la relation quantitative :
MV = PY
Si on recourt de nouveau à l’astuce mathématique de tout à l’heure, on aura :
ΔM / M + ΔV / V = ΔP / P + ΔY / Y
Lorsque l’offre de monnaie s’accroît ΔM > 0, avec ΔV / V = 0 et ΔY / Y = 0 :

ΔM / M = ΔP / P
 Les prix varient proportionnellement à l’offre de monnaie.
Or, la variation du niveau des prix mesure l’inflation.
Par conséquent, lorsque la Banque Centrale suit une politique monétaire expansionniste, les
prix augmentent et donc le rythme de l’inflation augmente.
 P élevé  TCN bas  la monnaie se déprécie.
Conclusion : une politique monétaire expansionniste, en même temps qu’elle renchérit
les biens et les services, renchérit les devises étrangères par rapport à la monnaie locale,
ce qui conduit à sa dépréciation.
Une politique monétaire restrictive aura un effet inverse.