13 – UE3 – Dr Piprot – 20/11/12
HORMONOTHERAPIE
Typ : Astrid et Martin / Cor : Astrid
ET TRAITEMENTS CIBLES ANTICANCEREUX
Les traitements des cancers font appel à plusieurs principes :
chimiothérapie
hormonothérapie
thérapies ciblées
immunothérapie (créneau particulier employé dans les tumeurs des organes lymphoïdes)
ces modalités peuvent être combinées :
o entre elles
o et/ou avec la chirurgie
o et/ou avec la radiothérapie
o selon la tumeur, selon la localisation…
I. Hormonothérapie
L’hormonothérapie est un traitement antihormonal.
Les cancers du sein et de la prostate sont des cancers hormono-dépendants c’est-à-dire que dans la croissance des cancers, les
hormones (œstrogène et androgène  hormone stéroïdienne) vont intervenir. Ces hormones ne constituent pas le seul moyen de
prolifération mais est l’un des plus important.
La cellule cancéreuse a à sa surface des récepteurs spécifiques à l’hormone.
On va donc bloquer le récepteur pour empêcher l’hormone  la cellule ne va donc pas recevoir de signal de prolifération, elle va
s’arrêter  apoptose.
Les récepteurs hormonaux sont retrouvés dans les cancers
spécifiques différenciés.
I.A. Cancer du sein
Sites d’action des traitements pour le cancer du sein (→)
Œstrogène est fabriqué à partir :
ovaire (sauf chez la ménopausée)
tissu mammaire
Les femmes âgées ont plus souvent des cancers du sein
hormono-sensibles.
On s’assure de la présence des récepteurs hormonaux (œstrogène-progestérone) en faisant une biopsie.
Plus on a de récepteurs exprimés dans la tumeur et plus on aura de chance d’être actif avec l’hormonothérapie  meilleure
survie mais traitement quotidien.
On va empêcher les hormones d’agir par différents moyens :
Castration chirurgicale = ovariectomie
bilatérale
Castration par irradiation des ovaires
Premier traitement fin XIXe siècle
À partir des années 70
Médicament de référence = Tamoxifène (NOLVADEX)
Utilisable en traitement adjuvant : on l’ajoute après la chirurgie
Utilisable en traitement métastatique : si une patiente a un cancer avec des
localisations secondaires  biopsie  si récepteur  traitement
Es chez la femme non ménopausée : troubles des règles, chaleur, risque
faible mais reconnu du cancer de l’utérus (adénocarcinome de l’endomètre)
Nécessite une surveillance gynécologique pendant la durée du traitement
(5ans) + échographie pelvienne (si adénocarcinome de l’endomètre 
hystérectomie car cancer à développement lent donc intervention précoce)
–1– /5
Castration réversible chimique par
analogues de la LH-RH
ENANTONE, ZOLADEX, DECAPEPTYL
Médicament en injection sous-cutanée
Utilisé chez la femme non ménopausée
ES : ménopause précoce
Inhibition des œstrogènes d’origine surrénalienne
par une anti-aromatase
FEMARA, ARIMIDEX, AROMASINE
À n’employer qu’après la ménopause
En traitement adjuvant avec des EI : douleur
articulaire et chaleur
Si ostéopénie quand on met le traitement en
route  aggravation et passage à ostéoporose 
surveillance par densitométrie osseuse et en
fonction des résultats  supplémentation en
VitD
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Cancer du sein
Un cancer hormono-sensible a toujours un meilleur pronostic qu’un cancer non hormono-sensible.
I.A.1. Cas cliniques
MME S, 44 ans, dépistage mammographie, retrouve un cancer de 0,4mm. Bilan d’extension négatif.
→ Traitement : chirurgie + 5 ans d’hormonothérapie.
MME D, 71 ans consulte pour dyspnée d’apparition progressive depuis 1 an.
RP : épanchement pleural D
Examen clinique : tumeur de 6 cm négligée du sein G, biopsie montre récepteurs hormonaux positifs
→ Traitement : anti-aromatase jusqu’à progression. Quand l’effet s’estompe → chimio.
Recommandation pour le traitement adjuvant :
Chez la femme non ménopausée : tumeur RH+  Tamoxifène pendant 5 ans. Si elle devient ménopausée pendant le
traitement, on remplace par anti-aromatase le temps restant.
Chez la femme ménopausée : tumeur RH+  anti-aromatase pendant 5 ans avec surveillance par densitométrie
I.B. Cancer de la prostate
Même principe.
Dans 100% des cas, on retrouve des récepteurs à l’androgène  utilisation de l’hormono-sensibilité de la tumeur (l’androgène est
toujours active autant sur la prostate saine que cancéreuse).
Techniques utilisées :
Castration chirurgicale
Castration chimique
(= pulpectomie bilat.)
On retire le tissu actif
producteur
d’androgène
Injection d’analogue de la LH-RH d’action retardée
ELIGARD, ZOLADEX, DECAPEPTYL, ENANTONE
EI : bouffée de chaleur, impuissance, asthénie, effet
flare-up (signes du patient exacerbés au début du
traitement → recrudescence des douleurs osseuses)
–2– /5
Anti-androgène
Bloque les récepteurs
ANDROCUR, CASODEX, EULEXINE, ANANDRON
EI : œdèmes des MI, impuissance,
hypogonadisme, syndrome métabolique surtout
si association avec analogue LH-RH,
ostéoporose, thrombose
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L’hormonothérapie peut être utilisée à différents moment : le cancer de la prostate a une évolution extrêmement longue.
patient à risque : PSA élevé, extension locale importante 
radiothérapie + hormonothérapie
envahissement ganglionnaire dès le départ  hormonothérapie
PSA élevée  hormonothérapie
Métastase osseuse et viscérale  hormonothérapie
Patient avec métastase et extension rapide  chimiothérapie
Hormonothérapie + radiothérapie  pronostic rallongé et confirmé.
II. Thérapies ciblées
Les thérapies ciblées sont d’utilisation beaucoup plus récente. On comprend mieux comment la cellule peut se cancériser et
résister aux traitements.
On a une approche moléculaire de la cellule cancéreuse et des différentes voies de signalisation. On va identifier des cibles et à
ces cibles on va leur donner une thérapie spécifique.
On a deux classes :
Ac monoclonaux (terminaison en -mab)
Inhibiteurs de tyrosine kinase (-nib)
II.A. Anticorps monoclonaux
-
Trastuzumab (HERCEPTIN®) : cancer du sein
Rituximab (MABTHERA®) : lymphomes
Cetuximab (ERBITUX®) : cancer colon et ORL
-
–3– /5
Bevacizumab (AVASTIN®) : cancer sein, poumon,
rein, ovaire, colon
Panitumumab (VECTIBIX®) : cancer colon
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II.A.1. Trastuzumab (HERCEPTIN®)
Utilisé dans le cancer du sein avec excellent résultat.
Recherche d’une surexpression de HER2 (de la famille
des récepteurs HER) sur une biopsie du sein
Surexpression n’existe que chez 20-25% des cancers du
sein
Rôle et fonctionnement du HER (→) :
domaine intra et extra
TK envoie un signal de prolifération au noyau
HER confère à la cellule cancéreuse des caractères
importants pour sa survie
(←) Effet de HER : stimulation de la prolifération, résistance à la
chimio et radio, pro-angiogénique, pouvoir invasion et méta +++
Cancer de mauvais pronostic.
Pronostic altéré chez les patients avec HER2+.
Traitement spécifique (→) : HERCEPTIN®. Fixation
spécifiquement sur le récepteur HER, recrutement des cellules
tueuses. Effet cytotoxique. Il est presque totalement humain, →
très peu de réactions d’hypersensibilités ou d’intolérance.
Utilisation :
- S’emploie uniquement chez HER2+
- Peut être utilisé en phase métastatique (association à la
chimiothérapie)
- En traitement adjuvant : 1 an (perfusion toutes les 3
semaines pendant 1 an)
- Surveillance cardiaque (écho tous les 3 mois)  baisse
de la fraction d’éjection ventriculaire
T-DM1 (→)
Molécule pas encore commercialisée.
Couplage Herceptin/entencine (chimiothérapie)
permet d’entrer dans la cellule et la libération du cytotoxique
peu d’ES
ne s’adresse qu’aux cancers HER2+
II.A.2. Cetuximab (ERBITUX®)
agit sur le récepteur de l’EGF
n’agit que sur les tumeurs n’ayant pas de mutation du gène k-ras (protéine majeure dans la transmission du signal)
s’emploie en association à la chimiothérapie (colon) ou à la radiothérapie (ORL)
ES : réaction allergique, toxicité cutanée qui peut s’étendre au thorax et MS
–4– /5
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II.A.3. Bevacizumab (AVASTIN®)
anti-angiogénique de référence
ne nécessite pas de recherche de cible préalable
en association à la chimiothérapie ou en monothérapie.
perfusion IV toutes les 2 à 3 semaines
ES : HTA, épistaxis, toxicité rénale, perforations digestives (péritonite,
carcinome péritonéal), risque thrombo-embolique veineux et artériel
Un patient sous AVASTIN® ne doit pas avoir, sauf en cas d’urgence,
d’intervention chirurgicale avant 1 mois après l’arrêt
Le VEGF est la voie sur laquelle agit AVASTIN®.
L’AVASTIN Permet de normaliser la vascularisation tumorale.
2 étapes aux cours du développement tumoral :
Phase dormante avasculaire
Équilibre entre apoptose et
prolifération
Tumeur de moins de 0,2 mm
Pas de formation de vaisseaux
Phase vasculaire
Tumeur atteint une certaine taille
Switch angiogénique  plus d’équilibre entre activité pro et anti-angiogénique
Déclenchement de l’angiogenèse
Vascularisation tumorale nouvelle (production de VEGF)  croissance tumorale plus
forte
II.B. Inhibiteurs de tyrosine kinase
Petites molécules administrées par voie orale, délivrées en officine de ville.
problème du coût dans les traitements au long cours (de l’ordre de 3000 euros)
effets secondaires : HTA, toxicité cutanée, diarrhée, asthénie
Molécules :
Sunitinib (SUTENT®) : cancer rein, GIST, tumeur NE
Sorafénib (NEXAVAR®) : cancer rein, foie
Géfitinib (IRESSA®) : cancer poumon
-
Erlotinib (TARCEVA®) : cancer poumon, pancréas
Imatinib (GLIVEC®) : LMC, GIST
Axitinib (INLYTA®) : cancer rein
Effets secondaires possibles :
modification des cheveux (peu de perte, boucle, cheveux de différentes couleurs)
hémorragie sous-linguale et unguéale
syndrome main-pied  sècheresse cutanée et fabrication de la corne
aphtes (muqueuse abimée mais pas de surinfection)
Toxicité angiogénique : hypertension, infarctus, thrombose, embolie, microangiopathie, toxicité SNC + hémato + cutanée, œdème,
nécrose, saignement
–5– /5