Gouvernance économique
internationale
INTRODUCTION GENERALE
Mécanismes économiques révèlent le caractère de plus en plus imbriqué des échanges :
- Etats représentés par gouvernements et banquiers centraux
- Institutions internationales disposent de moyens financiers et de contrôle
- Politiques discrétionnaires : discussion sur la redéfinition des règles qui encadrent le
comportement des marchés et des Etats
Ex : prise de conscience des dysfonctionnements de la Zone euro).
- Economie de plus en plus mondialisée : plus d’interdépendance, existence d’Etat-nations
dont les instruments d’intervention les poussent à mettre en œuvre des actions collectives
Gouvernance = art de gouverner sans gouverner : mobiliser des moyens à plusieurs, sans pour autant
que l’on dispose de la légitimité no des moyens de contrôle d’un Etat-nation sur son territoire
 confrontation d’intérêts divergents.
Limites d’une analyse strictement économique de la globalisation.
Crise globale et déficit de la gouvernance internationale :
Crise depuis fin 2008 : récession la plus forte depuis 30’s mais de courte durée (décembre 2008septembre 2009).
- Japon : a bien rebondi mais économie touchée par un accident nucléaire
- USA : augmentation du chômage sans création d’emplois, tentation de jouer sur la
dépréciation du change.
- Zone euro : Allemagne la plus touchée car la plus orientée vers marché international
- Commerce mondial : explosion des prix des matières premières entre 2004 et 2007 mais fort
redémarrage du commerce international début 2010.
- Pays OPEP : donnent impression d’excédents très élevés.
Taux de chômage augmente fortement pendant la crise (touche plus fortement la population aux US
car protection sociale différente)
Forte baisse de confiance  baisse des taux d’investissement, de la consommation et augmentation
de l’épargne.
Taux d’inflation : au début de la crise : inflation à cause de la hausse du prix des matières premières.
Puis, risque déflationniste pendant la crise (BCE augmente ses taux car ne tolère pas 2% d’inflation).
Taux d’intérêt : cf. crise des dettes souveraines.
Toutefois pays émergeants sont moins touchés et connaissent un meilleur redémarrage de la
croissance : cela a permis d’atténuer la crise mondiale  changements dans les rapports de force
politiques, plus grande importance dans les négociations internationales.
CHAP. 1 – DE L’ECONOMIE INTERNATIONALE A L’ECONOMIE
POLITIQUE INTERNATIONALE
Limites d’une analyse strictement économique de la globalisation
Aléas de la conjoncture + instruments de l’intervention de moins en moins opérants au niveau
national et pas suffisamment organisés au niveau supranational.
 Besoin de combiner dimension politique et économique
Périodisation de la globalisation et des RI
Besoin de contextualiser et de périodiser (recul historique) face à la vision courtermiste des banques
Cf. Rogoff et Kaminsky : récurrence de crises financières depuis 8 siècles
Définition de l’économie politique internationale
 Economie politique internationale = discipline carrefour entre économie internationale, études
des RI et histoire : combiner plusieurs dimensions dans lecture de la gouvernance :
- Raisonnement économique : étude des marchés, des acteurs, des mécanismes d’ajustement
- Intégration explicite de la dimension politique : Etats ne visent pas seulement le bien-être
matériel mais stratégies de puissance, d’indépendance  actions individuelles ou collectives
Institutions physiques (FMI, BC, …) et idéologiques (systèmes de valeurs, critères
d’intervention publique.
Ex : Convention de washington).
- Recours à l’histoire systématique : contextualiser et périodiser l’examen de la gouvernance
internationale
Ex : question de la stabilité hégémonique a connu deux périodes :
UK au XIXème par la marine
USA depuis 1945, par le dollar et la puissance militaire
Il n’y a pas seulement prise en compte des rapports entre Etats mais aussi des conflits d’intérêts
entre les agents économiques
Ex : question du partage des richesses et de la valeur ajoutée  depuis 1985, déformation de
la répartition revenus du travail/revenu du capital + entre revenus du travail.
Rôle de la financiarisation de l’économie mondiale  basculement des rapports de force
Cf. fuite en avant de l’endettement rendue par les mutations financières.
CHAP. 2 – LES PRINCIPAUX COURANTS DE L’ECONOMIE POLITIQUE
INTERNATIONALE
Modèle libéral et théories néo-libérales
Libéralisme = doctrine, idéologie du XVIIIème. Importance pendant la Révolution industrielle.
Adam Smith : lever les obstacles au commerce interne
Ricardo : théorie de l’avantage comparatif = libre-échange à l’échelle internationale
Hypothèse 1
Approche individualiste : dans l’analyse du système économique, l’unité d’observation privilégiée =
unité individuelle (entreprise, ménage)  Etats ne sont pas vus comme catégorie réellement
pertinente mais comme une agrégation d’agents individuels au sein de frontières.
Libéraux ont pour ambition de réduire au maximum le rôle de l’Etat même à l’échelle internationale
 faire appel à des arbitrages internationaux.
La « compétitivité d’un pays » n’a donc pas de sens pour les libéraux.
Hypothèse 2
Les agents économiques sont pleinement rationnels autant dans leur décisions que dans leur
capacité à traiter les informations = « homo economicus »  se confrontent sur les marchés dans la
recherche de leur bien-être matériel : ajustement par jeux de tâtonnement (salaires et prix).
Justification du libre-échange de Ricardo : extension à l’échelle internationale du libre-jeu des
marchés (cf. avantage comparatif)  condamne tout ce qui pourrait faire entrave au libre-jeu des
marchés (cf. protectionnisme).
L’amélioration du bien-être international serait donc la somme des bien-être individuels  on
suppose qu’on est dans un jeu à somme positive (bien-être matériel d’un pays ne se fait pas au
détriment d’un autre, tout le monde est gagnant) vs. réalistes pour qui on est dans un jeu à somme
nulle.
Hypothèse 3
Etat n’a pas que des fonctions régaliennes  se doit d’intervenir lorsqu’il y a imperfection dans le
jeu des marchés (« rôle palliatif »).
Musgrave, fonctions de l’Etat :
- Production de certains biens publics : fortes externalités, indivisibles, non individualisables
Ex international : actions collectives en matière d’environnement (cf. marché droits à polluer)
- Régulation des activités économiques : si les marchés sont concurrentiels et qu’il y a
justification des régulations  besoin d’instances supérieures pour politique économique.
Régulation au sens anglosaxon = règlementation vs. sens français = mécanismes
d’ajustement des contradictions.
Ex international : régulation en termes de règlementation : OMC doit faire respecter le droit
à la propriété, règles fiscales, de non-discrimination, …
- Modèle Pareto: libre-jeu des forces de marché ont deux conséquences :
o Etat d’équilibre = mise en compatibilité des actions  plus haut niveau de bien-être
d’ensemble
o Si dans cette situation, répartition du bien-être matériel est insuffisante  on ne
peut la modifier qu’en diminuant le bien-être de l’autre
 Besoin de répartition sur base de l’impôt dont la progressivité permet d’atténuer les
sanctions des marchés (ex : chômage)
Ex international : problématique de l’aide au développement
Théories marxistes et mouvements altermondialistes
Hypothèse 1
Unités de base du raisonnement = classe sociales  acteurs se définissent par leur statut social et
par leur détention de capital et moyens de production.
Hypothèse 2
Classes sociales ont des intérêts contradictoires  lutte
Marx : production de valeur issue seulement du travail  « extorsion » d’une plus-value (= part de la
production matérielle qui revient au détenteur des moyens de production). Ouverture de l’économie
sur le monde ne change rien  pousse capitalistes à étendre leur influence (cf. colonisation).
Hypothèse 3
Etat au service de la classe dominante  s’appuie sur la superstructure (= règles, institutions,
idéologies) pour étendre sa domination.
Marx ne s’oppose pas au libre-échange car il y voit le meilleur moyen d’accélérer les contradictions
du système capitaliste, voué à disparaître.
A l’échelle internationale, lutte entre pays riches exploitants et pays pauvres exploités (cf.
colonisation)  vision décalée depuis 15 ans : pays ex-colonisés devenus riches.
Etats jouent rôle secondaire : focalisation sur le rôle des firmes  internationalisation du capital (cf.
firmes multinationales ou transnationales)  stratégies d’implantation et d’internationalisation de la
production qui structurent l’économie internationale. Les banques internationales deviennent des
unités d’observation en matière de finances globales.
Conséquences :
- Délocalisation
- Tension sur niveaux de salaire dans les pays développés
 Mis en place de contrôles à la montée de l’internationalisation de entreprise et du capital 
réapparition de l’Etat car besoin de nouvelles règles organiser et structurer l’éco mondiale
(cf. taxes, reconstruction de nouvelles barrières en matière de production)
Débat revient avec la crise de 2008  inflexion radicale du rapport Etats/marchés.
Vraie convergence entre libéralisme et marxisme = ne s’intéresse qu’au bien-être matériel :
croissance, richesse matérielle, etc.
Modèle réaliste et théorie néo-réalistes
Etude des RI gouvernées par des questions politiques d’indépendance, de puissance, de recherche
d’hégémonie.
Puissance = ressources nécessaires pour se protéger et empêcher autrui d’imposer sa puissance (pas
forcément de logique hégomique).
XVIIème : mercantilistes intéressés par la balance des comptes  argent, issu des excédents du
commerce = moyen d’ordre économique et de renforcement de la puissance du monarque face à des
attaques extérieures.
Aujourd’hui, les pays sont accusés de mener des politiques néo-mercantilistes par l’accumulation de
réserves de change sans justification économique (cf. enjeux stratégiques de la Chine ou du Japon)
1850’s-60’s : Lizt : protectionnisme peut se justifier au moment de la construction des « industries
dans l’enfance » (= pays émergents)  conmbinaison nationalisme politique et nationalisme
économique
 Pourquoi les Etats ne vont-ils pas au bout de la gouvernance économique ?
Hypothèse 1
Coexistence des Etats + rationalité économique  propice au chaos et anarchie car pas de
souveraineté pouvant naturellement s’imposer.
 Entreprises se développent au niveau international mais restent subordonnées aux Etats-nation.
 Etat conserve pleine prérogatives au sein de ses frontières nationales
Etat justifié dans objectif de défense de sa souveraineté (vs. modèle libéral : échange international =
jeu à somme positive, avantage collectif). Pour les réalistes, jeu à somme nulle : on ne pas plus
d’augmentation de richesse mais de questions de pouvoir et puissance.
 L’anarchie est intrinsèque aux objectifs de puissance des Etats et peut créer des conflits politiques
et militaires
Pour limiter les désordres potentiels :
- Stabilité hégémonique : puissance imposée par un Etat diminue la confrontation
- Construction de régimes internationaux : ensemble de règles pouvant s’incarner dans des
institutions s’appuyant sur le droit international  anarchie naturelle maitrisée + stabilité
des règles de mise en relation des Etat et leurs mandants (=entreprises).
Cf. fonction de monnaie internationale, dissuasion nucléaire.
Hypothèse 2
On considère les Etat-nations comme pleinement rationnels  analyse de leur comportement à
l’échelle internationale en privilégiant les hypothèses de maximisation de la puissance.
Question fondamentale : savoir ce que la rationalité politique impose dans le domaine économique
attention, lorsque l’on raisonne en termes de puissance, difficulté d’établir des règles sur le plan
économique par jeu à somme nulle.
Ex : répartition des droits de vote au CA du FMI en fonction de %
Hypothèse 3
Il existe une hiérarchie des objectifs visés par les Etats dans leur action à l’international : objectif
principal est d’ordre politique  éco comme moyen de la politique internationale.
Ex : Plan Marshall
Unité de base
Principe de
coordination
Relation
économie/politique
Historicité
Méthodologie
d’analyse
Libéralisme
Individuelle : ménages,
entreprises
Convergence des
intérêts par
l’ouverture et
l’ajustement des
marchés
Déterminants
purement
économiques
Marxisme
Classes sociales
(centre/périphérie)
Conflits d’intérêts et
marchés entretenant
exploitation et
dépendance
Analyse atemporelle,
fondée sur lois
universelles
Avantage des coûts,
avantages matériels et
critères de
maximisation de la
richesse
Lois tendancielles
Déterminants éco en
dernière instance
Analyse des structures
d’exportation et de
dépendance + examen
des modes de
régulation des conflits
d’intérêts
Réalisme
Etats
Conflits de puissance
et légitimité du recours
à la force ou pouvoir
pour protéger des
intérêts
Eco subordonnée aux
rapports de forces
politiques et enjeux de
puissance
Périodisation des
régimes ou des
hégémonies
Analyse en formes de
stabilité, de nature à
réguler les conflits de
pouvoir entre les Etats
CHAP. 3 – LA PROBLEMATIQUE DES REGIMES INTERNATIONAUX
Répondre à un problème d’action collective
Quelles bases à la coopération internationale ?
Question de l’adoption de règles différentes et de la création d’institutions à l’échelle régionale ou
mondiale ?
Cf. environnement (Protocole de Kyoto) + commerce (Organe de Règlement des Différends à l’OMC)
Qu’est-ce qu’un régime international ?
-
Ronald Ruggie (70’s) : ensemble de croyances communes, de règles et régulation mais aussi
d’accords organisationnels acceptés par un groupe de pays
Krasner (80’s) : ensemble explicite ou implicite de principes, de règles et procédures de décision qui
permettent aux stratégies des acteurs (Etats) de converger dans un domaine donné des RI.
Conception : principes et normes
2 objectifs fondamentaux différents  deux régimes internationaux différents :
- Idée que les monnaies doivent faire l’objet d’un ancrage (par rapport à l’or ou les unes par
rapport aux autres)
 Besoin d’entente entre les Etats = organisation par règles ou procédures les conditions de
coordination des Etats.
-
Vs. idée d’un marché des devises avec des mécanismes automatiques : flexibilité des taux de
change comme définition pour éviter les distorsions de concurrence et manipulation
 Le marché seul organise les évolutions.
Question de la mise en cause de la souveraineté des Etats. Qui a la légitimité de sanctionner ?
- UE : transfert de souveraineté dans le domaine monétaire (BCE) + logique d’avancée vers une
fédération (Commission Européenne garante des intérêts des Etats)
- OMC : compromis qui rend compte des difficultés de travailler collectivement en respectant
l’objectif d’indépendance des Etats.
Mise en application : règles et procédures
Règles = contraintes et méthodes auxquelles on accepte de se conformer / procédure = façon dont
on choisi d’écrire les règles et de les faire respecter.
- FMI : créé à la Conférence de Bretton Woods (1944) : pose règles du jeu du système
international de manière pérenne.
- GATT (General Agreement on Trade and Tariffs) : créé à la Conférence de Genève (1947).
Agenda qu’acceptaient de respecter un certain nombre de pays  négociations sur la
réduction des obstacles au commerce international. Auj, changement de nature avec l’OMC.
- G20 : structure informelle, auto-déclarée en charge des besoins de coopération et de
coordination face à la crise  rédaction de déclarations transmises aux institutions ayant
moyens de mettre en place les dispositifs proposés.
Kahler : 2 types de règles :
- Règles substantives : normes de comportement que tout participant au jeu international doit
respecter  impératif et obligatoire : sanctions, voire exclusion du jeu international.
S’accompagnent d’un transfert de souveraineté.
- Règles procédurales : incitations, principes directeurs. Définition de bonnes pratiques sans
base impérative.
Ex : Charte de l’OIT : interdiction travail des enfants de moins de 14 ans, non
respectée par tous les pays membres de l’ONU.
Depuis la crise : vers des règles substantives en matière de régulation financière (cf. Bâle III).
Types de régime international
Acteurs :
Ensemble d’opérateurs organisés au niveau mondial (pas seulement les Etats)  apparition
d’interconnections. + rôle des représentants de la société civile (cf. ONG au FMI).
Dans le domaine de la régulation financière : tout un système d’organisation des banques, des
bourses, des comptables, etc.
Moyens d’actions :
Tentative de mise en cohérence des droits nationaux, dont l’application reste du domaine national
Ex : Conseil de stabilité financière : document (sur la nouvelle règlementation bancaire) approuvé
au G20 de Séoul mais besoin de transposer la règlementation dans le droit de chaque pays 
transposition à l’échelle européenne dans un premier temps, puis au niveau des Etats 
difficultés lorsque normes comptables sont différentes + sanctions propres à chaque pays.
 Travailler à l’échelle globale en respectant la souveraineté des Etats.
Ex : Problème de balance des paiements d’un pays en voie de développement  FMI accorde
des financements au pays sans taux d’intérêts prohibitifs mais avec « conditionnalité » =
engagements de politique économique pris par le pays concernés  Etat rédige une « lettre
d’intention » = programme d’ajustement macroéco, soumise au FMI respect de la
souveraineté car in fine c’est le pays qui édicte formellement le programme économique mais
hypocrite car programme dicté par les experts du FMI = respect formel et contraint.
Domaines :
Besoin d’action collective pour les domaines porteurs d’externalités : environnement, question de la
stabilité financière, questions monétaires.
Champs d’application de la mise en œuvre :
Champs d’application d’un régime international
- Point de vue horizontal : application à l’échelle des régions de la planète (logique mondiale
ou régionale)
- Point de vue vertical : caractère spécifique ou général d’un régime. Application à l’échelle
des secteurs d’activité et de la nature des problèmes  rôles se mêlent au niveau des
ajustements structurels  logique de spécialisation des institutions internationales (critères
d’efficacité + réalisme politique).
Superposition dans la prise de décision :
- A l’échelle géographique (horizontal)
o Domaine commerce = globale (cf. OMC)
o Domaine monétaire = globale + régionale (cf. Zone euro) + nationale
o Domaine de l’aide au développement = globale (cf. financements sectoriels par la
Banque Mondiale) + régionale (cf. Banque européenne d’investissements)
 Montée en charge du niveau régional
- En termes de pouvoir (vertical)
o Organisations sans pouvoir = « soft power », pas de pouvoir formel (G20, OCDE)
o Organisations influençant l’économie mondiale = Banque mondiale : financements
disponibles), FMI + OMC (sanctions)
Distinction des règles :
- Par leur nature : « Soft laws » (= interprétation de lois générales, jurisprudence anglosaxonne) vs. droit écrit
- Par leur application : règles à portée universelle vs. nationales
Conditions d’émergence d’un régime international
Réalistes américains : c’est n’est qu’au sortir d’une guerre ou d’une crise que se dessinent les
contours d’un système international  urgence et rapports de force  adoption de règles du jeu.
+ Possibilité d’une action impulsée par quelques grands hommes, surtout au niveau régional (cf.
Schuman et Monnet).
Réalistes parlent de « système » international (vs. notion de pouvoir du terme « régime »).
Question principale = est-on capable d’introduire un minimum d’ordre et d’organisation dans l’action
collective (soit pour répondre à des chocs, soit pour conduire à un niveau de bien-être économique
optimal) alors même qu’il n’y a pas de souveraineté au niveau global ?
CHAP. 4 – LES APPROCHES EN TERMES DE STABILITE HEGEMONIQUE
Hypothèse du chaos faute d’un Etat hégémonique (contradiction entre les intérêts des Etats). A
l’inverse, un pays détenteur d’une hyper-puissance est à même de réduire les conflits par des
pilotages dans un régime hégémonique  hégémon = seul moyen d’imposer un minimum d’ordre.
Mais, coûts à assurer par l’hégémon pour assurer cette fonction (cf. dimension militaire).
Définition et cadre d’analyse
Hégémonie
= lorsqu’un Etat occupe une position dominante dans le système international car sa puissance
relative surpasse celle des autres.
- Etat = capacité d’influence et d’intervention
- Entreprise = capacité pour une firme d’influencer les prix, les quantités échangées et le
comportement des autres entreprises (sans réciprocité).
Seul l’hégémon peut avoir la volonté, les moyens et la capacité de définir les règles et d’exercer le
pilotage de ces règles pour pallier l’absence d’Etat mondial.
Lorsque l’hégémon est en déclin ou qu’il y a multipolarité réelle  risque d’instabilité.
Raisonnement fondé sur une démarche historique comparative : lien entre histoire des grandes
puissances et histoire des règles des RI depuis XIXème.
Champs d’application privilégiés = monnaie et finance + notion de politique économique (cf. Keynes).
« Soft power » : pouvoir légitimé par ceux qui en sont l’objet.
Ex : Chicago boys : importante formation d’étrangers aux USA car intégration des normes
américaines par ces étrangers.
Logique d’autarcie pour les Etats qui n’accepteraient pas les règles.
Nuances : Ruggie  hégémonie exercée par les Etats-nations ne porte pas sur les valeurs donc
besoin d’accord préalable sur les normes  ce n’est que dans la mise en œuvre, au sein des
institutions, qu’apparaît l’hégémon.
Ex : Bretton Woods, affrontement sur les formes organisationnelles (pas sur le fondement) :
c’est sur ce sujet que va s’imposer l’hégémon.
Ruggie : historicité des formes que peut prendre l’hégémon selon l’évolution des règles.
Ex : Hégémonie USA malgré évolution du système financier international. En 2008-09 : rôle
des agences de notation, recodification des normes comptables  redéfinition de nouvelles
règles du jeu (plus interventionnistes).
Stabilité
Renvoie à la notion d’équilibre économique : règles selon laquelle il y a équilibre des forces et
compatibilité des décisions, sans ajustement extérieur.
Dimension normative de la stabilité : équilibre est la meilleure des solutions pour les agents
économique.
Gilpin : il y a stabilité si aucun Etat ne juge profitable et possible d’essayer de modifier les règles,
institutions et procédures qui définit un régime international.
Historicité de l’approche de la stabilité hégémonique
Kindleberger est le premier à mettre en avant cette historicité dans les années 70. Utilise le mot de
« leadership » qu’il considère essentiel puisque seul moyen de constituer un régime.
Concordance historique entre 3 phénomènes :
- Succession de deux phases hégémoniques autour desquelles s’exprime le leadership.
- A chaque phase de domination correspond l’émergence de règles internationales
- Phases de domination = périodes de stabilité monétaire + croissance interne + ouverture des
économies + maîtrise des crises
Entre-deux-guerres + 70’s-80’s : apparition règles conflictuelles + chocs de la volubilité + repli des
économies sur elles-mêmes.
Deux raisons à la relation de causalité entre hégémonie et stabilité :
- Echange de biens collectifs internationaux (pas seulement biens marchands)
- Imperfection des marchés et des mécanismes d’ajustement  besoin de régulation
centralisée à l’échelle internationale
Pour Kindleberger, seul un hégémon peut s’occuper de ces biens collectifs (et de leurs externalités)
et se substituer au vide des économies incapables de décider collectivement.
Naïveté : leadership comme « bienfaiteur charitable »  certains le voient comme un
« impérialisme ». Toutefois, pour Kindleberger, besoin collectif de leadership même s’il n’est pas
toujours bienveillant puisqu’il est le seul moyen d’imposer de l’ordre.
Dans la crise européenne, l’Allemagne = hégémon  impose ses solutions (contre crise des dettes
souveraines) face à l’incapacité de dégager une solution collective coordonnée
Thèse de l’immobilisme probable : besoin d’un pilotage central sinon perceptions différentes des
solutions à apporter + rivalités historiques + intérêts divergents des Etats  probabilité élevée de
l’incapacité à agir.
Questions posées sur l’hégémonie
Périodicités régulières de l’apparition et disparition d’hégémons dans les RI?
Cf. Cycle de Kondratieff  phases d’innovation = phase de croissance, puis déclin (sur 50 ans).
Kindleberger : constitution d’un régime international = situation nouvelle de la répartition des
pouvoirs entre les puissances suite à une grande guerre. Le leadership s’accompagnerait d’un
rattrapage des autres pays  mise en cause progressive du leadership.
Difficile d’établir régularités des phénomènes.
Concordance phases d’hégémonie/existence d’un régime international ?
Pas de concordance absolue compte tenu des effets d’inertie  2 vitesses :
- Evolution des rapports de force entre puissances = lente
- Evolution des règles du jeu = changements brutaux
Ruggie : système hégémonique est évolutif  les règles opérationnelles évoluent mais les normes
fondamentales restent
Ex : 1992 : fin obligation de convertibilité-or des pays occidentaux = changement des règles,
mais pas du système international.
Déclin du leadership américain s’est accompagné de la fin du régime international ?
Déclin américain en termes de position relative : forme renouvelée de leadership  ≠ absolu.
Keohane : on serait dans un régime asymétrique (≠hégémonique) sous domination américaine.
CONCLUSION
Gouvernance économique internationale : entre-deux entre déterminants éco (plans de sauvetage
financiers, etc.) et politiques (intérêts propres et ancrage souveraineté nationale).
+ question de la nature des institutions et règles.
Crise 2008 = rupture historique, montre difficultés à installer la stabilité sans hégémon absolu.
CHAP.5 – DESEQUILIBRES INTERNATIONAUX ET DEFICIT DE LA
GOUVERNANCE MACROECONOMIQUE
Question de la gouvernance économique de la zone euro
Règles de la zone euro
 Objectifs microéconomiques :
Libéralisation achevée des marchés  marché unique européen grâce à la disparition des taux de
change = processus de convergence économique  plus fort niveau d’action économique  plus
forte puissance de la zone.
Aujourd’hui, constat d’un effet réel inverse = hétérogénéité des économies  problèmes de
gouvernance économique européenne.
 Objectifs de stabilité macroéconomique :
Casser les anticipations d’inflation + en finir avec les crises de change à répétition  adoption de
règles budgétaires (procédurales, seulement respectées par Autriche, Irlande et Espagne) et
monétaires (substantives puisque transfert de souveraineté à la BCE).
 Monnaie unique :
Objectif d’autonomie de décision et de pilotage économique de la zone euro  disparition de la
contrainte de la balance des paiements + possibilité pour l’euro de jouer le rôle de monnaie
internationale.
Mise en place de la BCE = institution indépendante, membres désignés par le Conseil des Chefs de
l’Etat et de gouvernements (ne représentent pas leur propre pays mais l’UE et principes définis par
les Etats)  objectif de stabilité des prix (2% d’inflation) + engagements procéduraux en matière de
politique budgétaire (Maastricht + Pacte de stabilité et de croissance (PSC) : 3% déficit public, 60%
stock de dette publique, 2% inflation).
Mais objectifs de stabilité financière lui échappent + interdiction de financer les Etats (ne peut pas
acquérir de bons du trésor).
Bilan zone euro en 2008-09
- Faille de la gouvernance européenne : pas de cohérence entre
o politique de change : en théorie, appartient aux Etats, or pas de position commune
 BCE devrait intervenir (par des politiques de taux d’intérêt et d’intervention). Mais
BCE est indépendante donc variable d’ajustement est le rapport de l’euro au reste du
monde.
o politique monétaire : centralisée par BCE
o politiques budgétaires : décentralisées  critères du PSC non respectés
- Confortement de l’hétérogénéité, de la polarisation.
Sur plan nominal :
Succès avéré de la zone euro sur le plan nominal et en matière internationale  disparition des
crises de change, taux d’intérêt (très bas pendant 2000’s) et primes de risque.
Selon critères nominaux, bilan en phase avec objectifs de la zone : bilan positif du déficit public
(avant choc financier de 2008) + respect du PSC jusqu’en 2007 + maîtrise et convergence des taux
d’inflation.
Par contre, BCE n’a pas totalement maîtrisé la liquidité globale  hausse des fragilités financières.
L’euro est devenu la 2ème monnaie mondiale.
Sur plan réel :
Situations différentes selon les pays.
Plus d’intégration sur plan réel et spécialisations de plus en plus fortes.
Taux de chômage particulièrement élevé dans la zone euro + baisse des salaires réels  stabilité
financière sans prospérité.
Faible taux de croissance globalement (1,5-2%).
En matière de politiques économiques :
Politique monétaire axée sur l’objectif de stabilité des prix. Euro = variable d’ajustement des
déséquilibres globaux mais effets pro-cyclique de l’appréciation de l’euro sur plan monétaire et
budgétaire.
Effets structurels
Zone monétaire optimale (Mundell) = ensemble de pays qui satisfont certaines conditions leur
permettant de se retrouver dans une seule zone monétaire. Convergence de performances dans le
domaine de l’inflation  pour pouvoir faire face à un choc asymétrique (axe privilégiée = taux de
change).
PSC interdit de jouer sur la politique budgétaire car besoin d’un fédéralisme budgétaire pour
répondre aux chocs asymétriques (d’autant plus que la zone euro connait une très faible mobilité du
facteur travail).
 Zone euro ≠ zone monétaire optimale.
(Triangle d’incompatibilité = politique monétaire autonome + circulation parfaite des capitaux +
régime de change fixe).
Avant création de l’euro, discussion sur deux approches :
- Thèse de la convergence endogène : mécanismes économiques vont conduire à la
convergence sur critères nominaux et réels  efficience supérieure assurée par marché
unique qui devrait conduire à une spécialisation plus optimale dans la zone euro.
- Paul Krugman : mécanismes de marché ont tendance à créer des divergences :
Dans le domaine de la spécialisation productive (cf. haut de gamme dans pays du nord, à
moindre valeur ajoutée dans les pays du sud) + divergences des salaires nominaux, du coût
salarial unitaire, de la demande des ménages.
Opposition N /S
- politiques budgétaires
- balance courante (excédentaire au N/déficitaire au S)
- spécialisation productive (haut de gamme au N/moindre valeur ajoutée au S)
- politique de déflation salariale en Allemagne (2005 : chômage plus élevé qu’au S, puis baisse
 2007 : convergence).
 réactions différentes face aux crises = problème de gouvernance
Situation de risque à l’échelle mondiale
- Inquiétude face à la crise grecque : craintes de l’extension vers zone et reste du monde
- Prise de conscience de la fragilité de la croissance  risque 2nde récession
- Question de la volatilité des marchés et de la recapitalisation bancaire.
Précision lexique :
- ≠ crise de change ou de balance des paiements
- N’est plus une crise bancaire ni crash boursier aujourd’hui
- Aujourd’hui : crise de l’endettement souverain
o Défaut = lorsqu’un agent éco ne satisfait pas les engagements souscrits (délais, taux
de change fixé, etc.)
o Faillite = mise en faillite par tribunal  créanciers récupèrent ce qui reste de
l’entreprise et actionnaires voient leur propriété disparaître (Etat ne peut être en
faillite !)
2008-09 : crise systémique :
Subprimes, titrisation du crédit, crise bancaire réelle (causes : innovations financières et politique
monétaire américaine)  surendettement, bulle immobilière, prises de risque, déséquilibres
macroéconomiques  transmission à la sphère réelle : credit crunch (= banques ne prêtent plus),
effets sur la consommation, les investissements et le commerce international  récession
(décembre 08 à septembre 09).
Situation début 2010 :
Récession la plus grave depuis les 30’s mais courte durée  regain d’optimisme début 2010
Depuis été 2011 :
Constat de l’extrême fragilité de la reprise + endettement des Etats et fragilités bancaires : les
politiques de sauvetage et de soutien de la demande pour pallier la crise ont entrainé la dégradation
des finances publiques.
Cf. Reihnart et Rogoff, Cette fois c’est différent, 8 siècles de folie financière : après crise bancaire
systémique, en moyenne l’endettement public augmente de 86%. Facteurs :
- Coût de la recapitalisation bancaire
- Dépenses fiscales pour soutenir la demande
- Jeu des stabilisateurs automatiques en phase de récession (augmentation des dépenses
sociales et baisse des recettes)
- Politiques discrétionnaires de relance de l’offre compétitive
Ex : « Grand Emprunt » en France
Risques d’une nouvelle crise systémique
- Tension sur les marchés de la dette souveraine  risque de défaut complet ou partiel des
pays de la zone euro (perception nouvelle de la situation avec le cas de la Grèce) :
o Arrivée au pouvoir du PASOK en Grèce en septembre 2009  on se rend compte
qu’on a menti sur les chiffres du déficit public  politiques d’ajustement
immédiates  entrée en récession
o Forte augmentation des « spreads » = écarts de taux d’intérêt entre niveau
d’endettement jugé le moins risqué et le taux d’endettement des pays en crise
o Feedback de la crise des dettes souveraines vers les banques : celles qui avaient
beaucoup d’actifs publics ou actifs adossés (cf. « Credit Default Swap » = assurance
contre défaut d’un pays  opérateurs paient les créances s’il y a défaut véritable.)
o Crise se transforme en crise de la zone euro à cause de l’hétérogénéité de l’espace
monétaire (N/S) et du déficit de gouvernance monétaire et financière pour un pays
membre de la zone euro
Cf. recours difficile au FMI, pas de dévaluation possible, pas de financements directs
de la BCE, etc.
- Apparition d’un 2ème choc depuis printemps 2011
o Augmentation de la pression des marchés financiers et dégradation des « ratings »
sur les Etats les plus endettés.
Facteurs aggravants = défiance des marchés + enjeux de politique intérieure qui
empêchent les Etats de réagir rapidement aux tensions des marchés.
o Gestion de l’après-crise comme si elle était terminée  négligences
 Erreur de diagnostic (ex : fiscalité pour atténuer déficit budgétaire)
 Pression des marchés financiers (ex : Triple A)
 Optimisme excessif
Ajustement budgétaire justifié si 2 conditions avaient été respectées :
- Si demande privée avait pris le relais de la demande publique
- Si demandes intérieures des pays à marge de liberté avaient augmenté afin de tirer la
demande mondiale et de réduire les déséquilibres courants (ex : ajustement s coordonnés
des taux de changes réels des pays émergents d’Asie + politique salariale de déflation)
Désarroi et hésitations des dirigeants (BC + gouvernements), oct-nov. 2011
Risque élevé d’une nouvelle récession, voire deuxième crise systémique :
- Taux élevé d’endettement (difficile recours à nouveaux déficits budgétaires massifs)
- Taux d’intérêt déjà très bas (trappe à liquidité + inefficacité des politiques de « quantitative
easing » aux USA = alimentation en liquidité du système économique).
- Investissement atone et consommation déprimée + anticipations pessimistes
- Epargne de précaution très élevée
- Inquiétude sur les marchés
- Crise souveraine non réglée
- Question de la recapitalisation des banques
- Problèmes de liquidité et défiance interbancaire
 incertitude et rapports de force politiques (cf. échéances électorales)
 analyses et solutions très différentes entre Berlin, Paris et Bruxelles
 peur d’une contagion de la crise de l’endettement
Solutions en présence
- Sauvetages de la part du Fond Européen de Stabilité Financière et refinancements massifs
FESF = Entité juridique alimentée par les Etats en fonction de leur part dans PIB européen +
possibilité d’endettement sur les marchés (émission de titres pour lever des fonds) or ne l’a
jamais fait !
 But = financements directs auprès des Etats les plus en difficultés
- Refinancement par la BCE
= « solution bazooka » si BCE intervient dans sa propre monnaie  statut de la BCE lui
interdit d’être prêteur en dernier ressort auprès des Etats (seulement banques) + Allemagne
s’y oppose
- Pause dans les ajustements budgétaires
Période de croissance ralentie : si les Etats réduisent les dépenses publiques et augmentent
les prélèvements obligatoires  conforte du ralentissement économique
- Création des euro-bonds = « fédéralisme dans euro-obligation »
= Titres qui seraient émis par l’UE pour le compte des Etats  ensemble des pays-membres
sont garants solidaires  garantie de faire baisser les taux d’intérêt
Cf. si Grèce va sur marché obligataire : taux d’intérêt à 20% ; si CE, taux d’intérêt à 4%.
Sommet du 26 octobre 2011
Décision lourde : s’engager dans la voie du défaut partiel de la Grèce :
- Décote 50% de la dette grecque détenue par les banques
- Apporter un soutien pluriannuel à la Grèce (environ 100 milliards €) par le FESF
- Quasi tutelle d’un ajustement budgétaire drastique sous contrôle de la Troika (UE, FMI, BCE)
Pour les autres Etats :
- Exigences accrues en capitaux propres des banques et recapitalisations forcées
- Augmentation des facilités financières du FESF jusqu’à 1000 milliards € (financement intraUE + pays émergents + secteur privé)
Division de l’UE lors du G20 : pas de décision de soutien de l’activité malgré le ralentissement de la
croissance et le risque de récession
Risque élevé d’un effet pro-cyclique de l’ajustement budgétaire et des recapitalisations bancaires
dans la zone euro  piège de la rigueur, fragilisation des banques et crise systémique.
Ex : la dévaluation du yuan n’a pas été demandée  seulement demande investissement
dans le FESF (refusé par la Chine)
CHAP. 6 – SITUATION DE LA GOUVERNANCE INTERNATIONALE
Les acteurs en présence
= ceux qui contribuent à la dynamique macroéconomique internationale :
- Marchés des biens, de la finance, des changes, etc. de plus en plus intégrés
-
Etats : distinction entre jeu des banques centrales (gouvernance avancée) et jeu des
gouvernements (intérêts nationaux distincts).
- Institutions à l’interface : héritage des années 50’s-60’s : FMI, G20 (organe informel de
coopération)
 Profonde hétérogénéité des acteurs
Hétérogénéité associée à une situation de crise  Etats n’ont pas su maîtriser les distorsions :
- Déséquilibres des balances des paiements maintenus (cf. Chine)
- Distorsion des taux de change (monnaies contrôlées, sur ou sous évaluées
- Question de la stabilité financière : déficit de gouvernance économique internationale
Ex : psychologie de la défiance de Keynes : pousse les Etats à se détacher des
fondamentaux économiques
Critères du système économique international
Régimes de change
- Régime de taux de change fixe : ancrage durable sur une monnaie ou un référant
Ex : référant-or
Suppose qu’il y ait une base stable au régime de change, garantie par des politiques
économiques.
- Régime de taux de change flexible : n’échappe pas à la loi du marché (jeu offre/demande),
marché vu comme plus rationnel que les Etats (ex : pas de lobbys ou de logiques électorales).
- Système de flottements concertés : système intermédiaire (à l’échelle régionale)
 Multiplicité de règles
Deux grands pôles de l’économie mondiale :
- USA et UE : choix de la flexibilité du taux de change
- Chine : pilotage du taux de change par la Banque centrale
 « Do it yourself » monétaire : porte ouverte à des conflits si régimes de change différents
= « Guerre des monnaies »
Question de la monnaie internationale
= liquidité utilisée seulement à l’échelle internationale, n’est pas une monnaie artificielle (comme les
Droits de Tirages Spéciaux = monnaie de compte du FMI).
Aujourd’hui, la liquidité internationale est constituée des monnaies nationales.
Fonctions de la monnaie :
- Unité de compte : exprimer le prix de la transaction
- Unité de transaction : régler les échanges
- Unité de réserve : précaution face à l’avenir
 Tendance des monnaies à converger vers une autre  plus efficace pour réaliser les
échanges et remplir les trois fonctions de la monnaie
Fonction de monnaie internationale aujourd’hui jouée par le dollar :
- Avantages : permet au pays éditant cette monnaie d’affronter les déséquilibres de la
balance des paiements (puisque les autres pays s’endettent dans cette monnaie)
- Responsabilités : si crise concerne la monnaie internationale  implication des institutions
monétaires américaines pour réguler la crise (= rôle de prêteur en dernier ressort).
Euro était candidat à jouer ce rôle mais pas de capacité de pouvoir monétaire d’intervention  à qui
s’adresser ? (cf. Kissinger, « L’Europe, quel numéro de téléphone ? »).
La question est aujourd’hui de savoir jusqu’à quand les investisseurs internationaux vont accorder
plein confiance au dollar ?
Question des ajustements
Distinguer automatismes de marché et politiques discrétionnaires des Etats.
« Négligence perverse » = Etat américain ne se préoccupe pas toujours des effets produits à l’échelle
internationale des politiques microéconomiques. Cf. « Le dollar c’est notre monnaie, c’est votre
problème », secrétaire au trésor sous Nixon.
Ex : liquidités émises par la Fed pour pallier la crise interne, puis investies dans pays
émergents (= « déversoirs »)
Par ailleurs, maîtrise des taux de change (cf. Chine et Japon)
 Hétérogénéité, pas de système dont les règles doivent être respectées par tous.
Toutefois, dans un univers globalisé, le seul moyen de mettre de l’ordre est d’organiser la
coordination des politiques économique  concertation + politiques compatibles (= objectifs
communs).
 Loin d’être mis en œuvre (sauf du côté des Banques centrales = réel réseau) : coordinations
ponctuelles et discrétionnaires. Acteurs étatiques sont face à leur électorat.
Question de la stabilité financière
Sphère financière de plus en plus globale (cf. phénomène de la contagion de la défiance financière)
 besoin d’intervention globale or il n’y a pas de prêteur en dernier ressort international.
Zone euro créée sans penser à la possibilité d’une crise systémique puisque la BCE ne peut pas jouer
le rôle de prêteur en dernier ressort  pas de mémoire historique : Banques centrales créées
historiquement pour pallier l’instabilité financière (sauf Bundesbank en 1946).
Ex : BCF créée par Napoléon, Fed créée au début du XXème pour jouer le rôle de prêteur en
dernier ressort face à des crises à répétition.
Compléter la lecture avec des instruments de politiques économiques
Aujourd’hui, manque d’hégémon  difficultés à mener des actions collectives durables face à la
conservation de la souveraineté des Etats.
Besoin d’un équilibre des forces tel qu’aucun pays ne puisse imposer sa politique de change
cf. contraindre la Chine.
 Pas de régime international car pas de stabilité hégémonique
Question de l’aléa de moralité = la perspective qu'un agent, isolé d'un risque, se comporte
différemment que s'il était totalement lui-même exposé au risque  peut conduire à des politiques
de pur libéralisme.
Gouvernement mondial + coopération institutionnalisée + réseau d’autorités indépendantes
 sont nommés et non élus  pas responsables devant les peuples.
Conclusion
Aujourd’hui : pseudo-régime hégémonique à tendance polycentrique.
= règles d’action incomplètes et inefficaces compte tenu de l’hétérogénéité des structures, des
caractéristiques des acteurs et des difficultés.
Hésitations multiples de l’action collective :
- Entre règles substantives et procédurales (cf. lors du G20)
- Echelle globale et/ou régionale ?
- Coopération ou transfert des pouvoirs à l’échelle globale ou régionale ?
 refus des Etats de transférer pleinement leur souveraineté  maintien de rivalités et
perception différente des priorités
Ex : situation européenne : conceptions différentes de la finance (cf. structures de
financement différentes) + conceptions différentes par rapport à l’emploi et à l’inflation.
 besoin de s’accorder sur des ambitions et objectifs communs  besoin convergence.
-
Hobbes (XVII) : face à l’état de nature, seule violence détenue par le pouvoir est légitime
 besoin d’un Léviathan = hypothèse de la stabilité hégémonique ( transposition à
l’économie de ce pessimisme).
- Kant (début XIX) : pour que le monde puisse se perpétuer, besoin de règles de vie
 « société civile des nations » doit se doter de règles de droit fondées sur l’éthique (vs.
pouvoir et domination)  ambition de construire un ordre avec des règles
 Clivage qui n’a pas disparu entre volonté de se doter de règles pour réguler les
dysfonctionnements de l’économie mondiale et un certain scepticisme.
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chap.5 – desequilibres internationaux et deficit de la gouvernance