Le rein un capital
précieux à préserver
Le rein en médecine interne, un capital précieux à préserver
en débat le 14 novembre 2015 à Casablanca
L'association des médecins internistes du Grand Casablanca (AMICA) a organisé une grande
journée scientifique, le samedi 14 novembre 2015 à Casablanca sur les pathologies susceptibles de
provoquer une insuffisance rénale chronique qui atteindrait environ 10 % des adultes dans le
monde.
On rappellera que, outre la production d’urine qui permet l’élimination de déchets toxiques comme
la créatinine et l’urée, les reins assurent tout l’équilibre de l’organisme en ajustant nos besoins en
eau et en sels minéraux (sodium, potassium, calcium…) et en produisant ou activant des hormones
indispensables comme la rénine qui régule la pression artérielle, l’érythropoïétine (ou EPO comme
celle employée en dopage par les sportifs !) qui favorise la production de globules rouges et la
vitamine D au bénéfice de nos os. L’ensemble des liquides de l’organisme est filtré une dizaine de
fois par jour, soit au total l’équivalent de 180 litres par jour !
Le bon fonctionnement des reins se mesure par le calcul du débit de filtration glomérulaire (les
glomérules étant les unités d’épuration) du sang. Une valeur normale se situe autour de 100 ml/mn
(entre 90 et 120). Ce débit correspond aux capacités du rein en pourcentage : à 60 ml/mn ainsi, le
rein fonctionne à près de 60 %, chiffre en dessous duquel on présente une insuffisance rénale.. La
présence anormale de protéines (protéinurie) ou de sang dans les urines témoigne aussi de
l’existence de lésions.
Les pathologies qui induisent un dysfonctionnement rénal sont liées dans presque un quart des cas à
une hypertension et un autre quart à un diabète. Ainsi, dix ans après le début d’un diabète, près
d’un tiers des patients dans le monde développerait encore une insuffisance rénale malgré
l’amélioration constante de sa prise en charge.
Les maladies auto-immunes en constituent ensuite la troisième grande cause chez plus de 10 % des
patients : dans ces dernières, le système immunitaire chargé normalement de nous défendre des
agresseurs extérieurs (bactéries, virus…) se dérègle en s’attaquant à nos propres cellules et tissus.
Les atteintes rénales peuvent s’y révéler parmi les plus lourdes, allant même jusqu’à engager encore
le pronostic vital au Maroc, dans certaines de ces pathologies comme le lupus ou la sclérodermie
(une maladie qui se manifeste par un durcissement de la peau) qui seront examinées lors de cette
rencontre
Aucun symptôme en général ne prévient de l’altération des reins qui parviennent au début à
compenser leurs dégradations par un surcroît d’activité permettant une production d’urine identique.
Les premiers signes sont malheureusement souvent trop vagues (fatigue, perte d’appétit…) pour être
pris au sérieux. On notera qu’à partir de 40 ans les capacités de filtration diminuent de 10 % tous les
10 ans et qu’après 70 ans un tiers des personnes présentent techniquement une insuffisance rénale
sans que se produisent forcément de complications graves si ces capacités peuvent se stabiliser à un
niveau encore acceptable.
Ces affections rénales ont tout pour faire peur alors qu’avec une attention minutieuse, on peut
ralentir la progression de l’insuffisance rénale et même la contrôler. Cela nécessite entre autres de
maîtriser la pression artérielle (< 130/80 mm Hg) et la protéinurie (< 0,5 g/jour) ainsi que son
hygiène diététique (régime limité en sel et apport en protéines contrôlé).
Il est en parallèle essentiel de traiter efficacement les pathologies associées à ces insuffisances,
notamment par l’emploi adéquat de médicaments anti-inflammatoires et/ou immunosuppresseurs
dans le cas des maladies auto-immunes.
Dans les cas les plus graves, lorsque les reins fonctionnent à moins de 10 % de leurs capacités, on
est obligé de recourir à la dialyse et éventuellement la greffe rénale.
Au total, tous les aspects de cette problématique seront débattus lors de cette journée, avec
notamment des interventions de spécialistes français et belge qui font autorité dans ce domaine : les
Pr L. Mouthon, B. Banduceau et F. Houssiau
L'association des médecins internistes du Grand Casablanca, présidé par le Pr Elkabli, a pour
objectif la formation continue des internistes, l’organisation de rencontres scientifiques de haut
niveau avec des experts internationaux et nationaux, la promotion de cette spécialité dans le
Royaume, et cela, sous l’égide de la société marocaine de médecine interne (SMMI).
Dr MOUSSAYER KHADIJA ‫الدكتورة خديجت موسيار‬
‫اختصاصيت في الطب الباطني و أمراض الشيخوخت‬
Spécialiste en médecine interne et en Gériatrie
Secrétaire générale de l’AMICA
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LES MALADIES RENALES EN DEBAT EN MEDECINE INTERNE AU MAROC