Vie Politique en
Europe après 1945
Elément d’information : les sujets d’examens seront déterminés par le cours.
Examen de 2 heures.
Travail personnel qui impliquera la lecture d’un ouvrage général et d’un ouvrage
spécialisé.
Adresse du prof : [email protected]
Chapitre 1
La période 1945 –
1953
Leçon 1 : L’héritage et l’ampleur des dommages de
la guerre (1945-1947)
Introduction
L’Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale offrait un tableau de misère
absolu et de désolation absolue. A l’exception des forces d’occupation alliées bien
nourries, tous le monde apparaît usé, exténués et sans ressource.
Cette image se doit nuancer si l’on veut comprendre comment le continent ébranlé à la
fin de la 2GM va pouvoir se redresser dans les années à venir. Mais cette image est
porteuse d’une vérité essentielle sur la situation de l’Europe dans le sillage de la défaite
contre l’Allemagne, à savoir que les Européens se sentaient désespérés et ils étaient
épuisés.
La 2GM a était une guerre totale impliquant les civils et les militaires. Dans les pays
occupés par l’Allemagne nazie, la guerre a était aussi et d’abord une expérience civile.
Les combats proprement militaires restant limités au début et à la fin du conflit.
Contrairement à la première guerre mondiale, la 2GM a était une expérience quasiuniverselle durant longtemps (près de six années). Les guerres d’occupation n’étaient pas
inconnues, mais l’expérience d’occupation a eu une intensité particulière qui teint à
l’attitude des nazis envers les populations soumises.
Du point de vue des contemporains, l’impact de la guerre se mesura par les dommages
visibles infligés à leur environnement immédiat. Il faut commencer ici, si l’on veut
comprendre le traumatisme derrière les images de désolation et d’impuissance retenant
l’attention des observateurs en 1945.
Partie 1 : Les dégâts matériels
Très peu de villes ont survécu indemne à la guerre. Seul une poigné comme Rome,
Venise, Prague ou Paris furent épargnées. En revanche, des 1940, les bombardiers
allemands avaient rasés Rotterdam et détruits la ville de Coventry au point de parler de
« Coventrysation ».
Les plus gros dégâts matériels ont été infligé par les campagnes de bombardements des
anglo-saxons sur les villes allemandes en 1944-1945 et lors de l’avancée de l’armée rouge
sur les fronts de l’est en 1943.
Les villes en ruine étaient la preuve évidente de la dévastation, servaient de raccourcis
visuels au malheur de la guerre. 20 millions d’allemands et 25 millions de soviétiques se
retrouvèrent à la fin de la guerre sans toit.
Berlin avait reçu 40 000 milles tonnes d’obus dans les 14 derniers jours de la guerre. La
capitale allemande qui avait enduré bien d’autres bombardements, se trouvait ainsi
réduite à des collines fumantes de gravats. 75% des immeubles étaient dès lors
inhabitables.
Les transports et les communications étaient gravement perturbés. En France, sur les
12800 locomotives d’avant guerre, il n’en restait plus que 2800 en service au moment de
la capitulation de l’Allemagne. Mais il faut souligner que les nazis traitèrent les
européens de l’ouest avec quelques respects pour mieux les exploits. Les véritables
horreurs de la guerre s’étaient déroulées à l’est du continent.
Effectivement, dans l’est et le sud-est, les occupants allemands furent implacables. Les
conséquences matérielles de l’avancée soviétique à partir de 1943 et des combats de
partisans furent d’un tout autre ordre que l’expérience de la guerre à l’ouest.
Chiffres : En Union Soviétique, 70 000 villages et 1700 villes furent détruits en même temps que 32
000 usines et 64 000 kilomètres de voix ferrées. La Grèce a perdu les 2/3 de sa marine marchande,
1/3 de ses forêts saccagés et 1000 villages rasés. La Yougoslavie a perdu 25% de ses vignobles, 60%
des routes du pays, 75% de ses ponts de chemin de fer, 20% de son parc immobilier, 1/3 de sa
richesse industrielle et environ 10% de sa population. En Pologne, les ¾ des voix ferrés étaient
inutilisables, une ferme sur 6 était hors service. La plupart des villes polonaises pouvaient à peine
fonctionner et la capitale Varsovie était entièrement détruite. (Répression de l’insurrection en août
1944).
Partie 2 : Les pertes humaines et les dommages causés aux
populations
Les dégâts matériels subis furent insignifiants au regard des pertes humaines. On
estime à 36, 5 millions les européens qui ont trouvé la mort entre 1939 et 1945 de causes
directement liés à la guerre. Ceci ne tient pas compte des décès de causes naturelles et du
manque des naissances en conséquence.
Ce chiffre de 36,5 millions excède largement les 10 millions de morts de la grande guerre.
Ce qui est réellement le plus frappant est le nombre de civils non combattants parmi les
morts. En effet, sur les 36,5 millions on compte 19 millions de civils, soit plus de la
moitié des victimes européennes de la 2GM.
Cette majorité de civils est la grande spécificité de la 2GM. Le bilan des morts civils a
excédé les pertes militaires en URSS, en Hongrie, en Pologne, en Yougoslavie, en Grèce,
en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Norvège. Les pertes militaires dépassant les
pertes civiles se situent en Royaume-Uni et en Allemagne.
Dans les pertes civiles, l’Union Soviétique en a perdue 16 millions, deux fois plus que les
pertes militaires (8 millions). On en compte 5 millions en Pologne, 1,4 million en
Yougoslavie, 430 000 milles en Grèce, 350 000 en France, 270 000 Hongrie. On
dénombre entre 5 et 6 millions de juifs et plus de 200 000 tziganes.
Concernant les causes, on a les effets des génocides et des exterminations de masses.
Egalement, les conséquences de la maladie, de la malnutrition et de la famine. Aussi, des
exécutions d’otages et les représailles contre les civils. N’oublions pas non plus, les effets
de l’exploitation des travailleurs forcés, de la main d’œuvre concentrationnaire des
prisonniers de guerres.
C’est également l’Union Soviétique qui a subi les pertes militaires les plus lourdes avec 8
millions, puis les Allemands avec 4 millions, les Italiens 400 000 morts, les Roumains
300 000 morts.
Si on comptabilise toutes les pertes, 4 pays se distinguent :
1.
2.
3.
4.
La Pologne
La Yougoslavie
L’URSS
La Grèce.
Pour la Pologne, elle a perdu près de 20% de sa population. Le prix qu’on payé les élites
polonaise a été très élevé car elles ont été l’objet d’un processus d’extermination
systématique de la part des Allemand, mais également de la part des soviétiques.
L’exemple type est le fameux massacre des officiers des Polonais à Katyn en 1940.
Pour la Yougoslavie, le nombre de mort représente 8 à 10% de la population. Il y’a
morts liés à l’occupation étrangère, les combats des partisans, mais aussi les effets des
guerres civiles yougoslaves et inter-ethniques.
En URSS, pays partiellement occupé dans sa partie occidentale avec des pertes très
lourdes. Un habitant sur 11 est mort de la guerre. Dans les pertes soviétiques, figurent les
prisonniers de guerre. Les Allemands ont en capturé 5,5 millions. La plupart d’entre eux
moururent de faim, de froid et de mauvais traitements. Là aussi, on peut parler d’un
véritable processus d’extermination de masse des prisonniers de guerre.
Pour leur part, ils ont fait 3,5 millions de prisonniers de la puissance de l’axe. Une grande
majorité d’entre eux ont pu rentrer chez eux.
En Grèce, la proportion est d’un habitant sur 14.
Par rapport à ces quatre pays, en Allemagne le rapport est de 1/15.
Au vue de ces chiffres, il n’est pas étonnant que dans l’Europe de l’après guerre, on est
alors souffert d’une pénurie aigue d’homme. En 1945, en Union Soviétique, le nombre
des femmes dépassait de 20 millions celui des hommes. En Allemagne, les femmes furent
endurcies dans l’épreuve et furent retrouvées confrontées à l’avancée de l’armée
soviétique.
Cette avancée de l’armée rouge s’est accompagnée d’une pratique systématique du
nettoyage de la population autochtone dont on a pu dire qu’il avait été sans précédant.
Dans le cas des femmes allemandes, il faut évoquer la pratique systématique des viols et
ceci fut toléré par les dirigeants soviétiques.
On a pu mettre en évidence des éléments explicatifs. Dans le cas de l’armée rouge, on
n’avait aucune permission. Egalement la découverte d’un contraste entre les niveaux de
vie dans les pays.
Par suite des violences subies, nombre de femmes allemandes périrent dans les derniers
mois de la guerre. Ceci a nourri le phénomène des orphelins sans foyers, épingles
humaines de la guerre. A Berlin, on dénombrait 53 000 enfants perdus. Le phénomène
n’est pas resté propre à l’Allemagne car la Tchécoslovaquie libéré comptait 49 000
orphelins, les Pays-Bas 50 000, la Pologne 60 000 et la Yougoslavie 300 000. Parmi ces
enfants, peu de juifs car ceux qui avaient survécu étaient pour l’essentiel des adolescents.
Partie 3 : Survivre dans la paix revenue
Se pose la question de la survie dans la paix. Il faut souligner à ce propos l’intervention
précoce et efficace de la nouvelle administration des Nations-Unies pour le secours et la
reconstruction (UNRRA).
Grâce à son rôle et à l’action des armées alliées, on a pu éviter au printemps 1945, la
propagation incontrôlée à grande échelle d’épidémie et de maladies contagieuses. Sur
le modèle de la fameuse épidémie de grippe dites-espagnole qui avait ravagée l’Europe au
lendemain de la première guerre mondiale et qui avait été encore plus meurtrière que
celle-ci. Par les interventions ciblées, le développement d’épidémies contagieuses a pu
être baissé. Cependant, la situation restait néanmoins très difficile.
En 1945, la population de Vienne subsistait avec 800 calories par jour et Budapest avec 546. En
Allemagne, la ration moyenne d’un adulte était tombée à 1400 calories. En juin 1945, dans la zone
d’occupation. La situation n’était pas plus enviable dans la majeure partie de l’Italie.
Le problème tenait en partie à la destruction d’exploitation agricole, des voix de
communication. Il y’avait un trop grand nombres de personnes démunies et
improductives qu’il fallait néanmoins nourrir. Surtout, le problème principal tenait à ce
que les paysans européens puissent certes produire des vivres, mais les répugner à les
livrer aux villes. La plupart des devises européennes ne valant rien.
Dans ces conditions, le marché noir s’est développé et seuls les nantis pouvaient avoir
accès. Dans ces conditions, les européens mouraient de faim et tombaient malades. On a
pu constater les déficiences en vitamines. La population Berlinoise souffrait de
malnutrition, d’épidémie. On pouvait compter 66 morts de nouveaux nés pour 100
naissances d’enfants vivants.
Les enfants de l’Europe entière souffraient de maladies liées aux privations. Dans
Varsovie libéré et rasé, ils ne subsistaient plus qu’un seul hôpital avec 50 lits. Quand aux
enfants en bonne santé, une pénurie de lait.
A Vienne, la mortalité infantile était 4 fois plus élevée qu’en 1938.
Partie 4 : Les transferts de population en Europe, pendant et
après la seconde guerre mondiale
Les problèmes de l’alimentation, du logement et des soins se trouvent amplifiés par
l’échelle unique de la crise des réfugiés. Cette crise était inédite dans l’expérience
européenne. En fait, la politique des transferts de population avait commencé dès le
début de la guerre. Staline et Hitler dès 1939, avait déplacé de très nombreuses personnes
(30 millions).
A partir de l’été 1943, l’armée rouge reprend l’initiative sur le front de l’est. Désormais,
les armées de l’axe sont contraintes unilatéralement à la retraite et le processus de
déplacement va se renverser. Les allemands qui avaient été installés dans les territoires
annexés vont se joindre aux millions d’allemands implantés de longue date en Europe
orientale devant l’avancée de l’armée rouge.
Ceux qui réussirent à se réfugier en Allemagne en 1945, se retrouvèrent mélangée à la
cohue bruyante des autres personnes déplacées.
De l’est, affluèrent à partir de l’hiver 1944, des baltes, des polonais, des hongrois ou
encore des Roumains. Certains avaient pu fuir les horreurs de la guerre, mais d’autres
s’étaient refugiés à l’ouest pour éviter le communisme.
Des Balkans, affluèrent également près de 100 00 Croates qui fuyaient la victoire des
partisans de Tito.
En Allemagne et en Autriche, outre les soldats de la « Weirhmart » et les soldats alliés
jusqu’à lors détenus comme prisonniers, il y’avait de nombreux non allemands qui
avaient combattus les alliés aux côtés allemands. Parmi eux, on pouvait dénombrer les
soldats Russes et Ukrainiens qui s’étaient engagé dans l’armée Vassov.
La grande majorité des travailleurs étrangers en Allemagne était acheminée contre leur
grès. Mais pas tous, car certains étaient venus par la perspective d’un salaire intéressant.
Les survivants des camps de concentration avaient survécu à l’intérieur de camps frappés
au cours des derniers mois de la guerre par l’envol de la mortalité et de maladies.
Finalement, même ces survivants restaient mieux lotis que les juifs. De fait qu’il restait
peu de juifs parmi les détenus libérés.
En fait, après 1945, c’était un exercice sans précédent de nettoyage ethnique et de
déplacement de population. C’était une séparation ethnique volontaire comme dans le
cas des juifs, des italiens.
Ailleurs, la politique officielle de nettoyage ethnique se mis en œuvre avant la fin de la
guerre. En particulier, les autorités soviétiques dans les territoires qu’elle venait de
libérer, organisaient une série d’échange forcée de la population (Ukraine occidentale
intégrée à la république de Pologne et la Pologne). 1 million de Polonais furent chassés
de leur foyer tandis que dans le même temps 500 000 Ukrainiens furent amenés à quitter
la Pologne pour l’URSS.
Ce qui fait qu’en l’espace de quelques mois (fin 44- milieu 46), ce qui avait été autrefois
une région de population mêlée, ceci se scinda en deux territoires bien distincts. Mais le
contingent le plus important des personnes déplacées fut celui des Allemands.
Il faut dire que dès 1942, les britanniques avaient accédé aux demandes formulées auprès
d’eux par les Tchèques en vue d’obtenir à la fin de la guerre, un déplacement de la
population allemande des Sudètes. Ces territoires étaient occupés par des populations
germanophones. Ainsi, soviétiques et américains devaient s’aligner sur cette position.
A partir de ce moment, les allemands ont du laisser leur bien aux tchécoslovaque, en
juin 1945, exproprié de leur terre et le 2 aout, perte de la nationalité tchécoslovaque.
Ainsi cette minorité allemande fut expulsée vers l’Allemagne. Ces expulsions se
déroulèrent avec une extrême brutalité. Généralement, les populations d’une ville ou
d’un village étaient averties 48 heures à l’avance. 267 000 germanophones des Sudètes
périrent au cours des expulsions.
Mais le contingent de loin le plus important de réfugié allemand provient des anciens
territoires orientaux de l’Allemagne. Avec la Silésie, la Prusse Orientale… Ces territoires
reconnues comme Allemand par le Traité de Versailles ont été remis à la Pologne..
Lors du sommet de Postdam entre les trois grands vainqueurs de la guerre, il fut alors
convenu que les gouvernements américains, britanniques et soviétiques reconnaitraient le
transfert vers l’Allemagne de population allemande résidant en Pologne, en
Tchécoslovaquie et en Hongrie. Avec le basculement de la Pologne vers l’ouest, quelques
7 millions d’allemands se trouvaient désormais..
Les autorités polonaises souhaitaient voir les populations allemandes partir de telle sorte
que les polonais qui avait perdu leur terre dans les régions orientales de la Pologne de
1939 annexé à nouveau par l’URSS puisse être réinstallée dans ce que les Polonais appelé
les « territoires recouvrais ».
L’accord entre les trois grands à Postdam dans l’été 1945 fut un accord de réalité
nouvelle. L’Europe orientale a validé de force le nettoyage des populations d’allemande.
La déclaration de Postdam avait posé le principe que tout transfert qui se produit doit se
faire de manière ordonné et humaine ce qui n’était guère vraisemblable compte tenu des
circonstances.
Les circonstances font que la société ouest allemande parviendra à installer et à
intégrer 13 millions de réfugiés et d’expulsés allemands avec succès sur fond à partir
des milieux des années 50 de miracle économiques. Bien que les souvenirs persistent, le
sujet continue aujourd’hui encore d’assez vifs sentiments.
On a pu alors décrire les expulsions d’allemands comme un crime contre l’humanité.
Mais, même s’il y’a eu des morts élevés, il n’en demeure pas moins que la plupart des
allemands victimes restèrent cependant en vie.
Ce qu’il faut souligner est une différence considérable entre les 2GM. Après la première,
les auteurs des Traités avaient tenté d’ajuster des frontières à la réalité de zones de
peuplement à l’exception notable, mais exclusive des échanges de population entre la
Grèce et la Turquie. Après 1945, ce fut le contraire, car à une seule exception près, les
frontières restèrent largement intact. Ce furent, non pas les frontières, mais les
populations qui se sont déplacées.
Les responsables occidentaux consciences de l’échec de la SDN, acceptèrent ces
transferts. L’exception est la Pologne puisqu’elle a perdue 178 000 kilomètres carré. En
compensation, la Pologne acquiert de la terre à l’ouest. Ce basculement a été lourd de
conséquence.
Dans les conditions de 1945, ce basculement n’avait rien d‘exceptionnel, puisque Staline
a vite imposé un ajustement territorial national, le long de la frange occidental de son
empire. Il avait récupéré la baie de saradie et la buccoline du nord au détriment de la
Roumanie. De même, elle ré annexe les trois Etats baltes et elle conserve la péninsule de
Carélie arrachée à la Finlande.
A l’ouest de ces nouvelles frontières soviétiques, on a eu très peu de changements dans le
tracé des frontières européennes. Ce ne sont pas les frontières qui ont été déplacé, mais
les populations. De là, il en est résultait une Europe plus homogène à deux ou trois
exceptions : l’union soviétique restant plus que jamais un empire multinational et le
cas des deux constructions révélées artificielles : la fédération Yougoslave ainsi que la
Tchécoslovaquie.
En 1946, après les transferts de population, les expulsions des allemands, la Pologne
comptait une écrasante majorité de Polonais. L’Allemagne amputée, presque entière
allemande à l’exception de la minorité Danoise du nord.
La gestion initiale des personnes déplacés et des réfugiés fut initialement le fait des
armées alliés qui occupait l’Allemagne et tout spécialement, de l’armée américaine. Si tôt
le système des camps mis en place, la responsabilité des soins et du rapatriement final ou
de la réinstallation de millions de personnes déplacés, incomba de plus en plus à
l’UNRRA.
A la fin de l’année 1945, l’UNRRA gérait 227 camps et centres de secours pour personne
déplacées et réfugiées en Allemagne. Mais elle gérait 25 autres camps en Autriche et
également quelques camps en France et dans les pays du Benelux. En juin 1947, l’Europe
occidental comptait 762 camps de ce type.
A son apogée en septembre 1945, le nombre des civils libérés pris en charge ou rattrapiez
par l’UNRRA s’élevait à 6 millions 795 000 auquel il convient d’ajouter 7 millions de
personnes sous autorité soviétique et plusieurs millions d’allemands déplacés.
Pour de nombreux ressortissants de l’Europe de l’est, ils n’avaient aucune envie de
rentrer chez eux ! C’est ainsi que des baltes que les occidentaux n’ont pas reconnu
l’annexion, mais aussi des soviétiques, des polonais, des roumains, des yougoslaves
préférèrent dans des camps temporaires en Allemagne plutôt que de retourner dans leur
pays.
L’attitude des autorités occidentales va changer. En 45-46, les autorités firent fi de se
désintéresser de ces sentiments et obligèrent parfois y compris de forces des citoyens est
européens et soviétiques à rentrer dans les pays. Ceci occasion des scènes dramatiques
dans les camps de personnes déplacées.
Ce rapatriement forcé cessa en 1947 avec le début de la guerre froide. A partir de ce
moment là, une nouvelle disposition a traiter les personnes déplacés, originaire de ce
qu’allait devenir le bloc soviétique comme des réfugiés politiques commença à faire jour.
De ce fait, 1 m 500 000 polonais, hongrois, bulgares et yougoslaves et juifs évitèrent le
rapatriement. Les Etats ouest européen qui devait se reconstruire était intéressé par les
travailleurs manuels robustes de sexe masculin et ne furent pas gêné de favoriser les
baltes, polonais ou ukrainiens.
Le problème juif fut traité à part. Il ne fut jamais question de renvoyer les juifs à l’est,
mais ils ne furent pas bien accueillis à l’ouest. Paradoxalement, ils restèrent un temps
en Allemagne et la difficulté de leur placement fut résolu qu’avec la création de l’Etat
Israël en 1948-1949.
Partie 5 : Les guerres civiles Européennes
Les personnes déplacées avaient survécu non seulement à une guerre générale, mais
également à toute une série de guerre civile locale. Effectivement, dans une chronologie
plus large que celle retenue pour la 2GM, de 1934 à 1949, l’Europe a connu une
succession de guerres civiles.
Dans bien des cas, l’occupation étrangère a servi à faciliter et à légitimer la poursuite
d’antagonismes politiques relevant de l’avant guerre. Ainsi, les occupants étrangers ne
sont pas restés neutres, mais ont associé leur force à des factions en lutte pour combattre
un ennemi commun.
En Belgique, les flamands étaient tentés par les promesses d’autonomies avec l’occasion de briser
l’emprise francophone.
En France, ce n’est qu’à la fin de l’occupation que le nombre de résistance actif a dépassé ceux qui
ont collaboré avec les nazis soient par conviction, soit par intérêt égoïste. On n’a pu estimer que le
nombre de personne pleinement engagés dans les deux camps a pu s’élever à 170 000 personnes.
En Italie, la situation fut compliquée puisque les fascistes étaient au pouvoir depuis 20 ans quand
Mussolini est renversé en 1943. Après le mois de septembre 1943, le centre et le nord sous occupation
allemande va se trouver déchiré entre un régime fantoche la république de Salô autour de Mussolini
et un mouvement de résistance de partisans qui va coopérer avec les alliés. Ainsi, c’est l’exemple type
d’un pays déchiré par la guerre civile où s’affronte deux camps. Il va y’ a avoir une authentique
guerre civile et le régime de salô peut compter sur de nombreux citoyens.
Dans les Balkans, la 2GM a été vécu par dessus tout comme une guerre civile singulièrement
meurtrière. En Yougoslavie, elle a payé un tribut très lourd car près de 10% de la population a péri.
Le fait guerre civile prime sur la réalité du second conflit mondial.
En Grèce, dès les débuts de l’occupation, une résistance nationale grecque se dessine. L’affaire se
complique au moment de la liberté. En fonction des accords entre les alliés, ce sont les britanniques
qui reprennent pied et qui procèdent à la libération du pays. Au mois de décembre 1944, la
résistance communiste entre en conflit ouvert avec les forces britanniques soutenues par les royalistes.
Un premier conflit de 5 semaines éclate en 1944. Mais les combats reprennent en 1946 et la guerre
civile va durer 3 ans.
Le pouvoir communiste peut s’installer dans le nord de la Grèce. En 1948, Tito rompt avec Staline
et dès lors qu’il se trouve explicitement condamné par l’appareil Stalinien, il cesse son appui à
l’insurrection communiste. La résistance grecque s’effondre et la guerre civile prend fin.
Ainsi, l’impact des guerres civiles fut important. La 2GM a occulté la réalité des guerres
civiles. Elles ont surtout signifié que la guerre en Europe ne s’est pas arrêtée en 1945
avec la défaite des allemands.
L’occupation successive de territoire par des puissances étrangères a eu des conséquences
et a contribué à éroder l’autorité et la légitimité des dirigeants locaux. Il faut constater
que le changement le plus dramatique a consisté dans la liquidation des anciennes élites
économiques et sociale. En particulier, l’extermination des juifs d’Europe centrale,
Le paysage social se retrouvera modifié et les populations autochtones vont ainsi être en
mesure de prendre la place des minorités bannies.
En Pologne, l’occupation visait à détruire les populations juives et réduire le peuple slave à un
nouveau servage. Ceci dans l’objectif de placer le pays dans les mains d’allemands. A partir de 1944,
l’arrivée de l’armée rouge et l’expulsion des allemands va créer une situation nouvelle, favorable aux
projets soviétiques.
Les années d’occupation vont favoriser une mobilité sociale et meurtrière, mais aussi
l’effondrement total de la loi des habitudes de vie dans un Etat de droit. La violence
devient un aspect courant de la vie quotidienne et les Etats fragilisés perdent le monopole
de la violence.
Les nazis, puis les soviétiques favorisent la guerre de tous contre tous et ils contribuent
ainsi à décourager tout sentiment de civilité entre les individus. Ainsi, on se voit
multiplier des dénonciations anonymes, des accusations personnelles.. Tout le monde se
craignait.
Parmi les perdants, on retrouve les juifs et les autres groupes ethniques victimes des
politiques d’occupations. Dès lors que les juifs sont victimes du processus génocidaires,
leurs voisins immédiat (les catholiques en Pologne) peuvent s’emparer du commerce, des
appartements, des biens immobiliers..
Le mouvement se poursuit après la fin des hostilités au mois de mai 1945 avec en Europe
centrale et orientale, la dépossession des populations allemandes.
En Europe occidentale, la guerre n’a pas été vécue comme le cataclysme à l’est. En effet,
la légitimité des autorités constituées a été remise en cause. Généralement, les
administrations locales ne s’étaient pas couvertes de gloire sous l’occupation. Les
allemands n’ont pas eu besoin des effectives considérable pour assurer l’exploitation de
leur conquête.
En 1941, les allemands dirigeaient la Norvège avec une administration de 896 personnes. En France
occupé, il suffisait de 1500 fonctionnaires allemands et 6000 policiers pour assurer leur domination.
En revanche, en Yougoslavie, la Reich va devoir se mobiliser.
On voit alors se dessiner une différence entre une Europe occidentale où l’occupation
est plutôt aisée alors qu’en Europe centrale et orientale, il faut davantage se mobiliser.
D’autre part, dans le traitement des nazis aux territoires occupés, dans l’ensemble, les
occupants les laissaient plutôt tranquille. L’occupation s’accommode d’une réalité de la
coopération des autorités.
Une fois libérée, les populations de l’Europe occidentale vont à peu près pouvoir revenir
au passé. En revanche, en Europe centrale et orientale, l’occupation va entraîner un
total effondrement économique, social et politique dont l’ampleur est sans précédent
dans l’histoire. A l’est de l’Elbe, les soviétiques vont hériter d’un sous continent.
Leçon II : l’Europe occidentale dans les années 4553 entre renaissance politique et Etat providence
La reconstruction de l’Europe a représenté des enjeux considérables. Evidemment sur le
plan matériel au regard des destructions, mais également sur le plan moral et symbolique.
L’expérience de la 2GM en Europe a d’abord été celle de la mort de masse. D’où le
problème du mal se posant à l’ensemble des consciences. Le totalitarisme est perçu
comme une rupture profonde dans toute l’histoire européenne et le diagnostic formulé
pour expliquer ce cataclysme est celui de la montée en puissance des masses. On met en
rapport le cataclysme du temps présent avec la réalité des masses.
Le philosophe Ortega y Gasset qui donne un modèle d’interprétation avec son ouvrage
« La Révolte des Masses ». Les temps nourrissent le pessimisme culturel des élites et le désir
d’une table rase. L’atmosphère de la deuxième après guerre est aussi révolutionnaire que
celui de la première après guerre. La différence essentielle tient à ce que les partis
d’avant garde (communiste) soutiennent à l’ouest l’ordre libéral et démocratique en
gestation.
L’Europe a perdue la maîtrise de son destin et le retour à la stabilité apparaît comme
l’objectif ultime. Du fait de la différence de l’occupation étrangère entre l’ouest et l’est,
l’après guerre peut apparaître comme un retour à quelque chose de connu avant guerre.
Un équilibre nouveau va se dégager se nourrissant des principes démocratiques et
libéraux.
L’Europe occidentale va pouvoir se reconstruire sur la base de valeurs partagés, enracinés
dans le passé immédiat fasciste, mais également de la menace communiste sensible au
cœur même du continent.
1945 va d’abord représenter le temps fort du modèle social-démocrate dans la mesure où
celui-ci s’accorde avec les valeurs de la démocratie libérale. Egalement, l’émergence de
la démocratie chrétienne constituant une véritable innovation.
Le modèle social-démocrate avait déjà fleur de longues dates en particulier dans les pays
scandinaves. Il y’avait depuis l’avant guerre, un véritable modèle Suédois. En effet, ce
parti est arrivé au pouvoir légalement en 1932 et cela va inaugurer un long règne
démocratique durant pendant 44 ans.
Au lendemain de la crise de 1929, un programme a été mis au point en Suède par des
économistes. L’idée prévalant est celle d’utiliser les déficits et les excédents budgétaires
comme des outils de régulation de l’économie. Donc, un compromis va être instauré.
C’est-à-dire que l’économie de marché est supérieure pour assurer la production, mais les
idéaux socialistes vont être reportés sur le versant de la redistribution.
Ainsi, cela va permettre la constitution d’un Etat providence qui va pouvoir utiliser
l’argent rendu disponible par les bénéfices du capital par le biais de la fiscalité.
Ce système expérimenté en Suède va établir une paix sociale, une véritable collaboration
institutionnelle entre le patronat se voyant reconnaître son droit de propriété et de
décision économique et d’un autre côté, les syndicats qui vont pouvoir utiliser la
cogestion à tous les niveaux.
Par conséquent, la voie la plus originale sera celle empruntée de la Grande-Bretagne
par Clément Atlee. L’expérience travailliste va permettre la mise en place de l’EtatProvidence supposant la couverture de la maladie universelle et la nationalisation de
secteurs clés de l’industrie.
L’Etat-Providence va rechercher l’équité, mais aussi l’extension du pouvoir de l’Etat. En
Europe, l’Etat connaît une extension économique liée à l’expérience des guerres totales.
Cet Etat n’est pas la dictature du prolétariat dans la mesure où il n’est pas question
d’établir un pouvoir dictatorial, mais il doit bénéficier à presque tout le monde.
Mais en fait, s’il y’a la réalité d’un modèle social-démocrate, c’est l’émergence de la
démocratie chrétienne qui va constituer l’innovation de l’après guerre.
Si on considère l’Europe occidentale continentale (RFA, Bénélux, Italie), c’est davantage
la démocratie chrétienne que la social-démocratie qui va jouer un rôle central dans la
reconstruction de l’ordre intérieur et dans l’apparition de l’Etat providence.
Grâce à la menace socialiste que certains identifient à la menace communiste, la
démocratie chrétienne va jouer un rôle de premier plan. Cette affirmation en 1945 va
également traduire la réconciliation des catholiques avec le monde moderne.
Les démocrates chrétiennes deviennent d’authentiques démocrates, se ralliant à la cause
des droits de l’homme. Il faut souligner le personnalisme de Mounier en France et du
philosophe Maritan.
La démocratie chrétienne n’est pas insensible à l’atmosphère révolutionnaire car il existe
une gauche démocrate chrétienne. Bientôt, ces courants de gauches seront marginalisés et
un compromis va s’esquisser avec les libéraux en matière économique donnant naissance
au modèle de l’économie sociale de marché dont Erhard va devenir la figure de
référence.
Autre idée forte, c’est l’idée d’intégration européenne. Elle s’enracinait au départ dans
la méfiance traditionnelle des catholiques dans l’idée d’Etat nation portée par la
Révolution française. Ils se méfiaient également à la souveraineté populaire, s’attachant
au modèle de l’absolutisme.
Ils vont s’engager en premier dans la voie de l’intégration européenne.
Ils vont adhérer à la notion de subsidiarité prévalant aujourd’hui dans l’UE. La
supranationalité qui va accompagner le développement de l’intégration étant perçu
comme le fruit du travail des élites.
Donc à partir de ces fondements nouveaux, d’authentiques partis de masses
démocrates chrétiens vont se mettre en place sur le modèle des sociaux-démocrates. Il
y’a justement une exception qu’est la France. En effet, elle voit la naissance du MRP en
1945, mais il n’a pas connu l’extension des autres pays (Allemagne et Italie). En effet, le
MRP va rentrer en concurrence avec le Gaullisme.
Qu’elles sont globalement en Europe les causes de ce succès de la démocratie chrétienne ?
On a la réalité de l’alliance des classes moyennes avec la paysannerie, le discrédit de la
droite traditionnelle en particulier les libéraux.
Partie 1 : La vie politique Britannique pendant l’expérience
travailliste de 1945 à 1951
A) L’élan
En 1945, le Parlement Britannique avait 10 ans d’existences. Du fait de la guerre, la
chambre des communes élues au mois de novembre 1935 n’avait pas pu être renouvelé à
la fin de son mandat légal. L’équilibre partisan de 1935 qui était alors dominé par des
conservateurs ne reflétait plus le pays réel.
La capitulation de l’armée allemande va rendre possible l’annonce de la dissolution du
Parlement et des élections sont prévues le 5 juillet 1945. A cette date, des millions de
britanniques étaient encore mobilisées, les militaires devaient voter par correspondance.
On estimait qu’au soir du 5 juillet, les urnes seraient scellées dans l’attente de l’arrivée
des votes postaux des soldats. Un délai de 3 semaines était réservé à ces votes et le
dépouillement n’a eu lieu que le 26 juillet. Les résultats furent proclamés le 26 juillet.
La dissolution officielle annoncée après la défaite de l’Allemagne nazie va ouvrir une
campagne intense. Elle va être dominée par le choc des personnalités. On a évidemment
un héros national qu’est Winston Churchill. Mais face à lui, on observe un parti
travailliste qui va s’organiser en équipe autour de leur leadeur Clément Atlee.
Il est rentré dans le cabinet d’union nationale de Churchill, mais n’à pas le même
prestige. Il peut en revanche s’appuyer sur l’équipe travailliste. L’opinion a applaudi
Churchill, mais ne l’empêche pas de garder son libre arbitre, condamnant certains
actes anti socialistes.
Les résultats vont proclamer une très nette victoire des travaillistes avec 393 sièges
aux communes contre 213.
Les élections rétablissent le bipartisme et désormais, les travaillistes se retrouvent en
parité avec les conservateurs. Le labour depuis sa fondation en 1906. A ce titre, le labour
était un parti ouvrier et en 1945, il est rajeuni par de jeunes députés.
De ce fait, il n’apparaît plus seulement comme un simple ouvrier, mais la proportion
d’élue issue des classes moyennes reflète un grand parti national.
Clément Atlee est appelé à succéder comme premier ministre et son gouvernement est
connu le 28 juillet. L’équipe est complétée le 3 aout. Il faut retenir Bevan qui va
représenter l’aile gauche du parti, Bevin comme ministre des affaires étrangères et Dalton
comme ministre des finances.
Dès le début, le gouvernement doit faire face à une mauvaise situation économique.
En effet, le dollar est la seule monnaie convertible en or. Le problème est qu’il faut
accompagner la reconversion de l’économie.
Il est aussi nécessaire de maintenir les contrôles économiques établis dans la guerre et le
gouvernement travailliste va être obligé de mettre en place une pause des salaires.
D’entrée de jeu, vont être mis en place des nationalisations.
En effet, elles vont présenter un aspect idéologique porteur de l’héritage de la pensée
socialiste. De même, elles vont se trouver justifier d’un point de vu pragmatique car
depuis le début du XXème siècle, on a pu constater l’apparition d’un véritable secteur
public sous le contrôle de l’Etat comme l’eau, l’électricité, le gaz, les transports, la BBC.
Depuis le XXème siècle, on a pu constater la volonté d’utiliser la puissance publique,
notamment au moment des crises.
Avec l’arrivée des travaillistes, les lois de nationalisation vont se succéder. Ainsi, sont
successivement nationalisées : la Banque d’Angleterre en 1946, les charbonnages en
juillet 1946, l’aviation civile en août 46, les réseaux de télécommunication en novembre
46, l’électricité en août 47, les transports ferroviaires en août 47 et le gaz en juillet 48.
Dans le même temps, sont votés des lois sur les villes nouvelles et l’aménagement urbain
accompagnant cette politique de nationalisation. Evidemment, l’opposition
conservatrice conteste le bien fondée, mais n’engage pas de grande campagne contre
elle.
Par ailleurs, il fallait s’entendre sur le mode de gestion des entreprises. Il y’avait des
solutions extrême comme l’étatisation ou le contrôle ouvrier. Mais le parti va choisir la
voie des corporations publiques. Ainsi, les entreprises nationalisées bénéficient d’une
large autonomie financière et administrative. C’est un choix essentiel et pragmatique
permettant d’installer des responsables ayant fait leur preuve au niveau économique.
Autre grand volet des réformes des travaillistes, c’est la mise en place de l’EtatProvidence. Cette installation va permettre de rompre avec la tradition humiliante de la
loi des pauvres. Mais aussi au politique de la charité publique.
La première disposition est la loi sur les assurances sociales et nationales de 46 assurant
la couverture des risques liés au chômage, à la maladie, à la maternité, aux retraites et
aux décès. Cette loi est financée de manière paritaire par les cotisations des salariés, les
rendant responsable de leur propre système de sécurité sociale, des employeurs et de
l’Etat. Cette loi est complétée par une loi sur les accidents du travail.
Ceci est accompagné d’un service national de santé confié à Bevan. Son principe est
l’accession de tous les sujets à tous les soins médicaux opératoires et dentaires
gratuitement et sans condition de ressources. Evidemment cette gratuité est un progrès
social considérable permettant une véritable redistribution des richesses.
Les hôpitaux sont nationalisés et tous les personnels médicaux sont intégrés à un vaste
système national. C’est à ce moment là que vont se dessiner les premières résistances car
les classes moyennes restaient attachées à la liberté de choix des médecins. Or le
programme est d’imposer tel médecin. Le corps médical britannique s’oppose aussi au
risque de fonctionnarisation. Le problème va tenir à ce que les médecins vont vouloir
jouer sur les deux tableaux. La mise en place d’un service national élargit leur clientèle.
D’autre part, le troisième volet est constitué par la politique du logement. D’abord, on
percevait les destructions liées aux bombardements, mais aussi la nécessité de rénover un
parc d’habitation vétuste et il convenait d’éradiquer des quartiers insalubres.
De nouveaux logements sont mis en œuvre, mais les résultats vont être décevants avec
un relatif échec quantitatif.
Le dernier aspect des politiques de réforme concerne les droits sociaux. En effet, en
1946 ils font prévaloir l’abolition d’une loi de 1927. Il s’agit de la disposition d’une partie
des cotisations syndicales. Le parti travailliste est né des initiatives des mouvements
syndicaux.
Il avait été entendu au départ qu’une partie des cotisations était renversée au parti
travailliste sauf si les syndiqués eux-mêmes s’y opposaient. A la suite de la grande grève
de 25-26, les conservateurs avaient inversé le processus. La cotisation était renversée
uniquement en cas de demande.
L’opinion britannique dans son ensemble va se rallier aux réformes mises en œuvres.
De là, un consensus car elles évitent toute discrimination sociale. L’ensemble des
britanniques va pouvoir profiter du système de sécurité sociale et des services publics.
Pour le labour, la période 45-48, va constituer une période faste. En effet, c’est l’époque
de la réalisation du programme et de la revanche sur les nombreux échecs politiques. Le
parti apparaît comme la seule force crédible car les communistes étant très faible et se
retrouvant de plus en plus isolés.
Pour les travaillistes, les problèmes surgiront de clivages à l’intérieur même du parti.
En effet, on a la réalité de conflit idéologique opposant une aile gauche défendant
l’extension des champs de nationalisation et militant pour une réelle rupture avec le
capitalisme et une aile plus modérée tenant le parti. La tension maximale va s’exprimer
au sein du groupe parlementaire et des organisations partisanes.
Les conservateurs sont également confrontés à la nécessité d’un renouvellement. L’échec
de 1945 peut-être mis au compte du caractère trop étroit de leur recrutement. Il leur faut
s’élargir en direction des classes moyennes et leur doctrine apparaît inadaptée.
Ils vont accepter avec une certaine souplesse les principes Keynésiens, ce qui les
conduit à accepter dans une démarche volontairement pragmatique, les acquis de
l’Etat-Providence. Face à un travaillisme partagé, les conservateurs réussissent à se doter
d’une base doctrinale plus ferme.
B) Les doutes
A partir de 1947, confronté à une poussée inflationniste, à une crise de convertibilité de la
livre sterling et à une incapacité du secteur public à jouer un rôle d’entraînement dans la
politique économique, le gouvernement est déjà conduit à une réorientation dans sa
politique de gestion de l’économie.
Le budget d’avril 1949 va plafonner les dépenses de l’Etat-Providence, poursuit sur la
voie de l’austérité. Mais ces mesures qui mécontentent la base électorale des travaillistes
ne suffisent pas. Finalement, le gouvernement va dévaluer de 30% la livre sterling le 18
septembre 1949. La dévaluation va aboutir à une poussée des prix, à un ralentissement
des investissements et à un mécontentement des syndicats.
La politique des années 50-51 va confirmer ces choix mettant l’accent sur les mesures
financière. Il y’a de nouvelles difficultés conjoncturelles come la guerre de Corée de juin
1950. Elle va provoquer une flambée des prix activant l’inflation. Les investissements
publics se restreignent et la rupture va être constituée par le budget d’avril 1951.
Ce budget est présenté par le nouveau chancelier de l’échiquier Gaitskell (droite du
labour) augmentant l’impôt sur le revenu mais surtout, imposant à tous les patients une
contribution de 50% pour la lunetterie et l’appareillage dentaire. Cette disposition
provoque l’opposition du ministre de la santé qui démissionnera dès l’annonce de ce
budget.
Dès lors, la controverse gauche-droite s’élargit, confirmant l’inflexion de la politique
travailliste fondée sur le marché et l’instrument financier.
On en revient à une logique capitaliste, mais il faut dire que c’est conforme à l’opinion
car le monde du travail en Grande-Bretagne ne manifeste aucune inclinaison
révolutionnaire.
Concernant les nationalisations, ils ont réalisé la majeure partie de leur programme,
mais il restait le projet de nationaliser le fer et l’acier. Il faut dire que dans le contexte
de l’après guerre, la sidérurgie britannique n’était pas encore un secteur déficitaire et
l’opposition conservatrice était sur ce terrain tout à fait ferme.
Le risque face à l’opposition résolue des conservateurs était que la chambre des lords
fasse valoir son droit de véto suspensif de deux ans contre un projet voté par le
Parlement. Le gouvernement va tenter de prévenir une opposition des lords en opérant
une réforme du véto suspensif des lords réduit en 1949 de deux ans à un an.
En 1949, Clément Atlee fait adopter le bill de nationalisation du fer et de l’acier
donnant naissance à la corporation du fier et de l’acier et mise en place en 1950. Mais
l’étendue effective de la nationalisation reste limitée puisque cette fois-ci, l’initiative s’est
heurtée à une résistance des conservateurs.
L’élan des nationalisations est brisé, les années 1949-1950 voient le développement de
controverse avec des dirigeants travailliste très divisés. La fraction modérée ne souhaitant
plus l’extension du secteur public alors que la gauche souhaite au contraire la poursuite
des nationalisations dans un but idéologique.
La gauche va alors exercer une pression sur le gouvernement, utilisant le comité exécutif
national (organisme dirigeant du parti travailliste) dans lequel son influence s’accroît.
Mais c’est surtout hors du labour que l’opposition apparaît la plus forte et la mieux
organisée à la fois dans les milieux économique et chez les conservateurs.
Disposant d’une large majorité dans la chambre des communes, les travaillistes ont
préféré gouverner dans la durée et ne pas provoquer d’élections anticipées. Finalement,
la chambre des communes ira presque au bout de son mandat car ce n’est qu’au mois
de juillet 50 que Clément Atlee va demander au roi Georges VI une dissolution
anticipée du Parlement.
Les élections de 1950 vont se dérouler dans un contexte très différent. En effet, le parti
travailliste peut s’appuyer sur 900 000 adhérents directs. Les conservateurs disposent de
527 permanents et ont assuré en interne, une réelle démocratisation du fonctionnement
du parti. Le parti libéral fait également un effort, présentant 475 candidats.
La campagne va être dans l’ensemble assez calme car les clivages sont bien appréhendés.
Les travaillistes l’emportent avec une majorité beaucoup plus faible. Ils ont perdu 79
sièges et on peut parler d’élections d’attentes.
Le gouvernement est reconduit, mais les années 1950-1951 vont être difficile pour le
personnel au pouvoir. Les travaillistes sont déjà au pouvoir depuis une décennie et vont
rencontrer l’épreuve de la fatigue, sans compter les distensions politiques. On va trouver
une série de démissions en particulier Bevin des affaires étrangères en mars 1951.
Dans le même temps, les travaillistes sont soumis à une opposition revigorée avec un
harcèlement constant. Dans ces conditions, Atlee va provoquer de nouvelles élections
anticipées dès l’automne 1951.
Ces élections vont marquer le terme de l’expérience travailliste. La campagne sera très
calme. Les travaillistes ont épuisé leur force de capacité réformatrice. Les libéraux ne
sont en mesure de présenter que 109 candidats. Les résultats d’octobre 1951 vont être
paradoxaux.
Ils vont illustrer l’inversion des rapports de force. En voix, les travaillistes ont une très
courte majorité (13,9 m contre 13,7 m). Du fait d’une meilleure répartition des voix dans
les circonscriptions, les conservateurs ont plus de sièges que les travaillistes. En effet ils
ont 321 sièges alors que les travaillistes ont 295 sièges.
Par conséquent, les conservateurs sont considérés comme les vainqueurs de l’élection
et Atlee laisse place à Churchill, à 77 ans revient.
Partie 2 : La renaissance d’une vie politique en Allemagne
occidentale et la naissance de la République Fédérale Allemagne
de 1945 à1953
A) L’Allemagne sans Etat : 1945 – 1948
Les accords relatifs entre les alliés sur l’avenir de l’Allemagne ont été élaborés lors de
grandes conférences internationales de celle de Téhéran au mois de 1943 à la conférence
de Yalta de février 1945. Elles furent réalisées par Roosevelt, Churchill et Staline.
Au moment de la capitulation de l’armée allemande le 8 mai 1945, l’essentiel des
problèmes sur l’avenir de l’Allemagne reste en suspend.
Quatre semaines après la capitulation, on a une déclaration des quatre commandants en
chefs alliés signataires de la capitulation. La déclaration dis du 5 juin 1945 annonce
l’abolition de la souveraineté allemande. Désormais chaque commandant en chef prend
tous les pouvoirs dans sa zone d’occupation et un conseil de contrôle interallié est
installé.
Lors de la conférence de Potsdam du 17 juillet au 12 août 1945, les vainqueurs renoncent
à tous démembrement de l’Etat allemand et décident de traiter de l’Allemagne dans le
cadre de ses nouvelles frontières comme une entité économique unique. Les vainqueurs
vont se prononcer en faveur des 4 : démilitarisation, dénazification, décartellisation et
démocratisation.
Il n’y a pas d’accord sur le montant des réparations, mais le principe est posé que chaque
occupant se servira sur sa propre zone d’occupation. Il faut dire que les Anglo-Saxons
acceptent que la frontière germano-polonaise soit la délimitation occidentale de la
Pologne jusqu’au traité de paix.
Avec les accords de Potsdam, vont se mettre en place les administrations alliées dans les
différentes zones d’occupation. On perçoit trois zones d’occupations occidentales. La
zone américaine se composant de la Hesse, de la Bavière, le nord du pays de Bade, le
port de Brême.. Au total 107 000 kilomètres carré et 17 m d’habitants.
La zone britannique couvre l’Allemagne du Nord-Ouest avec 97 000 kilomètres carrés et
22,3 m d’habitants.
La conférence de Yalta a posé le principe d’une zone d’occupation française (ZOF). Son
principe fut accepté par les soviétiques à la condition qu’elle soit prélevée exclusivement
sur les territoires affectés aux anglo-saxons. Elle va se composer du sud e la Rhénanie et
du sud du pays de Bade et du Wurtemberg avec 42 000 kilomètres carrés et 5,9 m
d’habitants.
Les armées dans les différentes zones d’occupation vont prendre en charge
l’administration. La reconstitution d’une administration s’effectuera sous le contrôle de
chaque commandant en chef commençant par le bas de la hiérarchie.
Dans le cas de l’Allemagne, c’est la commune puis le cercle ou Kreis (circonscription
administrative).
Concernant la dénazification, en considération des crimes commis, ‘extirpation du
nazisme était devenu un objectif premier pour les alliés, en particulier dans l’esprit des
américains.
Les alliés appréciaient différent la nature criminel du système nazi, les soviétiques
établissaient un lien direct entre ce système criminel et les structures économiques
capitalistes de l’Allemagne. En effet, ils avaient interprété le fascisme comme une
dégénérescence du capitalisme.
Les occidentaux ne faisait pas le rapport entre les structures économiques et le régime
nazi et ne voulaient prendre en considération que la responsabilité des individus. Dans la
perspective des procès de Nuremberg, une conférence internationale s’est réunie à
Londres à l’été 1945 aboutissant à l’accord dis de Londres du 8 août 1945.
Au terme de cet accord, va être institué le Tribunal Militaire International qui va
siéger à Nuremberg. Au delà de cette installation, l’accord va définir les trois grands
chefs d’accusation :
1. Des crimes contre la paix,
2. Des crimes de guerre
3. Le crime contre l’humanité dont la définition va rester imprécise mais s’adaptant
au crime de génocide.
Les Américains qui étaient pourtant à la pointe des actions contre les responsables nazis
vont au demeurant rester très prudent sur ce terrain car ils sont conscients qu’on pourrait
leur retourner ce chef d’accusation.
Le grand procès de Nuremberg va se dérouler du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946
dirigé contre les principaux criminels nazis encore en vie ainsi que des organisations
nazies (le NSDAP, la Gestapo, le service de renseignement SD.
Au terme de ce procès, 10 condamnations à mort sont prononcées parmi 24 accusés. On
recense 12 peines de prisons et 2 acquittements.
A côté de ce grand procès de Nuremberg, les américains vont ensuite poursuivre 12
procès contre des diplomates et des industriels. On aura 806 condamnations à mort et
486 exécutions qui se dérouleront jusqu’en 1951.
A l’échelle des trois zones occidentales, le processus de dénazification va se dérouler
conformément à la directive du conseil de contrôle interallié du 12 janvier 1946. C’est
dans la zone américaine que l’épuration fut la plus radicale avec 80 000 arrestations et 70
000 révocations.
Les autorités élaborent un questionnaire que doivent remplir tous les allemands âgés de
plus de 18 ans. Sur la base de 13 millions de questionnaires remplis, 950 000 procédures
vont être engagés aboutissant à 600 000 condamnations.
Les Britanniques vont faire preuve de plus de souplesse et ils ne vont arrêter que 62 000
personnes. La zone d’occupation française n’aboutit pas sur une politique uniforme avec
moins de 20 000 arrestations.
Le bilan de cette politique de dénazification fut inégal selon les secteurs et plus ou moins
rigoureux. Il est évident qu’en deçà d’une lourde responsabilité, que celle des accusés
devant le Tribunal de Nuremberg, des facteurs discriminants est intervenue dans le
processus. Certains accusés bénéficiaient d’appuis sociaux et en particulier, les
condamnations ont été moins lourdes contre les prévenus plus ou moins utiles à la
remarche du pays.
De cette procédure incomplète et insatisfaisante, va naître la problématique de la
capacité à surmonter le passé.
Le SPD est le plus vieux parti allemand, fondé officiellement en 1875. Il a été interdis
sous le troisième Reich faisant alors l’expérience de la répression. 3 000 militants furent
assassinés, 10 000 internés dans des camps de concentration. A partir de 1945, le SPD
va jouer un rôle essentiel sous l’impulsion Kurt Schumacher. Il a été interné lui même
à Dachau et il est l’artisan de la renaissance du SPD dans les zones occidentales à partir
de 1945, s’opposant en particulier au projet de fusion avec le parti communiste qui est
imposé par les soviétiques dans leur zone d’occupation en 1946 et donnant naissance au
parti socialiste unifié.
Schumacher opte alors pour les valeurs occidentales tout en réclamant le maintien de
l’Allemagne dans ses frontières et refusant de reconnaître l’amputation de l’Allemagne.
Etant ainsi perçu par les occidentaux comme un nationaliste.
Schumacher était alors l’homme politique le plus connu et le plus estimé. Mais les
premiers résultats électoraux vont être décevants pour le SPD, souvent distancé par la
CDU. Très rapidement, le SPD et son leadeur se trouvent ainsi enfermés dans la
situation d’opposant à Adenauer qui va émerger comme la personnalité ouest allemande
dominante de l’immédiat après-guerre.
La CDU est un parti nouvellement créer en 1945 mettant l’accent sur son caractère
interconfessionnel réunissant autant les catholiques que les protestants. La CDU est
pourtant dotée d’une tradition car ce parti s’inscrit dans la continuité du Zentrum qui
s’était constitué sous l’Empire.
La CDU va se constituer à partir de noyaux régionaux, dont l’action a d’abord été
décisive à l’intérieur d’un pays morcelé. A ce propos, il faut citer l’importance du noyau
Berlinois donnant le nom du parti : Union Chrétienne Démocrate. A côté de ce noyau, il
faut mentionner un courant syndicaliste Rhénan ouvert et pouvant être qualifié de
gauche ayant des positions sur la nationalisation. Pour l’Allemagne du nord, les
protestants majoritaires vont tester en grand nombre pour le nouveau parti.
En 1946, le Bourg Mestre de Cologne Konrad Adenauer prend la direction du parti en
Rhénanie du Nord-Westphalie. Il s’impose rapidement comme le leadeur de la nouvelle
formation à travers son action dans les instances politico-administratives de la zone
d’occupation britannique. Il va se démarquer des orientations socialisantes des
syndicalistes Rhénans qui ont influencé le premier programme du parti en gestation
(Ahlen).
Il faut également souligner le cas particulier de la Bavière. Sous la République de
Weimar, il existait en Bavière un parti populiste bavarois, plus conservateur que le
Zentrum avec une sensibilité plus monarchique. Ce particularisme se confirme en 1945
lorsque se constitue en Bavière une Union Chrétienne Sociale ou CSU qui va se
distinguer de la CDU mais se référant au principe de l’interconfessionalité.
La CSU naissante est concurrencé par un parti régional : le Parti Bavarois. Mais la CSU
parvient à prendre la tête du parlement régional Bavarois et sera en mesure de s’imposer
comme le parti Etat de la Bavière.
Concernant, le Parti Libéral Démocrate, le FDP, il s’est constitué au lendemain de la
2GM. Il va fusionner les deux courants qui s’étaient partagés l’expression du libéralisme
allemand que sont l’aile droite des nationaux-libéraux et l’aile gauche progressiste. Le
nouveau parti va donner son adhésion au principe de l’économie sociale de marché lui
permettant de fédérer des courants très diversifiés.
Enfin, le Parti Communiste ou KDP, doit poursuivre sa voie propre dans les trois zones
d’occupations où le SPD a refusé de fusionner. Le parti a subi une féroce répression sous
le troisième Reich, renaissant au printemps 1945. Il compte alors 75 000 militants. Au
cours des premières années, les perspectives étaient plutôt bonnes à l’ouest, en particulier
de le land Rhénanie du Nord-Westphalie. Lors des élections régionales de 1946, le KDP
obtient 14% des voix. En 1947, il compte 324 000 adhérents.
Les débuts de la guerre froide partageant l’Allemagne vont avoir des conséquences
désastreuses pour le KDP, se trouvant vite marginalisé et stigmatisé comme une simple
antenne à l’ouest du SED et des soviétiques.
A la fin de l’année 1946, suite au désaccord entre les alliés, la reconstitution d’une entité
économique allemande unique qui était l’objectif de la conférence de Potsdam semblait
impossible.
Les Américains et les Britanniques décidèrent de la réaliser à l’intérieur de leur zone. A
partir du printemps et de l’automne 1946, le Foreign Office et le Secrétaire d’’Etat
Américain envisagèrent alors l’idée d’un Etat allemand occidental.
Les négociations entre américains et britanniques aboutirent à la naissance de la
bizone, c’est-à-dire, 5 administrations communes dans les domaines de l’économie, du
ravitaillement, de la poste, des finances et des transports.
Dans le même temps, les Anglo-Saxons organisèrent des élections pour les Parlements
régionaux. A la suite de ces élections, des gouvernements régionaux allemands furent mis
en place sur la base des résultats.
Après l’échec de la conférence de Moscou des mois de mars et d’avril 1947, une nouvelle
bizone est constituée le 29 mai 1947. Celle-ci se constitue autour du choix du système
économique.
Dans ce cadre, un Conseil Economique de 52 membres élus par les Parlements
Régionaux est institué. En son sein, le SPD se retrouve minoré par le CDU et CSU.
Rapidement, le SPD s’est retrouvé devancé.
A la conférence de Londres dans le courant du premier semestre 1948, la bizone va se
transformer en tri-zone puisque les français acceptent alors le principe de la fusion de
leur zone d’occupation avec la bizone anglo-saxonne.
Ce qui va accélérer le clivage est la réforme monétaire. Elle est opérée non pas par le
Conseil Economique, mais par les services américains. Ainsi, ce sont eux qui vont être à
l’origine de la création de la nouvelle monnaie allemande le 18 juin 1948 : le Deutsch
Mark.
Deux jours plus tard, la population est autorisée à commencer à échanger leur monnaie
sur la base de 10 RM pour 1 DM. C’était un taux de change défavorable pour l’ancienne
monnaie. En conséquence, la dette publique allemande va se réduire, s’exprimant en
RM. Mais les épargnants et les détenteurs d’espèces vont être lésés.
L’ensemble de ces mesures allaient dans le sens de l’enracinement de l’économie de
marché, imposé par le directeur de l’économie au sein de la bizone : Ludwig Erhard.
Il va devenir un personnage important, il était découvert en Bavière par les américains et
il disposait alors de l’appui des chrétiens démocrates et des libéraux.
Se fondant sur les théories de l’économie sociale de marché, il fit adopter sa loi sur les
principes directeurs du 18 juin 1948 en liaison avec la réforme monétaire. Les principes
directeurs du 18 juin 1948 vont ordonner la libération des prix et le blocage des salaires.
La création d’une nouvelle monnaie allemande pour les zones occidentales et
l’introduction de cette monnaie ouest allemande sans Etat ouest allemand vont accélérer
la rupture entre les Anglo-Saxons et les soviétiques. Ils réagissent très mal à cette
introduction dans les secteurs occidentaux de Berlin et en représailles, ils vont
organiser un blocus de Berlin, devenant effectif le 24 juin 1948.
Ces secteurs étaient reliés aux zones occidentales à la fois par des voies terrestres, des
voies d’eaux et aériennes. A partir du 24 juin 1948, les soviétiques vont bloquer les accès
terrestres (eau et autoroutes), mais ils ne vont pas interrompre les liaisons aériennes.
Par conséquent, le ravitaillement de Berlin-ouest va pouvoir être poursuivi par voie
aérienne. Les Américains ayant fait comprendre aux soviétiques que la rupture de ces
voies aériennes auraient signifiée la guerre.
Les Américains organisent un pont européen, la ville ne tombe pas et les soviétiques
seront obligés le12 mai 1949, de lever le blocus.
B) La création de la République Fédérale d’Allemagne et la première
législature 1948-1949 à 1953
Ce furent les occidentaux qui prirent l’initiative de la construction d’un Etat allemand de
l’ouest en donnant l’ordre aux représentants des Lander de former un Etat.
Les positions des alliés occidentaux sont formulées dans les documents de Francfort
du mois de juillet 1948. Ils précisaient que le nouvel Etat ouest Allemand devait
présenter un caractère démocratique et fédéral que les occupants occidentaux se
réservaient d’apprécier.
La souveraineté du futur Etat serait par ailleurs limité puisque les occupants
conserveraient le contrôle des relations extérieures de cet Etat, de son commerce
extérieur, de la question des réparations, de l’industrie, de la décartellisation, du
désarmement et de la recherche. On dessinait ainsi les contours d’un Etat à la
souveraineté très limité.
Pour la Constitution du nouvel Etat, un Conseil Parlementaire va se réunir à Bonn à
partir du 1er septembre 1948 et ses travaux vont se prolonger pendant huit mois. Ce
Conseil se composait de 65 membres élus par les Parlements Régionaux avec 27
membres de la CDU-CSU, 27 SPD, 5 libéraux et 2 représentants de trois petits partis.
A ces 65 membres élus, s’ajoutaient 5 délégués berlinois avec simplement une voix
consultative. Le travail essentiel s’est déroulé dans le cadre d’une Commission principale.
La controverse a porté sur le rapport entre la fédération et les Etats-Régions.
Un premier projet Constitution était prêt le 11 janvier 1949. Comme les alliés l’avaient
mentionnés, ce projet est soumis aux puissances occupantes pour approbation. Les alliés
occidentaux rendent alors un avis défavorable, trouvant les compétences du pouvoir
central mal définies.
Lorsque les articles sont précisaient, la nouvelle forme est acceptée. C’est le 8 mai
1949 que le Conseil Parlementaire va voter la Loi Fondamentale. Cette date n’était pas
laissée au hasard, signifiant le quatrième anniversaire de la capitulation allemande. 53
voix contre 12 adoptent le texte. Dans les opposants, on retrouve 6 représentants de la
CSU et les représentants des trois petits partis.
Quinze jours plus tard, le 23 mai marquant le quatrième anniversaire des arrestations des
membres du gouvernement, le texte de la loi fondamentale est ratifié par les ministres
présidant le Lander et par les présidents des Parlements Régionaux.
Pour la Bavière, la CSU avait voté contre trouvant le projet trop centraliste. Refusant la
Constitution, la Bavière aurait choisie sa propre voie, mais tel ne fut pas le cas. Elle
accepte de se soumettre à la majorité.
Concernant la loi fondamentale, elle est promulguée le 23 mai 1949. Dans son esprit,
c’est une réaction au régime constitutionnel allemand antérieur, celui de la République
de Weimar et du troisième Reich. Elle témoigne aussi d’un refus du communisme
soviétique. De part son double refus, elle va procéder d’une idéologie antitotalitaire.
On peut la caractériser en quatre points essentiels :
1. Elle définit le cadre d’un Etat de droit. En effet, l’article 21 précise que
l’Allemagne est un Etat fédéral, démocratique et social. Le titre 1 de la loi
fondamentale énumère les droits fondamentaux. Un tribunal Constitutionnel
fédéral va siéger à Karlsruhe encrant la démocratie allemande. Il va avoir comme
objectif de trancher des conflits constitutionnels, de veiller à la Constitutionnalité
des lois par l’application des principes politiques et de garantir la Constitution tout
en contrôlant les autorités publiques.
2. Elle définit un Etat fédéral . Le préambule énumère 11 Lander. Le point
important fait allusion aux allemands de la zone d’occupation soviétique. Le
peuple allemand tout entier est invité à achever l’unité et la liberté de l’Allemagne.
Il faut souligner que Berlin conserve son statut particulier sous l’autorité suprême
des puissances alliées. Ainsi, les secteurs occidentaux de Berlin vont se trouver
juxtaposé, mais non pas intégrer de fait dans le nouvel Etat. Par ailleurs, la Sarre
se situe à l’extérieur, économiquement rattaché à la France. Les Lander
constituent de véritable Etat avec un pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. En
fait, la Constitution de ces Etats-Régionaux a préexisté à la loi fondamentale. La
vie politique allemande renaissante s’est d’abord développée au sein des Lander
qui ont ainsi obtenues une reconnaissance de fait de leur réalité avec les
particularismes et les traditions propre à chacun. Le rapport entre la fédération et
les Lander fait apparaître trois domaines. En effet, on a le domaine de la
législation exclusive du Bunt concernant les pouvoirs régaliens. Ensuite, ce qu’on
appelle le terrain de la législation concurrente et enfin, le terrain de la compétence
exclusive des Lander englobant le domaine de la culture, de l’éducation et la
question du rapport avec les églises.
La loi fondamentale va instaurer le bicaméralisme. Le Parlement ouest allemand va
comporter eux chambres.
1. D’une part, le Bundestag représentant la fédération. Il est élu en 1949 par des
électeurs de tous les allemands d’au moins 21 ans des deux sexes. Il est la
première chambre législative, c’est lui-seul qui élit et qui renverse le cas échéant le
chancelier. L’accord de la deuxième chambre est cependant indispensable pour les
lois dites fédérales et pour les lois présentant un intérêt pour les Lander. En cas de
désaccord sur les deux chambres, est instituée une Commission de médiation. De
fait, une inégalité des compétences avec la primauté du Bundestag élisant le
chancelier et votant seul le budget.
2. Le Bundesrat représentant les Lander ou Etats-Régions. Il est composé de
représentants des gouvernements régionaux proportionnellement à leur
population.
Concernant le pouvoir exécutif, il est bicéphale avec un déséquilibre entre les deux
têtes. Le premier élément est la présidence de la République. Le président est élu par
l’Assemblé fédérale se composant des élus du Bundestag plus un nombre égal des
représentants des Lander. Les candidats à la présidence doivent être âgés d’au moins 40
ans et ils sont désignés pour un mandat de 5 ans.
En réaction contre le régime de la République de Weimar avec des pouvoirs importants,
les membres du Conseil Parlementaire n’ont pas voulu faire de ce personnage un homme
puissant. Ainsi, c’est une autorité morale au pouvoir limité avec comme fonction
première, de représenter le pays à l’étranger.
Par conséquent, la personnalité dominante va être le chancelier fédéral. C’est la seule
personne qui va être investie de la confiance parlementaire et le seul responsable de la
politique gouvernementale.
La cessation de ses fonctions peut intervenir au terme du mandat, mais elle peut
intervenir en fonction d’un vote de défiance constructif mentionné à l’article 67 de la Loi.
Au terme de cet article, un chancelier investi par le Bundestag ne peut-être renversé que
par une majorité des députés s’entendant non seulement pour renverser le chancelier,
mais aussi pour trouver un successeur.
Les ministres fédéraux sont soumis aux directives du cabinet, dominé par l’autorité du
chancelier.
En conclusion, la loi fondamentale fut finalement l’expression d’un compromis entre
fédéralistes et centralistes. Elle procède d’un refus de réitérer les erreurs du passé, mais
elle va finalement assurer la prédominance de l’exécutif incarné par le chancelier. On
va parler de la démocratie du chancelier auquel la loi fondamentale a donné les moyens
d’asseoir son autorité.
La loi électorale fut promulguée le 15 juin 1949. C’est une loi provisoire qui donnera
lieu à de nouvelles modifications. En 1949, cette loi institue un système mixte ave
l’élection d’environ 250 députés au scrutin majoritaire uninominal et avec une correction
proportionnelle portant sur 150 sièges. Les électeurs ne bénéficiant alors que d’une seule
voix. Il faudra attendre la loi définitive de 1956 pour obtenir deux voix.
Quatre partis nationaux vont lutter : le CDU-CSU, le SPD, le FDP et le KDP. Ils
présentent des candidats dans chaque Etat-Région. On trouve également en lice des partis
régionaux. Et on trouve des groupements d’intérêts contribuant à fractionner l’offre
politique.
La campagne électorale va porter entre autre sur les thèmes de l’économie de marché et
sur la question de l’école. Elle prend aussi l’aspect d’un combat singulier au sommet
entre le leadeur du SPD Schumacher au propos direct et véhément à Adenauer
développant des alternatives simplistes.
Le 14 août 1949, 78,5% des 31,2millions inscrits se rendent aux urnes. La CDU-CSU
obtient 31% des voix et 139 sièges, le SPD 29,32% et 132 sièges, le FDP 11,9% des voix
et 52 sièges, le KDP 5,7% des voix et 15 sièges, le parti bavaroise 4,2% des voix et 17
sièges, le parti allemand 4% des voix et 17 sièges, le Zentrum 3,1% des voix et 10 sièges,
l’extrême droite 1,8% des voix et 5 sièges et des divers 9,1% des voix et 16 sièges.
L’Union Chrétienne Démocrate a emporté qu’une courte victoire sur le SPD.
La dispersion des sièges demeurait encore la règle entre non seulement des formations
nationales, mais aussi des formations régionales et des groupements d’intérêts. Cette
première élection ouest allemande se caractérise par la réalité du multipartisme et on a
ainsi pu qualifier cette élection de dernière élection de la République de Weimar.
A la suite des élections du 14 août 1949, Konrad Adenauer fut élu chancelier en
septembre avec seulement 202 voix sur 402.
Adenauer va ensuite accomplir un acte important en faisant le choix de la coalition.
Dans la configuration de celle du 14 août avec deux grands partis en tête, soit il faisait le
choix d’une grande coalition, soit le choix d’une petite coalition.
Adenauer va faire le choix d’une petite coalition bourgeoise associant à la CDU, les
libéraux et le parti allemand. Ce choix s’inscrivant dans les rapports entre les partis
politiques au détriment de l’alternative de la grande coalition avec le SPD.
Il a effectué ce choix de manière consciente car il considérait que dans une démocratie, il
fallait qu’il y ai un grand parti au pouvoir, mais aussi un grand parti dans l’opposition
pour être en mesure de préparer la relève.
C’est un choix extrêmement important car il va ainsi instaurer le principe de
l’alternance au pouvoir de grande formation politique et il va rejeter dans les faits, le
modèle de la grande coalition qui s’impose dans le même temps en Autriche.
 L’alternance s’inscrit dans la norme, la grande coalition étant l’exception.
Mais en 1949 également, Adenauer était mu par l’objectif d’imposer un développement
libéral de l’économie qui était alors récusé par le SPD.
Les puissances occupantes avaient défini le 10 avril 1949 un statut d’occupation entrant
en vigueur le 21 septembre 1949 au moment où se mettent en place les nouvelles
autorités. La liste de limitation de la souveraineté du nouvel état est longue ; celui-ci
n’ayant pas de politique extérieure. Il y’a une autorité internationale de la Ruhr qui ôte la
libre disposition de la sidérurgie.
En fait, dès l’entrée en fonction du nouvel Etat, on va constater un premier allègement du
poids de la tutelle des alliées. En effet, avec les accords de Petersberg des 21 et 22
novembre 1949, la RFA obtient des puissances occidentales, l’arrêt des démontages sauf
des usines d’armements. D’autre part, dès ce moment là, la RFA est autorisée à adhérer à
des organisations internationales et à ouvrir des consulats.
C’est ainsi un premier pas vers la voie de la restauration de l’autorité extérieure du
nouvel Etat.
Concernant l’économie sociale de marché et malgré l’opposition de la SPD et de l’aide
gauche de la CDU, la politique d’Ehard se poursuivait. Il avait le soutien d’Adenauer
et des Etats-Unis et il s’efforce alors de défendre la monnaie, de promouvoir les bas
salaires, mais aussi de réduire la fiscalité sur les bénéfices.
Il escomptait alors que cela produirait une amélioration générale des niveaux de vie et de
fait des circonstances favorables vont venir à son secourt. En effet, on retrouve les effets
bénéfiques du plan Marshall puisque la RFA n’existait pas encore, mais chaque
commandant en chef avait souscrit au plan au nom de sa propre zone.
Par ailleurs, à partir de la fin des années 40, on va commencer à ressentir les débuts d’une
croissance qui va se matérialiser bientôt dans le cadre des 30 glorieuses. Il faut tenir
compte aussi de la patience des syndicats qui sont prudents avec un taux de chômage
élevé.
D’autre par, concernant la cogestion, le mouvement syndical va se réveiller après une
courte phase de consensus. La revendication va alors porter sur la codécision, la
cogestion. L’idée a pris corps dans la sidérurgie de la Ruhr, alors administré par les
britanniques puisqu’elle se retrouvait dans la zone d’occupation britannique.
A propos de cette revendication, une menace de grève est rendue publique le 3 janvier
1951. La gauche de la CDU avec le courant des syndicalistes Rhénan et le SPD apportent
leur soutien. Adenauer souhaitant se placer en position d’arbitre va alors donner
satisfaction aux syndicats dans les secteurs du charbonnage et de la sidérurgie.
Cet arbitrage va se traduire par la loi du 10 avril 1951 qui sera voté par l’opposition
social-démocrate. Cette loi va instituer un Conseil de surveillance représentant à la fois
les intérêts du capital et du travail et restitue le poste de directeur du travail, lequel a un
droit de regard sur les décisions générales de l’entreprise et un pouvoir suspensif sur la
politique sociale.
C’est la mise en place ou la confirmation d’un véritable pouvoir syndical dans
l’entreprise et on va alors parler d’un modèle de capitalisme Rhénan associant le
capital et le travail.
Cette première loi concernait que les entreprises de charbonnage et de sidérurgie. Le
Bundestag va voter une deuxième loi en octobre 1952 pour les autres entreprises. Elle va
accorder aux salariés 1/3 des sièges dans les conseils des sociétés anonymes. Les
dispositions sont moins favorables, mais elles n’en témoignent pas moins de la nette
avance de l’Allemagne dans se secteur.
D’autre part dans les relations avec la France, le nouvel Etat allemand n’était pas sans
inquiéter la France. Ils n’appréciaient pas réellement les propos nationalistes de
Schumacher et ils s’inquiétèrent des projets de réarmements d’Adenauer.
Aussi, une discorde persistait dans la question de la Sarre. Au lendemain de la 2GM,
elle s’est trouvée soustraite de l’Allemagne et rattachée en union économique avec la
France. Les Français souhaitent également pérenniser l’autonomie de la Sarre sous forme
politique pour la séparer de l’Etat-ouest Allemand. S’il n’était pas possible à terme
d’annexer la Sarre, il fallait assurer l’émergence d’une entité Sarroise politiquement
distincte de l’Allemagne. Son enjeu était constitué de ses ressources charbonnières.
Evidemment, l’Etat-ouest allemand n’entendait pas les choses ainsi évoluer et Adenauer
luttait pour la réintégration de la Sarre. Dès lors, un conflit naissant entre la France et
la RFA se dessinait autour de la question de l’autonomie de la Sarre. C’est alors qu’une
série d’initiatives françaises, en particulier dans le domaine du charbon et de l’acier va
permettre de sortir de cette phase de tension.
C’est le 9 mai 1950 qu’est annoncé à Paris le plan Monnet-Schuman d’une
Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier qui se proposait d’intégrer les
ressources minières de la France, de la RFA, de l’Italie et du Benelux.
L’annonce de ce plan va permettre à la RFA de se sortir du problème de la question
Sarroise. Le projet de la CECA permettait à la RFA d’acquérir les mêmes droits que les
cinq autres pays partant au Traité. Adenauer est alors en mesure de désarmer les critiques
violentes des sociaux-démocrates au Bundestag. En contrepartie, il peut accepter l’entrée
simultanée de la RFA et de la Sarre au Conseil de l’Europe.
C’est une concession, largement compensée par le statut de partenaire de plein droit
qu’obtient la RFA sur la question de la gestion des ressources minières et
sidérurgiques.
Quelques mois plus tard, c’est le plan Pleven d’armée européenne. La RFA accepte alors
l’idée d’une Communauté Européenne de Défense. Adenauer est alors décidé à réclamer
en compensation, de nouvelle concession dans la supranationalité. Dès le 6 mars 1951,
une première révision du fait du statut d’occupation est accordée par les occidentaux à la
RFA. Celle-ci se voit alors accorder la création d’un ministère des affaires étrangères,
dont Adenauer va être le titulaire.
Le 18 mars 1951, Adenauer va signer à Paris le traité portant création de la CECA. Le 26
mai 1952, c’est la signature à Bonn du Traité sur l’Allemagne. A cette occasion, la
RFA obtient la maîtrise de ses affaires intérieures et extérieures, mais pas la souveraineté
complète. En effet, les troupes alliés occidentales restent en Allemagne et la question des
frontières restaient dans le domaine du futur Traité de paix.
 Mais, on voit apparaître de nouveaux progrès sur le terrain de l’indépendance du
nouvel Etat.
Le 27 mai 1952, c’est le Traité de Paris sur la CED. Les six de la CECA s’entendent
également pour constituer une Communauté Européenne de Défense. Sous réserve de
ratification, la RFA va pouvoir lever des troupes qui auront pour mission de défendre
l’occident contre la menace communiste. Adenauer obtient alors le moyen de
reconstituer une armée ouest allemande dans le camp occidental.
D’autre part, les débuts de la guerre de Corée du 25 juin 1950 posaient de fait, la
perspective d‘un réarmement allemand dans la mesure où les contemporains
considéraient que l’invasion de la Corée du Sud par le Nord préfigurait une offensive
soviétique en Allemagne occidentale.
En Europe, on considère alors que seule la mobilisation de troupes allemandes pouvait
permettre d’équilibrer cela. Américains et Britanniques étaient alors en accord pour le
réarmement de leur ancien ennemi. Mais la perspective du réarmement allemand, outre
l’opposition de la France, risquait aussi de rencontrer une forte opposition à l’intérieure
même de la RFA.
Schumacher leadeur du SPD, va encourager le courant pacifiste avec de forts appuis dans
le monde protestant. Il y’avait un risque de grave division et le risque pour le pouvoir du
chancelier Adenauer de se heurter à l’hostilité massive des protestants sur la question du
réarmement. Or Adenauer va parvenir à contourner ce risque en prenant appuie sur
l’église évangélique qui a refusé pour sa part de s’engager dans la voix du pacifisme
intégrale.
Comme bilan de la législature, on peut évoqué qu’elle a permis de voter une
législation sociale bénéficiant aux anciens soldats, aux prisonniers, aux victimes de
guerres, aux réfugiés, mais aussi aux victimes de la réforme monétaire.
Il faut souligner la politique de réinsertion des réfugiés, rendue possible par les débuts de
la croissance. De même, le retour sur la scène internationale, se trouvant faciliter par
l’amorce de rapprochement avec la France d’une politique européenne naissante.
Ces succès contribuent à la popularité du chancelier Adenauer abordant les élections du 6
septembre 1953 dans une position bien plus favorable que dans celles de 1949. La CDUCSU obtient alors 45,2% des voix et 243 sièges alors que la SPD plafonne avec 28% des
voix et 151 sièges.
Le fossé est creusé entre les deux concurrents de 1949, le régime est durablement
enraciné et son caractère conservateur s’est consolidé.
Partie 3 : L’évolution politique de l’Italie de 1943 - 1945 à 1953
A) Les débuts de la République Italienne 1943 1945-1947
1. Le règlement de la question royale et la proclamation de la République 19431946 :
Il faut remonter à la racine du problème, à la chute du fascisme. A la suite des revers de
l’axe en Afrique du Nord et en Sicile, le grand conseil fasciste désavoua Mussolini le 25
juillet 1943 et le roi Victor-Emmanuel le destitua et le fit arrêté le lendemain.
Le roi va remplacer Mussolini par Badoglio signant un armistice avec les alliés et
retournant le royaume dans le camp des alliés au prix de l’occupation de la majeure
partie de la péninsule par le Reich et d’une épouvantable guerre civile.
Au sud de la péninsule, le roi et le gouvernement du maréchal vont déclarer la guerre au
Reich et vont recevoir le statut de cobelligérant. Dans le même temps, les partis italiens
antifascistes se regroupent dans un Comité de Libération Nationale ou CLN. Or, la
majorité des partis politiques représentaient au sein du CLM, à savoir les communistes,
les socialistes et le parti d’action étaient des Républicains. Ils mirent en cause la dynastie
pour sa collision avec le fascisme.
 La question royale est alors posée.
Il y’avait les nécessités et par l’habilité du parti communiste, un compromis fut établie
entre le CLN et la monarchie : le pacte de Salerne d’avril 1944. Dès la libération de
Rome, le 4 juin 1944, Victor-Emmanuel cède à son fils Hembert le royaume. On
s’accorde pour remettre à une Assemblée constituante qui doit être élue après la fin de la
guerre, le choix de trancher la République et la Monarchie.
Le maréchal Badoglio démissionne à son tour le 9 juin 1944 et il rend possible alors la
constitution d’un cabinet de coalition dans lequel vont rentrer les partis républicains, y
compris les communistes, présidé par Bonomi. Ce cabinet doit préparer la libération de la
haute Italie, encore occupée par les allemands et dirigée par Mussolini.
En 1945, après l’exécution de Mussolini intervenant le 28 avril, Parri puis de Gasperi
succède à Bonomi toujours dans le cadre de la coalition. A partir de décembre 1945
jusqu’en mai 1947, De Gasperi va présider successivement trois cabinets de coalition ans
lesquels, communistes et socialistes siègent à côté de ministres démocrates chrétiens.
C’est la coalition tripartite qui a son équivalent dans le même temps en France.
Par décret loi du 16 mars 1946, le gouvernement décide que le choix du régime qui
aurait du être confié à une assemblée constituante, sera réservé au peuple lui-même
par voie référendaire. L’évolution devenait de plus en plus défavorable à la monarchie
face au bloc des partis républicains, rejoint en avril 1947 par la démocratie chrétienne.
Pour tenter de sauver la couronne, le roi Victor-Emmanuel va tenter une ultime
manœuvre. Il abdique le 9 mai 1946 au profit de son fils, Hembert II. Le référendum est
fixé au 2 juin 1946.
Finalement, lors de ce référendum, la République l’emporte sur la monarchie. Mais
c’est un score relativement serré avec 12,7 millions contre 10,7 millions. Ce qui est
important de souligner, c’est que la péninsule est divisée très clairement. Les
Républicains l’emportent dans le nord et dans le centre du pays tandis que les
monarchistes sont majoritaires dans le sud.
Quoi qu’il en soit, la réponse du peuple Italien est claire et Hembert II n’a pas d’autres
solutions que d’abdiquer à son tour et de quitter l’Italie. La République fut proclamé le
16 juin 1946.
2. La Constitution de 1947 :
Le 2 juin 1946, le jour où s’est déroulé le référendum qui a tranché de la question royale,
a eu lieu en Italie, l’élection de l’assemblée constituante. Les électeurs italiens ont placé
en tête la démocratie chrétienne qui a obtenu 35,2% des voix. Le leadeurship démocrate
chrétien est resté fragile face au bloc socialo-communiste avec 39,6%. Le Parti Socialiste
Italien obtient 20,7% des voix et le parti communiste a 18,9%. Ce bloc est majoritaire
dans le nord de la péninsule, mais très faible dans le sud.
D’autre part, l’émergence à droite d’une coalition « qualunque ». Cette assemblée se réunit
le 25 juin 1946 et va prolonger ses pouvoirs jusqu’au 30 décembre 1947.
Au fil des mois, la collaboration entre les partis associés dans cette coalition tripartite va
devenir de plus en plus difficile. De Gasperi va parvenir à retarder la rupture jusqu’au
mois de mai 1947. Il a plaidé d’associer tous les grands partis. D’une part, à la signature
du traité de paix entre l’Italie et les alliés et d’autre part, à la rédaction de la Constitution
pour ne pas laisser un gouvernement minoritaire à une telle responsabilité.
Le Traité de paix qui va régler le sort de l’Italie est signé le 10 février 1947. L’Italie
perd l’Istrie, el sort de Trieste n’est pas encore réglé. Les Italiens sont parvenus à
conserver le sud Tyrol.
Reste donc la Constitution. L’avant projet va être confié à une Commission de 75
membres composée de trois sous commissions, deux pour l’énonciation des droits
fondamentaux et une pour les Institutions. La rédaction va revenir à un comité de
coordination dit comités des 18. Le projet est finalement adopté par l’assemblée
constituante le 22 décembre 1947, à la très large majorité de 453 voix contre 62.
Cette Constitution débouche sur un large compromis entre la gauche marxiste, l’Etat
libéral et la démocratie parlementaire.
Elle reconnaît le régime représentatif, mais aussi l’unité de l’Etat en même temps que la
démocratie sociale, la démocratie direct, le pouvoir du juge constitutionnel.
La Constitution de 1947 va instaurer un Parlement bicaméral. La chambre des députés
est élue par tous les citoyens des deux sexes de plus de 21 ans. Au début des années 70,
l’âge sera abaissé à 18 ans. Pour être éligible, il fallait être âgé d’au moins 25 ans et la
durée d’un mandant est fixé à 5 ans.
La deuxième chambre est constituée par le Sénat avec moitié moins de monde que la
chambre des députés. Les sénateurs doivent être âgés d’au moins 40 ans et ils sont élus à
l’origine pour un mandat de six ans.
Le système parlementaire est rigoureusement bicaméral, avec les mêmes pouvoirs.
Ainsi, le Sénat comme la chambre des députés, peut renverser le gouvernement.
A la tête de l’Etat, on a un président de la République élu par un collège électoral spécial
composé des membres des deux chambres lus des délégués des conseils régionaux. Il
incarne un magistère avant tout moral. Il doit être âgé d’au moins 50 ans, élus pour un
mandat de 7 ans et peut-être immédiatement rééligible. Il dispose des pouvoirs d’un chef
d’Etat parlementaire avec les droits régaliens traditionnels. Egalement, il choisit les
candidats à la présidence du conseil.
Il bénéficie d’un privilège spécifique qu’est « sternazione », des déclarations publiques
exprimant la pensée du chef d’Etat sur telle ou telle question. Ainsi, le président a un rôle
plus conséquent qu’en Allemagne par exemple.
A la tête du gouvernement, on a un président du Conseil doté d’une fonction de la
direction de la politique générale du gouvernement. Il est désigné par le président de la
République à la suite de consultation.
D’autre part, on a l’instauration de la Cour Constitutionnelle. L’Italie a été la
première grande démocratie non fédérale à introduire un contrôle juridictionnel de
constitutionnalité. La Cour est composée de 15 juges étant désignés par tiers par le
président de la République, le Parlement, les juridictions suprêmes.
Elle a une triple fonction :
1. Veille à la Constitutionnalité des lois,
2. Veille aux conflits entre les pouvoirs publics.
3. Haute Cour lorsque sont mis en cause les plus hauts personnages de la
République.
D’autre part, l’instauration d’une démocratie semi-directe. L’Italie reste une démocratie
parlementaire. Mais le principe d’un projet de loi d’initiative populaire est rendu possible
dès lors que ce projet de loi est soutenu par 500 000 électeurs inscrit. Le Parlement a dès
lors l’obligation de débattre et de voter le projet.
Le principe de référendum abrogatif d’une loi est également introduit. Ce principe vaut
pour toutes les lois, à l’exception des lois de finances.
La Constitution de 1947 a prononcé un Etat unitaire, mais en même temps, est
proclamé l’Etat régional. De fait, à la base, une aspiration autonomiste élément du
patriotisme à la résistance. Comment parvenir à concilier ces deux enjeux ?
Un moyen juridique est la référence au concept d’Etat intégral. Il avait été utilisé dans le
cadre de la Constitution Républicaine Espagnole de 1931. En effet, elle devait faire la
synthèse entre la revendication de l’Etat unitaire et l’affirmation du caractère fédéral de
l’Etat.
 L’Etat intégral permet la synthèse de l’unité et du caractère autonomiste.
En Italie, on a évoqué un régionalisme qui restait surtout de façade à la fin des années 40.
En fait, la mise en œuvre de l’Etat régional va prendre plusieurs décennies. Ce qu’il faut
remarquer, dès l’après guerre, est introduit la distinction entre région à statut ordinaire au
nombre de 14 en 1948, et région à statut spécial au nombre de 5 (la Sicile, la Sardaigne, le
sud Tyrol, le Frioul et le Valdaos.
Dans le cas de ces régions, les statuts d’autonomie avaient déjà été octroyés par le
gouvernement avant l’élection de l’assemblée constituante.
B) L’ère de Gasperi où la démocratie chrétienne, maîtresse du pouvoir
En Italie comme en France, la résistance à l’occupation allemande et à la République de
Salo a contribué à l’élimination des forces qui avait constituée l’assise de la monarchie
constitutionnelle avant de livrer le pays au fascisme.
Cependant, l’esprit de la résistance éphémère ciment d’une coalition hétéroclite devait
bientôt céder la place aux luttes partisanes. Témoin de cet échec, la tentative avortée de
renouvellement amorcée par le Parti d’Action. En effet, il a été la seule formation de
l’après guerre née de la lutte antifasciste et animée d’un véritable esprit de rénovation
idéologique.
Ce parti a été fondé dans la clandestinité en 1942. Il était attaché à la recherche d’une
formule alliant socialisme et liberté, mais il n’a pas trouvé l’assise populaire dont il
aurait eu besoin. Il disparaît finalement en 1947 marquant l’échec de la rénovation des
partis italiens. La plupart de ses membres rejoignent le Parti Socialiste.
La démocratie chrétienne est l’héritière du Parti Populaire Italien, dont le leadeur
était Don Sturzo.
A la libération, la démocratie chrétienne représente une petite formation promise à n
avenir modeste. Mais dès le printemps 1947, après la rupture du tripartisme, elle va se
retrouver seul au pouvoir et obtient 48,5% des voix lors des élections législatives de 1948.
Son essor rapide va répondre à des causes multiples.
Il faut tenir compte du contexte de la guerre froide et de la volonté des anglo-saxons de
faire barrage à la gauche marxiste. Egalement, il faut tenir compte du soutien déclaré de
l’église catholique sous le pontificat de Mulhouse.
A côté de cette démocratie chrétienne, on trouve le Parti Communiste Italien. Après
avoir survécu à la répression fasciste, le PCI apparaît à la libération comme la force
politique la plus puissante et la mieux organisé. Sur les conseils de Staline et par suite
de la présence des troupes américaines sur le sol italien, le leadeur du PCI Togliatti fait
alors le choix de l’union des forces antifascistes. Il va décider de la conquête pacifique et
stratégique du pouvoir.
Les premières élections de juin 1946 places les communistes devant les socialistes.
Profitant de la division des socialistes, le PCI aura l’ascendant dans les années 50. Le PCI
est un parti de massage qui compte 2 millions d’adhérents en 1946, dont l’implantation
est très localisée.
En effet, il est fort dans l’Italie centrale avec la ville de Bologne. Par ailleurs, il est
également puissant de la triangle industriel du nord-ouest avec les villes de Milan, Turin
et Gênes.
Par ailleurs, le troisième élément est illustré par le courant socialiste. Au départ, nous
avons un PSI unifié. En juin 1946, ce parti arrive encore en tête de la gauche avec 20,7%
des voix devant les communistes à 18,9%.
Mais ce parti est déjà écartelé entre une aile « léniniste » dont le leadeur est Lelio
Basso, un centre avec Pietro Nenni et un courant réformiste avec Giuseppe Saragat.
Dès janvier 1947, Saragat rompt avec la majorité du parti, entraînant le départ de Pietro
Nenni. Dès lors, une première division et une seconde interviendront en 1949. En effet,
elle va affaiblir considérablement les socialistes, privés du leadeurship ç gauche.
Les dissidents de l’aile droite du parti vont constituer en 1953 le Parti Social-Démocrate
en Italie ou PSDI. La majorité des socialistes, en dehors des courants de droite constitue
le parti socialiste italien dont le leadeur reste Pietro Nenni. Le PSI conserve ses attaches
avec le communisme avec lequel dont il constitue un front populaire à l’occasion des
élections de 1948.
Dès le début des années 50, du fait de la division des socialistes, le parti communiste va
conquérir l’ascendant à gauche et en 1953, face à un parti communiste obtenant 22%
des voix, le PSI obtient 12,7%.
Par ailleurs, on peut traiter des partis laïcs héritiers de l’ère préfasciste. On trouve le
parti Républicain proche des radicaux français et le parti libéral d’orientation très
conservatrice et soutenu par la moyenne bourgeoisie et le monde des affaires.
En dehors de cet arc constitutionnel, on peut percevoir une extrême droite qui ne se
reconnaît pas dans les Institutions. A la différence de la France, elle est en mesure
d’opérer une renaissance et de s’imposer dans le jeu politique à la marge. Une nouvelle
formation va prendre le nom de Mouvement Social Italien ou MSI. C’est une véritable
formation néofasciste fondé en 1946 et rassemblant des nostalgiques de la République
de Salo.
Lors des élections générales d’avril 1948, le MSI n’obtient que 2% des voix. Mais il
présente sudiste très marqué. En effet, à Naples, en Calabre et en Sicile, le MSI se hisse
en troisième position avec 12% des voix. 5 ans plus tard, lors des élections législatives de
1953, le MSI est en progrès passant de 2% à 5,8% des suffrages.
Après les élections de 1946 victorieuse pour la démocratie chrétienne, un économiste
libéral Muigi Einaudi est nommé ministre des finances et du trésor. Il a en charge la
politique économique et financière du gouvernement. Il parvient à bloquer l’inflation, à
stopper la spéculation et à sauver la lire.
La période transitoire est ainsi révolue et en décembre 1947, de Gasperi fait rentrer au
gouvernement des sociaux-démocrates et des républicains rééquilibrant ainsi vers la
gauche, une situation qui avait été bouleversée par la rupture de mai 1947. On va parler
de l’alliance quadripartite car 4 partis sont au pouvoir.
1.
2.
3.
4.
La démocratie chrétienne
Des sociaux-démocrates
Des Républicains
Des libéraux.
Lors de l’élection d’avril 1948, elle va représenter un enjeu considérable. L’Eglise et le
monde catholique s’engagent derrière la démocratie chrétienne et à gauche, le bloc du
peuple va présenter des listes uniques associant des socialistes « Nennistes » et des
communistes.
L’intervention des grandes puissances va contribuer à dédramatiser le débat, La
démocratie chrétienne va bénéficier de l’aide américaine alors que la gauche va pâtir
des effets du coup de Prague.
La démocratie chrétienne gagne 5 millions d’électeurs part rapport à 1946 et obtient la
majorité absolue à la chambre des députés. 48,5% des suffrages exprimés et 304 sièges.
Le bloc du peuple associant communiste et socialiste perd 1 million de voix et obtient
31% des voix et 183 députés (131 communistes et 52 socialistes).
Après la victoire écrasante de la démocratie chrétienne, De Gasperi va s’efforcer de
réaliser son objectif prioritaire qui va consister en la réconciliation de la démocratie
bourgeoise et du monde catholique. De Gasperi va passer outre l’opposition de la
gauche catholique, lui rapprochant son adhésion au libéralisme économique.
Surtout, l’opposition de l’aile droite de la démocratie chrétienne qui poussait la
démocratie à rechercher un accord avec l’extrême droite renaissante, les monarchistes et
le MSI. De Gasperi va repousser cette dérive à droite qui aurait pu conduire à la
guerre froide. Il va vouloir avant les élections de 1953 exercer à une réforme du mode de
scrutin. Il entendait modifier la répartition proportionnelle par l’attribution d’une
prime de majorité. L’idée étant que 65% des sièges soit attribués au parti ou à la
coalition majoritaire dès lors que celui-ci ou celle-là aurait obtenu 50,1% des voix.
Cette réforme avait l’inconvénient d’être proposée à la veille des élections, elle est
qualifiée de loi scélérate. Ceci va se retourner contre la démocratie chrétienne et le 7 juin
1953, elle perd 2 millions de voix par rapport à 1948. Dans le même temps, le parti
social-démocratique perd la moitié de ses électeurs. Au total, il va manquer 57 000 voix
à la coalition des quatre partis du centre pour bénéficier de la prime majoritaire.
La démocratie chrétienne avec 40,1% des sièges obtient 221 sièges, le parti communiste
avec 22,6% des voix obtient 143 sièges et les socialistes à 12,7% des voix et obtiennent 75
sièges. A l’extrême droite, en dehors de l’arc constitutionnel, les monarchistes et le MSI
obtiennent 12,5% des voix.
De Gasperi va tenter en vain de mettre en place un cabinet de coalition. N’y parvenant
pas, il propose un cabinet démocrate chrétien homogène, renversé quelques jours plus
tard. De Gasperi a compris qu’il était désavoué et se retire de la vie politique et
décèdera un an plus tard, le 17 août 1954.
Par conséquent le centrisme a assuré à l’Italie la stabilité nécessaire à la reconstruction
politique et économique. L’inflation est maîtrisée, la monnaie est consolidée et l’Italie
est en mesure d’affronter la compétition internationale dans le camp occidental.
Mais la politique a été payée d’un prix social élevé, en particulier les conditions de vie
de la population ouvrière et paysanne restent dramatiques. Affaiblie par la rupture de
l’unité syndicale en 1948, le mouvement ouvrier est alors incapable d’imposer des
réformes de structures à une bourgeoisie en pleine phase d’accumulation capitaliste.
Seul la question agraire qui est alors posé par les révoltes paysannes va recevoir un début
de réponse. C’est finalement dans le domaine international que la réussite de Gasperi
va être la plus complète. En effet, il est l’un des pères fondateurs de l’Europe à côté de
Schuman et d’Adenauer.
L’Italie s’engage dès le début des années 50 vers la voie de la construction européenne
naissante. Elle signe le Traité de la CECA. Dans le même temps, elle devient membre de
l’OTAN confirmant ses orientations atlantistes.
Leçon III : La naissance des démocraties populaires
jusqu’à la mort de Staline : 1945-1953
Partie 1 : La naissance des démocraties populaires
L’effondrement du troisième Reich et de ses alliés va entraîner l’élimination des régimes
politiques responsable de la politique d’alliance avec l’Allemagne et va rendre la liberté
aux pays que le Reich avait occupé ou conquis depuis 1938.
Le problème majeur qui va se poser dans cette ère du continent européen « Europe de
l’Est », et dans la vie politique qui va falloir combler.
Pour comprendre comment les communistes sont parvenus à s’emparer du pouvoir, il va
falloir tenir compte de la présence omnipotente de l’armée rouge, mais également des
forces armées de la résistance fortement noyautée par les communistes.
L’armée rouge occupe la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie, dans la partie orientale de
l’Autriche et d’une zone d’occupation en Allemagne. Mais l’armée rouge est également
présente en terme « d’alliée » en Pologne et en Tchéco.
L’Albanie et la Yougoslavie étaient potentiellement libérées par des mouvements de
résistance en grande majorité communiste, mais en l’absence en grande partie de
troupes soviétiques. L’armée rouge ne s’est pas aventurée en 1945 jusqu’en Albanie.,
mais ils ont pris Belgrade en 1944. Ainsi, ils ont un statut particulier dans le monde
communisme, mais en dehors de l’empire soviétique.
Dans les pays vaincus, l’armée rouge était une force d’occupation et les autorités ne vont
pas se privées d’intervenir directement dans les affaires intérieures. Des procédés du
même genre vont être employés également en Pologne. Elle va être traitée comme un
pays vaincu.
A) La mise en place d’un nouveau régime 1944-1948
Cette période voit l’accroissement des régimes dis de démocraties populaires. Au départ,
à la seule de la Tchéco où le parti communiste était puissant, ils étaient partout
minoritaires en Europe de l’est.
Malgré ces handicaps, les communistes au plus tard en 1948, se retrouvèrent partout,
maître du pouvoir. Le processus d’accession au pouvoir s’est déroulé dans des schémas
très différents. On peut distinguer deux types de changements politiques :
1. Des changements expéditifs
2. Des changements progressifs.
1. La méthode expéditive
Commençons par la Bulgarie :
C’est un pays slave de tradition Russophile. Il y’avait aussi une tradition révolutionnaire
qui s’est faite, notamment dans les années 20. On peut rappeler que Georges Dimitrov a
été l’une des figures marquante du mouvement communiste internationale, en particulier
au début de la mise en place du pouvoir nazi en 1933.
C’est en décembre 1944, à la suite du revirement de la Roumanie que l’armée rouge
entre en Bulgarie. L’insurrection est déclenchée par le front de la patrie et se met en
place à Sofia un gouvernement d’union patriotique formé de communistes, de sociauxdémocrates et d’agrariens. Il va signer l’armistice avec l’armée rouge et décider d’engager
la Bulgarie dans la guerre contre l’Allemagne.
En vue des élections prévues à la fin de l’année 1945, la droite conservatrice et les chefs
de partis bourgeois se trouvent éliminés. Les élections se déroulent le 18 novembre
1945et voit le succès de la liste nique du front de la patrie avec 88% des voix.
Le 8 septembre 1946 un référendum va abolir à l’abolition de la monarchie et un
communiste est élu président de la République. Au mois d’octobre, est élu une
assemblée constituante et les communistes deviennent majoritaires. On passe alors à une
seconde étape de la conquête du pouvoir. Ainsi, les agrariens sont à leur tour éliminés et
leur leadeur Petkov, est arrêté et pendu le 23 septembre 1947.
La constitution est votée le 4 décembre 1947 et la Bulgarie devient alors une
démocratie populaire.
Ensuite, enchainons avec la Yougoslavie :
Une résistance multiforme s’est déroulée contre l’occupation multiforme. La victoire de
la résistance en 1944-1945 va placer Tito et le front de libération nationale en position
favorable pour prendre le pouvoir. Au mois de décembre 1944, un accord intervient entre
Tito et le représentant du roi Pierre II pour démocratiser le pays. Comme dans le cas de
l’Italie, on décide de confier à une assemblée constituante le soin de trancher la question
royale.
Au terme de cet accord, le 7 mars 1945 Tito forme à Belgrade un gouvernement
d’union nationale représentant les différentes nationalités de la Yougoslavie avec 23
ministres sur 28 sont déjà communistes.
Les royalistes n’acceptent pas cette évolution et démissionnent rapidement du
gouvernement. Lors de l’élection de l’assemblée le 11 novembre 1945, 90,48% des voix se
portent sur le front populaire. Dès le 29 novembre 1945, jour d’ouverture de
l’assemblée constituante, la République populaire fédérative de Yougoslavie est
proclamée.
Cette assemblée va se doter dès le 30 janvier 1946 d’une Constitution qui est en fait, un
décalque de la Constitution soviétique de 1936. Tito passe alors pour le disciple de
Staline. Il est clair qu’il entend faire l’économie du stade intermédiaire.
Par la suite, on verra l’élimination physique de dizaine de milliers d’opposants, en
particuliers de Croates collaborateurs du régime d’Ante Pavelic. La Croatie, avait
conquis son indépendante lors de l’éclatement de la Yougoslavie en 1941. La Croatie
était un partenaire de l’axe au même titre que la Slovaquie, et à la fin de la guerre, ils
battent en retraire en direction de l’Autriche.
A la fin du mois d’avril 1945, 100 000 soldats Croates se réfugient en Autriche. Ils sont
extradés par les anglo-saxons qui vont les livrer à Tito. Par ailleurs, les Tchétniques, sont
également mis en cause et leur chef Mihajlovitch est tué. Les catholiques avaient été
pendant la guerre, es soutiens à Ante Pavelic. Ils se trouvent exposés à la répression dès
lors que le régime s’effondre.
 Tito apparaît et passe pour le plus fidèle disciple de Staline.
Enfin, traitons de la Pologne :
C’était un pays considéré comme allié de l’URSS disposant d’un gouvernement légal en
exil à Londres et ayant sous ses ordres des forces armées. Mais dès leur rentrée en
Pologne à l’été 1944, les soviétiques avaient instaurées à Lublin, un comité de
libération national et qui va s’affirmer conne le gouvernement légal de la Pologne.
Evidemment, les Polonais de Londres refusent de collaborer. A la fin de la guerre, les
alliées s’entendent officiellement pour encourager les polonais à se réconcilier. Le 29 juin
1945, un gouvernement d’union nationale est constitué rassemblant théoriquement les
membres du comité et du gouvernement de Londres. Mais le déséquilibre est notable car
au sein de ce gouvernement, 17 des 21 ministres étaient issus du comité de libération
nationale.
 La part accordée aux autorités légales de Londres était très restreinte.
C’est ce gouvernement d’union nationale qui aurait du organisé des élections dans les
plus brefs délais. Finalement, la date sera repoussée à janvier 1947. Dans la perspective
de ces élections, le gouvernement va alors s’efforcer de constituer une liste unique, placée
sous la direction du parti ouvrier polonais.
Les jeux étaient faits puisque pendant l’année précédant les élections, le gouvernement va
paralyser l’action des partis traditionnels et lancer une campagne de dénigrement contre
les membres de Londres qui avaient refusés de rentrer en Pologne.
Finalement, les élections du 19 janvier 1947 ont assuré une victoire totale avec 90%
des voix au bloc démocratique. Pour préserver l’alibi du pluralisme, le gouvernement a
accepté des candidatures en dehors du bloc démocratique. Mais seul 28 opposants sont
élus.
 Victoire du parti ouvrier Polonais : Parti Communiste Polonais.
2. La méthode progressive
Commençons par la Roumanie 1944-1948 :
La Roumanie pendant la guerre fut soumise à la dictature du maréchal Antonescu. Il fut
un partenaire de l’axe et un allié important de l’Allemagne pour tenir le front Ukrainien.
Le régime se maintien jusqu’à la fin du mois d’août 1944 où il s’effondre face à l’armée
rouge.
La transition de la dictature d’Antonescu au nouveau régime va s’effectuer dans des
formats apparemment démocratiques avec le concours du Roi Michel puisque la
Roumanie est également une monarchie.
Dès la fin de l’été 1944, avec l’appui des soviétiques et de l’armée rouge, les effectifs et
l’influence du parti communiste en Roumanie vont s’accroître considérablement. Au
début de l’année 1945, les communistes étaient parvenus à rallier tous les mécontents, y
compris les membres de la minorité Hongroise en Transylvanie du Nord.
Le parti communiste va bénéficier de cette habile politique et c’est ainsi que le 6 mars
1945, sous la pression des soviétiques, le roi Michel va nommer le communiste Pierre
Groza président du conseil. Il constitue un gouvernement au sein duquel les
communistes tiennent les postes clés. Ils sont en mesure de prendre le contrôle progressif
de l’administration et de renforcer leur main mise sur l’Etat.
La préparation des élections législatives de novembre 1946 va se dérouler dans un climat
pesant. Il existait une tradition pluraliste remontant à l’entre deux guerres. Les nationaux
paysans, les libéraux et les socialistes vont refuser de faire liste commune avec les
communistes. Ils vont cependant s’entendre avec la gauche socialiste qui va rejoindre le
front patriotique. En revanche, les partis qui refusent l’accord préalable avec les
communistes sont de ce fait, empêcher de prendre part à la compagne.
Finalement, le 19 novembre 1946, le front patriotique obtient plus de 5 millions de voix
et l’opposition de 1 200 000 voix. Les leadeur du parti national paysan sont arrêtés. La
question du pluralisme politique et de fait, réglé.
Pour la question royale, à la fin de l’année 1947, le roi devenant de plus en plus isoler,
part en voyage en Grande-Bretagne. Il rentre en Roumanie et il est forcé d’abdiquer le
30 décembre 1947 et doit quitter le pays, le 3 janvier 1948.
De nouvelles élections sont organisées le 28 mars 1948 donnant au front patriotique
405 des 414 mandats. Une Constitution Républicaine est adoptée le 13 avril 1948.
Ensuite l’illusion démocratique en Hongrie :
La Hongrie était un pays à faible implantation communiste et les soviétiques vont ainsi
dans un premier temps laisser se développer une expérience de démocratie limitée. Sous
la direction du régent Horthy, le pays était un partenaire de l’axe. Mais après la chute de
la Roumanie à la fin du mois d’aout 1944, l’armée rouge pénètre sur le territoire de la
Hongrie.
Au mois de novembre 1944, se constitue dans la ville hongroise Szeged, un front
d’indépendance qui va s’emparer du pouvoir.
Des élections législatives libres se déroulent le 4 novembre 1945 et voit la victoire du parti
des petits propriétaires obtenant 57% des voix et 246 sièges à l’assemblée constituante. Ils
devancent les communistes avec 17% des voix et 70 sièges, les socialistes 69, les
nationaux 29 sièges.
Les communistes obtiennent le ministère de l’intérieur confié à Imre Nagy. Ce
gouvernement exercer une entreprise d’épuration qui est dirigée contre le dernier régime
qu’avait connu la Hongrie. Cela va toucher aussi bien les croix fléchées de Szalasi et des
personnalités de l’époque de Horthy.
L’épuration par delà les personnalités, va toucher l’administration la police et l’armée.
L’assemblée constituante élu le 4 novembre 1945 vote une rapidement une Constitution,
le 6 février 1946. Elle institue la République.
Dès ce moment là, le parti des petits propriétaires va commencer à voir le pouvoir lui
échapper. A l’automne 1946, les journaux hostiles au communisme sont progressivement
privés de papiers puis suspendus. Le leadeur du parti est finalement arrêté par la police
soviétique en février 1947 et suite au vote de la Constitution, de nouvelles élections
législatives sont fixées au 31 aout 1947 à l’occasion desquelles 500 000 électeurs se
trouvent privés de leur droit de vote.
A l’occasion de ces élections du 31 aout 1947, le front national de 1945 est toujours en
place. De fait, il reste la force dominante avec 60,2% des voix, mais en son sein, les
communistes obtenant 21,8% des voix sont devenus la force dominante.
Les communistes bénéficient de deux atouts. D’une part, la présence de l’armée rouge et
la division de leur adversaire. Au mois de juin 1948, les deux partis de gauche fusionnent
sur le modèle donnant naissance au parti des travailleurs hongrois.
Le président de la République élu en 1946, Tildy doit démissionner le 30 juillet 1948. A
partir de ce moment là, plus rien ne s’oppose à l’établissement de la démocratie
populaire.
Le cas de la Tchécoslovaquie, le coup de Prague de février 1948 :
On a parlé précédemment de la Hongrie qui avait le statut d’Etat vaincu. Pour la Tchéco,
elle avait été victime de la politique d’agression de l’Allemagne nazie. Elle a conservé
pendant la guerre, un gouvernement en exil à Londres dirigé par le président de la
république qu’est Edouard Benès.
Il a fait la douloureuse expérience de l’abandon de la Tchéco par la France et les
Britanniques. A la différence des Polonais qui en 1939 ont vu leur pays partagé entre
l’Allemagne et l’Union Soviétique, le gouvernement tchécoslovaque avait résolu de
choisir une politique d’entente avec les soviétiques qui s’est matérialisée par le Traité de
Moscou du 4 décembre 1943.
Cette politique s’est doublée d’un accord politique avec Klément Gottwald, secrétaire
général du parti communiste en Tchéco. Dès lors que le territoire est libéré à la fin de la
guerre essentiellement par l’armée rouge et par les forces armées américaines, un
gouvernement d’union nationale est formé et il entre en activité avant la libération de
Prague dans la ville de Kosite.
Ce gouvernement est dirigé par un social-démocrate du nom de Fierlinger qui appartient
à l’aile gauche du parti social-démocrate. Il comprend 25 ministres dont 8 ministres
communistes. Evidemment, à l’intérieur de ce ministère, les communistes ont obtenu des
postes clés comme l’intérieur ou l’information.
En Tchéco, la première tâche du nouveau gouvernement va de mettre en place une
politique d’épuration avec 20 000 procès. Benès va également procéder à l’expulsion
rapide des minorités allemandes dans les Sudètes.
Egalement, le procès de monseigneur Tiso. Il était le chef de l’église catholique
slovaque. Il est jugé à Bratislava entre le 3 décembre 1946 et le 15 avril 1947. Il se termine
par sa condamnation à mort suscitant des remous en Slovaquie en fonction de la
popularité conservée, mais également en fonction de la composition du jury.
A la suite de cette politique d’épuration, des élections législatives sont organisées le 20
mai 1946. Ce sont des élections se déroulant librement et sont remportés par le parti
communiste Tchécoslovaque avec 38% des voix et près de 40% des voix dans les pays
tchèques. A gauche, les sociaux-démocrates, obtiennent 13%. Les partis bourgeois
obtiennent 49% des voix.
 Indiscutable succès des communistes.
A la suite de ces élections, Klément Gottwald forme le nouveau gouvernement dont il
prend la suite avec les partis du front national. Ce gouvernement comprend 22
ministères, les communistes en obtiennent 9 et les autres partis 13.
Les communistes ont déjà entrepris de noyauteur un certain nombre d’autres partis et ils
peuvent compter sur le soutien de l’armée même si le cadre de la démocratie pluraliste
n’est pas remis en cause. Les premières tensions vont survenir au mois de juillet 1947 à
propos du plan Marshall.
Le 4 juillet 1947, le cabinet tchéco va voter à l’unanimité le principe de la participation
du pays à la conférence préparatoire pour le plan Marshall. Elle donne donc son
adhésion au plan Marshall, mais les dirigeants soviétiques font savoir immédiatement
qu’une telle acceptation est un geste hostile.
Le 10 juillet, retournement de situation et l’offre américaine est déclinée.
Ce volte face qu’accompagne le président de la République suscite un malaise parmi les
ministres non communistes. Ils comprennent alors que ce n’est plus à Prague, mais à
Moscou que se décide la politique du pays. A partir de ce moment là, une procédure de
rupture va commencer à s’esquisser.
Devant les réticences manifestes des ministres de droite, l’attitude des communistes va se
durcir à l’automne 1947. Les syndicats pro communistes multiplient les manifestations de
masses et les avertissements. En février 1948, les partis bourgeois passent à la contre
attaque et le 20 février 1948, ces ministres présentent leur démission. Mais ils ne sont pas
soutenus ni par le ministre de la défense, ni par le ministre des affaires étrangères, des
sociaux-démocrates.
Finalement, le sort du pays se trouve placé entre les mains du président de la
République : Edouard Benès.
Le 21 février 1948 Gottwald à l’occasion d’un grand meeting va dénoncer un complot en
préparation. Les communistes reçoivent de fait le concours des syndicats et ceux-ci
annoncent une grève générale le 23 février. Dans la nuit du 22 au 23, de nombreuses
personnes sont arrêtées. La tension atteint son apogée le 25 février avec une nouvelle
manifestation à Prague.
Le Président Benès qui n’était pas parvenu à entraîner le parti social démocrate dans la
résistance va alors céder et accepte de remplacer les ministres démissionnaires. A la suite
du remaniement ministériel intervenant, on compte désormais 12 ministres communistes
sur 20.
Le coup de Prague ainsi qu’il va être désigné à réussi face à l’incapacité des partis
bourgeois à s’organiser de manière efficace. Dans la nuit du 9 au 10 mars 1948, le
ministre des affaires étrangères, est retrouvé mort. Des doutes planent sur sa mort, mais
marquant l’achèvement du processus de conquête de pouvoir par les communistes.
Le 30 mai 1948, de nouvelles élections générales se déroulent dans le pays. Une liste
unique est présentée par le front national.
 Le coup de Prague, symbole de l’asservissement des pays de l’Europe centrale
sous l’autorité de l’Union Soviétique.
A la suite, le président Ben !s démissionne le 7 juin 1948 et décédera en septembre. C’est
Klément Gottwald qui va être élu à l’unanimité président de la République.
Enfin, la naissance de la RDA :
En Allemagne, les soviétiques avaient obtenu une zone d’occupation devenant
l’Allemagne de l’est. Quoiqu’ ‘il en soit, la zone d’occupation soviétique en Allemagne
couvrait 117 000 km2 et comportait 18 millions d’habitants.
Les soviétiques avaient favorisé la création d’un comité pour l’Allemagne libre, présidé
par le communiste Hulbricht. Dès le mois de juin 1945, quelques semaines après la
capitulation de la Wehrmacht, les soviétiques donnent leur accord pour la création d’un
certain nombre de partis politiques.
Ils vont autoriser 4 partis politiques, la KDP, le SPD, CDU et le FDP. Le 14 juillet1945,
ils constituent un front uni des partis anti fascistes et démocratique.
A l’automne 1945, sont organisés en Autriche des élections pluralistes. Il y’a trois partis
sur le devant de la scène autrichienne. Or ces élections voient l’échec du parti
communiste autrichien demeurant très faible. En effet, en Allemagne on avait la tradition
d’un parti communiste puissant, mais les soviétiques vont s’inquiéter du résultat de la
situation Autrichienne.
A la suite de ces élections, les soviétiques vont vouloir imposer des partis socialistes et
communistes. Des négociations s’engagent en vue d’aboutir à une fusion entre le SPD et
la KDP. A l’ouest, la tentative de fusion va se heurter au refus de Schumacher. En
revanche, à l’est, les communistes vont avoir Grotewohl, leadeur du parti socialiste à l’est
comme un partenaire bienveillant.
Les démarches vont aboutir à la fusion des deux formations donnant naissance au
parti socialiste unifié d’Allemagne SED regroupant à l’est 1,3 million d’adhérents.
Les autorités d’occupation vont alors procéder à la mise en place d’administrations
provisoires tant au niveau communal qu’au niveau régional. Les premières élections
régionales vont se dérouler au mois d’octobre 1946. Le SED à l’occasion de ces élections
obtient 48% des voix devançant les libéraux et la CD.
En même temps que se met en place la bizone, un conseil du peuple réunit à Berlin est va
être chargé de rédiger un projet de Constitution. La dégradation des relations entre les
anciens alliés à la suite de la réforme monétaire de juin 1948 dans les trois zones
monétaires et à la suite de l’introduction du nouveau DM à Berlin ouest va inciter les
soviétiques à titre de représailles au blocus de Berlin ouest et accélérant également le
processus de mise en place du nouveau Etat est Allemand.
C’est le Congrès du Peuple constitué des représentants des partis autorisés qui va
approuver le projet de constitution le 30 mai 194. Ce congrès va prendre le nom de
chambre du peuple et il va désigner le 7 octobre 1949, Otto Grotewohl comme chef du
gouvernement provisoire de la RDA.
B) L’époque Stalinienne : de 1948 à 1953
Entre la fin de la 2GM et le 5 mars 1953 et la mort de Staline, c’est la période la plus
difficile des peuples de l’Europe de l’Est. C’est également le début de la guerre froide et la
liquidation de nombreux opposants, de communistes…
À l’Ouest, on assiste à la mise en place de la doctrine u containment du c’est-à-dire, la
volonté de Truman à ne pas faire de concessions à l’URSS.
 Ainsi, le durcissement de l’URSS passe par la création du Kominform, qu’est un
bureau d’information regroupant les PC du bloc de l’Est + le PCF et PCI).
Le Kominterm dissout en 1943 par concession des soviétiques faite aux Occidentaux
puisqu’il représentait la plateforme communiste d’une future révolution mondiale.
Ainsi, on assiste à un isolement du Bloc de l’Est en l’isolant de l’extérieur avec une
obligation de refuser un accord politique et économique direct avec les Occidentaux
(Plan Marshall).
Alors que ces pays de l’Est dépendaient du commerce avec les pays de l’Ouest, ils
devaient se tourner vers l’URSS pour survivre. Dès lors, la création du Conseil
d’assistance économique mutuel, le Comecon en français ou Caem en anglais.
D’autres part, nous avons des accords commerciaux doublés par des traités d’alliance
d’amitié et d’assistance mutuelle :
1. Un renforcement politique
2. Un renforcement entre les pays de l’Est entre eux.
C’est une volonté de créer une alliance de pays solidaires entre eux et alliés indéfectibles
de l’URSS.
 En 1947, la Yougoslavie de Tito est pays le plus proche de l’URSS. Et Belgrade
devient le siège du Kominform.
Le schisme yougoslave :
Lors de l’été 1948, c’est la première crise sérieuse du monde socialiste. En 1945, Tito, le
plus fidèle disciple de Staline est décidé à griller les étapes pour l’instauration du
communisme.
 Pendant la guerre, libération de la Yougoslavie par Tito et ses armées à
l’exception de Belgrade libérée par l’URSS.
Tito était le dirigeant socialiste qui dépendait le moins de l’URSS.
La fédération balkanique regroupant la Yougoslavie, l’Albanie et la Bulgarie va inquiéter
le Kremlin et le début 1948, on voit une tentative de prise de contrôle des armées
Albanaises par Tito. Le Parti Communiste Albanais se tourne alors vers Moscou pour se
plaindre des prétentions de la Yougoslavie, Staline craignait que l’hégémonie soviétique
diminuerait dans cet espace.
Le 18 mars 1949, les conseillers militaires de l’URSS avertissent et lors de l’anniversaire
de Tito le 17 mai, il ne reçoit pas de message soviétique ou albanais. C’est une
condamnation de la politique de Tito, jugée trop nationaliste.
La Yougoslavie est exclue du Kominform.
Tito a la légitimité de la résistance face aux nazis et aux italiens et l’URSS tentera un
coup d’Etat militaire, qui échouera. Le pays est mis en quarantaine par l’Europe de l’est,
un blocus économique est créé. Le titisme est condamné.
Partie 2 : Le durcissement intérieur des démocraties
populaires à l’époque stalinienne (1948-1953)
a) La mise en place de l‘État
Démocratie populaire est présente dans toute l’Europe de l’Est en tant qu’États
occupés ou alliés de l’URSS.
Moscou exerce donc sa politique et on voit que les Constitutions mises en place
s’inspirent de la soviétique de 1936.
La Constitution Yougoslave s’approchant le plus par son caractère fédéraliste.
En effet, en Yougoslavie, le gouvernement est bicéphale:
1. Un Conseil fédérale avec les 6 républiques : Slovénie, Croatie, Bosnie,
Monténégro, Serbie, Macédoine et deux provinces : Kosovo, Voï.
2. Conseil des peuples qu’est une assemblée des députés
Dans les autres démocraties populaires, c’est un régime d’Assemblée unique avec un
gouvernement et un présidium.
Dans les démocraties populaires, on a le maintient d’un pluralisme de façade.
En RDA, le FDP et la CDU sont représentés, mais lors des élections, ces partis sont représentés sur
une liste unique.
Ces Constitutions garantissaient ainsi les principales libertés. Mais, le problème résidera
dans la pratique et le réel pouvoir du Parti Communiste. Le secrétaire général du parti
reste le maître du jeu.
De là, l’existence d’une police politique puissance avec un Etat dans l’Etat. Les anciennes
classes dirigeantes, les propriétaires terriens, les commerçants, les classes moyennes ou
encore des dirigeants communistes eux-mêmes sont victimes de la situation.
b) La lutte contre l’Église
On a une attitude différence selon les pays et les confessions sont représentées par les
Eglises
En Bulgarie ou en Roumanie, la religion est orthodoxe.
On a le ralliement des dirigeants ecclésiastiques au pouvoir communiste avec comme
motif, la haine de l’Eglise romaine et la fidélité des orthodoxes bulgares, roumains au
patriarcat de Moscou.
L’Eglise orthodoxe étant la courroie de transmission du pouvoir communiste avec
l’intégration des catholiques uniates contestant le concept de trinité et soutenant le
concept d’unicité.
En Pologne, Hongrie, Tchéco, Slovaquie ou Croatie, la religion est catholique.
Ceci représente une force considérée comme une menace par les pouvoirs communistes
avec une arrestation précoce pour activité antisoviétiques. De là, des réformes agraires
vont dépouiller les églises soviétiques de leur patrimoine, la presse se verra censurée, les
écoles ecclésiastiques seront nationalisées et les mouvements d’action catholiques
dissous.
Concernant le Vatican, il est vu comme un agent de l’impérialisme américain. A la fin de l’année
48, une persécution physique contre les prélats de l’Eglise catholique.
En Hongrie, Mindszenty est arrêté le 26 décembre 1948, forcé à signer un accord avec le
gouvernement afin de reconnaître le pouvoir socialiste.
L’Eglise catholique est devenue l’Eglise du silence.
Pour la religion protestante, les confessions minoritaires sont peu attaquées à l’exception
de la RDA où les protestants étaient majoritaires. La Saxe et le Thuringe étant le berceau
du luthéranisme.
c) Les purges internes
Après le schisme Yougoslave, Saline invita les directions des démocraties populaires à
redoubler de vigilance face aux risques de délits de classe.
En effet, 1.4 des adhérant du Parti Communiste dans ces démocraties furent radiés et 7 à
8% d’entre eux arrêtées. Les procès publics sont médiatisés à la radio et des aveux sont
mis en avant.
En Pologne, Gomulka est limogé en 1948 pour déviation nationaliste et droitière. Il est remplacé
dans ses fonctions de secrétaire général du parti ouvrier Polonais par Bierut.
En Hongrie, l’affaire Rajk est liée au schisme yougoslave. En effet, il est accusé de collusion avec le
titisme. Il est condamné à mort et exécuté avec de nombreuses réactions et de nouveaux procès dans
les autres démocraties populaires.
En République Tchèque, les dirigeants slovaques sont mis en cause pour nationalisme bourgeois
après les aveux de Rajk. Clementis Mae est arrêté en février 1951 et Slansky en novembre 1951.
Leur deux procès seront à huit clos en novembre 1952. 11 des 14 accusés seront condamnés à mort et
exécutés.
Tous les dirigeants exécutés avaient connus la déportation nazie et furent victime d’un
système auquel ils avaient participé à son fonctionnement.
Leçon IV : 1953-1970 : les trente glorieuses
La mort de Staline fut le premier choc retentissant dans le bloc de l’est. L’élimination de
Beria en juillet 53 soufflait un vent de libéralisme sur le Kremlin, mais est-il de même
dans les démocraties populaires ?
En juillet 1953, les dirigeants proposèrent même d’établir des comités collégiaux, ayant
des répercussions dans les démocraties populaires.
Partie I : Les signes avant-coureurs de la déstabilisation
a) Crise de Berlin de 1953
Nous devons évoquer que le contexte pour la RDA est difficile. On une vague de
mécontentement se traduisant par un exode vers l’ouest.
Des exploitants agricoles déçus par la collectivisation, des ouvriers, des professions libérales.
Ainsi, un départ du plébiscite par les pieds par Berlin. Ulbricht, secrétaire général du
SED décida par décret d’augmenter les normes de production pour stopper la crise. Sa
décision se heurte à l’opposition de l’URSS dans la manœuvre d’une révolution de
palais.
Le peuple Berlinois et Est-allemand vont s’oppose à la décision d’Ulbricht par des
manifestations à Berlin est le 16 et 17 juin 1953. Elles dégénèrent en manifestation
antisoviétique avec les chars de l’armée rouge qui vont ouvrir le feu : 100 morts, 40
condamnations à morts, 20 000 arrestations.
 Ulbricht sera le bénéficiaire de ces évènements.
b) La première déstabilisation hongroise
En Hongrie, après la mort de Staline, Rakosi est remplacée par une direction collégiale
dont il fait parti. La présidence du Conseil est confiée à Emre Nagy.
Le 4 juillet 1953, Nagy présente au Parlement son programme gouvernemental qui
comportait des mesures de libéralisation du régime avec le renforcement de la légalité,
l’octroi d’une très large amnistie, la dissolution des camps d’internements en Hongrie...
Nagy doit traiter avec les Staliniens dans le parti et en mars 1954, ses partisans et les
partisans de Rakosi vont s’opposer avant que la ligne incarnée par Nagy triomphe
réellement.
En mars 1955, les Rakosistes retournent la situation et en avril 1955, Nagy est remplacé
par un fidèle de Rakosi. Les militants demandent alors la réhabilitation.
c) La réconciliation entre l’URSS et la Yougoslavie
En 1948, c’est donc la rupture entre Tito et Staline. A la mort de Staline le 6 mars 1953,
Molotov propose d’installer des ambassades en Yougoslavie. Le 26 mars 1955,
Khrouchtchev voyage en Yougoslavie regrettant la rupture de Tito et faisant porter la
responsabilité à Beria condamné à mort. Le parti de Tito est reconnu comme parti
marxiste-léniniste.
La Yougoslavie redevient alors un membre de la famille socialiste, mais Tito n’a pas cédé sa volonté
d’indépendance qui en fait un leadeur du mouvement des non-alignés lors de la conférence de
Bandung en 1955.
d) Déstalinisation dans les autres démocraties populaires
En juin 1953, la révolte de Berlin-Est et les luttes internes au sein du parti Hongrois
incitent les dirigeants des démocraties populaires à la prudence.
En Tchécoslovaquie, le secrétaire général Clément Godvald décède en mars 1953. Les partisans de
la ligne dure vont diriger le pays pendant une dizaine d’année. Novotny, premier secrétaire du parti
communiste tchèque devient le premier personnage du pays.
En Roumanie, l’amnistie est limitée.
En Yougoslavie, un voyage des dignitaires soviétiques. On ressent un vent de libéralisation qui se
manifeste dans le domaine économique par le développement de l’autogestion dès 1951 et du dé
collectivisation des terres. Une libération des détenus en 1953, mais le régime demeure dictatorial.
Djilas, le numéro 4 du parti est exclue de la ligne communiste pour avoir réclamer la libéralisation
du régime.
En Pologne, Birout conserve en mars 1954 la main sur le parti, mais Cyrar Kiewicvz reprend la
présidence de la République. Des milliers de détenus politiques sont remis en liberté dont l’ancien
secrétaire générale du parti ouvrier polonais Gomulka.
La nouvelle direction soviétique n’ pas renoncé à maintenir son hégémonie en Europe.
Du 11 au 14 mai 1955, une réunion du Kominform permet la signature du pacte de
Varsovie en réponse au réarmement de la RFA dans le cadre de l’OTAN. Mais c’est
aussi et surtout, un moyen de resserrer les liens avec les démocraties populaires.
Le commandement militaire est institué et la Yougoslavie ne fait pas partie de cette alliance et
s’intégrer dans le cadre des pays neutre.
Partie II : Les crises de 1956
a) Le 20° Congrès du PCUS (février 1956)
En 1956, nous sommes ans un contexte de crise dans les démocraties populaires. Le
PCUS, parti secret organise une réunion des cadres avec une présentation du rapport
Khrouchtchev sur la matérialisation et la déstalinisation.
Le rappel :
1.
2.
3.
4.
Le culte outrancier pratiqué sous Staline
Les méthodes de terreurs instituées dans les années 30 (famine en Ukraine)
Les persécutions qu’on subi les minorités (déportations)
Le rapport déséquilibré entre les démocraties populaires et l’URSS.
Khrouchtchev était un pur produit staliniste jusqu’à la mort de celui-ci.
Mais ambiguïté de ce rapport :
3. Par l’espoir d’une libéralisation
4. Par le caractère limité de son application.
Par suite de fuite, le contenu du rapport est connu et diffusé par le biais des médias
occidentaux. En France, le Monde publie de larges extraits de ce rapport. Troubles chez
les militants communistes dans un contexte où le personnage de Staline est sanctifié
après sa victoire contre le nazisme.
La direction du PCF va le présenter comme un faux, une arme de guerre du camp
impérialiste de ce « prétendu rapport Khrouchtchev »
 Le PCI ne va jamais remettre en cause ce rapport.
Les Yougoslaves communistes y voient une justification de la rupture entre Tito et
Staline, mais cela ne remet pas en cause la dictature de TITO.
Dans les démocraties populaires, les populations voyaient une remis en cause du
système stalinien avec une volonté de virer du pouvoir les dignitaires PC favorables
aux méthodes staliniennes.
b) La fausse libéralisation en Pologne
Après le 20ème congrès, un « centriste », du nom d’Edouard Ochab succède à la tête du
parti communiste polonais au Stalinien Bierut.
C’est également l’amnistie d’opposants politiques et des dirigeants communistes, mais
sans réhabilitation comme Gomulka. Dans le mouvement ouvrier, de vives réactions
après la baisse des salaires liés à des baisses de production.
Le 28 juin à Pozdan, on assiste à une manifestation ouvrière où les mots d’ordres ne sont
pas seulement de caractères économique et social, mais aussi une dénonciation de
l’URSS en réclamant la liberté religieuse.
Face au débordement de la foule, un appel à l’armée avec 54 morts et des centaines de
blessés. Au sein du POP, la situation est loin d’être réglée. Les libéraux ne peuvent pas
réhabiliter Gomulka avec l’opposition de l’URSS, seul en mesure de rétablir la confiance
dans ce pays.
Les dirigeants polonais lâchent du lest, mais dans le cadre du systeme en place.
En octobre 1956, les staliniens envisagent de mener un cou pd’état militaire, mais
échouant. Le 19 octobre, le Kominterm arrive à Varsovie avec Molotov et une
impressionnante délégation militaire comme signe de menace.
Mais le POP nomme tout de même Gomulka au poste de premier secrétaire, prenant
contact avec la délégation soviétique dans la nuit du 19 au 20 octobre.
Les soviétiques étaient rassurés sur :
1. Le maintien du régime socialiste en Pologne
2. Le maintien de la Pologne dans le Pacte de Varsovie
En contrepartie, Gomulka peut annoncer des nouvelles pour rassurer l’opinion
publique :
1. Une possibilité aux paysans de sortir des coopératives de production avec le
choix d’une grande majorité et la dé collectivisation de l’agriculture polonaise.
2. Un respect de la liberté religieuse à condition que l’Eglise catholique accepte de
reconnaître et de soutenir le pouvoir politique. Le 21 octobre 1956, le cardinal de
Pologne est remis en liberté et une condition mixte entre l’Eglise et l’Etat se met
au travail pour régler les problèmes en suspends.
3. Une augmentation des salaires des ouvriers et une démocratisation des syndicats
qui n’arrivera jamais.
Gomulka évitera une invasion soviétique au moment où l’armée rouge intervenait en
Hongrie.
c) La révolution hongroise de 1956
Sous la pression de la base et du mécontentement de la pop et suite aux évènements
polonais de Pozdan, Rakosi, le Stalinien et secrétaire général du parti socialisteouvrier Hongrois est relévé de ses fonctions.
Il est remplacé par un proche, Gerö placé à la tête du parti. Dans les milieux intellectuels
hongrois, on a le souhait du retour d’Imre Nagy après sa déposition en mars 1955. Le 6
octobre 1956, une cérémonie de réhabilitation en l’honneur du dirigeant communiste
Laslo Reik victime des purges staliniennes et Imre Nagy est la vedette de cette
réhabilitation.
Le retour de Gomulka en Pologne enthousiasme la Hongrie et le parti socialiste
annonce la réhabilitation d’Imre Nagy le 14 octobre 1956.
C’est la création d’associations indépendantes du pouvoir par les étudiants, le
mouvement revendiquant :
1. Le départ des troupes de l’URSS
2. Des élections libres et pluralistes
3. Le retour de Nagy au pouvoir
 Ces revendications vont au-delà de ce que l’URSS pouvait accepter.
Le 23 octobre 1956, Budapest est en état d’effervescence. Les étudiants sont rejoints par
les ouvriers et les simples particuliers. Une manifestation dégénère en émeute, mais les
soldats envoyés par le pouvoir rejoignent les insurgés. C’est une révolte contre le régime
et la remise en cause du cadre de la démocratie populaire.
Gerö tente d’intimider les insurgés en menaçant d’une intervention soviétique.
Les permanences du PSOH sont attaquées et la statue de Staline est décrochée.
La radio dénonce les éléments fascistes et réactionnaires. Il y avait au sein du
mouvement d’extrême-droite, des héritiers des croix fléchés.
Le 24 octobre 1956, Nagy est nommé président du conseil et il annonce la mise en
vigueur de la loi martiale, appelant au dépôt des armés par les manifestants. Gerö avait
fait appel aux soviétiques pour intervenir de manière mesurée. La délégation soviétique
rencontre Nagy, lui laissant apparemment carte blanche.
Le 25 octobre 1956, c’est le remplacement de Gerö par Nagy à la tête du PSOH. Des
comités locaux révolutionnaires se mettent en place dans les régions et s’opposent à la
police politique restée idèle aux orthodoxes.
 Mais Nagy semble dépassé par l’ampleur du mouvement d’extrême droite ou
gauche.
Le 27 octobre, c’est l’entrée au gouvernement de 2 anciens membres du parti des petits
propriétaires. C’est ainsi un pluralisme politique de façade en Hongrie qui n’excluait pas
le rôle hégémonique du PSOH.
Le 28 octobre, Nagy se rallie à la révolution en refusant d’assimiler le mouvement à
une contre révolution :
1. Une exigence du départ de l’URSS
2. L’établissement d’une démocratie pluralise.
Ainsi, le développement d’une dizaine de journaux, la libération et l’accueil triomphal à
Budapest le 31 octobre du cardinal catholique Mindszenty. Mais, c’est aussi le début de
la contre-offensive soviétique.
Le 31 octobre, c’est l’entrée de nouvelles unités en Hongrie en provenance d’Asie
centrale. Le 1 novembre, Nagy fait une intervention radio face à l’intervention soviétique
contraire selon lui, aux négociations d’octobre 1956.
Son discours signifie que la Hongrie entend rompre le pacte de Varsovie.
Janos Kadar, ancienne victime des purges staliniennes, libéral au sein du comité central
était rentré dans le gouvernement de Nagy. Mais celui rompt avec Nagy le 1er novembre
au prétexte qu’il semble cautionner le retrait de la Hongrie du camp socialiste. Il se
réfugie en Russie Sud-Carpatique.
Le 3 novembre, l’armée rouge a repris le contrôle de la plus grande partie du pays
excepté à Budapest.
Le 4 novembre, des bombardements sur Budapest et une invasion par les blindes. En
48h, la ville fut prise avec le nettoyage des dernières poches de résistants.
Nagy et ses compères trouvèrent refuse à l’ambassade de Yougoslavie et ils reçoivent la
garantie qu’ils pourront ressortir libre de l’ambassade. Mais à leur sortie, ils seront arrêtés
par l’armée rouge. Quant au cardinal Mindszenty, il trouve refuge à l’ambassade US
jusqu’en 71.
La formation du gouvernement de Kadar est là pour « restaurer la paix et l’ordre intérieur
et à protéger les acquis du socialisme ». Les militants accusaient de Titisme et qui s’était
retrouvé dans les prisons Rakoziennes.
 La crise hongroise limite alors les accords soviétiques vis-à-vis des démocraties
populaires
Il est ainsi impossible d’accepter qu’une démocratie populaire sorte du camp
soviétique même avec une neutralité.
Rappelons que les évènements de Hongrie se déroulent parallèlement à la crise de Suez qui est
déclenchée par la France, le Royaume-Uni et Israël contre Nasser, allié de l’URSS.
 La révolution hongroise fut spontanée par la colère d’un peuple face à un régime
qui lui était imposé !
Bilan :
En termes de bilan, on peut recenser des milliers d’arrestations, des centaines de
condamnation à mort, dont l’exécution de NAGY en Juillet 58. KADAR aurait assisté à
l’exécution de ses amis, lui conférant pression morale.
En 1956, la crise polonaise et la révolte hongroise ont abouti à des situations opposées.
En Pologne, la déstalinisation réussit sans que le sang fut coulé. Gomulka travaillait avec
l’Eglise dans le cadre de concessions et maintenait le régime socialiste, resserrant les liens
avec l’URSS.
En Hongrie, malgré l’échec de la révolution, les victimes et les revers, les nouveaux
dirigeants comprirent vite que le vent libéral était impossible. Après la répression
soviétique, une période de détente devait suivre.
Mais moins de 10 ans après les évènements, la Hongrie de Kadar se distingue des autres
démocraties populaires à cause du niveau de vie élevé et de liberté régnante. Gomulka,
illustrait lui la ligne dure des démocraties populaires. Kadar, qui était haït en Hongrie
parvenait à obtenir le ralliement de ceux qui l’avait combattus
Partie III : Les pays de l’est : de 1956 à la fin des années 60
5) Les néo-staliniens
En Pologne, Gomulka va suivre l’itinéraire inverse que le Roumain. En Hongrie, quelque
soit les circonstances. Dès la fin des années 50, les conflits vont se multiplier avec l’église
catholique atteignant son apogée en 1965-1966 à propos d’un problème mineur.
Dans le domaine économique, les espoirs mis sur Gomulka ont déçus. Le pouvoir
d’achat des ouvriers et des employés est demeuré très bas. La faible productivité du
travail en Pologne constitue un frein par rapport aux exportations même en direction des
autres pays. Les seuls bénéficiaires du régime ont été les paysans. Elle a obtenu le droit de
sortir et va développer une économie libre. La réintroduction de la liberté économique à
permis à la paysannerie d’accroitre ses revenus.
A partir de la fin des années 50, Gomulka a durci sa politique envers les intellectuels.
La censure sera plus rigoureuse. Le changement d’orientation politique à peu à peu
atteint le prestige de Gomulka et son impopularité fut grandissante.
En RDA, la politique néo-stalinienne s’est maintenue sans faille.
Elle s’est trouvée confrontée au problème des départs vers l’ouest puisque il y’avait
encore une liberté de passage maintenue à Berlin.
 Ce problème est résolu à l’été 1961 par l’édification du mur de Berlin.
En même temps, les dirigeants ont tenté d’améliorer le niveau de vie des populations. La
RDA va connaitre un taux de croissance relativement élevé permettant de dessiner un
parallélisme entre le rôle que va tenir la RDA au sein du CAEM et celui que va occuper
la RFA à l’ouest. Puisque les allemands de l’est sont confrontés au modèle de
développement occidental avec Berlin ouest comme vitrine de l’occident au cœur même
de la RDA, les autorités s’efforcent de développer les biens de production. Le niveau de
vie de la population était en 1968 le plus élevé de tous les pays de l’est.
En Tchéco, il n’y a pas eu de déstalinisation et les évènements de Hongrie vont
provoquer un durcissement du régime. Le pouvoir est pour Novotny qui a soutenu en
1956 l’intervention des chars soviétiques à Budapest. Ils font alors de modèle de
discipline au sen du camp socialiste.
En 1960, la Tchéco adopte une nouvelle Constitution qui a fait une république
socialiste.
En 1962, Novotny adopte des mesures d’amnisties et annonce une révision des procès des années 50.
En 1963-1964, « Slansky est réhabilité ». Les survivants du procès de 1952 Hausak sont libérés.
Le climat va changer en Tchéco car à partir des années 63-64, le pays va s’ouvrir aux
touristes occidentaux. La Tchéco a la différence des autres démocraties populaires avait
connu dans l’entre deux guerres un régime démocratique.
L’économie Tchéco connaissait de sérieuses difficultés, liées à l’orthodoxie de la
politique suivie. Il n’y a pas eu des collectivisations de l’agriculture. L’achèvement de la
collectivisation des terres suscite des problèmes d’approvisionnements des villes. Dans
l’industrie, la lourdeur de la bureaucratie freinait la production. La division
internationale du travail désorganisait certaines branches de l’industrie nationale.
Dans ce contexte, des économistes préconisaient une réforme de la gestion des
entreprises avec l’octroi à celle-ci d’une plus grande liberté d’action. A l’est, on a le
modèle d’autogestion Yougoslave.
Finalement, après de longs débats au sein du parti communiste, Novotny acceptent en
1967 les suggestions de ces économistes. Dans le même temps, les communistes
slovaques emmenés par Husak et Dubcek demandent la transformation de la République
slovaque en Etat fédéral pour permettre l’émergence de l’entité slovaque au côté des
Tchèques.
La Tchéco étant une création de l’immédiate après première guerre mondiale, mais elle a
réuni la bohème et la Moravie. Les revendications se concentraient alors sur le
rétablissement de la vérité à propos des années 1950. L’enjeu des procès de Prague de 52
va se retrouver au cœur du printemps de Prague.
La situation de la Tchéco en 1967 n’était pas sans présentée d’évidentes analogies avec
celle de la Pologne et de la Hongrie en 1956.
Leçon : l’Europe occidentale au cœur des 30
glorieuses
Introduction :
De 1945 à 1953, les européens avaient vécu à l’ombre de la 2ndguerre mondiale et dans
l’attente angoissé d’une troisième. L’échec du règlement de 1919 était encore présent
dans tous les esprits, mais avec la mort de Staline et la fin de la guerre de Corée, l’Europe
occidentale entre alors sans en avoir absolument conscience sur le moment dans une ère
de stabilité politique.
Effectivement, pour la première fois depuis 4 décennies, les Etats de la moitié
occidentale du continent n’étaient ni en guerre, ni sous la menace d’une guerre
imminente.
Les combats politiques intérieurs qui avaient été vifs tendirent à s’atténuer.
L’internationalisation des affrontements politiques et l’engagement des Etats-Unis
contribuèrent à désamorcer les conflits politiques intérieurs alors que la question
allemande demeura sans solution.
L’aspect le plus remarquable sur la scène politique européenne dans les années 50 fut la
réémergence d’Etats démocratiques autonomes sans moyen, ni désir de faire la guerre
et dirigé par des responsables politiques à la fois âgé et prudents. La plupart des
européens se détournent la politique des grands rassemblements totalitaires.
En Italie, le changement est particulièrement frappant puisque les autres Etats de l’Europe
méditerranéenne connaissent des régimes autoritaires ou semi-autoritaires dans le cas de la Grèce.
Alors que l’Italie devient une véritable démocratie, certes imparfaite mais elle ne reste
toute au long des décennies d’après guerre. Alors que le pays est profondément divisé
regroupant une division économique très profonde puisque le sud de la péninsule
« mezzo giorno ». La démocratie reste imparfaite car on a une corruption élevée
entraînant trois décennies plus tard, l’effondrement du premier système des partis
politiques de l’après guerre.
L’exemple le plus spectaculaire fut celui de la RFA, déjà bien engagé dans la voix du miracle
économique. Le souci de détourner, de contenir le conflit face à la culture publique de la République
de Bonne, la législation sur le marché social visant à réduire les risques de conflit du travail ou la
politisation des conflits sociaux.
Fabriqué, épargné, obtenir et dépensé devient la principale activité des allemands de
l’ouest et le destin affirmé de la vie nationale. Internationalement condamné après la
chute d’Hitler, les allemands transformèrent ce défaut en vertu nationale. La défaite
totale de leur pays en 1945 avait permis aux alliés anglo-saxons et français de leur
imposer la démocratie.
Les allemands des années 50 forcèrent ainsi le respect par leur souci d’efficacité, du
détail et de la qualité dans la manufacture des produits finis. Tout de même un bémol à
apporter dans cette description, il existe en Allemagne de l’ouest, la génération sceptique
née à la fin de la République de Weimar au début des années 30 qui avait connu le
nazisme sans avoir exercé de responsabilité politique.
L’expression de 30 glorieuses est une expression inventée par un communiste français
pour désigner la période de croissance qu’ont connu les pays de l’Europe occidentale se
prolongeant au premier choc pétrolier de 1973. Au cœur des années 50 - 60, les pays
d’Europe occidentales ont connu un taux de croissance inégalité de leur PIB.
Partie 1 : La réinvention de la démocratie au cœur des 30
glorieuses
L’Europe occidentale entre à partir des années 50 dans une ère de prospérité matérielles
dont nul n’aurait rêvé dans les ruines de 1945. Le miracle économique ne doit pas faire
oublier le miracle politique.
La démocratie devenant une idée neuve en Europe occidentale, il convient de ce point de
vue de distinguer le libéralisme démocratisé d’avant 1945, c’est-à-dire une ouverte du
système représentatif au suffrage universel qui n’en modifiait pas substantiellement la
substance.
 On va passer du libéralisme démocratisé à la démocratie libérale qui n’advint
qu’à la libération.
Celle-ci va renforcer l’ordre des termes en plaçant la puissance démocratique au premier
plan. Les réformes de la politique sont le chapitre obscure de la grande transformation de
l’après 1945.
Quand on parle des 30 glorieuses, on pense à la prospérité, mais moins aux évolutions
politiques. Ces réformes de la politique n’ont pas le même rang que les transformations
économiques dans l’esprit des peuples et des gouvernants. La réforme politique a pris
l’aspect d’une évolution graduelle de l’esprit des Institutions. Cette évolution laisse la
lettre intacte, mais on modifie le fonctionnement.
Au Royaume-Uni, le système parlementaire est resté rigoureusement le même. Il se définit comme
une monarchie parlementaire. Mais l’esprit de son fonctionnement a profondément changé comme
on commence à s’en apercevoir et à en débattre au milieu des années 60.
A) Transformation du politique, transformation de la politique
On distingue traditionnellement le politique envoyant au domaine des compétences de
l’Etat de la politique qui est au quotidien la chronique des évènements politiques.
Derrière la transformation de la politique, on a la transformation du politique au
masculin. On constate que une extension des prérogatives de l’Etat avec la mise en place
de l’Etat providence. L’Etat assurait les pouvoirs régaliens, l’exercice de la justice.
Après 1945, il va vouloir prendre en charge la gestion de la santé et du bien-être des
citoyens.
Cet élargissement n’a pas pu resté sans effet sur la vision du gouvernement chargée de le
conduire. La philosophie du gouvernement représentatif n’aura plus rien à voir avec celle
des fondateurs. Ce changement va tenir en deux points :
1. On constate un renversement hiérarchique qui va accorder la primauté au
pouvoir exécutif au dépend du pouvoir législatif. La promotion de l’exécutif va
s’accompagner de sa personnalisation.
2. L’institutionnalisation du conflit de classe via le rôle reconnu aux partis dans le
processus politique. Le couple exécutif personnalisé / conflit de classe
institutionnalisé va devenir la véritable charpente du rapport représentatif.
On est ici à l’opposé des régimes totalitaires qui avaient du une part essentielle de leur
séduction au fait de se présenter comme des antidotes à l’anonymat de la représentation
libérale à l’époque où le coeur du pouvoir était constitué par le pouvoir législatif.
B) Le leadership apprivoisé ou la proximité par la distance
 Concernant le leadership et plus exactement l’acclimatation, l’expérience
américaine du président Roosevelt a été essentielle à cet égard.
Au cours de sa présidence de 1932 à 1945, il a démontré par le fait la possibilité de
concilier le leadership et la démocratie. Il va même mettre le leadership au service de la
démocratie. La personnalisation du pouvoir exécutif suprême va élargir la capacité
d’entraînement consensuel du gouvernement tout en le rapprochant des citoyens par le
sentiment d’efficacité qu’il procure.
A quoi va s’ajouter la possibilité de nouer un lien direct avec le peuple qui donne à celuici le sentiment de savoir qui parle et qui agi en son nom.
Une possibilité qui va se trouver démultiplier par les nouveaux moyens techniques de
communication que Roosevelt va exploiter remarquablement. Il est le premier président
à s’adresser à ses concitoyens par le canal de la radio, à son âge d’or. Dans le même
temps, Hitler a utilisé la même technique, simplement l’esprit n’était pas le même.
Il n’y a pas de constitution écrite au R-U. Comme il a traversé la 2nd guerre mondiale
sans être vécu, faisant face à l’agression allemande, les institutions britanniques ont fait
preuve de leur efficacité et de leur adaptabilité. En Grande-Bretagne, le régime
parlementaire s’est engagé dans une révolution insensible qui fait glisser la primauté du
parlement vers le gouvernement, au premier ministre.
Formellement, rien n’a changé, c’est-à-dire que le corps électoral est convoqué pour élire
un parement souverain, mais dans les faits, au delà du député dans sa circonscription, on
élit un premier ministre chef de la majorité parlementaire qui forme un gouvernement sur
lequel il a autorité et que la majorité est obligée de soutenir de manière disciplinée.
Le système allemand est l’exemple le plus probant par sa prudence et sa modération.
La loi fondamentale de 1949 a dessiné la place d’une démocratie du chancelier dans laquelle le
patron de la formation ou de la coalition majoritaire au Parlement exerce un rôle prééminent.
Par delà la forte personnalité d’Adenauer, la démocratie du chancelier s’est confirmée
comme un système à part entière ou sur le mode britannique, l’élection du Parlement
vaut désignation du chancelier. L’essence de régime construit devait reposer sur
l’impersonnalité de la loi. Au départ, en république, l’impersonnalité est la règle et elle est
voulue parce qu’elle faisait contraste avec les anciens pouvoirs incarnés par la monarchie
de droit divin.
Il y’a au départ un refus de cette personnalisation, synonyme de pratique de la monarchie
absolue. A l’usage, il est apparu en particulier à partir du moment que se développent les
régimes totalitaires que les exigences d’un bon fonctionnement du corps politique
tournaient le dos à l’impératif théorique d’anonymat. Cette exigence est rendue sensible
au moment de l’émergence des régimes totalitaires car leur caractérisation est d’être
marquée par un leadeur charismatique.
La démocratie après 1945 va se trouver contrainte de revenir sur cette personnalisation.
A la différence des régimes totalitaires, la personnalisation à laquelle reviennent les
démocraties est placée au service de la représentation. Le pouvoir personnalisé sort de
la société. Il y’a une visibilité à son titulaire, mais ce pouvoir ne se donne nullement pour
l’expression organique de la collectivité.
Le leadeur démocratique n’a rien d’un personificateur irremplaçable. Le leadeur
démocratique demeure l’occupant d’une fonction avec laquelle il ne se confond pas. La
dissociation de la personne et de la fonction reste intangible. C’est en cela que la
démocratie se distingue de la pratique totalitaire du pouvoir.
 Leadeur démocratique ne se confond pas avec la fonction.
C) Le conflit institutionnalisé ou l’unité par la division
L’institutionnalisation du conflit de classe constitue le pendant de l’acclimatation du
leadership dans la redéfinition de la découverte de la démocratie après 1945. Il faut
rappeler qu’il y’a eu lieu un profond remaniement du système des partis dans la plupart
des démocraties européennes avec l’instauration du suffrage universel.
Apparaissent dans le jeu parlementaire de nouvelles formations.
On aura le phénomène des partis catholiques donnant naissance à la démocratie
chrétienne, mais le choc fondamental provoqué par ce suffrage va être constitué par
l’arrivée des partis ouvriers dans le jeu parlementaire. Cela substituait à l’opposition
politique, une opposition de classe formulée entre dominant et dominé. Ceci a souvent
paralysé les institutions parlementaires.
Or la refondation de la démocratie après 1945 va permettre aux régimes de parvenir à
trouver une voie étroite permettant d’intégrer définitivement au jeu parlementaire ces
partis ouvriers qui au départ avaient contesté le fonctionnement. Après 1945, on va
trouver un moyen d’intégrer ces partis au jeu démocratique sur fond d’affirmation du
pluralisme politique et d’ambition de justice sociale.
Cette intégration va être rendue possible d’une part par la reconnaissance des partis
comme composantes organisatrices du processus politique et ça sera aussi l’aspiration à
pourvoir la démocratie d’un véritable contenu social. D’où la création de l’Etat
providence qui va permettre d’intégrer véritablement le mouvement syndical et le
principe de la négociation collective entre ceux qui étaient des ennemis de classe, mais
qui vont devenir des partenaires sociaux.
Autrement dit, après 1945, le processus représentatif au cœur du régime parlementaire
en vient à s’organiser autour de l’expression de la contradiction fondamentale
d’intérêt dont les partis sont chargés de la mise en forme.
Cette mise en scène n’a de sens que dans la perspective d’un compromis, renégocié en
permanence. Ceci doit s’effectuer entre les partis aux prises, dès lors qu’ils représentent
des intérêts antagonistes. Et ce, sous l’arbitrage des gouvernements qui doivent un pôle
neutre. Finalement, spécifiquement investi de la fonction de veiller à la régularité des
transactions.
 Autrement dit, tout gouvernement doit devenir un pouvoir neutre, un Etat
impartial.
Pour illustrer ce propos théorique, on peut faire référence à Ralf Dahrendorf qui écrit
dans « Classes et conflits de classes dans la société industrielle »
« la tension entre le capital et le travail est devenue une institution légale de la société.. La lutte de
classe a perdu de son mordant pour se muet en tension légitime entre deux puissances qui s’équilibre.
Capital et travail s’affrontent, passant des compromis, menant à bien des négociations, déterminant
le niveau des salaires, les horaires et les autres conditions de travail. »
Cette vision peut évidemment être contestée dans la mesure où capital et travail n’ont pas
la même force. Mais le jeu de la démocratie moderne veut que ces deux forces permettent
le fonctionnement harmonieux en retrouvant la voix du compromis.
Ainsi, le conflit de classe qui avait semblé emporter les démocraties libérales, se trouve
projet sur la scène politique. Mais ces toujours de représentation dont il s’agit.
Il y’a donc intégration du social dans le politique, rendu possible par l’émergence de
l’Etat providence.
Mais sans qu’il y’ai confusion de l’un et de l’autre. Il y’a finalement une mise en scène
de la division, mais au profit de la construction de l’unité collective. On peut évoquer que
les réformes politiques et sociales de l‘après 1945 ont engendré une autre démocratie,
libérale présentant une triple originalité :
1. C’est la manière dont cette démocratie reprend à son compte le système libéral
et passe par lui. Elle reste démocratie libérale car elle implique en permanence un
compromis entre les forces en présence.
2. C’est la synthèse démocratico-libérale à travers la conjonction du social, du
droit et du politique.
3. La place que la politique acquiert dans le dispositif prenant la relève de l’unité
religieuse. Ce lien est dénoué par la pratique libérale de l’après 1945.
Partie 2 : La vie politique en Grande Bretagne de 1951 –
1970
Cette période de 19 années se distingue en deux phases :
1. Un long règne des conservateurs entre 1951 et 1964.
2. Une période travailliste de 1964 à 1970.
A) L’élan conservateur de 1951 à 1959
L’exceptionnelle longévité politique des conservateurs dans les années 50 et dans la
première moitié des années 60 tient à la fois aux hommes, à la conjoncture, aux enjeux et
aux décisions. Malgré des péripéties agitées, la période apparaît comme un point
d’équilibre. Les années 50 constituent l’illusion d’un retour à la stabilité même si les
rapports de force sont redéfinis.
1. Les acteurs :
a) la force conservatrice
Cette période peut être marquée par un double caractère, le renouveau et la continuité.
Le renouveau est marqué par la rapide succession des leadeurs. Churchill revient au
pouvoir à la suite des élections de l’automne 1951. Evidemment, c’est un monument, il a
la figure d’un grand leadeur mondial. De fait, il continue d’accorder son intention à la
sphère internationale, affaiblie par deux attaques cardiaques, il démissionne le 4 avril
1955.
Sa succession ne pose pas de difficulté avec Antony Eden.
Il descend d’une famille aristo, une carrière diplomate, soldat, homme politique. Il aurait
du s’imposer pour de longues années, mais il va pâtir de l’affaire de Suez en 1956 (véto
URSS et EU). Il est obligé de démissionner en janvier 1957, illustration d’une transition
manquée.
Il va être remplacé Macmillan.
Il était le petit fils d’un berger pauvre d’Ecosse, mais une carrière sociale et politique
brillante. Il a joué un rôle clé dans les affaires alliées pendant la guerre et il a poursuivi
ensuite à partir de 1951, une carrière ministérielle qui l’a imposé au sein du cabinet
comme une personnalité à la fois charismatique, séduisante et imperturbable.
A l’époque, il n’y avait pas d’élection au sein du parti conservateur.
Tout au long de cette période, on peut constater le rôle accru du premier ministre. Dans
les années 50, le premier ministre s’affirme avec force et devient le maitre du
gouvernement et du cabinet. Dans les facteurs de nouveauté, on a le poids de la
tradition. Cette permanence, c’est d’abord le principe de l’émergence du leadeur qui
demeure la règle.
En 1955, Eden est le seul candidat possible, mais en 1957, il va y’avoir une crise de
succession avec deux candidats. Macmillan faisait un candidat recommandable par son
charisme, mais il avait un rival redoutable en la personne de Red Butler, ministre de
l’économie de Churchill. Mais Butler se heurte à l’opposition du parti parlementaire, en
lui faisant grief de certaines incertitudes.
Le processus de sélection doit rester secret et sélectif. Finalement, le résultat fait
apparaître un net avantage pour Macmillan, mais cette opération donne finalement la
pression d’une main d’œuvre très oligarchique et peu compatible avec l’image
démocratique.
A côté de cette tradition, il subsiste aussi la nature très élitiste du recrutement social. Au
sein des différents cabinets, la part de l’aristocratie va se situer entre 26 et 42%, les classes
moyennes supérieures entre 32 et 39% et les classes moyennes entre 21 et 26%.
 Les cabinets des années 50 apparaissent encore comme la véritable émanation de
l’etablishment, les classes dominantes.
Quel programme va t-il être mis en œuvre ?
Les conservateurs, en particulier dans les années 50, vont bénéficier d’une conjoncture
plus favorable que celle qu’avaient rencontrée les travaillistes. Leur programme va se
vouloir aussi peu idéologique que possible, de façon de se démarquer des luttes qu’agite
le labour.
 Ainsi, des programmes efficaces et pragmatiques en attente de l’opinion.
L’objectif essentiel est d’assumer et de compléter l’Etat providence, assurer la prospérité
économique et le bien-être collectif, développer les libertés collectives et défendre la
grandeur nationale en libérant le pays de ses engagements impériaux et coloniaux.
Globalement, il s’agissait d’atténuer les tensions idéologiques qui s’étaient faites jour sous
les travaillistes et de renfoncer par la même le consensus national, faisant apparaître le
parti comme le seul parti naturel au gouvernement. Mais il s’agissait aussi de préparer la
transition entre l’avant 1945 et le futur.
b) Les soubresauts du labour :
La défaite de 1951 va mettre à nue les rivalités internes. Clément Atlee se trouvait
désormais exposé aux attaques de la gauche Biwaniste au moment où l’aile droite
apparaît sur la défensive. Biwan peut compter sur une solide base, y compris au
Parlement. Cette gauche était issue d’un groupe qui portait le nom de Keep left group.
En 1952, l’aile gauche du parti va voter contre le réarmement de l’Allemagne qui était
appuyé par le gouvernement fédérateur et la direction du parti. En dépit de la montée en
puissance de l’aile gauche, Atlee conserve la direction du parti.
La nouvelle défaite de 1951, va entraîner la relève du leadership. Atlee va démissionner
au mois de décembre 1955, remplacé par Gaitskell de l’aile modéré.
 Il faut constater qu’en 1955, c’est le départ de la vieille garde du labour, la même
année où Churchill se retire.
La crise semble ensuite s’apaiser même si les problèmes idéologiques demeurent. Les
questions concernent la nature des réformes opérées dans les années 1945-1951.
Est-ce une rupture réelle ou une simple réforme sociale ? Au delà de ce débat, il y’a un autre
débat sur le futur de l’action travailliste. Quel choix opérer dans une société en changement ?
Quelle attitude adopter face à la dynamique conservatrice ?
Le chef de l’aile gauche Biwan va publier un livre en 1952 « In place of fear» développant
ses idées où la société de classe est toujours dominante. Le refus d’utiliser le pouvoir de
l’Etat pour établir un contrôle démocratique de l’économie a empêché la mise en place
d’une forme authentique de socialisme démocratique.
Le pluralisme et la mise en scène des conflits font que finalement, les changements ne
peuvent que demeurer limiter. Biwan est ainsi conduit à plaider pour une révision du
pluralisme classique dont il condamne le caractère trop conservateur. Il faudrait renforcer
le rôle de l’Etat, développer les nationalisations et recourir à de nouvelles formes de
gestion plus socialiste du pouvoir public.
Par ailleurs, l’aile gauche du labour plaide aussi pour que la Grande-Bretagne dans un
contexte de guerre froide prenne la tête d’une croisade en faveur de la paix, renonce à sa
dépendance vis-à-vis des Etats-Unis et qu’elle lutte contre la remilitarisation de la RFA.
Evidemment, les conditions de l’aile modérée sont à l’opposé.
Pour eux, il faut au contraire fonder une nouvelle société sur l’égalité supposant
l’abandon de la nationalisation à tout prix et la mise en place d’une politique de
redistribution des richesses avec la participation des travailleurs à la gestion économique.
Contre le messianisme utopique de la gauche, ils se rallient à l’arme atomique, adhèrent
au maintien dans la sphère occidentale et manifestent une forte hostilité à l’égard de
l’URSS.
Face à ces débats idéologiques, la position officielle du labour reste floue. Mais cette
position passe de moins en moins bien, le parti recul face au conservateur.
c) Les autres parties :
Les libéraux plafonnent au cours de cette période. Ils rassemblent que 2,5% des voix en
1951 et 2,7 en 1957. Mais ils connaissent une reprise en 1959.
Les communistes restent enfermés dans un univers Stalinien.
Les partis nationalistes retrouvent un gain de vitalité, sans victoire.
2. Les enjeux et les décisions :
La mort du roi Georges VI le 6 février 9152 et l’avènement de sa fille Elisabeth II va
marquer la fin d’une époque. L’arrivée sur le trône est marquée par la cérémonie du
couronnement constituant une véritable apothéose marquant l’attachement des
britanniques aux traditions, mais également le début d’une nouvelle ère.
 La cérémonie fut retransmise par la télévision et ainsi, un accent mis sur le monde
moderne.
a) Une approche libérale du Welfare State
Les conservateurs avaient pris l’engagement de maintenir l’Etat Providence et ils vont
tenir leur promesse. Ils vont même accroitre les dépenses nationales. En matière de
nationalisation, ils vont faire preuve d’une politique plus sélective.
Ils s’étaient opposés aux nationalisations et plus particulièrement à celle de la sidérurgie
sur laquelle ils s’étaient engager à revenir. Ils vont dénationaliser les transports routiers
et la sidérurgie.
La souplesse des conservateurs qui ne remettent donc pas en cause le principe du
capitalisme mixte tient à la gestion du labour. L’établissement du secteur public ne
constituait pas forcément une étape pour une société socialiste.
 On quitte l’idéologie
Ils s’efforcent aussi de préserver le plein emploi, assurer la progression du niveau de vie
des travailleurs, accepter des concessions salariales..
Au niveau colonial, les travaillistes avaient octroyés l’indépendance à l’Empire des Indes
en 1947 n’évitant pas le partage entre l’Inde et le Pakistan. Mais plutôt que de s’engager
dans de telles guerres, les conservateurs vont se résigner et vont préparer l’accession à
l’indépendance de nouveaux territoires ainsi que l’abandon de positions stratégiques.
 En 1954, retrait du Suez, la décolonisation du Ghana en 1957, du Soudan en
1956..
Vis à vis de l’Europe, les conservateurs vont pratiquer une politique de coopération
sans engagement. Ils cautionnent l’intégration européenne, mais en même temps refuser
de s’y engager directement. Ainsi, ils s’abstiennent de participer à la CECA en 1951 et
1952, ne participant pas non plus au mouvement amenant le Traité de Rome.
Ils s’opposent à la démarche des six et contre le projet d’union douanière porté par les
Traités de Rome, ils vont favoriser une solution alternative : la création de l’AELE
regroupant les pays scandinaves, le Portugal, l’Autriche et la Suisse.
 Ils ne conçoivent pas la coopération européenne au delà de l’établissement d’une
zone de libre échange.
Le saut des conservateurs est la défense des libertés en prenant toute une série de mesures
destinée à combattre la bureaucratie.
En 1954, ils vont poursuivre une campagne pour l’abolition du monopole de la BBC avec la
présence de la télévision.
b) Les limites du projet conservateur
Parmi les limites, on a le style des gouvernements. En effet, le retour en 1951 va marquer
le retour du règne de « l’establishment », c’est-à-dire, les élites traditionnelles.
Aussi, le grand problème des conservateurs est la gestion de l’économie.
En fait, la philosophie du parti n’étaie pas établie avec des tensions. Une tendance
Keynésienne, mais aussi une tendance monétariste.. Les monétaristes s’opposent à l’Etat
de providence accusé d’entraîner une gestion des dépenses excessives.
Tout cela amène à une gestion saccadée de l’économie, marquée par l’alternance de
phase de croissance et de déflation. Le cycle infernal du stop and go :
1. Une phase de go : une phase où le pouvoir va assurer une relance de l’économie
par la libéralisation du crédit et le soutien à la consommation de façon assurer le
plein emploi. Mais une accélération de l’inflation..
2. Une phase de stop : une baisse des investissements publics, un coup d’arrêt aux
crédits et à la consommation et une hausse des impôts. Cette phase si elle permet
la régression de l’inflation, s’accompagne du recul de la consommation et de la
poussée du chômage.
 Pour sortir du stop, on réalise un nouveau go, puis un stop..
B) La Grande Bretagne face à son destin (1960-1964)
Ces années 60-64 vont constituer une phase charnière entre l’élan conservateur et le
retour au pouvoir des travaillistes.
Le contexte a changé, la Grande-Bretagne ne peut plus prétendre à être des puissances
issues de la seconde guerre mondiale.
Elle se trouve confrontée en Europe occidentale, les pays de la communauté européenne
emmenés par le couple franco-allemand et en orient par la montée en puissance du
Japon. Aussi, à la modification de l’équilibre mondial du fait de la détente qui va
s’instaurer entre les deux grands.
1. Le parti conservateur à la croisée des chemins
a) L’usure et le renouvellement d’un parti au gouvernement :
Macmillan était premier ministre à la suite de la crise de Suez. Le début des années 60 va
marquer la fin de son ère.
En dépit des efforts, l’AELE ne parvient pas à contrebalancer la CEE, connaissant une
rapide croissance permettant d’anticiper sur le calendrier fixé à Rome l’Union
Douanière..
 Les succès de la Communauté font apparaître par contraste les performances
médiocres des britanniques (stop and go).
Va s’ajuter l’usure du pouvoir pour une équipe en place depuis une décennie. Des
scandales vont mettre en cause la moralité des milieux dirigeants, mais aussi la sécurité.
C’est le temps d’affaires d’espionnages célèbres.
En janvier 1963, c’est la fuite de Philby. Il appartenait à un cercle des étudiants
d’Oxford qui avait été gagné par le marxisme et le communisme. Il était passé au travers
de la sécurité en 1955 et sa fuite le démasque.
Autre histoire plus célèbre, c’est l’affaire Profomo. C’était un député conservateur qui
avait une liaison avec une femme ayant une relation avec un attaché soviétique. Profomo
va mentir devant les communes et sera obligé d’avouer, aggravé par l’ampleur du
mensonge.
Macmillan sera finalement contraint de partir par la maladie.
La démission de Macmillan intervient en plein congrès conservateur et les circonstances
même vont constituer une remise en cause de l’élection. L’exigence démocratique se fait
sentir.
Quoi qu’il en soit, c’est finalement le ministre des affaires étrangère « Foreign Office », qui
finit par s’imposer Lord Home. Le premier ministre pour siéger à la chambre des
communes devait renoncer à son titre de père. Il redevient un simple particulier et
devient Sir Douglass Home.
La succession met en évidence les tensions internes du parti, aboutissant à la
désignation d’un père de 60 ans héritier d’une brillante ligné aristocratique, mais elle
renvoie aussi à l’opinion l’image de la victoire de « l’establishment. »
Le nouveau gouvernement ne va guère différer de l’ancien. Edouard Heath devent
secrétaire d’Etat à l’industrie.
b) Le nouveau visage de la gestion conservatrice :
La politique conservatrice va s’orienter vers le néo-libéralisme qui se marque par la
politique de décentralisation. Se dessine alors les contours du Corporate State dont le
modèle sera conservé par les travaillistes.
Les dirigeants britanniques décident de retrouver le chemin de la croissance, conscient du
déclin relatif de leur pays. Ils vont s’efforcer alors de mettre en place une nouvelle
politique de croissance planifiée, acceptée par les syndicats et les milieux d’affaires avec
une planification des dépenses publiques et une limitation de ces dépenses à 42,5 du
revenu national.
Avec la mise en place d’une politique des revenus visant à geler la croissance des salaires,
un allègement de la fiscalité et l’introduction de régulateur économique et d’une nouvelle
politique à l’égard des entreprises nationalisées.
L’opinion publique plus sensible à l’aspect social va alors se montrer assez hostile
témoignant de sa sympathie à l’égard des grévistes. En février 1962, le gouvernement
annonça un arrêt du blocage des salaires, mais malgré tout, cet arrêt s’accompagnait d’un
plafond de 2,5% maximum fixé pour toutes les augmentations de salaires.
 L’introduction de cette politique des revenus a constitué une innovation
considérable dans une société de tradition libérale.
Pour assurer la concertation des principaux responsables politiques et économiques du
pays, le gouvernement Macmillan va créer un conseil de développement économique
national. Méfiante, les organisations patronales et syndicales se rallient au projet
témoignant de la capacité des conservateurs de s’assurer de la collaboration des
« partenaires sociaux ».
Le grand dossier de cette période va être constituée par l’affaire européenne.
Dès la fin des années 50, certains ont compris l’erreur commise en ne ratifiant pas le
Traité de Rome. Macmillan lui même s’était convaincu de la nécessité d’un changement
d’attitude. Il vient à l’idée que l’adhésion à la Communauté Economique Européenne
devait résoudre les problèmes du pays.
Ainsi, une tournée des six pays de la communauté pour préparer une candidature
britannique à la CEE, annoncée dès l’été 1961.
Elle va susciter une vaste bataille politique dans le pays (Westminster et opinion
publique). Les travaillistes se mobilisent contre le projet, au nom de l’indépendance et de
la grandeur nationale. Dans l’opinion, la situation devient confuse et finalement, la carte
européenne va contribuer à brouiller la donne en faisant apparaître de nouveaux clivages.
On va avoir moins une opposition entre conservateur et travailliste, mais bientôt une
opposition entre les extrémistes de droit et de gauche et les modérés des deux camps.
Finalement, le problème va être réglé de l’extérieur car le général de Gaulle prenant
prétexte de l’insistance des britanniques à défendre leur lien avec leur Commonwealth,
avec les pays de l’AELE et surtout les Etats-Unis, va poser son véto le 14 janvier 1963.
 Pour que la candidature britannique soit acceptée, il fallait l’unanimité
Le R-U, le cheval de Troie des Etats-Unis..
La rupture des négociations va provoquer un choc aussi bien au sein du gouvernement
que de l’opinion britannique, raviver la méfiance séculaire à l’égard des français.
Les limites de la gestion conservatrice peuvent être classées au nombre de trois :
1. Une illusion quant au rôle réel de la Grande-Bretagne dans le monde.
2. La contradiction des choix économiques, impossible d’assurer à la fois la
prospérité de l’économie, la hausse du niveau de vie et la parité de la livre.
3. Le décalage croissant à partir des années 60 entre les valeurs conservatrices et
les classes moyennes, la jeunesse..
 Bref, une perte de contact entre le conservatisme et la nation expliquant le
tournant politique de 1964.
2. Le contexte politique (1960-1964)
a) La réorganisation de l’opposition :
Le renouveau libéral va s’accentuer. Le parti se présente comme les défenseurs de
certains secteurs de la population comme le monde rural et commerçants, mais ils
entendent aussi représenter les nouvelles catégories des cols blancs.
Il a aussi la capacité de renouveler et moderniser sa doctrine. Il devient un défenseur de
la cause européenne.
Ce n’est pas le fait du hasard si les libéraux s’intéressent aux régions car c’est là où ils ont des élus.
Ce renouveau garantie de temps à autre des succès aux libéraux lors des élections locales
et parfois los des élections partielles aux communes. Cependant, le vote libéral reste
marginal car voté libéral, c’est perdre sa voie.
 La révolution de l’opposition va concerner principalement le labour.
La défaite lors des élections de 1959 va constituer le troisième échec d’affiler.
Il appelle un diagnostic, le parti apparaît vieilli, inadapté. L’image de parti ouvrier
commence à être dégradé face à l’émergence des couches nouvelles de la population.
Pour les modérés, dont fait partie Guitskell, ce caractère tient à l’idéologie du labour. Il
va soutenir un courant révisionniste voulant renoncer à la clause IV de la Constitution. Il
s’agit d’un texte datant de 1918 où les nationalisations des moyens de production sont un
objectif de la politique en vue d’instaurer une société socialiste ou collectiviste.
Les révisionnistes vont aussi mettre en avant l’étique de l’égalité supposant une action
sur les mécanismes sociaux, mais aussi l’accent sur la culture.
Guitskell va proposer au congrès travailliste l’abolition de clause, se heurtant à une levée
de boucliers en provenant de la gauche du parti. On peut parler de la victoire des
militants sur le leadeurship.
 L’idéologie garde un caractère mystique.
Il subit un premier échec dans son projet et sera également désavoué sur la question de
la défense et du désarmement.
Le Congrès d’octobre 1960 va rejeter les thèses du leadership et va engager au contraire le
labour sur la voie d’un pacifisme radical que l’on désigne d’unilatéralisme. Ainsi, il
propose que le R-U unilatéralement au démantèlement de l’armée nucléaire.
Au contraire, le labour va adopter un programme nourrit des thèses révisionnistes sans
aller jusqu’à la clause IV. Il renverse également la décision unilatéraliste.
A partir d’août 1961, les sondages donnent une avance aux travaillistes. En automne
1962, Guitskell va prononcer un discours hostile au marché commun. Le choix du
nouveau leader va avoir lieu entre 7 et le 14 février 1963 suite à la mort de Guitskell.
Aron Wilson est en mesure de rassembler l’aile gauche et les modérés, lui permettant de
l’emporter sur Brown.
Une fois élu, Wilson va consacrer son énergie à rassembler le parti par un usage habile
des médias. Son but étant alors de promouvoir une image moderniste du labour.
b) Les élections d’octobre 1964 :
Sir Douglass Home ayant été investi au mois d’octobre 1963. La date des élections est
fixée en octobre 1964. La campagne de ces élections va être active, les programmes des
deux partis principaux ne différaient guère dans le fond.
Les résultats sont connus le 16 octobre 1964 :
1. Les travaillistes obtiennent 44,1% des suffrages et 317 sièges.
2. Les conservateurs 43,4% et 304 sièges.
 Par rapport à 1959, les travaillistes ont stagné et les conservateurs ont nettement
reculés perdant 6% et 61 sièges de députés.
C) Les illusions perdues : la vie politique en Grande-Bretagne
au temps du gouvernement Wilson (1964-1970)
1. Heurs et malheurs du gouvernement Wilson : les Hommes
a) Le vivier travailliste :
En dépit d’une très étroite majorité à la chambre des communes, Wilson proclame son
intention de gouverner seul.
Il est le plus jeune premier ministre du XXème siècle, venant de la petite bourgeoisie du
Yorkshire. Il va appartenir à la méritocratie accédant au pouvoir.
C’est un Biwaniste à l’aile gauche accompagnant son leadeur quand celui-ci
démissionne en 1951. Il poursuit ensuite une carrière de parlementaire devenant membre
actif du labour. Il était très intelligent, s’intéressant au sport, à la vie de famille et à la
musique.
 Wilson = Symbole même des classes moyennes
Il était peu dogmatique, classé à gauche dans le gouvernement Atlee et d’être considéré
comme proche de Biwan. Il a aussi un grand sens de l’opportunisme et il va recueillir les
fruits en devenant chef du labour en 1963.
C’est un technocrate à visage humain et une figure attractive capable de relever les
défis du futur.
Accède au pouvoir, une nouvelle génération
On retrouve des syndicalistes, des universitaires, des figures de la gauche (foot..), des
révisionnistes de la mouvance de Guitskell..
;
b) Les avatars du gouvernement travailliste de 1964 à 1970 :
La première phase de 64 à 66 et durant cette période le gouvernement va tenir une
unité.
Wilson est conscient de la faiblesse de sa majorité face à une opposition désorganisée. Au
début de l’année 66, il sent que le contexte devient plus favorable. Il dissout alors le
Parlement pour de nouvelles élections anticipées le 31 mars 1966.
 Un nouveau programme : entrer dans le marché commun et planification.
Le 31 mars, la victoire des travaillistes est indiscutable avec 13m de suffrages soit 47,9%
avec 363 sièges. Les libéraux obtiennent un résultat paradoxal, ils reculent en voix 8,5%
mais progressent en siège avec 12.
Les grands perdants sont les conservateurs n’obtenant 11,4m de voix soit 41,9% des
suffrages et 253 élus.
Le swing est au demeuré limité, mais l’écart est devenu très net offrant aux travaillistes
une majorité de 90 sièges.
Les élections ne vont pas être suivies d’un remaniement global, mais des distensions
internes vont être manifestes face aux difficultés économiques et sociales.
Les affrontements de personnalité vont occuper une place importante. Le premier
ministre s’est trouvé seul et isolé et paradoxalement trop puissant ce qui nous conforte
avec l’idée générale de l’affirmation continue du rôle du premier ministre dans le
processus décisionnel.
Par ailleurs, on constate une distanciation progressive entre le cabinet et son électorat
d’une majorité d’ouvrier. Au sein du personnel politique, on constate au contraire une
augmentation de la part des diplômés du supérieur.
c) Le mouvement travailliste de 1964 à 1970 :
Le mérite de Wilson est d’avoir permis une réunification du labour, mais des distensions
vont se faire sentir.
La gauche commence à être mécontente et apporte son soutien à l’engagement américain
dans la guerre au Viet-Nam.
La victoire de 1966 va donner le signal d’une longue phase de tribulation interne.
L’importance des clivages idéologiques ressurgit. On constate alors un écart grandissant
entre le gouvernement d’un côté et de l’autre, les syndicats et la base militante.
Les progrès de l’aile modéré au sein des centres de pouvoir. Au mois de mars 1966, c’est
véritablement le début du conflit entre le gouvernement d’un côté et les syndicalistes de
l’autre.
L’opposition se manifeste sur tous les sujets. Les projets gouvernementaux vont être
résumés dans un livre blanc dont Barbara Castle publié. Face aux oppositions, Wilson
et Castle reconnaissent leur défaite au mois de mai 1969.
 Le conflit entre le gouvernement et les syndicaux va hanter les années 70
A la vieille des élections générales de juin 1970, une grève dans la presse, jouant un
certain rôle.
2. Heurs et malheurs du gouvernement Wilson : l’action
a) Les enjeux :
Les enjeux de l’action étaient résumés par les mots clés du programme de 1964 :
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
Modernisation
Technologie
Compétence
Progrès
Planification
Education
Réforme.
Il s’agissait d’insuffler un nouveau dynamisme, la vocation sociale reste dominante
derrière. Il fallait bâtir un nouvel Etat providence fondé sur un haut niveau de vie avec
une démocratie plus forte.
b) Les résultats :
Les années 60 ont marqué la marche vers une forme techno structurelle du pouvoir, c’està-dire, l’Etat corporatiste. Wilson va poursuivre cette évolution, prenant appui sur la
structure gouvernementale. Il y’a une volonté de procéder à une réforme des élites, en
particulier dans le domaine de la fonction publique.
Il s’agissait de faire évoluer la fonction publique dans l’esprit de l’establishment vers
la méritocratie.
Ils veulent améliorer la gestion locale, des tentatives de réformes des procédures
parlementaires avec une tentative de la réforme de la chambre des Lords. Par contre aux
communes, la création de Commission spécialisées.
Il s’agissait de donner à la Grande-Bretagne des structures plus efficaces. Le
gouvernement travailliste va procéder à la renationalisation de 14 grandes compagnies
sidérurgiques dans les années 65-67.
 En dehors de la sidérurgie, le gouvernement n’a entrepris aucune autre
nationalisation.
On aura également la création d’organismes destinée à accompagner la rationalisation de
la gestion économique. Il y’a la corporation pour la réorganisation industrielle de 1966.
Des lois encouragent le mouvement de modernisation sont initiées par le ministère de
l’économie, mais le gouvernement va pâtir d’une gestion confuse tenant de la décision
initiale de ne pas dévaluer la livre alors que celle-ci est considérée comme surévalué
depuis longtemps.
Ils sont conduits à aggraver la fiscalité, en dépit de l’opposition des conservateurs. Dès
l’été 1967, une nouvelle crise combinée à la guerre des six jours. Cette fois-ci, le
gouvernement est contraint de procéder à la dévaluation de la livre le 18 novembre
1967.
C’est le constat du déclin de la puissance britannique rendu officiel quand le 16 janvier
1968, le gouvernement annonce le retrait des forces britanniques à l’est de Suez.
 Déclin de la puissance britannique.
La définition d’une politique des revenus va être un enjeu majeur de la politique des
travaillistes. Au départ, cette politique était conçue en concertation avec les syndicats.
Mais le poids des difficultés s’accumulant va conduire les travaillistes à avoir une
gestion autoritaire des prix et des salaires.
Dans le domaine de la politique sociale, un projet de législation se dessine de Barbara
Castle prévoyait l’extension des droits des syndicats dans les entreprises par le biais de la
clause shop, le monopole d’embauche syndicale.
Mais les relations avec les syndicats vont se détériorer du fait de distensions sur les
modalités du règlement des conflits du travail. En cas de grèves illégales, le
gouvernement voulait imposer une procédure de concertation obligatoire pouvant
s’accompagner de sanctions pénales en cas de non respect des modalités de
concertations.
Les syndicats protestent et finalement, le gouvernement est obligé de renoncer à son
projet.
 En 1970, au terme de cette première phase de retour, l’échec de la gestion
économique des travaillistes est patent.
Enfin, dans le domaine de la défense et en dépit des espoirs de la gauche, la politique du
gouvernement Wilson sera placée sous le signe de la continuité de celle des
conservateurs. En particulier, le gouvernement ne renoncera pas à ses liens avec les EtatsUnis.
La réduction budgétaire dès 1955 va impliquer une révision drastique des engagements
extérieurs de la Grande-Bretagne.
Le problème européen va occuper une place centrale. Au départ, les travaillistes étaient
réservés sur la question de l’adhésion. Mais, ils vont se convaincre rapidement de la
nécessité d’un changement d’attitude sur le dossier européen. Au mois d’avril 1965,
Wilson fait savoir qu’il est favorable à une nouvelle candidature britannique à la
communauté après le premier échec de 1963.
Une série de rencontres sera organisée avec les dirigeants de la petite Europe à six. Le 2
mai 1967, Wilson va demander l’aval des communes sur son projet de candidature. Le
projet est adopté par 488 contre 62. Parmi les 62, il y’avait 36 députés travaillistes
appartenant à la gauche anti-européenne.
L’affaire Européenne va déborder rapidement le cercle des communes, passionnant
l’opinion. Mais au mois de décembre 1967, suite à la dévaluation de la livre sterling, le
général de Gaulle va poser une nouvelle fois son véto.
Par conséquent, les enjeux que s’était fixés le gouvernement n’ont pas pu être tenu. Il y’a le
poids des circonstances, mais aussi les conséquences des maladresses du gouvernement.
Finalement, le pays sombre dans le déclin économique général même si celui-ci connaît une
certaine stabilité politique et un certain bien-être.
3. Un nouvel environnement politique
a) Les transformations du système de pouvoir :
Pour les conservateurs, les élections d’octobre 1964 n’ont pas constituées en soi un échec
irrémédiable. Le leadeur Douglass Home va annoncer un changement dans la procédure
de désignation du leadeur. La réforme va introduire le principe de la désignation par le
groupe parlementaire.
 D’important, le leadeur sera élu par ses pairs : progrès, mais militants écartés.
Le principe de l’élection est en soi supérieur à la pratique de l’émergence. Après cette
réforme, Home va démissionner en juillet 1965 et la succession va se dérouler selon les
nouvelles procédures devant le groupe parlementaire.
Ainsi, il n’est nécessaire d’organiser qu’un seul tour de scrutin. Edouard Heath
l’emporte. Il parvient à la tête du parti à l’âge de 49 ans, marquant un net
rajeunissement.
L’élection de Heath va marquer aussi un tournant car le parti était dirigé par des figures
de l’aristocratie. Il est pour sa part originaire d’une famille de la petite bourgeoisie. C’est
le triomphe de la méritocratie.
Edouard Heath a été boursier à Oxford, repéré par ses qualités, dans la fonction publique
en 1946, élu député en 1950. Il va se situer dans l’aile gauche réformatrice du parti. En
1959, il est ministre du travail. C’est un européen convaincu y gagnant le surnom de
Mr. Europe.
Ainsi, ce nouveau leadeur va symboliser la nouvelle méritocratie conservatrice. Il va
s’attacher dans ses fonctions de nouveau leadeur à rétablir l’unité du parti et en faire une
machine efficace. Il va pâtir d’un handicap, ne séduisant pas le public et il va devoir faire
face à une aggravation des tensions internes au sein de son parti et à l’émergence
d’une nouvelle droite emmenée par Powel.
D’autre part, pour les libéraux, ils ont une position plus assurée après 1964, gagnant 3
sièges de 6 à 9. Ils ont espéré un temps mais en vain gouverner en coalition avec les
travaillistes car la majorité était courte. En dépit de cette déception, les libéraux font un
grand effort pour rajeunir leur programme et leur action politique de nouveaux électeurs.
Les objectifs du parti sont redéfinis en fonction de la régionalisation.
Ils sont également partisans de la réforme électorale, le système les pénalisant en terme
d’élus. Ils font aussi des efforts pour attirer les jeunes issus des classes moyennes. Les
élections anticipées de 1966 ne vont pas améliorer la situation même s’ils parviennent à
grappiller 3 sièges supplémentaires.
Il va se doter d’un nouveau leader Jeremy Thorpe brillant, mais fantasque. Ce profil
atypique pouvait bien correspondre à un parti ne jouant pas le premier rôle, mais
pouvant cultiver des coups d’éclat.
Ils sont confrontés à la question de la finance, problème récurrent. Egalement, problème
du choix des candidats dans les élections dans la mesure où les candidats sont difficiles à
retenir et sélectionner.
Aussi, le poids des deux grands partis, mais aussi faire face à la concurrence des partis
nationalistes. Le parti est ainsi amené à renouveler son discours envers les classes
moyennes mettant en avant les thématiques traditionnelles de la liberté. Il va cultiver
une orientation spécifique car en économie, il faut trouver un juste milieu. En matière de
moeurs, ils font légaliser la pratique de l’avortement.
Vis-à-vis des sceptiques, ils sont en mesure de lier la demande d’une réforme régionale
puisque l’Etat reste centralisé. Ils se font les champions de la politique de
régionalisation. Ils sont en mesure de lier cette revendication à la défense de l’entrée
dans le marché commun car cette entrée permettrait de donner un nouvel essor.
 En 1970, le parti libéral est faible !
Enfin, concernant les partis nationalistes, les années 64-70 constituent une période
faste, celle d’un rôle politique réel. Aux Pays de Galles, cette renaissance va être le fait
du nord de la principauté s’effectuant d’abord sur le plan culturel et s’étendant
progressivement à l’ouest et au centre. Depuis les années 20, le pays a une formation
nationaliste le Plaid Cymru connaissant une deuxième jeunesse multipliant les sections
locales et en mesure de rassembler 42 000 membres à la veille des élections. Il avait
obtenu un siège de député, mais le perd en 1970.
 Pays de Galle, renaissance nationaliste par la culture.
En Ecosse, on va observer une renaissance nationaliste plus importante et moins
ambiguë avec le Scottish National Party.
A la fin des années 60, ce parti est en mesure de se développer et de mobiliser son
électorat au moyen de publicités agressives. Les nationalistes s’affirment par des succès
aux élections locales et en novembre 1967, ils obtiennent un siège à Westminster. Il se
présente le parti d’une nouvelle Ecosse, autonome, prospère et régénérée, développant
une tactique politique responsable, refusant toute violence.
Le succès du parti est considérable, témoignant l’expansion des adhérents passant de 2
000 en 1962 à 120 000 en 1968. Le succès est lié aux échecs du labour. En Ecosse, le SCP
va se situer à la gauche du labour. Cette montée en puissance va poser la question de la
dévolution, envisagée par le gouvernement travailliste dans les années 70 jusqu’à l’échec
du référendum de 1979.
Enfin, en Irlande du Nord ou Ulster, il connaît un mouvement nationaliste, mais le
problème ne se pose pas dans les mêmes termes puisqu’en Irlande du Nord se pose la
question des protestants du côté britannique et les catholiques plaidant pour
l’indépendance. L’affrontement regroupe un affrontement social.
Dans les deux camps, les années 60 voient la montée parallèle des ultras et l’année 1969
va voir l’élection de Bernadette Devlin qui va poser la question de l’Irlande.
b) Les élections du 18 juin 1970 :
De 1966 à 1970, le labour va connaître une conjoncture électorale défavorable. Sur 34
sièges qui défendent, il en perde 15. Mais au début des années 70, la situation semble
s’améliorer, en mesure de bénéficier de meilleurs résultats et un certain apaisement
interne.
Wilson annonce une élection pour le 18 juin 1970 espérant renouveler l’opération de
mars 1966.
Mais la convocation du corps électoral va trouver les conservateurs bien préparés. Ils
s’étaient dotés d’un manifeste « For a better tomorrow ». Ils annoncent une réduction de la
fiscalité, un renforcement de la sécurité, un abaissement du rôle de l’Etat et de la
bureaucratie.
Les travaillistes vont se situer dans la perspective du futur et sont convaincus des
sondages d’une troisième victoire consécutive de Wilson. C’est un véritable challenge,
car ça serait la première fois.
 Ces élections sont restées célèbres, constituant un choc et une déroute pour les
sondages.
En effet, dès les résultats connus, on constate un tassement de la participation électorale
qui reste limité à 72% et une faible mobilisation des jeunes alors que les travaillistes
venaient d’abaisser l’âge à 18 ans.
Les conservateurs obtiennent 46,4% des suffrages exprimés, 330 sièges, alors que les travaillistes
ont 43% des suffrages et 287 sièges. Les libéraux se contentent de 6 élus. Les divers obtiennent 7
sièges.
Les conservateurs gagnant 74 circonscriptions ont une majorité de 30 sièges. Le swing
national, déplacement des voix a été net entraînant un changement de majorité dans 88
circonscriptions, record depuis 1945.
Le système bipartisan n’est pas remis en cause. La défaite des travaillistes va
appliquer un retour au pouvoir des conservateurs.
Partie 3 : La vie politique en République Fédérale
d’Allemagne de 1953 à 1969
A) L’ère d’Adenauer 1953-1963
1. L’apogée de la « Kunrlzerdemokratie » 1953-1957
a) L’intégration dans le concert des nations (1953-1955)
Dans la perspective du renouvellement du Bundestag élu en 1949, la loi électorale du 8
juillet 1953 va généraliser au niveau de la fédération la clause des 5%.
Pour rentrer au Bundestag, un parti doit soit obtenir un mandat direct, soit obtenir 5%.
Cette généralisation de la clause à l’échelon fédéral va provoquer l’élimination des petits
partis. Le parti communiste, le KDP qui tombe à 2,2%.
Elimine aussi le parti bavarois bien implanté en Bavière, mais pas en mesure d’obtenir
5% des suffrages. D’autres partis, comme le parti allemand ou le Zentrum maintenu ne
peuvent obtenir des élus qu’en s’alliant. Le processus de concentration des droites est
déjà lancé.
Au résultat des élections du 6 septembre 1953, la CDU/CSU obtient 12,4 millions de
voix, soit 45,2% des suffrages et 243 sièges. Le SPD stagne avec 28,8% des suffrages et
151 sièges de députés.
Le troisième parti est le FDP, les libéraux avec 9,5% des suffrages et 48 sièges. Ensuite,
le BHE, le bloc des expulsés et des réfugiés avec des intérêts spécifiques. Ils obtiennent
5,9% des suffrages et 27 sièges.
 Le succès des conservateurs est indiscutable !
Le gouvernement issu des élections de 1953 va être issu d’une coalition des forces
conservatrices.
La composition de ce gouvernement va être laborieuse. Progressivement, la RFA va
connaître une ère de prospérité économique. Le renouveau va se dessiner avec G.
Schroeder au ministère de l’intérieur et Strauss à la défense crée bientôt. Aussi, un
ministre fédéral des réfugiés Oberländer.
L’atout décisif de ce nouveau gouvernement est la faiblesse de l’opposition : le SPD
Le SPD en pleine stagnation, est isolé face au bloc des partis bourgeois. Son nouveau
leadeur Enrich Ollenhauer manque de charisme. La question de la rénovation du
programme est posée. En effet, le programme datait de 1925, restant fidèle à un certain
Marxisme supposant l’instauration d’une société socialiste. La phraséologie, mai
également toute la symbolique avait l’inconvénient d’être assimilé aux démocraties
populaires.
Emerge un courant réformiste à la conquête d’une nouvelle couche, les nouvelles classes
moyennes, préconisant une rupture avec la tradition du parti de classe. Dans ce courant
réformiste, émerge une nouvelle génération dont le nouveau maire de Berlin-ouest
Willy Brandt va s’affirmer comme le chef de file en mesure de forger une nouvelle
image de modernité.
Vers les années 53,54 les évolutions sont minimes car lors du Congrès de Berlin au mois
de juillet 1954, les tendances réformatrices restent bridées. Le nouveau gouvernement
constitué va se trouver confronté à une offensive cléricale sur la question scolaire. En
effet, la coalition va connaître des heures difficiles en raison d’une offensive de la
hiérarchie catholique perdurant jusqu’en 1954.
Dans une Allemagne de l’Ouest où le poids des protestants est moindre, les catholiques
traditionnellement minoritaires ont retrouvé un poids plus important. Ainsi, présence de
la censure ou limitation du droit de divorcer.
La génération sceptique en Allemagne de l’ouest né vers 1930-1935 ne trouva pas
d’autres cadres que les églises pour être éduqués après 1945. Au début des années 50,
l’Eglise catholique se croit en mesure d’opérer une offensive.
L’offensive va faire réagir la presse, stigmatisant l’Eglise. Cette résistance va retrouver
l’opposition du parti libéral.
L’affrontement sur les questions de valeurs et de morales va rebondir sur la question
scolaire. Il faut rappeler que traditionnellement en Allemagne, le problème de l’école
relève des Länder, par une décentralisation. Il existe deux grands types d’écoles
simultanées où les élèves sont mélangés et professionnelles catholiques et protestantes.
En Allemagne, traditionnellement les catholiques avaient tendance à se replier dans des
écoles spécifiques. Cette question était un problème politique tendant à opposer
catholique et protestant et ainsi, les catholiques tentent de relancer le modèle de l’école
confessionnelle.
Evidemment les libéraux et le SPD défendaient l’école simultanée alors que la
majorité catholique tenait à l’école séparée.
Cette question constitue une menace pour la coalition de Bonne. Il ne faut pas oublier
que la CDU avait une aile protestante et une aile catholique. Le problème est sensible,
d’autant plus qu’en Bavière, entre 1954 et 1957, sur la question scolaire, se constitue à
Munich une coalition associant les socialistes, les libéraux et le parti bavarois visant à
exclure la CSU du pouvoir.
En 1953, la RFA demeura un Etat à souveraineté incomplète. De nouveaux
évènements allaient permettre de faire avancer le statut de l’Allemagne :
1. D’abord, l’échec de la conférence des 4 en janvier/février de 1954. Cette
conférence proposée par l’URSS pour tenter de bloquer la mise en vigueur de la
CED. Les trois occidentaux défendent la thèse d’élections libres sur tout le
territoire allemand, la mise en place d’une Assemblée constituante à laquelle la
RFA remettrait ses pouvoirs ultérieurement. Les Soviétiques refusent. Ce point de
vu est inacceptable expliquant l’échec de la conférence. Dans la suite Moscou
accorde à la RDA en 1954 la pleine souveraineté.
2. Ensuite, l’échec de la CED le 30 août 1954 lié à des considérations françaises.
La voie était désormais libre pour un réarmement ouest allemand dans un cadre
plus autonome. Il sera dessiné par les accords de Londres et de Paris de 1954.
3. Entrée dans l’UEO mettant fin au statut d’occupation. Les troupes alliées vont
rester, mais non plus à titre d’occupations, mais dans le cadre de l’OTAN. La
RFA va être invitée à rejoindre l’OTAN en s’engageant à renoncer à l’armement
nucléaire. Par conséquent, l’alternative à la CED va être constituée par la RFA
dans l’UEO et l’OTAN. L’entrée en vigueur est le 5 mai 1955. Les Hauts
Commissaires Alliés devint des ambassadeurs auprès de la RFA.
 La RFA entre à l’UEO le 7 mai 1955 et à l’OTAN le 9 mai 1955.
Elle va être en mesure de se doter des deux ministères régaliens manquant. Elle avait
obtenu le ministère des affaires étrangères aux pouvoirs limités, mais aussi d’un ministère
de la défense puisque le cadre du réarmement est fixé.
La pleine restauration de la souveraineté parallèle à celle de la RDA n’empêche pas
que les anciens vainqueurs conservaient des droits dans trois domaines :
1. Le statut de Berlin. Berlin ouest est juxtaposé à la RFA.
2. La question de la réunification.
3. Le Traité de paix.
Le Traité de paix qui avait encore un sens dans les années 50, ne verra jamais le jour. La
réunification intervenant en 1990, il est apparu caduc de conclure un traité de paix.
Par ailleurs, il faut s’intéresser à la question de la Sarre :
Rappelons que la Sarre en 1945 avait obtenu un statut spécial, détachée de l’Allemagne,
bénéficiait d’un statut politique et administratif spécial, entité propre. Sur le plan
économique, elle se trouvait rattachée en union douanière avec la France.
La France souhaitait l’autonomisation de la Sarre. Cette situation suscitait en RFA des
crispations politiques. Adenauer était prudent, mais le SPD et le FDP étaient plus
sensibles.
Il avait été entendu qu’un référendum devait trancher la nature du statut. C’est déjà
par référendum qu’en 1935 qu’elle avait opérée un premier retour au Reich.
Elle constitue un Land non intégrée, sont alors au pouvoir à Sarrebruck des autonomistes
qui défendent la thèse d’un Etat Sarrois.
Le référendum est organisé le 23 octobre 1955, se prononçant sur un projet d’autonomie
défendu par le ministre président de la Sarre Hoffmann. Mais ce projet est rejeté par 67%
des votants.
Les 2/3 des électeurs ne veulent pas d’une Sarre libre et indépendante, mais souhaite
opérer un retour à la RFA.
Par conséquent Hoffmann se retire et lors des élections législatives régionales, les
partisans du rattachement l’emportent. Suite à cette victoire, la Sarre devient un Land de
la RFA à la date du 1er janvier 1957.
Pour la RFA du chancelier Adenauer, c’était un succès à grand prestige parce qu’il
représentait la première extension du territoire de la RFA depuis 1949. Il va traiter du
règlement de cette affaire avec le président du Conseil français Guy Mollet.
b) L’apogée d’Adenauer 1955-1957 :
La RFA est donc devenu sur le plan juridique un Etat comme un autre sous réserve des
droits des alliés.
On envisagera ici successivement :
1. La construction de la Bundeswehr armée fédérale ouest allemande :
En fait, se met en place le service Blank, devenant le premier ministre de la défense en
1955. Il va se soucier de la mise en place des premières infrastructures. Mais au début des
années 50, on ne pouvait pas reprendre appui sur l’ancienne armée.
Une restauration de la mémoire des résistants s’opère, permettant l’intégration d’anciens
généraux, mais également d’anciens résistants.
Par ailleurs, le Parlement va autoriser le recrutement volontaire. Evidemment, prime
le souci de ne pas renouer avec le passé. Il s’agissait d’intégrer l’armée dans la nation et
non, l’inverse !
L’anticommunisme dans un contexte de guerre froide, va devenir la base idéologique des
soldats de l’armée nouvelle. Mais également le rejet de l’autoritarisme et le principe de
l’obéissance aveugle. Ainsi et paradoxalement, on va retrouver des mesures proches entre
l’armée Israélienne et cette armée.
La formation de la Bundeswehr sera laborieuse en raison du manque de volontaire.
Finalement, le Bundestag va instaurer la conscription le 7 juillet 1955 avec un service de
12 mois. Le 16 octobre 1956, Strauss va succéder à Blank au ministère de la défense
fédérale.
2. Crise au sein de la coalition
Des désaccords ont pu surgir. Un large parti des libéraux désavouait la politique
d’orientation à l’ouest du chancelier, se prononçait contre les accords de Londres et de
Paris, contre sa politique européenne car tous ses engagements étaient préjudiciables à la
réunification.
Dans un premier temps, cette perspective n’apparait qu’accidentellement transitoire,
l’idée étant de favoriser la réunification au plus vite.
Au sein du FDP, des militants qui se fondent dans le courant national, l’aile droite du
parti. Ces militants étaient présents dans le land de Bad Sax. La CDU va tenter de faire
pression sur le FDP en utilisant la menace de la loi électorale, débattant en RFA du
mode de scrutin.
Finalement cela reste sans effet et la rupture va intervenir à la suite d’événements dans le
Land de Rhénanie du Nord Westphalie. Il était gouverné par une coalition associant la
CDU et le FDP. Le 20 février 1956, les libéraux rompt leur alliance et ils se tournent vers
le SPD constituant une coalition social-libérale.
Dès lors que les libéraux rompent leur alliance, on a des conséquences car elle amène une
cassure à la fraction libérale au sein du Bundestag. Une partie du groupe parlementaire
du FDP rompt à Bonne, mais les ministres libéraux restent fidèles.
Ces distensions vont mettre un temps Adenauer en difficulté. Le chancelier parvient à
surmonter la crise, mais échoue à reconstituer au mois d’octobre 1956 une coalition avec
le FDP basculant dans l’opposition.
3. La poursuite de l’intégration occidentale
Ayant surmonté la crise avec les libéraux, le chancelier Adenauer est en mesure de
poursuivre sur le terrain de la construction européenne. Après l’échec de la CED, cela se
passera par l’économie.
Le sommet de Messine en Sicile en 1955 va ouvrir la voie aux Traités de Rome du 25
mars 1957. Spa a rédigé un rapport préalable à la signature, prévoyant déjà la création
d’une Communauté Economique Européenne. Ce sont ces choix qui vont susciter le
débat.
Erhard le ministre fédéral de l’économie était ouvert aux propositions britanniques,
proposant une zone de libre échange, mais pas d’une union douanière. Finalement, son
point de vue ne s’impose pas. Le chancelier Adenauer se rend lui même à Rome pour la
séance de signature des Traités.
Autre point, la question de l’armement atomique dans le camp occidental. En intégrant
l’OTAN, la RFA a pu procéder à un réarmement sous réserver de ne pas accéder aux
armements AVC.
Mais, le chancelier fédéral Adenauer et son nouveau ministre fédéral Strauss seraient
favorables à l’acquisition de l’arme atomique. Un débat public est engagé sur cette
question au printemps 1957 à l’initiative du SPD hostile.
Contre la revendication portée par le chancelier, des groupes pacifistes souvent
protestants et le SPD lui même vont se mobiliser. Finalement, Adenauer doit finalement
renoncer à son projet.
4. Les élections de septembre 1957
A la veille des élections de 1957, la popularité du chancelier Adenauer est extrême
(parallélisme avec Merkel en 2013). Elle s’explique par les succès économiques du
gouvernement, on est au cœur du démarrage des 30 glorieuses.
La popularité du chancelier va aussi dépendre des mesures sociales en faveur des
expulsés et des réfugiés. L’anticommunisme du chancelier s’intégré aussi bien et il a aussi
une présence dans la presse.
Une loi du 7 mai 1956 va mettre fin aux dispositions transitoires des élections fixant
le principe que chaque électeur allemand dispose désormais de deux voix.
1. La première pour désigner les députés ou mandats directs dans les 248
circonscriptions.
2. La deuxième voix est déterminante établissant sur le plan fédéral le poids définitif
de chaque parti et le nombre total de mandats au delà des mandats directs. Il est
effectivement posé que tous les partis ayant répond aux clauses minimales devront
effectivement obtenir un nombre de députés proportionnels aux nombre de voix
obtenus.
A côté des mandats directs, on va définir une deuxième catégorie, les mandats de liste de
Land. Ils sont attribués à chaque parti de telle sorte que la somme des mandats directs
obtenus par les partis plus les mandats de listes en compléments aboutissent à un nombre
d’élus proportionnels.
Le système est subtile, on intégré dans le décompte le mandat direct et on ajoute un
nombre de sièges variant de telle sorte que le nombre total donne pour chaque
formation un nombre de siège proportionnel.
Ce système est extrêmement ingénieux fondamentalement proportionnaliste et en même
temps, il ménage le principe de l’élection directe des députés. A la différence du système
britannique, le système allemand rétablit entièrement le poids des tiers partis.
 Tout parti se présentant devant les électeurs n’est pas autorité à rentrer au
Bundestag.
Il doit soit obtenir 5% des secondes voix sur l’ensemble du territoire fédéral, soit au
contraire, 3 mandats directs dans le cadre des 248 circonscriptions.
Ce système est mis en place en 1956 et il est resté en vigueur jusqu’à nos jours. On aurait
pu craindre qu’il ne fige le système des partis. Arrive en tête le mot proportionnel, mais
comportant une dimension personnalisée.
A l’occasion de ces élections, le parti communiste la KDP qui avait été écartée dès 1953
se voit interdit par un arrêté du Tribunal Constitutionnel du 17 août 1956. Les juges
considèrent alors que l’organisation interne et ses luttes sont incompatibles avec les
valeurs de la loi fondamentale.
 Cette interdiction fut jugée parfois déplacée dans la mesure où dans une guerre
froide, la KDP ne représentait pas de menace.
Pour les petites formations, le bloc des expulsés et des refugiés, la DP et même le FDP,
l’épreuve s’annonçait redoutable.
Résultats élections 1957 : pour la seule fois de son histoire, la CDU/CSU obtient la
majorité absolue avec 15 millions de voix, 50,2% des suffrages exprimés et 270 sièges sur
les 496. Le SPD a 31,8% avec 169 sièges. Le FDP obtient 7,7% avec 41 sièges. La DP a
3,4% de voix, mais en accord avec la CDU, il a obtenu 3 mandats directs. En revanche,
le bloc des expulsés est victime obtenant 4,6% des suffrages et sans mandat direct.
On peut rapprocher ces élections aux élections de 2013 car l’Union a eu un score très largement
devant le SPD. Au sein du Bundestag, 311 sièges majorité était de 316. Aussi, les faits de clause de
5% : le FDP et l’alternative pour l’Allemagne rate leur entrée.
2. Le déclin de l’ère Adenauer de 1957 à 1963
a) Les débuts du troisième gouvernement de 1957 à 1959 :
Les difficultés vont apparaître dès le lendemain des élections avec la Constitution des
gouvernements et ce en dépit de l’aura du chancelier. L’Union est confrontée à la réalité
du pouvoir, à l’affaiblissement des oppositions. Les difficultés se déplacent en son sein
propre et le pouvoir est amené à rencontrer ses propres limites.
1. Un pouvoir rencontrant ses propres limites :
L’Union est renvoyée à son propre caractère composite. On voit se jouer de multiples
lignes de fractures. Le chancelier étant catholique, l’Allemagne étant bi confessionnel,
l’église protestante va exiger que le vice chancelier soit issu de ses rangs.
Par ailleurs, les syndicats agricoles sont amenés à contester le ministre de l’agriculteur
sortant Heinrich Lübke. Ainsi, des difficultés pour la composition de ce troisième
gouvernement.
Le nouveau gouvernement avait une tonalité plis bourgeoise. L’exercice du pouvoir par
une seule formation.
Par ailleurs, comme l’Allemagne reste un Etat fédéral, les ministres présidents des Etats
régions vont faire preuve d’un esprit d’indépendance.
2. Le nouveau cours économique et social :
On est toujours au cœur du train des croissances des 30 glorieuses avec des phases de
ralentissement de la croissance. On va observer une nette reprise économique à partir
de 1968, favorisée par la mise en place des Institutions Européennes.
On constate alors une forte hausse du PIB à la fin de la décennie afin d’accroitre les
rentrées d’impôts et de financer sans difficultés l’équipement de la Bundeswehr.
Le gouvernement met en avant le slogan de la propriété pour tous, incitant les allemands
à adhérer au capitalisme.
Une société fondée sur la cellule familiale recomposée après la fin de l’après guerre.
C’est la famille qui doit être à la base vivant dans une maison individuelle et développant
une attitude politiquement modérée.
Si le pays entre dans une phase de forte prospérité, on peut noter quelques difficultés au
niveau de la politique sociale. Le nouveau ministre des finances Etzel est méfiant à
l’égard de l’Etat providence et refuse le principe de redistribution qui ne serait pas fondé
sur une croissance continue. Ce qui l’amène à rentrer conflit avec l’aile sociale de la
CDU.
Dans ce contexte de tensions sur le terrain de la politique sociale, le gouvernement va se
détourner des grandes réformes et se contente de quelques retouches au système de la
protection sociale concernant les artisans et le logement.
3. La question de la réunification allemande :
L’objectif de l’URSS est d’obtenir la reconnaissance de la RDA, impliquant la
reconnaissance de la divison de l’Allemagne et l’intégration de l’est dans le camp
socialiste. Ainsi, le statut de Berlin va être posé.
Depuis 1952, Berlin ouest était intégré sans être un Land de la RFA, considéré comme
juxtaposé.
Au début de l’année 1958, les soviétiques entament une campagne d’accusation contre la
vitrine de l’occident. Le 10 novembre 1958 Krutchov fait savoir que les droits des
occidentaux à demeurer à Berlin étaient déchus. Il fait remettre aux autorités de la RDA,
le pouvoir de contrôler les convois alliés.
Depuis l’est, possibilités pour aller à l’ouest : la voie aérienne, la voie terrestre par
l’autoroute, par le chemin de fer et par canaux
K annonce un ultimatum aux occidentaux exigeant la démilitarisation de Berlin ouest et
sa transformation en une ville libre et indépendante. Ainsi, s’ils avaient cédés, on se serait
retrouvé avec 3 entités en Allemagne.
Adenauer rejette l’ultimatum le 5 janvier 1959, le but véritable des soviétique était
d’obtenir une démilitarisation et une neutralisation des deux Allemagnes.
b) Pacification intérieure et mur de Berlin 1959-1961 :
1. La Fausse sortie d’Adenauer ou les élections de 1959 :
Question de la succession commence à être posée et cette question va rebondir en
1959.
L’élection présidentielle de 1959 peut être une sortie honorable pour le « vieux ».
Adenauer a fait savoir qu’il accepte de se porter candidat à la présidence de la
République et évènement a été dramatisé.
Ça pose également le problème pour son successeur, le nom d’Erhard est évoqué pour lui
succéder à la chancellerie. Le 4 juin 59, il fait connaître la décision de rester à son poste
compte tenu de la gravité des évènements internationaux.
Lübke va être élu président et la popularité de Erhard décline, comme voulant
s’accrocher à son poste.
2. Le congrès de Bad Godesberg
 La question de la rénovation du SPD se trouve posé au regard des échecs
électoraux.
Après 57, c’est une nouvelle génération avec la montée en puissance du Pr Karl Schiller
ainsi qu’Helmut Schmidt et de nombreux intellectuels. C’est une réorganisation du parti
qui s’imposait de plus en plus avec l’arrivée de nouveaux acteurs favorisant les nouveaux
efforts.
C’est une volonté de réformer le programme du SPD dès 1963 et la nouvelle défaite de
1957 a rendu cette évolution plus nécessaire encore.
Un congrès de Stuttgart se déroule mois de mai 58 avec la décision de modification du
programme. On décide alors de l’organisation d’un congrès de Bad Godesberg en
novembre 59.
On a de sorte un document préparatoire de 45 pages élaboré en 2 versants : Un consacré
à la rénovation idéologique. Le SPD renonçait à ses références au marxiste au profit de
références à l’éthique chrétienne.
De même, une rénovation idéologique qui va se doubler d’une rénovation économique
et sociale devenant le Volkspartei ou parti populaire à savoir interclassiste.
Le SPD se rallie plus ou moins au modèle de Economie sociale de marché par la libre
concurrence autant que possible et la planification autant que nécessaire. Les
nationalisations sans être rejetées sont mises quelque peu à l’arrière plan et la propriété se
trouve consacrée et encouragée. De là, des différences importantes entre la réalité et ce
qu’on en fait. Un document définitif est adopté par 324 voix contre 16 lors du congrès.
Les distensions ne vont pas disparaître totalement et cette décision va avoir des
conséquences dans organisation estudiantine du parti (SDS)
3. La crise de Berlin et le Mur :
La crise de Berlin n’avait pas été réglée et le problème de Berlin restait au centre des
discussions.
Le chancelier Adenauer pouvait craindre que les américains et britanniques ne soient
disposés à céder a certaines exigences des soviétiques sur exigences berlinoise. Au début
des années 60, la pression soviétique va reprendre : toutes ces péripéties vont provoquer
un changement d’orientation extérieure du programme du SPD.
Le 18 mars 59, le SPD avait publié un DeutschlandPlan élaboré par un ancien
communiste rallié au SPD : Herbert Wehner qui préconisait une neutralisation de
l’Allemagne qui devait permettre de parvenir à l’unité, à la suite d’élections libres faisant
suite à une période de rapprochement entre les deux système (RFA-RDA). Ce plan
confirme les orientations antérieures du SPD.
Le SPD fut amené à évoluer et en février 60, il va manifester son rapprochement
évident avec les thèses gouvernementales d’Adenauer.
Un article publié dans Vorwarts (journal du SPD) où Wehner laisse entendre que le
Deutschlandplan était devenu obsolète et officialise le propos en Juin 60.
 La fin de année 60 est marquée par élection présidentielle américaine : entre
Nixon et Kennedy et Kennedy l’emporte.
JFK n’a aucune expérience en politique internationale et Khrouchtchev va le tester lors
d’une rencontre internationale à Vienne en 1961.
C’est également la reprise des pressions soviétiques à Berlin par nuage de réfugiés qui
va s’accélérer et ainsi plus de 30000 allemands de l’est fuient en RFA par Berlin en
1961 soit le double par rapport à 60.
Le 13 aout 1961, le problème va se régler car des gardes frontiers est allemand vont
entreprendre la construction d’un Mur de Berlin en même fin à la fiction de l’unité de
la ville.
La crise de Berlin va marquer le début de la fin pour Adenauer, une période de détente a
laquelle le chancelier ne va pas s’adapter. Willy Brandt va s’imposer alors comme un
leader dans cette situation (Maire de Berlin)
c)
Atmosphère de fin de règne (61-63)
1. La Kanzler-Demokratie en sursis
En dépit des difficultés qui s’accumulent désormais, Adenauer résiste encore aux
pressions et demeure à son poste et mène la campagne électorale de 1961.
La conjoncture de 61 est différente de celle de 57 où les deux grands partis se sont
engagés dans une évolution comparable. Au delà de la scène politique les évolutions se
caractérisent en matière de consensus relatif à question allemande.
En la personne du maire régnant de Berlin ouest Willy Brandt, le SPD dispose d’un
leader jeune dynamique actif et séduisant sur le modèle de JFK.
L’Union obtient 45,3% des Secondes voix en recul de 4% et remporte 242 sièges, SPD 36,2% des
secondes voix en progrès, FDP 5,2% et autres partis ont disparu. Les électeurs avaient voulu
sanctionner Adenauer, mais n’ont pas voulu renoncer à un virement conservateur. Face à l’Union,
le FDP redevient un partenaire indispensable alors que pour sa part SPD enregistre une progression.
A la suite de ces élections, l’Union et FDP vont de nouveau reprendre une coalition mais
qui sera houleuse. Adenauer va être reconduit mais on lui demande de laisser la place à
un nouveau chancelier à mi-mandat : son élection intervient le 7 octobre 61, mais il
n’obtient que 8 voix de majorité
Adenauer va opter pour un resserrement des liens avec la France. Les Gaullistes
allemands comme Strauss s’opposaient aux atlantistes (Liens EU-OTAN) dont
Schroeder était le chef de file. Ainsi, des visites d’Etats entre les deux chefs d’Etats et en
juillet et septembre 1962, une réunion à Reims. A la suite de cette première visite le
Président se rend en Allemagne fin 1962.
La coopération entre les deux états se retrouve notamment dans les domaines de
politique de défense. De là, la création de OFAJ (Office Franco-allemand de la
Jeunesse). L’orientation du Traité de l’Elysée est totalement remis en cause par le vote
du préambule lors du débat de ratification du 16 mai 1963, préambule qui va se référer
aux puissances anglo-saxonnes et OTAN.
 Tout cela est un acte symbolique fort : car c’est une réconciliation réelle francoallemande.
2. La fin de l’ère Adenauer
 Elle va être assez houleuse.
D’abord, l’affaire du Spiegel de 1962 qui va marquer le point d’orgue entre le directeur
libéral du Journal (Rudolf Augstein) et ministre de la Défense Strauss. Augstein cherchait
à briser la carrière de Strauss et le Spiegel va publier le 10 octobre 1962, un article sur
Bundeswehr qui serait totalement inopérante pour le cas ou armée rouge serait amené à
déferler sur Allemagne du Nord.
Spiegel a eu accès à des documents secret défense et peut être interprété comme atteinte à
RFA. Le procureur fédéral allemand va perquisitionner le siège du Spiegel et Augstein
est incarcéré pour atteinte à la sécurité de l’Etat.
Par conséquent, tout un mouvement d’indignation dans la presse, relié par les
intellectuels qui n’aimaient pas Strauss. L’affaire va dégénérer en crise politique et fin
1962, Strauss va être contraint de démissionner.
Pour la première fois suite à l’affaire du Spiegel, une véritable perspective d’une coalition
entre CDU et SPD va être envisagée mais échoue et Coalition entre le FDP et l’Union va
être reconduite.
Adenauer s’était par ailleurs engagé à partir en 1963 et jusqu’au bout il avait essayé
d’empêcher Erhard d’accéder à la chancellerie. Mais Schroeder manquait d’appui à
l’Union et groupe parlementaire se prononce en faveur d’Erhard, la succession est bouclé
le 16 octobre 1963.
B) Du gouvernement Erhard à la grande coalition
1. L’intégration dans le concert des nations (1953-1955)
a) Le gouvernement Erhard (1963-1966)
1. Continuité et ouverture (63-65) :
 Erhard est élu chancelier à 67 ans en juillet 63.
Il entendait rompre avec ère Adenauer et innover contre les déclarations de son
prédécesseur. Il ne va pas annoncer les ruptures en matière de politique extérieure, mais
contours nouveaux en politique intérieure : il va aborder des termes neufs par rapport à
avant : enseignement, recherche scientifique, culture ainsi qu’aborder les questions de la
qualité de la vie comme l’eau ou l’air
Erhard est arrivé au pouvoir en 63, il était connu comme le père du miracle économique, on le
surnommait le « Gros », mais il va vouloir tourner le dos à la Kanzler-démocratie : il va apparaître
comme le chancelier du peuple et un homme différence
2. 1ers signes de faiblesse :
Les 1ères difficultés vont se situer sur la politique économique et sociale avec des
tendances inflationnistes. Erhard ne réussit pas a faire adopter ses mesures. Il manifeste
une certaine irrésolution qui va lui valoir d’être un chancelier Caoutchouc.
La réélection de Lübke à la présidence (élu en 59) le 1er Juillet 1964 va être favorable à la
Grande Coalition et le SPD va être en mesure d’exploiter les distensions à l’intérieur de
la grande coalition en apportant son soutien à Lübke
Dans la même période, nous pouvons observer les grands procès de Nuremberg,
prolongés par d’autres procès. Au début des années 60 avec en premier grand procès
D’Eichmann à Jérusalem et ensuite, les procès de Francfort de 1965 aux anciens
médecins du camp de concentration d’Auschwitz.
L’année 1964 a été marquée par le débat sur l’imprescribilité des crimes contre
l’Humanité : l’imprescription intervenait au bout de 20 ans. Il convient de savoir si les
crimes nazis ou du moins les poursuites pouvait continuer après 20 ans : beaucoup
d’allemands y étaient favorables.
L’Allemagne va se retrouver confronté aux conflits de génération car les vieux ne veulent
pas rouvrir les dossiers alors que jeunesse est beaucoup plus critique. De là, un intérêt
renouvelé pour la jeunesse et au sein du cabinet Erhard, 2 réunions en 64 et 65 sur ce
sujet brulant.
Le ministre fédéral de la justice était favorable à la description et parvient à rallier la
majorité de ses collègues. Erhard a fait preuve d’absence de détermination et il va choisir
une décision de faiblesses ‘en remettant au Bundestag. Il décide alors de remplacer la
date de départ au 1er janvier 65
Les résultats de l’élection 1965 : léger redressement union, progression SPD, recul libéraux. Il va
falloir près d’un mois à Erhard pour constituer son second gouvernement.
Adenauer était favorable à une grande coalisation avec le SPD alors que les tensions
étaient vives entre l’aile bavaroise et le FDP suite à l’affaire du Schmigel. La CSU obtient
un ministère de plus que le FDP, mais Strauss reste à l’écart du cabinet.
Dans sa déclaration gouvernementale du 10 novembre 1965, le chancelier Erhard va
évoquer la société intégrée, programme visant à limiter le poids des groupes de pression
sur le Bundestag et restaurer le crédit de l’Etat. Mais la formule n’aura guère de succès.
Au milieu des années 60, le pouvoir se trouve confronté à de nouvelles générations,
inspirer au renouvellement au moment où la morale traditionnelle et l’influence de la
religion commencent à décliner.
b) La récession de 1965-1966
 Le second gouvernement Erhard va connaître une période brève de récession
économique.
Elle va survenir au terme de 15 années de croissances continues, constituant le miracle
économique allemand. Au milieu de la décennie, l’économie va rentrer en récession, ces
difficultés se manifestent à partir du moment où à deux reprises, en 1961, 1965, la
Bundesbank est amenée à relever son taux d’escompte. Les collectivités locales se
trouvent alors de contraintes de limiter leur investissement.
 On constate hausse du chômage avec une croissance de 100 à 300 000 et 600 000.
Cette récession n’est rien comparable à la crise de 29, retour à la normale après la forte
période de croissance qu’avait connu l’Allemagne au début des années 60.
c) La chute du gouvernement Erhard :
Une atmosphère de crise au lendemain du scrutin 1965, de plus en plus lourde. Les
partis de coalisation s’inquiète et immobilisme le chancelier au moment où le pays
semblait gagner par le retour de ses vieux démons.
La situation personnelle du chancelier va se dégrader et il va être confronté à l’été 66 à la
situation délicate qui va résulter du scrutin régional de Rhénanie du Nord Westphalie. Ce
sont les élections avec des impacts au niveau national. 45% des voix distant l’Union
CDU avec 42,8% des voix
Autre épisode, une série d’accidents aériens liés au crash des avions de chasses dis Starfighter.
L’effacement d’Erhard va être accéléré à la fin de l’année 66 par la discussion budgétaire.
Les libéraux refusent toute perspective d’augmentation des impôts qu’est inévitable dans
le contexte de récession que connaît la RFA. Finalement, les 4 ministres libéraux
démissionnent, signifiant que le gouvernement réduit à son aile CDU/CSU sa
composante.
Dès le 28 octobre 1966, le gouvernement Erhard essuie une défaite devant le Bundesrat
pour le budget. Erhard n’a plus de majorité et un nouveau scrutin régional en Hesse le
6 novembre 1966. La CDU recule de 2,5 points, mais surtout l’entrée du NPD au
landtag qui suite au 7,9% des secondes voix qu’il obtient. NPD = extrême droite.
 En règle générale : 5% des secondes voix.
Une mise en minorité au Bundestag, l’union risque d’être exposé à un vote de défiance,
signifiant son rejet dans l’opposition par la coalition des socialistes et des libéraux.
Urgence, il faut procéder à un changement de chancelier. Le groupe parlementaire va
choisir le ministre président du land du Bad Wurtenberg, Kiesinger sera investi quelques
semaines plus tard.
2. La grande Coalition 1966-1969 :
a) La constitution de la Grande coalition
La mise en minorité l’Union doit mettre Kiesinger à la place d’Erhard, mais avec
toujours des incertitudes. Le SPD était divisé et la CDU réticente à reconduire la
coalisation. La situation politique reste encore flou, mais clarifier par les élections
régionales bavaroises.
Elles se déroulent à la fin de novembre 1966 et vont être marqués à la fois
Le 1er décembre 1966, Kiesinger est élu chancelier par le Bundestag sur la base d’un
accord entre l’Union et la SPD. En Allemagne, seul le chancelier est investi par le
Bundestag. Il obtient 340 voix, c’est une perdition !
 La grande coalition va susciter des réactions irrationnelles dans l’opinion ouest
allemand.
L’entente des deux grands partis populaires apparaissaient comme contraire à la
politique démocratique. Certains parlaient de dictature ou de totalitarisme. A la veille de
mai 1968 certains ont pu croire que la démocratie se trouvait bel est bien menacée en
Allemagne, à la fois par la constitution d’une grande coalisation et du fait de la montée
en puissance électorale du NPD.
Le chancelier avait travaillé à la radio sous le troisième Reich à une époque où la radio
était encadrée par Goebbels. Les charges qui pesaient sur lui étaient de fait légères
puisqu’il peut devenir député dès 1949. Kiesinger fait état de redémarrer l’économie,
souhaite entreprendre des réformes intérieures importantes.
 Il envisage aussi l’ouverture à l’est.
Willy Brandt est vice chancelier, ministre des affaires étrangères. Schröder reste à la
défense. Au total, compte tenu du chancelier 10 Ministres appartenaient à l’Union et 9 au
SPD.
b) la reprise économique
Des incitations à la croissance d’inspiration keynésienne par l’instauration du principe
d’une concertation généralisée entre les partenaires sociaux. Un investissement public,
poste, route, enseignement et recherche. Le budget de 1967 va permettre une
coordination des dépenses enter l’Etat, les landers et les communes.
Une baisse du taux d’escompte de 5 à 3%. Le chômage va lui aussi régresser passant de 673 000
demandeurs d’emplois en décembre 1966 à 341 000 au mois de septembre 1967. La RFA connaît
des taux de croissances importants à 8,2% en 1969.
Le commerce extérieur est en excédant.
c) La politique étrangère et la « prés-ostpolitik »
La querelle des gaullistes. Erhard a laissé en héritage de mauvais rapport avec la France
avec laquelle les relations se sont dégradées et avec les Etats-Unis.
Le chancelier va se monter plus ouvert et plus conciliant avec la France, conservant à sa
tête le général de Gaulle, le président de la République. Il favorise la construction
européenne, permettant l’entrée en vigueur de l’Union douanière de manière anticipée
dès le 1er juillet 1968.
Par ailleurs, les autorités officielles de Bonn évoluent aussi à l’égard de la RDA. On ne
parle plus de la zone.
Le gouvernement de Bonn va aussi déclarer nul les accords de Munich du 30 septembre1938.
En aout 1968, une intervention des troupes du pacte de Varsovie à Prague, met fin à
tous les contacts avec l’est la prés-otspolitik. Au sein de la grande coalition, l’union va
émettre des réserves croissances face à l’impulsion que donne Willy Brandt et le SPD à
cette « pré-ostpolitik ». Des distensions se font jour alors que dans le même temps, le
FDP alors dans l’opposition manifeste pour sa part un esprit d’ouverture sur la question
allemande. Le FDP va accepter le principe de la reconnaissance de la RDA et aussi de la
ligne « Oder neitz. »
Le FDP connaît alors une évolution importante avec un basculement du centre de
gravité du pouvoir de l’aile droite vers l’aile gauche. Au Congrès de Hanovre du FDP
au mois d’avril 1967, Mende chef de file de l’aile droite libérale est battu par les tenants
de la nouvelle politique.
d) Vers une nouvelle coalition
Au cours de la dernière année de la législature, le consensus entre Union et FDP est
difficile à maintenir. Lübke est amené à démissionner de ses fonctions de manière
anticipée, au début de l’année 1969. Il fait valoir des raisons de santé, mais il est atteint
de la campagne de la RDA par son passé nazi.
Lübke sous le troisième Reich avait possédé une entreprise artisanale qui avait servi à l’édification
de baraquement dans les camps de nazis.
C’est une période difficile, face à la perspective d’une élection anticipée Willy Brand va
poser la candidature de Heinemann ministre fédéral social démocrate de la justice,
membre SPD. Un ancien membre de la CDU avant de rompre sur le thème du pacifisme.
L’idée est de parvenir à obtenir les voix des libéraux.
C’est le cas car avec l’appui des délégués du FDP, il l’emporte au troisième tour de
scrutin contre Schröder. Mais cette élection annonce très clairement le changement de
majorité.
Il faut encore noter que la grande coalition en dépit de l’évolution du contexte
politique, elle est encore en mesure le 26 juin 1969 de faire voter l’impresribilité des
crimes contre l’humanité.
La campagne est entrée en phase décisive. La CDU va tenter de s’appuyer sur la
légitimité du chancelier. «tout dépend du chancelier ». Le SPD va mettre en avant le slogan
de la nouveauté alors que le FDP va trouver un slogan original « il faut faire tomber les
vieilles tresses »
Le résultat des élections de septembre 1969 va être très incertain avec deux enjeux qui se
posent. Le FDP va t-il parvenir à rester au Bundestag ou vat-il disparaître ? Le NPD qui
n’a cessé de monter lors des élections, encore en mesure de l’année 1968 d’obtenir
mieux ?
La CDU/CSU obtient 15 200 millions de voix, 46,1% des suffrages exprimés. Le SPD 14 millions
100 voix, 42,7%, 224 sièges. Le FDP 1 millions 900 secondes voix, 5,8 % des suffrages. Le FDP
n’obtient que 30 sièges.
Le NPD il n’obtient que 1,4 millions secondes voix, 4,3%, reste sous la barre des 5%. En progrès de
2,3% par rapport à 1965, pas de représentation au Bundestag.
Le résultat est paradoxal. Le FDP apparaît comme le grand perdant, franchissant
difficilement les 5% et bien qu’en étant perdant, il est en position d’arbitre entre les
deux grands partis avec la possibilité de porter Brandt et la recondition du chancelier.
Le NPD est dans l’incapacité de franchir les 5%.
On se retrouve avec une majorité sociale libérale de 12 sièges. Mais une prise de vitesse,
car le 29 septembre 1969, une annonce de la constitution d’une nouvelle coalition
entre le FDP et le SPD.
La première grande coalition de 66-69 a constitué une phase de transition entre le long
règne de l’Union et l’ère sociale libérale des années 69-82. Cette grande coalition n’a pas
constitué une remise en cause de la démocratie ouest allemande.
Leçon : La vie politique Italienne de 19531968
Partie 1 : La marche vers le centre gauche 1953-1963
A) Une lente évolution des partis
Après les élections de 1953, la formule du centrisme apparaît dépassée sans qu’aucune
solution de rechange ne parvienne à s’imposer. Les sociaux démocrates et les
républicains exercent de pressions de plus en plus fortes en vue de l’élargissement de la
majorité et de la réalisation d’un véritable programme de réforme.
Avec la disparition de Gasperi, une nouvelle classe dirigeante émerge à la tête de la
démocratie chrétienne en particulier lors du congrès de Naples de 1954.
De cette nouvelle classe dirigeant est issue : Aldo Moro et Amintore Fan Fani. Fan
Fani accède au secrétariat général et il va assurer à son parti une autonomie plus grande à
l’égard des deux forces : l’église catholique,
Le PSI va lui aussi évoluer dans le sens d’un rapprochement avec les catholiques.
Depuis la fin de la guerre, en Italie, les socialistes sont alliés avec les communistes dans le
cadre d’un pacte d’unité d’action. Il a perduré au delà de la guerre froide. Au milieu des
années 50, les socialistes constatent que ce pacte profite qu’aux communistes.
L’année 1956 représente la date charnière. Elle est marquée par les révélations du 20ème congrès sur
Staline. Les affaires polonaises et surtout Hongroises, l’écrasement de la révolution que le PSI
dénonce absolument.
1956 voit la rupture du pacte d’unité entre les communistes et les socialistes, lesquels se
rapprochant des sociaux démocrates. Par ailleurs, le PSI va évoluer sur des questions de
politiques internationales et intérieures.
Les socialistes renoncent à réclamer la sortie de l’Italie de l’OTAN. En 1957, au
Parlement, les socialistes vont ratifier le Traité de Rome instaurant la CEE tout en
s’abstenant sur EURATOM.
Les élections législatives de 1958 vont intervenir. Elles voient la démocratie chrétienne remontée,
gagne 1,7M de voix pris sur l’extrême droite. Le PSI bénéficiant de sa nouvelle orientation remonte
à 14,2%, en progrès par rapport à 1953. Les communistes victimes des retombées du bloc de l’est,
stagnent.
Ainsi, se constitue un gouvernement de centre gauche : DC-PSDI dirigé par Fan Fani
qui apparaît comme l’anti chambre d’un véritable gouvernement avec l’apparition des
socialistes. Cette année 58 est importante du point de vu de l’évolution de la papauté,
PIE XII meurt en 1958 et élection du pape Jean XXIII. Il va marquer une rupture,
permettre à l’église catholique sa mise à jour dans la société, phase de croissance des 30
glorieuses.
Moins de rigueurs conservatrices, rapprochement entre les catholiques et les
socialistes. Des résistances subsistent dans les deux camps et en 1959, Fan Fani va faire
les frais, contraint d’abandonner la présidence du conseil et le secrétariat du parti qu’il
occupait depuis 1954. Il est alors remplacé par Aldo Moro. Il n’a pas pour objectif de
bloquer l’ouverture à gauche, mais d’en contrôler les étapes et le programme.
C’est finalement à la suite du congrès de Naples de janvier 1962 que la démocratie
chrétienne se déclare prête à l’alliance avec les socialistes. Pour l’heure, celle-ci n’est pas
encore effective. C’est un gouvernement tripartite, DC,PSDI et PRI que forme au mois
de février 1962 Fan Fani.
B) Les conséquences sur le gouvernement du pays
Ces années de transition entre le centrisme et la formule du centre gauche vont être
caractérisées par l’instabilité et l’immobilisme.
De 1953 à 1962, 11 gouvernements se succèdent suite à des crises provoquées par des
distensions internes des partis et spécialement de la démocratie chrétienne restant le pivot
des gouvernements. On constate alors l’absence de cohérence de la politique
gouvernementale, hésitant alors entre un libéralisme sans entrave et une intervention plus
poussée de l’Etat.
Ces années voient la phase de décollage économique qui en Italie correspond aux
années 54-55 puis du miracle économique des années 58-62.
Le développement spectaculaire reste en grande partie fondée sur une politique de bas
salaire et d’immigration massive. Effectivement, un exode massif des habitants des
campagnes de l’Italie émigrant vers les grandes villes industrielles.
Reste en place des coalitions centristes sans participation socialiste, à très faible capacité
réformiste. L’entrée des socialistes va intervenir au début des années 60, mais va être raté
sur fond d’évolution de la conjoncture économique.
Partie 2 : L’expérience manquée du centre gauche 19531968
A) Les élections législatives de 1963
On a vu que Fan Fani est revenu à la tête du gouvernement en février 1962. De cette
période à avril 1963, le gouvernement va se caractériser par des réformes avec la
nationalisation de l’énergie électrique, la création d’un impôt sur les dividendes et les
profits immobiliers, l’augmentation des retraites et création d’un 5ème région à statut
spécial.
 Il y’a enfin une véritable action, mais elle va susciter l’hostilité des conservateurs.
L’élection législative de 1963 va être marquée par un nouveau recul de la DC de 42,3% à 38,3%. Le
PSI stagne, mais le parti libéral italien progresse avec 7% des voix et une forte poussée des
communistes à 25,3%. (Prend des voix sur l’extrême droite, sous prolétariat Italie méridionale)
Ces résultats électoraux vont hypothéqués la formation du centre gauche, mais au mois
de novembre 1963, le PSI accepte d’enter au gouvernement. Il s’agit Nenni, mais se
faisant au pris d’une scission du parti car l’aile gauche n’accepte pas l’alliance avec la
DC.
En janvier 1964, la scission donne naissance au SIUP Lelio Basso.
Les premières années du centre gauche à la suite de l’entée des socialistes, vont coïncider
avec une détérioration de la conjoncture économique. Une montée de l’inflation et une
restriction des crédits.
Ces difficultés économiques conjoncturelles vont entraîner l’abandon de la plupart des
réformes inscrites dans la plateforme de centre gauche. A la tête de trois gouvernements
successifs, à partir de novembre 1963, Aldo Moro va s’efforcer avant tout d’éviter
l’éclatement d’une majorité restant divisée.
B) Les socialistes et la philosophie du centre gauche
L’absence d’une politique d’envergure à partir du mois de novembre 1963 va surtout
nuire aux socialistes dans l’accord avec la démocratie chrétienne ne semble plus se
justifier.
Possibilité de faire voter des petites lois « leggine », sans contrôle général de
l’assemblée, favoriser les intérêts particuliers et sectoriels. La prolifération des leggine
va favoriser le processus de colonisation de l’Etat et de la société par les partis politiques.
Face à cette situation, le débat reste très vif au sein du PSI sur l’opportunité de
l’expérience du centre gauche.
Nenni souhaiterait alors favoriser l’émergence d’un grand parti des travailleurs qui aurait
à tirer la classe ouvrière la plus évoluée et les classes moyennes.
Pour ce faire, il souhaite encourager la réunification des socialistes, des Psi et les sociauxdémocrates PSDI. Cette réunification est réussie en 1966 avec la création du PSU parti
socialiste unifié.
Face à Pietro Nenni, la gauche du PSI repousse la réunification avec le PSDI et prône au
contraire un passage du PSI à l’opposition. La gauche socialiste récuse aussi la politique
d’isolement à l’égard du parti communiste et préconise un dialogue pour favoriser
l’évolution du communisme italien.
C) Le PCI au défi du centre gauche
Sous la pression des évènements nationaux et internationaux, le processus de révision qui
a commencé à se dessiner au sein du PCI en 1956 est amené à s’accélérer. Togliatti
dirigeant historique du PCI depuis la guerre meurt en aout 1964.
Dans son testament politique, Togliatti insiste sur la voix nationale vers le socialisme
avec l’autonomie de chaque parti au sein du mouvement communiste international.
Mouvement qui devait être placé sous le signe du policentrisme. Luigi Longo succède au
poste de secrétaire général et deux orientations vont s’affronter :
1. Giorgo Amendola propose de construire un parti unique des travailleurs.
2. Peitro Ingrao qui propose un accord avec les forces sociales.
D) La sanction électorale de 1968
Les élections de 1968 vont sanctionner l’immobilisme des gouvernements de centre gauche. C’est la
poursuite du PCI en dépit de l’isolement. Certains prétendaient un recul non, 27%. Dans le même
temps, un redressement de la démocratie chrétienne de 38,3% des voix à 39,1% en 1968.
En revanche, les grands perdants sont les socialistes, plus particulièrement le PSU. Il n’obtient que
14,5% des voix. Le total des voix PSI et PSDI en 1963 était de 19,9%.
La conséquence va en être la rupture de l’unité socialiste à peine ébauchée. Les élections
de1968 vont marquer la fin des illusions du premier centre gauche et vont ouvrir une
nouvelle ère.
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